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01/09/2016

Soyons conscients : ce sont nos enfants et les enfants de nos enfants qui vont payer la note

communiqué :

 

 

Tous à Flamanville les 1er et 2 octobre pour dire non à l’EPR !

Les 1er et 2 octobre, un grand rassemblement aura lieu à Flamanville (Manche) pour dire non au réacteur EPR et à la poursuite du nucléaire !

13/04/2016

Énergies renouvelables et EDF : La moitié des éoliennes implantées en France tournent dans le vide et ne sont raccordées à rien.

à lire dans le Canard de ce jour, page 5 :

La moitié des éoliennes implantées en France tournent dans le vide et ne sont raccordées à rien.

Car " ERDF et EDF ne sont pas très motivés ... aucune envie d'accélérer l'arrivée des énergies renouvelables "

pour ne pas concurrencer le nucléaire !

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sur le même sujet, dans le Monde ce jour :

Le gouvernement renonce à réduire la part de l'énergie nucléaire

 

 

PLANETE
Jeu de dupes de la France sur la baisse du nucléaire

24/03/2016

LINKY ? Or not LINKY, zatiz zecouestione.

De : Robin des Toits <contact@robindestoits.org>

Date : 23 mars 2016 19:37:29 HNEC

À : Destinataires non révélés: <>;

Objet : Plus de CINQUANTE communes refusent les compteurs communicants Linky, Gazpar et cie

Répondre à : Stéphane Lhomme <stephane.lhomme@wanadoo.fr>

 

Le 23 mars 2016

Stéphane Lhomme

Conseiller municipal de Saint-Macaire (33490)
Commune refusant les compteurs communicants



53 communes refusent les compteurs
communicants Linky, Gazpar et cie...




Recensées sur le site web http://refus.linky.gazpar.free.fr, qui informe et aide les élus pour se positionner, 53 communes françaises refusent déjà les compteurs communicants Linky, Gazpar et cie..

Les promoteurs de ces compteurs nuisibles tentent de minimiser ce chiffre en le comparant au total de 36 000 communes en France mais, en réalité, il s'agit d'un phénomène très important dans la mesure où ErDF n'a commencé que depuis quelques semaines les installations de compteurs communicants Linky, suscitant la réaction des citoyens et de leurs élus.

Ce chiffre évolue désormais continuellement malgré les pressions antidémocratiques exercées sur les élus par ErDF et l'association des Maires de France qui par exemple, le 29 février, ont simultanément envoyé à toutes les communes de France d'épais documents pour tenter de faire croire aux élus que les délibérations contre les compteurs communicants seraient illégales, ce qui est totalement faux.

Les raisons principales du refus des compteurs communicants sont la mise en danger très probable de la santé des habitants par les ondes électromagnétiques générées par ces compteurs, et la remise en cause certaine des libertés publiques : s'ils sont installés, ces compteurs permettent de capter d'innombrables informations sur la vie privée des habitants.

Qui plus est, les prétendus avantages que ces compteurs doivent apporter ne sont pas au rendez-vous : 

aucune économie d'énergie et, au contraire, des factures plus lourdes pour les usagers (cf http://refus.linky.gazpar.free.fr/augmentation-factures.htm )
aucune utilité pour les énergies renouvelables (d'ailleurs l'Allemagne a renoncé à la généralisation de ces compteurs alors qu'elle développe les énergies renouvelables bien plus que la France)
- il est possible depuis longtemps de communiquer à ses fournisseurs, par téléphone ou par le web, sa consommation précise d'électricité, de gaz ou d'eau,sans avoir besoin de compteurs communicants.

Il est très important de savoir que les collectivités (et la plupart du temps les communes directement) sont propriétaires des compteurs d'électricité, elles ont donc toute latitude pour refuser leur remplacement. Il est d'ailleurs injustifiable que ErDF et ses sous-traitants aient commencé à installer des compteurs Linky sans demander leur aval aux communes concernées.

Les communes sont parfois propriétaires des compteurs de gaz et d'eau mais, même quand ce n'est pas le cas, elles ont quand même diverses possibilités de s'opposer à leur remplacement par des compteurs communicants.

Notons enfin qu'il est écologiquement irresponsable et injustifiable de se débarrasser de près de 80 millions de compteurs (35 millions pour l'électricité, 30 pour l'eau, 11 pour le gaz) en parfait état de marche. Les opérateurs ont beau assurer que des filières de recyclage vont être mises en place, elles ne devraient exister que pour des appareils arrivés en fin de vie. Or les compteurs actuels sont prévus pour durer 60 ans, contrairement aux Linky, Gazpar et compagnie qu'il faudra remplacer, à nouveau et à grands frais, dans moins de 20 ans.

Les citoyens et leurs élus doivent donc refuser les compteurs communicants pour préserver leur santé, leurs libertés, les finances publiques et l'environnement.


Stéphane Lhomme
Conseiller municipal à Saint-Macaire (33490)
Animateur du site
http://refus.linky.gazpar.free.fr

 

29/01/2016

Le 28 février à Barjac (Gard)

communiqué :


Total vient de gagner son recours contre l'État : le tribunal administratif annule la décision du gouvernement Fillon qui en 2011 avait abrogé son permis de recherche d'hydrocarbures de Montélimar. Nouvelle preuve des failles de la loi votée en juillet 2011 que nous avons toujours dénoncées. Les opposants appellent déjà à manifester le 28 février à Barjac (Gard). Explications et perspectives, notamment quelques semaines après la fin de la COP21 :

25/09/2015

Combien de matins, combien de kérosène ...

 Poésie française - Webnet

...

( sillages d'avions le matin dans le ciel )

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27/05/2014

Les banques françaises financent les gaz de schiste

lu sur BASTAMAG (lien ci-contre) :

INVESTISSEMENT RESPONSABLE ?

Quand les banques françaises financent allègrement les gaz de schiste

OLIVIER PETITJEAN

Toutes, ou presque, se déclarent très sensibles aux préoccupations environnementales. Ce qui n’empêche pas les banques françaises, Société Générale et BNP Paribas en tête, de soutenir financièrement les gaz de schiste, une industrie aux impacts néfastes pour les ressources en eau, les populations locales et le climat. C’est ce que révèle une étude réalisée par les Amis de la terre Europe, qui détaille les investissements et prêts dont bénéficient les compagnies pétrolières les plus actives dans ce secteur. Pourtant, d’autres grandes banques mondiales n’ont pas hésité à exclure les gaz de schiste de leurs investissements.

[Lire la suitede Quand les banques françaises financent allègrement les gaz de schiste]

07/03/2014

Fin de trêve hivernale et coupures pour impayé

lu sur le site du Monde :

Coupure pour impayé : quels délais, quels recours ?

Le Monde.fr | 06.03.2014 à 10h58 • Mis à jour le 06.03.2014 à 11h00 |Par Lucie Soullier

La fin de la trêve hivernale approche. Cette année, pour le premier hiver depuis l'adoption de la loi Brottes en avril 2013, les coupures énergétiques ont été interrompues en même temps que les expulsions locatives, le 1er novembre. Le 16 mars, les deux reprendront de concert.

Lire le portrait de Marc Fazion : L'homme qui refusait de couper l’eau aux démunis

Selon une étude de 60 millions de consommateurs publiée en octobre 2013, un tiers des Français peinent à payer leurs factures d'eau, de gaz, de chauffage et d'électricité. Avec, au bout, la crainte d'être coupé. En 2012, selon les derniers chiffres disponibles du médiateur national de l'énergie, près de 580 000 foyers ont ainsi été privés d'électricité ou de gaz pour impayés. Mais avant la coupure, certains délais doivent être respectés par le fournisseur, et des recours sont possibles, notamment pour les plus démunis.

LES DÉLAIS

Toute facture d'eau, de gaz, de chaleur ou d'électricité doit être payée dans les quatorze jours suivant son émission ou la date limite de paiement. Si ce n'est pas le cas, le fournisseur (EDF, GDF, Veolia, etc.) envoie un premier courrier donnant un nouveau délai de quinze jours pour régler la facture, sans quoi le consommateur risque de voir l'eau, le gaz ou la chaleur coupés et l'électricité réduite ou suspendue.

Pour les personnes en situation précaire, ce premier délai est allongé de quinze à trente jours. Une prolongation qui concerne les bénéficiaires d'un tarif social (tarif de première nécessité pour l'électricité ou tarif spécial de solidarité pour le gaz naturel), d'une aide d'un fonds de solidarité pour le logement (FSL) pour régler une facture auprès du même fournisseur ou ceux dont la situation relève d'une convention entre le département et les fournisseurs d'énergie ou d'eau.

Au terme de ces quinze à trente jours selon la situation plus ou moins précaire du consommateur (soit trente à quarante-cinq jours après la date d'émission de la facture), le fournisseur peut procéder à la réduction de capacité électrique ou à la coupure, s'il en a informé le client vingt jours à l'avance dans un second courrier. Il se doit alors de lui indiquer qu'il peut saisir les services sociaux (dont il peut obtenir les coordonnées auprès de lui, du département ou de sa commune), notamment pour obtenir une aide auprès du fonds de solidarité pour le logement.

Le dépôt d'un dossier auprès du FSL bloque le dossier « impayés », et donc la coupure. Néanmoins, si aucune décision d'aide n'est prise dans les deux mois, le fournisseur peut procéder à la coupure ou à la réduction, si, là aussi, il en a informé son client au minimum vingt jours à l'avance.

LE TARIF SOCIAL DE L'EAU

Mercredi 5 mars, le gouvernement a annoncé le lancement de l'expérimentation pour un tarif social de l'eau. Le dispositif prévu par la loi Brottes d'avril 2013 permet aux collectivités locales d'instaurer pendant cinq ans des aides sociales au paiement de la facture d'eau ainsi qu'une tarification progressive selon les revenus ou le nombre de personnes composant le foyer.

Les collectivités volontaires ont jusqu'à la fin de l'année pour se faire connaître auprès du préfet de leur département.

LA TRÊVE HIVERNALE

Consacrant un « droit minimum à l'énergie », selon Jean Gaubert, médiateur national de l'énergie, la loi Brottes a instauré une trêve hivernale énergétique semblable à celle des expulsions locatives. Du 1er novembre au 15 mars sont donc interdites les coupures d'eau, d'électricité, de chaleur et de gaz. Pour l'électricité néanmoins, une réduction de puissance est possible, à l'exception des bénéficiaires du tarif de première nécessité.

Lucie Soullier 
Journaliste au Monde 

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sur le même sujet :

Licencié pour avoir refusé de couper l'eau, un salarié de Veolia va ...

Libération‎ - 
Un salarié de Veolia a contesté jeudi devant le conseil de prud'hommes d'Avignon (Vaucluse) son licenciement en avril 2013 pour avoir refusé .

Licencié pour avoir refusé de couper l'eau, un salarié de Veolia va en justice - Libération.pdf

21/03/2013

Soyez intelligent: réfléchissez avant d'accepter un "compteur intelligent"

communiqué :

Compteurs dits "intelligents" - analyse de Robin des Toits - suite 2 : action
 
Pour répondre à un grand nombre d'entre vous, le 14 Janvier 2013, l'association nationale Robin des Toits transmettait des informations sous la rubrique : " Compteurs dits "intelligents" - analyse de Robin des Toits ", accompagnées de 9 pièces jointes.
 
La situation n'a pas évolué à ce jour. Aucune loi n'impose encore l'implantation de ce type de compteur, mais le lobby industriel oeuvre fiévreusement auprès du gouvernement sous prétexte "d'économie verte et durable".
 
Ainsi que vous le savez déjà, il est stipulé sur la liste d'exclusion de votre contrat d'assurance de la responsabilité civile, que vous n'êtes pas assuré(e)(s) contre  "les dommages de toute nature causés par les champs et ondes électromagnétiques".
 
Aussi nous semble-t-il important de vous conseiller une action logique à mettre en place par chacun de ceux qui se trouvent dès maintenant confrontés à la pose de ce type de compteur, à savoir :
 
1°- par lettre recommandée avec A.R., demander à son opérateur la documentation technique détaillant toutes les caractéristiques du fonctionnement technique dudit compteur.
Attention ! par la "réclame" marketing du produit - mais la notice des caractéristiques techniques - nettement moins séduisante à lire.
Le principe étant d'obtenir en clair que leur compteur fonctionne en utilisant les ondes radio.
 
2°- par lettre recommandée avec A.R., envoyer cette notice des caractéristiques techniques dudit compteur à votre Compagnie d'Assurance habitation et de la responsabilité civile, leur demandant de vous confirmer par écrit si - malgré la liste d'exclusion dans votre contrat - la Compagnie assure le risque de ce type d'appareil installé dans votre habitation et sous quelle(s) condition(s).
 
Dans l'attente de la réponse de votre Compagnie d'Assurance :
- n'acceptez aucune installation,
- ne signez aucun document venant de votre opérateur.
 
La suite de l'action découlera de la formulation de réponse de votre Compagnie d'Assurance.
 
2 pièces jointes :
- avenant modifiant les conditions de votre contrat d'assurance de la responsabilité civile
- article LE FIGARO économie du 19/02/2003 "Les assureurs se désengagent"

VOIR LES FICHIERS JOINTS :
 
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Marc CENDRIER
Chargé de l'Information Scientifique
ROBIN DES TOITS
Correspondance : 33 rue d'Amsterdam 75008 Paris
Tél. : 33 1 47 00 96 33
Permanences téléphoniques :
- le matin entre 8h00 et 9h00 (sauf samedi et dimanche matin)
- le soir entre 21h00 et 22h00
E-mail : contact@robindestoits.org
 

09/02/2013

il FAUT changer

les surlignages sont de moi

lu sur :

http://www.lemonde.fr/culture/article/2013/02/07/notre-civilisation-pourrait-elle-s-effondrer-personne-ne-veut-y-croire_1828673_3246.html

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Notre civilisation pourrait-elle s'effondrer ? Personne ne veut y croire

LE MONDE CULTURE ET IDEES | 07.02.2013 à 14h24 • Mis à jour le 07.02.2013 à 17h51

Par Stéphane Foucart

Pour son élection à la Royal Society de Londres, Paul Ehrlich tenait à mettre sur la table une question abrupte sur la marche du monde. Cette question, elle ne cesse de le travailler depuis quatre décennies : "Un effondrement de la civilisation globale peut-il être évité ?" C'est donc le titre que le célèbre biologiste américain a choisi pour la longue tribune qu'il a rédigée à l'invitation de la plus vénérable des académies des sciences et qui vient d'être publiée dans Proceedings of the Royal Society B - l'une des revues qu'elle édite. Hélas ! Cette interrogation, qui ne soulevait guère, jusqu'à récemment, que des haussements d'épaules, est désormais de plus en plus sérieusement considérée par la communauté scientifique.

 

Les premières phrases de Paul Ehrlich, toujours membre, à plus de 80 ans, du département de biologie de l'université Stanford (Californie), ont servi d'entrée en matière à un colloque sur la biodiversité et la croissance économique, le 31 janvier, à l'Ecole des mines de Paris. Elles donnent le ton. "A peu près toutes les civilisations passées ont subi un effondrement, c'est-à-dire une perte de complexité politique et socio-économique, généralement accompagnée d'un déclin drastique de la démographie, écrivent le biologiste américain et sa compagne, Anne Ehrlich, également professeur à Stanford. Certaines, comme en Egypte ou en Chine, se sont remises de situations d'effondrement mais d'autres non, comme la civilisation de l'île de Pâques, ou les Mayas classiques. (...) Dans bien des cas - sinon la plupart - la surexploitation de l'environnement a été en cause."

