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29/09/2014

Boycott, Désinvestissement, Sanctions (BDS) et VEOLIA

lu sur Politis

Par Denis Sieffert - 29 septembre 2014

Victoire BDS au Koweït contre Veolia

La campagne Boycott, Désinvestissement, Sanctions (BDS) engagée contre la politique israélienne de colonisation vient de remporter l’une de ses victoires les plus significatives.

La municipalité de Koweit City vient en effet d’exclure la compagnie française Veolia d’un gros contrat de gestion de déchets solides, à hauteur de 750 M$. Cela en citant explicitement l’appel de BDS. Basant sa décision sur la complicité de Veolia avec les projets israéliens qui violent le droit international, la municipalité a décidé aussi d’exclure Veolia de « tous les contrats futurs ».

Veolia a également été contraint de se retirer d’une offre pour un projet d’expansion de la station de traitement d’eaux usées « Um al-Haiman ». Le projet est évalué à près d’1,5 milliard de dollars.

Selon les responsables de BDS, Veolia avait déjà dû, auparavant, se retirer d’offres pour environ 24 milliards de dollars, principalement au Royaume Uni, en Suède, en Irlande et aux États-Unis.

La direction de la multinationale a reconnu que la campagne BDS avait un impact majeur et a annoncé récemment qu’elle souhaitait céder ses affaires israéliennes dans l’eau, les déchets et l’énergie, ayant déjà vendu ses participations dans les compagnies qui opèrent des lignes de bus dans les colonies israéliennes illégales.

Le collectif BDS indique que « la campagne contre Veolia continuera jusqu’à ce qu’il renonce à toute forme de participation aux violations israéliennes du droit international, y compris par son retrait du tramway de Jérusalem et de la décharge de Tovlan, deux projets d’infrastructure pour les colonies israéliennes illégales ».

30/01/2011

Europe : une dérogation détournée au profit des pesticides

 

lu sur :

http://www.univers-nature.com/inf/inf_actualite1.cgi?id=4550

28/01/2011

 

Dans un rapport publié le 26 janvier, les associations PAN Europe et Générations Futures ont mis en évidence le recours récurrent par un nombre croissant d’Etats membres de l’Union européenne à une clause réglementaire permettant de contourner la législation européenne des pesticides. En effet, inclus à la Directive européenne sur les pesticides ( Directive 91/414 ), l’article 8.4 prévoit la possibilité d’une dérogation pour l’utilisation d’un pesticide non autorisé pendant 120 jours en cas de « danger imprévisible qui ne peut être maîtrisé par d'autres moyens. ». Selon la procédure décrite, cet usage doit néanmoins être « limité et contrôlé ». 

Au cours des 4 dernières années, PAN Europe a étudié l’utilisation de cette dérogation par les Etats membres, constatant une montée en puissance des dérogations délivrées. En effet, le nombre de dérogations de ce type, accordées dans l’UE, est passé de 59 en 2007 à 321 en 2010, soit une augmentation de 500 %. Parallèlement, le nombre d’Etats membres accordant de telles dérogations est passé de 15 en 2007 à 24 en 2010. Dans cette logique du toujours plus, le nombre de matières actives faisant l’objet de dérogations a suivi la même courbe ascendante, 152 matières actives étant actuellement concernées.

Palmarès peu reluisant, la France est présentée comme « « le champion européen de ces moyens détournés d’obtenir l’autorisation d’utilisation de pesticides, passant de 0 dérogations en 2007 à 74 en 2010 ». Elle est notamment suivie de la Grèce (54 en 2010), du Portugal (31), de l’Allemagne (24) et de Chypre (18). S’il arrive que ces dérogations s’appliquent à des pesticides peu toxiques, à l’instar des produits agréés AB, il s’agit dans la plupart des cas de pesticides de synthèse nocifs. Sont ainsi concernés des fumigants (1) dangereux comme le 1,3-Dichloropropene et le Metam-sodium, d’anciens composés organochlorés tel l’endosulfan ou des neurotoxiques comme le Glyphosat.

Pour les associations, le fait que bon nombre d’Etat membres, qui ne connaissaient pas de situation de « danger imprévisible » en 2007 (Chypre, France, Italie, Roumanie), déclarent aujourd’hui de telles listes de « danger imprévisible qui ne peut être maîtrisé par d'autres moyens » est très suspect. Le doute est d’autant plus fort que les motifs de ces dérogations sont souvent peu crédibles. Exemple parlant, la dérogation pour le glyphosate semble peu légitime alors que des alternatives, telles que le désherbage mécanique, sont disponibles.
Renforçant l’hypothèse selon laquelle ces dérogations de 120 jours sont une ruse pour contourner la voie normale d’homologation des pesticides, la procédure suivie est très opaque. De fait, les Etats membres ne publient aucune notification relative à la nature du « danger imprévisible », ni aucune précision quant aux contrôles d’une « utilisation limitée ». L’obligation d’absence d’alternatives prévu par l’article source ne semble guère plus respectée, comme le révèle la disponibilité de très nombreuses alternatives chimiques ou
techniques. Le public ne dispose pas non plus d’informations sur l’évaluation par les Etats membres des risques pour le consommateur, obligation pourtant prévue par la Commission.
Interprétant ce manque de transparence comme un signe propre aux malversations, les associations réclament la tenue de réunions ouvertes lors des négociations préalables à la dérogation, ainsi que la publication des documents présentés lors de celles-ci. Elles recommandent également de vérifier toutes les dérogations accordées en 2010 au regard du respect des réglementations en vigueur.

Cécile Cassier

1- La fumigation est « une opération consistant à introduire un gaz ou une substance donnant naissance à un gaz dans l’atmosphère d’une enceinte ou dans le sol » (DRAAF Auvergne).

 

11/12/2010

Kokopelli contre Graines Baumaux

 

Affaire Association Kokopelli / Graines Baumaux

L'affaire Association KOKOPELLI contre société GRAINES BAUMAUX sera appelée à l'audience de la Cour d'Appel de Nancy le lundi 13 décembre à 9h30.

Pour les sympathisants et journalistes qui souhaiteraient être présents, l'adresse de la Cour est la suivante : 3 rue Suzanne Regnault Gousset, dans le centre ville de Nancy, entre la Place Stanislas et la Pépinière.

Lors de cette audience, l'association KOKOPELLI demandera la saisine de la Cour de Justice de l'Union Européenne, pour l'examen de la conformité de la législation sur les semences potagères au regard des objectifs de sauvegarde de la Biodiversité et des principes fondamentaux de l'Union Européenne.

Pour mémoire, le procès en concurrence déloyale intenté par Graines Baumaux à l'encontre de l'Association Kokopelli remonte à Décembre 2005.

Blanche MAGARINOS-REY Avocate de Kokopelli - contact@avocat-magarinos-rey.com

Kokopelli (association) - Wikipédia

Association Kokopelli

 

 

03/10/2010

... et pour vivre mieux ...

lu sur :

http://www.univers-nature.com/inf/inf_actualite1.cgi?id=4404

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30/9/2010

L’horticulture urbaine pour relever les défis de l’explosion urbaine

Selon la FAO (1), d’ici 2025, plus de la moitié de la population du monde en développement, estimée à 3,5 milliards d’habitants, vivra dans les villes. Parallèlement, le pourcentage de population urbaine vivant dans la pauvreté pourrait culminer jusqu’à 45 % à l’horizon 2020, représentant 1,4 milliard d’êtres humains. Se concentreront alors dans les villes et les mégapoles pas moins de 85 % des pauvres d’Amérique latine et près de la moitié de ceux d’Afrique et d’Asie.

Pour conjurer ces « villes tentaculaires », concentrant des franges vulnérables de la population (jeunes, sans emploi…), les décideurs et les urbanistes des pays peu développés s’orientent vers le concept de « ville verte ». En effet, le schéma urbain actuel voit les terres arables disparaître de la ville au profit des logements, de l’industrie et autres infrastructures. Les cultures maraîchères s’éloignant de plus en plus de la ville, les coûts excédentaires de transport et de conditionnement se répercutent alors sur les fruits et légumes qui en deviennent d’autant moins accessibles aux consommateurs urbains. Afin d’enrayer ce déséquilibre croissant, la réintroduction de l’horticulture urbaine et périurbaine, base de la ville verte, pourrait garantir aux populations citadines un accès à une alimentation sûre et de meilleure qualité nutritive. De fait, l’horticulture urbaine offre une alternative à la pauvreté en raison de ses faibles frais de démarrage, ses cycles de production courts et ses rendements élevés par rapport au temps de travail, à la superficie et aux besoins d’arrosage exigés.

Si des efforts seront nécessaires pour orchestrer la réappropriation par l’organisation urbaine des pratiques horticoles, les bases sont déjà posées dans certaines régions. Ainsi, d’après la FAO, 130 millions de citadins en Afrique et 230 millions en Amérique latine pratiquent l'agriculture, et plus particulièrement l'horticulture, soit pour nourrir leurs familles, soit pour s’assurer des revenus sur la vente de leurs produits. Conscients de ce potentiel, au cours des dix dernières années, les gouvernements de vingt pays ont fait appel à la FAO afin que celle-ci leur fournisse des intrants et une formation à destination des jardiniers urbains à faible revenu. Des outils, des semences et une formation ont également été mis à disposition de plus de 30 pays en vue de la création de milliers de potagers scolaires, destinés à contrer la malnutrition infantile.
Tant dans les mégapoles en plein essor d'Afrique de l'Ouest et centrale que dans les bidonvilles de Managua, de Caracas et de Bogotá, on promeut la culture maraîchère commerciale irriguée en périphérie des villes, de même que la création de micro-potagers en culture hors sol (sable, laine de roche…).

Certains freins restent à lever, dont la question de la propriété terrienne. En République démocratique du Congo, la régularisation des titres de propriété de jardins cultivés occupant 1 600 hectares permet désormais à 20 000 cultivateurs de travailler à plein temps dans cinq villes. Au cours de ce projet, 40 structures d'irrigation ont été installées ou réhabilitées, améliorant ainsi la disponibilité en eau tout au long de l'année.
La République démocratique du Congo compte aujourd’hui 450 associations de cultivateurs, formées aux bonnes pratiques agricoles, et notamment à l'utilisation d'engrais biologiques et de bio-pesticides. Sa capitale, Kinshasa, produit de 75 000 à 85 000 tonnes de légumes par an grâce à ces jardins maraîchers, cette production couvrant 65 % des besoins de la ville.

Cécile Cassier

1- Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture.

26/08/2010

Vedanta perd la première manche

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2010/08/25/l-inde-renonce-a-un-projet-de-mine-de-bauxite-menacant-la-montagne-sacree-de-la-tribu-des-dongria-kondh_1402490_3244.html

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L'Inde renonce à un projet de mine de bauxite menaçant la montagne sacrée de la tribu des Dongria Kondh

 

Les défenseurs de l'environnement et des populations tribales viennent de remporter leur première grande bataille contre les conglomérats miniers : mardi 24 août, Jairam Ramesh, le ministre indien de l'environnement et des forêts, a refusé au géant britannique Vedanta, contrôlé par le milliardaire indien Anil Agarwal, l'ouverture d'une mine de bauxite dans l'Etat de l'Orissa.

