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28/12/2014

1214 / 2014 : 8 siècles !

Bouvines, 27 juillet 1214

il y a 8 siècles !

Et toujours cet affrontement entre pays anglo-saxons et la France, sur le plan économique et sociétal aujourd'hui.

Aviez-vous entendu parler de la commémoration ? Moi pas !

S'agit-il d'une volonté des médias et de leurs maîtres pour passer sous silence ce rappel historique ?

Il serait utile d'envisager une Union des pays Méditerranéens pour s'engager dans une autre voie que celle du libéralisme mercantile anglo-saxon. 

Voici quelques liens :

Par François-Guillaume LorrainLe Point - Publié le 22/12/2014 à 00:00 - Modifié le 22/12/2014 à 08:53

Bataille de Bouvines — Wikipédia

La bataille de Bouvines est une bataille qui se déroula le dimanche 27 juillet 1214 près de Bouvines, dans le comté de Flandre (aujourd'hui dans le ...

Bouvines 2014 | Célébration du 800è anniversaire de la bataille de ...

04/08/2014

Les informations sur Gaza

www.lemonde.fr/proche-orient/article/2014/08/04/l...

La correspondante de la Télévision publique espagnole (TVE) en Israël, Yolanda Alvarez, ne compte plus les commentaires de soutien sur son compte Twitter depuis ...

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1/8/14

TVE ordena regresar a su corresponsal en Gaza tras acusarla Israel de ser de Hamás

Yolanda Álvarez

Televisión Española ha ordenado el regreso de su enviada especial a Gaza tras las acusaciones de Israel, cuya embajada en España ha afirmado que Yolanda Álvarez actuaba como "correa de transmisión de los mensajes, cifras, imágenes y datos de Hamás".

La embajada de Israel en España afirmaba que "las crónicas dramatizadas de Yolanda Álvarez , empezando por el abuso de adjetivos y siguiendo por las muy cuidadas puestas en escena, resultado de un casting y selección de escenarios al dictado de los intereses de Hamás, son, sin más, el producto de una activista".

La dirección de TVE ha señalado que no saldrá en defensa de su corresponsal "porque no lo considera importante". El Consejo de Informativos reclama la vuelta a Gaza de Álvarez, "que salió de la Franja ayer cumpliendo órdenes de la dirección de la Corporación RTVE".

El consejo acusa a la embajada de "amordazar y coaccionar a una periodista independiente, de un medio público español", y considera que las acusaciones de Israel pueden "comprometer la seguridad personal" de la reportera. "El derecho a la libertad de expresión no puede amparar acusaciones que rayan el delito", añade el comunicado.

Comunicado íntegro de la embajada de Israel en España

"Hace ya casi un año que me incorporé como Portavoz a la Embajada de Israel en España. En este tiempo he seguido con detalle los medios de comunicación. En general, no me ha sorprendido el posicionamiento de cada uno de ellos en la cobertura de la actual crisis, excepto uno: Televisión Española.

Desde el inicio de la crisis, la corresponsal de TVE en Israel, Yolanda Álvarez, se estableció en Gaza, convirtiéndose desde el primer momento en correa de transmisión de los mensajes, cifras, imágenes y datos de Hamás. Las crónicas dramatizadas de Yolanda Álvarez, empezando por el abuso de adjetivos y siguiendo por las muy cuidadas puestas en escena, resultado de un casting y selección de escenarios al dictado de los intereses de Hamás, son, sin más, el producto de una activista. El activismo político no es, desde luego, periodismo, y transmitir propaganda no es informar. 

¿Alguien en su sano juicio puede creerse que, tras más de tres semanas en Gaza, no ha tenido oportunidad de hablar y tomar imágenes de los almacenes de armas de Hamás, del lanzamiento de cohetes desde zonas habitadas, del uso de civiles para proteger los edificios (viviendas, escuelas, hospitales, mezquitas) desde los cuales los terroristas lanzan cohetes y misiles? Lo intolerable no es que la Sra. Álvarez se dedique a la militancia y al activismo propagandístico, sino que un medio de comunicación público le dé cabida en sus informativos".

Hamutal Rogel
 

03/08/2014

Ce matin, aux informations à la radio, ...

Ce matin, aux informations à la radio, avez-vous remarqué, le temps consacré à la mort d'un seul soldat israélien ? N'êtes-vous pas choqué par le façon dont l'information est traitée par la plupart des médias en ce qui concerne Gaza et la Palestine ?

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à lire sur le Point :

Gaza : bain de sang à Rafah 
Au moins 107 Palestiniens ont été tués depuis vendredi lors d'attaques israéliennes qui ont suivi la disparition d'un soldat israélien. Lire

28/05/2014

Résultats de l'élection européenne en fonction de l'exposition médiatique

De l'influence des médias sur le comportement social.

Trouvé sur le site de l'UPR :

lien : Bilan des élections Européennes du 25 mai 2014 – Union Populaire Républicaine

L’INJUSTICE DU TRAITEMENT MÉDIATIQUE CONSTITUE LA RAISON PRINCIPALE DES RÉSULTATS ENCORE MODESTES DE L’UPR

Nous avons effectué une compilation des temps de parole relevés par le CSA (voir aussi notre saisine au CSA) sur les chaînes de télévision et de radio française durant la période du 14 avril au 16 mai. Cette période est importante parce que c’est celle pendant laquelle se cristallisent pour l’essentiel les choix des électeurs.

Or les chiffres parlent d’eux-mêmes (par ordre décroissant d’exposition médiatique ) :

  1. Parti socialiste / Parti radical de gauche : 21 H 05′ 40″ (24,61%)
  2. UMP : 20 H 58′ 46″ (24,48%)
  3. Front National : 11 H 18′ 38″ (13,20%)
  4. UDI/MODEM : 10 H 09′ 38″ (11,86%)
  5. EELV : 7 H 11′ 45″ (8,40%)
  6. Front de Gauche : 3 H 17′ 17″ (3,84%)
  7. Debout La République : 2 H 15′ 31″ (2,64%)
  8. Nouvelle Donne : 1 H 44′ 24″ (2,03%)
  9. Lutte Ouvrière : 1 H 39′ 49″ (1,94%)
  10. Force Vie : 1 H 22′ 43″ (1,61%)
  11. Nous Citoyens : 1 H 15′ 40″ (1,47%)
  12. NPA : 1 H 11′ 32″ (1,39%)
  13. Cap 21 (C. Lepage) : 1 H 10′ 51″ (1,38%)
  14. Parti Pirate : 0 H 20′ 30″ (0,40%)
  15. Alliance Écologiste Indépendante : 0 H 10′ 33″ (0,21%)
  16. Parti européen : 0 H 09′ 32″ (0,19%)
  17. Europe Démocratie Espéranto : 0 H 08′ 53″ (0,17%)
  18. Féministes : 0 H 06′ 57″ (0,14%)
  19. Parti du Vote Blanc : 0 H 06′ 15″ (0,12%)
  20. Parti pour la Décroissance : 0 H 05′ 56″ (0,12%)
  21. Parti Breton : 0 H 02′ 41″ (0,05%)
  22. Alliance Royale : 0 H 02′ 08″ (0,04%)
  23. Union Populaire Républicaine : 0 H 01′ 30″ (0,03%) (Nota : le samedi du Pont du 1er mai, à 07h00 du matin)
  24. Cannabis Sans Frontière : 0 H 00′ 20″ (0,01%)
  • TOTAL : 85 H 57′ 29″

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LES RÉSULTATS GLOBAUX DU SCRUTIN

Les résultats globaux des élections européennes du 25 mai 2014 ont été les suivants (en % des suffrages exprimés, et après prise en compte des votes des Français de l’étranger) :

  • FN : 24,95%
  • UMP : 20,66%
  • PS : 13,88%
  • UDI/MODEM : 9,70%
  • EELV : 8,75%
  • Front de Gauche : 6,23%
  • DLR : 3,82%
  • Nouvelle Donne : 2,90%
  • Nous Citoyens : 1,41%
  • Lutte Ouvrière : 1,17%
  • Alliance écologiste indépendante : 1,13%
  • Force Vie (C. Boutin) : 0,72%
  • Europe citoyenne (C. Lepage) : 0,66%
  • Parti du vote blanc : 0,58%
  • UPR : 0,41%
  • NPA : 0,40%
  • Parti Pirate : 0,21%
  • Europe Démocratie Espéranto : 0,18%
  • Féministes pour une Europe solidaire : 0,15%
  • Parti fédéraliste européen : 0,10%
  • toutes les autres listes : en dessous de 0,10%

22/05/2014

Européennes de dimanche : les dés sont pipés

communiqué :

L’UPR saisit en urgence le CSA en raison du non-respect, par les grands médias audiovisuels, des principes démocratiques posés par l’article 4 de la Constitution

le 27 avril 2014 dans 

Communiqués de presse

L’Union Populaire Républicaine (UPR) a adressé, le 23 avril 2014, un courrier recommandé avec accusé de réception au Président du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), Olivier Schrameck.

