Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog


17/05/2013

Remplacer les antibiotiques par des bactériophages

lu sur :

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/165013f6-be2e-11e2-aa53-2cc488d43b96

Le retour des virus guérisseurs
Remèdes d’avant-guerre, les bactériophages pourraient prendre le relais des antibiotiques. Une grande étude clinique va démarrer prochainement à Lausanne


médecine vendredi17 mai 2013
 

Le retour des virus guérisseurs

Par Julie Conti
La phagothérapie pourrait prendre le relais des antibiotiques contre les infections bactériennes Remèdes d’avant-guerre, les bactériophages pourraient prendre le relais des antibiotiques. Une grande étude clinique va démarrer prochainement à Lausanne

Caroline Lemaire, Française de 41 ans, souffrait d’une infection résistante aux antibiotiques au pied droit et attendait son amputation. Elle avait même déjà tenu sa prothèse entre ses mains. Mais le recours aux bactériophages, pourtant illégal dans l’hexagone, l’a sauvé. C’était il y a cinq ans. Quelques récits de guérison miraculeuse comme celui-ci ont été rapportés dans les médias français ces derniers mois. Anecdotes ou avènement d’une thérapie miracle?

Les virus bactériophages étaient utilisés pour lutter contre les infections bactériennes dans les années 1930, avant la découverte des antibiotiques. Ils sont depuis tombés en désuétude, sauf en Géorgie et dans d’autres pays d’Europe de l’Est où leur usage est resté relativement courant. Le principe est simple: il existe à l’état naturel des virus qui s’attaquent aux bactéries. Il suffit pour soigner un patient de les sélectionner et de les lui faire absorber – par application locale ou inhalation, par exemple.

A l’heure où les infections résistantes aux antibiotiques deviennent un problème de santé publique majeur et où les firmes pharmaceutiques peinent à mettre au point de nouveaux types de médicaments bactéricides, cette thérapie connaît un regain d’enthousiasme au sein du corps médical. Mais son retour se heurte à plusieurs obstacles.

Chaque phage s’attaque à une espèce de bactérie bien précise. Dans les ex-pays de l’Est, les médecins prélèvent donc un échantillon de l’agent ayant causé l’infection et sélectionnent en laboratoire les virus les plus efficaces contre lui. La méthode entraîne un délai de quarante-huit heures; long et peu pratique. D’autre part, il est difficile de breveter un virus. Donc pas d’autorisation de mise sur le marché possible et pas d’espoir de profits pour les sociétés pharmaceutiques. Pour remédier à ces inconvénients, une poignée de start-up a commencé à plancher sur des cocktails de phages valables contre un type de bactérie. C’est un tel traitement qui sera utilisé, lors de l’un des premiers grands essais cliniques de l’ère moderne de l’utilisation des phages, qui doit débuter prochainement à Lausanne, en France et en Belgique.

Le Service de santé des armées françaises coordonne, en partenariat avec le Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV) et l’Université de Lausanne (UNIL), un projet d’essai clinique. Objectif: évaluer l’utilisation des bactériophages pour le traitement des infections sévères à Pseudomonas aeruginosa et Escherichia coli chez les brûlés, dans le cadre de l’appel d’offres de la Commission européenne «Médicaments et vaccins pour les infections, qui ont développé ou risquent de développer une résistance antimicrobienne significative».

«Mes collègues des soins intensifs sont enthousiastes, dit Yok-Ai Que, médecin associé au Service de médecine intensive du CHUV. Nous concentrons dans notre service la plupart des infections les plus sévères et nous sommes régulièrement confrontés à l’échec de la stratégie des antibiotiques. C’est donc chez nous que les attentes sont les plus grandes. Les thérapies centrées sur l’hôte infecté et son système immunitaire ont montré leurs limites, et la médecine revient à des traitements ciblés sur la communauté des bactéries.»

Même si la phagothérapie est ancienne et que quelques cas de guérison semblent spectaculaires, ses bénéfices et ses éventuels effets secondaires doivent être évalués selon des critères modernes. Par la suite, des cocktails de phages pourraient être créés pour de nombreuses souches de bactéries, comme le pneumocoque. Les victimes d’infections nosocomiales et les patients atteints de mucoviscidose – une maladie qui s’accompagne souvent d’infections chroniques – peuvent notamment espérer profiter de la phagothérapie. Une étude publiée en 2009 dans Clinical Otolaryngology a été menée à Londres sur 24 patients infectés par la bactérie Pseudomonas aeruginosa, une des plus difficiles à traiter. Les patients traités avec les phages ont vu leur état s’améliorer deux fois plus que ceux qui n’ont reçu qu’un placebo.

Les agents anti-infectieux comme les antibiotiques ne sont pas très rentables pour les firmes pharmaceutiques, car ils doivent être consommés durant une période de temps limitée, contrairement à des médicaments contre le diabète ou l’hypertension par exemple. Et dans le cas d’un nouveau type de traitement comme les phages, les études doivent être d’autant plus importantes et chères. D’où l’importance de trouver des financements publics comme ceux de la Commission européenne.

Le Service de santé des armées français coordonne l’essai clinique sur Pseudomonas aeruginosa et Escherichia coli pour pouvoir soigner les brûlures infectées de ses soldats. Aux Etats-Unis, c’est dans l’espoir de trouver un remède à l’anthrax que l’armée s’est intéressée à la phagothérapie. La DTRA, une agence du Département américain de la défense chargé de protéger les Etats-Unis contre les armes de destruction massive, notamment biologiques, a donné en 2007 près d’un million de dollars à l’institut Eliava, le principal centre de phagothérapie en Géorgie. Enfin, différents cocktails de phages ont déjà été homologués par les autorités sanitaires européennes ou américaines pour servir d’additif dans l’agroalimentaire et lutter contre les Listeria (Listex) ou les salmonelles (SalmoFresh).

Si la méthode paraît simple a priori, il ne suffit pas de ramasser un verre d’eau sale pour faire de la phagothérapie. Pour garantir une certaine efficacité, séquencer le génome des virus et les sélectionner est indispensable. «Parfois, le matériel génétique des phages s’intègre au chromosome de la bactérie qu’ils infectent, celle-ci ne mourant alors pas. Or c’est ce qu’on veut éviter, explique Grégory Resch, chercheur à l’UNIL et spécialiste de la biologie des phages. On sélectionne des phages dits lytiques, qui se reproduisent dans la bactérie et tuent cette dernière, mais sans que leur matériel génétique ne se mélange avec elle.»

Les start-up actives dans ce domaine doivent surtout parvenir à développer en quantité industrielle des cocktails de virus standardisés, tout en respectant les bonnes pratiques de laboratoires. De plus, il s’agit également, avant une utilisation massive de la phagothérapie, de mener d’autres études sur les animaux et les humains.

Ainsi, selon Olivier Borens, médecin chef de l’unité de chirurgie septique au CHUV, l’efficacité de la phagothérapie est encore loin d’être prouvée. «J’ai récemment assisté à la présentation d’une équipe turque qui a mené des tests sur des tibias de rats pour traiter l’ostéite chronique, mais les résultats n’étaient pas très convaincants», dit-il. Si, théoriquement, l’idée lui semble intéressante, le praticien évoque plusieurs facteurs qui peuvent empêcher les phages de s’attaquer aux germes. «Comme on ne sait pas combien de temps les antibiotiques vont encore être efficaces contre les microbes, il est utile de chercher des alternatives, poursuit-il. Mais l’utilisation de phages est encore une technique thérapeutique assez marginale.»

Comme pour les antibiotiques, les bactéries peuvent devenir résistantes aux phages. Mais les virus présentent un avantage: ils évoluent eux aussi. «Les phages sont très efficaces, dit le professeur Jacques Schrenzel, responsable du laboratoire de bactériologie des Hôpitaux universitaires de Genève. Dans certains cas, ils pourraient se révéler plus utiles que les antibiotiques, par exemple dans des infections des os et des tissus mous. Mais cette efficacité peut aussi représenter un danger, car si beaucoup de bactéries sont détruites d’un coup sous l’action des phages, elles libèrent des composés qui peuvent eux-mêmes être dangereux pour l’organisme. Aujour­d’hui, on a connaissance de cas isolés de guérison et des résultats intéressants en recherche fondamentale. La technique semble avoir du potentiel, mais nous avons besoin de partenaires industriels et surtout d’essais cliniques pour savoir comment l’utiliser précisément.»

13/07/2012

Vaccin H1N1 et risque neurologique

lu sur : http://dircom.inserm.fr/synthesedepresse/page/2/

Un léger risque neurologique avec le vaccin H1N1


Une étude, réalisée par Philippe de Vals de l’université de Laval (Québec) et publiée dans le Journal of the American Medical Association (JAMA), révèle que le vaccin H1N1 « augmente très légèrement le risque de syndrome de Guillain-Barré, une infection neurologique rare et réversible en général », indique Le Figaro.

