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17/09/2015

Europe de la concurrence libre et non faussée : par ici le bon lait !

lu sur le Canard de cette semaine

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02/12/2014

Le futur de notre société néolibérale n'est pas rose ...

lu sur Le temps (Suisse)

les surlignages sont de moi

Pollution: le cerveau en danger

Le Temps 

Stéphane Foucart Le Monde

Les indices s’accumulent quant à l’implication des polluants dans la montée en puissance des troubles autistiques et comportementaux

De toutes les maladies non transmissibles, l’autisme est l’une de celles dont la fréquence augmente le plus rapidement. Si vite qu’il est même difficile d’y croire. En mars, les Centers for Disease Control and Prevention (CDC) américains, l’équivalent de notre Institut de veille sanitaire (InVS), rendaient publiques les dernières estimations de la prévalence des troubles du spectre autistique chez les garçons et les filles de 8 ans aux Etats-Unis. Selon ces chiffres, un enfant sur 68 est désormais touché par cet ensemble de maladies du développement, regroupant l’autisme profond, les syndromes de Rett et d’Asperger, etc.

Le plus impressionnant n’est pas tant le chiffre lui-même, que la rapidité de son évolution: il est supérieur de 30% à celui publié seulement deux ans auparavant (un enfant sur 88) par le même réseau de surveillance mis en place par les CDC, et a plus que doublé en moins d’une décennie. Au cours des vingt dernières années, les données américaines suggèrent une augmentation quasi exponentielle de ces troubles, aujourd’hui diagnostiqués «vingt à trente fois plus» que dans les années 1970, selon le rapport des CDC. 40% de ces enfants dépistés aux Etats-Unis présentent un quotient intellectuel (QI) inférieur à 70.

D’autres troubles neurocomportementaux sont également en forte croissance ces dernières années. Outre-Atlantique, l’hyperactivité et les troubles de l’attention touchaient, selon les chiffres des CDC, 7,8% des enfants entre 4 et 17 ans en 2003. Ce taux est passé à 9,5% en 2007, puis à 11% en 2011. Par comparaison, en France, leur fréquence est estimée entre 3,5 et 6% pour les 6-12 ans.

Aux Etats-Unis, un enfant sur six est concerné par un trouble du développement (troubles neurocomportementaux, retard mental, handicaps moteurs, etc.).

Dans un ouvrage scientifique tout juste publié (Losing Our Minds. How Environmental Pollution Impairs Human Intelligence and Mental, Oxford University Press, 2014) Barbara Demeneix, directrice du département Régulations, développement et diversité moléculaire du Muséum national d’histoire naturelle (MNHN), soutient que cette augmentation rapide de la fréquence des troubles neurocomportementaux est, en grande partie, le résultat de l’exposition de la population générale à certaines pollutions chimiques diffuses – en particulier les femmes enceintes et les jeunes enfants.

Selon la biologiste, cette situation n’est, en outre, que la part émergée d’un problème plus vaste, celui de l’érosion des capacités cognitives des nouvelles générations sous l’effet d’expositions toujours plus nombreuses à des métaux lourds et à des substances chimiques de synthèse. Le sujet est, ces dernières années, au centre de nombreuses publications scientifiques. Philippe Grandjean, professeur de médecine environnementale (Université Harvard, Université du Danemark-Sud), l’une des figures de la discipline et auteur d’un livre sur le sujet (Only One Chance. How Environmental Pollution Impairs Brain Development – and How to Protect the Brains of the Next Generation, Oxford University Press, 2013), va jusqu’à évoquer une «fuite chimique des cerveaux».

La thyroïde en cause

«L’augmentation de la fréquence de l’autisme que l’on mesure ces dernières années est telle qu’elle ne peut pas être attribuée à la génétique seule et ne peut être expliquée sans faire intervenir des facteurs environnementaux, dit Barbara Demeneix. De meilleurs diagnostics et une meilleure information des médecins et des familles permettent certainement d’expliquer une part de cette augmentation, mais en aucun cas la majorité.» Et ce d’autant plus que les critères diagnostiques utilisés par les CDC sont demeurés identiques entre 2000 et 2013. «En France et en Europe, il n’existe pas de suivi historique de la prévalence de ces troubles aussi précis qu’aux Etats-Unis, mais il est vraisemblable qu’on assiste aussi à une augmentation de leur incidence», ajoute Barbara Demeneix.

Autre argument fort suggérant que l’augmentation de fréquence de l’autisme ne relève pas d’un biais de mesure: le sexe-ratio est constant. Les garçons sont toujours cinq fois plus touchés que les filles. Or, si l’accroissement constaté était artéfactuel, une modification du sexe-ratio aurait de grandes chances d’être observée.

Comment expliquer une telle épidémie? Pour la biologiste française, l’une des causes majeures est la prolifération de molécules de synthèse capables d’interférer avec le fonctionnement de la glande thyroïde. «Depuis de nombreuses années, mon travail consiste à comprendre comment un têtard devient une grenouille. Les molécules clés de ce processus sont les hormones thyroïdiennes, qui jouent un rôle crucial dans les transformations lourdes du développement, explique Barbara Demeneix. En cherchant à comprendre comment ces hormones agissent dans la métamorphose du têtard, je me suis posé le même type de questions sur leur importance dans le développement du cerveau humain.»

Les hormones thyroïdiennes sont connues pour moduler l’expression des gènes pilotant la formation de structures cérébrales complexes comme l’hippocampe ou le cortex cérébelleux. «Nous savons avec certitude que l’hormone thyroïde joue un rôle pivot dans le développement du cerveau, précise le biologiste Thomas Zoeller, professeur à l’Université du Massachusetts à Amherst et spécialiste du système thyroïdien. D’ailleurs, la fonction thyroïdienne est contrôlée sur chaque bébé né dans les pays développés et la plupart des pays en développement, ce qui montre le niveau de certitude que nous avons dans ce fait. Pourtant, malgré le fait que de nombreuses substances chimiques ayant un impact documenté sur la thyroïde soient en circulation, les autorités sanitaires ne font pas toujours le lien avec l’augmentation des troubles neurocomportementaux

Dans Losing Our Minds, Barbara Demeneix montre que la plupart des substances connues pour leur effet sur le développement du cerveau interfèrent bel et bien avec le système thyroïdien. Ces molécules ne sont pas toutes suspectées d’augmenter les risques d’autisme, mais toutes sont susceptibles d’altérer le comportement ou les capacités cognitives des enfants exposés in utero, ou aux premiers âges de la vie. C’est le cas des PCB (composés chlorés jadis utilisés comme isolants électriques, lubrifiants, etc.), de certaines dioxines (issues des processus de combustion), de l’omniprésent bisphénol A, des PBDE (composés bromés utilisés comme ignifuges dans l’électronique et les mousses des canapés), des perfluorés (utilisés comme surfactants), des pesticides organophosphorés, de certains solvants, etc.

«Le travail de Barbara Demeneix est très important, estime la biologiste Ana Soto, professeure à l’Université Tufts à Boston (Etats-Unis) et titulaire de la chaire Blaise Pascal 2013-2014 de l’Ecole normale supérieure. Elle a conduit un travail bibliographique considérable et c’est la première fois que l’ensemble des connaissances sont rassemblées pour mettre en évidence que tous ces perturbateurs endocriniens, mais aussi des métaux lourds comme le mercure, sont capables de perturber le fonctionnement du système thyroïdien par une multitude de processus.»

Substances très nombreuses

Les composés bromés peuvent inhiber l’absorption d’iode par la thyroïde qui, du coup, produit moins d’hormones. Les molécules chlorées peuvent en perturber la distribution dans les tissus. Le mercure, lui, peut inhiber l’action des enzymes qui potentialisent ces mêmes hormones… Lorsqu’une femme enceinte est exposée à ces substances, son fœtus l’est également et, explique Barbara Demeneix, «le risque est important que la genèse de son cerveau ne se fasse pas de manière optimale». Pour limiter au mieux les effets de ces substances, la biologiste insiste sur la nécessité d’un apport d’iode conséquent – absent du sel de mer – aux femmes enceintes, garant de leur bon fonctionnement thyroïdien.

Le problème est que les substances susceptibles de perturber ces processus sont très nombreuses. «Les chimistes manipulent des phénols auxquels ils ajoutent des halogènes comme le brome, le chlore ou le fluor, explique Barbara Demeneix. Or les hormones thyroïdiennes sont composées d’iode, qui est aussi un halogène. Le résultat est que nous avons mis en circulation des myriades de substances de synthèse qui ressemblent fort aux hormones thyroïdiennes

Les scientifiques engagés dans la recherche sur la perturbation endocrinienne estiment en général que les tests mis en œuvre pour détecter et réglementer les substances mimant les hormones humaines sont insuffisants. D’autant plus que les effets produits sur les capacités cognitives sont globalement discrets. «Si le thalidomide [médicament retiré dans les années 1960] avait causé une perte de 10 points de quotient intellectuel au lieu des malformations visibles des membres [des enfants exposés in utero via leur mère], il serait probablement encore sur le marché», se plaisait à dire David Rall, ancien directeur de l’Institut national des sciences de la santé environnementale américain (NIEHS).

L’érosion du quotient intellectuel de même que les troubles neurocomportementaux comme l’hyperactivité et les troubles de l’attention ou l’autisme «sont le talon d’Achille du système de régulation, souligne le biologiste Thomas Zoeller. Ce sont des troubles complexes, hétérogènes et aucun biomarqueur caractéristique ne peut être identifié. Du coup, il y a beaucoup de débats sur la «réalité» de l’augmentation de leur incidence. Ce genre de discussions ne décide pas les agences de régulation à être proactives, en dépit du fait que l’incidence des troubles du spectre autistique augmente si rapidement que nous devrions tous en être inquiets.»

L’Organisation pour la coopération et le développement économique (OCDE), l’organisme intergouvernemental chargé d’établir les protocoles de test des substances chimiques mises sur le marché, a cependant appelé, fin octobre, au développement de nouveaux tests susceptibles de mieux cribler les molécules interférant avec la thyroïde. Et ce, avec «une très haute priorité».

L’affaire ne concerne pas uniquement l’intelligence des prochaines générations mais leur santé au sens large. «Les épidémiologistes remarquent depuis longtemps que les gens qui ont un quotient intellectuel élevé vivent plus longtemps, et ce même lorsqu’on corrige des effets liés à la classe sociale, dit Barbara Demeneix. Or, selon la théorie de l’origine développementale des maladies, notre santé dépend en partie de la manière dont nos tissus se sont développés au cours de notre vie intra-utérine. Les facultés cognitives pourraient ainsi être une sorte de marqueur des expositions in utero et pendant la petite enfance à des agents chimiques: avoir été peu exposé signifierait un quotient intellectuel élevé et, du même coup, une plus faible susceptibilité aux maladies non transmissibles.»

 

 

28/08/2014

Ebola : une épidémie d’une ampleur inédite

lu dans la revue de presse de l'INSERM :

Ebola : une épidémie d’une ampleur inédite

Dans une interview accordée à Libération, Peter Piot, codécouvreur du virus Ebola en 1976, s’inquiète de l’ampleur de l’épidémie. Il pointe la réactivité tardive des institutions médicales comme l’OMS qui ne s’est « réveillée » qu’en juillet, alors que l’alerte avait été donnée début mars.
Directrice adjointe de l’Institut de microbiologie et de maladies infectieuses de l’Inserm, Bernadette Murgue, évoque dans
 La Croix qu’« Il est très difficile de faire des prévisions sur le temps qu’il faudra pour stopper cette épidémie. Nous sommes confrontés à une flambée d’une ampleur inédite ». Elle assure par ailleurs que « Pour stopper [le virus], il faut en priorité arriver à faire des diagnostics rapides, isoler tous les malades et surtout tracer et surveiller tous les ‘cas-contacts’ ». Selon elle la principale difficulté rencontrée par les pays touchés par le virus est de ne pas avoir « de système de santé doté de moyens suffisants ».

Pour plus d’infos lire notre dossier complet sur Ebola.

La Croix, Libération, 26/08

30/06/2014

La déforestation en Amazonie

à lire sur BASTAMAG :

BIODIVERSITÉ

Déforestation : « En Amazonie, c’est trop tard, on remplace les arbres par du soja transgénique »

26/06/2014 STÉPHANE PERRAUD

Botaniste, spécialiste des forêts primaires, Francis Hallé s’est fait connaître par ses expéditions sur le Radeau des cimes, à bord duquel il a pu explorer la canopée des forêts tropicales. Auteur de (...)

