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02/05/2016

La ville de Montpellier et les "promoteurs immobiliers" (suite)

http://reporterre.net/A-Montpellier-Nuit-debout-cree-une-ZAD-ecologique-en-quartier-populaire

A Montpellier, Nuit debout crée une ZAD écologique en quartier populaire
2 mai 2016 / par Marie Astier (Reporterre)




Les jeunes de Nuit debout sont venus occuper un parc menacé par des constructions, en soutien aux habitants en lutte. Ce poumon vert est indispensable pour l’harmonie de ce quartier de Montpellier. Les enfants apprécient : ils jouent dans le parc !
 Montpellier, reportage
Les barrières de chantier ont été écartées pour ouvrir un passage. Un panneau coloré peint par des petites mains sur un grand morceau de carton annonce aux passants : « parc ouvert ». Au-delà, un étroit chemin s’enfonce entre les arbres pour déboucher sur une esplanade enherbée, dominée par une petite colline. De là haut, la vue embrasse les immeubles cernant l’unique espace vert du quartier.« Il faut venir au petit matin, on entend le concert des oiseaux », confie Aida Gradenigo, habitante de l’un des appartements HLM de la résidence Las Rébès à Montpellier, installée au pied de ce parc.
Depuis dix jours, l’élégante dame aux cheveux blancs n’est plus seule à les écouter le matin. Les lieux ont été investis par quelques dizaines de « jeunes » -étudiants, stagiaires, travailleurs -, venus avec leurs tentes et leurs outils au cœur de ce quartier populaire pour y installer une ZAD -comprenez« zone d’activité démocratique ». Ces nouveaux occupants ont répondu à un appel à l’aide des habitants du quartier. Ils sont une trentaine chaque soir à dormir sur place.
« Pour nous c’est un ballon d’oxygène », assure Hachème Amirpour, retraité de 73 ans. La vue depuis chez lui donne sur le parc. Un bâtiment pourrait être construit à dix mètres seulement de ses fenêtres. Cela fait un peu plus d’un an que les habitués de « la colline », comme on l’appelle ici, ont découvert un jour de début février un permis de construire affiché à l’entrée. Ils comprennent que 63 logements sociaux répartis en trois immeubles vont bientôt s’ériger sur cet hectare de verdure. Très vite, des habitants se réunissent et se mobilisent.

Hacheme, Aida, et Jean-Michel
« Depuis que la résidence Las Rébès a été racheté par l’office public HLM de la mairie, en 1999, les logements comme le square sont moins bien entretenus. Il y a déjà 68 % de logements sociaux dans notre résidence. Le quartier est saturé, la mixité sociale est en train de disparaître, ça suffit », estime Hachème. Mais après un an de réunions de voisinage, d’actions dans le parc et autour, de protestations auprès de la mairie ou dans les consultations de quartier, et de recours juridiques, toujours pas de réponse. Un matin, une première pelleteuse est arrivée, quelques habitants l’ont empêché de commencer. Une dizaine d’entre eux se sont retrouvés assignés en justice pour« entrave à la liberté du travail », en même temps que les deux associations qui défendent cet espace boisé. « On a eu 100 euros par personne d’astreinte, plus 100 autres euros à chaque fois que l’on empêchera les travaux, et les frais de justice sont à notre charge, détaille Hachème, qui fait partie des assignés. Cela fait beaucoup, parmi nous certains ne vivent qu’avec 460 euros pas mois. » Pour éviter de nouvelles sanctions financières, son association, Poumon Vert-Las Rébès, s’est dissoute. Les Enfants de la colline, eux, ont lancé une souscription pour payer les frais de justice :1.000 euros d’huissier plus 4.000 euros d’avocat.

Un parc au milieu des immeubles, menacé par la construction de trois nouveaux immeubles
Certains commençaient à désespérer, quand le mouvement Nuit Debout de Montpellier leur a donné un nouveau souffle. L’un des opposants a eu l’idée d’aller y raconter l’histoire du square menacé lors de l’assemblée générale. Un appel a été lancé à participer à un grand pique-nique le dimanche 17 avril. Le soir, certains plantaient leurs tentes, l’occupation était lancée.
Un centre aéré à ciel ouvert

Moins de deux semaines plus tard, on pourrait croire qu’ils sont là depuis plusieurs mois. Les bâches tendues entre les branches d’un grand peuplier abritent la cuisine. Une yourte fait office de salon-dortoir-lieu de réunion. Les eaux de la douche ruissellent vers le petit jardin en permaculture où les premières pousses pointent déjà. Le bois des arbres coupés laissé sur place a permis de construire des tipis au sol et des cabanes dans les arbres. Un peu à l’écart, un espace bureau pour les nombreux étudiants qui occupent le site a été aménagé. « On envisage aussi d’y faire du soutien scolaire », espère Jules, l’un de ceux qui a planté sa tente sous les arbres. En bordure de l’esplanade, une aire d’herbes hautes est protégée par des barrières, pour ne pas déranger les hérissons. Ils sont réputés nombreux sur la zone. Plusieurs espèces de chauve-souris ont également été repérées.

Salon, dortoir et salle de réunion : la yourte est bien utile
Camille affiche une liste des règles sur la zad. « La règle n°1, c’est l’autogestion ! », explique-t-elle. On compte sur chacun pour participer à la vie collective. Mais l’enjeu, c’est aussi de préserver le lieu -notamment en évitant des déchets - et surtout de ne pas déranger les habitants. L’alcool fort est interdit, musique, bière et vin sont proscrits après 22 heures en semaine, 23 heures le week-end. « Et tous les matins, on essaye de se lever vers sept heures pour que tout le monde soit prêt quand les gens arrivent », ajoute Camille.

La première régle est l’autogestion
Vers quatorze heures, le jardin s’anime de cris d’enfants. Le square est devenu le lieu de rendez-vous des gamins du coin. Sous la yourte, un cours de percussions s’organise. Vers le tipi des enfants, se tient un atelier peinture. Un match de foot s’installe sur l’esplanade tandis qu’une partie de balle au prisonnier commence en contrebas. Les « zadistes » font office de moniteurs de centre aéré. Pas besoin d’expliquer aux petits pourquoi une journaliste vient les voir. « Je ne veux pas qu’ils construisent parce que j’aime bien venir ici, on s’amuse », lance Bayane. « On est là pour jouer, avoir des nouvelles copines, pour profiter de la nature. C’est trop bien cet endroit, on rencontre des gens qu’on ne connaît pas ! » approuve Cherine.

