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23/02/2013

Électricité statique, insectes, plantes

lu sur :

http://www.lemonde.fr/sciences/article/2013/02/21/le-bourdon-electrifie-par-les-fleurs_1836608_1650684.html

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Le bourdon électrifié par les fleurs

LE MONDE SCIENCE ET TECHNO | 21.02.2013 à 15h31 • Mis à jour le 22.02.2013 à 11h26

Par Hervé Morin - ZOOLOGIE

La couleur, les motifs, la forme, l'odeur, le degré d'humidité et la température des fleurs sont autant d'indices auxquels les insectes pollinisateurs se fient dans leur quête du précieux nectar. Des informations qui parlent aussi à nos sens humains. Mais des scientifiques de l'université de Bristol viennent de découvrir chez le bourdon une nouvelle modalité perceptive bien éloignée de celles dont nous sommes dotés : Bombus terrestris serait capable de sentir les champs électriques naturels entourant les fleurs et d'utiliser cette signature pour "fourrager" plus efficacement dans les massifs proches de son terrier !

Les biologistes savent depuis plus de trente ans que les insectes volants, tout comme les fleurs, sont électriquement chargés. Les premiers ont un potentiel électrique positif, tandis que les secondes sont chargées négativement. Cette différence favorise le transfert du pollen entre la plante et les insectes. Mais jusqu'alors le rôle de ces champs électriques très minimes dans le repérage des fleurs n'avait pas été étudié. C'est ce que viennent de faire Daniel Robert et ses collègues, qui publient leurs observations dans la version numérique de Science, vendredi 22 février.

Les chercheurs ont d'abord effectué des mesures sur des plantes réelles, en l'occurrence des pétunias. Ils ont constaté que la visite d'un bourdon modifie le potentiel électrique de la fleur de 25 millivolts (mV) pendant environ 100 secondes. Cette décharge commence avant même que l'insecte ne se pose, par induction électrostatique. Permet-elle aux autres insectes de savoir que la fleur en question a déjà été visitée ?

 

Pour répondre à cette question, les chercheurs ont testé, grâce à d'élégantes expériences de conditionnement, la capacité des bourdons à différencier des fleurs artificielles. Certaines de ces "e-flowers", comme les nomment les chercheurs, contenaient du sucrose et présentaient un potentiel électrique de 30 V en courant continu, d'autres proposaient une solution amère et étaient reliées électriquement à la terre. Rapidement, les bourdons montraient une préférence pour les premières, mais quand celles-ci étaient reliées à la terre ils visitaient indifféremment les deux types de fleurs - comme s'ils avaient perdu un précieux indice.

Les chercheurs ont, de la même façon, mis en évidence la capacité des bourdons à "voir" les formes géométriques liées au champ électrique des fleurs. Enfin, ils ont montré que, quand on ajoutait cette signature électrique à un indice visuel classique (une couleur différente), l'apprentissage était encore accéléré.

"Ce travail illustre un problème majeur dans l'étude du comportement animal : bien souvent, nous ne percevons ni n'interprétons le monde qui nous entoure de la même manière que les animaux que l'on étudie, commente Mathieu Lihoreau (université de Sydney), spécialiste des bourdons. Le danger, c'est qu'une compréhension incomplète de leurs capacités sensorielles biaise la façon dont nous posons les questions et interprétons nos résultats."

En l'occurrence, même si ces observations restent à confirmer en milieu naturel, "la découverte de cette sensibilité aux champs électriques permet de mieux comprendre les informations prises en compte par les bourdons dans leurs décisions de fourragement, indique-t-il. Mais cela pose la question de l'impact potentiel des champs électromagnétiques artificiels issus de l'activité humaine - téléphones, lignes à haute tension - sur le comportement des bourdons et autres insectes pollinisateurs."

Cancer et impunité des industriels du bitume

lu sur :

http://www.lemonde.fr/sciences/article/2013/02/21/bitume-un-toxique-professionnel_1836600_1650684.html

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Bitume Un toxique professionnel

LE MONDE SCIENCE ET TECHNO | 21.02.2013 à 15h31 • Mis à jour le 22.02.2013 à 11h28

Par Yves Sciama

Le 13 novembre 2012, la cour d'appel de Lyon a reconnu la société Eurovia, prospère filiale du géant du BTP Vinci, coupable de "faute inexcusable" dans le décès de Francisco Serrano-Andrade, à l'âge de 56 ans. Atteint d'un cancer de la peau - un épithélioma spinocellulaire -, cet ouvrier était mort en 2008, défiguré et dans de terribles souffrances, après vingt ans de travail au contact du bitume. Cette première judiciaire mondiale - qui ouvre évidemment la voie à d'autres procédures, dont certaines sont déjà en cours - constitue un séisme pour une industrie routière qui plaide depuis des décennies l'innocuité des "produits noirs". Elle offre l'occasion de se pencher sur les rapports troubles entre les sciences de la santé, particulièrement l'épidémiologie, et les entreprises employant des produits dangereux, rapports dont le bitume offre un parfait cas d'école.

A LIRE : Il faut mettre fin à l'impunité des crimes industriels

La parole des industriels du bitume est en effet sans équivoque. Pour Jean-Baptiste de Premare, délégué général de l'Union syndicale de l'industrie routière française (Usirf), le syndicat patronal des épandeurs d'enrobés, "le principal risque, c'est la brûlure, et le second, l'irritation respiratoire". Même son de cloche du côté des fabricants ; Didier Carré, du Groupement professionnel des bitumes (GPB), dans une présentation aux Journées techniques route 2011, précise en outre que "ces irritations sont temporaires et [que] les nombreuses études scientifiques n'ont jamais pu mettre en évidence de danger de ces fumées pour les opérateurs".

 

L'affirmation étonnera quiconque a senti un jour l'odeur corrosive émanant du moindre chantier de rénovation routière. Scientifiquement parlant, elle est en tout cas indéfendable. Les bitumes, issus du raffinage du pétrole, contiennent "des milliers de composés, dont des dizaines qui sont des cancérogènes avérés, comme les hydrocarbures aromatiques polycycliques, parmi lesquels le redoutable benzopyrène", indique Jean-François Narbonne, professeur à l'université Bordeaux-I.

"L'INDUSTRIE CACHE VRAIMENT LES RISQUES"

"Je ne pense pas que quiconque qui a un minimum de connaissances scientifiques puisse dire que le bitume est totalement inoffensif", renchérit la toxicologue Béatrice Secrétan-Lauby, du Centre international de recherche sur le cancer (CIRC). L'organisme, placé sous l'autorité de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), remplit la fonction d'expert mondial sur les cancérogènes, chargé de dire la science. Et la chercheuse y a coordonné en octobre 2011 la dernière évaluation du bitume. C'est elle qui a sélectionné les 15 meilleurs spécialistes mondiaux et qui les a réunis deux semaines, le temps de produire cette expertise. "La plus difficile que j'aie faite depuis dix ans, juge-t-elle, tellement est grande la complexité des produits et de leurs usages." Mais, pour la scientifique, "les industriels utilisent cette complexité, et donc la complexité de la science, à leur avantage". Et de s'indigner : "J'ai été contactée, à la suite de cette évaluation, par plusieurs médecins du travail à qui on avait dit que le seul risque c'était la brûlure. J'ai été étonnée de voir à quel point l'industrie cache vraiment les risques, qui pourraient après tout être déclarés pour ce qu'ils sont."

La toxicologue n'a pourtant rien d'une va-t-en-guerre. La cancérogénicité du bitume n'est selon elle nullement avérée, et elle défend le prudent classement par le CIRC, à l'issue de ces travaux, des bitumes routiers dans la catégorie 2B, celle des "cancérogènes possibles". Mais ce classement en 2B n'a rien d'un verdict d'innocuité. D'abord parce que lors de sa précédente évaluation, en 1987, le produit avait été placé dans la catégorie 3, "inclassable quant à sa cancérogénicité". En vingt-quatre ans, il est donc monté, sous l'effet de nouvelles publications scientifiques, d'un cran dans l'échelle du risque. Ensuite parce que l'expertise, dans ce genre d'institution, est par nature conservatrice. Le CIRC tire par exemple fierté de ce qu'aucun de la centaine d'agents classés par l'institution en catégorie 1 ("cancérogène avéré") n'a jamais été rétrogradé vers une dangerosité inférieure. Mais, à l'inverse, de nombreuses substances, à mesure que les indices s'accumulaient, ont migré vers les catégories de risque les plus élevées, comme le formaldéhyde, désormais en catégorie 1 après avoir été classé 3, puis 2B, puis 2A.

Surtout, il faut savoir que les quelques centaines d'études publiées depuis cinquante ans sur le bitume et que le CIRC a expertisées présentent une dichotomie clairement visible (et assez classique). "Les études in vitro et sur animaux indiquent un risque bien plus net que les travaux épidémiologiques", résume le chimiste Marcel Castegnaro, retraité du CIRC, qui fut parmi les premiers, dans les années 1990, à mettre en évidence des lésions à l'ADN des rats induites par passage cutané des condensats de bitume.

Les experts du CIRC ont ainsi recensé, au fil d'articles provenant de France, de Chine, de Finlande, etc., une longue série de dégâts à l'ADN (adduits, micronoyaux, lésions multiples) observés dans différents protocoles exposant des cellules aux produits bitumineux. Ils indiquent en outre que, "comparés avec ceux des populations de contrôle, le sang ou l'urine de travailleurs de la route ont montré des niveaux plus élevés d'urine mutagène, de composés oxydés réactifs, des dommages à l'ADN accrus, des altérations cytogénétiques (...) et des aberrations chromosomiques dans les lymphocytes", cellules du système immunitaire. Les dommages à l'ADN et les mutations sont la première étape, on le sait, vers le cancer : deux ou trois mutations peuvent suffire à déclencher le processus.

Quant à la principale expérience de cancérologie animale innocentant le bitume, menée par l'institut allemand Fraunhofer en 2007, elle n'a pas vraiment convaincu les évaluateurs : le rat est réputé être un mauvais modèle du cancer du poumon et fut abondamment utilisé par l'industrie du tabac pour dissimuler la nocivité de ses produits.

FAIBLESSES DE L'ÉPIDÉMIOLOGIE

Du point de vue de la recherche en laboratoire, donc, la précancérogénicité du bitume semble assez clairement établie. Mais ce qui a en fait sauvé le bitume de la catégorie 2A, celle des "cancérogènes probables", c'est le caractère peu concluant des deux principales et plus récentes études épidémiologiques internationales qui lui ont été consacrées, publiées en 2003 et en 2009.

La première incluait près de 30 000 travailleurs européens du bitume et avait constaté une surmortalité du cancer du poumon proche de 20 % (40 % pour la partie française de l'étude), tout en exprimant le soupçon qu'elle puisse être imputable à d'autres causes que le bitume, notamment le tabagisme.

Quant à la seconde, une sorte de zoom épidémiologique centré sur 457 victimes du cancer du poumon issues de cette cohorte de 2003, un de ses principaux objectifs consistait à mieux évaluer l'effet du tabac. Elle concluait à l'impossibilité d'établir un lien causal entre travail du bitume et cancer du poumon... tout en précisant : "Notre étude pourrait avoir échoué à détecter une faible et néanmoins significative association." Bref, selon l'épidémiologie, la culpabilité n'apparaît pas, même si l'innocence n'est pas acquise. Et les industriels se privent rarement de rappeler que les résultats de laboratoire ne reproduisent pas nécessairement les conditions du terrain, notamment au niveau des doses - autrement dit que seule l'épidémiologie peut fournir des preuves incontestables.

Il faut cependant prendre la mesure du défi que constitue l'apport d'une preuve épidémiologique formelle dans ce genre de dossier. Le cancer frappe souvent plusieurs décennies après l'exposition ; les tumeurs ne livrent aucune indication sur leur déclencheur, et il y a des dizaines d'agents possibles. Parmi eux, le tabac est si meurtrier qu'il peut masquer les effets d'autres agents moins puissants. Enfin, "mesurer exactement l'exposition des travailleurs est particulièrement difficile", concède Ann Olsson, épidémiologiste suédoise du CIRC, première signataire de l'étude de 2009. Cela suppose d'enquêter minutieusement pour établir combien de mois dans l'année, combien d'heures par jour et à quel poste exactement ont exercé ces victimes, pour beaucoup mortes depuis longtemps... L'épidémiologie, dont l'utilité ne fait pas débat, reste ainsi une science bien plus approximative qu'on ne se l'imagine généralement. Les tableaux de chiffres d'apparence indiscutable sur lesquels elle se fonde autorisent souvent des interprétations multiples, et les biais statistiques possibles sont extrêmement nombreux.

 BIAIS SCIENTIFIQUES

L'un d'entre eux, particulièrement notable, mérite d'être cité à titre d'exemple. L'étude de 2003 évoquée plus haut a porté sur 8 pays qui ont chacun fait l'objet d'un article séparé. Une lecture attentive de celui concernant la France révèle que les travailleurs n'ayant pas la nationalité française ont tout bonnement été écartés de l'étude, du fait "de la difficulté d'obtenir des informations sur la santé et les éventuelles causes du décès pour les personnes rentrées dans leur pays de naissance" ! (Idem pour l'étude de 2009.) Une pratique qui serait "habituelle". On apprend en outre que les auteurs ignorent quelle proportion de travailleurs ont ainsi été sortis de leur base de données, cette information ne figurant pas dans les listings fournis par les employeurs. Les difficultés invoquées sont indéniables, mais comment ne pas se demander ce que valent des statistiques de morbidité dont les migrants, depuis toujours assujettis en Europe aux tâches les plus exposées, ont été exclus ?

Au-delà du cas du bitume, ce problème des biais et des interprétations subjectives est particulièrement sensible dans l'épidémiologie professionnelle, qui s'effectue presque par nature dans un contexte de constante ingérence patronale. "Il faut bien comprendre, indique l'Italien Paolo Boffetta, coordonnateur sous l'égide du CIRC de l'étude de 2003, qu'il serait très difficile de faire des études de ce type contre les industriels : ce sont eux qui détiennent les listes de travailleurs, et eux seuls connaissent les produits auxquels ils ont été exposés." En outre, les industriels, en tout cas en ce qui concerne le bitume, ont payé une part importante de ces études. Hélas, si la liste des financeurs figure dans les articles, ce n'est pas le cas du montant de leur contribution. Paolo Boffetta, qui a désormais quitté le CIRC et poursuit une brillante carrière à New York, ne se "souvien[t] pas" de la part patronale dans le financement de sa recherche, ni même de son ordre de grandeur ; pas plus qu'Ann Olsson ne s'en souvient pour sa propre étude. A leur décharge, les montages sont souvent compliqués : organisés pays par pays, ils associent des fondations, de l'argent public, des contributions d'instituts de recherche...

Certes il existe toujours ce qu'on appelle un "pare-feu" : les industriels ne rétribuent pas directement les chercheurs, mais l'institution qui les emploie. Reste qu'en contrepartie de ces financements les entreprises suivent les travaux en cours, reçoivent les épreuves des articles avant publication et peuvent commenter. Elles sont naturellement tenues de respecter l'indépendance des chercheurs, "mais il y a des tensions dès que les résultats ne correspondent pas à leurs attentes", indique Marcel Castegnaro, qui a dû affronter ses bailleurs industriels pour pouvoir publier dans les termes de son choix. "Pour l'avoir vécu, je peux vous dire qu'il faut du caractère pour résister à ces pressions", indique-t-il.

LUTTE D'EXPERTS

Comme le rappelle Neil Pierce, de l'université australienne de Wellington, dans un article titré "Corporate Influences on Epidemiology", "aujourd'hui, pour chaque épidémiologiste indépendant étudiant les risques des produits industriels, il y a plusieurs autres épidémiologistes employés par l'industrie pour attaquer la recherche". La plupart des chercheurs, à l'instar d'Ann Olsson, estiment parvenir à garder leur indépendance dans ce contexte. Reste qu'ils sont sous la pression constante des scientifiques recrutés par les entreprises pour défendre leurs intérêts. Alors que les salariés exposés, eux, n'ont jamais d'experts propres.

Qu'au final il subsiste des doutes sur les effets sanitaires exacts des bitumes est incontestable. Le cancer du poumon, sur lequel la recherche s'est focalisée, n'est d'ailleurs peut-être pas le principal risque : les études épidémiologiques ont, dans plusieurs pays, relevé des surmortalités en matière d'asthme, pneumonie, emphysème, cancers cutanés ou digestifs et autres pathologies qui n'ont jamais été explorées plus avant. Mais, jusqu'à ce procès Eurovia, les doutes ont toujours profité aux employeurs.

Les choses seraient-elles en train de changer ? Dans la foulée de la réévaluation par le CIRC, l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) annonce pour cette année un avis sur la toxicité du bitume. Le débat, en tout cas, n'est pas qu'académique : "Etre reconnu en maladie professionnelle, rappelle Frédéric Mau, secrétaire du CHSCT d'Eurovia, c'est le maintien du salaire, une petite rente pour la famille en cas de décès, des soins de bonne qualité aux frais de la caisse patronale. Dans le cas contraire, on est soigné aux frais du régime général, licencié au bout d'un an pour inaptitude au poste, et puis c'est le RSA. Avec d'innombrables situations tragiques à la clé."


Chronologie

 

1987 Le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) place le bitume routier dans la catégorie 3, "inclassable quant à sa cancérogénicité".

1988 Dans un rapport au département du travail, l'Institut de la sécurité et de la santé au travail américain préconise que les fumées de bitume soient considérées comme un cancérogène potentiel.

28 février 2002 Arrêt amiante prononcé par la Cour de cassation : "L'employeur est tenu envers le salarié d'une obligation de sécurité de résultat, notamment en ce qui concerne les maladies professionnelles contractées par l'intéressé du fait des produits fabriqués ou utilisés par l'entreprise".

2003 L'enquête Sumer (surveillance médicale des risques) du ministère du travail révèle que 2,4 millions de salariés sont exposés à 23 cancérogènes avérés reconnus en France.

2010 Le tribunal des affaires sociales de l'Ain condamne pour "faute inexcusable" Eurovia, qui fait appel.

2011 Le CIRC place les bitumes routiers dans la catégorie 2B, "cancérogène possible", et les bitumes employés sur les toits (5 % du total) en 2A, "cancérogène probable".

2012 La cour d'appel de Lyon confirme la "faute inexcusable" d'Eurovia et condamne la société à verser 200 000 euros de réparation à la famille de Francisco Serrano-Andrade, un ouvrier mort d'un cancer dû au bitume.

Lutte contre la corruption ?

lu sur :

http://www.lemonde.fr/europe/article/2013/02/21/espagne-mariano-rajoy-promet-une-legislation-stricte-contre-la-corruption_1836046_3214.html

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Espagne : Mariano Rajoy promet une législation stricte contre la corruption

LE MONDE | 21.02.2013 à 12h02

Par Sandrine Morel - Madrid, correspondance

Mariano Rajoy a finalement répondu au vent d'indignation soulevé par la multiplication des affaires de corruption. Mercredi 20 février, à l'occasion du débat annuel sur l'état de la nation, le chef du gouvernement espagnol a annoncé devant les députés un vaste plan de lutte contre ce fléau. "La corruption est corrosive pour l'esprit civique, blesse la démocratie et discrédite l'Espagne", a déclaré le président du Parti populaire (PP, conservateur) avant de plaider pour un pacte entre toutes les forces politiques.

Le premier débat sur l'état de la nation de Mariano Rajoy depuis son élection, en novembre 2011, était très attendu. Ces quatorze derniers mois ont vu la crise économique s'aggraver, le pays retomber en récession (– 1,4 % du PIB en 2012) et le nombre de chômeurs augmenter de près de 900 000 pour atteindre les 6 millions (26 % de la population active). Les manifestations sont quotidiennes contre la politique d'austérité qui, comme l'a rappelé M. Rajoy, a permis d'économiser 21 milliards d'euros en 2012, au prix de coupes dans l'éducation, la santé ou les salaires des fonctionnaires.

S'y sont ajoutées une crise territoriale ouverte par le processus indépendantiste enclenché par le gouvernement nationaliste catalan et une crise institutionnelle liée à des affaires de corruption n'épargnant aucun parti ni aucune des plus hautes administrations de l'Etat. Le nom même de Mariano Rajoy apparaît dans la comptabilité secrète présumée de l'ancien trésorier du Parti populaire, Luis Barcenas, comme récepteur de "compléments de salaires" au noir durant onze ans. Autant de raisons qui présageaient un débat intense.

LES SOCIALISTES DÉNONCENT UNE "CRISE MORALE" 

D'abord réaliste, M. Rajoy s'est attardé dès ses premiers mots sur "la dramatique situation sociale et économique que traverse l'Espagne". Sur la défensive, il est revenu en détail sur l'héritage du précédent gouvernement socialiste, avant d'affirmer avoir "évité le naufrage qui menaçait notre pays". Il a ensuite voulu insuffler de l'optimisme en disant "voir le chemin de l'avenir dégagé". Et, finalement triomphaliste, il a déclaré, après avoir abordé ses différentes négociations en Europe (aide aux banques, budget européen), que "l'Espagne est un pays que l'on peut aider mais pas diriger". Phrase suivie d'une salve d'applaudissements venue des bancs du PP, qui dispose de la majorité absolue.

M. Rajoy n'a pas commenté l'affaire Barcenas ni répondu aux nombreuses interpellations sur ce sujet des opposants qui ont demandé sa démission, notamment le chef de file socialiste, Alfredo Perez Rubalcaba, qui a dénoncé la "crise morale" de l'Espagne.

"Il n'est pas vrai qu'en Espagne il y a une corruption généralisée", a insisté M. Rajoy, avant d'annoncer que les partis politiques, le patronat et les syndicats seront concernés par le projet de loi de transparence en cours de discussion parlementaire. Il a aussi proposé une loi de contrôle des finances des partis, une réglementation sur la publication des déclarations d'impôts et de patrimoine des élus, une échelle de rétribution et autres avantages, un registre des groupes d'intérêt et lobbies, ou encore un durcissement des peines pour corruption.

PEU DE TEMPS CONSACRÉ AUX TENSIONS AVEC LA CATALOGNE

Ce plan ambitieux fut l'annonce la plus importante d'un discours qui n'a, par ailleurs, apporté que peu de surprises, hormis l'assurance que le déficit de 2012 serait inférieur à 7 % du PIB, alors que l'objectif était de 6,3 %, et le lancement de mesures destinées à stimuler l'économie. Cette "seconde génération de réformes" consistera, "dans la mesure où les conditions le permettent", en une aide au financement bancaire de 32 milliards d'euros, un assouplissement du régime de TVA et des avantages fiscaux à l'embauche des jeunes.

M. Rajoy a consacré peu de temps aux tensions avec la Catalogne, essentiellement pour demander le respect de la Constitution, qui proclame "l'unité indissoluble" de l'Espagne, pour rappeler que seul l'Etat peut organiser un référendum et appeler au "droit des Catalans à être Espagnols et Européens". Le député de la droite nationaliste catalane, Josep Duran i Lleida, lui a répondu qu'il ne devait "pas avoir peur de la démocratie".

Pendant ce temps, au dehors, les salariés d'Iberia poursuivaient leur troisième jour de grève pour protester contre les 4 500 licenciements annoncés par la compagnie aérienne, le concours Miss España annonçait sa faillite, plusieurs centaines de juges manifestaient pour réclamer plus de moyens contre la corruption, et le secrétaire général du Parti socialiste catalan, Pere Navarro, demandait l'abdication du roi. Jeudi, le débat sur le piteux état de la nation devait continuer.

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sur le même sujet :

http://www.lemonde.fr/europe/article/2013/02/19/espagne-a-l-assaut-des-gouvernants_1834904_3214.html

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Espagne : à l'assaut des gouvernants !

LE MONDE | 19.02.2013 à 14h37 • Mis à jour le 19.02.2013 à 15h02

Par Cécile Chambraud et Sandrine Morel (à Madrid) 

Les députés espagnols en ont encore les oreilles qui tintent. Le 5 février, ayant enfin réussi à se faire ouvrir la porte du Congrès, Ada Colau a dit leur fait à ceux qu'elle juge responsables de la bulle immobilière et de ses victimes collatérales, les nombreux Espagnols expulsés de logements qu'ils ne peuvent plus rembourser. Quatre ans de combat contre la détresse sociale condensés en quarante minutes d'une intervention au débit de mitraillette : la porte-parole de la Plateforme pour les victimes des emprunts (PAH) n'a pas fait dans la demi-mesure.

A 38 ans, cette philosophe de formation a accusé les partis de gouvernement, PP et PSOE, d'être complices d'une "escroquerie généralisée". Sans ciller, Ada Colau a rappelé les suicides des personnes sur le point d'être expulsées. Résultat : bien qu'opposée aux mesures réclamées par la PAH, la majorité parlementaire a été contrainte d'accepter d'en discuter. Ada Colau a fait entrer presque par reffraction la société civile au Parlement.

Mêlant langage radical et actions pragmatiques, la PAH aide les familles menacées d'expulsions, intervient auprès des banques et des pouvoirs publics, conseille, sert d'intermédiaire. Depuis 2009, l'association née à Barcelone et qui a essaimé dans toute l'Espagne affirme avoir évité 574 expulsions. Elle ne se contente pas de faire du social. Ada Colau n'a eu de cesse de pousser les partis à réformer la loi. La PAH demande un moratoire sur les expulsions et la possibilité pour les personnes incapables de rembourser leur bien de s'acquitter de leur dette en l'abandonnant aux banques. Les députés ont accepté d'examiner ces propositions. Pas de les voter.

BEATRIZ TALEGON, rebelle socialiste

Son discours au congrès de l'Internationale socialiste, au Portugal début février, a fait le tour des réseaux sociaux. A 29 ans, la secrétaire générale de l'Union internationale de la jeunesse socialiste, l'Espagnole Beatriz Talegon, n'a pas tremblé en critiquant,devant les dirigeants, l'absence des socialistes dans la rue pour soutenir les gens qui ont besoin de "démocratie""Comment pensez-vous raviver la révolution depuis un hôtel de 5 étoiles en arrivant en voitures de luxe?", leur a-t-elle lancé.