Ce syndrome se caractérise par « une atteinte des nerfs périphériques qui débute par une paralysie des membres inférieurs », ajoute le quotidien. 10% des malades gardent des séquelles motrices et 5% décèdent.

Selon les chercheurs, « (…) Le nombre de cas attribuables à la vaccination est de l’ordre de 2 cas par million de personnes vaccinées ».

Cependant, ils estiment que le rapport bénéfice/risque du vaccin H1N1 demeure favorable, compte tenu du risque de complications plus élevé liées à l’infection par le virus de la grippe.

Le Figaro rend également compte d’une étude danoise, publiée dans le JAMA, comparant 660 enfants nés d’une mère ayant ou non reçu le vaccin H1N1. Le Dr Pasternak et ses collègues (Copenhague) concluent que l’étude « n’a pas montré de relation significative entre l’exposition au vaccin H1N1 avec adjuvant pendant la grossesse et le risque de complications pour le fœtus (…) ».

(Le Figaro, 11/07)

20/03/2012

Pour la suppression du secteur privé à l'hôpital public

lu sur :

http://www.liberation.fr/societe/01012396964-l-appel-des-medecins-aux-candidats-a-la-presidentielle

L'appel des médecins hospitaliers aux candidats à la présidentielle

SOCIÉTÉ Aujourd'hui à 6h11

«Nous demandons la fin du secteur privé», écrivent près de 200 grands médecins hospitaliers. Ils signent un manifeste prônant la fin des activités libérales dans les hôpitaux. 

«Nous, médecins des hôpitaux, déplorons les dérives de l'exercice privé à l'hôpital public. Ces dérives sont régulièrement dénoncées mais de fait tolérées et par la communauté médicale incapable d'imposer le respect des règles éthiques et par l'administration et le pouvoir politique incapables de faire respecter la loi. Certes seuls 1864 sur les 45.000 médecins hospitaliers ont une activité privée avec dépassements d'honoraires. Et les abus voire les fraudes rapportés ne concernent qu'une petite minorité d'entre eux. Cependant, la tolérance actuelle de ces dérives est interprétée par la population comme une complicité C'est pourquoi nous demandons au gouvernement d'examiner  avec les professionnels les conditions pour que soit mis fin à l'exercice privé au sein  de l'hôpital public, comme cela était originellement prévu par la loi Debré de 1958 ayant institué le plein temps hospitalier.

Cette suppression de l'activité privée devrait être accompagnée, selon nous, de mesures  visant  à répondre aux raisons qui ont expliqué son maintien :

1) Limitation des dépassements d'honoraires en ville.  Revalorisation des tarifs remboursés par la Sécurité sociale. Création d'une assurance publique de responsabilité civile  professionnelle. Ces mesures visent à assurer un équilibre des revenus entre la ville et l'hôpital tout en prenant en compte la qualification, la pénibilité, les responsabilités et les charges financières distinctes.

2) Inclusion dans le calcul des retraites des médecins hospitaliers, des diverses indemnités.

Il conviendra donc de définir une période transitoire où les nouvelles règles s'appliqueront aux nouvelles générations médicales et coexisteront avec les règles antérieures mises en extinction.

En attendant, la loi actuelle doit être appliquée. L'activité privée ne doit pas dépasser 20% de l'activité des médecins et ne doit pas se faire au détriment des missions de l'hôpital public.  Cela doit également être le cas pour  toute autre activité privée professionnelle rémunérée (notamment par l'industrie pharmaceutique ou pour des expertises.) Dans un soucis de transparence nécessaire au contrôle du respect de la loi, nous proposons que l'ensemble de ces honoraires soit versé à la caisse de l'hôpital ou de l'université qui, après avoir prélevé une redevance, reversera la part due aux praticiens.»

---------------------

sur le même sujet :

http://www.lemonde.fr/sante/article/2012/03/20/des-medecins-pour-la-suppression-du-secteur-prive-a-l-hopital-public_1672798_1651302.html

Des médecins pour la suppression du secteur privé à l'hôpital public

http://www.lemonde.fr/societe/article/2011/05/17/developpement-excessif-des-honoraires-libres-chez-les-medecins-specialistes_1523151_3224.html

Certains médecins des hôpitaux publics ont une activité privée à l'intérieur de l'hôpital public et imposent des dépassements d'honoraires.

extraits :

... Lire : "Développement excessif'" des honoraires libres chez les médecins spécialistes ...

..." En février, 60Millions de Consommateurspubliait une enquête sur les dépassements d'honoraires à l'hôpital public,"des prix allant jusqu'à douze fois le tarif de l'Assurance maladie ont été relevés dans certains hôpitaux", révélait l'institut national de laconsommation. La pose d'une prothèse de hanche, dont le prix coté par l'Assurance maladie s'élève à 460 euros peut être facturée 5 000 euros dans un hôpital parisien selon cetteenquête

Fin janvier, la Caisse nationale d'assurance-maladie avait annoncéqu'elle avait lancé l'instruction de deux cent cinquante dossiers de médecins"susceptibles d'être déférés devant le Conseil de l'ordre"pour des pratiques tarifaires abusives."

lire aussi :

19/03/2012

La RGPP : bilan

à lire sur MEDIAPART :

La Une
Joigny, «ville-martyre» de la RGPP, se cherche un avenir
PAR MATHIEU MAGNAUDEIX

C'est une des villes de France les plus touchées par la restructuration des services publics, la fameuse RGPP. En quelques années, Joigny, 10 000 habitants dans l'Yonne, a vu partir l'armée et ses deux tribunaux après la chirurgie et la maternité. Près de 500 emplois auraient disparu. La crise aussi a fait des ravages. Joigny tente de rebondir. Avec les moyens du bord.

Lire la suite

Réforme de l'Etat: préparé en catimini, l'acte II doit attaquer «l'os»
PAR LUCIE DELAPORTE

Alors que la Révision générale des politiques publiques (la RGPP et son fameux non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux) n'a pas empêché l'explosion du déficit public, certains à Bercy planchent sur une étape nettement plus radicale de la modernisation de l'Etat. En toute discrétion, conformément à la méthode suivie depuis cinq ans.

Lire la suite

Le conflit d'intérêts se loge au cœur de la réforme de l'Etat
PAR LUCIE DELAPORTE

À Bercy, les responsables du pilotage de la RGPP (réforme de l'Etat) sont en grande majorité issus de cabinets de conseils privés. Or ces cabinets sont aussi les premiers prestataires de l'État pour mener à bien la réforme. Un conflit d'intérêts patent qui n'a que peu mobilisé la Commission de déontologie. La RGPP ou le mélange des genres : c'est le deuxième volet de notre enquête.

Lire la suite

Réforme de l'Etat: «On n’est pas chez Toyota»
PAR LUCIE DELAPORTE

La Révision générale des politiques publiques, qui a entraîné la suppression de 150.000 postes de fonctionnaires en cinq ans, s’est appuyé sur une nouvelle méthode de management issue de l’industrie automobile japonaise. Enquête sur la fonction publique à l’heure du “lean (amaigrissement) management”: c'est le troisième volet de notre plongée dans la réforme de l'Etat.

Lire la suite

Réforme de l'Etat: un bilan financier totalement surévalué
PAR LUCIE DELAPORTE

La Révision générale des politiques publiques a provoqué des chocs violents dans la fonction publique. A-t-elle permis des économies et allégé le budget de l'Etat ? Oui, affirme le gouvernement, qui parle de 15 milliards d'euros d'économies ! Non, répondent des hauts fonctionnaires, qui évoquent le chiffre de zéro... Le détail des économies en trompe-l'œil : c'est le quatrième volet de notre plongée dans la réforme de l'Etat.

Lire la suite

30/08/2011

Le boom des bactéries résistantes aux antibiotiques

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2011/08/30/le-boom-des-bacteries-resistantes-aux-antibiotiques_1565575_3244.html

Le boom des bactéries résistantes aux antibiotiques

LEMONDE.FR | 30.08.11 | 19h46   •  Mis à jour le 30.08.11 | 20h16

Les cinq patients décédés en juillet à l'hôpital de Massy (Essonne) ne sont pas morts de la bactérie "tueuse", tel que l'avançait Le Parisien ce mardi 30 août, mais "de la pathologie dont ils souffraient", a rectifié l'INVS (Institut national de veille sanitaire). Une chose, toutefois, reste vraie : la bactérie klebsiella pneumoniae, désignée à tort comme coupable, était bien présente chez dix-huit patients de cet hôpital. Assez courante dans nos tubes digestifs, la klebsiella n'est pas forcément pathogène, et résidait d'ailleurs chez ces patients sans leur causer de maladie. Mais cette souche en question, importée de Grèce, avait une particularité qui a pu inquiéter les médecins : elle est résistante à la plupart des antibiotiques à disposition.

