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02/03/2015

Les sénateurs UMP votent la réintroduction des coupures d’eau

Lu sur 

France Libertés

www.france-libertes.org/
 

L’amendement présenté par M. Christian CAMBON dans le cadre de la loi sur la transition énergétique pour modifier la loi Brottes et autoriser de nouveau les coupures d’eau en France a été adopté au Sénat le 19 février par 196 voix pour et 138 contre.

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L’amendement présenté par M. Christian CAMBON dans le cadre de la loi sur la transition énergétique pour modifier la loi Brottes et autoriser de nouveau les coupures d’eau en France a été adopté au Sénat le 19 février par 196 voix pour et 138 contre.
Les coupures d’eau pour impayé sont illégales toute l’année depuis le décret d’application de la loi Brottes en février 2014. Depuis près d'un an, la Fondation France Libertés et la Coordination Eau Ile de France appuient les personnes démunies victimes de coupures d'eau illégales. Dans ce combat, nous avons gagné à 4 reprises devant les tribunaux. Les ordonnances de jugement confirment notre interprétation de la loi Brottes et sa lecture doit être définitivement éclairée en mars 2015 par la Cour de Cassation dans le cadre d'une Question Prioritaire de Constitutionnalité déposée par la Saur.
 
En parallèle, le Sénateur Cambon a déposé un amendement pour modifier la loi Brottes et notamment l'article L115-3 du code social et des familles afin de ré-autoriser les coupures d'eau en France. Or le sénateur Cambon est un émissaire influent des multinationales de l'eau au Sénat. Il est Vice-Président du Sedif, dont le délégataire est Veolia, et Gouverneur du Conseil Mondial de l'Eau, dont l'ancien président est Loïc Fauchon, PDG de Veolia Marseille. Le Sénateur est aussi Maire de Saint Maurice dans le Val-de-Marne et son second adjoint, Monsieur Igor Semo est lobbyiste en chef de la Lyonnaise des Eaux, filiale de Suez Environnement
L’amendement était soutenu par les députés UMP et critiqué par le groupe PS et l’ensemble des partis de gauche. Cependant, la Ministre Ségolène Royal s’est déclaré favorable à ce changement législatif qui va pourtant permettre de continuer les abus dont sont victimes les plus démunis. Le gouvernement défend des pratiques immorales et inhumaines, une position au profit des distributeurs d’eau.
Le sénateur Cambon a argumenté l’amendement avec de multiples approximations et erreurs (voir notre analyse détaillée du débat), oubliant l’essentiel du service public : l’accès à l’eau pour tous.
France Libertés continue son combat avec le soutien de nombreux députés au sein de l’Assemblée nationale pour le rejet de cet amendement, quel que soit l’avis du gouvernement, avec l'espoir qu'une loi votée au profit de tous soit respectée et non réécrite au profit de quelques-uns.

24/02/2015

Chimie, dégradation de l'environnement : les conséquences sont là

Quelques liens pour s'informer :

 

Montée préoccupante de la puberté précoce - Le Monde

www.lemonde.fr/.../montee-preoccupante-de-la-puberte-precoce_4581829_ 1650684.html

il y a 1 jour ... Montée préoccupante de la puberté précoce ... véritable épidémie de pubertéprécoce », affirme le professeur Charles Sultan, chef du service ...

 

Midi-Pyrénées, région la plus touchée par la baisse de la qualité du sperme ...

www.ladepeche.fr/.../1830028-midi-pyrenees-region-plus-touchee-baisse- qualite-sperme.html
 
1 mars 2014 ... «Dans la région, la situation est alarmante». Charles Sultan est l'un des plusgrands pédiatres endocrinologues au monde. ... je vois une explosion des cas de puberté précoce (chez les filles) et ... on assiste à une montée en flèche du nombre d'enfants souffrant d'affections provoquées par les pesticides.

 

Sciences : Collectif Une Place pour Tous !

collectifuneplacepourtous.midiblogs.com/sciences/

2 déc. 2014 ... Les indices s'accumulent quant à l'implication des polluants dans la montée enpuissance des troubles autistiques et comportementaux ..... Cette disparition alarmante de la faune ornithologique européenne est ..... puberté précoce.pdf ... Le Pr Charles Sultan, spécialiste des troubles hormonaux au Centre ...