Le ministre a justifié sa décision par de "très sérieuses violations" des droits des populations locales et de la loi de protection des forêts. Début août, le Comité indien sur les forêts (FAC) s'est prononcé contre le projet. Selon cet organisme gouvernemental, la création d'une mine à ciel ouvert aurait eu de graves conséquences sur l'environnement, "altérant drastiquement" l'écosystème et l'approvisionnement en eau de la région, et menaçant la survie des populations locales, obligées de se déplacer. Les 8 000 membres de la tribu des Dongria Kondh vénèrent la montagne Niyamgiri, où la mine devait être exploitée, car ils considèrent qu'elle abrite leur dieu Niyam Raja.

N. C. Saxena, le directeur du FAC, a regretté qu'une première autorisation ait été délivrée en 2005, en violation des lois indiennes de protection des forêts, et dénoncé la "forte collusion" entre le gouvernement de l'Etat de l'Orissa et Vedanta. Aussitôt après l'annonce ministérielle, le groupe industriel, qui a déjà investi 4,3 milliards d'euros dans la région, a annoncé être à la recherche d'un autre site d'extraction de bauxite pour alimenter son usine d'aluminium, construite en 2008 à proximité de la montagne Niyamgiri. Dans cette région riche en minerais, de nombreux projets attendent le feu vert du gouvernement, comme la construction d'une usine sidérurgique par le groupe sud-coréen Posco, moyennant 9,5 milliards d'euros d'investissement. En tout, plus de cent projets miniers ont été annulés ou retardés par le ministre de l'environnement et des forêts.

"RÉGLEMENTATION CLAIRE"

L'Inde est prise en tenaille entre sa croissance économique, qui exige une augmentation de la production de minerais, et la lutte contre le changement climatique, qui implique la préservation de ses forêts. Le ministère de l'environnement a déjà identifié plusieurs zones forestières à protéger, sanctuarisant ainsi le quart des réserves minérales du pays.

Le gouvernement cherche également à ménager les droits des populations locales pour empêcher la progression de la guérilla naxalite, qui a déjà fait 800 morts depuis le début de l'année et se nourrit du mécontentement des paysans et des tribus expropriés par de grands projets industriels.

"Pour continuer à exploiter nos ressources naturelles, nous avons besoin d'une réglementation claire", écrivait, mercredi, le quotidien Indian Express. Or la loi de régulation des exploitations minières, vieille d'un demi-siècle, est obsolète.

Le gouvernement en prépare une nouvelle, qui prévoirait d'accorder aux populations locales une participation de 26 % dans les projets miniers envisagés sur leurs terres. Un niveau jugé trop élevé par les industriels.

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sur le même sujet :

lu sur :

http://www.univers-nature.com/inf/inf_actualite1.cgi?id=4350

24/8/2010

Vedanta contrainte de s’incliner devant une tribu indigène

Contre toute attente, le ministre indien de l’environnement, Jairam Ramesh, a pris position en faveur de la tribu indienne des Dongria Kondh, dans le conflit qui l’opposait à l’influente compagnie minière Vedanta Resources. Cette dernière entendait, en effet, investir les collines de Niyamgiri, dans l’Etat d’Orissa (Inde), territoire sacré des Dongria Kondh, afin d’y implanter un colossal projet d’exploitation de bauxite (1). Dénonçant un « choquant » et « flagrant mépris pour les droits des groupes tribaux » d’après les propos rapportés par l’organisation Survival International, Mr Ramesh a décidé de geler le projet minier, procédant à la mise en place d’une commission d’enquête. Celle-ci devrait notamment faire la lumière sur la légalité de la raffinerie déjà construite au pied des collines par Vedanta, laquelle porterait à caution selon le ministre.

Depuis plusieurs années, l’annonce de ce projet s’attire les foudres de nombreux réfractaires tels que les gouvernements norvégien et britannique, diverses organisations internationales ainsi que l’imposant groupe des assurances Aviva. Saluant la victoire d’une tribu de 8 000 personnes, majoritairement analphabètes, contre une compagnie pesant 8 milliards de dollars, Jo Woodman, chargée de campagne à Survival International, a déclaré : « La campagne Dongria était devenue un test décisif pour savoir si une petite tribu marginalisée pouvait résister à une énorme compagnie multinationale avec une armée de lobbyistes, des cabinets de relations publiques et l’appui du gouvernement ». Pour elle, cette victoire mérite repose principalement sur « le courage et la ténacité des Dongria, alliés au soutien de nombreuses personnes en Inde », ainsi que sur les actions de longue haleine conduites par les organisations internationales de défense des droits de l’homme.

Cécile Cassier

1- Minerai à partir duquel est fabriqué l’aluminium.

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voir aussi sur ce blog :

3/8/2010 : Le scénario du film AVATAR...

12/2/2010 : Le scénario du film...

03/08/2010

Le scénario du film AVATAR pour de vrai (2)

Lu sur :

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/8e348acc-9e75-11df-848d-6a68c400dea8|0
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Inde mardi3 août 2010
Une tribu résiste contre une mine sacrilège
Pierre Prakash envoyé spécial à Lanjigarh

Les Dongria Kondh, dans l’ouest de l’Etat de l’Orissa, luttent pour empêcher un géant minier de forer leur colline sacrée et d’y extraire de la bauxite. Le film «Avatar» devenu réalité, disent les ONG.

Ils sont une petite centaine, assis à l’ombre d’un manguier, en pleine forêt, à trois heures de marche de la première route. Torse nu ou vêtus de chemises usées, cheveux longs pour la plupart, certains portent leur hache sur l’épaule. Un peu à l’écart, quelques femmes cueillent de grosses feuilles, qui serviront d’assiette à l’assemblée pour le déjeuner qu’elles préparent sur un feu de bois.

Avertissement

Malgré la chaleur qui règne sur ces collines perdues de l’ouest de l’Etat de l’Orissa, les Dongria Kondh ont marché de tous les villages alentour pour venir assister au «meeting». Un énième rendez-vous de jungle organisé par une poignée de militants qui tente d’organiser cette communauté quasi coupée du monde face au danger qui les menace: une mine de bauxite, que la multinationale Vedanta Resources veut creuser au sommet de leur colline. Le pire sacrilège qu’ils puissent imaginer, puisque c’est le territoire de Nyam Raja, le dieu tout-puissant de cette tribu de 8000 âmes.

«Si on creuse notre montagne, les sources se tariront, la forêt disparaîtra et les Dongria Kondh mourront, martèle le vieux Dodhi, un des leaders de la tribu. Nous ne laisserons jamais faire: quiconque tente de monter là-haut sera tué sur place.» Un avertissement qu’il vaut mieux ne pas prendre à la légère: à deux reprises, ces derniers mois, des membres de la tribu ont brûlé des jeeps de Vedanta venues en reconnaissance. Comme l’a fait remarquer l’ONG Survival International au réalisateur hollywoodien James Cameron, son film Avatar n’est pas qu’une fiction. L’histoire des Dongria Kondh est en effet très proche de celle des Na’vi.

Déterminée à exploiter les énormes réserves de bauxite que contiennent ces collines de Niyamgiri, Vedanta a commencé par construire, entre 2002 et 2006, une gigantesque raffinerie d’alumine au pied des collines, sans avoir obtenu la licence pour creuser la mine. Une politique du fait accompli: à l’heure où l’Inde drague les investisseurs étrangers, comment les autorités pourraient-elles s’opposer à ce projet alors que le groupe a déjà investi 1 milliard de dollars dans cette usine qui, sans la mine, ne sert à rien?

Malheureusement pour Vedanta, les choses n’ont pas été aussi simples. Si les autorités locales ont joué le jeu – en expropriant manu militari les villageois qui ne voulaient pas céder leurs terres pour l’usine –, les organisations de défense des droits de l’homme, les mouvements écologistes et les défenseurs des populations tribales sont, eux, montés au créneau. Résultat: depuis un an et demi que les opérations ont commencé, l’usine est contrainte d’acheminer la bauxite des quatre coins du pays. Dans cette région autrefois déserte, des centaines de camions sillonnent ainsi les minuscules routes pour amener la matière première qui aurait dû être extraite à quelques kilomètres. Selon un responsable qui requiert l’anonymat, le groupe perd ainsi «des centaines de milliers d’euros par jour».

«Etendre la richesse»

Tous plus accablants les uns que les autres, les rapports de différentes ONG et de la Cour suprême indienne ont poussé plusieurs investisseurs – dont le gouvernement norvégien, l’Eglise d’Angleterre et le fonds de pension néerlandais PGGM – à vendre leurs parts dans Vedanta. «C’est la loi du marché, mais je vous assure que nous n’avons aucun problème pour trouver des financements pour nos projets partout dans le monde», sourit Mukesh Kumar, directeur du site indien et porte-parole de la compagnie.

L’assemblée générale du groupe, à Londres mardi dernier, a cependant été perturbée par des manifestants – pour certains déguisés en Na’vi –, et des actionnaires ont critiqué le manque de transparence des dirigeants.

La direction s’est, elle, contentée de répondre qu’elle ne faisait qu’«étendre la richesse» dans l’une des régions les plus pauvres de l’Inde. Et le géant minier est loin de capituler, comme en témoigne l’agressive campagne de publicité menée ces derniers mois en Inde pour souligner les efforts entrepris pour le «développement» de cette région oubliée. Le groupe affirme avoir dépensé près de 17 millions d’euros depuis 2004 dans des projets d’infrastructures, de soins et d’éducation pour les populations vivant autour de l’usine. Vrai et faux, car si l’argent a bien été dépensé, les habitants affirment que leur sort ne s’est pas pour autant amélioré.

«Aux ordres de Vedanta»

Pire, selon eux, l’usine déverse des déchets toxiques qui empoisonnent les cours d’eau. Vedanta se dédouane en citant un rapport gouvernemental qui a réfuté toute contamination. Mais, comme le souligne un journaliste local, «toute l’administration locale est aux ordres de Vedanta, et une bonne partie des médias a été achetée». L’affaire est entre les mains du Ministère de l’environnement. En février, un rapport de ses services est arrivé aux mêmes conclusions que les ONG, mais cela n’engage à rien dans ce dossier où la règle semble être de ne pas faire peur aux investisseurs: malgré les trois rapports accablants du groupe d’experts qu’elle avait nommé sur ce dossier, la Cour suprême a, elle, donné son feu vert à la mine. 

lien : Carte où vivent les Dongria Kondh en Orissa

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voir aussi la note du 12/2/2010

Le scénario du film...

 

31/07/2010

La fin du moratoire français sur la culture des OGM ?

lu sur :

http://www.infogm.org/spip.php?article4525

La fin du moratoire français sur la culture des OGM ?

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par Anne Furet, Christophe Noisette et Guy Kastler, Réseau Semences Paysannes, 30 juillet 2010

 

Le 20 juillet, à la demande de plusieurs entreprises semencières [1], le ministre de l’Agriculture, Bruno Lemaire, a inscrit au catalogue français 36 variétés de maïs génétiquement modifié Mon810 et deux variétés de maïs GM T25 [2].

Ces deux maïs ont été autorisés à la culture en 1998 en Union européenne et font aujourd’hui l’objet d’une demande de renouvellement qui prolonge leur autorisation. Depuis 2008, la France a interdit la culture du Mon810 de Monsanto. L’autorisation de commercialiser ces 36 variétés ne remet donc pas en cause cette interdiction de culture, mais elle fait automatiquement accéder ces dernières au catalogue européen. Les entreprises françaises peuvent ainsi en commercialiser les semences dans les pays où le Mon810 n’est pas interdit [3].

