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24/02/2011

OGM : entre promesses non tenues et doutes croissants

lu sur :

http://www.univers-nature.com/inf/inf_actualite1.cgi?id=4583

22/0/2011

 

Selon un nouveau rapport de la Fédération Internationale des Amis de la Terre, intitulé « Qui tire profit des plantes GM ? Une industrie construite sur un mythe », la culture des plantes génétiquement modifiées (GM) est en perte de vitesse en Europe. D’une part, le nombre d'interdictions augmente. Ainsi, sept Etats membres maintiennent une interdiction contre le maïs GM de Monsanto et trois ont interdit la pomme de terre GM de BASF immédiatement après son autorisation au printemps 2010. En outre, pour la première fois, cinq Etats membres ont poursuivi la Commission européenne pour avoir autorisé une plante GM. En augmentation, l’opposition des citoyens aux OGM atteint désormais 61 % dans l’ensemble de l’Union européenne.
Au regard de quoi, la surface cultivée en OGM continue de diminuer. Selon le rapport, moins de 0,06 % des champs européens sont plantés d'OGM, soit une baisse de 23 % par rapport à 2008.

Ces réticences ne s’expriment pas qu’en Europe. En Amérique du Sud, bien que très pro-OGM, les gouvernements sont contraints de prendre des mesures pour atténuer les impacts causés par dix années de culture GM et les coûts croissants qui les accompagnent. Ainsi, le gouvernement brésilien a lancé un programme de soja sans OGM afin de faciliter l’accès des agriculteurs à des semences non-OGM. En Argentine, de nouvelles études ont démontré que le glyphosate, « l'herbicide utilisé sur la majorité des OGM dans le monde », pouvait avoir de graves répercussions sur la santé humaine. Symptomatiques d’une inquiétude grandissante, certains districts se sont déclarés « zones sans OGM » en Uruguay.

Selon le rapport, les OGM s’avèrent être un échec à tous les niveaux. Non seulement ils portent atteinte à l’environnement et à la santé humaine, mais ils génèrent également des coûts qui démentent les promesses tenues initialement pour justifier leur développement. Les compagnies de biotechnologies font désormais la promotion de nouvelles générations de plantes GM comme solution pour remplacer les OGM existants, qui ont échoué à contrôler les mauvaises herbes et à réduire l'usage des pesticides. Ainsi, une nouvelle génération de plantes GM conçues pour favoriser l'utilisation de pesticides dangereux, comme le Dicamba et le 2,4D, est actuellement prête pour une commercialisation aux Etats-Unis. Ne voulant pas admettre l’échec, les compagnies de biotechnologies se mettent en quête de nouveaux marchés en Afrique, avec l’appui du gouvernement américain. En illustre la Fondation Gates qui, s’étant portée acquéreuse d’actions de Monsanto, n’hésite pas à financer généreusement des projets agricoles en Afrique.  

Référent OGM des Amis de la Terre France, Christian Berdot voit les OGM comme une aberration qui déleste les petites communautés rurales de leurs terres et les empoisonnent à grands renforts d’herbicides. Selon lui : « Soutenir encore les plantes GM aujourd'hui, c'est faire passer les intérêts de quelques grandes firmes internationales avant l'intérêt de ses concitoyens, des agricultures nationales et de l'environnement ».
Cécile Cassier

 

01/04/2010

Histoire contemporaine : Minamata, Japon

 

lu sur :
http://www.lemonde.fr/planete/article/2010/04/01/au-japon-les-victimes-du-mercure-obtiennent-reparation_1327365_3244.html
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Au Japon, les victimes du mercure obtiennent réparation
LE MONDE | 01.04.10 | 15h28  •  Mis à jour le 01.04.10 | 15h40
Tokyo Correspondant

e long combat des victimes de la maladie de Minamata, symbole des dérives du développement économique du Japon de l'après-guerre, touche à sa fin. 2 123 victimes de ce mal provoqué par la pollution au mercure de la baie de Minamata, ville de la préfecture de Kumamoto, dans l'ouest de l'archipel, ont passé, lundi 29 mars, un accord avec le gouvernement et le géant de la chimie Chisso, responsable de la contamination. La transaction prévoit le versement à chaque victime d'une indemnité de 2,1 millions de yens (16 700 euros) assortie d'une allocation mensuelle d'environ 17 000 yens (135 euros).

Cet accord complète une loi, adoptée en juillet 2009, qui prévoit l'octroi de montants équivalents à tous les malades non officiellement reconnus, qui seraient près de 40 000. Compte tenu de la souffrance endurée par les victimes, cela représente un règlement a minima. "Les plaignants l'ont accepté parce qu'ils vieillissent", souligne, dans son éditorial du jeudi 1er avril, le quotidien Asahi.

