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08/05/2013

La moralisation politique ? Quelle moralisation politique ?

lu sur :

http://www.lemonde.fr/idees/article/2013/05/07/contresens-gouvernemental-sur-la-moralisation-politique_3173019_3232.html

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Contresens gouvernemental sur la moralisation politique

LE MONDE | 07.05.2013 à 19h11

Par Séverine Tessier (porte-parole de l'association Anticor) et Jérôme Karsenti (avocat de l'association)

La résonance de l'affaire Cahuzac, qui a conduit le gouvernement à soumettre en urgence au conseil des ministres du 24 avril trois projets de loi dits "de moralisation de la vie publique", ne peut s'expliquer que par l'écoeurement des citoyens confrontés à la succession d'affaires politico-judiciaires qui a émaillé les trente dernières années de la Ve République. L'affaire des tableaux de Claude Guéant, qui suinte la fraude fiscale et alimente des soupçons de financement occulte de la campagne électorale, vient ajouter au malaise ambiant.

Cependant, la réponse apportée par le gouvernement à la fois opère un contresens sur le diagnostic et se montre hors sujet quant aux solutions proposées.

Le scandale Cahuzac est né du symbole cumulé d'un ministre du budget, pris la main dans le sac de la fraude fiscale, alors qu'il était le fer de lance de la politique de rigueur et de la chasse à la fraude lancée par le président de la République. L'émotion suscitée a fait penser au gouvernement d'une part qu'il convenait de réagir dans l'immédiateté et d'autre part et surtout que le coeur du problème était l'opacité des revenus des hommes politiques.

Cela semblait si simple, la fraude de M. Cahuzac comme son mensonge public étaient des signes de dissimulation ; contraindre les élus à la transparence serait le remède à cette maladie honteuse. Cette analyse sommaire évite de réfléchir aux causes exactes du malaise démocratique de cette affaire. Le constat primaire qui se répand comme un parfum nauséabond est que la représentation politique est une classe de privilégiés qui sert ses intérêts corporatistes et privés au lieu de servir l'intérêt général. En d'autres mots, c'est la porosité de plus en plus palpable entre les élus et le monde de l'entreprise et de la finance qui met en péril l'équilibre de nos institutions. Il ne s'agit donc pas de moraliser la vie publique, mais de la démocratiser pour en faire une société moderne et libre dans laquelle le contrôle citoyen pourra prendre sa place.

Comment concilier une activité privée quelle qu'elle soit et le service de l'intérêt général ? Comment accepter que des amendements législatifs soient apportés clés en main par des groupes privés à des élus ? Comment ne pas réagir à la pratique très courue des partenariats public-privé (PPP), dans lesquels par exemple des élus municipaux, directeurs de banque par ailleurs, ne sont pas inquiétés alors même que la banque qu'ils dirigent est la banque prêteuse de la société créée pour porter le projet ?

Il n'est pas nécessaire de mettre un coup de peinture à la Commission pour la transparence financière de la vie politique (CTFVP) pour en faire une haute autorité de contrôle et tenter ainsi d'illusionner le maître d'oeuvre ignorant ; une réforme d'ampleur institutionnelle s'impose.

Il aurait d'abord fallu prendre le temps et ne pas légiférer dans la précipitation, comme cela se faisait lors du précédent quinquennat. Pourquoi ne pas avoir profité des quatre projets de loi tendant à réformer la Constitution pour solenniser en congrès une réforme qui aurait pu rassembler tout l'échiquier parlementaire ? Qu'il suffise de dire que l'essentiel du travail intellectuel a été fourni dans le cadre de différents rapports élaborés par la commission Sauvé (2011), la commission des lois du Sénat présidée par Jean-Jacques Hyest (2011), la commission Jospin (2012), mais également par l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), ainsi que différentes associations et personnalités.

Une réforme d'ampleur aurait pu d'abord viser à mener une lutte effective contre les conflits d'intérêts. La déclaration d'intérêt ne mettra pas fin au conflit d'intérêts, elle en limitera l'effet ou imposera à l'élu l'usage de subterfuges plus élaborés pour éviter la suspicion. De même que l'interdiction des fonctions de "conseil" avec un mandat de parlementaire est trop restrictive. Seule une interdiction totale du cumul d'une profession privée et d'un mandat électif serait suffisante pour limiter les influences d'intérêts privés sur le mandat public. Cette interdiction pourrait même être sanctionnée pénalement si elle n'était pas respectée.

A cette proposition, il est toujours opposé le risque de professionnalisation des élus et de leur déconnexion du "monde réel". Or, la professionnalisation est un fait actuel que les activités privées des élus n'ont pas empêché. Songeons à ces Balkany, Guérini, Tiberi, Chirac, etc., tels des phénix toujours mieux élus dès lors qu'ils ont été condamnés ou mis en examen. Ainsi, il est indispensable de poser le principe d'une interdiction du cumul des mandats ainsi que de leur renouvellement dans le temps. Le risque de professionnalisation disparaîtrait. Le refus de certains élus, qui ont porté la campagne de François Hollande, de faire voter une loi sur le cumul des mandats participe aussi du discrédit de la classe politique qui apparaît comme accrochée à ses hochets comme les moules à leur rocher. Une telle réforme imposerait de se pencher sur l'élaboration d'un véritable statut de l'élu et l'instauration d'une sorte de "congé électif".

Cette réforme aurait ensuite dû instaurer une autorité indépendante pour contrôler les marchés publics et protéger les lanceurs d'alerte au moyen de l'anonymat. Cette autorité pourrait reprendre également les missions conférées par la loi nouvelle, mais également celle de la Commission de déontologie, qui ne joue qu'un rôle consultatif, alors que les problématiques de pantouflage sont une réalité non négligeable.

Les marchés publics sont une source constante de détournements de fonds publics, d'augmentation des coûts, d'avantages injustifiés. Il est temps de repenser avec plus de rigueur le cadre de la dépense publique, les organes de contrôle de légalité ne jouant plus leur rôle (notamment le préfet ou le contrôleur financier). Le contrôle de la dépense publique échappe de plus en plus aux élus par le biais des partenariats public-privé, qui opèrent un transfert de souveraineté des collectivités territoriales au profit de grands groupes privés (Bouygues, Vinci, etc.). De plus, les lanceurs d'alerte sont aujourd'hui abandonnés par la loi. Ils ont l'obligation de dénoncer des faits illégaux qu'ils constatent, mais aucune protection ne leur est réservée. Il convient de leur donner une légitimité et un statut protecteur. Interdire le lobbying paraît en outre nécessaire.

Il faudrait instaurer un parquet indépendant qui ne disposerait plus de l'opportunité des poursuites en ce qui concerne les infractions à la probité publique. Il serait désormais tenu légalement de donner une suite pénale à toute infraction de cette nature.Chaque infraction devant générer une réponse pénale lorsqu'elle concerne un élu, un membre du gouvernement ou des cabinets, un responsable d'une entreprise publique.

Enfin, les faits relatifs aux infractions portant atteinte à la probité publique doivent être imprescriptibles. De même, tout élu ayant été condamné pour des faits portant atteinte à la probité doit être déclaré inéligible à vie.

Le saupoudrage législatif à venir constitue certes un progrès. Celui-ci réside dans les moyens d'investigation et de contrôle conférés à la haute autorité et dans le droit donné aux associations de lutte contre la corruption de se constituer partie civile dans les procès. Mais il est à craindre que la défiance à l'égard de la représentation politique, qui ne s'attaque pas au trafic d'influence et limite par un agrément aux critères indéfinis la constitution de partie civile des associations, ne soit pas enrayée par une si petite ambition. Nous lançons un appel solennel pour que le gouvernement engage rapidement la réforme d'ampleur tant attendue par les Français de démocratisation de la vie publique.

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mon commentaire :

à propos de moralisation de la politique , pour sortir d'une représentation politique qui est une classe de privilégiés qui servant ses intérêts corporatistes et privés au lieu de servir l'intérêt général, voir :

http://uneplacepourtous.midiblogs.com/archive/2012/12/13/comment-presenter-une-liste-aux-prochaines-municipales.html

Comment présenter une liste aux prochaines municipales ?

06/05/2013

Comment présenter une liste aux prochaines municipales ?

( reprise de la note du 13/12/2012 du blog "Une place pour tous"- Les personnes intéressées peuvent laisser un commentaire en indiquant leur commune, je les mettrai en contact. À faire circuler ! )

Comment présenter une liste aux prochaines municipales ?

Il n'est pas très facile de savoir comment s'y prendre quand on ne l'a jamais fait.

Une première recherche sur internet en utilisant pour mots clefs "code électoral" donne le lien suivant :
 
-------1ère étape :
  1. Code électoral | Legifrance
 
 
on aboutit au tableau suivant :
---------------
  • Titre IV : Dispositions spéciales à l'élection des conseillers municipaux et des membres du Conseil de Paris
---------------

------2 ème étape :

en cliquant sur "déclaration de candidature" on arrive à :
 
 
--------------
Section 2 : Déclarations de candidatures
Nul ne peut être candidat dans plus d'une circonscription électorale, ni sur plus d'une liste.
 
 

Une déclaration de candidature est obligatoire pour chaque tour de scrutin. La liste est composée alternativement d'un candidat de chaque sexe.

 

Seules peuvent se présenter au second tour les listes ayant obtenu au premier tour un nombre de suffrages au moins égal à 10 % du total des suffrages exprimés. Ces listes peuvent être modifiées dans leur composition pour comprendre des candidats ayant figuré au premier tour sur d'autres listes sous réserve que celles-ci ne se présentent pas au second tour et qu'elles aient obtenu au premier tour au moins 5 % des suffrages exprimés. En cas de modification de la composition d'une liste, l'ordre de présentation des candidats peut également être modifié.

 

Les candidats ayant figuré sur une même liste au premier tour ne peuvent figurer au second tour que sur une liste. Le choix de la liste sur laquelle ils sont candidats au second tour est notifié à la préfecture ou à la sous-préfecture par la personne ayant eu la qualité de responsable de la liste constituée par ces candidats au premier tour.

 

La déclaration de candidature résulte du dépôt à la préfecture ou à la sous-préfecture d'une liste répondant aux conditions fixées aux articles L. 260L. 263, L. 264 et LO 265-1. Il en est délivré récépissé.

 

Elle est faite collectivement pour chaque liste par la personne ayant la qualité de responsable de liste. A cet effet, chaque candidat établit un mandat signé de lui, confiant au responsable de liste le soin de faire ou de faire faire, par une personne déléguée par lui, toutes déclarations et démarches utiles à l'enregistrement de la liste, pour le premier et le second tours. La liste déposée indique expressément :

 

1° le titre de la liste présentée ;

 

2° Les nom, prénoms, sexe, date et lieu de naissance, domicile et profession de chacun des candidats.

 

Le dépôt de la liste doit être assorti, pour le premier tour, de l'ensemble des mandats des candidats qui y figurent ainsi que des documents officiels qui justifient qu'ils satisfont aux conditions posées par les deux premiers alinéas de l'article L. 228.

 

Pour chaque tour de scrutin, cette déclaration comporte la signature de chaque candidat, sauf le droit pour tout candidat de compléter la déclaration collective non signée de lui par une déclaration individuelle faite dans le même délai et portant sa signature.

 

Toutefois, les signatures de chaque candidat ne sont pas exigées pour la déclaration de candidature des listes qui ne procèdent à aucune modification de leur composition au second tour.

 

Pour le premier tour de scrutin dans les communes de 9 000 habitants et plus, sont également jointes les pièces de nature à prouver que le candidat a procédé à la déclaration d'un mandataire conformément aux articles L. 52-5 et L. 52-6 ou, s'il n'a pas procédé à cette déclaration, les pièces prévues au premier alinéa de ces mêmes articles. 

 

Récépissé ne peut être délivré que si les conditions énumérées au présent article sont remplies et si les documents officiels visés au quatrième alinéa établissent que les candidats satisfont aux conditions d'éligibilité posées par les deux premiers alinéas de l'article L. 228.

 

En cas de refus de délivrance du récépissé, tout candidat de la liste intéressée dispose de vingt-quatre heures pour saisir le tribunal administratif qui statue, en premier et dernier ressort, dans les trois jours du dépôt de la requête.

 

Faute par le tribunal administratif d'avoir statué dans ce délai, le récépissé est délivré.

 

Chaque fois qu'une liste comporte la candidature d'un ressortissant d'un Etat membre de l'Union européenne autre que la France, la nationalité de celui-ci est portée sur la liste en regard de l'indication de ses nom, prénoms, date et lieu de naissance.

 

En outre, est exigée de l'intéressé la production :

 

a) D'une déclaration certifiant qu'il n'est pas déchu du droit d'éligibilité dans l'Etat dont il a la nationalité ;

 

b) Des documents officiels qui justifient qu'il satisfait aux conditions d'éligibilité posées par l'article LO 228-1.

 

En cas de doute sur le contenu de la déclaration visée au a, est exigée, avant ou après le scrutin, la présentation d'une attestation des autorités compétentes de l'Etat dont l'intéressé a la nationalité, certifiant qu'il n'est pas déchu du droit d'éligibilité dans cet Etat ou qu'une telle déchéance n'est pas connue desdites autorités.

 

Est interdit l'enregistrement de la déclaration de candidature d'une liste sur laquelle figure un candidat inéligible en vertu des dispositions de l'article L. 203.

 
 

Les déclarations de candidatures doivent être déposées au plus tard :

 

- pour le premier tour, le troisième jeudi qui précède le jour du scrutin, à 18 heures ;

 

- pour le second tour, le mardi qui suit le premier tour, à 18 heures.

 

Aucun retrait volontaire ou remplacement de candidat n'est accepté après le dépôt de la liste.

 

Les retraits des listes complètes qui interviennent avant l'expiration des délais prévus à l'alinéa 1 du présent article pour le dépôt des déclarations de candidatures sont enregistrés; ils comportent la signature de la majorité des candidats de la liste.

 
--------------
 
( à suivre ... peut-être )

05/05/2013

Les "primes" en liquide du ministère de l'intérieur

lu sur :

http://www.lepoint.fr/societe/affaire-gueant-la-face-obscure-du-ministere-de-l-interieur-03-05-2013-1663138_23.php#xtor=EPR-6-[Newsletter-Quotidienne]-20130505

 

Affaire Guéant : la face obscure du ministère de l'Intérieur

Les "primes" en liquide évoquées par Claude Guéant ont bien existé. En 2006, trois journalistes du "Point" enquêtaient sur ces pratiques. Extrait. 

Le Point.fr - Publié le 03/05/2013 à 10:35 - Modifié le 03/05/2013 à 10:49 

Par , et

Claude Guéant en a-t-il trop dit en tentant d'éteindre les soupçons de financements libyens de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007 ? L'ex-ministre de l'Intérieur, interrogé sur un mystérieux virement de 500 000 euros sur son compte en banque, a mis en avant la vente de deux tableaux (un alibi mis à mal par plusieurs experts), mais également le versement de primes lorsqu'il était directeur de cabinet de Nicolas Sarkozy au ministère de l'Intérieur. Des primes de 20 000 à 25 000 euros qui, selon Claude Guéant, étaient "non déclarées de toute éternité", "avec la tolérance des services fiscaux". Problème, la pratique est censée avoir été interdite précisément en 2002.

 
 

Autant de déclarations qui ont conduit le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, à diligenter jeudi une enquête administrative. Selon un communiqué, "des déclarations publiques jetant le doute sur le bon usage" des frais d'enquête et de surveillance, Manuel Valls a, "à la demande du Premier ministre, ordonné une enquête administrative" dont les résultats définitifs sont attendus d'ici "un mois".

En 2006, trois journalistes du Point publiaient un livre-choc sur les coulisses du ministère de l'Intérieur. Dans Place Beauvau, la face cachée de la police (Robert Laffont), Olivia Recasens, Jean-Michel Décugis et Christophe Labbé soulevaient notamment l'épineuse question des millions d'euros en liquide qui circulent discrètement dans la police. Autant de révélations qui prennent aujourd'hui une tout autre saveur... Nous vous proposons aujourd'hui de retrouver un extrait qui abordait ce thème.

Les gros sous de la Place Beauvau

L'argent secret dans la police, c'est le sujet tabou Place Beauvau. Dans les autres ministères, les fonds secrets n'existent plus. Le ministère de l'Intérieur, lui, en profite encore. Des millions d'euros circulent de la main à la main. Les liasses de billets ne proviennent pas uniquement des fonds spéciaux. D'autres robinets fonctionnent discrètement, qui permettent chaque année de récolter autour de 40 millions d'euros. De l'argent liquide qui sert à financer les opérations discrètes, à rémunérer les indics et à récompenser les policiers avec parfois des dérives.

"C'est une petite dame âgée, toute menue, visage fermé et cheveux blancs, qui, chaque matin à 9 heures, émerge de l'escalator du métro Champs-Élysées-Clemenceau. Il ne faut que quelques dizaines de minutes à Henriette, qui flirte pourtant avec les 80 ans, pour rejoindre d'un petit pas pressé le ministère de l'Intérieur, place Beauvau. Son bureau est au troisième étage, tout près de celui du DGPN.

Chaque mois, les patrons des services, qui tous l'appellent par son prénom, défilent chez la vieille dame pour y chercher des liasses de billets. L'expression consacrée, c'est : "On part à la banque." "Vous frappez à la porte, elle vous ouvre, prend un gros trousseau de clés sur son bureau et se dirige vers un énorme coffre où sont méticuleusement rangées un tas d'enveloppes. Henriette ne sourit jamais. Parfois, elle vous tend l'enveloppe sans même vous regarder", confie un grand ponte de la police.

Tour à tour, les bénéficiaires signent en face de leur nom sur un grand listing alphabétique, pendant que, sur un petit cahier, Henriette inscrit au centime près la somme qu'elle vient de donner.

Voilà vingt ans qu'Henriette distribue aux patrons de la police l'argent secret du ministère de l'Intérieur. "La règle est de ne jamais dire aux autres combien Henriette vous a donné." Tous les ans, des dizaines de millions d'euros en grosses coupures passent entre les mains d'Henriette. De l'argent qui va servir à monter les opérations de police qui ne doivent pas laisser de traces, mais aussi à récompenser de la main à la main les policiers qui ont fait une belle affaire. Et sans doute à payer Henriette, officiellement partie à la retraite depuis longtemps avec le grade d'attaché de police, l'équivalent de commissaire pour un administratif.

29/04/2013

Affaire du Mediator : une ex-sénatrice mise en examen

lu sur :

http://presse-inserm.fr/dans-lactualite/synthese-de-presse/

Affaire du Mediator : une ex-sénatrice mise en examen

Soupçonnée d’avoir minimisé le rôle des laboratoires Servier dans un rapport parlementaire, Marie-Thérèse Hermange, ex-sénatrice UMP, a été mise en examen, le 26 avril, ainsi que le numéro 2 du groupe pharmaceutique, Jean-Philippe Seta, indiquent Libération, Le Figaro, La Croix et Aujourd’hui en France.

Libération explique que « ces mises en examen interviennent dans le cadre d’une enquête pour trafic d’influence, ouverte fin 2011 et alors qu’un premier procès sur le volet tromperie doit se dérouler en mai à Nanterre (Hauts-de-Seine) ». 

AFP, Le Figaro, BFM TV, 27/04, Aujourd’hui en France, France Info, 28/04, Libération, Les Echos, La Croix, L’Humanité, 29/04

26/04/2013

France : voyage présidentiel en Chine ... ou ailleurs

lu sur :

http://www.lemonde.fr/economie/article/2013/04/25/des-presidents-des-contrats-et-du-vent_3166157_3234.html#xtor=EPR-32280229-[NL_Titresdujour]-20130426-[titres]

Des présidents, des contrats... et du vent
 
Accords cadres et lettres d'intention, les promesses n'engagent que ceux qui veulent bien y croire. Y compris lors des visites présidentielles.

Alors que François Hollande a entamé une visite en Chine, entouré d'une soixantaine de patrons, l'industrie française guette de nouvelles commandes d'Airbus A320, d'un centre de retraitement des déchets nucléaires, de contrats dans le développement urbain durable, l'agroalimentaire, la santé ou l'économie numérique.

Pourtant, toutes les visites présidentielles du monde ne garantissent pas que les contrats soient honorés. Quand le président est reparti et que les flashs ont cessé de crépiter, l'accord commercial annoncé sombre parfois dans l'oubli. Inventaire des derniers "gros" dossiers qui se sont dégonflés ou sont carrément tombés à l'eau.

  • Les Rafales et le Brésil

Nicolas Sarkozy pensait avoir fait le plus difficile en arrachant en 2009 un "oui" à son homologue brésilien Lula pour la fourniture de 36 Rafale. Mais jusqu'à aujourd'hui, le contrat de quelque 4,5 milliards d'euros ne s'est pas confirmé.

Dernier rebondissement en date, en novembre, Brasilia a averti Paris du report de sa décision dans le cadre de cet appel d'offre plusieurs fois prorogé. Faute d'argent dans les caisses, le Brésil ne devrait pas prendre de décision avant mi-2013.

Lire : L'achat des Rafale par le Brésil : histoire d'un fiasco

  • Les Rafales et l'Inde

Cette fois, c'est François Hollande qui a soutenu les négociations. "J'exprime un optimisme réaliste pour 2013", déclarait le patron de Dassault aviation à bord de l'avion présidentiel, lors de la première visite du quinquennat en février, estimant que "l'été est un bon objectif".

Le contrat portait initialement sur 126 Rafales. Il aurait été revu en hausse à 189 appareils, selon des déclarations de sources proches des négociations en janvier. Mais on a appris au début du mois que ces négociations seraient retardées car l'Inde a annoncé qu'elle monterait 108 appareils sur place ; seuls les 18 premiers seraient assemblés en France.

Du coup, Dassault souhaite désormais signer deux contrats séparés, l'un concernant les dix-huit premiers appareils, l'autre les avions restants - ce à quoi s'oppose Dehli. Le constructeur français estime que l'assembleur n'aurait ni les compétences ni la capacité technique d'honorer son contrat.

Lire : Rafale : les négociations avec l'Inde seraient retardées

  • Les centrales et l'Inde

En décembre 2010, Areva avait signé un accord avec l'Inde pour construire ses deux premiers réacteurs de troisième génération EPR à Jaïtapur dans l'ouest du pays, avec une option pour quatre réacteurs supplémentaires, une victoire pour Nicolas Sarkozy. "La décision est prise, c'est un processus que nous connaissons bien et qui ne réserve pas de surprise", avait-il assuré.

Lire :  La France annonce une série d'accords en Inde (lien abonnés)

Mais à la suite de la catastrophe de Fukushima au Japon en mars 2011, la négociation avec l'Inde a perdu de son allant. En janvier, le ministre des affaires étrangères indien, Salman Khurshid, a affirmé que la négociation d'un contrat avec Areva portant sur la construction d'une centrale nucléaire dans son pays était "à un stade très avancé". Mais en février, François Hollande ne s'est pas exprimé publiquement sur ce dossier pour en confirmer l'avancée.

