Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

04/07/2016

Indépendance de la police britannique vis à vis du pouvoir politique ...

... ce n'est pas en France qu'on verrait çà !

lu sur :

UK police ask to interview Israeli former minister over Gaza war ...

www.theguardian.com › World › Israel

Traduire cette page

Israel’s former foreign minister Tzipi Livni has been granted special diplomatic immunity by the UK government after a Metropolitan police request to interview her over allegations about war crimes during the 2008-09 military operation in Gaza.

Israel expressed “great concern” to London over the summons on Thursday for a “voluntary interview” from Scotland Yard detectives examining alleged war crimes, as Livni prepared to attend a conference in London organised by the liberal Israeli newspaper Haaretz.

“We would have expected different behaviour from a close ally such as the UK,” a foreign ministry statement said. “Israel is fully committed to the rule of law – in both times of peace and in times of war.”

Livni was foreign minister at the time of Israel’s Operation Cast Lead against Hamas, which according to the Israeli human rights group B’Tselem resulted in 1,391 Palestinian deaths, at least 759 of them non-combatants.

She told Israeli Army Radio on Monday the police request was non-mandatory but “unacceptable”.

Livni said in London that she was proud of the decisions she had taken in government, and that Hamas had continued to attack Israel despite the withdrawal of Jewish settlements in Gaza in 2005. She added: “The British legal system is being abused.”

This is the third time that Livni, who it was agreed would meet a senior UK Foreign Office official during her trip, has been given immunity in related circumstances.

In 2014 while she was justice minister, efforts were made by British lawyers acting with the Palestinian Centre for Human Rights to persuade the Crown Prosecution Service to order her arrest. The PCHR complained that such diplomatic intervention endorsed “the rule of the jungle”.

Although originally on the Israeli right, Livni supports a two-state solution and was heavily involved in peace negotiations with the Palestinian president, Mahmoud Abbas.

Scotland Yard said it did not comment on whom it wished to interview and added: “There is no ongoing investigation.”

07/05/2015

derives armee israel (mots clefs)

Quelques liens :

(Juifs de tous les pays, révoltez-vous !)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

et aussi :

Israël a une vision singulière du droit de la guerre
Israël possède « l'armée la plus morale du monde ». .
www.lemonde.fr/proche-orient/article/2015/05/04/is

et encore

 
A l'annonce d'une trêve de deux heures, à 13H30 (10H30 GMT), un convoi d'ambulances et de camions de pompiers avance, dimanche, dans Chajaya dévastée, tandis que ...

 

 

01/04/2015

La Palestine officiellement membre de la Cour pénale internationale

lu sur :

La Palestine officiellement membre de la Cour pénale internationale

Le Point -  Publié le 01/04/2015 à 11:34

L'intention affichée par les dirigeants du nouvel entrant est de faire juger les chefs israéliens pour crimes de guerre ou crimes liés à l'occupation.

source AFP 

La Palestine est devenue formellement mercredi membre de la Cour pénale internationale (CPI), avec l'intention d'y faire juger les dirigeants israéliens pour crimes de guerre ou crimes liés à l'occupation. Une cérémonie à huis clos s'est déroulée au siège du tribunal à La Haye pour marquer cette adhésion, au cours de laquelle le ministre palestinien des Affaires étrangères, Ryad al-Malki, a reçu une copie symbolique du Statut de Rome, fondateur de la CPI. L'adhésion de la Palestine constitue un pas de plus dans la confrontation diplomatique et judiciaire engagée en 2014 par la direction palestinienne.

C'est aussi une démarche aux conséquences incertaines: le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et d'autres dirigeants israéliens semblent loin de comparaître un jour à La Haye. Exaspérés par des décennies de vaines négociations, sans aucune perspective de voir naître prochainement l'État auquel ils aspirent depuis longtemps, les Palestiniens ont fait le choix d'internationaliser leur cause. Fin 2014, ils ont décidé de rejoindre la CPI, qui a pour vocation de poursuivre les auteurs de génocides, crimes contre l'humanité et crimes de guerre, après avoir vu rejeter par le Conseil de sécurité de l'ONU un projet de résolution mettant fin à l'occupation israélienne dans les trois ans.

En même temps qu'il demandait l'adhésion à la CPI, le président palestinien Mahmoud Abbas avait envoyé à la cour un document autorisant la procureure de la CPI, Fatou Bensouda, à enquêter sur des crimes présumés commis dans les Territoires palestiniens depuis le 13 juin 2014.

23/01/2015

Palestine et Cours Pénale Internationale

Nota Bene :

les personnes qui lisent les notes mises sur ce blog ont sans doute remarqué la présence d'un bandeau publicitaire dans le haut de l'écran. Cette publicité, mise par le MIDI LIBRE, n'existait pas auparavant ; elle est apparue il y a quelques jours. 

Il faut savoir que cette publicité est extrêmement gênante pour l'enregistrement des notes et ralentit considérablement leur mise en page. 

De plus, je suis par principe opposé à toute publicité.

J'envisage donc de trouver un autre hébergeur pour ce blog.

L'adresse vous en sera donnée en temps voulu.

lu sur :

Agence Media Palestine | SOLIDARITE AVEC LA PALESTINE

www.agencemediapalestine.fr/
 
L’enquête préliminaire de la CPI sur la Palestine : encore très loin d’un procès pour crimes de guerre
 
 

Dans une analyse pour "The Electronic Intifada" d’août dernier, l’expert en droit international Michael Kearney soutient que la Palestine poserait à la Cour une série de défis majeurs.

« La pression politique contre le bureau du Procureur est susceptible d’être immense, » note Kearney, « et la mission d’affirmer et de conserver une indépendance de la poursuite est une chose à surveiller de très près ».

Lire la suite de l'article du journaliste Ali Abunimah sur le site de l'Agence.

13/01/2015

SITUATION EN PALESTINE

communiqué :

SITUATION EN PALESTINE
 
Par le Mouvement politique d’émancipation populaire (M’PEP).
 
Le 12 janvier 2015.
 

Patrick SERRES, de l’association France Palestine solidarité de Gironde (AFPS 33) et André ROSEVEGUE, de l’Union juive française pour la paix (UJFP), étaient les invités de l’Université d’automne du M’PEP, mi-novembre, à Bordeaux. Ils ont fait le point sur la situation en Palestine.
 
C’est l’occasion de dénoncer la présence indécente à la « Marche républicaine » du dimanche 11 janvier à Paris, entre autres chefs d’État pratiquant la répression, interdisant la liberté d'expression, s'opposant à la laïcité, discriminant les femmes, méprisant la souveraineté des peuples, menant des opérations guerrières, de Benjamin Netanyahu, le Premier ministre israélien, massacreur des Palestiniens, d’Avigdor Lieberman, ministre des Affaires étrangères d’Israël, chef du parti d’extrême-droite Israel Beytenou, de Naftali Bennett, chef du parti sioniste religieux d’extrême-droite Le Foyer Juif et du mouvement pro-colonies My Israel.
  • Benjamin Netanyahu, Premier ministre israélien, s’est toujours opposé aux Accords d’Oslo. Ces derniers résultent de discussions entre des négociateurs israéliens et palestiniens tenues à Oslo en Norvège, pour poser les premiers jalons d'une résolution du conflit israélo-palestinien. Une Déclaration de principes a été signée à Washington le 13 septembre 1993 en présence de Yitzhak Rabin, Premier ministre israélien, de Yasser Arafat, Président du comité exécutif de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) et de Bill Clinton, Président des Etats-Unis, pour régler le problème et poser les bases d’une autonomie palestinienne temporaire de 5 ans. Benjamin Netanyahu a favorisé la construction de nouvelles implantations israéliennes en Cisjordanie, en expulsant les Palestiniens. Il s’est toujours opposé à la création d’un État palestinien. Avant de prendre l'avion pour Paris il a lancé un appel : "A tous les juifs de France, tous les juifs d'Europe, je vous dis : Israël n'est pas seulement le lieu vers lequel vous vous tournez pour prier, l'Etat d'Israêl est votre foyer".
  • Avigdor Lieberman, ministre des Affaires étrangères, a fondé le parti d'extrême droite Israel Beytenou. Lors de la seconde intifada, en 2002, il demande le bombardement des stations d'essence, banques et centres commerciaux palestiniens. Il s'oppose au plan de désengagement des territoires occupés et propose en mai 2004 un plan alternatif dans lequel il prévoit une séparation entre Juifs et Arabes « pour créer deux États ethniquement homogènes ». En janvier 2008, Avigdor Liberman a quitté le gouvernement afin de s'opposer aux négociations de paix avec les Palestiniens. Il a été inculpé de « blanchiment d’argent », « fraude », « subornation de témoins », « entrave à la justice »…
  • Naftali Bennett est un homme d’affaire et politicien qui dirige le parti politique sioniste religieux d’extrême-droite Le Foyer juif, ainsi que le mouvement pro-colonies My Israel. En juillet 2013 il déclare : « J'ai tué beaucoup d'Arabes dans ma vie. Et il n'y a aucun problème avec ça », lors d'une réunion retranscrite par le quotidien Yedioth Ahronoth.
 
Pour accéder à la vidéo, cliquez ci-dessous :
http://www.m-pep.org/spip.php?article3874

11/11/2014

11 novembre : rappels sur les guerres modernes et l'industrie chimique

Un billet à lire sur un blog de MEDIAPART :

PAR POL

Depuis la mort de Rémi Fraisse, cette guerre que certains ont qualifié avec raison de boucherie me semble bien plus proche que ce qu’on nous raconte dans les gazettes. En ce jour, la République va déployer ses pompes et son spectacle pour faire oublier la réalité de la sauvagerie des combats subis par un peuple enrôlé dans une aventure militaire dont personne n’explique clairement les raisons… 

Pire encore, je peux écrire, que  la guerre quatorze, continue à tuer quotidiennement des milliers d’inconnus sans que personne n’en prennent conscience. Je vais m’expliquer. Ce n’est pas un anachronisme, à peine une provocation.

Tout le monde peut comprendre aujourd’hui que Rémi Fraisse est mort – comme Médiapart a su vraiment le décrire – déchiqueté par l’explosion d’une arme de guerre inventée à cette époque… Que la gendarmerie utilise des grenades comme si elle était encore dans les tranchées ? Cent ans après, en temps de paix, contre des manifestants qui défendent des positions politiques… Il y a de quoi s’interroger… Pour le centenaire, il serait bon de commémorer l’arrêt des hostilités en interdisant l’usage de ces armes antédiluviennes. 
La mort tragique du militant écologique est un exemple.

Mais la Grande guerre qui continue dans nos campagnes… encore aujourd’hui sous d’autres formes.

Les paysans qui ont déversé leur lisier sur un local d’Europe Écologie Les Verts, ne se rendent pas compte (de cela aussi) qu’ils défendent une agriculture obsolète utilisant des pesticides…

Et ne le saviez vous pas, les pesticides, sont né à cette période.

Un peu d’histoire … Issu de la petite bourgeoisie juive prussienne, Fritz Jacob Haber, chimiste allemand inventa, avec quelques collaborateurs, la synthèse de l'ammoniac, pour créer un engrais azoté… à la place du guano et du salpêtre utilisés dans l’agriculture.

Malgré les conventions de La Haye de 1899 et 1907 qui interdissent les armes chimiques Haber va en créer une redoutable (qui a servi encore pendant la guerre Iran/Irak ): Le gaz moutarde.

Le 22 avril 1915, à Ypres l’essai en vraie grandeur inaugure l’aire moderne. Sa femme Clara qui n’arrive pas à le convaincre d’arrêter ce qu’elle pense être – avec raison - un crime, se suicide peu après. Elle ne sera pas la dernière à être la victime de Fritz Haber.

L’État-Major allemand justifie la violation des traités d’avant-guerre en protestant contre l’expérimentation par les français des gaz lacrymogènes. Les français ayant été les premiers à rompre les accords. On pourrait en rire… si la police n’en faisait toujours usage… Cent ans, on le voit, c’est bien court.

Mais l’histoire, avec sa grande Hache, ne  s’arrête jamais n’en déplaise à Francis Fukuyama.

Fritz Haber, ce criminel de guerre, reçoit en 1918, le prix Nobel de Chimie (horreur au Nobel).

L’Allemagne battu, se voit interdire par le traité de Versailles, en 1919, toute recherche en matière d’armement. Haber continue pourtant mais il travaille innocemment à la lutte contre les insectes. Il met au point de la fabrication industrielle de l'acide cyanhydrique, un acide dangereux qui entre dans la composition d'un pesticide, pour tuer les poux, le Zyklon B. On sait que ce produit sera utilisé par les Nazis dans les chambres à gaz des camps d'extermination. Haber n’en saura rien, il meurt en exil en 1934, fuyant l’Allemagne, lui, le juif. Les néo-nazis d’aujourd’hui continue d’utiliser le camouflage de 1919, le Zyklon B étant pour eux, un insecticide, un produit désinfectant.

Toutes les armes chimiques - presque toutes inventées en Allemagne -  vont être transformées, réutilisées et camouflées, à nouveau, après la deuxième guerre mondiale par les mêmes entreprises de la chimie allemande qui accompagnait Haber depuis 1904… Depuis ces pesticides empoisonnent tout le monde, et nous promettent le cancer pour tous, puisque à la base, ce sont des armes chimiques.  Bien entendu, j’entends déjà tous les chimistes de la terre, tous les amis des sciences et les autres, me dire que c’est une question de dosage. Et je suis bien d’accord. Examinons froidement les faits, ils sont têtus. On n’a d’autant plus raison de fêter le centenaire que l’histoire n’est toujours pas finie… Si les paysans sont morts en masse pendant la Grande Guerre, ils continuent pour ceux qui répandent ces pesticides par être les premiers (après les millions de créatures vivantes qui peuplent chaque mètre carré de terre traitée) victimes tombées au champ de déshonneur de l’usage des pesticides. L’ombre de Fritz Haber plane toujours sur nos plaines… Et que ceux qui n’aiment pas les billets polémiques cessent immédiatement de lire ce qui suit, parce que c’est le pire est à venir, la Grande Guerre n’a pas cent ans, elle continue encore.

Selon le philosophe et l’historien Jacques Grinevald, c’est bien pendant la première guerre mondiale, que c’est passé le basculement de la civilisation occidentale. La guerre a commencé à cheval, puis s’est continué en voiture, avec l’invention de Fritz Haber et bien d’autres, avec l’arrivée des Tanks, en 1917, le monde a basculé dans l’Anthropocène.

Késaco me direz-vous ?

C’est une nouvelle ère géologique  qui a commencé à cette époque là.

L'humanité occidentale, est devenue si puissante, que sa pratique invasive, productiviste et destructrice a  interagi à l'échelle même du système de la biosphère, de la planète qui nous accueille.

Si des géologues étudient, un jour lointain, les couches de sédiments de notre planète, ils pourraient déterminer plus précisément le tournant. Ce moment où l’homme en tant qu’espèce prend le pas sur la nature et détermine par son activité les changements climatiques.

Personne ne va dire en ce jour de fête nationale que le dérèglement climatique, la sixième extinction (c’est à dire la disparition de la majorité des espèces animales et végétales qui est en court) pourrait avoir commencé durant la première guerre mondiale.

Alors assurément, la boucherie n’a pas pris fin, et il est peut-être bien trop tard pour en prendre conscience. 

----------------------

quelques liens sur le même sujet :

Fritz Haber — Wikipédia

fr.wikipedia.org/wiki/Fritz_Haber

Grande Guerre : Fritz Haber, ce Juif qui a participé à exterminer les ...

www.lepoint.fr/.../grande-guerre-fritz-haber-ce-juif-qui-a-extermine-les-siens -11-05-2014-1821278_1615.php

Le Point - Publié le 11/05/2014 à 11:50 - Modifié le 11/05/2014 à 16:54

Il y a un siècle, la Première Guerre mondiale éclatait. Cent ans plus tard, un ouvrage répond aux questions que cet incroyable conflit continue de soulever. Extraits.

Quel rôle sinistre a joué Fritz Haber ? Issu de la petite bourgeoisie juive prussienne, Fritz Jacob Haber était à la veille de la Grande Guerre un chimiste allemand réputé et ambitieux. Il avait mené à bien la synthèse de l'ammoniac. À l'origine de cette découverte, une préoccupation majeure des milieux savants de l'époque : empêcher une catastrophe alimentaire mondiale. Pour remédier à la pénurie de guano et de salpêtre, il fallait en effet trouver un procédé chimique et industriel permettant de fabriquer des engrais azotés à partir de l'ammoniac. Grâce à ces engrais, la production agricole serait assurée. 

En 1910, l'empereur Guillaume II fonde l'Institut Kaiser-Wilhelm de physico-chimie et d'électrochimie, et Haber est désigné pour en prendre la direction. Dès lors, il va exercer une influence décisive sur les avancées scientifiques du Reich. En octobre 1914, il est un des signataires du manifeste "Appel au monde civilisé", signé en faveur de l'armée allemande par quatre-vingt-treize hautes personnalités universitaires et culturelles. C'est une réponse à l'indignation provoquée dans le camp allié par les exactions et les crimes allemands commis en Belgique et en France. Le manifeste qualifie de justes et légitimes les punitions et les représailles déclenchées par l'armée allemande.