 

Pr Charles Sultan : Perturbateurs endocriniens et puberté précoce ...

criigen.org/.../Pr-Charles-Sultan-Perturbateurs-endocriniens-et-puberteprecoce-chez-la-fille
 
Intervention du Pr Charles Sultan, endocrinologue au CHU de Montpellier et ... sur les perturbateurs endocriniens et la puberté précoce, lors de la table-ronde.

18/01/2015

La pollution dans l'Aude : "Salsigne, un siècle d’extraction d’or, dix millénaires de pollution ?"

à lire sur BASTAMAG :

MINE D’OR
 

A Salsigne, un siècle d’extraction d’or, dix millénaires de pollution ?

 

par Simon Gouin - 7 janvier 2015

Salsigne, dans l’Aude, fut la principale mine d’or de France et la première mine d’arsenic du monde. Un siècle d’exploitation intense qui a bouleversé les paysages et affecté la santé des ouvriers et des habitants. Aujourd’hui, malgré la mise en sécurité réalisée par l’État, la pollution est toujours présente. Il y en aurait même pour plusieurs milliers d’années. Une histoire minière qui n’est peut être pas révolue : les dernières richesses du sous-sol attirent la convoitise de nouveaux industriels. Reportage en grand format.

extraits :

... " on ne referme pas un siècle d’exploitation minière en claquant des doigts. Ici, la pollution est omniprésente : sous terre, dans l’air et dans l’eau. En cause : les produits chimiques utilisés pour transformer le minerai, et l’arsenic, présent sous la forme de poussières, très fines, dans le sous-sol. Des poussières à travers lesquelles les eaux ruissellent avant de se jeter dans l’Orbiel, une rivière affluente de l’Aude, un fleuve qui coule jusqu’à la Méditerranée."...

..." Pendant plus d’un siècle, les entreprises privées se sont succédé pour exploiter les richesses du sous-sol de Salsigne. Mais c’est l’État français, qui assure et finance le chantier de la mise en sécurité du site, d’abord avec l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie), puis avec le BRGM (Bureau de recherches géologiques et minières), dont la filiale Coframines était le principal actionnaire de la mine en 1980. Coût total déjà engagé dans ces travaux de réparation : 125 millions d’euros. Une somme à laquelle ne contribuent pas les entreprises privées qui ont pourtant exploité le site. « Les fonctionnaires de la DRIRE (Direction régionale de l’industrie, de la recherche et de l’environnement, dont les missions ont été reprises en 2010 par la DREAL et la DIRECCTE) ont surtout protégé les industriels », dénonce Guy Augé, de l’Association des riverains de Salsigne.

Dans un document « strictement confidentiel » signé en 2001 entre le préfet de l’Aude et la société MOS, on apprend que l’État français assumera en grande partie la dépollution du site exploité par l’entreprise australienne. Pourtant, l’entreprise avait l’obligation de provisionner les coûts de dépollution du site. Mieux, l’État l’assistera financièrement pour les cotisations et les retraites de ses employés." ...
 

..." Les touristes qui se promènent ignorent souvent que le chemin qu’ils empruntent les mène à un ancien site où des déchets toxiques sont entreposés. Et rares sont les panneaux qui les préviennent des dangers qu’ils encourent. "...

A Salsigne, un siècle d'extraction d'or, dix millénaires de pollution .pdf

07/03/2014

Fin de trêve hivernale et coupures pour impayé

lu sur le site du Monde :

Coupure pour impayé : quels délais, quels recours ?

Le Monde.fr | 06.03.2014 à 10h58 • Mis à jour le 06.03.2014 à 11h00 |Par Lucie Soullier

La fin de la trêve hivernale approche. Cette année, pour le premier hiver depuis l'adoption de la loi Brottes en avril 2013, les coupures énergétiques ont été interrompues en même temps que les expulsions locatives, le 1er novembre. Le 16 mars, les deux reprendront de concert.

Lire le portrait de Marc Fazion : L'homme qui refusait de couper l’eau aux démunis

Selon une étude de 60 millions de consommateurs publiée en octobre 2013, un tiers des Français peinent à payer leurs factures d'eau, de gaz, de chauffage et d'électricité. Avec, au bout, la crainte d'être coupé. En 2012, selon les derniers chiffres disponibles du médiateur national de l'énergie, près de 580 000 foyers ont ainsi été privés d'électricité ou de gaz pour impayés. Mais avant la coupure, certains délais doivent être respectés par le fournisseur, et des recours sont possibles, notamment pour les plus démunis.

