Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

03/10/2016

Le Japon et la chasse aux baleines

lu sur :

Ocean-Warrior est l'arme qui nous manquait depuis dix ans,  ...

 

« Ocean-Warrior », nouvelle arme contre les chasseurs de baleines.pdf

 

29/03/2016

Industries chimiques : leur lobbying nous coûte cher (suite)

Les coûts cachés des pesticides

Une étude de longue haleine évalue pour la première fois les coûts systémiques liés à l’utilisation des produits phytosanitaires

Une étude de longue haleine évalue pour la première fois les coûts systémiques liés à l’utilisation des produits phytosanitaires
Hasard du calendrier, le lancement de la semaine mondiale des alternatives aux pesticides, organisée du 20 au 30 mars, coïncide cette année avec la publication d’une vaste étude sur les «coûts cachés» de l’utilisation de ces substances. Ce travail de longue haleine, entrepris par deux chercheurs de l’Institut national français de la recherche agronomique (INRA) et publié dans la dernière édition de Sustainable Agriculture Reviews, est le premier à colliger l’ensemble des connaissances disponibles sur ce que les économistes appellent les «externalités négatives» liées à l’utilisation des produits phytosanitaires. Ce fardeau économique, estiment les chercheurs, peut dans certains cas excéder largement les bénéfices offerts par les herbicides, fongicides et autres insecticides.


Lire aussi:


Selon leurs estimations, le rapport coûts-bénéfices des pesticides de synthèse était ainsi largement défavorable aux Etats-Unis au début des années 1990. Alors qu’ils apportaient environ 27 milliards de dollars (24 milliards d’euros) par an à l’économie américaine, ils pesaient pour au moins 40 milliards de dollars… «L’utilisation des pesticides procure des bénéfices économiques bien connus en termes de productivité de l’agriculture par exemple, explique Denis Bourguet, chercheur au Centre de biologie pour la gestion des populations à Montpellier et coauteur de ces travaux. Mais ils entraînent aussi des coûts économiques très variés qui font l’objet de peu de travaux, voire aucun. Et lorsqu’ils sont évalués, ces coûts sont généralement lourdement sous-estimés.»
L’utilisation des pesticides entraîne aussi des coûts économiques très variés qui font l’objet de peu de travaux, voire aucun.
Le peu de données disponibles n’a pas permis aux chercheurs de conduire une estimation pour la période actuelle. «On ne peut rien dire de ce rapport coûts-bénéfices, car un certain nombre de produits utilisés à l’époque ont été interdits, mais de nouveaux sont aussi apparus, dont les effets ne sont pas encore pleinement connus, explique Denis Bourguet. Nous ne pouvons tenter qu’une analyse rétrospective, lorsqu’il y a suffisamment de données.» Exercice d’autant plus délicat que certaines externalités sont décalées dans le temps: des maladies d’aujourd’hui peuvent être le fait d’expositions passées.
«Ces travaux montrent que le discours sur la soi-disant rationalité économique d’une agriculture dépendant de l’utilisation massive des pesticides est largement basé sur des études incomplètes qui ne prennent pas en compte la réalité des coûts sanitaires et environnementaux», juge François Veillerette, porte-parole de l’association Générations futures.


Quatre catégories de coûts cachés

L’étude liste quatre catégories de coûts cachés: environnementaux, sanitaires, réglementaires et, aussi, frais d’évitement. Les premiers chiffrent les dégâts sur les services écosystémiques offerts par la nature (pollinisation, etc.); les coûts sanitaires incluent les frais de santé, la perte de productivité des travailleurs, etc.; les coûts réglementaires englobent les fonds publics pour réglementer et contrôler ces substances, ou assainir les eaux et les milieux contaminés… Quant aux frais d’évitement, ils sont principalement induits par les excédents de dépense des ménages qui optent pour l’alimentation biologique, afin de minimiser le contact avec les pesticides.
Lire aussi: Pesticides: faut-il craindre nos fruits et légumes? et 97% de nos aliments contiennent-ils vraiment des pesticides?
Parmi les grands postes de dépense, les auteurs mentionnent les pertes de rendements dues aux résistances aux pesticides développées par les mauvaises herbes ou les ravageurs (soit 2,3 milliards de dollars aux Etats-Unis en 1992), la surveillance des points de captage d’eau (3 milliards de dollars aux Etats-Unis en 1992), la mortalité des oiseaux (6 milliards de dollars aux Etats-Unis en 1992), etc. «Ce qui apparaît comme le poste de dépense le plus important reste le traitement des maladies chroniques liées à l’exposition à ces substances, précise Thomas Guillemaud, chercheur à l’Institut Sophia Agrobiotech (INRA, CNRS, Université de Nice-Sophia-Antipolis) et coauteur de l’étude. Mais il existe très peu d’études permettant de chiffrer précisément ces coûts sanitaires. On dispose de beaucoup de travaux sur l’exposition au tabac et à l’alcool et leurs effets, par exemple, mais presque rien sur les pesticides.»


Expertise collective nécessaire

Des études d’ampleur commencent toutefois à être menées, comme celle publiée en 2015 dans le Journal of Clinical Endocrinology and Metabolism. Elle estimait les dégâts sanitaires de l’exposition de la population européenne aux seuls pesticides organophosphorés et organochlorés à quelque… 120 milliards d’euros par an. «Lorsqu’on envisage des changements de pratiques agricoles, on n’évalue généralement que les impacts sur les systèmes agricoles, explique Thomas Guillemaud. Notre principale conclusion est qu’il est urgent de produire et de rassembler les connaissances nécessaires pour évaluer correctement les effets économiques de ces changements de manière beaucoup plus large.»
Il est urgent de produire et de rassembler les connaissances nécessaires pour évaluer correctement les effets économiques de ces changements de manière beaucoup plus large.
L’économiste de l’agriculture Marion Desquilbet, chercheuse INRA à la Toulouse School of Economics (TSE), qui n’a pas participé à l’étude, salue «un travail énorme, qui ouvre une boîte de Pandore». «Les auteurs ont conduit leur analyse de manière assez conservatrice sur plusieurs aspects, estime-t-elle cependant. Ils n’ont ainsi pas pris en compte les effets des pesticides sur les malformations congénitales, de la surproduction agricole sur l’obésité, etc. Il aurait aussi été possible d’inclure les 'externalités sociales' liées à l’utilisation des pesticides: ces derniers jouent sur la taille des exploitations, l’emploi, le tissu social…» Des questions si diverses qu’il serait illusoire de chercher à y répondre sans recours à une expertise collective pluridisciplinaire.