Effets dévastateurs du gaz

Malgré les conventions de La Haye de 1899 et 1907, qui interdisent l'emploi de projectiles pour la diffusion des gaz asphyxiants et l'usage des poisons et des armes toxiques, Haber se propose d'effectuer des recherches sur l'emploi des gaz de combat. Du côté français, des grenades lacrymogènes sont expérimentées, ce qui va justifier, après l'accord du Kaiser, l'expérimentation de gaz irritants. Début 1915, un premier essai est effectué sur le front russe. Il fait froid, la nappe de chlore est insuffisante, le vent est contraire, c'est un échec. Haber sait que le chlore, un gaz produit en grande quantité par l'industrie chimique Bayer, reste longtemps au sol. Une nappe suffisamment dense pour être incapacitante, et même mortelle, aura donc le temps, poussée par un bon vent, de parvenir sournoisement vers les positions choisies. 

En Belgique, la géographie de la région d'Ypres et les vents rencontrés semblent convenir pour une première utilisation d'envergure. Promu capitaine sur ordre du Kaiser, Haber vient surveiller lui-même l'installation des réservoirs : cent soixante-dix tonnes de chlore sont enterrées sur un front de six kilomètres. Il attend que le vent soit favorable, ni trop fort ni trop faible. Le 22 avril, les robinets sont ouverts et un épais nuage verdâtre glisse lentement vers les positions britanniques et françaises. Malgré des indices fournis par des déserteurs, c'est la surprise, et, sur des hommes sans protection, les effets sont dévastateurs. Cinq mille soldats succombent et plus de quinze mille autres sont intoxiqués. Une brèche est même provoquée, elle ne sera pas exploitée. En quelques heures, l'Allemagne vient d'obtenir un résultat sans égal. Mais les mesures de protection vont vite apparaître et la réplique ne va pas tarder.

Un Juif allemand adhérant aux valeurs du Reich

À son retour, Haber a une violente explication avec sa jeune femme Clara. Indignée, elle lui demande, au nom des principes humanitaires, d'arrêter ses recherches qu'elle juge criminelles. Il refuse. Elle se suicide quelques jours plus tard. Il lui aurait répondu : "Un savant appartient au monde en temps de paix, à son pays en temps de guerre." Obstiné, il met au point d'autres produits toxiques efficaces et mortels, comme le phosgène et l'ypérite, puis trouve la formule (la constante de Haber) définissant la dose de gaz fatale à l'homme selon le temps d'exposition. 

Ce savant qui adhérait tant aux valeurs du Reich reçoit le prix Nobel de chimie en 1918. Après la guerre, ses recherches sur les pesticides vont permettre la mise au point de la fabrication industrielle de l'acide cyanhydrique, un acide dangereux qui entre dans la composition d'un pesticide, le Zyklon B, produit que les nazis utiliseront dans les chambres à gaz des camps d'extermination. Ce membre du conseil d'administration de l'IG Farben mourra à Bâle en 1934 après avoir dû s'exiler en raison de ses origines juives.

Lire aussi "Pourquoi l'uniforme français ne pouvait-il être que bleu clair ?

Lire aussi "Pourquoi tant de soldats avaient-ils une canne ?"

100 questions sur la Grande Guerre, Jean-Pierre Verney, éditions La Boétie

Consultez notre dossier : Le centenaire de la Première Guerre mondiale

07/08/2014

Crimes de guerre en Palestine : pour un tribunal international

communiqué :

Un tribunal de Nuremberg pour les criminels ... - Petitions24.net

www.petitions24.net/un_tribunal_de_nuremberg_pour_les_criminels_ israeliens

Un tribunal de Nuremberg pour les criminels israéliens !

Nous, soussignés, sommes des gens ordinaires ; des travailleurs, ouvriers, employés, enseignants, artisans, avocats, médecins, artistes, entrepreneurs.

Nous ne laisserons pas venir le silence ni l’oubli sur les crimes commis en juillet 2014 par des responsables israéliens, ni ceux commis avant, ou après.

Nous voulons que tous les politiciens au pouvoir en Israël, et tous les responsables de l’armée israélienne, soient convoqués devant un tribunal international pour y être jugés et condamnés.

Jugés et condamnés pour avoir enfermé les Gazouis dans une enclave, les avoir soumis à un embargo inhumain et finalement les avoir agressé et massacré par centaines et par milliers avec des armes barbares. Jugés et condamnés pour avoir tué plus de mille cinq cent civils, hommes, vieillards, femmes et enfants et en avoir blessé plusieurs autres milliers, dont la majorité ne survivront pas aux atroces mutilations qui leur ont été infligées.

Nous voulons que les responsables politiques et militaires soient arrêtés et traînés devant un tribunal, mais pas seulement eux.

Nous voulons savoir qui a donné l’ordre de tirer des obus sur des enfants à la plage. Et qui a tiré. Qui a donné l’ordre de bombarder des écoles, des hôpitaux, et qui a bombardé. Qui a donné l’ordre de mitrailler des ambulances et qui a commis l’acte.

Qui a tué des civils désarmés tel jour, à tel endroit. Tous sont responsables lorsqu’ils commettent un crime, tous doivent être jugés, homme par homme, soldat par soldat.

Ce sont la des crimes de guerre, des crimes contre l’humanité, commis avec une intention génocidaire.

Il n’y a pas de prescription pour de tels crimes.

Aussi, nous, qui sommes des gens ordinaires, n’oublierons jamais et poursuivrons ces criminels jusqu’à ce que justice soit rendue.

Nous tenons pour responsable de l’exécution de ce devoir de justice nos propres gouvernements, qui peuvent prendre les dispositions nécessaires afin que les criminels soient livrés à la justice.

Nous soutenons la plainte déposée par les autorités palestiniennes auprès du tribunal Pénal International.

Boudine Jean-Pierre    Contacter l'auteur de la pétition

05/08/2014

Crimes de guerre : tout le monde en est conscient, peu le disent

lu sur le Point :

Une ONG accuse Israël de crime de guerre 
Selon HRW, "prévenir les civils" n'en fait pas des "cibles légitimes". Elle accuse Tsahal (mon commentaire : tsahal = armée de l'état hébreu, mais c'est plus anodin d'écrire "tsahal", encore une façon détournée d'édulcorer les crimes de cette armée !) d'avoir tué des Gazouis en pleine fuite. Lire

Source AFP

Human Rights Watch a accusé lundi l'armée israélienne d'avoir tué des civils alors qu'ils fuyaient les bombardements dans un secteur du sud de la bande de Gaza, ce qui constituerait un crime de guerre selon l'ONG basée à New York. Dans son rapport, HRW cite des Palestiniens ayant réussi à fuir fin juillet des bombardements sur la localité de Khouzaa, près de la ville de Khan Younès. "Les forces israéliennes à Khouzaa, secteur du sud de la bande de Gaza, ont ouvert le feu sur des civils et les ont tués, dans ce qui constitue une claire violation des lois de la guerre, lors de plusieurs incidents entre le 23 et le 25 juillet", affirme l'ONG.

Des civils comme cibles délibérées ?

Les "attaques délibérées sur les civils ne participant pas aux combats sont des crimes de guerre", ajoute HRW. Les civils ont fait face à de "graves dangers" à Khouzaa, où ils ont notamment subi des bombardements répétés, n'ont pas eu accès aux soins médicaux, et ont été la cible d'attaques de l'armée israélienne alors qu'ils tentaient de fuir vers Khan Younès, poursuit le rapport. Il souligne que si l'armée israélienne avait prévenu les habitants, les appelant à quitter Khouzaa avant le 21 juillet, "le fait que des civils n'aient pas obtempéré ne fait pas d'eux des cibles légitimes d'attaques".

Le fait d'avoir "prévenu les familles (...) ne fait pas d'elles des cibles justes seulement parce qu'elles n'ont pas pu le faire", souligne Sarah Leah Whitson, directrice de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord à HRW. "Prendre (les civils) délibérément pour cible est un crime de guerre".

03/08/2014

Ce matin, aux informations à la radio, ...

Ce matin, aux informations à la radio, avez-vous remarqué, le temps consacré à la mort d'un seul soldat israélien ? N'êtes-vous pas choqué par le façon dont l'information est traitée par la plupart des médias en ce qui concerne Gaza et la Palestine ?

----------------------

à lire sur le Point :

Gaza : bain de sang à Rafah 
Au moins 107 Palestiniens ont été tués depuis vendredi lors d'attaques israéliennes qui ont suivi la disparition d'un soldat israélien. Lire

04/06/2014

Syrie : utilisation des armes chimiques contre la population

lu sur le site du Monde :

www.lemonde.fr/international/article/2014/06/04/damas...


LE MONDE | 04.06.2014 à 11h21 • Mis à jour le 04.06.2014 à 16h26 |

 

Le Monde.fr a le plaisir de vous offrir la lecture de cet article habituellement réservé aux abonnés du Monde.fr. Profitez de tous les articles réservés du Monde.fr en vous abonnant à partir de 1€ / mois | Découvrez l'édition abonnés 

Moins d'un an après l'attaque au sarin (un liquide hautement toxique) lancée par l'armée de Bachar Al-Assad dans la périphérie de Damas, qui avait fait quelque 1 500 morts le 21 août 2013, des preuves formelles existent sur le recours répété des forces gouvernementales syriennes à d'autres armes chimiques à l'encontre de la population, depuis octobre 2013 et jusqu'à récemment. A quelques jours du 30 juin, date butoir à laquelle la Syrie est censée avoir remis la totalité de son arsenal chimique, Damas a donc agi en violation du traité sur les armes chimiques et de la Convention sur l'interdiction des armes chimiques qu'il avait accepté de signer – sous menace de frappes militaires internationales imminentes le 14 septembre 2013.
 

Selon l'enquête menée par Le Monde, d'après plusieurs sources, les autorités françaises disposent depuis au moins une quinzaine de jours d'éléments démontrant l'utilisation de chlore, sous forme de gaz chimique, par l'armée syrienne, dans des bombardements de zones contrôlées par les rebelles. Ces conclusions sont le fruit des analyses du Centre d'étude du Bouchet, qui dépend de la Direction générale de l'armement et qui possède le seul laboratoire en France équipé pour produire des résultats certifiés dans le domaine des armes chimiques.

 Lire : Embarrassés, les pays occidentaux veulent éviter de passer à l'action

La démonstration a pu être menée intégralement et conformément aux règles internationales, avec, selon nos informations, l'aide des expertises américaine et britannique. Les interceptions électroniques de communications sur le territoire syrien, réalisées par les agences de renseignement occidentales, révéleraient le degré de préparation de ces opérations, ainsi que la chaîne de décision, à tous niveaux de responsabilité, politique et militaire, ayant mené à ces attaques chimiques. Des échanges existeraient entre le plus haut niveau hiérarchique des autorités syriennes, jusqu'aux unités militaires chargées d'en faire usage sur le terrain.

Dans un deuxième temps, des agents du renseignement américain auraient récupéré, sur le sol syrien, des « morceaux de vecteurs » ayant servi à diffuser ce gaz chimique. Il s'agirait de morceaux de métal exfiltrés de Syrie selon des modalités permettant de garantir l'origine et l'intégrité des éléments de preuves. Les Britanniques ont également transmis aux Français une partie de leurs échantillons prélevés sur des sites présumés de bombardements au chlore. Le Monde n'a pas eu connaissance des conclusions des experts d'outre-Manche.

PRESSIONS

Le silence gardé sur le résultat de ces expertises s'expliquerait en partie par des pressions qu'exercent les services de renseignement français, américains et britanniques sur leurs gouvernements respectifs pour que ces informations ne soient pas rendues publiques. D'après un haut responsable de la communauté du renseignement en France, Paris ne peut dévoiler ses preuves sans l'aval de Washington, puisque ce dernier lui a fourni une partie des éléments de sa démonstration. « Briser cette règle du tiers, qui veut que l'on protège les informations données par un partenaire étranger, mettrait à mal la relation de confiance avec les Etats-Unis », assure-t-il.

Damas a lancé ces attaques sur « des populations civiles et des combattants », précise-t-on à Paris, avec un mode opératoire identique : le largage, depuis des hélicoptères, de barils contenant des bonbonnes de chlore. Au total, elles auraient fait « une centaine de morts ». Le gaz chimique chlore (Cl2) est moins nocif que le sarin ou le VX (gaz innervant) même s'il vise, comme eux, à tuer lorsqu'il est utilisé en grande quantité. En Syrie, il a été moins meurtrier que les barils d'explosifs qui ont causé 2 000 victimes sur la seule ville d'Alep, depuis janvier. Ce gaz n'en est pas moins très toxique. Il est aussi un outil de terreur, les populations civiles n'ayant aucun moyen de s'en protéger. 

Très réactif au contact de l'eau, le chlore produit un acide qui brûle les muqueuses. « Les symptômes principaux sont des brûlures au niveau des yeux – qui empêchent de regarder et donc de s'échapper de l'atmosphère toxique – du nez, de la gorge, une atteinte des bronches et des alvéoles pulmonaires et, parfois, une irritation cutanée », explique le professeur Frédéric Baud, chef de service de la réanimation médicale et toxicologique de l'hôpital Lariboisière, à Paris. « La victime commence par suffoquer, incapable d'échapper au gaz, d'où le nom de “suffocant” de cette terrible classe d'armes chimiques. Les lésions peuvent être graves, voire mortelles : œdème pulmonaire, insuffisance respiratoire, crise d'asthme sévère. Les plus vulnérables sont les enfants. »

Molécule très répandue à l'état naturel, le chlore entre dans la composition de produits de consommation courante, tels que l'eau de Javel ou le plastique PVC (chlorure de polyvinyle). Si sa fabrication n'est pas prohibée, son usage à des fins militaires contrevient à tous les traités internationaux et constitue une violation flagrante de la charte de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC), l'agence de l'ONU chargée de surveiller le démantèlement de l'arsenal syrien.

Les témoignages de médecins, les photos et vidéos provenant de la province d'Hama (centre de la Syrie), notamment du village de Kafr-Zita, ont été les premiers à susciter les soupçons d'attaques au chlore. « Les symptômes toxiques relevés sur les victimes récemment soignées par les médecins en Syrie forment un ensemble de signes très évocateurs d'un “gaz suffocant” », affirme M. Baud. « Les éléments décrits par les témoins, tels que la couleur jaune verdâtre du gaz et son odeur évoquant l'eau de Javel, permettent de penser qu'il s'agit de chlore gazeux », note l'expert. « Le fait que cette substance ait été stockée puis larguée dans de gros barils, d'environ un mètre de haut sur 80 cm de diamètre, retrouvés à terre, en dit davantage sur l'intention malveillante de son utilisateur que les analyses scientifiques à partir d'échantillons biologiques collectés chez les blessés ou dans les sols ou l'air », conclut M. Baud.

FOYER DE RECRUTEMENT POUR LES REBELLES

A l'état gazeux, le chlore a également la propriété d'être plus lourd que l'air et, donc, de stagner près du sol. En Syrie, les zones ciblées sont presque toutes situées en milieu urbain. Les victimes ont le plus souvent été les habitants de la maison sur laquelle s'est écrasé le baril, ainsi que ceux accourus pour les aider. Le 13 mai, Human Rights Watch (HRW) publiait un rapport accablant, documentant trois attaques au chlore (à Kafr-Zita dans la province d'Hama, et à Al-Temanaa et Telmans, au sud-est d'Idlib).

Quel est l'objectif stratégique du régime ? Kafr-Zita est la base de l'une des dernières brigades rebelles se revendiquant de l'Armée syrienne libre (ASL). Cette région constitue un foyer intarissable de recrutement pour le Front islamique, désormais la principale coalition armée rebelle. A quelques kilomètres de là se joue en outre une bataille déterminante autour de la grande base militaire de Ouadi Deif, sous contrôle du régime. Selon un rapport détaillé fourni par le Centre de documentation des violations en Syrie, la province d'Hama a été la plus touchée par les attaques chimiques récentes.

Le chlore aurait aussi été utilisé dans la province d'Idlib, au nord-ouest du pays, région contrôlée à 90 % par les rebelles. Enfin, des quartiers et localités proches de la capitale, Damas (Jobar, Daraya, Harasta), auraient également été pris pour cible par ces attaques.

