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07/11/2016

Palestine : privatisation de son occupation par Israël

How Israel Is Gradually Privatising Its Occupation of Palestine

www.globalresearch.ca/...israel-is-gradually-privatising-its-occupati... - Traduire cette page
Il y a 19 heures - Selected Articles: How Israel Is Gradually Privatising Its Occupation of Palestine. By Global Research News. Global Research, November 06, ...


Private companies have been invest­­ing for years in the settlement project. But that involvement, as well as the amounts of money being made, have increased dramatically in the past decade. For Israelis, the West Bank has become a kind of special economic zone, where settlements often provide more profitable business conditions—low rents, favorable tax rates, government subsidies, and access to cheap Palestinian labor—than in Israel proper.

13/07/2016

Les banques, les banques, les banques ...

UBS rattrapé par le scandale du siècle en Malaisie

Après la violente charge contre BSI, condamné à être dissoute, le numéro un bancaire suisse est à son tour pris dans l’affaire de corruption 1MDB. L’institution serait impliquée dans le détournement de deux milliards de fonds publics en 2014

11/05/2016

Avez-vous un compte à la BNP ou au Crédit Agricole ???


comment Crédit agricole et BNP poursuivent leurs activités offshore

www.lemonde.fr/.../panama-papers-comment-credit-agricole-et-bnp-poursu...
Il y a 5 heures - Les documents internes de Mossack Fonseca montrent que, loin de leurs promesses, les deux banques françaises ont externalisé la gestion ...

Panama papers » : les pratiques offshore opaques du Crédit - Le Monde

www.lemonde.fr/.../panama-papers-les-pratiques-offshore-opaques-du-cred...
Il y a 5 heures - La présence du Crédit agricole et de BNP Paribas dans les 11,5 millions de documents internes du cabinet panaméen Mossack Fonseca n'est ...
Il y a 1 heure - "Panama Papers" : le Crédit Agricole et BNP Paribas mis en cause pour des montages offshore Crédit Image : AFP Crédit Média : Philippe ...

Le document de la BNP expliquant comment créer une société ...

www.huffingtonpost.fr/.../evasion-fiscale-bnp-offshore-iles-caimans_n_3...

4 avr. 2013 - D'après des documents secrets, BNP Paribas, mais aussi Crédit Agricole, ont supervisé la création de très nombreuses sociétés offshore pour ...

28/01/2016

État d'urgence et chaises de la BNP

à lire : (rien de mieux à faire ???)

Soutien aux 2 faucheurs de chaises marseillais convoqués ...

https://france.attac.org/...faucheurs-de-chaises/.../soutien-aux-2-faucheurs...

17 janv. 2016 - Soutien aux 2 faucheurs de chaises marseillais convoqués devant le ... midi et vont être convoqués au tribunal suite à la plainte de la banque.


Ce vendredi 15 janvier au matin, des policiers sont venus chercher à leurs domiciles Antoine Richard, militant d’Attac Marseille, et Matthieu Laurentin, président d’Attac Marseille, pour les placer en garde à vue. Ils ont été entendus dans le cadre de l’enquête menée suite aux deux actions de réquisition citoyenne qui ont eu lieu dans des agences BNP Paribas de Marseille en octobre et novembre dernier.

lire en ligne

03/01/2016

Ôter aux banques leur pouvoir de création monétaire

article de La Tribune :

Les Suisses voteront pour ôter aux banques leur pouvoir de création monétaire

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Par Romaric Godin  |   |  2136  mots
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Les Suisses voteront pour ôter aux banques leur pouvoir de création monétaire.pdf
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sur le même sujet, voir sur ce blog :
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La monnaie, qu'est-ce ? (3) note du 13/09/2010

La monnaie, qu'est-ce ? (2) note du 16/11/2008

La monnaie, qu'est-ce ? note du 14/11/2008

L'Argent Dette de Paul Grignon (FR intégral) 52 min - 21 oct. 2008 dailymotion.com

 

             
 

29/06/2015

Assez d'hypocrisie sur la Grèce !

à lire :

The moral crusade against Greece must be opposed ... - The Guardian

www.theguardian.com/.../2015/jun/28/greece-europe-imf-democracy

‎13 hours ago ...

The idea that Greece partly deserves its fate reflects an order in which wealth trumps democracy. We should fight a narrative that enfeebles us ...

extrait :

These talks did not fail by accident. The Greeks have to be humiliated, because the alternative – of treating them as equal parties or “adults”, as Lagarde wished them to be – would lead to a debate about the Eurogroup: what its foundations are, what accountability would look like, and what its democratic levers are – if indeed it has any. Solidarity with Greece means everyone, in and outside the single currency, forcing this conversation: the country is being sacrificed to maintain a set of delusions that enfeebles us all.

 

(hypocrisie : du grec hupokrisis, action de jouer un rôle )

29/03/2015

Grèce : extraits du petit guide contre les bobards médiatiques

voir :

Grèce : petit guide contre les bobards médiatiques | Collectif pour un ...

www.audit-citoyen.org/?p=6374
 
11 mars 2015 ... Malgré l'ingérence et la pression des dirigeants de l'Union Européenne, lepeuple grec a décidé de prendre courageusement son destin en ...

extrait :

Grèce : extraits du petit guide contre les bobards médiatiques

Idée reçue n°1 : Annuler la dette grecque: 636 € par Français ?
« Il n’est pas question de transférer le poids de la dette grecque du contribuable grec au contribuable français » (Michel Sapin, ministre de l’Économie, Europe N°1, 2/02), « une ardoise de 735 € par Français » (Le Figaro, 8 janvier), 636 € selon TF1 (2 février).
Pourquoi c’est faux ?
La seule chose que perdraient les contribuables français, ce sont les intérêts versés par la Grèce, soit 10.5 euros par an, par adulte résidant en France.  

Idée reçue n°2 : Quand on doit, on rembourse ?

« La Grèce devra rembourser sa dette » (Michel Sapin, 2 février) « Une dette est une dette. Rembourser est un devoir éthique pour un État de droit » (Marine Le Pen, 4 février)
Pourquoi c’est faux ?
Sauf rares exceptions, un État ne rembourse pas sa dette : il ré-emprunte pour faire face aux échéances. Contrairement à un particulier, l’État n’est pas mortel, il peut s’endetter sans fin pour payer ses dettes. C’est la différence avec l’emprunt d’une mère de famille qui, elle, est obligée de rembourser sa dette.
De nombreuses expériences historiques de pays surendettés (Allemagne 1953, Pologne 1991, Irak 2003, Équateur 2008, Islande 2011, Irlande 2013…) ont pourtant abouti 
à la même conclusion : quand la dette est trop lourde (190% du PIB pour la Grèce !), il faut l’annuler et/ou la restructurer pour permettre un nouveau départ.

Idée reçue n°3 : Les Grecs se sont goinfrés, ils doivent payer ?

La Grèce, c’est une « administration pléthorique, 7% du PIB contre 3% en Europe », une « difficulté à lever l’impôt et à maîtriser les dépenses » (C. Senik, économiste)
Pourquoi c’est faux ?
Selon l’OCDE, les fonctionnaires représentaient en Grèce 7% de l’emploi total en 2001, et 8% en 2011, contre 11% en Allemagne et 23% en France (incluant la sécurité sociale). Les dépenses publiques de la Grèce représentaient en 2011 42% du PIB contre 45% (Allemagne) et 52% (France). Ce sont les taux d’intérêt excessifs et les cadeaux fiscaux qui ont gonflé la dette. Les taux d’intérêt exigés par les prêteurs entre 1990 et 2000 ont été extravagants : en moyenne 7,5 % (taux réel corrigé de l’inflation), pour une croissance du PIB de 2,5 %. D’où un effet « boule de neige » : l’État grec s’est endetté pour parvenir à payer ces intérêts exorbitants. Si le taux d’intérêt réel était resté limité à 3 %, la dette publique grecque aurait représenté 64 % du PIB en 2007 au lieu de 103 %.

Idée reçue n°4 : L’austérité, c’est dur mais ça finit par marcher ?

« L’austérité, ça paye ! La Grèce repart en trombe. Selon les dernières prévisions de Bruxelles, la croissance sera cette année de 2,5 % en Grèce et 3,6 % l’année prochaine, ce qui fera d’Athènes le champion de la croissance de la zone euro! » (Alexis de Tarlé, JDD, 8 février)
Pourquoi c’est faux ?
Les Grecs seraient-ils stupides d’avoir mis fin à une politique qui marchait si bien ? En 2014, le PIB de la Grèce est inférieur de 25,8 % à son niveau de 2007.
L’investissement a chuté de 67%. Le taux de chômage est de 26% alors même que nombre de jeunes et de moins jeunes ont dû quitter leur pays pour trouver un emploi. 46% des Grecs sont au-dessous du seuil de pauvreté, la mortalité infantile a augmenté de 43%. Quant aux prévisions de Bruxelles, à l’automne 2011 elles annonçaient déjà la reprise en Grèce pour 2013. Finalement, le PIB grec a chuté de 4,7% cette année-là.
Tous les économistes honnêtes le reconnaissent maintenant. Les politiques d’austérité imposées par les institutions européennes ont été catastrophiques pour la Grèce et l'ensemble de la zone Euro.

04/02/2015

Les copains et les coquins sont au pouvoir

à lire sur MEDIAPART :

Les bonus cachés d'une filiale de la Caisse des dépôts

02 FÉVRIER 2015 |  PAR LAURENT MAUDUIT

Fait sans précédent dans une société publique, 7 millions d'euros d'actions gratuites ont été discrètement distribués au sein de CDC Entreprises, filiale de la Caisse des dépôts, entre 2007 et 2012. Ce système de rémunération, auquel s'intéresse la Cour des comptes dans son prochain rapport, a été mis au point par l'ancien patron de la société, Jérôme Gallot, lui-même... magistrat financier !

15/11/2014

Fiscalité, Société, Démocratie, Politique, Ploutocratie ...

lu sur Le Monde :

Optimisation fiscale : les pratiques de Starbucks et des Pays-Bas ...

www.lemonde.fr/.../optimisation-fiscale-les-pratiques-de-starbucks-et-des- pays-bas-decortiquees_4523935_3234.html

Optimisation fiscale : les pratiques de Starbucks et des Pays-Bas décortiquées

Le Monde.fr | 14.11.2014 à 17h26 • Mis à jour le 14.11.2014 à 17h47 | Par Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)

La Commission européenne a rendu publique, vendredi 14 novembre, sa lettre officielle aux Pays-Bas, informant le pays qu’elle enquêtait de manière formelle sur des aides d’État, qu’elle soupçonne illégales, au profit de la chaîne de cafés américaine Starbucks. Elle s’était livrée au même exercice, au début de l’automne, avec les cas Apple en Irlande et Fiat au Luxembourg.

Riche de 50 pages, ce courrier très argumenté date du 11 juin 2014, mais n’a été divulgué que cinq mois plus tard, le temps de laisser aux parties prenantes (Starbucks, l’Etat néerlandais), de l’expurger des données jugées confidentielles.

Cette procédure est habituelle pour la Commission. Mais elle arrive aussi à point nommé, c’est-à-dire une semaine après les « Luxleaks », qui ont révélé les pratiques plus qu’accommodantes du Luxembourg à l’égard des multinationales.

Cela permet de montrer que le Grand-Duché - dont Jean-Claude Juncker, actuel président de la Commission, a été le premier ministre pendant dix-neuf ans - n’est pas le seul paradis fiscal pour le grand capital.

BOÎTE AUX LETTRES

De fait, les Pays-Bas sont aussi un havre pour les grandes entreprises cherchant à minimiser leur imposition. À ce titre, le « cas » Starbucks est éclairant.

La Commission a concentré son enquête sur deux entités néerlandaises du groupe américain, Starbucks Manufacturing BV, qui est censée être une grillerie géante de café, et Starbucks Coffee BV, siège social du groupe pour l’Europe et le Moyen-Orient.

Starbucks Manufacturing achète des grains de café à une entité suisse, puis les revend aux magasins Starbucks partout en Europe. Cette entité et le siège social payent des royalties, au titre de l’usage de la marque Starbucks, mais aussi pour rétribuer l’acheminement du café aux magasins, à une entité britannique, Alki, qui n’est qu’une boîte aux lettres, et ne paie pas d’impôts au Royaume-Uni.

Bruxelles s’est penchée sur les « tax rulings », ces accords fiscaux que le groupe américain a signés avec l’administration des impôts néerlandaise, en 2008. Plus précisément sur des « arrangements sur des prix de transferts à venir » (les échanges financiers entre entités d’un même groupe).

LE RÔLE CLÉ DES PRIX DE TRANSFERT

Il ressort des observations de la Commission que les prix de transfert entre les deux entités et d’une part la société suisse qui leur vend les grains, et d’autre part les magasins qui les leur achètent torréfiés, ne reflètent pas les prix du marché.

Or, c’est grâce à un accord sur la détermination de ces prix de transfert que la base taxable aux Pays-Bas de Starbucks Manufacturing BV a pu être réduite, et aussi, grâce aux royalties versées à la « boîte aux lettres » britannique Alki.

La charge d’imposition de Starbucks Manufacturing aux Pays-Bas aurait dû augmenter de 36 % à 66 %, sans la signature des « rulings », précise la Commission.

Le cas d’Amazon, au Luxembourg, sur lequel Bruxelles enquête aussi de manière formelle depuis cet automne, se rapprocherait de ce cas de figure : des prix de transferts entre filiales et beaucoup d’argent qui s’en va vers une « transparent company », une boîte aux lettres non imposée.

À ce jour, cependant, la Commission n’a pas conclu à l’existence ou non d’aides d’États illégales entre la chaîne américaine Starbucks et l’Etat néerlandais. Une décision, sur ce cas et sur ceux d’Apple en Irlande et de Fiat aux Pays-Bas, pourrait être prise au printemps 2015, a récemment précisé Margrethe Vestager, la toute nouvelle commissaire à la concurrence.