  • Les centrales, les Rafales et les Emirats

Nicolas Sarkozy s'était félicité un peu tôt des bonnes relations franco-émiraties. Il a dû essuyer deux revers majeurs aux Emirats Arabes Unis (EAU) : la défaite du consortium Areva-EDF-GDF-Total dans la course au contrat de construction de quatre centrales nucléaires, finalement attribué à un groupe sud-coréen en 2009 et, second échec, l'enlisement des négociations pour la vente de 60 Rafale, que l'on pensait acquise en 2011.

Lire :  Mirage nucléaire à Abou Dhabi

François Hollande tente aujourd'hui de reprendre la main. "Le dossier a des chances d'aboutir", confiait il y a deux mois un diplomate français, avant de s'empresser de souligner que M. Hollande "ne va pas aux Emirats pour signer des contrats", rompant avec l'attitude "VRP" de son prédécesseur.

Lire :  M. Hollande veut renforcer la coopération avec les Emirats (lien abonnés)

  • Le métro, les avions et la Chine

En 2004, lors de son voyage en Chine, Jacques Chirac s'était dit "optimiste" en vue de la signature du contrat concernant la ligne de TGV Pékin-Shangai partir du moment où l'appel d'offres sera lancé par la Chine". La rumeur d'un contrat du siècle a circulé. Las, elle a fait long feu quand l'allemand Siemens a finalement remporté le contrat.

En 2007, la France et la Chine avaient signé des accords commerciaux impliquant la technologie de l'usine de La Hague pour "une quinzaine de milliards d'euros", selon le porte-parole de l'Elysée de l'époque, David Martinon. "Ces contrats devront aboutir, ils sont quasiment sûrs, à l'horizon de deux ou trois ans", avait précisé l'Elysée. Ce projet a été remis sur la table jeudi dans le cadre d'une lettre d'intention entre Areva et la China National Nuclear Corporation.

Lire : La France a signé une série de contrats avec la Chine pour près de 20 milliards d'euros

  • Les frégates et la Grèce

En conflit avec son voisin turc, la Grèce a continué à allouer une enveloppe importante à la défense, même quand les coffres de l'Etat ont montré des signes de disette. Parmi les principaux bénéficiaires : la France.

Un point gênant pour le président français. A l'issue d'un entretien avec le premier ministre grec Antonis Samaras, lors de son dernier déplacement, François Hollande s'est justifié : "Je ne suis pas venu ici pour vendre du matériel" militaire.

Avec l'intensification des restrictions budgétaires, la Grèce a finalement décidé de louer à la France les frégates qu'elle pensait acheter (six frégates Fremm étaient en commande) pour renforcer sa marine de guerre, dans l'attente d'une reprise de ses achats militaires. "Les discussions se poursuivent" entre Athènes et Paris, a toutefois souligné une source proche du dossier.

Lire : La crise oblige la Grèce à réduire le poids 'surréaliste' de ses dépenses militaires

Mathilde Damgé

Saborder le français pour laisser le champ libre à la sous-culture et à la conception anglo-saxonne d'une société néo-libérale ???

lu sur :

http://www.lemonde.fr/idees/article/2013/04/25/refusons-le-sabordage-du-francais-par-claude-hagege_3166350_3232.html

"Refusons le sabordage du français",

par Claude Hagège - Le Monde

LE MONDE | 25.04.2013 à 11h59 • Mis à jour le 25.04.2013 à 17h11

Par Claude Hagège (professeur au Collège de France)

La France n'est certes que la source historique, et non la propriétaire exclusive de la langue française, que partagent avec elle, à travers le monde, les soixante-dix-sept Etats et gouvernements constituant ensemble l'Organisation internationale de la francophonie (OIF). Du moins jusqu'ici. Car le projet de loi Fioraso, qui veutimposer, en faveur de l'anglais, une très large extension des exceptions au principe du français langue de l'enseignement, des examens et des concours, pourrait avoir pour conséquence, du fait de la valeur symbolique d'un acte de sabordage du français par la France officielle elle-même, un doute croissant quant à la légitimité de la promotion de cette langue par les autres pays francophones. Heureusement, quelques espoirs subsistent : le directeur du Salon du livre du Beyrouth me disait, à la fin d'octobre 2009, en un français aussi classique que sa voix était sereine et teintée d'ironique mépris : "Laissez là vos alarmes : si la France torpille le français, d'autres pays seront toujours là pour le revigorer etgalvaniser sa diffusion !"

On se demande, pourtant, d'où peut bien venir, en France, cet acharnement contre la langue française. De la monarchie à la République, surtout aux heures les plus tragiques de cette dernière, tout illustre ce dicton : "C'est par sa langue que vit une nation." Les dirigeants de la nation française sont-ils donc saisis d'une pulsion d'autodestruction ? A supposer que tel ne soit pas le cas, tout francophone lucide ne peut qu'adresser aux gens de pouvoir à Paris et aux intellectuels malvoyants qui les inspirent, le message suivant : "N'entendez-vous pas s'esclaffer les étudiants étrangers que votre exorbitante et naïve assuranceprétend attirer dans vos universités et vos écoles par un enseignement en anglais, alors qu'il n'y est pas langue maternelle ? Ne voyez-vous pas que les mieux informés d'entre eux commencent à avoir pitié de votre dérisoire servilité face aux mécanismes du profit, et à se demander quelle déplorable aliénation vous torture, alors qu'ils respectaient jusqu'ici la culture et la langue françaises ? Allez-vous protéger enfin vos tympans contre les sirènes des universitaires liés par des conventions avec des établissements anglophones, et qui n'ont pas encore compris que c'est en utilisant le français qu'ils accroîtront le prestige de leurs travaux, et non en mordant le sol devant l'anglais ?"

Le français est depuis le XIIIe siècle une langue à vocation internationale, d'abord européenne, puis levantine, puis mondiale. Il est aujourd'hui la seule langue, avec l'anglais, qui soit présente sur les cinq continents. Chaque réunion de l'OIF montre que la promotion du français encourage celles de toutes les autres langues des pays membres. Madrid, Lisbonne-Brasilia, et maintenant Pékin dressent, face à la résistible domination de l'anglais, l'arme irrésistible de la diversité. Et c'est à ce moment même que la France, qui possède une longue antériorité historique dans l'illustration de sa langue, devrait sacrifier cette dernière aux pauvres pièges de l'argent ? !

Il est encore temps de réagir devant le burlesque en passe de devenir le consternant. Il est encore temps de se mobiliser avant qu'un projet de loi porteur du cancer ne soit proposé à la représentation nationale. Une partie grandissante du public bien informé est en train de se déprendre du vertige de l'américanisation déguisée en mondialisation. L'Académie française, elle aussi, dénonce un projet suicidaire.

Quant aux masses françaises, abreuvées de sous-culture américaine, elles ne manifestent aucun désir de substituer l'anglais au français dans l'enseignement en France. Ce sont donc les forces vivantes et majoritaires du pays que l'on insulte en plaçant l'anglais sur un piédestal dont il n'a que faire, surtout venant du gouvernement français. Battons-nous pour notre langue ! Car même si l'enjeu est aussi d'éviter, par solidarité civique, aux autorités de sombrer dans le grotesque en même temps que dans l'indignité, c'est de notre identité qu'il s'agit. Il n'est plus temps de clore nos paupières : nous sommes en guerre !

Lire le débat Université, pourquoi une nouvelle réforme ?, avec les contributions de Geneviève Fioraso, ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche ; Valérie Pécresse, ancienne ministre de l'enseignement supérieur ; des prfosseurs d'économie ; Jean-Louis Fournel, professeur à l'université Paris-VIII et ancien président du collectif Sauvons l'université ! ; Claude Hagège, professeur au Collège de France ; Gilbert Béréziat, président honoraire de l'université Pierre-et-Marie-Curie...

Claude Hagège (professeur au Collège de France)

24/04/2013

Pesticides : le ministère de l'agriculture et l'État coupables de négligence, la santé des français sous la coupe des lobbies

... et le contribuable paye les dépenses de santé. 

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/04/23/des-dizaines-de-pesticides-sont-autorises-en-france-contre-les-avis-d-experts_3164733_3244.html

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Des dizaines de pesticides sont autorisés en France contre les avis d'experts

LE MONDE | 23.04.2013 à 13h02 • Mis à jour le 23.04.2013 à 13h02

Par Stéphane Foucart

La révélation pourrait alourdir encore l'atmosphère de défiance qui s'installe en France entre la société civile et les pouvoirs publics : des dizaines de produits phytosanitaires agricoles ou domestiques (insecticides, herbicides, fongicides, etc.) sont autorisées depuis plusieurs années, sans tenir compte des alertes de l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses).

Des courriers, adressés par la direction générale de l'agence au ministère de l'agriculture, obtenus par l'association Générations futures et rendus publics mardi 23 avril, témoignent de profonds dysfonctionnements dans le système d'attribution ou de reconduction des autorisations de mise sur le marché des pesticides. Ces dernières sont délivrées par la direction générale de l'alimentation (DGAL), placée sous la tutelle du ministère de l'agriculture. Ces anomalies justifient, selon l'association, des recours en justice et, notamment, un dépôt de plainte pour "mise en danger de la vie d'autrui".

De quoi s'agit-il ? Dans un courrier daté du 27 août 2012, Marc Mortureux, le directeur général de l'Anses, rappelle à Patrick Dehaumont, directeur général de l'alimentation, avoir déjà "attiré l'attention" de ses services, en octobre 2009, sur "les problèmes posés" par le fait que les avis de l'Anses relatifs aux pesticides ou aux produits fertilisants "n'étaient pas tous suivis d'une décision par le ministère chargé de l'agriculture dans les délais prévus par la réglementation". Le courrier divulgué par Générations futures pointe également "le maintien sur le marché de produits pour lesquels avait été émis un avis défavorable ou un avis favorable avec restrictions", précisant que "des différences sont régulièrement repérées entre les avis de l'agence et les décisions" de la DGAL.

NON CONFORMES AUX EXIGENCES DE LA LÉGISLATION EN VIGUEUR

Pour preuve, le directeur général de l'Anses joint à son courrier trois listes "qui n'ont pas la prétention d'être exhaustives", mais qui rassemblent tout de même quelque 200 produits pour lesquels "des différences et anomalies ont été repérées dans ce cadre".

A la date de l'examen, par les services de l'Anses, de la base de données des produits phytosanitaires autorisés – soit le 16 août 2012 –, plusieurs dizaines de pesticides étaient autorisées en France, en contravention avec les avis de l'agence nationale. "De très nombreux pesticides restent autorisés alors qu'ils devraient, selon l'Anses, être interdits, car non conformes aux exigences de la législation en vigueur", s'insurge Générations futures.

D'un strict point de vue réglementaire, la DGAL n'est pas tenue de se conformer aux avis de l'Anses. Le grand nombre d'écarts relevés est cependant suffisamment anormal pour avoir suscité la réaction de l'agence sanitaire.

La plupart des risques ignorés par la DGAL concernent l'environnement, mais une demi-douzaine de produits épinglés présentent, selon les évaluations même de l'Anses, des risques sanitaires pour l'utilisateur, qu'il soit jardinier amateur ou employé agricole.

La situation a évolué depuis août 2012, fait-on valoir à la DGAL, et certains produits ont été mis en conformité avec les avis de l'Anses. Combien ? La DGAL ne peut, dans l'immédiat, le préciser. Elle ajoute que certaines anomalies peuvent être expliquées par des défauts de mise à jour de la base de données du ministère, ou encore par des agendas français et européens décalés. "Avant de tenir compte d'un avis de l'Anses, il faut parfois attendre certaines réévaluations en cours au niveau européen", plaide-t-on à la DGAL. C'est en effet à l'échelon communautaire que les molécules actives sont évaluées, les mélanges commerciaux étant ensuite évalués ou réévalués, puis autorisés ou interdits par chaque Etat membre.

Ces explications ne permettent cependant pas d'expliquer l'ensemble des dysfonctionnements mis au jour. Générations futures a annoncé son intention de former un recours pour "carence fautive de l'Etat" et de saisir une juridiction administrative pour obtenir le retrait des autorisations délivrées aux pesticides concernés.

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sur le même sujet, lu dans le Canard enchaîné de cette semaine :

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23/04/2013

HSBC : la justice peut agir avec 4 ans de retard

lu sur :

http://www.lemonde.fr/societe/article/2013/04/23/fichiers-hsbc-le-parquet-de-paris-ouvre-une-information-judiciaire_3164510_3224.html

Fichiers HSBC : le parquet de Paris ouvre une information judiciaire

Le Monde.fr | 23.04.2013 à 16h06 • Mis à jour le 23.04.2013 à 16h55

Par Simon Piel

Le dossier traînait depuis quatre ans. Le parquet de Paris, sous la direction du procureur de la République François Molins, a finalement ouvert une information judiciaire pour "démarchages bancaires ou financiers illicites et complicité de ce délit", "blanchiment en bande organisée de fonds obtenus à l'aide de démarchage bancaire ou financier illicite" et "blanchiment en bande organisée de fraude fiscale" dans le cadre de l'affaire des fichiers volés de la banque HSBC.

Outre les personnes qui ont ouvert un compte chez HSBC en Suisse, les juges pourront donc aussi enquêter sur les relations qu'a pu entretenir la banque avec ces résidents français et la façon dont ceux-ci ont été amenés à y placer des avoirs non déclarés.

Une première enquête avait été ouverte par le parquet de Nice à la suite de la saisie en janvier 2009 chez un ancien salarié de HSBC, Hervé Falciani, de fichiers cryptés contenant des informations sur des comptes détenus par des clients de la banque en Suisse. Les éléments de cette enquête avaient été transmis au parquet de Paris en 2011 qui, deux ans après, vient de donner un nouveau développement judiciaire à cette affaire.

Sur la base de ces fichiers, exploités par le fisc français, des fraudeurs français avaient subi un redressement fiscal. Plusieurs milliers de personnes avaient été rattrapées par l'administration ou s'étaient dénoncées auprès d'une cellule de régularisation de Bercy permettant ainsi à la France de rapatrier près de 1,2 milliard d'euros.

LA JUSTICE INTERPELLÉE SUR SA LENTEUR

La décision du parquet de Paris intervient après que plusieurs responsables ont directement interpellé la justice sur sa lenteur. Jeudi dernier, le ministre du redressement productif, Arnaud Montebourg, avait exhorté le procureur de Paris à "se réveiller". En réponse au ministre, le parquet de Paris avait fait savoir qu'une décision serait prise "très prochainement". Les avocats de Hervé Falciani, au premier rang desquels Me William Bourdon, avaient pour leur part réclamé publiquement l'ouverture d'une information judiciaire et la saisie d'un juge d'instruction indépendant. C'est désormais chose faite.

Alors que la lutte contre l'évasion fiscale apparaît aujourd'hui comme une priorité gouvernementale, et à la veille de la présentation en conseil des ministres de  l'avant-projet de loi sur la moralisation en politique – qui doit notamment donner naissance à la création d'un parquet financier à compétence nationale –, le parquet de Paris a tenu à montrer qu'il s'était lui aussi saisi de la thématique.

17/04/2013

Monnaie : les banques centrales cassent le prix des métaux précieux

lu sur :

http://www.lesobservateurs.ch/2013/03/26/comment-les-banques-centrales-cassent-le-prix-des-metaux-precieux/#

Comment les banques centrales cassent les prix des métaux précieux 

Pourquoi et comment les banques centrales occidentales, la Federal Reserve américaine au premier chef, sont-elles parvenues depuis 2011 à casser les prix de l’or et de l’argent-métal ?

Depuis la répudiation de l’étalon-or au début de la Première Guerre Mondiale -et tout de suite après dans les années 1920 surtout- jusqu’à la cessation américaine de convertibilité entre banques centrales du dollar US en or d’août 1971 -et l’instauration progressive des taux de change flottants- les pouvoirs publics (Etats et banques centrales) en Occident n’ont pas eu de cesse d’exclure l’or -et préalablement l’argent-métal- du Système monétaire international (jusqu’à les confisquer aux USA et dans plusieurs pays totalitaires). Le but de tout cela étant de se donner les moyens : 1/ de créer autant de monnaie fiduciaire de papier que possible et 2/ d’organiser un endettement public et privé maximum via le mécanisme des « réserves fractionnaires », dont ils attendaient une plus forte croissance économique que par le passé. Croissance qu’ils pensaient d’ailleurs -évidemment à tort- être en mesure de créer eux-mêmes -en toutes circonstances- au moyen de politiques monétaires discrétionnaires et de politiques budgétaires constructivistes, toutes les deux ultra laxistes.

Mais, évidemment, plus cet interventionnisme -préconisé par les fausses idées socialistes keynésiennes- s’est développé en Occident, plus les mécanismes monétaires et économiques ont été manipulés par les pouvoirs publics jusqu’à ce que l’augmentation de la création monétaire devienne hors de contrôle et que les dettes publiques et privées croissent pour atteindre des niveaux à partir desquels elles ne sont plus remboursables. Pendant que la croissance économique s’est, en même temps, fortement ralentie au fur et à mesure que lesdits pouvoirs publics augmentaient les taxes et impôts sur les particuliers et les entreprises et que leurs politiques monétaires créaient une masse croissante d’investissements improductifs se détournant des économies réelles pour aller se placer dans la spéculation financière ou boursière qui a été constamment favorisée par les banques centrales, la formation de bulles donnant l’illusion de la richesse tout en faisant abusivement croire au bien fondé du laxisme monétaire. Bulles qui, évidemment, ne peuvent qu’exploser périodiquement puisque artificiellement entretenues par la fixation de taux d’intérêts les plus bas possibles ne reflétant pas les données réelles du marché et la création d’une masse croissante de liquidités sans valeur ne trouvant pas à s’investir dans les économies réelles faute de débouchés productifs (d’où d’ailleurs la « trappe à liquidités » actuelle, se traduisant par une modération des pressions inflationnistes en Occident et au Japon, consécutive à la chute de la vitesse de circulation de la monnaie).

On rappellera à propos de la croissance économique qu’elle a été la plus forte au XXe siècle en Occident pendant les « Trente Glorieuses », c’est-à-dire à partir du rétablissement de la convertibilité entre banques centrales du dollar US en or au moment des accords de Bretton Woods de juillet 1944 jusqu’à sa cessation de convertibilité d’août 1971, ce qui n’est évidemment par un hasard puisque c’est la stabilité monétaire apportée par le lien automatique fixe entre l’or et la monnaie qui apporte la confiance indispensable à la croissance. Alors que, à l’opposé, comme l’écrivait Ludwig von Mises, « Les crises économiques sont provoquées par les politiques expansionnistes des banques centrales ».

Tout naturellement, à partir des années 2000 et au rythme des inévitables krachs financiers et boursiers successifs, les investisseurs privés raisonnables -et les banques centrales des pays émergents- se sont portés à l’achat de l’or et de l’argent-métal, en même temps que le dollar US perdait constamment de sa valeur contre les autres grandes monnaies fiduciaires de papier mais aussi de son pouvoir d’achat intrinsèque. Après dix ans de hausse, l’argent-métal puis l’or ayant atteint en 2011 des prix record (respectivement 49,50 et 1.921 dollars US l’once) et le dollar US son plus bas contre le panier des principales autres monnaies fiduciaires de papier (le Dollar US Index), les banques centrales occidentales ont alors décidé d’agir pour organiser leur rechute puisqu’ils risquaient de s’imposer comme les « actifs de dernier ressort » incontournables à la place des obligations d’Etat, américaines principalement, qui constituent l’essentiel de leurs réserves de change. Ce qui aurait eu pour conséquences de mettre un terme au rôle dominant du dollar US comme monnaie mondiale, puis de marginaliser les autres monnaies de papier dans leurs zones d’influence respectives, autant dire le retour progressif à l’étalon-or et au bimétallisme tout en renforçant le poids des pays émergents. 

Cette considération est importante puisque les USA, et accessoirement la zone euro, ayant déjà réussit à piéger les BRIC en leur faisant placer l’essentiel de leurs réserves croissantes de change -venant de leurs excédents commerciaux- en obligations d’Etat exprimées en dollars US, et accessoirement en euros, il importe de ne pas les laisser affirmer leur leadership via l’accaparement des métaux précieux dont la valeur s’apprécierait régulièrement à partir desquels ils pourraient faire pression pour un changement radical du Système monétaire international. Les préoccupations politiques et stratégiques ne sont jamais étrangères aux manipulations monétaires.

Pour parvenir à leurs fins, les banques centrales occidentales ont -sans qu’on puisse alors le savoir (et donc l’anticiper) puisqu’elles ne donnent que peu ou pas d’indications sur le montant exact de leurs réserves d’or ni sur l’emploi qu’elles en font- à partir de 2011 surtout, d’une part, loué ou cédé leur or -dont elles n’ont pas d’usage immédiat dans un Système de monnaies fiduciaires de papier- aux bullion banks privées qu’elles ont amplement financées et chargées de le vendre via les marchés à terme dans des quantités bien supérieures aux stocks physiques disponibles (du fait de l’effet de levier qui caractérise ces marchés), afin de créer une masse d’or et d’argent-métal papiers susceptible de saturer la demande des investisseurs privés et des banques centrales des pays émergents. Il y aurait actuellement une position record à la vente sur les marchés à terme de l’or et de l’argent-métal papiers correspondant à plus de 200 fois leur sous-jacent physique ! Autrement dit, les techniques de Quantitative Easing employées en matière monétaire le sont aussi sur les marchés des métaux précieux. Les banques centrales occidentales ont, d’autre part, favorisé l’émergence des ETF qui ont, eux aussi, crée une masse importante de métaux précieux papiers dans la mesure où les actifs physiques qu’ils acquièrent (pour des montants généralement inférieurs aux titres qu’ils émettent) sont déposés auprès desdites bullion banks qui, aussitôt qu’elles les reçoivent, les vendent à terme. Les deux métaux précieux sont ainsi devenus eux aussi des quasi monnaies de papier et ont en grande partie perdu leur statut de rareté. Sans compter de nombreuses autres manipulations liées au fonctionnement des marchés à terme, au fixing des prix des métaux comme aux taux d’intérêt pris en compte pour les prêts d’or (Libor, Gofo), elles aussi organisées pour assurer la collusion opaque entre les pouvoirs publics et les bullion banks. Le processus de manipulation de l’or est remarquablement exposé dans trois articles présentés sur le site ci-joint : http://sibileau.com/martin/

L’objectif de tout cela étant, répétons-le, de cacher la mauvaise gestion du dollar US, afin qu’il conserve le plus longtemps possible son statut de monnaie de réserve mondiale, et accessoirement d’occulter le chaos de l’euro pour qu’il reste son second, en dépit de la crise structurelle sans fin qu’il traverse alors qu’en l’état il n’est pas viable. Casser le prix de l’or revient à désactiver le baromètre du Système monétaire et financier international afin que tous les produits et marchés deviennent plus facilement manipulables, bref à installer le paradis terrestre pour les « banksters » de Wall Street, de la City et d’ailleurs. Les politiciens qui, tout en réclamant à cor et à cri plus de « transparence et régulation » de la finance internationale, se rendent complices de tout cela sont non seulement des idiots mais encore des irresponsables parce que coupables de la ruine de leurs peuples et de leurs nations.