Ce courrier circonstancié – en copie de ce communiqué – demande au CSA d’intervenir en urgence auprès des médias audiovisuels de grande diffusion pour qu’ils ouvrent enfin leurs antennes à l’UPR, en application du principe d’équité posé par le CSA lui-même et en application de l’obligation, posée par la Constitution, de permettre les expressions pluralistes des opinions politiques.

L’UPR rappelle que ces principes démocratiques fondamentaux figurent en effet dans la Constitution, dont l’article 4 dispose que « la loi garantit les expressions pluralistes des opinions et la participation équitable des partis et groupements politiques à la vie démocratique de la Nation ». C’est le CSA qui, en vertu de la loi du 30 septembre 1986, « assure le respect de l’expression pluraliste des courants de pensée et d’opinion dans les programmes des services de radio et de télévision, en particulier pour les émissions d’information politique et générale ».

Alors qu’a débuté la campagne pour les élections européennes, l’UPR, malgré sa présence dans l’ensemble des circonscriptions du scrutin et malgré son développement spectaculaire, n’est, en effet, toujours pas admise à s’exprimer ni sur les grandes chaînes de télévision, ni sur les grandes stations de radio. 

L’existence même de l’UPR n’est même jamais mentionnée nulle part dans ces médias de grande diffusion, qui  continuent de promouvoir les partis politiques qui ont été rejetés par 61% des Français, abstentionnistes au scrutin de 2009.

En outre, alors que tous les partis politiques présents au scrutin, de l’extrême droite à l’extrême gauche, proposent une « autre Europe » ou de « renégocier les traités européens » , seule l’UPR propose la sortie de la France de l’Union européenne, de l’euro et de l’OTAN.

La diversité et le pluralisme des opinions ne sont donc pas représentés dans les médias, dès lors que ces derniers empêchent de s’exprimer le seul parti qui s’oppose au principe même de la « construction européenne ».

Le courrier de l’UPR adressé au CSA comporte :

a) une lettre de six pages, par laquelle François Asselineau, Président de l’UPR et candidat tête de liste dans la circonscription Île-de-France, demande au Président du CSA de contraindre les médias audiovisuels à jouer leur rôle démocratique normal, en application de l’article 4 de la Constitution ;

b)- un dossier de vingt-cinq pages constitué de huit annexes qui démontrent que :

1)  l’UPR rassemble désormais un nombre d’adhérents très supérieur à celui de partis politiques largement médiatisés ;

2) le site Internet de l’UPR est le deuxième site le plus fréquenté de tous les partis politiques français ;

3) les émissions ou les entretiens avec l’UPR sur les télés-web ou sur les radios de la bande FM enregistrent des succès d’audience importants, très supérieurs aux résultats obtenus sur les mêmes vecteurs par les partis ou responsables politiques constamment invités dans les médias de grande diffusion ;

4) les partis politiques « Nouvelle donne » et « Nous citoyens », lancés à l’automne 2013, ont été massivement médiatisés dès leur début, alors qu’ils n’étaient que d’une taille embryonnaire ;

5) le poids des voix obtenues par l’UPR à l’élection législative partielle du 16 juin 2013 par rapport à des formations très médiatisées ne se retrouve pas dans la représentation de l’UPR au sein des médias audiovisuels de grande diffusion ;

6) le FN fait l’objet d’une sur-médiatisation dans le but d’assimiler, aux yeux du public, le rejet de l’Union européenne à une position d’extrême droite, et d’empêcher ainsi tout débat réel de fond ;

7) en empêchant tout débat sérieux et serein sur le principe de la « construction européenne », les médias de grande diffusion contribuent de façon tragique à la dénaturation de la démocratie ;

8) en refusant d’inviter l’UPR, les médias de grande diffusion empêchent cette dernière de répondre aux attaques et manipulations du FN.

Documents :

Lettre envoyée au Président du CSA le 22 avril 2014

Passages médias des partis Nouvelle Donne et Nous citoyens

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27/10/2013

La publicité aujourd'hui

lu sur :

http://www.lemonde.fr/idees/article/2013/10/26/le-terrorisme-publicitaire_3503506_3232.html

Le terrorisme publicitaire

LE MONDE | 26.10.2013 à 12h18 • Mis à jour le 26.10.2013 à 17h00 |Par Hans Magnus Enzensberger (Poète, écrivain, traducteur et journaliste)

Elle fut toujours bruyante. Aujourd'hui, on peut encore entendre, sur un certain nombre de marchés, la voix des camelots. Elle est agaçante, mais inoffensive. Lorsque la révolution industrielle lança le coup d'envoi de la consommation de masse, la réclame passa au régime industriel. Dans les milieux qui se prenaient pour l'élite, on tint longtemps pour vulgaire de se vanter soi-même, ou de vanter ses produits. Le fait que le secteur ait rebaptisé son activité « publicité » n'a pas amélioré sa réputation.

Des natures moins snobs participent aujourd'hui comme jadis à des jeux-concours, échangent des bons de réduction et comparent remises et promotions-bonnes affaires. Comment peut-on parler avec autant de bonhomie du terrorisme de la publicité ? N'est-on pas trop optimiste ? Et en quoi le tam-tam du camelot a-t-il absolument à voir avec la politique ?

Même si la clientèle ingénue ne veut rien en savoir, il est un fait : la politique s'est très vite emparée de la publicité –− l'inverse étant tout aussi vrai. La publicité est devenue, au plus tard à partir des années 1920, une force politique. Les partis se sont imposés comme des marques commerciales déposées et, afin d'obtenir des parts de marché, ont lutté plutôt au moyen de slogans qu'au moyen d'arguments.

Au cours des années de crise et de guerre civile qui succédèrent en Allemagne à la première guerre mondiale, la propagande avait atteint des proportions effrayantes. Aucune dictature du siècle ne s'en sortirait sans la « créativité » de spécialistes en publicité. Ce furent eux qui s'occupèrent des formulations les plus efficaces lorsqu'il fut question de campagne de dénigrement antisémite, d'agit-prop, de procès spectacles, de préparatifs de guerre et de culte de la personnalité.

« UN PEUPLE, UN REICH, UN FÜHRER »

Après 1945, il devint inenvisageable de faire des affaires avec des paroles du genre « Un peuple, un Reich, un Führer », ou avec des mises en scène de réunions politiques de masse à la Leni Riefenstahl. Aussi, lorsqu'en 1989 ce fut un peu plus qu'un mur qui tomba, et lorsque disparurent les banderoles qui proclamaient ce que signifiait apprendre à triompher de l'Union soviétique, les spécialistes émérites de l'agit-prop durent chercher du regard de nouveaux champs d'activité. Etant donné leur souplesse d'esprit, il ne leur fut pas difficile de s'adapter lorsque sonna l'armistice de la guerre froide.

Le besoin de tels spécialistes avait déjà pris une forte importance depuis le développement des médias de masse. Balzac et Zola savaient, en leur temps, que la presse ne pouvait pas vivoter de la seule vente des journaux. Les agences publicitaires fleurissaient au fur et à mesure que se développait l'édition de magazines et de journaux à sensation. Lorsque la radio et la télévision devinrent des médias de masse, elles conclurent en Amérique un pacte à la vie à la mort avec la « Madison Avenue » à New York, où se sont historiquement installées les grandes agences de publicité. Les films et les informations seraient interrompus et rallongés de façon routinière par des intermèdes publicitaires.

Ce que cela impliqua comme conséquences politiques et sociopsychologiques n'a été jusqu'à présent qu'insuffisamment exploré. Une armée d'universitaires-consultants, de sociologues et de spécialistes en études de marché, qui se mit au service des industries concernées, s'est chargée de ne pas le faire. Dans une économie de la captation de l'attention, il ne doit qu'en tout dernier lieu être question d'élucider le monde dans lequel on vit. On s'évertuera pour cette raison à privatiser l'espace public et à soutirer à la population le temps qui lui est laissé pour vivre sa vie. La publicité a atteint ces objectifs.

Elle a dévasté l'habitat avec ses panneaux lumineux, ses enseignes et ses banderoles. Les grands axes de circulation, les gares et les stations de bus et métro sont encombrés de toutes parts de panneaux-écrans sur lesquels un quelconque « annonceur » cherche à écouler quelque chose. Avec la même violence, la publicité s'introduit dans l'espace privé des hommes et leur vole autant de temps que possible. Personne ne peut aujourd'hui entrer dans un cinéma sans être importuné par les beuglements de la publicité. Un autre vieux moyen de communication, le téléphone, a lui aussi été colonisé par les entreprises de marketing et autres voleurs d'attention. La grande famille des publicités-déchets fait, avec ses prospectus et ses newsletters, l'essentiel des échanges postaux.

Il est difficile de comprendre quelle longanimité permet à l'humanité de tolérer ces abus. La résistance s'organisa de façon timide : « Pas de publicité ! », lit-on sur de nombreuses boîtes aux lettres, une requête ignorée par les distributeurs d'ordures sous-payés qui doivent remplir leurs quotas. Aucune protection n'est à espérer de la part des institutions étatiques.