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lire aussi sur un autre blog :

Information du jour : les lois internationales...

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Lire aussi : Un G20 décisif pour la lutte contre la fraude fiscale

Le secret bancaire et l'évasion fiscale
Édition abonnés Contenu exclusif

27/05/2014

Les banques françaises financent les gaz de schiste

lu sur BASTAMAG (lien ci-contre) :

INVESTISSEMENT RESPONSABLE ?

Quand les banques françaises financent allègrement les gaz de schiste

OLIVIER PETITJEAN

Toutes, ou presque, se déclarent très sensibles aux préoccupations environnementales. Ce qui n’empêche pas les banques françaises, Société Générale et BNP Paribas en tête, de soutenir financièrement les gaz de schiste, une industrie aux impacts néfastes pour les ressources en eau, les populations locales et le climat. C’est ce que révèle une étude réalisée par les Amis de la terre Europe, qui détaille les investissements et prêts dont bénéficient les compagnies pétrolières les plus actives dans ce secteur. Pourtant, d’autres grandes banques mondiales n’ont pas hésité à exclure les gaz de schiste de leurs investissements.

[Lire la suitede Quand les banques françaises financent allègrement les gaz de schiste]

28/04/2014

L’épargne des Français gérée par les banques françaises : 1 500 milliards

À lire sur MEDIAPART :

27 AVRIL 2014 |  PAR MARTINE ORANGE

À la dernière minute, l’allemand Siemens a fait une proposition pour contrer l’offre de l'américain General Electric sur Alstom. C'est un vrai soulagement pour le gouvernement français, tétanisé par la succession de faillites industrielles. Déjà, on parle d’un Airbus de l’énergie et d’un Airbus des transports. Cette perspective de sortie honorable ne peut masquer des faiblesses réelles. Retour sur vingt ans de liquidation industrielle.

 

extrait :

..."On se demande une fois de plus où sont les 1 500 milliards d’épargne des Français gérés par les banques ? Ils ne sont censés être ni dans les emprunts d’État – plus de 75 % de la dette française est aux mains d’étrangers, enfin surtout des filiales des banques françaises établies dans des paradis fiscaux –, ni dans les actions des entreprises du Cac 40, dépendant officiellement à plus de 50 % des investisseurs étrangers."...

05/02/2014

Évasion fiscale, France, Suisse

à lire sur "Le Temps" (Suisse)

SUISSE & RÉGIONS 
Ces juges français qui font trembler les banquiers suisses 
En droit, la justice française pourrait s’en prendre à toutes les banques suisses. Un risque plus théorique que réel, estiment nombre d’experts

Ces juges français qui font trembler les banquiers suisses.pdf

22/01/2014

Fraude fiscale : les fichiers HSBC ont été expurgés de plus de 3 000 noms

lu sur :

Fichiers HSBC : les preuves de la manipulation

Exhibés en 2012 par Woerth, les fichiers HSBC ont été expurgés de plus de 3 000 noms. Nous publions les documents qui le prouvent.  

Le Point.fr - Publié le 22/01/2014 à 11:08 - Modifié le 22/01/2014 à 11:14

 

Fichiers de la banque HSBC _ les preuves de la manipulation - Le Point.pdf

14/09/2013

Les banques responsables de la crise ont prospéré ...

lu sur :

http://www.lemonde.fr/economie/article/2013/09/14/chute-de-lehman-brothers-les-banquiers-se-sont-bien-recases_3477570_3234.html

Chute de Lehman Brothers : Les banquiers se sont bien recasés

LE MONDE | 14.09.2013 à 09h43 • Mis à jour le 14.09.2013 à 11h12 |

Par Marc Roche (Londres, correspondant) 

Ils ont camouflé les créances pourries. Ils ont affirmé que leur établissement se portait au mieux. Et pourtant, les banquiers qui ont joué un rôle-clé dans le krach de 2007-2008 – avec en point d'orgue la faillite retentissante de Lehman Brothers, le 15 septembre 2008 – sont souvent sortis indemnes de cette débâcle.

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Cinq ans plus tard, le constat est édifiant : les premiers responsables de la crise – mais pas les seuls – n'ont pas seulement survécu, ils ont prospéré, aux Etats-Unis comme en Europe.

Lire : Jean-Claude Trichet : "Nous sommes encore dans une situation dangereuse"

Qu'importe que les contribuables du monde entier aient dû déverser des milliards dans le système bancaire pour lui éviter l'implosion. Qu'importe si aujourd'hui encore ils en paient la facture. Qu'importe que les banques aient massivement licencié. A lire quotidiennement les pages des journaux, la liste des "revenants" est longue. "Les vieux banquiers ne meurent jamais", résume l'hebdomadaire britannique Financial News.

Aux Etats-Unis, à l'exception des inoxydables Jamie Dimon et Lloyd Blankfein, respectivement PDG de JP Morgan Chase et de Goldman Sachs toujours en place, les banquiers qui étaient au pouvoir en 2007-2008 ont tous rendu leur tablier. Mais loin de se la couler douce sous les cocotiers ou de passer des journées à frapper des balles sur les terrains de golf, les stars déchues ont repris du service.

ÉVITER LE NAUFRAGE

Ainsi, John Thain, le responsable de la débâcle de Merrill Lynch, dirige aujourd'hui CIT, un prêteur aux PME. Il a été écarté en janvier 2009, trois mois après que Bank of America, sous pression de l'administration Bush, a racheté Merrill Lynch qui croulait sous les pertes liées aux subprimes (les crédits hypothécaires à risque) et un mois après avoir annoncé 25 000 licenciements.

Charles Prince, qui a dirigé la banque américaine Citigroup entre 2003 et la fin 2007 avant d'être débarqué, opère dans un prestigieux bureau de conseil en management de Washington. Celui qui, en 2007, justifiait les investissements risqués de la banque en proclamant, fine allusion au Titanic"tant qu'il y a de la musique, il faut danser", a pourtant laissé derrière lui un champ de bataille. En novembre 2008, son successeur, Vikram Pandit, annonçait 53 000 licenciements. En février 2009, l'Etat américain prenait 36 % de la banque pour lui éviter le naufrage...

Les cinq ex-plus hauts dirigeants des activités de crédits hypothécaires pourris à l'origine de la faillite de la banque Bear Stearns en mars 2008, qui a précédé celle de Lehman Brothers, se sont tous recyclés... dans le crédit immobilier au sein des plus prestigieuses institutions de Wall Street, affirme la dernière livraison du magazine alternatif Mother Jones.

Quant à Dick Fuld, l'ancien directeur général de Lehman, s'il n'a pas repris un emploi dans un établissement, il a créé sa propre société de conseil en fusions-acquisitions, qui ne manque pas de clients.

UN SI PETIT MONDE

En Europe aussi, les financiers de la crise sont résilients. Johnny Cameron, qui avait coulé la Royal Bank of Scotland, conseille à mi-temps Gleacher Shacklock, firme experte en capital-investissement. Daniel Bouton, à la tête de la Société générale lors du scandale Kerviel, est consultant chez Rothschild, tandis que son ex-bras droit, Jean-Pierre Mustier, est le numéro deux d'Unicredit.

Lire: Des centaines de traders ou d'avocats travaillent encore à la liquidation de Lehman Brothers

Après son départBarclays, dans la foulée du scandale du Libor, Bob Diamond, responsable des dérivés de la banque d'affaires du groupe, a créé son propre fonds d'investissement en Afrique. Peter Wuffli, l'ancien chef d'UBS, est aujourd'hui gestionnaire de patrimoine, tandis que son collaborateur le plus proche, John Costas, a fondé un bureau de conseil.

Et on peut citer dans un autre registre, celui de la crise de l'euro, la promotion à la tête de la compagnie d'assurances maison d'Antigone Loudiadis, la banquière de Goldman Sachs qui a aidé la Grèce à maquiller ses comptes pour rester dans la monnaie unique. Un si petit monde.

"La réputation d'un banquier concerne les autorités, pas les marchés, explique Peter Hahn, professeur à la Cass Business School. Les clients exigent le meilleur élément doté d'un carnet d'adresses étoffé, quel que soit son passé."

L'argument des intéressés est bien rodé. Si les dirigeants sont jugés responsables des agissements de leurs collaborateurs, il leur est néanmoins impossible de tout contrôler, développent-ils. Et puis, ils seraient victimes d'une société qui recherche des boucs émissaires et n'admet pas que les hommes au pouvoir puissent se tromper ou que les accidents arrivent.

Par ailleurs, ces financiers qui ont fait la crise rappellent qu'ils ne sont pas seuls responsables. Et d'accuser les gouvernements, qui ont dérégulé, les régulateurs, qui ont laissé faire, les banques centrales, qui n'ont rien vu venir. Or ces derniers n'ont pas eu de comptes à rendre, arguent les banquiers.

Sans parler de ces ex-ministres qui ont été promus. Ainsi de l'apôtre de la déréglementation, Larry Summers, secrétaire au Trésor de Bill Clinton, conseiller de Barack Obama et aujourd'hui l'un des favoris de la course à la présidence de la Réserve fédérale américaine.

"Je ne voulais pas terminer ma carrière sur un échec, particulièrement aux yeux de ma famille meurtrie par ma déchéance. C'est humain, je voulais sortir du métier par le haut", avoue un banquier de la City qui a rebondi après avoir dû démissionner. D'autres invoquent les coûteux honoraires d'avocats qu'il leur fallait régler dans le cadre de poursuites à leur encontre...

BRACONNIERS

Il ne faut pas mettre tous les banquiers dans le même sac. Bon nombre de braconniers, mêlés de près à l'éclatement de la bulle spéculative pour avoir en leur temps défendu la dérégulation à haute dose, se sont transformés en de redoutables gardes-chasses. La réussite de Gary Gensler, ex-associé de Goldman Sachs, aux commandes du régulateur des marchés de matières premières – la Commodity Futures Trading Commission (voir Le Monde du 30 août) –, de Robert Khuzami, ancien de la Deutsche Bank, passé au gendarme de la Bourse américaine, la Securities and Exchange Commission, ou de Jean-Pierre Jouyet, ancien président de Barclays France, à la direction de l'Autorité des marchés financiers en atteste.

 

Lire : Le système bancaire mondial n'a pas éradiqué tous les risques

 

Tel est aussi le cas de Bill Winters, l'un des animateurs de l'équipe de JPMorgan qui avait inventé les fameux credit default swaps (CDS), ces contrats d'assurance sur une dette qui s'étaient révélés des outils de spéculation funestes. L'Américain a participé à la rédaction du rapport Vickers, au Royaume-Uni, publié en 2011, qui préconise, pour protéger les épargnants des folies des banques d'investissement, la sanctuarisation des activités de détail au sein des conglomérats financiers. 

Des parcours qui restent rares. Car, dans l'ensemble, en cinq ans, la culture bancaire n'a pas beaucoup changé. "La rupture n'a pas eu lieu. Il n'y a pas assez de sang neuf. On a pris les mêmes et on a recommencé", dit un ex-banquier londonien.

La plupart des gestionnaires de patrimoine, des banquiers d'affaires, comme au demeurant des administrateurs censés les superviser, proviennent du même vivier, business schools ou grandes écoles. Le népotisme est de rigueur au sein des hiérarchies comme des conseils de surveillance. Ainsi, le numéro deux de Goldman Sachs, Gary Cohn, est le dauphin attitré de Lloyd Blankfein. Les deux hommes issus du sérail travaillent côte à côte depuis 1981. 

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sur le même sujet, lire :

Derrière les 400 Américains les plus riches, les inégalités explosent

http://www.lemonde.fr/economie/article/2013/09/16/derriere-les-400-americains-les-plus-riches-les-inegalites-explosent_3478765_3234.html

Lehman BrothersÉdition abonnés Contenu exclusif

15/06/2013

Comment échapper à l'impôt (légalement)

lu sur :

http://www.lemonde.fr/economie/article/2013/06/02/l-echange-de-donnees-fiscales-une-transparence-en-trompe-l-oeil_3422359_3234.html

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L'échange de données fiscales, une transparence en trompe l'oeil

LE MONDE | 02.06.2013 à 19h21

Par Jean-Claude Paye (sociologue)

Les chefs d'Etat et de gouvernement réunis lors du Sommet européen à Bruxelles, les 22 et 23 mai, se sont mis d'accord pour installer un échange automatique d'informations financières. Si la fin du secret bancaire est un objectif partagé par tous, un point encore non résolu résidait dans la question des "trusts" (ou fiducies), ces systèmes opaques destinés à protéger les bénéficiaires de leur administration fiscale.

La City, le quartier d'affaires de Londres, grâce aux territoires dépendant de la Couronne britannique, gère une part importante de ces sociétés dont l'origine se trouve dans le droit anglo-saxon. Même si cette notion a ensuite été intégrée dans le droit continental, dont le droit français.

Dans une déclaration qui pourrait sembler opposée aux intérêts immédiats de la City, George Osborne, le chancelier de l'Echiquier, avait annoncé, le 2 mai, que les paradis fiscaux situés dans ces territoires dépendants – îles Caïmans, îles Vierges, Anguilla, Bermudes, Montserrat, Turks et Caicos – ont conclu avec Londres un accord bilatéral d'échange automatique d'informations bancaires. Triomphant, il avait salué "le ralliement des territoires britanniques d'outre-mer à la stratégie fiscale du gouvernement".

Il a aussi annoncé un accord multilatéral entre ces territoires et l'Allemagne, la France, l'Italie et l'Espagne. L'île de Man a dit son intention de se rallier à ce double accord.