Surtout lorsqu’ils imposent le sauvetage par les Etats et maintenant directement par les peuples -Etats et peuples qui n’en n’ont pas les moyens et dont ce n’est pas le rôle-, des banques « too big to fail » sans même sanctionner leurs dirigeants devenus « too big to jail ». Alors que pour des raisons de morale publique et privée (chacun doit assumer ses responsabilités jusqu’au bout de son engagement) comme d’efficacité économique (la « destruction créatrice » indispensable au rétablissement de nouveaux équilibres doit pouvoir se réaliser), il faut les laisser faire la faillite lorsque l’incompétence ou l’avidité de leurs dirigeants les ont rendues insolvables. A cet égard, le scandaleux racket des comptes bancaires à Chypre, illégalement ponctionnés sur injonction de l’Allemagne par la « Troïka » -BCE, UE, FMI-, montre que les responsables de la zone euro bafouent ses propres règles en matière d’assurance des dépôts dans ses banques et continuent de pratiquer le « coup d’Etat permanent » dans ceux de ses Etats-membres qui osent consulter démocratiquement leurs ressortissants sur des dispositions les concernant sans hésiter à renvoyer leurs élus pour les remplacer par des techniciens à leur botte. Qui gardera dorénavant ses économies dans l’une des banques de l’un des pays de ladite zone puisqu’elles peuvent être volées en toute impunité par des pouvoirs publics devenus fous ? Après avoir cassé la souveraineté de la plupart des nations européennes et ruiné la majorité de leurs populations (en Europe, le chômage est à son plus haut et la croissance économique est à son plus bas depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale !), la monnaie unique européenne est vraisemblablement entrée dans la phase finale de sa destruction, étant donné l’incompétence et l’irresponsabilité des dirigeants politiques coupés des peuples -tant au niveau européen qu’au niveau national- qui contre vents et marées s’obstinent à tenter de maintenir à un coût exorbitant une superstructure politico-monétaire constructiviste inadaptée depuis sa création.

Le seul homme d’Etat à avoir compris qu’il fallait construire l’Europe en préservant ses nations, parce que seules garantes de l’Etat de droit démocratique, et réformer le Système monétaire, en particulier en supprimant le statut exorbitant du dollar US parce qu’à la fois monnaie nationale de l’Etat le plus puissant et monnaie mondiale imposant sa domination, c’est Charles de Gaulle qui n’est hélas pas parvenu à faire adopter l’étalon-or, c’est-à-dire à couper tout lien entre la monnaie et les pouvoirs publics, précisément en raison de la bêtise et de la lâcheté de la plupart des dirigeants internationaux à son époque.
A un niveau plus prosaïque, la question qui se pose maintenant est de savoir si les prix de l’or et de l’argent-métal vont se stabiliser, puisqu’ils sont actuellement semble-t-il empêchés de monter par les manipulateurs, ou bien vont chuter plus bas. Tout dépendra de la capacité des banques centrales et de leurs alliées les bullion banks à poursuivre leurs manœuvres. Comme leurs moyens semblent importants étant donné que leur capacité de création monétaire ex nihilo (via les Quantitative Easing ou les LTRO par exemple) n’est pas encore tout à fait épuisée, il y a peu de chance pour les métaux précieux de remonter fortement à court terme. Sauf si le dollar US devait baisser nettement contre l’euro et le yen, ce qui ne semble pas d’actualité immédiate compte tenu de l’instabilité structurelle de la zone euro -qui n’est toujours pas viable sans union fiscale et sans mutualisation des dettes entre ses Etats-membres- et des actions délibérées des autorités japonaises -visant à détruire le yen pour promouvoir le plus d’inflation domestique possible-. En revanche, ayant déjà beaucoup baissé (-21% pour l’or et -48% pour l’argent-métal), il se pourrait qu’ils se stabilisent pendant quelques semaines dans un trading range limité, sans casser à la baisse leurs supports récents vers 1.520 et 26 dollars US l’once.

On notera, à ce propos, que l’or étant l’étalon monétaire (comme le mercure est l’étalon de température ou le mètre est l’étalon de distance), même s’il n’en a plus le statut officiel, sa valeur intrinsèque exprimée par son poids est en toutes circonstances -depuis l’invention de la monnaie au VIe siècle avant J.C.- constante parce ses propriétés sont immuables, de telle sorte que son prix ne monte que lorsque la valeur de la monnaie de papier dans laquelle on l’exprime chute (et réciproquement son prix baisse lorsque la valeur de la monnaie de papier dans laquelle on l’exprime s’apprécie), sans qu’actuellement l’offre et la demande de métal aient beaucoup de conséquence sur cette fixation de son prix. C’est ainsi que pendant près de 10 ans, de 2001 à 2011, le prix de l’or exprimé en dollars US est monté parce que la valeur de cette monnaie fiduciaire de papier a baissé par rapport à celles des autres. Puis, à partir de 2011, son prix exprimé en dollars US a lourdement chuté parce que (indépendamment des interventions des banques centrales occidentales dans ce sens) la valeur du dollar US a commencé de remonter par rapport à celles des autres monnaies fiduciaires de papier. Alors même que les banques centrales de certains pays émergents et que les investisseurs (via les ETF en particulier) ont acheté de l’or en quantités jamais atteintes auparavant ce qui a été sans effet sur son prix. L’or étant l’anti-dollar US, il ne fluctue donc depuis 1971 principalement qu’en sens contraire de la devise US. Quant à l’argent-métal, son rapport inverse au dollar US est également avéré sauf qu’étant aussi un métal industriel il est en partie soumis à la loi de l’offre et de la demande s’appliquant à toute matière première (d’où le squeeze des frères Hunt associés à des investisseurs arabes ayant réussit à le faire temporairement monter vers 50 dollars US l’once en 1980 pendant que l’or n’était monté que vers 850 dollars US l’once, mouvements déjà contrés par les banques centrales occidentales qui avaient fait tout leur possible pour les stopper).

Mais, à moyen terme, deux raisons -au moins- militent pour une reprise fulgurante de la hausse de l’or et de l’argent-métal : 1/ d’ici quelques années, la pénurie de ces deux métaux sera avérée puisque leurs ressources naturelles s’épuisent ( lire http://terresacree.org/argent.htm) et que les sociétés minières en extraient de moins en moins à des coûts toujours plus prohibitifs (d’où la probabilité de faillites en chaîne desdites sociétés dont les profits sont laminés), ce qui les immunisera des effets des fluctuations monétaires qui pèsent encore sur eux (en particulier de leur relation actuellement inverse avec le dollar US); 2/ le Système monétaire international actuel étant en voie d’explosion, d’une part, parce que les banques centrales occidentales ne vont pas encore longtemps pouvoir continuer de créer autant de monnaie ex nihilo sans conséquences inflationnistes et, d’autre part, parce que ses déficiences structurelles et la masse énorme de dettes non remboursables (plus aucun grand pays occidental n’ayant de croissance suffisante pour payer les seuls intérêts de ses dettes) sur laquelle il repose conduisent à des actions de moins en moins coopératives entre ses différents acteurs.

La « guerre des monnaies » (« dévaluations compétitives » à des fins commerciales) ayant déjà commencé et la faiblesse de la croissance économique globale ne pouvant plus être redressée dans le contexte actuel de mondialisation faussée par les manipulations monétaires (produisant en Occident un chômage de masse faisant baisser la consommation qui constitue à elle seule 70% des PIB) et de forte diminution de la rentabilité des investissements productifs (Bill Gross, le patron de Pimco, remarquait récemment que dans les années 1980 il fallait quatre dollars de crédit pour générer un dollar de PIB réel mais qu’il en faut vingt aujourd’hui pour obtenir le même résultat), tout indique qu’un krach des marchés d’actions et/ou d’obligations surévalués se produira prochainement. Ce qui fera à terme « sauter » les banques centrales occidentales (qui peuvent faire faillite lorsqu’elles ont atteint leur limite de création de fausse monnaie de papier), dont les bilans pourris sont déjà proches du maximum de leur extension, nonobstant le fait que la fragilité des bullion banks (les pertes énormes récentes de JP Morgan, HSBC, Goldman Sachs et autre Deutsche Bank dans les dérivés en disent long à ce sujet) pourrait entraîner leur déconfiture se traduisant d’abord par le rachat de leurs positions shorts puis par la fin de leurs manipulations baissières sur les métaux précieux.

La cassure du prix de l’or, étant le résultat des politiques de planification monétaire centrale -antilibérales de type soviétiques ou nazies ayant déjà échouées dans l’histoire- conduites par la Federal Reserve US et quelques autres banques centrales (Bank of England, BCE, Banque nationale suisse, Bank of Japan, etc.), avec la coopération de l’obscure BRI (la banque centrale des banques centrales installée à Bâle), engagées de leur propre chef, sans que les populations de ces pays le comprennent, dans la manipulation active des monnaies fiduciaires de papier qu’elles émettent, ne pourra donc pas se poursuivre longtemps puisque, par définition, les monnaies fiduciaires de papier sont en train de s’autodétruire. Le « Système » de John Law, en France sous la régence de Philippe d’Orléans, a duré quatre ans de 1716 à 1720 avant de provoquer l’effondrement de la monarchie et la ruine de la population de ce pays. Ben Bernanke, le plus grand faux-monnayeur de l’histoire chargé par les responsables américains de gagner du temps, laissera les USA en faillite et leur dollar sans valeur puisqu’ils n’échapperont pas à l’issue finale qui les attend. A savoir : faire, d’une façon ou d’une autre, défaut sur leur dette qui s’accroît de manière exponentielle, dont leurs dirigeants politiques et économiques irresponsables croient que cette situation de déséquilibre systémique peut durer éternellement en imprimant toujours plus de dollars US ex nihilo et en créant des bulles boursières à l’infini pour attirer les gogos auxquels on propose de vendre leur or (actif réel à valeur intrinsèque constante) pour acheter des actions (actifs de papier à valeur hautement volatile). Ben Bernanke pense, comme Adolf Hitler le disait lui-même, que « L’or dans les mains de la population c’est l’ennemi de l’Etat », mais la vérité c’est quand l’or est dans les mains de l’Etat qu’il devient l’ennemi de la population! Rien n’est plus urgent que de couper complètement et définitivement tout lien entre la monnaie et l’Etat et/ou les banques centrales qu’il faut supprimer, pas seulement pour recréer de bonnes monnaies stables favorisant une croissance économique positive, mais aussi pour préserver la liberté des peuples en danger de domination totalitaire aggravée du fait des politiques de planification monétaire centrale visant à les déposséder de leur capital ou de la possibilité d’en constituer un.

Comme d’habitude en matière financière c’est le timing qui importe. Hélas, à ce sujet, personne n’est en mesure de prévoir quand la « voie royale » de la hausse de l’or et de l’argent-métal reprendra, ni même jusqu’où ils pourraient monter et tout ceux qui prétendent le contraire ne se livrent qu’à des extrapolations sans aucune base sérieuse. La seule chose qui est certaine c’est qu’aucune monnaie fiduciaire de papier, par définition gagée sur le néant et produite sans limitation, comme toutes celles que nous connaissons actuellement, ne pourra devenir « as good as gold » à moins d’être à nouveau librement convertible en or et créée en quantité strictement proportionnelle au stock d’or détenu par son émetteur. La meilleure stratégie pour profiter de la hausse future des deux métaux consiste donc à les acheter sous une forme la plus physique possible par petits paquets en échelle de baisse (en évidemment les déposant hors des USA et de l’Union européenne, en Suisse par exemple en toute légalité, pour les sécuriser au maximum et bénéficier d’un traitement fiscal favorable), tout en se mettant simultanément short sur les actions des sociétés minières et ainsi tenter d’éviter de nouvelles pertes financières surtout s’ils devaient casser temporairement à la baisse leurs supports précités de 1.520 et de 26 dollars US l’once. Etant donné que, dans ce cas de figure, les actions de ces sociétés s’effondreraient encore plus vite qu’elles ne l’ont déjà fait depuis 2011. Voire même d’acheter contre ses avoirs en métaux précieux que l’on conservera des options puts à terme de quelques mois (ou d’autres protections) s’ils ne tenaient pas lesdits supports. Enfin, nous déconseillons tout achat de platine et/ou de palladium, actuellement plus que correctement évalués, qui pourraient voir leurs cours s’effondrer du fait de l’aggravation de la récession internationale (pesant négativement sur l’industrie automobile qui les consomme massivement pour la fabrication des batteries) comme d’un krach boursier à venir ainsi qu’ils l’ont fait en 2008 et 2009. 8

Si l’on veut bien réfléchir un moment sans a priori en toute objectivité sur les politiques actuellement menées par les banquiers centraux occidentaux, on conviendra qu’elles sont devenues folles. Puisque consistant à détruire la valeur des monnaies fiduciaires de papier via les Quantitative Easing, les LTRO et les dévaluations compétitives à l’infini, comme l’épargne de la masse des citoyens via les taux d’intérêt zéro et la cassure systématique de tous les actifs réels leur permettant de se protéger (voire leur confiscation pure et simple comme à Chypre récemment par la « Troïka ») au seul profit d’une minorité parasitaire d’oligarques-spéculateurs ou de banksters à la tête de banques illusoirement rendues « too big to fail ». Depuis le début de la crise de 2007, près de neuf mille milliards de dollars US ont été imprimés ou crées électroniquement dans le monde (soit en dollars US soit dans d’autres devises) mais les dettes des Etats et/ou des banques ont inexorablement continué de croître… Nous dansons sur un volcan toujours en fusion !

Ces pratiques extrêmes, qui n’ont aucun équivalent historique (sauf en plus modeste en France sous le Système de John Law et en Allemagne sous la République de Weimar, la création monétaire de papier ayant été alors comme de nos jours exacerbée pour tenter de payer des dettes devenues non remboursables, d’où l’idée que c’est finalement l’hyper-endettement qui est la cause originelle de l’hyper-inflation), se termineront nécessairement par l’effondrement de l’ensemble du Système monétaire global, un pan après l’autre, et les peuples seront alors fondés à entrer en rébellion, voilà ce que les Ben Bernanke et ses acolytes nous apporteront si personne ne les stoppe au plus vite ! L’hyper-endettement étant un cancer qui détruit tout, il faudra probablement pour s’en sortir organiser (ou laisser se réaliser) une répudiation mondiale des dettes, c’est-à-dire casser tout le Système financier et bancaire de plus en plus insolvable et, à ce moment-là, seuls les actifs réels conserveront leur utilité et leur valeur (lire http://www.zerohedge.com/news/2013-03-21/global-financial-pyramid-scheme-numbers ).

Pierre Leconte

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La Croix - il y a 2 jours

 

10/04/2013

Offshore Leaks : perfide Albion

lu sur :

http://www.lemonde.fr/economie/article/2013/04/09/premier-paradis-fiscal-au-monde-la-city-beneficie-d-un-solide-reseau-extraterritorial_3156385_3234.html

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Premier paradis fiscal au monde, la City au coeur d'un empire offshore

Officiellement, David Cameron a placé la lutte contre l'évasion fiscale au coeur de sa présidence 2013 du G8. A l'appui de cette croisade, le premier ministre britannique met en exergue la récente signature d'échange de données fiscales entre le Royaume-Uni d'une part, la Suisse, les îles anglo-normandes et l'île de Man d'autre part.

>> Tout nos articles sur Offshore Leaks

Dans la réalité, la City – terme qui décrit l'industrie des services financiers installés à Londres – peut être considérée comme le plus gros paradis fiscal au monde. La première place financière européenne est, certes, "onshore" (à terre). Mais elle est au centre d'une toile d'araignée où rayonnent des paradis fiscaux "offshore" (extraterritoriaux), ces territoires de la Couronne ou anciennes colonies, dont le nom est passé dans l'histoire de la finance de l'ombre : îles Caïmans, îles anglo-normandes, île de Man, îles Vierges britanniques, Gibraltar, les Bermudes, Hongkong, l'Irlande, Dubaï... Des lieux qui servent d'abord de rabatteurs de capitaux approvisionnant le pôle londonien en liquidités. L'argent collecté est géré par les établissements financiers installés dans la capitale britannique.

A écouter Nicholas Shaxson, auteur du livre Treasure Islands (The Bodley Head, 2009), consacré aux places financières extraterritoriales – et l'un des piliers de Tax Justice Network, une organisation non gouvernementale phare dans la lutte contre les paradis fiscaux –, la City abritait 3 200 milliards de dollars (2 456 milliards d'euros) de dépôts offshore, soit 55 % du total mondial. Et Jersey, Guernesey et Man apportent le dixième de ce pactole.

UN ETAT DANS L'ETAT

Grâce à ses centres offshore de transit, la City a pu faire fructifier à son avantage les pétrodollars du Proche-Orient, ainsi que les fonds des oligarques russes, des armateurs grecs, des entrepreneurs indiens et chinois, ou, plus récemment, des nantis d'Europe du Sud fuyant la crise de l'euro.

Pour protéger sa prééminence dans la finance offshore, la City dispose de trois atouts-clés. Tout d'abord, la formidable puissance de la City of London Corporation, l'autorité administrative de la City. Le pouvoir de cet Etat dans l'Etat, autonome par rapport au gouvernement central, est à la hauteur de sa fortune et de son entregent : imposant.

"En tant que centre financier international, fort de sa tradition séculaire de gestion de patrimoine, nous attirons des fonds du monde entier. Depuis des décennies, Jersey, Guernesey et d'autres centres similaires nous procurent des capitaux. Ces rabatteurs offshore respectent la législation européenne", nous déclarait récemment l'un de ses dirigeants.

Ensuite, la City peut compter sur l'expertise d'une armée d'avocats et de comptables pour concocter des structures financières offshore mettant l'argent à l'abri du fisc. Avec l'aide de ce réseau, la gestion alternative – hedge funds (fonds spéculatifs), capital-investissement... – dont Londres est le centre en Europe, dispose d'entités idoines, appelées special purpose vehicles, des coquilles vides permettant de minimiser l'impôt.

La constitution d'une autre spécialité britannique, les trusts, structures dont on ne connaît pas le bénéficiaire, administrées par un cabinet juridique ou d'audit situé dans un paradis fiscal, brouille les pistes en permettant de dissimuler les avoirs. Jersey, Guernesey et les îles Caïmans sont le royaume de ces entités à la fois légales, virtuelles et impénétrables.

Enfin, les paradis fiscaux britanniques peuvent compter sur la discrétion de la presse londonienne. Seul le Guardian, associé à DocuLeaks, mène campagne pour la mise hors la loi de cette arrière-cour opaque de la Couronne. Pour les autres, c'est silence radio. La majorité des propriétaires de journaux sont eux-mêmes domiciliés dans les zones offshore.

09/04/2013

Le mur de la honte (Palestine)

lu sur :

http://www.lepoint.fr/invites-du-point/daniel-salvatore-schiffer/israel-j-ai-fait-un-reve-07-04-2013-1651194_1446.php

Le Point.fr - Publié le07/04/2013 à 17:09- Modifié le07/04/2013 à 21:27 

 Par

Il y a urgence à abolir le "mur de la honte" et les bus de l'apartheid. Au nom du devoir de mémoire, de la paix et des droits de l'homme. Une tribune de Daniel Salvatore Schiffer. 

 
Le mur de la honte

La première fut le début de la construction, durant l'été 2002, d'un mur, appelé pudiquement "clôture de sécurité" (security fence, dans le jargon diplomatique), séparant, de manière imperméable, afin de parer aux attentats terroristes, Israël et la Cisjordanie : un mur étanche - que les pacifistes juifs eux-mêmes baptisèrent, à juste titre, du très peu glorieux nom de "mur de la honte" - s'étendant aujourd'hui, tout en y incluant plusieurs grands blocs de colonies israéliennes, sur plus de 700 kilomètres ! Une initiative à ce point scandaleuse, aux yeux du monde démocratique, que l'Assemblée générale des Nations unies se vit contrainte d'adopter, le 21 octobre 2003, une résolution condamnant officiellement l'édification de cette cloison hermétique empiétant, tint-elle même à spécifier dans son texte, sur "le territoire palestinien occupé".

Certes ces mots étaient-ils durs pour dénoncer, de façon aussi explicite, ce que d'aucuns, y compris les progressistes juifs toujours, considérèrent également là, non moins justement, comme une pâle mais tout aussi horrible copie, quoique pour d'autres raisons bien évidemment, du tristement célèbre mur de Berlin, par ailleurs lui-même abattu, après l'historique effondrement de l'idéologie socialo-communiste, le 9 novembre 1989. J'y étais, en compagnie de quelques intellectuels allemands !

Les bus de l'apartheid

Israël, toutefois, resta sourd, comme trop souvent dans son histoire récente, à cette indignation pourtant en tout point légitime, pour véhémente qu'elle fût, du concert des nations. Au contraire même, ce pays vient de récidiver, pas plus tard que le 4 mars dernier, dans cette course aussi folle qu'aveugle, sur le plan politico-diplomatique, vers sinon l'incompréhensible du moins l'inacceptable : le lancement d'un service de bus, certes à très bas prix mais surtout ainsi dans un confort plus que rudimentaire, exclusivement réservés aux travailleurs palestiniens se rendant quotidiennement, pour gagner leur pain noir, de Cisjordanie vers Israël. Plus exactement encore : ce sont deux lignes de bus, effectuées par la compagnie de transport Afikim et reliant le passage d'Eyal, situé près de Qalqilya, cité cisjordanienne, et la ville de Tel-Aviv, qui furent inaugurées en ce fatidique jour-là.

Certes sais-je pertinemment que ce ne sont, essentiellement, que de purs et simples motifs de sécurité qu'auront invoqués, non sans raison peut-être, les autorités israéliennes pour justifier pareille décision, tout aussi impopulaire et même non moins scandaleuse, au regard du monde démocratique toujours, que ce que je n'ai pas craint (quitte à me mettre une fois de plus certains de mes pairs à dos) de qualifier plus haut, avec cependant d'autres de mes amis signataires du JCall*, de "mur de la honte". Car, de fait, quels qu'en soient les causes et mobiles, il s'agit bien là, avec ces bus pour seuls Palestiniens, d'une nouvelle forme d'apartheid : une ségrégation rappelant, de sinistre mémoire, les pires heures, dans les années soixante, de l'Amérique xénophobe et raciste, ou, plus près de nous, avant que l'avènement présidentiel de Nelson Mandela (très mérité Prix Nobel de la paix) n'y mît fin, de l'Afrique du Sud au temps, précisément, de l'apartheid.