De fait, il a fallu cinquante-quatre années pour obtenir ces compensations. La maladie a été officiellement identifiée le 1er mai 1956. Ce jour-là, des médecins ayant examiné des petites filles souffrant de convulsions et de difficultés motrices informent le bureau de santé publique de l'apparition d'une "épidémie de maladie inconnue du système nerveux central".

En 1959, l'origine du mal est enfin identifié : il s'agit du mercure déversé en quantité dans les eaux de la baie de Minamata par l'usine Chisso, qui produit de l'acétaldéhyde depuis 1932. Ce mercure se retrouve dans les poissons et crustacés, aliments de base de la population locale.

Il faut encore dix ans pour que s'ouvre le procès, qui durera de 1969 à 1973. Entre-temps, Chisso fait tout pour décourager les victimes, allant jusqu'à recourir aux services de la pègre pour les menacer ou financer des études l'exonérant de ses responsabilités. Le groupe serait également à l'origine d'une agression du photographe Eugene Smith dont le reportage, publié en 1972 par le magazine américain Life, a attiré l'attention du monde sur la tragédie.

En 1973, Chisso est reconnu coupable de négligence, un jugement qui ouvre la voie à l'indemnisation des victimes. Mais entre la mauvaise volonté du chimiste et celle du gouvernement japonais, qui fixe des critères extrêmement stricts pour pouvoir toucher des indemnités, les procès se multiplient et le temps passe.

A ces difficultés, s'ajoute pour les malades un certain ostracisme social : comme les victimes des bombardements atomiques d'Hiroshima et Nagasaki, ils se voient rejetés par leur communauté. Certains choisissent de retourner à l'anonymat et partent refaire leur vie ailleurs.

L'accord du 29 mars, comme le jugement de la Cour suprême rendu en 2004, qui reconnaît la responsabilité de l'Etat dans la tragédie, leur ont rendu un peu de leur dignité. Aujourd'hui encore, le nombre exact de victimes de cette tragédie reste inconnu, de même que les conséquences à plus long terme de la maladie.

Il reste que la lutte engagée, notamment par Hamamoto Tsuginori, dirigeant de l'Association des victimes de la maladie de Minamata, a fait prendre conscience aux Japonais des dangers d'une industrialisation incontrôlée. Elle a incité plusieurs militants de cette cause à s'engager dans d'autres luttes, contre l'énergie nucléaire ou pour la reconnaissance des conséquences de l'utilisation de l'amiante.

La catastrophe environnementale de Minamata est emblématique : c'est la première d'une lignée témoignant de l'irresponsabilité de certains industriels, comme celle survenue à Bhopal, en Inde, où l'explosion d'une usine de pesticides avait fait plusieurs milliers de morts, en 1984. Le plus souvent, l'origine de ces drames se trouve dans une quête effrénée du profit. Le dirigeant de l'usine Chisso de Minamata, Eiichi Nishida, l'avait reconnu lors du procès. C'était il y a quarante ans.


Philippe Mesmer
Article paru dans l'édition du 02.04.10

 

16/01/2010

MOBILISATION CONTRE l’AJOUT de SUBSTANCES RADIOACTIVES dans les BIENS DE CONSOMMATION et les MATERIAUX DE CONSTRUCTION.

Communiqué de la CRIIRAD

Commission de Recherche et d'Information Indépendantes sur la Radioactivité


La CRIIRAD demande l’abrogation de l’arrêté du 5 mai 2009

 

- En 2002, deux garanties essentielles pour la protection du public contre les dangers des rayonnements ionisants ont été inscrites dans le CODE DE LA SANTE PUBLIQUE (CSP)

o L’INTERDICTION D’AJOUTER délibérément des substances radioactives dans les aliments, les biens de consommation et les produits de construction (cf. article R.1333-2) ;

o L’INTERDICTION D’UTILISER des matériaux et des déchets provenant d'une activité nucléaire – et qui sont CONTAMINES ou susceptibles de l’être – pour la fabrication de biens de consommation et de produits de construction (cf. article R.1333-3).

- Le 5 mai 2009, un ARRETE INTERMINISTERIEL a instauré une procédure de DEROGATION à ces interdictions, une procédure particulièrement laxiste. Cet arrêté a été publié en dépit d’un AVIS DEFAVORABLE de l’Autorité de Sûreté Nucléaire.

 

Cinq produits seulement sont exclus des dérogations et protégés des contaminations radioactives :

1/ les aliments ; 2/ les produits cosmétiques ; 3/ les parures ; 4/ les jouets ; 5/ les matériaux en contact avec les aliments et les eaux.

 

- Le 10 juillet 2009, la CRIIRAD a adressé au Conseil d’Etat un RECOURS pour excès de pouvoir. La demande d’annulation de l’arrêté est basée sur des ARGUMENTS de légalité interne et externe.