Les enfants jouent entre les tentes
Certains viennent seuls, d’autres avec leurs mères. Elles, pour la plupart, se tiennent un peu à l’écart, installées sur des chaises de jardin en plastique. La majorité sont voilées. Un groupe d’ados en baskets et jogging tient conseil un peu plus près du campement. Anne, jeune maman voilée, vient avec ses deux enfants et n’hésite pas à se mêler à la bande d’occupants et d’habitants mobilisés qui fait vivre le campement : « Avant, j’avais l’habitude de traverser le parc tous les jours pour emmener les enfants à l’école. Mais on y restait peu. Depuis que c’est occupé, c’est du bonheur, on est dans la nature, les gamins ils se régalent, ils font autre chose que de regarder la télé, ils dorment mieux le soir. Et nous on rencontre des gens, des voisins. On a pris conscience de l’importance de garder ce bout de vert et on n’a plus envie de le laisser au béton. »

Tristan : « On nous rabâche qu’il faut casser les ghettos »
Tristan, la trentaine, rentre du boulot et vient promener son chien qui chahute avec les gamins. « Je viens tous les jours, raconte-t-il. J’habite ici depuis quatre ans et c’est au parc que j’ai rencontré mes voisins. Je ne comprends pas ce projet. Toute l’année, on nous rabâche qu’il faut casser les ghettos, faire de la mixité sociale, et un matin on nous dit qu’on va planter encore plus de logements sociaux dans un quartier où il y en a déjà plus de 500 ! »
« Dans un quartier avec espace vert, la criminalité baisse de 60 % »

En fin d’après-midi, deux animatrices improvisées ramènent trois petites filles qui habitent quelques centaines de mètres plus loin, dans la cité des Cévennes. Là, les immeubles sont deux fois plus haut qu’à Las Rébès. Au pied de la dizaine d’étages, se succèdent boulangerie, boucherie hallal, épicerie et tabac aux devantures délavées. La mosquée s’est installée dans un ancien supermarché. En face, entre deux barres, une dalle de béton est colonisée par une nuée d’enfants en rollers, surveillés depuis les balcons colorés de linge. On nous fait comprendre qu’il faut ranger l’appareil photo. « Il y a aussi des espaces verts chez nous », lâche une des fillettes en désignant quelques mètres carrés accueillant deux pins qui surmontent quelques buissons. « Mais c’est vrai qu’ici on tourne en rond, alors qu’au parc on fait de nouvelles activités », ajoute-t-elle.
« Le quartier s’est paupérisé ces cinq dernières années, la résidence des Cévennes est en voie de ghettoïsation et de paupérisation », affirme Jean-Michel Vidal. Ce fonctionnaire vit à Las Rébès depuis dix-sept ans. « On vient d’être classé Zone urbaine sensible. Derrière la préservation du parc il y a aussi un enjeu social. Pourquoi des gens plus démunis n’auraient-ils pas droit à un espace vert ? Ce sont justement ceux qui n’ont ni jardin, ni résidence secondaire ! Il y a une étude qui dit que dans un quartier avec des espaces verts, la criminalité baisse de 60 %. Les jeunes ont besoin d’un endroit où se détendre, où jouer au ballon, courir, au lieu d’être en bas de l’immeuble. Toute personne sensée sait ça ! »
En face, le porteur du projet de construction est ACM Habitat, l’office public de l’habitat de la métropole de Montpellier. Son président n’est autre que le maire de la ville, le divers gauche Philippe Saurel, qui rappelle que l’office a reçu 16.000 demandes de logements sociaux en 2015… Il explique également ne pouvoir arrêter un projet déjà bien avancé. Son adjointe à l’urbanisme, Stéphanie Jannin, a reçu les habitants et leur a indiqué qu’il resterait environ 7.000 mètres carrés de parc autour des futurs immeubles, à aménager en concertation.
« Mais ces espaces seront dédiés à de la voirie », craint Hachème. « Et pourquoi ne va-t-on pas mettre des logements sociaux dans les quartiers du sud-est, où ils construisent des appartements de luxe de deux cent mètres carrés ? », interroge Jean-Michel.
Certains soupçonnent même un conflit d’intérêt à la mairie. Car Stéphanie Jannin travaillait, avant d’être élue, pour le cabinet d’architectes Lebunetel. Or c’est justement ce cabinet qui a été choisi pour le projet de Las Rébès (voir page 4 de ce document).

Afin de débloquer l’affaire, les membres du conseil citoyen du quartier des Cévennes (qui contient Las Rébès et la cité des Cévennes) appelle la mairie à la concertation. Pour les occupants, cette journée de lundi risque d’être décisive : les vacances scolaires finies, les enfants seront moins présents et la police pourrait ne plus hésiter à intervenir. « Avec l’état d’urgence j’ai peur que ça se finisse en matraque et gazage », avoue Tristan. « Mais on est préparés, répond Jules. On a des listes de personnes à appeler en cas d’intervention, on peut ramener du monde. Et on a la vigie », lâche-t-il en désignant une cabane en haut du grand peuplier. Les policiers mettraient alors du temps à en déloger les occupants, suffisamment pour faire venir du renfort. Cet arbre, le seul que le projet de construction a prévu de garder, serait alors le meilleur allié des défenseurs du square.
Pour suivre le mouvement Nuit debout :
 Nuit Debout sur Internet : les liens, les adresses
 Le dossier de Reporterre sur Nuit debout
Lire aussi : Les éco-quartiers ne sont pas vraiment écologiques

11/05/2013

Changement climatique et programmes scolaires

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/05/10/les-salles-de-classe-anglo-saxonnes-nouvelles-cibles-des-climatosceptiques_3174945_3244.html

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LE MONDE | 10.05.2013 à 10h47 • Mis à jour le 11.05.2013 à 09h45

Par Audrey Garric

Les salles de classe anglo-saxonnes sont devenues l'un des champs de bataille du climat. Au Royaume-Uni, la polémique enfle chez les enseignants et les scientifiques qui craignent de voir le changement climatique disparaître des programmes scolaires. Aux Etats-Unis, la notion vient certes de faire son entrée dans les manuels mais dans une version édulcorée par rapport aux travaux préparatoires. 

Outre-Manche, le ministère de l'éducation, qui planche sur un nouveau "curriculum national" – définition du contenu de l'enseignement primaire et secondaire – a retiré la notion de changement climatique de la version finale du projet dévoilé en février, mais pas encore officiellement adopté.

Dans les nouveaux programmes pour les 5-14 ans, qui devraient entrer en vigueur en septembre 2014, les cours de géographie ne sont plus censés aborder le changement climatique mais le "climat et la météo" (saisons, zones climatiques, cycle de l'eau, glaciation, etc.). Une seule mention, dans les cours de chimie, fait état de "l'impact du dioxyde de carbone produit par l'homme sur le climat". Les conséquences du réchauffement sont cantonnées aux cours de géographie pour les 14-16 ans. Un enseignement optionnel que ne choisissent qu'un quart des élèves.

Lire aussi : En France, l'enseignement sur le climat est morcelé

Face à cette refonte, de nombreuses institutions scientifiques, ONG écologistes et associations d'enseignants et d'élèves se mobilisent pour inciter le ministère à faire marche arrière. Deux pétitions, d'une professeure et d'une étudiante, ont récolté 67 000 signatures. Le ministre de l'énergie lui-même, le libéral-démocrate Ed Davey, a écrit, le 2 mai, une lettre à son homologue de l'éducation, Michael Gove, lui demandant de revenir sur son choix.

"MEILLEURE COMPRÉHENSION"

"Les élèves n'apprendront plus les conséquences du changement climatique pour les hommes, comme la montée des eaux ou la fonte de la banquise, déplore Margaret Hunter, professeur de géographie et auteure de l'une des pétitions. C'est d'autant plus regrettable que ce sont eux qui vont affronter, et affrontent déjà, les conséquences du réchauffement et qui nécessitent donc de solides connaissances pour le gérer et le combattre."