Devoir de mémoire

Les juifs d'aujourd'hui auraient-ils donc si vite oublié, eux qui revendiquent pourtant, très légitimement, un nécessaire et constant "devoir de mémoire", ces infâmes ghettos dans lesquels leurs ancêtres d'hier furent cruellement confinés, presque dans toute l'Europe, avant qu'un certain Hitler ne tentât, fort de sa seule mais effroyable démence, de les exterminer ? Davantage : n'auront-ils donc rien appris ainsi, sinon pour eux-mêmes seulement, de l'abominable, colossale et inhumaine douleur de leurs propres pères ?

D'autre part, s'il venait un jour à Israël l'excellente et judicieuse idée de reconnaître enfin la Palestine en tant qu'État souverain et indépendant, la question de sa sécurité serait, du coup, définitivement résolue, et le problème, par la même occasion, automatiquement invalidé..., du moins, c'est à espérer entre hommes et femmes de bonne volonté, animés par un sincère et loyal esprit de concorde !

Au nom des droits de l'homme

Ainsi, pour en revenir à l'indigne et désastreuse création de ces deux lignes d'autobus désormais affublées du très peu enviable et même franchement honteux titre de "bus de l'apartheid", ne puis-je que concorder avec la députée israélienne Zehava Gal-On, chef du parti Meretz, faction de gauche soit dit en passant, lorsqu'elle a demandé au ministre des Transports d'alors, Israël Katz, d'annuler cette funeste et surtout contre-productive décision, lui demandant même très clairement que (je cite) "les bus ségrégés cessent immédiatement d'opérer". Et d'ajouter, non moins catégoriquement et, surtout, très opportunément : "Les autobus ségrégés opérant sur une base ethnique étaient, autrefois, chose commune dans les régimes racistes. Il est inacceptable que cela existe, encore aujourd'hui, dans un pays démocratique."

Tout aussi appropriée et fondée apparaît, à ce propos, la déclaration de Jessica Montell, directrice de l'organisation israélienne de défense des droits de l'homme B'Tselem : "C'est tout simplement du racisme. Un tel projet ne peut être justifié sur base de besoins sécuritaires ou de surpeuplement", a-t-elle fustigé. Et, plus ferme encore, d'affirmer, quant à elle, que ce type de règlement, hautement répréhensible tant sur le plan moral qu'au niveau légal, rappelait en effet, malheureusement, "la ségrégation raciale instaurée aux États-Unis en 1896".

I have a dream

Conclusion ? Qu'Israël, nation née sur les cendres de ses pères naguère martyrisés, abolisse donc au plus vite, toutes affaires cessantes, ce mur de la honte tout autant que ces bus de l'apartheid, qui ne le déshonorent que trop aujourd'hui, sur le plan éthique, et qui ne font par ailleurs, au niveau stratégique, que l'isoler, davantage encore, sur l'échiquier géopolitique du monde moderne et contemporain. Il en va, non seulement de la paix en cette turbulente région de la planète, mais, plus profondément encore, de l'avenir même, s'ils veulent véritablement y vivre dans la sécurité qui leur est naturellement due, de ses enfants !

I have a dream, comme, à n'en pas douter, aurait très certainement dit, en cette circonstance-là aussi, un certain Martin Luther King...

* Mouvement regroupant des consciences juives et appelant Israël à la coexistence, pour une paix juste et durable, de deux États : Israël et la Palestine

Daniel Salvatore Schiffer est philosophe et auteur notamment de "La philosophie d'Emmanuel Levinas - Métaphysique, esthétique, éthique" (Presses universitaires de France). 

08/04/2013

Le Chili, le Vatican, le nouveau Pape

lu sur :

http://www.lepoint.fr/monde/wikileaks-le-vatican-a-longtemps-minimise-les-crimes-de-pinochet-08-04-2013-1652114_24.php

Le Point.fr - Publié le 08/04/2013 à 14:09 - Modifié le 08/04/2013 à 17:34 

Des câbles diplomatiques publiés par WikiLeaks montrent que le Saint-Siège a mis au moins un an à réaliser l'ampleur de la répression lancée par le régime chilien. 

source AFP

Le Vatican a minimisé les crimes du dictateur chilien Augusto Pinochet, les qualifiant de "propagande communiste", selon des documents des missions diplomatiques américaines datant des années 70 révélés lundi sur le site WikiLeaks. Un câble envoyé par l'ambassade américaine auprès du Saint-Siège le 18 octobre 1973 fait ainsi état d'une conversation avec celui qui était alors numéro deux de la Secrétairerie d'État (le gouvernement) du Vatican, Giovanni Benelli.

Le télégramme envoyé à Henry Kissinger, à l'époque chef de la diplomatie américaine, raconte que Mgr Benelli a exprimé "sa grave préoccupation ainsi que celle du pape face à la campagne internationale réussie de la gauche qui présente une vision complètement fausse de la réalité chilienne". "Benelli a déploré notamment une couverture exagérée de certains évènements qui est le résultat d'un des plus grands succès de la propagande communiste", écrit l'auteur du câble diplomatique, en soulignant que le prélat estime que "cela montre comment les communistes peuvent influencer les médias mondiaux dans les années à venir".

Une pression exercée avec discrétion

Pour le sous-secrétaire du Vatican, "comme c'est malheureusement naturel après le coup d'État, il y a eu apparemment des effusions de sang pendant le processus de ratissage au Chili". Mais Mgr Benelli affirme que les évêques chiliens lui ont assuré que "les récits de représailles brutales relayées par les médias internationaux sont infondés" et que Pinochet et sa junte "font tous les efforts pour ramener la situation à la normale". La conversation a lieu cinq semaines après le putsch militaire du général Pinochet qui a renversé le gouvernement socialiste de Salvador Allende et abouti à l'arrestation et à la mort de milliers de sympathisants ou militants de mouvements de gauche.

Les câbles publiés par WikiLeaks montrent que le Vatican n'a réalisé qu'un an plus tard l'ampleur de la répression lancée par le régime Pinochet, mais qu'il a refusé de le critiquer ouvertement et a maintenu ses relations diplomatiques. À l'époque, l'Italie avait rapatrié son ambassadeur à Santiago afin de "protester contre les politiques inhumaines des dirigeants chiliens". Trois ans après le coup d'État, quand s'arrêtent les câbles, l'isolement du Chili s'est accentué, mais le Vatican poursuit sa politique de "pression exercée avec discrétion".

07/04/2013

Des nouvelles de Notre Dame Des Landes

      NATURALISTES : APPEL A LA MOBILISATION

Afin de mettre en lumière la richesse naturelle mise en danger chaque jour à Notre Dame des Landes, nous appelons à la mobilisation du plus grand nombre de naturalistes afin de participer à des inventaires sur le site du projet d'aéroport.

Plus d'informations        

http://www.bretagne-vivante.org/  

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VOIR AUSSI :

Réseau de « naturalistes en lutte "

http://naturalistesenlutte.overblog.com/

Publié le 30 Mars 2013 par Naturalistes en lutte contre l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes

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et sur MEDIAPART :

Notre-Dame-des-Landes dans l'impasse PAR JADE LINDGAARD

La commission de dialogue, nommée par Matignon, doit rendre ses conclusions la semaine prochaine. Mais le chantier de l’aéroport du Grand Ouest s’embourbe. Quelle qu’elle soit, la décision du gouvernement tournera à son désavantage.

Lire la suite

EXTRAIT :

l’Union européenne, avec la commission des pétitions du Parlement qui s’est saisie du cas de Notre-Dame-des-Landes (lire ici notre article)

06/04/2013

L'Espagne, un avant goût pour la France ?

à lire sur MEDIAPART :

05/04/2013

La demande d’entraide fiscale française à la Suisse : erreur volontaire ?

lu sur :

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/273fb394-9d61-11e2-8486-6a361ad02508

Affaire Cahuzac   Vendredi5 avril 2013

Par Alexis Favre

Mieux formulée, la demande d’entraide fiscale française aurait porté ses fruits. Singapour n’est pas l’étape d’exil idéale pour les fortunes françaises en fuite

Quarante-cinq jours. C’est le temps qui s’est écoulé entre la première mention par Mediapart, le 11 décembre dernier, de la banque Reyl & Cie dans l’«affaire Cahuzac» et la demande d’entraide administrative fiscale adressée le 24 janvier par Bercy à la Suisse pour savoir si le ministre avait détenu un compte à UBS entre 2006 – limite de la prescription fiscale – et 2013. Une demande à laquelle la Suisse a répondu par la négative le 31 janvier.

Pourquoi la demande du ministre de l’Economie et des finances, Pierre Moscovici, ne visait-elle que la détention d’un compte à UBS, alors que le nom de la banque Reyl était dans l’air depuis un mois et demi?

La question fait trembler la France officielle depuis la confession de Jérôme Cahuzac et la confirmation de l’existence de son compte en Suisse. Pierre Moscovici a-t-il adressé une demande trop limitée à la Suisse pour «couvrir» son ministre délégué? Et s’en est-il servi pour faire pression, une fois la réponse négative rendue par la Suisse, sur la procédure judiciaire ouverte en parallèle?

Interrogé par Mediapart mercredi, Pierre Moscovici se défend: «C’est vous, Mediapart, qui parliez d’UBS!» Il précise, dans un communiqué, que l’existence d’un compte auprès d’UBS était la «seule information révélée par Mediapart.» Il assure pourtant avoir «personnellement repris la main sur ces sujets» dès le 10 décembre. Il ne pouvait donc pas ignorer le lien établi entre Jérôme Cahuzac, son conseiller financier Hervé Dreyfus et la banque Reyl, fondée par le demi-frère de ce dernier – comme le révélait Le Temps le 13 décembre –, Dominique Reyl.

Le malaise est palpable. Car on sait désormais que, si la demande d’entraide avait aussi visé un compte chez Reyl, la réponse aurait été positive et aurait précipité la chute de Jérôme Cahuzac: son compte, ouvert en 1992 à UBS, a été transféré en 1998 chez Reyl, où il est resté ouvert pendant onze ans.

Les regards se tournent vers l’exploitation médiatique et politique qu’a pu faire Bercy de sa demande d’entraide. Dans des articles datés du 5 et du 9 février, Le Nouvel Observateur et Le Journal du Dimanche (JDD) font état de la réponse négative suisse. «Les Suisses blanchissent Cahuzac», titre même le dominical, en citant «l’entourage du ministre de l’Economie».

Ainsi, à peine la Suisse avait-elle répondu que Pierre Moscovici en tirait, publiquement, des conclusions définitives. «J’ai demandé que jouent les mécanismes de l’entraide fiscale, déclarait-il le 7 février sur France ­Inter. J’ai reçu le document, que j’ai transmis à la justice. Je n’avais pas de doute sur le résultat que pouvait engendrer cette procédure.»

Alors que, à cette époque, une ­enquête préliminaire a déjà été ouverte, le 9 janvier, par le parquet de Paris, Mediapar t ose: «La tentative de peser sur le cours de la justice paraît évidente: pourquoi poursuivre une enquête préliminaire puisque Bercy a remis avec diligence [au parquet] la réponse négative de la Suisse?» Aujourd’hui, Pierre Moscovici prend ses distances avec les ar­ticles parus en février. A Mediapart, il les qualifie «d’opération de com montée par je ne sais qui». Et ajoute: «J’avais refusé de répondre au JDD, comme le directeur général des Finances publiques et tous les membres de mon cabinet.»

S’il s’agissait bien d’une «opération de com», par qui a-t-elle été orchestrée? Les spéculations fusent à Paris et pointent les communicants de Jérôme Cahuzac. En tête, Marion Bougeard, cadre de l’agence Euro RSCG, détachée au Ministère du budget dès la nomination de Jérôme Cahuzac. Ancienne conseillère de Liliane Bettencourt pendant l’affaire Woerth, Marion Bougeard a toujours promis que ni elle, ni le ministre déchu n’étaient au courant de la réponse suisse à la demande d’entraide et que la fuite ne pouvait donc pas émaner du cercle restreint de ­Jérôme Cahuzac. «Jérôme est un contribuable comme un autre, il n’a pas accès à ces informations», affirmait-elle au Temps en février. Marion Bougeard a pourtant multiplié les contacts privilégiés avec les journalistes dans un souci de maîtrise de l’information. Contactée jeudi, elle écrit par SMS avoir été trompée par Jérôme Cahuzac: «C’est une trahison inouïe. Je l’ai cru. Comme beaucoup. Je suis dévastée. En miettes.»

Reste la question de fond: Pierre Moscovici aurait-il pu formuler différemment la demande adressée à la Suisse? La prescription fiscale ­française – cinq ans, plus l’année en cours – interdisait à Bercy de demander des informations antérieures à 2006. Mais rien n’empêchait d’inclure un potentiel compte chez Reyl dans le champ des investigations. Les conditions de recevabilité d’une demande d’entraide fiscale sont claires, explique le porte-parole de l’Administration fédérale des contributions, Thomas Brückner: «L’Etat requérant peut demander tout renseignement vraisemblablement pertinent pour appliquer les dispo­sitions de la convention ou pour ­l’administration ou l’application de la législation interne relative aux impôts. Une demande doit comprendre des informations sur le nom et l’adresse du détenteur supposé des renseignements, dans la mesure où ils sont connus.»

Une autre solution s’offrait encore, estime un ancien cadre du ministère: «La France aurait dû envoyer la demande à Singapour, pas en Suisse! Une convention entre Singapour et la France est en vigueur depuis le 1er janvier 2011. La France fait une demande à la Suisse sur des éléments prescrits alors qu’à Singapour, ça n’est pas prescrit. C’est quand même bizarre…»

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sur le même sujet, lu sur :

http://www.lepoint.fr/reactions/politique/commentaires-sur-l-etrange-echange-entre-les-fiscs-francais-et-suisse-04-04-2013-1650169_20

Le Point.fr - Publié le 04/04/2013 à 13:03 - Modifié le 04/04/2013 à 14:33

L'étrange échange entre les fiscs français et suisse

 De notre correspondant à Genève,

Il y a une dizaine d'années, lorsqu'il était procureur général à Genève, Bernard Bertossa expliquait comment la France s'arrangeait parfois pour ne pas avoir de réponse satisfaisante de la part de la Suisse. Il suffisait, par exemple, d'adresser une commission rogatoire portant sur de l'"abus de biens sociaux". Le délit n'existant pas dans la Confédération, celle-ci ne pouvait pas entrer en matière.

 
 

Dans l'affaire Cahuzac, la stratégie était un peu différente. La Direction générale des finances publiques (DGFIP) a écrit le 24 janvier à son homologue suisse à Berne pour lui demander si Jérôme Cahuzac détenait un compte à l'UBS. Certes, l'entraide fiscale existe, mais elle ne porte pas sur l'évasion fiscale, qui n'est pas considérée comme un délit. Contrairement à la fraude fiscale. Mais dans ce cas, il aurait fallu que la DGFIP apporte la preuve que le ministre du Budget était soupçonné d'avoir adressé au fisc de faux documents.

Réponse immédiate du fisc suisse

Curieusement, le Département fédéral des Finances à Berne, qui ne pouvait pas ne pas savoir que cette entraide fiscale n'est qu'un faux nez, joue néanmoins le jeu, répondant que Jérôme Cahuzac n'est pas titulaire d'un compte à l'UBS depuis 2006. Aussitôt Bercy déclare triomphalement à la presse début février : "Il n'y a aucune place au doute dans la réponse transmise par la Suisse", ajoutant : "Imaginer une seconde que les autorités suisses aient pu faire une réponse de complaisance est tout simplement absurde."

Le 12 mars 2013, en revanche, il en va tout autrement. François Molins, procureur de Paris, adresse en Suisse une vraie commission rogatoire internationale pour "blanchiment de fraude fiscale". Le premier procureur Yves Bertossa, fils de Bernard Bertossa, et le procureur Jean-Bernard Schmid, réputés parmi les magistrats les plus pugnaces de Genève, étudient sommairement la demande et décident de l'exécuter rapidement. Sans difficulté, ils découvrent vite que Jérôme Cahuzac a effectivement ouvert un compte à l'UBS au début des années 1990, fermé fin 2000 pour être transféré à la banque Reyl et Cie, toujours à Genève, puis de là dans une filiale à Singapour.

Et le compte UBS à Singapour ?

"En revanche, je n'ai toujours pas vu ni la demande envoyée par le fisc français ni la réponse du fisc suisse", s'étonne Jean-Bernard Schmid. Ce dernier, en charge du volet suisse de l'affaire Bettencourt et de celle des sous-marins vendus par la France au Pakistan dans les années 1990, n'a pas l'habitude de laisser beaucoup d'alternatives aux banques. De plus, il ne se contente pas d'interroger un seul établissement bancaire, sachant que d'un clic, un compte peut passer d'une banque à l'autre.

Mauvaises relations franco-suisses

"Au moment de la transmission des informations en France, le titulaire d'un compte peut toujours faire un recours pour bloquer la procédure. On perd ainsi plusieurs mois. Mais d'un autre côté, celui qui bloque la procédure se dénonce lui-même", ajoute en souriant Jean-Bernard Schmid. D'où les aveux de l'ancien ministre, avant même que la commission rogatoire ne revienne des bords du lac Léman.

Il reste à savoir pourquoi le Conseil fédéral (gouvernement) s'est plié à cette mascarade, alors que les relations entre les deux pays sont actuellement franchement mauvaises. En effet, la France veut faire payer dès 2014 des droits de succession aux héritiers de riches Français établis en Suisse, ce qui rendrait la Confédération nettement moins attractive (les droits de succession étant pratiquement nuls dans la Confédération). Berne aurait-elle négocié quelques concessions avec Paris ?   

02/04/2013

Affaire Tarnac : qui est le donneur d'ordre des écoutes illégales ?

lu sur ;

http://www.lemonde.fr/societe/article/2013/04/02/la-juge-de-l-affaire-tarnac-veut-identifier-le-donneur-d-ordre-des-ecoutes-illegales_3151806_3224.html

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La juge de l'affaire Tarnac veut identifier le donneur d'ordre des écoutes illégales

LE MONDE | 02.04.2013 à 10h51

Par Laurent Borredon

Près de cinq ans après la découverte d'un dispositif d'écoutes suspect dans un local de France Télécom à Tarnac (Corrèze), en avril 2008, la juge d'instruction de Brive a décidé, début mars, de demander la déclassification des documents qui permettraient de remonter au donneur d'ordre.

L'information judiciaire ouverte le 3 janvier 2012 pour "atteinte au secret des correspondances" et "atteinte à l'intimité de la vie privée" a tiré le fil à son maximum, jusqu'au département de France Télécom chargé de travailler pour les services de renseignement. Un département tout entier classé secret-défense.

La demande de la juge peut concerner l'autorité indépendante de validation de ces écoutes administratives, la Commission nationale de contrôle des interceptions de sécurité (CNCIS), mais aussi le premier ministre, seul habilité à saisir la CNCIS, et le ministre de l'intérieur, qui soumet à Matignon les demandes de ses services.

Dès qu'ils auront reçu la demande, Jean-Marc AyraultManuel Valls et le président de la CNCIS, devront, aux termes de la loi, "saisir sans délai" la Commission consultative du secret de la défense nationale (CCSDN), mais seront libres de suivre ou pas son avis.

NAISSANCE MÉDIATIQUE

Si la déclassification était refusée, cela signifierait cependant que l'autorité judiciaire est privée des moyens de vérifier la légalité des dispositifs d'écoutes posés par France Télécom, et, ensuite, de juger de la proportionnalité des atteintes à la vie privée au regard des objectifs poursuivis.

Dans cette affaire, tout est parti de la panne de la machine à cartes bancaires du Magasin général de Tarnac, une épicerie-restaurant gérée par plusieurs jeunes gens que les policiers considèrent comme membres de la mouvance "anarcho-autonome".

Nous sommes fin mars 2008 et on est encore loin des sabotages de caténaires SNCF, en octobre et novembre 2008, qui entraîneront la mise en examen de dix d'entre eux pour "association de malfaiteurs en vue de la préparation d'un acte terroriste" et la naissance médiatique du "groupe de Tarnac", autour de Julien Coupat et Yildune Lévy.

COÏNCIDENCE TROUBLANT

Le 4 avril 2008, un technicien de France Télécom se rend dans le village pour réparer la panne. En présence de l'un des gérants du Magasin, il découvre un dispositif d'écoutes sur la ligne. Gêné, il en réfère à sa hiérarchie, puis débranche le boîtier. Après l'éclatement de l'"affaire", en novembre, les intéressés décident de porter l'affaire en justice.

Car, entre-temps, ils ont découvert une coïncidence troublante. C'est dans la foulée de ce raté que les policiers antiterroristes ont demandé au parquet de Paris, dès le 11 avril 2008, l'ouverture d'une enquête préliminaire, sur la foi d'éléments fournis par les Renseignements généraux (RG).

L'épisode des écoutes a-t-il accéléré le processus ? Les investigations de la police judiciaire de Limoges ont permis d'établir que France Télécom avait posé des mouchards sur plus de quatre lignes du village. Il ne s'agissait pas d'écoutes judiciaires : aucune enquête n'était ouverte, et le service spécialisé de l'opérateur n'en a pas entendu parler. Les enquêteurs se sont alors tournés vers le service des écoutes "administratives". Mais, protégé par le secret-défense, son patron n'a pu ni confirmer ni infirmer quoi que ce soit. Les policiers en ont déduit néanmoins qu'il s'agissait bien d'une interception administrative légale. Il est impossible de le savoir à coup sûr, car la CNCIS est également soumise au secret.

"SUJET JUDICIAIRE TRÈS SÉRIEUX"

Enfin, s'il s'agit bien d'une écoute administrative, la question de la proportionnalité reste posée pour la juge de Brive. La liste des motifs de demande est limitée par la loi. Ici, vu la suite de l'histoire, c'est probablement la "prévention du terrorisme" qui a dû être invoquée.

Le ministre de l'intérieur, Michèle Alliot-Marie à l'époque, avait dénoncé, dès son arrivée Place Beauvau, les dangers de l'"ultra-gauche". Elle a ensuite été en première ligne dans le dossier Tarnac. Mais, début 2008, les éléments réunis contre le groupe étaient ténus – surtout pour étayer une menace terroriste potentielle. De plus, ces informations étaient issues du travail d'un agent des services anglais, Mark Kennedy, infiltré dans la mouvance altermondialiste et décrédibilisé depuis.

"Une question essentielle se poserait si Michèle Alliot-Marie et le premier ministre François Fillon avaient entériné ainsi une extension considérable de la notion de risque terroriste", estime Me William Bourdon, avocat du Magasin général. "La juge d'instruction, en demandant la déclassification, montre qu'elle a bien compris qu'il y avait potentiellement un sujet judiciaire très sérieux susceptible d'affecter toute la procédure", se félicite l'avocat.