Plus préoccupante encore est l’inscription des deux variétés de maïs T25 appartenant à deux sociétés françaises Orsem Hybrides et Maïsadour. Tolérant aux herbicides à base de glufosinate d’ammonium, l’évènement transgénique T25 de l’entreprise allemande Bayer [4] n’est pas cultivé sur le territoire européen. Interrogée par Inf’OGM, la Commission européenne précise qu’aucune variété de maïs T25 n’a été inscrite au catalogue européen. En effet, une autorisation de mise sur le marché de semences GM est subordonnée à l’inscription de variétés sur le catalogue. L’arrêté du ministre de l’Agriculture du 20 juillet pourrait donc conduire à ce que le T25 puisse être désormais cultivé sur l’ensemble du territoire européen. La France n’a pas déposé de clause de sauvegarde sur cet événement transgénique, contrairement à l’Autriche [5]... Cela marquerait donc la fin de l’interdiction des cultures commerciales des OGM en France.

Interrogé sur ce point le 29 juillet, le ministère de l’Agriculture n’a pas encore répondu à nos questions. De son côté, le semencier français Maïsadour ne nous a pas indiqué si ces variétés pourraient être commercialisées lors des prochains semis et dans quelles régions.

Il convient de rappeler que l’usage du glufosinate d’ammonium n’est pas homologué sur le maïs en France, retirant de fait tout intérêt agronomique spécifique à la culture du maïs T25 pour les agriculteurs français. Il est en revanche autorisé pour désherbage avant mise en culture, ce qui permet de douter de la capacité de l’administration à contrôler le moment exact de son éventuel usage. Par ailleurs, une éventuelle multiplication de semences de T25 destinées à l’exportation pourrait être envisagée même sans utilisation de glufosinate d’ammonium. Comme les homologations des pesticides varient d’un pays à l’autre, l’utilisation de cet herbicide total sur le maïs pourrait être autorisée dans d’autres pays de l’UE. Mais nous n’avons pas réussi à savoir dans quels pays un tel usage serait éventuellement permis.

Il demeure difficile de connaître les raisons précises de l’inscription des ces variétés au catalogue. Mais cela pourrait être à rapprocher de la volonté des semenciers de valoriser au plus vite leurs obtentions OGM dans les pays où elles peuvent être cultivées. Par ailleurs, le Mon810 et le T25 attendent le renouvellement de leur autorisation de culture au niveau européen, doit-on y voir un lien ? S’agirait-il d’un pas pour faire faire homologuer le glufosinate d’ammonium sur le maïs et autoriser à la culture d’autres OGM résistants à l’herbicide total ? On pense notamment au Bt11 et au TC1507 actuellement dans les tuyaux des institutions européennes, et tout deux tolérant au glufosinate. De nombreux éléments doivent donc être éclaircis, mais aucune culture commerciale ne devra avoir lieu, en France, sans l’information du citoyen, comme l’exige l’article 10 de la loi de 2008 sur les OGM [6].

1] Monsanto associé à Delkab et Asgrow, Pionner, KWS, mais aussi de sociétés françaises comme Limagrain ou Maïsadour associé à R 2n

[2] http://www.legifrance.gouv.fr/affic...

[3] L’Allemagne, l’Autriche, la France, la Grèce, la Hongrie, et le Luxembourg interdisent la culture du Mon810

[4] http://ec.europa.eu/food/dyna/gm_re...

[5] OGM - La Commission européenne désavouée par les Etats-membres, les moratoires sont donc maintenus

[6] Article L.663-1 du Code rural

07/05/2010

La marée noire en Floride (2)

pétrole vendredi7 mai 2010

Après deux semaines, Transocean parle

Numéro un mondial des plateformes offshore, Transocean estime à 200 millions de dollars ses coûts liés à l’explosion de la plateforme

Plus de deux semaines après l’explosion qui a coulé la plateforme Deepwater Horizon au large de la Louisiane, Transocean, l’entreprise américaine qui la gère, rompt le silence.

Le management du numéro un mondial des plateformes offshore s’est exprimé jeudi, lors d’une conférence téléphonique de présentation des résultats financiers au premier trimestre. Pour Steven Newman, patron du groupe coté depuis peu à la bourse suisse, les dépenses supplémentaires consécutives à la catastrophe pétrolière devraient atteindre 200 millions de dollars (222 millions de francs). «Ce chiffre n’est pas définitif. Il comprend des frais d’assurance, judiciaires, ainsi qu’une augmentation des primes. Nous sommes actuellement en discussion avec les assureurs pour le renouvellement des contrats», souligne le directeur de l’entreprise basée dans le canton de Zoug.

Manque de fiabilité

Concernant l’évaluation de ce montant, Steven Newman a été catégorique. Transocean est lié par un contrat à BP. «En cas de pollution, cette dernière en assume la responsabilité. En conséquence, nos frais sont limités, même si la situation continue d’évoluer», martèle le patron. Parallèlement, le chiffre d’affaires sera réduit de 130 millions de dollars suite à la catastrophe. Interrogé sur de possibles défaillances techniques, Steven Newman a estimé qu’il était trop tôt pour apporter des réponses. «Il ne sert à rien de spéculer sur les causes de l’explosion. Une enquête est en cours. Nous sommes évidemment les plus intéressés à savoir ce qui a causé la mort de neuf de nos employés», a-t-il précisé. Toutefois, l’agence Reuters rappelait jeudi que les autorités anglaises en charge de la sécurité avaient critiqué en 2005 et en 2006 la fiabilité des équipements de prévention d’explosion utilisés par Transocean.

Au-delà de la catastrophe, le groupe américain a présenté des résultats au premier trimestre en recul. Le chiffre d’affaires s’inscrit à 2,6 milliards de dollars, soit une baisse de 4,8% par rapport à la même période un an plus tôt. Quant au bénéfice du groupe fondé en 1926 en Louisiane, il a diminué de près de 30% à 926 millions, notamment en raison d’un amortissement.

Pour le futur, Transocean a réduit son carnet de commandes de 5,9% à 28,6 milliards. La fin du contrat avec BP jusqu’en 2013 concernant Deepwater Horizon constitue une perte de revenus de 590 millions.

Signe que le marché n’est pas encore rassuré: Transocean a perdu jeudi 4,5% à 79,30 francs à la bourse suisse.

 

04/05/2010

BP : recherche de profits au détriment de la sécurité ?

lu sur :

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/e6e1e102-56f3-11df-a1d4-07fb7aacbc0c|0

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marée noire mardi4 mai 2010

Attaqué de partout, BP annonce qu’il paiera les coûts de nettoyage

Marc Roche Londres

Le groupe pétrolier britannique, exploitant de la plate-forme qui a sombré dans le golfe du Mexique, veut redorer son blason. L’action a perdu quelque 20% de sa valeur en 10 jours

Invité du Forum économique mondial de Davos fin janvier, Tony Hayward, le directeur général de BP, avait fait forte impression en se déclarant optimiste sur la capacité des majors des hydrocarbures à relever le «défi de l’offre» face à la flambée de la demande des pays émergents.

Ce docteur en géologie de l’Université d’Edimbourg, âgé de 52 ans, avait cité en exemple les opérations de sa compagnie dans le golfe du Mexique. Quelques mois auparavant, BP y avait en effet découvert un nouveau gisement gigantesque baptisé Tiber, situé à 1500 mètres de profondeur.

Ce filon supplémentaire devait permettre à BP d’affirmer sa place de premier producteur de la région, loin devant Shell, Exxon et Chevron.

Aujourd’hui, l’heure n’est plus à l’euphorie. La marée noire provoquée par le naufrage, le 22 avril, de Deepwater Horizon, une autre plate-forme exploitée par BP dans le golfe, a fait chuter le cours de bourse du titre (–12%). Les investisseurs anglo-saxons sont inquiets des retombées négatives sur le bilan et la réputation de la société. Lundi, le groupe a annoncé payer «tous les coûts nécessaires et appropriés de nettoyage» de la marée noire

A la clôture boursière du 30 avril, 23 milliards de dollars de capitalisation boursière s’étaient envolés. «La réaction des marchés est exagérée»: la City a fait la sourde oreille aux appels à la raison des analystes de la banque d’affaires américaine Goldman Sachs, pourtant jugés les meilleurs du secteur pétrolier.

Dans cette affaire, Goldman Sachs est perçue à la fois comme juge et partie: Lord Browne, le prédécesseur de Tony Hayward, est administrateur de la banque d’investissement, tandis que Peter Sutherland, l’ex-président de BP, préside Goldman Sachs International.

A l’évidence, les sommes colossales – 16 millions de dollars en 2009 – dépensées par le géant des hydrocarbures pour s’assurer les soutiens politiques à Washington n’ont été d’aucune utilité face à l’opprobre qui le frappe aujour­d’hui.

Chasse aux coûts

Pourtant, propulsé à la tête de BP en mai 2007 à la suite de la démission de Lord Browne, impliqué dans un scandale sexuel, Tony Hayward n’a pas ménagé sa peine pour envoyer des signaux positifs aux marchés. Pour préparer, selon ses dires, l’entreprise à une baisse des cours du pétrole, il a lancé la chasse aux coûts.

Dans la City, de l’avis général, Tony Hayward a effectué un parcours sans faute sur le volet de la création de valeur à l’actionnaire. Sans indulgence, le nouveau venu a supprimé 5000 emplois en abolissant jusqu’à quatre niveaux de hiérarchie pour en terminer avec une structure trop complexe. En 2009, il s’est engagé à obtenir 3 milliards de livres (4,9 milliards de francs) d’économies supplémentaires. Mais, à l’écouter, le budget sécurité n’aurait pas été touché par cette mise au régime.

Une direction collégiale

Une affirmation qui laisse les organisations écologiques largement sceptiques. Conjuguée à cette cure d’austérité, la flambée des prix du pétrole a permis aux bénéfices de BP de s’envoler au premier trimestre 2010 malgré la stagnation de la production à 4 millions de barils par jour et le recul de ses profits dans le raffinage et la distribution.

Restait un style à inventer après la dérive dictatoriale de Lord Browne, surnommé le «Roi Soleil» pour sa soif d’un pouvoir absolu. Autant Lord Browne était autoritaire et conflictuel, autant Tony Hayward a préféré une direction collégiale et le travail en équipe. Le patron de BP a horreur de faire parler de lui dans les médias et fuit le monde politique.

Enfin, la mise en exploitation de nouveaux gisements en Angola, à Trinité-et-Tobago et dans le golfe du Mexique a compensé la maturité de ses sites historiques de la mer du Nord et de l’Alaska ou des sites hérités lors du rachat d’Amoco, Arco et de Burmah Castrol. Le fort taux de remplacement des réserves de la compagnie (129% en 2009) est un autre atout.

De plus, malgré son différend avec ses trois actionnaires oli­garques, aujourd’hui réglé, la coentreprise russo-britannique TNK-BP s’est révélée un grand succès. La compagnie peut se targuer de nouveaux projets en préparation, en particulier en Azerbaïdjan et au Ghana.

«Comment cela a-t-il pu arriver?» s’est interrogé Tony Hayward en apprenant le naufrage de la plate-forme. Le directeur général de BP va en tout cas devoir rendre des comptes.