19/02/2016

Notre-Dame-des-Landes : l'Etat ment par omission

à lire sur :

Notre-Dame-des-Landes : l'Etat dissimule des informations défavorables au projet
Le Monde‎ - Il y a 6 heures

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/#25vYkeeRAcqzqYm9.99

Cʼest une note dʼà peine deux pages mais qui fait grand bruit. Contredisant les discours officiels sur lʼimpossibilité dʼagrandir lʼactuel aéroport de Nantes Atlantique et la nécessité de le transférer vers Notre-Dame-des-Landes , ce document, révélé par Le Canard enchaîné, mercredi 17 février, a été tenu secret par le préfet de la région Pays de la Loire à qui il était destiné.
Rédigée le 9 septembre 2014 par le chef du service « ressources naturelles et paysages » de la direction régionale de lʼenvironnement , de lʼaménagement et du logement (Dreal), cette note précise que « lʼallongement de la piste de lʼaéroport de Nantes Atlantique ne présente pas de risque pour la faune de la réserve naturelle et nʼaugmente pas le péril aviaire ». « Sur le plan du dérangement des oiseaux, le trafic aérien actuel nʼa pas dʼimpact négatif », écrit Xavier Hindermeyer, affirmant que « la variation de cette activité » ne générerait pas de stress supplémentaire. « En effet, les contraintes dʼurbanisme autour de lʼaéroport entretiennent une ceinture verte constituée dʼun bocage ancien et de nombreuses prairies humides entre lʼagglomération nantaise et la réserve, qui fait office de zone tampon », précise-t-il.
Ce document entache encore un peu plus la gestion du dossier. Dʼabord parce que sa dissimulation montre que le débat, sensible, autour de la construction de lʼaéroport à Notre-Dame-des-Landes est entaché de
dissimulations. Ensuite, parce que lʼun des arguments pour légitimer le transfert, écologique de surcroît, nʼa pas lieu dʼêtre.
« Contrairement à ce quʼon peut entendre dire ici ou là, il [le projet de transfert] est également bon pour lʼenvironnement, car lʼactuel aéroport de Nantes est au contact de trois zones Natura 2000, dont le réservoir à oiseaux du lac de Grand-Lieu », affirmait le premier ministre, Manuel Valls , au Sénat le 16 octobre 2015. Et lʼassociation Des ailes pour lʼOuest, qui milite pour le transfert de Nantes Atlantique vers Notre-Dame-des-Landes, ne cesse de répéter que lʼextension de lʼactuel aéroport est « inacceptable pour les (vrais) défenseurs de lʼenvironnement qui ont à cœur de préserver le lac de Grand-Lieu. »
Certes, ce lac, situé à une quinzaine de kilomètres au sud de Nantes, qui sʼétend sur une surface de plus de 6 000 hectares en hiver, héberge des spatules blanches, des hérons, cendré, pourpré..., soit 270 espèces dʼoiseaux, 50 espèces de mammifères dont la loutre, et plus de 550 espèces de végétaux. Mais cette richesse de la biodiversité ne serait pas menacée par lʼextension de la piste, un élément essentiel du projet dʼoptimisation de lʼactuel aéroport, défendu par les opposants au transfert.
Irrité par lʼutilisation de cet argument « écologique », le directeur de la Réserve naturelle du lac de Grand-Lieu, « pendant vingt-trois ans depuis sa création », Loïc Marion, a même écrit au premier ministre le 28 octobre 2015. Sa lettre, que Le Monde sʼest procurée, va dans le même sens que la Dreal. « Je nʼai jamais constaté la moindre gêne des oiseaux de ce lac due aux avions utilisant lʼaéroport actuel de Nantes Atlantique (...). Tout au contraire, lʼabandon de Nantes Atlantique constitue une menace bien réelle pour le lac de Grand-Lieu, dans la mesure où ses périmètres de protection (réserve naturelle, site classé Natura 2000) ont été définis au plus juste près du lac, en tenant compte de la protection de fait assurée par le périmètre de protection antibruit de lʼaéroport. (...) Le déplacement de lʼaéroport mettrait fin à cette protection, et des élus locaux nʼattendent dʼailleurs que cette issue pour pouvoir urbaniser tout ou partie de ce corridor », écrit Loïc Marion.
La possible récupération dʼune partie de lʼemprise territoriale de Nantes Atlantique pour étendre lʼagglomération nantaise est en effet un enjeu du dossier.

« Dissimulations inacceptables »

La publication de cette note relance le débat autour des alternatives possibles au transfert. Les écologistes et les organisations de défense de lʼenvironnement dénoncent « les dissimulations inacceptables de lʼEtat », selon les mots de France Nature Environnement. Jusquʼau Front national , hostile au transfert dʼaéroport, qui réclame la publication immédiate de la note « pour que toute la lumière soit faite sur lʼensemble des études prospectives relatives au projet dʼaéroport, quʼelles soient favorables ou non. »
Cʼest justement la tâche confiée par la ministre de lʼenvironnement, Ségolène Royal, à une mission dont le rapport est attendu pour la fin mars : tout mettre à plat. En attendant, le premier ministre accélère la mise en œuvre du référendum local annoncé par François Hollande , le 11 février. Dans une interview à Ouest-France, le 17 février, Manuel Valls réaffirme que le chantier doit débuter , malgré lʼoccupation de la zone par les opposants. « Parce quʼil faudra assumer cette expulsion au mois dʼoctobre, pour que les travaux puissent commencer , cette consultation locale est
nécessaire », réaffirme-t-il. M. Valls, malgré le flou sur la légalité de cette consultation locale sur un projet dʼintérêt national, a précisé que le périmètre électoral serait le département de la Loire- Atlantique, alors que de nombreuses voix demandent une base plus large.
« Moi je suis de Vendée, je ne pourrai pas voter . Alors que cʼest un projet qui concerne la Bretagne et les Pays de la Loire », a ainsi expliqué Bruno Retailleau, le président (Les Républicains ) de la région Pays de la Loire, fervent défenseur du projet, sur France Inter le 16 février. « Tous ceux qui utilisent ces arguments, au fond, ne veulent pas de la consultation. Mais je le dis clairement, si on empêche la consultation, il nʼy aura pas dʼalternative et les travaux démarreront de toute façon à lʼautomne », insiste pour sa part le chef du gouvernement.

Lire aussi :    L'impossible référendum de Notre-Dame-des-Landes

Lʼimpossible référendum de Notre-Dame-des-Landes (/planete/article/2016/02 /16/notre-dame-des-landes-un-referendum-impossible_4866264_3244.html)


Lire aussi :    Notre-Dame-des-Landes : petite histoire de « la plus vieille lutte de France »

Notre-Dame-des-Landes : petite histoire de « la plus vieille lutte de France » (/planete/article/2016/02/18/notre-dame-des-landes-petite-histoire-de-la-plus-vieille-lutte- de-france_4868063_3244.html)

01/12/2014

Alerte environnement en Isère : Le Groupe Pierre & Vacances projette la réalisation d’un Center Parcs au milieu de la forêt des Chambaran

à lire sur un blog de MEDIAPART :

Center Parcs de Chambaran : un nouveau bétonnage de la nature
PAR ATTAC FRANCE

Par Agir pour l’environnement, Attac France, Confédération Paysanne, Les Amis de la Terre, Solidaires.Le projet est sous le coude depuis 2007. Le Groupe Pierre & Vacances projette la réalisation d’un Center Parcs au milieu de la forêt des Chambaran en Isère : 1 000 cottages répartis sur 200 hectares et un bâtiment de loisir de 3,6 hectares, le tout clos d’une enceinte de 2 mètres de haut pour que les bêtes sauvages ne viennent pas perturber la quiétude des futurs vacanciers

30/06/2014

La déforestation en Amazonie

à lire sur BASTAMAG :

BIODIVERSITÉ

Déforestation : « En Amazonie, c’est trop tard, on remplace les arbres par du soja transgénique »

26/06/2014 STÉPHANE PERRAUD

Botaniste, spécialiste des forêts primaires, Francis Hallé s’est fait connaître par ses expéditions sur le Radeau des cimes, à bord duquel il a pu explorer la canopée des forêts tropicales. Auteur de (...)

