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15/04/2014

Vaccin contre le Papillomavirus : utile pour l'industrie, dangereux pour la Société

lu sur :

Papillomavirus : controverse sur un vaccin

LE MONDE SCIENCE ET TECHNO | 14.04.2014 à 15h37 • Mis à jour le 15.04.2014 à 14h12 |Par Sandrine Cabut et Pascale Santi

Le Gardasil et le Cervarix, les deux vaccins destinés à protéger contre le cancer du col de l'utérus, sont de plus en plus contestés. Alors que le troisième plan Cancer, annoncé en février, prévoit de doubler d'ici à cinq ans la proportion de jeunes filles vaccinées – 30 % d’entre elles l’étaient fin 2012 –, les critiques fusent. Lancée par l'association Med’Océan, du docteur Philippe de Chazournes, généraliste à la Réunion, une pétition pour la mise en place d'une mission parlementaire a recueilli à ce jour plus de 1 000 signatures, dont celles de 630 médecins et 270 sages-femmes. Le député Gérard Bapt (PS, Haute-Garonne) a demandé à l'Agence nationale de sécurité sanitaire des médicaments (ANSM) des études indépendantes et plus de transparence. La députée européenne Michèle Rivasi a même réclamé un moratoire sur le Gardasil, le plus vendu. Depuis fin 2013, une dizaine de plaintes au pénal ont été déposées par des jeunes filles atteintes de troubles qu’elles attribuent aux injections. D'autres devraient suivre dans les semaines à venir. De leur côté, sept sociétés savantes, qui s'insurgent contre le « discrédit » jeté sur ces vaccins, ont signé un appel à contre-pétition paru dans le Quotidien du médecin jeudi 10 avril. Parmi elles, le Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF) et la Société française de pédiatrie (SFP).

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A quoi servent ces vaccins ?

Deux types de vaccins contre les papillomavirus humains (HPV) sont disponibles en France. Le Gardasil est commercialisé depuis novembre 2006 par le laboratoire franco-américain Sanofi Pasteur MSD (Merck), avec 85 % de part de marché, et le Cervarix, du laboratoire britannique GlaxoSmithKline (GSK), depuis 2007. Les HPV sont des infections fréquentes transmises par contact sexuel qui disparaissent spontanément dans la majorité des cas. Treize types de HPV sont hautement cancérigènes, dont les sous-types HPV 16 et 18 – inclus dans les vaccins –, responsables de deux tiers des cancers du col de l'utérus induits par ces virus. Les HPV sont aussi associés à d'autres cancers (pénis, anus, larynx…). Avec 3 000 nouveaux cas estimés en 2012, et 1 100 décès, le cancer de l'utérus se situe au 11e rang des cancers chez les femmes en France. Il est en revanche beaucoup plus fréquent dans les pays en voie de développement, faute de dépistage par frottis. La vaccination HPV n'est pas obligatoire, mais recommandée chez les filles de 11 à 14 ans, l'âge ayant été abaissé à 11 ans en avril 2013 par le Haut Conseil de la santé publique (HCSP). Un rattrapage est préconisé pour les jeunes filles de 15 à 19 ans non encore vaccinées. Point essentiel, cette vaccination doit être réalisée avant toute relation sexuelle. Jusqu'ici en trois doses, le schéma vaccinal est en voie de simplification à deux doses, sur la base d'études scientifiques.

Ces vaccins ont-ils démontré leur efficacité ?

Jusqu'ici, il n'y a pas de preuve directe que cette vaccination permette d’éviter les cancers du col de l'utérus. Le docteur Soizic Courcier, directrice médicale et des affaires réglementaires chez GSK France explique que « dans les études cliniques, ce n’est pas le cancer du col qui a été choisi comme critère d’évaluation car la lésion cancéreuse nécessitant en général 10 à 15 ans pour se développer/proliférer après une infection persistante à HPV, cela rend quasiment impossible la réalisation d’une telle étude. » La démonstration, si elle peut être faite, prendra de toute façon des années. Pour certains, les données existantes sont cependant déjà suffisantes. « Mise en œuvre dans des conditions optimales, cette vaccination prévient l'infection à papillomavirus et ses conséquences avec une efficacité proche de 100 % et constitue ainsi une mesure de prévention primaire du cancer du col de l'utérus et des lésions précancéreuses », écrit le professeur Olivier Graesslin, secrétaire général du CNGOF, sur le site de cette société savante. « Le vaccin réduit de façon drastique les dysplasies, les lésions précancéreuses du col de l'utérus. En combinant des stratégies de dépistage et de vaccination, ces cancers sont à 98 % évitables », estime ce gynécologue-obstétricien au CHU de Reims, qui ne déclare pas de lien d'intérêt avec les laboratoires concernés.

Mais d’autres sont plus sceptiques. « Les vaccins anti-HPV n'ont pas prouvé leur efficacité, ils sont chers et ne dispensent pas de faire des frottis. De plus, il y a un doute sur leur innocuité. Si l'on doit faire des économies, autant dépenser l'argent de façon intéressante », estime Jean-Paul Hamon, président de la Fédération des médecins de France, signataire de la pétition. Pour ce généraliste, « la seule stratégie qui ait fait reculer le cancer du col de l'utérus, c'est le dépistage par frottis. C'est sur ce dépistage, auquel échappe presque une femme sur deux en France, qu'il faudrait faire porter les efforts »« II y a beaucoup d’inconnues et d’incertitudes sur l’efficacité de ces vaccins », confirme Alice Touzaa, gynécologue libérale à Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône), elle aussi signataire de la pétition, en rappelant que beaucoup de lésions précancéreuses du col utérin, même de haut grade, n’évoluent pas vers un cancer invasif. « Il existe des inconnues dans la modélisation du bénéfice, juge aussi le professeur Bernard Bégaud (département de pharmacologie médicale, Bordeaux). Par exemple, quelle est la probabilité que des souches de HPV non pathogènes et non incluses dans le vaccin deviennent cancérigènes ? Quelle est exactement la part attribuable des papillomavirus dans les cancers du col, et que sera-t-elle dans vingt ou trente ans ? » Des interrogations que ce spécialiste met en balance avec la relative rareté des cancers du col, leur évolution lente, et les possibilités de dépistage et de traitement précoces.

La question de la durée de la protection n’est pas non plus résolue. « Mon argumentaire n'est pas fondé sur les effets secondaires, mais sur son efficacité et son coût très élevé au regard de l'alternative du frottis, bien moins cher et de surcroît le seul moyen pour éviter le cancer de l'utérus », explique le docteur Philippe de Chazournes. « Dire que ce vaccin est inefficace est de la désinformation », souligne toutefois le professeur Floret. Selon lui, il est « clairement démontré que ça prévient des lésions précancéreuses ». Autre critique récurrente, le prix : 370 euros pour trois injections, remboursées à 65 %, contre 15 à 20 euros pour un frottis annuel. Ce coût élevé avait été signalé par le rapport de la Cour des comptes sur la politique vaccinale en France en 2012.

Quels sont les risques ?