"Il est faux de dire que le changement climatique a été retiré du curriculum national, rétorque le ministère de l'éducation dans un communiqué. Il s'agit au contraire de donner aux élèves une meilleure compréhension des enjeux du climat."

"LE CHOIX DE CHAQUE ENSEIGNANT"

La réponse peine à convaincre. "Enseigner les mécanismes physiques du climat ne permet pas forcément de comprendre les enjeux du réchauffement, prévient Bob Ward, l'un des directeurs de l'Institut de recherche Grantham sur le changement climatique, coauteur d'une réponse au ministère. Cela va dépendre des choix de chaque enseignant de traiter ou ignorer le sujet." Comme d'autres, il devine, derrière "ce recul", l'influence des climatosceptiques, nombreux au sein du Parti conservateur dont est membre le ministre de l'éducation.

De l'autre côté de l'Atlantique, en revanche, la notion de changement climatique est pour la première fois entrée dans les programmes des écoliers américains, par l'intermédiaire de nouvelles normes éducatives scientifiques – "Next Generation Science Standards". Publiés le 9 avril, après deux ans de travail impliquant des scientifiques et des professeurs, ces programmes prévoient un enseignement interdisciplinaire du climat au primaire et au secondaire. Parmi les prérequis : comprendre comment les activités humaines accélèrent le réchauffement.

"CONTENU ÉDULCORÉ"

"C'est un vrai progrès car le changement climatique n'était pas abordé par les normes actuelles, qui datent de 1996, explique Frank Niepold, coordinateur de l'éducation au climat à la National Oceanic and Atmospheric Administration. Chaque Etat est libre toutefois d'appliquer les programmes à sa façon. Beaucoup d'enseignants évitent alors ce sujet polémique." Vingt-six Etats au moins devraient adopter les nouvelles normes et les mettre en œuvre d'ici à deux ou trois ans.

Malgré leur avancée incontestable, ces programmes rénovés ont toutefois suscité déceptions et critiques au sein du monde scientifique. Leur version finale, publiée à la suite d'une consultation publique, supprime un tiers du temps d'enseignement alloué au climat. "Surtout, le contenu a été édulcoré : le mécanisme de l'effet de serre et les réponses à apporter au changement climatique ne sont pas présents, par exemple", regrette Mark McCaffrey, directeur de la stratégie au National Center for Science Education.

Comme au Royaume-Uni, l'expert estime que les climatosceptiques ont fait pression. De fait, nombre d'organismes, tels que le think tank conservateur Heartland Institute, continuent de diffuser auprès des enseignants et des élèves américains l'idée que le changement climatique est "incertain" et scientifiquement "controversé". Depuis 2001, des "Academic freedom bills" ont même été discutés dans plus d'une quinzaine d'Etats, et adoptés par deux d'entre eux (la Louisiane et le Tennessee), afin de protéger les enseignants tenant des propos climatosceptiques ou anti-évolutionnistes. "De telles lois pourraient continuer d'essaimer face aux nouvelles normes, craint Mark McCaffrey. Si le changement climatique est scientifiquement prouvé, il reste politiquement et idéologiquement controversé."

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Le changement climatique

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30/01/2011

Europe : une dérogation détournée au profit des pesticides

 

lu sur :

http://www.univers-nature.com/inf/inf_actualite1.cgi?id=4550

28/01/2011

 

Dans un rapport publié le 26 janvier, les associations PAN Europe et Générations Futures ont mis en évidence le recours récurrent par un nombre croissant d’Etats membres de l’Union européenne à une clause réglementaire permettant de contourner la législation européenne des pesticides. En effet, inclus à la Directive européenne sur les pesticides ( Directive 91/414 ), l’article 8.4 prévoit la possibilité d’une dérogation pour l’utilisation d’un pesticide non autorisé pendant 120 jours en cas de « danger imprévisible qui ne peut être maîtrisé par d'autres moyens. ». Selon la procédure décrite, cet usage doit néanmoins être « limité et contrôlé ». 

Au cours des 4 dernières années, PAN Europe a étudié l’utilisation de cette dérogation par les Etats membres, constatant une montée en puissance des dérogations délivrées. En effet, le nombre de dérogations de ce type, accordées dans l’UE, est passé de 59 en 2007 à 321 en 2010, soit une augmentation de 500 %. Parallèlement, le nombre d’Etats membres accordant de telles dérogations est passé de 15 en 2007 à 24 en 2010. Dans cette logique du toujours plus, le nombre de matières actives faisant l’objet de dérogations a suivi la même courbe ascendante, 152 matières actives étant actuellement concernées.

Palmarès peu reluisant, la France est présentée comme « « le champion européen de ces moyens détournés d’obtenir l’autorisation d’utilisation de pesticides, passant de 0 dérogations en 2007 à 74 en 2010 ». Elle est notamment suivie de la Grèce (54 en 2010), du Portugal (31), de l’Allemagne (24) et de Chypre (18). S’il arrive que ces dérogations s’appliquent à des pesticides peu toxiques, à l’instar des produits agréés AB, il s’agit dans la plupart des cas de pesticides de synthèse nocifs. Sont ainsi concernés des fumigants (1) dangereux comme le 1,3-Dichloropropene et le Metam-sodium, d’anciens composés organochlorés tel l’endosulfan ou des neurotoxiques comme le Glyphosat.

Pour les associations, le fait que bon nombre d’Etat membres, qui ne connaissaient pas de situation de « danger imprévisible » en 2007 (Chypre, France, Italie, Roumanie), déclarent aujourd’hui de telles listes de « danger imprévisible qui ne peut être maîtrisé par d'autres moyens » est très suspect. Le doute est d’autant plus fort que les motifs de ces dérogations sont souvent peu crédibles. Exemple parlant, la dérogation pour le glyphosate semble peu légitime alors que des alternatives, telles que le désherbage mécanique, sont disponibles.
Renforçant l’hypothèse selon laquelle ces dérogations de 120 jours sont une ruse pour contourner la voie normale d’homologation des pesticides, la procédure suivie est très opaque. De fait, les Etats membres ne publient aucune notification relative à la nature du « danger imprévisible », ni aucune précision quant aux contrôles d’une « utilisation limitée ». L’obligation d’absence d’alternatives prévu par l’article source ne semble guère plus respectée, comme le révèle la disponibilité de très nombreuses alternatives chimiques ou
techniques. Le public ne dispose pas non plus d’informations sur l’évaluation par les Etats membres des risques pour le consommateur, obligation pourtant prévue par la Commission.
Interprétant ce manque de transparence comme un signe propre aux malversations, les associations réclament la tenue de réunions ouvertes lors des négociations préalables à la dérogation, ainsi que la publication des documents présentés lors de celles-ci. Elles recommandent également de vérifier toutes les dérogations accordées en 2010 au regard du respect des réglementations en vigueur.

Cécile Cassier

1- La fumigation est « une opération consistant à introduire un gaz ou une substance donnant naissance à un gaz dans l’atmosphère d’une enceinte ou dans le sol » (DRAAF Auvergne).