Ce phénomène de résistance préoccupe de plus en plus le monde de la santé. Car la klebsiella est loin d'être la seule à échapper aux traitements. Début août, des scientifiques de l'INRA (Institut national de la recherche agronomique), de l'INVS et de l'Institut Pasteur alertaient sur l'émergence "soudaine et préoccupante d'une salmonelle" – bactérie représentant "une des premières causes d'infections alimentaires chez l'homme (...) devenue résistante à presque tous les antibiotiques". Dans ce cas, le berceau de ces modifications génétiques pourrait être l'Egypte, probablement à cause de l'usage massif d'antibiotiques dans l'aquaculture puis dans l'élevage de volailles, "grandes consommatrices de fluoroquinolones". La bactérie, dont certaines souches résistent déjà à toutes les classes d'antibiotiques, semble s'implanter en Europe.

En juin dernier, c'est la fameuse E. Coli, qui a fait 76 morts en Europe. Elle avait comme particularité, outre sa virulence, d'être très résistante aux médicaments. Le phénomène touche d'autres colibacilles, des bactéries très communes qui peuplent par millions les tubes digestifs des hommes et des animaux. Certaines ont aujourd'hui la capacité de résister à quasiment tout l'arsenal thérapeutique, laissant les médecins désarmés.

UNE UTILISATION "DÉBRIDÉE"

Les professionnels de la santé ne cachent pas leur inquiétude, comme en témoigne un manifeste de l'Alliance francophone contre le développement des bactéries multi-résistantes. Le groupe évoque le chiffre, sous-estimé selon lui, de 25 000 décès par an en Europe causés par ces micro-organismes tenaces. "Après plusieurs décennies d'une utilisation souvent débridée des antibiotiques, nous entrons dans une période de risque et de pénurie, avec l'apparition de bactéries extrêmement résistantes à ces médicaments, voire à tous les antibiotiques, alors que très peu de nouveaux produits sont attendus dans les dix prochaines années", constate ce document.

Le coordinateur de l'Alliance, Jean Carlet, met en cause un mauvais usage des antibiotiques. Et en premier lieu, leur surconsommation. Chez l'homme, "peut-être la moitié des antibiotiques prescrits le sont alors qu'il ne s'agit pas de bactéries, mais de maladies virales ou autres, pour lesquelles ces traitements n'ont pas lieu d'être", déplore le médecin. Autre utilisation nuisible : un dosage trop faible qui ne tue pas toute la population bactérienne, laissant les micro-organismes les plus résistants survivre et se multiplier. C'est de cette façon, parallèlement aux mutations, que les bactéries développent des capacités de résistance.

TROP D'ANTIBIOTIQUES TUENT L'ANTIBIOTIQUE

En France, cette consommation d'antibiotiques a été pointée par l'Afssaps (Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé) en juin : l'Hexagone est "nettement au-dessus de la moyenne européenne dans ce domaine". Et les Français se remettent à consommer davantage de ces médicaments depuis 2005, malgré une tendance globale à la baisse par rapport aux années 1990.

Et il n'y a pas que chez les humains que l'on se gave d'antibiotiques : Jean Carlet évoque leur usage massif dans l'élevage où ils servaient même, à petite dose, de stimulateurs de croissance jusqu'à ce que cette pratique soit interdite en France il y a quelques années. Elle reste en vigueur dans d'autres pays comme les Etats-Unis, laissant libre cours aux évolutions des bactéries puis à leurs éventuelles migrations. Dans l'agriculture enfin, les antibiotiques utilisés pour soigner les plantes s'infiltrent dans la terre.

En cause également, le manque d'innovation dans ce domaine : si les bactéries sont de plus en plus résistantes, c'est qu'elles ont le temps d'évoluer face à des produits qui, eux, ne changent pas ou peu. Du coup, les solutions de rechange sont également réduites pour remplacer un produit devenu obsolète. "En pratique, les médecins sont déjà confrontés à des infections susceptibles de menacer le pronostic vital des patients par manque d'antibiotiques efficaces", souligne l'Afssaps.

DIVERSIFIER LES THÉRAPEUTIQUES

Pour Jean Carlet, "il faut donc créer de nouveaux antibiotiques, dans l'immédiat, pour sortir de cette impasse." Dans la revue Nature, Martin Blaser, président du département de médecine de l'université de New York, préconise quant à lui de réduire fortement leur usage pour les enfants et les femmes enceintes. En effet, réduire la consommation de ces médicaments et rationnaliser leur usage freinerait la capacité de résistance des bactéries.

Mais à long terme, les antibiotiques seront toujours rattrapés par l'adaptation, inévitable, de ces organismes vivants. Par conséquent, pourquoi ne pas s'intéresser à d'autres solutions ? Jean Carlet évoque, en première ligne, la vaccination. Mais pas seulement : "On peut aussi regarder du côté de certaines plantes, qui ont des effets antibactériens assez puissants, ou encore de certains virus bactériophages." Bref, il s'agit de diversifier les thérapeutiques, face à des antibiotiques qui ont représenté, en France, un chiffre d'affaires de 852 millions d'euros en 2009, selon l'Afssaps.

Angela Bolis

17/03/2011

Baisse des postes dans les hôpitaux 10 000 postes de moins en raison de la RGPP

à lu sur :

http://www.lemonde.fr/teaser/?url_zop=http%3a%2f%2fabonnes.lemonde.fr%2fsociete%2farticle%2f2011%2f03%2f16%2fbaisse-d-une-ampleur-inedite-des-postes-dans-les-hopitaux_1493865_3224.html

Baisse d'une ampleur inédite des postes dans les hôpitaux

LE MONDE | 16 mars 2011 | Laetitia Clavreul | 161 mots

Selon des chiffres ministériels, révélés mardi 15 mars par "Le Quotidien du médecin", la baisse des effectifs dans les hôpitaux, hors médecins, s'est élevée à près de 10 000 postes en 2009, ce qui ramène le total à 753 000.

----------

L’hôpital public rattrapé par la RGPP (*) - 10 000 postes à la trappe en 2009

(*) RGPP: 

Révision générale des politiques publiques -www.rgpp.modernisation ...

http://www.lequotidiendumedecin.fr/actualite/hopital/10-000-postes-la-trappe-en-2009

 Les dernières statistiques du gouvernement montrent que les hôpitaux publics ont, médecins mis à part, perdu 1,29 % de leurs personnels en 2009, soit précisément 9 800 postes. Pour la FHF, les effectifs fondront ... de l’hôpital public (MCO, Psy et SSR) ont fondu de 9 800 postes cette année-là. Une date rupture (voir ... 15/03/2011 

27/01/2011

Les dangers du tabagisme passif épinglés dans une étude

lu sur :

http://dircom.inserm.fr/synthesedepresse/

Les dangers du tabagisme passif épinglés dans une étude

Une analyse inédite conduite par une équipe d'épidémiologistes internationaux avance que le tabagisme passif causerait la mort de 600.000 personnes par an au niveau mondial. Selon ces travaux, près de 40% des enfants, et respectivement 35% et 33% des femmes et hommes non fumeurs seraient exposés au tabac involontairement. L'exposition à la fumée de cigarette multiplie par 1,2 à 1,5 le risque de contracter un cancer du poumon, contre un multiplicateur de 20 pour un fumeur actif, explique Annie Sasco, directrice de recherche à l'Inserm. L'accroissement des risques « dépend aussi des régions, car les types d'exposition, les habitudes de vie, l'alimentation ne sont pas partout identique », poursuit-elle.
Monde [Le], 27/01/2011

La sarkosine, spécifique de cancers agressifs

lu sur :

http://www.lemonde.fr/depeches/2011/01/27/des-chiens-au-secours-de-la-detection-du-cancer-de-la-prostate_3244_108_44269589.html

Des chiens au secours de la détection du cancer de la prostate
AFP | 27.01.11 | 06h50

Le flair des chiens, largement utilisé pour détecter explosifs ou stupéfiants, pourrait venir au secours de la recherche dans un tout autre univers: le cancer de la prostate.

Il ne s'agit pas de se servir de chiens pour faire du dépistage devant une rangée d'échantillons d'urine, mais de mettre au point, grâce à l'extrême sensibilité de leur odorat, un simple test urinaire pour déceler précocement les cancers les plus agressifs.

"Un berger malinois, formé par l'armée de l'air française, est déjà capable de renifler le cancer de la prostate. Un deuxième chien est en formation. Ce sont les premiers chiens formés en France pour détecter des cancers", dit à l'AFP le professeur Olivier Cussenot, urologue-cancérologue (hôpital Tenon, Paris) à l'origine de l'initiative.

C'est la première fois en Europe qu'un chien est utilisé dans la détection du cancer de la prostate, selon ce spécialiste. Une expérience, citée au détour d'un article médical, a eu lieu aux Etats-Unis mais les détails n'ont pas été publiés.

Et la démonstration montre une "spécificité et sensibilité de 91%" de l'odorat canin, selon des résultats publiés récemment dans la revue spécialisée European Urology, dont il est cosignataire.