25/04/2014

Oliver Stone - Les États-Unis : L'Histoire jamais racontée

Un documentaire à voir absolument, ne serait-ce que pour mieux comprendre "l'Europe de la concurrence libre et non faussée".

Oliver Stone - Les États-unis : L'Histoire Jamais Racontée ...

www.commeaucinema.com/film/oliver-stone-les-etats-unis-l...   En cache

Résumé du film Oliver Stone - Les États-Unis : L'Histoire jamais racontée

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Oliver Stone: "Les Américains s'imaginent être les gentils ...

www.lexpress.fr/culture/tele/oliver-stone-les-americains...   En cache

Oliver Stone: "Les Américains s'imaginent être les gentils contre les méchants"

Propos recueillis par Sandra Benedetti, publié le 16/01/2014 à 17:34

Abonné à la polémique, Oliver Stone révèle cette fois la face cachée des Etats-Unis dans une remarquable série documentaire. Avec L'Express, il revisite Une autre histoire de l'Amérique. 


En savoir plus sur http://www.lexpress.fr/culture/tele/oliver-stone-les-americains-s-imaginent-etre-les-gentils-contre-les-mechants_1314422.html#gAdQ0PXo7rJVTV5U.99

03/03/2014

Les ex-colonies françaises et le néocolonialisme

lu sur le site du Monde :

« Le modèle colonial français a laissé l'Afrique à l'état de squelette »

LE MONDE CULTURE ET IDEES | 28.02.2014 à 10h46 • Mis à jour le 28.02.2014 à 11h51 |Propos recueillis par Charlotte Bozonnet

Depuis 2011, l’armée française s’est engagée en Libye et en Côte d’Ivoire, puis au Mali et, en décembre 2013, en République centrafricaine. Le Monde a demandé son analyse des récentes interventions françaises sur le continent à l’historien sénégalais Ibrahima Thioub, spécialiste des systèmes de domination en Afrique, professeur d’histoire à l’université Cheikh Anta Diop de Dakar, au Sénégal, et chercheur associé à l’Institut d’études avancées de Nantes.

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La France est engagée en Centrafrique. Il y a un an, elle intervenait au Mali, une autre de ses ex-colonies. Ces interventions relèvent-elles d’un néocolonialisme ?

Les véritables questions derrière ces interventions seraient plutôt : pourquoi, cinquante ans après les indépendances, l’Afrique n’a-t-elle pas réussi à construire des armées capables de faire face à de tels événements ? Comment expliquer la facilité avec laquelle des rébellions mobilisent de jeunes combattants ? Pourquoi arrive-t-on si aisément à se procurer des armes sur un continent qui ne parvient pas à assurer une couverture universelle en matière de vaccination infantile ou de scolarisation ? Le problème n’est pas l’intervention de la France mais ce qu’elle révèle des Etats africains : des Etats fragiles, inefficaces et incapables de mobiliser les populations pour défendre leur patrie.

Quelles sont les origines de cette fragilité ?

Au moment des indépendances africaines, la France a transféré le pouvoir aux élites les plus favorables à une continuation du système colonial. Aujourd’hui, les groupes au pouvoir restent connectés à la France par la persistance du modèle économique, fondé sur l’extraction des ressources naturelles. Ces ressources, non valorisées localement, sont achetées à un prix très inférieur à celui du marché mondial. En échange, les élites africaines reçoivent une rente réexportée en Europe sous la forme de comptes bancaires ou de biens immobiliers. Pis, ces élites ont un modèle de consommation qui ne favorise pas la production locale. Tout cela laisse la population exsangue, et la jeunesse face à une alternative : rejoindre les rébellions, les mouvements djihadistes ou évangéliques, ou émigrer.

Vous estimez qu’il y a une connivence entre la France et les élites africaines…

Il y a une sorte d’alliance objective entre des entreprises européennes soutenues par leurs Etats, les élites au pouvoir en Afrique et les mouvements rebelles, djihadistes ou évangéliques. Même s’ils se combattent sur le terrain, il existe entre eux une connivence de facto qui exclut les populations de l’accès à des capacités de production et à des revenus. Cela crée une insécurité qui fragilise l’ensemble des Etats africains. Tant qu’on ne réfléchit pas aux causes profondes des crises, la France pourra intervenir tant qu’elle veut, rien ne sera réglé. Depuis les années 1960, les interventions de Paris dans son pré carré n’ont jamais résolu les problèmes. Elles n’ont fait que les reporter.

Au Mali, il s’agissait d’arrêter d’urgence une attaque de djihadistes. Pouvait-on vraiment faire autrement ?

Ponctuellement, il n’y avait pas d’alternative. Mais c’est ce pilotage à vue qui n’est pas une solution. Au Mali, tout le monde voyait venir la catastrophe. Depuis des années, la classe dirigeante récupère la rente fournie par les Etats européens pour un partage oligarchique des ressources, laissant la population démunie. Ce partage du gâteau était tel qu’il n’y avait même plus d’opposition politique.

Le deuxième facteur, en fait un simple détonateur, tient à l’intervention française en Libye. Tout le monde savait que l’arsenal libyen allait être utilisé dans les conflits du Sahel, notamment les rébellions touareg. Les conditions étaient réunies pour qu’un pays de la région soit la cible d’une attaque, sur fond de lutte entre l’Occident et les islamistes. Ce fut le Mali. Paris a dû intervenir pour ses propres intérêts et sous peine de voir la région basculer dans le fondamentalisme religieux. Je voudrais rappeler que nous avons déjà vécu cette situation. Au XIXe siècle, l’islam s’était posé comme alternative aux régimes locaux ruinés et délégitimés par leur participation à la traite des esclaves. Les mouvements djihadistes étaient alors capables de les battre et d’unifier la région. Sans l’intervention de l’armée française, El Hadj Oumar [fondateur de l’Empire toucouleur au début du XIXe siècle]aurait vaincu les régimes en place. Mais nous n’avons pas tiré les leçons de cette expérience.

Comment expliquer que la France n’ait jamais réussi à construire une autre relation avec l’Afrique ?

Cela tient au modèle colonial français, qui a investi a minima dans les colonies pour en extraire le maximum de ressources au profit de la métropole. Cela a laissé ces territoires à l’état de squelettes. Ne reste alors plus que l’exercice de la violence entre les élites locales pour accéder au peu de ressources restant. Pour trouver protection, les populations adoptent une logique de clientèle ou de désertion. En Afrique centrale, les compagnies concessionnaires qui succèdent aux seigneurs de guerre esclavagistes ont poussé la violence à l’extrême. Cette histoire explique en partie la situation en Centrafrique. L’Afrique de l’Ouest fut, elle, soumise à une économie de traite. La main-d’œuvre forcée au travail produisait la spécialisation de chaque territoire : l’arachide au Sénégal, le café et le cacao en Côte d’Ivoire. Ce modèle colonial a détruit le potentiel de production des pays. A la décolonisation, l’exploitation économique a perduré, de même que les relations politiques inégales. La France a installé des bases militaires pour maintenir des régimes en place. Les politiques d’ajustement néolibéral des années 1980-1990, en privatisant le secteur public, ont assombri le tableau. Elles ont provoqué une criminalisation des filières d’accès aux ressources. Les services publics mis à terre ont davantage exclu les citoyens des systèmes de redistribution.

Pis encore, la décolonisation culturelle ne s’est pas faite : on a oublié que la France et ces pays faisaient partie du même empire. Il fallait décoloniser l’Afrique mais aussi la France, car les idées à l’origine de la colonisation avaient pénétré en profondeur la société française, au point qu’elle a souvent un regard du XIXe siècle sur l’Afrique. Mais les élites françaises ne sont pas les seules responsables : avec leur modèle de consommation, les élites africaines, qui se soignent et font leur marché en Europe ou éduquent leurs enfants aux Etats-Unis, condamnent l’Afrique à une dépendance économique et à une extraversion culturelle ruineuses.

Ne pensez-vous pas que l’expérience du Mali a été un électrochoc, capable de faire changer les choses ?

Ce n’est pas la première fois qu’on attire l’attention sur les dangers du néocolonialisme. Mais a-t-on la volonté d’attaquer sérieusement ce système ? Combien de fois a-t-on déclaré la guerre à la « Françafrique » ? Cela perdure, car il y a une conjonction de forces africaines et européennes qui ont intérêt au maintien du système. En Afrique, la politique semble se résumer à la lutte contre la pauvreté et la mal-gouvernance, comme si la pauvreté était un être autonome contre lequel on pourrait lutter en injectant des ressources financières. On oublie que la pauvreté est un rapport social, qui résulte de relations économiques et politiques. Tant qu’on ne modifie pas l’architecture sociale, le type de relations politiques qui gouvernent ces sociétés, rien ne changera.

Comment sortir de cette relation mortifère entre l’Europe et l’Afrique ?

Dans le contexte actuel, poursuivre cette relation est mortel pour les deux continents. Du reste, les pays émergents la perturbent en imposant une féroce compétition à l’Europe pour l’accès aux ressources africaines. La seule stratégie valide pour l’Europe est de pousser à un recentrage de l’Afrique sur elle-même. Il faut que l’Afrique ait les capacités de production pour satisfaire ses besoins en termes de nourriture, de soins, de formation. Il faut aussi qu’elle sorte de la logique mercantile dans laquelle l’Europe l’a maintenue pendant des siècles et qu’elle développe un système de production à la fois industriel, agricole, commercial performant. Avec la jeunesse de sa population, l’immensité de ses ressources naturelles, l’Afrique en a les capacités et elle peut le faire avec ou sans aide. En poussant dans cette direction, l’Europe relancerait sa propre économie. Quand les Américains ont initié le plan Marshall, ce n’était pas parce qu’ils aimaient les Européens, c’était pour relancer leur propre économie. Si l’Europe ne pousse pas dans cette direction, elle sera vaincue par les émergents qui continueront de faire de l’Afrique cette terre d’extraction des ressources primaires.

23/11/2013

Achat sur internet : il faut BOYCOTTER AMAZON !

À lire dans le Monde diplo de ce mois :

Amazon, l'envers de l'écran

 Jean-Baptiste Malet
Enquêter sur Amazon révèle l'autre facette de l'immatérialité, l'horizontalité, la créativité. Celle d'usines géantes où des humains pilotés par ordinateur s'activent jusqu'à (...)
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Novembre 2013 en perspective

Voici une sélection d'archives en rapport avec les pays, les événements ou les grandes questions évoqués dansle numéro du mois. Des reportages, des enquêtes, des analyses pour aller plus loin ou faire un pas de côté, tisser et détisser l'histoire.

16/09/2013

L'Europe de la "concurrence libre" et les salaires de misères en Allemagne

lu sur :

http://www.lemonde.fr/economie/article/2013/09/16/en-basse-saxe-la-ceinture-de-graisse-du-pays-prospere-grace-a-des-salaires-de-misere_3478114_3234.html

En Basse-Saxe, la "ceinture de graisse" du pays prospère grâce à des salaires de misère

LE MONDE | 16.09.2013 à 11h20 • Mis à jour le 16.09.2013 à 18h48 |Claire Gatinoi

Les raisons qui ont poussées Stefan Petrut à quitter la Roumanie pour venir travailler en Allemagne sont simples. "L'argent". L'homme épais, à la figure bonhomme, qui ne laisse rien transparaître de trente ans de travail à la chaîne à découper les viandes dans les abattoirs, ne s'en cache pas. L'argent lui manquait tellement à Buzau, sa ville natale à 100 kilomètres de Bucarest.

Alors, en 2008, quand son ami Nicolaï, lui a parlé de ce travail d'équarrisseur en Basse-Saxe, à Essen-Oldenburg payé 1 600 euros par mois. "J'ai dit oui. J'arrive". Quelques jours plus tard, Stefan, quarante-six ans à l'époque, laisse sur place un fils déjà grand mais emmène sa femme, Luminata, couturière. Elle lâche ses travaux d'aiguilles pour se convertir à la découpe de bestiaux. De 16 heures à deux heures du matin, pauses comprises. L'affaire est trop belle. Au début, tout va bien. Si ce n'est cet appartement sommaire dans une maison de briques de Quakenbrück, à dix kilomètres de l'abattoir que Stefan et Luminata doivent partager avec deux autres couples. Une seule salle de bains. Une toilette pour tout le monde. Le tout pour 175 euros par personne et par mois payés "au patron". Celui-là même qui dirige l'abattoir.