 

27/01/2011

COMMUNIQUÉ : LES ORGANISATEURS DU CONTRE-GRENELLE 3 APPELLENT NATHALIE KOSCIUSKO MORIZET ET JEAN JOUZEL A DÉMISSIONNER



Le gouvernement français appelle à faire de 2011 l'année de validation du Grenelle de l'environnement. La Ministre de l'écologie, Nathalie Kosciusko-Morizet (NKM), invite à faire de la "juste adaptation" aux conséquences du réchauffement sa nouvelle priorité. Les deux premières phases sont déjà actées :

1 - consultation officielle en novembre des ex-participants du Grenelle pour convaincre notamment les ONG autoproclamées représentatives de devenir les porte-parole des politiques d'adaptation,

2 - caution scientifique apportée par Jean Jouzel, glaciologue, directeur de recherches au CEA (énergie atomique), ex-vice-Président du GIEC, mais aussi conseiller "écolo" d'Edf, président du Mouvement Universel de la responsabilité scientifique (MURS), réseau de scientifiques "scientistes", président du Haut conseil de la science et de la technique auprès de Sarkozy, parrain de la « climate week » (avec WWF, Fondation Hulot, Good Planet...), membre du Conseil de veille de la fondation Hulot... Jean Jouzel est chargé de produire d'ici juin 2011 le rapport officiel encadrant les politiques d'adaptation.

Ce processus devrait déboucher sur l'adoption du premier plan national d'adaptation au réchauffement climatique. Cette "juste adaptation" est l'aveu de l'échec des politiques néo- libérales en matière de combat contre le réchauffement. Elle est la preuve que le système ira jusqu'au bout de sa logique mortifère plutôt que de remettre en cause le dogme de la croissance.

Nous, initiateurs des deux premiers contre-Grenelle (2007 et 2009), organiserons, le 2 avril prochain, un troisième Contre-Grenelle. Cet événement aura lieu à Vaulx-en-Velin, la ville la plus pauvre du département du Rhône, signe qu'il n'y a pas d'union sacrée possible pour sauver la planète et que nous choisissons le camp des plus humbles (http://www.contre-grenelle.org/). Nous accusons la Ministre NKM d'avoir approuvé le pacte Hulot en 2006 en sachant que sous le masque du combat écolo-libéral se préparait l'adaptation de la planète, et demain, des humains aux besoins du productivisme (du toujours plus). Nous accusons la Ministre NKM d'avoir dirigé le Grenelle des dupes en sachant que sous le mirage des "technologies dites propres" se préparait l'adaptation de l'écologie aux besoins... des plus riches. Nous appelons Jean Jouzel (hier soutien de Ségolène Royal, aujourd'hui caution du système) à démissionner et à devenir un lanceur d'alerte aux côtés des autres scientifiques qui choisissent de ne plus être au service du système et de la "domination des uns sur les autres et de tous sur la planète".
http://www.contre-grenelle.org/

12/12/2010

LAOS, barrage hydraulique, modification de l'environnement, économie, mondialisation

lu sur :

http://www.univers-nature.com/inf/inf_actualite1.cgi?id=4498

11-12-2010 -

Sacrifier les populations locales aux profits de « l’énergie verte »

Alors que de hauts fonctionnaires de la Banque mondiale et de la Banque asiatique de développement, ainsi que le président français Nicolas Sarkozy s’apprêtent à célébrer l’inauguration du projet d'énergie hydraulique Nam Theun 2 au Laos, l’organisation des Amis de la Terre dénonce l’envers du décor. Financé par la Banque mondiale, la Banque asiatique de développement, mais aussi en France par l'Agence Française de Développement-Proparco, la COFACE et la banque privée BNP Paribas, ce projet suscite de vives controverses depuis la première proposition de sa construction dans les années 1990.  
A l’heure actuelle, le barrage Nam Theun 2 a d’ores et déjà entraîné le déplacement forcé de 6 200 personnes appartenant aux peuples indigènes du Plateau du Nakai, et a affecté plus de 100 000 personnes vivant en aval, le long de la rivière Xe Bang Fai. Des dizaines de milliers de personnes pâtissent déjà des conséquences de la mauvaise qualité de l'eau et de la diminution des ressources en poisson. Réinstallées, les populations du Plateau du Nakai disposent aujourd’hui de terres de mauvaise qualité, inaptes à l’agriculture.
En outre, contrairement aux discours tenus assurant que la zone nationale protégée de Nakai-Nam Theun serait sauvegardée, le réservoir du barrage a ouvert l’accès à cette aire, favorisant dès lors le développement d’activités telles que la déforestation et la chasse illégale.  
Rendue sur le terrain, Ikuko Matsumoto, directrice du Programme Laos pour l'ONG International Rivers a déclaré : « Ce que j'ai vu, ce sont des communautés affectées par le barrage qui luttent pour s'adapter à leurs nouvelles vies, alors qu'aucune compensation juste n'a encore été payée à de nombreuses personnes ».
Le 6 décembre dernier, 34 organisations de la société civile et des citoyens de 18 pays ont fait parvenir une lettre à la Banque mondiale et la Banque asiatique de développement, appelant à la prise de mesures immédiates pour assurer des conditions de vie acceptables aux communautés affectées. 
Sous couvert de lutte écologique, de plus en plus de projets, insufflés par des groupes multinationaux, bafouent les droits de populations locales dans l’indifférence générale. Ainsi, les tribus de l’Etat du Sarawak, situé dans la partie malaisienne de l’île de Bornéo, doivent désormais faire face à une double menace. D’une part, la rivière Rajang dont certaines tribus dépendent a été réduite à un mince filet d’eau, après avoir été barrée afin de remplir le bassin de retenue du barrage avoisinant de Bakun. D’autre part, délogés en vue de la construction du barrage de Murum, premier d’une série de douze barrages, un millier de chasseurs-cueilleurs penan ont dû être réinstallés. Mais, persécutés de toutes parts, les forêts qui les accueillent sont détruites à grande échelle par la compagnie Shin Yang pour y planter des palmiers à huile.  

Cécile Cassier

24/04/2010

L'eau, source de pouvoir et de conflit

lu sur :
http://www.lemonde.fr/planete/article/2010/04/23/le-partage-de-l-eau-au-proche-orient-est-plus-que-jamais-un-enjeu-de-pouvoir_1341650_3244.html
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Le partage de l'eau au Proche-Orient est plus que jamais un enjeu de pouvoir
LE MONDE | 23.04.10 | 16h00  •  Mis à jour le 23.04.10 | 16h00
Jérusalem Correspondant

arce qu'elle n'a jamais été aussi vitale en cette période de réchauffement climatique, l'eau ne cesse d'être un enjeu de pouvoir. Deux rendez-vous internationaux viennent de l'attester.

L'échec de la conférence ministérielle, qui s'est tenue le 13 avril, à Barcelone, a porté un coup peut-être fatal à la stratégie sur l'eau, que devait adopter l'Union pour la Méditerranée (UPM). Le lendemain, à Charm el-Cheikh, les neuf pays de l'Initiative du bassin du Nil se sont séparés sur un constat de désaccord.

Dans le premier cas, avec une persistance qui date du lancement du "processus de Barcelone" en 1995, c'est le conflit israélo-palestinien qui a été le prétexte de cette occasion manquée. Le texte de la stratégie sur l'eau faisant référence à la loi internationale, il s'agissait d'une première étape vers la garantie d'un accès équitable à cette ressource dans une région où sa raréfaction est critique. L'adoption d'un tel document aurait donc davantage souligné la politique discriminatoire de l'eau imposée par Israël aux Palestiniens.

