Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

20/03/2017

Ce que les « Monsanto Papers » révèlent du Roundup : à lire !!!

lu sur : 

Ce que les « Monsanto Papers » révèlent du Roundup - Le Monde

www.lemonde.fr/.../ce-que-les-monsanto-papers-revelent-du-roundup_5096602_3244.h...
Il y a 2 jours - La justice américaine a déclassifié des correspondances internes de la firme. Dès 1999, cette dernière s'inquiétait du potentiel mutagène du ... 
 

Ce que les « Monsanto Papers » révèlent du Roundup

La justice américaine a déclassifié des correspondances internes de la firme. Dès 1999, cette dernière s’inquiétait du potentiel mutagène du glyphosate.

LE MONDE ECONOMIE | 18.03.2017 à 06h44 • Mis à jour le 18.03.2017 à 07h19 | Par Stéphane Foucart

Rarement hasard du calendrier aura été plus embarrassant pour une agence d’expertise. Dans le cadre d’une action intentée contre Monsanto, la justice fédérale américaine a déclassifié, jeudi 16 mars, plus de 250 pages de correspondance interne de la firme agrochimique, montrant que cette dernière s’inquiétait sérieusement, dès 1999, du potentiel mutagène du glyphosate, principe actif de son produit phare, le Roundup, et molécule phytosanitaire la plus utilisée au monde.

Or le 15 mars, à la veille de la publication de cette documentation confidentielle, l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA) annonçait qu’elle ne considérait le glyphosate ni comme cancérogène ni même mutagène – c’est-à-dire capable d’engendrer des mutations génétiques.

Pour Monsanto, l’affaire est cruciale : le Roundup est la pierre angulaire de son modèle économique, fondé sur la vente liée de ce pesticide et des cultures transgéniques capables de le tolérer.

Ces documents internes de la firme de Saint Louis (Missouri) ont été rendus publics dans le cadre d’une action collective portée devant une cour fédérale de Californie par plusieurs centaines de travailleurs agricoles touchés par un lymphome non hodgkinien (un cancer du sang). S’appuyant sur un avis rendu en mars 2015 par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), les plaignants attribuent leur maladie au contact prolongé avec l’herbicide commercialisé par Monsanto.

Connivences

Les précédentes archives déclassifiées dans le cadre de cette affaire ont notamment montré que Monsanto avait bénéficié de connivences au sein de l’Agence de protection de l’environnement (EPA), chargée aux Etats-Unis d’évaluer la sûreté du glyphosate (Le Monde daté du 17 mars).

Cette fois, les courriels mis au jour racontent une autre histoire.
En 1999, les cadres de Monsanto souhaitent faire appel aux services d’une autorité scientifique incontestable pour plaider la cause du glyphosate auprès des régulateurs européens. Tout l’enjeu est de les convaincre que le produit n’est pas génotoxique.

« Prenons un peu de recul et regardons ce que nous voulons vraiment faire, écrit un cadre de l’entreprise à ses collègues. Nous voulons trouver quelqu’un qui est familier du profil génotoxique du glyphosate/Roundup et qui peut avoir une influence sur les régulateurs, ou conduire des opérations de communication scientifique auprès du public, lorsque la question de la génotoxicité [du glyphosate] sera soulevée. »

Les messages échangés suggèrent qu’en interne, la crainte est forte que le glyphosate ne soit considéré comme génotoxique, c’est-à-dire nocif pour le matériel génétique et donc capable d’y induire des mutations susceptibles d’initier des cancers.

Un rapport jamais rendu public

La firme de Saint Louis jette son dévolu sur James Parry, alors professeur à l’université de Swansea (Pays de Galles), l’un des papes de la la génotoxicité – auteur de près de 300 publications. Mark Martens, alors directeur de la toxicologie de Monsanto pour l’Europe et l’Afrique, est chargé de cornaquer le savant britannique et le faire accoucher d’un rapport sur le sujet.

Hélas ! James Parry semble n’avoir pas saisi les règles tacites de l’exercice. Au lieu de défendre le glyphosate en mobilisant ses connaissances, il fait valoir de sérieuses inquiétudes. Le rapport qu’il remet à Monsanto ne sera jamais rendu public, ni transmis aux autorités de régulation.

Et pour cause : sur la base d’études alors récentes, écrit M. Parry, « je conclus que le glyphosate est un clastogène potentiel in vitro ». Une substance « clastogène » est un mutagène capable de casser l’ADN et d’induire des aberrations chromosomiques. Sur la foi d’observations menées sur des cellules sanguines (lymphocytes) bovines et humaines, James Parry ajoute que « cette activité clastogénique [du glyphosate] pourrait se produire in vivo dans les cellules », à l’exception des cellules germinales (spermatozoïdes et ovocytes).

James Parry précise que le mécanisme en jeu serait la capacité du glyphosate à induire un « stress oxydatif » sur les cellules – c’est précisément ce processus qui sera identifié par le Centre international de recherche sur le cancer, dans sa monographie de mars 2015. Une monographie que Monsanto qualifiera immédiatement, dans un communiqué, de « science pourrie »...

L’impact sanitaire des « surfactants »

Le rapport de Parry est fraîchement accueilli. Le 31 août 1999, un cadre de la firme écrit à ses interlocuteurs qu’il est « déçu » par le texte rendu et interroge : « A-t-il déjà travaillé pour l’industrie sur ce genre de projet ? » Le scientifique britannique suggère à Monsanto, dans son rapport, de conduire des tests spécifiques pour explorer plus avant le potentiel mutagène du glyphosate.

En septembre 1999, l’un des toxicologues de Monsanto écrit à ses collègues que « Parry n’est pas la personne qu’il nous faut et cela prendrait pas mal de temps, de dollars et d’études pour l’amener à l’être ». « Nous n’allons simplement pas conduire les études qu’il suggère, ajoute-t-il à l’adresse de Mark Martens, le cornac de James Parry. Mark, penses-tu que Parry peut devenir un avocat solide sans mener ces travaux ? Sinon, nous devrions commencer sérieusement à chercher une ou plusieurs autres personnalités avec qui travailler. »

L’intéressé ajoute, à propos de la génotoxicité possible du glyphosate : « Nous sommes actuellement très vulnérables. »

En interne, l’affaire crée des remous pendant plusieurs mois. Dans un courriel collectif envoyé en 2001 par une haute responsable de la firme, Mark Martens est stigmatisé : « Mark n’a pas bien géré cela et on en est presque arrivé à voir Parry déclarer le glyphosate génotoxique... »

Ce n’est pas tout. L’impact sanitaire des « surfactants » (ces produits ajoutés au glyphosate pour démultiplier son pouvoir herbicide) apparaît comme une autre épine dans le pied du géant de l’agrochimie. Selon les plaignants, leur présence augmenterait l’absorption du glyphosate par la peau, accroissant ainsi l’exposition des travailleurs agricoles au produit.

Monsanto conteste la classification de l’OMS

Interrogée le 11 janvier 2017 par les avocats des plaignants, Donna Farmer, l’une des toxicologues de Monsanto, assure « n’avoir aucune donnée certifiant » ce soupçon. Las ! Dans les documents déclassifiés, un rapport interne de 2001 et signé de scientifiques de la firme, liste six mécanismes par lesquels « les surfactants sont capables d’augmenter l’absorption du glyphosate par la peau ».

Interrogée par Le Monde, Monsanto rappelle que toutes les agences réglementaires considèrent le glyphosate comme sûr et conteste la classification de l’Organisation mondiale de la santé, qui l’estime mutagène et cancérogène probable pour l’homme.

Que pense M. Parry de l’affaire ?  Difficile de le savoir : il est décédé en 2010.

La firme de Saint Louis assure, elle, que le rapport du scientifique britannique ne faisait que « répondre à quelques études isolées », rudimentaires et irréalistes (injection directe de la substance, etc.). « Le Dr Parry a initialement cru que ces études montraient des effets génotoxiques possibles du Roundup et a suggéré à Monsanto de conduire plus d’analyses, par le biais d’études de génotoxicité », précise la société au Monde.

Celles-ci auraient été conduites et auraient finalement changé l’opinion de M. Parry. Pour en avoir le cœur net, les avocats des plaignants demandent donc l’accès à plus de documents internes, dont les correspondances entre M. Parry et son cornac. Les révélations des

« Monsanto Papers » ne font peut-être que commencer.

29/07/2016

Perturbateurs endocriniens : comment faire des profits à coup sûr ?

Ceux qui les fabriquent sont les mêmes que ceux qui produisent les médicaments qui essayent de soulager les malades.

lu sur :

La Commission européenne doit-elle revoir sa copie ? A la mi-juin, avec deux ans et demi de retard sur le calendrier réglementaire, l’exécutif européen proposait des critères définissant les perturbateurs endocriniens – ces polluants de l’environnement (pesticides, plastifiants, solvants, etc.) capables d’interférer avec le système hormonal et nocifs à faibles niveaux d’exposition. Dans un commentaire critique publié mercredi 27 juillet, l’Endocrine Society estime que les propositions de Bruxelles en la matière ne sont pas à même de protéger la santé publique.

Les termes utilisés par la société savante d’origine américaine, qui représente 18 000 chercheurs et cliniciens internationaux spécialistes du système hormonal, sont sans ambiguïté. Les critères proposés par Bruxelles ne respectent pas l’état de la science et exigent « un niveau de certitude scientifiquement presque inatteignable » pour classer une substance dans la catégorie des perturbateurs endocriniens. Ceux-ci sont présents à des degrés divers dans la chaîne alimentaire, de même que dans une grande variété de produits domestiques d’usage courant (contenants alimentaires, cosmétiques, retardateurs de flamme…).

« En dépit de l’état de la science, les critères proposés par la Commission européenne conduiraient à attendre jusqu’à être certain qu’un produit chimique est responsable d’effets délétères pour la santé humaine avant d’agir, détaille la société savante dans sa lettre. Du fait qu’il faut attendre plusieurs années ou générations avant que les dégâts d’un perturbateur endocrinien ne deviennent apparents, cette approche permettrait à des substances de synthèse de produire des dégâts substantiels sur les populations avant qu’elles soient régulées. »

« Un coût humain incalculable »

L’Endocrine Society souligne que plus de 1 300 études publiées dans la littérature scientifique font état de « liens entre l’exposition aux perturbateurs endocriniens et des maladies ou des troubles sérieux comme l’infertilité, le diabète, l’obésité, des cancers hormono-dépendants et des désordres neurologiques ». Les scientifiques rappellent que des études récentes suggèrent que les dégâts sanitaires dus à l’exposition de la population européenne à ces substances non encore régulées sont « de l’ordre de 163 milliards d’euros par an, en frais de santé et en perte de productivité économique ». « Le coût humain, lui, est incalculable », ajoute la société savante.

Avant d’être adoptés, les critères mis sur la table par Bruxelles devront être discutés par les Etats membres et passeront devant le Parlement européen. « La Commission prend note du commentaire de l’Endocrine Society et l’évaluera, de même que les commentaires reçus par les autres parties prenantes et les pays tiers, dans le contexte de l’Organisation mondiale du commerce », dit-on à Bruxelles.

Plusieurs Etats membres ont manifesté leur désaccord. En déplacement à l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail, Ségolène Royal a déclaré, jeudi 28 juillet, que la proposition de réglementation de Bruxelles était « extrêmement décevante ». La ministre française de l’environnement a ajouté avoir écrit, « avec [s]es homologues danois et suédois », à Jean-Claude Juncker, le président de l’exécutif européen, « pour défendre une position ambitieuse permettant notamment d’interdire l’utilisation de perturbateurs endocriniens dans les pesticides ».

Poursuivie en carence par plusieurs Etats membres, le Conseil et le Parlement européens, la Commission a été condamnée par la Cour de justice de l’Union européenne, en décembre 2015, pour avoir tardé à publier les fameux critères réglementaires.


image: http://s1.lemde.fr/image/2014/04/18/24x24/1100512061_4_69da_13978337662458-photo_c9ba65d8f20a753dc99c4985b470bd9d.jpg

Stéphane Foucart
Journaliste au Monde

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/planete/article/2016/07/29/polluants-chimiques-le-projet-de-reglementation-de-bruxelles-critique-par-les-scientifiques_4976260_3244.html#aHRxICMwsmHKiek0.99

26/01/2016

France : des liens entre l'État et l'industrie chimio-pharmaceutique ?

lu sur :


SANOFI, retirez du marché les médicaments contenant un additif cancérigène ...

https://www.change.org/.../sanofi-mme-la-ministre-de-la-santé-marisol-to...


L'azorubine est un colorant alimentaire rouge identifié sous le numéro E122. Il est utilisé dans de nombreux produits tels que les biscuits et la pâtisserie, les desserts instantanés, les entremets, les flans, la confiserie, les yaourts et dans les spiritueux, en cosmétique (savons liquides, gels douches, rouges à lèvres et shampooings), ET dans certains MEDICAMENTS pour les ENFANTS comme le DOLIPRANE PEDIATRIQUE.

On le trouve aussi nommé Brillant carmoisin O, Azorubine, Carmoisine, Azorubin S, Rouge Magenta, Acid Red 14, CI Food Red 3. Il est classé dans le groupe 3 au Centre International de Recherches sur le Cancer (CIRC) car il est présumé CANCERIGENE.

Les colorants pétrochimiques dont l'azorubine fait partie peuvent induire ou amplifier de l'hyperactivité chez l'enfant, l'effet peut être exacerbé avec des conservateurs comme les benzoates (c'est à dire les additifs de E210 à E215).

Plus rarement, un potentiel allergène, de l'urticaire, de l'asthme, divers troubles gastro-intestinaux ; attention aux intolérants aux salicylates et à la tartrazine.

Vraisemblablement neurotoxique, l'azorubine est légalement, mais discrètement, autorisée sous forme de laques d'aluminium.

Le E122 est actuellement interdit aux USA, en Autriche, en Norvège, en Suède au Canada et au Japon.
MAIS PAS EN FRANCE !!!

Listé comme probablement ou certainement CANCERIGENE par l'ARTAC (Association pour la Recherche Thérapeutique Anti-Cancéreuse).

Le parlement Européen a décidé qu'à partir du 10 juillet 2010 les produits alimentaires contenant de la carmoisine doivent mentionner sur l'étiquette "peut causer des troubles de l'attention et du comportement chez les enfants".

MAIS ce n'est pas SUFFISANT.

Nous exigeons, NOUS consommateurs, le retrait des produits contenant de l'azorubine et plus particulièrement du DOLIPRANE PEDIATRIQUE mis sur le marché par le laboratoire SANOFI, et que nous administrons à nos enfants, avec l'aval des professionnels de la santé, pour les soigner!!!

Comment le gouvernement peut il tolérer l'utilisation de l'azorubine?

Comment les laboratoires SANOFI peuvent ils impunément et légalement intoxiquer Nos ENFANTS ?!

Comment les médecins peuvent ils encore prescrire le DOLIPRANE PEDIATRIQUE sans être inquiétés?

Comment les pharmaciens peuvent ils accepter de nous vendre un produit présumé CANCERIGENE ?

COMMENT tout cela est ce possible en FRANCE ?

Cette pétition concerne LA SANTE PUBLIQUE et l'avenir de NOS ENFANTS !