21/03/2013

Le lobbying pharmaceutique et les politiciens

à lire sur MEDIAPART :

Sur la piste de l'argent des laboratoires

PAR MATHILDE MATHIEU, MICHEL DE PRACONTAL, MICHAËL HAJDENBERG

L’information judiciaire, ouverte mardi, vise non seulement des faits de « blanchiment de fraude fiscale », mais aussi l'argent que le ministre, désormais démissionnaire, aurait touché grâce à l'industrie pharmaceutique. 

Lire la suite

extrait :

..."L’enquête devra dire si ces émoluments – essentiellement engrangés dans les années 1990 – ont tous été déclarés au Fisc ou clandestinement placés en Suisse ; s’ils ont servi d’autres objectifs que l’enrichissement personnel; s’ils ont été versés par les labos en échange de simples conseils ou d’actions de lobbying guère avouables, ayant permis à des firmes pharmaceutiques de mettre sur le marché des médicaments inutiles et coûteux pour la Sécurité sociale.

Le communiqué du procureur de Paris, publié mardi 18 mars, insiste en tout cas sur ce volet jusqu’ici négligé par la presse (malgré les premières révélations du Parisien et de Mediapart, dès le mois de janvier). En particulier, le parquet révèle les déclarations d’un témoin (dont l’identité n’est pas précisée), ayant indiqué aux enquêteurs « qu’il lui avait été rapporté que les sommes versées sur ce supposé compte (suisse) proviendraient de laboratoires pharmaceutiques »." ...

20/03/2013

Mode d'emploi pour ouvrir un compte non déclaré en Suisse

les surlignages sont de moi

lu sur :

http://www.lemonde.fr/societe/article/2013/03/20/affaire-cahuzac-les-pistes-fournies-aux-enqueteurs-par-un-banquier-de-geneve_1850877_3224.html

Affaire Cahuzac : les pistes fournies aux enquêteurs par un banquier de Genève

LE MONDE | 20.03.2013 à 11h04 • Mis à jour le 20.03.2013 à 15h14

Par Agathe Duparc - Genève, correspondance

C'est un témoin privilégié de l'affaire Cahuzac, qui a beaucoup de choses intéressantes à raconter. Ce banquier, établi à Genève, a été entendu à Annecy, le 13 février, par deux enquêteurs de la police judiciaire spécialement venus de Paris.

Fin spécialiste de la gestion de fortune privée, il a, durant quatre heures, aiguillé les policiers sur les différents schémas qui auraient pu permettre au ministre français délégué au budget d'ouvrir un compte non déclaré en Suisse sans que son nom apparaisse, puis de le transférer à Singapour.

Acceptant de parler au Monde sous couvert d'anonymat, le financier reconnaît ne pas détenir "d'éléments de preuves sur ce compte". Mais il ajoute connaître la manière dont travaillait Hervé Dreyfus, le gestionnaire de fortune de Jérôme Cahuzac. "Il avait des réseaux politiques, à droite comme à gauche, avec parmi eux des hommes politiques, des chefs d'entreprise et des gens du show-business qui mettaient leur argent en Suisse. Ce serait une coïncidence extraordinaire qu'il ne se soit pas occupé de Cahuzac", confie-t-il.

Interrogé par les enquêteurs, le banquier a d'abord identifié la voix d'Hervé Dreyfus dans le fameux enregistrement fourni à la justice par Michel Gonelle, ex-élu RPR du Lot-et-Garonne, reconnaissant "ses intonations de voix, son vocabulaire et ses tournures de phrases".

M. DREYFUS, "PORTE-VALISES DE REYL"

Le banquier genevois a ensuite mis les enquêteurs sur la piste de Reyl & Cie, une société de gestion d'actifs financiers pour le compte de clients privés, fondée en 1973 à Genève par Dominique Reyl, le demi-frère d'Hervé Dreyfus, et devenue une banque en 2010. "Hervé Dreyfus, outre ses activités en France au sein de la société Raymond James Asset Management International, était le porte-valises de Reyl à Paris. C'est lui qui livrait le cash et permettait ainsi un système de compensation."

"Pendant longtemps, Reyl n'avait pas de licence bancaire, mais ouvrait dans différents établissements, dont UBS, des master accounts", explique le témoin. Ces "comptes maîtres", ouverts au seul nom de Reyl, permettaient de gérer sous une seule identité plusieurs sous-comptes de clients privés ainsi protégés ou dissimulés.

"Dans ce cas, UBS n'avait pas dans ses livres le nom de Jérôme Cahuzac, d'autant plus si le compte du ministre avait été ouvert au nom d'une société ou d'un trust, une précaution supplémentaire pour masquer son identité", explique-t-il.

FILIALE À SINGAPOUR

Enfin, dernière hypothèse livrée aux enquêteurs français : un compte ouvert par l'intermédiaire d'une société d'assurance-vie luxembourgeoise, un schéma qui permet en effet de ne pas faire apparaître le nom de l'ayant-droit économique.

Quant au probable transfert du compte de M. Cahuzac à Singapour, le banquier-témoin rappelle que "dès l'introduction, en 2005, d'une retenue à la source sur l'épargne des clients étrangers, la plupart des banques, dont Reyl, ont ouvert des filiales à Singapour pour y mettre à l'abri les dépôts. Et ce mouvement s'est poursuivi à mesure que le secret bancaire helvétique s'amenuisait".

Selon le banquier genevois, la démission de Jérôme Cahuzac devrait provoquer de nombreuses turbulences. "Tout le monde doit trembler, car une bonne partie de la classe politique française, à droite comme à gauche, connaît très bien les bords du Léman."

Agathe Duparc - Genève, correspondance

Lire aussi : L'onde de choc de l'affaire Cahuzac (édition Abonnés) 

01/03/2013

Le scandale de l'amiante

les surlignages sont de moi

lu sur :

http://www.lemonde.fr/societe/article/2013/02/27/amiante-le-parquet-general-demande-l-annulation-de-la-mise-en-examen-de-martine-aubry_1839615_3224.html

Amiante : le parquet général demande l'annulation de la mise en examen de Martine Aubry

LE MONDE | 27.02.2013 à 12h05 • Mis à jour le 28.02.2013 à 07h16

Par Emeline Cazi

L'avenir politique de Martine Aubry mis entre parenthèses depuis sa mise en examen pour "homicides et blessures involontaires" dans l'un des volets de l'affaire de l'amiante pourrait s'éclaircir. Le parquet général de la cour d'appel de Paris demande l'annulation de la mise en examen du 6 novembre 2012 de l'ex-première secrétaire du Parti socialiste ainsi que des poursuites engagées contre une petite dizaine de personnes – des hauts fonctionnaires, des industriels – mises en cause pour les mêmes griefs. L'affaire sera examinée jeudi 28 février par la chambre de l'instruction de la cour d'appel.

Les réquisitions de Louis Wallon témoignent des divergences d'appréciation entre le parquet et la juge d'instruction, Marie-Odile Bertella-Geffroy, dans ces dossiers amiante englués depuis des années au pôle de santé publique de Paris. Elles éloignent encore un peu plus l'espoir des victimes de ce scandale sanitaire majeur du XXe siècle (3000 morts par an) de voir un jour s'ouvrir un procès pénal en France.

LA FIBRE INCOMBUSTIBLE ÉTOUFFE ENCORE LES FAMILLES À PETIT FEU

Mme Aubry a été mise en examen dans le dossier de l'usine automobile Ferodo-Valeo de Condé-sur-Noireau (Calvados): pendant des décennies, on y a bourré des matelas et entouré les plaquettes de frein de la fibre réputée incombustible. Le minerai miracle est interdit en France depuis 1997, mais le long de la vallée de la Vère, il étouffe encore les familles à petit feu. La juge Bertella-Geffroy a mis en examen une quinzaine de personnes pour "homicides et blessures involontaires": les directeurs successifs de l'entreprise, le médecin du travail, les membres du comité permanent amiante (CPA) – le lobby des industriels –, et plus récemment des hauts fonctionnaires dont Martine Aubry et Olivier Dutheillet de Lamothe qui se sont succédé à la direction des relations du travail au ministère de l'emploi entre 1984 et 1995. La magistrate reproche à ces derniers d'avoir tardé à transcrire en droit français les directives européennes de 1983 et 1991 qui renforcent la protection des salariés et abaissent les limites d'exposition des ouvriers à la poussière cancérigène. Ce que les mis en cause contestent.

Pour justifier ses demandes d'annulation des poursuites, l'avocat général rappelle que la loi Fauchon du 10 juillet 2000 exige pour les délits commis de manière indirecte – homicides et blessures involontaires – la présence d'une faute "caractérisée" qui ait eu pour conséquence l'exposition des victimes "à un risque d'une particulière gravité qui ne pouvait être ignoré". Selon M.Wallon, la transposition d'une directive européenne en droit français relève "du pouvoir réglementaire". Or, estime-t-il, un fonctionnaire ne peut être accusé de retard dans cette transposition, car "même de rang élevé, [il] ne dispose dans ce domaine d'aucun pouvoir propre".

La juge d'instruction reproche également à Martine Aubry d'avoir été influencée par le lobby de l'amiante notamment parce que l'un de ses chefs de bureau, Jean-Luc Pasquier, participait aux réunions du CPA où se retrouvaient les industriels, des scientifiques et des fonctionnaires des ministères. L'avocat général ne partage pas son analyse: comme le CPA ne "dispos[ait] d'aucun pouvoir réglementaire" et que l'enquête n'établit, selon lui, "aucun fait concret (...) quant à son influence" sur les "titulaires de ce pouvoir réglementaire", Martine Aubry ne peut pas être accusée d'avoir pris des décisions orientées. Ces deux principaux griefs balayés, il n'existe plus selon Louis Wallon "d'indices graves ou concordants" qui justifieraient les poursuites. Il demande donc l'annulation de la mise en examen de la maire de Lille, des lobbyistes et des hauts fonctionnaires.

"LES SERVICES DE L'ETAT ANESTHÉSIÉS"

Cette position irrite les avocats des victimes. Me Jean-Paul Teissonnière devait rappeler à l'audience que "l'action de lobbying des industriels a anesthésié les services de l'Etat". Les associations déplorent "l'opposition constante du parquet dans toutes les affaires de l'amiante". "Sous prétexte que ces gens n'avaient pas le pouvoir réglementaire, l'annulation de leur mise en examen est systématiquement demandée, constate François Desriaux, vice-président de l'Association nationale de défense des victimes de l'amiante (Andeva). Même au civil, quand on attaque pour faute inexcusable de l'employeur, les procureurs contestent."

Si la chambre de l'instruction suit les réquisitions de l'avocat général, le dossier que la juge Bertella-Geffroy espérait conclure d'ici un an –si elle n'est pas mutée– sera sérieusement fragilisé. Renvoyer une affaire avec pour seuls responsables l'employeur et le médecin du travail, c'est prendre le risque de voir ces derniers se retrancher derrière les textes en vigueur à l'époque pour justifier l'exposition des ouvriers à la fibre tueuse et que leprocès se termine par une relaxe. On assisterait alors à un nouveau fiasco judiciaire dans une affaire de santé publique qui rappellerait tristement celui de l'hormone de croissance.

Le Conseil d'Etat reconnaissait pourtant, le 3 mars 2004, la responsabilité de l'Etat qui n'a pas suffisamment protégé les salariés alors que "le caractère hautement cancérigène" de l'amiante "avait été confirmé à plusieurs reprises (...) et que le nombre de maladies professionnelles et de décès (...) ne cessait d'augmenter depuis le milieu des années 1950".

Emeline Cazi


La juge Marie-Odile Bertella-Geffroy conteste devoir quitter son poste

La garde des sceaux a saisi, le 22 février, pour avis le Conseil supérieur de la magistrature (CSM) du cas de Marie-Odile Bertella-Geffroy, la vice-présidente chargée de l'instruction au pôle de santé publique de Paris. La juge conteste devoir changer d'affectation après avoir passé dix ans au même poste, comme le prévoit le statut de la magistrature de 1958.

Elle a été installée dans ses fonctions le 3 mars 2003. Agée de 63 ans, elle objecte que, juge d'instruction à Paris depuis trente-deux ans, elle n'a pas changé de fonction en 2003 et que le texte ne s'applique pas.
Le secrétariat général du gouvernement, sollicité par le cabinet de la ministre, avait été d'un avis contraire le 24 décembre 2012.

Christiane Taubira, "respectueuse du principe d'inamovibilité des magistrats du siège", tient à s'assurer auprès du CSM que "toute modification dans la carrière des magistrats est conforme à leur régime statutaire".

28/02/2013

Les craintes de la classe politique en Europe

Vous ne pourrez manquer de le remarquer, dans les jours et semaines à venir tous les commentaires qui seront faits sur ce qui s'est passé aux dernières élections italiennes mettront l'accent sur:

- le "populisme"

- l'irresponsabilité des électeurs et de ceux qui les "manipulent".

- un vote motivé par "le rejet de l'austérité"

- un rappel incessant de "la dette" et les "marchés financiers"

À aucun moment ne sera mis en question un fonctionnement des "démocraties" occidentales basé sur des représentants du Peuple "élus-professionnels" présentés comme "une élite" et constituant une véritable caste au sein de la société.

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Les surlignages sont de moi

lu sur :

http://www.lemonde.fr/a-la-une/article/2013/02/27/crainte-de-contagion-en-espagne-et-au-portugal_1839556_3208.html

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Crainte de contagion en Espagne et au Portugal

LE MONDE | 27.02.2013 à 14h49 • Mis à jour le 27.02.2013 à 14h52

Par Claire Gatinois et Sandrine Morel (à Madrid)

À Madrid et Lisbonne, la crise politique italienne, la confusion et la stupeur qu'elle a provoquées sur les marchés financiers, fait craindre pour l'avenir. Economique, financier, socialpolitique.

L'Espagne, sur le fil du rasoir depuis des mois, avait su, grâce au calme qui régnait sur le marché de la dette, éviter ce plan de sauvetage global que lui prédisait la plupart des économistes. La remontée brutale du taux des emprunts espagnols à dix ans jusqu'à + 5,59 % dans la journée de mardi 26 février, fait maintenant douter.

"Jusqu'où cela va aller ?, souffle-t-on dans l'entourage de la Banque d'Espagne. L'essentiel est d'avoir accès aux marchés financiers." Le pays doit emprunter 71 milliards d'euros en net en 2013.

Pour le moment, pas s'affolement. Il faut attendre. Qu'un gouvernement se forme à Rome ou que de nouvelles élections se tiennent. On ne sait pas encore. Mais on espère que tout cela ne s'éternisera pas et se terminera bien.

"Ce qui est bon pour l'Italie est bon pour l'Espagne. Et vice versa", soulignait mardi le ministre de l'économie espagnol, Luis de Guindos. Et si le ministre a reconnu que l'instabilité politique en Italie avait contaminé l'Espagne par le biais des marchés financiers, il veut croire à une simple réaction de "court terme". Sûr que la volonté politique des Italiens permettra de dépasser cette crise.

"TRAGÉDIE SOCIALE"

Moins serein est son collègue aux affaires étrangères, José Manuel García-Margallo : "Ce qui s'est passé est un saut dans l'inconnu qui n'augure rien de bon, ni pour l'Italie ni pour l'Europe", dit-il, exprimant " d'extraordinaires préoccupations" concernant la prime de risque espagnole (l'écart de taux entre la dette du pays, et celle jugée sans risque de l'Allemagne).

Au Portugal, sous la tutelle de la "troïka" (Banque centrale européenne, Commission européenne et Fonds monétaire international) depuis le plan d'aide accordé en 2011, on redoute aussi que ce regain de turbulences ne compromette le retour progressif du pays sur le marché de la dette.

Depuis janvier, l'Etat emprunte "avec bretelles et ceintures", pointe Diogo Teixeira, directeur général du fonds Optimize, à Lisbonne. Désormais, même avec toutes les précautions, " la fenêtre est fermée", pense-t-il. Pour quelques jours, quelques semaines ou quelques mois : tout dépend de Rome.

Mais, au-delà du choc, en Espagne comme au Portugal, on a compris le message des électeurs italiens : halte à l'austérité ! Sera-t-il aussi bien entendu à Berlin et à Bruxelles ? On le souhaite, car dans les deux pays la colère monte. Au Portugal, une manifestation baptisée "Que se lixe a troïka" ("dégage la troïka !") est prévue samedi 2 mars. Le gouvernement conservateur, dont la popularité plonge, plaide pour adoucir la rigueur et obtenir un délai supplémentaire pour atteindre ses objectifs. L'Italie, troisième économie de la zone euro, fera peut-être avancer les choses, espère Joao Ribeiro, porte-parole du Parti socialiste portugais, soulignant : "Cette crise économique et financière se transforme en tragédie sociale."

"La consolidation fiscale, c'est une chose. La vitesse pour y parvenir, c'en est une autre", soutient aussi un proche de l'autorité monétaire espagnole. Certes, à Madrid, le gouvernement, qui dispose d'une majorité absolue ne tremble pas. Même les affaires de corruption qui l'éclaboussent ne semblent pas le menacer. Mais le ras-le-bol contre l'austérité pourrait bien aussi déboucher sur la montée des petits partis, comme en attestent déjà différents sondages.

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sur le même sujet :

lu sur :

http://www.lemonde.fr/elections-italiennes/article/2013/02/27/dominique-reynie-on-assiste-a-un-delitement-des-systemes-politiques-europeens_1839553_1824859.html

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Dominique Reynié : "On assiste à un délitement des systèmes politiques européens"

LE MONDE | 27.02.2013 à 13h44 • Mis à jour le 27.02.2013 à 20h09

Propos recueillis par Cécile Chambraud

Dominique Reynié est directeur général de la Fondation pour l'innovation politique.

Les Italiens ont-ils voté contre l'Europe ?

Dominique Reynié : Leur vote s'inscrit dans la flambée des forces populistes dans toute l'Europe. Le discours de Beppe Grillo est totalement incohérent et assumé comme tel. Mais ce qu'il dit de l'immigration, de l'euro, des élites, s'articule parfaitement avec les autres mouvements populistes. Le populisme n'a besoin d'être ni cohérent, ni homogène, ni conséquent ! Les populistes sont des hackers : ils "plantent" le système. On sait bien qu'ils n'ont aucune solution, ils ne savent pas quoi faire de leurs élus, mais ils canalisent les mécontentements et les frustrations sur le terrain des lâchetés et des incohérences des élites. Ce qui est frappant, c'est la puissance de cette tendance. C'est par exemple sous la pression du UKIP que David Cameron a promis un référendum sur l'appartenance du Royaume-Uni à l'Union européenne (UE).

De quoi se nourrit le populisme ?

De la manière dont les gouvernants européens ont fait face aux difficultés ces dernières années. Ils ne sont pas du tout à la hauteur de la situation. Ils instrumentalisent l'Europe. Ils lui font porter aux yeux de leurs nationaux la responsabilité des transformations qui affectent le continent (le vieillissement démographique, l'endettement des Etats, la mondialisation) alors qu'elle n'y est pour rien. Il n'est pas facile, dans un système ouvert, démocratique, de faire accepter des années d'effort, qui prennent souvent la forme de régressions du point de vue du citoyen, pour se désendetter.

Dans le même temps, les dirigeants politiques refusent à l'Europe les attributs d'une puissance publique qui serait complémentaire de celle des Etats. Le budget adopté récemment en est un exemple. Cela aurait dû être un budget d'investissement et de croissance pour signifier aux Européens que l'UE avait pris la mesure de la gravité de la situation. C'est le contraire qui a été décidé et l'on a assisté à une quasi-évaporation de l'Europe du fait des Européens eux-mêmes. Les Européens sont toujours dans l'Union, mais ils ne jouent plus l'Union. C'est irresponsable. Résultat : les Européens doutent de la capacité des Etats à leur venir en aide, d'où l'impopularité des gouvernements nationaux. Mais ils pensent aussi que l'Europe ne fait pas mieux, ou ne fait pas ce qu'elle devrait faire.

Quelles seront les conséquences du vote italien pour l'Europe ?

Le populisme n'a pas besoin de majorité pour empêcher le fonctionnement de l'UE. Nous sommes partis pour un cycle de crise politique majeure. Je pense qu'on le verra aux élections européennes de 2014. On va peut-être avoir un grand mouvement populiste au Parlement européen. Cela risque d'être un point de rupture. Ce qui se passe en Italie, c'est un moment de bascule historique. On assiste à un délitement des systèmes politiques. Après la crise financière, la crise économique, nous sommes dans la crise politique.

L'Allemagne est-elle à l'écart de cette crise de la représentation ?

Oui. Mais là aussi les opinions protestataires sont à la hausse. La dégradation de la situation en Italie va modifier la perception que les Allemands ont de l'Europe. Si la crise italienne augmente le coût de refinancement des dettes pour des pays comme la France, l'Italie, l'Espagne, cela veut dire que les efforts qui ont été faits sont anéantis, que ceux à venir doivent être encore plus grands. Mais avec quelle base politique ? La crise italienne correspond à une accélération très significative du mal européen. Les Allemands vont commencer à s'interroger de manière plus explicite. Angela Merkel va avoir plus de mal à contenir au sein de son parti des velléités eurosceptiques.

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À propos de dette, voir :

  1. Laissez moi émettre et controler la monnaie d'une nation et je me ''fou'' de ceux qui font ces lois baron Nathan Rothchild... 2partie: http://www ...
    www.dailymotion.com/video/x5nrae_money-as-debt-13vost-fr

    Un rappel de la note du  14/11/2008 sur le blog " Une place pour tous ! ":

     
    et celle du 16/11/2008
    L'argent, qu'est-ce ?
     
    La version anglaise sous titrée est plus facile à suivre :

    http://www.dailymotion.com/video/x5nrae_money-as-debt-13vost-fr_news 
     
    16/11/2008

 

23/02/2013

Lutte contre la corruption ?

lu sur :

http://www.lemonde.fr/europe/article/2013/02/21/espagne-mariano-rajoy-promet-une-legislation-stricte-contre-la-corruption_1836046_3214.html

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Espagne : Mariano Rajoy promet une législation stricte contre la corruption

LE MONDE | 21.02.2013 à 12h02

Par Sandrine Morel - Madrid, correspondance

Mariano Rajoy a finalement répondu au vent d'indignation soulevé par la multiplication des affaires de corruption. Mercredi 20 février, à l'occasion du débat annuel sur l'état de la nation, le chef du gouvernement espagnol a annoncé devant les députés un vaste plan de lutte contre ce fléau. "La corruption est corrosive pour l'esprit civique, blesse la démocratie et discrédite l'Espagne", a déclaré le président du Parti populaire (PP, conservateur) avant de plaider pour un pacte entre toutes les forces politiques.