Tout cela fait pourtant partie d'une phase de l'évolution technique qui donne déjà une impression de suranné. Car la puissance politique de la publicité a pris au cours des trois, quatre dernières décennies une ampleur sans précédent. Ce furent l'invention de l'ordinateur et la mise en place d'Internet qui rendirent cela possible.

LES MISES À JOUR SONT TRAFIQUÉES

Depuis, GoogleFacebook, Yahoo & Co –- et leurs valeurs boursières –- éclipsent les vieux monstres de l'industrie lourde et des capitaux financiers. Tout le monde apparaît dans leurs fichiers clientèle. Leur principe de base est de ne générer par eux-mêmes aucun contenu. Cette tâche, ils la laissent à d'autres médias ou bien aux utilisateurs, qui leur fournissent gratuitement informations ou détails sur leurs vies privées. Ce modèle commercial dépend du financement par la publicité. Ces groupes disparaissent s'ils ne font pas de la retape. Il n'y a pas de moteur de recherche neutre. Les mises à jour sont trafiquées, les recommandations d'achat falsifiées, les enfants rééduqués en bons petits clients. Certes, des géants du commerce comme Amazon doivent se coltiner comme avant l'expédition des biens matériels, et des groupes comme Microsoft ou Apple vivent encore de la vente de leurs logiciels et de leur matériel informatique. Mais qui veut gérer des milliards de clients doit collecter leurs données personnelles. Des méthodes mathématiques, qui s'avèrent de très loin supérieures aux méthodes jadis utilisées par les techniciens de la domination politique des polices secrètes, servent à cela.

La publicité a ainsi adopté une nouvelle dimension politique. Car les groupes américains qui dominent l'Internet sont des alliés des « Etats dans l'Etat ». Les relations qu'ils entretiennent avec les services secrets reposent sur de solides intérêts communs ; groupes industriels comme services secrets ont besoin de toutes les informations disponibles permettant de contrôler la population. On se met d'accord sur le fait que les droits fondamentaux ne sont que des vestiges de temps révolus. De façon très obligeante, l'un des protagonistes les plus puissants, le créateur de Facebook, Mark Zuckerberg, est convaincu que l'époque de la sphère privée est terminée.

Alors que la politique européenne fait celle qui ne se doute de rien, joue à la dégonflée, on remarque que ceux qui s'opposent aux « Etats dans l'Etat » viennent justement des Etats-Unis. Les lanceurs d'alerte traités de traîtres, comme le sont M. Manning et M. Snowden, restent fidèles à la Constitution de leur pays.

Il est difficile de déterminer avec précision qui est aux manettes dans le camp de la surveillance et du contrôle. S'agit-il desdits « services » étatiques, qui se sont émancipés de tout contrôle démocratique ? Leur père fondateur, J. Edgar Hoover, le patron du FBI, avait déjà réussi à intimider des présidents avec ses dossiers. Aujourd'hui, les chefs de gouvernement regardent de monstrueux services jouer aux patrons.

S'agit-il donc de ces organisations qui gardent la situation bien en main, en se cachant derrière les acronymes des services de renseignement comme NSA, DGSE et BND ? Ou bien s'agit-il plutôt de leurs complices, les groupes industriels d'Internet, qui maîtrisent les données ? Ce partenariat forme un univers politique parallèle dans lequel la démocratie ne joue plus le moindre rôle.

On trouve encore dans cette association un troisième larron : la criminalité organisée. Là encore, il n'est pas évident de comprendre à quoi on a affaire. Certes, tout « utilisateur » sait bien que des syndicats du crime internationaux s'activent en permanence sur la Toile afin de voler des données, afin de semer spams, attaques par hameçonnage, virus et chevaux de Troie, afin de blanchir l'argent de la drogue, de faire du commerce d'armes. Et saisir ainsi toutes les occasions d'argent sale que le flux de données a à offrir. Mais les frontières entre les affaires civiles et militaires, entre les cellules d'espionnage et les cellules terroristes sont floues, car toutes les parties utilisent les mêmes méthodes et recrutent les mêmes informaticiens, hackeurs et cryptographes à partir d'une même pépinière de talents.

Cela vaut pour un autre participant à ce jeu avec la Toile. Il est de loin le plus petit. Son rôle est celui du trouble-fête. Parce que l'anonyme guérillero du Web fonctionne à l'écart de toute forme d'organisation hiérarchique, en s'en passant fort bien, il est difficilement saisissable. Cette forme avancée de résistance civique réserve probablement encore aux services secrets plus d'une fâcheuse surprise.

Ce qui est beau dans le régime post-démocratique dans lequel nous vivons, c'est son silence. Les rôles du gardien d'immeuble-espion et du délateur sont désormais assurés par des millions de caméras de surveillance et de téléphones portables. Pour la très grande majorité des gens, c'est chose assez agréable. Doit-on alors appeler progrès historique le fait de découvrir que la surveillance totale et le contrôle total de la population s'avèrent également possibles avec des moyens relativement non violents, relativement peu sanglants ?

Cette situation est garantie par la domination des services secrets et leur alliance avec la publicité. Qui s'accommode donc de ce régime le fait à ses risques et périls.

Traduit de l'allemand par Frédéric Joly


Hans Magnus Enzensberger (Poète, écrivain, traducteur et journaliste)

Hans Magnus Enzensberger
 
Poète, écrivain, traducteur et journaliste allemand, également connu sous le pseudonyme d’Andreas Thalmayr. Célèbre pour sa critique du monde contemporain, il a notamment publié, chez Gallimard, « Le Perdant radical : essai sur les hommes de la terreur » (2006) et « Le Doux Monstre de Bruxelles ou L’Europe sous tutelle » (2011).

23/08/2013

Le journalisme, la cybersurveillance, le GUARDIAN

lu sur :

http://www.lemonde.fr/economie/article/2013/08/23/le-guardian-une-machine-a-scoops-pas-a-cash_3465331_3234.html

Le "Guardian", une machine à scoops, pas à cash

LE MONDE | 23.08.2013 à 10h04 |Par Marc Roche (Londres, correspondant)

Les Anglais ont l'art de réduire une victoire éclatante à un fait banal incidemment mentionné au détour d'une phrase. A cet égard, Alan Rusbridger, directeur de la rédaction du Guardian, est plus anglais que nature. Il ne se pousse jamais du col. Pourtant, ces jours-ci, il a de quoi pavoiser, à la lumière du retentissement planétaire des révélations du quotidien de centre-gauche à propos de l'existence du programme de surveillance mondial des communications de l'Agence américaine d'espionnage électronique.

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"Le journal est originaire de Manchester, nous n'avons jamais fait partie de l'establishment médiatique londonien, ce qui, allié à notre appartenance à une fondation, nous a permis de faire du vrai journalisme d'investigation", déclare l'intéressé, joint par Le Monde, jeudi 22 août.

C'est un récidiviste. Depuis 2011, outre l'affaire Snowden, le Guardian a multiplié les scoops : le scandale des écoutes téléphoniques du News of the World, les révélations de WikiLeaks, les accusations de pédophilie contre l'ex-disc-jockey et animateur de la BBC, Jimmy Saville, l'évasion fiscale légale des multinationales, ou les émeutes urbaines de l'été 2011. Du beau travail.

lire aussi : Affaire Snowden, la rivalité avec le "Washington Post"

"TOUJOURS PRÊT À DÉFIER L'ORDRE ÉTABLI"

Cette pugnacité enchante ou horripile, c'est selon. Mais le succès suscite une interrogation : quelle est donc la recette du Guardian, alors que la presse écrite coule des jours moroses ? "Le plus du Guardian, commente George Brock, professeur de journalisme à la City Universityc'est d'être resté fidèle à ses origines, tolérant, social-démocrate et toujours prêt à défier l'ordre établi, de gauche comme de droite."

Fondé en 1821 à Manchester, au coeur du "pays noir", par des industriels du coton éclairés, dans la foulée de graves troubles sociaux, le titre est contrôlé par le Scott Trust, garant de son indépendance éditoriale et financière. Cette structure est le seul actionnaire de la maison mère du quotidien, le Guardian Media Group (GMG). Le portefeuille de GMG, diversifié, comprend notamment une participation de 50,1 % dans le très lucratif site de vente d'automobiles Auto Trader, des revues techniques spécialisées, une station de télévision, et même une entreprise de vente de logiciels. Le quotidien est le navire amiral du Guardian News & Medias, une filiale du GMG, qui inclut également l'Observer et le site Guardian.com. (http://www.theguardian.com/uk)


QUATRE PATRONS DE LA RÉDACTION DEPUIS 1944

Grâce à la protection du très riche Scott Trust, le Guardian n'a connu que quatre patrons de la rédaction depuis 1944 ! Si chez les concurrents, on ne compte plus les directeurs et rédacteurs remerciés, M. Rusbridger est aux commandes depuis 1995 après avoir gravi tous les échelons de la rédaction. Le patron de presse a ainsi pu échapper aux interventions intempestives d'un propriétaire. Cette formidable liberté d'action lui a permis de prendre des risques sans craindre de perdre sa place.