RÉCHAUFFEMENT CLIMATIQUE ET ACIDIFICATION DES OCÉANS

La nouveauté du problème est sa dimension globale. Jadis, l'écroulement des sociétés n'a jamais été qu'un phénomène local ou régional. A quelques centaines de kilomètres des lieux où se tramait le délitement de sociétés structurées, rien de tangible ne se produisait. Les hommes continuaient à vivre paisiblement. "Mais, aujourd'hui, pour la première fois, une civilisation humaine globale - la société technologique, de plus en plus interconnectée, dans laquelle nous sommes tous embarqués à un degré ou à un autre - est menacée d'effondrement par un ensemble de problèmes environnementaux", poursuit l'auteur.

Ces problèmes sont connus. Ils sont au centre d'une somme considérable de travaux de recherche ; ils ont tous en commun d'affecter les écosystèmes et, en conséquence, de menacer les services qu'ils offrent gracieusement aux économies. C'est-à-dire aux hommes. La liste qu'égrènent Anne et Paul Ehrlich est longue. Erosion rapide de la biodiversité ; exploitation irraisonnée des océans ; destruction accélérée des insectes pollinisateurs, qui assurent la reproduction de 80 % du règne végétal ; épuisement des sols et des eaux souterraines ; formation de vastes zones mortes dans les océans, à l'embouchure des grands fleuves qui charrient les effluents agricoles. Avec, surplombant et déterminant partiellement le tout, deux phénomènes globaux liés à nos émissions de gaz à effet de serre : le réchauffement climatique et l'acidification des océans. L'humanité a donc devant elle un certain nombre de difficultés...

Pour tous ceux qui s'intéressent à l'écologie scientifique et à la biologie de la conservation, Paul Ehrlich est connu comme le loup blanc. En 1968 - cinq ans avant Les Limites à la croissance, rapport du Club de Rome, qui fait date -, il publiait The Population Bomb, un ouvrage grand public dont il vendit quelque deux millions d'exemplaires.

"Paul Ehrlich a toujours eu comme idée que la démographie est au centre de tout, que nous sommes trop sur la planète et qu'il fallait trouver des moyens pour être moins nombreux", résume le biologiste Gilles Boeuf, président du Muséum national d'histoire naturelle. "A sa publication, ce livre a reçu beaucoup d'attention, se souvient James Brown, professeur à l'université du Nouveau-Mexique, aux Etats-Unis, et membre de l'Académie des sciences américaine. On commençait à prendre conscience qu'une croissance exponentielle ne pourrait pas continuer indéfiniment sur une Terre finie. Je crois que beaucoup étaient cependant sceptiques sur l'horizon de temps auquel Paul Ehrlich prévoyait un effondrement."

"VERS DE PLUS VASTES FAMINES"

De fait, le biologiste augurait de vastes famines dans les années 1990 - elles n'ont pas eu lieu. "Ce qui est souvent décrit comme des prévisions "fausses" n'était que des scénarios, clairement présentés comme des histoires qui devaient aider à penser le futur et dont certaines ne se réaliseraient pas, répond Paul Ehrlich. Mais la principale erreur du livre est de sous-estimer la vitesse à laquelle la "révolution verte" [modernisation des techniques agricoles] s'est propagée dans les pays pauvres. Cela a sauvé beaucoup de vies, mais nous a aussi mis sur les rails où nous sommes désormais, vers de plus vastes famines."

L'effondrement, c'est d'abord la faim. Ce qui tourmente Paul Ehrlich depuis quarante ans est avant tout une question d'agriculture, de nourriture et d'estomacs à remplir. Cette crainte, rétorquent les détracteurs du néomalthusianisme, ne serait qu'une vieille lune puisant dans un millénarisme irrationnel, remontant à bien avant Thomas Malthus (1766-1834) lui-même. On trouve, de fait, trace de cette préoccupation aux toutes premières heures de l'Histoire. Le plus ancien texte de l'humanité, L'Epopée de Gilgamesh, le célèbre conte mésopotamien dont la composition remonte à la fin du IIIe millénaire avant notre ère, ne met-il pas en scène un aréopage de divinités décidées à punir l'humanité pour sa propension à la multitude ?

"La Terre peut nourrir neuf milliards d'individus sans problème", rétorquent ainsi les adversaires de Paul Ehrlich. Mais ceux qui ont le privilège d'écrire que les famines ne sont pas un "problème" ne sont jamais ceux qui ont eu faim. "Je trouve l'optimisme de beaucoup d'analystes assez perturbant, sachant qu'aujourd'hui presque un milliard d'humains souffrent de la faim et que des millions d'entre eux en meurent chaque année, ajoute le biologiste américain. Si c'est si facile, pourquoi tout le monde n'est-il pas correctement nourri ? Il y a sans doute plus de personnes souffrant de faim et de malnutrition aujourd'hui qu'en 1968", lors de la parution de The Population Bomb. Il n'y avait, alors, que trois milliards et demi d'humains sur Terre - nous sommes aujourd'hui plus du double.

DÉCLIN DE LA PÊCHE MONDIALE

"Ce que souligne Paul Ehrlich, c'est que, même si, dans la situation actuelle, on calcule que la Terre pourrait nourrir neuf milliards d'humains, nous ne sommes absolument pas sûrs que cela soit encore possible dans quelques décennies, redoute le biologiste Gilles Boeuf. Simplement parce que le système de production va commencer à subir les effets des perturbations que nous avons introduites dans le système, à commencer par le changement climatique." Dans de nombreuses régions du monde et pour certaines grandes cultures, "les rendements agricoles n'augmentent plus depuis sept à huit ans", précise le président du Muséum. En France, par exemple, les effets du changement climatique sur le blé se font sentir depuis 1996 : en dépit des progrès agronomiques, les rendements stagnent, après un demi-siècle de croissance continue. C'est le cas dans la majeure partie de l'Europe.

L'agriculture ne sera pas le seul système affecté. Les pêcheries souffrent également : depuis le milieu des années 1990, les prises mondiales déclinent, en dépit d'un effort de pêche toujours accru. Toujours plus de bateaux sont armés, traquent la ressource de plus en plus loin et de plus en plus profond, mais le produit de la pêche mondiale décline inexorablement. La tendance pourrait être encore aggravée par le réchauffement des eaux superficielles de l'océan et, surtout, par leur acidification. La manière dont les écosystèmes marins peuvent s'adapter à ce phénomène est largement inconnue, puisque ce dernier se produit à un rythme inédit depuis au moins 300 millions d'années, selon une récente étude publiée dans la revue Science.

Au chapitre des courbes qui plafonnent, celle de la production pétrolière n'est pas la moindre. Entre 2004 et 2011, malgré une demande explosive, elle a stagné, selon la BP Statistical Review of World Energy, entre 80 et 83 millions de barils par jour... Et ce, en comptant les ressources non conventionnelles (huile de schiste, sables bitumineux, etc.). "La "bombe" et les "limites", commente James Brown en référence à l'ouvrage de Paul Ehrlich et au rapport du Club de Rome, deviennent probablement une réalité en ce moment même."

LE REVIREMENT DE LA COMMUNAUTÉ SCIENTIFIQUE 

Dans le dernier tiers du XXe siècle, la question de la finitude du monde est demeurée marginale dans la communauté scientifique. Elle n'a pas suscité une école de pensée structurée, comme la physique des semi-conducteurs, la génomique ou la climatologie. L'opinion et les craintes de Paul Ehrlich sont-elles désormais partagées par tous ? "Non, il est toujours critiqué et considéré comme trop pessimiste, estime James Brown. La majorité de la communauté scientifique ne reconnaît pas ce qu'Ehrlich ou encore mon groupe de recherche et moi considérons comme une urgence critique."

Chez les chercheurs qui travaillent spécifiquement sur le fonctionnement des écosystèmes, la réalité est peut-être différente. "Ce n'est pas un tableau très joyeux qu'il dépeint, confie Franck Courchamp, chercheur au laboratoire Ecologie, systématique et évolution (CNRS/université Paris-Sud), mais malheureusement je pense qu'il écrit tout haut ce que la plupart des écologues pensent tout bas." La prestigieuse revue Nature a par exemple publié, au printemps 2012, deux vastes synthèses de la littérature scientifique, menées collectivement par une quarantaine de spécialistes du fonctionnement des écosystèmes. Leurs conclusions sont glaçantes : non seulement l'ensemble de la biosphère terrestre connaîtra une "bascule abrupte et irréversible" dans les prochaines décennies, du fait des transformations apportées par l'homme à l'environnement, mais les services rendus aux économies par ce dernier vont perdre en efficacité du fait de l'érosion de la biodiversité.

DES ÉTUDES LARGEMENT IGNORÉES

Probablement trop déprimantes, ces deux synthèses de la littérature, résumant le savoir accumulé par des centaines d'études, ont été relativement ignorées par les médias. Elles sont passées inaperçues. A peu près autant que l'avis commun rendu en juin 2012 par les 106 académies des sciences, intitulé "Population et consommation" et qui, en termes prudents, n'en valide pas moins les inquiétudes anciennes de Paul Ehrlich. "Les accroissements simultanés de la population et de la consommation non durable font que le monde se trouve face à deux de ses plus grands défis, assurent les académies des sciences. La population mondiale est de 7 milliards d'habitants, et la plupart des projections indiquent qu'elle sera de 7 à 11 milliards en 2050, sachant que l'accroissement de la population se fera surtout dans les régions à faible revenu. Globalement, les niveaux de consommation sont à un niveau jamais atteint, largement en raison de la forte consommation par individu dans les pays développés."

Au sein de l'establishment scientifique, les idées du biologiste américain commencent donc à faire leur chemin. Il suffit, pour s'en rendre compte, de relever le nombre de fois que The Population Bomb est cité dans la littérature scientifique. Entre 1968 et 1995, il n'y est fait référence que deux fois. Autant dire que l'ouvrage, malgré son succès auprès du public, est poliment ignoré. Mais dans la décennie suivante, entre 1995 et 2005, il est cité de dix à vingt fois par an, puis de vingt à quarante fois par an depuis 2005.

Pourtant, si elle apparaît comme une préoccupation de plus en plus partagée chez les scientifiques, l'impossibilité d'une croissance exponentielle éternellement entretenue dans un monde fini reste largement ignorée dans les cercles dirigeants, parmi les économistes et dans l'opinion. Le gouffre est en effet énorme entre les centaines d'études alarmantes et le "climat" général des réactions. "Il y a dans la communauté scientifique une retenue sur ces sujets qui m'a toujours étonné, ajoute M. Courchamp. Même dans les instances nationales, les scientifiques spécialistes ont toujours peur d'être accusés de catastrophisme, d'opinions militantes ou exagérées."

UNE CONNAISSANCE CONFINÉE À UN PETIT NOMBRE 

Les médias, eux aussi, sont souvent réticents à traiter pleinement ces sujets, souvent jugés trop anxiogènes. La connaissance accumulée sur l'état de tension entre le système technique humain et la biosphère demeure ainsi confinée à un petit nombre de spécialistes. "Certains essayent [de communiquer], mais les scientifiques ne sont pas formés pour parler au public et les normes de la science et la discipline de la pratique scientifique militent contre le fait d'aller vers le public, explique Paul Ehrlich. Mais plusieurs d'entre nous, tous des ''vieux briscards'', s'engagent : James Hansen, le plus titré des climatologues fédéraux [directeur du Goddard Institute for Space Studies de la NASA], a même été incarcéré pour avoir manifesté contre la construction d'une centrale à charbon."

L'ignorance, par le plus grand nombre, de la situation telle que la perçoivent les spécialistes compte au nombre des grandes préoccupations du biologiste américain. "Pour éviter un effondrement, le plus grand défi est peut-être de convaincre l'opinion, en particulier les hommes politiques et les économistes", écrit-il. Une grande part des communautés scientifiques et techniques investies dans la recherche et le développement sont aussi toujours rétives à l'idée d'une finitude du monde. "Je le vois dans mes conférences : il y a encore un déni incroyable à propos de notre situation, relève Gilles Boeuf. Parfois, ce sont même des scientifiques qui me disent : "On ne croit pas à ce que vous dites" !"

LA FRANCE, CHAMPIONNE DU DÉNI

Sur le terrain du déni, la France occupe une place à part. D'abord, ingénieurs et scientifiques passent souvent par des formations communes. Ensuite, la langue française a mis dans le même mot - "écologie" - une science et un mouvement politique. Du coup, les faits scientifiques qui relèvent de la première sont sans cesse relativisés et discutés comme le seraient les postures idéologiques du second. "Nous avons un vrai problème avec ça, confie Gilles BoeufNous ne sommes pas écologistes, nous sommes écologues !" Il ne faut pas sous-estimer la force de la confusion des mots. La France est par exemple le dernier pays dont l'Académie des sciences, en dépit des textes internationaux qu'elle a signés, estime incertaine l'origine anthropique du changement climatique...

Or, lorsqu'un problème environnemental semble très incertain, il n'y a nulle raison de chercher à le résoudre. Surtout si sa résolution demande des efforts colossaux. Le sera-t-il jamais ? Au terme de leur longue tribune dans Proceedings of the Royal Society B, Paul et Anne Ehrlich répondent, de manière étonnante, oui : "L'effondrement de la civilisation globale" peut être évité, "car la société moderne a montré de la capacité à traiter les menaces de long terme, si elles sont évidentes et continuellement portées à notre attention". Mais cette note d'espoir est vite remise à sa place. "Nous estimons que la probabilité d'éviter l'effondrement n'est que d'environ 10 %, précise Paul Ehrlich. Et nous pensons que, pour le bénéfice des générations futures, cela vaut le coup de se battre pour monter cette probabilité à 11 %."

La principale incertitude ne repose sans doute pas sur les grands changements d'état de la biosphère et la raréfaction des ressources. Elle tient plutôt au fait de savoir ce qu'est un "effondrement", c'est-à-dire de quelle manière les sociétés réagiront à ces changements. Appauvrissement brutal des populations ? Perte de contrôle des Etats sur leur territoire ? Incapacité à assurer les besoins de base de la population ? Généralisation de la violence ? Ou réduction graduelle et pacifique de la consommation matérielle, accompagnée d'une plus forte cohésion sociale ? Ces questions restent ouvertes et ne sont pas du ressort des sciences de la nature. Mais le spectacle qu'offre un pays comme la Grèce n'incite guère à l'optimisme. 

 

Lire aussi : Changement climatique : près de soixante études par jour (ci dessous)

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"L'HOMME PEUT-IL S'ADAPTER À LUI-MÊME ?"

collectif, dirigé par Gilles Boeuf, Bernard Swynghedauw et Jean-François Toussaint, (Quae éditions, 2012).

"L'ÉCOLOGIE POUR LES NULS"

de Franck Courchamp (Editions générales First, 2009).

SUR LE WEB

"CAN A COLLAPSE

OF GLOBAL CIVILIZATION BE AVOIDED ?"