"Nous avons été surpris des performances des chiens, aucun test n'atteint de telles performances", ajoute le spécialiste.

Si l'exploitation de leur flair pour détecter l'odeur du cancer peut paraître surprenante, la médecine s'y intéresse depuis longtemps.

En 1989, la revue médicale The Lancet rapportait des cas de chiens flairant une lésion cancéreuse de la peau, le mélanome. D'autres observations de chiens détecteurs de cancers notamment du poumon par le biais de l'haleine, ou encore de cancer de la vessie en flairant l'odeur des urines ont été rapportés dans la littérature médicale.

Or, il existe des molécules volatiles liées au cancer de la prostate, comme par exemple, la sarkosine, spécifique de cancers agressifs.

"Nous essayons de reconstituer les combinaisons de molécules détectées par le chien et qui sont des signatures du cancer", poursuit le cancérologue.

Pour trouver la composition du "parfum" de cancer, son équipe travaille avec Christophe Junot, chercheur du Commissariat à l'énergie atomique (CEA). Les chercheurs font des essais en mettant des molécules intéressantes dans de l'eau, puis donnent le tout à sentir au chien pour voir s'il réagit jusqu'à obtenir la bonne composition.

Avec 71.500 nouveaux cas et 8.790 décès en 2010, selon les estimations de l'INCa (institut du cancer), cette recherche sur le cancer de la protaste représente un enjeu de santé publique.

Le dépistage systématique que certains urologues conseillent aux hommes entre 5O et 75 ans fait l'objet de controverses, à cause d'un test contesté. Ce test PSA est un dosage sanguin d'une substance naturellement secrétée par cette glande, l'antigène spécifique prostatique (PSA).

"Le test PSA n'est pas idéal" pour le dépistage, convient le Pr Cussenot. "80% des hommes testés positifs n'ont pas de cancer, mais une inflammation ou une hypertrophie (gonflement) de la prostate. Inversement avec ce test, il y a 10% de faux négatifs (des cancers qui lui échappent)", résume-t-il. Le diagnostic n'est assuré qu'après biopsie.

Il relève aussi la présence de foyers microscopiques de cancer de la prostate, qu'un homme a 50% de risque d'avoir au cours de sa vie, mais dont le risque d'en mourir est de moins de 1% et celui d'en souffrir de l'ordre de 5%.

D'où l'importance d'avoir des méthodes de détection des cancers agressifs, ceux qui sont à risque d'évolution rapide pour ne pas "surtraiter" les autres.

BC/jca/bg/dro/mpd

--------------------

sur le même sujet, lu sur :

http://www.defense.gouv.fr/sante/actualites/depistage-du-cancer-de-la-prostate-les-veterinaires-en-soutien

Dépistage du cancer de la prostate : les vétérinaires en soutien

Mise à jour : 15/04/2011 15:16

Depuis 2007, le service de santé des armées (SSA) participe à un projet de dépistage du cancer de la prostate initié par le professeur Olivier Cussenot, urologue à l’hôpital Tenon à Paris. Originalité de cette étude médicale, elle reçoit le soutien des vétérinaires du SSA.

En 2007, le professeur Olivier Cussenot, qui souhaite étudier de nouvelles méthodes de détection des cancers de la prostate, demande au ministre de la défense la possibilité de mise à disposition d’une équipe cynophile, introuvable dans le milieu hospitalier ou de la recherche médicale. L’idée : l’odeur des urines pourrait être témoin de la présence du cancer. La littérature scientifique faisait alors état d’essais concluants de détection olfactive des cancers de la peau et du poumon menés avec des chiens. La sensibilité olfactive de l’animal, inégalée par des nez électroniques, apparaît indispensable.

Le vétérinaire en chef des services Philippe Ulmer, alors référent vétérinaire pour le commandement des forces de protection et de sécurité de l’armée de l’air, défend le projet. Après accord de l’état major de l’armée de l’air, un berger malinois de la base aérienne 123 d’Orléans-Bricy, appelé Aspirant, est dressé pour cette étude. La vétérinaire principale (VEP) Caroline Girardet, praticien confirmé du SSA, affectée au secteur vétérinaire de l’Ecole militaire à Paris, est désignée pour être l’interface technique entre le personnel cynotechnicien de l’armée de l’air et l’équipe du professeur Cussenot.

La mission de la VEP Girardet est d’une part de garantir la sécurité d’Aspirant et de ses maîtres vis-à-vis des maladies nosocomiales et celle des intervenants éventuels de l’hôpital Tenon dans le chenil militaire. D’autre part, elle veille au respect du protocole défini pour l’étude et transmet les données à Tenon.

Les résultats obtenus jusqu’à présent montrent que la détection par l’odorat canin du cancer de la prostate sur des échantillons d’urines est supérieure au hasard. Au cours d’une épreuve de validation, en 2009, le chien a classé correctement 63 échantillons sur les 66 testés (3 faux positifs).

Il s’agit maintenant d’identifier, toujours à l’aide du chien, la molécule odorante spécifique du processus tumoral. Des travaux sont en cours pour la caractérisation de cette signature moléculaire odorante du cancer, qui pourrait à l’avenir être utilisable grâce à la conception de nez électroniques ou de dosage dans l’urine.

En octobre 2011, le VEP Caroline Girardet présentera cette étude au congrès mondial vétérinaire en Afrique du Sud.

16/11/2010

Informations médicales

lu sur :

http://dircom.inserm.fr/synthesedepresse/

Mardi 16 novembre 2010

Le Mediator, responsable d’au moins 500 décès

Antidiabétique et coupe-faim des laboratoires Servier, le Mediator aurait causé le décès d'au moins 500 patients depuis 1976, et serait responsable de 3 500 hospitalisations, lit-on dans Le Figaro qui précise que ces chiffres proviennent d'une étude présentée hier par l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé  (Afssaps) lors d'une réunion extraordinaire. Les Etats-Unis, depuis 1997 et l'Italie, en 2005, avaient interdit la commercialisation du Mediator,  précise  Aujourd'hui en France. Dans Libération, le député PS Gérard Bapt, rapporteur de la mission santé de l'Assemblée nationale, évoque une "affaire gravissime" qui "met en cause gravement le laboratoire Servier mais aussi l'Afssaps".
.
Aujourd'hui en France , 16/11/2010 - Libération , 16/11/2010 - Figaro [Le] , 16/11/2010

L’implication des traitements médicamenteux dans les accidents la route

Ludivine Orriols (Inserm) a mené une étude sur la responsabilité des médicaments dans les accidents de la route, tous véhicules confondus. Sur 72 685 cas recensés entre 2005 et 2008, les traitements pharmaceutiques seraient à l'origine de 3,3 % des accidents, soit par leurs effets secondaires (antiépileptiques ou psycholeptiques), soit en raison de leurs effets directs (benzodiazépines, hypnotiques). Les pictogrammes d'avertissement imprimés sur les boîtes ne semblent pas avoir eu de vertus dissuasives rapporte l'AFP .

Agence France Presse_ , 15/11/2010,France Soir, 15/11/2010, Libération, 16/11/2010

06/12/2009

Nutrition et santé, on recherche des « nutrinautes

lu sur :

http://www.univers-nature.com/inf/inf_actualite1.cgi?id=4012

.

03-12-2009

L’influence du mode de vie et des habitudes alimentaires sur l’émergence de fléaux propres aux pays industrialisés que sont les cancers, les maladies cardiovasculaires, l’obésité, le diabète de type 2, l’hypertension artérielle, ne fait plus mystère. Toutefois, les risques réels attribuables à tel ou tel régime alimentaire restent encore flous.
Pour y remédier, l’Unité de Recherche en Epidémiologie Nutritionnelle (UREN), dirigée par le professeur Serge Hercberg, a lancé le 11 mai 2009 l’étude NutriNet-Santé. Financée notamment par le ministère de la santé (1), cette enquête dite de « cohorte », c’est-à-dire portant sur un groupe de sujets suivis pendant plusieurs années, fait appel à la bonne volonté d’internautes afin de récolter des informations sur leur comportement alimentaire et leur état de santé. Pour participer à l’opération, les volontaires doivent s’inscrire sur le site dédié (2) et remplir cinq questionnaires relatifs aux spécificités sociodémographiques, à l’état de santé, aux mesures anthropométriques (poids, taille…), à l’activité physique quotidienne et aux habitudes alimentaires de chacun. Une fois cette démarche initiale effectuée, les participants recevront chaque mois un mail d’information sur l’avancement de l’étude ainsi qu’un questionnaire complémentaire à retourner. Durant l’étude, d’une durée minimale de cinq ans, les membres de NutriNet-Santé devront chaque année se prêter à nouveau à l’étape des cinq questionnaires de base.