"Ce que j'ai dit, c'est simplement ce que pensent tous les jeunes et pas seulement ceux du parti", se justifie cette Madrilène diplômée en droit et professeure de piano. Entrée en 2004 aux Jeunesses socialistes après le traumatisme des attentats djihadistes du 11mars à Madrid, en réaction "à la manipulation du gouvernement de José Maria Aznar" qui avait attribué les explosions aux séparatistes basques de l'ETA, elle commente sans ciller l'effondrement du PSOE aux dernières élections: "La gauche ne peut pas être incohérente avec elle-même, parce que nos votants sont des idéalistes. Quand on les déçoit, ils ne pardonnent pas."

Elle-même, comme dirigeante socialiste, a été prise à partie dans une manifestation contre les expulsions. Sympathisante du mouvement des "indignés", où elle a pioché des idées, elle affirme que "le parti ne doit pas rivaliser avec les mouvements sociaux mais être au service des citoyens""Il y a beaucoup de gens très bons dans le parti. J'espère que ce coup de poing sur la table les fera sortir."

ALEIX SALO, dessinateur inspiré

Il aurait pu être architecte, dans un pays qui en compte trop depuis que la bulle immobilière a éclaté. Mais en 2009, le Catalan Aleix Salo a abandonné les bancs de la fac pour se consacrer à sa passion: les vignettes satiriques. Il dessine d'abord dans des journaux locaux, dans la petite ville de Ripollet. En 2011, avec Españistan, ce pays s'enfonce dans la merde, le succès arrive grâce au book trailer qui l'accompagne. Ce résumé en vidéo du livre, qui revient avec un humour sarcastique sur les origines de la bulle, a été vu par plus de 8 millions de personnes sur YouTube et 20000 BD ont été vendues. Españistan devient l'une des références du mouvement des "indignés".

Lui se maintient à l'écart, pour ne pas "perdre son indépendance". En 2012, il revient avec Simiocracia, chronique de la grande gueule de bois économique – dont le book trailer est vu par 3 millions de personnes et le livre vendu à 50000 exemplaires. "Mon objectif est simplement de synthétiser la montagne d'infos sur la corruption, la politique, la dette publique, dont nous sommes abreuvés." En avril, il sortira une nouvelle BD, Euro-cauchemar, sous-titrée Quelqu'un a mangé la classe moyenne. Succès assuré.

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et aussi :

lu sur :

http://www.lemonde.fr/europe/article/2013/02/21/le-gouvernement-bulgare-renverse-par-la-rue_1836377_3214.html

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Le gouvernement bulgare renversé par la rue

LE MONDE | 21.02.2013 à 11h49

Par Benoît Vitkine

Nul ne savait que la vue du sang était aussi intolérable à Boïko Borissov. Le premier ministre bulgare, ancien garde du corps du dirigeant communiste Todor Jivkov, ancien colonel des pompiers féru de karaté, ancien général de la police suspecté d'avoir longtemps entretenu des liens avec le crime organisé, a annoncé, mercredi 20 février, la démission de son gouvernement de centre droit en expliquant "ne pas supporter la vue du Pont-aux-Aigles ensanglanté".

C'est sur ce carrefour du centre de Sofia qu'avaient eu lieu, la veille, les affrontements les plus durs entre quelques dizaines de jeunes et la police, à l'issue de manifestations organisées dans la capitale contre la cherté de l'électricité. Une trentaine de personnes avaient été blessées.

Ces violences s'inscrivent dans un mouvement plus large, né au cours d'un mois de janvier particulièrement froid, lorsque les citoyens bulgares ont reçu leur facture mensuelle d'électricité. La hausse des prix, décidée au coeur de l'été 2012, ne s'est fait ressentir qu'à ce moment-là, et l'addition a fréquemment grimpé jusqu'à 100 euros, dans un pays, le plus pauvre de l'Union européenne (UE), où le salaire moyen s'établit à 380 euros et la retraite moyenne à 150 euros.

La contestation a atteint un pic dimanche, avec plusieurs dizaines de milliers de manifestants recensés dans une vingtaine de villes. Brûlant leur facture, les manifestants dénonçaient l'association "mafieuse" entre dirigeants politiques et entreprises énergétiques étrangères.

Depuis la privatisation du début des années 2000, trois d'entre elles – deux tchèques et une autrichienne – se partagent le marché bulgare, et elles sont accusées d'engranger des profits démesurés. La tension est encore montée en début de semaine avec les immolations par le feu de deux hommes.

"LE PEUPLE NOUS A DONNÉ LE POUVOIR, NOUS LE LUI RENDONS"

La décision du premier ministre de quitter le pouvoir a pris de court les observateurs : l'inflexible Boïko Borissov s'était certes emparé du dossier avec retard, mais il avait tout fait, ces derniers jours, pour endiguer la crise : lundi, il avait limogé son ministre des finances, Simeon Diankov, avant de se dire déterminé, mardi, à obtenir une baisse des tarifs de 8 %. Il n'avait pas hésité, surtout, à annoncer la révocation de la licence du groupe tchèque CEZ, distributeur dans l'ouest du pays, malgré le courroux de Prague.

Mais la grogne était plus profonde, la défiance plus ancrée et l'affaire de l'électricité a servi de catalyseur, si ce n'est de prétexte.

Elu en 2009 en promettant de lutter contre la corruption et le crime organisé, le gouvernement GERB (Citoyens pour le développement européen de la Bulgarie) a largement échoué dans ce dossier. L'exécutif bulgare rejoint aussi la longue liste des gouvernements européens tombés pour cause d'austérité. Les finances publiques de Sofia sont saines, mais quatre ans de gel des salaires et de hausse du chômage (11,9 % aujourd'hui) ont eu raison de la patience des Bulgares, qui attendaient une amélioration de leurs conditions de vie après l'adhésion à l'UE, en 2007.

M. Borissov semble avoir pris la mesure de cette déception. "Nous avons de la dignité et de l'honneur. Le peuple nous a donné le pouvoir, aujourd'hui nous le lui rendons", a-t-il dit au moment d'annoncer sa démission, mercredi, devant le Parlement. Signifie-t-elle la fin politique de "Bate" ("grand frère") Boïko, l'un des dirigeants les plus charismatiques d'Europe ? Le premier ministre démissionnaire a seulement indiqué que ni lui ni son parti ne participeraient au gouvernement intérimaire chargé de conduire le pays à des élections anticipées, sans doute en avril ou mai.

Pour Kancho Stoïtchev, analyste chez Gallup International, la décision est "judicieuse : elle donne une légitimité à Borissov pour se maintenir dans la vie politique". Une manoeuvre, en quelque sorte, lui permettant de revenir plus tard dans le jeu. "Il a trop d'amour-propre pour cela, estime à l'inverse le politologue Antony Todorov. Il a compris que son charisme n'opérait plus et, en vrai populiste, il est sensible à ce que dit la rue."

Mercredi soir, les plus déterminés et les plus "antisystème" des contestataires ont à nouveau investi le centre de Sofia, quelques milliers de personnes cernant le Parlement puis le siège de CEZ. Devant le manque d'alternative crédible, ceux-là pourraient bien, après leur facture d'électricité, brûler leur carte d'électeur. Jeudi, un rassemblement massif de soutien à Boïko Borissov était annoncé.

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et encore :

Italie_ le patron de Finmeccanica arrêté dans une affaire de corruption | La-Croix.com.pdf

22/02/2013

Palestine : Israël, ses services secrets, l'Iran, le "prisonnier X"

les surlignages sont de moi

lu sur :

http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2013/02/21/israel-veut-classer-le-dossier-du-prisonnier-x-et-ses-questions-restees-sans-reponses_1836027_3218.html

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Israël veut classer le dossier du "prisonnier X" et ses questions restées sans réponse

LE MONDE | 21.02.2013 à 12h11

Par Laurent Zecchini - Jérusalem, correspondant

Bien sûr, il ne s'agit pas d'un aveu officiel. Mais la mise au point à laquelle s'est résolu le bureau du premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, mardi 19 février, s'en approche. Du moins autant que le caractère sensible d'une affaire impliquant le Mossad, le service de renseignement extérieur d'Israël, le permet.

Ben Zygier, alias "prisonnier X", qui s'est apparemment pendu dans sa cellule du quartier de haute sécurité de la prison Ayalon, près de Ramleh (sud de Tel-Aviv), le 15 décembre 2010, "n'avait aucun contact" avec les services secrets australiens (ASIO), et les relations entre les organisations de sécurité des deux pays sont excellentes, vu qu'elles travaillent "en parfaite coordination et transparence".

Par ce communiqué, le gouvernement israélien espère couper court aux informations publiées par la presse, notamment la chaîne de télévision australienne ABC, selon lesquelles le mystérieux prisonnier aurait été interrogé par les agents d'ASIO (avant son retour en Israël), à qui il aurait livré des informations sur des opérations clandestines du Mossad, en particulier l'une d'entre elles. Selon le journaliste australien Trevor Bormann, d'ABC, il s'agirait de la création en Italie – par Ben Zygier et deux autres Israéliens-Australiens prénommés "Paul" et "David" – d'une société écran chargée d'exporter des équipements de communication dans divers pays du Proche-Orient, en particulier l'Iran.

En démentant de facto tout différend entre ses services et ceux de Canberra, Tel-Aviv veut parer le risque d'une dégradation des relations diplomatiques avec l'Australie. Il sera en revanche plus difficile de mettre un terme à ce que M. Nétanyahou a qualifié de "surexposition médiatique" risquant de porter atteinte à la "sécurité nationale" : le ministère des affaires étrangères australien a engagé une enquête sur les circonstances de la mort de ce ressortissant australien âgé de 34 ans (qui avait également la nationalité israélienne), et la commission des affaires étrangères et de la défense de la Knesset, le Parlement israélien, a décidé d'ouvrir une "enquête exhaustive".

On sait un peu mieux comment Ben Zygier est décédé, depuis la publication, mardi, du rapport (expurgé) de la juge Daphna Blatman-Kedrai : détenu dans le quartier d'isolement de la prison, il se serait pendu avec un drap accroché à la fenêtre de la douche attenante à sa cellule. Ces précisions sont analysées par la presse israélienne comme une volonté de dégager toute responsabilité du Mossad, quitte à mettre en cause celle de l'administration carcérale. Aucun élément ne permet d'expliquer ce suicide : deux jours avant sa mort, le prisonnier avait discuté avec un avocat, Avigdor Feldman, des conditions d'une négociation avec la justice. L'entretien s'était déroulé quatre jours après la naissance de sa seconde fille.

UN PERSONNAGE "BAVARD"

Selon M. Feldman, son interlocuteur, qui lui est apparu "rationnel, attentif et très au fait" (de la discussion), était enclin à refuser tout arrangement, préférant démontrer son innocence au cours d'un procès, tout en sachant qu'il risquait une lourde peine de prison. Pour quel motif ? Mystère. L'avocat assure que Ben Zygier était soumis à des pressions, voire à des menaces. Qui était vraiment le "prisonnier X" ? Le ministre israélien chargé de la sécurité publique, Yitzhak Aharonovitch, a affirmé, lundi, que l'intéressé avait accepté d'être détenu sous une fausse identité afin de préserver sa famille, et la "sécurité nationale" d'Israël.

Curieux prisonnier tout de même, et surtout agent secret présumé très atypique. La presse australienne rapporte que Ben Zygier s'était vanté à plusieurs reprises, en 2009, de son appartenance au Mossad. Un personnage réputé "bavard", voire un peu mythomane... Voilà qui ne cadre guère avec le profil des agents d'un service réputé pour son efficacité. En creux, c'est la question du mode de recrutement du Mossad qui est posée. Ben Zygier a-t-il trop parlé ? Faut-il accorder crédit à la thèse qui le présente comme un agent double travaillant pour ASIO ? N'était-il qu'un jeune homme peu structuré pris dans un système, le monde du renseignement, qui le dépassait ?

Il est probable que ces questions demeureront sans réponses. "Je demande à tout le monde de laisser les forces de sécurité travailler tranquillement", a plaidé M. Nétanyahou.

Tzipi Livni chargée du dossier palestinien

 

L'ancienne ministre israélienne des affaires étrangères Tzipi Livni sera chargée du portefeuille de la justice mais aussi des négociations de paix avec les Palestiniens dans le futur gouvernement dirigé par Benyamin Nétanyahou, selon un communiqué du Likoud, le parti du premier ministre.

Mme Livni dirige un parti centriste qui a obtenu 6 sièges aux élections du 22 janvier. L'ex-ministre avait axé sa campagne sur la relance des pourparlers avec les Palestiniens.

M. Nétanyahou a lancé officiellement au début du mois les consultations pour former une coalition gouvernementale.

Notre Dame des Landes : procédure d'information de la Commission européenne

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/02/21/la-commission-europeenne-s-invite-dans-le-dossier-de-notre-dame-des-landes_1836034_3244.html

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La Commission européenne s'invite dans le dossier de Notre Dame des Landes 

LE MONDE | 21.02.2013 à 14h41

Par Rémi Barroux

La Commission européenne s'invite dans le dossier du projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Bruxelles a demandé au gouvernement français des explications sur de possibles infractions au droit communautaire.

Pour les opposants au futur aéroport de la région nantaise, censé accueillir, à partir de 2017, les avions qui, aujourd'hui, décollent de Nantes-Atlantique, cette procédure d'information européenne sonne déjà comme une victoire.

Reçue par la direction générale de l'environnement de la Commission européenne, mardi 19 février, avec une délégation d'opposants (le Collectif d'élus doutant de la pertinence de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, l'Acipa et des représentants d'associations de protection de l'environnement), la députée européenne d'Europe Ecologie-Les Verts Sandrine Bélier assure que Bruxelles, "partageant notre analyse d'une potentielle violation du droit communautaire, a annoncé avoir lancé une procédure précontentieuse dite "EU Pilot"".

LE DOSSIER POURRAIT ÊTRE EXAMINÉ PAR LE PARLEMENT EUROPÉEN

Les adversaires du projet d'aéroport avaient saisi la commission des pétitions du Parlement européen fin 2012. Ils estiment qu'à l'issue de la procédure enclenchée par la Commission européenne, le dossier de Notre-Dame-des-Landes pourrait être examiné par le Parlement européen.

Parmi les règles que ne respecterait pas l'Etat dans ce dossier, Mme Bélier, membre des commissions des pétitions et de l'environnement du Parlement européen, cite les directives sur les oiseaux, sur l'habitat, sur l'eau et la directive sur l'évaluation des incidences sur l'environnement.

Bruxelles confirme avoir demandé des informations au gouvernement français, notamment sur le respect de la réglementation européenne, mais dément avoir ouvert une procédure de contentieux.

MATIGNON VEUT SOIGNER SA RÉPONSE À LA COMMISSION EUROPÉENNE

"Ce n'est pas une procédure d'infraction, nous en sommes à un stade plutôt informel, normal, quand il y a une plainte ou une pétition, explique Joe Hennon, porte-parole du commissaire à l'environnement. Si nous ne sommes pas satisfaits des réponses du gouvernement français, soit nous poserons des questions supplémentaires, soit nous irons vers un constat d'infraction."

On n'en est pas là et le gouvernement français a jusqu'à la mi-avril pour répondre. Mais, précise-t-on à Matignon, où le premier ministre, Jean-Marc Ayrault, ancien maire de Nantes, est un ardent défenseur du futur aéroport du Grand-Ouest, "il s'agit d'une procédure ultra-classique dès lors qu'il y a une opposition relayée par le Parlement européen".

Néanmoins, reconnaît-on dans l'entourage du premier ministre, "la France a un contentieux assez lourd avec Bruxelles sur les questions environnementales avec les dossiers du grand hamster d'Alsace, de la chasse aux ortolans ou de la qualité de l'air et de l'eau". Autant de raisons qui poussent Matignon à soigner la réponse qu'il apportera à la Commission européenne.

"UN PROJET PHARAONIQUE, DISPENDIEUX ET CONTRAIRE AU DROIT"

Cette procédure européenne intervient alors que, sur le terrain, la commission du dialogue continue ses auditions. Mise en place par le gouvernement au lendemain d'une manifestation massive d'opposants, le 17 novembre 2012, et présidée par Claude Chéreau, elle doit rendre ses conclusions fin mars. Le comité d'experts scientifiques et celui chargé des questions agricoles poursuivent aussi leurs investigations.

Pour Sandrine Bélier, "il est encore temps de se ranger au bon sens juridique, économique et environnemental, qui appelle à abroger un projet pharaonique, dispendieux et contraire au droit".

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Bataille contre l'aéroport Notre-Dame-des-Landes

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20/02/2013

Aspartame : l'Autorité européenne de sécurité des aliments accusée

lu sur :

http://www.lemonde.fr/sante/article/2013/02/20/l-autorite-europeenne-de-securite-des-aliments-accusee-de-sous-estimer-les-risques-sanitaires-de-l-aspartame_1835323_1651302.html

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L'Autorité européenne de sécurité des aliments accusée de sous-estimer les risques sanitaires de l'aspartame 

LE MONDE | 20.02.2013 à 12h24

Par Stéphane Foucart

La saga du débat sur l'innocuité de l'aspartame n'en finira probablement jamais. La dernière pièce en date à la controverse est la publication, lundi 18 février, par le Réseau environnement santé (RES), d'un rapport cinglant sur la réévaluation de l'édulcorant, rendue publique, début janvier, par l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA). Cette opinion préliminaire – la version définitive est attendue pour le printemps – conclut à l'absence de risques sanitaires de l'aspartame, au niveau de la dose journalière admissible (DJA) en vigueur, fixée à 40 milligrammes par kilo de poids corporel et par jour (mg/kg/j).

Selon l'Organisation non gouvernementale, l'avis de l'agence européenne basée à Parme (Italie) "présente de graves manquements aux règles de la déontologie de l'expertise". Les reproches sont nombreux : études académiques récentes ignorées, confiance inconditionnelle à des travaux non publiés dans des revues scientifiques et financés par les industriels, paragraphes directement inspirés par une publication de consultants de l'industrie, conflits d'intérêts, etc.

 
 

Le RES estime qu'une littérature nouvelle sur des risques accrus de cancers, de naissances prématurées, de troubles cognitifs ou métaboliques (diabète notamment) a été passée sous silence ou mésinterprétée par les experts européens.

 

ÉTUDES PROFONDÉMENT BIAISÉES, VOIRE FRAUDULEUSES

Le RES fait d'abord valoir que la DJA de 40 mg/kg/j a été calculée par la Food and Drug Administration (FDA) américaine, sur la foi d'études sur des animaux, menées en 1973 et 1974 par l'industrie. Celles-ci n'ont jamais été publiées. Dans un courrier adressé en mai 2011 au RES, l'agence européenne reconnaissait ne pas "disposer du dossier de demande d'autorisation de l'aspartame en Europe qui devait contenir ces études..."

Or celles-ci ont été, dès la fin des années 1970, au centre d'une intense polémique. Le RES cite notamment le témoignage devant le Congrès américain d'une toxicologue de la FDA, assurant que les études ayant conduit à l'autorisation de l'aspartame aux Etats-Unis et au calcul de la DJA étaient profondément biaisées, voire frauduleuses. "C'est toujours sur ces études non publiées que le panel de l'EFSA s'appuie pour maintenir la DJA à 40 mg/kg/j", proteste ainsi le RES, demandant que cette valeur de référence soit "invalidée".

Plus embarrassant encore, le RES relève que, dans la section "Effets de l'aspartame sur la cognition et le comportement" du rapport européen, une soixantaine de lignes sont quasi identiques à des passages d'un article de synthèse publié en 2007 dans la revue Critical Reviews in Toxicology par des consultants de l'industrie. Pour cette section de son rapport, la conclusion de l'EFSA est identique à celle des consultants.

"RISQUE ACCRU DE LEUCÉMIES"

Le poids général accordé aux études industrielles est aussi durement critiqué. "Les études de Stegink, Filer et Bell, financées par Nutrasweet, sont citées quatorze fois dans le rapport !, tempête le toxicologue André Cicolella, le président de RES. Et ce alors que des études académiques récentes qui trouvent des effets délétères sur la cognition, le stress oxidatif du cerveau ou encore le diabète de type 2 sont ignorées."

Trois études de longue durée, menées sur le rat et la souris entre 2005 et 2010 par l'Institut Ramazzini – toutes suggérant un lien entre aspartame et cancérogénèse –, ont été invalidées par les experts de l'EFSA, qui suspectent des biais expérimentaux. En revanche, conteste le RES, la qualité des études industrielles, qui ne trouvent généralement aucun effet, n'est jamais interrogée par le panel européen. "C'est d'autant plus choquant qu'une étude épidémiologique récente suggère un risque accru de leucémies pour les consommateurs réguliers, ce qui est cohérent avec les travaux italiens sur les rongeurs, avance M. Cicolella. Cette étude a été rejetée par le panel de l'EFSA, contre l'évidence."

L'EFSA N'A PAS SOUHAITÉ RÉAGIR EN DÉTAIL AUX CRITIQUES DE RES

Enfin, le RES relève que six de la vingtaine de membres du panel d'experts de l'EFSA ont des conflits d'intérêts "pour avoir travaillé de façon étroite avec l'industrie agroalimentaire", notamment par le biais d'une organisation de lobbying scientifique, l'International Life Science Institute (ILSI).

Sollicitée par Le Monde, l'EFSA n'a pas souhaité réagir en détail aux critiques de RES. "En cohérence avec sa politique d'ouverture et de transparence, l'EFSA a lancé une consultation publique dans le but de recevoir des commentaires de la communauté scientifique et des parties prenantes , répond l'agence de Parme. L'EFSA fait bon accueil aux nombreuses contributions qu'elle a reçues et les commentaires de RES seront pris en considération avec soin, de même que les autres contributions."

L'agence européenne assure que ses réponses seront publiées au moment de la publication de son opinion définitive, prévue au printemps.

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Sodas et santé

19/02/2013

Pourquoi ne pas utiliser YAHOO plutôt que GOOGLE ?

lu sur :

http://www.lemonde.fr/economie/article/2013/02/19/l-europe-menace-de-sanctionner-google-et-son-usage-des-donnees-personnelles_1834850_3234.html

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L'Europe menace de sanctionner Google et son usage des données personnelles

LE MONDE | 19.02.2013 à 12h37 • Mis à jour le 19.02.2013 à 12h37 

Par Cécile Ducourtieux 

Après les négociations interminables, la manière forte : la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL) a annoncé, lundi 18 février, qu'elle allait demander à ses vingt-sept homologues européennes, réunies au sein d'un groupe appelé le "G29", de se prononcer par vote, le 26 février, sur une procédure de sanction contre Google. L'objectif est d'aboutir à une sanction effective "avant l'été".

C'est la politique d'utilisation des données personnelles de ses utilisateurs par le géant américain des services en ligne qui est dans la ligne de mire des "gendarmes" européens des libertés informatiques : elle a été jugée non conforme au droit européen par la CNIL, mandatée par le G29, dans un rapport publié il y a quatre mois.

la suite ici :

Google et son usage des données personnelles.pdf

 

Palestine, apartheid, mur, FILM

lu sur :

http://www.lemonde.fr/culture/article/2013/02/19/5-cameras-brisees-du-jour-ou-emad-a-commence-a-filmer_1834951_3246.html

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LE MONDE | 19.02.2013 à 13h10

Par Isabelle Regnier

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En 2005, alors que son quatrième fils, Djibril, venait de naître, Emad Burnat a acheté une caméra. Ce cultivateur de Bil'in, petit village de Cisjordanie, n'avait pas l'intention de devenir cinéaste. Mais l'objet lui a tant plu qu'il en a fait une extension de lui-même. Et son projet a changé de nature.

Année de naissance de Djibril, 2005 est aussi celle durant laquelle les habitants de Bil'in ont vu débarquer sur leurs terres des topographes israéliens. En plein milieu du village, ces hommes ont tracé un itinéraire pour le futur "mur" qui les séparait de leurs terres cultivables et en transférait la jouissance aux habitants de la colonie juive voisine de Modi'in Illit. Sans s'en douter, ils ont ainsi ouvert la voie à une des plus durables, des plus obstinées et des plus efficaces campagnes de résistance non violentes à la politique du fait accompli menée par les Israéliens pour étendre leur implantation territoriale. Après cinq années de mobilisation, les gens de Bil'in ont obtenu que la Cour de justice israélienne décrète le tracé illégitime et en ordonne la révision, en leur faveur. 

Le temps qu'il ne passait pas chez lui à filmer sa famille, Emad Burnat le passait, pendant ces années, aux côtés des villageois, avec ses amis qui manifestaient infailliblement tous les vendredis, organisant toutes sortes d'actions auxquelles se sont progressivement associés des militants du monde entier. Il filmait tout ce qu'il pouvait, changeant de caméra chaque fois que la sienne finissait démolie par un militaire israélien. Il en usera cinq au total, en cinq ans, dont il expose les cadavres dans la scène inaugurale du film.

Filmer, pour Emad Burnat, était la meilleure manière de participer à la mobilisation. Tout en créant les archives de cette lutte, son action consolidait la solidarité des villageois, notamment lors des projections collectives qu'il organisait. L'idée d'en faire un long-métrage ne vient que tardivement, après la mort d'un de ses compagnons, tué par une balle israélienne.

Pour l'aider à construire son récit, Emad Burnat a fait appel à l'Israélien Guy Davidi, un documentariste militant, familier de la mobilisation de Bil'in. Le film qu'ils ont coréalisé est formidable.

Sa qualité première, qui le distingue de la masse de films sur la lutte entre l'armée israélienne et les populations palestiniennes, tient à sa temporalité. Cinq ans, c'est une belle durée pour donner la mesure concrète du pourrissement de la situation dans les territoires occupés et de ses effets sur la vie des Palestiniens. Mais elle diffère selon que l'on considère le spectacle tristement banal de l'armée israélienne harcelant les populations, ou celui, bouleversant, d'un enfant qui grandit sous nos yeux et que la violence dans laquelle il baigne - on le voit dans sa chair - façonne en profondeur. A 3 ans, les mots "armée" et "mur" font partie des premiers qu'il prononce. A 5, il demande à son père pourquoi celui-ci ne part pas tuer des soldats israéliens avec un couteau, pour venger la mort de son ami...