Article en anglais de Anne et Paul Ehrlich disponible sur le site de la revue Proceedings of the Royal Society B www. royalsocietypublishing.org

MILLENNIUM ALLIANCE FOR HUMANITY AND THE BIOSPHERE

Une initiative imaginée par Anne et Paul Ehrlich http://mahb.stanford.edu

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Changement climatique : près de soixante études par jour 

http://www.lemonde.fr/culture/article/2013/02/07/changement-climatique-pres-de-soixante-etudes-par-jour_1828674_3246.html

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LE MONDE CULTURE ET IDEES | 07.02.2013 à 14h24 • Mis à jour le 07.02.2013 à 17h42

Par Stéphane Foucart

Vouloir rendre compte de la recherche sur le changement climatique est à la fois impossible et déprimant. Déprimant parce que la majorité des études publiées dressent un tableau assez sombre de l'avenir prévisible. Impossible parce que l'activité scientifique sur le sujet a pris, ces dernières années, une dimension gigantesque. Ce dont, de toute évidence, l'opinion n'a pas la moindre idée. "Le grand public ne sait pas bien ce que les scientifiques font, ni le rôle que joue la science dans la société", constate l'écologue James Brown, professeur à l'université du Nouveau-Mexique et membre de l'Académie des sciences américaine.

En cherchant dans une base de données de la littérature scientifique - par exemple Scopus, tenue par l'éditeur Elsevier - les articles de recherche contenant les termes "changement climatique" (climate change) ou "réchauffement global" (global warming) dans leur titre, leur résumé ou leurs mots-clés, il est possible de se faire un avis assez précis sur ce décalage. Au milieu des années 1970, l'ensemble des revues scientifiques publiait environ une dizaine d'articles par an sur le sujet. Dix ans plus tard, on en compte une cinquantaine. Encore dix ans de plus - au milieu des années 1990 - et nous en sommes à environ un millier publiés chaque année...

DES SCIENTIFIQUES ANXIEUX

Aujourd'hui, celui qui s'intéresse au réchauffement sous tous ses aspects scientifiques est confronté à une sorte de tsunami de travaux académiques dans lesquels la dimension climatique intervient sous une forme ou une autre. En 2012, les revues savantes ont donné l'onction d'une publication à 15 125 études de ce genre.

Ce qui représente une moyenne de près de soixante travaux de recherche publiés par jour ouvré... Dans cette masse d'études, il est aussi possible de chercher si, par exemple, la notion de perturbation climatique est, ou non, associée de manière croissante au terme "effondrement" (collapse) - que ce soit celui d'une société, d'une calotte de glace, d'un écosystème, d'une pêcherie... Les travaux associant des changements climatiques à ces bouleversements brutaux et périlleux que sont les "effondrements" sont aussi de plus en plus nombreux.

On en comptait moins de dix par an jusqu'à la fin des années 1990 ; une vingtaine entre 2000 et 2003 ; une quarantaine entre 2004 et 2006... En 2012, près d'une centaine ont été publiés. Si l'on fait de cette association (changement climatique et effondrements) une manière d'indice d'anxiété de la communauté scientifique sur les répercussions du changement climatique, alors cet indice a décuplé au cours des vingt dernières années.

26/01/2013

Pétrole en mer : il faut se méfier de Londres

les surlignages sont de moi

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/01/24/londres-veut-des-regles-a-minima-pour-le-petrole-offshore_1822040_3244.html

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Londres veut des règles a minima pour le pétrole offshore

LE MONDE | 24.01.2013 à 12h54 • Mis à jour le 24.01.2013 à 12h56 Par Eric Albert - Londre, correspondance 

Depuis deux ans, le Royaume-Uni met tout en oeuvre pour réduire la portée des nouvelles règles européennes de sécurité pour les plates-formes pétrolières en mer, qui sont en cours de négociation. Le Monde a eu accès à une série de documents confidentiels, dans lesquels Londres expose sa position : les textes montrent une volonté systématique d'adoucir l'impact de la nouvelle directive, qui est en cours de finalisation.

Si bien que celle-ci ne changera finalement pas grand-chose sur le terrain : "Le projet de directive actuel est très similaire à ce qui se fait déjà au Royaume-Uni", se félicite Malcolm Webb, le directeur de Oil and Gas UK, l'association regroupant les producteurs britanniques d'hydrocarbures.

Le besoin de règles de sécurité renforcées s'est fait sentir après la marée noire dans le golfe du Mexique en 2010. Craignant qu'une telle catastrophe puisse arriver en Europe, les législateurs ont décidé d'introduire des normes paneuropéennes pour les plates-formes offshore. Jusqu'à présent, l'encadrement n'était que national.

 
 

Les pays producteurs, Royaume-Uni en tête, tout en affirmant leur soutien au processus, se sont alors lancés dans un travail de lobbying intensif. "Les négociateurs britanniques sont ultra-actifs, faisant du zèle à tous les niveaux", se plaint une source proche des discussions.

ABOLIR L'EXTRA-TERRITORIALITÉ

Au Parlement européen, Londres a réussi à verrouiller les négociations : si le rapporteur de la commission industrie, qui examine le dossier, est belge, trois des quatre "rapporteurs fictifs" (qui suivent le sujet pour les différentes couleurs politiques) sont britanniques. Une situation rarissime. Londres veut notamment mettre fin à l'une des mesures les plus ambitieuses des nouvelles règles : l'extraterritorialité. En clair, les normes s'appliqueraient aux entreprises européennes dans le monde entier. Il ne serait plus possible d'utiliser des standards sérieux en mer du Nord mais de les relâcher dans le golfe du Niger, par exemple.

Une telle décision aurait un énorme impact, notamment sur l'Arctique. Cela forcerait les compagnies pétrolières à prendre de très importantes précautions dans leurs nouvelles explorations. Inacceptable, pour les Britanniques, qui craignent que cela n'affaiblisse la compétitivité des entreprises européennes. Le 8 janvier, dans un document de négociation, le gouvernement britannique demandait la suppression pure et simple de cet article.

Dans le même document, Londres s'insurgeait contre une autre proposition, qui force les entreprises à prendre en compte le "délai de réponse" en cas de marée noire dans des zones difficiles. Dans des coins reculés de la mer du Nord par exemple, suivant les vagues et le vent, il peut se passer plusieurs semaines avant de pouvoir envoyer une équipe d'intervention.

Mais les Britanniques répliquent que l'inclusion du "délai de réponse" n'est pas nécessaire, car le pétrole "peut être efficacement dispersé par le vent et l'action des vagues et que c'est en tant que tel une forme efficace de réponse".

Le Royaume-Uni n'est pas seul dans sa lutte contre les nouvelles règles. La Norvège, qui n'est pas membre de l'Union Européenne (UE) mais applique ses directives, est également très active, de même que le Danemark et les Pays-Bas.

Mais, en tant que premier pays producteur de pétrole et de gaz offshore dans l'UE, grâce à la mer du Nord, le Royaume-Uni joue un rôle clé. Il semble en passe de réussir : la directive, qui devrait être adoptée en avril, est désormais loin du projet initial.

15/01/2013

Un train de 7,37 t de déchets nucléaires en provenance d'Italie aujourd'hui et demain

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/01/15/france-les-antinucleaires-contre-un-convoi-de-dechets-radioactifs_1817032_3244.html

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France : les antinucléaires contre un convoi de déchets radioactifs

LE MONDE | 15.01.2013 à 10h46 Par Rémi Barroux

Un train de 7,37 t de déchets nucléaires en provenance d'Italie doit traverser la France, mardi 15 et mercredi 16 janvier, jusqu'au terminal de Valognes (Manche), pour rejoindre le site de retraitement de la Hague. La date d'arrivée précise n'a pas encore été communiquée par Areva, chargé du retraitement des combustibles usés. Une chose est sûre, deux wagons dits "Castor" ont quitté le terminal ferroviaire de Vercelli, au nord-est de Turin, lundi, à 23 h 43.

Le long périple de ce convoi "à risques", selon le réseau Sortir du nucléaire, qui, aidé du syndicat Sud-Rail, piste le train, doit lui faire traverser seize départements et contourner, notamment, la région parisienne en passant par la Marne, l'Aisne, la Somme puis la Seine-Maritime, jusqu'à la Manche.

Cette absence d'information a incité les antinucléaires à déposer un "référé-liberté" devant le tribunal de Cergy-Pontoise pour "suspendre les opérations de transport de combustibles usés ". Pour l'avocat du réseau, Benoist Busson, "les citoyens doivent être mis au courant de ce transport dangereux". "C'est écrit dans la Charte de l'environnement et c'est le principe d'information du public qui a valeur constitutionnelle", précise Me Buisson.

"RISQUES GRAVES POUR L'ORDRE ET LA SÉCURITÉ PUBLICS"

Si l'article 7 de la charte prévoit ce droit à l'information, le tribunal a néanmoins décidé, vendredi 11 janvier, de ne pas donner suite à la demande des antinucléaires. Il a considéré que "les informations relatives au trajet retenu et aux horaires de passage de tels transports ne sont pas communicables, eu égard aux risques graves pour l'ordre et la sécurité publics, lesquels constituent également un principe de valeur constitutionnelle".

Les opposants avancent un autre argument. "Ces transports de combustibles italiens cachent de fait un stockage à la Hague illégal", dit Laura Hameaux, porte-parole de Sortir du nucléaire. L'Autorité de sûreté nucléaire avait pointé l'ambiguïté de l'accord ratifié par les Etats français et italien en mai 2007. Elle considérait que les délais prévoyant la réception des combustibles entre 2007 et 2015, puis leur réexpédition entre 2020 et 2025, n'étaient "pas justifiés techniquement".

L'ITALIE N'A PAS ENCORE CONSTRUIT DE CENTRE DE STOCKAGE

Pour Areva, ce calendrier est conforme. "Sur les 235 tonnes de combustibles à retraiter, nous en avons déjà réceptionné 200 t, déclare un porte-parole de la société. Aujourd'hui, il n'y a pas encore eu de retour de déchets ultimes vers l'Italie, mais ils sont prévus dans sept à douze ans."

Problème, l'Italie n'a pas encore construit de centre de stockage, d'où le scepticisme des antinucléaires. "Est interdit en France le stockage de déchets radioactifs ainsi que celui des déchets radioactifs issus du traitement de combustibles usés en provenance de l'étranger", dit l'article L.542-2 du Code de l'environnement. L'Italie a jusqu'à fin 2018 pour présenter un calendrier du retour de ses déchets nucléaires. 

Veolia se lance dans la dépollution nucléaire

Veolia Environnement et le Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) ont signé, mardi 15 janvier, un accord de "collaboration dans le domaine de l'assainissement-démantèlement des sites nucléaires".

L'objectif est de faire du numéro un mondial des services liés à l'environnement un acteur majeur de la dépollution des installations nucléaires, qu'elles soient en activité ou mises à l'arrêt.

Affaibli par la crise économique, qui met à mal ses métiers traditionnels (gestion de l'eau, traitement des déchets, etc.), Veolia entend mettre l'accent sur ses activités industrielles, et notamment celles liées au traitement des pollutions difficiles.

Déjà présent à Cadarache (Bouches-du-Rhône), où il traite les effluents des installations du CEA, le groupe français est également intervenu au côté d'Areva pour décontaminer l'eau de la centrale nucléaire de Fukushima, au Japon, après le tsunami de mars 2011.

L'industrie du nucléaire

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À propos des compteurs "intelligents" : comment les refuser

communiqué :

ROBIN DES TOITS

Correspondance : 33 rue d'Amsterdam 75008 Paris
Tél. : 33 1 47 00 96 33
E-mail : contact@robindestoits.org
 
Bonjour,
 
Vous êtes nombreux à vous interroger sur l'implantation forcée de ces nouveaux compteurs.
C'est pourquoi nous transmettons notre analyse à l'ensemble de notre liste de diffusion pour information générale.

En matière de compteurs dits "intelligents" communiquant à distance, la situation actuelle se situe dans le domaine du "non-droit". Aussi est-il particulièrement difficile de vous donner une marche à suivre encadrée. Les opérateurs utilisant la précipitation de leur installation pour mettre la société devant un fait accompli.

Concernant le compteur LINKY (électricité), le Gouvernement ayant communiqué publiquement sur un décret pour la généralisation de son déploiement sur le territoire, l'association a pu s'appuyer sur un dossier public pour en analyser les procédures et déposer un recours.

Pour tous les autres types de compteurs communicants (eau, gaz, etc...), il ne nous semble pas qu'aucun décret ou loi soit actuellement en vigueur. Le choix de compteurs mécaniques étant encore possible au vote lors d'Assemblées Générales de copropriétés.
Ce qui pourrait laisser penser à un coup de force par intimidation de la part de vos distributeurs d'eau et autres énergies s'ils invoquaientt une soi disant loi.

Néanmoins, pour les compteurs eau et gaz, ce qui se fait le plus souvent c'est d'installer un module radio sur la sortie impulsion du compteur (le compteur émet un -toc- sonore audible à chaque quantité d'eau ou de gaz consommé, c'est le principe de fonctionnement d'un compteur à liquide ou gaz).
Ces -toc- sont stockés par le module radio, puis soit envoyés à un concentrateur, soit émettent leur information uniquement quand un technicien passe en voiture et lance une requête radio depuis son véhicule.
La plupart du temps, ces modules radios ne sont pas connectés à l'électricité, ils fonctionnent sur piles, et donc n'ont aucun intérêt à émettre en permanence car la pile doit durer tout le temps de vie du compteur.
Ces modules radio ne permettent pas de gérer le compteur à distance, ce n'est que du relevé, pas de la commande.

Nous vous conseillons de demander par lettre recommandée avec AR à votre fournisseur qu'il vous informe du fonctionnement technique du compteur prévu à l'installation - demandez qu'il vous envoie la fiche avec les références techniques du compteur prévu à l'installation.

Ci-joint, la documentation sur un compteur eau, gaz et électricité communicant à distance sans émanation d'hyperfréquences pulsées car branché sur le réseau téléphonique ou la fibre optique pour liaison Internet.

Si d'aventure leur réponse concernait un compteur branché sur le réseau électrique et communicant par  WIFI ou fréquence GSM, alors il vous faudrait écrire par lettre recommandée avec A.R. en argumentant les aspects incriminants de ce type de compteur :

- le manquement total au Principe de Précaution avec l'absence d'étude d'impact des conséquences en termes d'exposition de la population aux champs électromagnétiques, récemment classés cancérogènes possibles par l'OMS, absence d'étude de l'impact sanitaire, absence de prise en considération des technologies alternatives ;

- la violation de la loi relative à l'informatique et aux libertés (loi du 6 janvier 1978) avec une collecte et un traitement de données présentant un caractère excessif, eu égard à l'atteinte à la vie privée, par rapport à la finalité recherchée.

Ci-joint les documents à joindre à votre courrier :

- Communiqué de Robin des Toits concernant le compteur LINKY,
- la Résolution 1815 votée à l'unanimité par les Parlementaires du Conseil de l'Europe,
- le classement au Groupe 2B, potentiellement cancérigène, des hyperfréquences pulsées des technologies de télécommunications sans fil par l'OMS,
- Communiqué de Robin des Toits à propos du nouveau Rapport BioInitiative 2012.

En cas d'installation forcée, ne signez aucun document. La moindre signature engagerait votre accord tacite pour une telle installation.
 
Si vous êtes en contrat direct avec un opérateur, soit une installation privée, demandez à conserver votre compteur mécanique et engagez-vous à transmettre régulièrement le relevé du/des compteur(s) directement à votre opérateur.
 
Si vous êtes en copropriété, le flou technologique et juridique concernant ce type de compteur étant parfaitement entretenu par le système lui-même, il faudrait faire valoir que cette technologie s'apparente à celle des antennes-relais, et que leur installation doit donc être votée à l'unanimité en Assemblée Générale. Ci-joint la fiche concernant l'unanimité du vote en Assemblée Générale de copropriété pour les antennes-relais.
Et demandez à transmettre régulièrement le relevé de votre compteur soit à votre Syndic de copropriété, soit directement à votre opérateur si vous avez un contrat privé avec un opérateur.
 