26/05/2013

Médias : OMERTA sur la manifestation contre MONSANTO d'hier

Rien dans les médias que je consulte habituellement.

J'ai trouvé en cherchant par mots clefs :

http://yasminehinot.blog.lemonde.fr/2013/05/25/la-manif-contre-monsanto-cest-le-25-mai-partout-dans-le-monde-paris-sit-in-de-14h-a-18h-esplanade-du-trocadero-parvis-des-droits-de-lhomme/

La manif contre Monsanto, c’était hier 25 mai partout dans le monde !

Manifestation contre Monsanto à Paris le 25 mai 2013

Plus de quatre mille personnes avaient accepté de participer à l'évènement sur le réseau social Facebook et plus d'un milliers étaient présents aujourd'hui 25 mai sur la parvis du Trocadéro, pour crier leur colère contre la frime Monsanto (géant mondial des pesticides, des OGM et des semences).

Une sérieuse averse n'a pas ébranlé la mobilisation des participants venus pique-niquer, lire un journal, ou tout simplement papoter le temps d'un sitting protestataire, dont les slogans étaient : "A bat Monsanto!", "Oui, oui, oui à l'agro-écologie"ou "Avec Monsanto, nos légumes sont accros".

A première vue, Le Monde n'a pas parlé de cette manifestation internationale contre la firme Monsanto et les dégâts qu'elle assure à la nature, à la biodiversité et à l'agriculture. Aujourd'hui ras-le-bol général au Trocadéro, mais plus spécialement dénonciation du lobbying de la firme auprès du Parlement Européen qui cède à tous ses caprices ; pour une agriculture qui respecte le sol,  qui préserve les agriculteurs de la dépendance aux grandes sociétés de produits phytosanitaires et de semences.

Pour aller plus loin : Solutions locales pour un désordre global et Le monde selon Monsanto

------------------

http://www.ladepeche.fr/article/2013/05/26/1634777-manif-citoyenne-contre-monsanto.html

Manif citoyenne contre Monsanto

LaDépêche.fr 

Publié le 26/05/2013 à 03:47, Mis à jour le 26/05/2013 à 08:46

«Monsanto empoisonne l'air, la terre, l'eau, les bêtes et les hommes !», se désespère Emma, l'une des manifestantes présentes hier à l'appel d'Europe Écologie Les Verts, place Saint-Étienne, contre la multinationale américaine spécialisée dans les biotechnologies végétales. Une journée internationale organisée afin de dénoncer les atteintes faites par l'entreprise, selon les organisateurs de la journée, à la biodiversité, à l'autonomie des agriculteurs et à la gestion du vivant. Lors de l'événement, une soixantaine de personnes s'est réunie afin de manifester son indignation face à des entreprises comme Monsanto, avec la participation de Catherine Grèze (notre photo-N. Gaillard), députée européenne du Sud-Ouest à l'origine d'un rapport de la commission Développement du Parlement européen sur la biopiraterie, qui estime : «Les populations du Sud mais aussi du Nord sont lésées par la biopiraterie, ce pillage du vivant effectué par le biais de brevets. Monsanto, géant des biotechnologies participe allègrement à ce phénomène inquiétant».

S. HY.

---------------

http://alsace.france3.fr/2013/05/25/manifestation-anti-monsanto-strasbourg-257690.html 

Manifestation anti Monsanto à Strasbourg - France 3 Alsace

A l’initiative du mouvement Occupy américain est organisée la première manifestation internationale simultanée contre Monsanto, contre ses OGM et ses pesticides. 

  • Par Denis Becker
  • Publié le 25/05/2013 | 16:47, mis à jour le 25/05/2013 | 19:27
monsanto.jpg
 
Monsanto est une entreprise américaine, spécialiste des biotechnologies végétales. Depuis longtemps déjà, elle est accusée de promouvoir des produits nocifs à l’homme et à l’écosystème. Dans le même temps, ses méthodes de lobbying sont contestées.

La manifestation à Strasbourg : rendez-vous devant le parlement Européen ce samedi 25 mai à partir de 14h00 pour un cortège à travers les rues de la ville dont un arrêt devant le Conseil de l'Europe.
Selon les responsables de ce mouvement :
"Ce rassemblement citoyen est spontané et ouvert à tous ceux qui veulent la reconnaissance du droit à un environnement sain pour tous et réclament une nourriture dépourvue de poison chimique!
Nous, citoyens, appelons tous ceux qui nous soutiennent à se joindre au mouvement.
Nous demandons aux représentants du peuple français, ainsi qu’aux responsables européens de :
•      Rendre obligatoire, par devoir d’information, un étiquetage des produits issus d’OGM au niveau européen.
•      Débloquer des crédits de recherche pour étudier les conséquences à long terme d’une alimentation OGM sur la santé publique.
•      Réévaluer les molécules de synthèse employées par l’agrochimie. Prendre en compte toutes les études indépendantes et non les études financées par ces firmes dont la crédibilité est sévèrement remise en cause.
•      Procéder à une mise en jour des études sur les liens entre l’exposition chronique aux produits chimiques agricoles (désherbants, fongicides, pesticides, insecticides, fertilisants...) et l’augmentation des cancers et des problèmes d’infertilité.
•      Ouvrir un grand débat national sur les orientations responsables et soutenables de l’agriculture de demain, pour préparer et mettre en œuvre LA Transition Ecologique.

Au même moment, plusieurs centaines de manifestations se déroulent à travers le monde. Des manifestations organisées par des citoyens mobilisés  contre les OGM.

--------------------------

http://fr.euronews.com/2013/05/25/premiere-manifestation-internationale-simultanee-contre-le-geant-americain-de-l/

Première manifestation internationale simultanée contre le géant américain de l’agrochimie Monsanto

Cette manifestation a eu lieu ce samedi dans de nombreux pays. 
Des centaines de personnes y ont participé. L’entreprise américaine, spécialiste des biotechnologies végétales, est accusée depuis longtemps de promouvoir des produits nocifs à l’homme et à 
l’écosystème.

Plus d'actualités sur : 

----------------------------
 
http://www.journaldemontreal.com/2013/05/25/mobilisation-mondiale-contre-monsanto

Manifestation contre Monsanto et les OGM - Le Journal de Montréal

Plusieurs centaines de militants ont bravé la grisaille, samedi à Montréal, pour protester contre les semences contenant des organismes génétiquement modifiés (OGM) ainsi que contre Monsanto, grand producteur mondial de ce type de semences qui possède 90% des semences génétiquement modifiées sur la planète.

Ils ont ainsi joint leur voix aux manifestants de plus de 300 villes d’un peu partout à travers le monde en cette journée de mobilisation mondiale.

À Montréal, les protestataires se sont d’abord réunis au Square Dorchester avant de commencer à marcher, vers 14 h 30, pour se rendre jusqu’au parc Jeanne-Mance.

Dans la province, il y avait des rassemblements dans les villes de Sherbrooke et de Québec. Plusieurs grandes villes de l’Europe et de l’Asie se sont aussi mobilisées.

