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03/03/2014

Les ex-colonies françaises et le néocolonialisme

lu sur le site du Monde :

« Le modèle colonial français a laissé l'Afrique à l'état de squelette »

LE MONDE CULTURE ET IDEES | 28.02.2014 à 10h46 • Mis à jour le 28.02.2014 à 11h51 |Propos recueillis par Charlotte Bozonnet

Depuis 2011, l’armée française s’est engagée en Libye et en Côte d’Ivoire, puis au Mali et, en décembre 2013, en République centrafricaine. Le Monde a demandé son analyse des récentes interventions françaises sur le continent à l’historien sénégalais Ibrahima Thioub, spécialiste des systèmes de domination en Afrique, professeur d’histoire à l’université Cheikh Anta Diop de Dakar, au Sénégal, et chercheur associé à l’Institut d’études avancées de Nantes.

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La France est engagée en Centrafrique. Il y a un an, elle intervenait au Mali, une autre de ses ex-colonies. Ces interventions relèvent-elles d’un néocolonialisme ?

Les véritables questions derrière ces interventions seraient plutôt : pourquoi, cinquante ans après les indépendances, l’Afrique n’a-t-elle pas réussi à construire des armées capables de faire face à de tels événements ? Comment expliquer la facilité avec laquelle des rébellions mobilisent de jeunes combattants ? Pourquoi arrive-t-on si aisément à se procurer des armes sur un continent qui ne parvient pas à assurer une couverture universelle en matière de vaccination infantile ou de scolarisation ? Le problème n’est pas l’intervention de la France mais ce qu’elle révèle des Etats africains : des Etats fragiles, inefficaces et incapables de mobiliser les populations pour défendre leur patrie.

Quelles sont les origines de cette fragilité ?

Au moment des indépendances africaines, la France a transféré le pouvoir aux élites les plus favorables à une continuation du système colonial. Aujourd’hui, les groupes au pouvoir restent connectés à la France par la persistance du modèle économique, fondé sur l’extraction des ressources naturelles. Ces ressources, non valorisées localement, sont achetées à un prix très inférieur à celui du marché mondial. En échange, les élites africaines reçoivent une rente réexportée en Europe sous la forme de comptes bancaires ou de biens immobiliers. Pis, ces élites ont un modèle de consommation qui ne favorise pas la production locale. Tout cela laisse la population exsangue, et la jeunesse face à une alternative : rejoindre les rébellions, les mouvements djihadistes ou évangéliques, ou émigrer.

Vous estimez qu’il y a une connivence entre la France et les élites africaines…

Il y a une sorte d’alliance objective entre des entreprises européennes soutenues par leurs Etats, les élites au pouvoir en Afrique et les mouvements rebelles, djihadistes ou évangéliques. Même s’ils se combattent sur le terrain, il existe entre eux une connivence de facto qui exclut les populations de l’accès à des capacités de production et à des revenus. Cela crée une insécurité qui fragilise l’ensemble des Etats africains. Tant qu’on ne réfléchit pas aux causes profondes des crises, la France pourra intervenir tant qu’elle veut, rien ne sera réglé. Depuis les années 1960, les interventions de Paris dans son pré carré n’ont jamais résolu les problèmes. Elles n’ont fait que les reporter.

Au Mali, il s’agissait d’arrêter d’urgence une attaque de djihadistes. Pouvait-on vraiment faire autrement ?

Ponctuellement, il n’y avait pas d’alternative. Mais c’est ce pilotage à vue qui n’est pas une solution. Au Mali, tout le monde voyait venir la catastrophe. Depuis des années, la classe dirigeante récupère la rente fournie par les Etats européens pour un partage oligarchique des ressources, laissant la population démunie. Ce partage du gâteau était tel qu’il n’y avait même plus d’opposition politique.

Le deuxième facteur, en fait un simple détonateur, tient à l’intervention française en Libye. Tout le monde savait que l’arsenal libyen allait être utilisé dans les conflits du Sahel, notamment les rébellions touareg. Les conditions étaient réunies pour qu’un pays de la région soit la cible d’une attaque, sur fond de lutte entre l’Occident et les islamistes. Ce fut le Mali. Paris a dû intervenir pour ses propres intérêts et sous peine de voir la région basculer dans le fondamentalisme religieux. Je voudrais rappeler que nous avons déjà vécu cette situation. Au XIXe siècle, l’islam s’était posé comme alternative aux régimes locaux ruinés et délégitimés par leur participation à la traite des esclaves. Les mouvements djihadistes étaient alors capables de les battre et d’unifier la région. Sans l’intervention de l’armée française, El Hadj Oumar [fondateur de l’Empire toucouleur au début du XIXe siècle]aurait vaincu les régimes en place. Mais nous n’avons pas tiré les leçons de cette expérience.

Comment expliquer que la France n’ait jamais réussi à construire une autre relation avec l’Afrique ?

Cela tient au modèle colonial français, qui a investi a minima dans les colonies pour en extraire le maximum de ressources au profit de la métropole. Cela a laissé ces territoires à l’état de squelettes. Ne reste alors plus que l’exercice de la violence entre les élites locales pour accéder au peu de ressources restant. Pour trouver protection, les populations adoptent une logique de clientèle ou de désertion. En Afrique centrale, les compagnies concessionnaires qui succèdent aux seigneurs de guerre esclavagistes ont poussé la violence à l’extrême. Cette histoire explique en partie la situation en Centrafrique. L’Afrique de l’Ouest fut, elle, soumise à une économie de traite. La main-d’œuvre forcée au travail produisait la spécialisation de chaque territoire : l’arachide au Sénégal, le café et le cacao en Côte d’Ivoire. Ce modèle colonial a détruit le potentiel de production des pays. A la décolonisation, l’exploitation économique a perduré, de même que les relations politiques inégales. La France a installé des bases militaires pour maintenir des régimes en place. Les politiques d’ajustement néolibéral des années 1980-1990, en privatisant le secteur public, ont assombri le tableau. Elles ont provoqué une criminalisation des filières d’accès aux ressources. Les services publics mis à terre ont davantage exclu les citoyens des systèmes de redistribution.

Pis encore, la décolonisation culturelle ne s’est pas faite : on a oublié que la France et ces pays faisaient partie du même empire. Il fallait décoloniser l’Afrique mais aussi la France, car les idées à l’origine de la colonisation avaient pénétré en profondeur la société française, au point qu’elle a souvent un regard du XIXe siècle sur l’Afrique. Mais les élites françaises ne sont pas les seules responsables : avec leur modèle de consommation, les élites africaines, qui se soignent et font leur marché en Europe ou éduquent leurs enfants aux Etats-Unis, condamnent l’Afrique à une dépendance économique et à une extraversion culturelle ruineuses.

Ne pensez-vous pas que l’expérience du Mali a été un électrochoc, capable de faire changer les choses ?

Ce n’est pas la première fois qu’on attire l’attention sur les dangers du néocolonialisme. Mais a-t-on la volonté d’attaquer sérieusement ce système ? Combien de fois a-t-on déclaré la guerre à la « Françafrique » ? Cela perdure, car il y a une conjonction de forces africaines et européennes qui ont intérêt au maintien du système. En Afrique, la politique semble se résumer à la lutte contre la pauvreté et la mal-gouvernance, comme si la pauvreté était un être autonome contre lequel on pourrait lutter en injectant des ressources financières. On oublie que la pauvreté est un rapport social, qui résulte de relations économiques et politiques. Tant qu’on ne modifie pas l’architecture sociale, le type de relations politiques qui gouvernent ces sociétés, rien ne changera.

Comment sortir de cette relation mortifère entre l’Europe et l’Afrique ?

Dans le contexte actuel, poursuivre cette relation est mortel pour les deux continents. Du reste, les pays émergents la perturbent en imposant une féroce compétition à l’Europe pour l’accès aux ressources africaines. La seule stratégie valide pour l’Europe est de pousser à un recentrage de l’Afrique sur elle-même. Il faut que l’Afrique ait les capacités de production pour satisfaire ses besoins en termes de nourriture, de soins, de formation. Il faut aussi qu’elle sorte de la logique mercantile dans laquelle l’Europe l’a maintenue pendant des siècles et qu’elle développe un système de production à la fois industriel, agricole, commercial performant. Avec la jeunesse de sa population, l’immensité de ses ressources naturelles, l’Afrique en a les capacités et elle peut le faire avec ou sans aide. En poussant dans cette direction, l’Europe relancerait sa propre économie. Quand les Américains ont initié le plan Marshall, ce n’était pas parce qu’ils aimaient les Européens, c’était pour relancer leur propre économie. Si l’Europe ne pousse pas dans cette direction, elle sera vaincue par les émergents qui continueront de faire de l’Afrique cette terre d’extraction des ressources primaires.

27/02/2014

Apartheid en Palestine : bulldozers en action

lu sur le site du Monde :

La lutte inégale des Bédouins contre les bulldozers israéliens en Cisjordanie

LE MONDE | 27.02.2014 à 12h18 • Mis à jour le 27.02.2014 à 13h21 |Laurent Zecchini (Tubas, Cisjordanie, envoyé spécial)

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Ce 30 janvier, il était 6 h 30 du matin lorsqu'une quinzaine de véhicules de l'administration civile et de l'armée israélienne sont arrivés sur le lieu-dit de Khirbet Um al-Jamal, situé à une douzaine de kilomètres à l'est de Tubas. Il n'y a eu aucune discussion, pas de violence physique non plus : deux bulldozers sont entrés en action, et moins de deux heures plus tard, le campement était rasé. En pleurs, les femmes et les enfants ont assisté au spectacle des tentes déchiquetées, de leurs maigres possessions écrasées. Les soldats, qui avaient sorti au préalable quelques matelas, les ont empêchés de s'approcher.

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Tel est le lot des Bédouins palestiniens installés dans la vallée du Jourdain, région située dans la « zone C », cette partie du territoire palestinien qui recouvre 61 % de la Cisjordanie occupée et où Israël exerce un contrôle total.

« Que pouvions-nous faire contre la force militaire ? », s'interroge le berger Mahmoud Kaabneh. Il n'y a nulle trace de colère chez ce Bédouin palestinien, juste du fatalisme :« Bien sûr que nous allons reconstruire, et que les soldats reviendront, mais quel autre choix avons-nous ? » Le soir de ce traumatisme familial, Mahmoud, sa femme et leurs dix enfants ont dormi dans un grand réservoir d'eau en plastique, et ils ont allumé un feu pour se réchauffer. Les jours suivants, ils ont été hébergés sous les tentes de l'oncle de Mahmoud, Salman Kaabneh.

VIE PRÉCAIRE

Entourés d'une ribambelle d'enfants aux joues rouges, les deux hommes racontent leur vie précaire, la possibilité d'une arrivée inopinée de véhicules militaires, leur détermination à ne rien changer à leur mode de vie. De temps en temps, quand la vente de fromage et de lait ne suffit plus, Mahmoud Kaabneh vend un mouton, dont il obtient entre 500 et 1 000 shekels (100 à 200 euros). Parfois aussi, les colons établis dans les implantations voisines de Maskiot et Rotem lui volent une bête, en toute impunité. Mahmoud a une dette de 30 000 shekels auprès du fournisseur de fourrage et il sait que la sécheresse persistante en Israël annonce des jours difficiles.

Dix jours se sont écoulés, et rien n'a changé à Khirbet Um al-Jamal : des bâches de plastique déchiquetées, des bidons éventrés, des poutrelles tordues, des vêtements, des gravats… comme si une tornade était passée. Mahmoud Kaabneh a été prévenu que de nouvelles tentes l'attendaient chez le gouverneur de Tubas, fournies par l'Autorité palestinienne, mais il ne veut pas aller les chercher : « J'attends d'être sûr que l'armée ne va pas revenir », explique-t-il.

A peu de distance, une autre partie du campement est intacte : « C'est qu'ils n'ont pas encore reçu d'ordre de démolition », explique Mahmoud, qui avait reçu une telle notification il y a un an. C'est un différend immuable : l'Etat israélien ne reconnaissant pas la validité des titres de propriété (quand ils existent), les habitations sont illégales. Le 30 janvier, 66 personnes, dont 36 enfants, la plupart du clan Kaabneh, ont perdu leur abri. Mais les autres familles installées sur le site, les Makhamreh et les Daraghmeh, savent que leur tour viendra.

Et le calendrier des négociations israélo-palestiniennes, qui doivent s'achever, en principe, fin avril, n'arrange rien. La question de la souveraineté dans la vallée du Jourdain est devenue l'un des dossiers les plus sensibles du processus de paix.