 

03/03/2010

OGM: la décision de la commission européenne

lu sur :
http://tempsreel.nouvelobs.com/depeches/international/europe/20100302.FAP1737/europe/
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Europe

OGM: la décision de Bruxelles soulève de vives critiques en France

AP | 02.03.2010 | 20:44

La décision de la Commission européenne d'autoriser la culture d'une pomme de terre génétiquement modifiée a été vivement critiquée mardi en France par des organisations de défense de l'environnement, qui demandent au gouvernement de faire jouer la clause de sauvegarde. Le ministère de l'Ecologie a suspendu pour l'heure sa décision à l'avis du Haut conseil des biotechnologies (HCB).

"Le gouvernement français décide de saisir le Haut Conseil des biotechnologies (HCB), notamment sur la présence, dans cette pomme de terre, d'un gène marqueur de résistance à un antibiotique", ont confirmé les ministres de l'Ecologie, Jean-Louis Borloo et de l'Agriculture, Bruno Le Maire, dans un communiqué commun. "La France attendra donc l'avis du HCB pour arrêter sa position".

"D'une façon plus générale, la France souhaite qu'il n'y ait plus d'autorisation d'OGM sans le renforcement de l'expertise scientifique communautaire, en application des conclusions adoptées à l'unanimité par les Etats membres, lors du Conseil européen des ministres de l'Environnement du 4 décembre 2008", ajoutent les ministres. Ils rappellent que la décision de la commission suit "la procédure normale prévue par la réglementation, à la suite de l'absence d'accord politique entre les Etats membres sur ce dossier, lors de la session du 16 juillet 2007 du Conseil agriculture".

"La France a décidé de saisir le Haut conseil des biotechnologies" le 22 février dernier, avait précisé plus tôt le ministère de l'Ecologie, contacté par l'AP. L'avis du HCB est attendu d'ici à quelques mois.

En janvier 2008, le gouvernement français avait décidé d'activer la clause de sauvegarde sur le maïs transgénique MON810, seul OGM cultivé en France à des fins commerciales.

Après un avis favorable de l'Agence européenne de sécurité des aliments (EFSA), Bruxelles a donné son feu vert mardi à la culture, à des fins industrielles, de la pomme de terre Amflora, la première autorisation de culture OGM accordée depuis 1998. La Commission européenne a également approuvé la mise sur le marché de trois produits contenant du maïs génétiquement modifié, pour l'alimentation humaine et animale mais pas pour la culture.

"On est tous transformés en cobayes", a déploré Corinne Lepage, présidente de la formation Cap-21 et vice-présidente du MoDem après la décision de Bruxelles. "C'est un très mauvais signal pour l'opinion publique européenne, qui est défavorable à la culture d'OGM", a déclaré à l'Associated Press la députée européenne.

Le président de la Commission européenne José Manuel Barroso "a fait un passage en force pour imposer les cultures OGM contre le public", a affirmé à l'Associated Press Lylian Le Goff, responsable du dossier OGM pour l'association France Nature Environnement (FNE). Bruxelles agit "contre l'avis par deux fois émis à la majorité du conseil des ministres de l'Agriculture européens l'année dernière", qui dénonçait l'insuffisance des tests sanitaires et environnementaux, a-t-il dénoncé.

"La France a le droit et le devoir de mettre en place une nouvelle clause de sauvegarde sur la culture de cette pomme de terre sur son territoire", a réagi Greenpeace. "La balle est dans le camp du ministre" de l'Ecologie Jean-Louis Borloo, "qui doit activer la clause de sauvegarde au plus vite". "Il a tous les éléments pour le faire", a affirmé Sarah Pecas, chargée de campagne OGM pour Greenpeace France, dans un communiqué.

"Nous espérons que le gouvernement prendra une décision qui aille dans le sens "du respect du principe de précaution et du respect de la sensibilité du public", a renchéri Lylian le Goff.

José Bové, militant de la première heure de la lutte anti-OGM, aujourd'hui député européen Europe Ecologie, a dénoncé les effets du "lobbying" exercé sur la commission européenne et sur José Manuel Barroso. "L'Europe n'est pas très courageuse et M. Barroso (...), une fois de plus, confirme qu'il a fait le choix des multinationales des OGM contre la majorité des citoyens européens et des gouvernements", a-t-il dénoncé sur RTL, demandant aux ministres Jean-Louis Borloo et Bruno Le Maire de "faire jouer la clause de sauvegarde" et de "remonter au créneau" face à la commission.

"Il faut qu'il y ait véritablement un organisme d'évaluation indépendant" des OGM, comme le Haut conseil des biotechnologies, "qui vient de se mettre en place depuis un an en France", a-t-il également plaidé, car "ce sont uniquement les éléments apportés par la firme, en l'occurence BASF, qui permettent aujourd'hui les autorisations".

La fiabilité des études scientifiques ayant motivé la décision de la Commission européenne était au coeur des critiques. "A plusieurs reprises, on a fait la preuve que l'évaluation des risques environnementaux, et surtout sanitaires, des dossiers sur les cultures OGM n'étaient pas recevables sur le plan scientifique", a estimé M. Le Goff. Le comité scientifique du HCB a ainsi dénoncé le fait que la "puissance statistique de ces tests était insuffisante pour écarter la toxicité des OGM", rappelle-t-il, estimant qu'"on est légitimement en droit d'être très suspicieux sur ces autorisations".

"Les études ne sont pas faites par les pouvoirs publics mais par les firmes elles-mêmes" et gardées secrètes, ce qui est contraire à la loi communautaire, a dénoncé aussi Mme Lepage, qui parle d'un manque de "traçabilité". La député européenne met directement en cause l'EFSA, qui "reconnaît des effets statistiquement significatifs sur la santé mais n'en tire pas de conclusions".

Concernant la culture de la pomme de terre Amflora, enrichie en amidon, notamment pour les besoins de l'industrie papetière, Sarah Pecas rappelle que "depuis six ans, l'innocuité de cette pomme de terre fait l'objet de controverses scientifiques". "Par cette décision, Dalli, le commissaire pourtant chargé de la protection des consommateurs, nie tous les débats scientifiques sur les potentiels dangers que représente cette pomme de terre et le fait que l'opinion publique européenne ne veut pas d'OGM", accuse Greenpeace. AP

12/02/2010

Le scénario du film "Avatar" pour de vrai

lu sur :
http://www.lemonde.fr/planete/article/2010/02/10/en-inde-la-tribu-des-dongria-kondh-vit-le-scenario-du-film-avatar_1303715_3244.html#ens_id=1289233
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En Inde, la tribu des Dongria Kondh vit le scénario du film "Avatar"
LE MONDE | 10.02.10 | 13h49  •  Mis à jour le 10.02.10 | 14h57
New Delhi Correspondance

a tribu des Dongria Kondh vit loin des studios d'Hollywood. Ses 8 000 membres logent dans de petites maisons en boue séchée, recouvertes de feuilles de palmier, sans électricité ni télévision, reclus dans une montagne de la région de l'Orissa, au fin fond de l'est de l'Inde. Leur histoire ressemble pourtant à s'y méprendre au scénario d'Avatar, le film réalisé par l'américain James Cameron, et qui bat chaque semaine des records au box-office mondial.

Comme la tribu des Na'vi qui, dans le film, tente désespérément d'empêcher les humains d'exploiter les ressources minières de leur terre sacrée, les Dongria Kondh sont menacés d'expropriation par une compagnie britannique, Vedanta Resources, qui veut exploiter la bauxite de leur montagne.

"Le drame d'Avatar - si l'on fait abstraction des lémuriens multicolores, des chevaux à longue trompe et des guerriers androïdes - se joue aujourd'hui sur les collines de Niyamgiri en Orissa", explique Stephen Corry, directeur de l'organisation non gouvernementale (ONG) Survival International, qui défend les peuples indigènes.

Lundi 8 février, l'ONG a publié dans Variety, un magazine américain consacré à l'industrie du spectacle, un appel à James Cameron pour venir en aide à la petite tribu de l'est de l'Inde. "Avatar est une fiction... bien réelle. En Inde, la tribu des Dongria Kondh lutte pour défendre sa terre. (...) Nous avons vu votre film. Maintenant, visionnez le nôtre", lui demande l'ONG.

En Orissa, les collines de Niyamgiri sont vénérées comme des temples car elles abriteraient, selon les croyances des Dongria Kondh, l'esprit du dieu Niyam Raja. Chaque jour, les habitants font des prières devant de petites statuettes en bois posées le long des sentiers de terre, avec, à leurs pieds, des fruits en guise d'offrandes, ou des animaux sacrifiés.

Pour le géant minier britannique Vedanta Resources, détenu par Anil Agarwal, un milliardaire indien, ces collines abritent surtout un gisement de bauxite d'une qualité exceptionnelle. Une usine a déjà été construite au pied des collines pour transformer la bauxite en aluminium. Mais elle attend toujours l'ouverture de la mine pour fonctionner à 100 % de ses capacités. 120 familles de la tribu des Dongria Kondh, qui ont accepté d'être embauchées, vivent désormais dans des maisons en ciment.

Vedanta Resources leur a promis des infrastructures médicales, des écoles et des terres pour se reconvertir à l'agriculture. Nombreux sont les enfants de la tribu à être victimes de sous-nutrition, et à peine 5 % de la population sait lire ou écrire.

Disparition des forêts

Mais, d'après un rapport publié mardi 9 février, par l'ONG Amnesty International, l'usine inaugurée par Vedanta Resources en 2006 aurait déjà commencé à polluer les cours d'eau, menaçant la santé des habitants. "Nous avions l'habitude de nous baigner dans la rivière. Mais, désormais, j'ai peur d'y emmener mes enfants. Mes deux fils se plaignent de démangeaisons", a témoigné l'une des habitantes auprès des auteurs du rapport.

Les ONG locales craignent aussi la disparition des forêts denses qui servent de "garde-manger" aux Dongria Kondh. Les habitants vivent de la cueillette et vont chercher dans l'épaisse végétation qui les entoure, des plantes médicinales. L'institut indien de la faune et de la flore a mis en garde contre les dommages irréversibles sur l'environnement qu'entraînerait le creusement d'une mine.

Vendredi 5 février, l'Eglise d'Angleterre a annoncé qu'elle se retirait du capital de Vedanta Resources - où sa participation était de 6 millions de dollars (4,4 millions d'euros) - au motif que l'entreprise ne répondait pas à ses attentes en matière de "respect des droits de l'homme". Deux ans plus tôt, c'est le fonds souverain norvégien qui s'était désengagé de son capital pour les mêmes motifs.

Les ONG locales dénoncent les menaces et intimidations dont sont victimes les membres de la tribu pour quitter leurs terres. En dépit de ces critiques, l'entreprise a rappelé, mardi 9 février, qu'elle investirait 10 millions de dollars dans la protection de la colline, et qu'elle "stimulerait l'économie des communautés locales" grâce à l'ouverture de la mine. Le projet, qui a obtenu le feu vert de la Cour suprême indienne en août 2008, devrait commencer dans quelques mois. La tribu des Dongria Kondh semble plus proche de l'extinction que du happy end d'Avatar.