LES DÉLAIS

Toute facture d'eau, de gaz, de chaleur ou d'électricité doit être payée dans les quatorze jours suivant son émission ou la date limite de paiement. Si ce n'est pas le cas, le fournisseur (EDF, GDF, Veolia, etc.) envoie un premier courrier donnant un nouveau délai de quinze jours pour régler la facture, sans quoi le consommateur risque de voir l'eau, le gaz ou la chaleur coupés et l'électricité réduite ou suspendue.

Pour les personnes en situation précaire, ce premier délai est allongé de quinze à trente jours. Une prolongation qui concerne les bénéficiaires d'un tarif social (tarif de première nécessité pour l'électricité ou tarif spécial de solidarité pour le gaz naturel), d'une aide d'un fonds de solidarité pour le logement (FSL) pour régler une facture auprès du même fournisseur ou ceux dont la situation relève d'une convention entre le département et les fournisseurs d'énergie ou d'eau.

Au terme de ces quinze à trente jours selon la situation plus ou moins précaire du consommateur (soit trente à quarante-cinq jours après la date d'émission de la facture), le fournisseur peut procéder à la réduction de capacité électrique ou à la coupure, s'il en a informé le client vingt jours à l'avance dans un second courrier. Il se doit alors de lui indiquer qu'il peut saisir les services sociaux (dont il peut obtenir les coordonnées auprès de lui, du département ou de sa commune), notamment pour obtenir une aide auprès du fonds de solidarité pour le logement.

Le dépôt d'un dossier auprès du FSL bloque le dossier « impayés », et donc la coupure. Néanmoins, si aucune décision d'aide n'est prise dans les deux mois, le fournisseur peut procéder à la coupure ou à la réduction, si, là aussi, il en a informé son client au minimum vingt jours à l'avance.

LE TARIF SOCIAL DE L'EAU

Mercredi 5 mars, le gouvernement a annoncé le lancement de l'expérimentation pour un tarif social de l'eau. Le dispositif prévu par la loi Brottes d'avril 2013 permet aux collectivités locales d'instaurer pendant cinq ans des aides sociales au paiement de la facture d'eau ainsi qu'une tarification progressive selon les revenus ou le nombre de personnes composant le foyer.

Les collectivités volontaires ont jusqu'à la fin de l'année pour se faire connaître auprès du préfet de leur département.

LA TRÊVE HIVERNALE

Consacrant un « droit minimum à l'énergie », selon Jean Gaubert, médiateur national de l'énergie, la loi Brottes a instauré une trêve hivernale énergétique semblable à celle des expulsions locatives. Du 1er novembre au 15 mars sont donc interdites les coupures d'eau, d'électricité, de chaleur et de gaz. Pour l'électricité néanmoins, une réduction de puissance est possible, à l'exception des bénéficiaires du tarif de première nécessité.

Lucie Soullier 
Journaliste au Monde 

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sur le même sujet :

Licencié pour avoir refusé de couper l'eau, un salarié de Veolia va ...

Libération‎ - 
Un salarié de Veolia a contesté jeudi devant le conseil de prud'hommes d'Avignon (Vaucluse) son licenciement en avril 2013 pour avoir refusé .

Licencié pour avoir refusé de couper l'eau, un salarié de Veolia va en justice - Libération.pdf

27/02/2014

La qualité de l'eau en France : l'agriculture intensive en accusation

lu sur le site du Midi Libre :

Selon l’UFC-Que Choisir, 1,5 million de Français continuent de payer pour une eau du robinet non conforme. Pour notre région, au moins 159 communes sont concernées.

Selon l’UFC-Que Choisir, 1,5 million de Français continuent de payer pour une eau du robinet non conforme. Pour notre région, au moins 159 communes sont concernées.

Malgré quelques progrès depuis deux ans, près de 1,5 million de Français reçoivent encore une eau trop polluée au robinet, a souligné mercredi 26 février l’association UFC-Que Choisir, pointant l’agriculture comme cause principale des pollutions.