Israël exige d'y maintenir une présence militaire pendant de nombreuses années, afin que la région devienne une zone tampon, pour sa propre sécurité. Mahmoud Abbas, le président de l'Autorité palestinienne, a récemment indiqué que, dans le cadre de la création d'un Etat palestinien, il était prêt à accepter que des troupes de l'OTAN y soient stationnées indéfiniment. Réponse de Benyamin Nétanyahou : pas question. Le premier ministre israélien a d'ailleurs confirmé qu'il n'avait aucune intention de démanteler les colonies israéliennes.

Dans l'immédiat, la priorité du gouvernement israélien est de pérenniser la situation sur le terrain, ce qui passe par l'éviction du maximum de Palestiniens de la vallée. Selon les chiffres des Nations unies, les démolitions sont passées de 172 en 2012 à 390 en 2013, tandis que le nombre de personnes déplacées progressait de 279 à 590 sur la même période (plus d'un millier sur l'ensemble de la zone C).

Parallèlement, l'armée ne laisse plus aucune marge de manœuvre aux manifestations de solidarité en faveur des populations palestiniennes concernées. Le 7 février, elle a démantelé un camp de quelque 300 militants palestiniens, israéliens et étrangers, installé près de Jéricho.

« ÉCHEC ANNONCÉ »

Le Palestinien Mustafa Barghouti, l'un des principaux chefs de file de l'« Intifada blanche » (la résistance non violente), faisait partie des protestataires. Nous le rencontrons le lendemain au nord de Jéricho, sa voiture arrêtée depuis des heures devant un check-point. Son signalement a été diffusé à tous les détachements militaires de la région : pas question de le laisser passer pour aller apporter de l'aide aux habitants de campements qui ont subi le même sort que celui de Mahmoud Kaabneh.

Ancien candidat à l'élection présidentielle palestinienne de 2005, Mustafa Barghouti n'a aucune illusion sur le sort des négociations en cours avec les Israéliens : « C'est un échec annoncé ; aucun compromis n'est possible avec ce gouvernement de colons. Ce que fait Israël dans la vallée du Jourdain, affirme-t-il, s'apparente à du nettoyage ethnique. L'Etat palestinien, s'il voit le jour, sera un bantoustan, pas un Etat souverain. » Le Palestinien prépare déjà la prochaine manifestation de protestation contre l'extension de la mainmise militaire sur la vallée du Jourdain.

Mais l'action humanitaire en faveur des populations bédouines de la région devient difficile. Début février, le Comité international de la Croix-Rouge a annoncé qu'il ne fournira plus de tentes aux populations locales victimes de la répression militaire, dès lors que celles-ci sont systématiquement confisquées ou détruites par l'armée israélienne.

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sur le même sujet :

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La qualité de l'eau en France : l'agriculture intensive en accusation

lu sur le site du Midi Libre :

Selon l’UFC-Que Choisir, 1,5 million de Français continuent de payer pour une eau du robinet non conforme. Pour notre région, au moins 159 communes sont concernées.

Selon l’UFC-Que Choisir, 1,5 million de Français continuent de payer pour une eau du robinet non conforme. Pour notre région, au moins 159 communes sont concernées.

Malgré quelques progrès depuis deux ans, près de 1,5 million de Français reçoivent encore une eau trop polluée au robinet, a souligné mercredi 26 février l’association UFC-Que Choisir, pointant l’agriculture comme cause principale des pollutions.

Aluminium, pesticides, nitrates, sélénium et radioactivité

"Avec 98 % des Français qui boivent une eau de bonne qualité contre 97,5 % il y a deux ans (soit 280 000 Français supplémentaires), cela ressemble à une bonne nouvelle puisqu’ils bénéficient d’une eau conforme à la réglementation sur les six critères étudiés : qualité bactériologique, teneur en aluminium, pesticides, nitrates, sélénium et radioactivité", décrypte Olivier Andrault, chargé de l’étude. Mais c’est une qualité en trompe-l’œil car elle nécessite une dépollution massive sans pour autant protéger les nappes phréatiques.

Le commun des mortels

"Ce million et demi de consommateurs continue à payer pour une eau non conforme", regrette l’association, qui s’appuie sur les résultats d’analyses du ministère de la Santé pendant deux ans. "Nous avons “traduit” les relevés des Agences régionales de santé (ARS), souvent incompréhensibles pour le commun des mortels, pour aller loin dans le détail grâce à nos calculs et notre moteur de recherche", ajoute l’auteur.

Taux de pesticides au moins 25 % au-dessus de la norme

Résultat, pour notre région, au moins 159 communes sont concernées (1). A l’instar d’Aspiran, neuf communes de l’Hérault (33 500 habitants) présentent des taux de pesticides au moins 25 % au-dessus de la norme. Toujours dans l’Hérault, 38 autres communes, notamment des Hauts-Cantons, présentent des analyses bactériologiques au moins 25 % au-dessus de la norme. Idem dans le Gard où 28 communes (25 400 habitants) sont concernées.

Dans l’Aude, "40 communes, soit 10 000 consommateurs, sont mal notées pour les critères bactériologiques (bactéries coliformes, escherichia coli, entérocoques au-dessus de la norme)", précise Olivier Andrault. Comme pour 44 communes de l’Aveyron.

"On ne veut pas d’une eau juste potable mais d’une eau de qualité"

Un dépassement des normes ne signifie pas pour autant que l’eau n’est pas potable, a tenu à souligner, Olivier Andrault, chargé de mission à UFC-Que Choisir et qui a piloté l’étude. "Il y a des marges de sécurité", a-t-il précisé, soulignant qu’il revenait aux mairies de décider de restreindre la consommation.

Surdosage en chlore ou dépassement de teneur en aluminium

"On ne veut pas une eau juste potable et non toxique mais on veut une eau de qualité", revendique le chargé de mission. Et puis "si cette eau est globalement bonne, c’est parce qu’elle a été massivement dépolluée. Ce qui coûte cher. Cette dépollution est payée par le consommateur et non pas le pollueur, contrairement aux ambitions du Grenelle de l’environnement. Sans oublier que la moitié des captages ne sont pas protégés", s’alarme Olivier Andrault.

Un tiers des pollutions proviennent de défauts dans le traitement de l’eau (surdosage en chlore ou dépassement de teneur en aluminium). Quelque 500 000 Français, résidant majoritairement en zones rurales et de montagnes, sont concernés par un problème dû "à la vétusté des réseaux ou le manque de surveillance" des équipements. La radioactivité naturelle explique le reliquat de non-conformité (soit 4 % des cas).

Globalement, la qualité de l’eau est bien meilleure dans les zones urbaines, les pollutions étant "majoritairement retrouvées dans des petites communes" rurales, note UFC-Que Choisir.

(1) L’association publie sur son site une carte interactive pour connaître la qualité de l’eau dans sa commune : www.quechoisir.org/app/carte-eau 

L’AGRICULTURE, DE LOIN RESPONSABLE NUMÉRO 1

Comme en 2012, l’agriculture est, selon Que Choisir, « de loin » la première responsable. « Dans 63 % des cas de non-conformité, précise l’auteur de l’étude, l’eau arrive trop chargée en pesticides, en nitrates issus des apports d’engrais et de fumures animales sur les cultures, et en sélénium, composant du sous-sol naturel mais toxique apparaissant dans les cas de surexploitation des nappes phréatiques. »

Ces pollutions agricoles, les pesticides étant les plus répandus, concernent potentiellement 900 000 consommateurs, principalement « dans les zones d’agriculture intensive du quart Nord-Est de la France ».  Chaque année, pas moins de 400 captages d’eau potable sont fermés, essentiellement pour des raisons de pollution agricole. « À chaque fois qu’on ferme un captage, on enfouit un problème sans le régler. »

Pour le président de UFC-Que Choisir, Alain Bazot, « on assiste à une véritable fuite en avant. C’est une politique de l’étouffoir, qui fait que les choses ne sont pas visibles. Sans doute que le réveil sera extrêmement douloureux dans les années qui viennent. » Selon l’association, le coût de la dépollution se situe, par an, entre 640 000 € et 1, 140 M€. Cette “prime” à la dépollution constitue « une aberration économique : ce sont les consommateurs et non les agriculteurs pollueurs qui paient l’essentiel des taxes de dépollution ». L’association profite du Salon de l’agriculture pour réclamer des soutiens financiers accrus à l’agriculture biologique.

25/02/2014

Informations médicales du jour : antibiorésistance, pesticides et bananeraies, IRM et médecine libérale

lu  dans la revue de presse de l'INSERM :

Que Choisir publie un dossier sur les antibiotiques et s’intéresse notamment au phénomène d’antibiorésistance, source d’inquiétude pour les autorités sanitaires.

Le magazine souligne que « la corrélation entre consommation d’antibiotiques et apparition de résistances est très forte ».

Le Pr Antoine Andremont, responsable du laboratoire de bactériologie de l’hôpital Bichat, à Paris, explique que « même des pathologies naguère banales, comme les infections urinaires, deviennent de plus en plus difficiles à traiter, car les bactéries qui les provoquent acquièrent petit à petit des résistances à de multiples familles d’antibiotiques ». 

Que Choisir, 01/03

Le Parisien indique que selon un rapport médical, mandaté par un collectif de médecins et réalisé par un laboratoire européen indépendant, l’Eceri, les produits répandus sur les bananeraies seraient dangereux pour la population.

Dominique Belpomme, le créateur de l’Eceri, souligne : « Six experts de plusieurs pays européens ont longuement étudié les produits en question. Pour trois d’entre eux, ils concluent à une toxicité grave et demandent un arrêt immédiat de leur utilisation ».

Le Parisien, 25/02

L’Humanité évoque un « nouveau scandale sanitaire » au Centre Hospitalier Universitaire de Strasbourg. 

Des personnes non hospitalisées, patients de médecins libéraux, passeraient, pour les examens par Imagerie par Résonance Magnétique (IRM), avant les urgences.

Or, explique le quotidien, « en cas d’AVC (Accident Vasculaire Cérébral), seule une prise en charge très rapide permet d’éviter de graves lésions ». Plusieurs patients ont porté plainte contre le CHU, une association de patients a été créée et une plainte au pénal a été déposée pour « négligence » et « mise en danger délibérée de la vie d’autrui ».

L’Humanité, 25/02

Leucémie : un nouveau médicament autorisé avant la fin des essais

lu  dans la revue de presse de l'INSERM :

Leucémie : un nouveau médicament autorisé avant la fin des essais

Le Figaro s’intéresse un « cas suffisamment rare pour être souligné » : l’ibrutinib, premier médicament d’une classe appelée « inhibiteurs de tyrosine kinase de Bruton » (KTB), a obtenu une autorisation temporaire d’utilisation, au motif qu’il a montré son intérêt dans le traitement de la leucémie lymphoïde chronique, « la plus fréquente des leucémies de l’adulte »Celle-ci représente 1% des cancers en France, soit 3000 nouveaux cas recensés chaque année.

L’ibrutinib sera donc disponible dans les hôpitaux avant la fin des essais cliniques. C’est pour Dominique Maraninchi, directeur de l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), une « innovation de rupture ». Le quotidien précise que selon une étude par leNew England Journal of Medicine, les taux de réponse atteignent avec ce médicament 70% chez les patients réfractaires aux traitements existants ou en rechute. Pour les cancérologues, l’ibrutinib pourrait devenir un traitement de première intention de cette maladie mais d’ici là, il « doit encore faire ses preuves face aux traitements standards ».

Le Figaro, 20/02

14/02/2014

Pour les parisien, à voir : Sur les traces de l'exode palestinien

à voir sur MEDIAPART :

 
Sur les traces de l'exode palestinien
PAR BRUNO FERT

 

Sur les traces de l'exode palestinien

PHOTOGRAPHE : BRUNO FERT

1948 marque la création de l'État hébreu, la première guerre israélo-arabe, et l'exode de plus de 700 000 Palestiniens. Des villages entiers sont laissés à l'abandon, voire effacés de la carte. Les Absents remonte le temps pour chercher où les discordes se sont transformées en guerre. L'écriture photographique sert donc un double propos. Documentaire, en ce qu'il archive des lieux d'Histoire, et humain, car l'absence des populations autochtones imprègne les images. Le travail de Bruno Fret a reçu le prix Roger Pic 2013, et sera l'une des productions exposées au Festival Circulation(s), dédié à la jeune photographie européenne, du 8 février au 16 mars.