Julien Bouissou
Article paru dans l'édition du 11.02.10

23/12/2009

Quelques chiffres sur le pétrole

lu sur :
http://www.lemonde.fr/economie/article/2009/12/23/l-opep-n-est-pas-fachee-de-l-echec-de-copenhague_1284290_3234.html#ens_id=1275475
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L'OPEP n'est pas fâchée de l'échec de Copenhague
LE MONDE | 23.12.09 | 16h12  •  Mis à jour le 23.12.09 | 16h12


'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) a, sans surprise, maintenu ses quotas de production pour soutenir les cours du baril de brut, dont le prix oscille autour de 75 dollars depuis plusieurs semaines. Réunis dans la capitale angolaise, Luanda, mardi 22 décembre, ses douze membres ont décidé qu'ils ne pomperaient pas plus de 24,84 millions de barils par jour (hors Irak), le niveau fixé en décembre 2008 pour enrayer la chute du prix du baril tombé à 32 dollars.

Certains ministres de l'OPEP, dont les pays étaient représentés à Copenhague, se sont aussi félicités que le sommet mondial des Nations unies sur le climat n'ait pas débouché sur des mesures contraignantes - notamment l'instauration d'une taxe carbone - qui auraient pénalisé les producteurs d'or noir. Dès l'ouverture du sommet dans la capitale danoise, l'Arabie saoudite avait mis en doute les données scientifiques sur le réchauffement de la planète. Avant de réclamer, avec d'autres pays producteurs, des compensations financières au cas où des mesures entraîneraient une baisse de la consommation d'hydrocarbures, et donc de leurs recettes.

Le spectre d'une telle taxation s'est vite évanoui et le ministre de l'énergie saoudien, véritable patron du cartel, a pu assurer à Luanda que les membres de l'OPEP n'étaient "pas inquiets" du texte final de Copenhague. "Il y a des moyens de réduire des émissions de CO2 sans arrêter la consommation d'énergies fossiles", a affirmé Ali Al-Naïmi. Une taxe carbone "aurait pénalisé les pays producteurs", a pour sa part souligné Chakib Khelil, ministre de l'énergie et des mines algérien.

L'objectif de limiter à 2 ºC la hausse des températures mondiales au cours du siècle impliquera néanmoins une baisse sensible de la consommation de charbon, de pétrole et de gaz. L'Agence internationale de l'énergie (AIE) a calculé que si l'on parvenait à limiter les émissions de CO2 à 450 parties par million (ppm), les pays de l'OPEP perdraient 16 % de leurs revenus (4 000 milliards de dollars) d'ici à 2030, mais qu'ils engrangeraient tout de même 24 000 milliards de dollars. Quatre fois les revenus accumulés sur la même période de vingt-deux ans (1985-2007) !

Les Etats du Golfe ne se sentent pas responsables du dérèglement climatique. Le Qatar, les Emirats arabes unis, Bahrein ou le Koweït ont certes le niveau d'émissions de CO2 par tête le plus élevé de la planète (extraction des hydrocarbures, climatisation, véhicules gourmands...), mais ils comptent aussi très peu d'habitants comparés à la Chine, à l'Inde ou aux Etats-Unis. L'OPEP affirme également que les pays consommateurs profitent de la manne pétrolière : en cinq ans, ils ont encaissé autant de taxes que le cartel a engrangé de recettes, soit 3 400 milliards de dollars.

"Les attentes sociétales sur le climat sont réelles", reconnaissait récemment Khaled Al-Falih, président de la compagnie pétrolière Saudi Aramco. Les pays du Golfe veulent y répondre, mais sans être pénalisés financièrement. Ils mènent des politiques destinées à la fois à préserver leurs ressources pétrolières et gazières "au profit des générations futures", valoriser différemment le pétrole (pétrochimie) au lieu de le réserver à la seule fabrication de carburants et développer les énergies renouvelables, qui leur permettent d'accéder à des technologies innovantes.

Saudi Aramco vient d'inaugurer un complexe raffinage-pétrochimie qui produira des matières plastiques. Saoudiens et Emiratis s'associent à des partenaires internationaux pour construire des fermes solaires sur leur sol ou investir dans des fabricants de panneaux photovoltaïques. A Abou Dhabi, Masdar City deviendra en 2015 le prototype de la "ville zéro carbone". Le Koweït et l'Irak ont annoncé leur volonté de développer leur potentiel solaire.

Mais la préoccupation immédiate, à Luanda, portait sur l'évolution de la demande et des prix. Saoudiens, Emiratis, Iraniens, Nigérians et Vénézuéliens jugent que le cours actuel du baril est très satisfaisant dans le contexte de lente reprise de l'activité mondiale. "Le prix actuel est bon pour les consommateurs, les producteurs et les investisseurs", a résumé Ali Al-Naïmi. Interrogées par le Financial Times, cinq sociétés de négoce (Mercuria, Gunvor, Trafigura, Glencore et Vitol), qui assurent 15 % du négoce mondial du brut, pensent qu'il se maintiendra dans la fourchette de 70-80 dollars.

Président de l'OPEP jusqu'à la fin de 2009, l'Angolais José Maria Botelho de Vasconcelos s'est inquiété de la fragilité du système financier, de la progression du chômage et d'un risque de réduction "trop rapide" de plans de soutien. Les perspectives de consommation sont "mitigées". La carte des flux pétroliers se modifie. Dans les pays riches, "la demande ne retrouvera pas les niveaux auxquels elle était récemment, alors qu'en Asie elle continuera d'augmenter", a récemment affirmé Christophe de Margerie, le directeur général de Total. L'AIE prévoit que d'ici à 2030, sa progression (+ 40 %) proviendra pour l'essentiel des pays émergents d'Asie, d'Amérique latine et du Moyen-Orient.

 

Jean-Michel Bezat
Article paru dans l'édition du 24.12.09

27/09/2009

Martinique : la pollution au chlordécone

lu sur :
http://www.lemonde.fr/planete/article/2009/09/25/le-chlordecone-entraine-une-interdiction-partielle-de-la-peche-en-martinique_1245077_3244.html#ens_id=1245195
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Le chlordécone entraîne une interdiction partielle de la pêche en Martinique
LE MONDE | 25.09.09 | 15h44
Fort-de-France Correspondant


lus de quinze années après son interdiction sur l'île de la Martinique, le chlordécone continue d'y faire des ravages. Mardi 22 septembre, un arrêté préfectoral a interdit "la pêche sous toutes ses formes" dans les rivières martiniquaises. "La pêche et la commercialisation en vue de la consommation humaine" de certaines espèces sont également interdites - par un autre arrêté - dans plusieurs baies semi-fermées, situées en aval de bassins versants contaminés par le chlordécone.

 

Les autorités préfectorales ont justifié cette mesure par la nécessité de "prévenir les effets sur la santé liés à une exposition aiguë ou chronique résultant d'une consommation de produits de la pêche potentiellement contaminés".

Les dernières analyses effectuées ont abouti à la conclusion que certains poissons et crustacés présentaient une teneur en chlordécone dépassant largement les normes sanitaires fixées. Sur quarante sites examinés, 96 % des échantillons prélevés étaient contaminés. Plus de deux tiers présentaient une concentration proche de 50 microgrammes (µg) de chlordécone par kilo, alors que l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) recommande que, pour les produits frais, cette concentration ne dépasse pas 20 µg par kilo.

Les fonds marins vaseux et sableux constituent un vecteur important de pollution au chlordécone. Les langoustes blanches et brésiliennes, les crevettes, les crabes de mer, le tilapia et le thazard franc, un poisson apparenté au maquereau, sont quelques-unes des espèces concernées par ces mesures.

Thierry Touzet, directeur des services vétérinaires de la Martinique, recommande aux consommateurs de ne pas acheter ces produits n'importe où : "Il vaut mieux acheter les poissons dans des points de débarquement parfaitement identifiés par des professionnels de la pêche. Ce qui donne la garantie que les produits mis sur le marché ne proviennent pas des zones interdites."

Les deux arrêtés préfectoraux interdisant la pêche dans les rivières et plusieurs baies de l'île ont été reçus par les marins pêcheurs comme des coups de massue assénés à un secteur déjà en grande difficulté. Les professionnels jugent inadmissible de devoir payer pour les pollueurs. Ils craignent aussi que les consommateurs délaissent les étals. Toutes ces mesures de précaution sont en vigueur jusqu'à ce que l'Afssa se prononce sur la question, probablement fin novembre.

Utilisé aux Antilles dans les plantations de bananes jusqu'à son interdiction, en 1993, le chlordécone, un pesticide polluant difficilement dégradable, se retrouve durablement dans les sols ou encore dans les sédiments des rivières.

En 2002, malgré les mesures prises, la direction générale de la concurrence et de la répression des fraudes avait encore découvert d'importantes quantités de chlordécone dans une cargaison d'une tonne et demie de patates douces arrivée à Dunkerque (Nord) en provenance de Martinique. Il avait cependant fallu attendre mars 2003 pour que le préfet de région de l'époque prenne un arrêté imposant l'analyse obligatoire des sols avant toute mise en culture de légumes à racines et interdisant la vente de denrées contenant du chlordécone.

 

Hervé Brival
Article paru dans l'édition du 26.09.09

22/04/2009

Ondes électromagnétiques et vie quotidienne

lu sur : http://www.lemonde.fr/technologies/article/2009/04/21/les-lobbies-francais-ne-veulent-pas-reduire-la-puissance-des-antennes-pour-des-raisons-financieres_1183611_651865.html

Compte rendu
"Les lobbies français ne veulent pas réduire la puissance des antennes pour des raisons financières"
LEMONDE.FR | 21.04.09 | 19h00 • Mis à jour le 21.04.09 | 20h10

Dans un chat au Monde.fr, Michèle Rivasi, vice-présidente du Centre de recherche et d'information indépendantes sur les rayonnements électromagnétiques (Criirem) et tête de liste d'Europe Ecologie dans le Sud-Est, déplore l'utilisation intempestive d'appareils mettant en œuvre des ondes électromagnétiques dont on ne sait rien sur l'impact sanitaire pour les populations.

Xavier_Grenoble : Les élections européennes arrivent. Si elle est élue qu'est-ce que Michèle Rivasi fera au niveau européen sur la question des antennes-relais ?

Michèle Rivasi : Si je suis élue, j'essaierai de constituer un rapport de force pour qu'il y ait une directive européenne qui harmonise les normes sur le plan européen concernant la téléphonie mobile. Et ce que je revendique, ce sont les normes édictées par des scientifiques indépendants, à 0,6 volt par mètre, une meilleure information des riverains et des élus concernant l'installation des antennes ; et une prise en compte de l'électrosensibilité au niveau de la population.

andma_doubs : Pourriez-vous présenter la Criirad [Commission de recherche et d'information indépendantes sur la radioactivité, dont elle est également la fondatrice] et le Criirem et nous en dire un peu plus sur leur mode de financement dans les recherches effectuées ?

Michèle Rivasi : La Criirad est un laboratoire indépendant que j'ai fondé en 1986 suite à l'accident de Tchernobyl. Il est financé par les adhérents et par les contrats que ce laboratoire a avec les différentes collectivités qui lui demandent de faire des études indépendantes. Le Criirem est un centre de recherche et d'information indépendantes sur les rayonnements électromagnétiques. Il a un conseil scientifique européen et est cofinancé par les adhérents et les études demandées, soit par des particuliers soit par des entreprises.

fbernard : L'argument des "pro-Wi-Fi" selon lequel aucune étude sérieuse n'aurait prouvé de danger lié aux micro-ondes à des doses équivalentes à celles que nous recevons tous les jours est-il recevable ? Dans quelle mesure ?