Aluminium, pesticides, nitrates, sélénium et radioactivité

"Avec 98 % des Français qui boivent une eau de bonne qualité contre 97,5 % il y a deux ans (soit 280 000 Français supplémentaires), cela ressemble à une bonne nouvelle puisqu’ils bénéficient d’une eau conforme à la réglementation sur les six critères étudiés : qualité bactériologique, teneur en aluminium, pesticides, nitrates, sélénium et radioactivité", décrypte Olivier Andrault, chargé de l’étude. Mais c’est une qualité en trompe-l’œil car elle nécessite une dépollution massive sans pour autant protéger les nappes phréatiques.

Le commun des mortels

"Ce million et demi de consommateurs continue à payer pour une eau non conforme", regrette l’association, qui s’appuie sur les résultats d’analyses du ministère de la Santé pendant deux ans. "Nous avons “traduit” les relevés des Agences régionales de santé (ARS), souvent incompréhensibles pour le commun des mortels, pour aller loin dans le détail grâce à nos calculs et notre moteur de recherche", ajoute l’auteur.

Taux de pesticides au moins 25 % au-dessus de la norme

Résultat, pour notre région, au moins 159 communes sont concernées (1). A l’instar d’Aspiran, neuf communes de l’Hérault (33 500 habitants) présentent des taux de pesticides au moins 25 % au-dessus de la norme. Toujours dans l’Hérault, 38 autres communes, notamment des Hauts-Cantons, présentent des analyses bactériologiques au moins 25 % au-dessus de la norme. Idem dans le Gard où 28 communes (25 400 habitants) sont concernées.

Dans l’Aude, "40 communes, soit 10 000 consommateurs, sont mal notées pour les critères bactériologiques (bactéries coliformes, escherichia coli, entérocoques au-dessus de la norme)", précise Olivier Andrault. Comme pour 44 communes de l’Aveyron.

"On ne veut pas d’une eau juste potable mais d’une eau de qualité"

Un dépassement des normes ne signifie pas pour autant que l’eau n’est pas potable, a tenu à souligner, Olivier Andrault, chargé de mission à UFC-Que Choisir et qui a piloté l’étude. "Il y a des marges de sécurité", a-t-il précisé, soulignant qu’il revenait aux mairies de décider de restreindre la consommation.

Surdosage en chlore ou dépassement de teneur en aluminium

"On ne veut pas une eau juste potable et non toxique mais on veut une eau de qualité", revendique le chargé de mission. Et puis "si cette eau est globalement bonne, c’est parce qu’elle a été massivement dépolluée. Ce qui coûte cher. Cette dépollution est payée par le consommateur et non pas le pollueur, contrairement aux ambitions du Grenelle de l’environnement. Sans oublier que la moitié des captages ne sont pas protégés", s’alarme Olivier Andrault.

Un tiers des pollutions proviennent de défauts dans le traitement de l’eau (surdosage en chlore ou dépassement de teneur en aluminium). Quelque 500 000 Français, résidant majoritairement en zones rurales et de montagnes, sont concernés par un problème dû "à la vétusté des réseaux ou le manque de surveillance" des équipements. La radioactivité naturelle explique le reliquat de non-conformité (soit 4 % des cas).

Globalement, la qualité de l’eau est bien meilleure dans les zones urbaines, les pollutions étant "majoritairement retrouvées dans des petites communes" rurales, note UFC-Que Choisir.

(1) L’association publie sur son site une carte interactive pour connaître la qualité de l’eau dans sa commune : www.quechoisir.org/app/carte-eau 

L’AGRICULTURE, DE LOIN RESPONSABLE NUMÉRO 1

Comme en 2012, l’agriculture est, selon Que Choisir, « de loin » la première responsable. « Dans 63 % des cas de non-conformité, précise l’auteur de l’étude, l’eau arrive trop chargée en pesticides, en nitrates issus des apports d’engrais et de fumures animales sur les cultures, et en sélénium, composant du sous-sol naturel mais toxique apparaissant dans les cas de surexploitation des nappes phréatiques. »