Mais au bout de quelques mois, l'entreprise change le fonctionnement. Fini le salaire fixe, désormais Stefan et sa femme seront payés à la pièce : 1,31 centime (0,0131 euro) par cochon découpé pour lui, 0,98 centime pour elle. "Normalement, ça va, je suis un spécialiste", explique-t-il, fier. Solide et rompu à l'exercice, Stefan peut faire 700 bêtes par heure, donc, toucher un peu plus de 9 euros de l'heure. Mais Luminata ne tient pas la cadence. Pis au bout de quelques jours, les porcs n'arrivent plus. Danish Crown, un gros industriel de la viande qui achetait la pièces à l'abattoir de Stefan, veut changer de sous-traitant pour un autre, moins cher.

"Plus de cochons, plus d'argent", résume Stefan dans un français qu'il a appris à l'école. Sa femme et lui vivotent alors avec 500 euros mensuels. Puis, plus rien. L'abattoir fait faillite. Eux sont licenciés sans toucher les 5 000 euros et quelque qu'on leur doit encore.

"NATIONALITÉS INVITÉES"

En Basse-Saxe, le cas de ces Roumains n'est qu'un exemple parmi d'autres de l'exploitation de la main-d'œuvre étrangère, peu au fait de ses droits, et souvent maintenue à dessein dans l'ignorance. Depuis un an, la presse locale se fait l'écho d'histoires plus ou moins sordides recensées dans "la ceinture de graisse" de l'Allemagne, championne européenne de l'exportation de viandes.

Got Ilie, le visage mat et l'air encore espiègle de ses 24 ans en témoignent. Arrivé en Allemagne en 2010, il a passé un an payé 5 euros de l'heure, sans sécurité sociale, et avant déduction des 70 euros à régler chaque mois à son employeur pour le logement : une chambre à partager avec cinq autres Roumains.

Au fil des ans, les nationalités "invitées" évoluent mais le scénario reste le même. Un salaire de misère qui frise parfois les deux à trois euros de l'heure et des conditions de logement indécentes. "Il y a quelques semaines, j'ai été alerté par un Espagnol employé dans une découpe de volailles qui n'avait pas reçu son salaire. J'ai découvert que lui et d'autres Espagnols vivaient à soixante-dix dans 180 mètres carrés dans un restaurant désaffecté", raconte Matthias Brümmer, responsable régional du syndicat de l'alimentaire NGG.

"Des Grecs, on n'en a pas encore vus. Mais l'industrie cherche et trouve toujours ce qu'elle veut là où la misère est la plus grande, dit-il, écœuré. Ces industriels se vantent de traiter correctement les animaux, mais eux traitent leurs salariés comme des bêtes !" M. Brümmer, un ancien des abattoirs, s'est rendu compte il y onze ans, grâce à un journaliste du Rheinische Post, que ces scènes dignes d'un roman de Zola existaient dans son propre pays, ce super modèle de l'Europe.

Interrogé sur de telles pratiques, Danish Crown explique que c'est le marché du travail allemand qui implique de tels niveaux de salaires. Quant aux sous-traitants, le groupe peut difficilement les contrôler, explique Jens Hansen, le porte-parole de l'entreprise danoise, ajoutant que le groupe, basé dans un pays réputé pour la générosité de son système social, ne rechigne pas à payer correctement ses propres salariés. Une stratégie d'évitement, certes, qui n'est toutefois pas éloignée de la réalité. Pour M. Brümmer, la réglementation du marché du travail allemand a permis ces dérives et l'émergence de ce qu'il appelle un "capitalisme de Manchester".

PAS DE SALAIRE MINIMAL

Outre-Rhin, aucun salaire minimal n'est imposé dans la filière de la viande. En outre, sous le gouvernement de Gerhard Schröder (SPD) une clause a été introduite permettant à un employeur allemand de "louer" de la main d'œuvre à une entreprise étrangère, roumaine ou bulgare par exemple. Dans ce cadre, les employés sont soumis au droit du travail de leur pays d'origine, souvent moins disant.

En permettant aux industriels d'avoir recours à une main d'œuvre bon marché, la Basse-Saxe est devenue un aimant aux multinationales de la viande. Danish Crown, mais aussi le néerlandais Vion y sont représentés aux côtés des allemands Tonnies, Westfleisch, entre autres.

Résultat, dans cette région agricole, le chômage est au ras des pâquerettes (6,5 % en août selon l'agence pour l'emploi), et en dépit de l'automatisation du métier, l'industrie emploie encore 142 000 personnes, et plus de 200 000 en comptant ces travailleurs "loués", indique M. Brummer. "Aujourd'hui, si l'Allemagne arrête de produire de la viande, l'Europe fait famine !", plaisante-t-il.

Pour lui comme pour nombre d'Allemands, ce résultat n'a pourtant rien d'une réussite. "J'ai honte. Quand je voyage à l'étranger et qu'on m'interroge à ce sujet, je suis incapable de justifier cela", confie Alexander Herzog-Stein, spécialiste du marché de l'emploi à l'institut IMK, proche des syndicats.

Dans la région, aussi, on a honte. Depuis plus d'un an, à Vechta, une petite ville tranquille, le prêtre Peter Kessen mobilise les foules pour que cesse ce "dumpig social", dénoncé également par la France et la Belgique. Pour son action, le prêtre a reçu des menaces : une peau de lapin, déposée devant sa porte en novembre dernier.

C'est que le combat de ce religieux dérange. Son objectif est d'obliger l'instauration d'un salaire minimum à 8,50 euros de l'heure, pour tous. Une lutte à la frontière entre religion et politique : la mesure figure dans le programme du SPD, en lice face à la CDU d'Angela Merkel pour les élections législatives du 22 septembre."C'est notre responsabilité sociale", sourit-il. Et pour ceux qui redouteraient de voir alors la compétitivité de l'industrie s'effondrer, le prêtre a déjà fait les calculs. Avec ce niveau de salaire, le kilo de viande ne serait renchéri que de 5,7 centimes, dit-il. Reste que les entreprises pourraient déguerpir, à la recherche d'une main-d'œuvre meilleur marché. "Qu'ils s'en aillent !", lâche M. Brümmer.

Depuis quelques jours, la région a bon espoir de mettre fin à tout cela. A la suite d'une table ronde, mardi 10 septembre, les grands industriels se sont mis d'accord pour l'instauration d'un salaire minimum. Mais M. Brümmer se méfie. "Ce n'est pas la première fois qu'en période préélectorale on nous fait des promesses. Attendons le 23 septembre !".

Et puis après la viande viendra le combat pour les employés de l'hôtellerie, de la restauration et pour les garçons coiffeurs, dont les salaires, dit-on, ne dépassent pas 2 à 3 euros de l'heure...

09/08/2013

RFA, USA, NSA

lu sur :

http://www.lemonde.fr/international/article/2013/08/08/le-camp-merkel-revele-que-la-cooperation-avec-la-nsa-remonte-a-l-equipe-schroder_3458871_3210.html

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Le camp Merkel révèle que la coopération avec la NSA remonte à l'équipe Schröder

Le gouvernement social-démocrate avait signé, en 2002, un accord pour permettre les écoutes de l'agence de sécurité américaine.

LE MONDE | 08.08.2013 à 11h12 |

Par Cécile Boutelet (Berlin, correspondance)

Coup de théâtre dans le scandale des écoutes de la NSA en Allemagne. Pour contrer les attaques de l'opposition, la chancellerie a révélé, mercredi 7 août, que le Parti social-démocrate (SPD) était au courant depuis longtemps des activités des services secrets américains sur le territoire allemand. L'ancien secrétaire SPD de la chancellerie, Frank-Walter Steinmeier, aujourd'hui président du groupe au Bundestag, est directement mis en cause. 
 

Les informations du lanceur d'alerte Edward Snowden avaient montré que l'Allemagne était une cible de choix des services de renseignement américains. Des centaines de milliers de métadonnées en provenance d'Allemagne auraient été interceptées. L'hebdomadaire Der Spiegel avait révélé samedi que les services allemands non seulement étaient parfaitement au courant de ces écoutes, mais qu'ils avaient prêté main-forte à leurs collègues américains. La base de Bad Aibling (Bavière) est, selon le Spiegel, un centre d'écoute utilisé par les Américains.

Après les révélations, les services allemands avaient reconnu les faits, précisant que les communications des citoyens allemands n'étaient pas concernées par ces écoutes. La coopération germano-américaine est parfaitement légale, ont-ils précisé, puisqu'elle repose sur un accord de 2002. 

LE SPD MIS EN CAUSE

Mise sous pression par l'opposition, la chancellerie a précisé, mercredi, que le traité de coopération des services secrets était parfaitement connu du SPD. Et pour cause : le signataire du traité n'était autre que M. Steinmeier, secrétaire de la chancellerie en 2002, dans le gouvernement de Gerhard Schroeder. 

Le SPD, qui n'avait pas ménagé ses attaques contre Angela Merkel, est désormais sur la sellette. Mercredi soir, M. Steinmeier a réagi vivement aux reproches de double discours. Il a rappelé que la signature du traité de coopération avait eu lieu dans le contexte de l'après – 11-Septembre 2001. "Cette coopération était nécessaire à cette époque pour faire la lumière sur un horrible crime. Cela n'a rien à voir avec l'écrémage systématique de données de nos citoyens", a-t-il lancé. Il a jugé "lamentable" la façon dont le gouvernement "chercherait à fuir ses responsabilités".

Katja Kipping, présidente du parti de gauche Die Linke, a qualifié jeudi M. Steinmeier de "plus grand dissimulateur de toute cette affaire d'espionnage""Quand le candidat Peer Steinbrück nous gratifie chaque jour de son théâtre d'indignation, il apparaît que l'ancien gouvernement SPD-Verts a ouvert toutes les portes qui permettent aujourd'hui à la NSA et aux grands groupes privés de pomper des données venues d'Allemagne." Die Linke demande une commission d'enquête.

"Le SPD est démasqué", a renchéri le président du Parti libéral, Philipp Rösler. Les chrétiens-démocrates, heureux d'avoir pu rejeter une part de responsabilité sur leurs concurrents dans une affaire potentiellement explosive, ont multiplié les attaques. Le SPD, qui perd toute crédibilité dans l'affaire, tente de réagir. Mercredi, il a fait publier une déclaration sur l'honneur de M. Steinmeier, précisant que l'ancien ministre "n'aurait jamais accepté que les droits élémentaires des citoyennes et citoyens allemands soient violés, au su de l'administration allemande".

Lire aussi : L'affaire des écoutes parasite la campagne allemande

Scandale des écoutes de la NSA
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13/05/2013

"réformes structurelles de compétitivité" = "aligner les salaires français sur ceux du Bangladesh"

lu sur :

http://www.lemonde.fr/economie/article/2013/05/13/le-moins-disant-salarial-en-accusation_3175394_3234.html

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Le moins-disant salarial en accusation

LE MONDE | 13.05.2013 à 14h59

Par Paul Jorion (économiste et anthropologue)

Parler de "réformes structurelles de compétitivité", c'est accepter le principe d'un moins-disant salarial au plan international : c'est admettre qu'il existe un pays où le niveau du salaire de subsistance est le plus bas, et que ce salaire de subsistance du travailleur le plus misérable de la planète doit jouer le rôle d'un "attracteur" pour l'ensemble des salaires à la surface du globe. 

Le salaire moyen au Bangladesh étant aujourd'hui cinq fois plus faible qu'en Chine, j'ai choisi de traduire dans mes conférences l'expression obscure "réformes structurelles de compétitivité" par "aligner les salaires français sur ceux du Bangladesh", une phrase dont la signification est identique, mais présente l'avantage d'être comprise aisément par tous mes auditeurs.

En utilisant cette expression polémique, je ne pensais cependant pas qu'une actualité tragique en ferait à ce point résonner la pertinence.

Le 24 avril, l'effondrement à Savar, un faubourg de Dacca (Bangladesh), du Rana Plaza, un immeuble de huit étages rassemblant un grand nombre d'ateliers de confection aux conditions de travail dickensiennes, a causé la mort de plus de mille personnes, des femmes essentiellement.

A la vue d'étiquettes de marques familières mêlées aux corps sans vie au milieu des gravats, l'indignation est à son comble. La presse financière internationale n'est pas en reste : à de telles situations où des ouvrières et des ouvriers sont renvoyés dans des locaux en voie d'effondrement et aux issues de secours bloquées par une "police industrielle", elle connaît la réponse. Son nom, affirme le Financial Times, c'est la syndicalisation, qui permet aux travailleurs de faire-valoir leurs droits.