Dans le cadre d'un contrat privé avec un opérateur, la copropriété ne devrait avoir aucun droit de regard sur le changement de votre compteur. Ce point restant à vérifier dans le règlement de copropriété avec un avocat spécialisé.
En cas de menace de taxation et de pénalité pour le refus d'installation de compteur radio-relevé demandez par lettre recommandée avec AR le texte de loi sur lequel s'appuie votre opérateur (et/ou votre Syndic de copropriété).

Egalement jointe la lettre adressée le 22 Octobre à Madame Cécile DUFLOT, ministre du logement.

Vous en souhaitant bonne réception,
Bien sincèrement.

Marc CENDRIER
Chargé de l'Information Scientifique
Permanences téléphoniques au : 01 47 00 96 33
- le matin entre 8h00 et 9h00 (sauf samedi et dimanche matin)
- le soir entre 21h00 et 22h00
-------------
voir les fichiers pdf :


11/01/2013

L'hiver et la crise, les grecs et le bois

lu sur :

http://www.lemonde.fr/europe/video/2013/01/10/encourage-par-la-crise-le-chauffage-au-bois-pollue-le-ciel-grec_1814822_3214.html#xtor=EPR-32280229-[NL_Titresdujour]-20130111-[videos]

Effet direct de la crise, la pollution atmosphérique a fortement augmenté ces dernières semaines à Athènes. Le prix du fioul a été indexé sur celui de l'essence et les gens qui n'ont plus les moyens de payer se tournent vers le bois de chauffage. 
Alors que le niveau d'urgence est établi à 50 mg/m3, la concentration des particules atmosphériques ces deux derniers jours a atteint 150 mg/m3, surtout dans la banlieue nord et ouest de la capitale. 
Par ailleurs, les autorités grecques ont saisi en 2012 quelque 13 000 tonnes de bois coupé illégalement dans des forêts pour alimenter les cheminées. 
Sur le ciel d'Athènes, le "néfos", un nuage de pollution qui a fait pendant des années suffoquer la capitale, est réapparu.

Sur le même sujet, 

lu sur :

http://www.latribune.fr/actualites/economie/union-europeenne/20121120trib000732154/avec-la-crise-les-grecs-reviennent-au-bois-de-chauffage-qui-flambe.html

Avec la crise, les Grecs reviennent au bois de chauffage... qui flambe

Angelique Kourounis, à Athènes | 20/11/2012, 16:40 - 740 mots

Avec la remontée annoncée des prix de l'électricité, de plus en plus de Grecs se demandent comment ils vont se chauffer cet hiver. Ils sont déjà nombreux à revenir... au bon vieux bois ! Les coupes illégales se multiplient dans les forêts du pays et les associations environnementales craignent leurs effets sur l'écosystème. Les associations de consommateurs dénoncent, elles, les méthodes des nouveaux « cartels » du bois de chauffage....

On est en plein mois de novembre et il fait encore beau en Grèce. Une chance pour tous ceux qui se demandent comment ils vont se chauffer cet hiver. Jason, 20 ans, ne se pose plus la question. Cela fait trois ans que son immeuble dans le centre d'Athènes n'est plus chauffé. « Plus personne ne peut se payer le fuel, dit-il, on se débrouille avec des couettes, de gros pull et des chauffages au gaz ». Dans l'attente des prochaines augmentations de l'électricité, d'autres, comme Irini Kondaridou et sa famille, se chauffent avec des appareils d'air conditionné. « Mais à partir de janvier ou les prix vont changer, on parle d'une augmentation de 40%, on ne sait pas comment on va faire, dit-elle. Peut-être faudra-t-il nous regrouper tous dans une pièce le soir pour n'utiliser qu'un seul appareil. »

 
 

L'Iran, seul pays qui prend le risque de livrer du pétrole à la Grèce

Si les citoyens ne peuvent plus s'approvisionner, l'Etat a de plus en plus de mal à le faire lui aussi. La Grèce importe entre 30 et 40% de son pétrole via l'Iran et il est peu probable, malgré les pressions de l'Union Européenne et de Washington, qu'elle arrête cet approvisionnement au nom de l'embargo décrété cet hiver contre Téhéran. D'autant que l'Iran est le seul pays exportateur de pétrole qui fait encore confiance à la Grèce sur sa capacité de paiement, « il n y a jamais eu de défaut de paiement, souligne un fonctionnaire grec, mais c'est juste le risque qui effraie les fournisseurs. Ils traitent difficilement avec nous. » Depuis plusieurs mois, les quatre raffineries grecques ne travaillent plus qu'avec l'Iran qui "ne prend aucun risque, souligne ce même fonctionnaire, tout est réglé rubis sur l'ongle. » Il est possible qu'Athènes doive un jour renvoyer l'ascenseur. Par un soutien de nature politique ?

Les forêts font les frais de la crise

En attendant, les Grecs qui ne peuvent plus payer leur facture de chauffage se tournent vers... le bon vieux bois ! Et c'est l'environnement qui en prend un sacré coup. La demande a augmenté de 30% et les scies électriques n'arrêtent pas, de jour comme de nuit. « Les braconniers viennent avec de gros camions remorques et coupent tout ce qu'il peuvent, explique le garde forestier de Kilkis dans le nord du pays, Eftimios Politidis. Ils n'ont peur de rien ils savent que nous sommes en sous-effectifs. »

Pour la section grecque de WWF ce qui se passe en ce moment dans les forêts et montagnes du pays est " une véritable catastrophe, que le pays va payer très cher dans quelques années ". De fait, selon Fotis Kiourtis, de la direction des forêts de la Thrace et la Macédoine, « la situation est catastrophique autour de Airidia (Nord-Est), mais pas seulement. A Kalamata dans le Péloponnèse, les gardes-forestiers ont pu intercepter un camion qui transportait 25 tonnes de bois. Le tribunal a innocenté les braconniers faute de preuves ».

Pour Gabriel Ksantopoulos, environnementaliste, ces coupes illégales « concernent des arbres centenaires. Elles vont favoriser les inondations, et détruire tous les écosystèmes existants ». En 2011, 6.644 tonnes de bois ont été saisies. Le ministère de l'Environnement a crée un numéro d'urgence, le 1591, pour dénoncer les braconniers mais, dans un même temps, il fait adopter une loi au Parlement qui assimile les coupes illégales de bois a un simple délit mineur.

Les associations environnementales crient au scandale. De leur coté, les associations de consommateurs dénoncent, elles, les « véritables cartels » du bois qui se sont mis en place. Alors que les prix étaient de 60 à 65 euros la tonne de bois, actuellement elle est passée à presque 200 euros à Athènes et 150 à 160 à Thessalonique. Un cartel transfrontalier puisque la Bulgarie y participe. L'année dernière, la tonne de bois bulgare coutait 70 euros, cette année elle est passée à 120 euros. Pour beaucoup de Grecs, notamment ceux des villages isolés, c'est encore trop cher. Alors ils vont eux-mêmes, tout aussi illégalement, couper leur bois à la hache. Pour ne pas se faire repérer par les gardes forestiers, ils remplacent les voitures par des ânes ou des mulets. Comme dans la Grèce des années cinquante...

03/01/2013

La liaison ferroviaire transalpine Lyon - Turin en débat

les surlignages sont de moi

lu sur :

http://lecercle.lesechos.fr/economie-societe/politique-ec...

Lyon-Turin, la Cour des comptes se serait-elle trompée ?

31/12/2012 | Daniel IBANEZ | Territoires

LE CERCLE:   C'est ce qu'ont prétendu nombre de partisans du projet, mais au-delà des formules expéditives, qu'a vraiment écrit la Cour des comptes et quelles conclusions peut-on en tirer ?

Il est vrai qu'en 2012, la Cour des comptes s'est largement exprimée sur le Lyon-Turin. Dès le mois de février dans le rapport sur les comptes 2011, elle aborde la gestion de l'Autoroute Ferroviaire Alpine entre France et Italie.

Elle y conclut que le modèle n'est pas pertinent du fait des contraintes de la ligne, mais en soulevant le point de la faiblesse de l'amélioration environnementale (un demi-million de tonnes de CO² pour 500 000 camions transportés) au regard de l'objectif défini par le Grenelle de l'environnement (réduire de 15 millions de tonnes de CO²) et des coûts d'investissement et de fonctionnement (192 € de subvention par camion transporté).

Le 2 juillet, à nouveau, elle revient sur le Lyon-Turin (seul projet nommé) dans le rapport sur les perspectives des finances de la France. Elle pointe les sous-évaluations des projets en général et du Lyon-Turin en particulier en valorisant les seuls accès français à plus de 11 milliards d'euros alors que RFF l'annonçait à 7,7 milliards. Elle demande également la constitution d'une instance indépendante pour évaluer et hiérarchiser les grands projets. Ce rapport déclenchera une contre-offensive des partisans du Lyon-Turin pour qu'il ne figure pas au programme de ladite commission.

Le 1er août, sans doute après avoir pris la mesure de la riposte des "pro", la Cour adresse au Premier ministre un référé très précis, exclusivement sur le Lyon-Turin. Elle publiera ce document accompagné de la réponse de M. Ayrault le 5 novembre, moins d'un mois avant le XXXe sommet Franco-Italien, alors que la Commission d'évaluation vient d'être nommée sans être saisie du Lyon-Turin. La Cour et son Premier président ont de la suite dans les idées...

Les analyses de la Cour sont-elles erronées, "l'acharnement" à évoquer le Lyon-Turin est-il le produit d'une pensée rétrograde qui tournerait le dos à l'avenir et au progrès ? Seule une lecture attentive du texte permet d'y répondre.

Dès le début de son référé publié le 5 novembre, la Cour des comptes évoque les épais rapports rédigés par les grands services de l’État (page 2) qui recommandaient de différer le projet, non sans avoir d'abord rappelé que d'autres pays ont choisi l'option de l'amélioration des réseaux existants pour des raisons économiques et que d'autres alternatives techniques moins coûteuses n'ont pas été "explorées de façon approfondie" (page 1).

Elle rappelle les capacités de la ligne existante, réduites pour tenir compte de l'augmentation du nombre de TER (page 2). L'ancien Président de LTF (Lyon-Turin Ferroviaire) revendiquait, en 2007, une capacité de 22 millions de tonnes à comparer aux 23,6 millions de tonnes qui circulent tous modes confondus aux passages franco-italiens des Alpes (Fréjus, Mont Blanc et Montcenis) en 2011.

Elle explique la dynamique régionaliste du projet par un positionnement stratégique de la région Rhône-Alpes et de ses hommes "fortement représentés dans les instances décisionnelles et techniques de ce projet" (page 2).

Elle se penche sur la détermination du coût global du projet en rappelant les évaluations du Trésor (page 3) tout en soulignant la nécessité absolue de certifier les coûts de ce projet par des experts en toute indépendance et loin de tout conflit d'intérêts passé, présent ou futur (page 4). Elle se livre à une lecture précise des prévisions qui ont servi à justifier le projet et des évolutions réellement constatées en matière de transport de marchandises au cours des vingt dernières années (page 4).

Comme tous les acteurs de ce dossier, elle observe que "depuis 1999, les trafics de marchandises ont diminué dans les Alpes françaises...", rapporte dès 1993, "la Direction des Routes estimait déjà que les prévisions... étaient surestimées et que le prolongement des taux de croissance constatés… n'était pas plausible" (page 4).

La Cour constate dans ces conditions l'absence de saturation de la ligne existante sur cet axe et rappelle que l'accord, entre la France et l'Italie, en fait pourtant une condition pour la mise en service de la ligne nouvelle (page 5).

Après avoir repris les déclarations de RFF lors de l'enquête publique de février 2012, la Cour rappelle les contradictions avec les études socio-économiques établies un an plus tôt selon lesquelles "la valeur actualisée nette est négative dans tous les scénarios envisagés" (page 5).

Enfin la Cour analyse, les modalités de financement de ce projet en rappelant les incertitudes qui pèsent en matière de financement européen, celles du niveau de tarification admissible, la répartition des coûts entre les États et l'absence de financement prévu dans le budget 2013 de l'AFITF (agence de financement des infrastructures de transport de France) (page 6).

Après avoir remarqué l'absence de progrès significatif dans le domaine du report de la route vers le rail et pointé la nécessité de la mise en place de mesures concrètes, la Cour conclut son référé, en rappelant ses recommandations du 2 juillet 2012 en matière d'évaluation indépendante des projets en fonction de "leur compatibilité avec la situation financière réelle du pays, de la rentabilité financière et socioéconomique et surtout de leur contribution au relèvement du niveau de la croissance potentielle de l'économie." (page 7).

Ce que l'on constate à la lecture de ce document essentiel, c'est que la Cour des comptes a pris en compte les analyses factuelles faites sur ce dossier par des intervenants qualifiés. Ainsi, une erreur d'appréciation ne serait pas celle de la seule Cour des comptes, mais également celle des grands corps de l’État auteurs des rapports.

Financièrement, la Cour s'est attachée à analyser le projet dans son ensemble, approche qui semble difficilement contestable, que ce soit du point de vue de la justification par l'évolution des trafics, de l'exploitation, du retour sur investissement ou encore de l'appréciation de l'utilisation des deniers publics. Elle s'est attachée à rappeler, à faire ressortir des faits, des analyses qui ne sont pas contestés comme les diminutions constatées des trafics de marchandises.

La Cour aurait aussi pu rappeler les chiffres de l'Office Fédéral des Transports Suisse (OFT) qui montrent qu'en 30 ans, la Suisse et l'Autriche ont connu des augmentations du tonnage de marchandises transportées alors que la France l'a vu diminuer de 11 millions de tonnes entre 1998 et 2011, pour s'établir à un niveau inférieur à celui de 1988 (25,4 millions de tonnes).

La lecture attentive du référé ne permet donc pas de conclure à une erreur de la Cour des Comptes puisqu'elle s'est bornée à rappeler des données, des analyses y compris celles établies par les promoteurs du Lyon-Turin. L'analyse, contestée, du coût de la totalité de l'ouvrage, est incontournable pour l'évaluation socioéconomique et financière du projet. La considérer comme erronée remet en cause la justification du projet, les promoteurs l'ayant présenté comme un ensemble cohérent et indissociable.

La Cour a donc, par son travail de synthèse, ouvert la voie à la nécessaire évaluation indépendante qu'elle appelle de ses vœux. Ce nécessaire débat ne pourra se satisfaire de formules incantatoires ou d'allégations, mais de démonstrations dument étayées.

Ainsi, le débat qui doit s'ouvrir n'est pas le procès de tel ou tel, mais celui de la pertinence d'un tel investissement sans sous-évaluation ou surestimation.Face à deux positions si éloignées, il conviendra de savoir si les hauts fonctionnaires se sont trompés dans leurs analyses ou, à l'inverse, de savoir si ce sont les promoteurs.

En tout état de cause, devant l'ampleur financière de ce projet, le débat devra nécessairement prendre en compte les priorités en matière de trafic routier au niveau national en France et en Italie et valider ou invalider les prévisions de trafic.

Le pire serait une absence d'analyse contradictoire d'autant que les données disponibles sur 30 ans permettent une étude objective. Refuser un débat, en toute transparence avec des acteurs indépendants, ou le confisquer avec des intervenants partiaux, serait suspect, alors que les conditions initiales des accords ont connu des modifications substantielles les rendant juridiquement caduques.