"La liberté de la presse existe aussi en interne. Entre la recherche de la vérité et les considérations commerciales, Alan choisira toujours la première", souligne Roy Greenslade, auteur d'un blog publié dans le Guardian, parfois critique de son employeur. Aux yeux de l'expert de la presse écrite britannique, le titre est un empire sans empereur. En effet, les superstars sont les journalistes d'investigation, considérés comme les plus opiniâtres de la place de Londres.

Le Guardian excelle aussi dans la couverture de l'international, en particulier, récemment, du "printemps arabe" ou du conflit au Mali. Il s'illustre aussi sur les thèmes de l'écologie, de la culture, du sport et des médias. Des chroniqueurs comme Polly Toynbee, la spécialiste des affaires sociales, rencontrent un grand succès. Les journalistes politiques font, eux, autorité jusqu'au 10 Downing Street, la résidence du premier ministre.

HOSTILITÉ AFFICHÉE DES TITRES DE DROITE

Le Guardian est un missionnaire du poil à gratter. La profession jalouse ses "coups", qui n'épargnent pas les autres propriétaires de journaux. Rupert Murdoch (News Corp), Lord Rothermere (Daily Mail) ou les frères Barclay (Daily Telegraph) haïssent ce trublion qui ne respecte pas l'omerta du microcosme qui interdit de critiquer la gent journalistique. L'absence de soutien éditorial suite au scandale de l'interpellation, dimanche 18 août à l'aéroport d'Heathrow, de David Miranda, le compagnon de Glenn Greenwald, l'auteur des révélations autour de Prism, témoigne de cette hostilité affichée.

Et pour cause, les titres de droite entendent protéger le premier ministre, David Cameron, mêlé à cet épisode, tandis que ceux de gauche, également circonspects, sont à l'évidence jaloux de ses moyens rédactionnels – plus de 600 journalistes à temps plein. M. Rusbridger évoque à ce sujet "une certaine complaisance, peut-être liée au caractère anglais". Il n'en dira pas plus.

Mais le ton et le contenu des éditoriaux sont souvent sans surprise, convenus, "comme s'il s'agissait d'un algorithme", regrette un diplomate, qui ne cache pourtant pas son admiration "pour ce très bon journal". Et, faute de grandes plumes, l'économie est le parent pauvre du quotidien. En raison de la proximité idéologique du Guardian avec les ONG et les associations, la City est souvent jugée à l'aune des dérives de ses opérateurs. Nul n'est parfait...

SON SITE WEB EST SA PLUS GRANDE RÉUSSITE

La plus grande réussite du Guardian est incontestablement son site Web, le deuxième du pays avec 40 millions de visiteurs par mois, dont les deux tiers sont basés à l'étranger. L'Internet est gratuit "au nom de la défense d'un journalisme ouvert. Si l'accès est payant, on ne s'adresse qu'à l'élite", insiste Alan Rusbridger. En revanche, les applications – tablettes et téléphones – sont payantes. Facile à naviguer, doté d'excellents systèmes d'alerte, Guardian.co.uk. est l'un des sites les plus populaires aux Etats-Unis, derrière ceux du Daily Mail et du New York Times. D'où la décision de M. Rusbridger d'installer, en 2011, une salle de rédaction Web dotée de tous les atours à New York. L'expérience a été répétée en Australie. Aujourd'hui, le numérique représente 28 % des revenus du journal.

Reste que l'effet des scoops sur les ventes est temporaire. A l'évidence, le Guardian n'a toujours pas trouvé son modèle économique. En juillet, les ventes papier se sont élevées à 191 182 exemplaires, loin devant The Independent (72 271), mais à la traîne du Daily Telegraph (555 817). A l'automne 2011, celles-ci s'élevaient encore en moyenne à 240 000 exemplaires. "Le Guardian a choisi de dépendre exclusivement de la publicité, pour son site Web, or elle se porte surtout sur le quotidien et faute d'économies d'échelle, cette stratégie ne peut pas soutenir une rédaction aussi nombreuse", estime Douglas McCabe, directeur de la société de consultant Enders Analysis.

Par le truchement de la cession de ses titres régionaux et de sa station de radio, le groupe est redevenu bénéficiaire en 2012-2013. En revanche, le Guardian, l'Observer et le site ont perdu 30,9 millions de livres (36 millions d'euros) lors de l'exercice annuel se terminant le 31 mars 2013. Côté recettes, la perte des petites annonces d'emplois de la fonction publique, la chute des ventes en kiosques et les difficultés de l'Observer ont pesé sur les résultats. Malgré une soixantaine de départs volontaires, la rédaction reste pléthorique. Le siège londonien ultra-moderne de King's Cross, apparaît surdimensionné.

Face à ces défis, nombre de spécialistes estiment que les jours du Guardian dans sa forme actuelle sont comptés. A long terme, le quotidien pourrait être à 100 % numérique, avec une édition papier transformée en hebdomadaire. M. Rusbridger est formel : "Ce n'est pas notre intention." Le Guardian est entre de bonnes mains.

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27/05/2013

Armes chimiques en Syrie : qui veut vraiment savoir ?

lu sur :

http://www.lemonde.fr/international/article/2013/05/27/armes-chimiques-en-syrie-le-debat-escamote_3417923_3210.html

Armes chimiques en Syrie : le débat escamoté - Le Monde

Armes chimiques en Syrie _ le débat escamoté.pdf


05/05/2013

Suicide d'un militant anti-OGM

Aucun média n'en parle.

http://blogs.mediapart.fr/blog/laure/030513/en-souvenir-de-pierre-azelvandre-lerudit-du-mouvement-anti-ogm