Les jalons de la vie du petit Djibril, les opérations d'agit-prop, dont l'intelligence et l'inventivité produisent immanquablement les mêmes effets, aveuglément répressifs, la voix off, accablée mais jamais résignée, du réalisateur donnent au film une forme de journal intime poétique. 5 caméras brisées a été primé à Sundance, à Jérusalem, au festival du Cinéma du réel et dans une quinzaine d'autres festivals. Aujourd'hui, il concourt pour l'Oscar du meilleur documentaire.

Lire aussi :  un portrait d'Emad Burnat, par Benjamin Barthe (M, le magazine du Monde en mai 2012).

LA BANDE-ANNONCE

 


Film documentaire israélien d'Emad Burnat et Guy Davidi (1 h 30).

Sur le Web : www.zeugmafilms.fr/cinqcamerasbriseesfichefilm.html.

Qui est pour les farines animales ?

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/02/19/concert-d-indignation-en-france-sur-le-retour-des-farines-animales_1834755_3244.html

Concert d'indignation en France sur le retour des farines animales

Le Monde.fr avec AFP | 19.02.2013 à 10h32 • Mis à jour le 19.02.2013 à 12h29 

Ministres, députés, syndicats professionnels et associations de consommateurs dénoncent la décision européenne d'autoriser l'alimentation des poissons avec des farines de porcs et de volaille.

Un concert d'indignation a suivi, en France, l'annonce par la Commission européenne, le 14 février, que les poissons d'élevage pourraient à nouveau être nourris avec des farines de porcs et de volailles à compter du 1er juin. Ce mode d'alimentation avait été totalement interdit dans l'Union européenne en 2001, après cinq années de crise de la "vache folle" due à une épizootie d'encéphalopathie spongiforme bovine (ESB).

Lire (édition abonnés) :  UE : le retour des farines animales sème le trouble (ci-dessous *)

Le gouvernement a rapidement pris ses distances avec cette décision, rappelant que la France avait voté contre son adoption au mois de juillet 2012. C'est une mesure qui "tombe mal", a estimé dès vendredi 15 février le ministre français de l'agroalimentaire, Guillaume Garot.

La ministre de l'écologie, Delphine Batho, a appelé, dimanche 17 février, à la création d'un label "sans farine animale" pour informer les consommateurs, estimant que "ce n'est pas dans la logique de la chaîne alimentaire que de donner de la viande à manger à des poissons". Pour Mme Batho, "c'est la même logique d'absurdité financière" que pour la viande de cheval. "Il est très important que la filière piscicole française s'organise pour qu'il y ait un label "sans farine animale" qui puisse faire son apparition sur les étalages, pour dire aux consommateurs français : le poisson que vous achetez n'a pas été nourri avec de la viande."

UNE "TRIPLE ERREUR"

Le ministre français de l'agriculture, Stéphane Le Foll, a abondé dans son sens. "On va s'organiser", a-t-il assuré lors de l'émission radio-télévisée Le Grand Jury sur RTL et LCI. "Sans remettre en cause la décision européenne, la France peut très bien faire en sorte, avec un label, qu'on n'utilise pas" les farines animales, a expliqué le ministre.

Lundi 18 février, c'est le président de la commission du développement durable de l'Assemblée nationale, Jean-Paul Chanteguet (PS), qui s'est élevé contre la décision de Bruxelles, la qualifiant de "triple erreur", "sanitaire", "environnementale" et "éthique". D'un point de vue "environnemental", cet élu de l'Indre a souligné que "ce n'est pas en nourrissant les poissons avec des volailles et des porcs – ce qui ne s'observe à aucun moment ni à aucun endroit de la chaîne alimentaire de notre planète – que l'on résoudra le problème" consistant à trouver des substituts aux farines de poissons actuellement utilisées.

De son côté, la première organisation agricole, la FNSEA, s'est dite hostile à la réintroduction des farines animales dans l'alimentation des poissons d'élevage si elle n'est pas très encadrée. "Nous ne sommes pas favorables à un retour, comme ça, sans condition ; il faudra vraiment expertiser de manière très, très précise", a déclaré son président, Xavier Beulin mardi 19 février sur France Info, rappelant que l'alimentation des animaux d'élevage par farine animale, à l'origine du scandale de la vache folle, avait provoqué en 1996 un "traumatisme qui a beaucoup marqué nos concitoyens, à juste titre". "Il faudra mettre là toute la prudence nécessaire (...), tous les contrôles", a souligné M. Beulin.

"CONTREPRODUCTIVE ET INOPPORTUNE"

Plus virulente, la Confédération de la boucherie "s'indigne" de cette décision. "Une fois de plus, Bruxelles cède aux pressions de l'industrie agroalimentaire. Cette même industrie qui n'hésite pas à frauder pour augmenter ses profits et ainsi bafouer la confiance du consommateur", dénonce son président, Christan Le Lann.

Même tonalité chez les associations de consommateurs. CLCV dénonce une mesure "contreproductive et inopportune" alors que "la confiance des consommateurs est au plus bas". "Nous maintenons que ces matières premières, interdites suite à la crise de la vache folle, auraient dû le rester", écrit l'association dans un communiqué, rappelant que Bruxelles souhaite à terme étendre cette autorisation aux élevages de porcs et de volailles. "L'urgence n'est pas d'alléger les mesures de sécurité sanitaire mais d'examiner comment les renforcer", selon la CLCV, qui réclame "un audit global et transparent sur la traçabilité et les contrôles alimentaires en Europe afin d'en identifier les failles".

L'association Familles Rurales, opposée elle aussi à cette mesure, demande à ce que des contrôles soient automatiquement réalisés : "Il convient de veiller à l'impossibilité de nourrir des poissons d'élevage avec des protéines animales issues de ce même poisson d'élevage", estime-t-elle. Familles Rurales prône également la mise en place d'un étiquetage obligatoire "exhaustif et lisible" stipulant si le poisson a été nourri ou non avec ces farines.

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les surlignages sont de moi 

Les "protéines animales transformées" (PAT):

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http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/02/16/ue-le-retour-des-farines-animales-seme-le-trouble_1833740_3244.html

UE : le retour des farines animales sème le trouble

Le Monde.fr | 16.02.2013 à 10h45 

Par Laurence Girard et Philippe Ricard (à Bruxelles)

Les farines de porc et de poisson pourront nourrir les poissons d'élevage en Europe dès le 1er juin. Cette annonce faite par Bruxelles, jeudi 14 février, alors que le scandale de la viande de cheval vendue comme de la viande de bœuf s'étend en Europe, a provoqué de vives réactions. La nouvelle ne pouvait pas tomber plus mal pour les promoteurs du retour des farines animales dans les élevages européens.

Publiée au Journal officiel de l'Union européenne cette semaine, la décision d'autoriser les farines de porc et de poulet pour l'élevage des poissons n'est pas nouvelle. Elle a été prise le 18 juillet 2012 par les représentants des Vingt-Sept, sur proposition de la Commission européenne. Trois Etats, la France, l'Allemagne et le Royaume-Uni, s'y étaient opposés pour des raisons d'ordre politico-éthiques.

L'utilisation des farines animales pour les ruminants avait été interdite en 1997 en raison des risques de contamination par l'encéphalopathie spongiforme bovine (ESB), la "maladie de la vache folle". L'interdiction avait été étendue en 2001 aux aliments destinés à tous les animaux de consommation, dont les poissons.

ÉVITER LE CANNIBALISME

Les instances européennes, Commission en tête, ont considéré que l'interdiction totale en place depuis plus de dix ans était disproportionnée, au regard des risques encourus. "Le risque de transmission de l'ESB entre des non-ruminants est négligeable, dans la mesure où le cannibalisme est évité" (**), fait-on savoir à Bruxelles. Les risques sont considérés comme d'autant plus mineurs que la maladie de la vache folle est quasiment éteinte: à peine 28 cas ont été identifiés en 2012, sur quelque 40 millions de têtes de bétail adulte.

Par mesure de précaution, seules les farines issues de non-ruminants seront autorisées, et un dispositif de contrôle, par le biais de tests ADN, sera mis en place. Par ailleurs, seules les parties propres à la consommation humaine seront utilisables pour l'alimentation animale. Ainsi, on ne parle plus de "farines de viandes et d'os", mais de "protéines animales transformées" (PAT). "Les poissons sont omnivores, et certains, comme les saumons, sont même carnivores", explique Frédéric Vincent, le porte-parole du commissaire chargé de la santé et de la protection des consommateurs, Tonio Borg.

Un argumentaire peu convaincant pour certains écologistes. "On n'a encore jamais vu des poissons s'attaquer à des porcs ou à des volailles", avance le député européen Vert José Bové. "Rien n'empêche, si on réintroduit les farines animales dans l'alimentation, qu'elles se retrouvent demain utilisées pour des animaux auxquels elles ne sont pas destinées." Le député européen demande un étiquetage spécifique "Nourri avec" ou "sans farines animales". Il appelle le gouvernement français à exiger la suspension de la mesure et promet, dans le cas contraire, d'appeler au boycottage des poissons d'élevage dès le 1er juin 2013.

PROTÉINES BON MARCHÉ

Après les poissons, la Commission entend proposer de réintroduire l'utilisation des farines animales pour les volailles et les porcs. Le "cannibalisme" étant désormais interdit, les volailles ne pourront être nourries qu'avec de la farine de porc, et inversement. Mais cette autorisation ne devrait pas intervenir avant 2014, selon un porte-parole de l'exécutif communautaire.
Les industriels et les agriculteurs, qui ont fait du lobbying à Bruxelles pour que les farines animales soient à nouveau autorisées, espèrent ainsi accéder à des sources de protéines bon marché. "Les pays d'Europe du Sud, en particulier l'Espagne, sont très demandeurs, car le cours du soja est au plus haut", estime Jean-Michel Serres, éleveur et président de la Fédération nationale porcine.

"Les industriels de l'alimentation animale souhaitent avoir accès aux PAT pour réduire les coûts. Mais c'est un leurre économique. A terme, le prix des protéines animales pourrait s'aligner sur le cours du soja", affirme au contraire Pierre Brosseau, éleveur de porcs et membre de la Confédération paysanne. "Les fabricants d'aliments pour animaux pensent que c'est intéressant de pouvoir choisir entre différentes sources de protéines pour arbitrer en fonction de l'évolution des prix et d'avoir ainsi une souplesse de formulation des produits", explique Olivier Andrault, de l'association de consommateurs UFC-Que choisir.

Quoi qu'il en soit, les grands industriels sont prêts. Comme Saria, par exemple, filiale du groupe allemand Rethmann, présent dans l'équarrissage et l'exploitation des sous-produits des abattoirs. Il vend aujourd'hui des protéines de poisson pour l'aquaculture et des PAT de porc et de volaille pour les fabricants de nourriture pour chiens et chats. Idem pour Glon Sanders, filiale de Sofiprotéol.

"HYPOCRISIE"

Les éleveurs sont aussi prêts à franchir le pas. "Il y a une forme d'hypocrisie, tout le monde veut bien en mettre mais sans être le premier", dit M. Brosseau, qui ajoute: "Pour ma part, je n'y serais pas opposé s'il y avait suffisamment de contrôles. Or si, pendant six mois, des industriels ont pu mettre de la viande de cheval à la place de la viande de bœuf, cela prouve qu'il y a une crise de la traçabilité." Même prudence chez M. Serres: "Il y a quelques jours, je vous aurais parlé d'opportunité ou de risque de distorsion de concurrence. Mais pour le moment, cela me paraît prématuré et maladroit d'expliquer cela aux consommateurs."

La suite donnée à la décision de la Commission européenne dépendra beaucoup de la sensibilité du consommateur à cette question. Pour M. Andrault, "il y a un risque d'image pour les filières d'élevage, avec la réintroduction des farines animales". Dans un communiqué publié vendredi 15 février, l'Association de l'aquaculture française s'est empressée de souligner que "les décisions qui seront prises par la filière ne se feront que sur la base d'un consensus sociétal et uniquement avec des garanties de traçabilité totale".

En octobre 2011, l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) avait émis un avis négatif au retour des farines animales, estimant que "les conditions permettant une utilisation sécurisée des PAT ne sont pas à ce jour totalement réunies".

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VOIR AUSSI :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Prion_%28prot%C3%A9ine%29

Prion (protéine) - Wikipédia

Un prion est un type d’agent pathogène de nature protéique (constitué d’une protéine ayant adopté une conformation ou un repliement anormal) qui au contraire des agents infectieux conventionnels tels que les virus, les bactéries ou encore les parasites, est exempt d’acide nucléique (ADN et ARN) comme support de l’information infectieuse. Ce terme fut introduit pour la première fois en 1982 par Stanley Prusiner et correspond à l’acronyme de PRoteinaceous Infectious ONly particle (particule protéique infectieuse).

On distingue les prions de mammifères qui infectent l’homme et différentes espèces animales, des prions retrouvés chez les champignons comme chez Saccharomyces cerevisiae (levure de boulanger). Les prions de mammifères sont les agents causals responsables des encéphalopathies spongiformes transmissibles (EST) ou maladies à prion. Parmi les EST les plus connues, on peut citer chez l’homme, les différentes formes de la maladie de Creutzfeldt-Jakob, l’insomnie fatale familiale (IFF), le syndrome de Gerstmann-Sträussler-Scheinker (SGSS), le Kuru et chez l’animal, la tremblante du mouton et de la chèvre, l’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB), l’encéphalopathie spongiforme féline, l’encéphalopathie spongiforme du vison et le dépérissement chronique du cervidé (CWD pour Chronic Wasting Disease). L’ensemble de ces maladies se caractérise par une dégénérescence du système nerveux central (cerveau et moelle épinière) liée à la propagation ou multiplication des prions chez l’hôte infecté. D'un point de vue anatomo-pathologique, on observe ainsi au niveau de l'encéphale la formation de vacuoles (donnant un aspect spongieux au cerveau, d'où le nom de spongiforme dans EST), une mort des neurones, une gliose (multiplication des astrocytes et de la microglie) et l'accumulation d'une protéine de l'hôte, la PrPC, sous une conformation anormale (ou mal repliée) alors dénommée PrPSc.

Des prions atypiques, apparemment également pathogènes, mais probablement sporadiques, ont aussi été récemment découverts (publication 2011 par une équipe franco-espagnole [1]).

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(**)  Cannibalisme et stupidité ! Mon commentaire :

Les prions sont des protéines. Les troubles qu'ils provoquent résultent du fait qu'ils induisent des formes anormales chez certaines des protéines de l'organisme infecté.  À ma connaissance, il n'existe aucune étude prouvant que le "cannibalisme" est une condition nécessaire à la transmission de maladies à prions. C'est même une affirmation idiote ! Non seulement la barrière inter-espèce n'est pas prouvée mais il est connu la maladie de la vache folle peut se transmettre à l'homme, et réciproquement selon toute probabilité (mais on n'a pas donné de farines humaines aux vaches ...)

Les protéines se retrouvent dans tous les organismes vivants, animaux ou végétaux, de même que les prions. La barrière inter-règne ou inter-embranchement (végétal/animal; mammifère/poisson) n'est pas prouvée non plus. Il faut le savoir.

voir aussi :

http://www7.inra.fr/dpenv/vfol___8.htm   vache folle: ESB

 

17/02/2013

Des militants sahraouis condamnés par le tribunal militaire de Rabat

communiqué  (personne n'en parle !) :


Le Comité pour le Respect des Libertés et des Droits humains au Sahara Occidental

UN PROCES INIQUE! UN VERDICT SCANDALEUX!

Des militants sahraouis condamnés à de très lourdes peines, jusqu’à la perpétuité, par le tribunal militaire de Rabat

Détenus depuis novembre 2010 à la prison de Salé (près de Rabat), les 24 militants sahraouis, tous des civils, ont été jugés par un tribunal militaire en violation du droit international et même de la législation marocaine.

Leur procès, "vicié à la base" selon Amnesty International, s'est déroulé du 8 au 17 février. Malgré le déchaînement de la presse au Maroc qui les présentait comme des criminels et malgré la forte présence policière jusque dans la salle d'audience, les militants sahraouis ne se sont pas laissé intimider et ont imposé leurs témoignages au tribunal. Accusés de crimes qu'ils n'ont pas commis, ils ont décrit et dénoncé leur enlèvement, les humiliations, tortures et traitements inhumains, les pressions psychologiques, les procès-verbaux fabriqués ou falsifiés...

La violence des traitements subis et le refus par le tribunal de faire pratiquer des examens médicaux pour prouver les sévices n'ont pas eu raison de leur dignité, ni de leur idéal de liberté. Déniant la compétence de ce tribunal militaire, qui "est contraire aux normes d'équité reconnues au plan international "(Amnesty International), ils ont chanté à la face des juges l'hymne du Front Polisario et exprimé leur volonté de poursuivre leur lutte contre la colonisation marocaine et pour l'autodétermination du peuple sahraoui.

Ils ont rendu un hommage appuyé à leurs familles qui les soutiennent en manifestant jusque devant le tribunal, à leurs défenseurs mais aussi aux organisations internationales et marocaines (AMDH) des droits de l'Homme, aux nombreux observateurs internationaux et aux représentants d'ambassades qui ont tous été fortement impressionnés par leur détermination.

Le 17 février, le tribunal militaire les a condamnés à de très lourdes peines de prison : 8 à perpétuité4 à 30 ans (dont Ennâama Asfari co-président du CORELSO), 7 à 25 ans, 2 à 20 ans.

Au déchaînement médiatique partisan au Maroc répond le silence médiatique en France!

Le verdict scandaleux du 17 février doit être dénoncé par les gouvernements, les partis, les syndicats et les associations des droits de l’homme.

Le mouvement de solidarité avec la lutte du peuple sahraoui doit renforcer la mobilisation. Il faut dès maintenant briser le silence des principaux médias français et obtenir du gouvernement qu'il cesse enfin de soutenir les thèses marocaines et s'engage pour la mise en œuvre du droit à l'autodétermination et l'extension du mandat de la Minurso à la surveillance des droits de l'Homme au Sahara occidental.

Paris le 17 février 2013

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modèle de lettre à envoyer à Hollande :

LETTRE-PETITION HOLLANDE160213.doc

LETTRE-PETITION HOLLANDE160213.pdf

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CORELSO

Forum Social Ivryen, 10 Promenée Gérard Philipe

94200 IVRY-SUR-SEINE

corelso@yahoo.fr


16/02/2013

Corruption internationale, extorsion de fonds et enrichissement personnel

C'est comme l'affaire des frégates d'Arabie saoudite et des sous-marins du Pakistan ,dit !

lu sur :

http://www.usinenouvelle.com/article/finmeccanica-dans-la-tourmente-apres-l-arrestation-de-son-pdg.N191351

Finmeccanica dans la tourmente après l'arrestation de son PDG

Par Elodie Vallerey - Publié le 12 février 2013, à 11h43

  Giuseppe Orsi, le patron du conglomérat industriel italien Finmeccanica, est rattrapé par les accusations de corruption relatives à sa position d'ex PDG de l'hélicoptériste AgustaWestland qui le poursuivent depuis près d'un an.

Après Pier Francesco Guarguaglini, l'ancien PDG de Finmeccanica forcé de démissionner suite à des soupçons de corruption, serait-ce bientôt au tour de Giuseppe Orsi, l'actuel patron du géant industriel italien spécialisé dans l'aéronautique, la défense, le spatial et l'énergie ?

Le 11 février, Giuseppe Orsi a été placé en état d'arrestation pour corruption internationale, extorsion de fonds et enrichissement personnel dans une affaire de pots-de-vins présumés au gouvernement indien pour la vente de 12 hélicoptères Agusta Westland, ont relayé les médias italiens.

Avant de prendre les rênes de Finmeccanica le 1er décembre 2011, Orsi était à la tête d'AgustaWestland, la filiale "hélicoptères" du conglomérat italien. Début 2012, un ancien responsable du groupe a révélé l'existence de dessous de table suite à l'obtention, en 2010, d'un contrat pour la fourniture de 12 hélicoptères à l'Inde.

En avril dernier, les enquêteurs italiens suspectaient même le parti politique fédéraliste Ligue du Nord d'avoir reçu de l'argent pour avoir agi en tant qu'intermédiaire dans la négociation de ces potentiels dessous de table.

Les accusations pesant sur Orsi pourraient bien mettre en péril les négociations que mènent en ce moment AgustaWestland et l'avionneur brésilien Embraer autour de la création d'un coentreprise pour la fabrication et la commercialisation d'hélicoptères civils et de défense au Brésil.

L'actuel patron d'AgustaWestland, Bruno Spagnolini, a pour sa part été assigné à résidence dans le cadre de la même affaire.

Après ces annonces, le titre de Finmeccanica s'effondrait de plus de de 9,13 %, à 4,236 euros, en milieu de matinée à la Bourse de Milan.

Elodie Vallerey

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Populations asiatiques: des caractéristiques physiques résultant de mutations il y a 35000 ans

lu sur :

http://www.nytimes.com/2013/02/15/science/studying-recent-human-evolution-at-the-genetic-level.html?ref=science&_r=0&pagewanted=print

 


February 14, 2013
 

East Asian Physical Traits Linked to 35,000-Year-Old Mutation

Gaining a deep insight into human evolution, researchers have identified a mutation in a critical human gene as the source of several distinctive traits that make East Asians different from other races.

The traits — thicker hair shafts, more sweat glands, characteristically identified teeth and smaller breasts — are the result of a gene mutation that occurred about 35,000 years ago, the researchers have concluded.

The discovery explains a crucial juncture in the evolution of East Asians. But the method can also be applied to some 400 other sites on the human genome. The DNA changes at these sites, researchers believe, mark the turning points in recent human evolution as the populations on each continent diverged from one another.

The first of those sites to be studied contains the gene known as EDAR. Africans and Europeans carry the standard version of the gene, but in most East Asians, one of the DNA units has mutated.

Seeking to understand if the gene was the cause of thicker hair in East Asians with the variant gene, a team of researchers led by Yana G. Kamberov and Pardis C. Sabeti at the Broad Institute in Cambridge, Mass., decided to test the gene in mice, where its effects could be more easily explored.

Mice already have EDAR, an ancient mammalian gene that plays a leading role in the embryo in shaping hair, skin and teeth. The Broad team engineered a strain of mice whose EDAR gene had the same DNA change as the East Asian version of EDAR.

When the mice grew up, the researchers found they did indeed have thicker hair shafts, confirming that the changed gene was the cause of East Asians’ thicker hair. But the gene had several other effects, they report in Thursday’s issue of the journal Cell.

One was that the mice, to the researchers’ surprise, had extra sweat glands. A Chinese member of the team, Sijia Wang, then tested people in China and discovered that they, too, had more numerous sweat glands, evidently another effect of the gene.

Another surprise was that the engineered mice had less breast tissue, meaning that EDAR could be the reason that East Asian women have generally smaller breasts.

East Asians have distinctively shaped teeth for which their version of EDAR is probably responsible. But the mice were less helpful on this point; their teeth are so different from humans’ that the researchers could not see any specific change.

The finding that the gene has so many effects raises the question of which one was the dominant trigger for natural selection.

Dr. Sabeti said the extra sweat glands could have been the feature favored by natural selection, with all the other effects being dragged along in its train.

“We’re the only mammals to have changed their entire hair pattern. So the changes in teeth, hair and breasts — it’s very possible they are the passengers and thermoregulation is the key,” she said, referring to the role of sweat glands in cooling the body.

East Asians are sometimes assumed to have evolved in a cold environment because of their narrow nostrils, which conserve heat, and the extra eyelid fat that insulates the eye. But the Broad team calculates that the EDAR variant arose about 35,000 years ago in central China and that the region was then quite warm and humid. Extra sweat glands would have been advantageous to the hunter-gatherers who lived at that time.

But Joshua Akey, a geneticist at the University of Washington in Seattle, said he thought the more likely cause of the gene’s spread among East Asians was sexual selection. Thick hair and small breasts are visible sexual signals which, if preferred by men, could quickly become more common as the carriers had more children. The genes underlying conspicuous traits, like blue eyes and blond hair in Europeans, have very strong signals of selection, Dr. Akey said, and the sexually visible effects of EDAR are likely to have been stronger drivers of natural selection than sweat glands.

Yet a third view is held by Dr. Kamberov, who believes that each of the effects of the EDAR variant may have been favored by natural selection at a different time. A series of selections on different traits thus made the variant version so common among East Asians. About 93 percent of Han Chinese carry the variant, as do about 70 percent of people in Japan and Thailand, and 60 to 90 percent of American Indians, a population descended from East Asians.

The Broad team is studying EDAR as part of a larger plan to identify all the genetic variants responsible for recent human evolution. Many researchers, including Dr. Sabeti, have devised ways of scanning the human genome to detect the fingerprints of natural selection. But these scans have typically identified large chunks of the genome that contain many genes. There is often no way to tell which gene was the target of natural selection.

A team led by Dr. Sabeti and Sharon R. Grossman of the Broad Institute has now refined the usual scanning methods and identified 412 sites on the genome that have been under selection. Each site is small enough that it contains at most a single gene.

Each race has a different set of selected regions, reflecting the fact that the human population had dispersed from its African homeland and faced different challenges that led to genetic adaptation on each continent. About 140 of the sites affected by natural selection are in Europeans, 140 in East Asians and 132 in Africans, the authors report in another article published Thursday in Cell.

Inserting some of the other selected genes into mice might help explain why they were favored, and point to critical turning points in recent human evolution, Dr. Sabeti said.

In the case of EDAR, putting the gene into mice has only magnified the mystery of why it was selected. But the researchers are not discouraged. “A reflection of good science is that a step forward opens up a lot more questions,” Dr. Akey said.