Circulation(s), festival de la jeune photographie européenne 

Du 7 février au 16 mars 2014 au CENTQUATRE-PARIS.
CENTQUATRE, 5 rue Curial 75019 Paris

Du mardi au vendredi de 13h à 19h
Week-end de 12h à 19h
Fermé le lundi
Accès libre et gratuit 
Accès spécifique les soirs de spectacle : entrée 5 rue Curial uniquement

ACCÈS

Métro : 
Riquet (ligne 7)
Stalingrad (lignes 2, 5 et 7) 
Marx Dormoy (ligne 12)

13/02/2014

L'insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs.

communiqué :

DECLARATION DES DROITS DE L'HOMME ET DU CITOYEN 
Constitution du 24 juin 1793 
- Article 35 :
 
Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l'insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs.    
 
Si cet article a disparu des Constitutions suivantes, donc de la Constitution actuelle, c'est qu'il met en danger une règle non écrite que tous les partis politiques acceptent sans jamais la remettre en cause : 
 
"Représentant élu du Peuple" est une profession réservée aux politiciens professionnels 
 
N'êtes-vous pas choqué de cette situation ? Est-il normal que nos "représentants" soient des professionnels de la politique, qu'être "ÉLU DU PEUPLE" soit une profession, comme plombier, dentiste ou instituteur ?
 
Dans le domaine politique, la société française est une société de castes, il faut bien l'admettre. 
 
Il y a deux castes :
 
la caste des politiciens professionnels : ceux qui sont chargés de gérer la société dans laquelle nous vivons.
la caste des intouchables, politiquement parlant : ceux qui n'ont aucun droit dans cette gestion, autre que celui de mettre un bulletin dans une urne, de temps à autre.
 
Ce genre de société conduit inéluctablement à des révoltes périodiques (des "révolutions"), où les "intouchables", finissant par décider de mettre à bas leurs maîtres, tentent d'organiser autrement la société.
 
 
En 2014, une opportunité s'ouvre de tenter une "révolution par les urnes" : les élections municipales.
 
 
Jusqu'à présent, les listes présentées aux élections municipales dans les villes d'une certaine importance ont été conduites exclusivement par des partis ou des mouvements politiques, dont la seule fonction est de présenter le programme d'un parti politique ou d'une idéologie. 
 
Ce système, consciemment ou inconsciemment accepté par tous, IL EST TEMPS DE LE BOUSCULER, afin de redonner à TOUTES et TOUS la maîtrise d'une vie "politique démocratique" au sens étymologique du terme : 
 
SOUVERAINETÉ DU PEUPLE DANS L'ORGANISATION DE LA VIE SOCIALE
 
Pour les municipales de 2014, IL FAUT DÉPOSER PARTOUT, dans toutes les villes, 
 
DES LISTES "CITOYENNES" constituées à parité de citoyennes et de citoyens  SOUCIEUX DU BIEN COMMUN, dont la fonction ne soit pas d'avaliser le programme d'un parti politique ou d'une idéologie, quel que puisse être ce programme.
 
Si vous voulez y participer, écrivez à l'association " Une place pour tous ! ":
 
uneplacepourtous@cegetel.net
 
Même si les moyens dont nous disposerons pour faire campagne sont infimes, l'aspect symbolique de ce mouvement de révolte citoyenne aura des répercussions sur notre société, il ne faut pas en douter.

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à propos d'élus non professionnels de la politique, lire l'article suivant sur l'expérience italienne :

Le Mouvement 5 étoiles de Beppe Grillo s'enracine dans l'électorat.pdf

Palestine : l'eau, les colons, la langue allemande, le sionisme ...

lu sur :

Le président du Parlement européen provoque une polémique à la Knesset

Le Monde - il y a 3 heures

Le Monde | 13.02.2014 à 15h07 • Mis à jour le 13.02.2014 à 15h07 |Laurent Zecchini (Jérusalem, correspondant) et Frédéric Lemaître ((à Berlin))

En recevant des journalistes, mercredi matin 12 février, Martin Schulz, le président du Parlement européen, s'était montré conscient du caractère politiquement délicat de sa visite à Jérusalem et à Ramallah, siège de l'Autorité palestinienne. Il avait notamment fait preuve d'une grande réticence à évoquer l'illégalité des colonies israéliennes en Cisjordanie occupée.
 

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Celles-ci sont un « obstacle » mais « nous n'avons pas besoin d'un débat sur le point de savoir si elles sont “légales” ou “illégales”, nous avons besoin de solutions pratiques », avait-il insisté, tout en finissant par admettre que, « selon la convention de Genève , elles sont illégales »Or cette extrême prudence diplomatique n'a pas été présente dans le discours prononcé, en allemand, par M. Schulz devant la Knesset, le Parlement israélien.

De retour de Ramallah, il a fait part de sa rencontre avec « un jeune Palestinien » : « Il m'a demandé pourquoi les Israéliens peuvent utiliser 70 litres d'eau et seulement 17 litres pour les Palestiniens. Je vous demande si c'est exact ? », a ajouté, faussement candide, M. Schulz. Le président de l'Assemblée de Strasbourg était loin de se douter du hourvari parlementaire qu'allait provoquer sa question, d'autant que son propos suivant, sur le « blocus de Gaza », allait jeter de l'huile sur le feu.

« HONTE À VOUS »

« Honte à vous, vous soutenez quelqu'un qui incite [à la haine] contre les juifs ! », a lancé Moti Yogev, député du parti nationaliste religieux Habayit Hayehoudi (« la maison juive »), avant de quitter l'hémicycle avec tous les membres de cet important parti de la majorité du gouvernement de Benyamin Nétanyahou.

Naftali Bennett, ministre des finances et chef de Habayit Hayehoudi, a demandé des excuses, tout en ajoutant ce commentaire sur Facebook : « Je ne vais pas accepter un sermon de moralité biaisé contre Israël. A plus forte raison en allemand. »

M. Bennet n'est pas le seul à s'être offusqué de cet aspect linguistique. Moshe Feiglin, opposant historique de M. Nétanyahou au sein du Likoud, avait annoncé qu'il n'assisterait pas à ce débat « pour écouter un discours dans la langue utilisée pour jeter nos parents dans les trains et les chambres à gaz », tandis que Uri Orbach, ministre chargé des retraités et membre du parti de M. Bennett, ajoutait : « La génération des parents de Schulz et la génération des parents des députés arabes ont collaboré pour détruire les juifs ! »

« ÉCOUTE SÉLECTIVE »

Un peu plus tard, le premier ministre Benyamin Nétanyahou s'est efforcé de calmer cette polémique : Martin Schulz, a-t-il souligné, « souffre de la même écoute sélective dont font preuve beaucoup d'Européens »« Il a reconnu avec honnêteté qu'il n'avait pas vérifié , mais cela ne l'a pas empêché de porter des accusations », a insisté le premier ministre, tout en assurant que la différence de consommation d'eau entre Israéliens et Palestiniens est « bien plus faible » que le rapport d'un à quatre avancé par le président du Parlement européen.

Sauf que les faits sont têtus : selon l'ONG israélienne B'Tselem, les Israéliens consomment en moyenne 3,5 fois plus d'eau que les Palestiniens, des chiffres qui sont confirmés par la Banque mondiale. En décembre 2012, les Nations unies avaient évalué d'un à six le rapport entre l'eau consommée par les Palestiniens et les colons israéliens. Enfin, 90 % de l'eau utilisée dans la bande de Gaza est considérée comme impropre à la consommation.

L'éclat provoqué par les propos de M. Schulz a fait l'objet de plusieurs commentaires dans la presse allemande. Le quotidien Bild estime qu'il devrait « s'excuser », alors que la Süddeutsche Zeitung juge que la polémique ne fait que refléter les tensions entre Israël et l'Union européenne. Dans Die Welt, M. Schulz explique qu'il « ne pouvai[t] pas dire seulement des choses qui plaisent à tout le monde ». La chancelière Angela Merkel est attendue en Israël les 24 et 25 février.

Étude confidentielle des effets sanitaires à long terme liés à la consommation d’OGM

lu sur :

Synthèse de presse quotidienne de l'Inserm

Le Nouvel Observateur revient sur la constitution, fin décembre, « dans la plus extrême discrétion », d’un « consortium français de recherche » pour« l’étude des effets sanitaires à long terme liés à la consommation d’OGM ».

Placé sous la direction du Pr Bernard Salles, directeur du centre de recherche en toxicologie alimentaire (ToxAlim) de l’Institut national de la recherche agronomique (Inra), celui-ci regroupe des labos de l’Inra et de l’Inserm, en la personne du Dr Robert Barouki, de l’unité ‘‘pharmacologie, toxicologie et signalisation cellulaire’’.

L’hebdomadaire rappelle qu’en juillet dernier, l’ancienne ministre de l’Ecologie, Delphine Batho avait suivi l’avis de l’Anses et signé un appel d’offres du programme de recherche Risk’OGM.

 

Le Nouvel Observateur, 13/02

10/02/2014

L'Europe de la concurrence libre et non faussée, le lobby du tabac, la France

les surlignages sont de moi

lu sur : newsletter@letemps.ch

Bruxelles a forcé Paris à doubler ses quotas de tabac 
Sous la contrainte, la France a assoupli depuis le 1er janvier ses règles d’importation de cigarettes. Le trafic de produits communautaires moins chers s’opère au grand dam des buralistes et du fisc de l’Hexagone

Sous la contrainte, la France a assoupli depuis le 1er janvier ses règles d’importation de cigarettes. Le trafic de produits communautaires moins chers s’opère au grand dam des buralistes et du fisc de l’Hexagone

La France a, depuis le début de l’année, ouvert un peu plus ses frontières au tabac étranger. Auparavant, toute personne (passager d’avion, de voiture ou de train) voyageant depuis l’Union européenne pouvait importer 5 cartouches ou 50 cigares. A présent, chaque voyageur a le droit de rapatrier 10 cartouches et 1000 cigares. Ainsi, une voiture de cinq personnes peut transporter jusqu’à 10 000 cigarettes. Ces nouvelles dispositions ne concernent toutefois pas les achats effectués en ligne, non transportés physiquement mais livrés par colis.

Par ailleurs, le fardeau de la preuve est aujourd’hui inversé. «Sauf élément(s) probant(s) contraire(s), toute détention de tabac sera considérée comme répondant à un besoin propre», stipule la nouvelle circulaire française. Avant de percevoir des droits de passage, infliger des amendes ou saisir des marchandises en cas de dépassement des quantités autorisées, les douaniers devront démontrer que le tabac est destiné à la revente.

Cette nouvelle réglementation fait écho à une décision de la justice européenne datant de mars 2013. Depuis 2009, Bruxelles s’est fixé pour objectif de lever les limites d’importation de cigarettes en France depuis les autres pays européens. Refusant jusqu’ici de revoir ses quotas pour protéger son marché du tabac, Paris s’était mis en infraction avec la législation communautaire.

Alors que les achats transfrontaliers pesaient hier encore entre 15 et 20% du marché français – La Tribune parle de perte fiscale de 2,5 milliards d’euros par an –, la situation devrait s’aggraver ces prochains mois. Mi-janvier, le prix des cigarettes en France a augmenté de 20 centimes. Le paquet oscille à présent autour des 7 euros. Le tabac y est donc devenu parmi les plus chers d’Europe continentale. Conséquence: les buralistes de l’Hexagone s’attendent à une baisse des ventes de 8,3% cette année, soit la plus forte depuis dix ans.

Selon Libération, les recettes publiques devraient ainsi fondre de 1,4%, à 11 milliards d’euros. Mais à en croire d’autres titres de la presse française, le manque à gagner fiscal s’élèverait plutôt à 1 milliard d’euros chaque année. L’un dans l’autre, cela devrait se répercuter négativement sur les prestations d’assurance maladie en France, bénéficiaire à quasi 100% des taxes sur le tabac.

Le monopole des buralistes s’étiole un peu plus. A terme, c’est leur mue en magasins de cigarettes électroniques qui pourrait être programmée. D’après Le Huffington Post, près de 6000 bureaux de tabac ont fermé en France cette dernière décennie. Il en resterait aujour d’hui 27 000.

Les régions frontalières sont particulièrement touchées. En Espagne, selon le magazine Le Parisien, le paquet coûte en moyenne 4,65 euros, soit 35 centimes de plus qu’au Portugal et 15 centimes de moins qu’au Luxembourg. Alors qu’en Italie, le tarif moyen pour des cigarettes est de 5 euros. Il est de 5,26 en Belgique et 6,83 en Suisse, où le quota d’une cartouche est toujours en vigueur, soit plus du double qu’à l’est de la zone euro.