L’objectif de cette vaste campagne est de permettre l’identification de facteurs de risques ou de protection liés à la nutrition, en établissant des corrélations entre l’état de santé des individus et leur comportement alimentaire, leur âge, leur sexe, leurs conditions socio-économiques, leur lieu de résidence, leurs activités physiques… Mais cette enquête se présente surtout comme l’étape préliminaire et indispensable à la formulation de recommandations, susceptibles de faire reculer des maladies devenues des problèmes majeurs de santé publique.

Le 10 novembre 2009, soit six mois après le lancement de l’étude, 101 518 personnes s’étaient déjà inscrites à l’étude, dont 75 % de femmes et 43,6 % de personnes âgées de plus de 45 ans. Toutefois, pour que l’enquête soit significative, les chercheurs comptent sur l’adhésion de 500 000 « nutrinautes ». L’appel lancé concerne toute personne âgée de 18 ans et plus, habitant en France métropolitaine et dans les départements d’Outre-mer. La participation se faisant exclusivement via Internet, l’accès au web s’avère également indispensable. Un accès personnalisé et sécurisé assure aux participants la confidentialité des données fournies et leur permet de suivre pas à pas les avancées de l’étude.

Cécile Cassier

1- L’étude bénéficie du financement de nombreux organismes, à savoir le ministère de la santé, l’Institut National de prévention et d’éducation pour la santé, l’Institut de veille sanitaire, l’Université de Paris 13, l’Institut national de la santé et de la recherche médicale, l’INRA, le Conservatoire national des Arts et Métiers et la Fondation pour la Recherche Médicale.
2- Le site est accessible à l’adresse suivante : www.etude-nutrinet-sante.fr

29/04/2009

L'information médicale est-elle transparente ?

lu sur : http://www.lemonde.fr/archives/article/2009/04/27/les-liens-entre-medecins-et-laboratoires-de-nouveau-sur-la-sellette_1185984_0.html

Les liens entre médecins et laboratoires de nouveau sur la sellette
LE MONDE | 27.04.09 | 15h00 • Mis à jour le 28.04.09 | 10h13

L'information médicale est-elle transparente ?
Non, répondent sans détour le collectif Formindep (Pour une formation et une information médicales indépendantes) et l'association de consommateurs UFC-Que choisir. Selon eux, la loi qui oblige les professionnels de santé à déclarer leurs éventuels conflits d'intérêts avec les firmes pharmaceutiques lorsqu'ils s'expriment publiquement sur un produit de santé, "n'est pas respectée".

C'est pourquoi l'UFC-Que choisir a annoncé, lundi 27 avril, qu'elle portait plainte contre neuf médecins pour non-respect de l'article L.4113-13 du code de santé publique. "Nous avons, symboliquement, choisi des leaders d'opinion pour susciter un électrochoc, mais il ne s'agit que des arbres qui cachent la forêt", explique Christophe Leguehennec, chargé de mission santé à l'UFC.

Ces plaintes ont pour origine l'enquête menée en avril 2008 par le Formindep. Durant un mois, ce collectif de professionnels de santé a observé les prises de position de plus de 150 médecins dans les médias et les congrès. Résultat : alors qu'aucun d'entre eux n'avait déclaré de liens d'intérêts, en réalité près d'une soixantaine en avait.

Le collectif a écrit aux conseils départementaux de l'ordre des médecins, chargé du respect de la loi et du contrôle des conventions passées entre les médecins et les laboratoires pharmaceutiques. "A de rares exceptions près, c'est l'opacité générale", constate le docteur Philippe Foucras, responsable du Formindep. "Nous n'avons pas à répondre à vos questions extrêmement pernicieuses", a fait valoir le secrétaire général du conseil de l'ordre de Paris.

Son homologue du Pas-de-Calais confirme que son instance est bien "garante des contrats et conventions signés entre un médecin et l'industrie" mais, ajoute-t-il, "les formations médicales continues ne pourraient pas, dans la plupart des cas, être réalisées sans le support de l'industrie pharmaceutique".

D'autres ont rétorqué que "les documents contractuels en notre possession sont et doivent demeurer confidentiels". Finalement, "c'est suite à nos propres recherches que nous avons découvert des liens, souvent majeurs, entre certains médecins et l'industrie pharmaceutique", explique le docteur Foucras.

Directs ou indirects, durables ou ponctuels, ces liens d'intérêts peuvent recouvrir des fonctions rémunérées de consultant, de conseil, des participations à des essais cliniques, des rapports d'expertise, des conférences, des actions de formation, etc. Les médecins mis en cause sont essentiellement des spécialistes (gynécologue, cardiologue, diabétologue, professeur de nutrition, etc.) à qui il est reproché de mettre en avant certains traitements sans préciser les liens qu'ils ont avec les laboratoires qui les commercialisent. "Tous les médecins qui ont un certain renom ont peu ou prou des liens avec l'industrie pharmaceutique et tous les congrès médicaux ainsi que la formation continue vivent en partie grâce aux laboratoires", justifie le docteur Henri Rozenbaum, président de l'Association française pour l'étude de la ménopause (AFEM), l'un des neuf médecins visés par une plainte. "Une plainte ? Vous me l'apprenez. En 2008, j'avais un lien avec un seul labo ; je n'en ai plus aucun à l'heure actuelle et je ne crois pas avoir enfreint la loi", souligne-t-il.

"Savoir qui parle, pouvoir distinguer la communication de l'information, n'est pas un point de détail ; c'est la qualité des soins mais aussi les répercussions sur les prescriptions et leur coût pour l'assurance-maladie qui sont en jeu", considère l'UFC-Que choisir. L'association réclame la création "d'une base de données publique recensant les déclarations d'intérêts des médecins".

Dans son rapport de 2007 consacré à l'information des médecins généralistes sur le médicament, l'Inspection générale des affaires sociales (IGAS) pointait du doigt "les conflits d'intérêts omniprésents" et "la nécessité d'appliquer de manière rigoureuse la loi relative aux conventions et aux liens unissant les professionnels de santé aux entreprises".

Sandrine Blanchard

La communication médicale encadrée :

La loi du 4 mars 2002 relative aux droits des malades et à la qualité du système de santé encadre la communication médicale.

L'article L4113-13 du code de la santé publique prévoit ainsi que : "Les membres des professions médicales qui ont des liens avec des entreprises et établissements produisant ou exploitant des produits de santé ou des organismes de conseil intervenant sur ces produits sont tenus de les faire connaître au public lorsqu'ils s'expriment lors d'une manifestation publique ou dans la presse écrite ou audiovisuelle sur de tels produits. Les manquements aux règles sont punis de sanctions prononcées par l'ordre professionnel compétent."

Il a toutefois fallu attendre le 25 mars 2007 pour que le décret d'application de la loi soit publié.

Article paru dans l'édition du 28.04.09

24/11/2008

La reproduction humaine est menacée par la chimie

De belles paroles ... et les ACTES ?

lu sur lemonde.fr :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2008/11/24/la-reproduction-humaine-est-menacee-par-la-chimie_1122150_3244.html

La reproduction humaine est menacée par la chimie
LE MONDE | 24.11.08 | 11h03 • Mis à jour le 24.11.08 | 11h05

Le nombre et la qualité des spermatozoïdes ont diminué d'environ 50 % par rapport à 1950. L'incidence du cancer des testicules a doublé au cours des trente dernières années. Le nombre de malformations génitales masculines est en hausse : la fréquence de la cryptorchidie (interruption de la migration d'un testicule vers les bourses) a été multipliée par 1,5 en vingt ans. Au premier rang des accusés figurent des substances chimiques : les perturbateurs endocriniens.

Les ministères de l'écologie et la santé, l'Institut de recherche en santé publique (Iresp) et l'Agence française de sécurité sanitaire de l'environnement et du travail (Afsset) organisent le colloque "Environnement chimique, reproduction et développement de l'enfant", mardi 25 novembre à Paris. Président de l'Iresp, Alfred Spira est responsable scientifique de ce colloque, dans lequel interviennent Bernard Jégou, président du conseil scientifique de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), et Pierre Jouannet (université Paris-V). Tous trois travaillent depuis quinze ans sur les troubles de la fertilité liés aux polluants.

Les politiques se préoccupent des effets néfastes de l'environnement sur la fertilité. Comment expliquez-vous cette mobilisation ?

Pierre Jouannet. Les politiques bougent parce qu'il existe une demande sociale importante. Les données scientifiques s'accumulent depuis quinze ans. L'épidémiologie comme les travaux chez l'animal et quelques études dans l'espèce humaine montrent que la période du développement embryonnaire précoce peut être fortement affectée par la nutrition de la mère. Cela a des conséquences sur le développement du fœtus, son poids à la naissance et sa santé ultérieure.

Bernard Jégou. L'affaire du Distilbène, cette hormone de synthèse commercialisée entre 1950 et 1977 pour prévenir des fausses couches, qui s'est révélée nocive pour les enfants exposés in utero, a montré qu'il faut maintenir la vigilance à travers les générations. Ce ne sont pas seulement les individus qui sont touchés mais aussi la qualité de leur descendance, déjà menacée par l'explosion des allergies, du diabète.