Voir :

http://www.ccomptes.fr/Publications/Publications/Le-projet-de-liaison-ferroviaire-Lyon-Turin

Logo Cour des comptes

« La société a le droit de demander compte à tout agent public de son administration. »

Article 15 de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen

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voir aussi :

Liaison ferroviaire transalpine Lyon - Turin - Wikipédia

extrait :

La dernière analyse Coûts/Bénéfices par LTF du Lyon-Turin concluent à une rentabilité de l'ordre de 5 % pour la nouvelle ligne, mais cette analyse a été contesté en 2012 par la Cour des Comptes, qui voit un scénario de rentabilité économique en tous cas négatif[9].

27/12/2012

Le tarif social d'EDF : comment l'obtenir ? (3)

lu sur :

http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do;jsessionid=?cidTexte=JORFTEXT000026830742&dateTexte=&oldAction=rechJO&categorieLien=id

L’arrêté entre en vigueur le 27 décembre

                   JORF n°0300 du 26 décembre 2012 page 20436
texte n° 60


ARRETE
Arrêté du 21 décembre 2012 portant modification de l'annexe au décret n° 2004-325 du 8 avril 2004 modifié relatif à la tarification spéciale de l'électricité comme produit de première nécessité

NOR: DEVR1242932A  

Le premier alinéa de l'annexe au décret du 8 avril 2004 susvisé est ainsi rédigé :
« Le montant annuel des ressources du foyer, mentionné au premier alinéa de l'article 1er du présent décret, est celui ouvrant droit à la déduction prévue à l'article L. 863-2 du code de la sécurité sociale. »

Le présent arrêté sera publié au Journal officiel de la République française.

22/12/2012

« Chaque automobile coûte 1600 euros par an à la société »

lu sur : http://www.terraeco.net/1600-euros-voitures-cout,47473.html

Yves Cochet : « Chaque automobile coûte 1600 euros par an à la société »

Interview - Les coûts externes de l'automobile s'élèvent à 1 600 euros par voiture et par an, soit 3% du PIB européen, révèle un rapport commenté par Yves Cochet, député européen Europe Ecologie - Les Verts.

Terra eco : Dans cette étude que vous avez fait réaliser par le Département des sciences des transport l’Université technique de Dresde, il est question de coûts externes liés à l’utilisation de l’automobile dans l’Union européenne en 2008. Que signifient ces termes ?

Yves Cochet : Les coûts internes sont simplement ceux payés par l’automobiliste : il s’agit de l’achat, de l’assurance, du plein d’essence et de l’entretien de son véhicule. Mais l’étude visait à calculer ce que paye réellement la société si l’on compte les sommes dépensées pour réparer les dommages divers associés à l’utilisation de l’automobile. Les accidents de la route, par exemple, sont responsables de 41% du montant total des coûts externes. La pollution atmosphérique représente 7% de ces coûts, en incluant des dépenses de santé publiques, mais également des manques à gagner au niveau de récoltes déficitaires et diminution de la biodiversité. L’autre prix fort à payer, 37% du total, est celui dû au changement climatique. Pour ce dernier calcul, l’étude a intégré les coûts d’évitement, c’est-à-dire la somme que devrait verser l’Union européenne (UE) pour réduire la quantité de CO2 et donc les risques liés au réchauffement de la planète.

A combien s’élèvent ces coûts ?

Chaque automobile coûte en moyenne 1 600 euros par an à la société, ce qui devient vraiment significatif à l’échelle de la durée de vie moyenne d’une automobile, c’est à dire au bout de dix années, puisque la somme s’élève à 16 000 euros ! Et le montant global est énorme, en comptant toutes les voitures dans l’UE, il atteint 373 milliards d’euros par an (3,5% du PIB de l’UE, ndlr) ! Ce volume des coûts externes générés par les transports est considérable. Il révèle bien que l’automobile est devenu un vrai problème pour la société aujourd’hui.

Quelles recommandations préconisez-vous au terme de de cette étude ?

Presque la moitié des surcoûts est financée par les citoyens de l’Union européenne, même ceux qui ne sont pas automobilistes ! En vertu du principe de l’utilisateur-payeur, pour le bien commun, nous demandons à ce que ce surplus financier soit ajouté aux prix du marché. S’ils étaient comptabilisés dans le prix des voitures par exemple, il y aurait de fortes chances que les automobilistes se tournent davantage vers d’autres moyens de transports, plus doux. Outre cet aspect, il est temps de prendre des mesures dans le secteur des transports. On nous parle de voitures propres mais on est loin du compte avec des véhicules de plus en plus lourds, tous équipés de climatisation, et qui consomment davantage. De plus, les lobbys dans ce secteur et celui du pétrole sont très influents. Résultat : on observe a un quart les émissions GES des transports dans l’UE, et une augmentation de 30% depuis les années 1990. Des secteurs comme le bâtiment ou les ménages ont diminué leurs émissions depuis cette même période. J’espère donc que ce rapport sera pris en compte dans les prochains débats autour de la question des transports. Nous l’avons mis entre les mains des autorités politiques françaises et européennes.

- A lire aussi : L’auto est morte, vite l’auto

21/12/2012

Gaz de schiste : chez les autres, oui ?

lu sur :

http://www.lepoint.fr/confidentiels/exclusif-gaz-de-schiste-la-france-va-explorer-en-algerie-20-12-2012-1604170_785.php

EXCLUSIF. Gaz de schiste : la France va explorer en Algérie

Le Point.fr - Publié le 20/12/2012 à 10:33 - Modifié le 21/12/2012 à 17:18

Le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius a fait quelques confidences jeudi matin à un petit nombre de journalistes. Dans ses propos, une information : la France et l'Algérie vont prochainement signer un accord permettant des recherches françaises sur le territoire algérien dans le domaine de l'exploitation des gaz de schiste.

 
 

On sait le sujet sensible et capable de fâcher tout rouge l'allié écologiste. Les quelques permis d'exploitation à des fins de recherche délivrés sur le territoire national sont en effet considérés par les Verts comme des chevaux de Troie, prélude à l'exploitation tout court. Mais le gouvernement ne renonce pas à l'idée d'un mode d'exploitation moins dangereux pour l'environnement que la fracturation hydraulique, le seul disponible actuellement. C'est donc en Algérie que ces recherches seront menées. Les Algériens, eux, ne risquent pas de râler.

10/12/2012

Ce qu'il ne fallait pas faire : favoriser le transport routier, défavoriser le rail

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/12/10/poids-lourds-tonnage-augmente-et-ecotaxe-amendee_1802191_3244.html

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Poids lourds : tonnage augmenté et écotaxe amendée

Par Rémi Barroux

LE MONDE | 10.12.2012 à 14h04 • Mis à jour le 10.12.2012 à 14h07

En publiant au Journal officiel, jeudi 6 décembre, le décret portant à 44 tonnes le tonnage autorisé des poids lourds de "plus de quatre essieux", le gouvernement a, en partie, satisfait aux demandes du secteur. Depuis des années, en particulier depuis les discussions du Grenelle de l'environnement, le conflit était net entre les transporteurs routiers qui réclamaient une augmentation du tonnage et les associations de défense de l'environnement qui s'opposaient au passage de 40 à 44 tonnes.

Le nouveau décret a donc été accueilli avec déception par la fédération d'associations écologistes France Nature Environnement (FNE), qui dénonce l'augmentation à venir du coût de l'entretien des routes, davantage endommagées par ce surpoids : "Selon un rapport du Conseil général du développement durable de 2011, le surcoût serait de 400 à 500 millions d'euros par an", précise FNE. Surtout, l'organisation conteste un choix qui fait la part belle à la route au détriment de moyens alternatifs, ferroviaire ou fluvial.

Au gouvernement, on fait valoir qu'en augmentant le tonnage par camion, on réduit leur nombre en circulation. Un argument rejeté par Michel Dubromel, vice-président de FNE, qui estime que "cette mesure de généralisation ne réduira pas les émissions de gaz à effet de serre puisqu'elle va encourager et stimuler la demande de transports routiers".

 
 

"Ce décret fixe au contraire des règles plus strictes et rend plus simple une situation qui n'était pas viable", répond François Poupard, directeur adjoint de cabinet du ministre des transports, Frédéric Cuvillier.

Jusqu'alors, les 44 tonnes étaient autorisés, par un décret de 2011, pour les camions à six essieux. Ce qui faisait hurler les transporteurs, car le parc français est composé en grande majorité de véhicules à cinq essieux, soit deux pour le tracteur et trois pour la remorque. "Nous avons donc corrigé en autorisant 44 tonnes pour les cinq essieux, explique M. Poupard, mais en limitant le tonnage par essieu, soit 13 tonnes par essieu pour le camion et 27 tonnes au total pour les trois essieux de la remorque." Une mesure qui oblige à répartir le chargement de manière équilibrée et qui devrait, selon lui, "préserver les voiries d'une dégradation accélérée et constitue un facteur de sécurité".

UNE ÉCOTAXE QUI SERA PAYÉE... PAR LES CLIENTS

Surtout, justifie-t-on au gouvernement, cet assouplissement participe d'un "paquet routier global", dans lequel la nouvelle réglementation des 44 tonnes se conjugue avec l'écotaxe pour les poids lourds. Une sorte d'accord donnant-donnant passé avec la profession et annoncé par le ministre des transports, Frédéric Cuvillier, à la tribune du 67e congrès de la Fédération nationale des transports routiers (FNTR), le 15 novembre.

Alors que la profession redoutait que la mise en place de cette taxe ne soit "un choc économique, commercial et opérationnel", elle a obtenu de pouvoir répercuter le montant de cette taxe sur ses clients. "Nous savons que nous ne pouvons pas éviter cette taxe, reconnaît Nicolas Paulissen, délégué général adjoint de la FNTR. Mais nous voulions que soient aussi prises en compte les charges induites, qui représentent 10 % à 20 % du montant de la taxe."

C'est chose faite dans le cadre d'un projet de loi transmis par le gouvernement au Conseil d'Etat, qui devrait rendre son avis en janvier 2013. "Les transporteurs devront apposer en bas de leur facture une ligne supplémentaire qui consiste en un pourcentage qui sera variable selon les régions", explique M. Poupard. Selon la profession – 37 000 entreprises, dont 80 % ont moins de dix salariés –, cette taxe pourrait représenter jusqu'à 8 % d'augmentation des coûts.

L'écotaxe poids lourds sera calculée en fonction de la distance parcourue sur un réseau de 15 000 kilomètres de routes nationales, départementales, voies rapides et autoroutes sans péages. Les kilométrages seront mesurés au moyen de caméras ou de satellites qui liront les boîtiers installés dans les camions. Un système observé avec attention par Bruxelles, qui souhaite, dans un avenir proche, disposer d'outils permettant l'interopérabilité entre pays de l'Union européenne.

06/12/2012

Le gaz de schiste en Europe

Un dossier sur le gaz de schiste en Europe en fichier pdf :

Plein Gaz !.pdf


03/12/2012

USA : opposition locale au gaz de schiste

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/11/29/graine-de-revolte-au-pays-du-gaz-de-schiste_1797385_3244.html

LE MONDE | 29.11.2012 à 12h03 • Mis à jour le 30.11.2012 à 21h07 Par Philippe Bernard

Le 6 novembre, le résultat du vote des 80 000 habitants de Longmont (Colorado) a fait moins de bruit que la réélection de

Barack Obama. Marquant le début d'une fronde citoyenne contre l'exploitation du gaz de schiste, il pourrait compliquer la stratégie énergétique d'un président qui compte sur les immenses réserves du pays en gaz pour réaliser l'une des promesses phares de sa campagne : l'indépendance énergétique des Etats-Unis en 2020.

Ce jour-là, en même temps que le choix du président, les électeurs de cette cité résidentielle nichée au pied des Rocheuses étaient aussi invités à se prononcer sur une proposition de texte interdisant la fracturation hydraulique (fracking) sur le territoire de la commune. Cette technique, la seule permettant aujourd'hui d'exploiter le gaz de schiste, consiste à fracturer les roches du sous-sol en injectant à très haute pression de l'eau mélangée à du sable et à des produits chimiques, afin de faire jaillir le gaz. Pareils forages font courir le risque d'une contamination des nappes phréatiques et rejettent dans l'atmosphère une importante quantité de méthane.

A Longmont, les 500 000 dollars (386 596 euros) investis par les compagnies gazières dans une campagne de mailing et de publicité destinée à convaincre de l'innocuité de cette technique créatrice d'emplois et à tuer dans l'oeuf le référendum n'ont pas suffi : par 59% contre 41%, les habitants ont approuvé l'interdiction.

"MÉPRIS DES FAITS"

Ce vote "ignore notre besoin crucial du gaz et de ses dérivés pour produire de l'électricité et répondre aux besoins du commerce et des transports", a protesté l'association des producteurs de gaz du Colorado, tandis que sept anciens maires de la ville ont fustigé "les accusations sans fondement sur la santé et lasécurité de notre communauté", dénonçant la "guerre au fracking" menée "par des militants au mépris des faits". Les producteurs s'apprêtent à porter plainte pour entrave aux droits de forages qu'ils ont acquis en ville. Ils entendent aussi réclamer à la municipalité des indemnités pour les propriétaires des terrains concernés.

Les industriels ne sont pas les seuls à préparer la contre-offensive. Le gouverneur (démocrate) du Colorado, John Hickenlooper, menace d'attaquer en justice la ville de Longmont, arguant que seul l'Etat a le droit de réglementer les forages. Il faut dire que, pour sa campagne électorale de 2010, le gouverneur, ancien géologue dans une compagnie de forage, a reçu 76 441 dollars (59 103 euros) de l'industrie gazière, d'après la liste des contributions rendues publiques.

En face, les opposants au gaz de schiste exultent et saluent un "soulèvement citoyen". Leur mouvement a démarré en 2011, lorsqu'il a été question d'implanter un puits de forage à proximité d'un collège et d'un lac apprécié des baigneurs. L'alerte avait été sonnée par la publication d'une étude de l'université du Colorado, selon laquelle les personnes vivant dans un rayon d'un demi-mile (805 mètres) autour d'un site de fracturation hydraulique sont exposées à des rejets toxiques cinq fois supérieurs aux normes. Rapidement, 8 200 signatures ont été collectées pour que soit soumise au vote la question de l'interdiction.

TÂCHE D'HUILE

Il s'agissait moins de défendre une cause planétaire que de protéger sa famille, sa maison et son jardin. "Nous avons montré que l'argent des pétroliers ne leur permet pas toujours de gagner et que notre droit constitutionnel à la santé, à la sécurité et à la protection de la propriété n'est pas à vendre", se félicite Michael Bellmont, l'un des initiateurs de la campagne. Depuis le 6 novembre, la protestation a fait tâche d'huile dans les villes environnantes où les puits ont poussé comme des champignons, y compris en plein milieu de lotissements, et où des norias de camions approvisionnent en eau les sites de fracking

La fronde de Longmont n'est pas le premier mouvement anti-gaz de schiste aux Etats-Unis depuis que la ruée vers le gaz, partie du Texas, a semé des centaines de milliers de puits dans le Dakota du Nord, en Pennsylvanie et dans le Colorado. Dans son documentaire choc Gasland, Josh Fox a filmé l'eau qui s'enflamme en sortant de robinets à Dimock (Pennsylvanie), où l'on extrait le gaz de schiste. Dans l'Etat de New York, Lady Gaga et Yoko Ono ont rejoint la contre-croisade.