Le même ordre de gain est envisageable par exemple pour le cigare Partagas D4 – parmi les plus populaires chez les amateurs: 12,30 euros en France, 11 euros au Benelux, 9,80 euros en Espagne et 11,30 euros en Suisse.

09/02/2014

La saviez-vous ?

lu sur :

www.lemonde.fr/europe/article/2014/02/08/bruxelles-veut...

 

LE MONDE | 08.02.2014 à 07h49 • Mis à jour le 08.02.2014 à 12h11 |Par Jean-Pierre Stroobants ((Bruxelles, correspondant))

Alimentés par un article alarmiste du Daily Telegraph (*), les eurosceptiques britanniques ont retrouvé du grain à moudre : l'Union européenne préparerait « en secret » un plan visant à permettre aux policiers et aux gendarmes de bloquer à distance toutes les voitures. Incroyable ? Oui. Mais pas totalement faux !…

Car, certes, la discussion démarre, les obstacles – notamment techniques – sont nombreux et l'échéance plus que lointaine – « de six à dix ans », ose un expert –, mais des spécialistes en sécurité et en technologie, réunis en un sous-groupe du Conseil européen, ont effectivement évoqué un tel projet. Ces Géo Trouvetout œuvrent depuis 2012 sous le couvert d'un groupe dit des « utilisateurs finaux » – à savoir la police elle-même dans ce cas. Et ils ont une légitimité, puisqu'ils s'appuient sur des conclusions adoptées, en juillet 2013, par le Conseil, qui prônait « une association plus étroite des autorités chargées de la sécurité à la politique industrielle et de recherche ».
 

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LIBERTÉS CIVILES

Estimant que les courses-poursuites auxquelles doivent, de plus en plus souvent, se livrer des agents sont trop dangereuses pour ceux-ci et pour les autres usagers, le groupe d'experts a débattu de l'extension à toutes les voitures de dispositifs réservés jusqu'à présent aux véhicules sportifs ou de très haut de gamme. Contrôlés à distance par le propriétaire, ils permettent d'interrompre l'alimentation du moteur, en cas de vol par exemple. D'où l'idée d'installer une puce du même genre sur l'ensemble des nouveaux véhicules du marché européen et de permettre aux ordinateurs de la police, reliés à un satellite, de les immobiliser à distance lorsqu'ils sont recherchés ou ont commis une infraction grave. Certains évoquent aussi un système d'activation du freinage.

Le conservateur britannique Douglas Carswell parle d'une menace sur les libertés civiles et la souveraineté des Etats. L'europhobe Nigel Farage parle d'une initiative « incroyable ». L'ONG Statewatch, qui a mis la main sur les documents du groupe le 23 janvier, indique que, plus largement, la coopération européenne envisage aussi d'autres recherches : sur des systèmes de reconnaissance automatique des plaques minéralogiques, le développement de la vidéosurveillance, le développement de la collecte des données informatiques, etc.

Tant du côté du Conseil que de la Commission, on minimise la portée de ces travaux. Une structure chapeautant le sous-groupe, le Réseau européen des services technologiques de police (Enlets), créée en 2008 à Paris, ambitionne toutefois d'acquérir une existence et un budget autonomes ainsi que d'associer davantage les mondes de la recherche, de l'industrie et de la sécurité intérieure. Le tout dans le cadre plus vaste d'un projet industriel négocié avec de grandes entreprises et des PME innovantes.

Les questions relatives à la protection de la vie privée et au coût des mesures évoquées concernant les voitures ne manqueront pas de susciter la polémique. Elles devraient aussi relancer, au-delà des critiques caricaturales sur la « bureaucratie bruxelloise », des interrogations sur la prise de décision en Europe et son contrôle démocratique.

(*)

EU has secret plan for police to 'remote stop' cars - Telegraph.pdf

08/02/2014

La blouse à l'école pour gommer les différences sociales

lu sur le Midi Libre :

Port de la blouse, respect de la morale et des valeurs. Olivier Lefèvre, directeur de l’école des Sarments à Carcassonne veut revenir au port de la blouse. 

05/02/2014

Tourisme : les pires endroits au monde en fonction de critères sociaux !

Un site anglophone à visiter si vous avez l'intention de faire du tourisme :

Les pires endroits au monde en fonction de critères sociaux et autres !

Il faut cliquer sur "durée de vie moyenne" ... "pollution" ... etc pour voir les statistiques.

http://bit.ly/WorstPlaces

exemple : la carte pour la pollution : 

Image 1.png

Évasion fiscale, France, Suisse

à lire sur "Le Temps" (Suisse)

SUISSE & RÉGIONS 
Ces juges français qui font trembler les banquiers suisses 
En droit, la justice française pourrait s’en prendre à toutes les banques suisses. Un risque plus théorique que réel, estiment nombre d’experts

Ces juges français qui font trembler les banquiers suisses.pdf

04/02/2014

Apartheid en Palestine : les colons triomphants

lu sur :

Jeunes juif fanatiques - Le Temps

www.letemps.ch/Page/Uuid/2c03b2cc.../Jeunes_juif_fanatiques
 

Mardi 04 février 2014

Les Jeunes des collines, militants de l’aile la plus radicale et la plus active des colons de Cisjordanie, ne jurent que par leur supériorité et s’attaquent aux Palestiniens. Les autorités israéliennes dénoncent une forme de «terrorisme»

«Mahomet est un porc!» Le raid s’est déroulé pendant la nuit du 8 au 9 janvier. Lorsqu’ils sont sortis de chez eux au matin, les habitants de Madama, un petit village palestinien proche de Naplouse, ont découvert que plusieurs maisons avaient été taguées à l’encre noire indélébile, et que deux voitures avaient été brûlées. «Vengeance», «Le feu sacré va frapper», proclamaient les slogans rédigés en hébreu et accompagnés d’une étoile de David.

Quelques heures avant ce raid, douze Jeunes des collines, les militants de l’aile la plus radicale et la plus active des colons de Cisjordanie, avaient été capturés et passés à tabac par les habitants de Qoussra, un autre village où ils allaient se livrer à des déprédations. Plusieurs de leurs amis ont donc décidé de les «venger» en attaquant Madama.

Implantés au plus profond de la Cisjordanie, les Jeunes des collines sont entre 5000 et 7000. Ils ne participent pas à une organisation structurée, mais se revendiquent d’une même famille communiant dans la haine des Arabes, des goyim (non-Juifs), des partisans de la paix et de l’establishment en général. Ils se présentent comme des croisés juifs inspirés par la Torah, l’Ancien testament.

Vus de loin, ces fanatiques, dont les plus jeunes sont âgés d’une quinzaine d’années, pourraient faire penser aux hippies des années 1960-1970. Ils portent les cheveux longs, des vêtements bariolés de style gitan, se nourrissent bio et vivent au rythme de la nature. Mais la comparaison s’arrête là, car les Jeunes des collines ont érigé le suprématisme juif en règle de vie.

«Ils sont apparus durant la deuxième Intifada, et certains, tels les habitants de l’implantation de Bat Ayin, ont d’ailleurs créé de véritables réseaux terroristes. Cependant, le courant a vraiment pris son essor à partir du démantèlement des colonies de la bande de Gaza par Ariel Sharon [été 2005]», raconte un ancien officier du service de renseignement de la police nationale israélienne (PNI). «S’estimant trahis par celui qu’ils considéraient comme le chantre de la colonisation, mais également par la classe politique, par Tsahal [l’armée, qui avait procédé à l’évacuation des 6500 colons de Gaza], ainsi que par le Yesha [le puissant lobby des colons disposant de nombreux relais au sein de l’Etat], les plus motivés ont décidé de faire payer leur désillusion aux Palestiniens. C’est alors que l’on a vu se multiplier les déprédations de biens palestiniens, les incendies de voitures et de mosquées.»

Au fil du temps, les Jeunes des collines ont plongé dans la violence face à des villageois palestiniens qui supportent de plus en plus difficilement ces agressions. «Tous les ingrédients d’une explosion sont réunis, estime l’ex-officier du renseignement. Si une troisième Intifada doit éclater, personne ne doute que ces fanatiques mettront le feu aux poudres.»

Il faut beaucoup de patience pour rencontrer ces révoltés. Mener des négociations téléphoniques avec des intermédiaires, jusqu’à ce qu’un rendez-vous soit fixé au milieu de nulle part. Dans le cas d’Odaya, 25 ans, une informaticienne qui a abandonné un avenir prometteur dans le high-tech pour poursuivre son rêve messianique, c’était à l’entrée du carrefour de Tapouah, face à l’implantation du même nom et en présence de trois observateurs silencieux. Mais armés.

 

«Que cela plaise ou pas aux Européens, les Arabes [comprenez les Palestiniens] souffriront tant qu’ils occuperont la Judée-Samarie [la Cisjordanie]», a-t-elle lâché d’emblée, pour définir le cadre de la conversation. «On dit que nous sommes des extrémistes? Et alors? Dieu nous a donné cette terre. A nous de la purifier.»

Récemment, une amie d’Odaya a été interpellée pour avoir craché au visage du député arabe israélien Ahmed Tibi, à la sortie d’une réunion publique. Un autre s’est fait prendre alors qu’il peignait l’expression tag mehir («le prix à payer») sur un abribus. Participe-t-elle à de semblables expéditions? «Je crois au manche de pioche, ricane-t-elle. Un crâne arabe, ça éclate vite.»

L’expression tag mehir qui accompagne chacun des raids des Jeunes des collines signifie «le prix à payer» par les Palestiniens, chaque fois que l’Etat hébreu ordonnera le démantèlement de l’un de leur site et arrêtera leurs partisans. Et cela se produit tous les jours, car les Jeunes des collines sont partout et nulle part à la fois. Y compris à l’intérieur d’Israël.

C’est le cas de Noam, 21 ans, un grand maigrichon qui se rend périodiquement en Cisjordanie pour y mener des actions. Il pleut, il fait froid mais le militant se promène en sandales à lanières de cuir parce qu’il «aime cette terre et veut la sentir frémir». Plutôt enjoué – ce qui est rare dans ce milieu qui semble porter tous les malheurs du monde sur ses épaules –, notre guide connaît le moindre chemin, la moindre grotte de la région de Naplouse. Il nous conduit dans un ancien container où l’attendent deux ses amis équipés de walkie-talkie et d’une barre de fer. Tous trois ont étudié dans une yeshiva (école talmudique), en espérant devenir officier dans une unité d’élite de Tsahal, mais l’armée a refusé de les incorporer en raison de leur proximité avec le Kach, une organisation extraparlementaire s’inspirant de la pensée du rabbin fascisant Meïr Kahane. Le trio s’est donc marginalisé, jusqu’à mener sa propre guerre contre «les Arabes» et contre le système représenté par «le traître Netanyahou, qui veut céder la terre d’Israël à ses ennemis».

Assassiné en 1990 à Manhattan par un islamiste, Meïr Kahane, fondateur de la Ligue de défense juive, prônait l’établissement d’un Grand Israël s’étendant de la Méditerranée au Jourdain, ainsi que l’expulsion – ou l’élimination physique selon les circonstances – des Palestiniens qui y résidaient. Elu à la Knesset en 1984, invalidé parce qu’il proférait une sorte de nazisme juif, il garde des dizaines de milliers de supporters, et ses théories sont répandues par un noyau de rabbins militants officiant dans les yeshivot . Le 7 janvier, le commando capturé par les habitants de Qoussra état d’ailleurs dirigé par Meïr Atinega (22 ans), l’un des petits-fils de Meïr Kahane.

«J’ai deux modèles, proclame Noam. Kahane et le tsadik [saint] Baroukh Goldstein, qui a mis sa pensée en pratique.» Comment? En assassinant, en février 1994, 29 Palestiniens qui priaient dans une mosquée d’Hébron. Une tuerie planifiée dans l’espoir de torpiller les accords de paix d’Oslo.

Les Jeunes de collines sont méfiants, voire paranoïaques. Ils considèrent leurs interlocuteurs comme des agents du Département juif du Shabak (la Sûreté générale israélienne), chargés de les infiltrer. «Nous savons ce qu’il faut faire en cas d’arrestation. Ne pas répondre aux questions, ne pas regarder notre interrogateur et prier pour nous donner de la force», affirme Danny R., un spécialiste des raids de nuit sur les oliveraies palestiniennes, interpellé à une dizaine de reprises mais jamais inculpé.