Le premier débat sur l'état de la nation de Mariano Rajoy depuis son élection, en novembre 2011, était très attendu. Ces quatorze derniers mois ont vu la crise économique s'aggraver, le pays retomber en récession (– 1,4 % du PIB en 2012) et le nombre de chômeurs augmenter de près de 900 000 pour atteindre les 6 millions (26 % de la population active). Les manifestations sont quotidiennes contre la politique d'austérité qui, comme l'a rappelé M. Rajoy, a permis d'économiser 21 milliards d'euros en 2012, au prix de coupes dans l'éducation, la santé ou les salaires des fonctionnaires.

S'y sont ajoutées une crise territoriale ouverte par le processus indépendantiste enclenché par le gouvernement nationaliste catalan et une crise institutionnelle liée à des affaires de corruption n'épargnant aucun parti ni aucune des plus hautes administrations de l'Etat. Le nom même de Mariano Rajoy apparaît dans la comptabilité secrète présumée de l'ancien trésorier du Parti populaire, Luis Barcenas, comme récepteur de "compléments de salaires" au noir durant onze ans. Autant de raisons qui présageaient un débat intense.

LES SOCIALISTES DÉNONCENT UNE "CRISE MORALE" 

D'abord réaliste, M. Rajoy s'est attardé dès ses premiers mots sur "la dramatique situation sociale et économique que traverse l'Espagne". Sur la défensive, il est revenu en détail sur l'héritage du précédent gouvernement socialiste, avant d'affirmer avoir "évité le naufrage qui menaçait notre pays". Il a ensuite voulu insuffler de l'optimisme en disant "voir le chemin de l'avenir dégagé". Et, finalement triomphaliste, il a déclaré, après avoir abordé ses différentes négociations en Europe (aide aux banques, budget européen), que "l'Espagne est un pays que l'on peut aider mais pas diriger". Phrase suivie d'une salve d'applaudissements venue des bancs du PP, qui dispose de la majorité absolue.

M. Rajoy n'a pas commenté l'affaire Barcenas ni répondu aux nombreuses interpellations sur ce sujet des opposants qui ont demandé sa démission, notamment le chef de file socialiste, Alfredo Perez Rubalcaba, qui a dénoncé la "crise morale" de l'Espagne.

"Il n'est pas vrai qu'en Espagne il y a une corruption généralisée", a insisté M. Rajoy, avant d'annoncer que les partis politiques, le patronat et les syndicats seront concernés par le projet de loi de transparence en cours de discussion parlementaire. Il a aussi proposé une loi de contrôle des finances des partis, une réglementation sur la publication des déclarations d'impôts et de patrimoine des élus, une échelle de rétribution et autres avantages, un registre des groupes d'intérêt et lobbies, ou encore un durcissement des peines pour corruption.

PEU DE TEMPS CONSACRÉ AUX TENSIONS AVEC LA CATALOGNE

Ce plan ambitieux fut l'annonce la plus importante d'un discours qui n'a, par ailleurs, apporté que peu de surprises, hormis l'assurance que le déficit de 2012 serait inférieur à 7 % du PIB, alors que l'objectif était de 6,3 %, et le lancement de mesures destinées à stimuler l'économie. Cette "seconde génération de réformes" consistera, "dans la mesure où les conditions le permettent", en une aide au financement bancaire de 32 milliards d'euros, un assouplissement du régime de TVA et des avantages fiscaux à l'embauche des jeunes.

M. Rajoy a consacré peu de temps aux tensions avec la Catalogne, essentiellement pour demander le respect de la Constitution, qui proclame "l'unité indissoluble" de l'Espagne, pour rappeler que seul l'Etat peut organiser un référendum et appeler au "droit des Catalans à être Espagnols et Européens". Le député de la droite nationaliste catalane, Josep Duran i Lleida, lui a répondu qu'il ne devait "pas avoir peur de la démocratie".

Pendant ce temps, au dehors, les salariés d'Iberia poursuivaient leur troisième jour de grève pour protester contre les 4 500 licenciements annoncés par la compagnie aérienne, le concours Miss España annonçait sa faillite, plusieurs centaines de juges manifestaient pour réclamer plus de moyens contre la corruption, et le secrétaire général du Parti socialiste catalan, Pere Navarro, demandait l'abdication du roi. Jeudi, le débat sur le piteux état de la nation devait continuer.

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sur le même sujet :

http://www.lemonde.fr/europe/article/2013/02/19/espagne-a-l-assaut-des-gouvernants_1834904_3214.html

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Espagne : à l'assaut des gouvernants !

LE MONDE | 19.02.2013 à 14h37 • Mis à jour le 19.02.2013 à 15h02

Par Cécile Chambraud et Sandrine Morel (à Madrid) 

Les députés espagnols en ont encore les oreilles qui tintent. Le 5 février, ayant enfin réussi à se faire ouvrir la porte du Congrès, Ada Colau a dit leur fait à ceux qu'elle juge responsables de la bulle immobilière et de ses victimes collatérales, les nombreux Espagnols expulsés de logements qu'ils ne peuvent plus rembourser. Quatre ans de combat contre la détresse sociale condensés en quarante minutes d'une intervention au débit de mitraillette : la porte-parole de la Plateforme pour les victimes des emprunts (PAH) n'a pas fait dans la demi-mesure.

A 38 ans, cette philosophe de formation a accusé les partis de gouvernement, PP et PSOE, d'être complices d'une "escroquerie généralisée". Sans ciller, Ada Colau a rappelé les suicides des personnes sur le point d'être expulsées. Résultat : bien qu'opposée aux mesures réclamées par la PAH, la majorité parlementaire a été contrainte d'accepter d'en discuter. Ada Colau a fait entrer presque par reffraction la société civile au Parlement.

Mêlant langage radical et actions pragmatiques, la PAH aide les familles menacées d'expulsions, intervient auprès des banques et des pouvoirs publics, conseille, sert d'intermédiaire. Depuis 2009, l'association née à Barcelone et qui a essaimé dans toute l'Espagne affirme avoir évité 574 expulsions. Elle ne se contente pas de faire du social. Ada Colau n'a eu de cesse de pousser les partis à réformer la loi. La PAH demande un moratoire sur les expulsions et la possibilité pour les personnes incapables de rembourser leur bien de s'acquitter de leur dette en l'abandonnant aux banques. Les députés ont accepté d'examiner ces propositions. Pas de les voter.

BEATRIZ TALEGON, rebelle socialiste

Son discours au congrès de l'Internationale socialiste, au Portugal début février, a fait le tour des réseaux sociaux. A 29 ans, la secrétaire générale de l'Union internationale de la jeunesse socialiste, l'Espagnole Beatriz Talegon, n'a pas tremblé en critiquant,devant les dirigeants, l'absence des socialistes dans la rue pour soutenir les gens qui ont besoin de "démocratie""Comment pensez-vous raviver la révolution depuis un hôtel de 5 étoiles en arrivant en voitures de luxe?", leur a-t-elle lancé.

"Ce que j'ai dit, c'est simplement ce que pensent tous les jeunes et pas seulement ceux du parti", se justifie cette Madrilène diplômée en droit et professeure de piano. Entrée en 2004 aux Jeunesses socialistes après le traumatisme des attentats djihadistes du 11mars à Madrid, en réaction "à la manipulation du gouvernement de José Maria Aznar" qui avait attribué les explosions aux séparatistes basques de l'ETA, elle commente sans ciller l'effondrement du PSOE aux dernières élections: "La gauche ne peut pas être incohérente avec elle-même, parce que nos votants sont des idéalistes. Quand on les déçoit, ils ne pardonnent pas."

Elle-même, comme dirigeante socialiste, a été prise à partie dans une manifestation contre les expulsions. Sympathisante du mouvement des "indignés", où elle a pioché des idées, elle affirme que "le parti ne doit pas rivaliser avec les mouvements sociaux mais être au service des citoyens""Il y a beaucoup de gens très bons dans le parti. J'espère que ce coup de poing sur la table les fera sortir."

ALEIX SALO, dessinateur inspiré

Il aurait pu être architecte, dans un pays qui en compte trop depuis que la bulle immobilière a éclaté. Mais en 2009, le Catalan Aleix Salo a abandonné les bancs de la fac pour se consacrer à sa passion: les vignettes satiriques. Il dessine d'abord dans des journaux locaux, dans la petite ville de Ripollet. En 2011, avec Españistan, ce pays s'enfonce dans la merde, le succès arrive grâce au book trailer qui l'accompagne. Ce résumé en vidéo du livre, qui revient avec un humour sarcastique sur les origines de la bulle, a été vu par plus de 8 millions de personnes sur YouTube et 20000 BD ont été vendues. Españistan devient l'une des références du mouvement des "indignés".

Lui se maintient à l'écart, pour ne pas "perdre son indépendance". En 2012, il revient avec Simiocracia, chronique de la grande gueule de bois économique – dont le book trailer est vu par 3 millions de personnes et le livre vendu à 50000 exemplaires. "Mon objectif est simplement de synthétiser la montagne d'infos sur la corruption, la politique, la dette publique, dont nous sommes abreuvés." En avril, il sortira une nouvelle BD, Euro-cauchemar, sous-titrée Quelqu'un a mangé la classe moyenne. Succès assuré.

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et aussi :

lu sur :

http://www.lemonde.fr/europe/article/2013/02/21/le-gouvernement-bulgare-renverse-par-la-rue_1836377_3214.html

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Le gouvernement bulgare renversé par la rue

LE MONDE | 21.02.2013 à 11h49

Par Benoît Vitkine

Nul ne savait que la vue du sang était aussi intolérable à Boïko Borissov. Le premier ministre bulgare, ancien garde du corps du dirigeant communiste Todor Jivkov, ancien colonel des pompiers féru de karaté, ancien général de la police suspecté d'avoir longtemps entretenu des liens avec le crime organisé, a annoncé, mercredi 20 février, la démission de son gouvernement de centre droit en expliquant "ne pas supporter la vue du Pont-aux-Aigles ensanglanté".

C'est sur ce carrefour du centre de Sofia qu'avaient eu lieu, la veille, les affrontements les plus durs entre quelques dizaines de jeunes et la police, à l'issue de manifestations organisées dans la capitale contre la cherté de l'électricité. Une trentaine de personnes avaient été blessées.

Ces violences s'inscrivent dans un mouvement plus large, né au cours d'un mois de janvier particulièrement froid, lorsque les citoyens bulgares ont reçu leur facture mensuelle d'électricité. La hausse des prix, décidée au coeur de l'été 2012, ne s'est fait ressentir qu'à ce moment-là, et l'addition a fréquemment grimpé jusqu'à 100 euros, dans un pays, le plus pauvre de l'Union européenne (UE), où le salaire moyen s'établit à 380 euros et la retraite moyenne à 150 euros.

La contestation a atteint un pic dimanche, avec plusieurs dizaines de milliers de manifestants recensés dans une vingtaine de villes. Brûlant leur facture, les manifestants dénonçaient l'association "mafieuse" entre dirigeants politiques et entreprises énergétiques étrangères.

Depuis la privatisation du début des années 2000, trois d'entre elles – deux tchèques et une autrichienne – se partagent le marché bulgare, et elles sont accusées d'engranger des profits démesurés. La tension est encore montée en début de semaine avec les immolations par le feu de deux hommes.

"LE PEUPLE NOUS A DONNÉ LE POUVOIR, NOUS LE LUI RENDONS"

La décision du premier ministre de quitter le pouvoir a pris de court les observateurs : l'inflexible Boïko Borissov s'était certes emparé du dossier avec retard, mais il avait tout fait, ces derniers jours, pour endiguer la crise : lundi, il avait limogé son ministre des finances, Simeon Diankov, avant de se dire déterminé, mardi, à obtenir une baisse des tarifs de 8 %. Il n'avait pas hésité, surtout, à annoncer la révocation de la licence du groupe tchèque CEZ, distributeur dans l'ouest du pays, malgré le courroux de Prague.

Mais la grogne était plus profonde, la défiance plus ancrée et l'affaire de l'électricité a servi de catalyseur, si ce n'est de prétexte.

Elu en 2009 en promettant de lutter contre la corruption et le crime organisé, le gouvernement GERB (Citoyens pour le développement européen de la Bulgarie) a largement échoué dans ce dossier. L'exécutif bulgare rejoint aussi la longue liste des gouvernements européens tombés pour cause d'austérité. Les finances publiques de Sofia sont saines, mais quatre ans de gel des salaires et de hausse du chômage (11,9 % aujourd'hui) ont eu raison de la patience des Bulgares, qui attendaient une amélioration de leurs conditions de vie après l'adhésion à l'UE, en 2007.

M. Borissov semble avoir pris la mesure de cette déception. "Nous avons de la dignité et de l'honneur. Le peuple nous a donné le pouvoir, aujourd'hui nous le lui rendons", a-t-il dit au moment d'annoncer sa démission, mercredi, devant le Parlement. Signifie-t-elle la fin politique de "Bate" ("grand frère") Boïko, l'un des dirigeants les plus charismatiques d'Europe ? Le premier ministre démissionnaire a seulement indiqué que ni lui ni son parti ne participeraient au gouvernement intérimaire chargé de conduire le pays à des élections anticipées, sans doute en avril ou mai.

Pour Kancho Stoïtchev, analyste chez Gallup International, la décision est "judicieuse : elle donne une légitimité à Borissov pour se maintenir dans la vie politique". Une manoeuvre, en quelque sorte, lui permettant de revenir plus tard dans le jeu. "Il a trop d'amour-propre pour cela, estime à l'inverse le politologue Antony Todorov. Il a compris que son charisme n'opérait plus et, en vrai populiste, il est sensible à ce que dit la rue."

Mercredi soir, les plus déterminés et les plus "antisystème" des contestataires ont à nouveau investi le centre de Sofia, quelques milliers de personnes cernant le Parlement puis le siège de CEZ. Devant le manque d'alternative crédible, ceux-là pourraient bien, après leur facture d'électricité, brûler leur carte d'électeur. Jeudi, un rassemblement massif de soutien à Boïko Borissov était annoncé.

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et encore :

Italie_ le patron de Finmeccanica arrêté dans une affaire de corruption | La-Croix.com.pdf

22/02/2013

Notre Dame des Landes : procédure d'information de la Commission européenne

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/02/21/la-commission-europeenne-s-invite-dans-le-dossier-de-notre-dame-des-landes_1836034_3244.html

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La Commission européenne s'invite dans le dossier de Notre Dame des Landes 

LE MONDE | 21.02.2013 à 14h41

Par Rémi Barroux

La Commission européenne s'invite dans le dossier du projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Bruxelles a demandé au gouvernement français des explications sur de possibles infractions au droit communautaire.

Pour les opposants au futur aéroport de la région nantaise, censé accueillir, à partir de 2017, les avions qui, aujourd'hui, décollent de Nantes-Atlantique, cette procédure d'information européenne sonne déjà comme une victoire.

Reçue par la direction générale de l'environnement de la Commission européenne, mardi 19 février, avec une délégation d'opposants (le Collectif d'élus doutant de la pertinence de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, l'Acipa et des représentants d'associations de protection de l'environnement), la députée européenne d'Europe Ecologie-Les Verts Sandrine Bélier assure que Bruxelles, "partageant notre analyse d'une potentielle violation du droit communautaire, a annoncé avoir lancé une procédure précontentieuse dite "EU Pilot"".

LE DOSSIER POURRAIT ÊTRE EXAMINÉ PAR LE PARLEMENT EUROPÉEN

Les adversaires du projet d'aéroport avaient saisi la commission des pétitions du Parlement européen fin 2012. Ils estiment qu'à l'issue de la procédure enclenchée par la Commission européenne, le dossier de Notre-Dame-des-Landes pourrait être examiné par le Parlement européen.

Parmi les règles que ne respecterait pas l'Etat dans ce dossier, Mme Bélier, membre des commissions des pétitions et de l'environnement du Parlement européen, cite les directives sur les oiseaux, sur l'habitat, sur l'eau et la directive sur l'évaluation des incidences sur l'environnement.

Bruxelles confirme avoir demandé des informations au gouvernement français, notamment sur le respect de la réglementation européenne, mais dément avoir ouvert une procédure de contentieux.

MATIGNON VEUT SOIGNER SA RÉPONSE À LA COMMISSION EUROPÉENNE

"Ce n'est pas une procédure d'infraction, nous en sommes à un stade plutôt informel, normal, quand il y a une plainte ou une pétition, explique Joe Hennon, porte-parole du commissaire à l'environnement. Si nous ne sommes pas satisfaits des réponses du gouvernement français, soit nous poserons des questions supplémentaires, soit nous irons vers un constat d'infraction."

On n'en est pas là et le gouvernement français a jusqu'à la mi-avril pour répondre. Mais, précise-t-on à Matignon, où le premier ministre, Jean-Marc Ayrault, ancien maire de Nantes, est un ardent défenseur du futur aéroport du Grand-Ouest, "il s'agit d'une procédure ultra-classique dès lors qu'il y a une opposition relayée par le Parlement européen".

Néanmoins, reconnaît-on dans l'entourage du premier ministre, "la France a un contentieux assez lourd avec Bruxelles sur les questions environnementales avec les dossiers du grand hamster d'Alsace, de la chasse aux ortolans ou de la qualité de l'air et de l'eau". Autant de raisons qui poussent Matignon à soigner la réponse qu'il apportera à la Commission européenne.

"UN PROJET PHARAONIQUE, DISPENDIEUX ET CONTRAIRE AU DROIT"

Cette procédure européenne intervient alors que, sur le terrain, la commission du dialogue continue ses auditions. Mise en place par le gouvernement au lendemain d'une manifestation massive d'opposants, le 17 novembre 2012, et présidée par Claude Chéreau, elle doit rendre ses conclusions fin mars. Le comité d'experts scientifiques et celui chargé des questions agricoles poursuivent aussi leurs investigations.

Pour Sandrine Bélier, "il est encore temps de se ranger au bon sens juridique, économique et environnemental, qui appelle à abroger un projet pharaonique, dispendieux et contraire au droit".

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Bataille contre l'aéroport Notre-Dame-des-Landes

Édition abonnés Contenu exclusif

17/02/2013

Des militants sahraouis condamnés par le tribunal militaire de Rabat

communiqué  (personne n'en parle !) :


Le Comité pour le Respect des Libertés et des Droits humains au Sahara Occidental

UN PROCES INIQUE! UN VERDICT SCANDALEUX!

Des militants sahraouis condamnés à de très lourdes peines, jusqu’à la perpétuité, par le tribunal militaire de Rabat

Détenus depuis novembre 2010 à la prison de Salé (près de Rabat), les 24 militants sahraouis, tous des civils, ont été jugés par un tribunal militaire en violation du droit international et même de la législation marocaine.

Leur procès, "vicié à la base" selon Amnesty International, s'est déroulé du 8 au 17 février. Malgré le déchaînement de la presse au Maroc qui les présentait comme des criminels et malgré la forte présence policière jusque dans la salle d'audience, les militants sahraouis ne se sont pas laissé intimider et ont imposé leurs témoignages au tribunal. Accusés de crimes qu'ils n'ont pas commis, ils ont décrit et dénoncé leur enlèvement, les humiliations, tortures et traitements inhumains, les pressions psychologiques, les procès-verbaux fabriqués ou falsifiés...

La violence des traitements subis et le refus par le tribunal de faire pratiquer des examens médicaux pour prouver les sévices n'ont pas eu raison de leur dignité, ni de leur idéal de liberté. Déniant la compétence de ce tribunal militaire, qui "est contraire aux normes d'équité reconnues au plan international "(Amnesty International), ils ont chanté à la face des juges l'hymne du Front Polisario et exprimé leur volonté de poursuivre leur lutte contre la colonisation marocaine et pour l'autodétermination du peuple sahraoui.

Ils ont rendu un hommage appuyé à leurs familles qui les soutiennent en manifestant jusque devant le tribunal, à leurs défenseurs mais aussi aux organisations internationales et marocaines (AMDH) des droits de l'Homme, aux nombreux observateurs internationaux et aux représentants d'ambassades qui ont tous été fortement impressionnés par leur détermination.

Le 17 février, le tribunal militaire les a condamnés à de très lourdes peines de prison : 8 à perpétuité4 à 30 ans (dont Ennâama Asfari co-président du CORELSO), 7 à 25 ans, 2 à 20 ans.

Au déchaînement médiatique partisan au Maroc répond le silence médiatique en France!

Le verdict scandaleux du 17 février doit être dénoncé par les gouvernements, les partis, les syndicats et les associations des droits de l’homme.

Le mouvement de solidarité avec la lutte du peuple sahraoui doit renforcer la mobilisation. Il faut dès maintenant briser le silence des principaux médias français et obtenir du gouvernement qu'il cesse enfin de soutenir les thèses marocaines et s'engage pour la mise en œuvre du droit à l'autodétermination et l'extension du mandat de la Minurso à la surveillance des droits de l'Homme au Sahara occidental.

Paris le 17 février 2013

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modèle de lettre à envoyer à Hollande :

LETTRE-PETITION HOLLANDE160213.doc

LETTRE-PETITION HOLLANDE160213.pdf

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CORELSO

Forum Social Ivryen, 10 Promenée Gérard Philipe

94200 IVRY-SUR-SEINE

corelso@yahoo.fr


16/02/2013

Corruption internationale, extorsion de fonds et enrichissement personnel

C'est comme l'affaire des frégates d'Arabie saoudite et des sous-marins du Pakistan ,dit !

lu sur :

http://www.usinenouvelle.com/article/finmeccanica-dans-la-tourmente-apres-l-arrestation-de-son-pdg.N191351

Finmeccanica dans la tourmente après l'arrestation de son PDG

Par Elodie Vallerey - Publié le 12 février 2013, à 11h43

  Giuseppe Orsi, le patron du conglomérat industriel italien Finmeccanica, est rattrapé par les accusations de corruption relatives à sa position d'ex PDG de l'hélicoptériste AgustaWestland qui le poursuivent depuis près d'un an.

Après Pier Francesco Guarguaglini, l'ancien PDG de Finmeccanica forcé de démissionner suite à des soupçons de corruption, serait-ce bientôt au tour de Giuseppe Orsi, l'actuel patron du géant industriel italien spécialisé dans l'aéronautique, la défense, le spatial et l'énergie ?

Le 11 février, Giuseppe Orsi a été placé en état d'arrestation pour corruption internationale, extorsion de fonds et enrichissement personnel dans une affaire de pots-de-vins présumés au gouvernement indien pour la vente de 12 hélicoptères Agusta Westland, ont relayé les médias italiens.

Avant de prendre les rênes de Finmeccanica le 1er décembre 2011, Orsi était à la tête d'AgustaWestland, la filiale "hélicoptères" du conglomérat italien. Début 2012, un ancien responsable du groupe a révélé l'existence de dessous de table suite à l'obtention, en 2010, d'un contrat pour la fourniture de 12 hélicoptères à l'Inde.

En avril dernier, les enquêteurs italiens suspectaient même le parti politique fédéraliste Ligue du Nord d'avoir reçu de l'argent pour avoir agi en tant qu'intermédiaire dans la négociation de ces potentiels dessous de table.