24/03/2015

Médicaments et lobbying des industries pharmaceutiques

à lire sur MEDIAPART :

Les gendarmes du médicament faisaient affaire avec les labos

PAR MICHAËL HAJDENBERGPASCALE PASCARIELLO
 

La mise sur le marché de médicaments et leur remboursement, enjeux majeurs de santé publique, sont soumis à des commissions supposées indépendantes. Or, plusieurs mois d'enquête ont permis à Mediapart de découvrir que pendant des années, des membres éminents de ces commissions (dont un président) ont conseillé secrètement les laboratoires pharmaceutiques. L'affaire, au-delà des questions déontologiques et de conflits d'intérêts, interroge la probité du système sanitaire français.

03/12/2014

À propos de la grève des médecins généralistes et du lobby pharmaceutique

communiqué :

Vous êtes peut-être au courant de la grève des médecins libéraux prévue pour le 23 décembre, en signe de protestation (le mot est faible) contre une loi qui changerait assez radicalement nos conditions d'exercice.
Je tiens à vous transmettre le texte que je viens d'envoyer à quelques deux cents médecins ardéchois - représentants syndicaux compris - ainsi qu'à quelques amis non médecins, comme vous.
SI vous jugez intéressant de diffuser dans vos réseaux le point de vue du MG un peu atypique que je suis, ne vous gênez pas!
 
----------
 

Pourquoi je ferai grève (les syndicats désignent-ils nos véritables ennemis?)

Les recherches du Pr Séralini sur la toxicité des OGM l'ont amené à expérimenter toute la panoplie des outils de désinformation que les multinationales utilisent dans leur incessante course au profit, càd contre la Vie.
Formidable ce Séralini: clair, simple, précis et mesuré.
Mais ce qu'il raconte est sidérant.
Minutes 10.30 à 26.
 
 
Un peu plus loin, minute 37.15 jusqu'à 41, une révélation qui, en toute rigueur, suffirait à nous faire mettre à la poubelle l'ensemble de la production médicamenteuse des vingt dernières années - du moins depuis que le "Round Up" s'est répandu dans la chaine alimentaire. Tellement grave qu'il n'y a aucune chance qu'on en entende jamais parler dans nos médias spécialisés.
 
Ajoutez à ça la présence de nanoéléments, à peu près tous cancérogènes ou neurotoxiques (*), dans de nombreux médicaments et autres produits de soin sans aucune obligation d''information du médecin, et encore moins du patient, et vous vous dites que les multinationales sont vraiment en passe de réussir à faire, du noble métier qui est le nôtre, une maladie honteuse.
 
Nos syndicats nous exhortent à nous mobiliser contre les assauts des politiciens du moment; mais nous expliquent-ils quels intérêts ces larbins servent au bout du compte?
Ce qui va me faire bouger le 23 décembre, ce n'est pas tant la perspective d'une médecine aux ordres d'une administration, comme le martèle sans relâche Jacques Marty de l'UFLM, que la vision cauchemardesque de médecins soumis à des recommandations officielles dictées par l'industrie, et dont l'application sera contrôlée par ses alliés les assurances privées, qui entre-temps se seront substitués à la sécu dans la "relation tripartite", et invitées dans le "colloque singulier". 
Je suis encore libre de ne plus prescrire d'anticholinestérasiques ou de statines sans trop de conséquences disciplinaires ou pécuniaires à ce jour, et heureusement, car celui à partir duquel je ne pouvais plus ignorer que je risquais à chaque moment d'administrer du poison en guise de médicament est arrivé depuis longtemps (Rappelez vous Vioxx, et bien sûr Mediator); Eh bien le jour pourrait venir bientôt où je serai contraint de le faire. Contraint d'administrer à des humains du nanoargent ou des nanotubes de carbone; contraint de leur faire prendre des produits testés contre des rats-témoins préalablement empoisonnés.

Ce qui va me faire bouger le 23, ce n'est pas de ne plus pouvoir faire mon métier comme avant, ce n'est même pas de ne plus pouvoir l'exercer indépendamment. C'est la perspective de devoir demain, sciemment, le faire malhonnêtement.

Pierre Billon

---------

voir aussi :

Rofécoxib — Wikipédia

fr.wikipedia.org/wiki/Rofécoxib
Exemples de noms commerciaux : 
Vioxx®, Vioxx-Dolor®. Il a été retiré du marché en 2004 à cause de problèmes liés à un risque accru d'infarctus du myocarde ..

01/10/2014

Vaccin contre le papillomavirus : un intérêt plus que discutable

Personnellement, je ne ferai jamais vacciner mes enfants. Pour les raisons suivantes :

 

Le Gardasil (Merck & Co., 2006) est un vaccin contre les génotypes 6, 11, 16 et 18 du papillomavirus humain (HPV) (voir : Gardasil — Wikipédia  fr.wikipedia.org/wiki/Gardasil‎ )

 Le Cervarix (GlaxoSmithKline 2007) est un vaccin contre les génotypes 16 et 18 du papillomavirus humain (HPV) responsables de 70 % des cas de Cancer du col de l'utérus1. ( voir : Cervarix — Wikipédia fr.wikipedia.org/wiki/Cervarix ‎)

 

 Ces vaccins ne concernent que deux des papillomavirus impliqués dans les cancers sexuellement transmissibles. Or il y a en a plusieurs dizaines !

Le risque de la vaccination, outre les effets indésirables dûs à l'aluminium utilisé comme adjuvant (*) est de voir les personnes vaccinées rassurées quant à l'absence de danger ... alors qu'elles ne sont protégées que pour deux des principaux virus : l'HPV16 et l'HPV18, ces virus étant impliqués dans seulement 70% des cas de cancer (HPV6 et HPV11 ne sont pas impliqués dans des cancers).

Donc, contrairement à ce qu'on pourrait penser, les campagnes pour la vaccination risquent de provoquer une  augmentation des cas de cancers, et non l'inverse ! 

-----------------

à propos du vaccin, voir aussi le lien suivant: 

Cancer du col de l'utérus : une terrible menace

et sur ce blog, voir la note du 15/4/2014

Vaccin contre le papillomavirus, utile pour l'industrie, dangereux pour la société 

Papillomavirus : controverse sur un vaccin

LE MONDE SCIENCE ET TECHNO | 14.04.2014 à 15h37 • Mis à jour le 15.04.2014 à 14h12 |

Par Sandrine Cabut et Pascale Santi

Le Gardasil et le Cervarix, les deux vaccins destinés à protéger contre le cancer du col de l'utérus, sont de plus en plus contestés. Alors que le troisième plan Cancer, annoncé en février, prévoit de doubler d'ici à cinq ans la proportion de jeunes filles vaccinées – 30 % d’entre elles l’étaient fin 2012 –, les critiques fusent. Lancée par l'association Med’Océan, du docteur Philippe de Chazournes, généraliste à la Réunion, une pétition pour la mise en place d'une mission parlementaire a recueilli à ce jour plus de 1 000 signatures, dont celles de 630 médecins et 270 sages-femmes. Le député Gérard Bapt (PS, Haute-Garonne) a demandé à l'Agence nationale de sécurité sanitaire des médicaments (ANSM) des études indépendantes et plus de transparence. La députée européenne Michèle Rivasi a même réclamé un moratoire sur le Gardasil, le plus vendu. Depuis fin 2013, une dizaine de plaintes au pénal ont été déposées par des jeunes filles atteintes de troubles qu’elles attribuent aux injections. D'autres devraient suivre dans les semaines à venir. De leur côté, sept sociétés savantes, qui s'insurgent contre le « discrédit » jeté sur ces vaccins, ont signé un appel à contre-pétition paru dans le Quotidien du médecin jeudi 10 avril. Parmi elles, le Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF) et la Société française de pédiatrie (SFP).

Le Monde.fr a le plaisir de vous offrir la lecture de cet article habituellement réservé aux abonnés du Monde.fr. Profitez de tous les articles réservés du Monde.fr en vous abonnant à partir de 1€ / mois | Découvrez l'édition abonnés

A quoi servent ces vaccins ?

Deux types de vaccins contre les papillomavirus humains (HPV) sont disponibles en France. Le Gardasil est commercialisé depuis novembre 2006 par le laboratoire franco-américain Sanofi Pasteur MSD (Merck), avec 85 % de part de marché, et le Cervarix, du laboratoire britannique GlaxoSmithKline (GSK), depuis 2007. Les HPV sont des infections fréquentes transmises par contact sexuel qui disparaissent spontanément dans la majorité des cas. Treize types de HPV sont hautement cancérigènes, dont les sous-types HPV 16 et 18 – inclus dans les vaccins –, responsables de deux tiers des cancers du col de l'utérus induits par ces virus. Les HPV sont aussi associés à d'autres cancers (pénis, anus, larynx…). Avec 3 000 nouveaux cas estimés en 2012, et 1 100 décès, le cancer de l'utérus se situe au 11e rang des cancers chez les femmes en France. Il est en revanche beaucoup plus fréquent dans les pays en voie de développement, faute de dépistage par frottis. La vaccination HPV n'est pas obligatoire, mais recommandée chez les filles de 11 à 14 ans, l'âge ayant été abaissé à 11 ans en avril 2013 par le Haut Conseil de la santé publique (HCSP). Un rattrapage est préconisé pour les jeunes filles de 15 à 19 ans non encore vaccinées. Point essentiel, cette vaccination doit être réalisée avant toute relation sexuelle. Jusqu'ici en trois doses, le schéma vaccinal est en voie de simplification à deux doses, sur la base d'études scientifiques.

Ces vaccins ont-ils démontré leur efficacité ?

Jusqu'ici, il n'y a pas de preuve directe que cette vaccination permette d’éviter les cancers du col de l'utérus. Le docteur Soizic Courcier, directrice médicale et des affaires réglementaires chez GSK France explique que « dans les études cliniques, ce n’est pas le cancer du col qui a été choisi comme critère d’évaluation car la lésion cancéreuse nécessitant en général 10 à 15 ans pour se développer/proliférer après une infection persistante à HPV, cela rend quasiment impossible la réalisation d’une telle étude. » La démonstration, si elle peut être faite, prendra de toute façon des années. Pour certains, les données existantes sont cependant déjà suffisantes. « Mise en œuvre dans des conditions optimales, cette vaccination prévient l'infection à papillomavirus et ses conséquences avec une efficacité proche de 100 % et constitue ainsi une mesure de prévention primaire du cancer du col de l'utérus et des lésions précancéreuses », écrit le professeur Olivier Graesslin, secrétaire général du CNGOF, sur le site de cette société savante. « Le vaccin réduit de façon drastique les dysplasies, les lésions précancéreuses du col de l'utérus. En combinant des stratégies de dépistage et de vaccination, ces cancers sont à 98 % évitables », estime ce gynécologue-obstétricien au CHU de Reims, qui ne déclare pas de lien d'intérêt avec les laboratoires concernés.

Mais d’autres sont plus sceptiques. « Les vaccins anti-HPV n'ont pas prouvé leur efficacité, ils sont chers et ne dispensent pas de faire des frottis. De plus, il y a un doute sur leur innocuité. Si l'on doit faire des économies, autant dépenser l'argent de façon intéressante », estime Jean-Paul Hamon, président de la Fédération des médecins de France, signataire de la pétition. Pour ce généraliste, « la seule stratégie qui ait fait reculer le cancer du col de l'utérus, c'est le dépistage par frottis. C'est sur ce dépistage, auquel échappe presque une femme sur deux en France, qu'il faudrait faire porter les efforts »« II y a beaucoup d’inconnues et d’incertitudes sur l’efficacité de ces vaccins », confirme Alice Touzaa, gynécologue libérale à Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône), elle aussi signataire de la pétition, en rappelant que beaucoup de lésions précancéreuses du col utérin, même de haut grade, n’évoluent pas vers un cancer invasif. « Il existe des inconnues dans la modélisation du bénéfice, juge aussi le professeur Bernard Bégaud (département de pharmacologie médicale, Bordeaux). Par exemple, quelle est la probabilité que des souches de HPV non pathogènes et non incluses dans le vaccin deviennent cancérigènes ? Quelle est exactement la part attribuable des papillomavirus dans les cancers du col, et que sera-t-elle dans vingt ou trente ans ? » Des interrogations que ce spécialiste met en balance avec la relative rareté des cancers du col, leur évolution lente, et les possibilités de dépistage et de traitement précoces.

La question de la durée de la protection n’est pas non plus résolue. « Mon argumentaire n'est pas fondé sur les effets secondaires, mais sur son efficacité et son coût très élevé au regard de l'alternative du frottis, bien moins cher et de surcroît le seul moyen pour éviter le cancer de l'utérus », explique le docteur Philippe de Chazournes. « Dire que ce vaccin est inefficace est de la désinformation », souligne toutefois le professeur Floret. Selon lui, il est « clairement démontré que ça prévient des lésions précancéreuses ». Autre critique récurrente, le prix : 370 euros pour trois injections, remboursées à 65 %, contre 15 à 20 euros pour un frottis annuel. Ce coût élevé avait été signalé par le rapport de la Cour des comptes sur la politique vaccinale en France en 2012.

Quels sont les risques ?

Depuis leur mise sur le marché, le Gardasil et le Cervarix font l'objet d'un plan de gestion des risques (PGR) à l'échelle européenne et d'un suivi renforcé de pharmacovigilance au niveau national. Le dernier bilan, rendu public par l'ANSM jeudi 10 avril, n'est pas inquiétant selon l'agence. Les données concernent uniquement le Gardasil, dont les ventes sont 20 fois supérieures à celles du Cervarix. Depuis sa commercialisation en 2006 et jusqu'au 20 septembre 2013, 5,5 millions de doses de Gardasil ont été vendues en France. Pendant cette période, 2 092 notifications d'effets indésirables ont été recensées par le centre de pharmacovigilance de Bordeaux, qui assure ce suivi ; dont 503 considérés comme graves, soit 24 %, et 4 décès. Le rapport fait en particulier état de 127 maladies auto-immunes, dont 17 cas de sclérose en plaques (SEP). Le pourcentage d’effets indésirables graves est plus élevé qu’aux Etats-Unis (24 % versus 7,9 %), de même pour la proportion d’atteintes neurologiques.

Des chiffres a priori impressionnants, mais à interpréter avec précaution. « Ces événements ne sont pas forcément imputables au vaccin mais peuvent être observés chez des jeunes filles non vaccinées. Ces nouvelles données de surveillance ne remettent pas en cause le rapport bénéfice-risque de ce vaccin, commente le docteur Mahmoud Zureik, directeur de la stratégie de l'ANSM. A ce stade, les études publiées, robustes sur le plan méthodologique, ne mettent pas en évidence une fréquence plus élevée de maladies auto-immunes chez les filles vaccinées avec le Gardasil que chez celles qui ne l'ont pas été. Quant aux décès, dont le dernier remonte à plus de trois ans, la responsabilité du vaccin n'est pas établie. »

Le docteur Zureik précise toutefois que l'ANSM lance une nouvelle étude, à partir des bases de données de l'Assurance-maladie de ces trois dernières années, pour comparer l'occurrence des maladies auto-immunes et de SEP chez les jeunes filles vaccinées ou non. Les résultats devraient être disponibles d’ici la fin de l’année. « La première étude menée en France sur ce sujet ne montrait pas de sur-risque mais elle était préliminaire. Il faut la consolider, avec une méthodologie dans les règles de l’art », poursuit l’épidémiologiste.