En souvenir de Pierre Azelvandre, l'érudit du mouvement anti-OGM

 
Si il n'avait pas été relayé par les militants écologistes de la région, ce décès serait passé inaperçu. Pierre Azelvandre, 49 ans, s'est donné la mort lundi 22 avril, sur une aire d'autoroute haut-rhinoise, le long de la RN 89. Ancien chercheur, titulaire d'un doctorat en biologie moléculaire, il avait consacré ces dernières décennies à lutter contre le déni démocratique que représentaient pour lui les cultures OGM. Il était sorti de son anonymat d'érudit solitaire à l'automne 2009, lors d'une action polémique où il avait coupé 70 plants de vignes OGM, un essai mené par l'Institut national de la recherche agricole (Inra) en plein milieu du vignoble.
Un faucheur d'OGM lors du procès à Colmar contre l'Inra - Septembre 2011© Laure Siegel
Quelques semaines après, il fut condamné en appel par le tribunal de Colmar à un mois de prison avec sursis, 50 000 euros de dommages et intérêts, 2 000 euros d'amende et 2 500 euros de frais de justice. Son geste avait provoqué une prise de conscience au sein de la communauté viticole de la région, mais aussi un vif débat parmi les tenants de la recherche libre qui revendiquaient de pouvoir travailler en-dehors de toute idéologie. Il n'avait pas été soutenu d'emblée par les politiques estampillés Verts de la région, engagés pour certains dans le groupe de travail de l'Inra.
Sa détermination avait pris sa source dans son parcours professionnel : après une thèse au CNRS, il avait travaillé pour une firme qui commercialisait des OGM. Il démissionna le jour où il entendit son directeur de recherche falsifier des faits scientifiques lors d'une conférence devant un parterre de professionnels.
Après avoir été formateur d'éducation populaire sur la réalité des organismes génétiquement modifiés, Pierre Azelvandre avait concentré son énergie à Sausheim dans les années 1990 où il milita « pour que les mairies puissent informer les citoyens des parcelles où sont cultivés les OGM » selon le communiqué hommage de la Confédération paysanne d'Alsace.
Il entama alors le tour de tous les essais en Alsace, saisit la commission d'accès aux documents admnistratifs, puis le tribunal administratif, le Conseil d'Etat et alla jusqu'à la CEDH où il obtint un arrêt en 2007 qui rend obligatoire cette publication.
Né d'une mère tchèque et d'un père originaire du Haut-Doubs, il débarqua à Colmar à l'adolescence. Joseph Finantz l'a côtoyé à cette époque au cours de musique : « J'étais clarinettiste et lui faisait de la trompette à ce moment-là. » Devenu apiculteur, Joseph le recroisa des années plus tard lorsqu'il commença à s'interroger aux enjeux des OGM. Cet ami proche retrace sa pensée : « Il n'était pas partisan de l'arrachage, il a même vivement critiqué José Bové à ce propos. C'était quelqu'un de fondamentalement idéaliste, respectueux des lois. Mais il avait épuisé toutes les voies législatives et il voyait que même son action ne changeait rien, que les essais continuaient sans consultation de la population. Alors il a décidé de couper les plants, mais toujours en scientifique, en emportant les bois coupés contaminés. Il est allé lui-même apporter la nouvelle aux médias et se dénoncer aux gendarmes. »
Un an après, une soixantaine de militants anti-OGM de toute la France poursuivirent son action, arrachant tous les plants de l'Inra un matin d'août, enterrant définitivement toute expérience dans le vignoble. Le procès en appel est toujours en cours. Jean-Pierre Frick, viticulteur, a été un des deux Alsaciens à participer à cette action collective d'ampleur : « L'initiative de Pierre Azelvandre a attiré l'attention sur les aspects troubles de cet essai et nous a poussé à poursuivre ce qu'il avait entamé seul. On lui a proposé de l'aider à rembourser l'énorme somme à laquelle il a été condamné, mais il a toujours refusé, voulait assumer seul ».
Mais l'homme au mode de vie d'ermite n'avait pas de quoi rembourser et n'a d'ailleurs jamais eu l'intention de le faire. Sans adresse mail ni téléphone, il subsistait presque sans argent, se déplaçait toujours à vélo et se passionnait pour l'observation des animaux. L'an dernier, expulsé de son logement après une hausse de loyer, il avait distribué toutes ses affaires autour de lui pour en laisser le moins possible aux huissiers. Habitué à passer ses journées à la bibliothèque municipale et à cultiver son jardin, il avait été poussé par la justice à s'inscrire à Pôle emploi, toucher le RSA et trouver du travail. Un système qu'il avait fui depuis plusieurs années, dont il ne supportait pas les contraintes, les incohérences et les injustices. Et qui lui pesait de plus en plus.
Manifestation tri-nationale aux abords de la centrale de Fessenheim - Novembre 2011© Laure Siegel
Plus que l'écologie, c'est le manque de transparence qui le mettait hors de lui, raison pour laquelle il a largement soutenu la lutte anti-nucléaire en Alsace et les militants de Fessenheim qui ont entamé un jeûne de protestation, ininterrompu depuis avril 2011 sur le mode du relais. « Même si le côté spirituel de la chose lui échappait, il nous a aidé depuis le début dans notre démarche de conscientisation »explique Jean-Pierre Frick, également engagé dans la lutte contre le nucléaire, qui recoupe les mêmes problématiques : une énergie à long terme, opaque, dont on ne voit ni ne sent les dangers potentiels.« Même s'il appréciait la biodynamie et la géothermie, il restait dubitatif sur leurs apports tant qu'ils ne sortaient pas du champ de l'idéologie vers la vérité scientifique ».
Il ne faisait partie d'aucune association, étranger au fonctionnement collectif, aux luttes de pouvoir et pressions sur les subventions inhérentes à tout mouvement officiel. Mais il fréquentait beaucoup les membres de la Confédération paysanne. Anne Wanner est l'animatrice régionale de ce syndicat agricole : « C'était un personnage hors norme, avec une mémoire, une maîtrise de l'écriture et des connaissances en biologie, histoire et droit incroyables. C'était un dictionnaire vivant, qui savait absolument tout ce qui s'était passé dans le vignoble. Il était difficile à cerner, difficile à aider, car agissait toujours seul et était très réfractaire à la vie de groupe mais c'était un homme d'une droiture incroyable. On avait parfois du mal à comprendre comment on peut s'isoler à ce point mais on admirait tous son intégrité, son jusqu'au boutisme. Il faisait et disait ce que les autres n'osaient pas. Il connaissait tous les rouages de la recherche en France. On n'avait jamais eu quelqu'un comme ça avec nous ».
Manifestation tri-nationale aux abords de la centrale de Fessenheim - Novembre 2011© Laure Siegel
Elle évoque ces dernières semaines : « Il se rendait compte qu'il était dans une impasse, ne voyait pas ce qu'il pouvait encore apporter. Mais en même temps, il était en train de chercher du bois pour le prochain hiver et de refaire son jardin potager... Personne ne s'y attendait. »
Laurent Dreyfus, rédacteur en chef de la revue Biodynamis, a longtemps côtoyé cet électron libre à la Maison de la culture biodynamique à Colmar, qui était son QG pour éplucher des dossiers : « C'est quelqu'un qui remuait et rendait la citoyenneté vivante. Il avait une fixation névrotique sur les OGM mais sa démarche de pédagogie a été fondamentale. Même s'il était un peu rigide, même parfois chiant, il s'est ouvert progressivement aux autres. Il a organisé plusieurs soirées à la MJC pour nous expliquer techniquement ce qu'étaient les OGM. Il a passé sa vie à s'informer pour les autres. Il va nous manquer ». Un parcours de « scientifique autistique » selon Laurent Dreyfus, qui fait le parallèle avec celui de Henry David Thoreau, précurseur américain de la désobéissance civile au 19e siècle (lire son histoire ici)
Dans son communiqué, la Confédération paysanne évoque« ceux qui ont mis toute leur énergie dans la défense de la vie, aux dépens de leur propre vie, parmi lesquels Vital Michalon contre l’énergie nucléaire à Malville, ou Jean-Luc Tournaire contre la vaccination obligatoire contre la fièvre catarrhale ovine . »

Vous pouvez également lire le témoignage hommage de Gabrielle Teissier, qui a côtoyé Pierre Azelvandre au sein de l'association Espoir. Aujourd'hui tous les essais sont au point mort et « il n'y a toujours pas de vigne transgénique dans le vignoble français » selon cette autre contribution sur Mediapart.
Laure Siegel
Pour aller plus loin, vous pouvez lire ce reportage sur le procès des 62 faucheurs volontaires en septembre 2011 à Colmar. 

15/11/2012

La grève d'hier, en aviez-vous entendu parler AVANT dans vos médias habituels ?

... moi, je n'ai su le motif de cette grève qu'en cours de journée, et par hasard ...

 

lu sur : 

http://www.humanite.fr/social-eco/14-novembre-mobilisation-contre-l-austerite-en-france-et-dans-toute-l-europe-508292

le 14 Novembre 2012

 

14 novembre: tout sur la mobilisation contre l’austérité en France et en l’Europe

 

 

Les cinq grands syndicats français prévoient une centaine de manifestations et rassemblements le 14 novembre en France, dans 77 départements. A l’appel de la CES et de plus de 40 organisations syndicales, des manifestations auront lieu dans 23 pays européens pour protester contre les politiques d’austérité qui mènent le continent droit dans le mur.

Outre les manifestations, les organisations CGT, CFDT, FSU, Unsa et Solidaires, rejointes par la CNT, ont également appelé à des grèves sectorielles, en particulier dans les services publics. "A ce jour, sur 77 départements, nous recensons 100 manifestations et rassemblements", indique la CGT.

"Cette journée européenne d’action et de solidarité a pour objectif de demander aux dirigeants de montrer leur volonté de s’atteler véritablement à la détérioration de l’emploi et de répondre à l’angoisse sociale grandissante des citoyens européens. L’austérité est une impasse totale qui doit être abandonnée. La protection sociale et les salaires ne peuvent plus être sacrifiés. Il y a urgence sociale, il est temps d’écouter ce qu’ont à dire les citoyens et les travailleurs et de changer de cap." explique la Confédération Européenne des Syndicats (CES).

Grèves, manifestations, mais aussi des actions de sensibilisation et d’information sont prévues. Étant donné sa gravité dans certains pays comme la Grèce et l’Espagne où il dépasse les 50 %, le chômage des jeunes sera également au cœur de la journée. A Bruxelles, les leaders syndicaux belges et de la CES rencontreront les ambassades de Grèce, du Portugal, d’Irlande et d’Allemagne dans la matinée du 14, avant de manifester devant Parlement Européen.

Une quarantaine d’organisations syndicales issues de 23 pays sont impliqués dans cette journée européenne d’action et de solidarité.

La CES met cette journée sous le signe de l’opposition à l’austérité, mais elle se veut également force de proposition, pour l’emploi et la solidarité :

-Une gouvernance économique au service d’une croissance durable et d’emplois de qualité,
-La justice économique et sociale via des politiques de redistribution, la fiscalité et la protection sociale,
-Des garanties d’emploi pour les jeunes,
-Une politique industrielle européenne ambitieuse orientée vers une économie verte bas carbone et vers des secteurs d’avenir, porteurs d’emplois et de croissance,
-L’intensification de la lutte contre le dumping social et salarial,
-La mise en commun de la dette au moyen d’euro-obligations,
-La mise en place effective d’une taxe sur les transactions financières pour lutter contre la spéculation et permettre des politiques d’investissements,
-L’harmonisation de l’assiette fiscale avec un taux minimum pour les entreprises en Europe,
-La lutte contre l’évasion et la fraude fiscales,
-Le respect des négociations collectives et du dialogue social,
-Le respect et la garantie des droits sociaux et syndicaux fondamentaux.

05/06/2012

Censure sur ARTE : " La Grèce, talon d’Achille de l’Europe? "

NB: j'ai été sur le lien ci-dessous, la vidéo n'est pas disponible !

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communiqué:

Lettre de Vicky Skoumbi dénonçant la censure sur ARTE 
Posted on 18/05/2012 by panos 
 
Chères amies, chers amis, 
 
Le jeudi 16 mai, j’ai participé à l’émission d’Arte 28 minutes sur le thème : La Grèce, talon d’Achille de l’Europe? 
 