C'est de Jobar que provenaient les échantillons, rapportés par les journalistes du Monde, qui avaient permis de démontrer l'usage de sarin au printemps 2013. A Damas et dans ses alentours, les attaques au chlore ont eu des effets comparables à ceux de la politique de siège et de famine pratiquée couramment : saper le moral des populations civiles pour couper les rebelles de leur base populaire et les forcer à signer un accord de « trêve » ou de « réconciliation »« Il suffit de regarder la carte des zones visées », dit Abdel Ahad Steifo, membre du bureau politique de la Coalition nationale syrienne (CNS), l'organe politique de la rébellion. « Harasta, Jobar, Daraya… Ce sont tous des fronts chauds. Kadam, en lisière sud de Damas, a aussi été touché. Peu après, un accord de réconciliation a été conclu. » Dans la petite dizaine de faubourgs où ces accords ont été scellés, un cessez-le-feu fragile s'est mis en place. Un répit dont le régime s'est servi pour présenter M. Assad, candidat à sa réélection pour un troisième mandat, en pacificateur et pour clamer que ses forces progressent sur le terrain.

orsque le chef de la CNS, Ahmed Jarba, a rencontré François Hollande, le 20 mai à Paris, la question des bombardements au chlore a été abordée. « Nous n'avons pas senti de volonté d'étouffer cette affaire, dit M. Steifo. Laurent Fabius nous a dit qu'une équipe travaillait sur la question et que des résultats seraient bientôt rendus publics. »

En revanche, silence à Washington. Selon Rima Allaf, conseillère du chef de la CNS, l'entretien de M. Jarba avec le président américain, Barack Obama, une semaine plus tôt, s'est limité à un échange d'ordre général sur la situation en Syrie et sur la nécessité de renforcer la cohésion de l'opposition. La divergence d'approche sur ce dossier, entre Paris et Washington, n'étonne pas les cadres de la CNS. « A chaque fois qu'un pays a lancé une initiative en faveur de l'opposition, estime Mme Allaf, les Etats-Unis ont mis les freins. »

-----------------

lire aussi :

fr.wikipedia.org/wiki/Arme_chimique

28/01/2014

Palestine : Vivre en cage à Gaza

communiqué :

"Depuis 7 ans, le blocus israëlien a transformé Gaza en un véritable laboratoire, où près de 1.800.000 personnes survivent sans pouvoir quasiment sortir dans la pauvreté, le chômage et les pires pénuries. À l’étranglement israélien s’ajoute le blocus égyptien par « mesure sécuritaire » depuis que le coup d’État de l’armée égyptienne, laquelle accuse le Hamas de collusion avec les Frères Musulmans."

Pierre Stambul a pu passer deux jours fin décembre dans cette cage avec le réseau de soutien international Unadikum.

Lire son article publié sur "CQFD" et sur le site de l'Agence

 
 
GAZA : Dernier rapport de l'OCHA
 
 

A lire également, la traduction par l'Agence Média Palestine de la partie sur Gaza du dernier rapport de l'OCHA ( bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies dans les territoires palestiniens occupés) , sur le site de l'Agence.

 
 
L'Etat d'Israël torture les enfants palestiniens en les maintenant dans des cages
 
 

Le Comité public contre la torture en Israël (PCATI) a publié un rapport qui révèle que des enfants soupçonnés de délits mineurs étaient soumis à une « mise en cage publique », à des menaces et à des violences sexuelles ainsi qu’à des procès militaires sans la présence d’un représentant légal.

L'information, révelée au début du mois par le quotidien britannique "The Independent " a été traduite en français et publiée sur le site de l'Agence.

 
 
Un rapport de l’ONU enquête sur les entreprises impliquées dans les colonies
 
 

Un rapport des Nations Unies résultant d’une mission d’investigation sur les colonies israéliennes en Cisjordanie, dont Jérusalem-Est révèle que des entreprises privées ont permis, encouragé et profité directement ou indirectement de la construction et de la croissance des colonies.

Lire la suite sur le site de la Campagne BDS France.

 
 
Le film palestinien "Omar" nominé pour les Oscars
 
 
 
 

L' excellent film "Omar", est nominé pour les Oscars 2014!

Lauréat du Prix “Un certain regard” au Festival de Cannes 2013, Omar, réalisé par Hany Abou Assad est nommé dans la catégorie Meilleur film en langue étrangère aux côtés de: La Chasse de Thomas Vinterberg (Danemark), Alabama Monroe de Felix Van Groeningen (Belgique), L'image manquante de Rithy Panh (Cambodge) et La grande bellezza, de Paolo Sorrentino (Italie).

Le film du réalisateur palestinien Hany Abou Assad avait été unanimement salué dans la presse. Rue 89 l'avait encensé de "meilleur thriller politique de l'année"

La 86ème cérémonie des Oscars aura lieu le 2 mars prochain, espérons la victoire de ce magnifique film!

Lire la suite sur le site de l'Agence.

25/12/2013

À quoi sert l'ONU ? En Syrie, pas de trêve de Noël

lu sur :

www.lemonde.fr/international/article/2013/12/24/...


LE MONDE | 24.12.2013 à 11h10 • Mis à jour le 24.12.2013 à 11h10 |Par Hélène Sallon

Dans le ciel d'Alep, les avions et les hélicoptères de l'armée syrienne se livrent, depuis le 15 décembre, à un ballet macabre, bombardant sans répit les quartiers et villages passés aux mains des rebelles.

Le Monde.fr a le plaisir de vous offrir la lecture de cet article habituellement réservé aux abonnés du Monde.fr. Profitez de tous les articles réservés du Monde.fr en vous abonnant à partir de 1€ / mois | Découvrez l'édition abonnés

Des images amateures diffusées sur Internet montrent l'ampleur de la désolation dans l'ancienne capitale économique de la Syrie. Des rues entières ont été réduites à un tapis de ruines. Des immeubles ont laissé place à d'énormes cratères, jonchés de décombres, d'où sont extraits un à un les corps des victimes.

Plus de 330 personnes, dont une centaine d'enfants, ont été tuées dans ces raids, selon un bilan provisoire établi lundi 23 décembre par l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). Pour la seule journée de lundi, au moins 30 personnes, dont 12 enfants et deux femmes, ont été tuées lors du largage de barils de TNT contre les quartiers rebelles de Marjé et Soukkari, dans le sud-est de la ville.

« MÉTHODES DE GUERRE»

Le recours systématique à des barils bourrés d'explosifs, de clous et d'autres éclats cause des pertes humaines et des dégâts matériels considérables. L'organisation Human Rights Watch dénonce des « méthodes de guerre qui ne font pas la distinction entre civils et combattants ». Mais le régime de Damas continue d'imputer l'ampleur du bilan humain au fait que les « terroristes » se cachent au sein de la population civile.

A moins d'un mois de la conférence de paix internationale de « Genève 2 », qui doit s'ouvrir le 22 janvier 2014 à Montreux, en Suisse, Bachar Al-Assad multiplie les offensives pour se présenter en position de force à la table des négociations. Après les succès engrangés dans la province de Damas, il espère porter un coup décisif aux rebelles, qui tiennent depuis l'été 2012 les secteurs est de la ville d'Alep et la plus grande partie de la campagne environnante.

Le régime a progressivement resserré son étau autour de la ville, reprenant des localités et des bases alentour. Il a su profiter des luttes intestines entre groupes rebelles, notamment les djihadistes de Jabhat Al-Nosra et de l'Armée islamique de l'Irak et du Levant, déjà en guerre larvée contre l'Armée syrienne libre.

IMPUISSANCE DES OCCIDENTAUX

Mais il ne semble pas avoir les moyens d'envisager une offensive terrestre d'envergure contre ces groupes, comme il a pu le faire à Damas avec l'appui du Hezbollah chiite libanais, a reconnu une source sécuritaire. Dans cette guerre d'usure, qui s'annonce longue, l'usage de barils de TNT est moins coûteux que les missiles que lui livre son allié russe.

Cette nouvelle escalade dans la répression pourrait rendre encore plus vains les efforts diplomatiques déployés depuis plusieurs mois par les Occidentaux pour trouver une issue politique au conflit. Alors que le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon ne cherche plus qu'à convaincre les Etats-Unis de convier l'Iran à Montreux pour finaliser la liste des invités, l'opposition syrienne a menacé lundi d'annuler sa venue si « les tentatives d'anéantir le peuple syrien se poursuivent ».

La veille, la Coalition nationale syrienne avait à nouveau réclamé, en vain, l'imposition d'une zone d'exclusion aérienne, exhortant les puissances occidentales à ne pas offrir à Assad « un permis de tuer » en échange du démantèlement de son arsenal chimique.

L'impuissance des Occidentaux à stopper la répression, qui a fait plus de 126 000 morts en trente-trois mois, affaiblit davantage la position de la Coalition, dont la légitimité est contestée sur le terrain. Samedi, Hassan Aboud, à la tête des 20 000 combattants islamistes d'Ahrar Al-Sham, a annoncé qu'il ne reconnaîtrait aucun accord conclu à Montreux.

27/05/2013

Armes chimiques en Syrie : qui veut vraiment savoir ?

lu sur :

http://www.lemonde.fr/international/article/2013/05/27/armes-chimiques-en-syrie-le-debat-escamote_3417923_3210.html

Armes chimiques en Syrie : le débat escamoté - Le Monde

Armes chimiques en Syrie _ le débat escamoté.pdf


09/01/2013

Palestine : Gaza censuré à la Fondation Cartier

lu sur :

http://www.lemonde.fr/culture/article/2013/01/09/la-fondation-cartier-aime-la-poesie-mais-pas-sur-gaza_1814517_3246.html

Le Monde.fr a le plaisir de vous offrir la lecture de cet article habituellement réservé aux abonnés du Monde.fr. Profitez de tous les articles réservés du Monde.fr en vous abonnant à partir de 1€ / mois | Découvrez l'édition abonnés

La Fondation Cartier aime la poésie, mais pas sur Gaza

LE MONDE | 09.01.2013 à 13h30 • Mis à jour le 09.01.2013 à 14h56 

Lundi 14 janvier, le poète Frank Smith ne lira pas ses textes à la Fondation Cartier, à Paris. Invité à participer à une Soirée Nomade autour de l'écrivain et poète sonore Jérôme Game, il a vu son nom rayé de la liste par les organisateurs du lieu consacré à l'art contemporain. Le problème ? Son texte tourne autour de l'opération "Plomb durci" menée par Israël dans la bande de Gaza en 2009. "Ce n'est pas un travail militant, insiste l'écrivain. Je ne comprends pas leur réaction."

Frank Smith est un familier de l'actualité. Il a déjà évoqué le conflit libyen dans Etats de faits ou traité de Guantanamo dans son dernier livre. Avec un protocole particulier : il n'invente pas mais travaille sur des textes préexistants qu'il sélectionne et met en forme pour "les faire passer dans le champ poétique".

"Je m'inscris dans la lignée des objectivistes américains comme Charles Reznikoff", dit-il. Un poète (1874-1976) qui avait dressé dans Testimony un portrait en creux de l'Amérique, fondé sur des témoignages, en compilant des comptes rendus de procès. Dans le cas de Gaza, Frank Smith a extrait des témoignages du rapport Goldstone (2009), commandé par les Nations unies, sur les crimes de guerre commis par l'armée israélienne et les militants palestiniens. Un texte qui a fait polémique, et dont l'auteur principal a depuis revu ses conclusions.

La peur d'une nouvelle polémique ?

Devant les inquiétudes des organisateurs, l'écrivain leur a fait lire son texte. "Une moitié est consacrée à Israël, l'autre à Gaza." Il a aussi changé le titre qui, d'Opération Plomb durci, est devenu D'ici-là. Enfin, alors qu'il prévoyait de projeter des images trouvées sur Internet et générées par des mots-clés de ce texte, il a proposé de les remplacer par des cartes. En vain.

Au vrai, le conflit israélo-palestinien a déjà fait des dommages collatéraux dans le monde de l'art. En 2010, l'exposition du photographe Kai Wiedenhofer au Musée d'art moderne à Paris, sur le même sujet, avait été temporairement fermée à la suite de pressions pro-israéliennes. En 2011, à Lausanne, l'entreprise Lacoste a exclu une photographe palestinienne des finalistes de son prix. En 2013, la Fondation Cartier a-t-elle voulu éviter une nouvelle polémique ?

Impossible de le savoir. Les questions du Monde sont restées sans réponse. Frank Smith, lui, a programmé à la même heure et à la même date, une "contre-lecture" au Point Ephémère, dans le 19e arrondissement.

Lire aussi :  l'intégralité du texte de Frank Smith (en format PDF).

Le site Web de Frank Smith : www.franksmith.fr

04/12/2012

ASSAD / NÉTANYAHOU - même combat ?

Le rapprochement des informations récentes sur le proche-orient permettent de se poser la question.

L'information sur la Syrie va-t-elle mettre dans l'ombre l'information sur la Palestine et contribuer à la ré-élection de Nétanyahou ?

La Syrie assemblerait des composants d'armes chimiques                     

Israël multiplie les représailles contre les Palestiniens

--------------------------------------------------------------------------------------

La Syrie assemblerait des composants d'armes chimiques

http://www.liberation.fr/monde/2012/12/03/la-syrie-assemblerait-des-composants-d-armes-chimiques_864903

3 décembre 2012 à 21:57 (Mis à jour: 4 décembre 2012 à 07:47)
 
Libération

Le président américain Barack Obama a menacé lundi de «conséquences» son homologue syrien Bachar al-Assad s’il faisait usage d’armes chimiques, un responsable américain affirmant que Damas était en train de mélanger les composants nécessaires à la militarisation du gaz sarin.

 
 

Sans que l’on sache si la décision est liée, l’ONU a annoncé qu’elle suspendait ses opérations en Syrie en raison de la dégradation de la sécurité, un mouvement suivi par l’Union européenne qui a décidé de réduire sa délégation au minimum.

«Plusieurs indices nous laissent penser qu’ils sont en train de mélanger des précurseurs chimiques», a révélé un responsable américain, évoquant le gaz sarin et donnant corps aux mises en garde américaines tout au long de la journée.

Barack Obama a pris à témoin Al- Assad. «Le recours à des armes chimiques est et serait totalement inacceptable. Si vous commettez l’erreur tragique d’utiliser ces armes, il y aura des conséquences et vous en répondrez», a prévenu le président américain lors d’une allocution à Washington.

A Prague, la secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton a adressé un «avertissement très sévère» aux dirigeants syriens. Les Etats-Unis sont «inquiets à l’idée qu’un régime de plus en plus assiégé (...) réfléchisse à l’utilisation d’armes chimiques contre les Syriens», a renchéri le porte-parole de la Maison Blanche, Jay Carney. Pour Washington, l’utilisation d’armes chimiques constituerait le franchissement d’une «ligne rouge».

Le gaz sarin est un puissant neurotoxique qui provoque une paralysie complète puis la mort. Ses précurseurs chimiques sont stockés séparément pour éviter tout accident, le fait de les mélanger constitue une étape vers sa militarisation.

La Jordanie, frontalière de la Syrie, a jugé par la voix de son ministre des Affaires étrangères, Nasser Judeh, en visite à Washington, que l’usage de ces armes «changerait la donne» et provoquerait une intervention internationale.

Mais Damas a aussitôt «réaffirm(é) qu’elle ne fera pas usage de ce genre d’armes, si elle en possède, contre son peuple», selon une source au ministère des Affaires étrangères citée par l’agence de presse officielle Sana.

Sur le terrain, l’ONU «va suspendre ses missions dans le pays jusqu'à nouvel ordre» et retirer son «personnel non essentiel» de Syrie, a déclaré son porte-parole Martin Nesirky. Même chose pour l’Union européenne, qui a «décidé de réduire ses activités à Damas à leur minimum».

Le régime peut tomber «à n’importe quel moment»

Selon Irin, l’agence de presse de l’ONU, les Nations unies ont aussi suspendu tous les déplacements en dehors de Damas et retiré certaines agences de la ville d’Alep (nord), théâtre de combats entre l’armée et les rebelles. «La situation sécuritaire est devenue extrêmement difficile, y compris à Damas», a expliqué Radhouane Nouicer, coordinateur de l’aide humanitaire en Syrie, cité par Irin.

Après 20 mois de violences, le secrétaire général de la Ligue arabe Nabil al-Arabi a estimé que le régime syrien pouvait tomber «à n’importe quel moment». 

A lire aussi : le reportage de notre envoyé spécial à Alep

Les combats se sont de fait étendus récemment aux abords de l’aéroport de Damas, où les vols ont dû être suspendus, et les liaisons téléphoniques et internet ont été interrompues pendant 48 heures. L’artillerie et l’aviation syriennes ont bombardé les quartiers sud de Damas et sa banlieue, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), proche de l’opposition, et un chasseur MiG a été abattu.

Le journal syrien proche du pouvoir, Al-Watan, avait promis dimanche «l’enfer» à ceux qui songeraient à attaquer Damas. Lundi, il faisait état de nouvelles «opérations de qualité de l’armée» qui a tué de nombreux «terroristes».

A la lisière de la Turquie, au moins 12 personnes, dont huit rebelles jihadistes, ont été tués dans un raid aérien à Ras al-Aïn, selon l’OSDH, qui a dénombré pour lundi 86 morts dont 32 civils, 32 rebelles et 22 soldats. L’OSDH a recensé plus de 41 000 morts depuis mars 2011.

Sur le plan diplomatique, le président russe Vladimir Poutine a condamné depuis Istanbul le déploiement prévu en Turquie de missiles sol-air Patriot de l’Otan. Depuis des mois, la Russie a systématiquement mis son veto à tout projet de résolution du Conseil de sécurité de l’ONU condamnant la Syrie.

L’Otan doit répondre favorablement dans les prochains jours à la demande d’Ankara, alarmée des débordements de la guerre sur son territoire. Lundi encore, des avions de chasse turcs ont été dépêchés vers la frontière, après un raid de l’aviation de Damas sur une localité tenue par les rebelles.