L'initiative discrète mais radicale des citoyens du Colorado, restés jusque-là en dehors des radars militants et médiatiques, pourrait donner une autre dimension au débat, après la présidentielle. L'organisation écologiste Sierra Club vient de lancer une campagne destinée à faire pression sur l'administration Obama en faveur d'une réglementation plus stricte d'un secteur qu'elle qualifie de "sale, dangereux et incontrôlable".

La prochaine salve pourrait venir de Promised Land, un film anti-fracking. Matt Damon y campe un représentant d'une compagnie gazière chargé d'obtenir des droits de forage de petits paysans frappés par la crise. Avant même la sortie du film, en décembre, la polémique a commencé : les partisans du gaz de schiste soulignent que le film a été cofinancé par une société détenue par les Emirats arabes unis dans le but de perpétuer la dépendance américaine à l'égard du pétrole étranger.

Philippe Bernard

20/11/2012

Au secours Claude * ! la Terre a besoin de toi !

Claude Allègre - Wikipédia

lu sur : 

http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/11/19/la-planete-aura-beaucoup-de-mal-a-soutenir-un-rechauffement-de-4-c_1792615_3244.html

Le Monde.fr | 19.11.2012 à 16h21

Propos recueillis par Audrey Garric

C'est une prévision des plus alarmistes. Dans un rapport publié dimanche 18 novembre, la Banque mondiale redoute une hausse de la température mondiale moyenne de 4 °C dès 2060 – bien au-delà du plafond de + 2 °C fixé par la communauté internationale.  Ce réchauffement déclencherait une "cascade de changements cataclysmiques" touchant essentiellement les pays pauvres, souligne l'institution de Washington.

Pour Jean Jouzel, climatologue et vice-président du groupe scientifique du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), le changement climatique suit un "scénario dangereux, car, en l'absence de décisions politiques pour infléchir nos émissions de CO2, il risque de nous entraîner vers des valeurs extrêmes de + 6 °C d'ici la fin du siècle".

La communauté scientifique estime-t-elle aujourd'hui qu'il n'est plus possible de contenir le réchauffement du globe à +2 °C par rapport à l'ère pré-industrielle ?

Jean Jouzel Il y a un consensus assez clair parmi les climatologues sur le fait que nous allons dépasser la barre des 2 °C de hausse de la température mondiale d'ici la fin du siècle. On se situe plutôt maintenant dans le scénario A2 du GIEC qui prévoit une augmentation de 3 °C à 4 °C des températures moyennes d'ici 2100. C'est un scénario dangereux, car, en l'absence de décisions politiques pour infléchir nos émissions de dioxyde de carbone (CO2), il risque de nous entraîner vers des valeurs extrêmes de + 6 °C d'ici la fin du siècle.

Les engagements, volontaires ou contraignants, des pays sur la période 2012-2020 sont connus : –20 % d'émissions de gaz à effet de serre par rapport à 1990 pour l'Europe, –15 % entre 2005 et 2020 pour les Etats-Unis, soit l'équivalent de –3 % par rapport à 1990, et une augmentation de l'efficacité énergétique pour laChine. Même si tous ces engagements étaient tenus, il resterait encore 15 % d'émissions en trop pour éviter de dépasser un réchauffement de la planète de 2 °C.

Au final, il faudrait d'abord diviser les émissions par trois pour atteindre 10 milliards de tonnes de CO2 en 2050 contre 35 milliards aujourd'hui, puis ne plus émettre du tout jusqu'en 2100 – c'est-à-dire compenser totalement les rejets. Le pic d'émissions de gaz à effet de serre devrait par ailleurs survenir au plus tard en 2020, ce qui n'est pas du tout la tendance actuelle, puisque les émissions n'ont jamais autant augmenté qu'au cours des dernières décennies et continuent de lefaire d'année en année.

Quels sont les dangers qui menaceraient la planète dans le cas d'un climat plus chaud de 4 °C?

Une augmentation de 4 °C de la température du globe représente un changement majeur et très difficile à soutenir pour la planète. Pour donner un ordre de grandeur, on considère que les changements glaciaires et interglaciaires dans l'histoire de la Terre ont été provoqués par un changement de température situé autour de 6 °C.

Il en résultera une élévation du niveau des mers de 50 cm à 1 mètre, entraînant le déplacement de millions de personnes, des épisodes climatiques plus extrêmes, des périodes de précipitations et de sécheresse intenses, des vagues de chaleur multipliées par dix, ou encore une acidification des océans.

Les pays en développement seront en première ligne, notamment l'Afrique pour les pénuries d'eau et l'Asie pour l'élévation du niveau des mers. Toutefois, les pays développés seront aussi touchés : les sécheresses vont se multiplier dans l'ouest des Etats-Unis, les cyclones et tempêtes verront leur intensité augmenter, l'élévation du niveau de la mer touchera la Charente-Maritime, le pourtour méditérannéen ou encore le nord de l'Europe (BelgiquePays-Bas, etc.) et la France pourrait voir disparaître tous ses glaciers.

Surtout, le réchauffement se poursuivra au-delà de 2100. Avec cette trajectoire, on pourrait atteindre + 8 °C à + 10 °C en 2300. Des scénarios totalement inenvisageables commencent ainsi à émerger.

Quelles sont les solutions pour infléchir cette tendance ?

Les pays doivent tout faire pour diminuer les émissions de CO2 et non plus seulement les maîtriser. Les solutions sont connues : diviser fortement les émissions du secteur des énergies fossiles, ce qui implique de ne pas poursuivredans le développement massif des hydrocarbures non conventionnels comme les huiles et gaz de schiste, développer les énergies renouvelables pour fournirjusqu'à 50 % de l'énergie d'ici 2050, gagner en efficacité énergétique dans le secteur du bâtiment, favoriser les transports en commun ou encore limiter les émissions de méthane du secteur agricole. Ce sont des voies à mettre en œuvre aujourd'hui de façon volontariste pour éviter de le faire de manière contrainte et dans la panique dans quelques décennies.

Estimez-vous que la conférence sur le climat de l'ONU, qui doit débuter dans une semaine à Doha, peut permettre de faire avancer les choses ?

Cette conférence va permettre le réel lancement de la deuxième phase du Protocole de Kyoto, qui s'établira sur la période 2013-2020. Mais elle ne concernera que 15 % des émissions mondiales, avec l'engagement de l'Europe et de l'Australie. Le principal objectif de la conférence sera donc plutôt de lancer les discussions pour obtenir en 2015 un accord de limitation des émissions de gaz à effet de serre qui intègre tous les pays. Pour l'instant, les négociations sont au point mort.

Mais l'on peut espérer des évolutions positives : le président américain Barack Obama va peut-être davantage s'impliquer lors de son second mandat, d'autant plus après la piqûre de rappel qu'a constituée l'ouragan Sandy. La Chine est par ailleurs de plus en plus volontariste. Elle voit dans l'écologie une voie de développement, en devenant par exemple le premier pays solaire et éolien.

Propos recueillis par Audrey Garric

16/11/2012

EDF : le projet » du déploiement du compteur intelligent dit " Linky "

communiqué:

ROBIN DES TOITS
Correspondance : 33 rue d'Amsterdam 75008 Paris
Tél. : 33 1 47 00 96 33
E-mail : contact@robindestoits.org
 
A l'attention de Madame Delphine BATHO    
Ministre de l’Ecologie, du Développement durable et de l'Energie

Copie à  Madame Cécile DUFLOT, Ministre de l’égalité des territoires et du logement 

 
Madame la Ministre,
 
L’association nationale Robin des Toits pour la sécurité sanitaire dans les technologies sans fil a appris, à la lecture du « Moniteur » du 11 octobre dernier, que vous alliez « reprendre le projet » du déploiement du compteur intelligent dit « Linky » et qu’un groupe de travail allait être mis en place à cet effet.
 
Nous espérons que cette reprise d’une opération lancée d’une manière extrêmement critiquable par le gouvernement précédent sera l’occasion d’une amélioration substantielle du projet qui, en l’état actuel, ne laisse pas de nous inquiéter.
 
En effet, si, comme de nombreux citoyens et associations, nous nous inquiétons de la richesse et de la finesse des données personnelles collectées par le compteur, si, comme beaucoup, nous trouvons suspectes et obscures les conditions dans lesquelles ce prototype a été choisi, si, comme une partie des observateurs, nous nous demandons si ce compteur va vraiment générer des économies pour les abonnés, notre principal sujet de préoccupation, en lien avec notre objet social, est le surcroît de pollution électromagnétique à laquelle ce nouveau compteur « intelligent » exposera les abonnés, au sein même de leur habitation.
 
En effet, en l’état, les informations entre les appareils électriques et le compteur seront transmises par CPL (courant porteur en ligne), c'est-à-dire un signal que le circuit électrique « normal », non blindé, n’est pas fait pour transporter. Il en résulte un rayonnement constant, au moins près des murs, et une pollution de l’ensemble du circuit électrique de l’habitat.

Arrivé au concentrateur, pour relayer l’information jusqu’à ERDF, nous passons en GSM, soit une technologie sans fil source de champs électromagnétiques importants.

Voilà donc les citoyens exposés, du seul fait qu’ils utilisent de l’électricité, à une importante pollution électromagnétique qui vient s’ajouter à tout ce dans quoi ils baignent déjà (téléphones portables, antennes relais, DECT, WIFI, WiMAX…), dont l’effet cocktail n’est jamais étudié. Cette exposition serait particulièrement néfaste par son caractère subi (l’abonné est obligé d’en posséder un alors qu’il peut choisir de désactiver le WIFI voire de ne pas avoir de téléphone portable), proche (contrairement à une antenne relais qui se trouve sur le toit) et continu (contrairement, par exemple, à un téléphone portable que l’on peut éteindre).

Or, des recherches indépendantes de plus en plus nombreuses montrent que l’exposition aux champs électromagnétiques peut favoriser cancers, maladies neuro-dégénératives, aggravation de maladies existantes comme le diabète, et chez les enfants, hyperactivité, autismes et troubles de l’attention et du développement. Un compteur intelligent c’est bien, que les enfants qui grandissent dans la maison aient une chance de le devenir, c’est encore mieux !! 

En mai 2011, l’OMS, pourtant peu soupçonnable de dureté excessive envers l’industrie, a classé les radiofréquences parmi le groupe des substances « cancérogènes possibles pour l’homme » (catégorie 2B). Partant, l’application du principe de précaution devrait conduire à éviter ces procédés partout où ils ne sont pas nécessaires. Or, les installations électriques, comme les compteurs, sont fixes : nul besoin pour eux d’utiliser des radiofréquences !! Des liaisons fixes, solides, comme la fibre optique, pourraient utilement transporter l’information pertinente, sans gaspillage énergétique et sans risque pour la santé.

Nous vous remercions par avance de ne pas nous renvoyer, sur ce sujet, à l’ANSES. Son dernier rapport sur les radiofréquences date de 2009 et s’appuie sur des travaux beaucoup plus anciens, ce qui fait vraiment très loin vu la vitesse du développement technologique. La nouvelle classification de l’OMS rend obsolète tout ce qui s’est fait avant et crée un contexte radicalement nouveau. Un gouvernement n’a pas besoin d’experts pour prendre ses responsabilités et appliquer le principe, constitutionnel, de précaution.

Les exemples américains et canadiens sont édifiants : dans ces deux pays, les compagnies de gaz, d’eau et d’électricité ont commencé à déployer des compteurs « intelligents ». Aux Etats-Unis, elles ont dû faire machine arrière, proposer une solution « d’opting out » aux abonnés, parfois réinstaller les anciens compteurs analogiques. Au Canada, les plaintes se multiplient, notamment à cause de problèmes de santé vécus par des personnes qui n’étaient, à l’origine, pas particulièrement « anti-ondes »… Dans notre univers mondialisé, ces exemples doivent être médités pour mettre en place, dans notre pays, des solutions sûres et incontestables.

Tous les arguments de Robin des Toits contre le nouveau compteur « Linky » sont repris dans le recours que nous avons déposé le 25 Novembre 2011 contre la décision de généralisation en date du 28 Septembre dernier. Vous trouverez ce recours, toujours en cours d’examen devant le Conseil d‘Etat, joint au présent courrier.

Comptant sur vous pour la prise en compte de ces observations dans l’intérêt de l’ensemble des citoyens,
Et nous tenant naturellement à votre disposition pour tout complément d’information,
Nous vous prions d’agréer, Madame la Ministre, l’expression de nos sentiments respectueux et dévoués.
   
Etienne CENDRIER
Porte-Parole national

14/11/2012

À propos de l'aéroport de NDDL, un précédent au Mexique

À voir :

http://desinformemonos.org/2012/11/lanzamiento-de-la-herida-se-mantiene-abierta/

 

"La blessure reste ouverte" documentaire mexicain de 16'33" sur un projet de l'aéroport Atenco au Mexique.

C'est une synthèse de toutes les années d'une lutte exemplaire qui a obtenu plusieurs victoires : ils ont fait abroger le décret, publié en août 2002, qui les expropriait de leurs terres pour la construction d'un aéroport, ils ont fait sortir de la prison ceux et celles qui avaient été faits prisonniers grâce à une ordonnance de la Cour Suprême de Justice, ils ont réussi à converger avec d'autres luttes, sans cesser de dire et redire partout l'importance de leur lutte, avec Trinidad à leur tête, ils se sont affrontés au président Pena Nieto avec force raisons et vérités. Ce n'est pas rien dans ce pays, le Mexique, tel qu'il est actuellement.

L'expérience de San Salvador Atenco, dans l'Etat de Mexico, a marqué pendant 10 ans l'histoire des résistances populaires et son empreinte reste vivace. Ce fut une lutte victorieuse contre un aéroport qui aurait détruit les terres fertiles de la vallée de Texcoco. 4 années après la publication du décret, les attaques se transformèrent en répression brutale en mai 2006, dont le gouverneur Enrique Pena Nieto avait la pleine responsabilité. Puis il y eut les militants prisonniers avec des chefs d'accusaiton invraisemblables, et la lutte pour leur libération. Et comme revendications permanentes la défense de l'eau, de la terre, de la vie d'un peuple que Trinidad Ramirez honore de sa voix, de sa persévérance et de son courage. La blessure reste ouverte, comme restent ouvertes les pages de l'Histoire pour ce peuple exemplaire.

13/11/2012

Climat, CO2 et trafic aérien

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/11/13/l-aviation-echappe-au-marche-carbone_1789544_3244.html

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L'aviation échappe au marché carbone

LE MONDE | 13.11.2012 à 11h05 • Mis à jour le 13.11.2012 à 16h36 Par Grégoire Allix

Est-ce un virage sur l'aile ou un atterrissage en douceur ? La commissaire européenne au climat, Connie Hedegaard, a mis fin, lundi 12 novembre, au conflit qui l'opposait aux grandes puissances de la planète concernant l'inclusion forcée du secteur aérien dans le marché carbone européen. Alors que l'initiative de l'Europe, rejetée par les Etats-Unis, la Chine, l'Inde et la Russie, menaçait de dégénérer en différend commercial, Mme Hedegaard a proposé de geler pour un an l'application de cette mesure pour les vols intercontinentaux à destination ou au départ de l'Union européenne.

Face à l'opposition de vingt-six des trente-six membres de l'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI) – l'organe des Nations unies réglementant le transport aéronautique –, Bruxelles avait depuis quelques mois ouvert une porte de sortie : si l'OACI s'engageait à adopter un mécanisme mondial de réduction des émissions de CO2 de l'aviation, le secteur serait dispensé de marché carbone européen.