 
Je viens de visionner l’émission telle qu’elle a été diffusée et j’en crois pas à mes yeux: le passage où je disais que l’aide accordée à la Grèce a été en réalité une aide aux créanciers du pays, et que les plans de sauvetage successives ont été conçus pour protéger les créanciers d’un défaut éventuel de la Grèce, tout en plongeant le pays à une récession de l’ordre de 20% et en le menant tout droit à la faillite, a tout simplement disparu! Si vous regardez attentivement vous constaterez les traces de coupure par des enchaînements assez abrupts et la non fluidité de la parole après la première intervention de Benjamin Coriat. 
 
De même est passé à la trappe, un passage vers la fin où j’avais évoqué une confrontation qui ne ‘est pas de nature nationale entre Grecs et Allemands, mais bel et bien entre deux camps transnationaux, c’est-à-dire entre ceux qui, en marchant littéralement sur des cadavres, défendent les intérêts du secteur financier d’une part, et, d’autre part, ceux qui défendent les droits démocratiques et sociaux et en fin de compte le droit à une vie digne de ce nom. Je prends à témoin Benjamin Coriat qui participait à l’émission et qui pourrait certifier que j’ai bien tenu ces propos dont la trace disparaît sous les ciseaux du censeur. 
 
Car, cela relève tout simplement de la CENSURE. Une question s’impose : Qui donc contrôle Arte et qui filtre les infos ainsi? 
 
Je l’avoue, je n’en reviens pas. L’émission a été enregistrée ‘dans les conditions du direct’ deux heures et demi avant sa diffusion et que je sache cette formule veut dire qu’on ne coupe pas, à la limite on refait une prise si on a un souci, ce qui a été le cas pour les présentations. Et même si la pratique établie est de couper un peu les longueurs, comment se fait-il que les deux coupes principales portent, comme par hasard, sur des propos concernant les vrais bénéficiaires de l’aide à la Grèce, c’est à dire les banques, ainsi que sur le caractère fallacieux de la supposée confrontation greco-allemande? 
 
Comme vous pouvez d’ailleurs sans doute le constater vous-même, mon temps de parole correspond à un tiers -peut-être même moins- de celui de Monsieur Prévelakis. Celui-ci , avec sa proposition d’un médiateur, sous la tutelle duquel devrait se mettre la Grèce, proposait rien de moins que de suspendre les procédures démocratiques en Grèce et de placer Sarkozy (!) à la position d’un tuteur du peuple grec qui ne saurait être représenté par ses élus, surtout si ceux-là appartiennent par malheur au Syriza. J’ai bondi mais on ne m’a pas laissé le temps de réagir en coupant là l’émission. 
 
Conclure l’émission sur ce propos est absolument scandaleux. Cela n’honore pas, loin de là, Arte qui se revendique d’une sensibilité démocratique. D’ailleurs, si vous regardez un peu attentivement le déroulement juste avant la fin, vous verrez que la dernière question s’adresse à moi, Mme Quin se tourne bien vers moi et non pas vers M. Prévélakis. Et ma réponse concernant les deux Europe qui s’affrontent et qui précédait la conclusion de Georges Prévélakis, est passée complètement à la trappe. 
 
Bref, les coupures, la répartition inégale du temps de parole, la conclusion sur un appel à suspendre la démocratie en Grèce, tout cela, si n’est pas de la manipulation de l’information, c’est quoi au juste? 
 
Voilà bien de questions sur le traitement de l’information par une chaîne européenne qui se veut indépendante. 
 
Merci de diffuser ce message le plus largement possible et de l’afficher sur les réseaux, si vous voulez bien. 

01/03/2012

Comment préparer l'opinion publique à la guerre

lu sur :

http://www.lemonde.fr/international/article/2012/02/29/les-etats-unis-affirment-etre-en-mesure-d-attaquer-l-iran-si-la-diplomatie-echoue_1649953_3210.html

Les Etats-Unis affirment être en mesure d'attaquer l'Iran

si la diplomatie échoue

LEMONDE.FR avec AFP | 29.02.12 | 22h03   •  Mis à jour le 29.02.12 | 22h25

Les Etats-Unis disposent de bombes puissantes prêtes à être employées dans le cas d'une action militaire contre les installations nucléaires iraniennes, a assuré mercredi 29 février le chef d'état-major de l'armée de l'air américaine, le général Norton Schwartz. Celui-ci s'est refusé cependant à dire si les armes américaines – dont 30 000 bombes antibunker MOP (massive ordnance penetrator) – étaient capables d'atteindre les sites nucléaires iraniens enfouis sous terre.

"Nous disposons de capacités opérationnelles et vous ne voudriez pas vous trouver là où elles seraient utilisées, a-t-il dit, interrogé sur ces bombes.Cela ne veut pas dire que nous n'allons pas continuer à procéder à des améliorations, et c'est ce que nous faisons. […] L'essentiel est que nous avons des capacités et que nous ne nous contentons pas d'en rester là, nous allons continuer avec le temps à les améliorer."

>> A lire : Iran : bombarder ou pas ?

TOUTE OPÉRATION CRÉERAIT "DAVANTAGE D'INSTABILITÉ"

La Maison Blanche a cependant souligné mercredi que toute action contre l'Iran créerait "davantage d'instabilité""L'Iran est à la fois limitrophe de l'Afghanistan et de l'Irak. Nous avons du personnel civil en poste en Irak, nous avons des soldats et des civils en Afghanistan", a souligné un porte-parole du président américain, lors de son point de presse quotidien. "Il y a toutes sortes de conséquences potentielles à davantage d'activités militaires dans la région et en particulier en Iran", a ajouté le porte-parole, en soulignant qu'à la connaissance des Etats-Unis, Téhéran n'avait pas entrepris de construire une arme nucléaire.

Ces déclarations interviennent alors que Benyamin Nétanyahou doit rencontrer lundi à Washington le président Barack Obama. Le premier ministre israélien est soumis à des pressions internationales pour ne pas attaquer l'Iran sans un accord préalable de Washington. L'Occident soupçonne l'Iran de chercher, en enrichissant de l'uranium, à se doter de l'arme atomique. Téhéran assure pour sa part que son programme nucléaire vise uniquement à produire de l'électricité.

10/10/2011

Pour la liberté d'information, contre le lobbying du CRIF

Le rendez-vous de France Télévision avec le CRIF et l'ambassadeur d'Israël est confirmé 

http://www.lemonde.fr/actualite-medias/article/2011/10/09/une-emission-sur-la-palestine-declenche-une-polemique-avec-la-communaute-juive_1584599_3236.html  (* ci dessous)

"Des rendez-vous ont été pris entre l'ambassadeur d'Israël et le CRIF (le Conseil représentatif des institutions juives de France, ndlr), et le président de FranceTélévisions Rémy Pflimlin, avec Thierry Thuillier", le directeur de l'information de France Télévisions, a indiqué la chaîne. A l'origine de cette polémique, un numéro du magazine "Un oeil sur la planète" diffusé lundi et intitulé "Un Etat palestinien est-il encore possible ?".

Non aux censeurs

Pour défendre les journalistes menacés de "Un œil sur la planète" et la liberté d’information, ne pas hésiter à écrire à :
Et si vous avez pu voir l’émission et l’avez appréciée n’hésitez pas à le dire.
Après le harcèlement de plusieurs journalistes et notamment de Charles Enderlin, le Président du CRIF, a maintenant lancé une opération contre l'émission "Un œil sur la planète" consacrée lundi soir 3 octobre par France 2 à l'Etat palestinien sous l’intitulé « l’Etat palestinien est-il encore possible ? ».
Outre l'éditorial sur son site mardi matin, le CRIF réagit contre l'équipe de l'émission par les injonctions et menaces malheureusement trop habituelles :
Plus grave, les réactions contre l'émission s'amplifient par une véritable campagne de mails ou d’interventions sur le forum de France2.
Voir le déchaînement haineux : 
Ces interventions sont encouragées par le CRIF et ses membres. Avec le soutien de l'Ambassade d'Israël en France :
Il semble que la présidence de France Télévisions s'apprêterait à recevoir le CRIF et l’ambassadeur d’Israël.
Certaines organisations réclament des excuses de France 2, ce qui constituerait un désaveu de l'émission et une ingérence insupportable dans le travail des journalistes.
De manière générale et indépendamment de cette émission, tout un chacun peut critiquer la presse, tel journaliste ou au contraire les applaudir.
Mais demander que le président de France Télévisions reçoive une délégation d’une organisation communautaire pour que la seule version diffusée dans les médias soit celle souhaitée par cette organisation - ou pire soit celle souhaitée par l’ambassade d’un pays étranger - est totalement inadmissible. C’est une atteinte grave à la liberté de l’information et, disons le, une atteinte à une liberté démocratique fondamentale !
Pour défendre les journalistes menacés et la liberté d’information, ne pas hésiter à écrire à : 
Et si vous avez pu voir l’émission et l’avez appréciée n’hésitez pas à le dire.
Pour celles et ceux qui n'ont pas vu l'émission, il est possible de la revoir sur internet à une de ces deux adresses :
Deux articles à ce sujet :
Charles Enderlin : Bonjour les censeurs.
Dominique Vidal : Monsieur le censeur, bonsoir!

http://blogs.mediapart.fr/blog/dominique-vidal/051011/mon...