(AFP)

 

------------------------------------------------

Israël multiplie les représailles contre les Palestiniens

http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2012/12/03/israel-multiplie-les-represailles-contre-les-palestiniens_1799040_3218.html

Le Monde.fr a le plaisir de vous offrir la lecture de cet article habituellement réservé aux abonnés du Monde.fr. Profitez de tous les articles réservés du Monde.fr en vous abonnant à partir de 1€ / mois | Découvrez l'édition abonnés

 
 

LE MONDE | 03.12.2012 à 12h31 Par Laurent Zecchini (Jérusalem, correspondant)

S'il persistait, le doute est dissipé : les dirigeants israéliens ont pris le risque d'une confrontation politique majeure avec les Palestiniens, coupables à leurs yeux d'avoir obtenu de l'Assemblée générale des Nations unies le statut d'Etat observateur non membre pour la Palestine. Ce faisant, Israël prend aussi celui d'une tension diplomatique avec plusieurs pays européens, en particulier la France et la Grande-Bretagne, qui devaient coordonner, lundi 3 décembre, une réplique commune aux intentions israéliennes.

Après avoir décidé, le 30 novembre, à titre de représailles, une relance spectaculaire de la colonisation en Cisjordanie, le gouvernement Nétanyahou a franchi un cran supplémentaire, dimanche, en annonçant le blocage du transfert du produit des taxes et droits de douane qu'il perçoit chaque mois pour le compte de l'Autorité palestinienne.

Une somme de 460 millions de shekels (92,7 millions d'euros), qui devait être versée en décembre, sera retenue, afin de rembourser une dette palestinienne à la compagnie nationale d'électricité (dont le montant total serait de 140 millions d'euros), a indiqué Youval Steinitz, ministre des finances israélien, lors du conseil des ministres, alors que le premier ministre, tout en confirmant la décision de construire 3 000 nouveaux logements en Cisjordanie, tenait des propos très offensifs envers les Palestiniens.

NOUS BÂTISSONS ET NOUS CONTINUERONS À BÂTIR À JÉRUSALEM

"La réponse à l'attaque contre le sionisme et contre l'Etat d'Israël doit nous conduire à augmenter et à accélérer la mise en œuvre des plans de construction dans toutes les zones où le gouvernement a décidé de bâtir", a souligné M. Nétanyahou, en citant l'un de ses prédécesseurs, Yitzhak Rabin, en 1975. Après cette justification, il a ajouté : "Aujourd'hui, nous bâtissons et nous continuerons à bâtir à Jérusalem et dans tous les lieux qui sont inscrits sur la carte des intérêts stratégiques de l'Etat d'Israël."

Ce gel du reversement des fonds est comparable à la décision d'octobre 2011, lorsque Israël avait sanctionné l'admission de la Palestine à l'Unesco par la non-rétrocession de 59,8 millions d'euros de recettes fiscales et l'annonce de la construction de 2 000 logements. La "carte des intérêts stratégiques" évoquée par M. Nétanyahou fait référence à la zone dite "E-1", comprise entre Jérusalem-Est et le bloc de colonies de Maalé Adoumim, où, selon le quotidien Haaretz, il est prévu de construire 4 000 autres logements, un projet immobilier qui prendrait le nom de Mevasseret Adoumim.

Cette dernière décision revêt un caractère hautement stratégique, dans la mesure où elle créerait une continuité territoriale israélienne à l'est de Jérusalem, coupant de facto la Cisjordanie et rendant improbable la viabilité d'un Etat palestinien. Le gouvernement israélien a précisé avoir donné son feu vert pour l'étape de la "planification" dans cette zone, laquelle précède celle de la construction proprement dite. Cette précision est en général apportée par Israël pour tenter d'atténuer les critiques internationales liées à une relance de la colonisation.

"Nous en sommes aux procédures préliminaires, le projet peut être gelé ou arrêté à n'importe quel moment. A ce stade, le premier ministre a voulu envoyer un message fort aux Palestiniens et, bien sûr, les réactions des Européens étaient prévisibles", précise un haut diplomate israélien. La zone "E-1" représente une ligne rouge pour nombre de pays européens et pour les Etats-Unis. Paris et Londres ont réagi, dimanche, avec une fermeté inhabituelle.

PARIS ET LONDRE ENVISAGENT UNE RÉPLIQUE SANS PRÉCÉDENT

Alors que le ministre des affaires étrangères, Laurent Fabius, a estimé qu'une telle "nouvelle zone de colonisation" "saperait la confiance nécessaire à la reprise du dialogue" (avec les Palestiniens), son homologue britannique, William Hague, a indiqué que ce projet "saperait la réputation internationale d'Israël". Les deux pays ont protesté auprès du ministère des affaires étrangères israélien par le biais de leurs ambassadeurs respectifs, alors que l'Allemagne, les Pays-Bas et l'Union européenne ont effectué des démarches similaires.

Paris et Londres devaient continuer leur concertation lundi pour envisager une "réaction vigoureuse". Selon des sources diplomatiques, celle-ci pourrait aller jusqu'au rappel "pour consultation" de leurs ambassadeurs en Israël, ce qui représenterait une réplique sans précédent pour des pays européens. Pour cette raison, d'autres mesures sont étudiées, comme la reconnaissance diplomatique formelle, sur le plan bilatéral, de l'Etat de Palestine, une option qui n'est pas liée à la reconnaissance par l'Assemblée générale de l'ONU.

A Ramallah, où siège l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, de retour de New York, a reçu un accueil triomphal. "Maintenant, nous avons un Etat !", s'est-il exclamé. Comme les Européens, les Palestiniens soupèsent une éventuelle réplique aux décisions israéliennes. Celle-ci pourrait prendre la forme d'une demande d'adhésion à la Cour pénale internationale, une décision qui pourrait entraîner les relations israélo-palestiniennes dans un engrenage imprévisible.

21/11/2012

Combien de morts pour la réélection de Netanyahou ?

lu sur :

http://www.liberation.fr/monde/2012/11/21/poursuite-des-hostilites-entre-israel-et-gaza_861950?xtor=EPR-450206

Poursuite des hostilités entre Israël et Gaza

Au moins 135 personnes sont mortes depuis le début de l'opération «Pilier de défense».

 
Libération 21 novembre 2012 à 07:31

Les hostilités se sont poursuivies mardi entre Israël et Gaza, marquées par des bombardements meurtriers sur l’enclave palestinienne, un nouveau tir vers Jérusalem et la mort d’un premier soldat israélien, sur fond de tractations diplomatiques pour arracher une trêve.

 
 

Vingt-six Palestiniens et deux Israéliens ont été tués mardi, au septième jour d’une offensive israélienne contre la bande de Gaza, portant à au moins 135 le bilan des morts Palestiniens et 5 Israéliens depuis mercredi dernier. Le représentant palestinien auprès de l’ONU, Riyad Mansour, a lui fait état de plus de 140 morts et de plus de 950 blessés dans la bande de Gaza.

Arrivée en soirée à Jérusalem, la secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton s’est entretenue avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, et a assuré que l’engagement des Etats-Unis pour la sécurité d’Israël était «inébranlable»«C’est pourquoi je pense qu’il est essentiel d'(obtenir) une désescalade de la situation à Gaza», a ajouté Hillary Clinton qui devait se rendre mercredi en Cisjordanie pour rencontrer le président palestinien, Mahmoud Abbas.

Egalement en visite en Israël, le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon avait estimé plus tôt qu’une «escalade supplémentaire» dans le conflit serait «un désastre pour la région». Il se rendra également à Ramallah mercredi.

Au Caire, le président Mohamed Morsi «espère» qu’une trêve surviendra «bientôt» dans le conflit, a déclaré mardi soir une source à la présidence, nuançant de précédentes déclarations du chef de l’Etat égyptien qui affirmait que «l’agression» israélienne contre Gaza allait «cesser aujourd’hui».

Le président américain Barack Obama a remercié son homologue égyptien pour ses efforts en faveur d’une «désescalade» au Proche-Orient. 

Progrès dans les négociations

Le Hamas a toutefois tempéré mardi soir les rumeurs sur l’imminence d’une trêve avec Israël, soulignant qu’elle ne pourrait être annoncée que par l’Egypte et appelant les groupes armés palestiniens à «continuer à riposter aux crimes israéliens».

Plusieurs responsables égyptiens ont affirmé dans le même temps attendre une réponse israélienne à une proposition du Caire pour une trêve. Côté israélien, un responsable cité par la radio militaire a fait état de progrès dans les négociations mais sans donner davantage de détail. 

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a déclaré que son pays tendait «une main vers ses voisins désireux de faire la paix avec lui» et de l’autre main brandissait une «épée» vers ceux qui veulent sa destruction.

Dans la matinée, il a rencontré le ministre allemand des Affaires étrangères et lui a dit qu’Israël cherchait à assurer un accord de «long terme» qui garantirait la fin de la contrebande de roquettes vers la bande de Gaza.

Sur le terrain, un soldat de 18 ans a été tué par une roquette de Gaza qui s’est abattue sur le sud d’Israël, selon l’armée, qui enregistre son premier mort depuis le début de son offensive contre les groupes palestiniens armés de Gaza.

Un civil israélien a également été tué par un tir de roquette dans la même région. Trois Israéliens avaient péri dans un tir de roquette jeudi près de la bande de Gaza. Dans l’après-midi, une roquette de longue portée a explosé dans le bloc de colonies du Goush Etzion, près de Jérusalem, sans faire de blessé, pour la deuxième fois en quatre jours, selon la police. Plus au sud, un immeuble de huit étages a été éventré par une roquette à Rishon LeTzion, la 4e ville d’Israël, à 50 km de Gaza.

Dans la bande de Gaza, au moins 26 Palestiniens ont été tués dans des pilonnages de l’armée israélienne, selon le ministère de la Santé du Hamas qui gouverne le territoire. Au moins 135 Palestiniens sont morts et un millier ont été blessés depuis le 14 novembre. La tour dans laquelle se trouve le bureau de l’AFP à Gaza a été touchée dans la soirée par une frappe israélienne, selon un photographe de l’agence.

Mise en garde contre une opération terrestre

Le numéro un de la branche armée du Hamas, Mohammad Deïf, a mis en garde Israël contre une opération terrestre à Gaza, menaçant de capturer des soldats israéliens, dans un rare message audio. Un haut responsable gouvernemental israélien avait indiqué dans la matinée que l’Etat hébreu avait provisoirement repoussé l’option d’une offensive terrestre sur Gaza.

En Cisjordanie, des heurts violents ont éclaté notamment à Hébron, Naplouse et dans des quartiers arabes de Jérusalem-Est annexée, dans des scènes rappelant les soulèvements (intifada) palestiniens des années 1987-1991 et du début des années 2000.

En visite dans la bande de Gaza, le secrétaire général de la Ligue arabe Nabil al-Arabi a jugé que l’essentiel pour les pays arabes et les Etats musulmans n'était pas d’obtenir une trêve pour mettre un terme à l’effusion de sang à Gaza, mais de mettre fin à l’occupation israélienne.

Les Etats-Unis, alliés à la fois d’Israël et de la Turquie, ont par ailleurs fustigé Ankara pour ses attaques verbales contre l’Etat hébreu accusé d'être un «Etat terroriste» et de mener un «nettoyage ethnique» contre les Palestiniens à Gaza.

(AFP)

20/11/2012

Gaza: pour la réélection de Netanyahou ?

à lire sur MEDIAPART :

Gaza : Netanyahou a-t-il torpillé un possible accord avec le Hamas?

17/11/2012

Gaza : la campagne de réélection de Netanyaou

communiqué à diffuser largement :

( Nous accusons : les médias manquent à leur devoir d'information en ne rapportant pas le contexte et la gravité des atrocités commises à Gaza )

 

Nous accusons: Mainstream media fails to report context and severity of Israeli atrocities against Gaza

by Noam Chomsky and the 'Gaza Eight' on November 14, 2012 

Tandis que les nations d’Europe et d’Amérique du Nord commémoraient, le 11 novembre, les pertes militaires de guerres passées et présentes, Israël ciblait des civils. Le 12 novembre, à l’orée d’une nouvelle semaine, les lecteurs étaient inondés, pendant leur petit-déjeuner, de comptes rendus déchirants relatant les pertes humaines militaires passées et actuelles. Cependant, on semblait taire le fait essentiel selon lequel les pertes humaines les plus importantes lors des conflits armés contemporains touchent les populations civiles. Le matin du 12 novembre était également marqué par une absence criante d’information relatant les attaques militaires sur Gaza qui se sont poursuivies pendant tout le week-end. Une recherche superficielle confirme cette omission sur le réseau de télévision canadien Canadian Broadcasting Corporation (CBC) et les journaux canadiens dont le Globe and Mail, la Gazette de Montréal et le Toronto Star. De même en ce qui concerne le New York Times et la BBC.

Selon le rapport du Centre palestinien pour les droits de l’homme daté du 11 novembre, cinq civils palestiniens, dont trois enfants, avaient été tués dans la Bande de Gaza dans les 72 heures précédentes, en plus de deux membres de la sécurité palestinienne. Quatre de ces décès étaient dus à des tirs d’obus de Tsahal sur des enfants jouant au football. De plus, 52 civils ont été blessés, dont six femmes et 12 enfants. (Depuis que nous avons commencé à rédiger ce texte, le nombre de victimes palestiniennes a d’ailleurs augmenté et continue de croître.)

 

Les articles qui rapportent les meurtres commis se concentrent en grande majorité sur l’élimination des membres de la sécurité palestinienne. Par exemple, un article de l’Associated Press (AP) publié par la CBC le 13 novembre, intitulé Israel mulls resuming targeted killings of Gaza militants (« Israël réfléchit à la reprise des éliminations ciblées de militants de Gaza ») ne fait aucune mention des morts et des blessés parmi la population civile. Il caractérise les meurtres « d’assassinats ciblés ». Le fait que les pertes humaines soient dans une large mesure des victimes civiles, indique qu’Israël n’est pas tant engagée dans des meurtres « ciblés » que dans des assassinats « aveugles », commettant ainsi à nouveau le crime de punition collective. Un autre article de l’AP paru au bulletin d’informations de la CBC le 12 novembre et intitulé Gaza rocket fire raises pressure on Israel government (« Des tirs de roquettes mettent la pression sur le gouvernement israélien ») est accompagné de la by Text-Enhance">photo d’une femme israélienne regardant un trou dans le plafond de son salon. Et là encore, aucune image, ni aucune mention des nombreuses victimes et des cadavres à Gaza. Dans le même ordre d’idées, la BBC titrait, le 12 novembre, Israel hit by fresh volley of rockets from Gaza (« Israël frappée par une nouvelle pluie de roquettes tirées depuis Gaza »). La même tendance se retrouve dans les grands journaux européens.Les informations diffusées se concentrent quasi exclusivement sur les roquettes tirées depuis Gaza, dont aucune n’a causé de blessés ni de morts. Ce qu’on ignore sciemment, ce sont les bombardements touchant la bande de Gaza qui, eux, ont causé de nombreuses victimes, dont des morts et plusieurs blessés graves. Nul besoin d’être un expert en science des médias pour comprendre qu’on a affaire au mieux à des reportages bâclés et biaisés, et au pire à une désinformation pure et simple, basée sur une mauvaise foi délibérée et qui vise à déformer les faits pour tromper les lecteurs.

 

De plus, les articles mentionnant les victimes palestiniennes à Gaza rapportent systématiquement que les opérations militaires israéliennes était en représailles à des tirs de roquettes et à deux soldats blessés. Cependant, si l’on examine la chronologie des événements, la flambée de violence actuelle a débuté le 5 novembre dernier quand un innocent âgé de 20 ans et souffrant apparemment de troubles mentaux, Ahmad al-Nabaheen, a été tué alors qu’il déambulait près de la frontière. Les médecins ont dû patienter pendant six heures avant d’être autorisés à le secourir, et ils pensent que son décès est très certainement dû à cette attente. Puis, le 8 novembre, un garçon âgé de 13 ans qui jouait au football devant sa maison a été tué par les Forces d’occupation israéliennes qui avaient fait une incursion dans le territoire de la Bande de Gaza avec des chars d’assaut et des hélicoptères. Le fait que quatre soldats israéliens aient été blessés à la frontière le 10 novembre faisait donc partie d’une série d’événements incluant la mort de civils de Gaza, et n’en constituait en aucun cas l’élément déclencheur.

 

Nous, les signataires de ce texte, sommes récemment rentrés d’un séjour dans la Bande de Gaza. Certains d’entre nous sont en contact direct avec des palestiniens vivant à Gaza à travers les réseaux sociaux. Pendant deux nuits d’affilée, le 10 et le 11 novembre, les palestiniens de Gaza ont été privés de sommeil à cause du survol incessant de drones et d’avions F16 et de bombardements aveugles de leur territoire densément peuplé. L’objectif de ces opérations semble clair : il est de terroriser la population, objectif atteint d’ailleurs, comme nous pouvons l’affirmer grâce aux témoignages de nos contacts sur place. S’il n’y avait pas eu de messages affichés sur Facebook, nous n’aurions pas conscience de l’envergure des bombardements et du degré de terreur ressenti par les civils palestiniens ordinaires de Gaza. Ceci contraste fortement avec ce que le monde sait du choc ressenti par les citoyens israéliens victimes des tirs de roquettes.