A Charm el-Cheikh, l'Egypte et le Soudan ont refusé de remettre en question leurs droits historiques sur les eaux du Nil, que leur contestent les sept autres pays riverains du bassin, en particulier l'Ethiopie, qui contrôle les sources du Nil bleu, c'est-à-dire l'alimentation de 85 % du débit du fleuve. L'Egypte, qui n'aura pas suffisamment d'eau pour les besoins de sa population en 2017, n'a pas l'intention de réduire son quota de 55 milliards de mètres cubes par an.

Le Caire fait donc alliance avec Khartoum pour s'opposer aux projets de barrages envisagés par Addis-Abeba. Au Proche-Orient, qui représente 6,2 % de la population mondiale mais seulement 1,5 % des ressources en eau de la planète, l'enjeu de l'eau occupe une place déterminante dans la géopolitique et les rapports de pouvoir. Ainsi les deux puissances militaires de la région, Israël et la Turquie, imposent-elles une suprématie hydrique à leurs voisins.

La Syrie et l'Irak sont de facto sous la coupe d'Ankara, puisque situés en aval du Tigre et de l'Euphrate, qui ont leur source en Turquie. Leur chance est que le gigantesque projet turc GAP (Projet d'Anatolie du Sud-Est), lancé en 1980 et qui vise à construire 22 barrages et 19 usines hydroélectriques sur l'Euphrate et le Tigre, a pris du retard. Il n'est achevé qu'à 44 %, mais, une fois terminé, il détournera 70 % du débit naturel du premier fleuve et 50 % de celui du second.

"EMBOÎTEMENT"

En 1987, la Turquie a accepté de garantir un débit minimal de 500 m3 par seconde de l'Euphrate. L'Irak et la Syrie ont eu modérément confiance et, en 1989, ils ont conclu un accord prévoyant que 58 % du volume des eaux traversant leurs frontières irait à l'Irak, et 42 % à la Syrie. Cette dernière est très vulnérable : 80 % de ses ressources en eau proviennent de l'extérieur, et elle vient de subir deux années d'une grave sécheresse.

Mais le pire n'est pas toujours sûr : Marwa Daoudy, expert des questions de l'eau au Proche-Orient auprès du Graduate Institute de Genève, explique que Damas a su se livrer à un jeu complexe d'"emboîtement entre les enjeux hydrauliques et stratégiques", dont le résultat a contribué à rebattre les cartes de la géopolitique régionale.

La nouvelle détente entre Ankara et Damas s'est nourrie d'une volonté conjointe : la Syrie a souhaité rompre son isolement diplomatique, et la Turquie, de plus en plus désillusionnée quant à ses chances d'intégrer l'Union européenne, entendait faire fructifier ses racines musulmanes et ottomanes, avec l'ambition de redevenir, outre le grenier à eau et à blé de la région, un médiateur des conflits régionaux.

Dans la phase actuelle, Damas et Ankara ont accepté de taire leur dispute sur l'eau pour privilégier leur relation stratégique. Dans ce "grand jeu" proche-oriental, la Turquie aspire à redevenir l'artisan d'un rapprochement syro-israélien. Mais Israël n'a plus confiance dans les bons offices d'une Turquie qui s'est rapprochée de l'Iran. La dégradation de la relation entre les deux pays pose un nouveau défi à Israël, qui comptait pallier sa pénurie d'eau en se fournissant auprès d'Ankara.

Si, en occupant 70 % des hauteurs du Golan, Israël peut positionner son artillerie à 35 km de Damas, ce n'est pas le plus important : l'Etat juif n'a a priori aucune envie d'abandonner le plateau où le Jourdain prend sa source, pas plus que de rendre à la Syrie l'accès à la rive nord du lac de Tibériade, et le contrôle de la partie aval du fleuve Yarmouk. Pour les mêmes raisons, Israël n'est pas pressé de réviser le partage des eaux, pourtant léonin, avec la Jordanie.

Quatrième pays le moins bien pourvu en eau de la planète, le royaume hachémite a signé un accord de paix avec Israël en 1994, ce qui ne l'empêche pas d'être pris entre deux contraintes : il ne contrôle pas le bassin du Yarmouk, qui lui assure pourtant 40 % de ses réserves, et Israël s'octroie 59 % des eaux du Jourdain, en laissant 23,5 % à la Jordanie.

De plus, ce traité de paix, comme le relève Julie Trottier, chercheuse à l'université de Newcastle et à Oxford, "ignore totalement l'existence d'un futur Etat palestinien". La question de l'eau est une des raisons qui ne laisse pas augurer un règlement prochain du conflit israélo-palestinien.


Laurent Zecchini
Article paru dans l'édition du 24.04.10

08/02/2010

Barroso veut étendre la culture d'OGM à toute l'UE

lu sur :
http://www.lemonde.fr/europe/article/2010/02/08/barroso-veut-etendre-la-culture-d-ogm-a-toute-l-ue_1302523_3214.html#ens_id=1266399
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Barroso veut étendre la culture d'OGM à toute l'UE
LEMONDE.FR avec AFP | 08.02.10 | 11h16  •  Mis à jour le 08.02.10 | 14h02


e président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, veut relancer le processus d'autorisation de la culture de deux OGM controversés très vite après la prise de fonctions de sa nouvelle équipe, la semaine prochaine, ont assuré à l'AFP plusieurs sources européennes. "L'autorisation de la culture du maïs MON810 et de la pomme de terre Amflora est une de ses priorités", a confié une source au sein de l'exécutif bruxellois, sous couvert de l'anonymat. "Il veut aller vite pour se débarrasser de ce problème qui lui a pourri son premier mandat", a confirmé un responsable européen.

La première réunion de la nouvelle Commission est prévue le 17 février, "mais le programme de travail est encore en cours d'élaboration", a précisé la porte-parole, Pia Ahrenkilde Hansen. Monsanto attend le renouvellement de l'autorisation pour la culture du MON810, seul OGM cultivé à ce jour dans l'UE, et la société BASF bataille pour sa pomme de terre. D'énormes intérêts financiers sont en jeu. BASF estime entre 30 et 40 millions d'euros par an les revenus dégagés par Amflora, si sa culture est autorisée.

"Barroso ne raisonne qu'en termes de marchés et de relations commerciales", a souligné le responsable européen. "Il se fonde sur les avis scientifiques qui disent que ces OGM ne présentent pas de risques pour la santé, mais ne se préoccupe pas des possibles conséquences à long terme sur l'environnement", a déploré la source au sein de la Commission. Le départ de Stavros Dimas, commissaire à l'environnement opposé à la culture des OGM, facilite la tâche à M. Barroso. Mais il doit tenir compte des réticences des Etats. Six pays, dont la France et l'Allemagne, ont interdit la culture du MON810, et onze Etats ont demandé à pouvoir interdire toutes les cultures d'OGM.

M. Barroso a subi un revers politique l'an dernier lorsque vingt-deux pays ont voté contre sa demande de faire lever les interdictions, et les gouvernements européens sont aujourd'hui très réticents à autoriser les produits OGM en raison de l'opposition de l'opinion, inquiète de leur possible toxicité. "Nous attendons de voir comment il compte s'y prendre", a commenté un diplomate.