 HAVRES FISCAUX

Tout occupés à échapper à l'enfer du monde rural pour découvrir la paix relative des ateliers urbains (migration qui en vingt ans a fait baisser la pauvreté de moitié), les Bangladais auraient négligé la protection qu'offrent les syndicats. Sans doute, mais peut-être ont-ils en mémoire le syndicaliste Aminul Islam, dont le cadavre portant les marques de sévices fut retrouvé l'année dernière abandonné sur une autoroute.

La révélation spectaculaire des conditions dans lesquelles est produit dans le tiers-monde notre low cost occidental modifiera-t-elle la philosophie de nos dirigeants ? Il en faudrait certainement plus, car nous vivons dans un monde où, si les individus sont encore ancrés dans une logique territoriale, les entreprises ont cessé de l'être depuis plus d'un siècle.

Par le biais de l'instrument juridique qu'est le "trust" anglo-saxon, les individus les plus fortunés, grâce à des montages fondés sur l'anonymat qu'autorisent les havres fiscaux, ont le moyen d'accéder à titre personnel au pouvoir dont disposent les transnationales : pouvoir économique, mais aussi pouvoir politique en raison du poids que l'argent permet d'exercer sur le mécanisme démocratique.

Dans le cadre actuel, la logique du moins-disant salarial est l'un des principes de base de l'économie de marché, à preuve l'indifférence des populations à l'annonce de ces "réformes structurelles de compétitivité".

L'horreur de Rana Plaza restera-t-elle sans conséquences ? Rien n'est moins sûr cependant, car c'est la philosophie du "moins-disant" sous toutes ses formes qui se retrouve aujourd'hui sur la défensive, depuis que l'affaire Cahuzac a mis sur la sellette le moins-disant juridique et fiscal des havres fiscaux, et que l'inviolabilité qui faisait leur force s'est vue compromise dans la résolution de l'affaire de Chypre.

Si en effet les sommes déposées sur un compte dans un havre fiscal ont cessé d'y être en sécurité, c'est l'édifice entier qui s'effondre.

TALON D'ACHILLE

Et c'est là que se situe le talon d'Achille du moins-disant salarial : dans le fait que les opinions publiques sont désormais en rébellion ouverte contre la philosophie du moins-disant dans toutes ses manifestations.

Ce ne sont pas les dirigeants eux-mêmes qui ont mis le holà, mais la réprobation générale les a obligés d'installer des coupe-feu dans l'urgence pour contenir la vague d'indignation. Qu'on pense à la promptitude de la réponse, même si ce n'était pas une transparence voyeuriste que réclamait de la classe politique, l'opinion, mais, bien plus banalement, des gages d'honnêteté.

Le moins-disant juridique et fiscal a atteint le seuil de l'intolérable, parce qu'il instaure en régime idéal la piraterie que les grosses entreprises – transnationales de fait – exercent sur l'économie mondiale : prédation par elles des entreprises plus petites, quant à elles confinées de par leur taille sur le territoire national et contribuant seules par le versement de l'impôt aux frais de maintien de l'ordre commercial, ordre dont les transnationales bénéficient sinon gratuitement, du moins avec un rabais considérable.

Ces transnationales n'en voient pas moins le contribuable voler à leur secours en période de vaches maigres, pour régler non seulement leurs pertes économiques réelles, mais également leurs paris spéculatifs perdus, illustration tragique du principe de "privatisation des profits, socialisation des pertes".

Le moins-disant salarial des "réformes structurelles de compétitivité" relève de la même logique exactement que le moins-disant fiscal : il s'agit là aussi, par la baisse des salaires, de maximiser la part de la richesse créée, qui passera en dividendes et en bonus extravagants que les dirigeants des plus grosses entreprises s'octroient à eux-mêmes.

08/05/2013

Le prêt-à-porter et les sous-traitants

à lire sur MEDIAPART :

Les lanceurs d'alerte de l'esclavage textile PAR LA RÉDACTION D'INFOLIBRE

L'effondrement d'un bâtiment abritant des ateliers de confection au Bangladesh, qui a fait au moins 800 morts, a remis un coup de projecteur sur les conditions de travail dans les usines fabriquant les vêtements de grandes marques occidentales. L'ONG Ropa Limpia dénonce ces abus depuis près d'un quart de siècle. 

Lire la suite

extraits :

..." Si vous regardez où a été fabriqué le vêtement que vous portez, il est tout à fait probable que vous constatiez qu'il vient d'un atelier textile situé à des milliers de kilomètres de chez vous. Il est très possible aussi que ce vêtement ait été confectionné par des ouvriers soumis à des conditions de travail extrêmement précaires et peu sûres. Il se peut aussi que ces ouvriers soient exploités et qu'ils continuent, même s'ils ont un emploi, à faire face à des situations de pauvreté et de grande vulnérabilité sociale.

Telle est la réalité dans nombre de fabriques auxquelles les entreprises de prêt-à-porter occidentales sous-traitent leur production. Et c'est cette situation que la campagne Ropa Limpia (Linge propre) dénonce depuis 1989, depuis qu'une manifestation aux Pays-Bas contre les conditions de travail « déplorables » des ateliers textiles des Philippines a débouché sur un mouvement en faveur de droits du travail dans le secteur. Cette campagne est aujourd'hui menée dans 14 pays européens. "...

..."Ropa Limpia est loin de se limiter à des campagnes ponctuelles, précise Eva Kreisler, sa coordinatrice en Espagne. Il s'agit d'un réseau international de plus de 300 ONG, syndicats et organisations de consommateurs. Il a dénoncé des cas d'exploitation professionnelle ou de violation des droits syndicaux dans des usines du Bangladesh, du Sri Lanka, d'Inde, du Pakistan et du Maroc. Son objectif est d'obtenir que les conditions de travail des ouvriers du textile soient équivalentes à celles qui ont été établies par l'Organisation internationale du travail (OIT) ainsi que de tenter de minimiser l'impact de la production textile sur l'environnement. "...

10/04/2013

Offshore Leaks : perfide Albion

lu sur :

http://www.lemonde.fr/economie/article/2013/04/09/premier-paradis-fiscal-au-monde-la-city-beneficie-d-un-solide-reseau-extraterritorial_3156385_3234.html

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Premier paradis fiscal au monde, la City au coeur d'un empire offshore

Officiellement, David Cameron a placé la lutte contre l'évasion fiscale au coeur de sa présidence 2013 du G8. A l'appui de cette croisade, le premier ministre britannique met en exergue la récente signature d'échange de données fiscales entre le Royaume-Uni d'une part, la Suisse, les îles anglo-normandes et l'île de Man d'autre part.

>> Tout nos articles sur Offshore Leaks

Dans la réalité, la City – terme qui décrit l'industrie des services financiers installés à Londres – peut être considérée comme le plus gros paradis fiscal au monde. La première place financière européenne est, certes, "onshore" (à terre). Mais elle est au centre d'une toile d'araignée où rayonnent des paradis fiscaux "offshore" (extraterritoriaux), ces territoires de la Couronne ou anciennes colonies, dont le nom est passé dans l'histoire de la finance de l'ombre : îles Caïmans, îles anglo-normandes, île de Man, îles Vierges britanniques, Gibraltar, les Bermudes, Hongkong, l'Irlande, Dubaï... Des lieux qui servent d'abord de rabatteurs de capitaux approvisionnant le pôle londonien en liquidités. L'argent collecté est géré par les établissements financiers installés dans la capitale britannique.

A écouter Nicholas Shaxson, auteur du livre Treasure Islands (The Bodley Head, 2009), consacré aux places financières extraterritoriales – et l'un des piliers de Tax Justice Network, une organisation non gouvernementale phare dans la lutte contre les paradis fiscaux –, la City abritait 3 200 milliards de dollars (2 456 milliards d'euros) de dépôts offshore, soit 55 % du total mondial. Et Jersey, Guernesey et Man apportent le dixième de ce pactole.

UN ETAT DANS L'ETAT

Grâce à ses centres offshore de transit, la City a pu faire fructifier à son avantage les pétrodollars du Proche-Orient, ainsi que les fonds des oligarques russes, des armateurs grecs, des entrepreneurs indiens et chinois, ou, plus récemment, des nantis d'Europe du Sud fuyant la crise de l'euro.

Pour protéger sa prééminence dans la finance offshore, la City dispose de trois atouts-clés. Tout d'abord, la formidable puissance de la City of London Corporation, l'autorité administrative de la City. Le pouvoir de cet Etat dans l'Etat, autonome par rapport au gouvernement central, est à la hauteur de sa fortune et de son entregent : imposant.

"En tant que centre financier international, fort de sa tradition séculaire de gestion de patrimoine, nous attirons des fonds du monde entier. Depuis des décennies, Jersey, Guernesey et d'autres centres similaires nous procurent des capitaux. Ces rabatteurs offshore respectent la législation européenne", nous déclarait récemment l'un de ses dirigeants.

Ensuite, la City peut compter sur l'expertise d'une armée d'avocats et de comptables pour concocter des structures financières offshore mettant l'argent à l'abri du fisc. Avec l'aide de ce réseau, la gestion alternative – hedge funds (fonds spéculatifs), capital-investissement... – dont Londres est le centre en Europe, dispose d'entités idoines, appelées special purpose vehicles, des coquilles vides permettant de minimiser l'impôt.

La constitution d'une autre spécialité britannique, les trusts, structures dont on ne connaît pas le bénéficiaire, administrées par un cabinet juridique ou d'audit situé dans un paradis fiscal, brouille les pistes en permettant de dissimuler les avoirs. Jersey, Guernesey et les îles Caïmans sont le royaume de ces entités à la fois légales, virtuelles et impénétrables.

Enfin, les paradis fiscaux britanniques peuvent compter sur la discrétion de la presse londonienne. Seul le Guardian, associé à DocuLeaks, mène campagne pour la mise hors la loi de cette arrière-cour opaque de la Couronne. Pour les autres, c'est silence radio. La majorité des propriétaires de journaux sont eux-mêmes domiciliés dans les zones offshore.

15/02/2013

Portugal, Etat à vendre

reportage vendredi15 février 2013
 

27/11/2012

L'Iran et les sanctions occidentales

les surlignages sont de moi

lu sur :

http://www.lemonde.fr/idees/article/2012/11/27/les-sanctions-contre-l-iran-sont-inefficaces_1796490_3232.html

Les sanctions contre l'Iran sont inefficaces

LE MONDE | 27.11.2012 à 15h31 • Mis à jour le 27.11.2012 à 15h59Par Sébastien Regnault, enseignant à l'université Dauphine

Dévaluation sans précédent du rial, chute vertigineuse des exportations de pétrole, inflation galopante : les sanctions imposées contre l'Iran sont un succès, affirme-t-on en Occident.

Dès lors, le destin de la République islamique semble scellé : elle suspendra ses activités d'enrichissement nucléaire et la chute de son régime sera précipitée par un "printemps persan". Or rien n'est moins sûr.

MAINMISE DES MILITAIRES

Les sanctions contre l'Iran durent depuis plus de trente ans, et leurs effets sont connus. Elles légitiment la rhétorique antioccidentale du régime, renforcent le monopole des pieux marchands du bazar, principaux soutiens du clergé, limitent le développement d'une classe d'entrepreneurs non inféodés à l'idéologie islamique, rendent la population plus dépendante encore de l'Etat qui contrôle 80 % de l'économie et favorisent la mainmise des militaires sur des pans entiers de l'industrie.

 

Les nouvelles sanctions ne font que décupler ces effets.

De fait, l'inflation iranienne que le monde semble découvrir cette année n'a rien àvoir avec les sanctions.

Chronique depuis plus de cinq ans, elle est liée aux décisions du président Mahmoud Ahmadinejad de multiplier par quatre les aides en direction des classes populaires et de supprimer une partie des subventions sur l'essence.

En vérité, il y a plus de dix ans que Téhéran a rapatrié une grande partie de ses avoirs étrangers.

ENVOLÉE DES COURS DE BRUT

L'Iran se trouve donc en fort excédent commercial grâce à l'envolée des cours de brut, et la banque centrale iranienne dispose d'une réserve colossale en devises.

Elle n'aura donc aucun mal à fournir, et pour longtemps encore, les dollars essentiels à l'Etat pour l'importation de ses biens de première nécessité (nourriture) et intermédiaires, en se gardant de toute hyperinflation.

L'interdiction d'exporter une cinquantaine de produits de première nécessité (blé, farine, sucre, viande rouge, aluminium, acier, etc.) et la gestion plus rigoureuse de l'économie permettent d'envisager à long terme une stabilisation des prix des biens de consommation courante, qui profitera aux classes populaires.