Une démarche qu’approuve le professeur Jean-Marc Léger (neurologue, hôpital de la Pitié-Salpêtrière, Paris). « La question posée est celle d’un lien direct, de cause à effet, entre une vaccination et l’apparition de maladies auto-immunes, dont la SEP. Comme dans le cas du vaccin contre l’hépatite B, seules des études scientifiques indépendantes peuvent y répondre, explique-t-il. Les lanceurs d’alerte sont utiles, mais il faut rester prudent face à des cas individuels médiatisés et revenir à la science. »

Les plaintes ont-elles une chance d'aboutir ?

Les effets secondaires attribués aux vaccins suscitent en France des actions en justice. La première plainte au pénal a été déposée en novembre 2013 par maître Jean-Christophe Coubris, l'avocat de la famille de Marie-Océane Bourguignon, 18 ans, qui a développé une inflammation du système nerveux après une injection de Gardasil (Le Monde du 24 novembre 2013). Les experts de la commission de conciliation et d'indemnisation des accidents médicaux de Bordeaux avaient conclu à « une sclérose en plaques » et fait le « lien entre les deux injections de Gardasil et la survenue » de la maladie de l'adolescente. Jean-Christophe Coubris a reçu à ce jour une centaine de témoignages de victimes présumées. Parmi les pathologies les plus fréquemment évoquées figurent la SEP, le lupus, des inflammations du système nerveux central, etc. Vingt-cinq nouveaux dossiers devraient être déposés auprès du parquet du pôle de santé du tribunal de grande instance de Paris fin avril, contre Sanofi Pasteur MSD et l'agence du médicament (ANSM) pour « blessures involontaires, violation d'une obligation manifeste de sécurité et méconnaissance des principes de précaution et de prévention », précise Jean-Christophe Coubris.

Parallèlement, neuf autres victimes potentielles du Gardasil ont elles aussi déposé plainte contre X en décembre 2013 pour « atteinte involontaire à l’intégrité physique et tromperie aggravée » au tribunal de Bobigny (Seine-Saint-Denis). Ces jeunes femmes avaient en commun d'avoir contracté des maladies très invalidantes dans les semaines et les mois qui ont suivi la vaccination, souligne maître Camille Kouchner, leur conseil.

« Nous avons privilégié la plainte contre X car il y a beaucoup d’intervenants et il faut chercher la responsabilité de chacun. Je ne suis pas du tout dans une politique antivaccins, mon combat c'est le Gardasil », précise la fille de l'ancien ministre de la santé. Elle a reçu à ce jour une cinquantaine de demandes de dépôt de plainte et doit en déposer cinq à dix dans les semaines à venir au tribunal de Bobigny.

Faut-il vacciner ses enfants ?

Alors que la vaccination des jeunes filles fait débat, le fabricant du Gardasil défend depuis le début l'idée d'inclure les garçons, pour prévenir certains cancers masculins et pour diminuer la circulation des HPV. Pour l'instant, seuls les Etats-Unis recommandent de le faire« Il y a forte pression du laboratoire, mais un obstacle au niveau de l'Agence européenne du médicament [EMEA] car l'efficacité protectrice du vaccin n'est pas reconnue pour les cancers anaux, encore moins pour les cancers oropharyngés », explique Daniel Floret, sceptique sur une vaccination des garçons. Sanofi Pasteur MSD a déposé de nouvelles études à l'EMEA, qui devrait rendre une décision prochainement.

lire : Entre enjeux sanitaires et intérêts financiers

Lire aussi : L’aluminium sur la sellette

-----------------------

(*) savez-vous à quoi sert un adjuvant, comme l'aluminium, dans un vaccin ?  

Il sert simplement à augmenter la fabrication des anticorps par l'organisme sans augmenter la quantité d'antigènes dans le vaccin.

Rappelons une notion simple : en cas d'infection, nous fabriquons des anticorps contre les agents infectieux auxquels nous sommes exposés.  Plus nous sommes infectés, plus notre organisme réagit.

Dans un vaccin, ce qui coûte cher à fabriquer, ce sont les antigènes, c'est à dire les molécules présentes à la surface des agents infectieux provoquant la réaction immunitaire (la fabrication d'anticorps).

Ces antigènes peuvent être simplement des agents infectieux inactivés d'une façon ou d'une autre (la chaleur par exemple), ou des molécules présentes à la surface de ces "microbes" ou "virus". Leur fabrication, qui peut être compliquée, coûte cher.

Or il existe des produits chimiques pas chers, comme l'aluminium, qui permettent d'augmenter la réaction immunitaire : chez la personne vaccinée, la même quantité d'anticorps sera fabriquée avec moins d'antigènes si un adjuvant est utilisé. En d'autres termes, on peut produire des vaccins à moindre coût en utilisant un adjuvant. 

Résultat : les vaccins produits aujourd'hui contiennent plus d'adjuvants et moins d'antigènes que ceux produits autrefois -disons : depuis les années 60/70- simplement pour augmenter les bénéfices des industries produisant les vaccins sans (trop) changer la qualité du vaccin !

Tout est une question de rapport "bénéfice-risque" pour l'industrie, pas des personnes vaccinées, vous comprenez ?

Il ne faut pas être naïf !

Voir wikipedia :

l'adjuvant vaccinal ou « adjuvant d'immunité » renforce la réponse immunologique (induction et production d'anticorps ou cellules immunocompétentes) comme mis en œuvre pour un processus thérapeutique dans le cas des vaccins 

25/04/2014

Handicapés français, méfiez-vous d'ATOS !

lu sur :

www.lemonde.fr/europe/article/2014/04/25/au-royaume-uni...
 

LE MONDE | 25.04.2014 à 12h12 • Mis à jour le 25.04.2014 à 15h13 |

Par Eric Albert (Leicester, envoyé spécial)

Jayne Linney appelle ça « le syndrome de l'enveloppe marron ». Sévèrement handicapée après deux accidents de voiture, cette femme de 52 ans, rencontrée mi-avril, vit avec la peur de recevoir dans sa boîte aux lettres une convocation à une visite médicale pour évaluer son invalidité. « A chaque fois que j'entends le postier, j'ai une boule dans l'estomac. »

Sa crainte fait suite à l'expérience traumatisante qu'elle a vécue lors de ses dernières évaluations. En 2010, Jayne avait cessé de travailler, à contrecœur, mais sur ordre de son médecin. Les séquelles de ses accidents s'aggravaient, et, outre de sérieuses difficultés à marcher et un bras gauche partiellement paralysé, elle souffrait d'incontinence et de fibromyalgie, une maladie qui provoque des douleurs aiguës dans tout le corps.

« L'INFIRMIÈRE M'A HURLÉ DESSUS »

En 2012, elle a été convoquée à un examen médical par l'entreprise française Atos, qui réalise l'évaluation des handicaps pour le compte du gouvernement britannique. « Rien ne m'avait préparée à faire face à quelqu'un d'aussi ouvertement hostile. Un des exercices était de se mettre sur la pointe des pieds. J'en suis incapable, mais l'infirmière m'a hurlé dessus, m'accusant de ne pas faire d'efforts. » Résultat du test : zéro point, alors qu'il en faut quinze pour avoir droit à l'allocation handicapés. Jayne risquait de perdre sa seule source de revenu et elle a saisi la justice. Un tribunal lui a donné raison dix-huit mois plus tard. « Le juge a regardé mon dossier et m'a immédiatement interrogée sur mon incontinence, qui est un critère simple à évaluer. En trois minutes, il avait tranché en ma faveur. »

Ce n'était pourtant qu'un début. Deux mois après sa victoire judiciaire, Jayne a été convoquée pour un nouvel examen médical. Au total, elle a été testée à cinq reprises en trois ans par Atos. A une exception près, l'expérience a toujours été extrêmement désagréable. Si elle a finalement obtenu satisfaction, il lui a fallu se battre contre un système qu'elle juge organisé contre les handicapés.

Ce système a été mis au point par le gouvernement britannique, qui veut faire des économies en poussant les handicapés qui le peuvent à retourner travailler. Si l'objectif est sans doute louable, la méthode pour y parvenir est dénoncée : les tests sont rigides et des milliers de cas erronés ont été documentés.

UN HOMME DANS LE COMA JUGÉ APTE AU TRAVAIL

Parmi les personnes jugées aptes au travail se trouvaient un homme dans le coma, des personnes qui sont mortes peu après, d'autres encore qui étaient incapables de marcher plus de quelques dizaines de mètres sans reprendre leur souffle… Près de 40 % des personnes qui ont fait appel de la décision ont gagné face aux tribunaux.

Si la décision finale sur l'attribution des allocations sociales revient au gouvernement, les examens médicaux sont sous-traités à Atos, une entreprise dirigée par Thierry Breton, l'ancien ministre de l'économie.

Depuis, celle-ci est au cœur du scandale, accusée d'incompétence et d'insensibilité. Le 27 mars, elle a annoncé qu'elle renonçait au contrat, signé en 2005 et qui devait arriver à terme en août 2015. L'entreprise dit s'arrêter de son plein gré. Elle veut mettre un terme aux nombreuses insultes et menaces que reçoivent ses employés. Mais, surtout, l'entreprise française se retire afin de stopper l'hémorragie financière.

ATOS DIT N'AVOIR RÉALISÉ AUCUN PROFIT

Il y a deux ans, alors que le scandale commençait à prendre de l'ampleur, une évaluation écrite du handicap à remplir par le personnel médical a été ajoutée au test, qui ne comportait auparavant que des cases à cocher. Cela a apporté de la nuance dans l'appréciation du patient, mais cela a augmenté d'un tiers la durée du traitement de chaque dossier. Pour Atos, la rentabilité a chuté, passant dans le rouge.

« In fine, sur l'ensemble du contrat, depuis 2005, nous n'aurons réalisé aucun profit », explique Michel-Alain Proch, directeur financier d'Atos. Entre un contrat à perte et une image publique ternie, l'entreprise française a voulu couper court à la catastrophe.

« SI VOUS N'ÊTES PAS DANS UNE CHAISE ROULANTE... »

« Je ne crois pas qu'une seule personne handicapée sera triste de savoir qu'Atos ne gère plus ces évaluations », estime Richard Hawkes, directeur de Scope, une association d'aide aux handicapés. Il estime cependant que le départ de l'entreprise risque de ne pas changer grand-chose. Atos se contente d'appliquer les examens médicaux mis au point par le gouvernement britannique. Le questionnaire, peu flexible, a tendance à ne prendre en compte que les handicaps évidents, mettant en doute les symptômes moins visibles. « Si vous n'êtes pas dans une chaise roulante, on ne vous croit pas », témoigne Nicky Linney, la fille de Jayne, qui souffre également de fibromyalgie.

Mais les deux femmes estiment aussi qu'Atos n'a fait aucun effort pour rendre le processus supportable. Ensemble, elles ont créé une petite association pour soutenir les handicapés pendant leur évaluation médicale. Avec deux mots d'ordre : ne jamais se rendre seul aux tests, et toujours exiger leur enregistrement.

C'est ainsi que Kitt Boulton, atteinte d'encéphalopathie myalgique (fatigue chronique), a été accompagnée. « Pendant des années, j'ai été terrorisée à l'idée d'être convoquée pour ces examens. Quand j'ai reçu la lettre en novembre 2012, j'ai été prise de panique. » Elle a obtenu gain de cause, mais après une période extrêmement pénible. « Les règles ont été mises en place par le gouvernement, et c'est lui le principal responsable de la situation actuelle », estime-t-elle.

  • Eric Albert (Leicester, envoyé spécial) 
    Journaliste au Monde

25/02/2014

Informations médicales du jour : antibiorésistance, pesticides et bananeraies, IRM et médecine libérale

lu  dans la revue de presse de l'INSERM :

Que Choisir publie un dossier sur les antibiotiques et s’intéresse notamment au phénomène d’antibiorésistance, source d’inquiétude pour les autorités sanitaires.

Le magazine souligne que « la corrélation entre consommation d’antibiotiques et apparition de résistances est très forte ».

Le Pr Antoine Andremont, responsable du laboratoire de bactériologie de l’hôpital Bichat, à Paris, explique que « même des pathologies naguère banales, comme les infections urinaires, deviennent de plus en plus difficiles à traiter, car les bactéries qui les provoquent acquièrent petit à petit des résistances à de multiples familles d’antibiotiques ». 

Que Choisir, 01/03

Le Parisien indique que selon un rapport médical, mandaté par un collectif de médecins et réalisé par un laboratoire européen indépendant, l’Eceri, les produits répandus sur les bananeraies seraient dangereux pour la population.

Dominique Belpomme, le créateur de l’Eceri, souligne : « Six experts de plusieurs pays européens ont longuement étudié les produits en question. Pour trois d’entre eux, ils concluent à une toxicité grave et demandent un arrêt immédiat de leur utilisation ».

Le Parisien, 25/02

L’Humanité évoque un « nouveau scandale sanitaire » au Centre Hospitalier Universitaire de Strasbourg. 

Des personnes non hospitalisées, patients de médecins libéraux, passeraient, pour les examens par Imagerie par Résonance Magnétique (IRM), avant les urgences.

Or, explique le quotidien, « en cas d’AVC (Accident Vasculaire Cérébral), seule une prise en charge très rapide permet d’éviter de graves lésions ». Plusieurs patients ont porté plainte contre le CHU, une association de patients a été créée et une plainte au pénal a été déposée pour « négligence » et « mise en danger délibérée de la vie d’autrui ».

L’Humanité, 25/02

30/11/2013

L'industrie pharmaceutique et la recherche du profit

la santé passe après ...

les surlignages sont de moi

lu sur :

http://www.lemonde.fr/sciences/article/2013/11/25/medicaments-epidemie-de-penuries_3519997_1650684.html

Médicaments : les ruptures de stock se multiplient

LE MONDE SCIENCE ET TECHNO | 25.11.2013 à 17h01 • Mis à jour le 29.11.2013 à 09h17 |Chloé Hecketsweiler et Pascale Santi

Une patiente de l’hôpital Henri Mondor à Créteil avait démarré sa première cure de chimiothérapie avec du Caelyx. Mais en septembre 2011, cet anti-cancéreux (commercialisé par Janssen) connaît des difficultés d’approvisionnement à la suite de l’arrêt de la production sur l’unique site de fabrication de ce produit, aux Etats-Unis. Cette femme a pu bénéficier d’un traitement alternatif, mais beaucoup moins bien toléré au niveau cardiaque.

Une situation difficile à accepter pour le professeur Alain Astier, responsable du département pharmacie de l’hôpital et membre de l’Académie nationale de pharmacie. « Pendant plus d’un an, nous n’avons pas pu proposer de Caelyx à nos patients », regrette-t-il. Dans le même hôpital, une autre patiente, qui vient de recevoir une greffe de moelle osseuse, risque de décéder parce qu’il n’y a plus de Vistide, un antiviral indiqué pour prévenir le rejet, et qu’il n’existe aucun substitut.