Devenu prolixe au fil de la conversation, ce militant résidant dans les collines proches d’Hébron, raconte que certains de ses amis fument de la marijuana pour se donner du courage avant de partir en opération. Et qu’ils se livrent, lors de leurs soirées, à une sorte de danse du scalp durant laquelle les intervenants agitent des couteaux en faisant semblant de couper la tête d’un ennemi. Arabe, bien entendu. «Nous sommes des frères, personne ne peut rien contre nous», répète Danny à l’envi.

A la suite des dernières attaques, les dirigeants israéliens, dont le ministre de la Défense, Moshé Yaalon, ont élevé la voix pour dénoncer cette forme de «terrorisme» pratiqué par les Jeunes des collines. Cependant, sur le terrain, les soldats de Tsahal ne font pas grand-chose. Au mieux, ils observent de loin, au pire, ils arrêtent les villageois palestiniens lorsqu’ils font mine de se défendre.

De son côté, la police interpelle régulièrement des extrémistes suspects – plus de 200 en 2013 –, mais ceux-ci sont rapidement relaxés par les tribunaux. Parce qu’ils sont mineurs et que les preuves manquent. Ces derniers mois, certains ont été bannis de Cisjordanie et assignés à résidence en Israël. Certes, ils respectent l’arrêt du tribunal les concernant, mais ils poursuivent leur croisade en s’en prenant aux lieux de cultes chrétiens, ainsi qu’aux prêtres et aux nonnes qui ne comptent plus les insultes ou les crachats. Voire les bousculades. Où qu’ils se trouvent, les Jeunes des collines ont toujours un «ennemi» à combattre. 

03/02/2014

L'Union Européenne et les colonies israéliennes en Palestine

RAPPEL :

lu sur :

www.lemonde.fr/proche-orient/article/2012/10/30/l-ue...

LE MONDE | 30.10.2012 à 15h20 |Par Laurent Zecchini ((Jérusalem, correspondant))

La position de principe de l'Union européenne (UE), réaffirmée à de multiples reprises ces dernières décennies, est de considérer que les colonies israéliennes implantées au sein des territoires palestiniens occupés sont "illégales au regard du droit international ; elles constituent un obstacle à l'instauration de la paix ; elles risquent de rendre impossible une solution fondée sur la coexistence de deux Etats". Seulement, en pratique, l'UE fait l'inverse des intentions affichées dans cette profession de foi.

Selon un rapport de 22 organisations non gouvernementales (ONG), rendu public mardi 30 octobre, la valeur annuelle des produits qu'elle importe des colonies est quinze fois supérieure à celle des produits qu'elle achète dans les territoires palestiniens : 230 millions d'euros d'un côté, contre 15 millions d'euros de l'autre. Ces chiffres ont été fournis par le gouvernement israélien à la Banque mondiale. Ce rapport est intitulé "La paix au rabais : comment l'UE renforce les colonies israéliennes illégales". 

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Préfacé par Hans van den Broek, ancien commissaire européen aux relations extérieures, il a été rédigé par des ONG de nombreux pays (France, AllemagneBelgique, Grande-BretagneDanemarkSuèdeNorvègePays-BasIrlande), ainsi que par la Fédération internationale des ligues des droits de l'homme (FIDH). Le rapport souligne que près de 4 millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie et à Gaza (4,2 millions, selon l'Autorité palestinienne), ainsi que 500 000 colons israéliens, ce qui signifie que l'UE "importe au moins 100 fois plus par colon que par Palestinien". 

LA CROISSANCE DE FACTO FAVORISÉE

Cette situation semble d'autant plus paradoxale, estiment les auteurs, que tout en condamnant régulièrement les colonies israéliennes, "elle soutient leur viabilité en achetant leurs produits" et favorise de facto leur croissance. *"Etant donné que la plupart des marchandises provenant des colonies portent une étiquette susceptible d'induire en erreur, qui indique "Fabriqué en Israël", de nombreux consommateurs européens soutiennent également à leur insu l'entreprise de colonisation", ajoutent-ils, tout en rappelant que l'UE est le plus important bailleur de fonds des Palestiniens. Elle a versé environ 5 milliards d'euros de 1994 à 2011 à l'Autorité palestinienne, dont 459 millions d'euros en 2011.

Parmi les produits des colonies vendus en Europe figurent notamment des denrées agricoles, comme les dattes, les raisins, les agrumes, les herbes, les vins, ainsi que des produits manufacturés, comme les cosmétiques de la marque Ahava, des composants des machines à gazéifier SodaStream, les meubles de jardin Keter. Le rapport cite plusieurs entreprises européennes, notamment françaises (Veolia, Alstom), et allemandes (Heidelberg Cement, Deutsche Bahn), impliquées dans l'économie des colonies.

Les ONG recommandent aux gouvernements européens de prendre plusieurs mesures, en particulier de veiller à l'étiquetage correct de tous les produits des colonies (y compris les produits manufacturés), comme l'ont fait, dans une certaine mesure, le Royaume-Uni et le Danemark ; d'envisager l'interdiction des importations des produits des colonies, comme le demande l'Irlande ; d'exclure les produits des colonies de l'accès préférentiel aux marchés européens, d'exclure les colonies des accords bilatéraux et des instruments de coopération avec Israël, etc.

SUIVRE L'AFRIQUE DU SUD ET LE DANEMARK, BOYCOTTER

Le premier ministre palestinien, Salam Fayyad, demande depuis longtemps à la communauté internationale de suivre l'exemple de l'Afrique du Sud et du Danemark, et de boycotter les produits des colonies. Cependant, à l'exception de la Grande-Bretagne, où une grande chaîne de distribution (Co-operative Group) a annoncé son intention de boycotter les exportateurs agricoles israéliens qui vendent également les produits des colonies, la campagne BDS (boycott, désinvestissement, sanctions) ne connaît qu'un succès relatif en Europe.

Le rapporteur des Nations unies sur les droits de l'homme en Palestine, Richard Falk, a récemment appelé au boycottage des entreprises impliquées dans les colonies, s'attirant les critiques tant des Etats-Unis, du Canada que d'Israël. Alors que Washington a qualifié sa démarche d'"irresponsable et inacceptable", Ottawa lui a demandé de "se rétracter ou de démissionner".

Pour sa part, le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, qui arrive mercredi à Paris, ne cesse de souligner qu'un boycottage des produits des colonies entraînerait une perte d'emploi pour les 25 000 Palestiniens qui y travaillent, "ce qui aggraverait la crise économique que traverse l'Autorité palestinienne".

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sur la Palestine, lire aussi :

www.lemonde.fr/.../les-signaux-sur-l-isolement-d-israel...

Nétanyahou immobile face à l'isolement croissant d'Israël.pdf

 

Le saviez-vous ? La SNCF investit dans le covoiturage

lu sur :

Les Echos N°21517 du 09 Septembre 2013 
  Page n° 20 
La SNCF passe à la vitesse supérieure dans le covoiturage

•La compagnie a racheté le site 123envoiture.com, dans lequel elle avait déjà investi en 2009.•Elle table sur de nombreuses synergies possibles.

Le marché du covoiturage entre particuliers se développe et la SNCF a décidé d'en devenir un acteur à part entière. En 2009, l'établissement public avait déjà pris, par le biais de son fonds d'investissement Ecomobilités Partenaires, une participation de 20 % dans Green Cove, société éditrice de 123envoiture.com, un site spécialisé dans ce service en plein boom. Selon nos informations, la SNCF est passée à la vitesse supérieure cet été en prenant le contrôle à 100 % de Green Cove, à travers Ecolutis, une société positionnée elle aussi sur le covoiturage, mais à destination des entreprises souhaitant mettre en place une offre pour leurs salariés. Agnès Ogier, directrice marketing de SNCF Voyages, est désormais présidente de Green Cove et d'Ecolutis. Interrogée, la SNCF s'est refusée à commenter ces informations.
En investissant dans le covoiturage, la compagnie ferroviaire démontre une nouvelle fois qu'elle n'a pas peur d'investir dans des moyens de locomotion qui font concurrence à son fonds de commerce traditionnel, le train. Quitte à faire grincer des dents chez ses concurrents du secteur privé. L'an dernier, la SNCF a ainsi lancé iDBUS pour ne pas laisser Eurolines (groupe Transdev), l'acteur historique du marché, profiter seul de l'ouverture partielle du transport par autocar sur les liaisons domestiques. Elle propose aujourd'hui 5 allers-retours quotidiens en bus entre Paris et Lyon, et 11 entre Paris et Lille.

L'investissement dans le covoiturage relève sans doute de la même logique : la SNCF préfère être présente sur un marché en plein essor (« Les Echos » du 18 juillet), même si celui-ci risque de détourner des clients du train, plutôt que de se laisser enfermer, et ringardiser, sur son métier de base. Restera à gérer ensuite les risques potentiels de cannibalisation.

« Acteur global de mobilité »

L'entreprise devra également redynamiser sa nouvelle acquisition, qui semble un peu en sommeil : 123envoiture.com revendique « 400.000 membres inscrits et près de 200.000 trajets », mais seules trois évaluations des conducteurs par les passagers sont visibles sur la page de garde pour le mois d'août. En comparaison, Blablacar, qui s'est imposé comme le leader du secteur en France, annonce 3 millions de membres en France, 4.000 inscriptions par jour. Le succès du site s'est bâti sur les trajets longue distance, ce qui le pose en rival du TGV (lire ci-contre).
123envoiture.com pourra toutefois compter sur la puissance de feu de son nouvel actionnaire pour doper sa visibilité et atteindre la taille critique en nombre d'inscrits, donnée majeure pour le bon fonctionnement des sites de covoiturage. Les synergies potentielles semblent également nombreuses avec les autres filiales du groupe SNCF, en particulier Keolis, qui exploite de nombreux réseaux de transport urbain en France. Effia, dédié au stationnement et à la gestion des parkings, semble lui aussi un partenaire tout indiqué. De quoi pour la SNCF s'affirmer encore un peu plus comme « acteur global de mobilité ».
 

Nicolas Rauline Lionel Steinman

France : les élus et la "transparence"

lu sur :

Députés et transparence : « On a voté ça, nous ? ! »

Le Monde 

LE MONDE | 01.02.2014 à 11h37 • Mis à jour le 02.02.2014 à 14h52 |

Hélène Bekmezian

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Non mais vous vous rendez compte ? Dix-sept pages à remplir et au moins autant de questions ! Alors, monsieur le député, êtes-vous propriétaire d'un bien immobilier ? Si oui, de quelle valeur ? Avez-vous un contrat d'assurance-vie ? Des bijoux de haute valeur ? Une voiture ? Un scooter ? Quel est son prix d'achat ? Et à l'argus ?

Date limite pour rendre les copies – c'est-à-dire les déclarations de patrimoine dûment remplies –, cachet de la poste faisant foi : samedi 1er février. C'est à ce jour que tous les parlementaires (français et européens) mais aussi les membres des cabinets ministériels, les collaborateurs du chef de l'Etat et des présidents des Assemblées devaient avoir transmis ces informations à la Haute Autorité de la transparence, comme le prévoient les lois sur la transparence de la vie publique, votée en 2013 à la suite du scandale Cahuzac.

CELA N'EST PAS TOUJOURS AGRÉABLE…

Mais les législateurs n'ont pas l'habitude d'être les premiers concernés par une loi et beaucoup réalisent que cela n'est pas toujours agréable… Dans l'entourage du président de l'Assemblée nationale, Claude Bartolone, qui avait bataillé – avec succès – pour empêcher que ces déclarations soient rendues publiques, comme le sont celles des ministres, on s'en amuserait presque. « Des députés viennent nous voir avec des yeux comme ça, la déclaration à la main, en disant : “On a voté ça, nous ?”. »

Eh oui, et il est un peu tard pour les coups de gueules, comme celui du socialiste François Loncle, selon qui « on dépasse les bornes ! ». A trois jours de l'échéance, le député de l'Eure pestait encore d'avoir « 17 pages à remplir avec un détail inouï, un tas de paperasseries de déclarations absurdes » et de devoir « donner le prix d'achat et le prix d'argus de la Citroën C3 de ] femme ! ».

De la même manière, le communiste André Chassaigne (Puy-de-Dôme) ne comprend pas très bien l'intérêt de déclarer le F1 que lui et ses quatre frères et sœurs ont reçu en héritage à la suite de la mort de leur mère, quand Jean-Christophe Lagarde (UDI, Seine-Saint-Denis), opposé à la loi, juge « très chiant » et « très con » de devoir « déclarer le livret A de ma fille de 6 mois, à 15 euros et 6 centimes ». Rappelant au passage, et avec raison, que ces déclarations n'ont pas grand sens si elles ne sont pas strictement contrôlées.