LES POSITIONS DE GUERNESEY ET DE JERSEY INCERTAINES

Seules les positions de Guernesey et de Jersey sont incertaines. A la suite de ces accords, les noms, adresses et dates de naissance des détenteurs de compte seront échangés, ainsi que les numéros de compte, les soldes et les transactions effectuées. Le ministre a précisé que "les informations sur certains comptes détenus par des trusts" sont aussi concernées.

Cette dernière annonce est considérée comme significative. Elle pourrait servir de modèle à une politique généralisée d'intégration des données relatives aux trusts dans les échanges d'informations. Or, la moitié du marché offshore se situe dans les trusts.

Ces créations juridiques anglo-saxonnes ne nécessitent pas de secret bancaire pour pouvoir se mettre à l'abri du fisc. C'est pourquoi les capitaux offshore ont peu à peu migré vers ces structures légales, devenues le principal outil de l'évasion fiscale des grosses fortunes et le substitut le plus efficace au secret bancaire.

Le trust permet à une personne juridique, individu ou société, de se dessaisir de ses avoirs afin de ne pas en apparaître comme le propriétaire aux yeux du fisc. Celui qui a constitué une telle fiducie échappe à l'impôt, car il n'est plus considéré comme propriétaire de ses biens.

Quant au bénéficiaire, qui est en principe taxable, son identité peut rester secrète, du moins dans les juridictions offshore britanniques : la banque qui y ouvre le compte peut ne pas exiger l'identité du bénéficiaire si la construction juridique est "discrétionnaire et irrévocable".

CONFIDENTIALITÉ ENCORE PLUS GRANDE

Les grandes banques situées sur le continent européen se sont également lancées dans le marché des fiducies, mais elles conservent l'identité des constituants effectifs. Les sociétés qui relèvent du droit anglo-saxon pratiquent un usage moins contraignant, en ne retenant que des informations sur le trustee, la société de gestion et d'administration. Ce qui leur permet de faire disparaître le nom de la personne désirant échapper au fisc.

Ces constructions juridiques permettent ainsi une confidentialité encore plus grande, sans même recourir au secret bancaire. Même si, lors d'un échange automatique d'informations ou d'une demande particulière du fisc, ces banques sont obligées de remettre les informations sur leurs clients, elles ne pourront fournir des renseignements dont elles ne disposent pas...

Si les accords annoncés par George Osborne installent une transmission automatique de données, encore faut-il que ces dernières soient disponibles !

Si, en Suisse ou en France, l'ayant droit d'un compte ou d'une fiducie est systématiquement connu, c'est loin d'être le cas dans nombre de juridictions britanniques. Si le bénéficiaire d'un trust aux Bermudes est une société domiciliée à Panama, l'échange automatique d'informations entre les Bermudes et Paris ou Berlin n'apportera pas grand-chose aux autorités fiscales.

Contrairement aux apparences, cette réforme ne peut donc que servir la City et ses territoires offshore.

A l'inverse, les fiducies continentales deviendront plus transparentes vis-à-vis des administrations fiscales. Cette réforme a incité les grandes fortunes à installer leur ingénierie fiscale dans les territoires dépendant de la Couronne britannique plutôt que sur le continent européen.

31/05/2013

L'Europe finance les délocalisations avec l'argent des contribuables européens

Le saviez-vous ?

À lire dans le Canard Enchaîné de cette semaine :

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sur l'Union Européenne, lire aussi :

Euroscepticisme _ avis de tempête sur l'UE.pdf








17/04/2013

Monnaie : les banques centrales cassent le prix des métaux précieux

lu sur :

http://www.lesobservateurs.ch/2013/03/26/comment-les-banques-centrales-cassent-le-prix-des-metaux-precieux/#

Comment les banques centrales cassent les prix des métaux précieux 

Pourquoi et comment les banques centrales occidentales, la Federal Reserve américaine au premier chef, sont-elles parvenues depuis 2011 à casser les prix de l’or et de l’argent-métal ?

Depuis la répudiation de l’étalon-or au début de la Première Guerre Mondiale -et tout de suite après dans les années 1920 surtout- jusqu’à la cessation américaine de convertibilité entre banques centrales du dollar US en or d’août 1971 -et l’instauration progressive des taux de change flottants- les pouvoirs publics (Etats et banques centrales) en Occident n’ont pas eu de cesse d’exclure l’or -et préalablement l’argent-métal- du Système monétaire international (jusqu’à les confisquer aux USA et dans plusieurs pays totalitaires). Le but de tout cela étant de se donner les moyens : 1/ de créer autant de monnaie fiduciaire de papier que possible et 2/ d’organiser un endettement public et privé maximum via le mécanisme des « réserves fractionnaires », dont ils attendaient une plus forte croissance économique que par le passé. Croissance qu’ils pensaient d’ailleurs -évidemment à tort- être en mesure de créer eux-mêmes -en toutes circonstances- au moyen de politiques monétaires discrétionnaires et de politiques budgétaires constructivistes, toutes les deux ultra laxistes.

Mais, évidemment, plus cet interventionnisme -préconisé par les fausses idées socialistes keynésiennes- s’est développé en Occident, plus les mécanismes monétaires et économiques ont été manipulés par les pouvoirs publics jusqu’à ce que l’augmentation de la création monétaire devienne hors de contrôle et que les dettes publiques et privées croissent pour atteindre des niveaux à partir desquels elles ne sont plus remboursables. Pendant que la croissance économique s’est, en même temps, fortement ralentie au fur et à mesure que lesdits pouvoirs publics augmentaient les taxes et impôts sur les particuliers et les entreprises et que leurs politiques monétaires créaient une masse croissante d’investissements improductifs se détournant des économies réelles pour aller se placer dans la spéculation financière ou boursière qui a été constamment favorisée par les banques centrales, la formation de bulles donnant l’illusion de la richesse tout en faisant abusivement croire au bien fondé du laxisme monétaire. Bulles qui, évidemment, ne peuvent qu’exploser périodiquement puisque artificiellement entretenues par la fixation de taux d’intérêts les plus bas possibles ne reflétant pas les données réelles du marché et la création d’une masse croissante de liquidités sans valeur ne trouvant pas à s’investir dans les économies réelles faute de débouchés productifs (d’où d’ailleurs la « trappe à liquidités » actuelle, se traduisant par une modération des pressions inflationnistes en Occident et au Japon, consécutive à la chute de la vitesse de circulation de la monnaie).

On rappellera à propos de la croissance économique qu’elle a été la plus forte au XXe siècle en Occident pendant les « Trente Glorieuses », c’est-à-dire à partir du rétablissement de la convertibilité entre banques centrales du dollar US en or au moment des accords de Bretton Woods de juillet 1944 jusqu’à sa cessation de convertibilité d’août 1971, ce qui n’est évidemment par un hasard puisque c’est la stabilité monétaire apportée par le lien automatique fixe entre l’or et la monnaie qui apporte la confiance indispensable à la croissance. Alors que, à l’opposé, comme l’écrivait Ludwig von Mises, « Les crises économiques sont provoquées par les politiques expansionnistes des banques centrales ».

Tout naturellement, à partir des années 2000 et au rythme des inévitables krachs financiers et boursiers successifs, les investisseurs privés raisonnables -et les banques centrales des pays émergents- se sont portés à l’achat de l’or et de l’argent-métal, en même temps que le dollar US perdait constamment de sa valeur contre les autres grandes monnaies fiduciaires de papier mais aussi de son pouvoir d’achat intrinsèque. Après dix ans de hausse, l’argent-métal puis l’or ayant atteint en 2011 des prix record (respectivement 49,50 et 1.921 dollars US l’once) et le dollar US son plus bas contre le panier des principales autres monnaies fiduciaires de papier (le Dollar US Index), les banques centrales occidentales ont alors décidé d’agir pour organiser leur rechute puisqu’ils risquaient de s’imposer comme les « actifs de dernier ressort » incontournables à la place des obligations d’Etat, américaines principalement, qui constituent l’essentiel de leurs réserves de change. Ce qui aurait eu pour conséquences de mettre un terme au rôle dominant du dollar US comme monnaie mondiale, puis de marginaliser les autres monnaies de papier dans leurs zones d’influence respectives, autant dire le retour progressif à l’étalon-or et au bimétallisme tout en renforçant le poids des pays émergents. 

Cette considération est importante puisque les USA, et accessoirement la zone euro, ayant déjà réussit à piéger les BRIC en leur faisant placer l’essentiel de leurs réserves croissantes de change -venant de leurs excédents commerciaux- en obligations d’Etat exprimées en dollars US, et accessoirement en euros, il importe de ne pas les laisser affirmer leur leadership via l’accaparement des métaux précieux dont la valeur s’apprécierait régulièrement à partir desquels ils pourraient faire pression pour un changement radical du Système monétaire international. Les préoccupations politiques et stratégiques ne sont jamais étrangères aux manipulations monétaires.

Pour parvenir à leurs fins, les banques centrales occidentales ont -sans qu’on puisse alors le savoir (et donc l’anticiper) puisqu’elles ne donnent que peu ou pas d’indications sur le montant exact de leurs réserves d’or ni sur l’emploi qu’elles en font- à partir de 2011 surtout, d’une part, loué ou cédé leur or -dont elles n’ont pas d’usage immédiat dans un Système de monnaies fiduciaires de papier- aux bullion banks privées qu’elles ont amplement financées et chargées de le vendre via les marchés à terme dans des quantités bien supérieures aux stocks physiques disponibles (du fait de l’effet de levier qui caractérise ces marchés), afin de créer une masse d’or et d’argent-métal papiers susceptible de saturer la demande des investisseurs privés et des banques centrales des pays émergents. Il y aurait actuellement une position record à la vente sur les marchés à terme de l’or et de l’argent-métal papiers correspondant à plus de 200 fois leur sous-jacent physique ! Autrement dit, les techniques de Quantitative Easing employées en matière monétaire le sont aussi sur les marchés des métaux précieux. Les banques centrales occidentales ont, d’autre part, favorisé l’émergence des ETF qui ont, eux aussi, crée une masse importante de métaux précieux papiers dans la mesure où les actifs physiques qu’ils acquièrent (pour des montants généralement inférieurs aux titres qu’ils émettent) sont déposés auprès desdites bullion banks qui, aussitôt qu’elles les reçoivent, les vendent à terme. Les deux métaux précieux sont ainsi devenus eux aussi des quasi monnaies de papier et ont en grande partie perdu leur statut de rareté. Sans compter de nombreuses autres manipulations liées au fonctionnement des marchés à terme, au fixing des prix des métaux comme aux taux d’intérêt pris en compte pour les prêts d’or (Libor, Gofo), elles aussi organisées pour assurer la collusion opaque entre les pouvoirs publics et les bullion banks. Le processus de manipulation de l’or est remarquablement exposé dans trois articles présentés sur le site ci-joint : http://sibileau.com/martin/

L’objectif de tout cela étant, répétons-le, de cacher la mauvaise gestion du dollar US, afin qu’il conserve le plus longtemps possible son statut de monnaie de réserve mondiale, et accessoirement d’occulter le chaos de l’euro pour qu’il reste son second, en dépit de la crise structurelle sans fin qu’il traverse alors qu’en l’état il n’est pas viable. Casser le prix de l’or revient à désactiver le baromètre du Système monétaire et financier international afin que tous les produits et marchés deviennent plus facilement manipulables, bref à installer le paradis terrestre pour les « banksters » de Wall Street, de la City et d’ailleurs. Les politiciens qui, tout en réclamant à cor et à cri plus de « transparence et régulation » de la finance internationale, se rendent complices de tout cela sont non seulement des idiots mais encore des irresponsables parce que coupables de la ruine de leurs peuples et de leurs nations.

Surtout lorsqu’ils imposent le sauvetage par les Etats et maintenant directement par les peuples -Etats et peuples qui n’en n’ont pas les moyens et dont ce n’est pas le rôle-, des banques « too big to fail » sans même sanctionner leurs dirigeants devenus « too big to jail ». Alors que pour des raisons de morale publique et privée (chacun doit assumer ses responsabilités jusqu’au bout de son engagement) comme d’efficacité économique (la « destruction créatrice » indispensable au rétablissement de nouveaux équilibres doit pouvoir se réaliser), il faut les laisser faire la faillite lorsque l’incompétence ou l’avidité de leurs dirigeants les ont rendues insolvables. A cet égard, le scandaleux racket des comptes bancaires à Chypre, illégalement ponctionnés sur injonction de l’Allemagne par la « Troïka » -BCE, UE, FMI-, montre que les responsables de la zone euro bafouent ses propres règles en matière d’assurance des dépôts dans ses banques et continuent de pratiquer le « coup d’Etat permanent » dans ceux de ses Etats-membres qui osent consulter démocratiquement leurs ressortissants sur des dispositions les concernant sans hésiter à renvoyer leurs élus pour les remplacer par des techniciens à leur botte. Qui gardera dorénavant ses économies dans l’une des banques de l’un des pays de ladite zone puisqu’elles peuvent être volées en toute impunité par des pouvoirs publics devenus fous ? Après avoir cassé la souveraineté de la plupart des nations européennes et ruiné la majorité de leurs populations (en Europe, le chômage est à son plus haut et la croissance économique est à son plus bas depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale !), la monnaie unique européenne est vraisemblablement entrée dans la phase finale de sa destruction, étant donné l’incompétence et l’irresponsabilité des dirigeants politiques coupés des peuples -tant au niveau européen qu’au niveau national- qui contre vents et marées s’obstinent à tenter de maintenir à un coût exorbitant une superstructure politico-monétaire constructiviste inadaptée depuis sa création.