Autant de cas qui montrent les problèmes posés par les ruptures de stock des médicaments rencontrés chaque jour. « Nous faisons de la substitution depuis cinquante ans, mais les ruptures de stock ne font qu’empirer, c’est exponentiel. Dans mon hôpital, de 150 à 200 médicaments sont régulièrement manquants, précise le professeur Astier. L’industrie pharmaceutique est de plus en plus dans une recherche effrénée du profit, ce qui la conduit à arrêter des médicaments qui ne sont plus rentables. Ce fut le cas, il y a trois ans, de la mexilétine de Boehringer-Ingelheim, un anti-arythmique. Or, les médicaments ne sont pas des produits comme les autres. »

Au 30 octobre, 200 dossiers de ruptures étaient répertoriés à l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM). C’est cinq fois plus qu’il y a cinq ans. Même lorsque le médicament est disponible, il peut y avoir des ruptures d’approvisionnement, c’est-à-dire une pénurie de plus de soixante-douze heures dans une pharmacie. Dans les officines, « nous avons comptabilisé 539 médicaments manquants sur le seul mois de septembre », constate ainsi Isabelle Adenot, présidente de l’ordre des pharmaciens, au vu d’une expérience pilote menée dans 200 officines.

SITUATIONS HAUTEMENT PROBLÉMATIQUES

« Depuis 2006, les professionnels de la santé constatent une hausse importante du nombre de ruptures d’approvisionnement, ce qui conduit à des situations hautement problématiques, d’autant plus quand le produit de remplacement est également en rupture ou le devient rapidement », constatait déjà fin 2012 le conseil de l’ordre des pharmaciens.

Les difficultés industrielles sont à l’origine de 38 % des cas, selon l’ANSM. « La mondialisation et la complexité croissante des circuits de fabrication sont un élément de fragilité important », souligne François Bruneaux, directeur adjoint de la surveillance à l’ANSM. Pour des raisons économiques, le principe actif est ainsi très fréquemment produit en Inde ou en Chine : 60 % à 80 % des principes actifs sont aujourd’hui fabriqués hors d’Europe, contre 20 % il y a trente ans. Le médicament brut est ensuite expédié en Europe ou aux Etats-Unis, où les laboratoires finalisent la formulation. L’optimisation des sites de production est aussi un facteur de risques. « Pour rentabiliser leurs sites, les industriels doivent faire tourner leurs usines à 70 % ou 80 % de leur capacité, ce qui leur laisse peu de marge pour s’adapter en cas d’augmentation brutale de la demande », ajoute François Bruneaux.

L’étape suivante – la fabrication de comprimés avec différents dosages par exemple – peut être localisée ailleurs, de même que le conditionnement et la « customisation », en fonction des normes de chaque pays (le vignetage est ainsi une particularité française). Au final, le médicament aura parcouru des milliers de kilomètres avant d’arriver à l’officine ou à l’hôpital. Et le moindre grain de sable dans l’un de ces multiples rouages suffit pour bloquer toute la chaîne d’approvisionnement.

Le Levothyrox, prescrit dans le traitement de l’hypothyroïdie (3 millions de personnes touchées en France), en offre un exemple. Ce médicament, produit par le laboratoire allemand Merck Serono, détient plus de 90 % du marché, et tout changement de traitement pour les patients est délicat. Problème : cet été, son unique usine de conditionnement rencontre des problèmes et les stocks français s’épuisent vite, provoquant alors la panique des associations de patients. L’ANSM doit autoriser en urgence l’importation d’un équivalent italien, l’Eutirox.

DISPARITION DU SAVOIR-FAIRE

« Depuis, nous avons demandé à Merck Serono de renforcer le nombre de sites de conditionnement pour éviter que cela ne se reproduise », révèle François Bruneaux. Selon lui, l’augmentation des problèmes est aussi liée aux changements de mains fréquents des usines et des autorisations de mise sur le marché (AMM). « Le vendeur donne la recette du médicament qu’il vend ou le mode d’emploi de son usine, mais c’est loin d’être une garantie de succès si le savoir-faire a disparu », insiste François Bruneaux.

Autre illustration récente, les autorités sanitaires ont lancé à nouveau l’alerte avec la Digoxine Nativelle injectable. L’AMM de ce médicament, prescrit aux insuffisants cardiaques, a été acquise par le laboratoire italien Teofarma, qui rencontre, depuis, des difficultés de production. Le médicament est en rupture de stock et les hôpitaux vivent sur leurs très faibles réserves en attendant de nouveaux lots qui ne devraient pas arriver avant… avril. La situation est problématique pour les patients, car les cardiologues considèrent qu’il n’existe pas de réelle alternative.

Autre source importante de ruptures : les difficultés d’approvisionnement en matière première, qui représentent 15 % des cas. La protamine de Sanofi illustre bien cet aléa. Seul antidote commercialisé en France de l’héparine (une substance utilisée pour empêcher la coagulation du sang pendant des opérations chirurgicales), il est produit à partir d’extraits de saumons pêchés au large du Japon. Mais à la suite de la catastrophe nucléaire de Fukushima, l’autorité de santé européenne a demandé au laboratoire de changer de zone de pêche pour ne pas prendre le moindre risque de contamination. Une opération qui prend du temps et qui a conduit Sanofi à importer en France une spécialité comparable, commercialisée au Royaume-Uni. Pour pallier les situations les plus critiques, l’ANSM a ainsi accordé, depuis octobre 2012, 200 autorisations d’importations dérogatoires.

PAS DE SUBSTITUTS

Les défauts de qualité des produits finis ou des matières premières sont un autre aléa (respectivement 9 % et 5 % des ruptures, mais plus de 2 000 signalements par an), de même que les arrêts de commercialisation décidés par les laboratoires (9 %). C’est le cas par exemple de la netromicine, un antibiotique injectable fabriqué par le laboratoire américain MSD (Merck). Fabriqué dans l’usine d’Hérouville-Saint-Clair (Calvados), c’est un produit très ancien, mais pour lequel aucun générique n’est encore autorisé en France.

La France est loin d’être le seul pays concerné. Alors que le marché mondial des médicaments progresse en moyenne de 5 %, la production peine à suivre, provoquant des tensions d’approvisionnement un peu partout dans le monde. Une enquête présentée au congrès de la Société américaine d’oncologie clinique (ASCO), et réalisée auprès de 250 oncologistes et hématologistes, a par exemple montré que 80 % des médecins traitant des cancers ont dû faire face à des pénuries entre mars et septembre 2012. « Dans tous les cas, on essaie de trouver des alternatives, mais elles ne sont pas forcément satisfaisantes et elles n’ont pas été évaluées », explique le professeur Astier. Ces ruptures peuvent être une vraie perte de chances pour les patients : médicament moins efficace, report d’une intervention chirurgicale, toxicité plus importante, etc. Avec des cas de conscience pour les médecins qui doivent choisir les patients « qui en ont le plus besoin ».

« La réglementation sécurise la qualité du produit, mais pas l’approvisionnement », soupire François Bruneaux. Alors que le phénomène est d’ampleur mondiale, les autorités européennes réfléchissent à la mise en place d’une réglementation. En France, le ministère de la santé a créé un groupe de travail pour veiller au respect du décret du 28 septembre 2012, qui oblige les exploitants à avertir l’ANSM de tout retard. L’objectif est de prévenir et de gérer la pénurie de produits indispensables, en sécurisant davantage l’approvisionnement, dit-on au ministère.

Mais, à court terme, peu de solutions évidentes existent. L’idée de rapatrier certaines matières premières stratégiques en France ou même en Europe, soutenue par l’Académie de pharmacie, paraît peu réaliste compte tenu de l’ampleur des délocalisations déjà effectuées. L’une des pistes du ministère de la santé réside dans la mise en place de freins à l’exportation inappropriée de médicaments indispensables.

Lire aussi : Pénurie de médicaments : trois cas problématiques

Pénurie de médicaments _ trois cas problématiques.pdf



23/05/2013

Le procès Eternit dans l'affaire de l'amiante

les surlignages sont de moi

lu sur :

http://www.lepoint.fr/societe/amiante-enfin-l-espoir-d-un-proces-23-05-2013-1671329_23.php

Amiante, enfin l'espoir d'un procès

Publié le 23 mai 2013 à 09h25

 Par et Elsa Mari

Il y aura donc bien un procès Eternit dans l'affaire de l'amiante. La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris a en effet confirmé, ce matin, les mises en examen de la société en tant que personne morale, de son patriarche Joseph Cuvelier, héritier de la dynastie de l'amiante-ciment et de trois de ses anciens responsables. C'est surtout un camouflet pour l'autre chambre de l'instruction, présidée par la juge Martine Bernard, qui les avait annulées le 16 décembre 2011 et dont l'arrêt avait été cassé six mois plus tard, la Cour de cassation les renvoyant alors devant une chambre nouvellement composée. Cette décision de la cour d'appel démontre combien les autres annulations décidées par la précédente chambre ne sont que temporaires, notamment celle, la semaine dernière, des neuf mises en examen dans le dossier de l'usine de Condé-sur-Noireau (Calvados) dont Martine Aubry.

 
 

Avec Eternit, on est au coeur de la longue saga de l'amiante. La société, fondée en 1922, exploite l'invention d'un ingénieur autrichien, Ludwig Hatschek, et les formidables qualités de cette fibre minérale. Il s'agit de la mélanger avec du ciment pour créer de multiples produits de construction (tuiles, tuyaux, bardages). Dans le mot Eternit, il y a bien sûr éternité et la promesse de produits qui dureront toute une vie. Celle des ouvriers de cette industrie rapidement florissante est, elle, tragiquement écourtée tant ils sont exposés aux fibres minuscules qui pénètrent leurs poumons et leur enveloppe, la plèvre. À partir des années 1970, au fur et à mesure des révélations scientifiques sur ses aspects cancérogènes, l'amiante n'a plus bonne presse et Eternit, rejoint par l'autre grand du secteur, Saint-Gobain, sera l'un des principaux bailleurs de fonds des différents lobbys, dont le fameux Comité permanent amiante (CPA). Celui-ci est chargé d'oeuvrer afin de retarder toute réglementation, notamment européenne, susceptible d'aboutir à un bannissement du "magic mineral".

Des ouvriers protégés "de manière très précaire pendant des décennies "

"Je suis sincèrement désolé pour les victimes atteintes et décédées de maladie", avait déclaré Joseph Cuvelier, alors âgé de 73 ans, à la juge Marie-Odile Bertella-Geffroy, lors de sa mise en examen pour homicide involontaire en novembre 2009 concernant la période allant de 1971 à 1994. Mais les gendarmes chargés de l'enquête, au terme des nombreuses auditions d'anciens travailleurs de l'usine la plus touchée, celle de Thiant (Nord), constateront combien la protection des ouvriers "s'est faite de manière très précaire pendant des décennies". En 1995, quand le scandale éclate, l'usine détient le record de France des maladies professionnelles indemnisées (278 cas) et les inspecteurs du ministère du Travail qui se rendent alors sur place notent : "Les installations sont poussiéreuses, les dispositifs de protection sont incomplets, souvent mal conçus, généralement mal entretenus. (...) L'entreprise ne recherche pas vraiment l'exposition minimum du personnel aux poussières d'amiante."

Le combat de Joseph Cuvelier est ailleurs. Il l'expose ainsi dans un discours martial révélé par l'instruction et prononcé peu de temps avant que le scandale ne soit révélé. "La vigueur du combat que nous poursuivons en ce moment même contre les tentatives de bannissement de l'amiante dans le marché commun (il s'agit de l'Europe, NDLR) est exemplaire. (...) Il ne s'agit pas de préserver le marché, mais l'avenir industriel de tous. Il s'agit de se battre, de se battre... sans concession." Il y souligne également ce que tous les responsables politiques mis en cause veulent oublier aujourd'hui : "Le gouvernement français, quelle que soit sa tendance politique, a toujours soutenu nos initiatives, notre dossier industriel, y compris dans le cadre des négociations internationales dures et difficiles." Ce sera une réussite puisqu'en 1995 la France est devenue la patrie du "magic mineral" : elle en est le premier importateur en Europe et le troisième au monde. On apprend, un an plus tard, par une étude de l'Inserm que 100 000 Français mourront d'ici à 2025 pour avoir été exposés dans les usines, mais surtout à l'extérieur, principalement dans les métiers du bâtiment et dans des dizaines d'autres professions. Le 1er janvier 1997, l'amiante est interdit en France. 

17/05/2013

Remplacer les antibiotiques par des bactériophages

lu sur :

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/165013f6-be2e-11e2-aa53-2cc488d43b96

Le retour des virus guérisseurs
Remèdes d’avant-guerre, les bactériophages pourraient prendre le relais des antibiotiques. Une grande étude clinique va démarrer prochainement à Lausanne


médecine vendredi17 mai 2013
 

Le retour des virus guérisseurs

Par Julie Conti
La phagothérapie pourrait prendre le relais des antibiotiques contre les infections bactériennes Remèdes d’avant-guerre, les bactériophages pourraient prendre le relais des antibiotiques. Une grande étude clinique va démarrer prochainement à Lausanne

Caroline Lemaire, Française de 41 ans, souffrait d’une infection résistante aux antibiotiques au pied droit et attendait son amputation. Elle avait même déjà tenu sa prothèse entre ses mains. Mais le recours aux bactériophages, pourtant illégal dans l’hexagone, l’a sauvé. C’était il y a cinq ans. Quelques récits de guérison miraculeuse comme celui-ci ont été rapportés dans les médias français ces derniers mois. Anecdotes ou avènement d’une thérapie miracle?

Les virus bactériophages étaient utilisés pour lutter contre les infections bactériennes dans les années 1930, avant la découverte des antibiotiques. Ils sont depuis tombés en désuétude, sauf en Géorgie et dans d’autres pays d’Europe de l’Est où leur usage est resté relativement courant. Le principe est simple: il existe à l’état naturel des virus qui s’attaquent aux bactéries. Il suffit pour soigner un patient de les sélectionner et de les lui faire absorber – par application locale ou inhalation, par exemple.

A l’heure où les infections résistantes aux antibiotiques deviennent un problème de santé publique majeur et où les firmes pharmaceutiques peinent à mettre au point de nouveaux types de médicaments bactéricides, cette thérapie connaît un regain d’enthousiasme au sein du corps médical. Mais son retour se heurte à plusieurs obstacles.

Chaque phage s’attaque à une espèce de bactérie bien précise. Dans les ex-pays de l’Est, les médecins prélèvent donc un échantillon de l’agent ayant causé l’infection et sélectionnent en laboratoire les virus les plus efficaces contre lui. La méthode entraîne un délai de quarante-huit heures; long et peu pratique. D’autre part, il est difficile de breveter un virus. Donc pas d’autorisation de mise sur le marché possible et pas d’espoir de profits pour les sociétés pharmaceutiques. Pour remédier à ces inconvénients, une poignée de start-up a commencé à plancher sur des cocktails de phages valables contre un type de bactérie. C’est un tel traitement qui sera utilisé, lors de l’un des premiers grands essais cliniques de l’ère moderne de l’utilisation des phages, qui doit débuter prochainement à Lausanne, en France et en Belgique.