Depuis leur mise sur le marché, le Gardasil et le Cervarix font l'objet d'un plan de gestion des risques (PGR) à l'échelle européenne et d'un suivi renforcé de pharmacovigilance au niveau national. Le dernier bilan, rendu public par l'ANSM jeudi 10 avril, n'est pas inquiétant selon l'agence. Les données concernent uniquement le Gardasil, dont les ventes sont 20 fois supérieures à celles du Cervarix. Depuis sa commercialisation en 2006 et jusqu'au 20 septembre 2013, 5,5 millions de doses de Gardasil ont été vendues en France. Pendant cette période, 2 092 notifications d'effets indésirables ont été recensées par le centre de pharmacovigilance de Bordeaux, qui assure ce suivi ; dont 503 considérés comme graves, soit 24 %, et 4 décès. Le rapport fait en particulier état de 127 maladies auto-immunes, dont 17 cas de sclérose en plaques (SEP). Le pourcentage d’effets indésirables graves est plus élevé qu’aux Etats-Unis (24 % versus 7,9 %), de même pour la proportion d’atteintes neurologiques.

Des chiffres a priori impressionnants, mais à interpréter avec précaution. « Ces événements ne sont pas forcément imputables au vaccin mais peuvent être observés chez des jeunes filles non vaccinées. Ces nouvelles données de surveillance ne remettent pas en cause le rapport bénéfice-risque de ce vaccin, commente le docteur Mahmoud Zureik, directeur de la stratégie de l'ANSM. A ce stade, les études publiées, robustes sur le plan méthodologique, ne mettent pas en évidence une fréquence plus élevée de maladies auto-immunes chez les filles vaccinées avec le Gardasil que chez celles qui ne l'ont pas été. Quant aux décès, dont le dernier remonte à plus de trois ans, la responsabilité du vaccin n'est pas établie. »

Le docteur Zureik précise toutefois que l'ANSM lance une nouvelle étude, à partir des bases de données de l'Assurance-maladie de ces trois dernières années, pour comparer l'occurrence des maladies auto-immunes et de SEP chez les jeunes filles vaccinées ou non. Les résultats devraient être disponibles d’ici la fin de l’année. « La première étude menée en France sur ce sujet ne montrait pas de sur-risque mais elle était préliminaire. Il faut la consolider, avec une méthodologie dans les règles de l’art », poursuit l’épidémiologiste.

Une démarche qu’approuve le professeur Jean-Marc Léger (neurologue, hôpital de la Pitié-Salpêtrière, Paris). « La question posée est celle d’un lien direct, de cause à effet, entre une vaccination et l’apparition de maladies auto-immunes, dont la SEP. Comme dans le cas du vaccin contre l’hépatite B, seules des études scientifiques indépendantes peuvent y répondre, explique-t-il. Les lanceurs d’alerte sont utiles, mais il faut rester prudent face à des cas individuels médiatisés et revenir à la science. »

Les plaintes ont-elles une chance d'aboutir ?

Les effets secondaires attribués aux vaccins suscitent en France des actions en justice. La première plainte au pénal a été déposée en novembre 2013 par maître Jean-Christophe Coubris, l'avocat de la famille de Marie-Océane Bourguignon, 18 ans, qui a développé une inflammation du système nerveux après une injection de Gardasil (Le Monde du 24 novembre 2013). Les experts de la commission de conciliation et d'indemnisation des accidents médicaux de Bordeaux avaient conclu à « une sclérose en plaques » et fait le « lien entre les deux injections de Gardasil et la survenue » de la maladie de l'adolescente. Jean-Christophe Coubris a reçu à ce jour une centaine de témoignages de victimes présumées. Parmi les pathologies les plus fréquemment évoquées figurent la SEP, le lupus, des inflammations du système nerveux central, etc. Vingt-cinq nouveaux dossiers devraient être déposés auprès du parquet du pôle de santé du tribunal de grande instance de Paris fin avril, contre Sanofi Pasteur MSD et l'agence du médicament (ANSM) pour « blessures involontaires, violation d'une obligation manifeste de sécurité et méconnaissance des principes de précaution et de prévention », précise Jean-Christophe Coubris.

Parallèlement, neuf autres victimes potentielles du Gardasil ont elles aussi déposé plainte contre X en décembre 2013 pour « atteinte involontaire à l’intégrité physique et tromperie aggravée » au tribunal de Bobigny (Seine-Saint-Denis). Ces jeunes femmes avaient en commun d'avoir contracté des maladies très invalidantes dans les semaines et les mois qui ont suivi la vaccination, souligne maître Camille Kouchner, leur conseil.

« Nous avons privilégié la plainte contre X car il y a beaucoup d’intervenants et il faut chercher la responsabilité de chacun. Je ne suis pas du tout dans une politique antivaccins, mon combat c'est le Gardasil », précise la fille de l'ancien ministre de la santé. Elle a reçu à ce jour une cinquantaine de demandes de dépôt de plainte et doit en déposer cinq à dix dans les semaines à venir au tribunal de Bobigny.

Faut-il vacciner ses enfants ?

Alors que la vaccination des jeunes filles fait débat, le fabricant du Gardasil défend depuis le début l'idée d'inclure les garçons, pour prévenir certains cancers masculins et pour diminuer la circulation des HPV. Pour l'instant, seuls les Etats-Unis recommandent de le faire« Il y a forte pression du laboratoire, mais un obstacle au niveau de l'Agence européenne du médicament [EMEA] car l'efficacité protectrice du vaccin n'est pas reconnue pour les cancers anaux, encore moins pour les cancers oropharyngés », explique Daniel Floret, sceptique sur une vaccination des garçons. Sanofi Pasteur MSD a déposé de nouvelles études à l'EMEA, qui devrait rendre une décision prochainement.

lire : Entre enjeux sanitaires et intérêts financiers

Lire aussi : L’aluminium sur la sellette

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mon commentaire :

Le Gardasil (Merck & Co., 2006) est un vaccin contre les génotypes 6, 11, 16 et 18 du papillomavirus humain (HPV) (voir : Gardasil — Wikipédia  fr.wikipedia.org/wiki/Gardasil‎ )

 Le Cervarix (GlaxoSmithKline 2007) est un vaccin contre les génotypes 16 et 18 du papillomavirus humain (HPV) responsables de 70 % des cas de Cancer du col de l'utérus1( voir : Cervarix — Wikipédia fr.wikipedia.org/wiki/Cervarix ‎)

 Or il y a plusieurs dizaines de papillomavirus impliqués dans les cancers sexuellement transmissibles.

Le risque de la vaccination, outre les effets indésirables dûs à l'aluminium utilisé comme adjuvant (*) est de voir les personnes vaccinées rassurées  quant à l'absence de danger des rapports non protégés ... alors qu'elles ne le sont que pour deux des principaux virus : l'HPV16 et l'HPV18, ces virus étant impliqués dans seulement 70% des cas de cancer (HPV6 et HPV11 ne sont pas impliqués dans des cancers).

Donc, contrairement à ce qu'on pourrait penser, les campagnes pour la vaccination risquent de provoquer une  augmentation des cas de cancers, et non l'inverse !