Les militants réclament notamment l’étiquetage obligatoire des produits contenants des OGM alors que les plus ardents opposants souhaitent que tous les produits génétiquement modifiés soient complètement bannis au Canada.

«On est très ignorants des conséquences»

Alors qu'il devait y avoir une diminution des pesticides, l'agronome et agricultrice Andrée Deschênes a dénoncé le fait que l'objectif n'a pas été atteint. Elle a rappelé également qu'en créant les modifications génétiques, on affirmait vouloir nourrir davantage l'humanité, mais que le résultat en est tout autre, puisque plus d'agriculteurs sont désormais dépendants de leurs fournisseurs.

«Il y a des recherches qui se font sur les effets des organismes génétiquement modifiés (OGM), mais il est très difficile d'obtenir des conclusions à court terme et notre expérience avec ces plantes est trop brève», a avoué l'agronome, en entrevue à TVA Nouvelles.

Un lobby puissant

«Du côté des agriculteurs, c'est à la fois un outil qui a été bien adopté, bien diffusé, mais présentement ce serait difficile pour eux de retourner à une autre méthode. Ils sont pris dans une situation où ils n'ont plus d'autonomie quant aux semences et à leur principal approvisionnement pour produire», a rajouté Mme Deschênes, en expliquant que les décisions ne sont plus prises aujourd'hui dans l'intérêt général, mais sous la pression de lobbys.

Cette grande manifestation contre la firme Monsanto est en partie le résultat du problème lié au Roundup, cet herbicide né il y a un peu plus de 30 ans et une exclusivité de l'entreprise pendant de nombreuses années.

Dès le départ, des publications affirmaient que des produits cancérigènes se trouvaient sur les plantes après l'utilisation de cet herbicide. «Ce n'était pas un problème à l'époque puisque les plantes étaient toutes détruites, mais avec les OGM maintenant, les plantes résistent au Roundup de sorte qu'il est présentement hébergé dans les plantes alimentaires qui viennent dans nos assiettes», a expliqué Mme Deschênes.

Avec cette manifestation planétaire, les organisateurs ont dit souhaiter une agriculture sans OGM et sans pesticide, qui respecte les écosystèmes et la santé humaine

25/04/2013

Larzac : stockage de déchets nucléaires prévu

lu sur :

http://abonnes.lemonde.fr/planete/article/2013/04/24/le-s...

En Aveyron, le stockage géologique au banc d'essai dans un tunnel

Dans le sud de l'Aveyron, un ancien tunnel ferroviaire s'enfonce sous le plateau du Larzac. Il mène tout droit au site expérimental deTournemire, implanté à 250 m de profondeur dans une formation géologique d'argilites, des marnes vieilles de 180 millions d'années. Depuis près de vingt ans, l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) y étudie cette roche, qui présente des propriétés intéressantes pour le stockage de déchets nucléaires.

L'établissement public est chargé par l'Autorité de sûreté nucléaire d'évaluer la sûreté du projet Cigéo, le futur centre industriel de stockage géologique de l'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra). "Notre rôle est de douter des affirmations de l'Andra, d'étudier en profondeur les points fragiles de sa démonstration de sûreté, et de pointer les compléments à apporter", indique son directeur général, Jacques Repussard.

L'IRSN conduit en toute indépendance ses propres recherches, qui lui confèrent expertise et légitimité pour rendre des avis officiels. Ceux-ci seront versés au dossier du débat public à venir.

Le concept de sûreté d'un stockage géologique repose sur les capacités naturelles du milieu à confiner des radionucléides. Tous les phénomènes susceptibles d'affecter son intégrité sont passés au crible à Tournemire : failles, circulations d'eau, perturbations causées par les infrastructures... Des travaux d'une grande utilité, sachant que l'argilite de Tournemire présente de nombreuses similitudes avec la formation argileuse qui devrait abriter le Cigéo entre la Meuse et la Haute-Marne.

TEST DE VULNÉRABILITÉ DES SIX GALERIES ET 200 FORAGES RÉALISÉS

Construit en 1885, l'ancien tunnel permet de bénéficier d'un recul de plus de cent ans sur les fissurations générées par le creusement des galeries. Soit la durée de la période de réversibilité prévue pour le futur stockage. Les méthodes d'imagerie sismique testées dans les six galeries et les quelque 200 forages ont conduit à exiger de l'Andra des études complémentaires, afin que soit mieux évaluée la vulnérabilité du Cigéo aux failles naturelles de l'argile.

De même, l'étude des interactions entre la roche et les matériaux de construction, ainsi que de la corrosion des métaux en milieu souterrain, aboutira à des préconisations strictes sur la qualité des bétons et sur le conditionnement des déchets à haute activité.

Les ingénieurs de l'IRSN s'intéressent aussi aux scellements qui seront mis en place pour isoler définitivement les alvéoles de stockage des colis radioactifs, après la phase d'exploitation. Dans une galerie, ils testent leur résistance, envisagent des scénarios de crise. Ils simulent des ruptures de béton, des défaillances des bouchons d'argile gonflante.

D'autres problématiques de sûreté, liées au fait que la construction du Cigéo se poursuivra alors qu'y seront déjà installés les premiers colis radioactifs, mobilisent des experts en radioprotection, génie civil, incendie, aléas sismiques et miniers. Selon François Besnus, directeur des déchets et de la géosphère à l'IRSN, "l'Andra a encore beaucoup de réponses à apporter sur ces points, particulièrement sur les scellements ou sur le fonctionnement du stockage en situation dégradée". Des études sont toujours en cours et des expérimentations sur place restent à mener. Ce qui, estime l'IRSN, pourrait remettre en cause l'entrée en service du Cigéo en 2025, comme initialement prévu.

Restent aussi des questions en suspens. Aucun radioélément n'étant introduit à Tournemire, la diffusion de la radioactivité dans l'argile est examinée en surface, dans les laboratoires du Commissariat à l'énergie atomique ou du Centre national de la recherche scientifique. On ne disposera donc pas de données in situ. Qu'en sera-t-il de l'intégrité géologique du stockage après quelques milliers ou millions d'années ? La radioactivité du plutonium 239 diminue de moitié au bout de 24 300 ans, celle de l'uranium 238 au bout de 4,5 milliards d'années, soit l'âge de la Terre ! Pour l'IRSN, compte tenu de la dangerosité des déchets stockés, leur confinement doit être efficace pendant au moins 300 000 ans pour réduire le risque à un niveau acceptable.

David Humbert

21/04/2013

Réchauffement climatique : la chaleur stockée dans les eaux profondes des océans

lu sur :

http://www.lemonde.fr/sciences/article/2013/04/04/climat-une-part-de-l-energie-manquante-retrouvee_3154140_1650684.html

Climat : une part de l'énergie manquante retrouvée

LE MONDE SCIENCE ET TECHNO | 04.04.2013 à 17h38 • Mis à jour le 11.04.2013 à 14h55

Stéphane Foucart

A mesure que l'atmosphère se charge en gaz à effet de serre, le réchauffement s'accentue. Pourtant, depuis une dizaine d'années, l'augmentation de la température moyenne de la basse atmosphère semble connaître une pause. Ce hiatus entre l'énergie introduite dans la machine climatique et le plateau des températures a donné naissance, en 2010, au concept (très discuté) d'"énergie manquante".