Selon le calendrier initial, toutes les compagnies aériennes opérant dans le ciel de l'Union européenne (UE) devaient, en avril 2013, compenser 15 % de leurs émissions de gaz à effet de serre de l'année 2012 en achetant des crédits carbone sur le marché – les 85 % restant leur étant alloués en quotas gratuits.

 

Ce premier rendez-vous de l'aviation avec le marché carbone est donc aujourd'hui suspendu. "J'ai proposé d'arrêter les pendules, car nous avons des signes qu'un accord peut être conclu au niveau international", a annoncé Mme Hedegaard, lundi, au cours d'une conférence de presse.

LA PROIE POUR L'OMBRE

Ces "signes" sont venus de la réunion du conseil de l'OACI, vendredi 9 novembre, à Montréal. L'organisation a adopté un processus et un calendrier censés déboucher sur la présentation d'un nouveau cadre réglementaire lors de la prochaine assemblée générale, à l'automne 2013. L'OACI devrait désigner, d'ici la semaine prochaine, un groupe de haut niveau représentant les différentes régions du monde, qui soumettra ses premières propositions au conseil de l'organisation en mars et en juin 2013.

Dans ce contexte, la proposition de la Commission européenne a pour but de "créer une atmosphère positive" pour les négociations au sein de l'OACI, selon Mme Hedegaard. Plusieurs ONG écologistes, réunies dans la Coalition internationale pour l'aviation durable, se demandent toutefois si la Commission n'a pas cédé un peu tôt et lâché la proie pour l'ombre. "Le défaut majeur de cette proposition, c'est que son contenu possible reste très flou, étant donné qu'il n'y a aucun engagement contraignant sur sa substance", estiment ces organisations.

Seule indication à ce stade : le groupe d'experts de l'OACI travaillera sur plusieurs hypothèses, système d'échange de quotas ou de compensation des émissions ; biocarburants ; nouvelles normes pour les appareils, etc. Il devra aussi décider si l'OACI doit adopter un seul et unique mécanisme de marché mondial ou un cadre unifiant un patchwork de programmes nationaux. "Si cet exercice n'aboutit à rien, inutile de dire que nous reviendrons exactement où nous en sommes aujourd'hui, automatiquement", a pris soin de prévenir Mme Hedegaard.

La Commission avait-elle vraiment le choix ? Le système menaçait d'être inapplicable. Pékin avait commencé à prendre des mesures de rétorsion, notamment en bloquant des commandes d'Airbus pour des compagnies chinoises. Et, à Washington, le Sénat et la Chambre des représentants ont adopté des textes évitant aux compagnies américaines de se soumettre aux exigences de Bruxelles.

Pour l'heure, seules les compagnies européennes seront donc obligées de compenser leurs émissions pour les vols intérieurs dans l'Union – à condition que les Etats membres et le Parlement européen avalisent cette proposition, que Mme Hedegaard devait leur soumettre mardi.

Le schéma aurait pour effet de réduire la demande de quotas de CO2 du secteur de l'aviation de 30 millions à 10 millions par an. Au risque d'affaiblir encore un cours du carbone déjà bien chancelant.

Bruxelles propose de geler 900 millions de quotas

Pour relever le prix du carbone, la Commission européenne a proposé, lundi 12 novembre, de geler provisoirement 900 millions de quotas de CO2, sur les 8,5 milliards qui devaient être mis en vente sur le marché européen entre 2013 et 2020.
Cette proposition a déçu la plupart des analystes, qui considèrent que le marché européen du carbone connaît un excédent de 1,4 milliard de quotas, en raison d'une allocation trop généreuse au départ et d'une baisse de la demande due à la crise économique. Le prix du quota de CO2 plafonne depuis des mois à environ 7 euros. Or, il devrait osciller entre 24 euros et 30 euros pour financer le développement des énergies renouvelables.
Face aux réserves suscitées par cette intervention sur le marché, la commissaire au climat, Connie Hedegaard, a choisi une option intermédiaire. Sa proposition devrait être présentée mercredi à la Commission, puis soumise aux Etats par le comité de l'Union européenne chargé du changement climatique.

Pollution

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11/10/2012

SOFIPROTEOL : suite de la note du 7/10/2012 sur ce blog

à lire sur MEDIAPART :

Agrocarburants: le cadeau de 54 millions d’euros au président de la FNSEA PAR JADE LINDGAARD

Le groupe agro-alimentaire Sofiprotéol devrait être le premier bénéficiaire du renouvellement des agréments d’agrocarburants tout juste annoncé par le gouvernement. Numéro un français du biodiesel, il est présidé par Xavier Beulin, par ailleurs président de la FNSEA. La Cour des comptes a pourtant déjà critiqué la rente financière dont bénéficie sa société, en véritable championne des niches fiscales.

Lire la suite

extraits :

..."Cela n’a l’air de rien. Mais la facture globale de cette niche fiscale est faramineuse. Entre 2005 et 2010, elle représente 2,6 milliards d’euros de manque à gagner pour l’État (en cumulé), estime la Cour des comptes (voir ici son rapport). Alors que la filière n’a réalisé que 1,5 milliard d’investissement, pointe le même document. En 2012, cette exonération partielle de la TIC a représenté un manque à gagner d'environ 196 millions d’euros pour le budget de l’État." ...

..." Les trois quarts de l'aide publique : Dans son rapport paru début 2012, la Cour des comptes s’intéresse de près aux fondements de la fortune de Sofiprotéol (5,6 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2010). Depuis le milieu des années 2000, « les agréments ont été en grande partie attribués au groupe Diester Industries, qui regroupe suivant les années 70 à 74 % d’entre eux », estiment les auditeurs. Autrement dit, les trois quarts de l’aide publique aux agrocarburants. "...

13/09/2012

Argent, pouvoir et nucléaire

communiqué:

 Atomes crochus : Argent, pouvoir et nucléaire

L’énergie nucléaire est-elle vraiment bon marché ? Qui a mis en place la politique atomique de la France et sur quels réseaux s’appuie-t-elle ?

Les samedi 3 et dimanche 4 novembre prochains auront lieu à Clermont-Ferrand les journées d’études du Réseau "Sortir du nucléaire", gratuites et ouvertes à tous. Leur thème : "Argent, pouvoir et nucléaire".

Un journal de 16 pages "Atomes crochus" donne de multiples informations pour peser sur l’enjeu de cette thématique et ouvrir le débat.

Vous pouvez télécharger ce journal et le commander en nombre en cliquant sur le lien suivant : http://boutique.sortirdunucleaire.org/product_info.php?products_id=274

Par ailleurs, vous trouverez sur le site des journées d’études toutes les informations utiles (programme, infos pratiques...) : http://leliencommun.org/journeesdetudes 
Le site regroupe de nombreux documents et ne demande qu’à s’enrichir de vos contributions.

Informez-vous et réservez dès à présent les dates du week-end des 3 et 4 novembre.

Salutations antinucléaires,

L’équipe d’organisation des journées d’études 2012 du Réseau "Sortir du nucléaire" 
Contact mail : journees-etudes@sortirdunucleaire.fr

05/09/2012

RTE, un État dans l'État

(RTE: Réseau de transport d'électricité, filiale d'EDF)

lu sur :
http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/08/21/en-normandie-la-ligne-electrique-de-toutes-les-tensions_1748091_3244.html
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Les journées sont longues. Car depuis le 31 juillet, Martine Leroy, agricultrice dans le Cotentin, les passe dans le godet d'un tracteur stationné dans l'un de ses champs. Perchée à quatre mètres de hauteur, elle scrute l'horizon, prête à alerter les voisins si des engins de chantier arrivaient pour démarrer les travaux de la ligne à haute tension (deux fois 400 000 volts) construite par le Réseau de transport d'électricité (RTE), filiale d'EDF, entre le Cotentin et le Maine.

Destiné à évacuer le courant du futur réacteur EPR de Flamanville – dont la mise en service est sans cesse repoussée –, c'est un immense chantier qui a été lancé en novembre 2011 : 160 kilomètres de longueur, 440 pylônes de près de 70 mètres de hauteur et 160 élevages concernés par le tracé. Martine Leroy, dont l'un des prés devrait accueillir un pylône, ne descendra pas de son tracteur tant qu'elle n'aura pas obtenu une indemnisation correcte de la part de RTE.

La tension règne dans le bocage normand, arpenté ces jours-ci par des patrouilles de gendarmes, survolé par des hélicoptères de surveillance et dénaturé par des pylônes inachevés au pied desquels veillent des maîtres-chiens.

Cette guérilla est aussi menée sur le terrain judiciaire : le 21 août, le tribunal correctionnel de Coutances devait rendre sa décision à l'encontre de manifestants ; le 23 août, un conducteur de grue qui a blessé une agricultrice devrait comparaître devant le tribunal de grande instance de Coutances qui examinera, le même jour, le recours d'un paysan, Yves Larsonneur, à l'encontre de RTE. En dépit des années de résistance opiniâtre menée par des élus, des communes, des écologistes et de nombreux agriculteurs, rien n'a fait dévier d'un pouce le projet lancé en 2005.

"ON ME SACCAGE UN OUTIL DE TRAVAIL QUI FONCTIONNE BIEN"

L'exploitation de Mme Leroy et de son compagnon sera traversée sur plus d'un kilomètre par la ligne. En raison des conséquences négatives, réelles ou supposées, des ondes électromagnétiques sur l'élevage, la valeur de l'exploitation va beaucoup diminuer"Les fermes traversées par une ligne deviennent invendables, dit l'agricultrice. On me saccage un outil de travail qui fonctionne bien."

A quarante kilomètres de là, à Isigny-le-Buat, deux éleveurs laitiers, Thierry Charuel et Dominique Vauprés, pointent, selon eux, l'effet négatif des lignes. L'étable de M. Charuel est située à 60 mètres d'une ligne à deux fois 400 000 volts, qui relie depuis les années 1980 Flamanville à Rennes. Depuis lors, les vaches ont une production inférieure à celle des voisins et un lait de moindre qualité.

RTE a réalisé divers travaux électriques dans la ferme pour tenter de régler le problème. Et indemnise aussi la perte de production. Mais les difficultés persistent. Comme plusieurs agriculteurs dans le même cas, MM. Cheruel et Vauprés, excédés, ont décidé de déposer une plainte contre RTE. "Toutes les mesures prises ne changent rien", dit M. Charuel en montrant les résultats des analyses de son lait en laboratoire.

Depuis l'origine, la nouvelle ligne de RTE a suscité protestations et recours juridiques. Ils ont toujours échoué. Vingt communes ont pris des arrêtés interdisant les travaux. Annulés. Pierre Méhaignerie, député (UMP) et maire de Vitré, a déposé en mai un recours contre RTE. Recalé. Dernier espoir : le recours d'un collectif d'élus contre la déclaration d'utilité publique. Mais le Conseil d'Etat, saisi en 2010, a reporté sa décision à 2013, après la fin de la construction de la ligne.

DÉBOULONNAGES DE PYLÔNES

En 2009, l'enquête d'utilité publique avait rendu un avis favorable, sous réserve d'une étude épidémiologique et d'un enfouissement au moins partiel. Ces recommandations n'ont pas été suivies – c'est le motif du recours devant le Conseil d'Etat.

Du côté de RTE, on souligne l'effort de concertation : 4 000 réunions ont été menées. 160 kilomètres de lignes à moyenne tension (20 kilovolts) vont être enfouis. Des conventions sont signées avec la profession agricole. Les maisons près de la ligne sont rachetées. Au total, près de 100 millions d'euros sont dépensés en "mesures d'accompagnement", alors que la réalisation de la ligne coûte 250 millions d'euros.

Quant à l'enquête épidémiologique, explique Jean-Michel Ehlinger, directeur d'aménagement du projet, "c'est à l'Etat d'en décider". "On s'est engagé à un suivi médical de la population qui le souhaite."

Pour autant la résistance continue. Plusieurs déboulonnages de pylônes – sans conséquence, selon RTE – ont eu lieu depuis plusieurs mois. Un bois promis au défrichage pour le passage de la ligne est occupé depuis mars au Chefresne (Manche).

TIRS TENDUS DE GRENADES CONTRE LES MANIFESTANTS

Plates-formes dans les arbres, tentes et banderoles, réunions fréquentes, font de ce camp l'épicentre de la résistance. Le bois appartient au maire, Jean-Claude Bossard, qui a pris un arrêté municipal en 2008 – toujours en vigueur – contre le projet. Cela n'a pas empêché RTE de lancer les travaux en juin sous escorte policière. Le maire, placé en garde à vue pendant douze heures, a démissionné ainsi que son conseil municipal.

Le 25 juin, un rassemblement à Montabot (Manche) a été violemment réprimé par les forces de l'ordre : 25 blessés dont 3 graves. Selon le témoignage d'un médecin lors d'une audience en justice début août, les gendarmes auraient repoussé les manifestants par des tirs tendus de grenades. Selon le mémoire communiqué à la justice par le préfet de la Manche, Adolphe Colrat, il s'agissait de "militants de la mouvance anarchiste et écologiste radicale". Le mouvement antinucléaire est venu renforcer une opposition ancrée depuis des années et fatiguée par le "rouleau compresseur" de RTE.

"On se bat pour défendre notre mode de vie, dit Camille (prénom d'emprunt), un étudiant de Rennes. On défend notre peau, notre avenir." Mais, pour Jean-Michel Ehlinger, "l'intérêt général doit prévaloir sur l'intérêt particulier". Un argument qui ne convainc pas Dominique Vauprés et beaucoup d'autres agriculteurs : "On n'a pas à être sacrifiés à l'utilité publique. Pour RTE, le problème sera résolu si on disparaît."

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30/07/2012

Etats-Unis : un rapport sur le gaz de schiste critiqué pour conflit d'intérêts

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/07/26/etats-unis-un-rapport-sur-le-gaz-de-schiste-critique-pour-conflit-d-interets_1738429_3244.html

Etats-Unis : un rapport sur le gaz de schiste critiqué pour conflit d'intérêts

 

LE MONDE | 26.07.2012 à 11h06 • Mis à jour le 26.07.2012 à 11h07

Rendu public en février à Vancouver (Canada) au cours du congrès annuel de l'American Association for the Advancement of Science (AAAS), le rapport était crédité comme faisant la part des choses, entre les faits et les fantasmes relatifs au gaz de schiste. Réalisé par des chercheurs de l'université du Texas à Austin (Etats-Unis), le document de plus de 400 pages avait été présenté comme dédouanant ces hydrocarbures non conventionnels des maux qui leur sont reprochés en matière d'environnement et de santé.

Quitte à s'arranger un peu avec la réalité ? La question est prise au sérieux par l'université texane qui a diffusé à la presse, mardi 24 juillet, un communiqué annonçant la constitution d'un panel extérieur "pour passer en revue le rapport de l'Energy Institute sur les effets de la fracturation hydraulique". La veille, une organisation non gouvernementale (ONG), le Public Accountability Initiative (PAI), avait publié une analyse critique du rapport en question, dévoilant en outre un conflit d'intérêts de taille. Le géologue Charles Groat, directeur adjoint de l'Energy Institute et premier auteur du rapport, est en effet aussi membre du conseil de direction et actionnaire de PXP, une société de forage spécialisée dans le gaz de roche.

Ce lien d'intérêt n'avait pas été mentionné dans le rapport. M. Groat n'y était présenté que par ses fonctions universitaires et son poste précédent de directeur de l'US Geological Survey (USGS). Selon PAI, qui se fonde sur des documents publics, M. Groat a touché au cours de ces cinq dernières années environ 1,5 million de dollars (1,23 million d'euros) de PXP, directement ou sous formed'actions. Soit plus que le double de son salaire de professeur d'université.