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(*) savez-vous à quoi sert un adjuvant, comme l'aluminium, dans un vaccin ?  

Il sert simplement à augmenter la fabrication des anticorps par l'organisme sans augmenter la quantité d'antigènes dans le vaccin.

Rappelons une notion simple : en cas d'infection, nous fabriquons des anticorps contre les agents infectieux auxquels nous sommes exposés.  Plus nous sommes infectés, plus notre organisme réagit.

Dans un vaccin, ce qui coûte cher à fabriquer, ce sont les antigènes, c'est à dire les molécules présentes à la surface des agents infectieux provoquant la réaction immunitaire (la fabrication d'anticorps).

Ces antigènes peuvent être simplement des agents infectieux inactivés d'une façon ou d'une autre (la chaleur par exemple), ou des molécules présentes à la surface de ces "microbes" ou "virus". Leur fabrication, qui peut être compliquée, coûte cher.

Or il existe des produits chimiques pas chers, comme l'aluminium, qui permettent d'augmenter la réaction immunitaire : chez la personne vaccinée, la même quantité d'anticorps sera fabriquée avec moins d'antigènes si un adjuvant est utilisé. En d'autres termes, on peut produire des vaccins à moindre coût en utilisant un adjuvant. 

Résultat : les vaccins produits aujourd'hui contiennent plus d'adjuvants et moins d'antigènes que ceux produits autrefois -disons : depuis les années 60/70- simplement pour augmenter les bénéfices des industries produisant les vaccins sans (trop) changer la qualité du vaccin !

Tout est une question de rapport "bénéfice-risque" pour l'industrie, pas des personnes vaccinées, vous comprenez ?

Il ne faut pas être naïf !

Voir wikipedia :

l'adjuvant vaccinal ou « adjuvant d'immunité » renforce la réponse immunologique (induction et production d'anticorps ou cellules immunocompétentes) comme mis en œuvre pour un processus thérapeutique dans le cas desvaccins 

Vache folle, farines animales, prions : pas de responsables, pas de coupables

les surlignages sont de moi

lu sur :

fr.reuters.com/article/topNews/idFRKBN0D009Y20140414 

 

PARIS (Reuters) - Le parquet de Paris a requis un non-lieu général dans l'affaire de la vache folle après dix-sept ans d'enquête sur l'un des plus grands scandales sanitaires du XXe siècle qui a fait 200 morts dont 27 en France, a-t-on appris lundi de source judiciaire.

"Les différentes infractions reprochées aux trois personnes mises en examen sont insuffisamment caractérisées", a dit cette source, confirmant une information du Parisien-Aujourd'hui en France.

L'examen des dossiers n'a "pas permis d'établir de façon certaine que la nourriture distribuée aux bovins contenait des protéines animales", a-t-elle ajouté.

Si les juges d'instruction suivent l'avis du parquet, les trois responsables d'usines d'aliments pour bovins poursuivis pour "tromperie et falsification de denrée" pourraient donc être blanchis. La quatrième personne qui avait été mise en examen dans le dossier est décédée depuis, a précisé la source judiciaire.

En juin 1996, l'association de défense des consommateurs l'UFC-Que Choisir avait porté plainte contre les industriels français ayant importé des farines animales.

L'utilisation de ces farines dans la nourriture pour animaux avait été mise en cause lors de l'apparition en Europe de l'encéphalopathie spongiforme bovine (ESB), la "maladie de la vache folle", entre la fin des années 1980 et le début des années 1990.

Après la découverte en 1996 d'une variante de la maladie de Creutzfeldt-Jakob (vMCJ) chez les humains en Angleterre, probablement provoquée par l'ingestion de produits bovins atteints par l'ESB, les farines animales ont été interdites en Europe pour les ruminants en 1997, puis pour tous les animaux de consommation en 2001.

Les protéines animales transformées (PAT) ont de nouveau été autorisées en juin 2013 pour les poissons d'élevage et autres animaux de l'aquaculture sur décision de la Commission européenne qui a estimé que le "risque de transmission d'ESB entre animaux non-ruminants" était négligeable.

Ces PAT proviennent d'animaux vivants et sains au moment de l'abattage et non plus de carcasses d'animaux morts ou potentiellement malades comme ce fut le cas lors de l'épidémie de la vache folle, selon la Commission européenne.

(Marine Pennetier, édité par Sophie Louet)

 

© Thomson Reuters 2014 Tous droits réservés.

13/12/2013

Environnement, santé, société

lu sur :

Synthèse de Presse

 

Du lundi au vendredi, le service de presse de l’Inserm met à votre disposition une synthèse de presse quotidienne.

André Cicolella : « Les maladies chroniques, la nouvelle crise écologique »

Dans un entretien accordé à Libération, André Cicolella, chimiste et toxicologue, cofondateur du Réseau environnement santé, auteur d’un ouvrage intitulé « Toxique planète », rend compte de la multiplication des maladies chroniques dans le monde.

Le chercheur en évaluation des risques sanitaire à l’Ineris (Institut national de l’environnement industriel et des risques), explique que deux décès sur trois sont dus aux maladies chroniques (cancers, diabètes, maladies cardiovasculaires ou respiratoires).

Selon lui, cette pandémie représente « la quatrième crise écologique », et elle a la particularité de ne pas se voir. « On en meurt de moins en moins mais on n’en guérit pas pour autant », souligne-t-il. Il affirme cependant rester « optimiste », car « c’est une pandémie dont nous avons globalement identifié les causes et contre laquelle on peut agir ». Il cite notamment l’exemple du BPA progressivement interdit. André Cicolella estime qu’« il faut un grand mouvement international pour faire le tri parmi les substances chimiques et éliminer celles qui sont incriminées (…) ».

 

Libération, 13/12

Les effets des pics de pollution sur la santé

« L’épisode de pollution aux particules fines, favorisé par un temps froid, sec et sans vent, continuait hier d’affecter une grande partie de la France, notamment la région parisienne et la région Rhône-Alpes », explique La Croix.

Dans ce contexte, Sylvia Medina, épidémiologiste à l’Institut de veille sanitaire, se penche, dans le quotidien, sur les effets des pics de pollution sur la santé. Selon elle, outre des « effets immédiats de type irritatifs » (maux de gorge, de tête, toux…), la pollution « peut aussi aggraver l’état de santé de personnes déjà fragiles, qui sont âgées ou victimes d’une maladie chronique, et conduire à des hospitalisations, voire à des décès anticipés ».

L’exposition à la pollution atmosphérique de longue durée « présente les risques sanitaires les plus graves », explique-t-elle.

Cette dernière rend compte d’une étude, publiée en début de semaine, dans The Lancet, portant sur 370 000 Européens, qui a démontré que « l’exposition à des niveaux de pollution, même intérieurs à la valeur réglementaire limite de 25 microgrammes par mètre cube pour les particules les plus fines (PM 2,5), avait un effet significatif sur la mortalité ». Et d’ajouter qu’« une exposition à la pollution atmosphérique sur une longue durée – en tous cas sur plusieurs années – provoque un surrisque de développer un cancer du poumon ».