« LE MONDE RÉEL »

D'autres, surtout chez les jeunes conseillers ministériels, répondent, amusés, qu'ils sont si peu fortunés qu'ils n'ont qu'à inscrire « néant » dans toutes les cases, ce qui n'est pas très compliqué. « C'est normal de devoir le faire, même si c'est pénible », résume quant à lui le député de Paris Jean-Christophe Cambadélis (PS).

Cette grogne des députés a provoqué sur Internet la colère de nombreux lecteurs, qui y sont allés de leurs commentaires assassins. « Bienvenue dans le monde réel ! », écrivait l'un d'eux sur LeMonde.fr. « En tant que gérant je remplis aussi beaucoup de papiers qui “me font chier”, cela me fait plaisir de voir qu'ils découvrent la stupidité de leur propre système », relançait un autre.

Un troisième : « C'est la même déclaration que des milliers de contribuables doivent remplir pour l'ISF chaque année. La paperasserie, c'est OK pour les contribuables mais pas pour les députés qui la votent ? » On n'aurait pas dit mieux.

Hélène Bekmezian 
Journaliste

02/02/2014

Les dérives du mandarinat en recherche scientifique : un exemple avec la trisomie 21

lu sur :

www.lemonde.fr/societe/article/2014/02/01/la-vieille...

LE MONDE | 01.02.2014 à 11h32 • Mis à jour le 02.02.2014 à 11h39 |Par Nicolas Chevassus-au-Louis

Qui a découvert, en 1959, l'anomalie chromosomique responsable de la trisomie 21 ? Cette question vient de provoquer l'annulation, sous pression d'huissiers, d'une communication scientifique prévue aux Assises de la génétique médicale et humaine qui se tenaient à Bordeaux.

Marthe Gautier, 88 ans, devait prononcer le 31 janvier une conférence intitulée « Découverte de la trisomie 21 ». Et recevoir, par la même occasion, le grand prix de la Société française de génétique humaine, pour sa participation à cette première mise en évidence d'une cause génétique d'un retard mental. Mais le matin même, deux huissiers se présentent, porteurs d'une ordonnance du tribunal de grande instance de Bordeaux les autorisant à enregistrer le congrès. Ils sont mandatés par la fondation Jérome Lejeune, du nom du médecin et généticien décédé en 1994, également connu pour sa croisade contre la contraception et l'avortement.

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Panique chez les organisateurs du congrès, qui décident d'annuler la communication de Marthe Gautier, tout en lui remettant en catimini son prix. « On ne peut pas tenir un congrès scientifique sans liberté de parole, et on ne pouvait pas faire autrement que d'annuler la communication, dès lors qu'elle se tenait sous la pression des huissiers », explique un des participants, qui se dit, très choqué de cette irruption.

Pour Antoine Beauquier, avocat de la fondation, « du vivant de Jérôme Lejeune, jamais madame Gautier n'a prétendu avoir découvert la trisomie 21 à sa place. Elle semble vouloir le faire à présent. La Fondation et la famille du professeur Lejeune ne peuvent que le déplorer et sont légitimes à défendre l'honneur du généticien et sa découverte reconnue par la communauté scientifique ».

DIFFAMATION

Il ajoute : « le comportement de madame Gautier est pour le moins incompréhensible alors même que le professeur Lejeune a toujours été attentif à rappeler qu'il s'agissait d'un travail d'équipe auquel avaient été associés le professeur Turpin et madame Gautier. »

Les huissiers n'auraient ainsi été diligentés que pour fournir des preuves en prévision d'éventuelles poursuites en diffamation au cas où Marthe Gautier se déclare seule découvreuse de la trisomie 21. Etrange procès d'intention, alors que la chercheuse se contente, depuis quelques années, de rappeler qu'elle a mené, seule, le travail expérimental qui a abouti à l'identification du chromosome surnuméraire… bien que l'article de 1959 l'annonçant à l'Académie de médecine ait été signé en premier auteur par Jérôme Lejeune.

En 1996, les ayants droits de Raymond Turpin, le troisième coauteur de la publication de 1959, avaient déjà enjoint la fondation Jérome Lejeune de cesser de faire de celui dont elle porte le nom le seul découvreur de cette maladie génétique. En vain : il apparaît toujours comme « le découvreur de la trisomie 21 » sur le site de la fondation.

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mon commentaire :

Ce genre de comportement d'appropriation de la paternité des découvertes scientifiques dans les laboratoires  de recherche est courant. Il faut savoir que les directeurs de tels laboratoires sont avant tout des "mandarins", a fortiori dans le domaine médical. (voir wikipedia : Le mandarinat est le pouvoir important, ou excessif, détenu par certains professeurs d'université.)

Un directeur de laboratoire de recherche public est avant tout un gestionnaire chargé des relations avec l'administration de tutelle. Dans le meilleur des cas, il peut aussi orienter les efforts et les moyens matériels du laboratoire qu'il dirige vers tel ou tel sujet de recherche et y participer intellectuellement. Moyennant quoi il signe tous les articles sortant de "son" laboratoire. Ce qui peut entraîner des conflits de paternité des découvertes, car la "découverte" est le fait de celui ou celle qui a eu l'idée première et l'a menée à bien sur le plan expérimental, ce qui n'est jamais le cas du directeur de laboratoire qui ne travaille pas "à la paillasse".

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Lire aussi : Feu vert à un dépistage génétique de la trisomie 21

01/02/2014

Théorie du genre : quelle théorie ?

lu sur le Point :

Le Point - Publié le 31/01/2014

L'expérience tragique du gourou de "la théorie du genre"

John Money, le père de la "théorie du genre", l'avait testée sur des jumeaux. Récit.

Par EMILIE LANEZ

Qu'est-ce que le genre, ce drôle de mot pratiqué des seuls grammairiens ? Il est un complexe outil intellectuel à double face. D'un côté, une grille de lecture pertinente qui questionne les rôles que la société impose à chaque sexe, le plus souvent au détriment des femmes. De l'autre, il abrite une réflexion militante... D'après elle, l'identité sexuelle ne saurait se résumer à notre sexe de naissance ni se restreindre à notre rôle sexuel social. Chacun doit devenir libre de son identité, se choisir, se déterminer, expérimenter... Et basta, l'humanité est arbitrairement divisée en masculin ou féminin. 

Les "études de genre", terme traduit de l'anglais gender studies, ne sont pas récentes. Explorées par la fameuse universitaire américaine Judith Butler dans les années 70, elles naissent sous la plume et le bistouri d'un sexologue et psychologue néo-zélandais, John Money. C'est lui qui, en 1955, définit le genre comme la conduite sexuelle qu'on choisira d'habiter, hors de notre réalité corporelle. Or le personnage est controversé. Spécialiste de l'hermaphrodisme à l'université américaine Johns Hopkins, il y étudie les enfants naissant intersexués et s'interroge sur le sexe auquel ils pourraient appartenir. Lequel doit primer ? Celui mal défini que la nature leur a donné ? Celui dans lequel les parents choisiront de les éduquer ? Il est rarement mis en avant par les disciples des études de genre de quel drame humain et de quelle supercherie scientifique le père du genre, John Money, se rendit responsable.

"Lavage de cerveau"

En 1966, le médecin est contacté par un couple effondré, les époux Reimer. Ils sont parents de jumeaux âgés de 8 mois, qu'ils ont voulu faire circoncire. Las, la circoncision de David par cautérisation électrique a échoué, son pénis est brûlé. Brian, son jumeau, n'a, lui, pas été circoncis. Que faire de ce petit David dont la verge est carbonisée ? Money voit dans cette fatale mésaventure l'occasion de démontrer in vivo que le sexe biologique est un leurre, un arbitraire dont l'éducation peut émanciper. Il convainc les parents d'élever David comme une fille, de ne jamais lui dire - ni à son frère - qu'il est né garçon. Le médecin administre à l'enfant, rebaptisé Brenda, un traitement hormonal et, quatorze mois plus tard, lui ôte les testicules. Ses parents la vêtent de robes, lui offrent des poupées, lui parlent au féminin.

A 6 ans, les jumeaux paraissent s'être conformés au rôle sexuel qu'on leur a attribué. Ce serait donc bien l'éducation et la société qui feraient le sexe... Brian est un garçon harmonieux, Brenda une gracieuse fillette. Money les examine une fois par an. Bien qu'ils aient 6 ans, il les interroge sur leurs goûts sexuels, leur demande de se toucher. "C'était comme un lavage de cerveau", confiera Brenda-David plus tard à John Colapinto, qui, en 1998, écrira l'histoire dans Rolling Stones puis dans un livre, "As Nature Made Him : The Boy Who Was Raised As A Girl".

Combat féministe

Money est convaincu d'avoir prouvé que le sexe biologique s'efface pour peu qu'on lui inculque un autre "genre". Il publie de nombreux articles consacrés au cas "John-Joan" (c'est ainsi qu'il nomme David-Brenda), puis, en 1972, un livre, "Man - Woman, Boy - Girl". Il y affirme que seule l'éducation fait des humains des sujets masculins ou féminins. La "théorie du genre" est née.

Seulement, Brenda grandit douloureusement. A l'adolescence, elle sent sa voix devenir grave, confie être attirée par les filles, refuse la vaginoplastie que veut lui imposer Money. Brenda cesse d'avaler son traitement, se fait prescrire de la testostérone, divague, boit trop. Brenda se sent garçon engoncé dans un corps de fille. Effarés, les parents révèlent la vérité aux jumeaux. Brenda redevient David, il se marie à une femme. Mais les divagations identitaires ont ébranlé les garçons. En 2002, Brian se suicide. Le 5 mai 2004, David fait de même. De cette fin tragique Money ne fait point état. En 1997,Milton Diamond, professeur d'anatomie et de biologie reproductive à l'université de Hawaï, dénonce la falsification. Money réplique en évoquant une conspiration fomentée par des personnes "pour qui la masculinité et la féminité seraient d'origine génétique"... Est-ce si faux ?

Ce fait divers est étranger à la délicate, et bien réelle, question des personnes nées avec une identité sexuelle incertaine, dont le ressenti psychique ou physique demeure flou. Et, si cette histoire fut un drame, c'est bien parce qu'un enfant fut forcé à vivre selon une identité qui ne lui convenait pas et qu'à lui comme à son frère fut imposé un mensonge ravageur. Il importe de préciser que cette expérience ne saurait entacher les études de genre, qui d'ailleurs s'éloigneront de ces errements du champ médical pour se nourrir du combat féministe puis des travaux de l'anthropologie, interrogeant l'influence de la culture sur la nature, jusqu'à devenir un sujet transversal mêlant littérature, philosophie, sociologie...

Les doutes de la Norvège, pionnier du " genre "

 

 

La question des fondements scientifiques des études de genre se pose. En 2009, un journaliste norvégien, Harald Eia, y consacre un documentaire. Son point de départ : comment est-il possible qu'en Norvège, championne des politiques du " genre ", les infirmières soient des femmes et les ingénieurs des hommes ? Il interroge quatre sommités : le professeur américain Richard Lippa, responsable d'un sondage mondial sur les choix de métiers selon les sexes (réponse : les femmes préfèrent les professions de contacts et de soins), le Norvégien Trond Diseth, qui explore les jouets vers lesquels des nourrissons tendent les mains (réponse : tout ce qui est doux et tactile pour les filles), puis Simon Baron-Cohen, professeur de psychopathologie du développement au Trinity College de Cambridge, et l'Anglaise Anne Campbell, psychologue de l'évolution. Ces spécialistes répondent que naître homme ou femme implique des différences importantes. Et que leur inspirent les " études de genre"? Eclats de rire. L'évolution de l'espèce, le bain d'hormones dans lequel se fabrique notre cerveau font du masculin et du féminin des sexes distincts. Tout aussi intelligents, mais pas identiques. Il présente leurs réactions aux amis du "genre". Qui les accusent d'" être des forcenés du biologisme ". Soit. Eia les prie alors d'exposer leurs preuves que le sexe ne serait qu'une construction culturelle... Silence. Après la diffusion de son film, en 2010, le Nordic Gender Institute fut privé de tout financement public

29/01/2014

Deux articles sur le néolibéralisme ...

... à lire sur MEDIAPART :

L'Insee publie ce mercredi un dossier sur « trente ans de vie économique et sociale ». On y découvre la formidable montée en puissance d'un capitalisme qui avantage la rente et les dividendes servis aux actionnaires.