Alfred Spira. Les risques pour la santé liés aux modifications de l'environnement constituent d'abord un réel problème pour une petite partie de la population générale, exposée professionnellement à des doses élevées. Mais au XXIe siècle, le principal tueur restera le tabac et ses 10millions de morts par an dans le monde. A côté, les risques liés aux perturbateurs endocriniens apparaissent très faibles, mais sont perçus de manière amplifiée car ils touchent à des aspects "sensibles" : la fertilité, les organes génitaux masculins.

De quelles données dispose-t-on sur les risques liés aux produits utilisés pendant la grossesse ?

P. J. L'interprétation des données expérimentales et épidémiologiques est compliquée en raison de l'exposition à des produits multiples à faible dose dont les effets peuvent se renforcer mutuellement. L'exposition de rates à des hormones antiandrogènes à différentes périodes de leur grossesse a entraîné des malformations génitales ou des anomalies de la prostate chez les fœtus mâles. Nous savons depuis l'affaire de la thalidomide – un médicament qui s'est révélé néfaste pour le fœtus –, que la grossesse est une période sensible.

A. S. Une chercheuse américaine a établi une corrélation entre la quantité de viande de bœuf mangée par la mère pendant la grossesse et la qualité des spermatozoïdes du fils, mais corrélation ne veut pas nécessairement dire causalité.

B. J. La viande produite aux Etats-Unis, d'Argentine, de Nouvelle-Zélande notamment, contient des hormones… A. S. Quant au lait bio, il ne contient peut-être pas de pesticides, mais il renferme des œstrogènes, ceux-ci étant dénaturés par les pesticides dans le lait pasteurisé.

Quels sont les effets des phtalates et bisphénol A sur la reproduction et le développement du fœtus ?

B. J. Ces plastifiants s'opposent à l'action des hormones masculines, les androgènes. Les phtalates sont employés comme lubrifiants dans le PVC et se retrouvent dans de nombreux objets de consommation courante : cosmétiques et emballages pour la nourriture. Ce sont des antiandrogènes. Le bisphénol A est un œstrogène de synthèse qui n'a pas été utilisé comme tel car le même chimiste a mis au point un œstrogène plus puissant, le Distilbène…

Le bisphénol A est utilisé pour fabriquer des biberons, des bouteilles en plastique et d'autres produits courants. Ana Soto a montré chez la souris des images analogues à une cancérisation après exposition de la glande mammaire à du bisphénol A. Ces résultats sont discutés. Ces perturbateurs endocriniens se retrouvent dans l'organisme, y compris dans le lait de la mère qui nourrit son enfant au sein. Est-ce normal ?

Faut-il systématiquement faire jouer le principe de précaution ?

P. J. L'action hormonale de ces substances est évitable. La question est donc posée d'éviter les expositions.

A. S. Les preuves scientifiques sont difficiles à réunir, car la population est exposée à un cocktail de produits et à des doses faibles, mais pendant de longues périodes ou à des moments critiques. Les pesticides utilisés en appartement ont peu fait l'objet d'études. Néanmoins, il n'y a pas besoin d'attendre la preuve de la causalité pour prendre des mesures de protection. Les usines de traitement des eaux ne captent malheureusement pas les produits de dégradation de médicaments ayant des effets œstrogéniques ou antiandrogènes, à commencer par les pilules anticonceptionnelles. Il faut développer des moyens technologiques pour le faire.

Propos recueillis par Paul Benkimoun

18/11/2008

Cellules souches et cancer

lu sur lemonde.fr :

http://www.lemonde.fr/aujourd-hui/article/2008/11/15/des-cellules-souches-au-cancer_1119108_3238.html

Des cellules souches au cancer
LE MONDE | 15.11.08 | 14h41 • Mis à jour le 15.11.08 | 14h48

On connaît l'enthousiasme des biologistes pour les cellules souches, souvent présentées comme l'eldorado d'une future médecine fondée sur la régénération des tissus. On sait moins, en revanche, le vif intérêt qu'un nombre croissant de chercheurs portent, de part et d'autre de l'Atlantique, à une catégorie particulière de ces cellules qui commencent à bouleverser la lecture que l'on a pu faire jusqu'ici des processus cancéreux.
Une synthèse des principaux travaux en cours vient d'être faite dans le cadre d'un symposium international organisé en octobre, à Paris, par la Fondation Singer-Polignac et l'Institut national du cancer. Tout ici a commencé il y a dix ans lorsqu'à la surprise générale, John Dick (université de Toronto) et Irving Weissman (université de Stanford) ont pu démontrer qu'il était possible, chez la souris, d'induire une leucémie myéloïde aiguë à partir d'une seule cellule cancéreuse ayant des caractéristiques de cellule souche.
Depuis, de nombreux travaux ont permis d'établir la présence de telles cellules souches au sein de différentes lésions cancéreuses du sein, du côlon, de la prostate ou du cerveau. Et différents résultats expérimentaux laissent aujourd'hui penser que ce sont bien ces éléments cellulaires qui sont directement à l'origine de la prolifération cancéreuse.
"Pour notre part, nous avons pu caractériser parmi les premiers chez l'homme des cellules souches tumorales au sein de tumeurs cérébrales dénommées glioblastomes, explique Hervé Chneiweiss, directeur du laboratoire Plasticité gliale (Inserm-hôpital Sainte-Anne, Paris). Ces cellules sont très peu nombreuses, de l'ordre d'une par million de cellules de la tumeur. Et nous avons pu montrer que le fait d'en introduire une centaine chez une souris immuno-déprimée provoquait, après plusieurs semaines, l'apparition d'un glioblastome."
Au sein de la communauté médicale spécialisée, le débat est ouvert sur l'interprétation de ces données expérimentales. La principale question porte sur le fait que les chercheurs ont recours à des souris immunodéprimées, modèle qui ne permet pas d'affirmer que les résultats observés reproduisent fidèlement les mécanismes physiopathologiques qui sont en jeu lors de l'apparition d'un cancer. Il n'en reste pas moins vrai, pour le docteur Chneiweiss, que ce nouveau concept de cellules souches à haut pouvoir prolifératif ouvre de nouvelles perspectives en cancérologie et en thérapeutique. "Tout indique que ces cellules, même si elles sont peu nombreuses au sein de la tumeur, jouent un rôle-clé dans sa progression, explique-t-il. Or il apparaît que ces cellules sont largement résistantes aux thérapeutiques anticancéreuses actuelles, médicamenteuses ou utilisant la radiothérapie. Elles sont notamment capables de réparer efficacement les lésions de l'ADN que peuvent induire ces traitements. Elles sont donc la cible prioritaire des futures thérapeutiques anticancéreuses."
Conscients des enjeux de ce nouveau domaine de recherche, le professeur Daniel Louvard (Institut Curie, Paris) et le professeur Christine Chomienne (Institut universitaire d'hématologie, hôpital Saint-Louis, Paris) ont pris l'initiative, il y a un an, de créer un réseau spécialisé "cellules souches tumorales Ile-de-France" qui regroupe déjà vingt-sept équipes travaillant soit sur des leucémies soit sur des tumeurs solides. L'Institut Curie vient quant à lui de créer un nouveau département consacré à la biologie et à la génétique du développement du cancer, dont les travaux porteront en partie sur ce thème.
Ce nouveau concept conduit à dépasser, sans pour autant l'exclure, la dimension plus proprement génétique des processus cancéreux, même si on a abandonné le rôle prioritaire pouvant être joué par quelques oncogènes au profit de l'implication d'une série complexe d'événements moléculaires. Il aide aussi à porter un nouveau regard sur le cancer. Loin d'être un événement aigu, il semble aujourd'hui être la résultante de processus chroniques conduisant, pour des raisons qui restent à élucider, à l'émergence incontrôlée de cellules souches tumorales à partir d'un phénomène de dé-différenciation des cellules matures ou de transformation des cellules souches normales du tissu adulte. Dès lors, la cellule souche tumorale va produire les différentes cellules de la tumeur comme la cellule souche normale produit les différentes cellules du tissu.
"La propriété d'autorenouvellement (qui est la caractéristique des cellules souches) est une propriété dangereuse qui doit être strictement régulée, a résumé Irving Weissman lors du symposium organisé à Paris. Et lorsque ce n'est plus le cas, on peut voir apparaître des cellules souches cancéreuses qui ne vont plus avoir d'activité qu'au sein de la tumeur cancéreuse."