Selon un rapport envoyé le 11 novembre par un médecin canadien qui se trouvait à Gaza et qui a apporté son aide au service d’urgences de l’hôpital de Shifa durant le week-end, « les blessés étaient tous des civils présentant de multiples blessures de perforation provenant d’éclats d’obus : lésions cérébrales, blessures au cou, hemo-pneumothorax, tamponade péricardiale, rupture de la rate, perforations intestinales, membres déchiquetés, amputations traumatiques. Tout ceci sans aucun écran de contrôle, avec peu de stéthoscopes, une seule machine à ultrasons… Plusieurs victimes souffrant de blessures graves mais n’engageant pas leur pronostic vital ont été renvoyées chez elles avant d’être examinées de nouveau le lendemain matin à cause du nombre considérable de blessures graves à traiter. La profondeur des blessures dues aux éclats d’obus donnait froid dans le dos. De petites blessures au demeurant, mais avec des dégâts internes massifs… Et tout cela avec très peu de morphine disponible pour atténuer la douleur. »

 

Apparemment, ce genre de scènes ne valent pas la peine d’être rapportées par le New York Times, la CBC ou la BBC.

 

Les préjugés et la malhonnêteté qui caractérisent la couverture de l’oppression palestinienne par les médias occidentaux ne sont pas nouveaux ; ceci a été amplement documenté. Pourtant, Israël continue à commettre des crimes contre l’humanité avec l’assentiment total et le soutien moral, financier et militaire de nos gouvernements, que ce soit les Etats-Unis, le Canada ou l’Union Européenne. Benyamin Netanyahu est en ce moment même en train de recueillir le soutien diplomatique des pays occidentaux en vue d’attaques à venir sur Gaza, ce qui nous fait craindre qu’une nouvelle opération du même type que « Plomb durci » se profile à l’horizon. En fait, les événements les plus récents confirment qu’une telle escalade est déjà en état de marche, tel que le montre le décompte des morts aujourd’hui. L’absence d’indignation populaire massive face à ces crimes est une conséquence directe de la dissimulation systématique des faits et de la manière distordue dont ces crimes sont rapportés.

 

Nous souhaitons exprimer notre indignation concernant la couverture médiatique scandaleuse de ces événements dans les grands médias. Nous appelons les journalistes du monde entier travaillant pour des antennes de ces grands médias à refuser d’être instrumentalisés à travers cette politique systématique de manipulation. Nous appelons également les citoyens à s’informer en consultant les médias indépendants et à laisser leur conscience s’exprimer ouvertement de la manière qu’ils jugent la plus efficace et appropriée.

 

Hagit Borer, Grande Bretagne
Antoine Bustros, Canada
Noam Chomsky, USA
David Heap, Canada
Stephanie Kelly, Canada
Máire Noonan, Canada
Philippe Prévost, France
Verena Stresing, France
Laurie Tuller, France

lien à copier dans votre navigateur :

http://mondoweiss.net/2012/11/nous-accusons-mainstream-me...

----------------

texte initial :

David Heap just sent us this statement from participants of a recent delegation to Gaza:

While countries across Europe and North America commemorated military casualties of past and present wars on November 11, Israel was targeting civilians. On November 12, waking up to a new week, readers at breakfast were flooded with heart rending accounts of past and current military casualties. There was, however, no or little mention of the fact that the majority of casualties of modern day wars are civilians. There was also hardly any mention on the morning of November 12 of military attacks on Gaza that continued throughout the weekend. A cursory scan confirms this for Canada’s CBC, the Globe and Mail, Montreal’s Gazette, and the Toronto Star. Equally, for the New York Times and for the BBC.

According to the Palestinian Centre for Human Rights (PCHR) report on Sunday November 11, five Palestinian civilians including three children had been killed in the Gaza strip in the previous 72 hours, in addition to two Palestinian security personnel. Four of the deaths occurred as a result of Israeli military firing artillery shells on youngsters playing soccer. Moreover, 52 civilians had been wounded, of which six were women and 12 were children. (Since we began composing this text, the Palestinian death toll has risen, and continues to rise.)

Articles that do report on the killings overwhelmingly focus on the killing of Palestinian security personnel. For example, an Associated Press article published in the CBC world news on November 13, entitled Israel mulls resuming targeted killings of Gaza militants, mentions absolutely nothing of civilian deaths and injuries. It portrays the killings as ‘targeted assassinations’. The fact that casualties have overwhelmingly been civilians indicates that Israel is not so much engaged in “targeted" killings, as in "collective" killings, thus once again committing the crime of collective punishment. Another AP item on CBC news from November 12 reads Gaza rocket fire raises pressure on Israel government. It features a photo of an Israeli woman gazing on a hole in her living room ceiling. Again, no images, nor mention of the numerous bleeding casualties or corpses in Gaza. Along the same lines, a BBC headline on November 12 reads Israel hit by fresh volley of rockets from Gaza. Similar trend can be illustrated for European mainstream papers.

News items overwhelmingly focus on the rockets that have been fired from Gaza, none of which have caused human casualties. What is not in focus are the shellings and bombardments on Gaza, which have resulted in numerous severe and fatal casualties. It doesn’t take an expert in media science to understand that what we are facing is at best shoddy and skewed reporting, and at worst willfully dishonest manipulation of the readership.

Furthermore, articles that do mention the Palestinian casualties in Gaza consistently report that Israeli operations are in response to rockets from Gaza and to the injuring of Israeli soldiers. However, the chronology of events of the recent flare-up began on November 5, when an innocent, apparently mentally unfit, 20-year old man, Ahmad al-Nabaheen, was shot when he wandered close to the border. Medics had to wait for six hours to be permitted to pick him up and they suspect that he may have died because of that delay. Then, on November 8, a 13-year old boy playing football in front of his house was killed by fire from the IOF that had moved into Gazan territory with tanks as well as helicopters. The wounding of four Israeli soldiers at the border on November 10 was therefore already part of a chain of events where Gazan civilians had been killed, and not the triggering event.

We, the signatories, have recently returned from a visit to the Gaza strip. Some among us are now connected to Palestinians living in Gaza through social media. For two nights in a row Palestinians in Gaza were prevented from sleeping through continued engagement of drones, F16s, and indiscriminate bombings of various targets inside the densely populated Gaza strip. The intent of this is clearly to terrorise the population, successfully so, as we can ascertain from our friends’ reports. If it was not for Facebook postings, we would not be aware of the degree of terror felt by ordinary Palestinian civilians in Gaza. This stands in stark contrast to the world’s awareness of terrorised and shock-treated Israeli citizens.

An extract of a report sent by a Canadian medic who happened to be in Gaza and helped out in Shifa hospital ER over the weekend says: “the wounded were all civilians with multiple puncture wounds from shrapnel: brain injuries, neck injuries, hemo-pneumo thorax, pericardial tamponade, splenic rupture, intestinal perforations, slatted limbs, traumatic amputations. All of this with no monitors, few stethoscopes, one ultrasound machine.  ….  Many people with serious but non life threatening injuries were sent home to be re-assessed in the morning due to the sheer volume of casualties.  The penetrating shrapnel injuries were spooky. Tiny wounds with massive internal injuries.  … There was very little morphine for analgesia.”

Apparently such scenes are not newsworthy for the New York Times, the CBC, or the BBC.

Bias and dishonesty with respect to the oppression of Palestinians is nothing new in Western media and has been widely documented. Nevertheless, Israel continues its crimes against humanity with full acquiescence and financial, military, and moral support from our governments, the U.S., Canada and the EU. Netanyahu is currently garnering Western diplomatic support for additional operations in Gaza, which makes us worry that another Cast Lead may be on the horizon. In fact, the very recent events are confirming such an escalation has already begun, as today's death-count climbs. The lack of widespread public outrage at these crimes is a direct consequence of the systematic way in which the facts are withheld and/or of the skewed way these crimes are portrayed.

We wish to express our outrage at the reprehensible media coverage of these acts in the mainstream (corporate) media. We call on journalists around the world working for corporate media outlets to refuse to be instruments of this systematic policy of disguise. We call on citizens to inform themselves through independent media, and to voice their conscience by whichever means is accessible to them. 

Hagit Borer, U.K.
Antoine Bustros, Canada
Noam Chomsky, US
David Heap, Canada
Stephanie Kelly, Canada
Máire Noonan, Canada
Philippe Prévost, France
Verena Stresing, France
Laurie Tuller, France

Posted in ActivismGazaIsrael/PalestineMedia  

16/11/2012

La Palestine, clef de la paix mondiale (suite)

lu sur :

http://www.la-croix.com/Actualite/S-informer/Monde/Israel-et-Gaza-les-motifs-d-une-escalade-_EG_-2012-11-15-876440

Israël et Gaza, les motifs d'une escalade

L’armée israélienne mène depuis mercredi 14 novembre une offensive militaire intense contre le Hamas.        

15/11/12 - 17 H 14 mis à jour le 15/11/12 - 19 H 11

L’opération militaire, lancée en riposte à des tirs de Gaza, survient en pleine campagne électorale israélienne et alors que l’Autorité palestinienne tente d’acquérir un nouveau statut aux Nations unies.

Soutenue par les États-Unis, l’offensive d’Israël met l’Égypte en délicate position.

L’opération s’appelle « Pilier de défense » . Lancée depuis mercredi 14 novembre, elle est considérée la plus importante offensive israélienne depuis quatre ans contre la bande de Gaza, où le Hamas est au pouvoir. Les raids aériens ont entraîné la mort de 15 Palestiniens et fait 150 blessés, selon un bilan hier après-midi. Côté israélien, trois civils ont été tués hier par un tir de roquette. Explication sur les risques d’un nouvel engrenage de la violence.

Pourquoi Israël frappe Gaza maintenant ?

Trop, c’est trop. Pour Israël, le seuil de tolérance aux attaques des groupes armés palestiniens de Gaza a été franchi samedi. Ce jour-là, après une longue série d’attentats à l’explosif et de tirs à l’arme automatique, une roquette a grièvement blessé un officier israélien. L’État hébreu y a riposté par des raids aériens ponctuels, suivis de tirs de roquettes.

Comme toujours, ce nouveau cycle de violences semblait devoir conduire à une trêve négociée par l’Égypte. « L’affaire est close »,  avait même déclaré mardi 13 un ministre israélien. Simple écran de fumée, car l’aviation israélienne a décapité le Hamas mercredi 14 en éliminant son chef militaire, Ahmed Jaabari.

Dans la foulée, l’aviation et la marine ont bombardé et détruit la plupart des roquettes Farj-5 du Hamas. Ces engins, de fabrication iranienne, d’une portée de 75 km, pouvaient atteindre Tel-Aviv et sa région. « Ils constituaient une menace stratégique »,  a justifié le ministre de la défense, Ehoud Barak. Ce coup est aussi indirectement porté au régime de Téhéran, qui comptait sur cet arsenal du Hamas dans le cadre de sa riposte à une éventuelle attaque israélienne contre ses sites nucléaires.

Benyamin Netanyahou a par ailleurs opportunément choisi de lancer son opération militaire, à deux mois et demi des élections législatives israéliennes. Il profite d’un consensus national, car l’opinion est excédée par les tirs incessants de roquettes depuis douze ans qui paralysent régulièrement la vie d’un million d’habitants de la région sud d’Israël. La campagne électorale devait porter surtout sur les questions économiques et sociales. 

Or, les tensions sécuritaires ont historiquement toujours profité à la droite. Et devant les heurts avec Gaza ces dernières semaines, l’État hébreu peut aisément justifier aux yeux de la communauté internationale d’une riposte musclée.

On peut aussi penser que cette escalade militaire n’est pas étrangère à la demande que projette de faire le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, le 29 novembre prochain, devant l’assemblée générale des Nations unies, pour rehausser l’actuel statut d’observateur de la Palestine à celui d’« État non-membre ».  

L’offensive pourrait être un message d’avertissement du premier ministre israélien à Mahmoud Abbas. Alors que bombes et missiles tombent sur la population palestinienne, il sera plus difficile au président Abbas de faire sa demande de nouveau statut onusien. En tournée à cette fin en Europe, le chef de l’Autorité palestinienne devait rentrer hier précipitamment en Cisjordanie.

Pourquoi son statut à l’ONU importe-t-il tant à l’Autorité palestinienne ?

En 2011, la demande de reconnaissance de l’État palestinien, devant le Conseil de sécurité de l’ONU, avait été arrêtée par les pressions de certains membres du Conseil de sécurité, en particulier par la menace des États-Unis d’opposer leur veto.

Cette fois-ci, rien ne peut arrêter la demande devant l’assemblée générale des Nations unies : il n’existe pas de droit de veto possible devant cette assemblée et les Palestiniens sont assurés d’obtenir une large majorité des voix. Le statut d’« État non-membre »  donnerait à l’Autorité palestinienne le droit de déposer une plainte devant la Cour internationale de justice contre, entre autres, les colonies, jugées illégales par cette cour .

Ligne rouge à ne pas dépasser pour l’État hébreu, l’ONU est la dernière carte que détient le président palestinien, par ailleurs très affaibli politiquement. La perte de contrôle du territoire de Gaza, les récentes élections législatives, boycottées par le Hamas – qui n’ont guère mobilisé les Palestiniens de Cisjordanie –, et la situation économique catastrophique en Cisjordanie l’ont fragilisé. Toutes ses tentatives de relance des négociations avec Israël se sont heurtées à un refus implacable de Benyamin Netanyahou. Le dirigeant palestinien n’est guère aidé, non plus, par la communauté internationale, lasse de ce dossier. Et Mahmoud Abbas ne croit pas que Barack Obama, réélu à la Maison-Blanche, pourra faire avancer le processus de paix en panne avec Israël.

Enfin, le déplacement de l’émir du Qatar à Gaza le 23 octobre dernier a été ressenti comme une profonde humiliation pour celui censé représenter tous les Palestiniens et tenu à l’écart de cette visite inédite.

Pourquoi le Hamas a-t-il pris le risque d’une reprise du conflit ?

Le mouvement islamiste, au pouvoir à Gaza, ne contrôle pas toutes les factions militaires qui agissent sur ce territoire palestinien. La plupart des tirs de roquettes en provenance de l’enclave palestinienne sont dus à d’autres organisations, dont le Djihad islamique et des groupes salafistes. Le Hamas ne s’attendait pas à cette escalade. Lundi dernier, plusieurs mouvements palestiniens de la bande de Gaza, y compris le Djihad islamique, avaient indiqué qu’ils étaient prêts à observer une trêve avec Israël, qui a répondu qu’il allait étudier la question.

Quelle ampleur peut prendre l’offensive israélienne ?

« Nous voulons restaurer le calme dans nos agglomérations de la région sud », a assuré Ehoud Barak. Les objectifs assignés à ses troupes sont limités : réduire le potentiel militaire du Hamas, affaiblir sa direction, renforcer les capacités dissuasives d’Israël. Il n’est question ni de réoc cu per la bande de Gaza, ni de renverser le Hamas au pouvoir dans la région. Tout bombardement erroné faisant des victimes civiles collatérales risquerait de déboucher sur un désastre diplomatique, comme ce fut le cas lors de l’opération « Plomb durci », il y a quatre ans. 

L’armée israélienne a toutefois mobilisé des centaines de réservistes d’unités spéciales. Elle n’écarte pas une opération terrestre d’envergure qui pourrait à nouveau l’engluer dans l’enclave palestinienne. Benyamin Netanyahou a averti hier qu’Israël prendrait « toute action nécessaire » pour se défendre.

Comment réagit la communauté internationale ?

Dès mercredi soir, l’ambassadrice américaine auprès des Nations unies, Susan Rice, a affirmé le soutien ferme des États-Unis à l’État hébreu en riposte aux attaques, qualifiées de « brutales » du Hamas. Le président Barack Obama s’est entretenu avec le premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, et avec le président égyptien. Le Caire a condamné l’opération israélienne, qui place le nouveau pouvoir égyptien dans une position délicate .

Au-delà de l’Égypte, c’est l’ensemble des pays arabes, en particulier le Qatar, qui réprouvent l’offensive d’Israël. La Ligue arabe doit réunir d’urgence demain les ministres des affaires étrangères de l’organisation panarabe.

De son côté, la France a appelé « à la désescalade et à la retenue », tout en reconnaissant à Israël un « droit à se défendre ». « Israël bien sûr a droit à se défendre mais on n’arrive à rien en pratiquant un regain de violence. Les Palestiniens ont droit à un État, il faut répéter cela et Israël a droit à la sécurité mais ce n’est pas par la violence qu’on peut régler les problèmes », a commenté le ministre français des affaires étrangères, Laurent Fabius, hier sur RTL JOËL DAVID (à Jérusalem), SÉBASTIEN MAILLARD et AGNÈS ROTIVEL (à Beyrouth)

12/03/2012

Palestine : la loi du plus fort (militairement)

lu sur:

http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2012/03/12/deux-palestiniens-tues-lors-de-nouveaux-raids-israeliens-a-gaza_1656251_3218.html

Les raids israéliens se poursuivent à Gaza

LEMONDE.FR avec AFP et Reuters | 12.03.12 | 08h28  •  Mis à jour le 12.03.12 | 17h33

Un adolescent palestinien a été tué lundi matin 12 mars dans la bande de Gaza lors d'une frappe israélienne, ce qui porte à vingt et un le nombre de Palestiniens morts depuis vendredi, dont quatre lundi, a-t-on appris de sources médicales palestiniennes. "Le jeune Nayef Qarmout, 15 ans, a été tué et six autres" élèves ont été blessés, a indiqué le porte-parole des services d'urgence dans la bande de Gaza, en précisant que la frappe avait eu lieu près de Beit Lahiya, dans le nord du territoire. Deux Palestiniens ont aussi péri lundi matin près de la ville de Khan Younès, avaient indiqué un peu plus tôt des sources médicales palestiniennes. Au total, 23 Palestiniens ont été tués et 73 blessés dans au moins 36 frappes israéliennes depuis vendredi, selon les services d'urgence.