Ces pollutions agricoles, les pesticides étant les plus répandus, concernent potentiellement 900 000 consommateurs, principalement « dans les zones d’agriculture intensive du quart Nord-Est de la France ».  Chaque année, pas moins de 400 captages d’eau potable sont fermés, essentiellement pour des raisons de pollution agricole. « À chaque fois qu’on ferme un captage, on enfouit un problème sans le régler. »

Pour le président de UFC-Que Choisir, Alain Bazot, « on assiste à une véritable fuite en avant. C’est une politique de l’étouffoir, qui fait que les choses ne sont pas visibles. Sans doute que le réveil sera extrêmement douloureux dans les années qui viennent. » Selon l’association, le coût de la dépollution se situe, par an, entre 640 000 € et 1, 140 M€. Cette “prime” à la dépollution constitue « une aberration économique : ce sont les consommateurs et non les agriculteurs pollueurs qui paient l’essentiel des taxes de dépollution ». L’association profite du Salon de l’agriculture pour réclamer des soutiens financiers accrus à l’agriculture biologique.

13/02/2014

Palestine : l'eau, les colons, la langue allemande, le sionisme ...

lu sur :

Le président du Parlement européen provoque une polémique à la Knesset

Le Monde - il y a 3 heures

Le Monde | 13.02.2014 à 15h07 • Mis à jour le 13.02.2014 à 15h07 |Laurent Zecchini (Jérusalem, correspondant) et Frédéric Lemaître ((à Berlin))

En recevant des journalistes, mercredi matin 12 février, Martin Schulz, le président du Parlement européen, s'était montré conscient du caractère politiquement délicat de sa visite à Jérusalem et à Ramallah, siège de l'Autorité palestinienne. Il avait notamment fait preuve d'une grande réticence à évoquer l'illégalité des colonies israéliennes en Cisjordanie occupée.
 

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Celles-ci sont un « obstacle » mais « nous n'avons pas besoin d'un débat sur le point de savoir si elles sont “légales” ou “illégales”, nous avons besoin de solutions pratiques », avait-il insisté, tout en finissant par admettre que, « selon la convention de Genève , elles sont illégales »Or cette extrême prudence diplomatique n'a pas été présente dans le discours prononcé, en allemand, par M. Schulz devant la Knesset, le Parlement israélien.

De retour de Ramallah, il a fait part de sa rencontre avec « un jeune Palestinien » : « Il m'a demandé pourquoi les Israéliens peuvent utiliser 70 litres d'eau et seulement 17 litres pour les Palestiniens. Je vous demande si c'est exact ? », a ajouté, faussement candide, M. Schulz. Le président de l'Assemblée de Strasbourg était loin de se douter du hourvari parlementaire qu'allait provoquer sa question, d'autant que son propos suivant, sur le « blocus de Gaza », allait jeter de l'huile sur le feu.

« HONTE À VOUS »

« Honte à vous, vous soutenez quelqu'un qui incite [à la haine] contre les juifs ! », a lancé Moti Yogev, député du parti nationaliste religieux Habayit Hayehoudi (« la maison juive »), avant de quitter l'hémicycle avec tous les membres de cet important parti de la majorité du gouvernement de Benyamin Nétanyahou.

Naftali Bennett, ministre des finances et chef de Habayit Hayehoudi, a demandé des excuses, tout en ajoutant ce commentaire sur Facebook : « Je ne vais pas accepter un sermon de moralité biaisé contre Israël. A plus forte raison en allemand. »

M. Bennet n'est pas le seul à s'être offusqué de cet aspect linguistique. Moshe Feiglin, opposant historique de M. Nétanyahou au sein du Likoud, avait annoncé qu'il n'assisterait pas à ce débat « pour écouter un discours dans la langue utilisée pour jeter nos parents dans les trains et les chambres à gaz », tandis que Uri Orbach, ministre chargé des retraités et membre du parti de M. Bennett, ajoutait : « La génération des parents de Schulz et la génération des parents des députés arabes ont collaboré pour détruire les juifs ! »

« ÉCOUTE SÉLECTIVE »

Un peu plus tard, le premier ministre Benyamin Nétanyahou s'est efforcé de calmer cette polémique : Martin Schulz, a-t-il souligné, « souffre de la même écoute sélective dont font preuve beaucoup d'Européens »« Il a reconnu avec honnêteté qu'il n'avait pas vérifié , mais cela ne l'a pas empêché de porter des accusations », a insisté le premier ministre, tout en assurant que la différence de consommation d'eau entre Israéliens et Palestiniens est « bien plus faible » que le rapport d'un à quatre avancé par le président du Parlement européen.