En revanche, avec les sanctions, le gouvernement offre beaucoup moins de dollars au marché parallèle qui sert à l'achat par la classe moyenne et supérieure de produits d'importation attractifs mais dont l'économie peut se dispenser.

CHUTE DU RIAL

Cette réduction a précipité une chute du rial cette année, que le gouvernement a en partie enrayée en interdisant l'importation de produits occidentaux ou venantconcurrencer la production locale.

Cela lui permet d'économiser 12 milliards de dollars par an (9,25 milliards d'euros) sur ce marché qui, malgré tout, connaît et continuera de connaître une forte inflation.

Par conséquent, les classes urbaines moyennes et supérieures, celles-là mêmes qui étaient descendues dans les rues en 2009, au lendemain de la réélection contestée du président Ahmadinejad, sont les premières victimes des sanctions.

Certes, le système de santé iranien explose. Contraint d'en passer par le marché parallèle pour s'approvisionner, il connaît une multiplication par cinq du prix de certains soins médicaux, et une pénurie de certains médicaments occidentaux.

Mais l'industrie iranienne dépendante de l'Occident se tourne de plus en plus vers l'industrie asiatique, qui lui offre des voies de substitution.

Pour contourner les sanctions, l'Iran dispose de nombreux moyens. Il peut d'abordcompter sur l'avidité de certains traders, qui s'octroient des marges confortables pour créer, à partir des pays vers lesquels l'Iran vend du brut, des circuits aussi complexes que changeants de billets verts, entre banques et sociétés écrans chinoises, malaisiennes, russes, suisses, irakiennes, émiraties ou libanaises, pour financer ses gros volumes d'importation.

Ensuite, il peut s'appuyer sur sa tradition plusieurs fois millénaire de troc pour fairedu commerce à l'étranger.

Ses pétrodollars se transforment en pétro-yuans, roupies, yens, wons et des pétro-lingots d'or qu'il troque en IndeChineCorée du SudJaponTurquie ouUkraine contre du riz, de l'essence, du charbon, de l'aluminium, de l'acier et du graphite, des pièces automobiles, du matériel informatique, contre des services ou des investissements directs. L'Iran attend même la livraison de treize supertankers chinois.

MOYEN-ORIENT EN PLEINE RÉORGANISATION

Enfin, il bénéficie d'un Moyen-Orient en pleine réorganisation, où certains pays sont en forte croissance.

Depuis le début des sanctions, en janvier 2012, il faut constater le doublement des échanges commerciaux avec la Turquie par rapport à 2011, l'explosion des échanges avec l'Irak, qui subit de plein fouet la rupture de son commerce avec laSyrie, la signature d'un traité avec Kaboul et New Delhi pour permettre à l'Afghanistan d'avoir un accès à la mer grâce au port iranien de Chabahar, la mise en place de circuits de troc d'engrais et d'hydrocarbures avec le Pakistan pour récupérer du blé ainsi que la contrebande organisée d'essence et d'hydrocarbures vers toutes ses frontières et, finalement, l'importation toujours aussi importante de tout ce qui lui manque par le biais des Emirats.

En fait, la question qui se pose est la suivante : comment pouvons-nous imaginer pouvoir asphyxier l'économie d'un pays, grand comme trois fois la France (1 635 000 km2), en forte croissance depuis plus de dix ans, à égale distance entre l'Orient et l'Occident, et qui dispose du plus grand nombre de pays frontaliers au monde après la Russie (quinze, en comptant les frontières maritimes) ?

DEUXIÈMES RÉSERVES MONDIALES

Avec l'égalisation des niveaux de dépendance de toutes les économies de la planète à l'égard des hydrocarbures (l'Iran dispose toujours des deuxièmes réserves mondiales), imaginer pouvoir couper ses revenus du pétrole paraît bien vain.

D'abord, le manque à gagner sur le brut est en partie compensé par l'envolée des cours : majoration de 10 %, 20 %, 30 % ces dernières années, alors que l'économie mondiale est en berne. Ensuite, les apparences sont trompeuses.

Si les sanctions ont produit des effets supérieurs à ceux escomptés ces six derniers mois, une baisse de 50 % des exportations, c'est en grande partie parce que l'Inde, le Japon et la Corée du Sud ont réduit leurs importations de 30 % à 40 %, et cela en raison de l'impossibilité d'assurer leurs tankers depuis qu'en janvier, les compagnies européennes ont interdiction de le faire.

RISQUER UN CHOC PÉTROLIER

Maintenant que l'Inde et le Japon ont fait voter des lois pour les assurer eux-mêmes et que l'Iran assure ceux qui partent vers la Corée du Sud, ces trois pays reprennent actuellement leurs importations dans des proportions telles que, tout en respectant le barème semestriel d'une réduction de leurs importations de 18 % demandée par les Etats-Unis, l'Iran va retrouver d'ici à fin janvier 2013 à peu près son volume d'exportations d'avant ce volet de sanctions .

Alors, pensons à l'alternative et soyons réalistes. Le Pakistan vit un coup d'Etat permanent depuis sa création. L'Afghanistan stagne dans le chaos que l'on sait.

L'Irak et désormais la Syrie sont en guerre civile. Le Liban se retrouve plus fragile que jamais et le conflit israélo-palestinien n'en finit pas de finir.

Considérant ces paramètres, on voit mal un pays quel qu'il soit frapper l'Iran, et ainsi créer une zone d'instabilité politique qui s'étendrait de la Palestine à la Chine et risquer un choc pétrolier qui démultiplierait les effets de la crise à l'échelle mondiale, avec un baril à 150 ou 200 dollars. L'échec des sanctions contre l'Iran annonce la reprise prochaine des négociations.

Sébastien Regnault, enseignant à l'université Dauphine

 

Sébastien Regnault, auteur d'une thèse sur l'industrie iranienne, est chercheur associé au laboratoire du CNRS "Gestion et société".

11/06/2012

Les ventes d'arme de la Russie

(entre autres)

lu sur :

http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2012/06/09/pendant-les-massacres-syriens-les-affaires-continuent-a-paris_1715579_3218.html

Pendant les massacres syriens, les affaires continuent à Paris

La coïncidence est pour le moins fâcheuse. Alors que la Russie poursuit une politique d'appui au régime de Bachar Al-Assad, marquée en particulier par des livraisons d'armes à Damas malgré la férocité de la répression, et tandis que laFrance s'affiche comme l'un des fers de lance des efforts diplomatiques pourtenter de mettre fin à ce sanglant engrenage, voici que le principal fournisseur d'armes au pouvoir syrien, la centrale étatique russe Rosoboronexport, s'apprête à bénéficier d'une formidable tribune d'autopromotion... à Paris, et avec la pleine caution du gouvernement français.

Rosoboronexport, le géant russe des exportations d'armes, placé sous le contrôle étroit du Kremlin, aura ainsi, comme si de rien n'était, son stand au salon international Eurosatory consacré au matériel pour les armées de terre, qui se tient à Villepinte du 11 au 15 juin. Quinze mois de bain de sang en Syrie, accompagné par une tenace "protection" russe offerte à Damas, n'auront pas suffi, manifestement, pour décourager pareille présence commerciale. La Syries'enfonce dans la guerre civile, mais sur le marché des armes, c'est "business as usual". Eurosatory sera inauguré lundi 11 juin par le ministre de la défense, Jean-Yves Le Drian. Une centaine de délégations officielles étrangères, dont une russe, ont été invitées.

Les défenseurs des droits de l'homme s'émeuvent de ce "couac" à ce stade de la crise en Syrie, où les massacres de femmes et enfants semblent entrés dans une terrifiante routine. "La France devrait annuler l'autorisation de participer à ce salon d'armements accordée à Rosoboronexport", commente Lotte Leicht, la représentante à Bruxelles de Human Rights Watch, organisation qui a lancé une campagne pour que les pays de l'Union européenne (UE) mette à l'index le marchand d'armes russe.

PAS D'EMBARGO SUR LES LIVRAISONS D'ARMES À LA SYRIE

Rosoboronexport s'abrite depuis des mois derrière un argument très rodé par les autorités russes : il n'existe aucun embargo décrété par l'ONU contre les livraisons d'armes à la Syrie. Ce n'est guère étonnant, puisque la Russie bloque depuis des mois toute résolution allant dans ce sens, au Conseil de sécurité. L'UE a bien adopté, elle, une telle mesure, mais elle ne contraint en rien la Russie, qui se considère dans son bon droit pour poursuivre des déchargements d'armes dans le port syrien de Tartous, où elle dispose d'une base militaire. Au moins quatre livraisons de ce type ont eu lieu depuis décembre 2011 - la dernière datant du lendemain du massacre de Houla, commis le 25 mai.

"C'est une question de morale plus que de droit, réagit Lotte Leicht. La question est : où la France veut-elle se situer, dans ce débat ? Les pays européens engagés dans la lutte contre la répression en Syrie devraient s'abstenir deprocurer la moindre occasion à Rosoboronexport de se mettre en valeur. Cette structure poursuit ses transactions avec l'armée syrienne, dont les crimes sont assimilés par les instances de l'ONU à des crimes contre l'humanité."

Contacté par Le Monde, le directeur d'Eurosatory, Patrick Colas des Francs, précise qu'il n'a fait l'objet d'"aucune" démarche de la part des autorités françaises pour annuler la présence de Rosoboronexport au salon des armements. "Annuler Rosoboronexport, cela coûterait un paquet d'argent à la Russie, observe-t-il, et cela ferait un incident diplomatique". Vendredi, ni le Quai d'Orsay ni le ministère de la défense n'ont souhaité faire de commentaire.

La Russie a été pointée du doigt avec plus ou moins de véhémence par les Occidentaux pour son soutien à Damas. En particulier par la secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton, qui déclarait début juin : "L'afflux continu d'armes à la Syrie en provenance de Russie a renforcé le régime Assad, et la poursuite de ce commerce soulève de sérieuses préoccupations." Mais la Russie a aussi réussi, par son obstruction à l'ONU, à s'imposer comme la "clef" d'une hypothétique solution politique en Syrie, rôle qu'elle entend monnayer dans le cadre de tractations plus larges avec les Etats-Unis.

DES BLINDÉS SURNOMMÉS "TERMINATOR"

La France apparaît en position bien inconfortable, alors qu'elle doit accueillir, le 6 juillet, le Groupe des amis du peuple syrien, où le thème des livraisons d'armes à Damas pourrait être mis en exergue. Paris jongle avec des priorités contradictoires : comment poursuivre une coopération militaro-industrielle avec la Russie sans piétiner les grands principes que l'on défend au plan international ? Peut-on accueillir Rosoboronexport en fermant les yeux sur ses activités au cœur d'une zone où se perpétuent les pires atrocités ? D'autant que la France défend, à l'ONU, un projet de traité international sur le commerce des armes, dont la négociation doit s'intensifier cet été et qui vise à empêcher les fournitures aux Etats répressifs.

Rosoboronexport était frappé jusqu'en 2010 de sanctions américaines en raison de ses livraisons à l'Iran, mais le Pentagone a récemment décidé d'acheter une vingtaine d'hélicoptères à cette structure russe pour équiper l'armée afghane. Des élus du Congrès ont protesté contre ce choix, en invoquant le drame de la Syrie. En 2011, à deux reprises, l'UE a adopté des sanctions contre des entités iraniennes (les pasdarans) accusées d'apporter un soutien "technique et en matériel à la répression" en Syrie.

Vladimir Poutine se sent manifestement à l'abri de pareilles mesures, lui qui assurait, lors d'une récente tournée en Europe, qu'aucun armement russe fourni à Damas, n'était utilisé dans la "guerre civile". Mais qui, parmi ses interlocuteurs, lui a demandé d'en fournir la preuve ? Sur son site Internet, Rosoboronexport annonce que ses "plus performantes" productions seront présentées à Eurosatory, dont des systèmes de véhicules blindés BMPT "méritant bien le surnom de "Terminator"".

Moscou a livré ces dernières années des avions de combats, des missiles, des tanks et des munitions à la Syrie. Rosoboronexport se félicite par ailleurs de sa"coopération croissante avec la France", citant en particulier les sociétés Thalès, Safran et Sagem. Une coopération qui "n'entre pas dans la catégorie vendeur-acheteur", mais devrait inclure un volet "plus large" pouvant bénéficier à des "pays tiers". Des pays tiers ? On ose espérer que la Syrie n'en fait pas partie.