Auparavant, l'aviation israélienne avait effectué de nouvelles frappes à Gaza dans la nuit de dimanche à lundi, faisant 35 blessés, en riposte aux tirs de roquettes palestiniens. Au total, l'aviation israélienne a effectué huit raids durant la nuit, selon des sources sécuritaires palestiniennes. Une porte-parole de l'armée israélienne a confirmé six frappes, précisant qu'elles avaient "visé un dépôt d'armes et quatre sites de lancement de roquettes dans le nord de la bande de Gaza, ainsi qu'un autre dans le Sud".

Au total, depuis vendredi, 143 projectiles sont tombés en Israël et 52 autres ont été détruits en vol selon l'armée israélienne. Durant la nuit de dimanche à lundi, un bâtiment situé dans un kibboutz (village collectiviste) a été endommagé mais ces tirs n'ont fait aucune victime. Selon l'armée, l'Iron Dome ("dôme de fer"), un système antiroquette, a intercepté durant la nuit au moins 37 des engins tirés vers le sud d'Israël.

MÉDIATION

Ismaïl Haniyeh, chef du Hamas dans la bande de Gaza, a déclaré dimanche soir que l'Egypte tentait une médiation pour mettre fin à ces violences. L'Egypte négocie notamment avec les mouvements palestiniens mais M. Haniyeh a déclaré qu'Israël devait au préalable cesser ses bombardements sur Gaza. Le Djihad islamique, responsable de la plupart des tirs de roquette, a annoncé que les deux activistes tués lundi étaient issus de ses rangs.

Ce nouveau cycle de violences a été déclenché par "l'élimination ciblée" vendredi par Israël de Zouheir Al-Qaissi, chef des Comités de résistance populaire (CRP), mouvement basé à Gaza et qui prône la lutte armée contre Israël. Le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, a ordonné à l'armée de "frapper tous ceux qui projettent de nous attaquer", en se félicitant du fait qu'elle ait déjà "asséné des coups durs aux organisations terroristes". D'après la radio publique, M. Nétanyahou a également assuré, lors d'une visite dimanche dans le sud d'Israël, que les "opérations à Gaza allaient continuer tant que cela est nécessaire".

Le ministre de la défense israélien, Ehoud Barak, a prévenu dimanche que les violences risquaient de durer encore plusieurs jours. "Israël n'a pas envie d'une escalade, Israël n'a pas envie de frapper des innocents. Israël est totalement opposé à cela, a pour sa part déclaré Eli Yishai, ministre de l'intérieur et membre de la garde rapprochée du chef du gouvernement, à l'antenne de la radio de l'armée. "Pour l'instant, [les hostilités] sont de cette ampleur. Mais s'il s'avère qu'elles se prolongent, alors il ne fait aucun doute qu'un coup puissant, douloureux sera porté afin qu'elles ne se poursuivent pas."

Sur le front diplomatique, Israéliens et Palestiniens se sont adressés dimanche soir au Conseil de sécurité de l'ONU, alors que doit se tenir lundi matin à New York une réunion à haut niveau du Quartet, dont les membres (Etats-Unis, Russie, Union européenne et ONU) tentent de débloquer le processus de paix.

Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon s'est dit "gravement préoccupé par cette nouvelle escalade entre Gaza et Israël ; une fois de plus, des civils en paient un prix terrible". La Chine a quant à elle appelé Israël à "cesser ses raids", se disant "préoccupée par la détérioration de la situation à Gaza".

Les Etats-Unis s'étaient aussi dits ce week-end "profondément préoccupés", appelant "les deux parties à tout mettre en œuvre pour que le calme revienne". La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton a "condamné" les tirs de roquettes vers Israël depuis la bande de Gaza et appelé toutes les parties à oeuvrer pour "apaiser la situation.

01/08/2011

Palestine : un "crime israélien"

lu sur :

http://www.lepoint.fr/monde/deux-palestiniens-tues-par-des-soldats-israeliens-en-cisjordanie-01-08-2011-1358391_24.php?xtor=EPR-6-[Newsletter-Quotidienne]-20110801

Deux Palestiniens ont été tués dans la nuit de dimanche à lundi par des soldats israéliens dans le camp de réfugiés de Kalandia en Cisjordanie, ont indiqué des sources hospitalières et des responsables des services de sécurité palestiniens. Les deux victimes, Mortesen Adwan (23 ans) et Ali Halifa (22 ou 25 ans, selon les sources), ont été tuées par des tirs de militaires qui effectuaient des arrestations dans le camp de Kalandia, situé près de la route reliant Ramallah à Jérusalem. L'un d'une balle dans l'estomac, l'autre en pleine tête, précise-t-on de source médicale palestinienne.

Selon des témoins, les soldats ont ouvert le feu à la suite de jets de pierres de Palestiniens. Selon un porte-parole de l'armée israélienne, l'émeute a éclaté au cours "d'une opération de routine destinée à arrêter des suspects palestiniens". Cinq soldats israéliens ont été légèrement blessés.

L'Autorité palestinienne dénonce un "crime israélien"

Des responsables des services de sécurité palestiniens ont précisé que les deux Palestiniens avaient été transportés à l'aube à l'hôpital de Ramallah. "L'un d'eux a été atteint à la tête. Il est décédé immédiatement, tandis que le deuxième est mort peu après son admission", ont ajouté ces responsables. Interrogée par l'AFP, une porte-parole de l'armée a confirmé que des affrontements avec des manifestants palestiniens avaient eu lieu lors d'une opération visant à arrêter des "suspects" à Kalandia. Cinq soldats ont été blessés durant ces incidents, a-t-elle ajouté, sans confirmer la mort de deux Palestiniens.

Le porte-parole de la présidence de l'Autorité palestinienne, Nabil Abou Roudeina, a condamné l'intervention de l'armée israélienne. "Nous condamnons ce crime israélien qui a coûté la vie à deux martyrs", a déclaré Nabil Abou. Roudeina dans un communiqué à l'agence de presse WAFA. "Il s'agit d'une tentative israélienne de provoquer une escalade avant septembre, alors que les agressions des colons (israéliens) contre les Palestiniens et leurs propriétés se poursuivent", a affirmé le porte-parole. Il faisait allusion au projet du président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas de demander l'intégration d'un État palestinien au sein de l'ONU le mois prochain.

Le 13 juillet, un Palestinien avait été tué par des tirs de soldats israéliens dans le camp de réfugiés d'el-Farah près de Naplouse (nord de la Cisjordanie occupée) alors que l'armée recherchait un militant du Jihad islamique.

26/05/2011

Serbie : Arrestation de Ratko Mladic

lu sur :

http://www.lemonde.fr/europe/article/2011/05/26/la-longue-traque-pour-retrouver-ratko-mladic_1527889_3214.html

La longue traque pour retrouver Ratko Mladic

L'arrestation de Ratko Mladic, jeudi 26 mai en Bosnie, met fin à la cavale de l'ancien chef militaire des Serbes de Bosnie, qui aura duré plus de quinze ans.

1996 : Mladic inculpé, mais en liberté

Limogé de son poste de chef d'état-major de l'armée des Serbes de Bosnie en 1996 après la signature des accords de paix de Dayton qui mettaient fin à la guerre en Bosnie, Ratko Mladic vit d'abord en toute impunité dans son fief de Han Pijesak, une base militaire en Bosnie qui dispose d'un vaste réseau de galeries souterraines. Et ce malgré le mandat d'arrêt international lancé à son encontre au début de l'année.

2001 : Mladic introuvable

Mladic toujours introuvable, la procureura du TPIY Carla Del Ponte accuse la Serbie de protéger le fugitif. Le gouvernement serbe dément catégoriquement. A posteriori, un rapport des services secrets serbes reconnaît que Mladic a bien été protégé par l'armée serbe jusqu'en juin 2002. Mladic aurait habité un quartier chic de Belgrade où, selon des anciens voisins, il aimait particulièrement tailler des roses en chantonnant.

2003 : arrestation manquée

Une première opération de la Force de stabilisation de l'OTAN (SFOR) visant à arrêter Mladic en Bosnie échoue, le 13 août. En 2004, Vojislav Kostunica, premier ministre serbe, maintient que Ratko Mladic n'est pas sur le territoire serbe.

2005 : Belgrade change de ton

Pour la première fois, le 22 août, le gouvernement serbe exige la reddition ou l'arrestation de Mladic et de Radovan Karadzic, l'ancien chef politique des Serbes de Bosnie. En fin d'année, le ministre de la défense de Serbie-Monténégro, Zoran Stankovic, reconnaît une coopération insuffisante de son armée avec le TPIY pour arrêter les inculpés de crimes de guerre.

2006 : des complices interpellés

Plusieurs complices de Ratko Mladic, notamment l'ex-colonel Stanko Ristic et Ratko Vucetic, officier à la retraite, sont arrêtés. Le parlement de Serbie-Monténégro gèle les avoirs des fugitifs. Carla Del Ponte répète que Ratko Mladic "est en Serbie, à Belgrade et dans les alentours".

2007 : Tolimir arrêté

Zdravko Tolimir, ancien général serbe bosniaque inculpé pour crimes de guerre, est arrêté. Il est le troisième sur la liste des six fugitifs les plus réclamés par le TPIY. Surtout, il est soupçonné d'être un des organisateurs du réseau d'aide à Mladic.

2008 : Karadzic arrêté

Radovan Karadzic est arrêté à Belgrade le 21 juillet.

2009 : Des images de Mladic

La télévision bosnienne diffuse des images de Mladic le 11 juin, affirmant que certaines ont été tournées "très récemment, peut-être même l'hiver dernier".

2010 : L'étau se resserre

La justice serbe inculpe dix personnes accusées d'avoir aidé Ratko Mladic dans sa fuite. Dans le même temps, le gouvernement élève à 10 millions d'euros la récompense pour des informations sur le fugitif.

-----------

sur le même sujet :

http://www.lemonde.fr/europe/article/2011/05/26/les-accusations-qui-pesent-sur-ratko-mladic_1527870_3214.html

Les accusations qui pèsent sur Ratko Mladic

LEMONDE.FR avec AFP, Reuters | 26.05.11 | 15h23  •  Mis à jour le 26.05.11 | 15h57 

Ratko Mladic est l'objet de quinze chefs d'inculpation devant le TPIY : les plus importants sont "génocide", "complicité de génocide", "crimes contre l'humanité" et "violations des lois et coutumes de la guerre".

 

Ratko Mladic, 69 ans, est l'ancien chef militaire des Serbes de Bosnie. Après plus de quinze ans de cavale, il a été arrêté, jeudi en Bosnie, et devrait bientôt être présenté à la justice internationale.

Le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY), créé en 1993, a inculpé Mladic pour son rôle dans l'extermination de milliers de civils pendant la guerre en Bosnie (1992-1995), en particulier la prise de Srebrenica en juillet 1995 et le massacre de près de 8 000 Musulmans bosniaques par ses troupes.

"EXTERMINATIONS", "MEURTRES", "DÉPORTATIONS"

Il est l'objet de quinze chefs d'inculpation devant le TPIY : les plus importants sont "génocide", "complicité de génocide", "crimes contre l'humanité", "exterminations", "meurtres", "déportations", "actes inhumains", "prises d'otages" et "violations des lois et coutumes de la guerre". Le "Boucher des Balkans", comme il est parfois surnommé, encourt la prison à perpétuité.

"Ratko Mladic a joué un rôle central dans certains des épisodes les plus sombres de l'histoire des Balkans et de l'Europe, a répété le secrétaire général de l'OTAN jeudi, y compris dans le siège de Sarajevo et le massacre de milliers d'hommes et de garçons bosniaques à Srebrenica en 1995."

Lors de la prise de l'enclave de Srebrenica le 11 juillet 1995, les casques bleus néerlandais censés la protéger n'ont pas résisté. Les forces serbes de Bosnie ont séparé les hommes et adolescents musulmans des femmes, les ont emmenés dans des camions et des cars, les ont exécutés et ont jeté leurs corps dans des fosses communes. Ce massacre, le pire commis en Europe depuis la seconde guerre mondiale, a été qualifié de génocide par le TPIY et par la Cour internationale de justice. Avec l'arrestation de Ratko Mladic, tous les inculpés pour ce massacre sont désormais sous les verrous. 

-------------

et aussi :

La Russie a-t-elle aidé l'ex-chef militaire bosno-serbe, Ratko Maldic, à échapper aux recherches du Tribunal international de La Haye ? Les Serbes s'interrogent, révèlent les documents WikiLeaks analysés par "Le Monde".

La Serbie s'interroge sur l'aide en provenance de Russie dont aurait bénéficié dans sa fuite Ratko Mladic, l'ex-chef militaire bosno-serbe recherché par le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) de La Haye. C'est Miki Rakic, un conseiller du président serbe Boris Tadic, qui confie ce soupçon aux diplomates américains en août 2009, rapporte un télégramme obtenu par WikiLeaks et révélé par Le Monde.

La Russie ne s'est pas montrée "ouverte" aux demandes d'entraide de la Serbie, affirme-t-il. "Rakic nous a dit qu'il avait posé une série de questions à propos de contacts spécifiques entre des proches de Mladic et des diplomates russes, ainsi qu'au sujet de voyages et d'appels vers la Russie effectués par ces proches, concernant en juin le directeur du FSB Aleksandre Bortnikov, en juillet le conseiller national russe pour la sécurité Nikolaï Patrouchev, et plus récemment le chef de l'administration présidentielle, Vladislav Surkov", relate un câble du 3 septembre 2009.

Belgrade assure que tous les efforts sont consentis pour retrouver Mladic. Des efforts auxquels ont participé les Américains : en juillet 2009, la secrétaire d'Etat Hillary Clinton s'est entretenue avec son homologue néerlandais, Maxime Verhagen, dont le pays s'oppose à toute avancée de la Serbie vers l'Union européenne sans l'arrestation préalable de Mladic. Mme Clinton a promis de fournir à son gouvernement des informations sur une mission récente d'évaluation du FBI à Belgrade.

Le président Boris Tadic s'est félicité de cette venue de spécialistes dans la traque de fugitifs, relate un câble du 22 octobre 2009, après sa rencontre avec l'ambassadeur itinérant pour les questions de crimes de guerre, Stephen Rapp.

"NOUS COMPTONS SUR LES ETATS-UNIS POUR NOUS AIDER"

Au cours de l'entretien, le président Tadic a expliqué que "ceux qui cachent probablement Mladic avaient des liens avec le crime organisé et la richesse amassée grâce aux profits des temps de guerre, dans les années 1990", rapporte l'ambassade, soulignant la volonté de M. Tadic de renforcer la coopération dans le renseignement avec les Etats-Unis.

"Tadic s'est dit aussi frustré du rôle qu'a joué le Parti démocrate de Serbie (DDS), de son ancien premier ministre Vojislav Kostunica, dans la dissimulation d'informations sur Mladic. 'J'estime qu'ils ont violé notre loi', a-t-il dit, 'et lorsque Mladic sera arrêté, nous le prouverons'. Résumant sa position, Tadic a dit : 'nous comptons sur les Etats-Unis pour nous aider'."

Même si la situation demeure tendue dans le nord du Kosovo, les efforts serbes en vue d'une intégration dans l'Union européenne constituent un motif de satisfaction. La visite à Belgrade du vice-président américain, Joseph Biden, en mai 2009, a ouvert une nouvelle phase dans les relations entre les deux pays.

Le 29 janvier, l'ambassadrice américaine en Serbie, Mary Warlick, a rencontré le président Boris Tadic. Celui-ci a martelé que son pays "ne changera pas ses vues sur l'intégrité territoriale", mais a exprimé son "ouverture au dialogue", note l'ambassadrice, étonnée que le chef de l'Etat serbe réclame une invitation officielle à Washington.

"LA RUSSIE N'EST PAS TOUJOURS UN PARTENAIRE FIABLE"

En septembre 2009, à la veille de la visite du président russe, Dmitri Medvedev, à Belgrade, l'ambassade rédige une analyse fine des relations entre la Serbie et la Russie, loin du cliché sur la soumission de la première à la seconde. Elle y insiste notamment sur les divisions au sein du pouvoir serbe sur ce sujet et la difficulté de Belgrade à "trouver le ton juste" vis-à-vis de Moscou.

Boris Tadic et son entourage "voient une utilité continue dans le veto russe au Conseil de sécurité et dans le soutien rhétorique sur le Kosovo. (…) En même temps, ce groupe plus pragmatique de décideurs voient que la Russie n'est pas toujours un partenaire fiable". D'autant que les bénéfices d'une intégration au sein de l'UE seraient bien supérieurs à ce lien avec Moscou, second partenaire commercial.

Depuis 2000, note l'ambassade, les sociétés russes ont investi environ un milliard de dollars en Serbie… dont la moitié, en 2009, lors du rachat de la société pétrolière NIS par Gazpromneft.