Le seul homme d’Etat à avoir compris qu’il fallait construire l’Europe en préservant ses nations, parce que seules garantes de l’Etat de droit démocratique, et réformer le Système monétaire, en particulier en supprimant le statut exorbitant du dollar US parce qu’à la fois monnaie nationale de l’Etat le plus puissant et monnaie mondiale imposant sa domination, c’est Charles de Gaulle qui n’est hélas pas parvenu à faire adopter l’étalon-or, c’est-à-dire à couper tout lien entre la monnaie et les pouvoirs publics, précisément en raison de la bêtise et de la lâcheté de la plupart des dirigeants internationaux à son époque.
A un niveau plus prosaïque, la question qui se pose maintenant est de savoir si les prix de l’or et de l’argent-métal vont se stabiliser, puisqu’ils sont actuellement semble-t-il empêchés de monter par les manipulateurs, ou bien vont chuter plus bas. Tout dépendra de la capacité des banques centrales et de leurs alliées les bullion banks à poursuivre leurs manœuvres. Comme leurs moyens semblent importants étant donné que leur capacité de création monétaire ex nihilo (via les Quantitative Easing ou les LTRO par exemple) n’est pas encore tout à fait épuisée, il y a peu de chance pour les métaux précieux de remonter fortement à court terme. Sauf si le dollar US devait baisser nettement contre l’euro et le yen, ce qui ne semble pas d’actualité immédiate compte tenu de l’instabilité structurelle de la zone euro -qui n’est toujours pas viable sans union fiscale et sans mutualisation des dettes entre ses Etats-membres- et des actions délibérées des autorités japonaises -visant à détruire le yen pour promouvoir le plus d’inflation domestique possible-. En revanche, ayant déjà beaucoup baissé (-21% pour l’or et -48% pour l’argent-métal), il se pourrait qu’ils se stabilisent pendant quelques semaines dans un trading range limité, sans casser à la baisse leurs supports récents vers 1.520 et 26 dollars US l’once.

On notera, à ce propos, que l’or étant l’étalon monétaire (comme le mercure est l’étalon de température ou le mètre est l’étalon de distance), même s’il n’en a plus le statut officiel, sa valeur intrinsèque exprimée par son poids est en toutes circonstances -depuis l’invention de la monnaie au VIe siècle avant J.C.- constante parce ses propriétés sont immuables, de telle sorte que son prix ne monte que lorsque la valeur de la monnaie de papier dans laquelle on l’exprime chute (et réciproquement son prix baisse lorsque la valeur de la monnaie de papier dans laquelle on l’exprime s’apprécie), sans qu’actuellement l’offre et la demande de métal aient beaucoup de conséquence sur cette fixation de son prix. C’est ainsi que pendant près de 10 ans, de 2001 à 2011, le prix de l’or exprimé en dollars US est monté parce que la valeur de cette monnaie fiduciaire de papier a baissé par rapport à celles des autres. Puis, à partir de 2011, son prix exprimé en dollars US a lourdement chuté parce que (indépendamment des interventions des banques centrales occidentales dans ce sens) la valeur du dollar US a commencé de remonter par rapport à celles des autres monnaies fiduciaires de papier. Alors même que les banques centrales de certains pays émergents et que les investisseurs (via les ETF en particulier) ont acheté de l’or en quantités jamais atteintes auparavant ce qui a été sans effet sur son prix. L’or étant l’anti-dollar US, il ne fluctue donc depuis 1971 principalement qu’en sens contraire de la devise US. Quant à l’argent-métal, son rapport inverse au dollar US est également avéré sauf qu’étant aussi un métal industriel il est en partie soumis à la loi de l’offre et de la demande s’appliquant à toute matière première (d’où le squeeze des frères Hunt associés à des investisseurs arabes ayant réussit à le faire temporairement monter vers 50 dollars US l’once en 1980 pendant que l’or n’était monté que vers 850 dollars US l’once, mouvements déjà contrés par les banques centrales occidentales qui avaient fait tout leur possible pour les stopper).

Mais, à moyen terme, deux raisons -au moins- militent pour une reprise fulgurante de la hausse de l’or et de l’argent-métal : 1/ d’ici quelques années, la pénurie de ces deux métaux sera avérée puisque leurs ressources naturelles s’épuisent ( lire http://terresacree.org/argent.htm) et que les sociétés minières en extraient de moins en moins à des coûts toujours plus prohibitifs (d’où la probabilité de faillites en chaîne desdites sociétés dont les profits sont laminés), ce qui les immunisera des effets des fluctuations monétaires qui pèsent encore sur eux (en particulier de leur relation actuellement inverse avec le dollar US); 2/ le Système monétaire international actuel étant en voie d’explosion, d’une part, parce que les banques centrales occidentales ne vont pas encore longtemps pouvoir continuer de créer autant de monnaie ex nihilo sans conséquences inflationnistes et, d’autre part, parce que ses déficiences structurelles et la masse énorme de dettes non remboursables (plus aucun grand pays occidental n’ayant de croissance suffisante pour payer les seuls intérêts de ses dettes) sur laquelle il repose conduisent à des actions de moins en moins coopératives entre ses différents acteurs.

La « guerre des monnaies » (« dévaluations compétitives » à des fins commerciales) ayant déjà commencé et la faiblesse de la croissance économique globale ne pouvant plus être redressée dans le contexte actuel de mondialisation faussée par les manipulations monétaires (produisant en Occident un chômage de masse faisant baisser la consommation qui constitue à elle seule 70% des PIB) et de forte diminution de la rentabilité des investissements productifs (Bill Gross, le patron de Pimco, remarquait récemment que dans les années 1980 il fallait quatre dollars de crédit pour générer un dollar de PIB réel mais qu’il en faut vingt aujourd’hui pour obtenir le même résultat), tout indique qu’un krach des marchés d’actions et/ou d’obligations surévalués se produira prochainement. Ce qui fera à terme « sauter » les banques centrales occidentales (qui peuvent faire faillite lorsqu’elles ont atteint leur limite de création de fausse monnaie de papier), dont les bilans pourris sont déjà proches du maximum de leur extension, nonobstant le fait que la fragilité des bullion banks (les pertes énormes récentes de JP Morgan, HSBC, Goldman Sachs et autre Deutsche Bank dans les dérivés en disent long à ce sujet) pourrait entraîner leur déconfiture se traduisant d’abord par le rachat de leurs positions shorts puis par la fin de leurs manipulations baissières sur les métaux précieux.

La cassure du prix de l’or, étant le résultat des politiques de planification monétaire centrale -antilibérales de type soviétiques ou nazies ayant déjà échouées dans l’histoire- conduites par la Federal Reserve US et quelques autres banques centrales (Bank of England, BCE, Banque nationale suisse, Bank of Japan, etc.), avec la coopération de l’obscure BRI (la banque centrale des banques centrales installée à Bâle), engagées de leur propre chef, sans que les populations de ces pays le comprennent, dans la manipulation active des monnaies fiduciaires de papier qu’elles émettent, ne pourra donc pas se poursuivre longtemps puisque, par définition, les monnaies fiduciaires de papier sont en train de s’autodétruire. Le « Système » de John Law, en France sous la régence de Philippe d’Orléans, a duré quatre ans de 1716 à 1720 avant de provoquer l’effondrement de la monarchie et la ruine de la population de ce pays. Ben Bernanke, le plus grand faux-monnayeur de l’histoire chargé par les responsables américains de gagner du temps, laissera les USA en faillite et leur dollar sans valeur puisqu’ils n’échapperont pas à l’issue finale qui les attend. A savoir : faire, d’une façon ou d’une autre, défaut sur leur dette qui s’accroît de manière exponentielle, dont leurs dirigeants politiques et économiques irresponsables croient que cette situation de déséquilibre systémique peut durer éternellement en imprimant toujours plus de dollars US ex nihilo et en créant des bulles boursières à l’infini pour attirer les gogos auxquels on propose de vendre leur or (actif réel à valeur intrinsèque constante) pour acheter des actions (actifs de papier à valeur hautement volatile). Ben Bernanke pense, comme Adolf Hitler le disait lui-même, que « L’or dans les mains de la population c’est l’ennemi de l’Etat », mais la vérité c’est quand l’or est dans les mains de l’Etat qu’il devient l’ennemi de la population! Rien n’est plus urgent que de couper complètement et définitivement tout lien entre la monnaie et l’Etat et/ou les banques centrales qu’il faut supprimer, pas seulement pour recréer de bonnes monnaies stables favorisant une croissance économique positive, mais aussi pour préserver la liberté des peuples en danger de domination totalitaire aggravée du fait des politiques de planification monétaire centrale visant à les déposséder de leur capital ou de la possibilité d’en constituer un.

Comme d’habitude en matière financière c’est le timing qui importe. Hélas, à ce sujet, personne n’est en mesure de prévoir quand la « voie royale » de la hausse de l’or et de l’argent-métal reprendra, ni même jusqu’où ils pourraient monter et tout ceux qui prétendent le contraire ne se livrent qu’à des extrapolations sans aucune base sérieuse. La seule chose qui est certaine c’est qu’aucune monnaie fiduciaire de papier, par définition gagée sur le néant et produite sans limitation, comme toutes celles que nous connaissons actuellement, ne pourra devenir « as good as gold » à moins d’être à nouveau librement convertible en or et créée en quantité strictement proportionnelle au stock d’or détenu par son émetteur. La meilleure stratégie pour profiter de la hausse future des deux métaux consiste donc à les acheter sous une forme la plus physique possible par petits paquets en échelle de baisse (en évidemment les déposant hors des USA et de l’Union européenne, en Suisse par exemple en toute légalité, pour les sécuriser au maximum et bénéficier d’un traitement fiscal favorable), tout en se mettant simultanément short sur les actions des sociétés minières et ainsi tenter d’éviter de nouvelles pertes financières surtout s’ils devaient casser temporairement à la baisse leurs supports précités de 1.520 et de 26 dollars US l’once. Etant donné que, dans ce cas de figure, les actions de ces sociétés s’effondreraient encore plus vite qu’elles ne l’ont déjà fait depuis 2011. Voire même d’acheter contre ses avoirs en métaux précieux que l’on conservera des options puts à terme de quelques mois (ou d’autres protections) s’ils ne tenaient pas lesdits supports. Enfin, nous déconseillons tout achat de platine et/ou de palladium, actuellement plus que correctement évalués, qui pourraient voir leurs cours s’effondrer du fait de l’aggravation de la récession internationale (pesant négativement sur l’industrie automobile qui les consomme massivement pour la fabrication des batteries) comme d’un krach boursier à venir ainsi qu’ils l’ont fait en 2008 et 2009. 8

Si l’on veut bien réfléchir un moment sans a priori en toute objectivité sur les politiques actuellement menées par les banquiers centraux occidentaux, on conviendra qu’elles sont devenues folles. Puisque consistant à détruire la valeur des monnaies fiduciaires de papier via les Quantitative Easing, les LTRO et les dévaluations compétitives à l’infini, comme l’épargne de la masse des citoyens via les taux d’intérêt zéro et la cassure systématique de tous les actifs réels leur permettant de se protéger (voire leur confiscation pure et simple comme à Chypre récemment par la « Troïka ») au seul profit d’une minorité parasitaire d’oligarques-spéculateurs ou de banksters à la tête de banques illusoirement rendues « too big to fail ». Depuis le début de la crise de 2007, près de neuf mille milliards de dollars US ont été imprimés ou crées électroniquement dans le monde (soit en dollars US soit dans d’autres devises) mais les dettes des Etats et/ou des banques ont inexorablement continué de croître… Nous dansons sur un volcan toujours en fusion !

Ces pratiques extrêmes, qui n’ont aucun équivalent historique (sauf en plus modeste en France sous le Système de John Law et en Allemagne sous la République de Weimar, la création monétaire de papier ayant été alors comme de nos jours exacerbée pour tenter de payer des dettes devenues non remboursables, d’où l’idée que c’est finalement l’hyper-endettement qui est la cause originelle de l’hyper-inflation), se termineront nécessairement par l’effondrement de l’ensemble du Système monétaire global, un pan après l’autre, et les peuples seront alors fondés à entrer en rébellion, voilà ce que les Ben Bernanke et ses acolytes nous apporteront si personne ne les stoppe au plus vite ! L’hyper-endettement étant un cancer qui détruit tout, il faudra probablement pour s’en sortir organiser (ou laisser se réaliser) une répudiation mondiale des dettes, c’est-à-dire casser tout le Système financier et bancaire de plus en plus insolvable et, à ce moment-là, seuls les actifs réels conserveront leur utilité et leur valeur (lire http://www.zerohedge.com/news/2013-03-21/global-financial-pyramid-scheme-numbers ).

Pierre Leconte

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lire aussi :

Chypre projette de vendre ses réserves d'or et fait plonger le cours de l'once

La Croix - il y a 2 jours

 

13/04/2013

Méfiez vous des banques ...

les surlignages sont de moi

lu sur :

http://www.lemonde.fr/economie/article/2013/04/12/en-espagne-les-epargnants-paient-les-frasques-des-banques_3158734_3234.html

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En Espagne, les épargnants paient les frasques des banques

LE MONDE | 12.04.2013 à 11h38

Sandrine Morel

Madrid, correspondance

L'assainissement du secteur bancaire espagnol coûtera très cher à des milliers d'épargnants. C'est la conséquence d'une loi que le Congrès des députés espagnol a validée, jeudi 11 avril, sous les huées d'une trentaine de petits porteurs qui s'étaient fait une place dans les gradins de l'Hémicycle.

Cette loi, qui crée une commission d'arbitrage destinée à résoudre les conflits entre les établissements financiers et leurs clients, entérine la décision du Fonds de restructuration ordonnée bancaire (FROB) d'imposer des pertes de 40 % à 60 % aux détenteurs de "participations préférentielles", un produit financier complexe vendu abusivement à des milliers d'Espagnols.

Les "preferentes" - c'est leur nom en espagnol - sont l'un des grands scandales financiers qui secouent l'Espagne. Commercialisées à partir de 1999 à des investisseurs institutionnels et financiers aguerris, elles ont commencé à proliférer à partir de 2007.