- Le 6 novembre 2009, sans attendre le résultat de la procédure contentieuse, la CRIIRAD adressait une LETTRE OUVERTE aux 3 ministres compétents : Mme BACHELOT, ministre en charge de la santé, Mme LAGARDE, ministre en charge de la consommation et M. BORLOO, ministre en charge de la construction, leur demandant d’abroger l’arrêté du 5 mai 2009 sans attendre l’issue de la procédure contentieuse.

- En complément de ces démarches, la CRIIRAD appelle les consommateurs et les associations à se mobiliser et à demander aux autorités le maintien des interdictions et l’abrogation de l’arrêté du 5 mai 2009. Des MODELES DE LETTRES sont à la disposition de tous ceux qui souhaitent participer à la campagne. Le recyclage des matériaux radioactifs doit rester confiné dans les filières nucléaires (CENTRACO et D’HUART INDUSTRIE), sans possibilité de diffusion dans le domaine public.

 

DOSSIER D'INFORMATION

SOMMAIRE

PREMIERE PARTIE : DES INTERDICTIONS AUX DEROGATIONS

- 2002 – 2009 : LE REGIME D’INTERDICTION

- 5 MAI 2009 : L’ARRETE QUI OUVRE LA VOIE AUX DEROGATIONS

- DES DEROGATIONS QUI VONT AGGRAVER LES PROBLEMES EXISTANTS

 

DEUXIEME PARTIE : LES ACTIONS DE LA CRIIRAD

- SUR LE PLAN JURIDIQUE : le recours au Conseil d’Etat

- SUR LE PLAN POLITIQUE : la lettre ouverte aux ministres

 

TROISIEME PARTIE : LA MOBILISATION

- ECRIRE AUX MINISTRES

- DIFFUSER L’INFORMATION

- SOUTENIR LA CAMPAGNE DE LA CRIIRAD

 

voir :

http://www.criirad.org/mobilisation/5mai2009.html#sommaire

21/04/2009

l'eau minérale des bouteilles en plastique contient deux fois plus d'hormones, féminines ou masculines, que celle des bouteilles en verre ou l'eau du robinet.

lu sur : http://www.lefigaro.fr/sante/2009/04/21/01004-20090421ARTFIG00013-faut-il-bannir-les-bouteilles-d-eau-en-plastique-.php

Le plastique des bouteilles libère des perturbateurs endocriniens dans l'eau minérale. Ils pourraient avoir des effets sur la santé, y compris à faibles doses.

L'eau minérale des bouteilles en plastique contient deux fois plus d'hormones (féminines ou masculines) que celle stockée dans des bouteilles en verre ou l'eau du robinet. Autrement dit, le plastique libère dans l'eau ce que l'on appelle des perturbateurs endocriniens. Leurs effets à très faible dose sont encore très mal connus, mais ils sont soupçonnés de modifier chez l'homme le développement et les fonctions sexuelles et reproduc­trices. L'étude conduite par deux chercheurs allemands est publiée dans la revue Environmental Science and Pollution Research.

Martin Wagner et Jörg Oehlman, de l'université Goethe, basée à Francfort, ont sélectionné vingt emballages en plastique d'eaux minérales vendues en Allemagne. Ils ont tous en commun de contenir du polyéthylène téréphthalate (PET). Ce plastique est présent également dans les bouteilles en plastique de boissons gazeuses, d'huile de cuisine et il tapisse aussi l'aluminium recouvrant l'intérieur des briques de boissons de plusieurs marques. Le PET assure à la fois «la transpa­rence du plastique, sa résistance aux chocs, son faible poids et son imperméabilité à l'eau, aux gaz et aux arômes».

«Le travail des deux toxico­logues allemands est sérieux et intéressant», souligne d'emblée René Habert, professeur à l'université Paris-VII, qui dirige l'unité gamétogenèse et génotoxicité (CEA-CNRS). Pour mettre en évidence l'activité hormonale du plastique, Martin Wagner et Jörg Oehlman ont utilisé des levures génétiquement modifiées et des petits escargots d'eau douce, deux modèles de laboratoire classiques pour ce type d'étude. Les levures réalisées à partir d'OGM ont la particularité de changer de couleur en présence d'infimes quantités d'hormones. Chez les petits mollusques, c'est leur reproduction et leur multiplication qui peuvent varier considérablement en fonction des hormones présentes dans l'eau.