Jean-Yves Nau
Article paru dans l'édition du 16.11.08

12/11/2008

La naissance d’un procès de santé publique : les amalgames dentaires

À écouter : sur France culture à 16h00, émission du jeudi 13 novembre 2008

Affaires à suivre (4/4) - Les Mercuriens II – La naissance d’un procès de santé publique

Un documentaire d’Inès Léraud et Yvon Croizier

La naissance d’un procès de santé publique, c’est l’histoire de combats sans pareil, de combats d’une vie, de combats qui se rejoignent un jour ou l’autre pour contester une même certitude médicale.
Ici c’est d’amalgame dentaire dont il s’agit : aussi appelés plombages, ces petits morceaux gris que beaucoup d’entre nous portons en bouche ne contiennent en fait pas de plomb mais plusieurs métaux lourds dont l’un des toxiques les plus puissants du monde : le mercure. Aussi leur usage est-il restreint ou interdit dans plusieurs pays du monde : en Russie, au Japon, en Suède, en Allemagne, et depuis 2008 en Norvège et au Danemark. Mais en France, le débat public sur l’amalgame dentaire, largement dominé par ses défenseurs, a été réduit au silence par un rapport officiel des autorités sanitaires qui lui prêtent toute innocuité.
C’est ainsi que dans notre pays, les malades qui présentent des symptômes d’intoxication chronique aux métaux (fatigue, dépression, timidité, douleurs musculaires, troubles neurologiques), ne sont pas dépistés, ne sont pas reconnus, et sont envoyés vers la psychiatrie.
Dans la précédente émission, les membres du Groupe d’Entraide des Intoxiqués au Mercure (GEIM), promettaient de passer par un procès de santé publique pour se faire entendre.
Nous avons recueilli pour cette seconde émission le témoignage d’une des premières familles qui a porté plainte en 2005 auprès du tribunal de grande instance de Limoges, ainsi que ceux de spécialistes, dont Mme Bertella Geffroy, juge d’instruction notamment, des affaires de l’amiante et du sang contaminé, et entre les mains de laquelle se trouve le dossier de l’amalgame dentaire. Ces témoignages décrivent le flou médical et le néant dans lesquels se sont trouvés les malades qui ont décidé de porter plainte. Plainte qui, au-delà du débat pour ou contre les amalgames dentaires, dénonce avant tout l’impossibilité d’avoir accès, aujourd’hui en France, à une discussion pragmatique avec les autorités sanitaires, et à un vrai diagnostic d’une intoxication chronique aux métaux lourds, c’est-à-dire à la vérité quelle qu’elle soit.

Avec :
Claire Sarthout, plaignante ;
Marie-Odile Bertella Geffroy, juge d’instruction au pôle de santé publique du Tribunal de Grande Instance de Paris ;
Marie Grosman, biologiste ;
Maître Ludot, avocat ;
Jean-Paul Davidas, chirurgien dentiste ;
Isabelle Montigny, avocate.

Un grand merci à la famille Sarthout, à Véroz, Stéphanie B., Jean Menezo, André Bolzinger, et toutes les personnes qui ont laissé des messages au 0143299960, sur le répondeur prévu à cet effet.

Producteur coordonnateur : Alexandre Héraud
Productrice déléguée : Inès Léraud
Réalisation : Yvon Croizier

souce : http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/sur_docks/fiche.php?diffusion_id=67896&pg=avenir

20/08/2008

mondialisation : tests cliniques en Inde

lu sur lemonde.fr :

http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2008/08/20/49-bebes-morts-au-cours-de-tests-cliniques-a-new-delhi_1085803_3216.html

49 bébés morts au cours de tests cliniques à New Delhi
LE MONDE | 20.08.08 | 14h13 • Mis à jour le 20.08.08 | 14h13
NEW DELHI CORRESPONDANCE

Depuis le 1er janvier 2006, 49 bébés sont morts à l'Institut des sciences médicales, à New Delhi, où ils subissaient des tests cliniques. Tous ont servi de cobayes pour de nouveaux médicaments mis au point par des laboratoires étrangers, dont les suisses Novartis et Roche.

En deux ans et demi, le département pédiatrique de l'hôpital a conduit une série de 42 tests sur 4 142 bébés, dont 2 728 âgés de moins d'un an. L'Institut a réagi en affirmant que toutes les morts ne pouvaient pas être imputées aux traitements administrés. "Dans certains cas, la mort était l'aboutissement normal au vu de l'état de santé de certains patients. Nous voulions voir si un nouveau traitement pouvait améliorer la situation", a indiqué un porte-parole.

En moyenne, 40 % des dépenses engagées pour mettre sur le marché un nouveau médicament sont consacrés aux tests cliniques. En Inde, les cobayes médicaux coûtent de 20 à 60 % moins cher que dans les pays occidentaux.

Attirés par les compensations financières, les patients, pauvres et illettrés, se portent plus facilement candidats aux essais. Les réglementations en Inde sont moins contraignantes.

Le ministère indien de la santé a proposé l'année dernière le vote d'un amendement autorisant les laboratoires pharmaceutiques étrangers à tester leurs médicaments sur des patients indiens, avant même que leur innocuité ne soit démontrée. 139 tests médicaux sont en cours dans le pays, pour un budget estimé à 200 millions de dollars. D'ici à 2010, le marché de la sous-traitance des tests cliniques dans le pays pourrait atteindre 1 milliard de dollars.

L'Institut des sciences médicales a nommé un comité indépendant de cinq experts pour déterminer si la mort des 49 bébés est liée aux traitements qui leur ont été administrés. Le porte-parole du Parti du Congrès, qui dirige la coalition au pouvoir, a réclamé l'interruption de tous les essais cliniques, dans l'attente des premiers résultats de l'enquête.

Julien Bouissou
Article paru dans l'édition du 21.08.08

18/06/2008

Des médecins appellent à un usage prudent des portables

lu dans lemonde.fr :
http://www.lemonde.fr/sciences-et-environnement/article/2008/06/16/des-medecins-appellent-a-un-usage-prudent-des-portables_1058722_3244.html

Des médecins appellent à un usage prudent des portables
LE MONDE | 16.06.08 | 15h28 • Mis à jour le 16.06.08 | 15h28

Quand saura-t-on avec certitude si les centaines de millions de personnes qui utilisent intensivement des téléphones portables sont ou non exposées à un risque sanitaire ? Depuis l'apparition de ce nouveau mode de communication, la controverse est récurrente. Elle est aujourd'hui relancée par un appel solennel à la prudence lancé dans les colonnes du Journal du dimanche, dimanche 15 juin, par vingt personnalités françaises et étrangères du monde scientifique et de la cancérologie, dont les professeurs Henri Pujol, ancien président de la Ligue nationale contre le cancer, et Lucien Israël.

A 9 heures par e-mail, recevez les titres du journal à paraître l'après-midi.
Abonnez-vous au Monde.fr : 6€ par mois + 30 jours offerts
SUR LE MÊME SUJET
Les faits L'écran tactile à la conquête des portables
Edition abonnés Archive : Prohibition, par Robert Solé

Inquiets des possibles conséquences cancéreuses d'un usage intensif de ces appareils sur le tissu cérébral des utilisateurs, les signataires de cet appel dressent une liste de mesures de précaution simples qui doivent, selon eux, être prises dans l'attente d'une évaluation épidémiologique rigoureuse et objective des risques. Il conviendrait ainsi de ne pas autoriser, sauf en cas d'urgence, les enfants de moins de 12 ans à utiliser ce type de téléphone. Il est aussi recommandé de maintenir le téléphone à plus d'un mètre du corps lors des communications, en ayant recours au mode haut-parleur, à un kit mains libres ou encore à une oreillette.

Les signataires estiment également indispensable d'éviter, autant que faire se peut, de porter un téléphone mobile sur soi. Ils suggèrent enfin de communiquer plutôt par SMS et de ne pas utiliser l'appareil lorsque la force du signal est faible et lors de déplacements en voiture ou en train.

Ces recommandations sont formulées au nom du principe de précaution et se fondent sur quelques publications scientifiques récentes et controversées. Elles reprennent en partie celles formulées par les autorités sanitaires françaises, pour lesquelles aucun argument objectif ne permet toutefois, aujourd'hui, d'affirmer que les téléphones portables exposent leurs utilisateurs à un risque sanitaire notable.

L'IMPACT DES FAIBLES DOSES

"Je suis pour l'essentiel en accord avec l'analyse des signataires de cet appel à la prudence, déclare le professeur Elisabeth Cardis, du Centre pour la recherche en épidémiologie environnementale (Barcelone), qui coordonne l'étude épidémiologique internationale Interphone. Il faut toutefois savoir que les résultats de certaines études sur les effets biologiques sont actuellement remis en question. Mais en l'absence de résultats définitifs et compte tenu d'un certain nombre d'études qui, bien que limitées, suggèrent un effet possible des radiofréquences, j'estime que des précautions s'imposent et qu'il faut restreindre l'utilisation des portables chez les plus jeunes."

On attend depuis plus de quatre ans les conclusions de l'étude Interphone, menée dans treize pays sous l'égide du Centre international de recherche sur le cancer (CIRC). Cette étude a été lancée en 2000, mais les chercheurs sont confrontés à de nombreuses difficultés techniques inhérentes à l'évaluation de l'impact des faibles doses. En pratique, ils ont identifié de manière rétrospective plusieurs milliers de cas de cancers (tumeurs cérébrales, du nerf acoustique et de la glande parotide) avant de chercher à évaluer l'existence d'un risque.