 

La Croix, 13/12

14/08/2013

La toute puissance de la Commission européenne ( il faut sortir de "l'Europe" !)

communiqué :


OGM : LA DÉMOCRATIE EST EN DANGER

par Frédéric JACQUEMART , août 2013

Cette tribune, co-signée par des organisations [1] très engagées dans le débat sur les OGM notamment, a été écrite après l’autorisation européenne du maïs SmartStax® , qui comporte huit événements de transformation et avant l’arrêt du Conseil d’État qui annule le moratoire sur la culture en France du maïs MON810.
Cette tribune a été envoyée au journal Le Monde, qui l’a gardée sous le coude sans, finalement, la publier, puis à Médiapart et Rue89, qui ne l’ont pas publiée non plus. Inf’OGM a donc décidé de le faire.

Une grenouille mise dans l’eau chaude saute et se sauve. Une grenouille mise dans l’eau froide et chauffée progressivement se laisse cuire.

 La démocratie en est à un degré de cuisson proche de l’irréversible.
Les organisations signataires du présent article sont concernées au cœur même de leurs activités par les biotechnologies et notamment les Organismes Génétiquement Modifiés (OGM). C’est donc ce domaine-là qui sera pris comme exemple, à partir du récent vote des États membres de l’UE sur le maïs génétiquement modifié SmartStax® [2] et le pollen du MON810, mais nos remarques et conclusions peuvent être facilement étendues à l’ensemble des nouvelles technologies. En effet, les innovations techniques sont tellement nombreuses et arrivent à un rythme tellement effréné, demandant des connaissances tellement pointues, que les citoyens, dont la vie et celle de leurs descendants est profondément affectée par ces innovations, ne peuvent en prendre connaissance que viades experts, qui sont ceux-là mêmes qui produisent ces innovations (ou en tout cas qui sont dans le même moule).
En plus de la complexité technique du sujet (le SmartStax® est un maïs à empilage dans lequel on a introduit huit transgènes, dont le Cry1A105, qui est lui-même une synthèse réalisée à partir de plusieurs gènes bactériens, etc.), le cadre règlementaire - national et européen - qui les concerne et les procédures d’autorisation de mise sur le marché, sont d’une opacité redoutable, impliquant en outre de connaître le contexte des accords internationaux, dont l’OMC. L’industrie de la semence a, elle, les moyens financiers et humains nécessaires et sait mettre à profit, à son profit, cette opacité. Ainsi, différentes combinaisons de transgènes présents dans le SmartStax® vont être autorisées par la Commission européenne, malgré l’opposition réitérée du gouvernement français, SANS JAMAIS AVOIR ÉTÉ ÉVALUÉES, ceci au nez et à la barbe des citoyens européens, qui ne sont pas prêts de comprendre ce tour de passe-passe et qui devront, très bientôt, consommer ce maïs dont ils ne savent rien et qui leur est imposé par l’industrie semencière via la Commission européenne.
En plus de cette complexité technique, il y a plus grave encore. En cette période de repos estival où la chaleur du sable l’emporte sur tout autre sujet, la barrière de protection mise par les gouvernements français successifs contre la culture du maïs MON810 (seul maïs GM autorisé à la culture en Europe) va probablement tomber. Cet exemple est particulièrement instructif.
L’industrie a décidé que les OGM seraient évalués (ce qui n’allait pas de soi lors de l’administration Reagan) et a au moins en partie écrit les procédures de cette évaluation dans le droit international [3]. Il résulte de cela que la question des OGM est réduite à la partie strictement technique, alors même qu’il s’agit d’une question de société. La contestation du bien-fondé d’une autorisation se trouve donc obligatoirement formulée en termes techniques, appuyés par des données scientifiques. Ainsi, pour pouvoir prendre un moratoire interdisant la culture en France du MON810 autorisé par la Commission européenne, le gouvernement français DOIT limiter son argumentaire à des éléments techniques, montrant un risque grave pour la santé et l’environnement. Non seulement le citoyen est privé de fait de son droit à la démocratie, mais les gouvernements eux-mêmes sont privés de leur exercice politique par les firmes semencières !
Que l’apiculture, une profession déjà gravement atteinte par les excès de l’agriculture industrielle, se voit encore fragilisée par l’introduction du maïs MON810 en France, que l’agriculture biologique, enfin reconnue, se trouve devant une difficulté quasi insurmontable [4], que les semences paysannes de maïs, considérées comme devant être préservées, comme l’ont justement souligné deux recommandations du Haut Conseil des Biotechnologies (sur la co-existence et sur la propriété industrielle), ne puissent perdurer[La co-existence avec le maïs conventionnel, pour lequel les semences sont rachetées chaque année est déjà très difficile, mais elle est impossible pour les semences paysannes, car c’est à partir de la récolte que les graines sont à chaque fois sélectionnées, pérennisant ainsi les contaminations par les OGM]], tout cela est parfaitement inopérant, car décrété hors sujet par les producteurs d’OGM.
Un gouvernement a-t-il le droit de s’engager dans une politique agricole ? A-t-il le droit de décider d’encourager la baisse de l’usage des pesticides et de souhaiter ralentir la destruction des sols en incitant aux rotations longues (le MON810, par la solution de facilité à court terme qu’il apporte, va à l’encontre de l’effort nécessaire pour l’adoption de pratiques durables) ? Un gouvernement a-t-il le droit de songer à l’indépendance de son pays en matière d’alimentation alors même qu’il constate la concentration du pouvoir alimentaire entre les mains de quelques multinationales ? Un gouvernement a-t-il le droit, finalement, de faire de la politique ? En matière agricole, excusez du peu, la réponse est non : les règles sont fixées par l’industrie, elles sont incompréhensibles par le citoyen, elles emprisonnent les politiques, et la justice, bien malgré elle, devient une arme au service d’intérêts particuliers.
Ce schéma général est le même pour l’ensemble des technologies émergentes, qui ne sont pas seulement un problème technique, mais bien surtout un problème DÉMOCRATIQUE. Reste la réponse politique que chacun, quelle que soit sa place dans la société, peut donner en son âme et conscience.
 

[1FNE, GIET, UNAF, RSP, Confédération Paysanne, Amis de la Terre, Nature et Progrès
[2Le 11 juillet 2013, les États membres n’ont pas atteint de majorité qualifiée pour ou contre une autorisation du maïs SmartStax et huit maïs « sous-combinés » de ce dernier. La Commission européenne est donc seule décisionnaire. Cf. Inf'OGM« UE - OGM : Bientôt onze nouvelles autorisations pour Monsanto, dont une pour son maïs SmartStax ? »Eric MEUNIER, 11 juillet 2013
[3L’histoire très instructive du fameux « test de résistance à la pepsine », décortiqué par Inf’OGM dans son ouvrage « Évaluation des OGM : l’expertise tourne le dos à la science » est caractéristique
[4En Espagne, où le MON810 est autorisé et cultivé, le maïs biologique n’existe qu’à titre relictuel, loin des zones de grandes cultures

10/04/2013

Chimie et alimentation : le bisphénol A (BPA) dangereux pour les générations futures

Futurs parents, attention !