Le comportement des levures et des mollusques après un long séjour de près de deux mois dans l'eau n'est pas le même dans les vingt bouteilles en plastique de différents types et les bouteilles témoin en verre. Pas du tout, même. Dans douze d'entre elles, les chercheurs ont noté dans l'eau des bouteilles en plastique une activité hormonale deux fois plus élevée sur les levures. Les mollusques, qui se reproduisent par parthénogenèse (sans mâle), ont eu deux fois plus de petits escargots dans les bouteilles en plastiques à cause des hormones féminines. Ils ont noté aussi deux choses intéressantes : l'eau ayant séjourné dans les briques est plus polluée par ces perturbateurs. En revanche, l'eau des bouteilles en plastique réutilisables - conçues pour être plongées dans l'eau bouillante pour être désinfectées, pratique courante en Allemagne - est moins polluée que les autres dès la deuxième utilisation.

Secret industriel

Sans surprise, l'étude a déclenché une levée de boucliers des industriels des plastiques alimentaires. Le BFR, l'organisme allemand chargé de l'évaluation du risque, a publié un communiqué pour préciser que les résultats de cette étude ne permettent pas de conclure à un risque pour la santé. Ce n'était d'ailleurs pas le but des deux chercheurs allemands : ils voulaient seulement mettre en évidence la présence d'hormones dans les bouteilles en plastique. L'origine des perturbateurs endocriniens reste pour eux inexpliquée. Provienent-ils du PET, d'un cocktail de plusieurs molécules du plastique ou de l'antimoine, un minéral utilisé dans la catalyse de plastiques et connu pour être un perturbateur endocrinien ?

«Il y a un défaut d'informations sur les emballages alimentaires. On n'arrive pas à connaître leur composition», relève René Habert qui a récemment montré l'effet toxique d'un phtalate contenu dans le plastique sur des cultures de cellules de testicules. Secret industriel oblige, les toxicologues ont toutes les peines du monde à obtenir la composition précise des produits, comme le déplore aussi Gilles Husson, président de l'Association scientifique européenne pour l'eau et la santé.

Aujourd'hui, le marché de l'eau minérale est aussi contesté pour des raisons environnementales. Il faut sept litres d'eau pour fabriquer une bouteille en plastique et leur commercialisation nécessite des kilomètres de déplacement alors qu'une eau de qualité coule de nos robinets.

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à lire aussi, dans un autre domaine :
http://www.lefigaro.fr/sciences/2009/03/11/01008-20090311ARTFIG00080-un-chimpanze-surdoue-au-zoo-de-stockholm-.php

08/02/2009

4 000 installations industrielles sans autorisation en Europe

lu sur univers-nature.com :

30-01-2009

4 000 installations industrielles sans autorisation en Europe

En Europe, sur les 52 000 installations industrielles soumises à la Directive IPPC (1), 4 000 d’entre elles n’ont pas d’autorisation légale et rien ne garantit qu’elles réduisent leurs émissions polluantes.
Au 30 octobre 2007, tous les Etats membres de l’Union devaient avoir réexaminé les autorisations pour leurs sites industriels et, le cas échéant, en délivrer de nouvelles. Or, à ce jour, la Commission Européenne s’indigne que la mise à jour des autorisations qui visent à protéger la santé des personnes et l’environnement, ne soit pas respectée. Bruxelles annonce que 10 Etats n’ont pas rempli cette obligation et s’engage dans une procédure d’avertissement avant que l’affaire ne soit portée devant la cour de justice Européenne. Les Etats concernés sont la Belgique, la Bulgarie, l’Espagne, la Grèce, l’Italie, les Pays-Bas, le Portugal et la Slovénie, des pays qui avaient déjà reçu un avertissement au mois de mai 2008. Le Danemark et l’Irlande n’en sont, quant à eux, qu’à leur premier avertissement.

Elisabeth Leciak

1- Directive relative à la prévention et à la réduction intégrées de la pollution

23/11/2008

Brevet du vivant : progrès ou régression ?

lu sur lemonde.fr :

http://www.lemonde.fr/archives/article/2008/11/20/myriad-genetics-obtient-gain-de-cause-devant-l-office-europeen-des-brevets_1120924_0.html

Myriad Genetics obtient gain de cause devant l'Office européen des brevets
LE MONDE | 20.11.08 | 14h08 • Mis à jour le 20.11.08 | 14h08