Sauf que les faits sont têtus : selon l'ONG israélienne B'Tselem, les Israéliens consomment en moyenne 3,5 fois plus d'eau que les Palestiniens, des chiffres qui sont confirmés par la Banque mondiale. En décembre 2012, les Nations unies avaient évalué d'un à six le rapport entre l'eau consommée par les Palestiniens et les colons israéliens. Enfin, 90 % de l'eau utilisée dans la bande de Gaza est considérée comme impropre à la consommation.

L'éclat provoqué par les propos de M. Schulz a fait l'objet de plusieurs commentaires dans la presse allemande. Le quotidien Bild estime qu'il devrait « s'excuser », alors que la Süddeutsche Zeitung juge que la polémique ne fait que refléter les tensions entre Israël et l'Union européenne. Dans Die Welt, M. Schulz explique qu'il « ne pouvai[t] pas dire seulement des choses qui plaisent à tout le monde ». La chancelière Angela Merkel est attendue en Israël les 24 et 25 février.

17/12/2013

Le Tigre et l'Euphrate : trop tard pour préserver l'Histoire

lu sur :

www.lemonde.fr/.../11/bataille-de-l-eau-au-proche-orient...

LE MONDE GEO ET POLITIQUE | 11.12.2013 à 10h26 • Mis à jour le 11.12.2013 à 11h42 |Par Guillaume Perrier (Hasankeyf, Turquie, envoyé spécial)



Tigris

Cette journée d'automne est historique pour Ahmed. Ce vieil homme grimpe d'un pas assuré à bord du kelek, une barque traditionnelle flottant grâce à des boudins de peau de chèvre utilisée depuis des siècles sur le Tigre.

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Voir aussi l'infographie : Bataille de l’eau au Proche-Orient

« Mon premier voyage le long du fleuve, je l'ai fait en 1927 », se souvient-il avec nostalgie. A l'époque, les longues pirogues de bois chargées de légumes ou de tapis descendaient jusqu'à Bassora en à peine deux semaines. Le Tigre mais aussi l'Euphrate, qui traverse laTurquie, la Syrie et l'Irak avant de se jeter dans le golfe Persique, constituaient une voie commerciale vitale, un trait d'union naturel entre les montagnes de l'Anatolie et les marais du Sud irakien. Une route peu à peu tombée en désuétude.

Aujourd'hui, ces deux grands fleuves nourriciers du Moyen-Orient sont jalonnés de grands barrages, menacés par l'assèchement, la pollution et les guerres et sources de conflits pour le contrôle de l'eau. Une équipe de militants et de défenseurs de l'environnement regroupés autour de l'association Nature Iraq s'est pourtant lancée dans une expédition de 1 200 km depuis la Turquie jusqu'à l'embouchure, dans le sud de l'Irak, pour « faire revivre une culture » et analyserles menaces qui pèsent sur la Mésopotamie, où est apparue l'agriculture il y a environ sept mille ans. Après deux mois de navigation, la flottille a atteint sa destination finale début novembre.

LE PROJET MOBILISE HABITANTS ET MILITANTS

C'est à Hasankeyf, un joyau du patrimoine archéologique situé dans le sud-est de la Turquie, qu'a eu lieu la mise à l'eau de cette équipée iconoclaste, en septembre. Une bonne partie de la population de la petite cité, construite au creux d'un méandre et à l'ombre d'un gros rocher, était sur la rive du Tigre pour l'applaudir.

Hasankeyf vit peut-être ses derniers mois d'existence. Un barrage géant, dont la construction s'achève à Illisu, doit engloutir la vallée et des dizaines de villages sous un lac artificiel, d'ici moins de deux ans. Le site, avec ses grottes troglodytiques millénaires, son ancienne forteresse de l'époque romaine, son pont médiéval et sa mosquée ayyoubide, disparaîtra sous les eaux. Et, avec lui, la principale source de revenus pour la région : le tourisme.