Piotr Smolar
Article paru dans l'édition du 11.12.10

----------------------- 

et aussi:

http://www.lemonde.fr/europe/article/2010/10/04/le-journal-de-guerre-de-mladic-document-exceptionnel-sur-la-guerre-de-bosnie_1419887_3214.html#xtor=EPR-32280229-%5BNL_Titresdujour%5D-20110526-%5Bzonea%5D 

La police a saisi au domicile de la femme de Ratko Mladic, à Belgrade, les carnets de notes du général serbe, inculpé pour "génocide et crimes contre l'humanité" par le Tribunal de La Haye.

C'est le carnet de notes d'un chef militaire, et un document unique sur la guerre en ex-Yougoslavie : le général serbe y détaille ses réunions d'état-major, ses rendez-vous politiques et diplomatiques, ses achats d'armes. L'homme du siège de Sarajevo et de la tuerie de Srebrenica, s'il livre peu ses impressions personnelles, retranscrit ce que ses interlocuteurs lui racontent. C'est le conflit vu du côté serbe.

Le général Ratko Mladic fut le chef de l'armée serbe durant toute la guerre en Bosnie-Herzégovine (avril 1992 - décembre 1995). Il prenait ses ordres à Belgrade, auprès du président Slobodan Milosevic. Il opérait en tandem avec le chef politique bosno-serbe Radovan Karadzic.

Les carnets de guerre de Ratko Mladic ont été retrouvés par la police serbe au cours de deux perquisitions, en décembre 2008 et en février 2010, au domicile de son épouse, Bosiljka Mladic. Ils étaient cachés dans un grenier du 117, rue Blagoje-Parovic, à Belgrade, derrière une garde-robe.

Ils ont été remis au Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) de LaHaye, qui a inculpé Karadzic et Mladic pour "génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre". Ils ont été authentifiés par les services du procureur, et enregistrés, en août 2010, comme pièces à conviction dans le procès Karadzic, jugé seul, Mladic étant toujours en cavale.

Le dossier, dont des extraits ont déjà été publiés dans la presse de Belgrade et de Zagreb et dont Le Monde a obtenu une copie intégrale, comprend dix-huit carnets, soit 4 000 pages de notes manuscrites en serbe, en alphabet cyrillique.

UNE GUERRE PILOTÉE DE BELGRADE

Les carnets de Mladic confirment à quel point la guerre était pilotée de Belgrade. Le général, officiellement "Bosno-serbe", n'était que l'homme de l'armée de Serbie en Bosnie. Lors des réunions belgradoises, les hommes-clés sont Slobodan Milosevic, le chef d'état-major de l'armée, le général Momcilo Perisic, et le chef des services secrets, Jovica Stanisic, qui dirigeait, avec Frenki Simatovic, les opérations spéciales et les unités paramilitaires.

Selon l'époque, lorsque Milosevic est président de Serbie, viennent parfois aux réunions les présidents yougoslaves Dobrica Cosic puis Zoran Lilic. Le patriarche Pavle, de l'Eglise orthodoxe serbe, est très régulièrement présent.

Les hommes de Belgrade, auxquels se joignent Mladic et ses généraux, ainsi que Karadzic et la direction politique bosno-serbe de Pale (Momcilo Krajisnik, Nikola Koljevic, Biljana Plavsic, Aleksa Buha), décident de la stratégie politique et militaire. L'objectif est de séparer les Serbes des Bosniaques musulmans et des Croates, de diviser ethniquement la Bosnie-Herzégovine, d'avoir "un Etat sans ennemis intérieurs", comme dit Karadzic. Tout au long de la guerre, au cours de laquelle l'armée serbe va contrôler jusqu'à 70 % de la Bosnie (avant d'en obtenir 49 % lors de l'accord de paix de Dayton), on sent l'obsession de Mladic de "définir des frontières".

La Serbie est au cœur de la guerre. Belgrade donne les ordres, définit les régions à conquérir, finance, mobilise les hommes, forme les paramilitaires. L'armée et les services secrets exécutent. L'Eglise bénit.

L'ALLIANCE SERBIE-CROATIE

Les carnets de Mladic confirment aussi à quel point la Croatie, ennemie de la Serbie, qui avait envahi un quart de son territoire en 1991, était son alliée pour diviser la Bosnie (les présidents serbe, Slobodan Milosevic, et croate, Franjo Tudjman, avaient discuté, dès 1991 à Karadjordjevo, de la partition de la Bosnie).

Le président yougoslave Dobrica Cosic rapporte, en janvier 1993, que "Tudjman [lui] a demandé de venir [dans sa résidence d'été] à Brioni pour s'entendre sur une issue serbo-croate" à la guerre bosniaque. Radovan Karadzic indique, en juillet 1993, qu'il faut "aider les Croates afin de forcer les musulmans à accepter une division de la Bosnie".

Lors de négociations entre des délégations bosno-serbe et bosno-croate, en février 1994, Mate Boban, le chef politique bosno-croate, est clair : "Nous devons en finir de la guerre avec vous. La tâche la plus importante est de détruire la légitimité de la Bosnie-Herzégovine." Le dirigeant bosno-serbe Momcilo Krajisnik approuve : "J'aime l'idée de détruire la légitimité [du président bosniaque] Alija Izetbegovic et de son gouvernement." Un autre dirigeant bosno-croate, Jadranko Prlic, affirme, en juin 1994, que "les Musulmans sont l'ennemi commun".

Le partage de la Bosnie entre Serbes et Croates ne se fera finalement pas, ou pas ainsi. Chacun se taille son territoire, mais les Etats-Unis incitent Croates et Bosniaques musulmans à s'allier à la fin de la guerre pour reconquérir des territoires contrôlés par les Serbes. Puis, l'accord de paix de Dayton-Paris, signé en décembre 1995 par MM. Milosevic, Tudjman et Izetbegobic, divise la Bosnie-Herzégovine en deux "entités", la Fédération croato-bosniaque et la République serbe.

LE REFUS DE LA PAIX

Un accord de paix que Ratko Mladic ne porte pas dans son cœur, pas plus que les multiples et vaines négociations qui, depuis 1993, constituent la toile de fond de l'engagement diplomatique international en ex-Yougoslavie.

Les négociations engagées durant les premières années de la guerre n'avaient qu'un objectif : gagner du temps. A Belgrade comme à Pale, les rencontres avec les négociateurs internationaux et l'apparente volonté de dialogue serbe sont un leurre. La guerre est dans tous les esprits.

Belgrade n'envisage la paix qu'à partir de 1994. Slobodan Milosevic entreprend de convaincre la direction bosno-serbe. "Ratko, tu dois comprendre qu'une division 50/50 est équitable, lui dit Milosevic. Le monde n'acceptera pas une autre division." Le président serbe indique que la Yougoslavie (Serbie et Monténégro) "fait aujourd'hui 100 000 km2, et avec la République serbe, nous allons obtenir 26 000 km2 supplémentaires et augmenter la population d'un dixième".

Lorsque Pale refuse les propositions de paix, Slobodan Milosevic fait part à Ratko Mladic de son mécontentement. Il commence à critiquer violemment "la direction folle de Pale""J'ai l'impression que Krajisnik est normal, mais idiot, confie Milosevic. Karadzic est accablé par l'Histoire, il n'est pas normal. (…) Si tu les laisses prendre des décisions, rien ne viendra. (…) Vous ne pouvez pas prendre 70 % du territoire. (…) Continuer la guerre alors que le monde entier est contre nous, c'est retourner à l'âge de pierre."

Radovan Karadzic devient persona non grata à Belgrade. Ratko Mladic, bien que fort peu conciliant politiquement, y est toujours reçu pour prendre ses ordres militaires. "La politique nationale serbe est définie à Belgrade, pas dans les bois de Pale", assène Milosevic lors d'une autre rencontre. "La Serbie n'assistera plus les Serbes de Bosnie", prévient-il.

A l'issue de la réunion, Mladic commente : "Mon Dieu, quels mots durs !" Dans ses carnets, les commentaires personnels du général sont rares mais, en 1994, après une énième proposition de paix, il inscrit en lettres capitales : "REJETER LE PLAN, GAGNER LA GUERRE !"

Pour Milosevic, le succès de l'épuration ethnique ouvre des perspectives intéressantes pour les Serbes. "Sur le territoire de la République serbe, il est difficile de trouver un seul Musulman, alors qu'il y a des Serbes sur leur territoire", dit-il en juillet 1994 (des Serbes, comme des Croates, continuent de vivre avec les Bosniaques musulmans dans les régions contrôlées par le gouvernement de Bosnie). Dans l'esprit de Belgrade, les territoires qui n'ont pas été acquis par la force – comme Sarajevo ou les enclaves de Bosnie orientale – pourraient être gagnés autrement.

Slobodan Milosevic explique ainsi aux chefs bosno-serbes : "Nous avons amputé une partie de Sarajevo mais cette partie est la nôtre. (…) Si nous gardons politiquement notre peuple à Sarajevo, nous finirons par avoir leur partie."

SREBRENICA, LES PAGES DÉCHIRÉES

Pourtant, non seulement l'heure n'est pas encore à la paix, mais Ratko Mladic et Radovan Karadzic durcissent leurs positions. Au printemps 1995, ils prennent en otages environ 200 casques bleus de la Force de protection des Nations unies (Forpronu). En juillet, l'armée de Mladic s'attaque à l'enclave de Zepa, puis à celle de Srebrenica, «zones protégées» de l'ONU. En trois jours, près de 8 000 hommes bosniaques musulmans sont exécutés. Les femmes et les enfants sont déportés, certains assassinés, certaines violées.

Les carnets du général Mladic ne lèvent pas le voile sur la pire tuerie de la guerre de Bosnie. A cette étape des carnets, un nombre inconnu de pages ont été déchirées. Les seules pages qui subsistent indiquent que des diplomates étrangers s'enquièrent auprès du général de "rumeurs sur des atrocités, de massacres et de viols".

Selon Ratko Mladic, la tuerie de Srebrenica provoque la colère de Slobodan Milosevic. Lors d'un entretien à Belgrade, le 24 juillet 1995, le président serbe lui assène : "En tant que commandant de l'armée, tu dois avoir une dimension politique."

LE TEMPS DES NÉGOCIATIONS

Après Srebrenica, les négociations se poursuivent, menées par une délégation américaine dirigée par le diplomate Richard Holbrooke et le général Wesley Clark. Le général Momcilo Perisic et le maître espion Jovica Stanisic rencontrent Ratko Mladic, le 9 septembre 1995. "Les Américains veulent te rencontrer, lui disent-ils. Le général Clark m'a appelé trois fois et Holbrooke a aussi appelé. Ils veulent utiliser Slobo un moment et ensuite se débarrasser de lui."

En novembre 1995, Mladic écrit que Milosevic veut changer "radicalement" les relations entre la Serbie et les Etats-Unis. "Clinton est d'accord avec moi, lui dit Milosevic. Nos relations doivent être amicales. (…) Les Serbes occupent désormais la place qui était celle des musulmans dans le cœur des Américains."

ALLIÉS DES SERBES

Les carnets de Mladic donnent aussi des indications sur ceux qui furent de fidèles soutiens de la Serbie à l'étranger. On y retrouve militaires russes et amis grecs. De Grèce viennent des financements. Les Serbes cherchent leurs soutiens dans le monde orthodoxe.

Il y a aussi ceux qui considèrent avoir des musulmans pour ennemi commun. Ratko Mladic écrit ainsi, en mars 1995 : "Israël : ils offrent de rejoindre le combat contre l'islam extrême. Entraînement pour 500 hommes. Peuvent sécuriser via réseaux juifs en Ukraine."

Il y a enfin les amis qui œuvrent aux Etats-Unis, et offrent de faire changer la politique américaine dans les Balkans. A un moment, Ratko Mladic envisage sérieusement de s'offrir le Congrès américain. Il rencontre, en février 1995, à l'Hôtel Moskva de Belgrade, un homme d'affaires américain d'origine serbe, qui lui affirme : "Avec 10 millions de dollars [7,3 millions d'euros], on peut acheter 100 à 200 sénateurs ou membres du Congrès. Aux Etats-Unis, tu peux les acheter et, comme des avocats, ils travaillent pour toi." Dès lors, si en Amérique tout est à vendre, "pourquoi ne pourrait-on pas s'acheter Clinton", écrit Mladic.

L'ARMÉE SERBE

Les carnets de Ratko Mladic recèlent aussi mille anecdotes sur l'armée serbe. Le général reçoit fréquemment les doléances des épouses de soldats tombés au combat. Elles viennent réclamer de l'argent et des appartements.

A la lecture des carnets, on a l'impression d'une armée de chauffards, d'alcooliques, de tueurs et de pillards. "La population nous prend pour des voleurs et des tueurs. On va être tués par les Serbes, pas par les musulmans", dit un jour Radovan Karadzic. L'armée a aussi un problème à cause du nombre important de déserteurs. "Les hommes doivent dormir dans les casernes, pas avec leurs femmes !" s'offusque Karadzic.

LA VOYANTE

Après la guerre, le 3 avril 1996, Ratko Mladic rencontre, à sa demande, dans un lieu non précisé, une voyante. La jeune femme lui assure qu'"une étoile le protégera". Puis elle évoque la mort de sa fille Ana, qui s'était suicidée en 1994. "Monsieur, votre fille n'a rien bu qui aurait pu l'arracher à la vie, dit la voyante, elle a été maltraitée, je ne devrais pas le dire, mais elle a été violée." La voyante explique que la jeune femme a été empoisonnée "par un homme qui portait une calvitie et une barbe frisée".

APRÈS LA GUERRE

Le général Mladic est mis à la retraite le 8 novembre 1996. Les carnets s'arrêtent à la date du 28 novembre 1996. Inculpé par le tribunal de LaHaye, Ratko Mladic touche durant des années sa pension et est souvent vu à Belgrade. Après la chute de Slobodan Milosevic, en 2000, et les changements successifs de pouvoir en Serbie, il s'enfonce dans la clandestinité. Ratko Mladic est l'un des deux derniers fugitifs (sur 162 inculpés) recherchés par la justice internationale pour les crimes commis en ex-Yougoslavie.

Stéphanie Maupas (La Haye) et Rémy Ourdan
Article paru dans l'édition du 05.10.10
------------------------
et aussi :
Après l'arrestation de Ratko Mladic, le dernier haut responsable recherché par la justice internationale est Goran Hadzic, l'ancien président de la république serbe auto-proclamée de la Krajina.

16/04/2011

Lybie : Utilisation d'armes à sous-munitions contre des civils par les forces de Kadhafi

à lire sur le New York Times :

Breaking News Alert
The New York Times
Fri, April 15, 2011 -- 12:53 PM ET
-----

Qaddafi Forces Fire Cluster Bombs Into Civilian Areas

Military forces loyal to Col. Muammar el-Qaddafi, who have
surrounded the Libyan city of Misurata and vowed to crush its
anti-Qaddafi rebellion, have been firing into residential
neighborhoods with heavy weapons, including cluster bombs
that have been banned by much of the world and
ground-to-ground rockets, according to the accounts of
witnesses and survivors and physical evidence on the ground.

Such weapons, which strike large areas with a dense
succession of high-explosive munitions, by their nature
cannot be fired precisely, and when fired into populated
areas place civilians at grave risk.

Read More: (lien)
http://www.nytimes.com/2011/04/16/world/africa/16libya.html?hp&emc=na

20/03/2011

Libye : Mohammed Al Nabbous, le blogueur de Benghazi, est mort

tué par un sniper.

lu sur :

http://www.rue89.com/2011/03/19/libye-mohammed-nabbous-le-blogueur-de-benghazi-est-mort-195908

Libye : Mohammed Al Nabbous, le blogueur de Benghazi, est mort

Mohammed Al Nabbous, le blogueur de Benghazi avec qui StreetPress était en contact a succombé à ses blessures ce samedi après-midi vers 13 heures, rapportent les modérateurs du blog Libya Alhura.

C'est sa femme qui leur a appris la nouvelle dans un message audio : celui qui se faisait appeler « Mo », aurait été victime d'un tir de sniper.

Mohammed Nabbous était parti ce matin – malgré les bombardements et les fusillades – avec sa caméra filmer les attaques de l'armée libyenne pour diffuser des vidéos en direct sur Libya Alhurra. Deux vidéos ont d'ailleurs pu être postées ce matin sur le site, dernier témoignage de son courage à toute épreuve.

La communauté de 500 personnes qui suivait ce « livestream » est abattue. Ils sont en ce moment plus de 3 700 à pleurer l'ingénieur en télécom, en passe de devenir le symbole de la révolution.

Dans le dernier mail qu'a pu se procurer StreetPress, Nabbous appelait « les médias à ne pas oublier la Libye » : on espère que sa mort y aura servi. Mohammed Nabbous laisse derrière lui une femme enceinte.

« Ce qui compte c'est d'etre vivant ou mort »

Le 16 mars nous avions retranscrit le dernier échange avec le modérateur du site de Libya Alhura. Il se disait « vraiment déprimé » et faisait état d'une situation catastrophique :

« Ecoutez les amis. Etre fort ou faible ce n'est pas important aujourd'hui. Ce qui compte c'est d'être vivant ou mort, et on doit faire quelque chose maintenant. »

Dans un appel à l'aide, il implorait les médias occidentaux « d'attirer l'attention sur leur cas ». « C'est vraiment idiot, aucune info du tout ne sort de Benghazi », ajoutait-il avant de regretter le départ des agences de presse :

« Elles sont toutes parties, je ne sais pas comment c'est arrivé, mais c'est arrivé. »

Vidéo : un des derniers témoignages envoyés par Mohammed Nabbous

En partenariat avec StreetPress

09/02/2011

George W. Bush et la torture

lu sur :

http://www.rue89.com/2011/02/08/le-monde-va-t-il-se-retrecir-pour-george-w-bush-le-tortionnaire-189533

Le monde va-t-il se rétrécir pour George W. Bush le tortionnaire ?