11/01/2010

Le traitement des déchets en France

Réduction des déchets : les 3 vérités qui dérangent

Analyse critique de l'état de la prévention des déchets ménagers en France.

 

Un lien pour télécharger un dossier sur la question du traitement des déchets en France :

http://www.cniid.org/index.php?option=com_content&view=article&id=16&Itemid=12

 

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Pourquoi ce dossier ?

Comme chaque année aura lieu prochainement la Semaine de Réduction des Déchets, évènement institutionnel organisé par l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie). A cette occasion, Agir pour l’environnement et le CNIID souhaitent rendre publique cette enquête menée sur les freins actuels à une véritable politique de prévention des déchets en France.

L’objectif de ce dossier est donc de dénoncer les blocages politiques et économiques, en s’appuyant sur des études et plusieurs documents dévoilés, pour que la réduction des déchets ne se limite pas à une semaine par an. C’est aussi l’occasion pour les associations de formuler des demandes précises au Ministre en charge de l’environnement permettant d’atteindre des objectifs réels de réduction à la source des déchets.

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Contenu du dossier

Quelques chiffres : où en est-on ? ............2

Vérité n°1 - Les industriels et leurs emballages : des alibis pour ne rien changer aux habitudes.............. 4

Vérité n°2 – Les industriels font du lobbying sur les pouvoirs publics........8

Vérité n°3 - Une volonté politique déjà insuffisante est dépassée par  des priorités économiques....................11

L’immobilisme des pouvoirs publics face à l’urgence écologique : le Grenelle, encore des paroles ou un passage à l’acte ? ....14

Changeons la donne : les demandes des associations............15

Annexes................................................................16

Fiche eau du robinet – Ministère en charge de l’environnement p. 17

Courriers de la société Roxane à l’attention de 95 personnalités politiques  p. 19

Courrier d’Eco-emballages concernant la subvention d’un guide à l’attention du Symove p. 24

Motion adoptée par le Conseil National des Déchets concernant la durée de vie des produits p. 27

Courriers du BVP, de Metrobus et de l’Ademe concernant une campagne d’affichage à l’attention du Smictom des Châtelets

p. 28

15/11/2009

Les pollutions environnementales : un catalogue

lu sur :

http://www.univers-nature.com/inf/inf_actualite1.cgi?id=3978

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10-11-2009

Quelles pollutions près de chez soi ?

La Commission européenne et l'Agence européenne pour l'environnement (AEE) ont achevé la mise en place d’un nouveau registre européen global des rejets et transferts de polluants. Une des particularités de cet outil est qu’il est accessible par tous via un site Internet (1).
Le registre couvre des informations relatives aux émissions de polluants dans l'air, l'eau et le sol provenant de quelque 24 000 installations industrielles européennes. Au total, ce sont 91 substances qui sont recensées. Pour l’instant, les données disponibles concernent les polluants émis en 2007. A partir de l’année prochaine, le registre sera mis à jour une fois l’an, au mois d'avril.
D’après l’AEE, les informations couvrent : « 30 % des émissions totales de NOx (oxydes d'azote) – soit la plupart des émissions provenant de sources autres que le transport et 76 % des émissions totales de SOx (oxydes de soufre) dans l'air au sein des 27 Etats membres et en Norvège ». En plus des rejets industriels, l’outil fournit des informations sur les quantités transférées de déchets et d'eaux usées ainsi que sur des polluants de sources «diffuses» tels que l'azote et le phosphore provenant de l'agriculture.

Michel Sage

1) Le registre est accessible en version anglaise à l’adresse : http://prtr.ec.europa.eu/

06/09/2009

La géo-ingénierie : jouet des apprentis sorciers (2)

reçu de :
ETC Group
4 September 2009
The Royal Society’s Report on Geoengineering the Climate: Geoengineering or Geopiracy?
 
With the Royal Society’s President, Lord Martin Rees, presiding and James Lovelock, the father of the Gaia Hypothesis, commenting, the release of the Society’s report[1] outlining the possibilities for geoengineering the world out of the climate crisis could seem the very embodiment of the precautionary principle. In his 2004 book, Our Final Century, it was Lord Rees after all who warned us that technological hubris could obliterate a million lives through “bio error or bioterror” before 2020. He is a cautious man not disposed to put faith in technological silver bullets. Likewise, Dr. Lovelock has been outspoken in his alarm over the impending climate chaos – edging toward geoengineering, but equally perturbed by the “Kafkaesque” prospects of scientists and governments trying to rejig the planetary thermostat.
 
Media coverage of the report has been confused.[2] Not surprising since the venerable Society, at times contradicting itself, bent over backwards to appear balanced – an acrobatic feat beyond most academics! Still, there are two unequivocal messages: (1) Climate mitigation and adaptation are urgent and the first task is to reduce GHG emissions, and (2) Geoengineering is a credible, if unproven, Plan B should mitigation fail. While the Royal Society can be applauded for its first message, it is also an obligatory mantra en route to its second –  geoengineering must be funded and tested. After all, most of the report’s authors have less precautionary credentials than Rees and Lovelock. Many are actively engaged in geoengineering research and development, seeking financial support, and pushing specific earth techno-fixes.
 
From some perspectives, geoengineering as “an insurance policy” may seem prudent, practical and even precautionary. But, like it or not, the authors’ and readers’ perspectives are at least geographical if not geopolitical. Seen in the light of Realpolitik, the report’s explicit endorsement of geoengineering research and real-life experimentation – and its unwillingness to reject even the most outlandish schemes[3]– is deeply troubling.
 
The report can only plausibly seem precautionary when read from the perspective of OECD states. Techno-fixes have become the opiate of the politician – the best way to avoid the heavy lifting of actual decision-making and letting real problems fade (at least until after the next election) into the placid blue haze of Bunsen burners.
Geoengineering, the authors opine, is an unsatisfactory and hopefully distant Plan B that should only be considered if one or more climatic “tipping” events swing humanity close to catastrophe: the rapid release of methane gases from Arctic tundra; a sudden collapse of Greenland’s icefields; or, perhaps even the failure of governments at the critical climate change conference in Copenhagen this December to set a credible course that will pull the planet back from chaos.  The report acknowledges that there are many ways to geoengineer the planet and admits we know little about social and environmental impacts. The authors modestly propose that the UK government invest £10 million per year over 10 years for geoengineering research. Most of this research, readers are assured, would be in the form of monitoring and computer simulations – but the report also recommends field trials for several technologies. In communications with the Royal Society, they argue that, as a scientific body, it would be irresponsible for them not to study geoengineering and to equip governments and society with their best analysis of the risks and benefits involved. Officials point to the escalating media interest in geoengineering over the last several months and insist that they have felt obliged to take on the thankless task of bringing “scientific rigor” to an increasingly polemical debate.
 