Natalie Nougayrède

07/06/2012

Le lobby des semenciers

un débat intéressant sur :

http://www.universcience.tv/media/4694/semences---une-guerre-oubliee--.html

à voir absolument !

communiqué:

Bonjour à tous

Si vous avez 30 mn, cela vaut la peine de visionner le débat entre patrick de Kochko et Henri Feyt sur le thème de la guerre des semences. Un régal! Patrick domine brillamment le débat face au représentant des semenciers qui apparaît pauvre en arguments, mal à l'aise, non pertinent et qui une fois acculé nous confirme pathétiquement la loi Godwin en bredouillant sur le stalinisme.
Au contraire Patrick offre un exposé clair, pédagogique et fort sur la problématique des semences et la loi de novembre 2011.

Je le diffuse sur notre site et notre Facebook. Au cas où elles servent je joins mes notes sur le débat.
A faire tourner!
Bien à vous,
-- 
Héloïse CLAUDON
Chargée de mission 
Combat Monsanto
01 40 24 08 10 / 06 01 85 30 80
www.combat-monsanto.org
Skype: claudonh

Vers une troisième guerre mondiale ?

lu sur :

http://www.lepoint.fr/chroniqueurs-du-point/michel-colomes/les-israeliens-arbitres-de-la-presidentielle-americaine-06-06-2012-1470162_55.php?xtor=EPR-6-[Newsletter-Quotidienne]-20120607

Les Israéliens arbitres de la présidentielle américaine ?

À cinq mois des élections à la Maison-Blanche, Israël s'inquiète d'une politique américaine jugée timorée à l'égard de l'Iran. De là à perturber le jeu...

Quand on entre au mémorial de Yad Vashem, à Jérusalem, que l'État d'Israël a construit pour que l'horreur de l'Holocauste reste à jamais inscrite dans la mémoire des hommes, le premier thème qui saisit le visiteur, c'est l'obsession, réitérée maintes fois par Hitler dès son accession au pouvoir en 1933, d'éliminer les Juifs. Comme l'on sait, cette menace laissa à l'époque le monde plutôt indifférent. Au point qu'on se berça même d'illusions après Munich sur la capacité des démocraties à faire rentrer dans la normalité des bonnes moeurs internationales ce dictateur jugé alors comme tout juste un peu fou et mythomane. On connaît hélas la suite.

La bombe iranienne n'en finit plus d'effrayer

Or voici que les Israéliens ont l'impression, peut-être excessive - mais va savoir -, que l'histoire bafouille aujourd'hui. Il leur suffit d'entendre, et eux ne le prennent pas à la légère, le président iranien, Mahmoud Ahmadinejab, répéter dans tous ses discours qu'il veut faire disparaître l'État hébreu de la carte du monde. Et ils sont obligés de constater que l'opinion internationale s'inquiète certes de la volonté de Téhéran de se doter de l'arme nucléaire, mais fait confiance à la diplomatie pour neutraliser cette menace.

D'ailleurs les négociations continuent, n'est-ce pas ? Après Bagdad, le 23 mai, une nouvelle réunion doit avoir lieu le 18 juin à Moscou. C'est peu dire que le gouvernement israélien va en examiner les résultats, s'il y en a, avec une particulière attention. Car Benyamin Netanyahou considère lui que le problème n'est pas de savoir si Téhéran va réussir à se doter de l'arme nucléaire, mais de discerner dans combien de temps les armes de destruction massive fabriquées clandestinement par l'Iran vont être une menace pour Israël. Il juge donc qu'à la fin de la rencontre de Moscou, sauf progrès très significatif et geste de bonne volonté vérifié de la part de Téhéran, il lui restera une fenêtre de tir de cinq mois, avant l'élection américaine, pour tenter un coup de force et détruire des installations nucléaires dont il ne veut même pas envisager qu'elles puissent avoir une finalité civile.

Vers un soutien à Mitt Romney

Certes, le Premier ministre israélien a pesé et soupesé les risques qu'il fait courir au monde et à son peuple en cas de frappe solitaire contre l'Iran: l'unité iranienne ressoudée avec des prurits nationalistes comme jamais ; le monde islamiste dans une effervescence comparable à celle d'après la guerre des Six Jours ; l'Occident embarrassé, à commencer par l'allié américain ; les Russes et les Chinois fous furieux ; et, bien sûr, les risques d'attentats contre les intérêts et les citoyens israéliens partout dans le monde.

Mais Netanyahou, un des Israéliens qui connaît le mieux les États-Unis, où il a passé une partie de sa vie, est porté à croire l'adversaire d'Obama, Mitt Romney lorsqu'il a déclaré récemment : "Si vous réélisez Barack Obama, l'Iran aura l'arme nucléaire. Si vous votez pour moi, cela ne se fera jamais." Problème : le Premier ministre israélien est sceptique sur les chances de Romney d'accéder à la Maison-Blanche. Mais se souvient qu'après son élection de 2008 Obama avait tendu la perche aux Iraniens pour des relations plus normales. Et que Téhéran en avait profité pour accélérer son programme nucléaire.

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sur le même sujet sur ce blog :

Comment préparer l'opinion... 5/3/2012

Bruits de bottes : vers une... 10/2/2012

Une troisième guerre mondiale 5/12/2007

21/03/2012

En marge de la guerre ...

... en Afghanistan,

lu sur :

http://www.lepoint.fr/monde/islamabad-durcit-le-ton-contre-l-otan-20-03-2012-1443271_24.php

Arrêt des frappes de drones, fin des opérations secrètes au Pakistan, taxation des convois de l'Otan... Les recommandations présentées lundi par une commission de députés et de sénateurs devant le Parlement à Islamabad pourraient donner le ton des relations entre Islamabad et Washington. Celles-là sont au point mort depuis la bavure américaine qui a tué 24 soldats pakistanais à la frontière afghane, le 26 novembre 2011. La commission demande des excuses publiques alors que le territoire pakistanais reste fermé aux convois de l'Otan par mesure de rétorsion. L'Alliance atlantique doit passer par la Russie et l'Asie centrale pour ravitailler ses troupes. L'itinéraire est plus long et plus coûteux.

Une fermeture prolongée du Pakistan compliquerait le retrait des troupes d'Afghanistan, en particulier celui des blindés et du matériel lourd. Or, selon le calendrier, 22 000 soldats américains doivent quitter le pays d'ici à octobre. Les Américains s'impatientent. En février, le général Mattis, commandant des forces américaines en Afghanistan et en Irak, devait venir à Islamabad pour relancer le dialogue. Mais l'instabilité politique, marquée par le conflit entre le Premier ministre pakistanais et la Cour suprême, a retardé sa visite. En mars, les scandales à répétition qui ont frappé l'armée américaine en Afghanistan, en particulier l'incinération du Coran à Bagram et l'assassinat de 16 civils afghans par un soldat américain, ont encore repoussé les négociations.

"Les militaires veulent reprendre la main"

Ce délai profite au Pakistan, qui sait l'Otan pressée par son retrait. Les autorités semblent décidées à profiter de leur avantage pour obtenir d'importantes compensations. Cette fermeté s'explique en partie par la mainmise des militaires sur la politique étrangère. Les recommandations examinées par le Parlement correspondent d'ailleurs presque trait pour trait à leurs souhaits.

Arrestation par la police d'un espion de la CIA à Lahore il y a un an, raid secret contre Ben Laden, bavure du mois de novembre 2011, multiplication des frappes de drones... Ces derniers mois, les militaires ont eu le sentiment de voir leur honneur bafoué. "Ils veulent reprendre la main, estime Simbal Khan, chercheuse à l'Institute of Strategic Studies d'Islamabad. Ils ne veulent plus d'opérations unilatérales de la part des Américains. Ils veulent aussi être associés aux bombardements de drones et donner leur accord avant toute frappe." Ces attaques ciblent les talibans pakistanais et des groupes terroristes basés dans les zones tribales du Nord et du Sud-Waziristan, près de la frontière afghane.

Réputés pour leur paranoïa, les militaires veulent aussi contrôler l'activité des entreprises américaines qui travaillent sur des programmes de développement avec l'appui financier du gouvernement américain. "Pour eux, ces entreprises sont des antennes de la CIA", ajoute Simbal Khan. Le Parlement devrait voter ses recommandations la semaine prochaine. Le gouvernement aura ensuite le feu vert pour engager des négociations avec Washington.

17/03/2012

"Si les Chinois s'y mettent, c'est la fin"

... des vrais Euros !

lu sur :

http://www.lepoint.fr/monde/les-michel-ange-des-faux-talbins-17-03-2012-1442289_24.php?xtor=EPR-6-[Newsletter-Quotidienne]-20120317

le Point 17/3/2012

Les Michel-Ange des faux talbins

 

La moitié des faux euros circulant en Europe sont fabriqués à Giuliano, une petite ville au nord de Naples. 

Giuliano est à la fausse monnaie ce que Cambrai est aux bêtises. Selon Europol, 50 % des faux billets circulant dans les 17 pays de la zone euro sont fabriqués dans cette petite ville située au nord de Naples et dans ses environs. Une fortune colossale. En effet, depuis 2002, cinq millions de faux billets pour un montant de 300 millions d'euros ont été retirés du circuit par les autorités monétaires de la zone euro. Mais les enquêteurs estiment que le quintuple est encore en circulation.

Ce n'est pourtant encore que la pointe de l'iceberg. La majorité des faux euros "made in Giuliano, des quintaux de coupures de 20, 50 et 100, sont destinés à l'Afrique du Nord, au Moyen-Orient ou à la Colombie. C'est en 2004 que la première imprimerie de fausse monnaie fut découverte à Giuliano par la police. Depuis, les enquêteurs ont arrêté sept autres bandes de faux-monnayeurs dans les environs de la petite ville.

Chaque bande est organisée avec ses financiers, ses pourvoyeurs qui fournissent l'encre et le papier, les typographes et les distributeurs. Les faux billets sont revendus une première fois à un grossiste pour 10 % de leur valeur nominale, 100 000 véritables euros contre un million de faux. Puis à chaque passage, le prix augmente de 10 % de la valeur nominale. La Camorra napolitaine tolère cette activité qui lui échappe et utilise parfois de la fausse monnaie pour payer de grosses livraisons de drogue en provenance de Colombie.

Virtuosité

Ce sont les typographes qui font la force des clans de Giuliano. Des professionnels à l'ancienne qui ne travaillent pas avec les imprimantes digitales à laser de dernière génération utilisées par leurs concurrents français, turcs, polonais, bosniaques, albanais et bulgares. Leur spécialité est la coupure de 20 euros, la plus prisée sur le marché, car c'est la plus facile à écouler. Filigrane, fil intégré dans la masse du papier, bande et plaquette holographiques, qualité du papier, variations de la couleur de l'encre : tous les experts reconnaissent aux hommes de Giuliano une virtuosité de Michel-Ange des faux talbins.

Les seuls à pouvoir les concurrencer sont leurs confrères de Plovdiv, dans le sud de la Bulgarie. De leur longue tradition dans la fabrication de faux dollars, les Bulgares ont acquis une parfaite maîtrise du billet de 100 euros, vert comme le dollar. Grands contrefacteurs devant l'Éternel, les Chinois sont encore absents du business. Mais les enquêteurs d'Europol ont récemment saisi de faux euros bulgares dont les hologrammes avaient été fabriqués dans l'empire du Milieu. "Si les Chinois s'y mettent, c'est la fin", a confié un enquêteur.  

01/02/2012

Les sans-papiers de la médecine française

lu sur :

http://www.lepoint.fr/sante/la-medecine-francaise-a-elle-aussi-ses-sans-papiers-31-01-2012-1425769_40.php?xtor=EPR-6-[Newsletter-Quotidienne]-20120201

Les sans-papiers de la médecine française

En France, 4 000 médecins diplômés en dehors de l'Union européenne exercent dans les hôpitaux publics. Sans statut, ni reconnaissance.

En France, ils sont 4 000, majoritairement de nationalité française. Ils viennent d'Algérie, du Sénégal, du Canada, de Russie ou encore du Liban. Ils exercent la médecine dans les hôpitaux publics hexagonaux depuis des années. Ils assurent la prise en charge des patients, effectuent des consultations, se rendent au bloc opératoire et réalisent gardes et autres astreintes. Mais au regard de la loi française, ces 4 000 "médecins de fortune" ne sont pas réellement des "docteurs". Pas en raison de leur nationalité. À cause de celle de leurs diplômes.