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(*) Une émission sur la Palestine déclenche une polémique avec la communauté juive

LEMONDE.FR avec AFP | 09.10.11 | 07h34   •  Mis à jour le 09.10.11 | 12h14

La diffusion sur France 2 d'une émission sur les territoires palestiniens a déclenché une polémique, obligeant la direction de la chaîne à rencontrer prochainement l'ambassadeur d'Israël et les représentants de la communauté juive en France, a indiqué samedi 8 octobre le groupe public.

"Des rendez-vous ont été pris entre l'ambassadeur d'Israël et le CRIF (le Conseil représentatif des institutions juives de France, ndlr), et le président de France Télévisions Rémy Pflimlin, avec Thierry Thuillier", le directeur de l'information de France Télévisions, a indiqué la chaîne. A l'origine de cette polémique, un numéro du magazine "Un oeil sur la planète" diffusé lundi et intitulé "Un Etat palestinien est-il encore possible ?".

"INTENSE ÉMOTION ET UNE STUPÉFACTION ÉCOEURÉE"

Cette émission "a entraîné au sein de la communauté juive une intense émotion et une stupéfaction écoeurée", a déclaré le président du CRIF, Richard Prasquier, dans une lettre ouverte à Rémy Pflimlin. Il a jugé que l'équipe qui l'a réalisée "a présenté, d'un conflit complexe, une image caricaturale et unilatérale""en distordant les causalités, en ridiculisant l'adversaire, sans éviter les insinuations à la limite des théories conspirationistes antisémites". M. Prasquier a demandé de rencontrer Rémy Pflimlin. 

Un groupe a parallèlement été créé sur Facebook, "Boycott France Télévisions", demandant que la chaîne "revienne sur cette émission et présente des excuses".

MENACES PHYSIQUES

Le rédacteur en chef de l'émission, Patrick Boitet, s'est expliqué dans une interview au Parisien : "Nous avons fait notre travail de journalistes avec rigueur (...) Pour le Proche-Orient, les opinions s'enflamment facilement. Mais là, c'est exagéré". Il raconte avoir reçu "800 mails" cette semaine, "où nous sommes traités de petits nazillons". Le présentateur de l'émission, Etienne Leenhardt, aurait par ailleurs été physiquement menacé.

Le correspondant à Jérusalem de France télévisions, Charles Enderlin, s'est fendu d'un article (**) sur son blog intitulé "Bonjour les censeurs". Il estime notamment que "cela s'appelle de la censure et c'est une atteinte intolérable au droit d'informer."

(**)

Je n’ai participé ni à la préparation, ni à la réalisation d’Un œil sur la planète. Ma seule contribution a été l’interview  deNabil Shaath, responsable des affaires internationales du Fatah. A l’exception de Martine Laroche Joubert, je ne connais pas les journalistes, auteurs des reportages. Je me sens donc libre de publier mon point de vue.

D’abord, je n’ai relevé dans les divers sujets aucune fausse information. La Cisjordanie se développe dans la non-violence comme l’a montré Martine Laroche Joubert avec »Un Etat en marche » . J’ajouterai que l’armée et les services de sécurité israéliens se félicitent de leur coordination avec la nouvelle police palestinienne. A Gaza, le Hamas – le pire ennemi d’Israël – a mis en place un régime totalitaire, et la majeure partie de la population n’en peut plus. Oui, dans ce territoire se développe Al Qaida. C’est un scoop du sujet « Les mille visages de Gaza ». 

Le problème des colonies montré dans le reportage « Les frontières de la discorde » est exact. Les agriculteurs palestiniens ont le plus grand mal à aller cultiver leurs terres de l’autre côté de la barrière de séparation. Effectivement, dans la vallée du Jourdain les Palestiniens et les bédouins n’ont pas le même accès à l’eau qui va en priorité aux colonies. Pour plus de détails, consultez : http://www.btselem.org/jordan_valley/water. On comprend la raison pour laquelle les organisations pro-israéliennes ne veulent pas qu’une chaine publique montre cette situation scandaleuse. A regretter l’absence dans ce tournage des attaques commises par des colons extrémistes contre des Palestiniens. Incendie de mosquées, destruction de champs d’oliviers, attaques d’unités de l’armée israélienne.. J’ai bien écrit : attaques d’unités de l’armée israélienne. Bien sur, il y a aussi des actions violentes de la part de palestiniens. Lorsque leurs auteurs sont capturés ils passent devant des tribunaux israéliens. De quand date un seul procès de colon ayant incendié une mosquée ? Cherchez … En l’occurrence, les auteurs d’Un œil sur la planète n’ont pas voulu entrer dans une comptabilité macabre.

« Un droit au retour », tourné au Liban, apporte plutôt de l’eau au moulin de la droite israélienne. Sa conclusion : au pays des Cèdres, les Palestiniens ne veulent pas d’état, seulement revenir en Israël..

Il n’empêche, Patrick Boitet et Etienne Leenhardt ont reçu des centaines de mails d’insulte et de menace. Richard Prasquier, le président du Crif a demandé un rendez vous à Rémy Pfimlin, le Président de France Télévisions, affirmant que l’équipe qui a réalisé l’émission : « a présenté, d’un conflit complexe, une image caricaturale et unilatérale », « en distordant les causalités, en ridiculisant l’adversaire, sans éviter les insinuations à la limite des théories conspirationnistes antisémites » Maniant, à son habitude, l’insulte, Philippe Karsenty, l’ami de Mr.Prasquier en profite par ailleurs, pour me traiter de « délinquant multi récidiviste » Etc. Etc. Sur ce personnage, voir mon livre « Un enfant est mort. Netzarim 30 septembre 2000 »

La réponse à ces réactions violentes se trouve dans le sujet sur « Le lobby pro-israélien » aux Etats-Unis. M.J. Rozenberg, un ancien d’AIPAC raconte comment des organisations comme « Camera » traquent les journalistes déviants. « Le lobby, dit-il, rend la vie difficile aux journalistes qui ne sont pas perçus comme pro-israéliens. Ils auront du mal à trouver un job ou s’ils en ont un à garder un poste. Lorsque je travaillai à AIPACil y avait des listes, des dossiers sur chaque reporter. »

L’attaque généralisée contre « Un œil sur la planète » entre visiblement dans ce cadre. Il ne faut rien montrer qui soit défavorable à la politique israélienne d’occupation. Cela s’appelle de la censure et c’est une atteinte intolérable au droit d’informer.

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mon commentaire :

Il est assez difficile de trouver le documentaire sur internet. Pour voir le documentaire, qui dure 15 minutes, allez sur :

http://www.youtube.com/watch?v=6QqYa1SPvLs&feature=player_embedded#! 

( il faut faire un copié/collé de cette adresse dans votre navigateur ) 

09/02/2011

Le Canard enchaîné sur le net

Ce site officiel du ''Canard'' se limite donc, pour l'heure, à donner quelques informations pratiques, et aussi à occuper les adresses que des escrocs ont parfois tenté de détourner, en se faisant passer pour nous.

 

Petit à petit, nous nous efforcerons d'enrichir le contenu, avec une rubrique historique, et, peut-être, un accès aux archives.
cliquez ici pour la une de la semaine publiée mardi après-midi
 

08/02/2011

Alliot-Marie fait taire les chercheurs français en Egypte

lu sur MEDIAPART :

http://www.mediapart.fr/journal/international/040211/alliot-marie-fait-taire-les-chercheurs-francais-en-egypte

Le Quai d'Orsay continue de se prendre les pieds dans les révoltes du monde arabe. Alors que Michèle Alliot-Marie s'embourbe chaque jour davantage dans ses affaires tunisiennes, voilà que le Quai cafouille désormais en terre égyptienne. Le ministère vient de demander à des chercheurs français basés en Egypte de ne plus intervenir dans les médias hexagonaux. Dans le jargon diplomatique, il leur est demandé d'«exercer, en qualité de fonctionnaire, leur devoir de réserve». Du jamais vu, a priori, pour des experts pourtant précieux pour comprendre la crise en cours... Le risque serait-il trop grand qu'ils fassent entendre une analyse divergente de la diplomatie française, ou juste une analyse, à l'heure où la France brille surtout par ses silences? 

L'un des chercheurs français les plus actifs en Egypte vient de faire les frais de cette mesure étonnante. Marc Lavergne, directeur du Centre d'études et de documentation économiques, juridiques et sociales (Cedej), s'apprêtait à intervenir sur France-24, lundi soir, lorsqu'il reçoit un appel téléphonique de l'ambassade de France au Caire, lui demandant expressément de garder silence dès à présent. Le géographe décide toutefois de ne pas lâcher la chaîne au dernier moment et de répondre aux questions.