Le Service de santé des armées françaises coordonne, en partenariat avec le Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV) et l’Université de Lausanne (UNIL), un projet d’essai clinique. Objectif: évaluer l’utilisation des bactériophages pour le traitement des infections sévères à Pseudomonas aeruginosa et Escherichia coli chez les brûlés, dans le cadre de l’appel d’offres de la Commission européenne «Médicaments et vaccins pour les infections, qui ont développé ou risquent de développer une résistance antimicrobienne significative».

«Mes collègues des soins intensifs sont enthousiastes, dit Yok-Ai Que, médecin associé au Service de médecine intensive du CHUV. Nous concentrons dans notre service la plupart des infections les plus sévères et nous sommes régulièrement confrontés à l’échec de la stratégie des antibiotiques. C’est donc chez nous que les attentes sont les plus grandes. Les thérapies centrées sur l’hôte infecté et son système immunitaire ont montré leurs limites, et la médecine revient à des traitements ciblés sur la communauté des bactéries.»

Même si la phagothérapie est ancienne et que quelques cas de guérison semblent spectaculaires, ses bénéfices et ses éventuels effets secondaires doivent être évalués selon des critères modernes. Par la suite, des cocktails de phages pourraient être créés pour de nombreuses souches de bactéries, comme le pneumocoque. Les victimes d’infections nosocomiales et les patients atteints de mucoviscidose – une maladie qui s’accompagne souvent d’infections chroniques – peuvent notamment espérer profiter de la phagothérapie. Une étude publiée en 2009 dans Clinical Otolaryngology a été menée à Londres sur 24 patients infectés par la bactérie Pseudomonas aeruginosa, une des plus difficiles à traiter. Les patients traités avec les phages ont vu leur état s’améliorer deux fois plus que ceux qui n’ont reçu qu’un placebo.

Les agents anti-infectieux comme les antibiotiques ne sont pas très rentables pour les firmes pharmaceutiques, car ils doivent être consommés durant une période de temps limitée, contrairement à des médicaments contre le diabète ou l’hypertension par exemple. Et dans le cas d’un nouveau type de traitement comme les phages, les études doivent être d’autant plus importantes et chères. D’où l’importance de trouver des financements publics comme ceux de la Commission européenne.

Le Service de santé des armées français coordonne l’essai clinique sur Pseudomonas aeruginosa et Escherichia coli pour pouvoir soigner les brûlures infectées de ses soldats. Aux Etats-Unis, c’est dans l’espoir de trouver un remède à l’anthrax que l’armée s’est intéressée à la phagothérapie. La DTRA, une agence du Département américain de la défense chargé de protéger les Etats-Unis contre les armes de destruction massive, notamment biologiques, a donné en 2007 près d’un million de dollars à l’institut Eliava, le principal centre de phagothérapie en Géorgie. Enfin, différents cocktails de phages ont déjà été homologués par les autorités sanitaires européennes ou américaines pour servir d’additif dans l’agroalimentaire et lutter contre les Listeria (Listex) ou les salmonelles (SalmoFresh).

Si la méthode paraît simple a priori, il ne suffit pas de ramasser un verre d’eau sale pour faire de la phagothérapie. Pour garantir une certaine efficacité, séquencer le génome des virus et les sélectionner est indispensable. «Parfois, le matériel génétique des phages s’intègre au chromosome de la bactérie qu’ils infectent, celle-ci ne mourant alors pas. Or c’est ce qu’on veut éviter, explique Grégory Resch, chercheur à l’UNIL et spécialiste de la biologie des phages. On sélectionne des phages dits lytiques, qui se reproduisent dans la bactérie et tuent cette dernière, mais sans que leur matériel génétique ne se mélange avec elle.»

Les start-up actives dans ce domaine doivent surtout parvenir à développer en quantité industrielle des cocktails de virus standardisés, tout en respectant les bonnes pratiques de laboratoires. De plus, il s’agit également, avant une utilisation massive de la phagothérapie, de mener d’autres études sur les animaux et les humains.

Ainsi, selon Olivier Borens, médecin chef de l’unité de chirurgie septique au CHUV, l’efficacité de la phagothérapie est encore loin d’être prouvée. «J’ai récemment assisté à la présentation d’une équipe turque qui a mené des tests sur des tibias de rats pour traiter l’ostéite chronique, mais les résultats n’étaient pas très convaincants», dit-il. Si, théoriquement, l’idée lui semble intéressante, le praticien évoque plusieurs facteurs qui peuvent empêcher les phages de s’attaquer aux germes. «Comme on ne sait pas combien de temps les antibiotiques vont encore être efficaces contre les microbes, il est utile de chercher des alternatives, poursuit-il. Mais l’utilisation de phages est encore une technique thérapeutique assez marginale.»

Comme pour les antibiotiques, les bactéries peuvent devenir résistantes aux phages. Mais les virus présentent un avantage: ils évoluent eux aussi. «Les phages sont très efficaces, dit le professeur Jacques Schrenzel, responsable du laboratoire de bactériologie des Hôpitaux universitaires de Genève. Dans certains cas, ils pourraient se révéler plus utiles que les antibiotiques, par exemple dans des infections des os et des tissus mous. Mais cette efficacité peut aussi représenter un danger, car si beaucoup de bactéries sont détruites d’un coup sous l’action des phages, elles libèrent des composés qui peuvent eux-mêmes être dangereux pour l’organisme. Aujour­d’hui, on a connaissance de cas isolés de guérison et des résultats intéressants en recherche fondamentale. La technique semble avoir du potentiel, mais nous avons besoin de partenaires industriels et surtout d’essais cliniques pour savoir comment l’utiliser précisément.»

13/07/2012

Vaccin H1N1 et risque neurologique

lu sur : http://dircom.inserm.fr/synthesedepresse/page/2/

Un léger risque neurologique avec le vaccin H1N1


Une étude, réalisée par Philippe de Vals de l’université de Laval (Québec) et publiée dans le Journal of the American Medical Association (JAMA), révèle que le vaccin H1N1 « augmente très légèrement le risque de syndrome de Guillain-Barré, une infection neurologique rare et réversible en général », indique Le Figaro.

Ce syndrome se caractérise par « une atteinte des nerfs périphériques qui débute par une paralysie des membres inférieurs », ajoute le quotidien. 10% des malades gardent des séquelles motrices et 5% décèdent.

Selon les chercheurs, « (…) Le nombre de cas attribuables à la vaccination est de l’ordre de 2 cas par million de personnes vaccinées ».

Cependant, ils estiment que le rapport bénéfice/risque du vaccin H1N1 demeure favorable, compte tenu du risque de complications plus élevé liées à l’infection par le virus de la grippe.

Le Figaro rend également compte d’une étude danoise, publiée dans le JAMA, comparant 660 enfants nés d’une mère ayant ou non reçu le vaccin H1N1. Le Dr Pasternak et ses collègues (Copenhague) concluent que l’étude « n’a pas montré de relation significative entre l’exposition au vaccin H1N1 avec adjuvant pendant la grossesse et le risque de complications pour le fœtus (…) ».

(Le Figaro, 11/07)

20/03/2012

Pour la suppression du secteur privé à l'hôpital public

lu sur :

http://www.liberation.fr/societe/01012396964-l-appel-des-medecins-aux-candidats-a-la-presidentielle

L'appel des médecins hospitaliers aux candidats à la présidentielle

SOCIÉTÉ Aujourd'hui à 6h11

«Nous demandons la fin du secteur privé», écrivent près de 200 grands médecins hospitaliers. Ils signent un manifeste prônant la fin des activités libérales dans les hôpitaux. 

«Nous, médecins des hôpitaux, déplorons les dérives de l'exercice privé à l'hôpital public. Ces dérives sont régulièrement dénoncées mais de fait tolérées et par la communauté médicale incapable d'imposer le respect des règles éthiques et par l'administration et le pouvoir politique incapables de faire respecter la loi. Certes seuls 1864 sur les 45.000 médecins hospitaliers ont une activité privée avec dépassements d'honoraires. Et les abus voire les fraudes rapportés ne concernent qu'une petite minorité d'entre eux. Cependant, la tolérance actuelle de ces dérives est interprétée par la population comme une complicité C'est pourquoi nous demandons au gouvernement d'examiner  avec les professionnels les conditions pour que soit mis fin à l'exercice privé au sein  de l'hôpital public, comme cela était originellement prévu par la loi Debré de 1958 ayant institué le plein temps hospitalier.

Cette suppression de l'activité privée devrait être accompagnée, selon nous, de mesures  visant  à répondre aux raisons qui ont expliqué son maintien :

1) Limitation des dépassements d'honoraires en ville.  Revalorisation des tarifs remboursés par la Sécurité sociale. Création d'une assurance publique de responsabilité civile  professionnelle. Ces mesures visent à assurer un équilibre des revenus entre la ville et l'hôpital tout en prenant en compte la qualification, la pénibilité, les responsabilités et les charges financières distinctes.

2) Inclusion dans le calcul des retraites des médecins hospitaliers, des diverses indemnités.

Il conviendra donc de définir une période transitoire où les nouvelles règles s'appliqueront aux nouvelles générations médicales et coexisteront avec les règles antérieures mises en extinction.

En attendant, la loi actuelle doit être appliquée. L'activité privée ne doit pas dépasser 20% de l'activité des médecins et ne doit pas se faire au détriment des missions de l'hôpital public.  Cela doit également être le cas pour  toute autre activité privée professionnelle rémunérée (notamment par l'industrie pharmaceutique ou pour des expertises.) Dans un soucis de transparence nécessaire au contrôle du respect de la loi, nous proposons que l'ensemble de ces honoraires soit versé à la caisse de l'hôpital ou de l'université qui, après avoir prélevé une redevance, reversera la part due aux praticiens.»

---------------------

sur le même sujet :

http://www.lemonde.fr/sante/article/2012/03/20/des-medecins-pour-la-suppression-du-secteur-prive-a-l-hopital-public_1672798_1651302.html

Des médecins pour la suppression du secteur privé à l'hôpital public

http://www.lemonde.fr/societe/article/2011/05/17/developpement-excessif-des-honoraires-libres-chez-les-medecins-specialistes_1523151_3224.html

Certains médecins des hôpitaux publics ont une activité privée à l'intérieur de l'hôpital public et imposent des dépassements d'honoraires.

extraits :

... Lire : "Développement excessif'" des honoraires libres chez les médecins spécialistes ...

..." En février, 60Millions de Consommateurspubliait une enquête sur les dépassements d'honoraires à l'hôpital public,"des prix allant jusqu'à douze fois le tarif de l'Assurance maladie ont été relevés dans certains hôpitaux", révélait l'institut national de laconsommation. La pose d'une prothèse de hanche, dont le prix coté par l'Assurance maladie s'élève à 460 euros peut être facturée 5 000 euros dans un hôpital parisien selon cetteenquête

Fin janvier, la Caisse nationale d'assurance-maladie avait annoncéqu'elle avait lancé l'instruction de deux cent cinquante dossiers de médecins"susceptibles d'être déférés devant le Conseil de l'ordre"pour des pratiques tarifaires abusives."

lire aussi :

19/03/2012

La RGPP : bilan

à lire sur MEDIAPART :

La Une
Joigny, «ville-martyre» de la RGPP, se cherche un avenir
PAR MATHIEU MAGNAUDEIX

C'est une des villes de France les plus touchées par la restructuration des services publics, la fameuse RGPP. En quelques années, Joigny, 10 000 habitants dans l'Yonne, a vu partir l'armée et ses deux tribunaux après la chirurgie et la maternité. Près de 500 emplois auraient disparu. La crise aussi a fait des ravages. Joigny tente de rebondir. Avec les moyens du bord.

Lire la suite

Réforme de l'Etat: préparé en catimini, l'acte II doit attaquer «l'os»
PAR LUCIE DELAPORTE

Alors que la Révision générale des politiques publiques (la RGPP et son fameux non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux) n'a pas empêché l'explosion du déficit public, certains à Bercy planchent sur une étape nettement plus radicale de la modernisation de l'Etat. En toute discrétion, conformément à la méthode suivie depuis cinq ans.

Lire la suite

Le conflit d'intérêts se loge au cœur de la réforme de l'Etat
PAR LUCIE DELAPORTE

À Bercy, les responsables du pilotage de la RGPP (réforme de l'Etat) sont en grande majorité issus de cabinets de conseils privés. Or ces cabinets sont aussi les premiers prestataires de l'État pour mener à bien la réforme. Un conflit d'intérêts patent qui n'a que peu mobilisé la Commission de déontologie. La RGPP ou le mélange des genres : c'est le deuxième volet de notre enquête.

Lire la suite

Réforme de l'Etat: «On n’est pas chez Toyota»
PAR LUCIE DELAPORTE

La Révision générale des politiques publiques, qui a entraîné la suppression de 150.000 postes de fonctionnaires en cinq ans, s’est appuyé sur une nouvelle méthode de management issue de l’industrie automobile japonaise. Enquête sur la fonction publique à l’heure du “lean (amaigrissement) management”: c'est le troisième volet de notre plongée dans la réforme de l'Etat.

Lire la suite

Réforme de l'Etat: un bilan financier totalement surévalué
PAR LUCIE DELAPORTE

La Révision générale des politiques publiques a provoqué des chocs violents dans la fonction publique. A-t-elle permis des économies et allégé le budget de l'Etat ? Oui, affirme le gouvernement, qui parle de 15 milliards d'euros d'économies ! Non, répondent des hauts fonctionnaires, qui évoquent le chiffre de zéro... Le détail des économies en trompe-l'œil : c'est le quatrième volet de notre plongée dans la réforme de l'Etat.

Lire la suite

30/08/2011

Le boom des bactéries résistantes aux antibiotiques

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2011/08/30/le-boom-des-bacteries-resistantes-aux-antibiotiques_1565575_3244.html

Le boom des bactéries résistantes aux antibiotiques

LEMONDE.FR | 30.08.11 | 19h46   •  Mis à jour le 30.08.11 | 20h16

Les cinq patients décédés en juillet à l'hôpital de Massy (Essonne) ne sont pas morts de la bactérie "tueuse", tel que l'avançait Le Parisien ce mardi 30 août, mais "de la pathologie dont ils souffraient", a rectifié l'INVS (Institut national de veille sanitaire). Une chose, toutefois, reste vraie : la bactérie klebsiella pneumoniae, désignée à tort comme coupable, était bien présente chez dix-huit patients de cet hôpital. Assez courante dans nos tubes digestifs, la klebsiella n'est pas forcément pathogène, et résidait d'ailleurs chez ces patients sans leur causer de maladie. Mais cette souche en question, importée de Grèce, avait une particularité qui a pu inquiéter les médecins : elle est résistante à la plupart des antibiotiques à disposition.

Ce phénomène de résistance préoccupe de plus en plus le monde de la santé. Car la klebsiella est loin d'être la seule à échapper aux traitements. Début août, des scientifiques de l'INRA (Institut national de la recherche agronomique), de l'INVS et de l'Institut Pasteur alertaient sur l'émergence "soudaine et préoccupante d'une salmonelle" – bactérie représentant "une des premières causes d'infections alimentaires chez l'homme (...) devenue résistante à presque tous les antibiotiques". Dans ce cas, le berceau de ces modifications génétiques pourrait être l'Egypte, probablement à cause de l'usage massif d'antibiotiques dans l'aquaculture puis dans l'élevage de volailles, "grandes consommatrices de fluoroquinolones". La bactérie, dont certaines souches résistent déjà à toutes les classes d'antibiotiques, semble s'implanter en Europe.