Ce sont les PADHUE, les praticiens à diplôme hors Union européenne. Leur particularité : ils pourraient exercer librement la médecine dans leur pays d'origine puisqu'ils en sont diplômés. Seulement la France ne reconnaît pas leur diplôme. Du coup, le libre exercice de la médecine en France leur est interdit. Concrètement, les PADHUE ne peuvent aspirer qu'à des postes au sein d'établissements publics de santé. Pourtant, leur importance dans le système français de santé est capitale.

"Je ne connais pas un établissement hospitalier qui pourrait se passer de ses PADHUE. Ils sont incontournables pour le bon fonctionnement du service public de santé français", explique Hocine Saal, secrétaire général du syndicat national des PADHUE. Un constat largement partagé par Patrick Pelloux, président de l'Association des médecins urgentistes de France (AMUF) : "Enlevez les PADHUE et il faudra fermer tous les hôpitaux qui disposent de services de permanence de soins. Au Samu, aux urgences, en chirurgie ou en neurochirurgie, les PADHUE sont légion. Ils assurent les gardes, les astreintes et travaillent les jours fériés. Ils sont indispensables."

Précarité

Alors si dans les faits les PADHUE exercent effectivement la médecine, d'un point de vue administratif, ce ne sont pas des médecins. Du moins, ils ne répondent pas à l'appellation "docteur en médecine". Pour prétendre à cette consécration synonyme d'inscription au tableau de l'Ordre des médecins, les PADHUE doivent se soumettre à un long processus d'évaluation dont l'étape principale passe par la validation de la PAE, la procédure d'autorisation d'exercice. Sans cela, les PADHUE ne peuvent espérer aucune évolution, ni de leur carrière ni de leur salaire. D'ailleurs, pour les mêmes tâches exercées, la rémunération des praticiens à diplôme hors Union européenne est moitié moins importante que celle de leurs confrères diplômés en France. Une précarité certaine qui dure depuis de nombreuses années.

Depuis les sept années qu'elle exerce en France, Widad Abdi a pu mesurer l'ampleur du problème. À 34 ans, elle pratique l'anesthésie depuis plus de dix ans : "J'ai toujours eu le même statut. Du coup, j'ai le même salaire depuis mon arrivée en France, c'est-à-dire celui des internes à leur tout début. Sauf qu'eux, ils ont connu une évolution traditionnelle : je les ai vus prendre du galon, devenir chefs de clinique ou praticiens hospitaliers, avec les responsabilités et les salaires qui vont avec. Moi je n'ai pas bougé."

La raison de cette différence de traitement : à l'heure de la mondialisation de la médecine, la reconnaissance des diplômes étrangers n'est pas automatique. Seuls les ressortissants communautaires (membres de l'Union européenne et de l'Espace économique européen) voient leurs diplômes validés quasi automatiquement. Pour les autres, il faut en passer par la PAE. La communauté médicale souhaite par là préserver le niveau de son système de santé en s'assurant que "les nouveaux entrants ont le niveau". Sur le fond, personne ne conteste l'existence d'un système d'évaluation. "La France ne peut pas se permettre de faire n'importe quoi en faisant venir n'importe qui. Il faut maintenir le niveau d'excellence de la médecine française, c'est une évidence, personne ne revient sur ce point", tient à préciser Hocine Saal.

La PAE en question

Ce qui est moins unanimement admis, c'est la forme de la PAE, jugée nébuleuse et aléatoire par certains. Elle soulève certains points d'interrogation et parfois même des points d'exclamation, à l'instar du docteur Patrick Pelloux qui pointe du doigt ce système : "C'est ridicule ! La PAE ne veut rien dire. Elle n'est pas adaptée à la réalité du terrain."

Car concrètement, les praticiens à diplômes hors Union européenne doivent d'abord se soumettre à un concours drastique (en 2009, selon le Centre national de gestion des praticiens hospitaliers, 165 postes étaient disponibles pour 1 078 candidats) avant de passer devant une commission composée de représentants de la communauté médicale. Cet aréopage rendra ensuite un avis définitif sur le praticien, lui autorisant ou non le libre exercice de la médecine en France.

Ce processus est très lourd et rares sont les élus. Widad Abdi est l'auteur de plusieurs publications renommées dans sa discipline, l'anesthésie, et pourtant : "En 2010, en anesthésie, nous étions environ 300 candidats pour 10 à 15 postes. À chaque fois, j'ai bien plus de la moyenne et je n'ai jamais été reçue. D'autant que je n'ai jamais compris les grilles de notation des examinateurs. Sur deux années, pour la même matière, j'ai eu plus de 6 points d'écart entre les deux notes."

"Ce dispositif est beaucoup trop lourd. Il y a par exemple des épreuves de connaissances du français ! Pourquoi ne pas faire passer des épreuves sportives aussi tant qu'on y est ? Il faut arrêter avec l'hypocrisie. Si ces personnes-là exercent depuis des années, c'est bien qu'elles sont compétentes ! Sinon personne dans le monde médical ne les ferait travailler", s'insurge Patrick Pelloux.

Compétences

Il apparaît pourtant difficile d'assurer que les 4 000 PADHUE soient tous du même niveau. Certaines voix s'élèvent d'ailleurs contre ce postulat. "On ne peut présager de rien. L'hypocrisie, c'est aussi de fermer les yeux sur la compétence véritable des PADHUE sous prétexte qu'ils rendent des services à certains hôpitaux, tempère le professeur Benoît Schlemmer, vice-président de la Conférence des doyens des facultés de médecine. Car dans les zones géographiques qui pâtissent d'une faible démographie médicale, les PADHUE incarnent effectivement une solution toute trouvée pour les hôpitaux de petite et moyenne taille. Par exemple, dans l'Orne, à l'hôpital d'Argentan, 40 % des spécialistes sont des PADHUE tandis qu'ils représentent plus d'un tiers des médecins au centre psychothérapique d'Alençon.

"Le système hospitalier fonctionne cahin-caha. Les PADHUE assurent des fonctions que d'autres ne veulent pas forcément faire et, en parallèle, les hôpitaux français ont un énorme besoin en médecins. Avec la PAE, ce n'est pas l'idéal, mais on se dirige vers un système plus juste et moins hypocrite", précise Benoît Schlemmer.

Urgence de la situation

C'est un texte voté - dans l'urgence - qui va permettre de donner une bouffée d'oxygène aux PADHUE. Car, en plus de la polémique sur la PAE, c'est un tout autre problème dont se saisit la communauté médicale : le départ imminent de tous les PADHUE de France. Le Parlement a définitivement adopté le 24 janvier dernier une loi sans laquelle tous les praticiens à diplôme hors Union européenne n'ayant pas validé leur PAE au 31 décembre 2011 se seraient vus frappés d'interdiction d'exercice de la médecine sur le sol français. En tout, 4 000 praticiens à diplôme hors Union européenne se seraient retrouvés dans l'illégalité la plus totale à compter du 1er janvier 2012 et auraient dû quitter la France pour exercer la médecine dans leur "pays de diplôme".

"On ne pouvait pas accepter que tous les PADHUE ne puissent plus exercer la médecine alors que la plupart sont là depuis des années. La FHF (Fédération hospitalière de France, NDLR) est d'ailleurs montée au créneau pour alerter les autorités ministérielles. Il a fallu mettre en place une procédure d'urgence, mais à présent, le processus est plus juste même s'il faut encore attendre les modalités d'application", souligne Cédric Arcos, directeur de cabinet à la FHF, porte-parole des établissements publics de santé.

Dorénavant, les praticiens à diplômes hors Union européenne recrutés en France entre 2004 et 2010 ont jusqu'à fin 2016 pour valider leur PAE. Mais pas seulement. Nouveauté de taille : les PADHUE peuvent désormais passer un examen et non plus le concours drastique redouté par tous. La moyenne devient le seul obstacle. Alors même s'il faut encore attendre la publication des décrets d'application pour effacer toutes les préoccupations, une porte s'ouvre avec cette loi pour les 4 000 praticiens à diplôme hors Union européenne qui exercent la médecine dans les hôpitaux français depuis 2004. Celle de faire reconnaitre leur diplôme et leur qualité de médecin. En espérant que tout puisse enfin rentrer dans l'ordre. Et les PADHUE aussi...

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17/01/2012

Vous aimez le "made in China" ?

Lisez l'article suivant :


Your iPhone Was Built, In Part, By 13 Year-Olds Working 16 Hours A Day For 70 Cents An Hour
 

12/12/2011

La Société du Mont-Pèlerin

Je me suis rendu compte, à ma grande surprise, que peu de gens avaient entendu parler de la Société du Mont Pèlerin.

En cette période de néolibéralisme triomphant, il me semble que c'est une lacune qu'il faut combler, en allant lire l'article suivant de WIKIPEDIA :

Société du Mont-Pèlerin - Wikipédia

 
fr.wikipedia.org/wiki/Société_du_Mont-PèlerinEn cache - Pages similaires

La Société du Mont-Pèlerin (en anglais Mont Pelerin Society, MPS) est une organisation internationale composée d'économistes, d'intellectuels et d'hommes ...

extrait :

..."En réaction au keynésianisme ambiant de l'après 1945 (État-providence), les membres de la Société du Mont-Pèlerin souhaitent favoriser l'économie de marché et la « société ouverte » à l'échelle mondiale."...

26/10/2011

Faut-il rire de la crise ?

lu sur :

http://www.lepoint.fr/monde/cette-bourgade-espagnole-qui-mettra-500-ans-a-rembourser-sa-dette-26-10-2011-1389143_24.php?xtor=EPR-6-[Newsletter-Quotidienne]-20111026

Le Point.fr - Publié le 26/10/2011 à 08:00 - Modifié le 26/10/2011 à 11:35

Cette bourgade espagnole qui mettra 500 ans à rembourser sa dette

Peleas de Abajo, en Castille-León, est victime des ravages de la crise immobilière et de l'irresponsabilité qui a régné durant la prospérité. 

Les municipalités espagnoles sont asphyxiées, au bord de la ruine. Selon la fédération espagnole qui les regroupe, la FEMP, un tiers des 8 114 consistorios (les mairies) se voient contraints de licencier une partie de leurs employés, d'accroître les impôts locaux et de réduire les services municipaux. Face à des dettes que villes et bourgades sont incapables d'honorer, l'éclairage public doit être coupé, les poubelles ne sont plus ramassées. Dans de nombreux cas, les écoles maternelles et les services sociaux, qui concentrent le quart du budget, ont été supprimés. Ailleurs, le service des eaux sera privatisé ou arrêté.

Les municipalités sont victimes de leur rang inférieur : le pouvoir central serre la vis budgétaire. Les 17 régions, qui en dépendent, doivent accepter des remèdes de cheval bien pires dans leur cure d'austérité. En bas de l'échelle, les mairies, dont beaucoup ont les caisses vides et croulent sous un endettement record, paient le prix le plus fort. En raison des "impayés" ou des salaires non versés, des dizaines d'employés sont en guerre contre leurs employeurs, de Barbate (Cadix) à Moaña (Galice). Il s'agit pour l'essentiel de bourgades dont les reins financiers sont fragiles, comparé aux grandes villes qui, malgré de grosses dettes (Madrid doit 6,8 milliards d'euros !), peuvent tenir le choc. Le plus souvent, dans ces villages, entre 10 et 20 % des employés sont mis à la rue.

18 400 euros de dette par habitant

Un cas spectaculaire défraie la chronique, une sorte de triste "emblème" de la ruine des campagnes : Peleas de Abajo (littéralement "Luttes d'en bas"), en Castille-León, compte 250 habitants fous de rage. Dans ce recoin de l'Espagne rurale, la dette municipale s'élève à 4,6 millions d'euros. Le maire nouvellement élu a fait les comptes : 18 400 euros par tête. Il lui faudrait cinq siècles pour rembourser cette ardoise !

Peleas de Abajo illustre les ravages de la crise immobilière et aussi l'irresponsabilité régnant durant la prospérité, brutalement interrompue en 2008. Depuis la mort de Franco, jusqu'à l'arrivée d'un nouveau regidor, la commune n'a connu que deux maires, Josefa Rodriguez et son fils Marcelo. Entre crise du crédit et népotisme opaque, la bourgade doit 2,7 millions d'euros aux banques, la moitié au fisc, et le reste à des fournisseurs ou à la Sécurité sociale. Au bord de la banqueroute, le village a dû céder aux banques toute sa richesse, des propriétés et des forêts communales. Son patrimoine se réduit à l'édifice de la mairie, où une seule personne est salariée.