Lire :  Climat : et si le réchauffement faisait une pause ?

De la chaleur excédentaire a bel et bien été introduite dans le système climatique : ce fait est évalué par satellite, en comparant le rayonnement incident et celui réémis par la Terre dans l'espace. Mais cette énergie ne s'est pas traduite par le réchauffement attendu de la basse atmosphère... Où diable est-elle donc passée ?

Dans la dernière édition de la revue Geophysical Research Letters, Magdalena Balmaseda (European Centre for Medium-Range Weather Forecasts) et ses coauteurs présentent un début de réponse. L'énergie excédentaire introduite dans la machine climatique "peut se manifester de plusieurs manières", explique Kevin Trenberth, chercheur au National Center for Atmospheric Research américain et coauteur de ces travaux.

STOCKAGE DE LA CHALEUR

"L'augmentation des températures n'en est qu'une manifestation, précise-t-il. La fonte de la banquise arctique, l'intensification du cycle de l'eau ou encore le renforcement des tempêtes en sont d'autres... En outre, environ 90 % de cette chaleur est absorbée par les océans."

Or l'analyse présentée - principalement fondée sur les mesures du réseau de bouées plongeantes Argo - montre qu'au cours de la dernière décennie "plus de chaleur s'est trouvée stockée dans l'océan à des profondeurs inférieures à 700 mètres, là où s'arrêtent la plupart des autres analyses", ajoute M. Trenberth.

L'océan profond aurait donc stocké une part de cette "énergie manquante" qui échappait à la vigilance des réseaux d'instruments d'observation. "Cela signifie moins de réchauffement de surface pour le court terme, mais au prix de plus de réchauffement sur le long terme, et un rythme d'élévation du niveau de la mer plus rapide, ajoute le chercheur américain. Cela aura donc des conséquences." Eventuellement, d'ailleurs, à moyen terme : une part de la chaleur stockée dans l'océan peut en effet être rapidement "rendue" à l'atmosphère à l'occasion d'un prochain Niño...

Stéphane Foucart

14/04/2013

La Nature se meurt

à lire sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/03/30/l-orchestre-de-la-nature-se-tait-peu-a-peu_3150765_3244.html

Le grand orchestre de la nature se tait peu à peu

LE MONDE | 30.03.2013 à 09h59 • Mis à jour le 01.04.2013 à 13h10

Propos recueillis par Marie-Béatrice Baudet

Le grand orchestre de la nature se tait peu à peu.pdf

23/02/2013

Électricité statique, insectes, plantes

lu sur :

http://www.lemonde.fr/sciences/article/2013/02/21/le-bourdon-electrifie-par-les-fleurs_1836608_1650684.html

Le Monde.fr a le plaisir de vous offrir la lecture de cet article habituellement réservé aux abonnés du Monde.fr. Profitez de tous les articles réservés du Monde.fr en vous abonnant à partir de 1€ / mois | Découvrez l'édition abonnés

Le bourdon électrifié par les fleurs

LE MONDE SCIENCE ET TECHNO | 21.02.2013 à 15h31 • Mis à jour le 22.02.2013 à 11h26

Par Hervé Morin - ZOOLOGIE

La couleur, les motifs, la forme, l'odeur, le degré d'humidité et la température des fleurs sont autant d'indices auxquels les insectes pollinisateurs se fient dans leur quête du précieux nectar. Des informations qui parlent aussi à nos sens humains. Mais des scientifiques de l'université de Bristol viennent de découvrir chez le bourdon une nouvelle modalité perceptive bien éloignée de celles dont nous sommes dotés : Bombus terrestris serait capable de sentir les champs électriques naturels entourant les fleurs et d'utiliser cette signature pour "fourrager" plus efficacement dans les massifs proches de son terrier !

Les biologistes savent depuis plus de trente ans que les insectes volants, tout comme les fleurs, sont électriquement chargés. Les premiers ont un potentiel électrique positif, tandis que les secondes sont chargées négativement. Cette différence favorise le transfert du pollen entre la plante et les insectes. Mais jusqu'alors le rôle de ces champs électriques très minimes dans le repérage des fleurs n'avait pas été étudié. C'est ce que viennent de faire Daniel Robert et ses collègues, qui publient leurs observations dans la version numérique de Science, vendredi 22 février.

Les chercheurs ont d'abord effectué des mesures sur des plantes réelles, en l'occurrence des pétunias. Ils ont constaté que la visite d'un bourdon modifie le potentiel électrique de la fleur de 25 millivolts (mV) pendant environ 100 secondes. Cette décharge commence avant même que l'insecte ne se pose, par induction électrostatique. Permet-elle aux autres insectes de savoir que la fleur en question a déjà été visitée ?

 

Pour répondre à cette question, les chercheurs ont testé, grâce à d'élégantes expériences de conditionnement, la capacité des bourdons à différencier des fleurs artificielles. Certaines de ces "e-flowers", comme les nomment les chercheurs, contenaient du sucrose et présentaient un potentiel électrique de 30 V en courant continu, d'autres proposaient une solution amère et étaient reliées électriquement à la terre. Rapidement, les bourdons montraient une préférence pour les premières, mais quand celles-ci étaient reliées à la terre ils visitaient indifféremment les deux types de fleurs - comme s'ils avaient perdu un précieux indice.

Les chercheurs ont, de la même façon, mis en évidence la capacité des bourdons à "voir" les formes géométriques liées au champ électrique des fleurs. Enfin, ils ont montré que, quand on ajoutait cette signature électrique à un indice visuel classique (une couleur différente), l'apprentissage était encore accéléré.

"Ce travail illustre un problème majeur dans l'étude du comportement animal : bien souvent, nous ne percevons ni n'interprétons le monde qui nous entoure de la même manière que les animaux que l'on étudie, commente Mathieu Lihoreau (université de Sydney), spécialiste des bourdons. Le danger, c'est qu'une compréhension incomplète de leurs capacités sensorielles biaise la façon dont nous posons les questions et interprétons nos résultats."

En l'occurrence, même si ces observations restent à confirmer en milieu naturel, "la découverte de cette sensibilité aux champs électriques permet de mieux comprendre les informations prises en compte par les bourdons dans leurs décisions de fourragement, indique-t-il. Mais cela pose la question de l'impact potentiel des champs électromagnétiques artificiels issus de l'activité humaine - téléphones, lignes à haute tension - sur le comportement des bourdons et autres insectes pollinisateurs."

26/01/2013

Pétrole en mer : il faut se méfier de Londres

les surlignages sont de moi

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/01/24/londres-veut-des-regles-a-minima-pour-le-petrole-offshore_1822040_3244.html

Le Monde.fr a le plaisir de vous offrir la lecture de cet article habituellement réservé aux abonnés du Monde.fr. Profitez de tous les articles réservés du Monde.fr en vous abonnant à partir de 1€ / mois | Découvrez l'édition abonnés

Londres veut des règles a minima pour le pétrole offshore

LE MONDE | 24.01.2013 à 12h54 • Mis à jour le 24.01.2013 à 12h56 Par Eric Albert - Londre, correspondance 

Depuis deux ans, le Royaume-Uni met tout en oeuvre pour réduire la portée des nouvelles règles européennes de sécurité pour les plates-formes pétrolières en mer, qui sont en cours de négociation. Le Monde a eu accès à une série de documents confidentiels, dans lesquels Londres expose sa position : les textes montrent une volonté systématique d'adoucir l'impact de la nouvelle directive, qui est en cours de finalisation.