Les surlignages sont de moi

lu sur :

http://www.lemonde.fr/sante/article/2013/04/09/bisphenol-a-et-cancer-les-preuves-s-accumulent_3156447_1651302.html

Bisphénol A et cancer : les preuves s'accumulent

LE MONDE | 09.04.2013 à 10h40 • Mis à jour le 09.04.2013 à 11h44

Par Paul Benkimoun et Stéphane Foucart

Rarement – jamais peut-être – une agence de sécurité sanitaire aura rendu des conclusions aussi alarmantes sur un polluant à ce point omniprésent dans notre environnement quotidien. Au terme d'un travail de longue haleine ayant rassemblé les contributions d'une centaine de scientifiques, l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) a rendu public, mardi 9 avril, un avis sur le bisphénol A (BPA) singulièrement inquiétant pour les générations à venir.

De toutes les substances chimiques de synthèse capables d'interférer avec le système hormonal ("perturbateurs endocriniens"), le BPA est celle qui entre dans la composition du plus grand nombre d'objets (plastiques, conserves, canettes, amalgames dentaires, etc.) ; il imprègne l'ensemble de la population occidentale.

Selon l'agence française, "certaines situations d'exposition de la femme enceinte au BPA présentent un risque pour la glande mammaire de l'enfant à naître". En d'autres termes, les enfants exposées in utero à des taux de BPA rencontrés dans la population générale pourront avoir un risque accru de contracter un cancer du sein plus tard dans leur vie.

RISQUE ACCRU DE CANCER DU SEIN POUR L'ENFANT À NAÎTRE

D'autres risques (troubles du comportement, défauts de l'appareil reproducteur femelle, obésité) pour l'enfant à naître ont été évalués comme "négligeables" pour la population générale, mais ne sont pas exclus pour certaines catégories. D'autres risques encore – pour la prostate, la thyroïde, la fertilité masculine, etc. –, avérés ou suspectés sur l'animal, n'ont pu être évalués par les experts, faute de données suffisantes. "Ces risques ne sont pas pour autant exclus", dit-on à l'Anses.

Sur la foi de nombreuses études, menées depuis une vingtaine d'années sur des animaux de laboratoire, le risque retardé de cancer du sein après exposition au stade fœtal est connu de longue date. Mais c'est la première fois qu'une agence d'expertise sanitaire procède à une analyse des risques en complétant la littérature scientifique par de nombreuses mesures d'exposition de la population.

La mesure de BPA dans l'air à l'intérieur des habitations, les poussières, l'alimentation, l'eau, les tickets de caisse, etc. a permis à l'agence d'évaluer cette exposition. Dans 23 % des situations, les femmes enceintes sont potentiellement exposées à des taux de BPA présentant un risque accru de cancer du sein pour l'enfant à naître.

RÉSINES ÉPOXY QUI GAINENT L'INTÉRIEUR DES BOÎTES DE CONSERVE 

Ce taux de 23 % ne peut être directement extrapolé, mais il rend plausible le fait qu'entre un cinquième et un quart des femmes enceintes ont un taux d'imprégnation au BPA excédant une valeur de référence calculée par les experts de l'Anses. Fait notable : pour demeurer en deçà de ce seuil d'imprégnation, la dose journalière admissible établie par l'Autorité européenne de sécurité des aliments devrait être réduite de plusieurs milliers de fois...

Selon l'Anses, la première source d'exposition est de loin l'alimentation, qui contribue à quelque 84 % de l'exposition de la femme enceinte au BPA. Environ la moitié de l'exposition totale provient des résines époxy qui gainent l'intérieur des boîtes de conserve. Les eaux en bonbonne sont un risque additionnel. Les sources d'environ 25 % à 30 % de la contamination des aliments consommés (en particulier des produits animaux) n'ont pas pu être déterminées : elles demeurent énigmatiques.

La situation la plus inquiétante est celle des caissières qui manipulent des tickets de caisse en permanence : en cas de grossesse, les risques pour l'enfant à naître, outre ceux de cancer du sein, peuvent concerner les troubles du comportement, le risque d'obésité et d'éventuelles altérations de l'appareil reproducteur féminin.

D'AUTRES BISPHÉNOLS AUTANT, VOIRE PLUS PROBLÉMATIQUES

Quant aux tickets de caisse estampillés "sans bisphénol A", une bonne part contient comme substitut d'autres bisphénols autant, voire plus problématiques.

L'Anses a ainsi également étudié les alternatives au BPA. Elle s'est appuyée pour cela sur son inventaire des alternatives au BPA publié en février 2012, recensant 73 substances. Cet inventaire, qui n'est "probablement pas exhaustif", comporte notamment les résultats d'un appel à contributions lancé en 2011 sur les "effets sanitaires, usages et substitutions du BPA".

Parmi ces alternatives, certaines "sont actuellement utilisées sur les marchés européen et non européen alors que d'autres n'en sont encore qu'à un stade de recherche et développement", note l'agence, mais il n'en existe aucune qui pourrait remplacer le BPA dans tous ses usages.

"PROPRIÉTÉS OESTROGÉNIQUES"

Au vu des données disponibles sur la toxicité, l'Anses constate que "même si la plupart de ces composés chimiques ont été (pré) enregistrés sous Reach , ceux-ci n'ont pas pour autant fait l'objet d'essais complets dans le domaine de la toxicologie, notamment vis-à-vis de la reproduction et/ou de leur caractère de perturbateurs endocriniens".

L'Anses a passé en revue les autres composés de la famille des bisphénols. Outre le BPA, elle comporte en effet le Badge (BPS diglycidyl ether) et les bisphénols B, F, S et M. "L'analyse des données disponibles montre que la structure chimique commune aux composés de la famille des bisphénols leur confère des propriétés oestrogéniques", mimant l'action d'hormones féminines, précise l'Anses. Tout ce qu'il faut pour faire un perturbateur endocrinien.

Paul Benkimoun et Stéphane Foucart

09/01/2013

Les dangers de l'aspartame

lu sur :

http://www.lemonde.fr/sante/article/2013/01/08/vaste-consultation-publique-sur-l-aspartame-lancee-en-europe_1814273_1651302.html

Vaste consultation publique sur l'aspartame lancée en Europe

Le Monde.fr avec AFP | 08.01.2013 à 18h55 • Mis à jour le 08.01.2013 à 18h55             

L'Autorité européenne pour la sécurité des aliments (EFSA) a annoncé, mardi 8 janvier, le lancement d'une consultation publique pour finaliser son avis, attendu en mai, sur l'aspartame, un édulcorant au pouvoir sucrant utilisé par l'industrie agroalimentaire, et objet de nombreuses critiques. Cette consultation sera mené jusqu'au 15 février.

Un pré-avis rendu par les experts scientifiques consultés considère que l'aspartame, référencé comme E-951, "ne présente aucun risque pour la santé avec les niveaux aujourd'hui autorisés en Europe". La consultation porte sur ces conclusions, précise l'EFSA. Une des questions posées concerne le risque présenté par la consommation journalière de nombreux sodas contenant de l'aspartame.