CHIFFRES ERRONÉS OU OBSOLÈTES

Interrogé par la presse locale, M. Groat a assuré que ses liens avec l'industrie"n'ont pas pesé sur les conclusions de l'étude" puisque son rôle s'était cantonné à la coordination de contributions d'autres auteurs. Pour PAI, le résultat est un rapport bâclé. Plus de 50 sources citées sont improprement référencées. Des chiffres – comme l'estimation des réserves américaines – sont erronés ou obsolètes et la tonalité générale est plutôt favorable aux intérêts industriels.

Le communiqué de presse annonçant ce rapport, intitulé "Une nouvelle étude ne montre aucune preuve de contamination des eaux souterraines par la fracturation hydraulique", repose, selon l'ONG, sur "un langage trompeur et sélectif""Le fait mis en avant dans le communiqué – que la pollution d'aquifères n'a pas été liée à la fracturation hydraulique elle-même – repose sur un tour de passe-passe sémantique, ajoute PAI. L'affirmation ignore plusieurs cas de contaminations provoqués par des aspects de l'extraction distincts de la fracturation de la roche. Le rapport lui-même soulève plus d'une vingtaine de problèmes environnementaux liés à l'extraction du gaz de schiste, largement absents du communiqué de presse."

En outre, le rapport était présenté à la presse comme "indépendant de l'industrie de l'énergie" et "revu par les pairs", ce qu'il n'était pas. PAI note enfin que 13 des 16 membres du conseil scientifique de l'Energy Institute de l'université texane ont des "liens forts" avec le secteur des hydrocarbures. L'université elle-même recevant d'importants subsides de pétroliers comme ConocoPhillips.

Stéphane Foucart

23/07/2012

Vers d'autres désastres créés par l'homme ?

lu sur :

http://www.lepoint.fr/monde/fukushima-un-nouveau-rapport-officiel-fustige-l-aveuglement-des-autorites-23-07-2012-1488254_24.php?xtor=EPR-6-[Newsletter-Quotidienne]-20120723

Fukushima : ce nouveau rapport accablant

Ce document qui met en cause les autorités a été publié alors que le pays s'interroge sur l'avenir d'une potentielle filière nucléaire.

Le Point.fr - Publié le 23/07/2012 à 10:49 - Modifié le 23/07/2012 à 12:04

Un nouveau rapport officiel a sévèrement mis en cause le gouvernement japonais et la compagnie Tepco dans l'accident de Fukushima, fustigeant leur aveuglement face aux risques et leurs erreurs dans la gestion de la catastrophe. Commandé par le gouvernement lui-même à un comité comprenant des ingénieurs, des chercheurs, des juristes et des journalistes, ce rapport accablant de 450 pages a été publié au moment où le pays s'interroge sur l'avenir d'une filière nucléaire qui suscite de plus en plus d'hostilité dans la population.

"Le problème principal provient du fait que les compagnies d'électricité, dont Tepco, et le gouvernement n'ont pas perçu la réalité du danger, car ils croyaient au mythe de la sécurité nucléaire au nom duquel un accident grave ne peut se produire dans notre pays", ont souligné les membres de la commission d'enquête. Ils ont rendu lundi leurs conclusions à l'issue d'entretiens avec 772 personnes impliquées avant ou pendant l'accident, dont le Premier ministre Naoto Kan, en fonction lors de la catastrophe qui a commencé le 11 mars 2011 à la centrale Fukushima-Daichi (nord-est du Japon).

Tout danger ne peut être écarté

Non seulement les autorités et Tepco n'ont pas pris de mesures suffisantes pour empêcher cet accident nucléaire, après un séisme de magnitude 9 et un tsunami géant qui a submergé les installations, mais leur gestion de la catastrophe a laissé à désirer, d'après le rapport gouvernemental. Celui-ci a pointé chez Tepco "une gestion de crise déficiente, une structure organisationnelle peu adaptée aux situations d'urgence et une formation insuffisante du personnel en cas d'accident grave". Les experts ont espéré que la compagnie "réformerait en profondeur ses systèmes de formation afin d'améliorer la capacité de son personnel à lutter contre l'accident", toujours en cours.

Seize mois après le début du désastre, les émissions radioactives sont infiniment plus faibles qu'à la mi-mars 2011 et des systèmes de refroidissement en circuit fermé ont pu être remis en place sur les réacteurs. Mais tout danger ne peut-être complètement écarté, les installations restant fragiles après les explosions qui ont frappé les bâtiments au début de la crise. De fréquents tremblements de terre continuent de secouer la région de Fukushima.

Le rapport accuse en outre Tepco de traîner les pieds "pour identifier les causes de l'accident", ce qui empêche l'industrie nucléaire nippone d'en tirer les conclusions adéquates. Tepco continue de prétendre que la puissance du séisme et l'ampleur du tsunami dans le nord-est avaient dépassé toutes les prévisions et n'avaient donc pu être envisagées. Le rapport critique par ailleurs les interventions directes de l'ancien Premier ministre Naoto Kan dans la gestion opérationnelle de l'accident. "Son intervention directe a fait plus de mal que de bien, car cela a pu entretenir la confusion, empêcher de prendre des décisions importantes et entraîner des jugements erronés", souligne-t-il.

"Un désastre créé par l'homme" (rapport)

Un autre rapport officiel, commandé par le Parlement et publié le 5 juillet, avait déjà fustigé l'attitude des autorités, jugeant que la catastrophe avait été "un désastre créé par l'homme", et non pas simplement provoqué par le séisme et le tsunami.

L'accident de Fukushima, le pire du secteur depuis celui de Tchernobyl (Ukraine) en 1986, a provoqué d'importantes émissions radioactives dans l'air, les eaux et les sols de la région de la centrale, située à 220 km au nord-est de Tokyo. Une centaine de milliers de personnes ont dû évacuer leur domicile. La quasi-totalité des 50 réacteurs du Japon sont actuellement à l'arrêt, soit à cause d'un séisme passé, soit en raison de nouvelles exigences de sécurité qui nécessitent des travaux de consolidation des centrales.

Seuls deux réacteurs ont été redémarrés dans la centrale d'Oi (dans le centre du pays), en juillet, grâce au feu vert donné par l'actuel Premier ministre, Yoshihiko Noda, et malgré l'hostilité d'une frange de la population. Fait exceptionnel au Japon, des manifestations drainant des dizaines de milliers de personnes ont été organisées ces dernières semaines à Tokyo contre l'énergie nucléaire.

13/07/2012

Arnaud Montebourg et les gaz de schiste

communiqué :


Bonjour à tous,
 
Suite à la récente sortie d'Arnaud Montebourg sur la possible réouverture du dossier gaz de schiste en France (voir l'article du Monde ci-dessous), voici un communiqué de presse des Amis de la Terre et d'Attac.


                                           

Quand Arnaud Montebourg déterre les gaz de schiste !

Montreuil, le 13 juillet 2012 - A l'occasion d'une réunion de la Conférence nationale de l'industrie, le 11 juillet 2012, Arnaud Montebourg, ministre en charge du redressement productif s'est dit prêt à relancer le débat autour de l'exploitation des gaz et huiles de schiste. Objectif : favoriser l'indépendance énergétique de la France par l'exploitation de son sous-sol. Pour le seul bénéfice des industriels !

« L'indépendance énergétique ne doit se faire au prix de catastrophes environnementales ». Cette phrase pleine de bon sens est issue des promesses de campagnes d'Arnaud Montebourg au début de l'année 2011, lors de la campagne pour la primaire du Parti Socialiste [1].

Consternante réalité de constater quelques mois plus tard qu'Arnaud Montebourg, devenu entre temps ministre du redressement productif, accepterait de rouvrir le dossier des gaz et huiles de schiste en France. Pourtant, les preuves des impacts environnementaux et sociaux plus que catastrophiques de l'exploitation des gaz et huiles de schiste ne manquent pas [2]. Une récente étude de chercheurs de l'université de Duke en Pennsylvanie conclut qu'il existe un lien entre les dépôts de gaz de schiste à 1600m de profondeur et les nappes phréatiques [3]. Associations environnementales et collectifs citoyens ne cessent depuis près de deux ans de faire preuve de leur ferme opposition à ces projets.

Pour Romain Porcheron, chargé de mission aux Amis de la Terre France : « La souveraineté énergétique via le développement massif des gaz et huiles de schiste est une chimère dangereuse et une aberration de haut vol. Ouvrir la porte à leur exploitation serait synonyme de pollution à très long terme des ressources en eau et des sols, et surtout à une accélération massive du rythme du réchauffement climatique mondial  ».

Rappelons en effet que pour rester en deçà de 2°C de réchauffement global des températures d'ici la fin du siècle, nous ne pouvons nous permettre d'exploiter qu'un quart des réserves mondiales prouvées d'hydrocarbures fossiles.

Le 13 juillet 2011, une proposition de loi signée notamment par François Hollande, Jean-Marc Ayrault, Arnaud Montebourg et Delphine Batho, proposait pourtant une interdiction ferme et définitive de toute exploration et exploitation de gaz et huiles de schiste ainsi que de tout forage offshore en eaux profondes [4]. Ou quand les engagements de députés de l'opposition partent en fumée une fois les portes du gouvernement franchies...

Les quelques emplois très temporairement créés pour exploiter les gaz et huiles de schiste ne compenseront jamais la perte de milliers d'emplois liés à l'agriculture et au tourisme qui nécessitent de préserver la qualité des territoires. Surtout, une politique énergétique volontariste orientée vers le développement massif d'énergies renouvelables serait à n'en pas douter une orientation bien plus pérenne sur les plans économiques et environnementaux [5].

Pour Jacqueline Balvet, membre du Conseil d'administration d'Attac France: « Une véritable responsabilité politique serait de s'atteler à une transition énergétique allant vers une moindre consommation d'énergie, en développant les énergies renouvelables, réduisant drastiquement les énergies fossiles et supprimant le nucléaire  ».

Après le récent débarquement de Nicole Bricq, éphémère ministre de l'environnement, pour ses positions encourageantes contre les permis offshore au large de la Guyane, ce nouveau pied-de-nez est plus qu'inquiétant. Courage politique et respect des engagements ne semblent pas être les principales préoccupations des membres actuels du gouvernement, au plus grand dommage de la protection de l'environnement.

GAZ ET HUILES DE SCHISTE : NI ICI, NI AILLEURS ! NI AUJOURD'HUI, NI DEMAIN !

Contacts :

-                   Romain Porcheron - Les Amis de la Terre France             01 48 51 18 90       -             06 63 43 96 57      

-                   Jacqueline Balvet - Attac France -             04 66 52 88 77       -             06 70 21 22 45      

[1] http://www.arnaudmontebourg2012.fr/content/le-gaz-de-schiste-une-fausse-bonne-idee

[2] http://www.amisdelaterre.org/IMG/pdf/document_de_positionnement_sur_les_gaz_de_schiste.pdf

[3] http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/07/09/la-fracturation-hydraulique-poserait-un-risque-pour-les-sources-d-eau_1731413_3244.html

[4] http://www.assemblee-nationale.fr/13/pdf/propositions/pion3690.pdf

[5] Voir notamment l'étude du Comité de Liaison Energies Renouvelables :  http://www.cler.org/info/IMG/pdf/Recensement_etudes_perspectives_d_emploi.pdf

 

 

 


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Arnaud Montebourg tente de théoriser le "redressement productif"

LE MONDE | 11.07.2012 à 15h46

Par Cédric Pietralunga

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Arnaud Montebourg, le 2 juillet à Bercy (Paris).

Après la chirurgie, place à la thérapie. Obligé de jouer le pompier de service auprès des entreprises en difficulté, Arnaud Montebourg devait présenter, mercredi 11 juillet, lors de la Conférence nationale de l'industrie, les grandes lignes de son plan de "redressement productif". "Sauver des usines fait partie de mon travail, mais ma priorité reste la reconquête industrielle de la France, explique M.Montebourg. N'oubliez pas que je suis le seul ministre à avoir une obligation de résultat dans l'intitulé de son poste."

Il y a urgence : selon l'Institut national de la statistique (Insee), la production industrielle a encore reculé de 1,9 % en France en mai (elle a progressé de 1,6 % en Allemagne). Pis, le rythme des faillites ne faiblit pas : 13 722 procédures de redressement, de liquidation ou de sauvegarde ont été prononcées par les tribunaux au deuxième trimestre, a calculé le cabinet Altares. M.Montebourg a réclamé que des fonds spéciaux lui soient débloqués pour faire face aux situations les plus difficiles. Un chiffre entre 200 à 300 millions d'euros a été évoqué, mais ne serait pas acté.

Pour redresser la situation, le ministre entend mettre d'abord l'accent sur la compétitivité des entreprises françaises. Lui aussi plaide pour que le financement de la protection sociale ne repose plus uniquement sur le travail. "C'est un débat que nous ne pouvons plus éluder", estime-t-il.

Le bouillant élu refuse pour l'instant d'évoquer un transfert de charges vers la CSG. "Ce sera à Louis Gallois et à sa mission sur la compétitivité, dont la création a été poussée par Montebourg, de faire des propositions", explique-t-on à Bercy.

RÉFORME DU CODE MINIER

Autre élément de la compétitivité auquel veut s'attaquer le ministre : le coût de l'énergie et des matières premières. "Tout doit être fait pour reconquérir notre souveraineté énergétique", explique-t-il.

Pas question, donc, de remettre en cause la filière nucléaire. En revanche, M.Montebourg entend réformer dès cet automne le code minier, en accord avec Delphine Batho, la ministre de l'écologie. Objectif : faciliter l'exploration du sous-sol, avec des garde-fous pour que les pétroliers ne s'approprient pas tous les bénéfices des nouveaux champs, comme en Guyane. Pour M. Montebourg, la question de l'exploitation des gaz de schiste doit également être posée.

Au programme du ministre du redressement productif, on trouve aussi la création d'un "livret d'épargne industrie ", afin d'améliorer le financement des entreprises et notamment des PME. Doté d'un plafond de 12 000 euros, il devrait remplacer le livret de développement durable.

Dans cette optique, M. Montebourg aimerait que la "banque publique d'investissement " voie le jour avant la fin de l'année avec un périmètre élargi. Il propose de lui confier, en plus du financement des entreprises, l'aide à l'exportation, quitte à fusionner les outils que sont la Coface, Ubifrance et la partie export d'Oseo.

Côté innovation, il veut s'inspirer des Fraunhofer allemands pour créer des plates-formes en région chargées de diffuser la recherche & développement aux PME. De même, il voudrait dupliquer en France le programme américain du Small Business Innovation Research (SBIR), qui oblige l'Etat à réserver une partie de ses dépenses de recherche aux laboratoires et start-up de petite taille.

"Un crédit impôt recherche [CIR] consacré au développement et non plus seulement à la recherche fondamentale est également à l'étude", révèle Vincent Moulin Wright, directeur général du Groupe des fédérations industrielles (GFI). Actuellement exclu du CIR, le prototypage pourrait ainsi donner droit à des aides fiscales.

Enfin, M. Montebourg aimerait doper le label "Made in France". "Les Français sont prêts à payer un peu plus cher pour des produits tricolores", assure-t-il. Pour rapatrier les centres d'appels téléphoniques, il propose d'ajouter une ligne de quelques dizaines de centimes d'euros à la facture de chaque abonné.

Cédric Pietralunga