George W. Bush va-t-il renoncer à voyager dans tous les pays ayant signé la Convention des Nations unies contre la torture ?

Il devait se rendre en Suisse le 12 février pour la promotion de son livre, « Instants décisifs ». Jeudi, l'Organisation mondiale contre la torture (OMCT) a émis le souhait que la Suisse agisse contre l'ex-président américain. Ce dernier a annulé sa visite.

Bien sûr, officiellement, ceci n'a rien à voir avec cela. Bush était invité par l'organisation juive Keren Hayessod à participer à un dîner de gala à Genève. A écouter les organisateurs, sa visite soulevait « des questions liées à la sécurité et à des risques de débordements », rapporte le quotidien genevois Le Temps.

Mais il est également fort probable, ajoute le quotidien genevois, que Bush ait pris peur d'être convoqué par la justice. (Voir la carte des pays ayant ratifié la Convention contre la torture)

Pays ayant ratifié la Convention contre la torture (Wikipédia)

pour agrandir, voir Wikipédia Commons

Après le 11-Septembre, le « water boarding »

L'OMCT avait envoyé une lettre à la conseillère fédérale Micheline Calmy-Rey, rendue publique le 3 février. Yves Berthelot, président de cette organisation non gouvernementale (ONG) et Eric Sottas, secrétaire général, écrivent :

« Il ne saurait y avoir le moindre doute quant à l'obligation pour la Suisse d'ouvrir des enquêtes sur le crime de torture contre toute personne présente sur son territoire qui a autorisé, participé ou s'est fait le complice des pratiques mentionnées dans le présent document.

Cela concerne également l'ancien Président G. W. Bush qui, comme commandant en chef, assumait l'autorité de l'ensemble des opérations conduites et, comme le suggèrent toutes les informations disponibles, les a autorisées en toute connaissance de cause et a approuvé la commission de ces actes qui constituent des formes de torture ».

Après le 11-Septembre, George W.Bush a donné son feu vert à l'usage de la torture pour obtenir des informations des suspects de terrorisme qui avaient été arrêtés. Certaines techniques, comme le supplice « de la baignoire » (ou « water boarding » ; le fait de faire croire à un suspect qu'on va le noyer ou l'étouffer), ont été utilisées avec l'aval du gouvernement. Dans son livre, Bush reconnaît d'ailleurs avoir donné son feu vert à ces « interrogatoires renforcés » – l'euphémisme officiel, y compris le « water boarding ».

Dès son arrivé à la Maison Blanche, Barack Obama a annulé les directives internes tentant de donner un cadre juridique à ces pratiques.

Le précédent Kissinger

Le risque de voir la justice arrêter un ancien chef d'Etat américain est il sérieux ? Oui si l'on en croit l'expérience d'Henry Kissinger, ancien conseiller à la Sécurité nationale et ancien secrétaire d'Etat.

Le « Metternich de Nixon », l'homme de la détente, le Nobel de la paix a dû restreindre au début des années 2000 ses voyages à l'étranger ; de plus en plus de juges dans le monde s'intéressant tantôt à son rôle dans l'opération Condor (répression des opposants aux dictatures latino-américaines dans les années 70), tantôt à ses décisions pendant la guerre du Vietnam…

Alors qu'il était attendu à Londres pour un colloque, le juge espagnol Baltasar Garzon et la juge française Anne-Sophie Chateau avaient, par exemple, demandé à la justice britannique à pouvoir l'interroger ; leurs demandes avaient été déboutées par les Britanniques sur pression du Département d'Etat américain…

Les leçons de WikiLeaks

Comme le rappelle Le Temps, certains télégrammes diplomatiques dévoilés par WikiLeaks montrent que le risque de voir d'anciens responsables américains convoqués par des juges étrangers est pris très au sérieux par la diplomatie américaine.

Un des câbles montre ainsi que Barack Obama a fait notamment pression sur l'Espagne pour faire dérailler des plaintes contre six hauts-responsables du gouvernement de George W. Bush.

En mars 2009, une organisation de défense des droits de l'homme, l'Association pour la dignité des prisonniers espagnols, avait demandé à la justice espagnole d'engager des poursuites contre six anciens hauts-responsables de l'administration Bush soupçonnés d'avoir créé un cadre légal pour légitimer la torture. Parmi eux, l'ancien « attorney general » (ministre de la Justice) Alberto Gonzales.

Le 1er avril, des responsables de l'ambassade ont pris langue avec le procureur général Javier Zaragoza, qui leur a indiqué que cette plainte ne lui faisait pas plaisir, mais qu'elle était juridiquement bien étayée, et qu'il devrait la traiter.

L'affaire a été réglée entre diplomates : le message a été envoyé au gouvernement espagnol que cette affaire « était prise très au sérieux par l'USG [US government, ndlr] ». Les pressions diplomatiques américaines semblent avoir cette fois encore payé…

Photo et illustration : George W. Bush lors d'une conférence sur sa présidence, en Californie, le 18 novembre 2010 (Lucy Nicholson/reuters) ; pays ayant ratifié la Convention contre la torture (Wikipédia Commons).

03/02/2010

Gaza, Israël, crimes de guerre

lu sur :
http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2010/02/03/enquete-sur-les-methodes-de-tsahal-a-gaza_1300502_3218.html#ens_id=1284108
.
Reportage
L'armée israélienne a changé sa doctrine pour la guerre de Gaza
LE MONDE | 03.02.10 | 16h26  •  Mis à jour le 03.02.10 | 16h26
Jérusalem Correspondance

n an après l'offensive israélienne sur Gaza (27 décembre 2008 - 17 janvier 2009), tandis qu'Israël défend la thèse d'une opération conforme au droit international, des témoignages exclusifs, collectés par Le Monde, jettent une lumière crue sur les méthodes de l'armée israélienne. Alors qu'Israël refuse toujours d'ouvrir une enquête indépendante sur les accusations de crimes de guerre formulées par le rapport Goldstone, commandité par l'ONU, ces témoignages indiquent que le haut commandement de Tsahal a instauré une procédure d'ouverture de tir très permissive par rapport aux règles officiellement admises.

La controverse gravite autour d'une formule-clé du jargon militaire israélien : "emtza'im vé kavana" ("les moyens et les intentions"). Ce binôme familier à tous les soldats codifie leur comportement en terrain hostile.

Selon cette formule, un individu ne sera pris pour cible que s'il est armé ("les moyens") et qu'il manifeste un désir de nuire ("les intentions"). Un mémento à destination des conscrits, daté de 2006, que Le Monde a pu consulter, stipule que "tirer sur une personne armée ne peut avoir lieu que si l'on dispose de renseignements concrets, indiquant que cette personne a l'intention d'agir contre nos forces".

Or au mois d'août 2009, devant un journaliste du quotidien Yediot Aharonot, un officier supérieur a pour la première fois reconnu que ces garde-fous, fondement de l'éthique militaire israélienne, avaient été levés durant l'opération "Plomb durci". "Les moyens et les intentions, c'est une terminologie qui convient à une opération d'arrestation en Cisjordanie, affirmait-il. L'armée israélienne est sortie cramée de la seconde guerre du Liban à cause d'une terminologie inadaptée. Le concept de "moyens et intentions" provient de circonstances différentes. Ici, il ne s'agit pas d'une opération antiterroriste classique. (...) Le type qui doit déclencher les engins explosifs n'a pas besoin de porter une kalachnikov. Il lui suffit de marcher, d'observer, de parler au téléphone et boum ! Cinq soldats sautent en l'air. (...) La différence est nette."

L'enquête du journaliste de Yediot Aharonot n'a jamais été publiée. Les propos du haut gradé, dont Le Monde a pu prendre connaissance, contredisent la version officielle qui met l'accent sur le respect des lois de la guerre et traite la mort de civils comme des "incidents isolés", inévitables face à un ennemi prompt à se fondre dans les zones habitées. "Si les propos de l'officier dépeignent effectivement les règles d'ouverture de tir en vigueur durant "Plomb durci", alors, il s'agit d'une pièce à conviction qui confirme les accusations auxquelles Israël fait face", dit l'avocat Michaël Sfard, traditionnel défenseur de Palestiniens. "Les "moyens et les intentions" sont les paramètres par lesquels une personne est identifiée comme combattant. Renoncer ne serait-ce qu'à l'un d'entre eux équivaut à accorder un permis de tuer des civils", ajoute-t-il.

Les vingt-deux jours d'offensive s'étaient soldés par une hécatombe côté palestinien (1 385 morts, dont 762 non-combattants, selon l'organisation israélienne B'Tselem) et par la mort de 13 Israéliens (dix soldats et trois civils).

En juillet 2009, l'association israélienne Breaking the Silence avait publié une série de témoignages de soldats engagés à Gaza. "Si tu n'est pas sûr, tu tues", disait l'un d'eux. "On nous a dit que c'est une guerre, et que dans une guerre, l'ouverture du feu n'est pas restreinte", expliquait un autre. L'état-major israélien avait aussitôt parlé de "campagne de diffamation", assurant que Tsahal est "l'une des armées les plus morales au monde".

Pour Mikhael Manekin, directeur adjoint de Breaking the Silence, l'aveu involontaire de l'officier supérieur corrobore a posteriori les témoignages collectés. "Les règles d'ouverture de tir ont été modifiées de façon radicale, explique-t-il. Dans certains endroits, il n'y en avait tout simplement aucune. C'est une violation de la loi et du code militaire israélien."

Un autre officier, que Le Monde a rencontré, explique la logique qui sous-tendait cette dérive. Basé dans le quartier général d'une brigade, juste en face de Gaza, il a pu observer de près le développement de l'offensive. "L'idée force, c'était que le Hamas ne respecte pas les règles du jeu car ses militants n'ont pas d'uniforme et ne portent pas toujours d'armes, dit il. Nous avons alors décidé, nous aussi, de contourner ces règles." "Nos commandants précisaient que cela n'impliquait pas de dédaigner la vie des civils. Contrairement à ce qu'affirme le rapport Goldstone, je ne pense pas que l'armée ait délibérément tué des civils. Il était clair, en revanche, que nous devions faire du chiffre ; que de Saïd Siam (l'ancien ministre de l'intérieur du Hamas, tué dans un bombardement) au simple employé d'une organisation de charité, tout membre du Hamas était un terroriste qui méritait d'être tué. Il était également clair que la protection de la vie des soldats avait la priorité", précise l'officier.

Selon ce témoin privilégié, le principe du risque zéro s'est traduit par une technique de sécurisation du terrain en trois temps. D'abord, arroser la zone de tracts intimant à la population de partir dans un laps de temps donné. A son terme, scruter le terrain, à la recherche de la moindre présence suspecte. Le cas échéant, envoyer des drones avec missiles embarqués. "Nos paramètres étaient simples, dit l'officier. Un individu de sexe mâle qui n'est ni un enfant ni une personne âgée, qui marche dans la rue au-delà de l'heure butoir, devient un suspect. J'ai connaissance d'au moins un cas où ce constat a suffi pour envoyer un missile sur un Palestinien. C'est seulement après que l'agent du Shin Beth (service de sécurité intérieur) vient dire si le missile a tué la bonne personne. C'est le principe de l'assassinat ciblé, mais à l'envers. On tue d'abord, et après on essaie de vérifier que c'était justifié."

Pour toute réponse, l'armée israélienne se réfère à un rapport de juillet 2009, intitulé "L'opération à Gaza, aspects factuels et légaux". Selon ce document, les règles d'ouverture de tir durant "Plomb durci" stipulaient que "seules les cibles militaires doivent être attaquées" et que "toute attaque contre des objectifs civils doit être interdite".


Benjamin Barthe
Article paru dans l'édition du 04.02.10

03/07/2009

Un réquisitoire d'Amnesty International contre les méthodes de l'armée israélienne

Compte rendu

Un réquisitoire d'Amnesty International contre les méthodes de l'armée israélienne

LE MONDE | 03.07.09 | 14h49  •  Mis à jour le 03.07.09 | 14h49

JÉRUSALEM CORRESPONDANT

 

Le rapport publié par Amnesty International, jeudi 2 juillet, sur les vingt-deux jours de l'opération israélienne "Plomb durci" dans la bande de Gaza est un véritable acte d'accusation contre les méthodes utilisées par Tsahal. A la suite d'une enquête approfondie et en dépit du refus systématique des autorités israéliennes de répondre aux questions posées, les conclusions de l'organisation internationale de défense des droits de l'homme sont accablantes. "Ce fut une punition collective en raison de l'intensité des destructions. Ce fut également une punition collective en raison de la liberté totale d'ouvrir le feu pour les soldats. La manière d'agir n'était pas différente par rapport aux opérations précédentes, à part l'utilisation du phosphore blanc, mais ce qui est fondamentalement différent, c'est l'ampleur de ce qui s'est produit", explique Donatella Rovera, responsable de l'enquête.

Le rapport de 117 pages souligne que, lors de cette opération menée du 27 décembre 2008 au 18 janvier 2009, "la plupart des destructions étaient injustifiées et le résultat d'attaques directes sur des objectifs civils". "Des centaines de civils sont morts lors d'attaques menées avec des armes de haute précision. Des femmes et des enfants ont été tués à très courte distance alors qu'ils ne représentaient aucun danger pour la vie des soldats israéliens. Des bombardements aériens à partir de F-16 ont détruit des bâtiments civils sans avertissement, tuant et blessant leurs occupants alors qu'ils dormaient. (...) Du personnel médical prêtant assistance à des blessés a été tué par des missiles tirés d'hélicoptères, de drones ou par des tirs de chars", poursuit le rapport.

L'énumération est sans fin : utilisation massive de l'artillerie, phosphore, obus à fléchettes, destruction systématique des bâtiments industriels, des cultures, du cheptel... "Jamais autant de Palestiniens n'avaient été tués et de propriétés détruites au cours d'une offensive israélienne que lors de cette campagne. Aucune nécessité militaire ne peut justifier ce qui s'est produit." Au total, 1 400 Palestiniens ont été tués, pour la plupart des civils, parmi lesquels 300 enfants, 115 femmes, et 85 hommes de plus de cinquante ans. Deux cent quarante policiers ont péri ; il y a eu 5 000 blessés. Tous les bâtiments publics, tous les commissariats, des hôpitaux, des cliniques, des écoles ont été rasés.

"On ne peut pas parler de dommages collatéraux", constate Donatella Rovera qui s'étonne que l'on puisse faire autant de dégâts en utilisant des armes qui ont la réputation d'être très précises. D'autant, fait-elle remarquer, qu'"il n'y a pas eu de batailles". "Les soldats ont trouvé très peu de résistance. Nous n'avons pratiquement pas trouvé de douilles de balles", précise-t-elle. D'ailleurs, il n'y a eu que dix soldats tués, dont quatre victimes d'erreurs de tirs israéliens.

Tsahal s'est efforcé au maximum d'éviter les pertes au prix de pilonnage systématique, de nettoyage par le vide de zones entières, de l'énorme utilisation des blindés et des bulldozers, par la prise de risque minimum, au prix fort pour les populations civiles.

Tsahal n'a pas hésité à utiliser des boucliers humains, y compris des enfants, pour pénétrer dans les maisons. En revanche, Amnesty International nie que le Hamas ait eu recours à des boucliers humains pour se protéger, comme le prétend l'armée israélienne. Néanmoins, le rapport reproche au Hamas et aux autres groupes palestiniens d'avoir "mis en péril la vie des civils en lançant des roquettes et en installant de l'équipement militaire à proximité d'habitations civiles".

"Il y a eu crimes de guerre des deux côtés. Mais en ce qui concerne les groupes palestiniens, la situation est beaucoup plus claire. Les tirs de roquettes étaient illégitimes. Du côté israélien, il y a eu des attaques légitimes, il y a sans doute eu des erreurs, ce qui est le cas dans chaque guerre, mais vu l'ampleur des destructions et le nombre de victimes civiles, ce n'est pas quelque chose qui peut être balayé d'un revers de main. Il y a donc eu crimes de guerre à plusieurs niveaux", soutient Donatella Rovera.

Amnesty a interrogé des soldats qui parlent d'"une culture de l'immunité qui permet aux troupes - ils y sont même encouragés par leurs commandants - à tirer "sur tout ce qui bouge", même s'il n'y a aucun danger pour leur vie".

Tsahal a répliqué en disant qu'Amnesty International avait "succombé aux manipulations du Hamas". Le Hamas a regretté que le rapport "mette sur un pied d'égalité le bourreau et la victime". L'organisation de défense des droits de l'homme demande, en conclusion, à la communauté internationale d'accorder "son soutien total" à la commission d'enquête indépendante du Conseil des droits de l'homme de l'ONU, présidée par le juge sud-africain Richard Goldstone, qu'Israël a refusé d'accueillir sur son territoire.

L'intégralité du rapport est consultable sur www.amnesty.org.

 

Michel Bôle-Richard

Article paru dans l'édition du 04.07.09