"ELLE M'A FAIT CROIRE QUE C'ÉTAIT MERVEILLEUX"

"Quand s'est annoncée la crise, les banques ont vendu ces titres à risque à leurs clients comme s'il s'agissait d'un placement sur un compte d'épargne. Elles espéraient ainsi obtenir des liquidités et renforcer leur capital, puisque les actions préférentielles comptaient comme du capital de qualité", explique l'économiste Javier Contreras, porte-parole de l'Association des clients de banques, caisses d'épargne et assurance (Adicae). Certains cas ont défrayé la chronique, comme celui de ces agences bancaires qui ont vendu des preferentes à des personnes analphabètes ou des malades d'Alzheimer.

En 2012, le ministre de l'économie, Luis de Guindos, a lui-même reconnu que plus de 300 000 personnes ont été affectées par la vente de preferentes, qui "n'auraient jamais dû être placées chez des petits épargnants parce que c'est un produit hybride, complexe et perpétuel, qui leur a été vendu quand les investisseurs institutionnels ont cessé de l'acheter".

A elle seule, Bankia a vendu près de 3 milliards d'euros de ces titres à des clients de longue date qui lui ont fait confiance. Comme Jesus Ros, présent dans les gradins du Parlement parmi les "victimes" de ce qu'il appelle une "arnaque". Chez Bankia depuis trente ans, il n'avait jamais effectué aucun investissement boursier lorsqu'en 2009, sa conseillère le convainc de transférer la totalité de ses économies, 50 000 euros, de son compte épargne vers des participations préférentielles. "Elle m'a fait croire que c'était un compte d'épargne merveilleux, et moi qui étais déjà au chômage, je lui ai fait confiance", dit-il.

LE GOUVERNEMENT A ÉTÉ "LE PLUS GÉNÉREUX POSSIBLE"

Au premier trimestre 2012, il a cessé de percevoir des intérêts et appris que le "taux fixe de 7 %" qu'on lui avait vanté dépendait des bénéfices de la banque. Et surtout, qu'il lui était impossible de récupérer son argent, car les preferentes sont des titres perpétuels, dont on ne peut se débarrasser qu'en les vendant sur un marché secondaire aujourd'hui déserté par les investisseurs.

Comme beaucoup, Jesus Rosa a déposé plainte devant les tribunaux, car il ne croit pas en la solution du gouvernement. Le FROB a imposé des pertes de 38 % en moyenne pour les titulaires de preferentes de Bankia, comme lui, et offre de rembourser les 62 % restant sous forme d'actions. Or l'action de cette banque, qui a perdu 19 milliards d'euros en 2012, ne vaut plus rien aujourd'hui : à peine plus d'un centime d'euro.

Pour le secrétaire d'Etat à l'économie, Fernando Jimenez Latorre, le gouvernement a été "le plus généreux possible". Il n'avait pas le choix : en contrepartie de l'aide européenne de 40 milliards d'euros versée en décembre 2012 pour la recapitalisation des banques espagnoles, Bruxelles a exigé que les actionnaires et investisseurs détenant une part du capital assument leur part de pertes.

Jusqu'à 61 % de pertes pour les petits porteurs 

Bankia. La banque issue de la fusion de sept caisses d'épargne, nationalisée en mai 2012 et qui a reçu 18 milliards d'euros des aides européennes, imposera 38 % de pertes.
Catalunya Banc. L'ancienne caisse d'épargne catalane, nationalisée en 2011, a reçu 9 milliards d'euros des fonds européens. Les détenteurs de ses preferentes en perdront 61 %.
NovaCaixaGalicia. L'ancienne caisse d'épargne de Galice, nationalisée en 2011, qui a reçu 5,4 milliards d'euros provenant des fonds européens en décembre 2012, imposera 43 % de pertes en moyenne aux titulaires de preferentes.

10/04/2013

Offshore Leaks : perfide Albion

lu sur :

http://www.lemonde.fr/economie/article/2013/04/09/premier-paradis-fiscal-au-monde-la-city-beneficie-d-un-solide-reseau-extraterritorial_3156385_3234.html

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Premier paradis fiscal au monde, la City au coeur d'un empire offshore

Officiellement, David Cameron a placé la lutte contre l'évasion fiscale au coeur de sa présidence 2013 du G8. A l'appui de cette croisade, le premier ministre britannique met en exergue la récente signature d'échange de données fiscales entre le Royaume-Uni d'une part, la Suisse, les îles anglo-normandes et l'île de Man d'autre part.

>> Tout nos articles sur Offshore Leaks

Dans la réalité, la City – terme qui décrit l'industrie des services financiers installés à Londres – peut être considérée comme le plus gros paradis fiscal au monde. La première place financière européenne est, certes, "onshore" (à terre). Mais elle est au centre d'une toile d'araignée où rayonnent des paradis fiscaux "offshore" (extraterritoriaux), ces territoires de la Couronne ou anciennes colonies, dont le nom est passé dans l'histoire de la finance de l'ombre : îles Caïmans, îles anglo-normandes, île de Man, îles Vierges britanniques, Gibraltar, les Bermudes, Hongkong, l'Irlande, Dubaï... Des lieux qui servent d'abord de rabatteurs de capitaux approvisionnant le pôle londonien en liquidités. L'argent collecté est géré par les établissements financiers installés dans la capitale britannique.

A écouter Nicholas Shaxson, auteur du livre Treasure Islands (The Bodley Head, 2009), consacré aux places financières extraterritoriales – et l'un des piliers de Tax Justice Network, une organisation non gouvernementale phare dans la lutte contre les paradis fiscaux –, la City abritait 3 200 milliards de dollars (2 456 milliards d'euros) de dépôts offshore, soit 55 % du total mondial. Et Jersey, Guernesey et Man apportent le dixième de ce pactole.

UN ETAT DANS L'ETAT

Grâce à ses centres offshore de transit, la City a pu faire fructifier à son avantage les pétrodollars du Proche-Orient, ainsi que les fonds des oligarques russes, des armateurs grecs, des entrepreneurs indiens et chinois, ou, plus récemment, des nantis d'Europe du Sud fuyant la crise de l'euro.

Pour protéger sa prééminence dans la finance offshore, la City dispose de trois atouts-clés. Tout d'abord, la formidable puissance de la City of London Corporation, l'autorité administrative de la City. Le pouvoir de cet Etat dans l'Etat, autonome par rapport au gouvernement central, est à la hauteur de sa fortune et de son entregent : imposant.

"En tant que centre financier international, fort de sa tradition séculaire de gestion de patrimoine, nous attirons des fonds du monde entier. Depuis des décennies, Jersey, Guernesey et d'autres centres similaires nous procurent des capitaux. Ces rabatteurs offshore respectent la législation européenne", nous déclarait récemment l'un de ses dirigeants.

Ensuite, la City peut compter sur l'expertise d'une armée d'avocats et de comptables pour concocter des structures financières offshore mettant l'argent à l'abri du fisc. Avec l'aide de ce réseau, la gestion alternative – hedge funds (fonds spéculatifs), capital-investissement... – dont Londres est le centre en Europe, dispose d'entités idoines, appelées special purpose vehicles, des coquilles vides permettant de minimiser l'impôt.

La constitution d'une autre spécialité britannique, les trusts, structures dont on ne connaît pas le bénéficiaire, administrées par un cabinet juridique ou d'audit situé dans un paradis fiscal, brouille les pistes en permettant de dissimuler les avoirs. Jersey, Guernesey et les îles Caïmans sont le royaume de ces entités à la fois légales, virtuelles et impénétrables.

Enfin, les paradis fiscaux britanniques peuvent compter sur la discrétion de la presse londonienne. Seul le Guardian, associé à DocuLeaks, mène campagne pour la mise hors la loi de cette arrière-cour opaque de la Couronne. Pour les autres, c'est silence radio. La majorité des propriétaires de journaux sont eux-mêmes domiciliés dans les zones offshore.

20/03/2013

Mode d'emploi pour ouvrir un compte non déclaré en Suisse

les surlignages sont de moi

lu sur :

http://www.lemonde.fr/societe/article/2013/03/20/affaire-cahuzac-les-pistes-fournies-aux-enqueteurs-par-un-banquier-de-geneve_1850877_3224.html

Affaire Cahuzac : les pistes fournies aux enquêteurs par un banquier de Genève

LE MONDE | 20.03.2013 à 11h04 • Mis à jour le 20.03.2013 à 15h14

Par Agathe Duparc - Genève, correspondance

C'est un témoin privilégié de l'affaire Cahuzac, qui a beaucoup de choses intéressantes à raconter. Ce banquier, établi à Genève, a été entendu à Annecy, le 13 février, par deux enquêteurs de la police judiciaire spécialement venus de Paris.

Fin spécialiste de la gestion de fortune privée, il a, durant quatre heures, aiguillé les policiers sur les différents schémas qui auraient pu permettre au ministre français délégué au budget d'ouvrir un compte non déclaré en Suisse sans que son nom apparaisse, puis de le transférer à Singapour.

Acceptant de parler au Monde sous couvert d'anonymat, le financier reconnaît ne pas détenir "d'éléments de preuves sur ce compte". Mais il ajoute connaître la manière dont travaillait Hervé Dreyfus, le gestionnaire de fortune de Jérôme Cahuzac. "Il avait des réseaux politiques, à droite comme à gauche, avec parmi eux des hommes politiques, des chefs d'entreprise et des gens du show-business qui mettaient leur argent en Suisse. Ce serait une coïncidence extraordinaire qu'il ne se soit pas occupé de Cahuzac", confie-t-il.

Interrogé par les enquêteurs, le banquier a d'abord identifié la voix d'Hervé Dreyfus dans le fameux enregistrement fourni à la justice par Michel Gonelle, ex-élu RPR du Lot-et-Garonne, reconnaissant "ses intonations de voix, son vocabulaire et ses tournures de phrases".

M. DREYFUS, "PORTE-VALISES DE REYL"

Le banquier genevois a ensuite mis les enquêteurs sur la piste de Reyl & Cie, une société de gestion d'actifs financiers pour le compte de clients privés, fondée en 1973 à Genève par Dominique Reyl, le demi-frère d'Hervé Dreyfus, et devenue une banque en 2010. "Hervé Dreyfus, outre ses activités en France au sein de la société Raymond James Asset Management International, était le porte-valises de Reyl à Paris. C'est lui qui livrait le cash et permettait ainsi un système de compensation."

"Pendant longtemps, Reyl n'avait pas de licence bancaire, mais ouvrait dans différents établissements, dont UBS, des master accounts", explique le témoin. Ces "comptes maîtres", ouverts au seul nom de Reyl, permettaient de gérer sous une seule identité plusieurs sous-comptes de clients privés ainsi protégés ou dissimulés.

"Dans ce cas, UBS n'avait pas dans ses livres le nom de Jérôme Cahuzac, d'autant plus si le compte du ministre avait été ouvert au nom d'une société ou d'un trust, une précaution supplémentaire pour masquer son identité", explique-t-il.

FILIALE À SINGAPOUR

Enfin, dernière hypothèse livrée aux enquêteurs français : un compte ouvert par l'intermédiaire d'une société d'assurance-vie luxembourgeoise, un schéma qui permet en effet de ne pas faire apparaître le nom de l'ayant-droit économique.

Quant au probable transfert du compte de M. Cahuzac à Singapour, le banquier-témoin rappelle que "dès l'introduction, en 2005, d'une retenue à la source sur l'épargne des clients étrangers, la plupart des banques, dont Reyl, ont ouvert des filiales à Singapour pour y mettre à l'abri les dépôts. Et ce mouvement s'est poursuivi à mesure que le secret bancaire helvétique s'amenuisait".

Selon le banquier genevois, la démission de Jérôme Cahuzac devrait provoquer de nombreuses turbulences. "Tout le monde doit trembler, car une bonne partie de la classe politique française, à droite comme à gauche, connaît très bien les bords du Léman."

Agathe Duparc - Genève, correspondance

Lire aussi : L'onde de choc de l'affaire Cahuzac (édition Abonnés) 

07/02/2013

Les agences de notation ...

... servent-elles à quelque chose ?

lu sur :

http://www.lemonde.fr/economie/article/2013/02/05/les-etats-unis-vont-porter-plainte-contre-s-p_1827247_3234.html

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Les Etats-Unis vont porter plainte contre S&P

LE MONDE | 05.02.2013 à 11h33

Par Sylvain Cypel - New York, correspondant

Après les banques et les grands organismes de crédit, les agences de notation vont-elles devoir, elles aussi, rendre des comptes ? Standard & Poor's (S&P) a reconnu, lundi 4 février, qu'elle s'attendait à voir le ministère américain de la justice déposer plainte contre elle. Au motif que l'agence – qui, en son temps, fut la première à abaisser la note de la dette publique des Etats-Unis – aurait manipulé les notes de produits financiers toxiques – en particulier les fameux CDO (collateralized debt obligations) – dans la période qui a précédé l'explosion de la bulle des subprimes, en 2007.

Des milliers de ces titres hypothécaires "pourris" ont effectivement bénéficié, jusqu'au dernier moment, d'excellentes notes de la part de S&P comme de ses concurrentes, de même que les établissements financiers qui les émettaient.

Exactement comme, sept ans auparavant, le courtier en énergie Enron jusqu'à la veille de sa banqueroute frauduleuse. Ou la banque Lehman Brothers qui, le jour de sa faillite, le 15 septembre 2008, n'avait toujours pas été dégradée. Pas plus que les grandes sociétés de crédit immobilier comme Countrywide ou Washington Mutual qui ont aussi fait faillite. Pas plus que l'assureur AIG, dont le renflouement par l'Etat américain coûtera plus de 180 milliards de dollars (133 milliards d'euros) pour éviter un effondrement "systémique" de la finance internationale.

