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15/06/2016

Loi Évin et « tolérance » de l'Etat sur l'alcool

Pas que sur l'alcool ! Le tabac aussi !

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La France trop tolérante avec l'alcool

www.leprogres.fr/sante/2016/06/.../la-france-trop-tolerante-avec-l-alcool

L’alcool provoque 49 000 morts par an en France. L’État ne prend pas le sujet assez au sérieux, et la Cour des comptes conclut carrément que c’est en raison du poids du secteur des boissons alcoolisées dans l’économie française.

L’alcool pèse trop lourd dans l’économie française pour que l’État s’attaque sérieusement au risque qu’il représente pour la santé. C’est le constat au vitriol que dresse la Cour des comptes dans un rapport publié hier.

Des chiffres alarmants

En France, l’alcool provoque 49 000 décès chaque année, par maladie (cirrhoses, cancers des voies aérodigestives…) ou mort violente : 25 à 30 % des accidents mortels et 50 % des délits sur les routes, 30 % des morts de violences conjugales. Même si la consommation diminue depuis les années 1960, chaque Français boit en moyenne 12 litres d’alcool par an, soit 30 % de plus que la moyenne européenne. Et des conduites à risques existent parmi les 3,4 millions de buveurs réguliers excessifs mais aussi chez les femmes enceintes et les jeunes précaires.

Un sujet « sensible »

En France, évoquer la consommation d’alcool est « un sujet sensible », note la Cour des comptes. Boire est associé aux « événements festifs, aux modes de vie, à la culture ». Et « le poids économique du secteur des boissons alcoolisées (22 milliards d’euros de chiffre d’affaires, 555 000 emplois directs et indirects) est particulièrement notable, en raison notamment de ses performances à l’exportation ».

Résultat : il est difficile de poser sereinement le débat sous l’angle du coût sanitaire et social « pourtant très élevé, notamment en termes d’années de vie perdues ou de qualité de vie », estime le rapport qui dénonce la complaisance de l’État sur le sujet.

L’État n’en fait pas assez

« L’État ne s’est pas donné les moyens d’infléchir les comportements à risques », dénonce la Cour qui dresse une liste des échecs de la politique de prévention de l’alcoolisme. Ainsi, la réglementation de la distribution n’est plus adaptée. Alors que la vente à emporter représente 60 % des achats, elle ne fait l’objet que de 17 % des contrôles, ce qui en fait un moyen d’approvisionnement pour les mineurs à qui la vente d’alcool est interdite, note la Cour. En outre, les règles de la publicité sur l’alcool prévues par la loi Evin ne cessent d’être assouplies. Et les actions de lobbies en faveur de l’alcool ne font pas l’objet d’un encadrement suffisant. Par ailleurs, la fiscalité sur ces boissons « paraît peu inspirée par des objectifs de santé », contrairement à celle sur les produits du tabac.

Moins de contrôles au volant

Enfin, le « dépistage de l’alcool au volant régresse ». Face à ce constat, la Cour appelle à une « prise de conscience collective » des ravages de l’alcool.

Élodie Bécu

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Le Monde‎ -

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