15/02/2013

Israël: la mort suspecte d'un prisonnier en 2010 liée au programme nucléaire de l'Iran ?

lu sur :

http://www.liberation.fr/monde/2013/02/14/le-prisonnier-x-qui-s-est-suicide-en-israel-cree-la-polemique_881861

En Israël, la mort du prisonnier X crée la polémique - Libération

Un homme à la double nationalité israélo-australienne qui travaillait pour le Mossad avait été emprisonné pour des raisons de sécurité. Il a été retrouvé pendu dans sa cellule.

Par AFP
Libération

La polémique s’amplifie alors que de nouveaux détails émergent sur le mystérieux «prisonnier X», un Israélo-Australien incarcéré en Israël pour des raisons de sécurité, qui se serait suicidé en détention en 2010 alors qu’il travaillait pour le Mossad. Rien ne laissait supposer que le détenu allait se suicider, a assuré jeudi à la radio militaire un avocat spécialiste des droits de l’Homme, Avigdor Feldman, l’ayant rencontré la veille de sa mort. 

D’après la télévision australienne ABC, Ben Zygier, un juif australien de 34 ans, a été retrouvé pendu dans une cellule de la prison Ayalon, près de Ramleh, au sud de Tel-Aviv, en décembre 2010. Il avait été recruté par le Mossad, le service du renseignement extérieur israélien, selon la chaîne ABC. M. Feldman a précisé avoir rencontré celui que les médias ont baptisé «Monsieur X», en raison de la censure imposée sur ce dossier, afin de lui donner des conseils juridiques avant l’ouverture de son procès. «Je ne suis pas psychologue mais il m’est apparu rationnel, précis, pas émotif (...) Il posait des questions de droit pertinentes sur lesquelles je ne peux pas donner de détails», a-t-il témoigné.

Le black-out total imposé sur l’affaire a été partiellement levé mercredi lorsque le ministère de la Justice a reconnu avoir emprisonné «un ressortissant israélien mais qui possédait aussi la nationalité étrangère» et que «pour des raisons de sécurité il avait été incarcéré sous une fausse identité».

«Qu’un homme incarcéré dans une telle prison, sous surveillance ininterrompue 24 heures sur 24, parvienne à se pendre, cela entretient évidemment toute sorte de théories du complot», a estimé M. Feldman.

La théorie la plus répandue, notamment sur les réseaux sociaux, est celle de services de sécurité ayant poussé le détenu au suicide pour le faire disparaître en raison de la sensibilité des informations qu’il détenait.

Nombreuses zones d’ombre

Un éditorialiste du quotidien de gauche Haaretz évoque ainsi deux scénarios: une négligence du service pénitentiaire ou «l’autre alternative: quelqu’un a poussé Zygier à la mort, psychologiquement, si ce n’est physiquement».

Parmi les premières hypothèses évoquées par les médias, figurent la piste iranienne --Israël est engagé dans un bras-de-fer avec Téhéran sur le programme nucléaire de ce dernier-- ou encore l’assassinat d’un chef militaire du mouvement palestinien Hamas, Mahmoud al-Mabhouh, à Dubaï en janvier 2010.

Selon un article du quotidien Sydney Morning Herald, les services secrets australiens seraient persuadés que Ben Zygier était sur le point de lever le voile sur des opérations du Mossad, en particulier le recours à des faux passeports australiens.

La police de Dubaï avait accusé des agents du Mossad d’avoir tué Mabhouh et publié une longue liste de suspects porteurs de faux passeports occidentaux, notamment australiens.

Nombre de commentateurs se disent troublés par les multiples zones d’ombre de l’affaire. «Les questions (...) sont nombreuses et troublantes. Y-a-t-il eu une tentative des différents organismes gouvernementaux, dont le procureur général et les agences de sécurité, de blanchir l’affaire et d’empêcher une enquête indépendante sur les circonstances de sa mort?», s’interroge l'éditorialiste du Yediot Aharonot Shimon Shiffer.

D’autres analystes soulignent cependant que, selon le ministère de la Justice, la famille de Ben Zygier a été immédiatement informée de son arrestation, des avocats mis à sa disposition et toutes les procédures légales respectées.

L’avocat Avigdor Feldman admet, lui aussi que, malgré les aspects mystérieux de l’affaire, les droits légaux du prisonnier ont été respectés.

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voir aussi :

http://www.lexpress.fr/actualite/monde/proche-orient/israel-qui-etait-le-prisonnier-x-mort-en-2010-dans-une-cellule-d-isolement_1219996.html

Israël: qui était le "prisonnier X", mort en 2010 dans une cellule d'isolement ?

Les médicaments se retrouvant dans les eaux usées affectent les poissons

... donc pourraient aussi nous affecter si on les retrouve dans l'eau du robinet.

lu sur : http://www.sciencemag.org/

Dilute Concentrations of a Psychiatric Drug Alter Behavior ... - Science

content/339/6121/814

Science 15 February 2013:  Vol. 339 no. 6121 pp. 814-815
DOI: 10.1126/science.122685 0

Dilute Concentrations of a Psychiatric Drug Alter Behavior of Fish from Natural Populations

  1. T. Brodin1,*,
  2. J. Fick2,
  3. M. Jonsson1,
  4. J. Klaminder1

+ Author Affiliations

  1. 1Department of Ecology and Environmental Science, Umeå University, 90187 Umeå, Sweden.
  2. 2Department of Chemistry, Umeå University, 90187 Umeå, Sweden.
  1. *To whom correspondence should be addressed. E-mail: tomas.brodin@emg.umu.se

Abstract

Environmental pollution by pharmaceuticals is increasingly recognized as a major threat to aquatic ecosystems worldwide. A variety of pharmaceuticals enter waterways by way of treated wastewater effluents and remain biochemically active in aquatic systems. Several ecotoxicological studies have been done, but generally, little is known about the ecological effects of pharmaceuticals. Here we show that a benzodiazepine anxiolytic drug (oxazepam) alters behavior and feeding rate of wild European perch (Perca fluviatilis) at concentrations encountered in effluent-influenced surface waters. Individuals exposed to water with dilute drug concentrations (1.8 micrograms liter–1) exhibited increased activity, reduced sociality, and higher feeding rate. As such, our results show that anxiolytic drugs in surface waters alter animal behaviors that are known to have ecological and evolutionary consequences.

  • Received for publication 2 July 2012.
  • Accepted for publication 3 December 2012.                      

Le savoir faire français en matière de lutte contre les révolutions

Ne nous faisons pas d'illusions. Ce savoir faire sera utilisé en France le cas échéant.

lu sur :

http://www.lepoint.fr/monde/bahrein-le-savoir-faire-francais-au-service-de-la-repression-14-02-2013-1627297_24.php?xtor=EPR-6-[Newsletter-Quotidienne]-20130215

Bahreïn : le savoir-faire français au service de la répression

Le Point.fr - Publié le14/02/2013 à 10:36- Modifié le14/02/2013 à 11:13

Paris a envoyé grenades lacrymogènes et CRS pour former les forces antiémeute du royaume du Golfe. Or elles tuent les manifestants depuis deux ans. 

Le fâcheux précédent tunisien, au cours duquel Michelle Alliot-Marie, alors chef de la diplomatie française, avait proposé au régime de Ben Ali le "savoir-faire" français en matière de sécurité pour mieux maîtriser les manifestants, semble se répéter dans un autre pays touché par le Printemps arabe : le royaume de Bahreïn. C'est en tout cas ce que révèle Jean-Marc Manach sur son blog (1) Bug Brother du Monde.fr. D'après ce journaliste, des agents antiémeute toxiques français permettraient aux forces de sécurité bahreïnies de réprimer les manifestants chiites de ce minuscule royaume du Golfe.

Lassée par une sous-représentation à la tête du pays, la majorité chiite (à 70 %) de cet État de 1 230 000 habitants (dont 550 000 nationaux) manifeste au quotidien depuis deux ans jour pour jour contre le pouvoir sunnite dont il exige des élections libres et la fin des discriminations à son encontre. Mais Manama a décidé d'employer la manière forte pour étouffer toute velléité démocratique. Sur les 87 morts recensés depuis février 2011, 43 seraient ainsi décédés des suites de leur exposition au gaz lacrymogène, dont deux - un jeune garçon de huit ans et un vieillard de 87 ans - encore récemment.

Des grenades lacrymogènes dans les maisons

"Des grenades lacrymogènes ont été directement tirées sur les contestataires, et jusqu'à l'intérieur de leur domicile", explique au Point.fr Reda al-Fardan, militant bahreïni du site bahrainwatch.org, qui a publié les photos de ces grenades. "Outre les projectiles américains et britanniques, nombre de cartouches grises et reconnaissables à leur tête rouge appartiennent à la même marque : le français Alsetex", ajoute-t-il. "Un grand nombre de grenades lacrymogènes françaises retrouvées place de la Perle (place centrale de Manama)", confirme au Point.fr Aymeric Elluin, responsable de la campagne "Armes et Impunité" chez Amnesty International. "Le problème est qu'elles sont mal utilisées par les forces de sécurité bahreïnies, de sorte qu'elles tuent autant que des armes à feu."

Contactée par Le Point.fr, la marque française Alsetex, spécialiste de la "gestion démocratique des foules" et qui a depuis pris le soin de supprimer de son site internet les modèles incriminés, affirme être soumise à une obligation de confidentialité tout en précisant que toute exportation à l'étranger est soumise à une autorisation du gouvernement français. Du côté gouvernemental, on assure que, "suite à l'affaire tunisienne, l'exportation de l'ensemble des produits pour le maintien de l'ordre vers Bahreïn a cessé le 17 février 2011", tout en rappelant que la France a été parmi les premiers pays à prendre cette mesure unilatérale.

L'aide de l'Arabie saoudite

Pourtant, d'après le militant bahreïni Reda al-Fardan, "des gaz lacrymogènes de marque Alsetex ont bel et bien été observés dans le pays jusqu'à mars 2012". "Si de telles cartouches françaises ont été retrouvées dans le royaume, il s'agit peut-être de stocks", indique-t-on à Paris. D'après le chercheur Jean-Paul Burdy (2), professeur d'histoire à l'Institut d'études politiques de Grenoble, ces cartouches françaises pourraient provenir de pays tiers comme l'Arabie saoudite ou le Qatar, membres avec Manama du Conseil de coopération du Golfe.

Personne n'a oublié qu'en plein coeur du Printemps de la Perle le royaume avait fait appel à 1 000 soldats saoudiens et 500 émiratis pour lui venir en aide. "Nos exportations de matériel de maintien de l'ordre contiennent des clauses de non-réexportation, tout ne peut pas être contrôlé", admet-on de source gouvernementale. Mais la mouture 2012 du rapport annuel du Parlement français sur les exportations d'armes françaises relance la suspicion autour de nouvelles ventes françaises de gaz lacrymogène à Bahreïn après le 17 février 2011.

Exportations de matériel de guerre

D'après ce document, la France a obtenu en 2011 neuf autorisations d'exportation de matériel de guerre (AEMG) vers Bahreïn pour un montant d'environ 17 millions d'euros, dont 421 000 euros concernent des agents chimiques toxiques "antiémeute" de catégorie ML7. Pour Amnesty International, cette dernière classification peut correspondre à du gaz lacrymogène. Du côté gouvernemental, on assure au contraire qu'il s'agit "uniquement de matériel d'alerte biologique et de détection chimique".

Le rapport 2012 fait également état de 16 millions d'euros d'AEMG de type ML4 (missiles, roquettes, bombes) et de 500 000 euros d'AEMG de classe ML5 (radar). "Il est problématique de vendre des armes à des régimes dictatoriaux dont on sait qu'ils répriment leurs manifestants", estime le député français Pouria Amirshahi, secrétaire de la commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale. À Paris, on rappelle qu'aucun embargo sur les ventes d'armes de guerre ne vise Bahreïn et que chaque matériel passe au préalable en "commission interministérielle des exportations des matériels de guerre". "Le royaume n'est pas du tout dans le même registre qu'un pays comme la Syrie, souligne-t-on. On parle ici de maintien de l'ordre, pas de guerre civile."

Guerre de faible intensité

"Bahreïn connaît depuis deux ans un état de guerre de faible intensité", estime pourtant le chercheur Jean-Paul Burdy. "Les jeunes tiennent les quartiers chiites de la conurbation de Manama, et la police ne peut y pénétrer que par des coups de force." À en croire ce spécialiste du royaume, qui se rend régulièrement à Bahreïn, les forces de l'ordre agiraient par pure vengeance en ciblant délibérément l'intérieur des domiciles et voitures des opposants, faute de pouvoir contenir les manifestations quotidiennes qui se poursuivent.

Si l'ambassadeur de France pour les droits de l'homme, François Zimeray s'est déplacé en décembre dans la monarchie du Golfe pour lui rappeler qu'il ne faut pas incarcérer des militants pour des propos tenus sur Twitter, ni des médecins parce qu'ils avaient soigné des manifestants, l'ambassadeur de France en poste à Bahreïn, Christian Testot, a par la suite assuré le royaume que la coopération entre les deux alliés n'était pas remise en cause. Il ne faut pas oublier que le roi du Bahreïn a été reçu en catimini par François Hollande à l'Élysée en août dernier pour évoquer un renforcement de cette même coopération.

Trouble jeu de la France

"On ne comprend pas les signaux divergents successivement envoyés à Bahreïn par le gouvernement français, s'insurge le militant Reda al-Fardan. Ce qui est sûr, c'est que Manama n'a aucune raison de mettre fin à la répression lorsque le roi obtient du président français une telle légitimité internationale." En août dernier, l'agence de presse officielle BNA annonçait que les domaines futurs de coopération entre les deux pays toucheraient la presse, la politique, l'éducation, la culture, la technologie et la défense.

"Défense ne veut pas dire maintien de l'ordre", insiste-t-on à l'Élysée. De son côté, le Quai d'Orsay indique qu'un haut comité de coordination s'est récemment réuni en séance de travail pour identifier les futurs domaines de collaboration. Le ministère des Affaires étrangères rappelle également qu'un accord de coopération militaire lie déjà les deux pays depuis 2009 dans le cadre des opérations de piraterie dans l'océan Indien, mais également de la formation de la garde royale bahreïnie. Celle-ci ne serait pourtant pas le seul corps armé qui bénéficie du "savoir-faire" français.

Un régime répressif depuis 2005

Comme Le Point.fr le révélait en février 2011, les forces antiémeute de Bahreïn, en action depuis le début du Printemps de la Perle, ont été formées par des policiers français issus des compagnies républicaines de sécurité (CRS), en vertu d'un accord de coopération en matière de sécurité intérieure signé en novembre 2007 à Paris. À la Direction générale de la police nationale, on assure que la dernière opération de gestion démocratique des foules à Barheïn date de 2008.

"C'est une opération intéressante, car elle privilégie l'emploi d'armes non létales, ce qui est un plus dans ces pays-là", indique une autre source proche du dossier. "Le royaume de Bahreïn est connu pour faire un usage excessif de la force depuis 2005", rappelle pour sa part Aymeric Elluin, d'Amnesty International. "Et cela concerne à chaque fois l'usage de grenades lacrymogènes."

 

Par

 

(1) Bug Brother, blog du journaliste Jean-Marc Manach sur Le Monde.fr.

(2) Jean-Paul Burdy, auteur du blog Questions d'Orient. 

Portugal, Etat à vendre

reportage vendredi15 février 2013
 

13/02/2013

Corruption, argent, assassinats, Russie, Europe

lu sur :

http://www.lemonde.fr/international/article/2013/02/12/affaire-magnitski-l-option-de-sanctions-contre-des-responsables-russes-pour-les-europeens_1830863_3210.html

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Affaire Magnitski : l'option de sanctions contre des responsables russes pour les Européens

LE MONDE | 12.02.2013 à 13h26 • Mis à jour le 12.02.2013 à 13h26

Par Piotr Smolar

Après les Etats-Unis, l'Europe. Changement de front pour les promoteurs de sanctions contre les responsables russes impliqués dans la mort de l'avocat Sergueï Magnitski. Ils ont déjà remporté une partie majeure à Washington. Le 14 décembre 2012, le président, Barack Obama, a promulgué une loi prévoyant des sanctions contre des dizaines de hauts fonctionnaires russes coupables d'atteintes aux droits de l'homme. Ce texte porte le nom de l'ancien avocat du fonds d'investissement Hermitage Capital Management, maltraité et décédé en prison en 2009, après avoir découvert une vaste escroquerie fiscale de 230 millions de dollars (172 millions d'euros).

Depuis, le patron d'Hermitage, Bill Browder, parcourt les capitales européennes pour encercler les coupables. Son objectif : l'adoption d'une liste semblable dans un des pays de la zone Schengen, afin que les sanctions deviennent applicables dans l'ensemble de cet espace. De passage à Paris lundi 11 février, il cherche des soutiens parmi les parlementaires français. "Il s'agit d'une question non partisane, dit-il. Nous ne demandons pas de changement de politique à l'égard de la Russie, mais des mesures visant les responsables en cause. La question posée aux dirigeants français est simple : voulez-vous que des criminels et des tortionnaires se déplacent librement en France ?" Bill Browder fait référence aux biens immobiliers qu'auraient acquis, selon lui, certains membres de ce groupe. "Il y a trois pays où les Russes aiment posséder des propriétés, explique-t-il : la Grande-Bretagne, la France et l'Italie."

 

Cette question devrait prendre de l'ampleur, à l'approche de la visite de François Hollande à Moscou, le 28 février. Le chantier reporté de la cathédrale orthodoxe à Paris, l'imbroglio autour des navires Mistral achetés par la Russie et enfin l'affaire Depardieu ont provoqué des mouvements d'humeur entre les deux capitales.

EFFET DOMINO

Pourtant, au Quai d'Orsay, on ne semble guère préoccupé par le dossier Magnitski. On souligne qu'il n'a jamais été évoqué au niveau européen. Le 23 octobre 2012, le Parlement à Strasbourg a adopté une résolution non contraignante en faveur des sanctions, mais elles n'ont pas figuré à l'ordre du jour à Bruxelles. Côté français, on relativise aussi l'impact de l'affaire Magnitski dans les relations entre les Etats-Unis et la Russie. "Ce dossier est un irritant sur une liste qui en comprend plusieurs, précise un diplomate. Mais les deux pays ont l'habitude de travailler sur des sujets précis en contournant les obstacles."

En réaction au Magnitski Act, la Douma (la Chambre basse du Parlement russe) a adopté une législation très contestée, interdisant notamment aux parents américains d'adopter des orphelins russes. Mais cette mesure de rétorsion a eu des effets secondaires. Elle a provoqué un trouble dans une partie des élites, donné de nouveaux arguments à l'opposition dans la rue et trahi la fébrilité des responsables russes, inquiets pour leurs avoirs. Le procès post mortem du juriste pour fraude fiscale, prévu le 18 février, donne un indice de la dimension prise par l'affaire et de la crainte d'un effet domino dans les pays occidentaux.

Car parallèlement aux sanctions, un autre front est ouvert, celui des investigations judiciaires. Plusieurs pays - la Suisse, la Lettonie, la Lituanie, Chypre, la Moldavie - se sont lancés à la recherche des 230 millions de dollars blanchis. En Suisse, le ministère public de la Confédération vient de bloquer plusieurs comptes auprès du Credit suisse et d'autres banques, dans le cadre d'une enquête ouverte depuis mars 2011. Un témoin clé, Alexander Perepilichny, est décédé en novembre 2012. Cet homme d'affaire russe de 44 ans a renseigné la justice suisse sur l'implication de hauts fonctionnaires russes dans le réseau.

En Moldavie, le centre national anticorruption a ouvert une instruction pour vérifier la circulation des fonds par le biais de son territoire. Selon des documents obtenus par le fonds Hermitage, le groupe criminel russe aurait transféré 53 millions de dollars en 2008 sur deux comptes appartenant à la banque Banca de Economii, contrôlée par l'Etat, avant qu'ils soient redistribués immédiatement vers d'autres comptes à l'étranger. Le premier ministre, Vladimir Filat, qui défend l'ambition européenne de la Moldavie, a déclaré qu'il supervisera directement cette enquête.

12/02/2013

10% des enfants sont maltraités dans les pays développés.

lu sur : http://presse-inserm.fr/dans-lactualite/synthese-de-presse/

Les Assises nationales de la protection de l’enfance se sont ouvertes hier au Mans et se tiennent jusqu’à aujourd’hui, a indiqué France Info. A cette occasion, Anne Tursz, pédiatre et épidémiologiste à l’Inserm, a accordé une interview à la chaîne radiophonique. Selon The Lancet, 10% des enfants sont maltraités dans les pays développés.

France Info, 11/02

lu sur :

http://www.franceinfo.fr/education-jeunesse/le-plus-france-info/maltraitance-quelles-failles-dans-le-systeme-de-protection-infantile-888479-2013-

Maltraitance : quelles failles dans le système de protection infantile ?

le Lundi 11 Février 2013 à 07:15

Plus de 3 ans après l'affaire Marina, les professionnels de la protection de l'enfance se retrouvent lundi et mardi lors d'assises nationales au Mans dans la Sarthe. C'est dans ce département que la fillette avait péri, suite aux mauvais traitements de ses parents et malgré de nombreux signalements aux services sociaux. Comment de tels drames peuvent se produire ? Enquête sur les maillons faibles du système de protection des enfants en danger.

Plus de 3 ans après l'affaire Marina, les professionnels de la protection de l'enfance se retrouvent lundi et mardi lors d'assises nationales au Mans dans la Sarthe. C'est dans ce département que la fillette avait péri, suite aux mauvais traitements de ses parents et malgré de nombreux signalements aux services sociaux. Comment de tels drames peuvent se produire ? Enquête sur les maillons faibles du système de protection des enfants en danger.

Des lacunes dans le signalement

C'est le chiffre noir de la maltraitance en France : deux enfants meurent tous les jours sous les coups. C'est la pédiatre et épidémiologiste Anne Tursz qui est parvenue à ce résultat. En compilant les données de tribunaux et d'hôpitaux, cette directrice de recherche à l'Inserm a estimé à 250 le nombre de décès annuel d'enfants de moins de un an victimes de maltraitances. "Bien loin des 17 à 20 des statistiques officielles de mortalité", souligne-t-elle. En extrapolant, elle évalue à 600 à 700 le nombre de décès des moins de 15 ans. Soit deux par jour.

D'après une étude publiée il y a 4 ans dans la revue médicale The Lancet, 10% des enfants sont maltraités dans les pays développés. Or en France, 2% des moins de 18 ans sont suivis par les services sociaux. Ce qui laisse à penser un problème de détection. "Il y a une grande frilosité des médecins à signaler [les cas suspects], estime le psychiatre Gérard Lopez, auteur de "Enfants violés et violentés : le scandale ignoré" (éditions Dunod), certains ont peur de représailles". Et on ne peut pas dire qu'ils soient encouragés par leurs pairs. L'Ordre des médecins parisien a appelé mi-janvier les praticiens à la prudence dans les signalements*. (*Le quotidien du médecin (15/01/2013).)

Des travailleurs sociaux pas assez intrusifs ?

Dans plusieurs affaires récentes, les services sociaux avaient été alertés. Pour Marina en 2009, mais aussi pour Lorenzo, 10 mois, retrouvé mort de soif et de faim dans son lit en 2010, ou encore pour la famille de la fillette dont le corps a été retrouvé fin janvier dans la forêt de Fontainebleau. Pour l'association La voix de l'enfant, qui se porte généralement partie civile dans ces affaires, il faut muscler les enquêtes sociales sur les cas signalés : deux travailleurs sociaux distincts, un pour la famille et un pour l'enfant, des visites au domicile sans prévenir, le soir et le week-end. Martine Brousse, déléguée générale de l'association, rapporte ainsi les propos d'une jeune fille maltraitée : "Nous savions avec mon frère quand l'assistante sociale venait, car la veille nos parents lavaient la maison, nous lavaient, repassaient nos vêtements, et le soir on repassait à la casserole". 

Un discours qui ne passe pas du côté de l'ANAS, l'Association nationale des assistants de services sociaux. "Deux travailleurs sociaux, c'est vouloir d'entrée de jeu séparer l'enfant des parents", répond Laurent Puech, vice-président. Il refuse d'être transformé en "policier social" qui ne préviendrait pas de sa venue. "On peut demander une ouverture de porte aux forces de l'ordre si vraiment on est très, très inquiet, précise-t-il, mais cela doit rester exceptionnel".  

Discontinuités entre acteurs de la protection infantile

C'est une des failles pour laquelle le constat semble unanime. Il faudrait mieux coopérer entre médecins, écoles, services sociaux, afin d'avoir une vision complète du puzzle familial et éviter les vues tronquées. De nombreux professionnels réclament également un référentiel national pour que tous les acteurs nomment les situations à risque de la même manière et se comprennent bien. Cela passe notamment par de la formation.

Certaines familles peuvent aussi disparaître des écrans radars en déménageant. Le gouvernement promet pour les semaines à venir le décret d'application de la loi de mars 2012, qui doit permettre aux services sociaux de consulter le dossier CAF de ces familles. Si elles touchent des allocations et les ont faites suivre, leur nouvelle adresse doit y figurer.

Les futurs outils à disposition des travailleurs sociaux, par MF. Bellée Van Thong, directrice Famille-Enfance-Jeunesse dans les Hauts-de-Seine Jérôme Jadot 

Autre problème, selon Michèle Creoff qui dirige le service famille-enfance au Conseil général du Val de Marne, la prégnance d'une "idéologie familialiste", qui privilégierait au-delà du raisonnable le maintien de l'enfant dans la cellule familiale. Elle évoque la situation d'une petite fille de moins de deux ans et d'un garçon de 5 ans vivant avec leur mère "gravement malade mentale". "Nous avons demandé plusieurs fois la mise à l'abri des enfants, mais le juge a refusé", raconte la chef de service. "La petite fille présente déjà des troubles autistiques, nous avons vu sa santé se dégrader. C'est un sentiment de colère et d'incompréhension". Au ministère de la Famille, on assure vouloir "contrebalancer la tendance familialiste" par un travail de formation des professionnels. "On est allé très loin dans le maintien au domicile de l'enfant", indique-t-on.