Dans le cas de S&P, la justice concentrerait sa plainte sur une trentaine de CDO dont les cas illustreraient une pratique générale. Elle disposerait de milliers de courriels internes remontant jusqu'à la direction de l'agence.

IMPARTIALITÉ DISCUTABLE

Dans un communiqué, S&P a "profondément déploré" son incapacité passée à déceler la nature spéculative et dangereuse des produits financiers de dette hypothécaire (et autres), et indiqué qu'elle avait investi 400 millions de dollars pour améliorer les procédures de validation de ses notes. Mais elle a ajouté qu'"une action en justice n'aurait aucun fondement factuel ou juridique". L'Etat américain aurait "tort de soutenir que les notations de S&P étaient motivées par des considérations commerciales et non émises de bonne foi".

Pourtant, le fonctionnement des agences est depuis longtemps critiqué : comment peuvent-elles donner des notes en toute impartialité à des sociétés qui sont aussi leurs clients ? Fin janvier 2011, la commission d'enquête sur la crise financière, après l'audition de 800 témoins et protagonistes de la crise, avait conclu que ces agences en avaient constitué "un des facteurs essentiels" et appelé à les réformer. Mais, à l'issue d'un lobbying intense au Congrès, celles-ci étaient parvenues à échapper aux fourches de la loi de réforme financière, dite Dodd-Frank.

Des avocats de S&P ont laissé entendre qu'ils plaideraient que le gouvernement américain n'a, pas plus que S&P, pris en compte les éléments qui pouvaient faire craindre la crise financière de 2008. L'agence rappelle qu'en 2007, le Trésor avait jugé les problèmes du marché des emprunts hypothécaires "maîtrisé".

Le dépôt de la plainte est imminent. Les procureurs généraux de plusieurs Etats américains pourraient s'y joindre ou déposer des plaintes séparées (le procureur de l'Etat de New York, le plus important dans les affaires financières, a fait savoir qu'il menait parallèlement sa propre enquête).

UNE NÉGOCIATION AURAIT DÉJÀ CAPOTÉ

Pour la plupart des analystes, la procédure devrait se clore, comme dans les cas des grandes banques américaines, par une amende dont le montant constitue un indicateur symbolique du niveau de la fraude officiellement non admise par celui qui s'engage à la verser.

Une négociation s'est d'ailleurs déjà engagée entre S&P et la justice, mais elle aurait capoté, Washington ayant exigé le versement d'une amende "dépassant les 10 chiffres", c'est-à-dire de plus de 1 milliard de dollars.

L'action McGraw-Hill, propriétaire de S&P, a perdu 14 % lundi à la clôture à Wall Street. Pour les agences, l'enjeu de la bataille dépasse la seule plainte du gouvernement. Si S&P était condamnée en justice ou transigeait sur une amende, les autres suivraient vraisemblablement. Surtout, des investisseurs ayant perdu des sommes importantes sur les marchés des produits financiers de dette vérolés pourraient, à leur tour, se retourner contre elles...

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sur le même sujet, lu sur :

http://lexpansion.lexpress.fr/economie/les-etats-unis-declenchent-les-hostilites-contre-standard-and-poor-s_371405.html

NEW YORK : Subprimes: les Etats-Unis poursuivent Standard and Poor's

AFP - publié le 05/02/2013 à 17:02, mis à jour le 06/02/2013 à 00:01

NEW YORK - Le gouvernement américain s'en prend, plus de cinq ans après l'éclatement de la crise des "subprime", à l'agence de notation Standard and Poor's à qui il réclame 5 milliards de dollars de dédommagement et qui répond en se disant punie d'avoir abaissé la note des Etats-Unis.

C'est la première fois que le gouvernement américain porte plainte contre une agence de notation alors qu'il s'en est jusqu'alors surtout pris aux banques qui avaient conçu les "subprime", produits adossés à des prêts hypothécaires à risque, à l'origine de la crise financière la plus grave depuis la Grande Dépression.

"De septembre 2004 à octobre 2007 au moins", le groupe de médias McGraw-Hill et sa filiale S&P ont "conçu et exécuté un système pour tromper les investisseurs" avec leurs notations de produits "subprime", explique la plainte déposée tard lundi auprès d'un tribunal fédéral de Los Angeles.

S&P a "affirmé que ses notations étaient indépendantes et objectives", alors qu'elles étaient entachées de "conflits d'intérêts" car S&P touchait de juteux émoluments pour ses notations de produits dérivés, a souligné au cours d'une conférence de presse le secrétaire américain à la Justice Eric Holder.

Il a souligné que ces pratiques avaient coûté 5 milliards de dollars de pertes aux investisseurs et que c'était le montant des pénalités que le ministère de la Justice (DoJ) voulait obtenir devant les tribunaux.

La plainte cite notamment des courriels internes d'employés de S&P mentionnant dès 2006 l'existence d'une "bulle immobilière" et prévoyant "20% de défauts cette année" sur des prêts subprime. Elle mentionne également des analystes de S&P souhaitant abaisser les notes de nombreux titres en 2007, demandes rejetées par leurs supérieurs.

Dans un de ces courriels, un analyste ironise même sur la détérioration du marché immobilier avec une parodie de la chanson des Talking Heads "Burning down the house" ("en brûlant la maison").

S&P accuse le DoJ d'avoir sorti des courriels de leur contexte.

L'agence de notation, qui avait déclenché sa contre-attaque dès lundi sans attendre le dépôt officiel de la plainte, a répété mardi que la procédure judiciaire du gouvernement était "sans fondement" et qu'elle allait se "défendre vigoureusement".

Son principal avocat, Floyd Abrams, a laissé entendre sur la chaîne CNBC mardi que l'agence était punie pour avoir fait perdre en août 2011 son précieux AAA aux Etats-Unis. L'"intensité" de l'enquête gouvernementale s'est "accélérée" après cette date, a-t-il affirmé.

Ce qu'a démenti M. Holder en affirmant que la plainte contre S&P et l'abaissement de la note des Etats-Unis "n'étaient pas liés".

Interrogée par l'AFP, l'agence Moody's, qui a maintenu le triple A des Etats-Unis, n'a pas fait de commentaire. Sa concurrente Fitch, qui a elle aussi maintenu la note maximale de la dette américaine, a dit n'avoir "aucune raison de penser être la cible d'une procédure similaire".

Pour Peter Morici, professeur d'économie à l'université du Maryland, "le ministre de la Justice et le président" américain Barack Obama, "en s'attaquant à S&P uniquement plutôt qu'à toutes les agences de notations, semblent s'engager dans une vengeance politique".

Pour l'avocat spécialiste des litiges boursiers Jacob Frenzel, interrogé par l'AFP, le fait que le DoJ ait attaqué en priorité S&P ne veut pas dire qu'il ne va pas porter plainte contre Moody's ou Fitch. Le DoJ n'a pas voulu s'exprimer à ce sujet.

Selon le New York Times, le DoJ aurait tenté de négocier un accord amiable dans lequel McGraw-Hill aurait payé une pénalité d'un milliard de dollars et reconnu sa culpabilité. S&P aurait refusé.

Les investisseurs semblent tabler sur une issue coûteuse pour S&P: l'action a plongé de 24% en deux séances, et celle de Moody's de 18,5%.

01/02/2013

Réforme bancaire a minima prévue en France

les surlignages sont de moi

lu sur :

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/1303088c-6bd8-11e2-991a-52bd752a3e50

spéculation vendredi1 février 2013
 
Vent de fronde contre une réforme bancaire a minima prévue en France

Organisations contrant le lobbying financier et ex-banquiers se font entendre à dix jours de l’examen du texte par les députés. Chez BNP Paribas, les activités séparées ne pèseront pas plus de 0,5% des recettes, prévient le bureau AlphaValue. Les milieux bancaires ne semblent guère affolés par le projet de texte.

«Je séparerai les activités des banques qui sont utiles à l’investissement et à l’emploi de leurs opérations spéculatives.» La mesure figurait parmi les «60 engagements pour la France» du candidat Hollande. Dont acte. Dans dix jours, les députés français examineront en première lecture un projet de réforme bancaire imposant notamment aux banques de loger leurs activités spéculatives dans une filiale ad hoc. «La France sera le premier pays en Europe à mettre en place une réforme structurelle des banques», se félicitait le gouvernement le 19 décembre. Faisant déjà de son projet la version continentale de la loi américaine Volcker.

La timidité du projet nourrit pourtant une fronde persistante destinée à influencer le vote de la version finale du texte. De la part de l’extrême gauche. Mais surtout d’un carré d’anciens banquiers réunis au sein de l’ONG de contre-lobbying Finance Watch. «Le projet français ne sépare quasiment rien, en l’état actuel de sa rédaction: 0,5% du chiffre d’affaires total dans le cas de BNP Paribas, selon les propos tenus par son directeur général adjoint le 21 novembre», s’étonne Christophe Nijdam, analyste chez AlphaValue, bureau d’analyse financière indépendant basé à Paris. «C’est vingt-six fois moins que les recommandations du rapport européen Liikanen sur le même sujet», ajoute cet ancien banquier. Censées préfigurer les textes européens en la matière, les conclusions rendues en octobre par le groupe de travail dirigé par le banquier central finlandais ne sont assorties d’aucun calendrier de transposition. Et peuvent être tuées dans l’œuf par le lobby financier.

En Suisse, la scission des banques – en firmes dédiées aux marchés et en établissements de dépôts – a été écartée par la réforme dite «too big to fail», votée il y a un an et demi. Elle le sera aussi en France, le ministre des Finances ayant répété ne pas vouloir scinder les banques «universelles». Pour ne pas «punir» un secteur pesant 400 000 emplois. Et ne pas l’affaiblir face à ses concurrents anglo-saxons.

Pour faire oublier cet exercice de realpolitik, le gouvernement socialiste met en avant son projet d’interdire aux banques les dérivés sur matières premières, le «trading haute fréquence» ou les prêts sans garantie aux hedge funds. Reste que, selon Christophe Nijdam, «les banques ne prêtent déjà qu’avec garantie à ces derniers, alors…» Sans compter que «la plus grande partie du trading à haute fréquence – qui n’est qu’une itération moderne du négoce pour compte propre – pourra perdurer, masquée sous l’appellation de tenue de marché». L’analyste d’AlphaValue enfonce le clou: les produits dérivés font, par définition, l’objet d’une cotation par la banque; qui en est, par construction, contrepartie. «Les dérivés tombent donc aussi sous l’appellation de tenue de marché dans le projet de loi actuel.»

Même s’ils viennent de tenter – en vain – d’en repousser la mise en œuvre à 2017, le projet de loi ne paraît, en l’état, guère affoler les milieux bancaires. «Cette loi cristallise un changement de modèle et c’est très bien», a indiqué, selon l’AFP, Frédéric Oudéa, le patron de Société Générale, mercredi devant la Commission des finances. 

28/12/2012

L'affaire Cahuzac

à lire sur MEDIAPART :

http://www.mediapart.fr/journal/france/261212/laffaire-cahuzac-pour-ceux-qui-ne-veulent-pas-voir?page_article=4

L'affaire Cahuzac pour ceux qui ne veulent pas voir PAR FRANÇOIS BONNET

Les révélations successives de Mediapart mettent l'Élysée au pied du mur. Aux responsables politiques qui parlent d'« allégations », Mediapart présente les cinq points clés de l'affaire du compte suisse secret du ministre. Des preuves ? Elles sont là, pour tous ceux qui, de bonne foi, veulent lire, écouter et comprendre. Cet article est en accès libre.

Lire la suite

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Cet article est exceptionnellement en accès libre. Vous pouvez ainsi aisément le partager avec vos amis. Pourquoi ? Parce que Mediapart est l'objet d'une campagne inhabituelle de dénigrement. De la part de responsables politiques, ce qui ne nous surprend guère. Mais aussi de collègues journalistes, ce qui nous interroge plus fortement. Un nouveau jeu est né, qui consiste à traquer les sources de Mediapart quand le secret des sources est justement au cœur du droit et de la possibilité d'informer.

Pour certains confrères non-abonnés, mais toujours prêts à commenter, mais aussi pour des lecteurs épisodiques de notre journal, nous mettons donc éléments et explications à portée de mains et de regard. Car « les preuves, les preuves, les preuves ! » comme s'est écriée récemment une journaliste de France Inter, sont là, aisément disponibles pour qui veut, en bonne foi, lire, écouter et comprendre.

18/12/2012

Banques : promesse non tenue

lu sur :

http://www.lemonde.fr/economie/article/2012/12/18/m-hollande-a-vide-la-reforme-bancaire-de-sa-substance-juge-thierry-philipponnat-de-l-association-finance-watch_1807813_3234.html

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M. Hollande "a vidé la réforme bancaire de sa substance", juge Thierry Philipponnat, de l'association Finance Watch

LE MONDE | 18.12.2012 à 13h01 • Mis à jour le 18.12.2012 à 13h09 Propos recueillis par Anne Michel

Dans un entretien au Monde, Thierry Philipponnat, secrétaire général de l'association internationale Finance Watch, critique le projet de loi de réforme bancaire, présenté mercredi 19 décembre en conseil des ministres. Pour l'ex-banquier spécialiste des produits financiers complexes –ancien d'UBS, BNP Paribas et Euronext – le texte manque d'ambition.

Que penser du projet ? Est-ce une bonne réforme, pour vous qui plaidez, auprès des institutions européennes, pour une finance au service de la société ?

 

Non. Il s'agit d'une réforme en trompe l'œil. Le texte se borne à cantonner certaines activités spéculatives dans une filiale. Il ne traite pas la question essentielle : la séparation des activités de banque commerciale de celles de négoce sur les marchés financiers, pour les clients des banques ou leur compte propre.