En juin dernier, c'est la fameuse E. Coli, qui a fait 76 morts en Europe. Elle avait comme particularité, outre sa virulence, d'être très résistante aux médicaments. Le phénomène touche d'autres colibacilles, des bactéries très communes qui peuplent par millions les tubes digestifs des hommes et des animaux. Certaines ont aujourd'hui la capacité de résister à quasiment tout l'arsenal thérapeutique, laissant les médecins désarmés.

UNE UTILISATION "DÉBRIDÉE"

Les professionnels de la santé ne cachent pas leur inquiétude, comme en témoigne un manifeste de l'Alliance francophone contre le développement des bactéries multi-résistantes. Le groupe évoque le chiffre, sous-estimé selon lui, de 25 000 décès par an en Europe causés par ces micro-organismes tenaces. "Après plusieurs décennies d'une utilisation souvent débridée des antibiotiques, nous entrons dans une période de risque et de pénurie, avec l'apparition de bactéries extrêmement résistantes à ces médicaments, voire à tous les antibiotiques, alors que très peu de nouveaux produits sont attendus dans les dix prochaines années", constate ce document.

Le coordinateur de l'Alliance, Jean Carlet, met en cause un mauvais usage des antibiotiques. Et en premier lieu, leur surconsommation. Chez l'homme, "peut-être la moitié des antibiotiques prescrits le sont alors qu'il ne s'agit pas de bactéries, mais de maladies virales ou autres, pour lesquelles ces traitements n'ont pas lieu d'être", déplore le médecin. Autre utilisation nuisible : un dosage trop faible qui ne tue pas toute la population bactérienne, laissant les micro-organismes les plus résistants survivre et se multiplier. C'est de cette façon, parallèlement aux mutations, que les bactéries développent des capacités de résistance.

TROP D'ANTIBIOTIQUES TUENT L'ANTIBIOTIQUE

En France, cette consommation d'antibiotiques a été pointée par l'Afssaps (Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé) en juin : l'Hexagone est "nettement au-dessus de la moyenne européenne dans ce domaine". Et les Français se remettent à consommer davantage de ces médicaments depuis 2005, malgré une tendance globale à la baisse par rapport aux années 1990.

Et il n'y a pas que chez les humains que l'on se gave d'antibiotiques : Jean Carlet évoque leur usage massif dans l'élevage où ils servaient même, à petite dose, de stimulateurs de croissance jusqu'à ce que cette pratique soit interdite en France il y a quelques années. Elle reste en vigueur dans d'autres pays comme les Etats-Unis, laissant libre cours aux évolutions des bactéries puis à leurs éventuelles migrations. Dans l'agriculture enfin, les antibiotiques utilisés pour soigner les plantes s'infiltrent dans la terre.

En cause également, le manque d'innovation dans ce domaine : si les bactéries sont de plus en plus résistantes, c'est qu'elles ont le temps d'évoluer face à des produits qui, eux, ne changent pas ou peu. Du coup, les solutions de rechange sont également réduites pour remplacer un produit devenu obsolète. "En pratique, les médecins sont déjà confrontés à des infections susceptibles de menacer le pronostic vital des patients par manque d'antibiotiques efficaces", souligne l'Afssaps.

DIVERSIFIER LES THÉRAPEUTIQUES

Pour Jean Carlet, "il faut donc créer de nouveaux antibiotiques, dans l'immédiat, pour sortir de cette impasse." Dans la revue Nature, Martin Blaser, président du département de médecine de l'université de New York, préconise quant à lui de réduire fortement leur usage pour les enfants et les femmes enceintes. En effet, réduire la consommation de ces médicaments et rationnaliser leur usage freinerait la capacité de résistance des bactéries.

Mais à long terme, les antibiotiques seront toujours rattrapés par l'adaptation, inévitable, de ces organismes vivants. Par conséquent, pourquoi ne pas s'intéresser à d'autres solutions ? Jean Carlet évoque, en première ligne, la vaccination. Mais pas seulement : "On peut aussi regarder du côté de certaines plantes, qui ont des effets antibactériens assez puissants, ou encore de certains virus bactériophages." Bref, il s'agit de diversifier les thérapeutiques, face à des antibiotiques qui ont représenté, en France, un chiffre d'affaires de 852 millions d'euros en 2009, selon l'Afssaps.

Angela Bolis

17/03/2011

Baisse des postes dans les hôpitaux 10 000 postes de moins en raison de la RGPP

à lu sur :

http://www.lemonde.fr/teaser/?url_zop=http%3a%2f%2fabonnes.lemonde.fr%2fsociete%2farticle%2f2011%2f03%2f16%2fbaisse-d-une-ampleur-inedite-des-postes-dans-les-hopitaux_1493865_3224.html

Baisse d'une ampleur inédite des postes dans les hôpitaux

LE MONDE | 16 mars 2011 | Laetitia Clavreul | 161 mots

Selon des chiffres ministériels, révélés mardi 15 mars par "Le Quotidien du médecin", la baisse des effectifs dans les hôpitaux, hors médecins, s'est élevée à près de 10 000 postes en 2009, ce qui ramène le total à 753 000.

----------

L’hôpital public rattrapé par la RGPP (*) - 10 000 postes à la trappe en 2009

(*) RGPP: 

Révision générale des politiques publiques -www.rgpp.modernisation ...

http://www.lequotidiendumedecin.fr/actualite/hopital/10-000-postes-la-trappe-en-2009

 Les dernières statistiques du gouvernement montrent que les hôpitaux publics ont, médecins mis à part, perdu 1,29 % de leurs personnels en 2009, soit précisément 9 800 postes. Pour la FHF, les effectifs fondront ... de l’hôpital public (MCO, Psy et SSR) ont fondu de 9 800 postes cette année-là. Une date rupture (voir ... 15/03/2011 

27/01/2011

Les dangers du tabagisme passif épinglés dans une étude

lu sur :

http://dircom.inserm.fr/synthesedepresse/

Les dangers du tabagisme passif épinglés dans une étude

Une analyse inédite conduite par une équipe d'épidémiologistes internationaux avance que le tabagisme passif causerait la mort de 600.000 personnes par an au niveau mondial. Selon ces travaux, près de 40% des enfants, et respectivement 35% et 33% des femmes et hommes non fumeurs seraient exposés au tabac involontairement. L'exposition à la fumée de cigarette multiplie par 1,2 à 1,5 le risque de contracter un cancer du poumon, contre un multiplicateur de 20 pour un fumeur actif, explique Annie Sasco, directrice de recherche à l'Inserm. L'accroissement des risques « dépend aussi des régions, car les types d'exposition, les habitudes de vie, l'alimentation ne sont pas partout identique », poursuit-elle.
Monde [Le], 27/01/2011

La sarkosine, spécifique de cancers agressifs

lu sur :

http://www.lemonde.fr/depeches/2011/01/27/des-chiens-au-secours-de-la-detection-du-cancer-de-la-prostate_3244_108_44269589.html

Des chiens au secours de la détection du cancer de la prostate
AFP | 27.01.11 | 06h50

Le flair des chiens, largement utilisé pour détecter explosifs ou stupéfiants, pourrait venir au secours de la recherche dans un tout autre univers: le cancer de la prostate.

Il ne s'agit pas de se servir de chiens pour faire du dépistage devant une rangée d'échantillons d'urine, mais de mettre au point, grâce à l'extrême sensibilité de leur odorat, un simple test urinaire pour déceler précocement les cancers les plus agressifs.

"Un berger malinois, formé par l'armée de l'air française, est déjà capable de renifler le cancer de la prostate. Un deuxième chien est en formation. Ce sont les premiers chiens formés en France pour détecter des cancers", dit à l'AFP le professeur Olivier Cussenot, urologue-cancérologue (hôpital Tenon, Paris) à l'origine de l'initiative.

C'est la première fois en Europe qu'un chien est utilisé dans la détection du cancer de la prostate, selon ce spécialiste. Une expérience, citée au détour d'un article médical, a eu lieu aux Etats-Unis mais les détails n'ont pas été publiés.

Et la démonstration montre une "spécificité et sensibilité de 91%" de l'odorat canin, selon des résultats publiés récemment dans la revue spécialisée European Urology, dont il est cosignataire.

"Nous avons été surpris des performances des chiens, aucun test n'atteint de telles performances", ajoute le spécialiste.

Si l'exploitation de leur flair pour détecter l'odeur du cancer peut paraître surprenante, la médecine s'y intéresse depuis longtemps.

En 1989, la revue médicale The Lancet rapportait des cas de chiens flairant une lésion cancéreuse de la peau, le mélanome. D'autres observations de chiens détecteurs de cancers notamment du poumon par le biais de l'haleine, ou encore de cancer de la vessie en flairant l'odeur des urines ont été rapportés dans la littérature médicale.

Or, il existe des molécules volatiles liées au cancer de la prostate, comme par exemple, la sarkosine, spécifique de cancers agressifs.

"Nous essayons de reconstituer les combinaisons de molécules détectées par le chien et qui sont des signatures du cancer", poursuit le cancérologue.

Pour trouver la composition du "parfum" de cancer, son équipe travaille avec Christophe Junot, chercheur du Commissariat à l'énergie atomique (CEA). Les chercheurs font des essais en mettant des molécules intéressantes dans de l'eau, puis donnent le tout à sentir au chien pour voir s'il réagit jusqu'à obtenir la bonne composition.

Avec 71.500 nouveaux cas et 8.790 décès en 2010, selon les estimations de l'INCa (institut du cancer), cette recherche sur le cancer de la protaste représente un enjeu de santé publique.

Le dépistage systématique que certains urologues conseillent aux hommes entre 5O et 75 ans fait l'objet de controverses, à cause d'un test contesté. Ce test PSA est un dosage sanguin d'une substance naturellement secrétée par cette glande, l'antigène spécifique prostatique (PSA).

"Le test PSA n'est pas idéal" pour le dépistage, convient le Pr Cussenot. "80% des hommes testés positifs n'ont pas de cancer, mais une inflammation ou une hypertrophie (gonflement) de la prostate. Inversement avec ce test, il y a 10% de faux négatifs (des cancers qui lui échappent)", résume-t-il. Le diagnostic n'est assuré qu'après biopsie.

Il relève aussi la présence de foyers microscopiques de cancer de la prostate, qu'un homme a 50% de risque d'avoir au cours de sa vie, mais dont le risque d'en mourir est de moins de 1% et celui d'en souffrir de l'ordre de 5%.

D'où l'importance d'avoir des méthodes de détection des cancers agressifs, ceux qui sont à risque d'évolution rapide pour ne pas "surtraiter" les autres.

BC/jca/bg/dro/mpd

--------------------

sur le même sujet, lu sur :

http://www.defense.gouv.fr/sante/actualites/depistage-du-cancer-de-la-prostate-les-veterinaires-en-soutien

Dépistage du cancer de la prostate : les vétérinaires en soutien

Mise à jour : 15/04/2011 15:16

Depuis 2007, le service de santé des armées (SSA) participe à un projet de dépistage du cancer de la prostate initié par le professeur Olivier Cussenot, urologue à l’hôpital Tenon à Paris. Originalité de cette étude médicale, elle reçoit le soutien des vétérinaires du SSA.

En 2007, le professeur Olivier Cussenot, qui souhaite étudier de nouvelles méthodes de détection des cancers de la prostate, demande au ministre de la défense la possibilité de mise à disposition d’une équipe cynophile, introuvable dans le milieu hospitalier ou de la recherche médicale. L’idée : l’odeur des urines pourrait être témoin de la présence du cancer. La littérature scientifique faisait alors état d’essais concluants de détection olfactive des cancers de la peau et du poumon menés avec des chiens. La sensibilité olfactive de l’animal, inégalée par des nez électroniques, apparaît indispensable.

Le vétérinaire en chef des services Philippe Ulmer, alors référent vétérinaire pour le commandement des forces de protection et de sécurité de l’armée de l’air, défend le projet. Après accord de l’état major de l’armée de l’air, un berger malinois de la base aérienne 123 d’Orléans-Bricy, appelé Aspirant, est dressé pour cette étude. La vétérinaire principale (VEP) Caroline Girardet, praticien confirmé du SSA, affectée au secteur vétérinaire de l’Ecole militaire à Paris, est désignée pour être l’interface technique entre le personnel cynotechnicien de l’armée de l’air et l’équipe du professeur Cussenot.

La mission de la VEP Girardet est d’une part de garantir la sécurité d’Aspirant et de ses maîtres vis-à-vis des maladies nosocomiales et celle des intervenants éventuels de l’hôpital Tenon dans le chenil militaire. D’autre part, elle veille au respect du protocole défini pour l’étude et transmet les données à Tenon.

Les résultats obtenus jusqu’à présent montrent que la détection par l’odorat canin du cancer de la prostate sur des échantillons d’urines est supérieure au hasard. Au cours d’une épreuve de validation, en 2009, le chien a classé correctement 63 échantillons sur les 66 testés (3 faux positifs).

Il s’agit maintenant d’identifier, toujours à l’aide du chien, la molécule odorante spécifique du processus tumoral. Des travaux sont en cours pour la caractérisation de cette signature moléculaire odorante du cancer, qui pourrait à l’avenir être utilisable grâce à la conception de nez électroniques ou de dosage dans l’urine.

En octobre 2011, le VEP Caroline Girardet présentera cette étude au congrès mondial vétérinaire en Afrique du Sud.

16/11/2010

Informations médicales

lu sur :

http://dircom.inserm.fr/synthesedepresse/

Mardi 16 novembre 2010

Le Mediator, responsable d’au moins 500 décès

Antidiabétique et coupe-faim des laboratoires Servier, le Mediator aurait causé le décès d'au moins 500 patients depuis 1976, et serait responsable de 3 500 hospitalisations, lit-on dans Le Figaro qui précise que ces chiffres proviennent d'une étude présentée hier par l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé  (Afssaps) lors d'une réunion extraordinaire. Les Etats-Unis, depuis 1997 et l'Italie, en 2005, avaient interdit la commercialisation du Mediator,  précise  Aujourd'hui en France. Dans Libération, le député PS Gérard Bapt, rapporteur de la mission santé de l'Assemblée nationale, évoque une "affaire gravissime" qui "met en cause gravement le laboratoire Servier mais aussi l'Afssaps".
.
Aujourd'hui en France , 16/11/2010 - Libération , 16/11/2010 - Figaro [Le] , 16/11/2010

L’implication des traitements médicamenteux dans les accidents la route

Ludivine Orriols (Inserm) a mené une étude sur la responsabilité des médicaments dans les accidents de la route, tous véhicules confondus. Sur 72 685 cas recensés entre 2005 et 2008, les traitements pharmaceutiques seraient à l'origine de 3,3 % des accidents, soit par leurs effets secondaires (antiépileptiques ou psycholeptiques), soit en raison de leurs effets directs (benzodiazépines, hypnotiques). Les pictogrammes d'avertissement imprimés sur les boîtes ne semblent pas avoir eu de vertus dissuasives rapporte l'AFP .

Agence France Presse_ , 15/11/2010,France Soir, 15/11/2010, Libération, 16/11/2010

06/12/2009

Nutrition et santé, on recherche des « nutrinautes

lu sur :

http://www.univers-nature.com/inf/inf_actualite1.cgi?id=4012

.