Si bien que celle-ci ne changera finalement pas grand-chose sur le terrain : "Le projet de directive actuel est très similaire à ce qui se fait déjà au Royaume-Uni", se félicite Malcolm Webb, le directeur de Oil and Gas UK, l'association regroupant les producteurs britanniques d'hydrocarbures.

Le besoin de règles de sécurité renforcées s'est fait sentir après la marée noire dans le golfe du Mexique en 2010. Craignant qu'une telle catastrophe puisse arriver en Europe, les législateurs ont décidé d'introduire des normes paneuropéennes pour les plates-formes offshore. Jusqu'à présent, l'encadrement n'était que national.

 
 

Les pays producteurs, Royaume-Uni en tête, tout en affirmant leur soutien au processus, se sont alors lancés dans un travail de lobbying intensif. "Les négociateurs britanniques sont ultra-actifs, faisant du zèle à tous les niveaux", se plaint une source proche des discussions.

ABOLIR L'EXTRA-TERRITORIALITÉ

Au Parlement européen, Londres a réussi à verrouiller les négociations : si le rapporteur de la commission industrie, qui examine le dossier, est belge, trois des quatre "rapporteurs fictifs" (qui suivent le sujet pour les différentes couleurs politiques) sont britanniques. Une situation rarissime. Londres veut notamment mettre fin à l'une des mesures les plus ambitieuses des nouvelles règles : l'extraterritorialité. En clair, les normes s'appliqueraient aux entreprises européennes dans le monde entier. Il ne serait plus possible d'utiliser des standards sérieux en mer du Nord mais de les relâcher dans le golfe du Niger, par exemple.

Une telle décision aurait un énorme impact, notamment sur l'Arctique. Cela forcerait les compagnies pétrolières à prendre de très importantes précautions dans leurs nouvelles explorations. Inacceptable, pour les Britanniques, qui craignent que cela n'affaiblisse la compétitivité des entreprises européennes. Le 8 janvier, dans un document de négociation, le gouvernement britannique demandait la suppression pure et simple de cet article.

Dans le même document, Londres s'insurgeait contre une autre proposition, qui force les entreprises à prendre en compte le "délai de réponse" en cas de marée noire dans des zones difficiles. Dans des coins reculés de la mer du Nord par exemple, suivant les vagues et le vent, il peut se passer plusieurs semaines avant de pouvoir envoyer une équipe d'intervention.

Mais les Britanniques répliquent que l'inclusion du "délai de réponse" n'est pas nécessaire, car le pétrole "peut être efficacement dispersé par le vent et l'action des vagues et que c'est en tant que tel une forme efficace de réponse".

Le Royaume-Uni n'est pas seul dans sa lutte contre les nouvelles règles. La Norvège, qui n'est pas membre de l'Union Européenne (UE) mais applique ses directives, est également très active, de même que le Danemark et les Pays-Bas.

Mais, en tant que premier pays producteur de pétrole et de gaz offshore dans l'UE, grâce à la mer du Nord, le Royaume-Uni joue un rôle clé. Il semble en passe de réussir : la directive, qui devrait être adoptée en avril, est désormais loin du projet initial.

28/12/2012

Arrestation au Japon ...

... d'un opposant à la dispersion des débris de Fukushima :

communiqué:

Je vous prie de trouver ci-dessous le lien vers une pétition relative à l'arrestation discrète le 9 décembre dernier (une semaine avant les élections) de Masaki Shimoji, professeur assistant à l'université Hannan (Osaka). 

M. Masaki Shimoji est engagé dans la lutte contre le redémarrage des centrales et contre la dispersion au niveau national (y compris bien sûr à Osaka) et l'incinération des débris contaminés situés dans la zone de Fukushima.

Explications et pétition: http://keepcivicactivity.jimdo.com/english/

Voir aussi à ce sujet l'appel de Dr. Helen Caldicott: 

http://fukushimavoice-eng.blogspot.jp/2012/12/unjust-arrest-of-professor-opposing.html

06/12/2012

Le gaz de schiste en Europe

Un dossier sur le gaz de schiste en Europe en fichier pdf :

Plein Gaz !.pdf


24/10/2012

Les procédures d'autorisation des OGM

lu sur le Canard Enchaîné de cette semaine :

Image 2.png

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Image 1.png

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Image 3.png

09/10/2012

Biodiversité: conférence sur la diversité biologique

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/10/08/biodiversite-un-plan-de-protection-mais-toujours-pas-d-argent_1771740_3244.html

Biodiversité : un plan de protection mais toujours pas d'argent

LE MONDE |08.10.2012 à 13h41

Par Catherine Vincent

Le Monde.fr a le plaisir de vous offrir la lecture de cet article habituellement réservé aux abonnés du Monde.fr. Profitez de tous les articles réservés du Monde.fr en vous abonnant à partir de 1€ / mois | Découvrez l'édition abonnés

 

La onzième Conférence des parties (COP11) de la Convention sur la diversité biologique (CDB), qui se tient du 8 au 19 octobre à Hyderabad (Inde), confirmera-t-elle le succès engrangé à Nagoya il y a deux ans ? Les 193 pays participant à la Conférence, organisée au Japon en octobre 2010, y avaient conclu un accord qualifié d'"historique". Et doté la communauté internationale - à l'exception notable des Etats-Unis, qui n'ont jamais ratifié la Convention sur la diversité biologique signée en 1992 au lendemain du Sommet de la Terre de Rio - d'une nouvelle stratégie pour la protection du vivant.

 

La réponse dépendra de la façon dont les différents pays parviendront à avancer sur ce qui est resté le "maillon faible" de l'accord de Nagoya : l'absence d'argent pour donner corps aux engagements. "Ce qui a été décidé à Nagoya a le pouvoir de stopper l'érosion de la biodiversité et de nous permettre de s'attaquer à ses facteurs de destruction, estime Lasse Gustavsson, directeur des programmes de conservation au WWF International. Les gouvernements doivent maintenant prouver que Nagoya n'était pas qu'une plateforme d'échange de vaines promesses."

 

Le Plan stratégique pour la préservation de la biodiversité à l'horizon 2020 se décline en vingt objectifs appelés "les cibles d'Aichi". Il propose notamment de réduire le rythme actuel d'appauvrissement de tous les habitats naturels (forêts, savanes, récifs coralliens, etc.). Il prévoit de porter les zones protégées terrestres à 17 % de la surface (contre 13,5 % aujourd'hui), les aires maritimes protégées à 10 % de la superficie des océans (contre 1 % actuellement) et de restaurer 15 % des écosystèmes dégradés.

LES RÉSULTATS "RESTENT APPROXIMATIFS"

Si neuf pays signataires de la convention sur dix disposent d'un plan d'action pour protéger la biodiversité, seuls quatorze ont révisé leur stratégie pour prendre en compte les cibles d'Aichi. Jusqu'à présent, les pays industrialisés sollicités pour assurer le financement avaient beau jeu d'affirmer qu'il fallait au préalable évaluer précisément les flux déjà affectés à la biodiversité et l'ampleur des besoins.