L'Office européen de brevets (OEB) a, mercredi 19 novembre, répondu favorablement aux demandes de l'université de l'Utah et de la société américaine Myriad Genetics concernant un brevet protégeant une technique d'identification des prédispositions génétiques aux cancers du sein et de l'ovaire.
Les revendications américaines dans ce domaine étaient depuis plusieurs années contestées par un ensemble d'institutions médicales et de sociétés savantes européennes pour des raisons à la fois éthiques, scientifiques et économiques.
Le conflit était né en 2002 lorsque, à l'initiative du professeur Dominique Stoppa-Lyonnet (Institut Curie, Paris) plusieurs institutions hospitalières publiques françaises, soutenues par le gouvernement, avaient engagé une action d'opposition contre un brevet protégeant plusieurs méthodes de détection des prédispositions génétiques à ces cancers, que l'OEB avait délivré à Myriad Genetics.
Les auteurs de cette contre-offensive dénonçaient les prétentions monopolistiques de la société américaine. Ils contestaient notamment le caractère novateur du travail effectué en amont du brevet, la paternité de ces découvertes, et les tarifs imposés par la firme américaine (2 400 dollars l'unité), trois fois supérieurs à ceux des tests de conception française.
En 2004, le brevet de Myriad Genetics était révoqué par la division d'opposition de l'OEB au motif qu'il "ne satisfaisait pas aux exigences de la Convention sur le brevet européen". Cette décision avait alors été considérée, côté français, comme "une victoire pour tous ceux qui privilégient une conception de la santé publique fondée sur l'égalité d'accès aux soins pour tous les malades face aux intérêts commerciaux". Les responsables scientifiques et médicaux français y avaient également vu un encouragement "pour ceux qui défendent une conception de la recherche fondamentale et clinique fondée sur des partenariats publics et privés pour développer l'innovation en Europe et dans le monde."
En 2005, l'OEB confirmait sa position en rejetant l'essentiel de deux nouveaux brevets revendiqués par Myriad Genetic protégeant de manière très large ses tests de dépistage.
Tout laissait alors penser que les tests américains ne pourraient pas être commercialisés en Europe et que la firme américaine avait échoué dans sa volonté de disposer à elle seule d'un nouveau marché né des avancées de la génétique dans le domaine de la prédisposition à certains cancers.
Plus généralement, les différentes décisions de l'OEB laissaient entendre qu'émergeait dans ce domaine une position européenne, différente de la position américaine, quant à ce qui pouvait ou non être brevetable en biologie.

Tel n'est plus le cas aujourd'hui puisque l'OEB vient de répondre favorablement à la demande de Myriad Genetics portant sur une partie du brevet qui avait été accordé en 2001 avant d'être révoqué en 2004.
La firme américaine a, en appel, obtenu gain de cause en réduisant la portée de ses revendications initiales. Et l'OEB a précisé qu'après sa décision ce brevet ne pouvait plus, désormais, être contesté à un niveau européen.

Pour tous ceux qui contestent les prétentions de la firme américaine, le coup est cependant un peu moins rude que prévu. "Par rapport au brevet accordé en 2001, celui qui vient d'être reconnu par l'OEB ne porte plus que sur la moitié des mutations génétiques prédisposant aux cancers du sein et de l'ovaire", précise le professeur Stoppa-Lyonnet.

Mais la déception face à la décision de l'OEB est réelle. "La problématique reste entière. Et contrairement à ce que nous espérions, l'OEB ne nous permet pas de poursuivre notre action à un échelon supérieur, l'équivalent d'une cour de cassation", ajoute Mme Stoppa-Lyonnet.
En pratique, la question est désormais posée de savoir si les équipes médicales qui dans les pays de l'Union européenne utilisent quotidiennement les techniques de dépistage de conception française vont ou non être poursuivies pour contrefaçon par Myriad Genetics.

Jean-Yves Nau
Article paru dans l'édition du 21.11.08
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Mon commentaire :
"Breveter" le vivant est une aberration à la fois intellectuelle et économique.
Intellectuelle, car il y a n'y a pas d'INVENTION au sens propre du terme à décrypter la séquence génétique d'un organisme existant, donc pas d'innovation à breveter.
Économique, car le brevet obtenu ne vise pas à faire progresser une technologie utile à la société mais à en confisquer les bienfaits potentiels au profit d'intérêts particuliers.

18/11/2008

Travailler PLUS...longtemps, est-ce possible ?

lu sur lemonde.fr :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2008/11/18/sante-dans-l-ue-on-vit-sans-incapacite-jusqu-a-68-ans_1119982_3244.html

Compte rendu
Santé : survivre n'est pas vivre
LE MONDE | 18.11.08 | 15h20 • Mis à jour le 18.11.08 | 18h33