03-12-2009

L’influence du mode de vie et des habitudes alimentaires sur l’émergence de fléaux propres aux pays industrialisés que sont les cancers, les maladies cardiovasculaires, l’obésité, le diabète de type 2, l’hypertension artérielle, ne fait plus mystère. Toutefois, les risques réels attribuables à tel ou tel régime alimentaire restent encore flous.
Pour y remédier, l’Unité de Recherche en Epidémiologie Nutritionnelle (UREN), dirigée par le professeur Serge Hercberg, a lancé le 11 mai 2009 l’étude NutriNet-Santé. Financée notamment par le ministère de la santé (1), cette enquête dite de « cohorte », c’est-à-dire portant sur un groupe de sujets suivis pendant plusieurs années, fait appel à la bonne volonté d’internautes afin de récolter des informations sur leur comportement alimentaire et leur état de santé. Pour participer à l’opération, les volontaires doivent s’inscrire sur le site dédié (2) et remplir cinq questionnaires relatifs aux spécificités sociodémographiques, à l’état de santé, aux mesures anthropométriques (poids, taille…), à l’activité physique quotidienne et aux habitudes alimentaires de chacun. Une fois cette démarche initiale effectuée, les participants recevront chaque mois un mail d’information sur l’avancement de l’étude ainsi qu’un questionnaire complémentaire à retourner. Durant l’étude, d’une durée minimale de cinq ans, les membres de NutriNet-Santé devront chaque année se prêter à nouveau à l’étape des cinq questionnaires de base.

L’objectif de cette vaste campagne est de permettre l’identification de facteurs de risques ou de protection liés à la nutrition, en établissant des corrélations entre l’état de santé des individus et leur comportement alimentaire, leur âge, leur sexe, leurs conditions socio-économiques, leur lieu de résidence, leurs activités physiques… Mais cette enquête se présente surtout comme l’étape préliminaire et indispensable à la formulation de recommandations, susceptibles de faire reculer des maladies devenues des problèmes majeurs de santé publique.

Le 10 novembre 2009, soit six mois après le lancement de l’étude, 101 518 personnes s’étaient déjà inscrites à l’étude, dont 75 % de femmes et 43,6 % de personnes âgées de plus de 45 ans. Toutefois, pour que l’enquête soit significative, les chercheurs comptent sur l’adhésion de 500 000 « nutrinautes ». L’appel lancé concerne toute personne âgée de 18 ans et plus, habitant en France métropolitaine et dans les départements d’Outre-mer. La participation se faisant exclusivement via Internet, l’accès au web s’avère également indispensable. Un accès personnalisé et sécurisé assure aux participants la confidentialité des données fournies et leur permet de suivre pas à pas les avancées de l’étude.

Cécile Cassier

1- L’étude bénéficie du financement de nombreux organismes, à savoir le ministère de la santé, l’Institut National de prévention et d’éducation pour la santé, l’Institut de veille sanitaire, l’Université de Paris 13, l’Institut national de la santé et de la recherche médicale, l’INRA, le Conservatoire national des Arts et Métiers et la Fondation pour la Recherche Médicale.
2- Le site est accessible à l’adresse suivante : www.etude-nutrinet-sante.fr

29/04/2009

L'information médicale est-elle transparente ?

lu sur : http://www.lemonde.fr/archives/article/2009/04/27/les-liens-entre-medecins-et-laboratoires-de-nouveau-sur-la-sellette_1185984_0.html

Les liens entre médecins et laboratoires de nouveau sur la sellette
LE MONDE | 27.04.09 | 15h00 • Mis à jour le 28.04.09 | 10h13

L'information médicale est-elle transparente ?
Non, répondent sans détour le collectif Formindep (Pour une formation et une information médicales indépendantes) et l'association de consommateurs UFC-Que choisir. Selon eux, la loi qui oblige les professionnels de santé à déclarer leurs éventuels conflits d'intérêts avec les firmes pharmaceutiques lorsqu'ils s'expriment publiquement sur un produit de santé, "n'est pas respectée".

C'est pourquoi l'UFC-Que choisir a annoncé, lundi 27 avril, qu'elle portait plainte contre neuf médecins pour non-respect de l'article L.4113-13 du code de santé publique. "Nous avons, symboliquement, choisi des leaders d'opinion pour susciter un électrochoc, mais il ne s'agit que des arbres qui cachent la forêt", explique Christophe Leguehennec, chargé de mission santé à l'UFC.

Ces plaintes ont pour origine l'enquête menée en avril 2008 par le Formindep. Durant un mois, ce collectif de professionnels de santé a observé les prises de position de plus de 150 médecins dans les médias et les congrès. Résultat : alors qu'aucun d'entre eux n'avait déclaré de liens d'intérêts, en réalité près d'une soixantaine en avait.

Le collectif a écrit aux conseils départementaux de l'ordre des médecins, chargé du respect de la loi et du contrôle des conventions passées entre les médecins et les laboratoires pharmaceutiques. "A de rares exceptions près, c'est l'opacité générale", constate le docteur Philippe Foucras, responsable du Formindep. "Nous n'avons pas à répondre à vos questions extrêmement pernicieuses", a fait valoir le secrétaire général du conseil de l'ordre de Paris.

Son homologue du Pas-de-Calais confirme que son instance est bien "garante des contrats et conventions signés entre un médecin et l'industrie" mais, ajoute-t-il, "les formations médicales continues ne pourraient pas, dans la plupart des cas, être réalisées sans le support de l'industrie pharmaceutique".

D'autres ont rétorqué que "les documents contractuels en notre possession sont et doivent demeurer confidentiels". Finalement, "c'est suite à nos propres recherches que nous avons découvert des liens, souvent majeurs, entre certains médecins et l'industrie pharmaceutique", explique le docteur Foucras.

Directs ou indirects, durables ou ponctuels, ces liens d'intérêts peuvent recouvrir des fonctions rémunérées de consultant, de conseil, des participations à des essais cliniques, des rapports d'expertise, des conférences, des actions de formation, etc. Les médecins mis en cause sont essentiellement des spécialistes (gynécologue, cardiologue, diabétologue, professeur de nutrition, etc.) à qui il est reproché de mettre en avant certains traitements sans préciser les liens qu'ils ont avec les laboratoires qui les commercialisent. "Tous les médecins qui ont un certain renom ont peu ou prou des liens avec l'industrie pharmaceutique et tous les congrès médicaux ainsi que la formation continue vivent en partie grâce aux laboratoires", justifie le docteur Henri Rozenbaum, président de l'Association française pour l'étude de la ménopause (AFEM), l'un des neuf médecins visés par une plainte. "Une plainte ? Vous me l'apprenez. En 2008, j'avais un lien avec un seul labo ; je n'en ai plus aucun à l'heure actuelle et je ne crois pas avoir enfreint la loi", souligne-t-il.

"Savoir qui parle, pouvoir distinguer la communication de l'information, n'est pas un point de détail ; c'est la qualité des soins mais aussi les répercussions sur les prescriptions et leur coût pour l'assurance-maladie qui sont en jeu", considère l'UFC-Que choisir. L'association réclame la création "d'une base de données publique recensant les déclarations d'intérêts des médecins".

Dans son rapport de 2007 consacré à l'information des médecins généralistes sur le médicament, l'Inspection générale des affaires sociales (IGAS) pointait du doigt "les conflits d'intérêts omniprésents" et "la nécessité d'appliquer de manière rigoureuse la loi relative aux conventions et aux liens unissant les professionnels de santé aux entreprises".

Sandrine Blanchard

La communication médicale encadrée :

La loi du 4 mars 2002 relative aux droits des malades et à la qualité du système de santé encadre la communication médicale.

L'article L4113-13 du code de la santé publique prévoit ainsi que : "Les membres des professions médicales qui ont des liens avec des entreprises et établissements produisant ou exploitant des produits de santé ou des organismes de conseil intervenant sur ces produits sont tenus de les faire connaître au public lorsqu'ils s'expriment lors d'une manifestation publique ou dans la presse écrite ou audiovisuelle sur de tels produits. Les manquements aux règles sont punis de sanctions prononcées par l'ordre professionnel compétent."

Il a toutefois fallu attendre le 25 mars 2007 pour que le décret d'application de la loi soit publié.

Article paru dans l'édition du 28.04.09

24/11/2008

La reproduction humaine est menacée par la chimie

De belles paroles ... et les ACTES ?

lu sur lemonde.fr :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2008/11/24/la-reproduction-humaine-est-menacee-par-la-chimie_1122150_3244.html

La reproduction humaine est menacée par la chimie
LE MONDE | 24.11.08 | 11h03 • Mis à jour le 24.11.08 | 11h05

Le nombre et la qualité des spermatozoïdes ont diminué d'environ 50 % par rapport à 1950. L'incidence du cancer des testicules a doublé au cours des trente dernières années. Le nombre de malformations génitales masculines est en hausse : la fréquence de la cryptorchidie (interruption de la migration d'un testicule vers les bourses) a été multipliée par 1,5 en vingt ans. Au premier rang des accusés figurent des substances chimiques : les perturbateurs endocriniens.

Les ministères de l'écologie et la santé, l'Institut de recherche en santé publique (Iresp) et l'Agence française de sécurité sanitaire de l'environnement et du travail (Afsset) organisent le colloque "Environnement chimique, reproduction et développement de l'enfant", mardi 25 novembre à Paris. Président de l'Iresp, Alfred Spira est responsable scientifique de ce colloque, dans lequel interviennent Bernard Jégou, président du conseil scientifique de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), et Pierre Jouannet (université Paris-V). Tous trois travaillent depuis quinze ans sur les troubles de la fertilité liés aux polluants.

Les politiques se préoccupent des effets néfastes de l'environnement sur la fertilité. Comment expliquez-vous cette mobilisation ?

Pierre Jouannet. Les politiques bougent parce qu'il existe une demande sociale importante. Les données scientifiques s'accumulent depuis quinze ans. L'épidémiologie comme les travaux chez l'animal et quelques études dans l'espèce humaine montrent que la période du développement embryonnaire précoce peut être fortement affectée par la nutrition de la mère. Cela a des conséquences sur le développement du fœtus, son poids à la naissance et sa santé ultérieure.

Bernard Jégou. L'affaire du Distilbène, cette hormone de synthèse commercialisée entre 1950 et 1977 pour prévenir des fausses couches, qui s'est révélée nocive pour les enfants exposés in utero, a montré qu'il faut maintenir la vigilance à travers les générations. Ce ne sont pas seulement les individus qui sont touchés mais aussi la qualité de leur descendance, déjà menacée par l'explosion des allergies, du diabète.

Alfred Spira. Les risques pour la santé liés aux modifications de l'environnement constituent d'abord un réel problème pour une petite partie de la population générale, exposée professionnellement à des doses élevées. Mais au XXIe siècle, le principal tueur restera le tabac et ses 10millions de morts par an dans le monde. A côté, les risques liés aux perturbateurs endocriniens apparaissent très faibles, mais sont perçus de manière amplifiée car ils touchent à des aspects "sensibles" : la fertilité, les organes génitaux masculins.

De quelles données dispose-t-on sur les risques liés aux produits utilisés pendant la grossesse ?

P. J. L'interprétation des données expérimentales et épidémiologiques est compliquée en raison de l'exposition à des produits multiples à faible dose dont les effets peuvent se renforcer mutuellement. L'exposition de rates à des hormones antiandrogènes à différentes périodes de leur grossesse a entraîné des malformations génitales ou des anomalies de la prostate chez les fœtus mâles. Nous savons depuis l'affaire de la thalidomide – un médicament qui s'est révélé néfaste pour le fœtus –, que la grossesse est une période sensible.

A. S. Une chercheuse américaine a établi une corrélation entre la quantité de viande de bœuf mangée par la mère pendant la grossesse et la qualité des spermatozoïdes du fils, mais corrélation ne veut pas nécessairement dire causalité.

B. J. La viande produite aux Etats-Unis, d'Argentine, de Nouvelle-Zélande notamment, contient des hormones… A. S. Quant au lait bio, il ne contient peut-être pas de pesticides, mais il renferme des œstrogènes, ceux-ci étant dénaturés par les pesticides dans le lait pasteurisé.

Quels sont les effets des phtalates et bisphénol A sur la reproduction et le développement du fœtus ?

B. J. Ces plastifiants s'opposent à l'action des hormones masculines, les androgènes. Les phtalates sont employés comme lubrifiants dans le PVC et se retrouvent dans de nombreux objets de consommation courante : cosmétiques et emballages pour la nourriture. Ce sont des antiandrogènes. Le bisphénol A est un œstrogène de synthèse qui n'a pas été utilisé comme tel car le même chimiste a mis au point un œstrogène plus puissant, le Distilbène…

Le bisphénol A est utilisé pour fabriquer des biberons, des bouteilles en plastique et d'autres produits courants. Ana Soto a montré chez la souris des images analogues à une cancérisation après exposition de la glande mammaire à du bisphénol A. Ces résultats sont discutés. Ces perturbateurs endocriniens se retrouvent dans l'organisme, y compris dans le lait de la mère qui nourrit son enfant au sein. Est-ce normal ?

Faut-il systématiquement faire jouer le principe de précaution ?

P. J. L'action hormonale de ces substances est évitable. La question est donc posée d'éviter les expositions.

A. S. Les preuves scientifiques sont difficiles à réunir, car la population est exposée à un cocktail de produits et à des doses faibles, mais pendant de longues périodes ou à des moments critiques. Les pesticides utilisés en appartement ont peu fait l'objet d'études. Néanmoins, il n'y a pas besoin d'attendre la preuve de la causalité pour prendre des mesures de protection. Les usines de traitement des eaux ne captent malheureusement pas les produits de dégradation de médicaments ayant des effets œstrogéniques ou antiandrogènes, à commencer par les pilules anticonceptionnelles. Il faut développer des moyens technologiques pour le faire.