Ils ne pourront plus se retrancher derrière cet argument. Pour la première fois, à Hyderabad, des chiffres vont être mis sur la table. A la demande du secrétariat de la CBD, un groupe d'experts a planché pendant près d'un an.

"Pour effectuer cette évaluation, nous avons estimé le coût de toutes les opérations nécessaires pour atteindre les cibles d'Aichi, en les déclinant selon trois scénarios d'ambition", explique Gilles Kleitz, chef de projet Biodiversité-ressources naturelles à l'Agence française de développement, qui figure parmi les cinq experts. Les résultats, il le concède, "restent approximatifs".

L'exercice a été réalisé pour les 155 pays entrant dans le champ d'intervention du Fonds mondial pour l'environnement, principal instrument financier de la CBD. Le résultat, calculé pour la période 2014-2018, donne un ordre de grandeur du montant à investir dans les pays en développement : entre 74 milliards (scénario bas) et 191 milliards de dollars (scénario haut) – 57 milliards à 147 milliards d'euros. Soit, sur quatre ans, un budget trois à huit fois supérieur au financement que l'on estime aujourd'hui être consacré à la biodiversité par les bailleurs de fonds publics et le mécénat.

L'Inde, pays hôte de la conférence, et pour qui l'enjeu est d'obtenir un engagement financier des pays du Nord, a aussi fait travailler ses experts. Ils ont estimé le besoin à environ 100 milliards de dollars par an pour 192 pays.

"MARCHANDISATION" DU VIVANT

Si approximatifs soient-ils, ces chiffres vont servir de base de discussion. Face à un besoin d'une telle ampleur, quelle sera l'attitude des pays du Nord confrontés à une grave crise économique ? Les négociations menées depuis 2009 pour constituer le Fonds vert pour le climat et le doter d'une somme assez comparable - 100 milliards de dollars à l'horizon 2020 - invitent à se garder de trop d'optimisme. Pour l'instant, face à des budgets publics exsangues et à une réflexion sur les mécanismes de financement innovant toujours timorée, aucune solution n'a été trouvée.

A Hyderabad, l'Union européenne pourrait toutefois proposer une augmentation annuelle de 10 % de son aide publique au développement (APD) consacrée à la biodiversité. Ce débat sur le volume des engagements financiers devrait être pimenté par une autre question : dans quelle proportion public-privé viendront ces fonds ?

Pour des raisons à la fois idéologiques et pragmatiques, les débats risquent d'être vifs autour de la notion de "marché" appliqué à la nature. Emmenés par le Venezuela et la Bolivie, plusieurs pays d'Amérique latine rassemblés dans l'Alliance bolivarienne pour les peuples de notre Amérique (ALBA) sont particulièrement hostiles aux mécanismes de financement par le marché qui conduisent, selon eux, à une "marchandisation" du vivant.

 

La Conférence d'Hyderabad sera aussi l'occasion de rappeler que la protection de la biodiversité, au-delà des processus de négociation internationaux, est étroitement liée au choix de nos modèles économiques. Comme le souligne Gilles Kleitz"le coût de la conservation serait quasiment réduit à néant si nous adoptions globalement un modèle de développement durable".

29/09/2012

Kokopelli, la Cour européenne de justice et le lobbying des semenciers

Il faut soutenir KOKOPELLI :

Voici la pétition à envoyer pour q ue la justice revienne sur la décision prise contre Kokopelli.
Pour protéger la biodiversité contre la main mise toute puissante des grands groupes et lobbies prêts à détruire pour servir leur seuls intérêts. 

----------------------

communiqué :

La Cour de Justice, par sa décision rendue hier dans l'affaire Kokopelli c. Baumaux, vient de donner un satisfecit intégral à la législation européenne sur le commerce des semences.

Pourtant, le 19 janvier dernier, son Avocat Général nous donnait entièrement raison, en estimant que l'enregistrement obligatoire de toutes les semences au catalogue officiel était disproportionné et violait les principes de libre exercice de l'activité économique, de non-discrimination et de libre circulation des marchandises. (V. ses conclusions)

Ce changement de cap absolu ne manque pas de nous surprendre et de nous interroger.

La Cour, aux termes d'une analyse étonnement superficielle de l'affaire, et d'une décision qui ressemble plus à un communiqué de presse qu'à un jugement de droit, justifie l'interdiction du commerce des semences de variétés anciennes par l'objectif, jugé supérieur, d'une "productivité agricole accrue" !

L'expression, utilisée 15 fois dans la décision de la Cour, consacre la toute puissance du paradigme productiviste. Ce même paradigme, qui avait présidé à la rédaction de la législation dans les années soixante, a donc encore toute sa place en 2012. La biodiversité peut donc être valablement sacrifiée sur l'autel de la productivité.

Cela fait 50 ans que cela dure et le fait que ce raisonnement nous ait déjà amenés a perdre plus de 75% de la biodiversité agricole européenne n'y change donc rien. (V. les estimations de la FAO)

Si la Cour mentionne les dérogations supposément introduites par la Directive 2009/145 pour les "variétés de conservation", son analyse s'arrête à la lecture des grands titres. Comment les juges n'ont-ils pas voulu voir que les conditions d'inscription des variétés de conservation, dans la réalité, étaient restées pratiquement identiques à celles du catalogue officiel normal [1]? Le critère d'homogénéité, par exemple, particulièrement problématique pour les variétés anciennes, ne connaît aucune modération.

La Cour n'a-t-elle pas lu les témoignages de nos collègues européens, déjà confrontés à des inscriptions impossibles de leurs semences sur cette liste ?

Cette directive est un véritable leurre, que Kokopelli et tant d'autres organisations européennes ont déjà dénoncé, et ne vise pas à permettre la commercialisation des variétés anciennes ni même à conserver la biodiversité semencière.

De plus, cette biodiversité, qui a nourri les populations européennes pendant les siècles passés, est l'objet de la plus grande suspicion. La Cour va ainsi jusqu'a écrire, par deux fois, que la législation permet d'éviter "la mise en terre de semences potentiellement nuisibles" !

Cette remarque est totalement erronée puisque, comme l'avait justement relevé l'Avocat Général, l'inscription au Catalogue ne vise pas à protéger les consommateurs contre un quelconque risque sanitaire ou environnemental, auquel la législation ne fait même pas référence !

Cette remarque, surtout, est choquante, quand on pense que les semences du Catalogue, enrobées des pesticides Cruiser, Gaucho et autres Régent, ou accompagnées de leur kit de chimie mortelle, empoisonnent la biosphère et les populations depuis plus de cinquante ans !

Le lobby semencier (European Seed Association), qui a pris le soin, pendant le cours de la procédure, de faire connaitre à la Cour son désaccord avec l'avis de l'Avocat Général, se réjouit, dans tous les cas, de cette totale convergence de vues avec la Cour. (V. son communiqué et sa lettre adressée à la Cour.)

Nos adversaires directs dans cette procédure, c'est-à-dire la société Graines Baumaux, mais aussi la République Française, le Royaume d'Espagne, la Commission Européenne et le Conseil de l'UE, doivent également s'en frotter les mains.

Avec cette décision, les masques tombent : la Cour de l'Union Européenne est, elle aussi, au service de l'agriculture chimique mortifère et de son idéologie corruptrice.