Le coût de la protection

Des choix qui ont aussi des conséquences budgétaires. Les prix varient selon les départements, mais un placement en foyer coûte environ 180 euros par jour et par enfant. 60 euros dans une famille d'accueil. Une mesure de suivi à domicile coûte une quinzaine d'euros par jour. Ce qui n'empêche pas certaines de ces mesures de rester en souffrance. Dans le Val de Marne, 150 sont en attente d'application après avoir été ordonnées par la justice. Avec des délais allant jusqu'à un an. "Pendant ce délai, relate Evelyne Monpierre, juge des enfants à Créteil et membre de l'Association française des magistrats de la jeunesse et de la famille, un père a agressé de façon extrêmement grave la mère et les deux enfants". 

09/02/2013

il FAUT changer

les surlignages sont de moi

lu sur :

http://www.lemonde.fr/culture/article/2013/02/07/notre-civilisation-pourrait-elle-s-effondrer-personne-ne-veut-y-croire_1828673_3246.html

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Notre civilisation pourrait-elle s'effondrer ? Personne ne veut y croire

LE MONDE CULTURE ET IDEES | 07.02.2013 à 14h24 • Mis à jour le 07.02.2013 à 17h51

Par Stéphane Foucart

Pour son élection à la Royal Society de Londres, Paul Ehrlich tenait à mettre sur la table une question abrupte sur la marche du monde. Cette question, elle ne cesse de le travailler depuis quatre décennies : "Un effondrement de la civilisation globale peut-il être évité ?" C'est donc le titre que le célèbre biologiste américain a choisi pour la longue tribune qu'il a rédigée à l'invitation de la plus vénérable des académies des sciences et qui vient d'être publiée dans Proceedings of the Royal Society B - l'une des revues qu'elle édite. Hélas ! Cette interrogation, qui ne soulevait guère, jusqu'à récemment, que des haussements d'épaules, est désormais de plus en plus sérieusement considérée par la communauté scientifique.

 

Les premières phrases de Paul Ehrlich, toujours membre, à plus de 80 ans, du département de biologie de l'université Stanford (Californie), ont servi d'entrée en matière à un colloque sur la biodiversité et la croissance économique, le 31 janvier, à l'Ecole des mines de Paris. Elles donnent le ton. "A peu près toutes les civilisations passées ont subi un effondrement, c'est-à-dire une perte de complexité politique et socio-économique, généralement accompagnée d'un déclin drastique de la démographie, écrivent le biologiste américain et sa compagne, Anne Ehrlich, également professeur à Stanford. Certaines, comme en Egypte ou en Chine, se sont remises de situations d'effondrement mais d'autres non, comme la civilisation de l'île de Pâques, ou les Mayas classiques. (...) Dans bien des cas - sinon la plupart - la surexploitation de l'environnement a été en cause."

RÉCHAUFFEMENT CLIMATIQUE ET ACIDIFICATION DES OCÉANS

La nouveauté du problème est sa dimension globale. Jadis, l'écroulement des sociétés n'a jamais été qu'un phénomène local ou régional. A quelques centaines de kilomètres des lieux où se tramait le délitement de sociétés structurées, rien de tangible ne se produisait. Les hommes continuaient à vivre paisiblement. "Mais, aujourd'hui, pour la première fois, une civilisation humaine globale - la société technologique, de plus en plus interconnectée, dans laquelle nous sommes tous embarqués à un degré ou à un autre - est menacée d'effondrement par un ensemble de problèmes environnementaux", poursuit l'auteur.

Ces problèmes sont connus. Ils sont au centre d'une somme considérable de travaux de recherche ; ils ont tous en commun d'affecter les écosystèmes et, en conséquence, de menacer les services qu'ils offrent gracieusement aux économies. C'est-à-dire aux hommes. La liste qu'égrènent Anne et Paul Ehrlich est longue. Erosion rapide de la biodiversité ; exploitation irraisonnée des océans ; destruction accélérée des insectes pollinisateurs, qui assurent la reproduction de 80 % du règne végétal ; épuisement des sols et des eaux souterraines ; formation de vastes zones mortes dans les océans, à l'embouchure des grands fleuves qui charrient les effluents agricoles. Avec, surplombant et déterminant partiellement le tout, deux phénomènes globaux liés à nos émissions de gaz à effet de serre : le réchauffement climatique et l'acidification des océans. L'humanité a donc devant elle un certain nombre de difficultés...

Pour tous ceux qui s'intéressent à l'écologie scientifique et à la biologie de la conservation, Paul Ehrlich est connu comme le loup blanc. En 1968 - cinq ans avant Les Limites à la croissance, rapport du Club de Rome, qui fait date -, il publiait The Population Bomb, un ouvrage grand public dont il vendit quelque deux millions d'exemplaires.

"Paul Ehrlich a toujours eu comme idée que la démographie est au centre de tout, que nous sommes trop sur la planète et qu'il fallait trouver des moyens pour être moins nombreux", résume le biologiste Gilles Boeuf, président du Muséum national d'histoire naturelle. "A sa publication, ce livre a reçu beaucoup d'attention, se souvient James Brown, professeur à l'université du Nouveau-Mexique, aux Etats-Unis, et membre de l'Académie des sciences américaine. On commençait à prendre conscience qu'une croissance exponentielle ne pourrait pas continuer indéfiniment sur une Terre finie. Je crois que beaucoup étaient cependant sceptiques sur l'horizon de temps auquel Paul Ehrlich prévoyait un effondrement."

"VERS DE PLUS VASTES FAMINES"

De fait, le biologiste augurait de vastes famines dans les années 1990 - elles n'ont pas eu lieu. "Ce qui est souvent décrit comme des prévisions "fausses" n'était que des scénarios, clairement présentés comme des histoires qui devaient aider à penser le futur et dont certaines ne se réaliseraient pas, répond Paul Ehrlich. Mais la principale erreur du livre est de sous-estimer la vitesse à laquelle la "révolution verte" [modernisation des techniques agricoles] s'est propagée dans les pays pauvres. Cela a sauvé beaucoup de vies, mais nous a aussi mis sur les rails où nous sommes désormais, vers de plus vastes famines."

L'effondrement, c'est d'abord la faim. Ce qui tourmente Paul Ehrlich depuis quarante ans est avant tout une question d'agriculture, de nourriture et d'estomacs à remplir. Cette crainte, rétorquent les détracteurs du néomalthusianisme, ne serait qu'une vieille lune puisant dans un millénarisme irrationnel, remontant à bien avant Thomas Malthus (1766-1834) lui-même. On trouve, de fait, trace de cette préoccupation aux toutes premières heures de l'Histoire. Le plus ancien texte de l'humanité, L'Epopée de Gilgamesh, le célèbre conte mésopotamien dont la composition remonte à la fin du IIIe millénaire avant notre ère, ne met-il pas en scène un aréopage de divinités décidées à punir l'humanité pour sa propension à la multitude ?

"La Terre peut nourrir neuf milliards d'individus sans problème", rétorquent ainsi les adversaires de Paul Ehrlich. Mais ceux qui ont le privilège d'écrire que les famines ne sont pas un "problème" ne sont jamais ceux qui ont eu faim. "Je trouve l'optimisme de beaucoup d'analystes assez perturbant, sachant qu'aujourd'hui presque un milliard d'humains souffrent de la faim et que des millions d'entre eux en meurent chaque année, ajoute le biologiste américain. Si c'est si facile, pourquoi tout le monde n'est-il pas correctement nourri ? Il y a sans doute plus de personnes souffrant de faim et de malnutrition aujourd'hui qu'en 1968", lors de la parution de The Population Bomb. Il n'y avait, alors, que trois milliards et demi d'humains sur Terre - nous sommes aujourd'hui plus du double.

DÉCLIN DE LA PÊCHE MONDIALE

"Ce que souligne Paul Ehrlich, c'est que, même si, dans la situation actuelle, on calcule que la Terre pourrait nourrir neuf milliards d'humains, nous ne sommes absolument pas sûrs que cela soit encore possible dans quelques décennies, redoute le biologiste Gilles Boeuf. Simplement parce que le système de production va commencer à subir les effets des perturbations que nous avons introduites dans le système, à commencer par le changement climatique." Dans de nombreuses régions du monde et pour certaines grandes cultures, "les rendements agricoles n'augmentent plus depuis sept à huit ans", précise le président du Muséum. En France, par exemple, les effets du changement climatique sur le blé se font sentir depuis 1996 : en dépit des progrès agronomiques, les rendements stagnent, après un demi-siècle de croissance continue. C'est le cas dans la majeure partie de l'Europe.

L'agriculture ne sera pas le seul système affecté. Les pêcheries souffrent également : depuis le milieu des années 1990, les prises mondiales déclinent, en dépit d'un effort de pêche toujours accru. Toujours plus de bateaux sont armés, traquent la ressource de plus en plus loin et de plus en plus profond, mais le produit de la pêche mondiale décline inexorablement. La tendance pourrait être encore aggravée par le réchauffement des eaux superficielles de l'océan et, surtout, par leur acidification. La manière dont les écosystèmes marins peuvent s'adapter à ce phénomène est largement inconnue, puisque ce dernier se produit à un rythme inédit depuis au moins 300 millions d'années, selon une récente étude publiée dans la revue Science.

Au chapitre des courbes qui plafonnent, celle de la production pétrolière n'est pas la moindre. Entre 2004 et 2011, malgré une demande explosive, elle a stagné, selon la BP Statistical Review of World Energy, entre 80 et 83 millions de barils par jour... Et ce, en comptant les ressources non conventionnelles (huile de schiste, sables bitumineux, etc.). "La "bombe" et les "limites", commente James Brown en référence à l'ouvrage de Paul Ehrlich et au rapport du Club de Rome, deviennent probablement une réalité en ce moment même."

LE REVIREMENT DE LA COMMUNAUTÉ SCIENTIFIQUE 

Dans le dernier tiers du XXe siècle, la question de la finitude du monde est demeurée marginale dans la communauté scientifique. Elle n'a pas suscité une école de pensée structurée, comme la physique des semi-conducteurs, la génomique ou la climatologie. L'opinion et les craintes de Paul Ehrlich sont-elles désormais partagées par tous ? "Non, il est toujours critiqué et considéré comme trop pessimiste, estime James Brown. La majorité de la communauté scientifique ne reconnaît pas ce qu'Ehrlich ou encore mon groupe de recherche et moi considérons comme une urgence critique."

Chez les chercheurs qui travaillent spécifiquement sur le fonctionnement des écosystèmes, la réalité est peut-être différente. "Ce n'est pas un tableau très joyeux qu'il dépeint, confie Franck Courchamp, chercheur au laboratoire Ecologie, systématique et évolution (CNRS/université Paris-Sud), mais malheureusement je pense qu'il écrit tout haut ce que la plupart des écologues pensent tout bas." La prestigieuse revue Nature a par exemple publié, au printemps 2012, deux vastes synthèses de la littérature scientifique, menées collectivement par une quarantaine de spécialistes du fonctionnement des écosystèmes. Leurs conclusions sont glaçantes : non seulement l'ensemble de la biosphère terrestre connaîtra une "bascule abrupte et irréversible" dans les prochaines décennies, du fait des transformations apportées par l'homme à l'environnement, mais les services rendus aux économies par ce dernier vont perdre en efficacité du fait de l'érosion de la biodiversité.

DES ÉTUDES LARGEMENT IGNORÉES

Probablement trop déprimantes, ces deux synthèses de la littérature, résumant le savoir accumulé par des centaines d'études, ont été relativement ignorées par les médias. Elles sont passées inaperçues. A peu près autant que l'avis commun rendu en juin 2012 par les 106 académies des sciences, intitulé "Population et consommation" et qui, en termes prudents, n'en valide pas moins les inquiétudes anciennes de Paul Ehrlich. "Les accroissements simultanés de la population et de la consommation non durable font que le monde se trouve face à deux de ses plus grands défis, assurent les académies des sciences. La population mondiale est de 7 milliards d'habitants, et la plupart des projections indiquent qu'elle sera de 7 à 11 milliards en 2050, sachant que l'accroissement de la population se fera surtout dans les régions à faible revenu. Globalement, les niveaux de consommation sont à un niveau jamais atteint, largement en raison de la forte consommation par individu dans les pays développés."

Au sein de l'establishment scientifique, les idées du biologiste américain commencent donc à faire leur chemin. Il suffit, pour s'en rendre compte, de relever le nombre de fois que The Population Bomb est cité dans la littérature scientifique. Entre 1968 et 1995, il n'y est fait référence que deux fois. Autant dire que l'ouvrage, malgré son succès auprès du public, est poliment ignoré. Mais dans la décennie suivante, entre 1995 et 2005, il est cité de dix à vingt fois par an, puis de vingt à quarante fois par an depuis 2005.

Pourtant, si elle apparaît comme une préoccupation de plus en plus partagée chez les scientifiques, l'impossibilité d'une croissance exponentielle éternellement entretenue dans un monde fini reste largement ignorée dans les cercles dirigeants, parmi les économistes et dans l'opinion. Le gouffre est en effet énorme entre les centaines d'études alarmantes et le "climat" général des réactions. "Il y a dans la communauté scientifique une retenue sur ces sujets qui m'a toujours étonné, ajoute M. Courchamp. Même dans les instances nationales, les scientifiques spécialistes ont toujours peur d'être accusés de catastrophisme, d'opinions militantes ou exagérées."

UNE CONNAISSANCE CONFINÉE À UN PETIT NOMBRE 

Les médias, eux aussi, sont souvent réticents à traiter pleinement ces sujets, souvent jugés trop anxiogènes. La connaissance accumulée sur l'état de tension entre le système technique humain et la biosphère demeure ainsi confinée à un petit nombre de spécialistes. "Certains essayent [de communiquer], mais les scientifiques ne sont pas formés pour parler au public et les normes de la science et la discipline de la pratique scientifique militent contre le fait d'aller vers le public, explique Paul Ehrlich. Mais plusieurs d'entre nous, tous des ''vieux briscards'', s'engagent : James Hansen, le plus titré des climatologues fédéraux [directeur du Goddard Institute for Space Studies de la NASA], a même été incarcéré pour avoir manifesté contre la construction d'une centrale à charbon."

L'ignorance, par le plus grand nombre, de la situation telle que la perçoivent les spécialistes compte au nombre des grandes préoccupations du biologiste américain. "Pour éviter un effondrement, le plus grand défi est peut-être de convaincre l'opinion, en particulier les hommes politiques et les économistes", écrit-il. Une grande part des communautés scientifiques et techniques investies dans la recherche et le développement sont aussi toujours rétives à l'idée d'une finitude du monde. "Je le vois dans mes conférences : il y a encore un déni incroyable à propos de notre situation, relève Gilles Boeuf. Parfois, ce sont même des scientifiques qui me disent : "On ne croit pas à ce que vous dites" !"

LA FRANCE, CHAMPIONNE DU DÉNI

Sur le terrain du déni, la France occupe une place à part. D'abord, ingénieurs et scientifiques passent souvent par des formations communes. Ensuite, la langue française a mis dans le même mot - "écologie" - une science et un mouvement politique. Du coup, les faits scientifiques qui relèvent de la première sont sans cesse relativisés et discutés comme le seraient les postures idéologiques du second. "Nous avons un vrai problème avec ça, confie Gilles BoeufNous ne sommes pas écologistes, nous sommes écologues !" Il ne faut pas sous-estimer la force de la confusion des mots. La France est par exemple le dernier pays dont l'Académie des sciences, en dépit des textes internationaux qu'elle a signés, estime incertaine l'origine anthropique du changement climatique...

Or, lorsqu'un problème environnemental semble très incertain, il n'y a nulle raison de chercher à le résoudre. Surtout si sa résolution demande des efforts colossaux. Le sera-t-il jamais ? Au terme de leur longue tribune dans Proceedings of the Royal Society B, Paul et Anne Ehrlich répondent, de manière étonnante, oui : "L'effondrement de la civilisation globale" peut être évité, "car la société moderne a montré de la capacité à traiter les menaces de long terme, si elles sont évidentes et continuellement portées à notre attention". Mais cette note d'espoir est vite remise à sa place. "Nous estimons que la probabilité d'éviter l'effondrement n'est que d'environ 10 %, précise Paul Ehrlich. Et nous pensons que, pour le bénéfice des générations futures, cela vaut le coup de se battre pour monter cette probabilité à 11 %."

La principale incertitude ne repose sans doute pas sur les grands changements d'état de la biosphère et la raréfaction des ressources. Elle tient plutôt au fait de savoir ce qu'est un "effondrement", c'est-à-dire de quelle manière les sociétés réagiront à ces changements. Appauvrissement brutal des populations ? Perte de contrôle des Etats sur leur territoire ? Incapacité à assurer les besoins de base de la population ? Généralisation de la violence ? Ou réduction graduelle et pacifique de la consommation matérielle, accompagnée d'une plus forte cohésion sociale ? Ces questions restent ouvertes et ne sont pas du ressort des sciences de la nature. Mais le spectacle qu'offre un pays comme la Grèce n'incite guère à l'optimisme. 

 

Lire aussi : Changement climatique : près de soixante études par jour (ci dessous)

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"L'HOMME PEUT-IL S'ADAPTER À LUI-MÊME ?"

collectif, dirigé par Gilles Boeuf, Bernard Swynghedauw et Jean-François Toussaint, (Quae éditions, 2012).

"L'ÉCOLOGIE POUR LES NULS"

de Franck Courchamp (Editions générales First, 2009).

SUR LE WEB

"CAN A COLLAPSE

OF GLOBAL CIVILIZATION BE AVOIDED ?"

Article en anglais de Anne et Paul Ehrlich disponible sur le site de la revue Proceedings of the Royal Society B www. royalsocietypublishing.org

MILLENNIUM ALLIANCE FOR HUMANITY AND THE BIOSPHERE

Une initiative imaginée par Anne et Paul Ehrlich http://mahb.stanford.edu

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Changement climatique : près de soixante études par jour 

http://www.lemonde.fr/culture/article/2013/02/07/changement-climatique-pres-de-soixante-etudes-par-jour_1828674_3246.html

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LE MONDE CULTURE ET IDEES | 07.02.2013 à 14h24 • Mis à jour le 07.02.2013 à 17h42

Par Stéphane Foucart

Vouloir rendre compte de la recherche sur le changement climatique est à la fois impossible et déprimant. Déprimant parce que la majorité des études publiées dressent un tableau assez sombre de l'avenir prévisible. Impossible parce que l'activité scientifique sur le sujet a pris, ces dernières années, une dimension gigantesque. Ce dont, de toute évidence, l'opinion n'a pas la moindre idée. "Le grand public ne sait pas bien ce que les scientifiques font, ni le rôle que joue la science dans la société", constate l'écologue James Brown, professeur à l'université du Nouveau-Mexique et membre de l'Académie des sciences américaine.

En cherchant dans une base de données de la littérature scientifique - par exemple Scopus, tenue par l'éditeur Elsevier - les articles de recherche contenant les termes "changement climatique" (climate change) ou "réchauffement global" (global warming) dans leur titre, leur résumé ou leurs mots-clés, il est possible de se faire un avis assez précis sur ce décalage. Au milieu des années 1970, l'ensemble des revues scientifiques publiait environ une dizaine d'articles par an sur le sujet. Dix ans plus tard, on en compte une cinquantaine. Encore dix ans de plus - au milieu des années 1990 - et nous en sommes à environ un millier publiés chaque année...

DES SCIENTIFIQUES ANXIEUX

Aujourd'hui, celui qui s'intéresse au réchauffement sous tous ses aspects scientifiques est confronté à une sorte de tsunami de travaux académiques dans lesquels la dimension climatique intervient sous une forme ou une autre. En 2012, les revues savantes ont donné l'onction d'une publication à 15 125 études de ce genre.

Ce qui représente une moyenne de près de soixante travaux de recherche publiés par jour ouvré... Dans cette masse d'études, il est aussi possible de chercher si, par exemple, la notion de perturbation climatique est, ou non, associée de manière croissante au terme "effondrement" (collapse) - que ce soit celui d'une société, d'une calotte de glace, d'un écosystème, d'une pêcherie... Les travaux associant des changements climatiques à ces bouleversements brutaux et périlleux que sont les "effondrements" sont aussi de plus en plus nombreux.

On en comptait moins de dix par an jusqu'à la fin des années 1990 ; une vingtaine entre 2000 et 2003 ; une quarantaine entre 2004 et 2006... En 2012, près d'une centaine ont été publiés. Si l'on fait de cette association (changement climatique et effondrements) une manière d'indice d'anxiété de la communauté scientifique sur les répercussions du changement climatique, alors cet indice a décuplé au cours des vingt dernières années.

"L'enfant et les écrans", l'Académie des sciences sous influence des lobbies ?

lu sur :

http://www.lemonde.fr/idees/article/2013/02/08/laisser-les-enfants-devant-les-ecrans-est-prejudiciable_1829208_3232.html

Laisser les enfants devant les écrans est préjudiciable

LE MONDE | 08.02.2013 à 16h09

Par Michel Desmurget, directeur de recherche en neurosciences à l'Inserm ; Laurent Bègue, professeur de psychologie sociale ; Bruno Harlé, pédopsychiatre

L'Académie des sciences a publié, le 17 janvier, un avis intitulé "L'enfant et les écrans". Les recommandations avancées sont si surprenantes, au regard des données d'ensemble de la littérature scientifique et des prises de position récentes de plusieurs institutions sanitaires majeures, que l'on peut s'interroger sur le soin apporté à la rédaction de ce travail.

Lorsque l'Académie américaine de pédiatrie rédige un avis sur l'usage des écrans, elle fait appel à des spécialistes reconnus du domaine. Ici, les membres du groupe de travail ne sont, en grande majorité, nullement experts du sujet traité, ce qui semble assez étonnant au vu des enjeux de santé publique engagés. Par exemple, le premier signataire du texte est, d'après l'Académie des sciences, spécialiste du système immunitaire. C'est ennuyeux parce que la littérature scientifique sur les écrans est imposante et complexe. Confie-on à un spécialiste des écrans la rédaction d'un avis sur les allergènes du jaune d'oeuf ?

L'usage veut que les avis officiels soient adossés à l'état du savoir scientifique. Le travail de l'Académie semble de ce point de vue largement défaillant. Une grande partie des affirmations avancées dans ce rapport sont dénuées de tout fondement scientifique et ne reflètent que les préjugés ou opinions des auteurs. Par exemple, nos académiciens expliquent que "les tablettes visuelles et tactiles suscitent au mieux (avec l'aide des proches) l'éveil précoce des bébés (0-2 ans) au monde des écrans, car c'est le format le plus proche de leur intelligence".

Aucune donnée n'est présentée pour étayer ces assertions ou simplement montrer que cette exposition précoce est souhaitable. C'est malheureux, parce que, même si les tablettes sont trop récentes pour que des études fiables existent quant à leurs influences, il apparaît au vu de la littérature scientifique disponible qu'un petit enfant aura toutes les chances de grandir infiniment mieux sans tablette. En effet, certains déficits établis, liés à l'usage de la télévision ou des jeux vidéo, concernent aussi les tablettes.

INFLUENCES DÉLÉTÈRES IMPORTANTES

De la même manière, le texte parle constamment de pratiques "excessives" mais ne définit jamais clairement ces dernières. Aux Etats-Unis (seuls chiffres globaux précis) les 8-18 ans consacrent plus de 7 h 30 par jour à l'usage, essentiellement récréatif, d'un écran ou d'un autre. En France, sur une tranche d'âge comparable, on est autour de 4 h 30 pour le seul couple télévision-Internet (Médiamétrie, étude EU KidsOnline).

Est-ce excessif ? L'Académie semble considérer que non, lorsqu'elle s'abstient de la moindre recommandation quantitative, et conclut que, de toute façon, "il ne sera possible que de réduire à la marge le temps d'exposition aux écrans".

Pourtant, des milliers de recherches scientifiques signalent des influences délétères importantes de la télévision, d'Internet ou des jeux vidéo sur le développement intellectuel, la sociabilité et la santé, bien au-delà des premiers âges de la vie et pour des consommations largement inférieures à deux heures quotidiennes.

A ce sujet, on peut s'interroger sur certaines "erreurs" des auteurs. Ils citent une étude selon laquelle "au-delà de deux heures par jour passées devant un écran non interactif par un enfant en bas âge, et pour chaque heure supplémentaire, il a été noté une diminution de 6 % sur les habiletés mathématiques à 10 ans".

En fait, cette étude montre une baisse de 6 % par heure de télévision hebdomadaire (!) soit 42 % par heure de télévision quotidienne, dès la première heure ; cette étude ne permet pas d'extrapoler au-delà de deux heures de consommation quotidiennes, qui constituent la limite supérieure de son échantillon. Ces arrangements avec la réalité sont fâcheux dans un texte censé faire référence.

APOLOGIE DU POTENTIEL PÉDAGOGIQUE DES JEUX VIDÉO

De manière frappante, ce texte offre une surprenante apologie du potentiel pédagogique des jeux vidéo et logiciels éducatifs. Quelques travaux montrent que certains jeux vidéo peuvent améliorer certaines capacités périphériques d'attention et de sélection visuelle. Cependant, selon les termes mêmes de l'avis, ces jeux vidéo sont "souvent" des "jeux violents".

Or, les jeux vidéo violents, déconseillés pour la plupart aux moins de 16 ans, voire 18 ans, sont associés, comme l'indique l'Académie américaine de pédiatrie dans sa dernière synthèse, "à une variété de problèmes physiques et mentaux chez les enfants et les adolescents".

Pas sûr, dès lors, que le rapport bénéfice/risque soit positif. Pas sûr non plus que soit recevable la tentative faite par nos académiciens de généraliser les effets positifs locaux, observés dans des tâches artificielles d'attention visuelle, au fonctionnement cognitif dans son ensemble.

Cette réserve semble d'autant plus fondée que les auteurs de l'avis négligent à la fois de citer la moindre étude corroborative et de prendre en compte une masse imposante de résultats contraires à leurs propos.