L'espérance de vie augmente mais les hommes et les femmes vivent-ils plus longtemps en bonne santé et en conservant leur autonomie ? Peut-on, en d'autres termes, quantifier la qualité de l'espérance de vie ? Tel est l'objectif que s'était fixé un groupe de chercheurs travaillant dans le cadre de l'Observatoire européen des espérances en santé. Les résultats de ce travail original coordonné par Jean-Marie Robine, directeur de recherche à l'Institut national français de la santé et de la recherche médicale (Inserm), ont été publiés, lundi 17 novembre, sur le site de l'hebdomadaire médical britannique The Lancet.
Cette recherche visait notamment à préciser quelle était, en 2005, l'espérance de vie moyenne dite "sans incapacité" (ou encore, "en bonne santé") des personnes âgées de 50 ans. Outre la très grande hétérogénéité observée entre les populations des quinze pays d'Europe de l'Ouest et les dix derniers entrants, ce travail scientifique soulève une série de questions politiques et économiques quant aux projets nationaux en cours visant, dans le cadre de l'Union européenne, à allonger la durée du travail et des cotisations aux régimes des retraites. Il renvoie aussi aux questions de santé publique que soulève l'allongement de l'espérance de vie.
"Au fur et à mesure que la durée de l'espérance de vie progresse, l'amélioration de la qualité de la vie des personnes vieillissantes exposées aux maladies chroniques, cardio-vasculaires, cancéreuses, neurodégénératives devient un enjeu majeur de santé publique dans les pays industriels", fait-on valoir à l'Inserm.
Comment définir une espérance de vie "sans incapacité" ? Les auteurs de l'étude ont cherché à cerner auprès des personnes interrogées âgées de 50 ans les difficultés rencontrées - ou non - depuis six mois dans la réalisation des activités de la vie quotidienne (alimentation, travail, déplacement, etc.). Le résultat obtenu fait apparaître un décalage important avec l'espérance de vie, qui s'établissait, en 2005 dans l'Union européenne, à 78,6 ans pour les hommes et à 83,5 ans pour les femmes. L'espérance de vie sans incapacité est, elle, beaucoup plus faible, s'établissant, la même année, à 67,3 ans pour les hommes et à 68,1 ans pour les femmes. Mais il apparaît aussi que les Européens sont loin d'être égaux face à ce nouvel indicateur.

La plus faible espérance de vie sans incapacité a été observée en Estonie (59 ans pour les hommes, 61 ans pour les femmes) et la plus forte au Danemark où elle s'élève à 73 ans pour les hommes et à 74 ans pour les femmes. La France est très proche de la moyenne européenne : 68 ans pour les hommes et 69 ans et 8 mois pour les femmes. Mais le fait de vivre dans un pays développé ne garantit pas nécessairement une espérance de vie sans incapacité importante. Ainsi en Allemagne, l'âge moyen d'espérance de vie sans réduction de l'autonomie s'établit-elle à 63 ans pour les hommes et à 62 ans pour les femmes.
Des très fortes différences nationales apparaissent aussi quand on associe la durée de l'espérance de vie à 50 ans et celle de l'espérance de vie sans incapacité. Les durées les plus élevées sont recensées au Danemark, à Malte, en Italie, au Pays-Bas et en Suède et les plus basses en Lituanie, en Estonie en Lettonie et en Hongrie.
Autres observations : dans les dix pays qui ont récemment intégré l'UE, l'âge de départ à la retraite est supérieur ou coïncide avec l'âge moyen auquel les personnes peuvent espérer vivre sans incapacité. La plupart des différences observées peuvent être corrélées avec le produit intérieur brut des différents pays et le niveau moyen des dépenses de santé engagées par les Etats pour les personnes âgées. De même, une faible espérance de vie sans incapacité peut être associée, chez les hommes seulement, à de longues périodes de chômage, de courtes études et un faible niveau d'éducation.
Au vu de ces données, la conclusion, pour les auteurs de l'étude, coule de source : il ne fait aucun doute que dans plusieurs pays de l'UE, l'augmentation de l'âge du départ à la retraite sera en pratique difficilement réalisable sans la mise en place de politique visant à améliorer l'état de santé général des personnes concernées.

Jean-Yves Nau
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Améliorer le taux d'emploi des 55-65 ans

L'étude publiée dans The Lancet du 17 novembre s'inscrit dans la perspective de la "stratégie de Lisbonne" adoptée en 2000 qui a vu le Conseil européen fixer comme objectif d'augmenter le taux d'emploi. Ce taux était alors de 61 % en moyenne et l'objectif était d'atteindre un niveau aussi proche que possible de 70 % en 2010.
Cet objectif sous-entend une forte proportion de personnes actives dans la tranche d'âge des 55-65 ans. En 2005, la Commission européenne plaidait pour "une conception de la société pouvant intégrer aussi bien les populations vieillissantes que les jeunes générations, notamment dans la perspective du développement de notre main-d'oeuvre".