PUBLICATION DE L'ORIGINAL DE LA DEMANDE D'AUTORISATION

L'Autorité européenne reconnaît que la phénylalanine, un des composants de l'aspartame, constitue un risque pour les femmes enceintes frappées par la phénylcétonurie, mais les patientes sont contraintes à un régime alimentaire strict. "Le sel peut aussi être mortel", a commenté le porte-parole de l'EFSA.

L'enjeu de cette consultation est lourd, et l'avis de l'EFSA est très attendu, car l'utilisation de l'aspartame est autorisée dans l'Union européenne en tant qu'additif alimentaire pour sucrer une série d'aliments comme les boissons, les desserts, les confiseries, les chewing-gums, les yaourts, les produits hypocaloriques et amaigrissants ainsi que comme édulcorant de table. Derrière ces produits se retrouvent les principales multinationales de l'agroalimentaire. Les doses journalières autorisées actuellement sont de 40 mg/kg/jour.

La Commission européenne a demandé à l'EFSA d'accélérer ses travaux sur cette évaluation de risque. L'avis devait initialement être rendu en 2020. Il se fondera sur de nouvelles études scientifiques obtenues lors d'un appel de données clos le 30 septembre 2011. Seront également publiés les cent douze documents originaux sur l'aspartame soumis comme éléments justificatifs dans le cadre du processus de demande d'autorisation en Europe au début des années 1980.

Lire

Le débat sur les dangers de l'aspartame divise la communauté des médecins

http://www.lemonde.fr/vous/article/2009/05/08/le-debat-sur-les-dangers-de-l-aspartame-divise-la-communaute-des-medecins_1190596_3238.html

LE MONDE | 08.05.2009 à 16h53 • Mis à jour le 08.01.2013 à 18h18 

            Par Pascale Santi

L'aspartame est-il bon ou mauvais pour la santé ? "Un enfant qui n'est ni diabétique ni obèse, de même qu'une femme enceinte, devrait s'abstenir de consommer de l'aspartame", le docteur Valérie Magnin, cancérologue, a relancé le débat à la tribune du congrès "Cancer et environnement", organisé à Aix-en-Provence en avril. Pour d'autres médecins, en revanche, un usage raisonnable ne pose aucun problème. 

Découvert en 1965, l'aspartame est présent partout : sucrettes, boissons, desserts, bonbons, chewing-gums, yaourts, produits amaigrissants, etc. Les doses journalières autorisées (DJA) sont de 40 mg/kg/jour. L'aspartame est un édulcorant puissant dit "intense", faible en calories, avec un pouvoir sucrant environ 200 fois supérieur à celui du saccharose (sucre de table).

DES TROUBLES DIVERS

Le docteur Laurent Chevallier, spécialiste de la nutrition, auteur de plusieurs ouvrages de référence, dont Les 100 Meilleurs Aliments pour votre santé et la planète (Fayard, 333 p., 19 euros), regarde, lui aussi, cette substance avec méfiance : "Je déconseille absolument à mes patients la consommation de l'aspartame lorsqu'il s'agit d'enfants, même après 3 ans (il est interdit dans l'alimentation pour bébé et jeunes enfants jusqu'à 3 ans) et de femmes enceintes et allaitantes. Ce principe ne devrait-il pas se généraliser ?"

Il mentionne "des témoignages alarmistes de personnes ayant consommé ces produits et décrivant des troubles très divers : maux de ventre, mal-être, dépression, vertiges, troubles de la mémoire, ces effets s'estompant à l'arrêt des prises". Certes, "ce ne sont que des affirmations, mais cela devrait alerter les pouvoirs publics", poursuit-il. Mais "l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (AFSSA) devrait prendre les devants face à des études qui alertent et à une trop grande incertitude sur l'innocuité des édulcorants".

Les études menées sur des rats par le centre de recherche sur le cancer de la Fondation Ramazzini (Bologne, Italie), en 2005, puis en 2007, avaient semé le trouble, en montrant un lien entre l'aspartame et l'augmentation des cancers. Mais l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), notamment, avait conclu qu'il "n'y avait pas de base scientifique pour reconsidérer son utilisation dans les aliments".

Marie-Christine Favrot, responsable de la direction des risques nutritionnels et sanitaires à l'AFSSA, assure que "les éléments scientifiques accumulés sur ce sujet depuis des années ne permettent pas de conclure que l'aspartame présente un risque pour la santé humaine". Philippe Reiser, directeur scientifique au Centre d'études et de documentation du sucre (Cedus), est sur la même ligne : "Ma position est celle des autorités sanitaires, qui ont réaffirmé l'innocuité de l'aspartame." "Qui croire ?, interroge Mme Magnin. Ces études sont-elles indépendantes ?"

Autre question controversée : l'aspartame fait-il maigrir ? "Il n'y a pas de preuve formelle de son intérêt sur le contrôle du poids. Les boissons à base d'édulcorant participent à la progression du surpoids et de l'obésité, selon certaines études, même si cela peut paraître paradoxal", indique M. Chevallier. Cette hypothèse est étayée par les travaux du professeur John Blundell, directeur du département de psychobiologie de l'université de Leeds au Royaume-Uni.

Elle est cependant contestée. "L'aspartame est une façon idéale de remplacer le sucre avec pratiquement aucune calorie, et peut contribuer à une bonne hygiène bucco-dentaire", souligne le site Aspartame Information, géré par... Ajinomoto, l'un des plus grands fabricants d'aspartame au monde. Cependant, "en général, les consommateurs de produits allégés surconsomment", avertit M. Reiser.

Pascale Santi

Colorants : 42 % des bonbons non conformes

La réglementation qui s'applique aux producteurs de confiseries en matière de colorants artificiels n'est pas respectée dans 42 % des cas. Tel est le résultat d'une enquête de la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) publiée le 14 avril. "Les fabricants de produits de confiserie, français ou étrangers, ne maîtrisent pas parfaitement l'emploi des colorants artificiels", souligne l'organisme d'Etat. Dans deux tiers des cas, la non-conformité concerne seulement l'étiquetage. "Les confiseries contiennent beaucoup de colorants artificiels, car les couleurs attirent les jeunes consommateurs", ajoute la DGCCRF. Le Syndicat national de la confiserie s'est "étonné" des résultats de cette étude, soulignant que les colorants sont faiblement dosés.

24/12/2011

Nocivité des cigarettes : Philip Morris a triché, c'est prouvé.

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2011/12/23/quand-les-tabagistes-detournent-la-science_1622464_3244.html

Quand les cigarettiers détournent la science

Au début des années 1990, Philip Morris a mis en place des recherches dédouanant de tout effet nocif les additifs ajoutés au tabac.

LE MONDE SCIENCE ET TECHNO | 23.12.11 | 14h32   •  Mis à jour le 23.12.11 | 14h47

C'est un cas d'école de toute beauté. Avec trois collègues de l'université de Californie à San Francisco, Stanton Glantz, professeur de médecine et chercheur au Center for Tobacco Control Research and Education, offre, dans la livraison du 20 décembre de la revue PLoS Medicine (*), un superbe exemple de corruption et de manipulation de la science. Les quatre scientifiques ont voulu vérifier par eux-mêmes les conclusions d'un programme de recherche mené par le cigarettier Philip Morris dédouanant de tout effet nocif les additifs ajoutés au tabac.