Par exemple, rien n'est dit de toutes les études scientifiques et institutionnelles, comme celle du Programme for International Student Assessment (PISA), liant causalement la consommation numérique, interactive ou non, des enfants et adolescents avec l'existence de troubles de l'attention et de difficultés scolaires.

Rien non plus sur les évaluations indépendantes du département de l'éducation américain montrant que les onéreux logiciels éducatifs sont parfaitement inefficaces. Rien encore sur le fait qu'aux Etats-Unis, face à ces observations, des écoles initialement en pointe dans le domaine numérique retirent aujourd'hui les ordinateurs des salles de classe. Rien !

PLUSIEURS GRANDS PROBLÈMES DE SANTÉ PUBLIQUE

Etonnamment, les effets massifs et reconnus des écrans sur plusieurs grands problèmes de santé publique sont, eux aussi, presque totalement oubliés des académiciens. Rien sur la sédentarité et ses effets sur l'espérance de vie, rien sur l'alcoolisation et le tabagisme (la télévision est le premier facteur d'entrée dans le tabagisme des adolescents), rien sur les troubles du comportement alimentaire, rien sur la violence scolaire, etc.

Concernant ce dernier sujet, les influences des images et jeux vidéo violents sur les comportements agressifs sont minimisées avec un aplomb désarmant par les auteurs de l'avis, qui n'y voient "qu'un facteur parmi des centaines d'autres".

Des milliers d'études, de revues de la littérature et de méta-analyses (impliquant jusqu'à 130 000 individus) confirment cette influence, dont l'ampleur est comparable à celle qui associe cancer du poumon et tabagisme.

Au-delà de tous ces éléments, ce texte est inquiétant en ce qu'il porte la marque d'une sidérante démission éducative. Comment peut-on renoncer à l'avance à toute réduction du temps d'usage des écrans ?

Il est heureusement possible à tous les parents d'agir en ce domaine. Le sentiment de cette nécessité n'émergera toutefois que si ces parents sont loyalement et précisément informés. Par sa pauvreté et son parti pris, l'avis de l'Académie est loin de fournir les bases d'une telle information.

Michel Desmurget, directeur de recherche en neurosciences à l'Inserm ; Laurent Bègue, professeur de psychologie sociale ; Bruno Harlé, pédopsychiatre

Liste intégrale des signataires 

Politique, Corruption, Italie, Algérie, Pétrole

lu sur :

http://www.lemonde.fr/economie/article/2013/02/08/le-geant-petrolier-eni-mis-en-cause-dans-une-affaire-de-pots-de-vin_1829064_3234.html

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Le géant pétrolier ENI mis en cause dans une affaire de pots-de-vin

LE MONDE | 08.02.2013 à 12h15

Par Philippe Ridet - Rome, correspondant

Après le scandale de la banque Monte dei Paschi de Sienne, dont les dirigeants sont soupçonnés d'avoir maquillé des pertes par des opérations sur produits dérivés, l'Italie a-t-elle rendez-vous avec le scandale ENI ?

Jeudi 7 février, le parquet de Milan a ouvert une enquête pour "corruption internationale" visant le directeur général du géant énergétique, Paolo Scaroni, dans le cadre d'une affaire de pots-de-vin versés au gouvernement algérien et à la société Sonatrach. Les bureaux de l'Eni et le domicile milanais de M. Scaroni ont été perquisitionnés.

Pour s'adjuger huit contrats de travaux dans les projets de gazoduc Medgaz et du gisement Menzel Ledjmet Est, évalués à 11 milliards de dollars (8,2 milliards d'euros), ENi et sa filiale d'ingénierie Saipem (détenue à hauteur de 42,93 %) auraient versé à une société de Hongkong, Pearl Partners Limited – appartenant elle-même à un intermédiaire, Farid Noureddine Bedjaoui –, la somme de 197 millions d'euros. Et ce, afin "d'arroser" des membres du gouvernement algériens et des dirigeants de la Sonatrach. M. Scaroni aurait participé à au moins une rencontre avec M. Bedjaoui.

PREMIERS SOUPÇONS DE CORRUPTION EN ALGÉRIE

En décembre 2012, des premiers soupçons de corruption en Algérie avaient entraîné les démissions du vice-président de la Saipem, Pietro Franco Tali, du directeur financier, Alessandro Bernini, et du responsable de la branche Ingénierie et constructions, Pietro Varone. La semaine dernière, le titre de la société s'est effondré de près de 35 % à la Bourse de Milan après qu'elle eut averti que son résultat 2012 serait inférieur aux attentes, et que l'année 2013 demeurerait "difficile" avant un rebond espéré en 2014.

Selon les enquêteurs, M. Varone était un acteur central des relations entre Pearl Partners et Eni. Son ex-épouse est associée de M. Bedjaoui, et ce dernier était partenaire de M. Varone dans une société agricole. Homme d'affaires, intermédiaire et neveu de l'ex-ministre des affaires étrangère algérien, M. Bedjaoui se faisait fort de pouvoir jouer de son influence pour convaincre le ministre de l'énergie algérien, Chakib Khelil, d'accorder à la société pétrolière italienne les marchés convoités, quitte à graisser la patte à quelques politiciens et cadres.

Une gorge profonde du parquet de Milan, cité par la presse italienne qui publie ses propos, a déclaré aux magistrats : "En 2007, j'ai appris de M. Varone que Chakib Khelil et M. Bedjaoui s'étaient rencontrés. Il appelait le premier "le vieux" et le second "le jeune". M. Varone les a également vus à cinq reprises", dont une fois, dans un palace parisien, en compagnie de M. Scaroni et du responsable de l'ENI pour l'Afrique du Nord, Antonio Vella.

Dans un communiqué diffusé jeudi, ENI et son directeur général se disent "étrangers " aux enquêtes visant les activités de la Saipem en Algérie. Ils rappellent que, lorsque les soupçons se sont portés sur la société d'ingénierie fin 2012, ils ont exigé une "rupture" dans le management de la Saipem, traduite par la mise à l'écart des cadres incriminés. "L'ENI, conclut le communiqué, a fourni et fournira une coopération maximale à l'enquête."

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sur le même sujet, lu sur :

http://www.elwatan.com/actualite/italie-algerie-l-eni-rattrape-par-des-pots-de-vin-08-02-2013-202561_109.php

Italie-Algérie : l'ENI rattrapé par des pots-de-vin

Le tout puissant numéro un du groupe pétrolier italien est au centre d’une enquête pour corruption qui concerne l’Algérie. Hier, les enquêteurs ont ordonné la perquisition du bureau  et du domicile de Paolo Scaroni, ce qui a provoqué l’effondrement du titre de l’ENI en Bourse

Rome de notre correspondante

Pour s’adjuger les mégaprojets de Medgaz et de MLE, le groupe pétrolier italien aurait versé des pots-de-vin, pour un total de 197 millions de dollars, à des responsables du gouvernement algérien, à des dirigeants de Sonatrach et à de nombreux intermédiaires, dont le neveu de l’ancien ministre des Affaires étrangères, Mohamed Bédjaoui. Ayant créé une société-écran, Pearl Partners Limited, basé à Hong Kong, Farid Noureddine Bédjaoui, aurait joué un rôle-clé dans les négociations permettant aux Italiens de décrocher la transaction de 11 milliards de dollars. En strict contact avec l’épouse du directeur du département d’engineering et construction de Saipem (filiale de l’ENI), Pietro Varoni (suspendu de ses fonctions), Farid Noureddine Bedjaoui, qui est aussi actionnaire dans une société agricole de Varoni, aurait servi d’intermédiaire précieux aux Italiens en leur présentant des ministres algériens et des dirigeants de Sonatrach.

Le directeur général de l’ENI aurait assisté au moins à une réunion de haut niveau entre les deux délégations, qui se serait tenue à Paris, en présence du ministre de l’Energie, à l’époque Chakib Khelil. Les enquêteurs espèrent trouver des preuves accablant Scaroni, d’où les perquisitions opérées hier, dans ses bureaux à Rome et à Milan, ainsi que dans sa villa, bien que sa responsabilité soit engagée même sans cela, en vertu de la loi 231 italienne qui établit la responsabilité des dirigeants dans les affaires de corruption. Cette nouvelle est venue troubler, en pleine campagne électorale, les marchés financiers italiens.

Le 24 février prochain, le pays devra voter son nouveau Parlement sur fond de crise économique. De nombreux scandales financiers ont été révélés, ces derniers jours, par la presse italienne, mettant en cause tantôt les gouvernements de gauche, tantôt ceux de droite qui se sont succédé. Les juges de Milan avaient déjà ouvert une enquête pour corruption qui met en cause les dirigeants de la société Saipem, très présente en Algérie, mais cette fois c’est le groupe pétrolier lui-même qui se trouve dans l’œil du cyclone. Paolo Scaroni, l’homme de l’ancien président du Conseil italien, Silvio Berlusconi, est aux commandes de l’ENI depuis huit ans, et ses détracteurs l’accusent d’avoir fait le jeu de Berlusconi, notamment dans les affaires conclues avec les Russes. Vladimir Poutine étant un ami intime de Silvio.

Une amitié qui aurait coûté cher au Trésor italien car El Cavaliere avait tendance à soigner ses propres affaires plutôt que celle du groupe étatique. Selon des experts italiens des questions pétrolières, Scaroni «n’arriverait pas à la cheville» d’Enrico Mattei, fondateur de l’ENI et qui a payé de sa vie son engagement à défendre les intérêts italiens sans pour cela exploiter les jeunes nations productrices de pétrole et de gaz.

Nacéra Benali

07/02/2013

À propos du film sur LINCOLN

lu sur :

http://www.medelu.org/Ce-que-le-film-Lincoln-ne-dit-pas

Ce que le film « Lincoln » ne dit pas sur Abraham Lincoln

EMANCIPATION DES ESCLAVES ET EMANCIPATION DES TRAVAILLEURS

Ce que le film « Lincoln » ne dit pas sur Abraham Lincoln.pdf

extraits :

..."Cet article est publié en français et dans sa version originale en espagnol (sur le site Publico). Il est accompagné de la lettre de félicitations que reçut Abraham Lincoln (*) le 30 décembre 1864 de la Première Internationale pour sa toute récente réélection. Ce document d’histoire – réelle, elle – fut rédigé par Karl Marx."...

..."La vaste majorité des étudiants américains, y compris ceux des universités les plus prestigieuses, ignorent que la fête du 1er mai, célébrée à travers le monde en tant que Journée mondiale du travail, rend hommage aux syndicalistes américains morts en défendant la journée de huit heures (au lieu de douze). C’est cette victoire qui permit de porter avec succès cette revendication dans la plupart des pays du monde. Or aux Etats-Unis, le 1er mai, outre qu’il n’est pas férié, est le jour dit de la loi et de l’ordre – Law and Order Day – (lire l’ouvrage A People’s History of the United States, de Howard Zinn). La véritable histoire des Etats-Unis est fort différente de la version officielle promue par les structures de pouvoir étatsuniennes."... 

(*) http://www.marxists.org/francais/ait/1864/12/km18641230.htm

Tarnac : tous les coups sont permis !!!

Les surlignages sont de moi

lu sur :

http://www.lemonde.fr/societe/article/2013/02/05/tarnac-juge-pour-refus-de-donner-un-adn-deja-preleve_1827376_3224.html

Tarnac : un homme jugé pour refus de donner son ADN, déjà prélevé à son insu

LE MONDE | 05.02.2013 à 14h38 • Mis à jour le 06.02.2013 à 14h26

Par Laurent Borredon

Les policiers de la sous-direction antiterroriste (SDAT) de la police judiciaire n'ont pas peur de la contradiction. Le 24 février 2012, à 11 h 15, ils ont recueilli l'ADN de Charles Torrès, 28 ans, à son insu. Puis, à 11 h 35, ils ont lancé une procédure contre le jeune homme gardé à vue dans le cadre de l'affaire de Tarnac pour... refus de prélèvement génétique. Charles Torrès doit être jugé, mercredi 6 février, par le tribunal correctionnel de Rouen. Il risque, au maximum, un an de prison et 15 000 euros d'amende. A la suite de sa garde à vue, il avait été relâché sans charge, mais cela n'empêche pas d'être dans l'obligation de laisser son ADN. Il suffit qu'existent des "indices graves ou concordants" contre la personne entendue, indique le code de procédure pénale.

Ce matin-là, les policiers ont nettoyé à fond les locaux de garde à vue, à l'aide d'une solution hydroalcoolique. Le bureau et le sol. Dans quelques instants, Charles Torrès va être entendu pour la quatrième fois. Les policiers souhaitent récupérer son ADN et il faut que tout soit immaculé. Les enquêteurs veulent vérifier si le jeune homme, interpellé la veille près de Rouen, n'a pas forgé les crochets qui ont servi à saboter des lignes de TGV, à l'automne 2008.

"DÉLOYAUTÉ"

Charles Torrès est aussi prudent que les policiers sont méticuleux : il a "consommé sa brique de jus d'orange sans en utiliser la paille, puis en [a] soigneusement lavé l'extérieur, de sorte à n'y laisser aucune trace biologique (...). A l'heure du déjeuner, il a été constaté qu'il mangeait sans utiliser de couverts, directement au moyen de ses doigts", note le lieutenant de la SDAT, dans son procès-verbal, que Le Monde a pu consulter.

Mais le stratagème réussit : les hommes de la police technique et scientifique parviennent à récupérer "les prélèvements de traces de contact" là où il "a apposé ses mains". Encore mieux, "à l'aplomb du siège où [il] s'est assis, des cheveux jonchent le sol". Précis, le policier indique "que la présence de ces cheveux au sol résulte de la propension qu'a manifestée Charles Torrès à se passer (nerveusement) les mains dans les cheveux". Trente heures de garde à vue dans les locaux de la SDAT, c'est un peu stressant...

Comment justifier une procédure pour refus de prélèvement d'ADN quand on vient de le recueillir ? En faisant comme si de rien n'était : le procureur qui poursuit puis les magistrats qui vont juger le dossier "ADN" n'ont accès qu'aux pièces du dossier Tarnac que la SDAT veut bien leur transmettre. Le PV de recueil de traces génétiques a été opportunément exclu. Au contraire, une enquêtrice justifie la procédure en assurant que le prélèvement demandé à Charles Torrès "aurait utilement permis de déterminer le profil génétique de l'intéressé aux fins de comparaison avec les empreintes génétiques à ce jour non identifiées".

"Il s'agit d'un symptôme de plus de la déloyauté qui contamine tout le dossier", estime Me William Bourdon, l'un des avocats de Charles Torrès. Il souhaite déposer une question prioritaire de constitutionnalité, mercredi. Pour lui, les articles de loi sur les prélèvements d'ADN sont "défaillants" face au principe de libre disposition de son corps : l'officier de police judiciaire n'a pas d'obligation d'informer qu'il peut y avoir un prélèvement clandestin, puis que ce prélèvement a eu lieu - ce qui interdit tout recours - et, enfin, il n'est pas obligé de vérifier que le gardé à vue est déjà fiché, avec le risque d'une multiplication des prélèvements.

Et la comparaison des empreintes génétiques ? Au final, elle n'a rien donné.

Laurent Borredon

Les agences de notation ...

... servent-elles à quelque chose ?

lu sur :

http://www.lemonde.fr/economie/article/2013/02/05/les-etats-unis-vont-porter-plainte-contre-s-p_1827247_3234.html

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Les Etats-Unis vont porter plainte contre S&P

LE MONDE | 05.02.2013 à 11h33

Par Sylvain Cypel - New York, correspondant

Après les banques et les grands organismes de crédit, les agences de notation vont-elles devoir, elles aussi, rendre des comptes ? Standard & Poor's (S&P) a reconnu, lundi 4 février, qu'elle s'attendait à voir le ministère américain de la justice déposer plainte contre elle. Au motif que l'agence – qui, en son temps, fut la première à abaisser la note de la dette publique des Etats-Unis – aurait manipulé les notes de produits financiers toxiques – en particulier les fameux CDO (collateralized debt obligations) – dans la période qui a précédé l'explosion de la bulle des subprimes, en 2007.

Des milliers de ces titres hypothécaires "pourris" ont effectivement bénéficié, jusqu'au dernier moment, d'excellentes notes de la part de S&P comme de ses concurrentes, de même que les établissements financiers qui les émettaient.

Exactement comme, sept ans auparavant, le courtier en énergie Enron jusqu'à la veille de sa banqueroute frauduleuse. Ou la banque Lehman Brothers qui, le jour de sa faillite, le 15 septembre 2008, n'avait toujours pas été dégradée. Pas plus que les grandes sociétés de crédit immobilier comme Countrywide ou Washington Mutual qui ont aussi fait faillite. Pas plus que l'assureur AIG, dont le renflouement par l'Etat américain coûtera plus de 180 milliards de dollars (133 milliards d'euros) pour éviter un effondrement "systémique" de la finance internationale.

Dans le cas de S&P, la justice concentrerait sa plainte sur une trentaine de CDO dont les cas illustreraient une pratique générale. Elle disposerait de milliers de courriels internes remontant jusqu'à la direction de l'agence.

IMPARTIALITÉ DISCUTABLE

Dans un communiqué, S&P a "profondément déploré" son incapacité passée à déceler la nature spéculative et dangereuse des produits financiers de dette hypothécaire (et autres), et indiqué qu'elle avait investi 400 millions de dollars pour améliorer les procédures de validation de ses notes. Mais elle a ajouté qu'"une action en justice n'aurait aucun fondement factuel ou juridique". L'Etat américain aurait "tort de soutenir que les notations de S&P étaient motivées par des considérations commerciales et non émises de bonne foi".

Pourtant, le fonctionnement des agences est depuis longtemps critiqué : comment peuvent-elles donner des notes en toute impartialité à des sociétés qui sont aussi leurs clients ? Fin janvier 2011, la commission d'enquête sur la crise financière, après l'audition de 800 témoins et protagonistes de la crise, avait conclu que ces agences en avaient constitué "un des facteurs essentiels" et appelé à les réformer. Mais, à l'issue d'un lobbying intense au Congrès, celles-ci étaient parvenues à échapper aux fourches de la loi de réforme financière, dite Dodd-Frank.

Des avocats de S&P ont laissé entendre qu'ils plaideraient que le gouvernement américain n'a, pas plus que S&P, pris en compte les éléments qui pouvaient faire craindre la crise financière de 2008. L'agence rappelle qu'en 2007, le Trésor avait jugé les problèmes du marché des emprunts hypothécaires "maîtrisé".

Le dépôt de la plainte est imminent. Les procureurs généraux de plusieurs Etats américains pourraient s'y joindre ou déposer des plaintes séparées (le procureur de l'Etat de New York, le plus important dans les affaires financières, a fait savoir qu'il menait parallèlement sa propre enquête).

UNE NÉGOCIATION AURAIT DÉJÀ CAPOTÉ

Pour la plupart des analystes, la procédure devrait se clore, comme dans les cas des grandes banques américaines, par une amende dont le montant constitue un indicateur symbolique du niveau de la fraude officiellement non admise par celui qui s'engage à la verser.

Une négociation s'est d'ailleurs déjà engagée entre S&P et la justice, mais elle aurait capoté, Washington ayant exigé le versement d'une amende "dépassant les 10 chiffres", c'est-à-dire de plus de 1 milliard de dollars.

L'action McGraw-Hill, propriétaire de S&P, a perdu 14 % lundi à la clôture à Wall Street. Pour les agences, l'enjeu de la bataille dépasse la seule plainte du gouvernement. Si S&P était condamnée en justice ou transigeait sur une amende, les autres suivraient vraisemblablement. Surtout, des investisseurs ayant perdu des sommes importantes sur les marchés des produits financiers de dette vérolés pourraient, à leur tour, se retourner contre elles...

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sur le même sujet, lu sur :

http://lexpansion.lexpress.fr/economie/les-etats-unis-declenchent-les-hostilites-contre-standard-and-poor-s_371405.html

NEW YORK : Subprimes: les Etats-Unis poursuivent Standard and Poor's

AFP - publié le 05/02/2013 à 17:02, mis à jour le 06/02/2013 à 00:01

NEW YORK - Le gouvernement américain s'en prend, plus de cinq ans après l'éclatement de la crise des "subprime", à l'agence de notation Standard and Poor's à qui il réclame 5 milliards de dollars de dédommagement et qui répond en se disant punie d'avoir abaissé la note des Etats-Unis.

C'est la première fois que le gouvernement américain porte plainte contre une agence de notation alors qu'il s'en est jusqu'alors surtout pris aux banques qui avaient conçu les "subprime", produits adossés à des prêts hypothécaires à risque, à l'origine de la crise financière la plus grave depuis la Grande Dépression.

"De septembre 2004 à octobre 2007 au moins", le groupe de médias McGraw-Hill et sa filiale S&P ont "conçu et exécuté un système pour tromper les investisseurs" avec leurs notations de produits "subprime", explique la plainte déposée tard lundi auprès d'un tribunal fédéral de Los Angeles.

S&P a "affirmé que ses notations étaient indépendantes et objectives", alors qu'elles étaient entachées de "conflits d'intérêts" car S&P touchait de juteux émoluments pour ses notations de produits dérivés, a souligné au cours d'une conférence de presse le secrétaire américain à la Justice Eric Holder.

Il a souligné que ces pratiques avaient coûté 5 milliards de dollars de pertes aux investisseurs et que c'était le montant des pénalités que le ministère de la Justice (DoJ) voulait obtenir devant les tribunaux.

La plainte cite notamment des courriels internes d'employés de S&P mentionnant dès 2006 l'existence d'une "bulle immobilière" et prévoyant "20% de défauts cette année" sur des prêts subprime. Elle mentionne également des analystes de S&P souhaitant abaisser les notes de nombreux titres en 2007, demandes rejetées par leurs supérieurs.

Dans un de ces courriels, un analyste ironise même sur la détérioration du marché immobilier avec une parodie de la chanson des Talking Heads "Burning down the house" ("en brûlant la maison").

S&P accuse le DoJ d'avoir sorti des courriels de leur contexte.

L'agence de notation, qui avait déclenché sa contre-attaque dès lundi sans attendre le dépôt officiel de la plainte, a répété mardi que la procédure judiciaire du gouvernement était "sans fondement" et qu'elle allait se "défendre vigoureusement".

Son principal avocat, Floyd Abrams, a laissé entendre sur la chaîne CNBC mardi que l'agence était punie pour avoir fait perdre en août 2011 son précieux AAA aux Etats-Unis. L'"intensité" de l'enquête gouvernementale s'est "accélérée" après cette date, a-t-il affirmé.

Ce qu'a démenti M. Holder en affirmant que la plainte contre S&P et l'abaissement de la note des Etats-Unis "n'étaient pas liés".

Interrogée par l'AFP, l'agence Moody's, qui a maintenu le triple A des Etats-Unis, n'a pas fait de commentaire. Sa concurrente Fitch, qui a elle aussi maintenu la note maximale de la dette américaine, a dit n'avoir "aucune raison de penser être la cible d'une procédure similaire".

Pour Peter Morici, professeur d'économie à l'université du Maryland, "le ministre de la Justice et le président" américain Barack Obama, "en s'attaquant à S&P uniquement plutôt qu'à toutes les agences de notations, semblent s'engager dans une vengeance politique".

Pour l'avocat spécialiste des litiges boursiers Jacob Frenzel, interrogé par l'AFP, le fait que le DoJ ait attaqué en priorité S&P ne veut pas dire qu'il ne va pas porter plainte contre Moody's ou Fitch. Le DoJ n'a pas voulu s'exprimer à ce sujet.

Selon le New York Times, le DoJ aurait tenté de négocier un accord amiable dans lequel McGraw-Hill aurait payé une pénalité d'un milliard de dollars et reconnu sa culpabilité. S&P aurait refusé.

Les investisseurs semblent tabler sur une issue coûteuse pour S&P: l'action a plongé de 24% en deux séances, et celle de Moody's de 18,5%.

06/02/2013

Pas de poisson pour les femmes enceintes

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/01/11/la-pollution-au-mercure-ferait-perdre-du-qi-et-de-l-argent-a-l-europe_1815407_3244.html

La pollution au mercure ferait perdre du QI et de l'argent à l'Europe

Le Monde.fr | 11.01.2013 à 18h46 • Mis à jour le 11.01.2013 à 18h47 

Par Audrey Garric

Quel est le lien entre mercure, QI et productivité d'un pays ? Une équipe de chercheurs européens estiment, dans une étude originale publiée dans la revue Environmental Health lundi 7 janvier, que réduire l'exposition de la population, notamment pré-natale, au méthylmercure ferait gagner à l'Europe de 8 à 9 milliards d'euros par an en évitant à ses habitants une baisse de quotient intellectuel liée à des déficiences neurologiques et donc une perte de salaire. 

Ces résultats doivent être présentés lors de la conférence internationale qui se tiendra du 13 au 18 janvier à Genève pour adopter un traité visant à s'attaquer aux effets néfastes du mercure. Un cinquième et dernier cycle de pourparlers qui devrait clore quatre ans de négociations, sous l'égide des Nations unies, sur cette question de sécurité sanitaire des plus sensibles.

Lire : Les pays en développement de plus en plus exposés aux dangers du mercure

200 000 ENFANTS AFFECTÉS

L'étude européenne, publiée après une relecture par les pairs (ou peer review), est basée sur le programme de biosurveillance européen Democophes mené entre 2011 et 2012 pour mesurer la présence de substances polluantes (mercure, cadmium, phtalates et tabac) chez des enfants âgés de 6 à 11 ans et leurs mères. Une vingtaine de toxicologues ont ainsi prélevé des échantillons de cheveux sur 1 875 couples mère-enfants répartis dans 17 pays de l'Union européenne et ont analysé les données ainsi agrégées. Ils ont aussi procédé à une compilation de la littérature scientifique portant sur 6 800 personnes supplémentaires dans huit pays.