L'échec est cuisant pour le parti populaire aux commandes de la région de Madrid : il a renoncé lundi à son projet de privatisation de six hôpitaux, après plus d'un an de contestation sociale.

Politique, clientélisme, logement social

lu sur :

La nomination du fils de Jean-Yves Le Drian à la tête de la SNI suscite une polémique

Le Monde.fr | 27.01.2014 à 20h36 • Mis à jour le 28.01.2014 à 12h50 |Par Catherine Rollot et Nathalie Guibert

L'étrange nomination du fils de Jean-Yves Le Drian.pdf

extrait :

"... Malgré ses évolutions, la SNI n’a jamais coupé le cordon avec le ministère de la défense. Ainsi plus de 35% des locataires de son parc en sont issus. Au 31 décembre 2012, la SNI assurait aussi la gestion de 604 casernes de gendarmerie et 9539 équivalents logements."

28/01/2014

Palestine : Vivre en cage à Gaza

communiqué :

"Depuis 7 ans, le blocus israëlien a transformé Gaza en un véritable laboratoire, où près de 1.800.000 personnes survivent sans pouvoir quasiment sortir dans la pauvreté, le chômage et les pires pénuries. À l’étranglement israélien s’ajoute le blocus égyptien par « mesure sécuritaire » depuis que le coup d’État de l’armée égyptienne, laquelle accuse le Hamas de collusion avec les Frères Musulmans."

Pierre Stambul a pu passer deux jours fin décembre dans cette cage avec le réseau de soutien international Unadikum.

Lire son article publié sur "CQFD" et sur le site de l'Agence

 
 
GAZA : Dernier rapport de l'OCHA
 
 

A lire également, la traduction par l'Agence Média Palestine de la partie sur Gaza du dernier rapport de l'OCHA ( bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies dans les territoires palestiniens occupés) , sur le site de l'Agence.

 
 
L'Etat d'Israël torture les enfants palestiniens en les maintenant dans des cages
 
 

Le Comité public contre la torture en Israël (PCATI) a publié un rapport qui révèle que des enfants soupçonnés de délits mineurs étaient soumis à une « mise en cage publique », à des menaces et à des violences sexuelles ainsi qu’à des procès militaires sans la présence d’un représentant légal.

L'information, révelée au début du mois par le quotidien britannique "The Independent " a été traduite en français et publiée sur le site de l'Agence.

 
 
Un rapport de l’ONU enquête sur les entreprises impliquées dans les colonies
 
 

Un rapport des Nations Unies résultant d’une mission d’investigation sur les colonies israéliennes en Cisjordanie, dont Jérusalem-Est révèle que des entreprises privées ont permis, encouragé et profité directement ou indirectement de la construction et de la croissance des colonies.

Lire la suite sur le site de la Campagne BDS France.

 
 
Le film palestinien "Omar" nominé pour les Oscars
 
 
 
 

L' excellent film "Omar", est nominé pour les Oscars 2014!

Lauréat du Prix “Un certain regard” au Festival de Cannes 2013, Omar, réalisé par Hany Abou Assad est nommé dans la catégorie Meilleur film en langue étrangère aux côtés de: La Chasse de Thomas Vinterberg (Danemark), Alabama Monroe de Felix Van Groeningen (Belgique), L'image manquante de Rithy Panh (Cambodge) et La grande bellezza, de Paolo Sorrentino (Italie).

Le film du réalisateur palestinien Hany Abou Assad avait été unanimement salué dans la presse. Rue 89 l'avait encensé de "meilleur thriller politique de l'année"

La 86ème cérémonie des Oscars aura lieu le 2 mars prochain, espérons la victoire de ce magnifique film!

Lire la suite sur le site de l'Agence.

27/01/2014

Un peu d'Histoire contemporaine : l'Allemagne avant 1914

les surlignages sont de moi

lu sur :

www.lemonde.fr/economie/article/2014/01/24/l-allemagne...

 

LE MONDE | 24.01.2014 à 11h45 • Mis à jour le 24.01.2014 à 12h47 |

Pierre Bezbakh (maître de conférences à l'université Paris-Dauphine)

Le nouvel empire allemand, proclamé en janvier 1871 et soumis à l'autorité de la Prusse, est devenu en 1914 la première puissance économique et militaire européenne, devançant la Grande-Bretagne et la France dans de nombreux domaines. Ce IIe Reich, qui rassemble vingt-cinq royaumes et principautés d'Allemagne du Nord, l'Alsace, une partie de la Lorraine et de la Pologne, compte environ 42 millions d'habitants en 1871, et 70 millions en 1913.
 

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Le taux de croissance de son produit intérieur brut est plus élevé que celui des autres pays européens (plus de 2 % en moyenne) et la part des investissements dans celui-ci (près de 20 % au début du siècle) y est deux fois plus élevée qu'en Grande-Bretagne (Histoire des faits économiques, de Jacques Brasseul, Armand Colin, 1998).

Son agriculture, stimulée par une forte demande intérieure, est devenue la plus productive d'Europe, grâce en particulier à l'utilisation des engrais chimiques mis au point par Justus von Liebig (1803-1873).

Son industrie se modernise et se développe à un rythme soutenu et fournit les biens qui étaient auparavant importés (comme le matériel de chemin de fer). L'Allemagne tend à se spécialiser dans l'industrie lourde (charbon, acier, armement…) et dans des produits nouveaux (matériel mécanique, chimie, électricité, automobile).

SIEMENS ET AEG

A la veille de la guerre, la part de l'Allemagne dans la production industrielle mondiale s'élève à 16 % (contre 13 % en 1870), alors que celle de la Grande-Bretagne est passée de 32 % à 14 %, et celle de la France de 10 % à 6 % (celle des Etats-Unis s'élevant, elle, de 23 % à 32 %).

Grâce à des grandes firmes comme Siemens et Allgemeine Elektricitäts-Gesellschaft (AEG), elle occupe la première place européenne dans le secteur de l'industrie électrique (avec une production deux fois plus importante que celle de la Grande-Bretagne et huit fois plus élevée qu'en France), et le rang de premier exportateur mondial.

Si la Grande-Bretagne reste le premier producteur européen de houille en 1913 (avec 290 millions de tonnes), la production allemande est passée de 47 à 190 millions de tonnes entre 1880 et 1913. Et l'Allemagne dépasse désormais la Grande-Bretagne en ce qui concerne la fonte (16,7 millions de tonnes contre 10,4) et l'acier (17 millions de tonnes contre 9), alors qu'en 1880 l'Allemagne ne produisait que 2,4 millions de tonnes de fonte (et l'Angleterre, 7,8) et 2 millions de tonnes d'acier (la Grande-Bretagne, 3,7).

La montée en puissance de l'économie allemande, qui permettra au IIe Reich de défier le reste de l'Europe en 1914, s'explique en grande partie par l'organisation de son secteur industriel. Il est caractérisé par de grandes entreprises capitalistes modernes essentiellement prussiennes, existant avant l'unification, comme Krupp (métallurgie et armement), Siemens (mines, acier, électricité, télégraphe), qui s'entendent pour constituer des cartels (comme dans les houillères de Rhénanie, ou comme celui de la chimie qui regroupe en 1904 AGFA, Bayer et BASF) ou des Konzerns (par intégration verticale).

GRÂCE AU PROTECTIONNISME

Protégées ainsi de la concurrence intérieure et extérieure (grâce au protectionnisme), ces entreprises peuvent investir pour réduire leurs coûts de production, améliorer qualité et quantités des produits.

A côté des grandes entreprises innovantes, dotées de leurs laboratoires de recherche, de multiples petits inventeurs mènent leurs propres expériences qui déboucheront sur des innovations industrielles. Ainsi, et parallèlement aux découvreurs français, les Allemands Nikolaus Otto, Gottlieb Daimler et Karl Benz contribuent à mettre au point entre 1875 et 1885 les premiers véhicules automobiles utilisant l'essence de pétrole.

Si ces initiatives sont le fait d'entreprises privées, l'Etat joue un rôle incitateur pour entraîner l'économie allemande dans la voie d'une croissance rapide : il mène une politique protectionniste, passe commande aux industries d'armement, permettant à l'Allemagne de se doter d'une armée puissante, et pousse à la concentration industrielle et financière.

Et afin d'éviter le risque de mouvements révolutionnaires, le chancelier Bismarck, tout en combattant les idées socialistes, initie une politique sociale préfigurant « l'Etat-providence » : elle vise à améliorer le sort de la classe ouvrière en lui accordant des droits sociaux (assurance sociale en 1883, assurance sur les accidents du travail en 1884, fonds spécial pour les retraites et l'invalidité en 1889…).

L'ESSOR DES CHEMINS DE FER

Sur le plan international, l'Allemagne exporte 15,6 % de sa production nationale en 1913 (dont deux tiers de produits industriels), soit presque autant que la Grande-Bretagne (17,7 %), et beaucoup plus que la France (8,2 %). Si la part de la Grande-Bretagne dans le commerce mondial est toujours la première (avec 16 % du total), la deuxième revient à l'Allemagne (12 %), devant les Etats-Unis (11 %) et la France (7 %).

Les transports sont favorisés par l'essor des chemins de fer : le réseau allemand passe de 6 000 km en 1850 à 19 500 en 1870 et à 61 000 en 1913 (contre 49 500 km en France et 38 000 km en Grande-Bretagne pour cette dernière année).

Parallèlement, la flotte marchande allemande devient la deuxième du monde, derrière celle de la Grande-Bretagne ; sa marine de guerre compte 40 bâtiments (contre 64 pour la Grande-Bretagne et 28 pour la France), et le port de Hambourg est le troisième d'Europe (après Londres et Anvers).

INTÉRÊT TARDIF À PROPOS DES COLONIES

L'Allemagne, qui n'exportait pas de capitaux durant les trois premiers quarts du XIXe siècle, a investi 4,8 milliards de dollars à l'étranger en 1900 (contre 12,1 pour la Grande-Bretagne et 5,2 pour la France), et 6,7 milliards en 1913 (contre 19,5 pour la Grande-Bretagne et 8,6 pour la France).

Cela montre à quel point l'essor économique de l'empire allemand est devenu de plus en plus dépendant de la place qu'il occupe sur la scène mondiale. Cette ouverture est confirmée par l'intérêt tardif exprimé par Bismarck à propos des colonies, comme le montre la tenue à Berlin en 1885 d'une Conférence sur les colonies africaines réunissant les grandes puissances européennes, puis les rivalités franco-allemandes à propos de l'Afrique du Nord (Le Monde du 14 décembre 2013).

Cela ne suffit cependant pas à expliquer le déclenchement de la première guerre mondiale, car il reste à élucider pourquoi la Grande-Bretagne et la France combattirent côte à côte malgré leurs propres rivalités. Peut-être parce qu'elles avaient su dépasser leurs oppositions du passé (et combattu ensemble en Chine et en Crimée), et jugé qu'il fallait mieux unir leurs forces contre ce nouveau venu qui leur avait ravi la première place en Europe, et qui s'attaquait à leur marché intérieur et à leur influence sur les autres continents ?

25/01/2014

Le contrôle des gens par Internet, Amazon, Google ... "1984" est là !

lu sur Le Temps (Suisse):

«On programme la façon de penser des gens».pdf

Visions sociétales d’un oracle virtuel.pdf

«On programme la façon de penser des gens»

Amazon veut envoyer des produits avant même qu’ils n’aient été commandés. Dirk Helbing explique comment on peut lire le futur dans les masses de données

23/01/2014

Ministère de la Défense et Microsoft : pourquoi tant de secrets ?

À lire sur MEDIAPART :

Contrat avec Microsoft: le ministère de la défense entretient l'opacité
PAR JÉRÔME HOURDEAUX

Le ministère de la défense a diffusé trois documents relatifs au renouvellement du très contesté contrat le liant au géant américain. Mais ceux-ci ont été au préalable en grande partie noircis et le secret demeure ! Ils confirment seulement que la décision a été prise avec l'aval du cabinet du ministre Jean-Yves Le Drian et de Matignon.

22/01/2014

Paradis fiscaux et hauts responsables politiques chinois : communiqué d'OFFSHORE LEAKS

communiqué d'ICIJ : International Consortium of Investigative Journalists

ICIJ releases latest part of its Secrecy for Sale project, implicating China's top leaders usage of secretive offshore tax havens.
 