Michèle Rivasi : Sur le Wi-Fi, il y a eu des études qui ont montré qu'à ce type de fréquence - 2 450 MHz - on observe des effets sur la génotoxicité (rupture des brins d'ADN), mais il n'y a pas eu d'étude sanitaire à grande échelle au niveau de la population. Par contre, on a observé chez des personnes dans des bibliothèques à Paris qui avaient des bornes Wi-Fi à proximité le syndrome des micro-ondes (insomnies, maux de tête, manque de concentration, nausées...), caractéristique des effets des hyperfréquences.

Sasha : Pouvez-vous nous expliquer brièvement les différences entre les natures des ondes émises par les antennes-relais et le Wi-Fi ?

Michèle Rivasi : Les antennes-relais ont des fréquences qui varient de 900 MHz (GSM) à 2 250 MHz (UMTS 3G, 3e génération). Le Wi-Fi est à 2 450 MHz et a la même fréquence que le micro-ondes. Sauf que la puissance est beaucoup plus faible. On commence également à installer des antennes Wimax dont la fréquence est de l'ordre de 3 GHz (3 000 MHz).

couturier : Un téléphone portable ouvert et allumé émet-il des ondes électromagnétiques, et, si oui, dans quel rayon ?

Michèle Rivasi : Le téléphone mobile émet même lorsqu'il est en veille, puisque sans arrêt il va chercher l'antenne la plus proche pour se connecter. Et il émet sur la face avant, côté clavier. Le micro-ondes émet également, mais uniquement lorsqu'il est allumé.

salome : 3G+, 3G, EDGE, WI-FI, WIMAX. Toutes ces technologies sans fil sont-elles associées a des risques pour la santé des jeunes enfants ?

Michèle Rivasi : Pour les jeunes enfants, on applique le principe de précaution et on essaie de les soumettre le moins possible aux ondes électromagnétiques, car les cellules qui sont en voie de division sont les plus sensibles à la génotoxicité et à la fabrication de protéines de stress.

Mazag : Y a-t-il un lien qui se dessine entre tumeur du cerveau (même non cancéreuse) et la présence d'antenne(s) Wi-Fi et/ou relais ?

Michèle Rivasi : Il y a plusieurs études qui ont montré une présomption de preuve entre l'apparition de tumeurs et la présence d'antennes. Il est très difficile d'établir une relation de cause à effet directe dans ces phénomènes, et on parle plutôt de présomption de preuve, élément suffisant pour l'application du principe de précaution.

canadien : La recherche sur les ondes électromagnétiques et leurs répercussions sur la santé publique rencontre-t-elle autant d'embûches de la part des secteurs public et privé que pour les OGM ? Je fais allusion aux livres de Marie-Monique Robin par exemple ?

Michèle Rivasi : Sur l'ensemble des études, on a remarqué que celles financées par les opérateurs montraient toutes qu'il n'y avait aucun effet, ou que les effets étaient neutres. Les études cofinancées par opérateurs et recherche publique montraient qu'il y avait 25 % d'études qui montraient qu'il y avait un effet. Et les études cofinancées par le public et des financements indépendants (non dépendants des opérateurs) montraient qu'il y avait au moins 40 % d'effets. D'où un doute très fort, comme pour le nucléaire, comme pour l'amiante, d'un lien de causalité entre les lobbies et les études montrant qu'il n'y a pas d'effets.

esculape_1 : Pour certains scientifiques, les effets du Wi-Fi sur les noyaux cellulaires semblent fort différents du simple effet thermique "micro-ondes". Que penser alors de l'application de réglementations qui ne prennent en compte que l'effet thermique du Wi-Fi ?

Michèle Rivasi : La réglementation sur les ondes électromagnétiques ne prend en compte que les effets thermiques, et non pas les effets athermiques, qui peuvent provoquer des effets biologiques sur les cellules humaines et le cerveau humain : diminution de certaines hormones, dont la mélatonine, modification de l'électro-encéphalogramme, rupture de la barrière hémato-encéphalique (barrière sang-cerveau), et effets génotoxiques. Tous les scientifiques honnêtes sont d'accord sur les effets biologiques. En revanche, il y a une polémique sur les effets sanitaires, car pas suffisamment d'études au niveau de la population. Ou alors des études non publiées (exemple : interphones, étude européenne de 2003 toujours non publiée).

jfh75015 : Pourquoi les antennes de téléphonie mobile seraient-elles "dangereuses" et pas celles de télévision ou de radio ?

Michèle Rivasi : Parce que les ondes ne sont pas les mêmes. Dans un cas, on a des ondes sinusoïdales continues. Dans le deuxième cas de la téléphonie mobile et des antennes-relais, on a des ondes pulsées, discontinues, qui transmettent des paquets d'énergie et qui présentent des ondes à basse fréquence. Il y a une confusion chez les opérateurs, qui amalgament les ondes de radio ou de télévision avec les ondes de téléphonie mobile.

XKF : Pourquoi ne pas appliquer le principe de précaution pour abaisser les seuils des champs électromagnétiques (comme en Belgique par exemple) ?

Michèle Rivasi : Parce que les lobbies français ne veulent pas réduire la puissance des antennes pour des raisons financières et qu'ils désinforment les élus et la population en leur disant que si on multiplie les antennes, c'est le portable qui va émettre davantage pour chercher l'antenne. Des expériences réalisées à Salzbourg, en Autriche, où on installe des picots et des micro-antennes avec une puissance faible où les personnes du public ne sont pas exposées au-delà de 0,6 volt par mètre, montrent un fonctionnement correct.

philippe64B : La France est-elle en avance ou en retard sur les antenne-relais par rapport aux autres pays européens ?

Michèle Rivasi : La France est en retard sur des alternatives techniques qui pourraient faire fonctionner le téléphone portable avec des antennes beaucoup plus petites et moins puissantes. Il y a une entente entre les trois opérateurs français, qui sont à l'origine de ce retard.

lilili : Bonjour. En tant que candidate pour Europe Ecologie dans le Sud-Est, que comptez-vous faire valoir lors du Grenelle des antennes cette semaine ? Avez-vous des propositions à soutenir au niveau européen ?

Michèle Rivasi : Sur le Grenelle des antennes, qui est sur le plan français, on veut aboutir à deux choses : l'application des douze réflexes concernant l'utilisation du téléphone portable, visibles sur le site du Criirem (www.criirem.org), et l'expérimentation dès demain dans les centres-ville de picots-antennes à faible puissance. Et troisième chose : l'information des élus, de l'administration et des opérateurs de la résolution du Parlement européen qui est de revoir les normes actuellement en vigueur en France et dans d'autres pays. Un rapport qui vient de sortir dit qu'il ne faut pas dépasser 3 volts par mètre. Personnellement, je voudrais qu'on aille au-delà, à 0,6 volt par mètre, car ayant effectué des mesures dans des appartements, entre 1,5 et 3 volts, certaines personnes déclenchaient le syndrome des micro-ondes.

lilili : Quelles sont les propositions d'Europe Ecologie en matière de politique de prévention sur les "maladies des modes de vie".

Michèle Rivasi : Europe-écologie a une politique très volontariste pour diminuer l'épidémie de cancers que l'on peut observer dans toute l'Europe. Epidémie de cancers provoquée par des molécules chimiques présentes dans notre environnement (CMR - cancérigène, mutagène, reprotoxique -, pesticides, pollution électromagnétique, nanotechnologies). L'Europe est le territoire pertinent pour proposer des directives beaucoup plus draconiennes pour prévenir les cancers plutôt que pour les guérir. Exemple : directive Reach 2 : une direction générale de la santé qui chapeaute toutes les politiques européennes.


Laetitia_1 : Savons-nous si les ondes Wi-Fi sont nocives pour le développement du fœtus ? du nouveau-né ? et de l'enfant ?

Michèle Rivasi : Les ondes électromagnétiques affectent davantage les cellules en voie de division que les autres (métabolisme, rupture d'ADN) et donc c'est là que le principe de précaution doit être le plus appliqué (des expériences du professeur Bastide sur des œufs de poule à proximité de téléphones portables ont montré la dégradation et la mort des embryons de poulets).

fbernard : Y a-t-il un lien entre l'utilisation massive des micro-ondes via les téléphones portables et la disparition des abeilles ?

Michèle Rivasi : Des expériences ont été faites sur des abeilles, où l'on a mis à proximité des ruches des téléphones mobiles. Les effets observés étaient que les abeilles ne retrouvaient plus la ruche et qu'il y avait une diminution du couvain à l'intérieur de la ruche. D'autres expériences sur les cigognes ont montré qu'il y avait une augmentation de l'agressivité et une diminution du nombre d'œufs à l'intérieur du nid (attention à l'augmentation de l'agressivité des couples à proximité d'une antenne !).

fbernard : La barrière sang-cerveau subit-elle réellement des dégats irréparables au bout de 2 heures de communication avec un téléphone portable ? Quelles en sont les conséquences ?

Michèle Rivasi : Ce qui a été montré, c'est que quand le cerveau est soumis à des champs électromagnétiques, il y a une porosité de la barrière, ce qui fait que de grosses molécules qui jusqu'alors ne pouvaient pas passer peuvent pénétrer à l'intérieur du cerveau, ce qui pourrait expliquer les migraines observée chez des gens soumis à des champs électromagnétiques. Deuxième chose : les cellules ont un pouvoir de réparation très important, donc tout va dépendre de l'importance de l'irradiation pour que le système de réparation puisse fonctionner.

DavidTAV : Que pensez de ces produits vendus dans le commerce censés nous protéger des ondes des téléphones? (sorte de puce/carte à installer/coller) Est-ce une arnaque ? Est-ce vérifié ? Avez-vous vous même fait des tests sur les différents produits existants sur le marché ?

Michèle Rivasi : Nous avons fait des tests sur certains produits. Dans le livre que l'on a publié, Survivre au téléphone mobile et au réseau sans fil, nous détaillons de nombreux systèmes de protection qui n'apportent pas un plus sur la protection. Par contre, il existe certains textiles (textiles à fibres d'acier qui renvoient les ondes), et certaines peintures qu'on peut mettre sur les murs, qui peuvent protéger les gens dans les appartements. Plutôt que les ondes passent à travers les fenêtres, elles sont réfléchies et ne pénètrent pas dans l'appartement.

slr : Que faire lorsqu'on est électrosensible et que l'entreprise a installé partout des relais Wi-Fi?

Michèle Rivasi : Il faut changer d'entreprise. Ou alors il faut saisir le CHSCT pour demander à ce que les bornes Wi-Fi soient installées beaucoup plus loin du poste de travail de la personne, et que des mesures soient prises pour qu'une personne qui travaille sur un lieu fixe ne dépasse pas 0,6 volt par mètre. Cela a été fait dans les bibliothèques à Paris, où il y a eu une redistribution des postes de travail en fonction des emplacements des bornes Wi-Fi, et une diminution de celles-ci. Il faut motiver les chefs d'entreprise pour qu'ils câblent plutôt qu'installer la Wi-Fi.

gege : Qu'en est-il du CPL (courant porteur en ligne), fausse bonne idée ?