Propos recueillis par Paul Benkimoun

18/11/2008

Cellules souches et cancer

lu sur lemonde.fr :

http://www.lemonde.fr/aujourd-hui/article/2008/11/15/des-cellules-souches-au-cancer_1119108_3238.html

Des cellules souches au cancer
LE MONDE | 15.11.08 | 14h41 • Mis à jour le 15.11.08 | 14h48

On connaît l'enthousiasme des biologistes pour les cellules souches, souvent présentées comme l'eldorado d'une future médecine fondée sur la régénération des tissus. On sait moins, en revanche, le vif intérêt qu'un nombre croissant de chercheurs portent, de part et d'autre de l'Atlantique, à une catégorie particulière de ces cellules qui commencent à bouleverser la lecture que l'on a pu faire jusqu'ici des processus cancéreux.
Une synthèse des principaux travaux en cours vient d'être faite dans le cadre d'un symposium international organisé en octobre, à Paris, par la Fondation Singer-Polignac et l'Institut national du cancer. Tout ici a commencé il y a dix ans lorsqu'à la surprise générale, John Dick (université de Toronto) et Irving Weissman (université de Stanford) ont pu démontrer qu'il était possible, chez la souris, d'induire une leucémie myéloïde aiguë à partir d'une seule cellule cancéreuse ayant des caractéristiques de cellule souche.
Depuis, de nombreux travaux ont permis d'établir la présence de telles cellules souches au sein de différentes lésions cancéreuses du sein, du côlon, de la prostate ou du cerveau. Et différents résultats expérimentaux laissent aujourd'hui penser que ce sont bien ces éléments cellulaires qui sont directement à l'origine de la prolifération cancéreuse.
"Pour notre part, nous avons pu caractériser parmi les premiers chez l'homme des cellules souches tumorales au sein de tumeurs cérébrales dénommées glioblastomes, explique Hervé Chneiweiss, directeur du laboratoire Plasticité gliale (Inserm-hôpital Sainte-Anne, Paris). Ces cellules sont très peu nombreuses, de l'ordre d'une par million de cellules de la tumeur. Et nous avons pu montrer que le fait d'en introduire une centaine chez une souris immuno-déprimée provoquait, après plusieurs semaines, l'apparition d'un glioblastome."
Au sein de la communauté médicale spécialisée, le débat est ouvert sur l'interprétation de ces données expérimentales. La principale question porte sur le fait que les chercheurs ont recours à des souris immunodéprimées, modèle qui ne permet pas d'affirmer que les résultats observés reproduisent fidèlement les mécanismes physiopathologiques qui sont en jeu lors de l'apparition d'un cancer. Il n'en reste pas moins vrai, pour le docteur Chneiweiss, que ce nouveau concept de cellules souches à haut pouvoir prolifératif ouvre de nouvelles perspectives en cancérologie et en thérapeutique. "Tout indique que ces cellules, même si elles sont peu nombreuses au sein de la tumeur, jouent un rôle-clé dans sa progression, explique-t-il. Or il apparaît que ces cellules sont largement résistantes aux thérapeutiques anticancéreuses actuelles, médicamenteuses ou utilisant la radiothérapie. Elles sont notamment capables de réparer efficacement les lésions de l'ADN que peuvent induire ces traitements. Elles sont donc la cible prioritaire des futures thérapeutiques anticancéreuses."
Conscients des enjeux de ce nouveau domaine de recherche, le professeur Daniel Louvard (Institut Curie, Paris) et le professeur Christine Chomienne (Institut universitaire d'hématologie, hôpital Saint-Louis, Paris) ont pris l'initiative, il y a un an, de créer un réseau spécialisé "cellules souches tumorales Ile-de-France" qui regroupe déjà vingt-sept équipes travaillant soit sur des leucémies soit sur des tumeurs solides. L'Institut Curie vient quant à lui de créer un nouveau département consacré à la biologie et à la génétique du développement du cancer, dont les travaux porteront en partie sur ce thème.
Ce nouveau concept conduit à dépasser, sans pour autant l'exclure, la dimension plus proprement génétique des processus cancéreux, même si on a abandonné le rôle prioritaire pouvant être joué par quelques oncogènes au profit de l'implication d'une série complexe d'événements moléculaires. Il aide aussi à porter un nouveau regard sur le cancer. Loin d'être un événement aigu, il semble aujourd'hui être la résultante de processus chroniques conduisant, pour des raisons qui restent à élucider, à l'émergence incontrôlée de cellules souches tumorales à partir d'un phénomène de dé-différenciation des cellules matures ou de transformation des cellules souches normales du tissu adulte. Dès lors, la cellule souche tumorale va produire les différentes cellules de la tumeur comme la cellule souche normale produit les différentes cellules du tissu.
"La propriété d'autorenouvellement (qui est la caractéristique des cellules souches) est une propriété dangereuse qui doit être strictement régulée, a résumé Irving Weissman lors du symposium organisé à Paris. Et lorsque ce n'est plus le cas, on peut voir apparaître des cellules souches cancéreuses qui ne vont plus avoir d'activité qu'au sein de la tumeur cancéreuse."

Jean-Yves Nau
Article paru dans l'édition du 16.11.08

12/11/2008

La naissance d’un procès de santé publique : les amalgames dentaires

À écouter : sur France culture à 16h00, émission du jeudi 13 novembre 2008

Affaires à suivre (4/4) - Les Mercuriens II – La naissance d’un procès de santé publique

Un documentaire d’Inès Léraud et Yvon Croizier

La naissance d’un procès de santé publique, c’est l’histoire de combats sans pareil, de combats d’une vie, de combats qui se rejoignent un jour ou l’autre pour contester une même certitude médicale.
Ici c’est d’amalgame dentaire dont il s’agit : aussi appelés plombages, ces petits morceaux gris que beaucoup d’entre nous portons en bouche ne contiennent en fait pas de plomb mais plusieurs métaux lourds dont l’un des toxiques les plus puissants du monde : le mercure. Aussi leur usage est-il restreint ou interdit dans plusieurs pays du monde : en Russie, au Japon, en Suède, en Allemagne, et depuis 2008 en Norvège et au Danemark. Mais en France, le débat public sur l’amalgame dentaire, largement dominé par ses défenseurs, a été réduit au silence par un rapport officiel des autorités sanitaires qui lui prêtent toute innocuité.
C’est ainsi que dans notre pays, les malades qui présentent des symptômes d’intoxication chronique aux métaux (fatigue, dépression, timidité, douleurs musculaires, troubles neurologiques), ne sont pas dépistés, ne sont pas reconnus, et sont envoyés vers la psychiatrie.
Dans la précédente émission, les membres du Groupe d’Entraide des Intoxiqués au Mercure (GEIM), promettaient de passer par un procès de santé publique pour se faire entendre.
Nous avons recueilli pour cette seconde émission le témoignage d’une des premières familles qui a porté plainte en 2005 auprès du tribunal de grande instance de Limoges, ainsi que ceux de spécialistes, dont Mme Bertella Geffroy, juge d’instruction notamment, des affaires de l’amiante et du sang contaminé, et entre les mains de laquelle se trouve le dossier de l’amalgame dentaire. Ces témoignages décrivent le flou médical et le néant dans lesquels se sont trouvés les malades qui ont décidé de porter plainte. Plainte qui, au-delà du débat pour ou contre les amalgames dentaires, dénonce avant tout l’impossibilité d’avoir accès, aujourd’hui en France, à une discussion pragmatique avec les autorités sanitaires, et à un vrai diagnostic d’une intoxication chronique aux métaux lourds, c’est-à-dire à la vérité quelle qu’elle soit.

Avec :
Claire Sarthout, plaignante ;
Marie-Odile Bertella Geffroy, juge d’instruction au pôle de santé publique du Tribunal de Grande Instance de Paris ;
Marie Grosman, biologiste ;
Maître Ludot, avocat ;
Jean-Paul Davidas, chirurgien dentiste ;
Isabelle Montigny, avocate.

Un grand merci à la famille Sarthout, à Véroz, Stéphanie B., Jean Menezo, André Bolzinger, et toutes les personnes qui ont laissé des messages au 0143299960, sur le répondeur prévu à cet effet.

Producteur coordonnateur : Alexandre Héraud
Productrice déléguée : Inès Léraud
Réalisation : Yvon Croizier

souce : http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/sur_docks/fiche.php?diffusion_id=67896&pg=avenir

20/08/2008

mondialisation : tests cliniques en Inde

lu sur lemonde.fr :

http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2008/08/20/49-bebes-morts-au-cours-de-tests-cliniques-a-new-delhi_1085803_3216.html

49 bébés morts au cours de tests cliniques à New Delhi
LE MONDE | 20.08.08 | 14h13 • Mis à jour le 20.08.08 | 14h13
NEW DELHI CORRESPONDANCE

Depuis le 1er janvier 2006, 49 bébés sont morts à l'Institut des sciences médicales, à New Delhi, où ils subissaient des tests cliniques. Tous ont servi de cobayes pour de nouveaux médicaments mis au point par des laboratoires étrangers, dont les suisses Novartis et Roche.

En deux ans et demi, le département pédiatrique de l'hôpital a conduit une série de 42 tests sur 4 142 bébés, dont 2 728 âgés de moins d'un an. L'Institut a réagi en affirmant que toutes les morts ne pouvaient pas être imputées aux traitements administrés. "Dans certains cas, la mort était l'aboutissement normal au vu de l'état de santé de certains patients. Nous voulions voir si un nouveau traitement pouvait améliorer la situation", a indiqué un porte-parole.

En moyenne, 40 % des dépenses engagées pour mettre sur le marché un nouveau médicament sont consacrés aux tests cliniques. En Inde, les cobayes médicaux coûtent de 20 à 60 % moins cher que dans les pays occidentaux.

Attirés par les compensations financières, les patients, pauvres et illettrés, se portent plus facilement candidats aux essais. Les réglementations en Inde sont moins contraignantes.

Le ministère indien de la santé a proposé l'année dernière le vote d'un amendement autorisant les laboratoires pharmaceutiques étrangers à tester leurs médicaments sur des patients indiens, avant même que leur innocuité ne soit démontrée. 139 tests médicaux sont en cours dans le pays, pour un budget estimé à 200 millions de dollars. D'ici à 2010, le marché de la sous-traitance des tests cliniques dans le pays pourrait atteindre 1 milliard de dollars.

L'Institut des sciences médicales a nommé un comité indépendant de cinq experts pour déterminer si la mort des 49 bébés est liée aux traitements qui leur ont été administrés. Le porte-parole du Parti du Congrès, qui dirige la coalition au pouvoir, a réclamé l'interruption de tous les essais cliniques, dans l'attente des premiers résultats de l'enquête.

Julien Bouissou
Article paru dans l'édition du 21.08.08

18/06/2008

Des médecins appellent à un usage prudent des portables

lu dans lemonde.fr :
http://www.lemonde.fr/sciences-et-environnement/article/2008/06/16/des-medecins-appellent-a-un-usage-prudent-des-portables_1058722_3244.html

Des médecins appellent à un usage prudent des portables
LE MONDE | 16.06.08 | 15h28 • Mis à jour le 16.06.08 | 15h28

Quand saura-t-on avec certitude si les centaines de millions de personnes qui utilisent intensivement des téléphones portables sont ou non exposées à un risque sanitaire ? Depuis l'apparition de ce nouveau mode de communication, la controverse est récurrente. Elle est aujourd'hui relancée par un appel solennel à la prudence lancé dans les colonnes du Journal du dimanche, dimanche 15 juin, par vingt personnalités françaises et étrangères du monde scientifique et de la cancérologie, dont les professeurs Henri Pujol, ancien président de la Ligue nationale contre le cancer, et Lucien Israël.

A 9 heures par e-mail, recevez les titres du journal à paraître l'après-midi.
Abonnez-vous au Monde.fr : 6€ par mois + 30 jours offerts
SUR LE MÊME SUJET
Les faits L'écran tactile à la conquête des portables
Edition abonnés Archive : Prohibition, par Robert Solé

Inquiets des possibles conséquences cancéreuses d'un usage intensif de ces appareils sur le tissu cérébral des utilisateurs, les signataires de cet appel dressent une liste de mesures de précaution simples qui doivent, selon eux, être prises dans l'attente d'une évaluation épidémiologique rigoureuse et objective des risques. Il conviendrait ainsi de ne pas autoriser, sauf en cas d'urgence, les enfants de moins de 12 ans à utiliser ce type de téléphone. Il est aussi recommandé de maintenir le téléphone à plus d'un mètre du corps lors des communications, en ayant recours au mode haut-parleur, à un kit mains libres ou encore à une oreillette.

Les signataires estiment également indispensable d'éviter, autant que faire se peut, de porter un téléphone mobile sur soi. Ils suggèrent enfin de communiquer plutôt par SMS et de ne pas utiliser l'appareil lorsque la force du signal est faible et lors de déplacements en voiture ou en train.

Ces recommandations sont formulées au nom du principe de précaution et se fondent sur quelques publications scientifiques récentes et controversées. Elles reprennent en partie celles formulées par les autorités sanitaires françaises, pour lesquelles aucun argument objectif ne permet toutefois, aujourd'hui, d'affirmer que les téléphones portables exposent leurs utilisateurs à un risque sanitaire notable.

L'IMPACT DES FAIBLES DOSES

"Je suis pour l'essentiel en accord avec l'analyse des signataires de cet appel à la prudence, déclare le professeur Elisabeth Cardis, du Centre pour la recherche en épidémiologie environnementale (Barcelone), qui coordonne l'étude épidémiologique internationale Interphone. Il faut toutefois savoir que les résultats de certaines études sur les effets biologiques sont actuellement remis en question. Mais en l'absence de résultats définitifs et compte tenu d'un certain nombre d'études qui, bien que limitées, suggèrent un effet possible des radiofréquences, j'estime que des précautions s'imposent et qu'il faut restreindre l'utilisation des portables chez les plus jeunes."

On attend depuis plus de quatre ans les conclusions de l'étude Interphone, menée dans treize pays sous l'égide du Centre international de recherche sur le cancer (CIRC). Cette étude a été lancée en 2000, mais les chercheurs sont confrontés à de nombreuses difficultés techniques inhérentes à l'évaluation de l'impact des faibles doses. En pratique, ils ont identifié de manière rétrospective plusieurs milliers de cas de cancers (tumeurs cérébrales, du nerf acoustique et de la glande parotide) avant de chercher à évaluer l'existence d'un risque.

Jean-Yves Nau
Article paru dans l'édition du 17.06.08.

06/05/2008

le risque sanitaire des plastiques alimentaires



"A la mi-avril, le gouvernement canadien annonçait son intention d'interdire la commercialisation de biberons constitués de plastique contenant du bisphénol A (BPA), substance désormais considérée comme toxique dans ce pays. Cette décision a aussitôt relancé, à l'échelon international, la controverse concernant les risques sanitaires inhérents à ce composé organique présent dans de très nombreuses matières plastiques et que l'on retrouve dans les fluides corporels de toutes les personnes, ou presque, vivant dans les pays industriels."...

23/04/2008

La fréquence accrue des leucémies infantiles près de sites nucléaires reste inexpliquée


09/01/2008

L'OMS félicite la France pour sa loi anti-tabac

lu sur lemonde.fr :
09.01.08 | 18h10
PARIS (Reuters) - Margaret Chan, directrice générale de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), a félicité la France pour sa loi anti-tabac, soulignant que le tabagisme causait plus de décès dans le monde que le VIH, la tuberculose et la malaria réunis.
"Je voudrais féliciter le gouvernement pour avoir promulgué une loi qui protège du tabac et du tabagisme passif", a-t-elle déclaré à l'issue d'un entretien avec le Premier ministre, François Fillon.
"Les mesures visant à limiter la consommation de tabac sont extrêmement importantes car les maladies liées au tabac sont en progression et les décès dus au tabagisme dépassent ceux dus au VIH, à la tuberculose et à la malaria réunis", a-t-elle souligné.
Margaret Chan a rencontré François Fillon à l'occasion de la signature entre la France et l'OMS d'un accord de coopération pour la période 2008-2013.
L'interdiction de fumer dans les lieux publics est entrée en vigueur le 1er janvier en France, qui suit ainsi l'exemple de l'Irlande, de l'Italie ou de la Suède.
Selon des statistiques officielles, le tabagisme passif provoque le décès de 5.000 personnes par an en France. En outre, on recense 66.000 morts imputables au tabac chaque année, dont 20.000 par cancer du poumon.

Sophie Louet

14/12/2007

le risque de cancer près des centrales nucléaires