Résultat : 1,866 million d'enfants naissent chaque année en Europe avec des niveaux de méthylmercure – la forme organique la plus toxique du mercure – supérieurs à 0,58 microgramme par gramme (µg/g) de cheveu, soit le seuil à partir duquel des effets toxiques peuvent survenir, selon les chercheurs. Surtout, 232 000 jeunes présentent des niveaux supérieurs à la limite de 2,5 µg/g recommandée par l'Organisation mondiale de la santé. 

CONSOMMATION DE POISSON

Tous les enfants européens ne sont pas exposés de la même façon : le sud du Vieux Continent est ainsi davantage touché alors que l'Est s'avère plus épargné : 89 % des enfants nés en Espagne et 91 % de ceux au Portugal, parmi l'échantillon étudié, présentent ainsi un taux supérieur à 0,58 µg/g, et respectivement 32 % et 8 % se situent au-delà de la barre des 2,5 µg/g, tandis que moins de 5 % des Hongrois, Tchèques, Polonais, Slovaques et Slovènes affichent des valeurs supérieures à 0,58 µg/g – aucun ne dépassant les 2,5 µg/g. Quant à la France, respectivement 44 % et 0,6 % des enfants dépassent ces deux valeurs.

"Le méthylmercure est facilement bioaccumulable dans la chair des gros poissons de fond, comme le thon, l'espadon ou le requin, que consomment davantage les Espagnols et les Portugais, explique Céline Pichéry, l'une des auteurs de l'étude, doctorante à l'Ecole des hautes études en santé publique (EHESP). Cette substance est dangereuse pour l'homme. Et surtout, en passant par le placenta des femmes enceintes puis par le lait maternel, elle s'avère très nocive pour les enfants en bas âge."

Au-delà d'un certain seuil, et notamment en cas d'exposition pré-natale, le méthylmercure provoque ainsi convulsions, paralysies spastiques, cécité, surdité et surtout des troubles cognitifs et un retard mental.

600 000 POINTS DE QI PERDUS

Au lieu de s'en tenir à ces problèmes sanitaires, les chercheurs ont souhaité calculer l'impact sur l'économie de ces déficiences neurologiques. "Nous avons tout d'abord converti les effets du méthylmercure sur le développement du cerveau en perte de points de QI pour les enfants concernés", explique Philippe Grandjean, toxicologue danois et professeur à Harvard, qui a déjà publié plusieurs études à ce sujet.

A partir d'une batterie de tests neuropsychologiques menés sur des enfants, les experts ont ainsi retenu la valeur moyenne de 0,465 point de QI perdu à chaque augmentation d'un micro-gramme de méthylmercure par gramme de cheveu maternel durant sa grossesse, à partir du seuil de 0,58 µg/g. "Au total, ce sont ainsi plus de 600 000 points de QI qui sont perdus chaque année à l'échelle de l'Europe", poursuit le chercheur.

Des pertes de QI qui ont un impact économique pour les sociétés concernées. "En prenant chaque victime individuellement, les différences de trajectoires seront faibles. Mais si l'on étudie l'ensemble de la population touchée, on s'aperçoit de performances scolaires et de niveaux d'études plus faibles que le reste de la population, ce qui implique des revenus plus modestes eux aussi", assure Martine Bellanger, professeure d'économie à l'EHESP.

8 À 9 MILLIARDS D'EUROS PAR AN

Comment faire le lien entre points de QI et niveau de revenus ? Des chercheurs américains travaillent sur ce sujet depuis plusieurs années. En 2009, Elise Gould, directrice de la recherche sur la santé au sein du think tank américain Economic Policy Institute, avait ainsi calculé, dans le cadre d'une étude sur l'exposition au plomb des enfants basée sur une analyse statistique, qu'un point de QI en moins revenait à perdre en moyenne 17 815 dollars sur une carrière, soit 1 % des revenus de l'échantillon retenu.

L'équipe de chercheurs européens s'est appuyée sur cette valeur, en l'ajustant en fonction de deux critères : la parité du pouvoir d'achat, et le niveau de la productivité par pays. Selon l'étude, un point de QI en plus équivaut alors par exemple pour la France à 17 363 euros supplémentaires sur une vie.

Résultat : de 8 à 9 milliards d'euros par an pourraient être gagnés pour l'ensemble de l'Union européenne, dont 4,5 milliards en Espagne et 1,2 milliard en France. "Réduire la pollution au mercure et l'exposition au méthylmercure en particulier permettrait de réaliser des gains économiques substantiels, essentiellement dans le sud de l'Europe", conclut Martine Bellanger.

LIMITES

Une telle méthodologie avait déjà été appliquée à d'autres polluants. Ainsi, une autre étude menée notamment par Céline Pichéry, Martine Bellanger et Philippe Grandjean, publiée dans Environmental Health en mai 2011, avait estimé les bénéfices monétaires de la réduction de l'exposition au plomb, responsable de déficiences cognitives et comportementales en particulier chez les enfants. Elle concluait ainsi que la limitation du plomb dans la peinture des maisons et dans l'eau des canalisations en deçà des seuils de 15, 24 et 100 µg/l revenait respectivement à des gains de 3,9 milliards, 1,9 milliard et 0,2 milliard d'euros en France.

"Si la limitation de l'exposition aux polluants évite effectivement des coûts médicaux à la société, les bénéfices liés aux gains de QI sont eux plus ambigus, prévient Olivier Chanel, chercheur CNRS au groupement de recherche en économie quantitative d'Aix-Marseille. En effet, il s'agit de gains théoriques qui n'ont qu'une réalité marchande partielle, alors qu'ils représentent souvent l'essentiel des bénéfices attendus d'une maîtrise de la pollution. Or, les personnes dont le QI est plus élevé n'ont pas systématiquement plus de chance d'occuper des emplois mieux rémunérés. En situation de chômage, le marché du travail peut par exemple s'accommoder d'une perte individuelle de QI sans que la productivité ne soit affectée."

Audrey Garric

Le moteur diesel, cette plaie, et les nouveaux nés

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/02/06/pollution-une-etude-montre-un-effet-des-particules-sur-le-poids-des-nouveau-nes_1827695_3244.html

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LE MONDE | 06.02.2013 à 13h27 • Mis à jour le 06.02.2013 à 13h28 Par Stéphane Foucart

Un élément de preuve décisif indique que les femmes enceintes les plus exposées aux particules fines de la pollution atmosphérique présentent un risque plus élevé d'accoucher d'un bébé dont le poids sera inférieur à 2,5 kg après une grossesse menée à terme. Cette insuffisance, qui touche environ 2 % des enfants, est associée à une probabilité plus forte de troubles ultérieurs.

La revue Environmental Health Perspectives (EHP) publie, mercredi 6 février, la plus vaste étude internationale menée à ce jour sur le sujet. Ces travaux, coordonnés par Tracey Woodruf (université de Californie à San Francisco) et Jennifer Parker (National Center for Health Statistics), ont consisté en l'analyse de trois millions de naissances, recensées dans quatorze centres urbains répartis en Amérique du Nord et du Sud, en Europe, en Australie et en Asie.

 

"Le résultat est conforme à de précédentes études qui suggéraient un tel lien", explique Rémy Slama, responsable de l'équipe d'épidémiologie environnementale de l'Institut Albert-Bonniot (INSERM et université Joseph-Fourier de Grenoble) et coauteur de ces travaux. "Une méta-analyse comme celle-ci permet d'éviter les biais, en particulier les biais de publication" – une étude qui met en évidence un lien ayant plus de chances d'être publiée que celles qui n'en trouvent pas...

Les auteurs montrent que l'exposition moyenne à 10 microgrammes par mètre cube (µg/m3) de particules de diamètre inférieur à 10 microns (ou PM10), sur toute la grossesse, accroît le risque d'insuffisance pondérale du bébé de 3 %. L'exposition à 10 µg/m3 des particules les plus fines, dites PM2,5, conduit pour sa part à un risque accru de 10 %.

VÉHICULES DIESEL

Schématiquement, l'exposition d'une femme enceinte à une concentration moyenne de 30 µg/m3 de PM2,5 tout au long de sa grossesse conduirait ainsi à un risque de faible poids à la naissance accru de 10 % par rapport à une femme qui n'aurait été exposée qu'à 20 µg/m3...

Cependant, de telles déductions simples demeurent hasardeuses : les effets varient de manière très complexe, selon les régions, en fonction des proportions relatives de PM10 et de PM2,5. Plus ces dernières sont abondantes, plus le risque est élevé. Ce sont précisément ces particules qui ont atteint, le 12 janvier, à Pékin, un pic de concentration de 993 µg/m3.

Les particules fines proviennent essentiellement de la circulation automobile – en particulier des véhicules diesel – et de la combustion du charbon et de la biomasse. "Le risque individuel demeure faible, mais, en termes de santé publique, l'effet est très important, car de très grandes populations sont exposées à ces pollutions, explique M. Slama. On suspecte en outre que le faible poids à la naissance ne soit que le signe visible d'autres modifications, pouvant être associées à des risques accrus, plus tard dans la vie, de troubles du métabolisme ou de pathologies cardiaques..."

Selon l'Organisation mondiale de la santé, les microparticules favorisent le cancer, l'arthérosclérose, les troubles respiratoires, le diabète, et affectent le développement neurologique des enfants et les fonctions cognitives.

Lire aussi :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/02/06/une-etude-etablit-un-lien-entre-pollution-et-poids-des-bebes-a-la-naissance_1827679_3244.html

Une étude établit un lien entre pollution et poids des bébés à la naissance

Les femmes enceintes les plus exposées aux polluants des gaz d'échappement des automobiles et des centrales à charbon ont un risque plus élevé d'avoir un enfant dont le poids à la naissance sera trop faible, selon une vaste étude internationale, publiée mercredi 6 février dans la revue médicale américaine Environmental Health Perspectives (*)

Il s'agit de la recherche la plus étendue effectuée portant sur le lien entre la pollution de l'air et le développement du fœtus, précisent les auteurs, dont la Dr Tracey Woodruff, professeure de gynécologie et de science de la reproduction à l'université de Californie, à San Francisco. Cette recherche est basée sur trois millions de naissances dans neuf pays et dans quatorze sites en Amérique du Nord, en Afrique du Sud, en Europe, en Asie et en Australie. La plupart des données ont été collectées entre le milieu des années 1990 et la fin de la décennie 2000.

Les scientifiques ont constaté que dans les différents sites dans le monde où cette recherche a été effectuée, plus le taux de pollution était élevé, plus grand était le taux de naissances d'enfants avec un poids insuffisant. Un faible poids à la naissance – moins de 2,5 kilos – est lié à des risques accrus de maladies et de mortalité postnatales ainsi qu'à des problèmes de santé chroniques plus tard dans la vie, relève le Dr Payam Dadvand, du Centre de recherche en épidémiologie environnementale (CREAL), à Barcelone, en Espagne, un des principaux coauteurs.

"Ce sont en fait des niveaux de pollution de l'air auxquels nous sommes quasiment tous exposés dans le monde", relève la Dr Woodruff. "Ces particules microscopiques, qui sont en taille inférieures au dixième de l'épaisseur d'un cheveu humain, se trouvent dans l'air que nous respirons tous", ajoute-t-elle. La Dr Woodruff note que les pays qui ont des réglementations plus strictes pour limiter la pollution des automobiles et des centrales au charbon ont des niveaux plus faibles de ces polluants. "Aux Etats-Unis, nous avons montré pendant plusieurs décennies que les bienfaits pour la santé et le bien-être publics de la réduction de la pollution de l'air sont beaucoup plus grands que les coûts", insiste-t-elle.

Les particules polluantes en suspension dans l'air sont mesurées en microgrammes par mètre cube d'air. Aux Etats-Unis, les réglementations fédérales limitent la concentration moyenne annuelle à 12 microgrammes/m3 de particules mesurant moins de 2,5 microns. Dans l'Union européenne, cette limite est de 25 microgrammes/m3, et les agences de protection de l'envionnement examinent la possibilité d'abaisser ce niveau. A Pékin, la concentration de ces particules polluantes a été récemment mesurée à plus de 700 microgrammes/m3. "De tels niveaux sont de toute évidence totalement intenables pour la santé publique mondiale", souligne Mark Nieuwenhuijsen, du CREAL, autre coauteur de cette recherche.

Une autre recherche épidémiologique se penche actuellement sur les effets potentiels d'une exposition des femmes enceintes à certains degrés de cette pollution de l'air sur la santé de leur enfant plus tard dans leur vie.

(*)

http://ehp.niehs.nih.gov/2013/02/1205575/

Maternal Exposure to Particulate Air Pollution and Term Birth Weight: A Multi-Country Evaluation of Effect and Heterogeneity

February 6, 2013 Advance Publications Comments Off

Payam Dadvand,1,2,3 Jennifer Parker,4 Michelle L. Bell,5 Matteo Bonzini,6 Michael Brauer,7 Lyndsey Darrow,8 Ulrike Gehring,9 Svetlana V. Glinianaia,10 Nelson Gouveia,11 Eun-hee Ha,12 Jong Han Leem,13 Edith H. van den Hooven,14,15 Bin Jalaludin,16,17,18 Bill M. Jesdale,19 Johanna Lepeule,20,21,22 Rachel Morello-Frosch,19,23 Geoffrey G. Morgan,24,25 Angela Cecilia Pesatori,26 Frank H. Pierik,15 Tanja Pless-Mulloli,10 David Q. Rich,27 Sheela Sathyanarayana,28 Juhee Seo,12 Rémy Slama,21,22 Matthew Strickland,8 Lillian Tamburic,29 Daniel Wartenberg,30 Mark J Nieuwenhuijsen,1,2,3 Tracey J. Woodruff31 

1Centre for Research in Environmental Epidemiology (CREAL), Barcelona, Spain; 2Municipal Institute of Medical Research (IMIM-Hospital del Mar), Barcelona, Spain; 3CIBER Epidemiologia y Salud Pública (CIBERESP), Spain; 4National Center for Health Statistics, Centers for Disease Control and Prevention, Hyattsville, Maryland, USA; 5Yale University, School of Forestry and Environmental Studies, New Haven, Connecticut, USA; 6Department of Clinical and Experimental Medicine, University of Insubria, Varese, Italy; 7University of British Columbia, School of Population and Public Health, Vancouver, British Columbia, Canada; 8Department of Environmental Health, Emory University, Atlanta, Georgia, USA; 9Institute for Risk Assessment Sciences, Utrecht University, Utrecht, the Netherlands; 10Institute of Health & Society, Newcastle University, Newcastle upon Tyne, England, United Kingdom; 11Department of Preventive Medicine, School of Medicine of the University of São Paulo, São Paulo, Brasil; 12Department of Preventive Medicine, Ewha Womans University, Seoul, Republic of Korea; 13Department of Occupational and Environmental Medicine, Inha University, Incheon, Republic of Korea; 14Generation R Study Group, Erasmus Medical Center, Rotterdam, the Netherlands; 15Urban Environment and Safety, TNO, Utrecht, The Netherlands; 16Centre for Research, Evidence Management and Surveillance, Sydney, Australia; 17South Western Sydney Local Health Districts, Sydney, Australia; 18School of Public Health and Community Medicine, University of New South Wales, Sydney, Australia; 19Department of Environmental Science, Policy and Management, University of California–Berkeley, Berkeley, California, USA; 20Department of Environmental Health, Harvard School of Public Health, Boston, Massachusetts, USA; 21Team of Environmental Epidemiology applied to Reproduction and Respiratory Health, INSERM, U823, Institut Albert Bonniot, Grenoble, France; 22Grenoble University, U823, Institut Albert Bonniot, Grenoble, France; 23School of Public Health, University of California–Berkeley, Berkeley, California, USA; 24North Coast Area Health Service, Lismore, New South Wales, Australia; 25University Centre for Rural Health–North Coast, University of Sydney, Sydney, New South Wales, Australia; 26Department of Occupational and Environmental Health, Università di Milano, Milan, Italy; 27Department of Public Health Sciences, University of Rochester School of Medicine and Dentistry, Rochester, New York, USA; 28Seattle Children’s Research Institute, University of Washington, Seattle, Washington, USA; 29University of British Columbia, Centre for Health Services and Policy Research, Vancouver, British Columbia, Canada; 30UMDNJ-Robert Wood Johnson Medical School, Piscataway, New Jersey, USA; 31Center for Reproductive Health and the Environment, University of California–San Francisco, San Francisco, California, USA

Advance Publication

Abstract

Background: A growing body of evidence has associated maternal exposure to air pollution with adverse effects on fetal growth; however, the existing literature is inconsistent.

Objectives: To quantify the association between maternal exposure to particulate air pollution and term birth weight and low birth weight (LBW) across fourteen centers from nine countries and to explore the influence of site characteristics and exposure assessment methods on between-center heterogeneity in this association.

Methods: Using a common analytical protocol, International Collaboration on Air Pollution and Pregnancy Outcomes (ICAPPO) centers generated effect estimates for term LBW and continuous birth weight associated with PM10 and PM2.5. We used meta-analysis to combine the estimates of effect across centers (~3 million births) and used meta-regression to evaluate the influence of center characteristics and exposure assessment methods on between-center heterogeneity in reported effect estimates.

Results: In random effects meta-analyses, term LBW was positively associated with 10-μg/m3 increase in PM10 (OR = 1.03; 95% CI: 1.01, 1.05) and PM2.5 (OR= 1.10; 95% CI: 1.03, 1.18) exposure during the entire pregnancy, adjusted for maternal socioeconomic status. 10-μg/m3 increase in PM10 exposure was also negatively associated with term birth weight as a continuous outcome in the fully adjusted random effects meta-analyses (-8.9g; 95% CI: -13.2, -4.6g). Meta-regressions revealed that centers with higher median PM2.5 levels and PM2.5/PM10 ratios, and centers that used a temporal exposure assessment (compared to spatiotemporal), tended to report stronger associations.

Conclusion: Maternal exposure to particulate pollution was associated with low birth weight at term across study populations. We detected three site characteristics and aspects of exposure assessment methodology that appeared to contribute to the variation in associations reported by centers.

Citation: Dadvand P, Parker P, Bell ML, Bonzini M, Brauer M, Darrow L, Gehring U, Glinianaia SV, Gouveia N, Ha EH, Leem JH, van den Hooven EH, Jalaludin B, Jesdale BM, Lepeule J, Morello-Frosch R, Morgan GG, Pesatori AC, Pierik FH, Pless-Mulloli T, Rich DQ, Sathyanarayana S, Seo J, Slama R, Strickland M, Tamburic L, Wartenberg D, Nieuwenhuijsen MJ, Woodruff TJ. Environ Health Perspect (): .doi:10.1289/ehp.1205575

Received: June 5, 2012; Accepted: December 28, 2012; Published: February 6, 2013 

Advance Publication

This EHP Advance Publication article has been peer-reviewed, revised, and accepted for publication. The EHP Advance Publication articles are completely citable using the assigned DOI code for the article. This document will be replaced with the copyedited and formatted version as soon as it is available. Through the DOI number used in the citation, you will be able to access this document at each stage of the publication process.

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POUR RÉPONDRE AU PREMIER COMMENTAIRE:

J'ai cherché la part de la pollution résultant du chauffage au bois en France par rapport aux particules des moteurs diesel. 

Et j'ai trouvé :

http://www.citepa.org/fr/inventaires-etudes-et-formations/inventaires-des-emissions/cee-nu

pour les particules fines de moteurs :

 (PM10 et PM2.5) Emissions en 2010: 1020 kt - Unité utilisée : kt (kilotonne)

Le résidentiel/tertiaire est à l'origine d'importantes émissions dues à l'utilisation de la biomasse comme combustible pour ce qui est :

    • des particules (de 10 à 37% des émissions nationales suivant la granulométrie),
    • des COVNM (pour 23% des émissions nationales),
    • des HAP (pour 68% des émissions nationales),
    • et du CO (pour 38% des émissions nationales).

Classement des sous-secteurs* les plus émetteurs

- Résidentiel 10% des émissions totales (3ème dans le classement, derrière l'agriculture et la construction immobilière) 

En ce qui concerne les Hydrocarbures Aromatiques Polycycliques - HAP (68% des émissions nationales par l'utilisation de la biomasse comme combustible), cela représente : 

Emissions en 2010: 20,6 kg (voir : http://www.citepa.org/fr/pollution-et-climat/polluants/polluant-organiques-persistants/hydrocarbures-aromatiques-polycycliques )

À comparer aux 1020 kt (soit 1 020 000 000 kg) des particules des moteurs et autres.

Tout est relatif !

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sur le même sujet :

lu sur :

http://www.univers-nature.com/inf/inf_actualite1.cgi?id=5355

30/1/2013

Le feu de bois, au coin de la cheminée, bientôt fini ?

Au nom de la lutte contre les particules dans l'atmosphère, les simples feux de cheminée devraient devenir persona non grata dans deux ans, y compris les installations existantes. En effet, pour le nouveau Plan de Protection de l'Atmosphère (PPA), les feux de cheminée à foyer ouvert sont accusés d'être d'importants contributeurs de particules fines (moins de 10 microns), dont on connaît l'impact sur la santé (1). Etabli par la Direction régionale et interdépartementale de l'environnement et de l'énergie d'Île-de-France (Driee), ce plan vise pour le moment cette seule région et demeure soumis à l'approbation des préfets. Néanmoins, face à un accueil mitigé au niveau politique, tous les Franciliens ne seraient pas concernés, les communes rurales de la grande couronne ayant obtenu d'en être exemptées. Au final, si près de neuf Franciliens sur dix se verront interdire le plaisir d'une bonne flambée, il n'y aurait que 125 000 foyers équipés d'une cheminée ouverte et donc directement concernés au 1er janvier 2015. A cette date, pour ces derniers, l'installation d'un insert ou foyer deviendra la seule issue pour être en conformité avec la loi et pouvoir utiliser leur cheminée. Une solution d'autant plus onéreuse que la majorité de ceux qui se chauffent avec une cheminée traditionnelle sont dans une situation économique précaire ...

Face à ce texte, plusieurs voix se sont élevées soulignant notamment qu'il n'existait d'autres sources de pollution bien plus graves. En effet, même si selon les données d'Airparif, 20% des émissions de particules sont du fait de la combustion du bois (contre 25% pour les transports), les motorisations diesel restent les plus préjudiciables. 
Pourtant, le PPA n'est pas en la matière aussi radical. Il en va de même d'autres activités comme les incinérateurs de déchets ou l'agriculture dont la pollution, via les traitements, n'est pas que terrestre (ce n'est pas pour rien que l'on retrouve des pesticides dans les eaux pluviales parisiennes par exemple...). 
Bref, généralement plus incitatif que contraignant, le PPA a trouvé en l'interdiction de ces installations un moyen de faire preuve d'autorité sans gêner trop de monde, si ce n'est les personnes pour lesquelles ces cheminées constituent un moyen de chauffage à part entière faute de pouvoir s'offrir mieux. 

Pascal 

1- Selon l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), les particules fines (toutes sources confondues) seraient responsables de 42 000 décès chaque année en France.

01/02/2013

PALESTINE : les arabes israéliens, éternels oubliés

lu sur :

http://www.lemonde.fr/international/article/2013/01/28/les-arabes-israeliens-eternels-oublies-des-coalitions-gouvernementales-en-israel_1823562_3210.html

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LE MONDE | 28.01.2013 à 17h41 Par Laurent Zecchini - Jérusalem Correspondant

Alors que les tractations ont commencé en Israël pour la constitution du prochain gouvernement, la publication des résultats définitifs a mis en évidence l'une des surprises des élections législatives israéliennes : l'augmentation de la participation électorale des Arabes israéliens. Certes, la progression est faible, puisque 56% d'entre eux (ils sont 1,64 million en Israël et représentent 20,6% de la population) ont participé au scrutin du 22 janvier, contre 53,4% en 2009, mais elle infirme les prévisions qui annonçaient un taux de participation inférieur à 50%.

Le désintérêt des "citoyens palestiniens d'Israël" (selon la définition qu'ils préfèrent) pour le système parlementaire israélien s'était jusque-là régulièrement amplifié depuis vingt ans, la participation se situant à 77% en 1996, puis à 62% en 2003. Les appels concertés des trois partis arabes en faveur de la mobilisation électorale expliquent sans doute ce léger rebond. 

"UN HOMME, UNE VOIX"

Ahmed Tibi, député du Mouvement arabe pour le renouveau, l'une des principales figures arabes de la Knesset, le Parlement israélien, a parcouru longuement la Galilée avec un message simple : "Si vous ne votez pas, vous donnez une voix de plus à Benyamin Nétanyahou [le premier ministre] et Avigdor Lieberman [le chef de la formation ultranationaliste Israel Beitenou ("Israël, notre maison")]. En Afrique du Sud, les gens se sont battus pour obtenir le principe d'"un homme, une voix". Vous avez ce droit en Israël, utilisez-le !"

M. Tibi n'est cependant pas satisfait du taux de participation. "S'il avait été supérieur de 10%, assure-t-il, nous aurions pu mettre fin à la domination de Nétanyahou et Lieberman ; c'est une occasion manquée." Selon Amnon Beeri-Sulitzeanu, codirecteur d'Abraham Fund Initiatives (une ONG israélienne qui promeut la coexistence entre juifs et Arabes israéliens), cité par le Jerusalem Post, il s'agit cependant d'un "signal montrant que la communauté arabe veut être engagée dans le système politique".

APATHIE

Peut-être est-ce aller un peu vite en besogne : avec 4 sièges pour la formation de M. Tibi, 4 sièges pour Hadash (formation socialiste juive et arabe) et 3 sièges pour Balad, on obtient un total de 11 sièges, un score identique à 2009. Ahmed Tibi estime que le peu d'engouement des Arabes israéliens à participer aux élections législatives "est un mélange de frustration et d'apathie". Il assure que 8 % seulement d'entre eux refusent de voter pour des raisons politiques et reconnaît que l'incapacité traditionnelle des partis arabes à s'unir pour présenter une liste commune explique en partie cette indifférence.

D'autres facteurs entrent en jeu : outre qu'aucun gouvernement israélien ne s'est jamais ouvert à un parti arabe, la capacité de leurs élus à peser sur l'agenda parlementaire est très limitée. A part Ahmed Tibi, la seule autre "voix" arabe à la Knesset est celle de la pasionaria de Balad, Hanin Zoabi, dont certains caciques du Likoud, le parti de M. Nétanyahou, prônent régulièrement l'interdiction parlementaire.