But, again, it depends on where you are standing. If you are a member of the G-8 – and especially if you are the G-8 member who launched the Industrial Revolution that is causing climate change – you could have some confidence that geoengineering is your kind of fix. Only the world’s richest countries can really muster the hardware and software necessary to rearrange the climate and reset the thermostat. You can also have some hope that the cost of geoengineering will be much less than the 2% of global GDP per year that reducing greenhouse gas emissions around the world is conservatively expected  to cost.[4] Since it will be your money, your scientists and your companies that will undertake experiments and deploy geoengineering, you can feel relatively confident that you can control the process and protect your population. Because you know that the Copenhagen process is in trouble and the climate is in peril, it is politically reassuring to have Plan B in your hip pocket.
 
However, if your perspective is a little to port or starboard of the equator – in the tropics or subtropics – geoengineering looks a lot different...
 
First, the OECD governments that have either denied or ignored climate change for decades and that are responsible for almost all historic GHG emissions, are the ones that will have de facto control over the deployment of geoengineering experiments. Indeed, although the Royal Society concedes that UN bodies will have to step in and regulate geoengineering at some point, they propose going ahead with research and experiments (possibly involving public-private partnerships and proprietary technologies) right now using a “voluntary code of practice” that public and corporate scientists  themselves will write! It doesn’t help that the major private sector players in geoengineering will inevitably be the energy and chemical companies that are responsible for climate chaos.
 
Secondly, the governments that are talking about geoengineering experimentation are the ones that have failed to pony up even the most minimal funds for mitigation or adaptation. It defies reason to suggest that these governments will not divert climate change funding away from mitigation and adaptation toward geoengineering if given the opportunity. After all, they can spend the money on their own scientists and corporations to launch initiatives that are more likely to be beneficial to their part of the world.
 
Thirdly, to have an impact on the earth’s climate, geoengineering projects will have to be on a masive scale. Projects that alter the stratosphere or the oceans will not only have unknown implications but also unequal impacts, referred to in the report as “spatial heterogeneity.”[5] As much as the geoengineering of the Industrial Revolution disproportionately harms tropical and subtropical parts of the planet, geoengineering experiments could well do the same.
 
Put bluntly, there is no trust. There is no sane reason why the governments or peoples of most of Africa, Asia and Latin America should trust the governments, industries or scientists of OECD states to protect their interests in any Plan B. After all, these are the governments that recently spent trillions to protect their industries while allowing more than a billion people to go hungry, including an additional 150 million during the current food crisis – sparked itself, in part, by agrofuels and climate change.[6] In the absence of demonstrable goodwill from the states likely to conduct geoengineering, the governments of the global South should be more than suspicious.
 
There are at least two other broad reasons to be concerned depending upon your geographics and geopolitics:
 
There is no doubt that science has an important role to play in climate mitigation and adaptation. It is urgent and important that the scientific community work with national and even local governments to monitor and address the climate threats ahead. This collaborative effort will require a lot of money and a lot of focused energy. But, we need a thousand candles of brilliant research not a new Manhattan Project. By definition, the practical responses to climate change must change with the latitudes and the altitudes and the ecosystems. While it may satisfy the Nobel interests of scientists to wave magic wands around the globe, it simply takes money away from real solutions on the ground. Big Science is going to have to learn to become Diverse Science and to work with Southern governments, local communities, indigenous peoples and peasant farmers that are already trying to respond to this crisis.
 
Finally, despite the dulcet and precautionary tones in the Royal Society’s report, James Lovelock is right. Geoengineering is a Kafkaesque solution –  we are simply renting a line to catch the cat to catch the mouse instead of aggressively cutting back emissions and changing our lifestyles. We do not know enough about the earth’s systems to risk real-life geoengineering experiments. We do not know if these experiments are going to be cheap, as many geoengineers insist  –  especially if they don’t work, forestall more constructive alternatives, or cause adverse effects. We don’t know how to recall a technology once it’s released.
 
The only parties happy with the Royal Society’s report are the scientists undertaking geoengineering research already, the industries that can profit from experimentation and deployment, and the governments and corporations that hope this silver bullet will let them dodge the bullet of public criticism in Copenhagen in December. These groups only needed the Royal Society to flash governments a “yellow light” favouring more research and experimentation. They know that geoengineering is going to be a very tough sell with the public who already distrust science and industry and their governments on climate change. They are convinced that a failure in Copenhagen will lead the world to their doorstep. Perhaps quite unintentionally, the Royal Society has played into their hands. Ultimately, the Royal Society recommendations are built on the sand of ignorance and hubris. Without recognizing the geopolitical distance between the rich countries and the poor countries, geoengineering is geopiracy.
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For more information:
Diana Bronson (Montreal, Canada) diana@etcgroup.org
Phone: +1 514 273 6661; cell +1 514 629 9236
Pat Mooney (Ottawa, Canada) etc@etcgroup.org
Phone: +1 613 241 2267
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Notes:
 [1] Geoengineering the climate: science, governance and uncertainty, 1st September 2009, available on the Internet:http://royalsociety.org/document.asp?tip=0&id=8729
 [2] See Geoff Brumfiel, “Geoengineering report baffles reporters,” Nature Blog, 2 September 2009,http://blogs.nature.com/news/thegreatbeyond/2009/09/geoengineering_does_the_rounds.html
 [3] Even technologies such as covering deserts in reflective polyethylene-aluminum or putting mirrors in space, for example, are not dismissed from future consideration and therefore could be eligible for research funding.
 [4] The Stern Review of the Economics of Climate Change, available at http://www.hm-treasury.gov.uk/sternreview_index.htm in 2006 estimated the cost at 1% of global GDP, but the lead author Nicolas Stern doubled that estimate a mere two years later.  See Juliette Jowit and Patrick Wintour, “Cost of tackling global climate change has doubled, warns Stern,” The Guardian, June 26, 2008. This higher estimate has been recently questioned as being too conservative.  See for examplehttp://www.iied.org/pubs/display.php?o=11501IIED
 [5] Geoengineering the climate: science, governance and uncertainty, p. 62.
 [6] The World Bank estimates that 75% of the 140% rise in world food prices between 2002 and 2008 was due to agrofuel production. See Asbjorn Eide, “The Right to Food and the Impact of Liquid Agrofuels (Biofuels),” FAO, Rome, 2008, available athttp://www.fao.org/righttofood/publi08/Right_to_Food_and_Biofuels.pdf and Olivier de Schutter, Background Note: Analysis of the World Food Crisis by the UN Special Rapporteur on the Right to Food, available at http://www.srfood.org/images/stories/pdf/otherdocuments/1-srrtfnoteglobalfoodcrisis-2-5-08.pdf 

05/07/2009

L’irrigation agricole accapare l’eau en Poitou-Charentes et dans le Gers

lu sur : http://www.univers-nature.com/inf/inf_actualite1.cgi?id=3826

02-07-2009

L’irrigation agricole accapare l’eau en Poitou-Charentes et dans le Gers

 

Redoutées, les guerres de l'eau ne sont pas si lointaines de nous, à en croire l'hostilité manifestée par certains cultivateurs de maïs à l'annonce de mesures restrictives quant à leur consommation en eau. Implantés en Poitou-Charentes et dans le Gers, certains agriculteurs se sont, en effet, vivement opposés aux mesures d'encadrement prises par l'administration en la matière, faisant preuve de violences à l'encontre des services de l'Etat et des associations de protection de la nature présentes telles que FNE (1).