Le lendemain, c'est l'ambassadeur en personne qui l'appelle, et lui fait comprendre qu'il a franchi la ligne jaune. Marc Lavergne lui répond qu'il a annulé, dans la journée de mardi, une émission de France Culture et renoncé à un direct sur RTL. «Ce chercheur est rémunéré par l'Etat et nous sommes effectivement, en Egypte, dans une situation compliquée», confirme Yannick Tagand, conseiller à l'ambassade de France au Caire.

Le porte-parole du Quai d'Orsay justifie la position française: «Un agent de l'Etat français n'a pas à faire de déclaration publique à l'étranger sur la vie intérieure d'un pays, qu'on soit chercheur, professeur ou encore volontaire international. On a un travail très précis à faire. On doit rester dans le périmètre de sa mission, période de crise ou pas», explique Bernard Valero.

Pourtant, un ancien ambassadeur dans la région joint par Mediapart assure n'avoir jamais connu pareille situation, vis-à-vis de chercheurs français, tout au long de sa carrière. 

Un autre diplomate, lui aussi spécialiste de la zone, ne voit que la sécurité comme motif possible d'une telle consigne: «Dans ces situations extrêmes, nous sommes amenés à prendre des décisions qui ne sont pas parfaites. Et notre exigence de sécurité, dans ce cas précis, prime sur l'exigence de savoir», reconnaît-il, rappelant que les journalistes étrangers et les membres d'ONG sont pris pour cible en Egypte depuis mardi.

Pour Bernard Valero toutefois, cette mesure «n'a rien à voir avec des questions de sécurité. C'est une règle générale»

Le Quai d'Orsay continue de se prendre les pieds dans les révoltes du monde arabe. Alors que Michèle Alliot-Marie s'embourbe chaque jour davantage dans ses affaires tunisiennes, voilà que le Quai cafouille désormais en terre égyptienne. Le ministère vient de demander à des chercheurs français basés en Egypte de ne plus intervenir dans les médias hexagonaux. Dans le jargon diplomatique, il leur est demandé d'«exercer, en qualité de fonctionnaire, leur devoir de réserve». Du jamais vu, a priori, pour des experts pourtant précieux pour comprendre la crise en cours... Le risque serait-il trop grand qu'ils fassent entendre une analyse divergente de la diplomatie française, ou juste une analyse, à l'heure où la France brille surtout par ses silences? 

L'un des chercheurs français les plus actifs en Egypte vient de faire les frais de cette mesure étonnante. Marc Lavergne, directeur du Centre d'études et de documentation économiques, juridiques et sociales (Cedej), s'apprêtait à intervenir sur France-24, lundi soir, lorsqu'il reçoit un appel téléphonique de l'ambassade de France au Caire, lui demandant expressément de garder silence dès à présent. Le géographe décide toutefois de ne pas lâcher la chaîne au dernier moment et de répondre aux questions.

Le lendemain, c'est l'ambassadeur en personne qui l'appelle, et lui fait comprendre qu'il a franchi la ligne jaune. Marc Lavergne lui répond qu'il a annulé, dans la journée de mardi, une émission de France Culture et renoncé à un direct sur RTL. «Ce chercheur est rémunéré par l'Etat et nous sommes effectivement, en Egypte, dans une situation compliquée», confirme Yannick Tagand, conseiller à l'ambassade de France au Caire.

Le porte-parole du Quai d'Orsay justifie la position française: «Un agent de l'Etat français n'a pas à faire de déclaration publique à l'étranger sur la vie intérieure d'un pays, qu'on soit chercheur, professeur ou encore volontaire international. On a un travail très précis à faire. On doit rester dans le périmètre de sa mission, période de crise ou pas», explique Bernard Valero.

Pourtant, un ancien ambassadeur dans la région joint par Mediapart assure n'avoir jamais connu pareille situation, vis-à-vis de chercheurs français, tout au long de sa carrière. 

Un autre diplomate, lui aussi spécialiste de la zone, ne voit que la sécurité comme motif possible d'une telle consigne: «Dans ces situations extrêmes, nous sommes amenés à prendre des décisions qui ne sont pas parfaites. Et notre exigence de sécurité, dans ce cas précis, prime sur l'exigence de savoir», reconnaît-il, rappelant que les journalistes étrangers et les membres d'ONG sont pris pour cible en Egypte depuis mardi.

Pour Bernard Valero toutefois, cette mesure «n'a rien à voir avec des questions de sécurité. C'est une règle générale».

«L'immaturité de notre démocratie»

La situation du Cedej est particulière puisqu'il s'agit d'un institut français à l'étranger, à ce titre placé sous une double tutelle: celle du Centre national de la recherche scientifique (CNRS), mais aussi celle du ministère des affaires étrangères. Marc Lavergne reconnaît que la «situation serait plus claire si nous relevions directement du ministère de la recherche et du CNRS». Et de poursuivre: «Notre statut étonne et même choque, comme un exemple anachronique de la centralisation française et de l'immaturité de notre démocratie. Et la tentation existe parfois de nous réduire au rôle de services d'appui scientifique et technique de la coopération française, surtout en ces temps de contrainte budgétaire.»

 Mais la méthode semble sans précédent dans l'Histoire récente. «Les envoyés spéciaux français dépêchés au Caire peuvent donc interroger tous les Français présents au Caire, sauf les chercheurs, qui sont pourtant censés compter parmi les plus compétents pour analyser la situation...», regrette Sylvain Kahn, producteur à France Culture, qui avait invité Marc Lavergne, ainsi qu'un autre chercheur présent au Caire, pour intervenir dans son émission, avant de devoir faire marche arrière, et se contenter de deux invités en plateau, à Paris.

Au cœur de l'affaire, les usages et abus du devoir de réserve. «Il est évidemment indispensable comme garde-fou de l'administration», reconnaît Marc Lavergne. «Mais c'est un concept qui, à peu près chaque fois qu'il est employé, un peu comme le secret-défense, prête à discussion. En l'occurrence, on peut se demander à quoi il s'applique: à une certaine réserve qui s'impose s'agissant du fonctionnement d'une administration, des dossiers qui y sont traités, et de la préservation d'intérêts supérieurs de la nation, ou bien à des éléments d'analyse destinés à une meilleure compréhension par le public d'événements traités par les médias, sur un sujet complexe et étranger? Eléments d'analyse dont la production et la diffusion sont au cœur de la mission de nos instituts...»

 Depuis la fin janvier, Marc Lavergne, l'un des rares experts français sur place, a été très sollicité par les journaux parisiens. Il a parlé, entre autres titres, aux Inrockuptibles, à Challenges, à Sud-Ouest, ou encore à France Culture et RFI. A chaque fois, il se livre à une critique assez ferme de l'Egypte sous Moubarak, dénonçant la confiscation des richesses d'un pays à bout de souffle, par une petite élite. «Que les chercheurs puissent parfois être des poils à gratter, cela me paraît dans l'ordre des choses. Et cela me paraît même pouvoir être un indicateur de leur pertinence. Il ne s'agit pas de dévoiler des secrets, que de toutes façons nous ignorons, ni de mettre en péril l'image de la France. Mais notre regard, notre rapport à la société du pays d'accueil, sont nécessairement, espérons-le, différents de ceux d'une mission culturelle ou diplomatique», poursuit encore Marc Lavergne.

Sauf que son analyse semble, effectivement, à des années-lumière des propos lisses de la ministre des affaires étrangères, lors de son dernier déplacement en Egypte, le 22 janvier. Quelques jours après l'attentat d'Alexandrie, qui coûta la vie à 21 personnes, elle vantait «l'Etat égyptien, avec ses caractéristiques de démocratie et de tolérance»

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24/12/2010

Présidentielles 2012 : le lobbying pour DSK

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DSK: candidat fabriqué ou réel plébiscite?

Le directeur général du FMI est tout à la fois la star des sondages, de la presse et des commentateurs politiques. Présenté comme le grand favori de la présidentielle de 2012, à grands renforts d'une communication savamment distillée, Dominique Strauss-Kahn laisse parler les autres. 

Extraits :

..."Certains s'alarment déjà d'une construction ad hoc, produite par la presse, alimentée par les sondages et confortée par les commentateurs politiques. Une sorte de répétition du référendum de 2005 sur le Traité constitutionnel européen, où la quasi-totalité des journaux et des «experts» appelaient à voter pour le «oui», ou des élections de 1995 (avec la chute d'Edouard Balladur, malgré une très grande avance dans les sondages plusieurs mois avant), du 21 avril 2002 ou encore de 2007 (avec l'échec final de Ségolène Royal face à Nicolas Sarkozy). C'est par exemple le cas du journal critique Fakir, qui consacre un dossier complet à DSK (en PDF) ou de l'altermondialiste Raoul-Marc Jennar sur son blog."...

..."«la majorité des sondages ne porte pas sur des intentions de vote mais sur des cotes de popularité, qui favorisent le plus ceux dont on parle dans les médias. C'est un système circulaire», rappelle Alain Garrigou. D'autant que les questions posées par les instituts «ne se posent pas dans la réalité», selon lui."...