Les accusations pesant sur Orsi pourraient bien mettre en péril les négociations que mènent en ce moment AgustaWestland et l'avionneur brésilien Embraer autour de la création d'un coentreprise pour la fabrication et la commercialisation d'hélicoptères civils et de défense au Brésil.

L'actuel patron d'AgustaWestland, Bruno Spagnolini, a pour sa part été assigné à résidence dans le cadre de la même affaire.

Après ces annonces, le titre de Finmeccanica s'effondrait de plus de de 9,13 %, à 4,236 euros, en milieu de matinée à la Bourse de Milan.

Elodie Vallerey

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15/02/2013

Le savoir faire français en matière de lutte contre les révolutions

Ne nous faisons pas d'illusions. Ce savoir faire sera utilisé en France le cas échéant.

lu sur :

http://www.lepoint.fr/monde/bahrein-le-savoir-faire-francais-au-service-de-la-repression-14-02-2013-1627297_24.php?xtor=EPR-6-[Newsletter-Quotidienne]-20130215

Bahreïn : le savoir-faire français au service de la répression

Le Point.fr - Publié le14/02/2013 à 10:36- Modifié le14/02/2013 à 11:13

Paris a envoyé grenades lacrymogènes et CRS pour former les forces antiémeute du royaume du Golfe. Or elles tuent les manifestants depuis deux ans. 

Le fâcheux précédent tunisien, au cours duquel Michelle Alliot-Marie, alors chef de la diplomatie française, avait proposé au régime de Ben Ali le "savoir-faire" français en matière de sécurité pour mieux maîtriser les manifestants, semble se répéter dans un autre pays touché par le Printemps arabe : le royaume de Bahreïn. C'est en tout cas ce que révèle Jean-Marc Manach sur son blog (1) Bug Brother du Monde.fr. D'après ce journaliste, des agents antiémeute toxiques français permettraient aux forces de sécurité bahreïnies de réprimer les manifestants chiites de ce minuscule royaume du Golfe.

Lassée par une sous-représentation à la tête du pays, la majorité chiite (à 70 %) de cet État de 1 230 000 habitants (dont 550 000 nationaux) manifeste au quotidien depuis deux ans jour pour jour contre le pouvoir sunnite dont il exige des élections libres et la fin des discriminations à son encontre. Mais Manama a décidé d'employer la manière forte pour étouffer toute velléité démocratique. Sur les 87 morts recensés depuis février 2011, 43 seraient ainsi décédés des suites de leur exposition au gaz lacrymogène, dont deux - un jeune garçon de huit ans et un vieillard de 87 ans - encore récemment.

Des grenades lacrymogènes dans les maisons

"Des grenades lacrymogènes ont été directement tirées sur les contestataires, et jusqu'à l'intérieur de leur domicile", explique au Point.fr Reda al-Fardan, militant bahreïni du site bahrainwatch.org, qui a publié les photos de ces grenades. "Outre les projectiles américains et britanniques, nombre de cartouches grises et reconnaissables à leur tête rouge appartiennent à la même marque : le français Alsetex", ajoute-t-il. "Un grand nombre de grenades lacrymogènes françaises retrouvées place de la Perle (place centrale de Manama)", confirme au Point.fr Aymeric Elluin, responsable de la campagne "Armes et Impunité" chez Amnesty International. "Le problème est qu'elles sont mal utilisées par les forces de sécurité bahreïnies, de sorte qu'elles tuent autant que des armes à feu."

Contactée par Le Point.fr, la marque française Alsetex, spécialiste de la "gestion démocratique des foules" et qui a depuis pris le soin de supprimer de son site internet les modèles incriminés, affirme être soumise à une obligation de confidentialité tout en précisant que toute exportation à l'étranger est soumise à une autorisation du gouvernement français. Du côté gouvernemental, on assure que, "suite à l'affaire tunisienne, l'exportation de l'ensemble des produits pour le maintien de l'ordre vers Bahreïn a cessé le 17 février 2011", tout en rappelant que la France a été parmi les premiers pays à prendre cette mesure unilatérale.

L'aide de l'Arabie saoudite

Pourtant, d'après le militant bahreïni Reda al-Fardan, "des gaz lacrymogènes de marque Alsetex ont bel et bien été observés dans le pays jusqu'à mars 2012". "Si de telles cartouches françaises ont été retrouvées dans le royaume, il s'agit peut-être de stocks", indique-t-on à Paris. D'après le chercheur Jean-Paul Burdy (2), professeur d'histoire à l'Institut d'études politiques de Grenoble, ces cartouches françaises pourraient provenir de pays tiers comme l'Arabie saoudite ou le Qatar, membres avec Manama du Conseil de coopération du Golfe.

Personne n'a oublié qu'en plein coeur du Printemps de la Perle le royaume avait fait appel à 1 000 soldats saoudiens et 500 émiratis pour lui venir en aide. "Nos exportations de matériel de maintien de l'ordre contiennent des clauses de non-réexportation, tout ne peut pas être contrôlé", admet-on de source gouvernementale. Mais la mouture 2012 du rapport annuel du Parlement français sur les exportations d'armes françaises relance la suspicion autour de nouvelles ventes françaises de gaz lacrymogène à Bahreïn après le 17 février 2011.

Exportations de matériel de guerre

D'après ce document, la France a obtenu en 2011 neuf autorisations d'exportation de matériel de guerre (AEMG) vers Bahreïn pour un montant d'environ 17 millions d'euros, dont 421 000 euros concernent des agents chimiques toxiques "antiémeute" de catégorie ML7. Pour Amnesty International, cette dernière classification peut correspondre à du gaz lacrymogène. Du côté gouvernemental, on assure au contraire qu'il s'agit "uniquement de matériel d'alerte biologique et de détection chimique".

Le rapport 2012 fait également état de 16 millions d'euros d'AEMG de type ML4 (missiles, roquettes, bombes) et de 500 000 euros d'AEMG de classe ML5 (radar). "Il est problématique de vendre des armes à des régimes dictatoriaux dont on sait qu'ils répriment leurs manifestants", estime le député français Pouria Amirshahi, secrétaire de la commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale. À Paris, on rappelle qu'aucun embargo sur les ventes d'armes de guerre ne vise Bahreïn et que chaque matériel passe au préalable en "commission interministérielle des exportations des matériels de guerre". "Le royaume n'est pas du tout dans le même registre qu'un pays comme la Syrie, souligne-t-on. On parle ici de maintien de l'ordre, pas de guerre civile."

Guerre de faible intensité

"Bahreïn connaît depuis deux ans un état de guerre de faible intensité", estime pourtant le chercheur Jean-Paul Burdy. "Les jeunes tiennent les quartiers chiites de la conurbation de Manama, et la police ne peut y pénétrer que par des coups de force." À en croire ce spécialiste du royaume, qui se rend régulièrement à Bahreïn, les forces de l'ordre agiraient par pure vengeance en ciblant délibérément l'intérieur des domiciles et voitures des opposants, faute de pouvoir contenir les manifestations quotidiennes qui se poursuivent.

Si l'ambassadeur de France pour les droits de l'homme, François Zimeray s'est déplacé en décembre dans la monarchie du Golfe pour lui rappeler qu'il ne faut pas incarcérer des militants pour des propos tenus sur Twitter, ni des médecins parce qu'ils avaient soigné des manifestants, l'ambassadeur de France en poste à Bahreïn, Christian Testot, a par la suite assuré le royaume que la coopération entre les deux alliés n'était pas remise en cause. Il ne faut pas oublier que le roi du Bahreïn a été reçu en catimini par François Hollande à l'Élysée en août dernier pour évoquer un renforcement de cette même coopération.

Trouble jeu de la France

"On ne comprend pas les signaux divergents successivement envoyés à Bahreïn par le gouvernement français, s'insurge le militant Reda al-Fardan. Ce qui est sûr, c'est que Manama n'a aucune raison de mettre fin à la répression lorsque le roi obtient du président français une telle légitimité internationale." En août dernier, l'agence de presse officielle BNA annonçait que les domaines futurs de coopération entre les deux pays toucheraient la presse, la politique, l'éducation, la culture, la technologie et la défense.

"Défense ne veut pas dire maintien de l'ordre", insiste-t-on à l'Élysée. De son côté, le Quai d'Orsay indique qu'un haut comité de coordination s'est récemment réuni en séance de travail pour identifier les futurs domaines de collaboration. Le ministère des Affaires étrangères rappelle également qu'un accord de coopération militaire lie déjà les deux pays depuis 2009 dans le cadre des opérations de piraterie dans l'océan Indien, mais également de la formation de la garde royale bahreïnie. Celle-ci ne serait pourtant pas le seul corps armé qui bénéficie du "savoir-faire" français.

Un régime répressif depuis 2005

Comme Le Point.fr le révélait en février 2011, les forces antiémeute de Bahreïn, en action depuis le début du Printemps de la Perle, ont été formées par des policiers français issus des compagnies républicaines de sécurité (CRS), en vertu d'un accord de coopération en matière de sécurité intérieure signé en novembre 2007 à Paris. À la Direction générale de la police nationale, on assure que la dernière opération de gestion démocratique des foules à Barheïn date de 2008.

"C'est une opération intéressante, car elle privilégie l'emploi d'armes non létales, ce qui est un plus dans ces pays-là", indique une autre source proche du dossier. "Le royaume de Bahreïn est connu pour faire un usage excessif de la force depuis 2005", rappelle pour sa part Aymeric Elluin, d'Amnesty International. "Et cela concerne à chaque fois l'usage de grenades lacrymogènes."

 

Par

 

(1) Bug Brother, blog du journaliste Jean-Marc Manach sur Le Monde.fr.

(2) Jean-Paul Burdy, auteur du blog Questions d'Orient. 

Portugal, Etat à vendre

reportage vendredi15 février 2013
 

09/02/2013

il FAUT changer

les surlignages sont de moi

lu sur :

http://www.lemonde.fr/culture/article/2013/02/07/notre-civilisation-pourrait-elle-s-effondrer-personne-ne-veut-y-croire_1828673_3246.html

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Notre civilisation pourrait-elle s'effondrer ? Personne ne veut y croire

LE MONDE CULTURE ET IDEES | 07.02.2013 à 14h24 • Mis à jour le 07.02.2013 à 17h51

Par Stéphane Foucart

Pour son élection à la Royal Society de Londres, Paul Ehrlich tenait à mettre sur la table une question abrupte sur la marche du monde. Cette question, elle ne cesse de le travailler depuis quatre décennies : "Un effondrement de la civilisation globale peut-il être évité ?" C'est donc le titre que le célèbre biologiste américain a choisi pour la longue tribune qu'il a rédigée à l'invitation de la plus vénérable des académies des sciences et qui vient d'être publiée dans Proceedings of the Royal Society B - l'une des revues qu'elle édite. Hélas ! Cette interrogation, qui ne soulevait guère, jusqu'à récemment, que des haussements d'épaules, est désormais de plus en plus sérieusement considérée par la communauté scientifique.

 

Les premières phrases de Paul Ehrlich, toujours membre, à plus de 80 ans, du département de biologie de l'université Stanford (Californie), ont servi d'entrée en matière à un colloque sur la biodiversité et la croissance économique, le 31 janvier, à l'Ecole des mines de Paris. Elles donnent le ton. "A peu près toutes les civilisations passées ont subi un effondrement, c'est-à-dire une perte de complexité politique et socio-économique, généralement accompagnée d'un déclin drastique de la démographie, écrivent le biologiste américain et sa compagne, Anne Ehrlich, également professeur à Stanford. Certaines, comme en Egypte ou en Chine, se sont remises de situations d'effondrement mais d'autres non, comme la civilisation de l'île de Pâques, ou les Mayas classiques. (...) Dans bien des cas - sinon la plupart - la surexploitation de l'environnement a été en cause."

RÉCHAUFFEMENT CLIMATIQUE ET ACIDIFICATION DES OCÉANS

La nouveauté du problème est sa dimension globale. Jadis, l'écroulement des sociétés n'a jamais été qu'un phénomène local ou régional. A quelques centaines de kilomètres des lieux où se tramait le délitement de sociétés structurées, rien de tangible ne se produisait. Les hommes continuaient à vivre paisiblement. "Mais, aujourd'hui, pour la première fois, une civilisation humaine globale - la société technologique, de plus en plus interconnectée, dans laquelle nous sommes tous embarqués à un degré ou à un autre - est menacée d'effondrement par un ensemble de problèmes environnementaux", poursuit l'auteur.

Ces problèmes sont connus. Ils sont au centre d'une somme considérable de travaux de recherche ; ils ont tous en commun d'affecter les écosystèmes et, en conséquence, de menacer les services qu'ils offrent gracieusement aux économies. C'est-à-dire aux hommes. La liste qu'égrènent Anne et Paul Ehrlich est longue. Erosion rapide de la biodiversité ; exploitation irraisonnée des océans ; destruction accélérée des insectes pollinisateurs, qui assurent la reproduction de 80 % du règne végétal ; épuisement des sols et des eaux souterraines ; formation de vastes zones mortes dans les océans, à l'embouchure des grands fleuves qui charrient les effluents agricoles. Avec, surplombant et déterminant partiellement le tout, deux phénomènes globaux liés à nos émissions de gaz à effet de serre : le réchauffement climatique et l'acidification des océans. L'humanité a donc devant elle un certain nombre de difficultés...

Pour tous ceux qui s'intéressent à l'écologie scientifique et à la biologie de la conservation, Paul Ehrlich est connu comme le loup blanc. En 1968 - cinq ans avant Les Limites à la croissance, rapport du Club de Rome, qui fait date -, il publiait The Population Bomb, un ouvrage grand public dont il vendit quelque deux millions d'exemplaires.

"Paul Ehrlich a toujours eu comme idée que la démographie est au centre de tout, que nous sommes trop sur la planète et qu'il fallait trouver des moyens pour être moins nombreux", résume le biologiste Gilles Boeuf, président du Muséum national d'histoire naturelle. "A sa publication, ce livre a reçu beaucoup d'attention, se souvient James Brown, professeur à l'université du Nouveau-Mexique, aux Etats-Unis, et membre de l'Académie des sciences américaine. On commençait à prendre conscience qu'une croissance exponentielle ne pourrait pas continuer indéfiniment sur une Terre finie. Je crois que beaucoup étaient cependant sceptiques sur l'horizon de temps auquel Paul Ehrlich prévoyait un effondrement."

"VERS DE PLUS VASTES FAMINES"

De fait, le biologiste augurait de vastes famines dans les années 1990 - elles n'ont pas eu lieu. "Ce qui est souvent décrit comme des prévisions "fausses" n'était que des scénarios, clairement présentés comme des histoires qui devaient aider à penser le futur et dont certaines ne se réaliseraient pas, répond Paul Ehrlich. Mais la principale erreur du livre est de sous-estimer la vitesse à laquelle la "révolution verte" [modernisation des techniques agricoles] s'est propagée dans les pays pauvres. Cela a sauvé beaucoup de vies, mais nous a aussi mis sur les rails où nous sommes désormais, vers de plus vastes famines."

L'effondrement, c'est d'abord la faim. Ce qui tourmente Paul Ehrlich depuis quarante ans est avant tout une question d'agriculture, de nourriture et d'estomacs à remplir. Cette crainte, rétorquent les détracteurs du néomalthusianisme, ne serait qu'une vieille lune puisant dans un millénarisme irrationnel, remontant à bien avant Thomas Malthus (1766-1834) lui-même. On trouve, de fait, trace de cette préoccupation aux toutes premières heures de l'Histoire. Le plus ancien texte de l'humanité, L'Epopée de Gilgamesh, le célèbre conte mésopotamien dont la composition remonte à la fin du IIIe millénaire avant notre ère, ne met-il pas en scène un aréopage de divinités décidées à punir l'humanité pour sa propension à la multitude ?

"La Terre peut nourrir neuf milliards d'individus sans problème", rétorquent ainsi les adversaires de Paul Ehrlich. Mais ceux qui ont le privilège d'écrire que les famines ne sont pas un "problème" ne sont jamais ceux qui ont eu faim. "Je trouve l'optimisme de beaucoup d'analystes assez perturbant, sachant qu'aujourd'hui presque un milliard d'humains souffrent de la faim et que des millions d'entre eux en meurent chaque année, ajoute le biologiste américain. Si c'est si facile, pourquoi tout le monde n'est-il pas correctement nourri ? Il y a sans doute plus de personnes souffrant de faim et de malnutrition aujourd'hui qu'en 1968", lors de la parution de The Population Bomb. Il n'y avait, alors, que trois milliards et demi d'humains sur Terre - nous sommes aujourd'hui plus du double.

DÉCLIN DE LA PÊCHE MONDIALE

"Ce que souligne Paul Ehrlich, c'est que, même si, dans la situation actuelle, on calcule que la Terre pourrait nourrir neuf milliards d'humains, nous ne sommes absolument pas sûrs que cela soit encore possible dans quelques décennies, redoute le biologiste Gilles Boeuf. Simplement parce que le système de production va commencer à subir les effets des perturbations que nous avons introduites dans le système, à commencer par le changement climatique." Dans de nombreuses régions du monde et pour certaines grandes cultures, "les rendements agricoles n'augmentent plus depuis sept à huit ans", précise le président du Muséum. En France, par exemple, les effets du changement climatique sur le blé se font sentir depuis 1996 : en dépit des progrès agronomiques, les rendements stagnent, après un demi-siècle de croissance continue. C'est le cas dans la majeure partie de l'Europe.

L'agriculture ne sera pas le seul système affecté. Les pêcheries souffrent également : depuis le milieu des années 1990, les prises mondiales déclinent, en dépit d'un effort de pêche toujours accru. Toujours plus de bateaux sont armés, traquent la ressource de plus en plus loin et de plus en plus profond, mais le produit de la pêche mondiale décline inexorablement. La tendance pourrait être encore aggravée par le réchauffement des eaux superficielles de l'océan et, surtout, par leur acidification. La manière dont les écosystèmes marins peuvent s'adapter à ce phénomène est largement inconnue, puisque ce dernier se produit à un rythme inédit depuis au moins 300 millions d'années, selon une récente étude publiée dans la revue Science.

Au chapitre des courbes qui plafonnent, celle de la production pétrolière n'est pas la moindre. Entre 2004 et 2011, malgré une demande explosive, elle a stagné, selon la BP Statistical Review of World Energy, entre 80 et 83 millions de barils par jour... Et ce, en comptant les ressources non conventionnelles (huile de schiste, sables bitumineux, etc.). "La "bombe" et les "limites", commente James Brown en référence à l'ouvrage de Paul Ehrlich et au rapport du Club de Rome, deviennent probablement une réalité en ce moment même."

LE REVIREMENT DE LA COMMUNAUTÉ SCIENTIFIQUE 

Dans le dernier tiers du XXe siècle, la question de la finitude du monde est demeurée marginale dans la communauté scientifique. Elle n'a pas suscité une école de pensée structurée, comme la physique des semi-conducteurs, la génomique ou la climatologie. L'opinion et les craintes de Paul Ehrlich sont-elles désormais partagées par tous ? "Non, il est toujours critiqué et considéré comme trop pessimiste, estime James Brown. La majorité de la communauté scientifique ne reconnaît pas ce qu'Ehrlich ou encore mon groupe de recherche et moi considérons comme une urgence critique."

Chez les chercheurs qui travaillent spécifiquement sur le fonctionnement des écosystèmes, la réalité est peut-être différente. "Ce n'est pas un tableau très joyeux qu'il dépeint, confie Franck Courchamp, chercheur au laboratoire Ecologie, systématique et évolution (CNRS/université Paris-Sud), mais malheureusement je pense qu'il écrit tout haut ce que la plupart des écologues pensent tout bas." La prestigieuse revue Nature a par exemple publié, au printemps 2012, deux vastes synthèses de la littérature scientifique, menées collectivement par une quarantaine de spécialistes du fonctionnement des écosystèmes. Leurs conclusions sont glaçantes : non seulement l'ensemble de la biosphère terrestre connaîtra une "bascule abrupte et irréversible" dans les prochaines décennies, du fait des transformations apportées par l'homme à l'environnement, mais les services rendus aux économies par ce dernier vont perdre en efficacité du fait de l'érosion de la biodiversité.

DES ÉTUDES LARGEMENT IGNORÉES

Probablement trop déprimantes, ces deux synthèses de la littérature, résumant le savoir accumulé par des centaines d'études, ont été relativement ignorées par les médias. Elles sont passées inaperçues. A peu près autant que l'avis commun rendu en juin 2012 par les 106 académies des sciences, intitulé "Population et consommation" et qui, en termes prudents, n'en valide pas moins les inquiétudes anciennes de Paul Ehrlich. "Les accroissements simultanés de la population et de la consommation non durable font que le monde se trouve face à deux de ses plus grands défis, assurent les académies des sciences. La population mondiale est de 7 milliards d'habitants, et la plupart des projections indiquent qu'elle sera de 7 à 11 milliards en 2050, sachant que l'accroissement de la population se fera surtout dans les régions à faible revenu. Globalement, les niveaux de consommation sont à un niveau jamais atteint, largement en raison de la forte consommation par individu dans les pays développés."

Au sein de l'establishment scientifique, les idées du biologiste américain commencent donc à faire leur chemin. Il suffit, pour s'en rendre compte, de relever le nombre de fois que The Population Bomb est cité dans la littérature scientifique. Entre 1968 et 1995, il n'y est fait référence que deux fois. Autant dire que l'ouvrage, malgré son succès auprès du public, est poliment ignoré. Mais dans la décennie suivante, entre 1995 et 2005, il est cité de dix à vingt fois par an, puis de vingt à quarante fois par an depuis 2005.

Pourtant, si elle apparaît comme une préoccupation de plus en plus partagée chez les scientifiques, l'impossibilité d'une croissance exponentielle éternellement entretenue dans un monde fini reste largement ignorée dans les cercles dirigeants, parmi les économistes et dans l'opinion. Le gouffre est en effet énorme entre les centaines d'études alarmantes et le "climat" général des réactions. "Il y a dans la communauté scientifique une retenue sur ces sujets qui m'a toujours étonné, ajoute M. Courchamp. Même dans les instances nationales, les scientifiques spécialistes ont toujours peur d'être accusés de catastrophisme, d'opinions militantes ou exagérées."

UNE CONNAISSANCE CONFINÉE À UN PETIT NOMBRE 

Les médias, eux aussi, sont souvent réticents à traiter pleinement ces sujets, souvent jugés trop anxiogènes. La connaissance accumulée sur l'état de tension entre le système technique humain et la biosphère demeure ainsi confinée à un petit nombre de spécialistes. "Certains essayent [de communiquer], mais les scientifiques ne sont pas formés pour parler au public et les normes de la science et la discipline de la pratique scientifique militent contre le fait d'aller vers le public, explique Paul Ehrlich. Mais plusieurs d'entre nous, tous des ''vieux briscards'', s'engagent : James Hansen, le plus titré des climatologues fédéraux [directeur du Goddard Institute for Space Studies de la NASA], a même été incarcéré pour avoir manifesté contre la construction d'une centrale à charbon."