Michèle Rivasi : Je suis très perplexe parce que des mesures ont été faites dans des habitations, qui ont montré qu'il pouvait y avoir des fréquences à 50 Hz dans l'habitation, qui ne sont pas forcément très bonnes. Si on installe la Wi-Fi, il faut absolument l'éteindre la nuit, ne pas l'installer dans les chambres, et faire en sorte que la personne qui utilise l'ordinateur ne soit pas entre la borne et l'ordinateur.

seb : Bonjour, Le conseil municipal de mon petit village va donner l'autorisation à SFR pour implanter une antenne-relais à la lisière de la forêt (500 m des maisons)... ma question est toute simple : dois-je m'en inquiéter et que faire ?

Michèle Rivasi : Si c'est à 500 m des maisons, on est assez loin. Il faudrait contacter une association munie d'appareils de mesure pour contrôler la puissance des antennes à 500 m de la maison. Il faudrait aussi demander précisément quel type d'antenne est installé (GSM, Wimax...). Il est important de savoir la nature de l'installation au niveau de ce relais. Il existe une carte que l'on peut consulter sur le site anfr.fr, puis sur Cartoradio.fr pour savoir le nombre d'antennes installées dans la région. Avec le bémol que toutes les antennes ne sont pas forcément identifiées. Mais cela donne quand même une indication.

vivnat : Concrètement, à qui doit-on s'adresser si, inquiet, l'on souhaite une mesure à domicile de son taux d'exposition aux champs électromagnétiques ?

Michèle Rivasi : Il faut s'adresser à des organismes indépendants : le Criirem, Robin des toits... Ce que j'ai proposé et mis en application à Valence, ville dont je suis élue, c'est l'achat d'un appareil qui mesure les volts par mètre et qui est disponible pour les associations et les particuliers qui veulent faire des mesures en prédétection. Cela coûte environ 6 000-7 000 euros. En général, pour un petit village, il faut demander à la communauté des communes. Si les niveaux dépassent 1 volt par mètre, il faut faire des mesures plus fines avec un spectre qui identifie la fréquence et l'origine des champs électromagnétiques. Et là, c'est le Criirem.

seb : A propos de la distance des antennes relais de téléphonie mobile, une étude récente présentée dans Le Monde affirmait pourtant que les émissions étaient plus fortes entre 800m et 1km des antennes en campagne. Qu'en pensez-vous?

Michèle Rivasi : Effectivement, dans les zones rurales, la zone d'exposition des antennes est beaucoup plus grande que dans les villes. Tout le problème est de savoir si on est dans le lobe principal ou pas. D'où l'importance des mesures et de faire modifier l'azimut, c'est-à-dire l'orientation du lobe principal, en dehors des habitations.

Ramones : Il me semble que le courant électrique est déja à 50Hz, alors en quoi le CPL est plus dangereux ?

Michèle Rivasi : Parce que ça ajoute du courant, et ça dépend énormément de l'installation du courant électrique dans la maison. Cela peut envoyer du 50 Hz là où il n'y en avait pas. Si l'installation est vétuste, en boucle ou pas, s'il y a bien une mise à la terre, etc.

vinch100 : Les antennes Wi-Fi étant présentes quasiment partout et notamment sur les lieux de travail, y a-t-il une "distance de sécurité" définie pour suivre le principe de précaution ?

Michèle Rivasi : Cela dépend de la puissance à la source. En général, à l'intérieur, la puissance est faible, donc il faut aller au-delà de 1 à 2 mètres.

Annie_Surba : Que dire de ces "zones blanches" que les opérateurs de téléphonie mobile seraient "obligés" de couvrir ? Quelle est la portée du Wi-Max ? (plus de 50 km ?) Où iront se réfugier les personnes électrosensibles (même les zones de montagne seront alors "couvertes"...)

Michèle Rivasi : Il faut reconnaître l'électrosensibilité comme un handicap (cf. législation en Suède). Ce qui permettra d'avoir de véritables zones blanches où il n'y aura absolument pas de champ électromagnétique. On a fait des réserves sur la biodiversité, il faudra faire des réserves sur des zones sans champ électromagnétique.

haqqtiviste : Les études sur le danger des ondes pulsées sont trés controversées. Serait-il possible un jour d'y voir un peu plus clair ? et où ? peut être grâce au Criirem ?

Michèle Rivasi : Grâce au Criirem et à des laboratoires universitaires. Si la pression des opérateurs ne fait pas fermer des laboratoires comme celui de Gérard Langlois, qui était chercheur à Clermont-Ferrand et qui étudiait les hormones de stress produites par des champs pulsés sur des plants de tomates.

couturier : Que pensez-vous des résultats de l'étude du professeur Jean-François Viel ?

Michèle Rivasi : Jean-François Viel est un épidémiologiste que j'apprécie beaucoup lorsqu'il a étudié les leucémies à proximité de La Hague, les effets de la dioxine à proximité des incinérateurs, mais je trouve qu'il s'est beaucoup avancé sur la dosimétrie des champs électromagnétiques sans connaître précisément la physique des champs électromagnétiques. Sa méconnaissance de la physique a été utilisée par l'Afsset pour donner des conclusions hâtives. Je pense qu'il a été un peu utilisé.

mahu : En tant que responsable informatique dans une mairie, comment assurer la protection juridique du maire lors de l'installation de bornes Wi-Fi ; d'une part dans les locaux administratifs, d'autre part dans les lieux publics ?

Michèle Rivasi : Essayez de trouver une bonne assurance qui couvre les effets sanitaires éventuels. Si la technologie du Wi-Fi n'a aucun effet, les assurances accepteront sans problème. Par contre, si elles refusent, commencez à vous poser des questions. C'est le cas de la téléphonie mobile, où les assurances ne veulent pas prendre en compte les effets sanitaires liés aux ondes électromagnétiques.

Jo : La nouvelle norme (802.11n) révolutionnant le Wi-Fi (sur le débit, portée...) et fonctionnant sur 2.4 et 5 Ghz aggrave-t-elle le problème?

Michèle Rivasi : Tout ce qui touche au Wi-Fi, s'il n'y a pas d'étude à la fois sur les effets biologiques, les effets sur les plantes et les animaux, et en dernier sur l'homme, on ne doit pas accepter la généralisation de ces technologies. C'est une position de principe qui aurait évité de nombreux morts, comme ceux causés par l'amiante. Le problème est qu'il n'y a aucune étude relative à toutes ces nouvelles fréquences, il n'existe que quelques études disponibles sur les sites Criirem.org, Robindestoits.org, Priartem.fr...

yo77 : On parle d'une limite 0.6V/m, mais la limite ne doit-elle pas varier selon la fréquence de l'émission ? Si oui, quelle serait la valeur pour le Wi-Fi? Et pour le GSM ?

Michèle Rivasi : Lorsqu'on parle de 0,6 volt par mètre, cela ne touche que la téléphonie mobile (GSM, UMTS, DECT). Sinon, c'est 1 volt par mètre toutes fréquences confondues.

vivnat : Et les téléphones sans fil DECT ? qu'en est-il ? ondes dangereuses également?

Michèle Rivasi : Le DECT montre qu'il y a des niveaux de puissance très importants, donc des champs électromagnétiques non négligeables, et qu'il faut revenir au téléphone filaire quand on a des grandes conversations avec son amant ou sa maîtresse (Rires).

802.11 : Spécialiste Wi-Fi, j'ai deployé plus de 1 000 bornes dans un centre hospitalier. En respectant, des règles de base : disposition des bornes dans des circulations, pas de bureau ou en zone d'activité statique. Densification des bornes pour valeur maximale d'émission de 11 dbm. Qu'en pensez-vous ? sachant que ces choix sont personnels. Car les directions et les CHSCT refusent de se poser ces questions.

Michèle Rivasi : Sur des questions techniques comme celle-ci, il faut demander à Pierre Leruz, qui est directeur scientifique du Criirem. Il faut lui envoyer un courrier ou un mail avec des questions précises, pour qu'il fasse une évaluation sur place.

MFX : Que pensez-vous de l'omission complète des dangers des ondes émises par les satellites, et par les connexions Internet par satellite ? En effet émettre à 30 GHz depuis sa maison pour atteindre un satellite géostationnaire à 36 000km d'altitude n'est-il pas un point à étudier ? Les véritables zones blanches au sens électromagnétique n'existeront jamais. Un procès semble être fait particulièrement aux antennes-relais en tout amalgame (fréquence, puissance, type de signal), sans regarder les autres sources plus lointaines, et beaucoup plus puissantes (sans regarder par ailleurs le champ produit en permanence par notre Galaxie, la voie Lactée, qui nous innonde en permanence d'ondes aléatoires pulsées et asynchrones).

Michèle Rivasi : Vous avez raison. A l'heure actuelle, il y a de nombreux satellites qui survolent la Terre. Mais lorsqu'on capte un signal au niveau d'une antenne satellite, le signal est faible et il est amplifié par un amplificateur posé sur la parabole. Des mesures ont été faites et il y a une très grosse différence entre une antenne Wi-Fi qui est présente dans votre environnement pour vous donner les données pour votre portable, et une parabole qui est reliée au câble à votre ordinateur et qui ne vous inonde pas d'ondes électromagnétiques.

rlagrange : Les fréquences utilisées par la téléphonie mobile, Wi-Fi, dect (...) sont dites "non ioniques" (non ionisantes), donc n'ayant pas d'impact sur les molécules. Ceci est l'argument phare des opérateurs pour nier l'impact des ondes sur les vivants. Y a-t-il un simple contre-argument à cette loi physique ?

Michèle Rivasi : C'est vrai que les ondes électromagnétiques n'ont pas l'énergie pour ioniser la matière, comme ce qui touche aux rayonnements alpha, bêta ou gamma. Par contre, les rayonnements non ionisants correspondant aux fréquences de la téléphonie mobile et du Wi-Fi ont montré que l'énergie était suffisante pour casser des brins d'ADN présent dans nos chromosomes. Voilà le contre-argument sur la génotoxicité des rayonnements électromagnétiques qui a été démontré dans l'étude Reflex commanditée par la Communauté europénne.

francis_de_st_remy : Merci de rappeler à vos lecteurs que plus une antenne-relais est éloignée du mobile, plus le mobile sera obligé d'émettre fort pour être capté par l'antenne-relais. Qu'est-il préférable alors ? un mobile qui émet fort à 2 cm de l'oreille ou une antenne-relais proche du mobile?

Michèle Rivasi : La technologie utilisée en Autriche consiste à multiplier le nombre de picots et de micro-antennes, avec des puissances plus faibles, pour que le portable puisse se brancher très rapidement au niveau de l'antenne la plus proche. C'est une technologie utilisée aussi en Espagne, à Valence, où je me suis rendue. Et un contrôle indépendant montrait que tous les étudiants utilisaient leur portable, et que leur exposition était inférieure à 1 volt par mètre, toutes fréquences confondues. Et les portables étaient les mêmes que les nôtres. Deuxième argument : il y a une différence entre la pollution choisie (utilisation du téléphone mobile) et la pollution subie (pollution chronique des antennes-relais). Il existe pour chaque téléphone un DAS (débit d'absorption spécifique) qui protège contre les effets thermiques des portables. A vous, consommateurs ou acheteurs de portables, de choisir le portable qui a le DAS le plus faible. Et les portables moins sophistiqués, car plus ils sont sophistiqués, plus leur puissance est importante.

Jean-Michel_Lucas : En acceptant ce chat, ne contribuez-vous pas à l'augmentation collective des effets induits par les ondes puisque bon nombre d'utilisateurs connectés se servent du Wi-Fi ?