De quoi s'agissait-il ? A la fin des années 1990, Philip Morris s'inquiétait - à raison - de la possibilité que la Food and Drug Administration (FDA) puisse un jour avoir son mot à dire sur la composition des cigarettes - comme c'est le cas pour les médicaments ou les aliments. Anticipant le moment où surviendrait cette décision, finalement advenue en 2009, le cigarettier américain avait lancé le "Project MIX". Celui-ci était censé évaluer la toxicité additionnelle de 333 des 599 additifs ajoutés au tabac des cigarettes, afin de pouvoir montrer au régulateur, le moment venu, des études rassurantes attestant l'absence de surtoxicité de ces adjuvants et autres agents de saveur.

Pourquoi ces 333 additifs et pas les 266 autres ? Stanton Glantz et ses coauteurs avouent l'ignorer. Toujours est-il que le résultat du Projet MIX est publié sous forme de quatre articles, en janvier 2002, dans Food and Chemical Toxicity, une revue savante de belle envergure. Avec comme conclusion générale que "les changements statistiquement significatifs détectés sur certains paramètres (...) sont secondaires" et qu'"il n'y a nul indice d'aucun nouvel effet attribuable" à ces additifs...

En compulsant des documents internes de Philip Morris rendus publics par décision de justice, Stanton Glantz et ses coauteurs ont décortiqué les méthodes des scientifiques du cigarettier. Ces derniers ont bel et bien comparé la fumée des cigarettes avec additifs et celle de cigarettes privées de ces produits. Mais ce qu'ils ont comparé, c'est la teneur de composés toxiques rapportée à la concentration totale de particules contenues dans la fumée... Dans ce cas, en effet, pas de différences notables.

Tour de passe-passe

Mais ils ont laissé de côté d'autres données beaucoup plus ennuyeuses. Car, si l'on s'intéresse à la quantité totale de toxiques produits par la combustion d'une cigarette, tout change ! Les "tiges" bardées de ces fameux additifs augmentent de plus de 20 % la quantité de quinze carcinogènes et cytotoxiques connus, présents dans la fumée inhalée... De plus, rappelle le pneumologue Yves Martinet, président de l'Alliance contre le tabac, "nombre de ces additifs servent à rendre moins irritante la fumée de cigarette, donc à la rendre plus facilement inhalable". Donc plus nocive puisqu'elle peut pénétrer plus profondément dans les poumons du fumeur... Ainsi, la surtoxicité des additifs est double.

Comment diable un tel tour de passe-passe a-t-il pu être repris dans une revue comme Food and Chemical Toxicology ? La réponse est elle aussi dans la documentation interne du cigarettier, dont l'un des caciques explique qu'il faut soumette les résultats de l'étude "à une revue dont l'éditeur nous connaît". A cette période, celui qui dirigeait le comité éditorial de la revue était un distingué professeur de pharmacologie et de toxicologie de la Virginia Commonwealth University, de même qu'un membre du conseil scientifique de... Philip Morris. Quant au comité éditorial lui-même, il ne risquait guère de se rebeller : pas moins de onze de ses membres entretenaient des liens de diverses natures avec l'industrie du tabac...

Pour l'heure, la FDA a simplement tenu compte des "travaux" de Philip Morris publiés en 2002. Ces derniers étant désormais mis en pièces, l'agence américaine pourrait bien décider de demander à l'industrie de revoir les formulations de ses "clous de cercueil"... Le principal auteur des travaux réfutés, Ed Carmines, n'a pas répondu aux sollicitations du Monde.

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(*) pour l'étude de PLoS Medicine, voir :

The Toxic Effects of Cigarette Additives. Philip Morris’ Project Mix Reconsidered: An Analysis of Documents Released through Litigation

http://www.plosmedicine.org/article/info%3Adoi%2F10.1371%2Fjournal.pmed.1001145

02/09/2011

Les expériences médicales de scientifiques américains dans les années 1940

Aussi bien que les expériences des nazis et des japonais sur des cobayes humains pendant la seconde guerre mondiale !

lu sur :

http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2011/08/29/les-experiences-medicales-americaines-au-guatemala-dans-les-annees-40-ont-tues-au-moins-83-personnes_1565105_3222.html

Les expériences médicales américaines au Guatemala dans les années 40 ont tué au moins 83 personnes

 

LEMONDE.FR | 29 août 2011 | avec AFP | 244 mots

.

Les expériences médicales de scientifiques américains dans les années 1940 au Guatemala ont tué au moins 83 personnes, a révélé lundi 29 août une commission mise en place par le président Barack Obama. Des quelque 5 500 personnes soumises à ces expériences, qui comprenaient dans bien des cas l'inoculation de maladies sexuellement transmissibles, "nous pensons que 83 personnes" sont mortes, a indiqué un membre de la commission, Stephen Hauser.

Les scientifiques avaient sciemment inoculé, et à leur insu, à près de 1 300 personnes la syphilis et la blennorragie. De ces 1 300 personnes, seules "700 ont bénéficié d'un quelconque traitement", a ajouté M. Hauser lors d'une réunion destinée à présenter les conclusions préliminaires de la commission. Ces expériences, qui ont eu lieu entre 1946 et 1948, ont été financées par les instituts nationaux américains de la santé.

Les chercheurs avaient choisi comme cobayes des personnes vulnérables, y compris des malades mentaux, et ne les ont informées ni de l'objet de leur recherche ni de ce qui allait leur arriver. Ils les ont encouragées à transmettre des maladies sexuelles et n'ont pas traité celles qui ont contracté la syphilis. Selon la présidente de la commission, Amy Gutmann, il s'agit là d'une "injustice historique" faite aux populations concernées.

La commission a été mise en place sur ordre de Barack Obama en novembre 2010. Un mois auparavant, les Etats-Unis, via la secrétaire d'Etat, Hillary Clinton, et la ministre de la santé publique, Kathleen Sebelius, avaient présenté leurs excuses à des centaines de Guatémaltèques infectés délibérément et à leur insu par la syphilis et la blennorragie.

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lire aussi sur le journal le Monde :

"Il faut plus de transparence sur les essais cliniques"Entretien

LE MONDE |  2 septembre 2011 | Propos recueillis par Paul Benkimoun | 346 mots
La journaliste américaine a écrit plusieurs livres, dont "Cobayes humains : le grand secret des essais pharmaceutiques" (Demopolis, 2007). La journaliste américaine Sonia Shah a écrit plusieurs livres, dont Cobayes humains : le grand secret des essais pharmaceutiques (Demopolis, 2007).

 

LE MONDE |  2 septembre 2011 | Paul Benkimoun | 1024 mots
Entre 1946 et 1948, des Guatémaltèques se sont vu inoculer des infections sexuellement transmissibles par des médecins américains. C'est l'un des épisodes les plus épouvantables qu'ait connus la médecine après la seconde guerre mondiale.