Le cours du Tigre est déjà partiellement détourné de son lit. Symbolique de la politiqueturque de grands barrages, le projet mobilise habitants et militants. Le 11 octobre, 500 habitants ont ainsi bloqué le pont routier pour manifester contre la décision de les relogerdans le « Nouvel Hasankeyf ». Illisu sera l'un des 19 barrages construits par la Turquie pourdomestiquer le Tigre et l'Euphrate, une partie du projet de développement GAP (Anatolie du Sud-Est) lancé dans les années 1980.

L'initiative de cette flottille sur le Tigre a été moyennement appréciée par Ankara, qui a interdit la navigation sur le territoire turc. Après une démonstration de quelques heures à Hasankeyf, les embarcations ont donc été chargées sur des camions jusqu'au poste-frontière avec l'Irak. « Nous ne sommes pas là pour manifester contre la construction du barrage mais pour rappeler la nécessité de coopérer au niveau régional sur la question de l'eau », précise M. Alwash.

ENTRE 800 ET 1 000 VICTIMES CHAQUE MOIS

D'autres obstacles de taille se dressent sur le chemin. « Nous sommes obligés d'interrompre la descente à certains endroits pour des raisons de sécurité. Là où le fleuve entre en Irak, sur le plateau de la Djéziré, à la frontière avec la Turquie et la Syrie, la zone est tenue par les rebelles kurdes qui combattent les groupes djihadistes qui s'infiltrent en Syrie. De même dans la région de Mossoul, où la situation reste dangereuse », poursuit-il. Depuis qu'il est rentré en Irak, en 2003, M. Alwash a vécu les années de guerre civile qui ont ravagé le pays. Un semblant de stabilité paraissait s'être installé après 2008, mais depuis le début de l'année les attentats et les violences sont quasi quotidiens dans tout le pays. Depuis cet été, le nombre de victimes mensuel oscille entre 800 et 1 000.

Le Tigre, qui traverse Mossoul, Samarra, Bagdad, Kut et Bassora, n'est pas épargné. « Nous avons dû sauter quelques étapes pour raisons de sécurité », raconte Virginia Tice, coordinatrice de Nature Iraq. « Mais nous avons eu de jolies rencontres à Al-Qushla et au lac Jadriya, ainsi qu'à Kut, au sud de Bagdad. Le problème principal, c'est les policiers irakiens qui insistent pour nous faire débarquer afin de nous protéger. »

Cette descente du Tigre est l'occasion de mener des études sur la qualité de l'eau et sur l'impact de la pollution pour la faune et les populations riveraines.

Fin août, le sabotage d'un pipeline a provoqué une marée noire dans le fleuve. Les eaux contaminées ont dû être détournées vers le lac réservoir du Thartar pour épargner Bagdad. La salinisation et la réduction du débit du fleuve, conséquence de la construction des barrages, menacent également la biodiversité du Tigre et bouleversent la culture de la Mésopotamie, dont le nom signifie « entre les fleuves ». Longtemps autosuffisant, l'Irak doit désormais importer du blé. Des populations rurales sont peu à peu poussées à émigrer.

« CHANGER LES TERMES DU DIALOGUE RÉGIONAL »

La principale conséquence écologique visible de l'appauvrissement du Tigre et de la construction des barrages, c'est la modification de la région des marais, le Chat Al-Arab, une étendue humide de 12 000 km2 au confluent du Tigre et de l'Euphrate, où la flottille achèvera son voyage début novembre.

Asséchés par le régime de Saddam Hussein, de nouveau inondés en 2003 lorsque des chiites du Sud firent sauter les digues, les marais, formés par les sédiments, sont en sursis. La dernière grande inondation date de 1968 et deux tiers de leur surface étaient recouverts d'eau en août. « Cette sécheresse bouleverse l'équilibre naturel et la biodiversité des marais. Nous exportions du poisson vers les autres régions, mais ce n'est plus le cas. L'eau n'est plus potable et des dizaines de villages se sont vidés », souligne le cheikh Abbas Sarwat, l'un des chefs de tribu de cette région qui soutiennent l'expédition sur le Tigre, vêtu d'un keffieh rouge et d'une djellaba blanche.

Grâce à l'action de Nature Iraq, la région a récemment été décrétée parc naturel, le premier du genre en Irak. La seule manière de faire revivre le Tigre, estime M. Alwash, c'est de «changer les termes du dialogue régional ». Et de bâtir une instance internationale de contrôle réunissant les pays concernés, comme ce qui se fait pour le Rhin.