ICIJ has just published the latest part of the largest investigative reporting project in its 15-year history - revealing that close relatives of China’s top leaders have held secretive entities in offshore tax havens usually associated with hidden wealth.

Our work draws on confidential records obtained by ICIJ as part of its “Offshore Leaks” investigation.

 
 
 

Among the investigation’s key findings:

  • Relatives of at least five current or former members of China's Politburo Standing Committee – President Xi Jinping, former premiers Wen Jiabao and Li Peng, former President Hu Jintao and former leader Deng Xiaoping – have held companies in the Cook Islands or British Virgin Islands, the records obtained by ICIJ show.
     
  • PricewaterhouseCoopers, UBS, Credit Suisse and other Western banks and accounting firms played a key role as middlemen in helping Chinese clients set up trusts and companies in tax havens.
     
  • China’s oil industry, which has been shaken by a series of corruption scandals, has extensive links to offshore centers. The country’s three big state-owned oil companies –CNPC, Sinopec and CNOOC -- are linked to dozens of BVI companies that show up in the ICIJ files.
     
  • As the country has moved from an insular communist system to a socialist/capitalist hybrid, China has become a leading market for offshore havens that peddle secrecy, tax shelters and streamlined international deal making.

Nearly 22,000 offshore clients with addresses in mainland China and Hong Kong appear in the files, including at least 15 of China’s richest citizens, members of the National People’s Congress, and executives from state-owned companies entangled in corruption scandals. The records also include details of roughly 16,000 clients from Taiwan.

The documents are part of a cache of 2.5 million leaked files that ICIJ has sifted through with help from more than 50 reporting partners in Europe, North America, Asia and other regions. Since last April, ICIJ’s stories have triggered official inquiries, high-profile resignations and policy changes around the world.

Until now, the details on China and Hong Kong have not been disclosed.

Investigation Continues

On January 23, ICIJ (a project of the Center for Public Integrity) will name more than 37,000 offshore clients from China Hong Kong and Taiwan in its Offshore Leaks Database, adding to about 70,000 names from the rest of the world published in June 2013.  

The names are part of a body of information that totaled more than 260 gigabytes of data—about the same amount of information as would be found in half a million books. It is one of the biggest collections of leaked data ever gathered and analyzed by journalists.

 

Fraude fiscale : les fichiers HSBC ont été expurgés de plus de 3 000 noms

lu sur :

Fichiers HSBC : les preuves de la manipulation

Exhibés en 2012 par Woerth, les fichiers HSBC ont été expurgés de plus de 3 000 noms. Nous publions les documents qui le prouvent.  

Le Point.fr - Publié le 22/01/2014 à 11:08 - Modifié le 22/01/2014 à 11:14

 

Fichiers de la banque HSBC _ les preuves de la manipulation - Le Point.pdf

18/01/2014

Alerte : Notre Dame des Landes, lundi 20 janvier

communiqué :

Les infos concomitantes d'une intervention militaire sur la ZAD à partir du lundi 20/01/2014 s'accumulent de jour en jour. Voir à ce propos le flash info de la ZAD de cette semaine :

http://zad.nadir.org/spip.php?article2099

Vinci est d'ailleurs sorti du bois hier, le 16/01, pour annoncer le début du déplacement des espèces protégées de la ZAD et le défrichement de la zone d'ici quelques semaines à quelques mois !

Cela faisait très longtemps que Vinci n'avait pas effectué de déclaration aussi tonitruante et d'importance sur le projet d'aéroport de NDDL. Il n'a surement pu le faire qu'après avoir eu l'assurance du soutien de l'Etat !

La multinationale du béton a d'ailleurs rappelé que ces opérations, d'arasement de la ZAD et de déplacement/destruction de la faune et de la flore, devaient être menées en toute sécurité... Comment ne pas y voir l'allusion à une nécessaire intervention de l'Etat pour expulser les occupant-e-s de la ZAD préalablement aux travaux...

Nous avons d'ailleurs appris il y a peu de temps, via un camarade de la ZAD, qu'une opération d'expulsion de cet envergure était prévu en Octobre et qu'elle a été annulée par l'Etat, ce qui a coïncidé avec le mouvement des bonnets rouges qui a nécessité un paquet de forces du désordre...

Malgré le fait que cela paraisse inimaginable pour certain-ne-s, le PS est prêt à passer en force à NDDL, pour preuve les infos de ces dernières semaines !

Une expulsion massive de la ZAD à partir de lundi ou de mardi prochain est à craindre ! Nous devons nous préparer à la résistance sur la ZAD et partout ailleurs en soutien aux zadistes !

Nous appelons tou(te)s ceux et celles qui le peuvent, à rejoindre la ZAD ce week-end ou en début de semaine prochaine !

Tenons-nous prêts à venir résister activement sur le terrain !

Vinci et sa clique militaire ne passeront pas !

Toutes et tous zadistes !

Voir l'appel détaillé à actions de la ZAD en cas d'expulsions ou de travaux à Notre Dame Des Landes :

https://zad.nadir.org/spip.php?article2051

17/01/2014

La Turquie et ses services secrets, les kurdes, la France

lu sur :

La piste d'un crime d'Etat turc à Paris relancée

Le Monde - 

LE MONDE | 16.01.2014 à 11h08 • Mis à jour le 16.01.2014 à 11h20 |

Par Guillaume Perrier (Istanbul, correspondance)

Les révélations se multiplient en Turquie, un an après l'assassinat de trois militantes kurdes, Sakine Cansiz, Fidan Dogan et Leyla Söylemez, le 9 janvier 2013 à Paris, et renforcent un peu plus la thèse d'un agent infiltré, en service commandé pour l'Etat turc. Depuis un an, après ce qui apparaissait dès le départ comme un crime politique, commis au moment où le gouvernement turc et le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) entamaient de périlleuses négociations, l'enquête semblait piétiner. Le tueur présumé, Ömer Güney, un jeune homme au profil mystérieux, continue de clamer son innocence.
 

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Dimanche 12 janvier, premier coup de tonnerre, un enregistrement sonore était mis en ligne sur YouTube. Révélé par une personne affirmant être « un proche d'Ömer Güney », le document est une conversation de dix minutes entre un homme présenté comme Güney et deux de ses supérieurs hiérarchiques, qui seraient des officiers des services de renseignement turcs (MIT).

Les trois protagonistes y évoquent la « mission », passent en revue les cibles potentielles, citent même les noms de hauts responsables du mouvement kurde en Europe, détaillent le mode opératoire choisi, la fourniture d'armes et d'un téléphone crypté… Des précisions qui rendent crédible l'authenticité de cet enregistrement.

« CAMPAGNE DE DÉNIGREMENT »

« Après avoir écouté cet enregistrement, nous pouvons affirmer avec certitude qu'il s'agit bien de la voix d'Ömer Güney, a réagi, lundi, la Fédération des associations kurdes de France (Feyka), proche du PKK. Parallèlement à sa publication, cet enregistrement nous a également été envoyé par mail. Nous avons transmis l'adresse e-mail de l'expéditeur, ainsi que toutes les autres informations en notre possession aux autorités chargées de l'instruction de cette affaire. »

Lire aussi : Meurtre de militantes du PKK : la mystérieuse personnalité d'Ömer Güney, unique suspect

Le ministre de la justice turc, Bekir Bozdag, a rejeté lundi tout lien entre cette affaire et le MIT, parlant de « campagne de dénigrement ». Les services turcs sont dirigés par Hakan Fidan, un très proche du premier ministre, Recep Tayyip Erdogan. C'est lui qui a été mandaté pour conduire les négociations avec le PKK et qui a rendu visite à plusieurs reprises au chef kurde Abdullah Öcalan, qui purge une peine de prison à vie sur l'île d'Imrali.

L'enregistrement sonore diffusé dimanche confirmerait aussi que le tueur visait plusieurs personnalités du mouvement kurde. Sakine Cansiz, l'une des fondatrices du PKK en 1978, aux côtés d'Öcalan, symbole de la lutte des femmes, emprisonnée et torturée par la junte militaire dans les années 1980. Mais aussi Nedim Seven, le financier du mouvement en France, chargé de collecter l'impôt révolutionnaire, et Adem Uzun, un haut politicien kurde arrêté par les services français en 2012 pour un invraisemblable « trafic d'armes ».

ÉLÉMENTS COMPROMETTANTS POUR LES SERVICES FRANÇAIS

Uzun était surtout l'un des interlocuteurs des officiels turcs pendant une première série de négociations secrètes, le processus dit d'Oslo, entre 2009 et 2011. Ou encore Remzi Kartal, ancien député et haut responsable du PKK en Europe, qui vit en exil à Bruxelles. Présent à Paris en janvier 2013, ce dernier expliquait au Monde que des tentatives d'assassinat avaient été déjouées en Allemagne et en Belgique : « Une bande de tueurs liés au MIT circule dans les pays européens. »

L'enregistrement pourrait aussi apporter des éléments compromettants pour les services français, peu avant la visite du président François Hollande en Turquie les 27 et 28 janvier. Interrogé par l'agent présumé du MIT sur une possible surveillance par « les forces de sécurité françaises, de la police ou de la gendarmerie », Ömer Güney répond sans hésiter : « Oui, il y a une surveillance étroite. Les renseignements me suivent seconde par seconde. »

Dès mardi, la thèse d'un assassinat politique commandité par les services turcs prenait encore plus d'ampleur avec la publication par le quotidien turc Sol, virulent opposant au gouvernement de Recep Tayyip Erdogan, d'un document confidentiel du MIT : une note des services rédigée comme un ordre de mission. La lettre, datée du 18 novembre 2012, soit moins de deux mois avant l'assassinat, fait la synthèse des informations recueillies auprès du « légionnaire », un nom de code qui selon le journal cacherait l'identité d'Ömer Güney. La démarche du MIT s'inscrit « dans l'objectif de déchiffrer les activités du PKK à Paris et en France, et de rendre inactifs les hauts membres de l'organisation », précise le document, qui accrédite la thèse d'une opération d'infiltration.

« La dernière fois qu'il est venu nous voir, nous lui avons donné 6 000 euros pour les frais “possibles”, ainsi que des instructions pour qu'il se montre extrêmement attentif lorsqu'il correspond avec nous, pour qu'il obtienne l'équipement nécessaire à la mission et pour qu'il effectue les préparatifs au sujet des personnes qui ont été désignées », poursuit la note attribuée aux services de renseignement. Ömer Güney a multiplié les allers-retours avec la Turquie. Une bonne dizaine rien qu'en 2012 : en août, il était revenu pour faire refaire son passeport et, en décembre, il avait séjourné trois jours à Ankara. Mardi, le MIT a démenti être à l'origine de ce document et a rejeté tout lien avec cette affaire.

Ömer Güney continue de se présenter comme un militant kurde. Originaire du district de Sarkisla, une ville dirigée par un parti d'extrême droite, le jeune homme n'est pourtant pas originaire d'une région kurde. Au contraire, la province de Sivas est connue pour ses militants ultranationalistes turcs. Selon son oncle, Zekai Güney, la famille n'a rien à voir avec le PKK. « Nous sommes une famille nationaliste », s'est-il défendu, après l'arrestation de son neveu.

LE CONTRÔLE DES SERVICES SECRETS EN JEU

Ces révélations en série, si elles renforcent l'hypothèse la plus crédible en mettant possiblement en évidence un complot d'Etat mené par les services turcs, doivent être prises avec précaution. Elles surviennent en effet à un moment particulièrement critique de la vie politique turque, en pleine bataille au sommet de l'Etat entre les hommes du premier ministre Erdogan, dont le patron du MIT, Hakan Fidan, et les partisans de la confrérie Fethullah Gülen, particulièrement influente dans la police et la justice. Le contrôle des services secrets est en jeu.

La bataille a déjà donné lieu à quelques manipulations et crises retentissantes : notamment la convocation par un procureur de M. Fidan pour être interrogé sur ses rencontres avec des responsables du PKK. Des procureurs soupçonnés d'être liés à la confrérie Gülen sont aussi à l'origine de l'ouverture d'une enquête pour « corruption et blanchiment » le 17 décembre contre des proches de M. Erdogan.

Sur la question kurde, les deux courants qui s'opposent au sein du Parti de la justice et du développement (AKP), au pouvoir, ont toujours montré des approches opposées. Les partisans de Gülen se montrent réticents à toute négociation avec le PKK, considéré comme un mouvement terroriste. Le chef militaire du PKK, Cemil Bayik, avait d'ailleurs mis en cause la confrérie,en décembre 2013, pour le triple meurtre de Paris. 

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Assassinat de militantes du PKK
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