L'activité de banque commerciale – qui consiste à collecter des dépôts pour faire des crédits – est indispensable à la société. Il est normal qu'elle bénéficie du soutien de l'Etat. Au contraire, la banque de marchés est une activité d'intermédiaire, qui ne devrait pas bénéficier de la garantie implicite de l'Etat, comme c'est le cas. Elle devrait se financer auprès d'investisseurs privés responsables en cas de pertes.

C'est le soutien implicite de l'Etat qui a permis aux activités de marché de prospérer à des niveaux déraisonnables. Sur les 8 000 milliards d'euros de bilan cumulé des banques françaises, seulement 22 % sont prêtés à l'économie réelle, aux entreprises et aux ménages. Que sont les 78 % restant ? Des activités de marché, des prêts à d'autres institutions financières ou des investissements pour compte propre !

Mais les activités de marché peuvent être utiles à l'économie, par exemple pour couvrir le risque de change d'une entreprise ?

C'est vrai. Mais elles ne doivent pas bénéficier du soutien de l'Etat. Sinon, on favorise leur développement sans limite grâce à un accès à la ressource financière de facto subventionné par l'Etat. Ce sont les banques qui ont centré le débat sur la question de l'utilité des activités bancaires. Et le gouvernement s'est laissé piéger car les banques ont pu affirmer que tout était utile.

En posant le débat en termes d'utilité économique, il n'y avait pas de réforme possible, surtout quand l'utilité est définie comme le fait d'avoir un client, ce qui est tautologique : toutes les transactions financières ont une contrepartie... donc un client !

Mais le ministre des finances, M. Moscovici, parle d'une grande réforme...

Le président de la République, François Hollande, avait promis d'isoler les activités de crédit des activités spéculatives. Le texte parle désormais d'isoler les activités utiles à l'économie des activités spéculatives. Quel glissement sémantique ! Sous l'apparence du bon sens – l'utilité –, on a vidé la réforme de sa substance.

En quoi la "réforme Hollande" est-elle moins ambitieuse que les réformes américaine (Volcker) et britannique (Vickers) ?

Ces réformes sont loin d'être parfaites. Mais au moins constate-t-on que le projet américain isole toutes les activités de marchés pour compte propre. La France, elle, exclut du cantonnement les opérations d'investissement d'une banque. Elle fait donc moins bien que la règle Volcker. La réforme Vickers sépare la banque de détail du reste des activités. C'est une coupure plus franche.

Et le projet de réforme européenne Liikanen, prévu pour 2013 ?

Il a le mérite de vouloir séparer les activités de marchés. C'est un projet Vickers inversé. S'il ne va pas non plus assez loin, il recommande au moins d'isoler les prêts des banques aux fonds d'investissement spéculatifs, ce que n'impose même pas le projet français !

Tout de même, en France, les dérivés de matières premières agricoles et le "trading" haute fréquence (négoce de titres à la microseconde) seront interdits !

Ces mesures marqueront effectivement une réelle avancée.

Mais les banques françaises, qui ont mieux résisté à la crise, Dexia excepté, méritaient-elles d'être coupées en deux ?

Ce n'est pas parce que les banques ont résisté par le passé à un choc financier, qu'elles résisteront toujours. Quand un système fait faillite, ce sont deux générations de contribuables qui paient la facture. On le voit au Royaume-Uni, où la dette publique a augmenté de 50 % après le sauvetage des banques en 2008-2009.

Quid du financement de l'économie ?

L'expérience américaine montre qu'il est parfaitement possible pour des banques de servir les entreprises sous un régime de séparation des activités . L'exemple de Goldman Sachs ou de Morgan Stanley prouve que des banques d'affaires peuvent très bien prospérer sous un tel régime.

 

7 titres, 31 articles pour une régulation renforcée

 

En sept "titres" et 31 articles, le projet de loi "portant réforme bancaire et financière" entend "remédier à certaines carences du dispositif de régulation".

L'article 2 oblige au cantonnement des activités spéculatives inutiles à l'économie dans une filiale "capitalisée et financée de manière autonome". Il interdit les dérivés sur les matières premières agricoles et le trading à haute fréquence.

L'article 4 permet à l'Autorité de contrôle prudentiel d'interdire les opérations dangereuses pour le système financier.

(Sur Lemonde.fr : le projet de loi dévoilé.)

7 titres, 31 articles pour une régulation renforcée

 

En sept "titres" et 31 articles, le projet de loi "portant réforme bancaire et financière" entend "remédier à certaines carences du dispositif de régulation".
L'article 2 oblige au cantonnement des activités spéculatives inutiles à l'économie dans une filiale "capitalisée et financée de manière autonome". Il interdit les dérivés sur les matières premières agricoles et le trading à haute fréquence. L'article 4 permet à l'Autorité de contrôle prudentiel d'interdire les opérations dangereuses pour le système financier.

28/11/2012

Séparation des activités bancaires de dépôt et de spéculation (suite de la promesse de Hollande)

lu sur :

http://www.lemonde.fr/economie/article/2012/11/28/reforme-bancaire-paris-moins-ambitieux-que-londres-ou-washington_1796981_3234.html

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Réforme bancaire : Paris moins ambitieux que Londres ou Washington

LE MONDE | 28.11.2012 à 12h24 • Mis à jour le 28.11.2012 à 16h46Par Anne Michel

Un "mini Volvic". Pour Hubert de Vauplane, avocat en droit bancaire au cabinetKramer Levin Naftalis & Frankel, professeur à l'université Panthéon-Assas (Paris-II), le projet de loi de réforme bancaire qui a été soumis, mardi 27 novembre, au Comité consultatif de la législation et de la réglementation financières, est bien loin des réformes américaine (Volcker) et britannique (Vickers). Il n'entraînera pas la grande réforme de structure attendue, ce "big bang" bancaire censé protéger les dépôts des clients des risques liés aux opérations sur les marchés financiers.

Là où les Etats-Unis choisissent d'interdire aux banques de dépôt de gérer pour leur compte propre tous types de produits financiers, là où le Royaume-Uni promet de cantonner les activités de banque de détail, la France prend une troisième voie. Plus étroite ; moins ambitieuse. Elle cantonne dans une filiale les opérations financières réalisées par les établissements bancaires pour leur propre compte, mais des opérations "réduites à peau de chagrin", estime M. de Vauplane. 

Seules les opérations jugées purement spéculatives et inutiles à l'économie, ne possédant aucun lien avec les clients, sont en effet cantonnées. Toute l'activité dite de "tenue de marché" est épargnée. Si elle découle des demandes des clients (par exemple, la vente de produits financiers couvrant des entreprises contre le risque de change), elle conduit également les banques à prendre des positions "directionnelles" (massives, potentiellement dangereuses) pour garantir la liquidité des marchés, soit la revente des produits...

Le négoce de produits dérivés de matières premières agricoles – accusé de fairevarier les prix – et le trading haute fréquence – le négoce de titres financiers à grande vitesse – seront pour leur part interdits. Mais, une fois encore, seulement s'ils sont réalisés pour compte propre. "Ce qui est cantonné ou interdit est très limité. Pour frapper fort et tirer les leçons du passé, le gouvernement aurait puinterdire le compte propre, organiser une vraie séparation des activités bancaires",poursuit M. de Vauplane.

BERCY "NOUS A ENTENDUS"

Les banques se félicitent d'ailleurs de la réforme : Bercy "nous a entendus. La texte préserve le financement de l'économie", confiait, mardi, le président d'une grande banque française.

"La distinction entre les activités utiles à l'économie et la spéculationpeut semblerfrappée au coin du bon sens. Elle permet également de ne rien faire", analyse pour sa part Thierry Philipponnat, le secrétaire général de Finance Watch, une association internationale défendant une finance au service de l'intérêt général.

Selon M. Philipponnat, la séparation des activités de dépôt et de marché s'imposait, "car elle trace la frontière entre des activités de nature différente. Les dépôts doivent rester le lieu de la création de masse monétaire. Le fait que la création monétaire alimente les marchés, notamment les produits dérivés, crée l'effet pervers".

Du point de vue des experts, par rapport à cette réforme de structure light, la partie du projet de loi consacrée à la régulation est peut-être la plus importante.

Le texte accroît, en effet, considérablement les pouvoirs de l'Autorité de contrôle prudentiel (ACP). Il lui confère la responsabilité d'aller vérifier l'envers des opérations financières et leur utilité économique, et donc d'en interdire certaines. Il lui octroie aussi la capacité de prendre le contrôle d'une banque défaillante.

Les économistes, après la crise de 2007-2008 et les années d'excès, avaient estimé que le pouvoir revenait aux banques centrales. "C'est vrai, estime M. de Vauplane, c'est le grand retour du gouverneur de la Banque de France." Mais, sur ce terrain aussi, les experts attendent des actes. "Tout dépendra de l'usage que fera l'autorité de tutelle de ces nouveaux pouvoirs", dit un haut fonctionnaire.

Secteur bancaire et assurance

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03/10/2012

Séparation des activités bancaires de dépôt et de spéculation

lu sur :

http://www.lemonde.fr/economie/article/2012/10/03/les-banques-francaises-inquietent-pour-leur-modele_1769222_3234.html

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Les banques françaises inquiètent pour leur modèle

(NB: la faute d'orthographe n'est pas de moi mais du Monde ! J'aurais écrit : "s'inquiètent" ou "inquiètes")

Les banques françaises sont inquiètes au lendemain de la remise du rapport Liikanen (du nom du gouverneur de la Banque de Finlande, Erkki Liikanen) sur la séparation des activités bancaires, qui doit inspirer une réforme en Europe et une loi bancaire en France.

 

Certes, le rapport remis mardi 2 octobre à la Commission européenne (Le Monde du 3 octobre) ne prône pas de couper les banques en deux, avec d'un côté la banque de dépôts et de l'autre les activités sur les marchés financiers, un big bang que le lobby bancaire aurait pu craindre.

Le document, rédigé par un groupe d'experts, n'en prône pas moins une réforme d'organisation franche, isolant dans une entité séparée les activités de marchés les plus risquées, afin de mieux protéger les dépôts des particuliers. Il s'agit d'une réforme Vickers inversée – envisagée en Grande-Bretagne celle-ci repose sur le cantonnement de la banque de dépôts. Elle a le mérite de désigner les activités risquées et de leur affecter plus de capital.

ACTIVITÉS DITES DE "TENUE DE MARCHÉ"

L'isolement serait obligatoire dès lors que ces activités représentent de 15 % à 25 % des actifs d'une banque ou une valeur absolue de 100 milliards d'euros. Ce qui est le cas pour BNP Paribas, Société générale, Crédit Agricole et BPCE.

Surtout, le rapport Liikanen donne du risque une acception large. Ainsi, le risque ne se limite pas aux activités de marché réalisées par les banques pour leur propre compte. Il inclut les activités sur les dérivés pour des clients financiers et les activités dites de "tenue de marché" (de l'anglais market making), qui, affirment les banques, ne relèvent pas de la spéculation mais du service au client.

Ce rôle de teneur de compte que jouent les banques sur certains marchés – celui des obligations d'Etat ou d'entreprises, des actions, etc. – les conduirait à détenir des positions en propre (du stock), dans le seul but d'assurer la liquidité pour leurs clients.

"UTILITÉ ÉCONOMIQUE"

"Le rapport souligne que la résistance des banques n'est pas une affaire de modèle mais recommande de cantonner un spectre large d'activités, dont certaines ont une utilité économique. Attention !", prévient un banquier.

"Les banques françaises avaient beaucoup oeuvré, pour faire comprendre que l'activité de "tenue de compte" devait bénéficier d'une exemption, c'est un revers, explique Hubert de Vauplane, associé du cabinet d'avocats Kramer Levin Naftalis & Frankel LLP. "Une telle réforme leur coûterait cher en fonds propres." Mardi, Exane BNP Paribas a estimé que celle-ci entraînerait jusqu'à 10 % de baisse des profits des grandes banques d'investissement.

La voie choisie par M. Liikanen – entre le projet Vickers et la règle Volcker adoptée aux Etats-Unis et centrée sur l'interdiction de certaines activités spéculatives – va obliger la France à se repositionner. Les travaux engagés avant l'été s'étaient jusqu'ici orientés sur une règle Volcker à la française. Ce qui convenait aux banques.

Qu'en sera-t-il ? François Hollande a promis une réforme bancaire d'ici à fin 2012. Il entend s'y tenir.

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07/09/2012

Vers une troisième guerre mondiale ? (suite)

Une vidéo intéressante :

Programmation de la crise économique et financière  ... - YouTube

 

http://www.youtube.com/watch?v=VkooRczy5bg&feature=share

13/07/2012

Manipulations sur le Libor (London Interbank Offered Rate) et l'Euribor, son équivalent européen

lu sur :

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/9dc83a06-c92a-11e1-9715-1eb20a925f44/D%C3%83%C2%A9cri%C3%83%C2%A9_le_Libor_reste_difficile_%C3%83%C2%A0_remplacer

Finance
Décrié, le Libor reste difficile à remplacer
Le scandale autour de la banque Barclays a remis en question la fiabilité de l’instrument. Faute de véritable alternative, ce taux interbancaire sera mieux contrôlé mais il ne disparaîtra pas

Par Yves Hulmann Zurich

Le scandale autour de la banque Barclays a remis en question la fiabilité de l’instrument. Faute de véritable alternative, ce taux interbancaire sera mieux contrôlé mais il ne disparaîtra pas

Les courriels échangés entre des employés de Barclays, révélés par les autorités de surveillance britannique et américaine, ont fait le tour de la planète en quelques heures. Extraits: «Nous avons besoin d’un taux à trois mois très bas, sinon ça pourrait nous coûter une fortune.» Plus que de longues explications, ces échanges entre des courtiers et des agents de la trésorerie de la banque britannique ont révélé à quel point les taux interbancaires Libor (London Interbank Offered Rate) et Euribor, son équivalent européen, étaient sujets à manipulation.