21/03/2011

Les pesticides et les agriculteurs français

lu sur :

http://dircom.inserm.fr/synthesedepresse/

Pesticides : la bombe à retardement

Les maladies neurologiques et cancers se multiplient actuellement parmi les agriculteurs qui se sont lancés dans les années 1970 et 1980 dans l'agriculture intensive, laquelle reposait sur une utilisation importante de pesticides.

Le programme de surveillance Phyt'attitude de la Mutualité sociale agricole relève que des « pathologies chroniques commencent à apparaître », cause d'une exposition à faible dose et prolongée dans le temps à ces produits.

Une quarantaine d'agriculteurs ont créé ce week-end une association nationale d'aide et de défense des victimes des pesticides, appelée « Phyto-victimes ».

Objectifs de l'association : sortir la profession du déni, mais aussi faire reconnaître ces pathologies comme maladies professionnelles. 


Monde [Le], 20/03/2011 - France Soir, 21/03/2011

 

25/12/2010

Similitudes et différences de comportement chez différents primates, dont nous sommes

à lire sur :

http://www.cell.com/current-biology/searchresults?searchText=Kanyawara&submit_search=Search&searchBy=fulltext

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Les petites guenons jouent à la poupée :

Sex differences in chimpanzees' use of sticks as play objects resemble those of children

(lien  résumé )
adresse  texte complet:
http://www.cell.com/current-biology/fulltext/S0960-9822%2810%2901449-1?scriptOff=true

Sonya M. Kahlenberg, Richard W. Wrangham 21 December 2010 Current Biology -20(24) pp. R1067 - R1068 0

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Les chimpanzés ont une culture acquise :

Wild Chimpanzees Rely on Cultural Knowledge to Solve an Experimental Honey Acquisition Task

(lien résumé ) 
adresse  texte complet:
http://www.sciencedirect.com/science?_ob=ArticleURL&_udi=B6VRT-4XHCCX1-5&_user=10&_coverDate=11%2F17%2F2009&_rdoc=1&_fmt=high&_orig=
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9a716d11dae43db24f9b3feafe97b4c8&searchtype=a

Thibaud Gruber, Martin N. Muller, Pontus Strimling, Richard Wrangham, Klaus Zuberbühler 17 November 2009 Current Biology -19(21) pp. 1806 - 1810 4

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Les chimpanzés accordent des faveurs (tu me soutiens politiquement et je te laisse accéder à mon harem):

Ape Society: Trading Favours

(lien résumé )
adresse  texte complet:
http://www.sciencedirect.com/science?_ob=ArticleURL&_udi=B6VRT-4PK8RYP-S&_user=10&_coverDate=09%2F04%2F2007&_rdoc=1&_fmt=high&_orig=
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9b1145d77f065788a2c5c5ac477b9219&searchtype=a
Richard W. Byrne 4 September 2007 Current Biology -17(17) pp. R775 - R776 1

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La politique chez les chimpanzés :

Male chimpanzees exchange political support for mating opportunities (idem: tu me soutiens politiquement et je te laisse accéder à mon harem):


(lien  résumé )
adresse texte complet:
http://www.sciencedirect.com/science?_ob=ArticleURL&_udi=B6VRT-4MCW996-V&_user=10&_coverDate=11%2F21%2F2006&_rdoc=1&_fmt=high&_orig
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Kimberly G. Duffy, Richard W. Wrangham, Joan B. Silk 7 August 2007 Current Biology -17(15) pp. R586 - R587 18

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Les messieurs chimpanzés préfèrent les vieilles dames chimpanzées :

Male Chimpanzees Prefer Mating with Old Females

(lien résumé )
texte complet:
http://www.sciencedirect.com/science?_ob=ArticleURL&_udi=B6VRT-4MCW996-V&_user=10&_coverDate=11%2F21%2F2006&_rdoc=1&_fmt=high&_orig=
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Martin N. Muller, Melissa Emery Thompson, Richard W. Wrangham 21 November 2006 Current Biology -16(22) pp. 2234 - 2238 19

09/12/2010

De l'intérêt du look

lu sur :

http://www.libetoulouse.fr/2007/2010/12/biologie-le-m%C3%A2le-rougissant-attire-les-femelles.html

Biologie: le mâle rougissant attire les femelles

La femelle du canard colvert pond des oeufs plus viables quand le mâle et père de la progéniture a l'air en meilleure santé et qu'il a le bec bien coloré. 

Coincoin SCIENCES. Depuis Michel Audiard, on savait qu'il ne faut pas prendre les enfants du Bon Dieu pour des canards sauvages. Désormais,  grâce aux chercheurs du CNRS de Toulouse on sait aussi que les dits canards sauvages ne sont pas nés de la dernière pluie lorsqu'il s'agit de s'accoupler.

En effet selon les résultats publiés  par l'équipe internationale comprenant plusieurs chercheurs toulousains du CNRS , la femelle du canard colvert pond des oeufs plus viables quand le mâle et père de la progéniture a l'air en meilleure santé et qu'il a le bec bien coloré.

Elle "démontre clairement et de façon expérimentale que les femelles colverts prennent en compte la coloration de leur partenaire et modulent leur investissement dans la reproduction en fonction" de celle-ci, ajoute le texte.

Cette étude conforte une théorie de la biologie évolutive qui suppose que les femelles utiliseraient les signaux sexuels exhibés par les mâles pour juger de leurs qualités, telles que leur capacité à protéger les jeunes, à les nourrir ou à leur transmettre des gènes de résistance aux parasites. En fonction de ces critères d'attractivité, elles modifieraient leur propre investissement dans la reproduction. La femelle paierait davantage de sa personne dans la reproduction quand elle sent que l'accouplement donnera des canetons plus viables

Pour valider leur propos, les chercheurs ont testé cette hypothèse sur quarante couples de colverts en manipulant la coloration du bec de la moitié des mâles grâce à de petites doses de caroténoïdes. La coloration est considérée comme un bon indicateur de l'état de santé des canards, en particulier d'une meilleure immunité.
  
Résultat : les becs les plus vifs ont fait le plus d'effet. Les femelles qui se sont accouplées avec les mâles au bec plus coloré ont pondu des oeufs de plus grande taille que les autres canes, augmentant ainsi la quantité de nutriments disponibles pour l'embryon.

Mieux : elles ont aussi déposé dans l'albumen (le blanc de l'œuf) davantage de protéines chargées de la destruction des parois des bactéries. Elles ont ainsi mieux protégé l'embryon des micro-organismes pathogènes.

Cette étude a été réalisée par Mathieu Giraudeau sous la direction de Philipp Heeb, membre du CNRS et chargé de recherche à l'université de Toulouse III-Paul Sabatier. Elle a été publiée par l'éminente revue scientifique britannique Proceedings of the Royal Society B (biological sciences), précise le communiqué.

Les enfants du Bon Dieu dans tout ça? Ils ne restent plus qu'à vérifier si ces découvertes sur la femelle du canard peuvent s'appliquer à l'être humain. Alors sur quels critéres physiques masculins, la gente féminine flashe-t-elle?

J-M.E avec Afp.

Photo : Les cols verts DR : Reuters