14/06/2013

France : agriculture intensive, FNSEA, nitrates, pollution

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http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/06/13/l-europe-condamne-la-france-pour-ses-eaux-polluees_3429170_3244.html

L'Europe condamne la France pour ses eaux polluées aux nitrates 

Le Monde.fr | 13.06.2013 à 10h29 • Mis à jour le 13.06.2013 à 12h26

Par Martine Valo

La France, empêtrée dans les problèmes de pollution agricole qui contamine ses cours d'eau, vient d'être condamnée par la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE). Cette dernière a rendu, jeudi 13 juin, un arrêt qui constate les "manquements" chroniques de Paris. Cette décision est un prélude à une possible amende de plusieurs dizaines de millions d'euros, voire à des astreintes journalières qui alourdiraient considérablement le montant réclamé.

Il s'agit de la vieille affaire des nitrates et de l'incapacité de Paris de se mettre en conformité avec une directive européenne de 1991. Ce contentieux porte précisément sur la sous-estimation des "zones vulnérables" qu'il faudrait impérativement protéger, autrement dit sur le manque d'autorité de l'Etat pour faire respecter les bassins versants dont les teneurs en nitrate dépassent déjà les 50 milligrammes par litre. La CJUE prépare en outre un deuxième rappel à l'ordre, qui devrait dénoncer d'ici à fin 2013 la frilosité des programmes pour redresser la situation dans ces mêmes zones.

L'excès d'azote minéral et organique – essentiellement d'origine agricole – entraîne, une fois transformé en nitrates, l'eutrophisation des rivières et nourrit le phénomène des proliférations d'algues vertes. Le problème est plus large cette fois : les zones vulnérables concernent 55 % des surfaces agricoles selon l'état des lieux révisé fin 2012. La liste actuelle englobe 19 000 communes (voir 1). Les porte-parole de l'agriculture intensive se sont récriés contre ce classement soi-disant excessif, et la FNSEA a déposé plusieurs recours devant les tribunaux. A Bruxelles, c'est la cartographie précédente, celle – peu réaliste – de 2007, qui est dénoncée comme insuffisante.

"FAIBLESSE DE LONGUE DATE"

La ministre de l'écologie Delphine Batho estime que l'arrêt de la CJUE "sanctionne une faiblesse de longue date", autrement dit le manque d'empressement de ses prédécesseurs car une délimitation plus réaliste des zones vulnérables aurait dû être faite fin 2011. "J'ai l'intention de rencontrer rapidement la Commission européenne pour présenter notre programme d'action, annonce-t-elle. Il va falloir davantage que de la bonne volonté pour convaincre Bruxelles et éviter une lourde condamnation pour manquement sur manquement." Cette procédure-là est redoutable puisqu'elle risque d'entraîner des amendes par jour d'astreinte.

Ainsi en 2007, la Commission européenne avait déjà décidé de saisir la CJUE et de suggérer une astreinte de 130 000 euros par jour pour... infractions de la France vis-à-vis de la même directive nitrates de 1991. Il était alors reproché à cette dernière ses taux démesurés de nitrates dans l'eau potable en Bretagne. Le gouvernement de l'époque s'en était sorti en plaidant beaucoup et en fermant prestement les points de captage les plus pollués. Résultat : les Bretons boivent une eau réglementaire qu'il faut aller chercher loin, tandis que leurs rivières continuent d'être chargées de pollution diffuse. Et les fonctionnaires européens ont fini par se lasser de cette inefficacité persistante.

Après moult avertissements sur ses zones vulnérables incomplètes (voir 2) et sur la faiblesse des actions menées pour y faire diminuer les taux de nitrates, la Commission européenne a de nouveau traduit la France devant la CJUE  en février 2012. Si elle ne constate pas de progrès de la qualité de l'eau dans les prochains mois, elle sera en droit de saisir à nouveau les magistrats. L'unique suspense dans cette affaire réside dans la sévérité du montant des pénalités.

Martine Valo

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1: Les nitrates contaminent de plus en plus de rivières françaises.pdf

2: Algues vertes : l'Europe somme Paris de s'expliquer - [Les ...

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