Michèle Rivasi : J'utilise beaucoup Internet, mais sans Wi-Fi. Je suis câblée à la maison. Et je fais tout au niveau de ma ville pour que les écoles soient câblées et qu'on n'encourage pas le Wi-Fi. Je m'inspire de ce qui se fait en Allemagne et en Autriche, les deux pays européens en pointe sur le sujet. Merci à tous et pour de plus amples informations, essayez de trouver le livre Survivre au téléphone mobile et aux réseaux sans fil.

Chat modéré par Olivier Dumons

08/04/2009

Comment changer le comportement des pays qui achètent ou produisent ?

Voir aussi la note du 04/04/2009 : L'impact écologique : qui est responsable ? Celui qui achète ou celui qui produit ?

lu sur : http://www.lemonde.fr/planete/article/2009/04/08/la-taxe-carbone-aux-frontieres-refait-surface_1178153_3244.html#ens_id=1099506

La taxe carbone aux frontières refait surface
LE MONDE | 08.04.09 | 13h42 • Mis à jour le 08.04.09 | 13h42

Soupçonnée d'être un instrument déguisé de protectionnisme, la taxe carbone aux frontières, proposée par la France en 2008, avait discrètement disparu du débat, faute de recueillir une large adhésion au sein de l'Union européenne. Elle vient de faire une réapparition remarquée de l'autre côté de l'Atlantique où le secrétaire d'Etat à l'énergie, Steven Chu, n'exclut pas d'y recourir "contre ceux qui ne prennent pas d'engagements pour réduire leurs émissions" de CO2, le principal gaz responsable du réchauffement climatique.

Une proposition de loi déposée le 31 mars au Congrès par le démocrate Henry Waxman envisage également un "instrument d'ajustement aux frontières", dont l'objectif serait de faire payer aux industriels le contenu en carbone des produits qu'ils importent aux Etats-Unis. La Chine a aussitôt réagi à ce qu'elle considère comme une mesure injuste et susceptible d'être dénoncée devant l'Organisation mondiale du commerce comme une entrave au libre-échange.

Il n'empêche : cette idée longtemps taboue plane désormais sur la négociation internationale sur le climat, qui doit aboutir en décembre à Copenhague. Avec la crise économique, la lutte contre le "dumping environnemental" reprend de la vigueur, même si les pays industrialisés du Nord portent la responsabilité historique du changement climatique, et admettent qu'il ne peut être demandé aux pays émergents un effort comparable aux leurs.

"La taxe carbone aux frontières reste une option", a rappelé récemment le ministre français de l'écologie, Jean-Louis Borloo. Le paquet climat-énergie adopté en décembre par les Vingt-Sept prévoit que, en l'absence d'un accord à Copenhague, cette option soit étudiée.

Pour atteindre leurs objectifs de réduction d'émissions de CO2, les quelques pays ayant pris des engagements se sont dotés d'instruments économiques contraignants. "Sans dispositif qui fasse pression sur les opérateurs économiques, il est illusoire d'imaginer changer les comportements", souligne Dominique Auverlot, du Centre d'analyse stratégique, rattaché à Matignon.

Outre le durcissement de la réglementation, il existe deux mécanismes pour faire baisser les émissions : une taxe intérieure sur les activités émettrices de CO2 ou un marché d'échanges de droits à polluer. Sur le papier, ce dernier mécanisme est simple : le montant des quotas alloués s'ajuste sur le volume des émissions souhaitées.

L'Europe s'est engagée dans cette voie en créant, en 2005, un système d'échanges de permis d'émissions qui, de totalement gratuit, deviendra en partie payant à partir de 2013 à travers un système d'enchères. Ce marché couvre la moitié environ des émissions de l'Union. Aux Etats-Unis, le président Barack Obama s'est également prononcé pour cette option.

Le débat est pourtant loin d'être clos. Les Prix Nobel d'économie Joseph Stiglitz et Paul Krugman militent pour une taxe carbone intérieure. C'est aussi le cas du climatologue James Hansen, pour qui le marché est "inefficace et donne prise aux lobbies industriels pour négocier des dérogations en leur faveur". "Le problème du marché est, en plus, qu'il faut des années pour le négocier, alors que nous n'avons pas le temps : il faut de toute urgence inverser la courbe des émissions", explique-t-il.

En France, la Fondation Nicolas Hulot, qui vient de lancer une consultation populaire en faveur d'une taxe baptisée "contribution climat-énergie", plaide pour un impôt progressif sur l'ensemble des consommations en énergie en fonction de leur contenu en carbone. Ce qui permettrait, notamment, d'inclure les transports. Pour ne pas alourdir la pression fiscale, cet impôt serait compensé par une baisse de la fiscalité sur le travail.

Qui a raison ? "Il ne faut pas opposer les instruments, l'un et l'autre peuvent être complémentaires", explique Benoît Leguet, de la Mission climat de la Caisse des dépôts et consignations. Le protocole de Kyoto, s'il prévoit des échanges de quotas entre pays, laisse chacun totalement libre sur les moyens d'atteindre ses objectifs.

L'effondrement du prix de la tonne de carbone - passé de 30 à 10 euros en quelques mois - a cependant fragilisé les partisans du marché. A ce prix-là, quelle incitation peuvent avoir les industriels pour produire plus "propre" ?

Quoi qu'il en soit, les deux solutions - taxe ou marché - laissent pour l'instant entier le problème de perte de compétitivité posé par les industriels du ciment, de l'acier ou de l'aluminium, exposés à la concurrence des grands pays émergents. Sauf à aménager les contraintes, comme a promis de le faire l'Union européenne pour soulager ces secteurs. Mais au détriment de la lutte contre le réchauffement.

Laurence Caramel

A Bonn, les discussions sur le climat s'enlisent :

La Conférence des Nations unies sur le changement climatique qui se tient, depuis le 29 mars, à Bonn (Allemagne) devait s'achever mercredi 8 avril. On a pu y constater un enlisement des discussions. La position de l'administration de Barack Obama, qui manifeste la volonté des Etats-Unis de participer pleinement à la lutte contre le changement climatique, est apparue assez imprécise sur un certain nombre de points. L'idée d'un "registre" dans lequel les pays du Sud inscriraient les actions qu'ils sont prêts à entreprendre et les besoins de financement qui leur sont nécessaires a cependant progressé.
Les diplomates se retrouveront à Bonn début juin. Les réunions vont se multiplier durant toute l'année, dans l'espoir de parvenir à un accord au sommet de Copenhague, en décembre.

Article paru dans l'édition du 09.04.09

08/02/2009

La forêt amazonienne toujours plus dévastée

lu sur lemonde.fr :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2009/01/29/la-foret-amazonienne-toujours-plus-devastee_1147962_3244.html

Compte rendu
La forêt amazonienne toujours plus dévastée
LE MONDE | 29.01.09 | 14h58 • Mis à jour le 29.01.09 | 18h04

Mieux que n'importe quel discours, un chiffre résume l'ampleur du choc auquel est soumise l'Amazonie : 17 % de la forêt ont été détruits en cinq ans, entre 2000 et 2005. Le Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE) l'affirme dans le rapport sur l'"Environnement en Amazonie" qu'il s'apprête à publier et qui constitue probablement le travail le plus complet sur le sujet depuis dix ans.

Ce chiffre donne la mesure, à l'échelle des huit pays qui se partagent le plus vaste massif forestier de la planète (Bolivie, Brésil, Colombie, Equateur, Guyana, Pérou, Surinam, Venezuela), d'un bouleversement qui n'est, la plupart du temps, appréhendé qu'à travers le prisme du géant brésilien. Au cours de cette période, 857 000 km2 d'arbres - l'équivalent de la surface du Venezuela - sont partis en fumée ou ont été passés à la coupe rase sur une superficie de 5 148 millions de kilomètres carrés correspondant à la définition la plus stricte de l'Amazonie. Celle qui, selon les spécialistes, répond aux trois critères hydrographique, écologique et politique.

L'essentiel du défrichement s'est produit au Brésil, mais les autres pays, à l'exception du Pérou et du Venezuela, sont aussi confrontés, à leur échelle, à une disparition rapide du couvert végétal. "La progression des fronts pionniers en Amazonie et les transformations qu'elle introduit sont telles que le mouvement d'occupation de ces dernières "frontières de la planète" paraît irréversible", constatent les auteurs.

Partout derrière la déforestation, se joue une vaste course pour s'approprier les gigantesques réserves de terre et de matières premières de la région. "La dynamique économique en réponse à la demande des marchés étrangers alimente une pression forte sur les ressources naturelles. Le modèle de production dominant, qui ne prend en compte aucun critère de développement durable, conduit à la fragmentation des écosystèmes et à l'érosion de la biodiversité", déplorent-ils en dénonçant un système prédateur. Exploitation forestière souvent illégale, conquête de nouvelles terres pour l'élevage ou les cultures vouées à l'exportation comme le soja, extraction minière et pétrolière, construction de routes et d'infrastructures...

La colonisation de l'Amazonie s'accompagne d'une multiplication des conflits avec les populations locales dans un contexte où les droits de propriété restent peu clairement définis. Le PNUE ne condamne pas seulement l'exploitation de l'Amazonie au nom du désastre écologique auquel elle conduit. Il stigmatise aussi un modèle de développement déplorable socialement, alors que la population - en majorité concentrée dans des villes - dépasse plus de 33 millions d'habitants, contre 5 millions dans les années 1970 et augmente plus vite que dans le reste des pays de la zone. "Le revenu élevé par habitant affiché par certaines localités ne doit pas masquer une situation générale de grande pauvreté. La richesse tirée de l'exploitation des ressources naturelles n'est, dans la majorité des cas, pas réinvestie sur place", met en garde le rapport. En Equateur, dans les villes pétrolières d'Orellana et de Sucoubios, le revenu par habitant dépasse 25 000 dollars par an, huit fois plus que la moyenne nationale, mais les indicateurs de développement humain y restent plus mauvais qu'ailleurs. Le rapport souligne aussi l'impact de la dégradation de l'environnement, de la pollution des cours d'eau sur l'accroissement des carences alimentaires ou la propagation de certaines maladies comme la dengue ou le paludisme. La disparition de certaines espèces, qui faisaient fonction de prédateurs naturels sur les agents de transmission de ces maladies, facilite la diffusion des épidémies.

Face à ce tableau accablant, des initiatives pour introduire un développement plus soutenable existent. Mais elles restent marginales. Les plans de développement durable adoptés par la plupart des pays, le classement en zones protégées d'environ 15 % du territoire amazonien ne semblent pas non plus, aux yeux du PNUE, des raisons suffisantes de se montrer rassuré sur l'avenir. Un avenir pour lequel l'institution de l'ONU envisage quatre scénarios possibles. D'une mise en valeur contrôlée à la disparition du paradis vert : toutes les options sont explorées, sauf celle qui consisterait à transformer l'Amazonie en une gigantesque réserve naturelle.

Néanmoins, le PNUE estime que la nécessité de préserver la biodiversité et de lutter contre le réchauffement climatique en donnant un coût d'arrêt à la déforestation doit être au coeur des politiques. L'enjeu est régional mais aussi planétaire. Ce qui conduit le PNUE à plaider pour que la communauté internationale prenne sa part du fardeau en appuyant financièrement l'effort demandé aux pays amazoniens. La création du fonds brésilien pour l'Amazonie est une des pistes possibles.

Laurence Caramel
Article paru dans l'édition du 30.01.09