Article paru dans l'édition du 19.11.08

21/09/2008

Une étude conclut à la toxicité du bisphénol A présent dans les plastiques alimentaires

lu sur lemonde.fr :

http://www.lemonde.fr/sciences-et-environnement/article/2008/09/18/une-etude-conclut-a-la-toxicite-du-bisphenol-a-present-dans-les-plastiques-alimentaires_1096683_3244.html

Une étude conclut à la toxicité du bisphénol A présent dans les plastiques alimentaires
LE MONDE | 18.09.08 | 13h33 • Mis à jour le 18.09.08 | 13h33

Une étude publiée, mardi 16 septembre, sur le site du Journal de l'Association Médicale Américaine (JAMA) vient relancer la polémique sur la toxicité du bisphénol A (BPA), produit chimique présent dans les plastiques alimentaires, et notamment dans les biberons. Le BPA est une substance très répandue, appartenant à la famille des composés organiques aromatiques. Il est connu de longue date pour pouvoir modifier le bon fonctionnement des systèmes hormonaux endocriniens.

Sa toxicité potentielle est, depuis plusieurs mois, au centre d'une vive controverse scientifique et sanitaire en Amérique du Nord et en Europe. L'étude publiée par le JAMA est la plus vaste menée, sur ce thème, chez l'homme. Elle a consisté à analyser les concentrations urinaires de BPA chez 1 455 Américains âgés de 18 à 74 ans.

Dirigés par le docteur David Melzer (Peninsula Medical School, Exeter, Grande-Bretagne), les auteurs expliquent avoir découvert que des concentrations élevées de BPA dans les urines étaient associés à une augmentation de 39 % du risque de pathologies cardio-vasculaires ainsi qu'à des augmentations comparables du risque de diabète de type 2 et de perturbations enzymatiques hépatiques. Ils en concluent que l'exposition de l'organisme à des taux élevés de BPA peut être associée à certaines pahologies.

Cette publication fait suite à une série de travaux de toxicologie expérimentale menés sur de jeunes animaux et établissant que de faibles doses de BPA dans l'alimentation pouvaient avoir des conséquences pathologiques sur différentes fonctions hormonales.

Publiée, en 2007, dans la revue Environmental Health Perspectives, une étude américaine avait établi chez l'homme, par ailleurs, des corrélations entre les taux urinaires de substances similaires au BPA et l'obésité abdominale. On sait que le BPA est présent dans les fluides corporels de toutes les personnes, ou presque, vivant dans les pays industriels.

CONCLUSIONS "PRÉMATURÉES"
Tout le débat, non tranché à ce jour, est de savoir si l'on peut établir une corrélation entre certaines pathologies et la présence du BPA dans l'organisme. Réagissant à la publication du JAMA, la Food and Drug Administration (FDA) américaine a rappelé les conclusions d'un rapport préliminaire, publié en août, selon lequel la présence de faibles doses de BPA dans les boissons et les aliments ne présentait pas de risque sanitaire. L'Autorité européenne de sécurité des aliments fait une analyse similaire.

L'American Chemistry Council, qui représente l'industrie chimique, a qualifié de "prématurées" les conclusions des auteurs de l'étude du JAMA, tout en critiquant la méthodologie mise en oeuvre.

Selon la FDA, les normes en vigueur assurent une marge de sécurité suffisante, de nature à protéger les consommateurs, y compris les enfants nourris avec des biberons en plastique. Ces derniers, parce qu'ils contiennent du lait chaud, peuvent larguer plus facilement du BPA. Dans le même temps, la FDA affirme qu'il est possible de limiter les quantités absorbées en évitant de chauffer les récipients en plastique contenant des aliments.

"J'espère que la FDA va commencer à prendre en compte les nombreuses études faites par des scientifiques indépendants sur le bisphénol A, et les comparer avec les recherches financées par les industriels sur lesquelles l'agence appuie ses décisions", a déclaré Elizabeth Hitcock, du Public Interest Research Group, une association de consommateurs.

Dans un éditorial, le JAMA observe que, sans attendre la confirmation de la toxicité du BPA, la logique voudrait que, au nom de la santé publique, des mesures soit prises pour réduire l'exposition humaine à cette substance.

Jean-Yves Nau
Article paru dans l'édition du 19.09.08

Progrès du bio dans les cantines scolaires

lu sur lemonde.fr :

http://www.lemonde.fr/aujourd-hui/article/2008/09/16/progres-du-bio-dans-les-cantines-scolaires_1095784_3238.html

Enquête
Progrès du bio dans les cantines scolaires
LE MONDE | 16.09.08 | 15h27 • Mis à jour le 16.09.08 | 15h27

On est loin du raz de marée, mais la tendance est bien là : les produits bio font une percée dans les cantines scolaires. Entre 2004 et 2007, le nombre de repas a presque été multiplié par dix. Dans ce domaine, les villes de Lons-le-Saunier (Jura) ou de Lorient (Morbihan) font figure de pionnières. Toutes deux ont introduit les denrées 100 % naturelles dans la restauration collective depuis près de dix ans. "Les crises alimentaires, avec la maladie de la vache folle, la dioxine, la fièvre aphteuse, ont constitué des éléments déclencheurs", explique Christophe Bouillaux, directeur de la restauration municipale à Lorient.