Bien que jugées insuffisantes par les associations dédiées à l'environnement, ces mesures visent à préserver des ressources en eau limitées, soumises à de multiples pressions. Comme le note Jacques Brie, chargé des questions "eau" au sein de l'association Poitou-Charentes Nature : « Tous les usages doivent être pris en compte : l'agriculture, mais avant tout l'eau potable, les milieux naturels, l'ostréiculture, le tourisme, sans oublier l'industrie ».

Cet épuisement des ressources en eau est une problématique familière à la région Poitou-Charentes, mobilisées par des cultures gourmandes en eau (essentiellement le maïs). De fait, d'après l'Observatoire Régional de l'Environnement Poitou-Charentes (ORE), « En Poitou-Charentes, les besoins en eau d'irrigation d'une culture peuvent être de l'ordre de 800 m3/ha/an pour des prairies à 2 500 m3/ha/an pour du maïs. Cela représente environ entre 7 et 21 fois plus que la consommation annuelle d'une famille de 4 personnes, estimée en moyenne au niveau national à 120 m3/an/famille ».(*)

Toutefois, malgré la menace que fait peser sur ces régions une raréfaction des réserves en eau, les agriculteurs contestataires restent sourds à ce partage des usages. Donnant la part belle à leurs intérêts propres, ils ont poussé encore plus loin leurs revendications, réclamant toujours plus de subventions pour pomper et utiliser l'eau ainsi prélevée.

Pourtant, pour Rémy Martin, président de FNE Midi-Pyrénées, des solutions existent pour sortir de cette impasse : « Des centaines d'agriculteurs diminuent chaque année leur consommation estivale en eau en refaisant de l'agronomie (rotation, haie, plantes moins gourmandes en eau durant l'été, couvert végétal…) ».

Enlisés dans une politique de l'autruche, les agriculteurs réfractaires ne voient pas qu'en desservant l'intérêt général, ce sont leurs propres intérêts qu'ils desservent. En effet, une fois que les ressources en eau seront épuisées, tout le monde en pâtira indistinctement.

Cécile Cassier

1- France Nature Environnement

(*) voir : http://www.univers-nature.com/inf/inf_actualite1.cgi?id=3449

23/06/2009

Que faire des 250 000 tonnes de déchets nucléaires ?

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2009/06/23/que-faire-des-250-000-tonnes-de-dechets-nucleaires_1210264_3244.html#ens_id=1210355

 

Enquête

Que faire des 250 000 tonnes de déchets nucléaires ?

LE MONDE | 23.06.09 | 14h39  •  Mis à jour le 23.06.09 | 14h39

 

Au nom de quoi retirerait-on aux générations futures la possibilité de décider par elles-mêmes ?" La question posée par le sociologue Michel Callon, professeur à l'Ecole des mines, est au coeur de la nouvelle doctrine française sur les déchets nucléaires. Elle repose sur le concept de "réversibilité" des solutions techniques, mais aussi des choix politiques. Un colloque vient d'être organisé sur ce thème, à Nancy, par l'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra), prélude à une conférence internationale prévue en 2010.

"Le stock de combustibles usés accumulé dans le monde se monte à 250 000 tonnes", rappelle Bernard Boullis, du Commissariat à l'énergie atomique (CEA). Même si l'on arrêtait demain toutes les centrales, le problème resterait donc entier. En France, 1 150 tonnes de combustibles irradiés sont déchargés chaque année des 58 réacteurs d'EDF, dont 850 tonnes retraitées.

Ces déchets ultimes ne représentent qu'un volume relativement faible : un peu moins de 50 000 tonnes pour la France, provisoirement entreposées dans les usines de retraitement, à La Hague (Manche) et Marcoule (Gard). Mais ces rebuts concentrent plus de 99 % de la radioactivité totale. Certains sont à très haute activité. D'autres à vie longue : des milliers, voire des millions d'années.

Pour ces substances très nocives, l'option mondialement retenue est le stockage dans des formations géologiques profondes, capables de les confiner pendant plusieurs centaines de milliers d'années. C'est pour valider cette solution que, sous la commune de Bure (entre Meuse et Haute-Marne), l'Andra a creusé, à 490 mètres de profondeur, dans une couche d'argilite, un laboratoire.

"Il s'agit d'une installation de recherche, qui ne constituera pas le futur site de stockage", précise Marie-Claude Dupuis, directrice générale de l'Andra. Celui-ci serait situé dans un périmètre de 30 km2 autour de Bure, où serait enfoui un réseau de 15 km2 de galeries et d'alvéoles souterraines.

Si, du moins, le Parlement et le gouvernement donnent leur feu vert. Un débat public est prévu en 2013, avant une enquête et une demande d'autorisation de construction en 2015, pour une éventuelle mise en service en 2025.

Rien n'est acquis. En dépit de la promesse de 700 à 1 000 emplois directs, l'opposition locale reste forte : plus de 50 000 électeurs des deux départements ont demandé un référendum local. C'est l'hostilité persistante d'une partie de la population, en même temps que le constat que les études sur la gestion des déchets radioactifs demandent à être plus poussées, qui a conduit le Parlement à inscrire dans la loi, en juin 2006, l'exigence de réversibilité. Cela pour une durée d'au moins cent ans. "Ce principe est crucial pour donner aux citoyens les meilleures garanties, mais aussi pour laisser à la science une chance de proposer, dans le futur, des alternatives", justifie Claude Birraux, président de l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques.

Tous les pays n'ont pas fait le même choix, souligne Claudio Pescatore, de l'Agence pour l'énergie nucléaire de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Aux Etats-Unis et en Suisse, la réversibilité est, comme en France, exigée par la loi. Au Canada et au Japon, elle l'est par le gouvernement. En Suède et en Finlande, elle n'est pas requise, mais néanmoins prévue par les exploitants nucléaires. En Angleterre, elle fait l'objet d'un débat.

La réversibilité suppose de pouvoir, à tout moment, retirer les colis radioactifs de leurs alvéoles souterraines. Mais aussi de pouvoir revenir sur les choix de gestion des déchets. Ce qui soulève de multiples questions. Comment assurer le même niveau de sécurité à un stockage susceptible d'être rouvert qu'à un ouvrage définitivement scellé ? Comment être sûr que, dans les décennies ou les siècles à venir, les institutions politiques seront au moins aussi stables que les formations géologiques, et qu'elles garantiront des processus de décision démocratiques ? Comment imaginer sérieusement qu'une fois lancé, on puisse revenir sur un projet chiffré, entre la construction et l'exploitation sur un siècle, à 15 milliards d'euros ?

Pour l'heure, la Suède est le premier pays à avoir choisi un site de stockage profond, dans du granit. Tous les autres tergiversent. Aux Etats-Unis, le projet d'enfouissement dans la roche volcanique de Yucca Mountain, dans le désert du Nevada, vient d'être "enterré" par Barack Obama. En Allemagne, le stockage dans la mine de sel de Görleben a été gelé par le moratoire sur le nucléaire. Le Japon, le Canada et l'Angleterre cherchent des sites. L'Espagne privilégie pour l'instant l'entreposage. La Chine, l'Inde et la Russie, quant à elles, n'ont pas arrêté de position.

 

Pierre Le Hir

Article paru dans l'édition du 24.06.09