M. Tibi s'agace lorsqu'on lui fait remarquer que beaucoup d'Arabes israéliens ont le sentiment que leurs élus au Parlement s'intéressent davantage au processus de paix israélo-palestinien qu'à leurs problèmes concrets : "C'est un stéréotype ! 80% de mon activité à la Knesset est consacrée aux questions économiques et sociales et à la vie quotidienne des gens !"

FAILLITE DU "MODÈLE DE 1948"

Il assure qu'il a réussi à faire adopter "cinq motions" par la Knesset et se déclare convaincu qu'"on peut obtenir des résultats en étant dans l'opposition". Le militantisme parlementaire d'Ahmed Tibi est loin de faire l'unanimité. La plupart des Arabes israéliens dénoncent la multiplication des législations qui leur sont hostiles et dressent la liste des discriminations dont ils pâtissent, lesquelles s'ajoutent à la pauvreté structurelle de leur communauté (53,2% des familles arabes israéliennes vivent sous le seuil de pauvreté).

Dans l'ensemble, et même si 21% d'entre eux ont voté lors de ce scrutin pour des partis israéliens non arabes, les "Palestiniens d'Israël" éprouvent un sentiment croissant de marginalisation et de découragement et ne font pas confiance au gouvernement. Certains experts israéliens s'inquiètent de ce phénomène, qu'ils analysent comme la faillite du "modèle de 1948" sur lequel a été fondé, selon eux, l'Etat israélien.

Réforme bancaire a minima prévue en France

les surlignages sont de moi

lu sur :

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/1303088c-6bd8-11e2-991a-52bd752a3e50

spéculation vendredi1 février 2013
 
Vent de fronde contre une réforme bancaire a minima prévue en France

Organisations contrant le lobbying financier et ex-banquiers se font entendre à dix jours de l’examen du texte par les députés. Chez BNP Paribas, les activités séparées ne pèseront pas plus de 0,5% des recettes, prévient le bureau AlphaValue. Les milieux bancaires ne semblent guère affolés par le projet de texte.

«Je séparerai les activités des banques qui sont utiles à l’investissement et à l’emploi de leurs opérations spéculatives.» La mesure figurait parmi les «60 engagements pour la France» du candidat Hollande. Dont acte. Dans dix jours, les députés français examineront en première lecture un projet de réforme bancaire imposant notamment aux banques de loger leurs activités spéculatives dans une filiale ad hoc. «La France sera le premier pays en Europe à mettre en place une réforme structurelle des banques», se félicitait le gouvernement le 19 décembre. Faisant déjà de son projet la version continentale de la loi américaine Volcker.

La timidité du projet nourrit pourtant une fronde persistante destinée à influencer le vote de la version finale du texte. De la part de l’extrême gauche. Mais surtout d’un carré d’anciens banquiers réunis au sein de l’ONG de contre-lobbying Finance Watch. «Le projet français ne sépare quasiment rien, en l’état actuel de sa rédaction: 0,5% du chiffre d’affaires total dans le cas de BNP Paribas, selon les propos tenus par son directeur général adjoint le 21 novembre», s’étonne Christophe Nijdam, analyste chez AlphaValue, bureau d’analyse financière indépendant basé à Paris. «C’est vingt-six fois moins que les recommandations du rapport européen Liikanen sur le même sujet», ajoute cet ancien banquier. Censées préfigurer les textes européens en la matière, les conclusions rendues en octobre par le groupe de travail dirigé par le banquier central finlandais ne sont assorties d’aucun calendrier de transposition. Et peuvent être tuées dans l’œuf par le lobby financier.

En Suisse, la scission des banques – en firmes dédiées aux marchés et en établissements de dépôts – a été écartée par la réforme dite «too big to fail», votée il y a un an et demi. Elle le sera aussi en France, le ministre des Finances ayant répété ne pas vouloir scinder les banques «universelles». Pour ne pas «punir» un secteur pesant 400 000 emplois. Et ne pas l’affaiblir face à ses concurrents anglo-saxons.

Pour faire oublier cet exercice de realpolitik, le gouvernement socialiste met en avant son projet d’interdire aux banques les dérivés sur matières premières, le «trading haute fréquence» ou les prêts sans garantie aux hedge funds. Reste que, selon Christophe Nijdam, «les banques ne prêtent déjà qu’avec garantie à ces derniers, alors…» Sans compter que «la plus grande partie du trading à haute fréquence – qui n’est qu’une itération moderne du négoce pour compte propre – pourra perdurer, masquée sous l’appellation de tenue de marché». L’analyste d’AlphaValue enfonce le clou: les produits dérivés font, par définition, l’objet d’une cotation par la banque; qui en est, par construction, contrepartie. «Les dérivés tombent donc aussi sous l’appellation de tenue de marché dans le projet de loi actuel.»

Même s’ils viennent de tenter – en vain – d’en repousser la mise en œuvre à 2017, le projet de loi ne paraît, en l’état, guère affoler les milieux bancaires. «Cette loi cristallise un changement de modèle et c’est très bien», a indiqué, selon l’AFP, Frédéric Oudéa, le patron de Société Générale, mercredi devant la Commission des finances. 

31/01/2013

La bataille de Notre-Dame-des-Landes continue sur le terrain économique

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/01/31/des-chefs-d-entreprise-expriment-leur-opposition-au-projet-d-aeroport-de-notre-dame-des-landes_1825156_3244.html

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Des chefs d'entreprise expriment leur opposition au projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes

LE MONDE | 31.01.2013 à 10h54 Par Rémi Barroux

La bataille de Notre-Dame-des-Landes continue et c'est sur le terrain économique que défenseurs et opposants au projet de nouvel aéroport prévu à une vingtaine de kilomètres au nord de Nantes s'affrontent. Mercredi 30 janvier, deux témoignages contradictoires issus du monde de l'entreprise ont été rendus publics pour faire valoir la "nécessité" ou "l'inutilité" du remplacement de l'actuelle plate-forme aéroportuaire de Nantes-Atlantique par le projet d'Aéroport du Grand-Ouest (AGO), filiale de Vinci Airports.

Le président de la chambre de commerce et d'industrie (CCI) de Loire-Atlantique, Jean-François Gendron, reçu par la Commission du dialogue, a vanté les "intérêts d'un tel projet d'infrastructure, notamment pour le développement économique du territoire". "Le nouvel aéroport accroîtra la zone de chalandise de plus de 15 %, la construction de la nouvelle plate-forme représentera plus de 4,5 millions d'heures de travail", a-t-il plaidé.

A l'inverse, les opposants ont rendu public la lettre ouverte adressée au président de la République par un chef d'entreprise, Jean-Marie Ravier, basé à Ancenis. N'hésitant pas à appeler François Hollande "cher camarade", ayant partagé en même temps que lui les bancs de Sciences Po à Paris, M. Ravier propose "l'éclairage d'un chef d'entreprise de la région nantaise". "Un chef d'entreprise sait ce qu'est un compte d'exploitation et il ne mettrait jamais un euro dans Notre-Dame-des-Landes", avance-t-il.

LE RISQUE D'UN DÉPART DES COMPAGNIES À BAS COÛT

Pour M. Ravier, l'augmentation prévisible de la taxe d'aéroport, nécessaire pour couvrir les frais de construction, se traduira par un départ des compagnies à bas coût et le passage "sous le seuil des trois millions de passagers annuels" de Notre-Dame-des-Landes. "Or, ce low cost favorise l'activité et la compétitivité des entreprises régionales", écrit notamment M. Ravier.

Le dirigeant de Mécan'outil, entreprise d'une quarantaine de salariés qui fabrique des outillages pour les menuiseries d'aluminium, dont de 30 % à 40 % du chiffre d'affaires sont réalisés à l'export, est plutôt isolé dans sa contestation publique. "Certains de nos financements dépendent des banques et de la région, et cette dernière comme Vinci, qui a le bras long, sont des fervents défenseurs du projet, confie M. Ravier. L'ensemble du tissu économique local est fortement incité à soutenir Notre-Dame-des-Landes."

A l'appui de ses dires, il exhibe la "lettre type à envoyer à la commission d'enquête" proposée à l'été 2012 par la CCI de Loire-Atlantique aux chefs d'entreprise du département. Ils n'avaient plus qu'à compléter la phrase : " est vivement attendu par les entreprises de la région et notamment par (...) que je représente".

"L'AÉROPORT ACTUEL EST LARGEMENT SUFFISANT"

Une démarche assumée par le patron de la CCI. "Quand on est chef d'entreprise, on n'a pas toujours le temps pour ces démarches et beaucoup nous demandaient de leur donner des arguments", explique M. Gendron. Mais, assure-t-il, les soutiens sont réels et vont au-delà du département. La CCI régionale de Bretagne a voté à l'unanimité, en décembre 2012, une motion de soutien au futur aéroport.

"La grande majorité de la population est favorable, déclare encore Alain Mustière, président de l'Association citoyenne pour la réalisation d'un aéroport international à Notre-Dame-des-Landes (Acipran). Il y a trois cents altermondialistes et cinq agriculteurs qui s'opposent et, peut-être, des personnes qui s'interrogent, qui ont peur d'investir et préfèrent le repli."

Au sud de Nantes, sur les terres vendéennes, le doute, voire l'hostilité, s'expriment. Le président du Medef de Vendée, Philippe Bellante a annoncé, le 21 décembre 2012 dans Ouest-France, qu'il s'opposera au projet si un nouveau pont sur la Loire n'est pas construit "en même temps". Le vice-président de Fleury-Michon estime, titre personnel", que "l'aéroport actuel est largement suffisant", en attendant d'autres équipements routiers et ferroviaires.

Le projet d'aéroport "ne peut se faire que si, dans le même temps, nous disposons d'infrastructures routières dont le deuxième pont sur la Loire", résume le président de la CCI de Vendée, Joseph Moreau. Une "approche égoïste" pour M. Gendron, son homologue de Loire-Atlantique.

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sur le même sujet :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/01/19/notre-dame-des-landes-des-divisions-se-font-jour-au-sein-des-partis-politiques_1819450_3244.html

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Notre-Dame-des-Landes : des divisions se font jour au sein des partis politiques

LE MONDE | 19.01.2013 à 11h23 • Mis à jour le 19.01.2013 à 11h24 

Par Rémi Barroux - Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique), envoyé spécial

Le soutien de la grande majorité des élus locaux de Bretagne au projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes se fissure. Reçus mardi 15 janvier par la Commission du dialogue, installée par le premier ministre, Jean-Marc Ayrault, les quatre élus de Loire-Atlantique de l'Union démocratique bretonne (UDB) ont plaidé en faveur du projet : "Le transfert de l'aéroport actuel vers Notre-Dame-des-Landes rééquilibrera le territoire français en contrebalançant le poids démesuré de la région parisienne", ont défendu Hervé Carro, Pierre Even, Michel François et Jacques Lebreton de Vonne, conseillers municipaux de Savenay, Nantes, Saint-Herblain et Indre.

Mais à côté de ces élus du mouvement régionaliste, de nombreux militants du mouvement, notamment l'"UDB jeunes", ont participé à la manifestation du 17 novembre 2012 dans le bocage nantais, aux côtés des dizaines de milliers d'opposants. "L'UDB est partagée, ce qui m'interdit de défendre une position", reconnaît Mona Bras, porte-parole du parti.

UN PONT SUR LA LOIRE

L'UDB n'est pas la seule à afficher ses divergences. Le Parti communiste aussi est divisé : la fédération de Loire-Atlantique y est favorable, mais celles de la Vendée et de la Sarthe sont contre. La présence de Jean-Luc Mélenchon, du Parti de gauche, à la manifestation du 17 novembre, a aussi révélé les divergences au sein du Front de gauche.

Les socialistes, pour l'heure, restent groupés derrière le gouvernement. Surtout au niveau local avec un président de région, Jacques Auxiette, très actif dans sa défense du projet. Mais la commission agricole du PS 44 a soutenu la grève de la faim des agriculteurs hostiles au futur aéroport, au printemps 2012. Et, disent les opposants, certains responsables socialistes commenceraient à douter de la pertinence du projet et de son coût éventuel, économique et politique.

Certains élus craindraient de voir leurs propres projets emportés par les dépenses nécessaires à la réalisation de l'aéroport, notamment lors des décisions du futur Schéma national des infrastructures de transport. Ainsi, le président (PS) du conseil général du Finistère, Pierre Maille, favorable au projet, exige d'abord des garanties sur la ligne à grande vitesse entre Brest et Paris. Le président (UMP) du conseil général de la Vendée, Bruno Retailleau, qui réclame un pont sur la Loire, affirme que si celui-ci "n'est pas construit, la Vendée s'opposera au nouvel aéroport".

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Bataille contre l'aéroport Notre-Dame-des-Landes

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29/01/2013

SCANDALE : téléphonie mobile, la loi proposée par les socialistes est dictée par les opérateurs !

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/01/29/le-parti-socialiste-vide-la-proposition-de-loi-sur-l-exposition-aux-ondes_1823822_3244.html

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Le Parti socialiste vide la proposition de loi sur l'exposition aux ondes

LE MONDE | 29.01.2013 à 11h38 • Mis à jour le 29.01.2013 à 12h08 Par Sophie Landrin

Ce devait être la première avancée législative dans le domaine des ondes électromagnétiques. L'Assemblée nationale doit examiner, jeudi 31 janvier, une proposition de loi déposée par la députée (EELV) Laurence Abeille, visant à instaurer un principe de précaution pour limiter les risques sanitaires liés à l'exposition aux appareils sans fil – téléphones mobiles, Wi-Fi, etc. Mais les ambitions du texte ont été très largement revues à la baisse par les députés socialistes, lors de son examen devant la commission des affaires économiques.

Sans céder aux demandes de certaines associations de fixer le seuil limite d'exposition à 0,6 volt par mètre (V/m), au lieu des 41 V/m autorisés aujourd'hui, le texte posait la définition d'un nouveau seuil basé sur le principe "As Low As Reasonably Achievable", c'est-à-dire aussi bas que possible.

Le texte demandait, pour protéger les jeunes enfants, d'interdire le Wi-Fi en crèche et de privilégier la connexion filaire dans les établissements scolaires et dans les lieux d'accueil du public, comme les bibliothèques. Il proposait d'instaurer le principe d'une étude d'impact sanitaire et environnemental, réalisée par des équipes scientifiques indépendantes, avant toute mise en œuvre de nouvelles applications technologiques ayant pour conséquence l'émission de rayonnements électromagnétiques. En clair, cette disposition empêchait le déploiement de la 4G sans études d'impact préalables.

La proposition de loi demandait également, dans un délai d'un an à compter de la promulgation de la loi, la remise d'un rapport sur l'électrosensibilité aux champs magnétiques, afin, notamment, de pouvoir reconnaître la qualité de travailleur handicapé aux personnes souffrant de cette pathologie. Ces dernières années, des cas de personnes ne supportant pas les ondes et vivant presque en ermites ont été recensés, sans être pris au sérieux.

La commission des affaires économiques n'a retenu que des dispositions anecdotiques, comme la désactivation possible du Wi-Fi sur les appareils, l'interdiction d'une installation émettrice de champs électromagnétiques dans un local privé sans l'autorisation des occupants, ou encore l'interdiction de toute publicité vantant les appareils sans fil à destination des enfants de moins de 14 ans. On est très loin des objectifs poursuivis.

"Le texte a été vidé à 90 %, selon Mme Abeille. Le gouvernement n'en voulait pas. La ministre déléguée à l'économie numérique, Fleur Pellerin, parce qu'elle ne veut pas froisser les opérateurs et les fabricants de téléphonie. Le ministre de l'éducation nationale, Vincent Peillon, parce qu'il défend un projet numérique à l'école. La ministre de la santé, Marisol Touraine, parce qu'elle récusait le principe d'une étude sur les électrosensibles."

"L'OMS A CLASSÉ LES ONDES COMME POTENTIELLEMENT CANCÉRIGÈNES"

Avec le développement de la téléphonie mobile et d'Internet, les ondes ont envahi notre quotidien. Rues, domicile, écoles, bibliothèques, entreprises, transports, rares sont les lieux qui échappent à l'exposition aux ondes. Selon l'Agence nationale des fréquences, la France compte 150 000 installations de radiotéléphonie, sur le territoire métropolitain et outre-marin. Plusieurs études soupçonnent leur nocivité sur la santé, mais aucune n'est suffisamment conclusive pour forger un consensus sur les dangers réels ou non de la communication sans fil.

Le débat scientifique n'est pas tranché, mais, dans chaque ville ou village, l'installation des antennes relais suscite de nombreux conflits avec ceux qui craignent pour leur santé et celle de leurs enfants, tout en continuant à utiliser massivement leur téléphone portable.

Pour leur défense, les parlementaires socialistes et le ministère de l'écologie font valoir qu'ils attendent, pour se prononcer, de nouvelles études scientifiques. L'Agence nationale de sécurité sanitaire, de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) doit actualiser, d'ici à juin, l'avis qu'elle avait rendu en 2009, alertant sur les dangers des ondes.

Par ailleurs, le Copic, le comité d'étude mis en place lors du Grenelle des ondes organisé en 2009, doit également se prononcer sur la faisabilité d'un abaissement du seuil d'exposition du public à 0,6 V/m et sur les conséquences que cela aurait sur la qualité du service. Ce comité est présidé par le député (PS) de l'Isère François Brottes, et réunit tous les acteurs du secteur.

Pour l'association Robin des toits, le Copic a d'ores et déjà montré que l'abaissement du seuil d'exposition était possible à condition de multiplier par trois le nombre d'antennes relais moins puissantes. Une expérience aurait été menée avec succès dans le XIVe arrondissement de Paris. L'association a annoncé, le 28 janvier, qu'elle quittait ce comité, soupçonnant les opérateurs d'ignorer volontairement ces résultats et de vouloir imposer de nouvelles études.

"Il est inutile d'attendre, assure Mme Abeille. Nous avons profité de la seule niche parlementaire dont le groupe dispose. Et nous avons suffisamment d'éléments qui nous conduisent à penser qu'il y a un risque pour la santé publique. Outre l'avis de l'Anses, l'OMS a classé les ondes comme potentiellement cancérigènes et la Commission européenne a préconisé un abaissement des seuils d'exposition." Les députés écologistes espèrent revenir sur leur version initiale en faisant voter des amendements en séance plénière avec l'appui des différents groupes de gauche.

Téléphonie - Ondes - antennes-relais

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sur le même sujet :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/10/25/l-italie-reconnait-le-lien-entre-mobile-et-tumeur-cranienne_1780928_3244.html
LE MONDE | 25.10.2012 à 12h19 Par Paul Benkimoun et Philippe Ridet (à Rome)

Il a fallu dix ans de patience à Innocente Marcolini, mais il a gagné. Le 12 octobre, la Cour de cassation italienne a reconnu que la tumeur bénigne décelée en 2002 sur un ganglion situé à l'intérieur de son crâne, avait été causée, entre autres, par l'usage intensif du téléphone portable lié à son métier, cadre d'entreprise. Reconnu victime d'une maladie professionnelle, M. Marcolini a été déclaré invalide à 80 %.

Ce verdict est une première dans la Péninsule. Selon son avocat, Amilcare Buceti, la décision des juges qui ont écarté les résultats des études scientifiques financées par des entreprises pour cause de conflits d'intérêts, s'appuie sur deux éléments fondamentaux : "D'abord, explique-t-il, nous n'étions pas dans une croisade idéologique contre la modernité. Nous n'avons pas soutenu que l'usage prolongé du téléphone portable était la seule cause de la tumeur de mon client, mais l'une des causes. Ensuite, nous avons convaincu les magistrats de baser leur verdict sur les études d'experts indépendants qui travaillent sur le lien entre les tumeurs et l'usage du téléphone portable."

Il s'agit en l'occurrence de Giuseppe Grasso, neurochirurgien à Brescia (Lombardie), et d'Angelo Gino Levis, oncologue à l'université de Padoue (Vénétie). Les deux médecins qui ont assisté scientifiquement M. Marcolini durant la procédure, ont mis en avant un risque élevé de tumeur des nerfs crâniens pour les utilisateurs intensifs de téléphone portable.

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CINQ À SIX HEURES PAR JOUR CONTRE L'OREILLE GAUCHE

Dans le cadre de son travail, M. Marcolini a utilisé le sien plus de cinq à six heures par jour pendant douze ans. "Je mettais mon téléphone contre l'oreille gauche, explique-t-il, car je prenais des notes de la main droite. Or, c'est dans cette zone que s'est développée la tumeur" dont il a été opéré avec succès. La tumeur touchait le ganglion du nerf trijumeau, proche de l'oreille.

Le verdict de la Cour de cassation fera date et jurisprudence. Pour Amilcare Buceti, les juges "ont élargi les voies de recours possible en accueillant comme élément de preuve des rapports d'experts établissant le principe général du caractère cancérogène de l'usage intensif du portable" et ce, au-delà du cas particulier de son client. Quatre cas similaires font ainsi l'objet de procédures judiciaires en cours en Italie.

Pour M. Marcolini, c'est une victoire après dix ans de lutte. "Je n'ai pas mené ce combat dans le seul but de toucher une pension d'invalidité, raconte-t-il. Je ne suis pas tombé malade parce que je n'aurais pas eu de chance, comme cela arrive parfois dans les accidents du travail, mais parce qu'il y avait une raison à ma maladie. J'ai voulu que la lumière soit faite sur les risques liés à l'usage des téléphones sans fil. Les gens doivent savoir ce qu'ils risquent. Les parents doivent connaître le danger que courent leurs enfants."

M. Marcolini entend désormais donner "le maximum de publicité" à son cas pour "fonder une association contre les dangers des ondes électromagnétiques et susciter une plainte collective", une "class-action". Il doit rencontrer ses avocats et ses conseillers scientifiques la semaine prochaine pour en parler.

LA DÉCISION JUDICIAIRE RISQUE DE SUSCITER DES PROCÉDURES

Au-delà des frontières italiennes, la décision judiciaire risque de susciter des procédures. D'autant qu'en juin 2011, le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), structure rattachée à l'Organisation mondiale de la santé (OMS), a classé comme "cancérogènes possibles" les champs électromagnétiques de radiofréquence, dont ceux de la téléphonie mobile.

Présentant ces conclusions, le président du groupe de travail du CIRC, Jonathan Samet, avait précisé que des experts s'étaient appuyés "sur des études épidémiologiques montrant un risque accru de gliome, un type de cancer du cerveau associé à l'usage du téléphone mobile", ajoutant que "les deux études les plus larges ont montré un risque accru de gliome chez les utilisateurs les plus intensifs".

A défaut de disposer de données scientifiques établissant un lien de cause à effet – et non une simple association – entre l'exposition aux radiofréquences des téléphones portables et la survenue de tumeurs malignes, les experts du CIRC ont donc retenu la possibilité d'un effet cancérogène dans leur document consacré aux champs électromagnétiques.

Le responsable du programme des travaux d'évaluation au CIRC, le docteur Kurt Strif, précisait que "le niveau de preuve d'une association entre l'usage de la téléphonie mobile et le risque de cancer est comparable à celui existant pour les pesticides ou les expositions professionnelles dans le cadre du nettoyage à sec".
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toujours sur le même sujet, lu sur :

http://www.lepoint.fr/societe/un-appel-de-syndicalistes-pour-reduire-les-ondes-au-travail-07-02-2013-1624889_23.php


Publié le 07/02/2013 à 12:09

Des syndicalistes d'entreprises aussi variées que la RATP, la Ville de Paris, France Télécom ou le groupe L'Oréal ont lancé un appel pour réduire l'exposition aux ondes électromagnétiques sur le lieu de travail, a-t-on appris mercredi auprès de l'un des signataires.

Dans cet appel, la trentaine de délégués syndicaux demande notamment "aux employeurs d'adopter un principe de prévention pour prévenir les effets toxiques des CEM (champs électromagnétiques)" et à la médecine du travail "de prendre en compte ces nouvelles pathologies environnementales" liées aux ondes.

Les signataires disent constater "depuis plusieurs années que l'exposition croissante et permanente des travailleurs à des champs électromagnétiques à micro-ondes pulsées dans leur cadre professionnel et sur leur lieu de travail entraîne pour leur santé des conséquences de plus en plus significatives et parfois même dramatiques".

Avec pour conséquence, ajoutent-ils, de dégrader leurs conditions de travail et d'entraîner des "pathologies chroniques" voire des "démissions contraintes ou des licenciements".

Les signataires, issus notamment de France Telecom Orange, de la RATP, de la Banque de France, de Géodis, de la Bibliothèque nationale de France, du groupe L'Oréal ou de la Ville de Paris, représentent cinq syndicats (CFDT, CFTC, CGT, SUD et FSU), a précisé à l'AFP Bertrand Pieri, délégué CGT à la mairie de Paris.

Les syndicalistes rappellent une décision de la Cour suprême italienne, datant du 12 octobre 2012, venant "confirmer le lien de causalité entre l'usage professionnel intensif du téléphone mobile et la tumeur cancéreuse cérébrale affectant un agent commercial".

Les signataires interpellent aussi les élus à qui ils demandent de suivre les recommandations internationales "en vue de limiter au maximum l'exposition des travailleurs aux effets sanitaires nocifs" des champs électromagnétiques.

L'électrosensibilité aux ondes est une pathologie qui pourrait concerner jusqu'à 3% de la population, indiquait la semaine dernière la députée EELV du Val-de-Marne Laurence Abeille, qui a défendu à l'Assemblée une proposition de loi pour réduire l'exposition aux ondes.

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a classé en mai 2011 les ondes électromagnétiques, notamment émises par les mobiles, les antennes-relais ou les boîtiers Wi-Fi, comme potentiellement cancérigènes. Mais les opérateurs de téléphonie mobile s'appuient sur le dernier avis en date de l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), remontant à 2009, pour écarter tout danger. L'Anses doit rendre un nouvel avis d'ici fin juin.