La principale faiblesse du Libor est d’être déterminé sur la base d’un sondage effectué auprès des banques, plutôt que de reposer sur des transactions réelles. Les risques inhérents à ce mode de calcul ont déjà été signalés dès 2008 par la Banque des règlements internationaux (BRI), qui mettait en doute la fiabilité du Libor en 2007: «Une comparaison avec d’autres modes de fixation utilisés pour des taux d’intérêt similaires confirme que, durant les récentes turbulences des marchés, le Libor s’est écarté des autres taux de référence dans une proportion inhabituelle», écrivait la BRI dans une étude de 2008, mais sans prétendre que le taux ait été sciemment manipulé.

Les banques peuvent chercher à influencer les taux interbancaires – qui définissent le prix auquel les banques se prêtent de l’argent entre elles et déterminent le coût des crédits aux ménages et aux entreprises – pour deux raisons. La première est d’essayer de faire apparaître son établissement dans une meilleure posture qu’il ne l’est en réalité. La seconde est de chercher à influencer le taux Libor dans un sens donné, à un niveau supérieur ou inférieur à la réalité, en fonction des intérêts du moment des participants au marché. Selon l’Autorité britannique des services financiers (FSA), les courtiers de Barclays ont envoyé plus de 250 demandes de modifications du taux fourni par la banque aux agents responsables de cette tâche. En tout, une vingtaine d’établissements sont soupçonnés d’avoir manipulé les taux, y compris Credit Suisse et UBS.

Malgré l’ampleur de l’affaire, les propositions de réforme du Libor sont restées plutôt timides jusqu’ici. Trois solutions sont envisagées.

La première, et la plus évidente, est de mieux surveiller la qualité des données fournies par les établissements sondés. Selon un économiste qui a étudié en détail cette question, des indices auraient dû mettre la puce à l’oreille des régulateurs: «La dispersion entre les données fournies était souvent très faible, même en cas de forte volatilité. C’était assez étrange», relate-t-il. Jeudi, Mario Draghi, le président de la Banque centrale européenne (BCE), a appelé à prendre des mesures, à la fois pour les banques qui fournissent les données du Libor et pour les fédérations chargées de fixer ces taux.

Deuxième proposition: accroître le nombre de banques qui participent au sondage, pour réduire l’influence de données faussées. Ce nombre varie en fonction des monnaies et des échéances. Reste qu’augmenter le nombre de banques sondées ne fait pas l’unanimité. Un sondage qui serait effectué auprès d’une multitude de petites banques, peu actives sur le marché interbancaire, n’améliorerait pas forcément la représentativité de l’enquête. De plus, les coûts du crédit augmenteraient: si l’on portait le nombre de banques sondées à plus de 30 instituts, les taux interbancaires augmenteraient de 15 points de base (0,15%), ont calculé des analystes de Credit Suisse dans une note, fin juin.

Une troisième réforme, plus fondamentale, est proposée: les taux de référence s’orienteraient selon des indices reposant sur des transactions réelles. Il pourrait s’agir notamment de «swaps» de taux d’intérêt sur devises. En Europe, l’Eonia (European OverNight Index Average), le taux d’intérêt interbancaire pour la zone euro au jour le jour, reflète le prix des échanges réels sur le marché interbancaire. Avec un bémol: le nombre de transactions réellement effectuées est parfois très réduit pour certaines monnaies à certaines échéances. «Dans ces cas, les indications fournies par des transactions réelles seraient encore moins représentatives qu’un Libor manipulé», avertit un observateur de ce marché.

Néanmoins, plusieurs spécialistes estiment que la tendance ira à recourir à des taux de référence basés sur de véritables transactions plutôt que sur des sondages. C’est le cas de Rosa Abrantes-Metz, professeure à la Stern School of Business à New York, et auteure d’articles sur ce thème. «Le Libor est le chiffre le plus important du monde. Il devrait être basé sur des transactions réelles», déclarait-elle en mars au Temps.

Qu’en est-il en Suisse, où la Banque nationale met en œuvre sa politique monétaire via une marge de fluctuation autour du Libor pour les dépôts à trois mois en francs? «Selon un premier examen de la décision de l’autorité britannique des services financiers en rapport avec Barclays, le Libor en francs n’a pas été affecté par les tentatives de manipulation. La BNS n’a pu observer aucune distorsion significative du point de vue de la politique monétaire du taux Libor à trois mois», a assuré un porte-parole.

Quelle que soit la forme que prendra le Libor à l’avenir, une adaptation ne pourra s’effectuer que de manière graduelle compte tenu des gigantesques volumes de produits financiers déjà émis qui s’y réfèrent. «A court terme, la principale conséquence du scandale de Barclays est qu’aucun intervenant sur ce marché n’enverra plus de courriels à ses collègues sur le Libor! L’affaire aura d’importantes conséquences sur le plan juridique et sur le fonctionnement des banques. Mais à plus long terme, il ne sera pas facile de trouver un substitut au Libor», conclut un spécialiste de ce marché. Si le Libor sera surveillé de plus près, son successeur ne se profile pas à l’horizon.

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sur le même sujet, lire :

Le scandale Libor expliqué aux nuls (Rue 89) 
http://www.rue89.com/2012/07/10/banques-le-scandale-du-li... 

L'incorrigible City (LaPresse.ca)
http://affaires.lapresse.ca/opinions/chroniques/sophie-co...

Scandale du Libor : l'enquête élargie aux banques françaises (Les Echos) 

http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/finance-march...  

Libor : la justice américaine envisage des poursuites pénales

http://www.lemonde.fr/economie/article/2012/07/15/libor-la-justice-americaine-envisage-des-poursuites-penales_1733871_3234.html#xtor=EPR-32280229-[NL_Titresdujour]-20120715-[titres]

 
Sont notamment visés des traders de la banque britannique Barclays, indique le quotidien américain "The New York Times".

voir

Behind the Libor Scandal - Graphic - NYTimes.com

http://www.nytimes.com/interactive/2012/07/10/business/dealbook/behind-the-libor-scandal.html

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Pétition en ligne :

Les grandes banques, prises la main dans le sac dans une escroquerie internationale des taux d'intérêts, ont floué des millions d'entre nous, notamment sur nos emprunts et prêts étudiants! N'importe qui irait en prison pour moins que ça, or seule la banque Barclays est poursuivie, qui plus est pour une fraction de ses profits! L'indignation est à son comble -- saisissons cette chance de mettre une fois pour toutes fin au règne des banques sur nos démocraties. 

Le Commissaire chargé des finances de l'UE, Michel Barnier, affronte le puissant lobby des banques et lance des réformes ambitieuses qui mettraient ces banquiers-escrocs derrières les barreaux. Si l'UE se lance en premier, cette opération "finances propres" pourrait faire des émules partout dans le monde --mais les banques mènent un lobbying acharné. Seule une mobilisation massive pourrait lui donner un blanc seing inébranlable pour mener à bien ses réformes. 

Si 1 million de personnes se mobilisent aux côtés de Barnier en 3 jours, ce dernier sera conforté par un mandat citoyen clair dans sa décision d'affronter le lobby bancaire et de mener ses réformes. Cliquez ci-dessous pour signer, et nous mènerons une action symbolique avec de faux banquiers emprisonnés devant le Parlement de l'UE

http://www.avaaz.org/fr/la_fin_de_limpunite_des_banquiers_fr/?bukFedb&v=15970

L'étendue du scandale n'a même pas encore été mise à jour que ce que nous en savons déjà nous sidère: "de nombreuses" banques avec pignon sur rue ont été impliquées, et la falsification du taux d'intérêt LIBOR, le taux sur lequel se basent de nombreux taux d'intérêts mondiaux, a affecté la valeur de littéralement centaines de billions de dollars d'investissements. Pour l'heure, seule Barclays a admis avoir commis cette fraude des "centaines" de fois. 

Trop longtemps, nos gouvernements ont été aux ordres de banquiers puissants qui les menaçaient de s'installer ailleurs à la moindre contrariété. Trop longtemps, les banques ont manipulé nos économies de marché, imposant des règles du jeu en leur faveur, et prenant des risques inconsidérés, encouragées par le fait qu'elles pourraient le cas échéant forcer les gouvernements à les renflouer avec l'argent du contribuable si elles se mettaient dans le pétrin. 

Ce système est frauduleux, et c'est un crime. Il est temps de mettre les auteurs de ces crimes derrière les barreaux. Cela commence en Europe -- provoquons le changement: 

http://www.avaaz.org/fr/la_fin_de_limpunite_des_banquiers_fr/?bukFedb&v=15970


Il est quasiment impossible d'identifier une période de l'époque moderne où les grandes banques n'ont pas eu un pouvoir excessif dont elles ont abusé régulièrement. Mais la démocratie est en marche -- nous avons vu cette marche faire tomber des tyrans aux quatre coins du monde, et ensemble, nous allons également mettre fin au règne des banques.


17/06/2012

Espagne: manifestation aux cris de "voleurs" devant Bankia

lu sur Romandie News (lien ci-contre):

http://www.romandie.com/news/n/Espagne_manifestation_aux_cris_de_voleurs_devant_Bankia74170620120725.asp

07:25    Espagne: manifestation aux cris de "voleurs" devant Bankia

Tapant pour certains sur des tambours et des casseroles, et aux cris de "voleurs", des milliers de personnes ont manifesté samedi devant le siège de Bankia à Madrid. Ils ont fustigé le sauvetage public de la banque qui a précipité une crise financière et un plan d'aide européen d'envergure.

Les manifestants avaient auparavant défilé pendant deux heures, à l'appel de plusieurs groupes du mouvement des "indignés", né en mai 2011 de l'exaspération à l'égard de la crise, pour dénoncer la corruption et l'incapacité des politiques à en sortir.

Sur le chemin, ils ont collé des affiches sur chaque succursale de Bankia où on pouvait lire: "cette banque trompe, escroque, et jette les gens à la rue", faisant allusion aux expulsions en série de propriétaires ne pouvant plus payer leur crédit et aux "produits toxiques" vendus par la banque.

Sauvetage public dénoncé

"Coupables! Coupables! Voleurs! Voleurs!", hurlaient les manifestants devant le siège de la banque, quadrillé par une haie de policiers antiémeute portant des gilets pare-balles et qui ont troqué leur casquette pour un casque à l'arrivée du cortège.

"Votre dette, nous ne la paierons pas", "nous voulons une solution, les banquiers en prison", criaient-ils encore à grand renfort de cornes de brume, de sifflets, en tapant sur des casseroles et des tambours.

Tous dénoncent le sauvetage public de 23,5 milliards d'euros de Bankia et le plan d'aide européen atteignant jusqu'à 100 milliards d'euros destiné au secteur bancaire espagnol.

Plainte contre Bankia

"Sauvetage bancaire = vol des citoyens", pouvait-on lire sur une banderole. "Car ils veulent convertir la dette privée des banques en une dette publique. C'est une escroquerie", s'emporte Oscar, un chômeur de 46 ans.

Les "indignés" ont porté plainte jeudi contre Bankia, exigeant, comme d'autres organisations de la société civile, des comptes sur le scandale bancaire qui a plongé le pays dans une crise financière historique.


(ats / 17.06.2012 07h25) 

11/06/2012

La dette, quelle dette ?

à lire dans le Monde Diplomatique de ce mois :

Enquête sur un audit populaire

La dette, quelle dette ?

En Grèce, les nouvelles élections législatives, prévues le 17 juin, se joueront sur la question de la renégociation de la dette. Les contribuables refusent en effet de continuer à « mettre de l’argent dans un puits sans fond », explique M. Alexis Tsipras, le dirigeant du parti de gauche Syriza. En France, une campagne populaire exige elle aussi un audit citoyen de la dette publique.

par Jean Gadrey, juin 2012
Aperçu

Un parfum de printemps 2005 ? A l’époque, le président de la République, M. Jacques Chirac, avait soumis à référendum le traité constitutionnel européen (TCE). Les médias furent unanimes : il fallait approuver le texte. La campagne se caractérisa néanmoins par une mobilisation inédite. Associations, organisations politiques et syndicales s’employèrent à décortiquer, expliquer et débattre un document pourtant peu engageant. Contre l’avis des « experts » institutionnels, les Français décidèrent de rejeter le TCE à près de 55 %.

Sept ans plus tard, il n’est plus question de traité européen, mais le chœur des éditorialistes résonne de nouveau : le fardeau de la dette impose aux peuples de se serrer la ceinture. Et, bien qu’aucun référendum n’ait cette fois été prévu pour demander aux Français leur avis sur la question, une campagne de terrain a pris le pari — délicat — d’imposer dans le débat public une question que les médias s’emploient à taire : faut-il payer l’ensemble de la dette française ?

Depuis l’été 2011, l’appel national « Pour un audit citoyen de la dette publique », rassemblant vingt-neuf associations, organisations non gouvernementales (ONG) et syndicats, et bénéficiant du soutien de diverses formations politiques. a été signé par près de soixante mille personnes. Plus de cent vingt comités d’audit citoyen (CAC) se proposant de « remplacer les agences de notation » ont été créés depuis l’automne 2011. Comment expliquer un tel engouement ?

L’un des animateurs de cette campagne, le philosophe Patrick Viveret, rappelle que le mot « désir » — ici, celui de s’impliquer dans une mobilisation — provient de « dé-sidérer » : « La sidération a ceci de caractéristique que même les victimes pensent qu’il n’est pas possible de faire autrement. La sidération, c’est, sur le plan économique, ce qu’on pourrait appeler la pensée TINA [“There is no alternative”] de Margaret Thatcher : un état où l’on dit juste “Oui, c’est catastrophique” et “Non, on ne peut pas faire autrement”. » Il s’agirait en somme d’un « blocage de (...)

Taille de l’article complet : 1 902 mots.
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