Alors que la part du bio ne représente, en France, que 0,5 % des repas servis à l'école, elle compte pour 25 % des achats de nourriture dans les cantines de la cité lorientaise. Commencée, en 1998, avec l'introduction des yaourts, la montée en puissance du bio a été très progressive et s'est ancrée, autant que possible, sur la production locale et régionale.

Certains produits 100 % naturels peuvent coûter deux fois plus cher, notamment la viande. Pour limiter les surcoûts, les services de la restauration municipale ont veillé à la composition des menus, cuisiné beaucoup plutôt que d'acheter des plats préparés, fait preuve d'une grande rigueur sur les quantités... Au final, "les prix de revient des repas à Lorient ne sont pas plus chers que dans la plupart des communes aux menus conventionnels", assure M. Bouillaux.

A Lons-le-Saunier, l'idée de se lancer dans le bio est venue d'un problème de pollution de la nappe phréatique par les nitrates. "Pour y remédier, la ville a incité les agriculteurs à planter du blé bio dans la zone de captage, explique Didier Thevenet, directeur de la restauration scolaire. Du coup, on a décidé d'utiliser ce blé pour faire du pain qui alimente la restauration collective de la commune."

Par la suite, un accord a été passé avec l'Ecole nationale de l'industrie laitière de Poligny qui fournit, désormais, yaourts nature et aromatisés bio pour la commune. "Avec un coût de revient entre 15 centimes d'euros et 18 centimes d'euros, ils nous coûtent moins cher que des yaourts ordinaires au lait entier", assure M. Thevenet.

Pour limiter le prix de la viande, la ville achète des vaches montbéliardes vivantes et s'occupe de les conduire à l'abattoir. A partir de septembre, pommes de terre, carottes, betteraves bio vont faire également leur apparition dans les assiettes grâce à des aides apportées à un agriculteur local.

"Faire du bio, ce n'est pas intégrer bêtement des produits sans se préoccuper d'où ils viennent, insiste Didier Thevenet. Je suis pour le commerce équitable local." Les produits du terroir présentent un avantage majeur par rapport aux produits bio importés : limiter la pollution générée par le transport.

La ville de Brest a fait son entrée tout récemment dans le club de la restauration bio à l'occasion du renouvellement de la délégation de service public à la Sodexho en juillet 2007. "Nous avons commencé par remplacer les aliments qui contenaient le plus de produits phytosanitaires, carottes, pommes de terre, salades", explique Marc Sawicki, maire adjoint chargé de l'éducation.

Aujourd'hui, l'objectif est de raccourcir les circuits de distribution. "Les carottes que nous importions d'Italie viennent désormais du nord du Finistère", explique Thierry Velly, responsable du service périscolaire de la ville. Un travail de persuasion et de sensibilisation a également été engagé auprès des enfants, parfois déconcertés par l'apparence et le goût des produits naturels.

Premier département bio de France, la Drôme a lancé, en 2004, le programme "Manger mieux, manger bio" qui concerne aujourd'hui plus de la moitié des collèges. Reste que toutes les collectivités n'ont pas la chance d'avoir des filières locales d'approvisionnement. "Il est plus simple de faire du bio à Lorient qu'à Paris, explique Jean-Jacques Azan, directeur de la restauration scolaire dans le 12e arrondissement. Nous avons connu plusieurs déconvenues liées à des ruptures d'approvisionnement. Du coup, nous avons privilégié les produits frais." En septembre, la cuisine du 12e arrondissement renouvelle l'expérience sur les féculents bio. "Si on est livré correctement, on poursuivra sur l'année", prévoit M. Azan.

Les conclusions du Grenelle de l'environnement, qui fixent à 15 % en 2010 et à 20 % en 2012 la part des produits biologiques dans la restauration collective publique, sont-elles réalistes ? Pour y parvenir, le gouvernement a fixé l'objectif de porter à 6 %, en 2013, et 20 %, en 2020, la part de la surface agricole utile dévolue au bio. "Il n'y a pas actuellement de mesures suffisamment incitatives pour que la production conventionnelle se tourne vers le biologique", considère Eric Grunewald, de la Fédération nationale d'agriculture biologique. "L'élargissement du système d'aide est actuellement en discussion", assure Elizabeth Mercier, directrice de l'Agence Bio. En attendant, les Assises nationales de l'agriculture biologique, à Paris, le 8 octobre, seront consacrées à la restauration collective et présenteront les bonnes pratiques en la matière.

Martine Laronche
Article paru dans l'édition du 17.09.08