Jean-Yves Nau
Article paru dans l'édition du 17.06.08.

06/05/2008

le risque sanitaire des plastiques alimentaires



"A la mi-avril, le gouvernement canadien annonçait son intention d'interdire la commercialisation de biberons constitués de plastique contenant du bisphénol A (BPA), substance désormais considérée comme toxique dans ce pays. Cette décision a aussitôt relancé, à l'échelon international, la controverse concernant les risques sanitaires inhérents à ce composé organique présent dans de très nombreuses matières plastiques et que l'on retrouve dans les fluides corporels de toutes les personnes, ou presque, vivant dans les pays industriels."...

23/04/2008

La fréquence accrue des leucémies infantiles près de sites nucléaires reste inexpliquée


09/01/2008

L'OMS félicite la France pour sa loi anti-tabac

lu sur lemonde.fr :
09.01.08 | 18h10
PARIS (Reuters) - Margaret Chan, directrice générale de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), a félicité la France pour sa loi anti-tabac, soulignant que le tabagisme causait plus de décès dans le monde que le VIH, la tuberculose et la malaria réunis.
"Je voudrais féliciter le gouvernement pour avoir promulgué une loi qui protège du tabac et du tabagisme passif", a-t-elle déclaré à l'issue d'un entretien avec le Premier ministre, François Fillon.
"Les mesures visant à limiter la consommation de tabac sont extrêmement importantes car les maladies liées au tabac sont en progression et les décès dus au tabagisme dépassent ceux dus au VIH, à la tuberculose et à la malaria réunis", a-t-elle souligné.
Margaret Chan a rencontré François Fillon à l'occasion de la signature entre la France et l'OMS d'un accord de coopération pour la période 2008-2013.
L'interdiction de fumer dans les lieux publics est entrée en vigueur le 1er janvier en France, qui suit ainsi l'exemple de l'Irlande, de l'Italie ou de la Suède.
Selon des statistiques officielles, le tabagisme passif provoque le décès de 5.000 personnes par an en France. En outre, on recense 66.000 morts imputables au tabac chaque année, dont 20.000 par cancer du poumon.

Sophie Louet

14/12/2007

le risque de cancer près des centrales nucléaires


15/11/2007

l'impact de la pollution sur les dépenses de santé


07/11/2007

Les images violentes rendent les petits garçons agressifs



..."Nous avons découvert que plus les enfants qui ne sont pas encore en âge d'être scolarisés regardent des émissions de télévision violentes, plus ils seront enclins à avoir des comportements antisociaux - agressivité, désobéissance, tendance à s'attirer des ennuis - une fois qu'ils vont à l'école", a déclaré Dimitri Christakis, qui considère que les dessins animés "sont les principaux coupables".
Pour le chercheur, ce type de programmes, que les parents laissent leurs enfants regarder en toute confiance et où l'on voit des personnages retomber sur leurs pieds après avoir parfois affronté des catastrophes, "véhiculent une fausse impression sur la violence dans la vie réelle"...

25/10/2007

le fond de l'air effraie !



..."Alors qu'en France, le décret interdisant de fumer dans les bars, restaurants, casinos et discothèques entrera en vigueur le 1er janvier 2008, cette étude vient confirmer les méfaits du tabagisme passif. Ce n'est pas vraiment une surprise, mais c'est désormais mesuré."...

23/09/2007

échec d'un essai de vaccin contre le sida


15/09/2007

à savoir


21/08/2007

Le stress au travail



extrait de l'article :
..."Les résultats de cette étude font apparaître deux faits nouveaux. D'une part, ils attestent d'un lien entre le stress au travail et l'existence d'authentiques désordres psychiatriques. Ils démontrent, d'autre part, qu'il s'agit bien de troubles qui ne préexistaient pas, permettant d'écarter l'hypothèse selon laquelle les personnes atteintes depuis l'enfance se dirigeraient préférentiellement vers des emplois stressants."...

15/08/2007

Les pesticides, comment çà marche



À lire, ne serait-ce que pour les intéressantes explications sur le fonctionnement des pesticides.

29/07/2007

Une corrélation entre usage du cannabis et psychoses


06/06/2007

info pour toutes les femmes



L'IRM est l'outil le plus performant pour détecter les cancers du sein
LE MONDE | 06.06.07 | 15h19 • Mis à jour le 06.06.07 | 15h19
CHICAGO ENVOYÉ SPÉCIAL
L'examen le plus performant pour détecter un cancer du sein débutant est l'imagerie par résonance magnétique (IRM), ont confirmé plusieurs études présentées au congrès annuel de la Société américaine d'oncologie clinique (ASCO), qui s'est tenu du 1er au 5 juin à Chicago. Il n'est cependant pas possible de recommander sa généralisation parce que cette technique, onéreuse, n'est pas accessible partout, que les procédures d'examen ne sont pas standardisées et qu'elles ne font nulle part l'objet d'un contrôle de qualité.
Chaque année dans le monde, un million de cancers du sein sont découverts et 400 000 femmes en meurent. La plupart de ces cancers affectent en premier lieu les cellules de la paroi des canaux par lesquels s'écoule le lait. En l'absence de traitement chirurgical, ce carcinome in situ intracanalaire peut devenir un cancer invasif, qui va s'étendre rapidement dans le cas d'un carcinome de "haut grade", ou progresser lentement ou très peu, dans le cas contraire. La mammographie permet le diagnostic en détectant des microcalcifications, signes indirects du carcinome, mais qui ne sont pas toujours présentes. De son côté, l'IRM donne une image directe du cancer localisé.
GRANDE SENSIBILITÉ
A Chicago, Christiane Kuhl (université de Bonn, Allemagne) a communiqué une étude menée sur plus de 5 000 femmes dans un centre spécialisé en IRM et comparant cet examen à la mammographie. Le diagnostic de carcinome a été posé chez 167 femmes. L'examen par IRM était positif dans 92 % des cas diagnostiqués, contre 56 % de mammographies positives. La sensibilité de l'IRM était encore plus grande dans le cas des carcinomes de haut grade : 98 % détectés contre 52 %. D'autres études ont confirmé cette sensibilité, même si plusieurs travaux indiquent que l'IRM donne aussi lieu à des résultats faussement positifs en détectant à tort des cancers.
Pour autant, les spécialistes se gardent de préconiser l'abandon du dépistage par mammographie au profit du recours à l'IRM, qui coûte dix fois plus cher. "La mammographie sauve des vies. Ces résultats apportent des arguments sur l'intérêt de l'IRM, mais le contrôle qualité de l'IRM fait partout défaut dans le monde, l'expérience des praticiens est très inégale et nous n'avons pas, comme c'est le cas pour la mammographie de procédure d'examen standardisée", affirme Julie Gralow, porte-parole de l'ASCO. "Nous savons bien que l'IRM réalisée dans les conditions de notre étude est loin d'être partout disponible", reconnaît Christiane Kuhl.
Julia Gralow souligne que "nous ignorons les conséquences que peut avoir la découverte plus tardive d'un carcinome in situ intracanalaire, dans la mesure où une partie d'entre eux ne donnera pas de cancer invasif. Il faut identifier les femmes qui tireraient le plus grand bénéfice de l'IRM". Dans un premier temps, l'IRM paraît devoir être avant tout proposée aux femmes porteuses de mutations génétiques connues pour augmenter le risque de cancer du sein.
Paul Benkimoun
Article paru dans l'édition du 07.06.07.

05/06/2007

La directive REACH

CALENDRIER du règlement européen REACH (acronyme pour Enregistrement, évaluation et autorisation des produits chimiques).
1ER JUIN 2007 :
entrée en vigueur dans l'Union européenne de Reach
1ER JUIN 2008 :
début de l'enregistrement des nouvelles substances dont l'utilisation dépasse une tonne, auprès de l'Agence européenne des produits chimiques. Le dossier d'enregistrement doit fournir des données sur les propriétés toxicologiques et écotoxicologiques et fournir une évaluation des risques pour la santé et l'environnement. L'Agence doit donner son autorisation pour les produits les plus toxiques.
DÉCEMBRE 2010 :
toutes les substances produites ou importées pour un total de 1 000 tonnes ou plus, par an, devront avoir été enregistrées. Leur nombre est estimé à 2 500. Sont aussi concernées par cette étape les substances CMR (cancérigènes, mutagènes et toxiques pour la reproduction), dès lors que leur quantité dépasse une tonne.
JUIN 2013 :
date limite d'enregistrement pour les 2 500 substances dont le tonnage d'utilisation est compris entre 100 et 1 000 tonnes.
JUIN 2018 :
fin du délai pour les substances utilisées en plus petites quantités.