L'ignorance, par le plus grand nombre, de la situation telle que la perçoivent les spécialistes compte au nombre des grandes préoccupations du biologiste américain. "Pour éviter un effondrement, le plus grand défi est peut-être de convaincre l'opinion, en particulier les hommes politiques et les économistes", écrit-il. Une grande part des communautés scientifiques et techniques investies dans la recherche et le développement sont aussi toujours rétives à l'idée d'une finitude du monde. "Je le vois dans mes conférences : il y a encore un déni incroyable à propos de notre situation, relève Gilles Boeuf. Parfois, ce sont même des scientifiques qui me disent : "On ne croit pas à ce que vous dites" !"

LA FRANCE, CHAMPIONNE DU DÉNI

Sur le terrain du déni, la France occupe une place à part. D'abord, ingénieurs et scientifiques passent souvent par des formations communes. Ensuite, la langue française a mis dans le même mot - "écologie" - une science et un mouvement politique. Du coup, les faits scientifiques qui relèvent de la première sont sans cesse relativisés et discutés comme le seraient les postures idéologiques du second. "Nous avons un vrai problème avec ça, confie Gilles BoeufNous ne sommes pas écologistes, nous sommes écologues !" Il ne faut pas sous-estimer la force de la confusion des mots. La France est par exemple le dernier pays dont l'Académie des sciences, en dépit des textes internationaux qu'elle a signés, estime incertaine l'origine anthropique du changement climatique...

Or, lorsqu'un problème environnemental semble très incertain, il n'y a nulle raison de chercher à le résoudre. Surtout si sa résolution demande des efforts colossaux. Le sera-t-il jamais ? Au terme de leur longue tribune dans Proceedings of the Royal Society B, Paul et Anne Ehrlich répondent, de manière étonnante, oui : "L'effondrement de la civilisation globale" peut être évité, "car la société moderne a montré de la capacité à traiter les menaces de long terme, si elles sont évidentes et continuellement portées à notre attention". Mais cette note d'espoir est vite remise à sa place. "Nous estimons que la probabilité d'éviter l'effondrement n'est que d'environ 10 %, précise Paul Ehrlich. Et nous pensons que, pour le bénéfice des générations futures, cela vaut le coup de se battre pour monter cette probabilité à 11 %."

La principale incertitude ne repose sans doute pas sur les grands changements d'état de la biosphère et la raréfaction des ressources. Elle tient plutôt au fait de savoir ce qu'est un "effondrement", c'est-à-dire de quelle manière les sociétés réagiront à ces changements. Appauvrissement brutal des populations ? Perte de contrôle des Etats sur leur territoire ? Incapacité à assurer les besoins de base de la population ? Généralisation de la violence ? Ou réduction graduelle et pacifique de la consommation matérielle, accompagnée d'une plus forte cohésion sociale ? Ces questions restent ouvertes et ne sont pas du ressort des sciences de la nature. Mais le spectacle qu'offre un pays comme la Grèce n'incite guère à l'optimisme. 

 

Lire aussi : Changement climatique : près de soixante études par jour (ci dessous)

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"L'HOMME PEUT-IL S'ADAPTER À LUI-MÊME ?"

collectif, dirigé par Gilles Boeuf, Bernard Swynghedauw et Jean-François Toussaint, (Quae éditions, 2012).

"L'ÉCOLOGIE POUR LES NULS"

de Franck Courchamp (Editions générales First, 2009).

SUR LE WEB

"CAN A COLLAPSE

OF GLOBAL CIVILIZATION BE AVOIDED ?"

Article en anglais de Anne et Paul Ehrlich disponible sur le site de la revue Proceedings of the Royal Society B www. royalsocietypublishing.org

MILLENNIUM ALLIANCE FOR HUMANITY AND THE BIOSPHERE

Une initiative imaginée par Anne et Paul Ehrlich http://mahb.stanford.edu

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Changement climatique : près de soixante études par jour 

http://www.lemonde.fr/culture/article/2013/02/07/changement-climatique-pres-de-soixante-etudes-par-jour_1828674_3246.html

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LE MONDE CULTURE ET IDEES | 07.02.2013 à 14h24 • Mis à jour le 07.02.2013 à 17h42

Par Stéphane Foucart

Vouloir rendre compte de la recherche sur le changement climatique est à la fois impossible et déprimant. Déprimant parce que la majorité des études publiées dressent un tableau assez sombre de l'avenir prévisible. Impossible parce que l'activité scientifique sur le sujet a pris, ces dernières années, une dimension gigantesque. Ce dont, de toute évidence, l'opinion n'a pas la moindre idée. "Le grand public ne sait pas bien ce que les scientifiques font, ni le rôle que joue la science dans la société", constate l'écologue James Brown, professeur à l'université du Nouveau-Mexique et membre de l'Académie des sciences américaine.

En cherchant dans une base de données de la littérature scientifique - par exemple Scopus, tenue par l'éditeur Elsevier - les articles de recherche contenant les termes "changement climatique" (climate change) ou "réchauffement global" (global warming) dans leur titre, leur résumé ou leurs mots-clés, il est possible de se faire un avis assez précis sur ce décalage. Au milieu des années 1970, l'ensemble des revues scientifiques publiait environ une dizaine d'articles par an sur le sujet. Dix ans plus tard, on en compte une cinquantaine. Encore dix ans de plus - au milieu des années 1990 - et nous en sommes à environ un millier publiés chaque année...

DES SCIENTIFIQUES ANXIEUX

Aujourd'hui, celui qui s'intéresse au réchauffement sous tous ses aspects scientifiques est confronté à une sorte de tsunami de travaux académiques dans lesquels la dimension climatique intervient sous une forme ou une autre. En 2012, les revues savantes ont donné l'onction d'une publication à 15 125 études de ce genre.

Ce qui représente une moyenne de près de soixante travaux de recherche publiés par jour ouvré... Dans cette masse d'études, il est aussi possible de chercher si, par exemple, la notion de perturbation climatique est, ou non, associée de manière croissante au terme "effondrement" (collapse) - que ce soit celui d'une société, d'une calotte de glace, d'un écosystème, d'une pêcherie... Les travaux associant des changements climatiques à ces bouleversements brutaux et périlleux que sont les "effondrements" sont aussi de plus en plus nombreux.

On en comptait moins de dix par an jusqu'à la fin des années 1990 ; une vingtaine entre 2000 et 2003 ; une quarantaine entre 2004 et 2006... En 2012, près d'une centaine ont été publiés. Si l'on fait de cette association (changement climatique et effondrements) une manière d'indice d'anxiété de la communauté scientifique sur les répercussions du changement climatique, alors cet indice a décuplé au cours des vingt dernières années.

01/02/2013

PALESTINE : les arabes israéliens, éternels oubliés

lu sur :

http://www.lemonde.fr/international/article/2013/01/28/les-arabes-israeliens-eternels-oublies-des-coalitions-gouvernementales-en-israel_1823562_3210.html

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LE MONDE | 28.01.2013 à 17h41 Par Laurent Zecchini - Jérusalem Correspondant

Alors que les tractations ont commencé en Israël pour la constitution du prochain gouvernement, la publication des résultats définitifs a mis en évidence l'une des surprises des élections législatives israéliennes : l'augmentation de la participation électorale des Arabes israéliens. Certes, la progression est faible, puisque 56% d'entre eux (ils sont 1,64 million en Israël et représentent 20,6% de la population) ont participé au scrutin du 22 janvier, contre 53,4% en 2009, mais elle infirme les prévisions qui annonçaient un taux de participation inférieur à 50%.

Le désintérêt des "citoyens palestiniens d'Israël" (selon la définition qu'ils préfèrent) pour le système parlementaire israélien s'était jusque-là régulièrement amplifié depuis vingt ans, la participation se situant à 77% en 1996, puis à 62% en 2003. Les appels concertés des trois partis arabes en faveur de la mobilisation électorale expliquent sans doute ce léger rebond. 

"UN HOMME, UNE VOIX"

Ahmed Tibi, député du Mouvement arabe pour le renouveau, l'une des principales figures arabes de la Knesset, le Parlement israélien, a parcouru longuement la Galilée avec un message simple : "Si vous ne votez pas, vous donnez une voix de plus à Benyamin Nétanyahou [le premier ministre] et Avigdor Lieberman [le chef de la formation ultranationaliste Israel Beitenou ("Israël, notre maison")]. En Afrique du Sud, les gens se sont battus pour obtenir le principe d'"un homme, une voix". Vous avez ce droit en Israël, utilisez-le !"

M. Tibi n'est cependant pas satisfait du taux de participation. "S'il avait été supérieur de 10%, assure-t-il, nous aurions pu mettre fin à la domination de Nétanyahou et Lieberman ; c'est une occasion manquée." Selon Amnon Beeri-Sulitzeanu, codirecteur d'Abraham Fund Initiatives (une ONG israélienne qui promeut la coexistence entre juifs et Arabes israéliens), cité par le Jerusalem Post, il s'agit cependant d'un "signal montrant que la communauté arabe veut être engagée dans le système politique".

APATHIE

Peut-être est-ce aller un peu vite en besogne : avec 4 sièges pour la formation de M. Tibi, 4 sièges pour Hadash (formation socialiste juive et arabe) et 3 sièges pour Balad, on obtient un total de 11 sièges, un score identique à 2009. Ahmed Tibi estime que le peu d'engouement des Arabes israéliens à participer aux élections législatives "est un mélange de frustration et d'apathie". Il assure que 8 % seulement d'entre eux refusent de voter pour des raisons politiques et reconnaît que l'incapacité traditionnelle des partis arabes à s'unir pour présenter une liste commune explique en partie cette indifférence.

D'autres facteurs entrent en jeu : outre qu'aucun gouvernement israélien ne s'est jamais ouvert à un parti arabe, la capacité de leurs élus à peser sur l'agenda parlementaire est très limitée. A part Ahmed Tibi, la seule autre "voix" arabe à la Knesset est celle de la pasionaria de Balad, Hanin Zoabi, dont certains caciques du Likoud, le parti de M. Nétanyahou, prônent régulièrement l'interdiction parlementaire.

M. Tibi s'agace lorsqu'on lui fait remarquer que beaucoup d'Arabes israéliens ont le sentiment que leurs élus au Parlement s'intéressent davantage au processus de paix israélo-palestinien qu'à leurs problèmes concrets : "C'est un stéréotype ! 80% de mon activité à la Knesset est consacrée aux questions économiques et sociales et à la vie quotidienne des gens !"

FAILLITE DU "MODÈLE DE 1948"

Il assure qu'il a réussi à faire adopter "cinq motions" par la Knesset et se déclare convaincu qu'"on peut obtenir des résultats en étant dans l'opposition". Le militantisme parlementaire d'Ahmed Tibi est loin de faire l'unanimité. La plupart des Arabes israéliens dénoncent la multiplication des législations qui leur sont hostiles et dressent la liste des discriminations dont ils pâtissent, lesquelles s'ajoutent à la pauvreté structurelle de leur communauté (53,2% des familles arabes israéliennes vivent sous le seuil de pauvreté).

Dans l'ensemble, et même si 21% d'entre eux ont voté lors de ce scrutin pour des partis israéliens non arabes, les "Palestiniens d'Israël" éprouvent un sentiment croissant de marginalisation et de découragement et ne font pas confiance au gouvernement. Certains experts israéliens s'inquiètent de ce phénomène, qu'ils analysent comme la faillite du "modèle de 1948" sur lequel a été fondé, selon eux, l'Etat israélien.

Réforme bancaire a minima prévue en France

les surlignages sont de moi

lu sur :

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/1303088c-6bd8-11e2-991a-52bd752a3e50

spéculation vendredi1 février 2013
 
Vent de fronde contre une réforme bancaire a minima prévue en France

Organisations contrant le lobbying financier et ex-banquiers se font entendre à dix jours de l’examen du texte par les députés. Chez BNP Paribas, les activités séparées ne pèseront pas plus de 0,5% des recettes, prévient le bureau AlphaValue. Les milieux bancaires ne semblent guère affolés par le projet de texte.

«Je séparerai les activités des banques qui sont utiles à l’investissement et à l’emploi de leurs opérations spéculatives.» La mesure figurait parmi les «60 engagements pour la France» du candidat Hollande. Dont acte. Dans dix jours, les députés français examineront en première lecture un projet de réforme bancaire imposant notamment aux banques de loger leurs activités spéculatives dans une filiale ad hoc. «La France sera le premier pays en Europe à mettre en place une réforme structurelle des banques», se félicitait le gouvernement le 19 décembre. Faisant déjà de son projet la version continentale de la loi américaine Volcker.

La timidité du projet nourrit pourtant une fronde persistante destinée à influencer le vote de la version finale du texte. De la part de l’extrême gauche. Mais surtout d’un carré d’anciens banquiers réunis au sein de l’ONG de contre-lobbying Finance Watch. «Le projet français ne sépare quasiment rien, en l’état actuel de sa rédaction: 0,5% du chiffre d’affaires total dans le cas de BNP Paribas, selon les propos tenus par son directeur général adjoint le 21 novembre», s’étonne Christophe Nijdam, analyste chez AlphaValue, bureau d’analyse financière indépendant basé à Paris. «C’est vingt-six fois moins que les recommandations du rapport européen Liikanen sur le même sujet», ajoute cet ancien banquier. Censées préfigurer les textes européens en la matière, les conclusions rendues en octobre par le groupe de travail dirigé par le banquier central finlandais ne sont assorties d’aucun calendrier de transposition. Et peuvent être tuées dans l’œuf par le lobby financier.

En Suisse, la scission des banques – en firmes dédiées aux marchés et en établissements de dépôts – a été écartée par la réforme dite «too big to fail», votée il y a un an et demi. Elle le sera aussi en France, le ministre des Finances ayant répété ne pas vouloir scinder les banques «universelles». Pour ne pas «punir» un secteur pesant 400 000 emplois. Et ne pas l’affaiblir face à ses concurrents anglo-saxons.

Pour faire oublier cet exercice de realpolitik, le gouvernement socialiste met en avant son projet d’interdire aux banques les dérivés sur matières premières, le «trading haute fréquence» ou les prêts sans garantie aux hedge funds. Reste que, selon Christophe Nijdam, «les banques ne prêtent déjà qu’avec garantie à ces derniers, alors…» Sans compter que «la plus grande partie du trading à haute fréquence – qui n’est qu’une itération moderne du négoce pour compte propre – pourra perdurer, masquée sous l’appellation de tenue de marché». L’analyste d’AlphaValue enfonce le clou: les produits dérivés font, par définition, l’objet d’une cotation par la banque; qui en est, par construction, contrepartie. «Les dérivés tombent donc aussi sous l’appellation de tenue de marché dans le projet de loi actuel.»

Même s’ils viennent de tenter – en vain – d’en repousser la mise en œuvre à 2017, le projet de loi ne paraît, en l’état, guère affoler les milieux bancaires. «Cette loi cristallise un changement de modèle et c’est très bien», a indiqué, selon l’AFP, Frédéric Oudéa, le patron de Société Générale, mercredi devant la Commission des finances. 

31/01/2013

La bataille de Notre-Dame-des-Landes continue sur le terrain économique

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/01/31/des-chefs-d-entreprise-expriment-leur-opposition-au-projet-d-aeroport-de-notre-dame-des-landes_1825156_3244.html

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Des chefs d'entreprise expriment leur opposition au projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes

LE MONDE | 31.01.2013 à 10h54 Par Rémi Barroux

La bataille de Notre-Dame-des-Landes continue et c'est sur le terrain économique que défenseurs et opposants au projet de nouvel aéroport prévu à une vingtaine de kilomètres au nord de Nantes s'affrontent. Mercredi 30 janvier, deux témoignages contradictoires issus du monde de l'entreprise ont été rendus publics pour faire valoir la "nécessité" ou "l'inutilité" du remplacement de l'actuelle plate-forme aéroportuaire de Nantes-Atlantique par le projet d'Aéroport du Grand-Ouest (AGO), filiale de Vinci Airports.

Le président de la chambre de commerce et d'industrie (CCI) de Loire-Atlantique, Jean-François Gendron, reçu par la Commission du dialogue, a vanté les "intérêts d'un tel projet d'infrastructure, notamment pour le développement économique du territoire". "Le nouvel aéroport accroîtra la zone de chalandise de plus de 15 %, la construction de la nouvelle plate-forme représentera plus de 4,5 millions d'heures de travail", a-t-il plaidé.

A l'inverse, les opposants ont rendu public la lettre ouverte adressée au président de la République par un chef d'entreprise, Jean-Marie Ravier, basé à Ancenis. N'hésitant pas à appeler François Hollande "cher camarade", ayant partagé en même temps que lui les bancs de Sciences Po à Paris, M. Ravier propose "l'éclairage d'un chef d'entreprise de la région nantaise". "Un chef d'entreprise sait ce qu'est un compte d'exploitation et il ne mettrait jamais un euro dans Notre-Dame-des-Landes", avance-t-il.

LE RISQUE D'UN DÉPART DES COMPAGNIES À BAS COÛT

Pour M. Ravier, l'augmentation prévisible de la taxe d'aéroport, nécessaire pour couvrir les frais de construction, se traduira par un départ des compagnies à bas coût et le passage "sous le seuil des trois millions de passagers annuels" de Notre-Dame-des-Landes. "Or, ce low cost favorise l'activité et la compétitivité des entreprises régionales", écrit notamment M. Ravier.

Le dirigeant de Mécan'outil, entreprise d'une quarantaine de salariés qui fabrique des outillages pour les menuiseries d'aluminium, dont de 30 % à 40 % du chiffre d'affaires sont réalisés à l'export, est plutôt isolé dans sa contestation publique. "Certains de nos financements dépendent des banques et de la région, et cette dernière comme Vinci, qui a le bras long, sont des fervents défenseurs du projet, confie M. Ravier. L'ensemble du tissu économique local est fortement incité à soutenir Notre-Dame-des-Landes."

A l'appui de ses dires, il exhibe la "lettre type à envoyer à la commission d'enquête" proposée à l'été 2012 par la CCI de Loire-Atlantique aux chefs d'entreprise du département. Ils n'avaient plus qu'à compléter la phrase : " est vivement attendu par les entreprises de la région et notamment par (...) que je représente".

"L'AÉROPORT ACTUEL EST LARGEMENT SUFFISANT"

Une démarche assumée par le patron de la CCI. "Quand on est chef d'entreprise, on n'a pas toujours le temps pour ces démarches et beaucoup nous demandaient de leur donner des arguments", explique M. Gendron. Mais, assure-t-il, les soutiens sont réels et vont au-delà du département. La CCI régionale de Bretagne a voté à l'unanimité, en décembre 2012, une motion de soutien au futur aéroport.

"La grande majorité de la population est favorable, déclare encore Alain Mustière, président de l'Association citoyenne pour la réalisation d'un aéroport international à Notre-Dame-des-Landes (Acipran). Il y a trois cents altermondialistes et cinq agriculteurs qui s'opposent et, peut-être, des personnes qui s'interrogent, qui ont peur d'investir et préfèrent le repli."

Au sud de Nantes, sur les terres vendéennes, le doute, voire l'hostilité, s'expriment. Le président du Medef de Vendée, Philippe Bellante a annoncé, le 21 décembre 2012 dans Ouest-France, qu'il s'opposera au projet si un nouveau pont sur la Loire n'est pas construit "en même temps". Le vice-président de Fleury-Michon estime, titre personnel", que "l'aéroport actuel est largement suffisant", en attendant d'autres équipements routiers et ferroviaires.

Le projet d'aéroport "ne peut se faire que si, dans le même temps, nous disposons d'infrastructures routières dont le deuxième pont sur la Loire", résume le président de la CCI de Vendée, Joseph Moreau. Une "approche égoïste" pour M. Gendron, son homologue de Loire-Atlantique.

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http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/01/19/notre-dame-des-landes-des-divisions-se-font-jour-au-sein-des-partis-politiques_1819450_3244.html

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Notre-Dame-des-Landes : des divisions se font jour au sein des partis politiques

LE MONDE | 19.01.2013 à 11h23 • Mis à jour le 19.01.2013 à 11h24 

Par Rémi Barroux - Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique), envoyé spécial

Le soutien de la grande majorité des élus locaux de Bretagne au projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes se fissure. Reçus mardi 15 janvier par la Commission du dialogue, installée par le premier ministre, Jean-Marc Ayrault, les quatre élus de Loire-Atlantique de l'Union démocratique bretonne (UDB) ont plaidé en faveur du projet : "Le transfert de l'aéroport actuel vers Notre-Dame-des-Landes rééquilibrera le territoire français en contrebalançant le poids démesuré de la région parisienne", ont défendu Hervé Carro, Pierre Even, Michel François et Jacques Lebreton de Vonne, conseillers municipaux de Savenay, Nantes, Saint-Herblain et Indre.

Mais à côté de ces élus du mouvement régionaliste, de nombreux militants du mouvement, notamment l'"UDB jeunes", ont participé à la manifestation du 17 novembre 2012 dans le bocage nantais, aux côtés des dizaines de milliers d'opposants. "L'UDB est partagée, ce qui m'interdit de défendre une position", reconnaît Mona Bras, porte-parole du parti.

UN PONT SUR LA LOIRE

L'UDB n'est pas la seule à afficher ses divergences. Le Parti communiste aussi est divisé : la fédération de Loire-Atlantique y est favorable, mais celles de la Vendée et de la Sarthe sont contre. La présence de Jean-Luc Mélenchon, du Parti de gauche, à la manifestation du 17 novembre, a aussi révélé les divergences au sein du Front de gauche.

Les socialistes, pour l'heure, restent groupés derrière le gouvernement. Surtout au niveau local avec un président de région, Jacques Auxiette, très actif dans sa défense du projet. Mais la commission agricole du PS 44 a soutenu la grève de la faim des agriculteurs hostiles au futur aéroport, au printemps 2012. Et, disent les opposants, certains responsables socialistes commenceraient à douter de la pertinence du projet et de son coût éventuel, économique et politique.

Certains élus craindraient de voir leurs propres projets emportés par les dépenses nécessaires à la réalisation de l'aéroport, notamment lors des décisions du futur Schéma national des infrastructures de transport. Ainsi, le président (PS) du conseil général du Finistère, Pierre Maille, favorable au projet, exige d'abord des garanties sur la ligne à grande vitesse entre Brest et Paris. Le président (UMP) du conseil général de la Vendée, Bruno Retailleau, qui réclame un pont sur la Loire, affirme que si celui-ci "n'est pas construit, la Vendée s'opposera au nouvel aéroport".

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Bataille contre l'aéroport Notre-Dame-des-Landes

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