Félix Roncero, le nouveau maire, a prévenu les fournisseurs qu'ils ne seraient remboursés qu'à hauteur de 25 %... et sur 25 ans ! Ceux-là, comme la majorité des habitants, exigent l'incarcération du maire précédent. Les autres sombrent dans le scepticisme : "Qu'est-ce que cela changera ? se désespère l'un deux. De toute façon, nous sommes ruinés pour des générations et des générations !" 

05/03/2011

Europe: encore plus de néolibéralisme pur et dur

lu sur :

http://www.humanite.fr/03_03_2011-europe-alerte-rouge-466540

Europe: Alerte rouge

Par Patrick Le Hyaric Directeur 
de l’Humanité*

Il se prépare, dans les cénacles européens, un violent coup de force antidémocratique et l’accélération de la destruction de nos acquis sociaux allant encore au-delà de ce que nous pouvions imaginer avec le traité de Lisbonne.

Un document de travail daté du 25 février 2011, actuellement entre les mains des gouvernements, baptisé « Coordination améliorée des politiques économiques dans la zone euro. Principaux éléments et concepts » le révèle. Il contient un nouvel arsenal d’une horrible offensive antisociale qui risque d’être livrée aux travailleurs, aux jeunes, aux retraités, dans les mois à venir. Ce document, camouflé aux citoyens, est destiné à préparer le Conseil de l’Euro du 11 mars et le Conseil européen des 25 et 26 mars prochains.

Une intégration économique de l'Union européenne encore plus poussée

Il constitue la dernière mouture du pacte de compétitivité dont la presse économique a tenté de faire croire, les jours derniers, qu’il serait adouci. On y parle ni de création d’emplois, ni de développement industriel et agricole, ni des services publics, ni de l’amélioration du pouvoir d’achat. Il commence par ces lignes qui disent exactement leur choix politique : « Le pacte vise à approfondir le pilier économique de l’union monétaire en favorisant la convergence entre les économies de la zone euro. » Donc, est projetée une intégration capitaliste encore plus poussée de l’Union européenne. En vérité, il s’agit d’un pacte franco-germanique pour gérer l’économie européenne, à partir des pays de la zone euro, avec les critères des dirigeants de la droite allemande et en réponse aux demandes du capital européen.

Je ne fais ici qu’énumérer un certain nombre de ces graves et lourdes décisions en préparation.

Il est demandé de mettre plus en concurrence les salaires, tout en mettant en place un mécanisme « d’ajustement des salaires sur la productivité ». « Les hausses de salaires étendues et prolongées peuvent signaler une érosion de la compétitivité », est-il écrit noir sur blanc.

Au nom de la lutte contre les déficits publics (« la viabilité des finances publiques »), il est demandé expressément de diminuer les salaires dans le secteur public (« modération salariale », disent-ils),démanteler les systèmes de retraite publique et de sécurité socialereculer l’âge de départ à la retraite. Celui-ci est prévu à soixante-sept ans dans une première mouture. Face aux protestations, le texte appelle à « indexer l’âge de la retraite sur l’espérance de vie, en réduisant les retraites anticipées et en utilisant des incitations pour rester plus longtemps au travail ».

Promouvoir le précariat comme norme de l’emploi.

De premières études sur le projet sarkozyste d’harmonisation de la fiscalité entre la France et l’Allemagne concluent à une augmentation de l’impôt sur le revenu en France. Voilà que ce document en rajoute en « privilégiant une taxation de la consommation par le biais de la fiscalité indirecte », la plus injuste comme chacun sait (version européenne de la TVA sociale). Par contre, sera recherchée « une assiette commune de l’impôt sur les sociétés », donc une baisse de ce dernier dans notre pays.

S’agissant du travail, il est demandé d’appliquer partout la « flex-sécurité », c’est-à-dire de promouvoir le précariat comme norme de l’emploi. Le Conseil européen veut même s’occuper de la manière dont doivent être menées « les négociations sociales », allant jusqu’à préconiser « la révision des dispositifs de fixation des salaires » pour « augmenter la décentralisation dans le processus de négociation et le mécanisme d’indexation ». Donc, plus de négociations globales collectives, mais des fragmentations par secteur, voire par territoire.

Le projet du Conseil européen demande de « lever toute restriction d’ouverture dans la vente qui était fondée sur des critères horaires ou géographiques ». Autrement dit, les magasins seront obligatoirement ouverts le dimanche, et plus si nécessaire. Des secteurs et des professions qui jusque-là étaient protégés par des quotas, comme les pharmacies, les taxis, les notaires, les vétérinaires, les coiffeurs, les architectes, etc., seront ouverts et mis en concurrence. C’est d’ailleurs ce que proposait le fameux rapport Attali

Et le texte caché invente le concept de « frein de dettes ». Ceci sera obtenu par le contrôle a priori des budgets des États, des budgets sociaux par le Conseil ou la Commission contre les Parlements nationaux. Et, pour la première fois, est envisagé dans un texte d’origine européenne la nécessité de modifier les constitutions nationales pour y insérer l’interdiction de faire des « déficits ».

Pour bien démontrer sa volonté de fer, le tandem Sarkozy-Merkel, veut que « chaque État membre de la zone euro s’entende pour définir au plus haut niveau (c’est-à-dire au niveau des chefs de gouvernement, mettant ainsi de côté la Commission et le Parlement) des objectifs concrets à atteindre dans les douze mois ».

Il faut stopper cet horrifiant projet de guerre antisociale et antidémocratique

Il y a donc urgence ! Il faut vite stopper cet horrifiant projet de guerre antisociale et antidémocratique. Alors que des peuples se libèrent en ce moment de dictatures, les institutions européennes, elles, souhaitent à jamais installer sur notre continent la dictature de la finance contre les droits sociaux et humains.

Mobilisons-nous comme nous l’avons fait contre la directive Bolkestein et le projet de Constitution européenne. Face à une telle attaque projetée, toutes les forces progressistes politiques et sociales ont le devoir de travailler à rassembler largement l’ensemble des couches sociales dans leur diversité. Toutes vont être touchées de manière nouvelle et aggravée par ce pacte pour les forces de l’argent. Le 20 mars, quelques jours avant la réunion du Conseil européen, le bulletin des candidats de rassemblement du Front de gauche aux élections cantonales permettra d’opposer un refus catégorique à de tels projets.

Vice-président du groupe GUE/NGL 
au Parlement européen.

Patrick Le Hyaric

02/02/2011

Le XXIème siècle commence bien

lu sur :

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/51650c46-2e4b-11e0-8255-d9441e47ea04/Vous_avez_dit_r%C3%A9volution

Editorial mercredi2 février 2011

Vous avez dit révolution?

Par Luis Lema

La révolution iranienne ou la chute du mur de Berlin? Que l’on se souvienne de l’une ou de l’autre, les événements qui secouent aujourd’hui l’Egypte prendront une résonance différente

La révolution iranienne ou la chute du mur de Berlin? Que l’on se souvienne de l’une ou de l’autre, les événements qui secouent aujourd’hui l’Egypte prendront une résonance différente. Pour ne pas avoir forcé le shah d’Iran à réformer à temps son régime, les Etats-Unis ont vu lui succéder un ayatollah Khomeiny qui reste pour eux le pire des contre-modèles. Au contraire, s’ils n’avaient pas soutenu, par toutes sortes de manières, le soulèvement des peuples de l’Est de l’Europe, la trappe de l’autoritarisme se serait peut-être refermée sur eux.

Bien sûr, aucune de ces deux comparaisons n’est entièrement convaincante. A chaque «révolution» ses particularités, son unicité et ses inconnues. S’il ne s’agissait que de répétitions à l’identique, la Maison-Blanche aurait un semblant de feuille de route à appliquer. Or elle n’en a pas sous la main à l’égard de l’Egypte. Elle n’en détenait pas plus vis-à-vis des Tunisiens et de leur révolution du jasmin. Et elle a fait la preuve que, trois décennies plus tard, elle n’en possédait pas davantage en Iran, où elle a laissé une nouvelle révolution mourir étouffée dans le sang.

Ce qui frappe chez les protestataires qui battent le pavé sur la place El Tahrir, c’est précisément leur manque de modèle préfabriqué. Pas de slogans contre «l’ennemi sioniste», cet adversaire trop commode qui a longtemps servi d’exutoire face aux frustrations et aux humiliations qui sont légion dans la région. Pas d’appel à une unité arabe fantasmée, qui a souvent été l’autre face de la même monnaie. Ici, le seul précédent semble venir de la Tunisie, ce modèle pourtant minuscule vu de l’immense Egypte. Comme si les Egyptiens (et derrière eux peut-être les Jordaniens, les Yéménites ou les Saoudiens) cherchaient vraiment à repartir de l’An I.

Face à ces inconnues, une certitude pour Washington: si le mouvement qui s’est emparé des Egyptiens est, comme on le pressent, un premier pas en direction de la maturité, le régime qui en sortira sera sans doute bien moins accommodant que l’actuel. L’affaire n’ira pas de soi: trop nombreux sont ceux qui ont profité de cette infantilisation constante de la région. C’est le risque à payer pour une émancipation du monde arabe.

01/02/2011

Il faut boycotter RYANAIR

lu sur :

http://www.lemonde.fr/depeches/2011/02/01/france-ryanair-va-rouvrir-la-plupart-des-lignes-fermees-a-marseille_3214_236_44302987.html

France: Ryanair va rouvrir la plupart des lignes fermées à Marseille
AFP | 01.02.11 | 16h41

La compagnie aérienne irlandaise à bas prix Ryanair a annoncé mardi la réouverture, cet été, de la quasi-totalité des lignes qu'elle venait de supprimer en fermant sa base de Marseille (sud de la France), en raison d'un conflit avec le droit social français.

Après avoir supprimé en janvier une dizaine de destinations desservies par ses avions basés à l'aéroport de Marseille-Marignane, Ryanair va rouvrir de la mi-avril à début septembre neuf lignes, a annoncé mardi lors d'une conférence de presse le patron de la compagnie aérienne Michael O'Leary.

Les vols desserviront la France (Brest, Lille, Nantes), le Maroc (Agadir, Fès, Marrakech, Tanger, Nador), les Pays-Bas (Eindhoven), la Suède (Göteborg) et l'Italie (Palerme).

Mais les avions ne seront "pas basés ici de façon permanente" et "l'équipage et les pilotes ne seront jamais les mêmes de semaine en semaine", a souligné Michael O'Leary.

"La plupart seront des Irlandais affectés de façon temporaire à Marseille durant l'été, comme pour les compagnies charter" et ils "ne paieront donc ni leurs impôts ni leurs cotisations sociales en France (comme l'exige la loi française pour les personnels permanents, NDLR), mais en Irlande", a-t-il ajouté.

Le 11 janvier, Ryanair avait fermé sa base de Marseille-Marignane pour éviter des poursuites judiciaires en France après son inculpation pour "travail dissimulé", à la suite d'une plainte de syndicats de pilotes et d'une caisse des retraites.

Invoquant la législation européenne, Ryanair ne se soumettait pas à l'obligation d'enregistrer ses personnels navigants installés en France, comme le veut un décret français du 21 novembre 2006. A Marseille, la compagnie disposait de quatre avions et employait environ 200 personnes, transférées dans d'autres aéroports.

Avec un total 24 lignes desservant Marseille, Ryanair compte transporter 500.000 voyageurs cet été. La compagnie table sur 6,8 millions de passagers en France en 2011. Elle envisage de reconduire son dispositif en 2012.

22/10/2007

dans quel sens ?



..."La Commission constate en outre qu'il est "impossible" de prouver l'existence d'un lien de causalité entre l'usage de pesticides et l'apparition de certaines maladies, un point sur lequel insiste l'Association européenne de la protection des plantes (ECPA), qui représente 80 % des producteurs de pesticides de l'Union européenne (BASF, Bayer, DuPont de Nemours, Monsanto...), soit 28 000 emplois et un chiffre d'affaires de 6,8 milliards d'euros en 2006.
Dans le camp adverse, les ONG pro-environnement, réunies au sein du réseau Pan Europe, estiment que limiter l'exposition aux pesticides permettra de préserver la santé humaine et de protéger l'environnement. Au Parlement européen, elles sont entendues par la rapporteuse verte allemande Hiltrud Breyer, en charge d'un règlement relatif à la "mise sur le marché des produits phytopharmaceutiques", mais pas par sa collègue Christa Klass (CDU), en charge d'une directive sur leur "utilisation durable"....

12/02/2007

Mondialisation: grippe aviaire



Mondialisation de l'économie, mondialisation des risques, mondialisation des mensonges...