Et Kokopelli, au contraire de tout ce qui a pu se lire ces derniers mois, n'a aucun intérêt convergent avec Monsanto et autres semenciers-chimistes. Ces craintes exprimées par certains n'étaient qu'élucubrations fantaisistes, voire malveillantes, à l'égard de l'association.

Mais tout cela se comprend par l'examen du contexte dans lequel prend place cette décision : en Europe, une réforme générale de la législation sur le commerce des semences est en cours. La procédure est placée sous le haut parrainage de l'industrie semencière. Les associations de sauvegarde de la biodiversité, petits producteurs, paysans et jardiniers passionnés, qui, à travers toute l'Europe, conservent clandestinement plus de variétés oubliées que tout ce que le catalogue des variétés appropriées n'en pourra jamais contenir, n'ont pas été invitées à la table des négociations...

Verra-t-on, dans ce cadre, le législateur européen redéfinir ses priorités ? Les semenciers veilleront à ce que cela ne soit pas le cas.

La France, dans ce cadre, joue un rôle particulier. Le Ministère de l'Agriculture a dépêché l'une des collaboratrices du GNIS [2], Mme Isabelle Clément-Nissou, auprès de la Commission Européenne (DG SANCO), afin de rédiger le projet de loi ! Mais les conflits d'intérêt, inadmissibles, ne semblent choquer personne au niveau des institutions européennes...

Ainsi, l'étau se resserre et les perspectives pour la biodiversité n'ont jamais été aussi sombres.

Et l'Association Kokopelli, qui depuis 20 ans veille avec passion à la préservation du patrimoine semencier européen, bien commun de tous, sans la moindre subvention publique, pourrait donc bien disparaître demain, car son activité, qui gêne l'une de nos sociétés commerciales les mieux installées, ne présente pas d'intérêt pour une "productivité agricole accrue". Cette décision nous sidère, autant qu'elle nous indigne.

Plus que jamais, Kokopelli a besoin du soutien moral de la population. Car il n'est pas admissible que les variétés anciennes, héritage de nos grands-parents, soient interdites de cité !
Nous en appelons également à notre gouvernement. La gauche, sous les précédents gouvernements de droite, nous a dit pouvoir compter sur son soutien à de nombreuses reprises. Il est temps maintenant qu'elle transforme ses promesses en actes (en commençant par retirer son mandat à Mme CLEMENT-NISSOU) !

Kokopelli, le 13 juillet 2012.

  • [1] La directive 2009/145 prévoit que les critères de distinction et de stabilité sont laissés à la discrétion des Etats membres et que, par contre, «pour l'évaluation de l'homogénéité, la directive 2003/91/CE s'applique» : art. 4 §2
  • [2] Le GNIS représente les semenciers professionnels en France et dit officiellement «défendre les intérêts de la filière semence» V. son site Internet

Ce que nous voulons, sur le plan législatif et réglementaire :

  • Le Catalogue officiel actuel est le pré-carré exclusif des variétés protégées par des droits de propriété intellectuelle, hybride F1 non reproductibles. Qu'il le reste.
  • Nous voulons que les semences anciennes et nouvelles appartenant au domaine public et librement reproductibles sortent du champ d'application de la législation sur le commerce des semences.
  • Il n'existe pas de catalogue officiel obligatoire pour les clous et les boulons. Il n'y a pas de raison de soumettre les semences à une procédure préalable de mise sur le marché, comme les pesticides ou les médicaments, pour les cataloguer dans un registre.
  • Des objectifs de qualité et de loyauté dans les échanges commerciaux peuvent être aisément atteints par un règlement de base fixant des critères minimums en termes de qualité sanitaire, faculté germinative, pureté variétale et pureté spécifique.

Que demande la société Graines Baumaux ?

Notre adversaire devant la Cour d'Appel de Nancy demande la condamnation de Kokopelli à lui payer 100.000 €uros de dommages-intérêts, ainsi que la cessation de toutes les activités de l'association. Pour information, au 30 juin 2011 la société Baumaux avait un chiffre d'affaire annuel de 14 millions d'€uros et un résultat net de 2 millions d'€uros.

Télécharger l'interview de radio Zinzine avec notre avocate Blanche MAGARINOS-REY.

24/09/2012

Industrie chimique, abeilles et lobbying

lu sur :



LE MONDE | 23.09.2012 à 19h15 • Mis à jour le 23.09.2012 à 19h16

Par Stéphane Foucart

L'étude avait fait grand bruit. Conduite par Mickaël Henry (Institut national de la recherche agronomique, INRA) et publiée en avril dans Science, elle montrait qu'une bonne part des abeilles butineuses ne retrouvaient pas le chemin de leur ruche après avoir été exposées à de faibles doses de Cruiser – le pesticide récemment interdit sur le colza en France. Revenant sur cette affaire, la revue Science publie, vendredi 21 septembre, un "commentaire technique" de chercheurs britanniques contestant les conclusions de M. Henry et ses coauteurs. Banale dispute académique ou cas emblématique de l'influence discrète de l'industrie sur la science ?

L'expérience des chercheurs français n'est pas contestée : sous l'effet de faibles doses de thiamétoxam (la molécule active du Cruiser), une part importante des butineuses ne reviennent pas à la ruche. M. Henry et ses coauteurs l'avaient montré grâce à un marquage des insectes par puce électronique à radiofréquence (RFID).

"Ce qui est contesté, c'est le modèle mathématique que nous avons utilisé pour évaluer l'effet de cette désorientation des butineuses sur la ruche entière", dit Mickaël Henry. Selon ce modèle, une colonie non exposée à l'insecticide croît de 11 % par mois en période de floraison du colza. Trop peu pour compenser les effets du Cruiser. Mais pour leurs contradicteurs, ce taux est d'environ 40 % : suffisamment pour que les abeilles perdues en raison de leur exposition au pesticide soient remplacées par la croissance naturelle du groupe.

D'où vient ce taux de 40 % ? D'observations menées dans les années 1980, sur seulement trois ruches, et hors du contexte de la culture de colza étudiée par les chercheurs français... Pour répondre, ces derniers ont utilisé leurs données de terrain : quatre années de suivi de plus de 200 colonies. Leurs observations donnent un taux de croissance du même ordre que les fameux 11 % (le maximum observé étant de 18 %)... La critique est donc largement infondée.

UN LABORATOIRE SOUTENU PAR LE PROPRIÉTAIRE DU CRUISER 

Fin de l'histoire ? Pas tout à fait. Car le laboratoire de James Cresswell (université d'Exeter), premier auteur de la contestation, est soutenu par... l'agrochimiste Syngenta, propriétaire du Cruiser. Ce conflit d'intérêts n'a pas été déclaré par l'auteur, contre les règles d'usage.

Le 8 août, l'université d'Exeter a en effet annoncé la création d'un poste "financé par Syngenta" pour un chercheur dont la mission sera "d'assister le Dr James Cresswell dans ses recherches". Le 8 août... c'est-à-dire le jour précis où le "commentaire technique" de M. Cresswell a été accepté par Science pour publication. Contacté par Le Monde, le chercheur assure que son article a été soumis avant que Syngenta décide de soutenir son labo.

Cependant, chose inhabituelle pour un "commentaire technique" – qui n'est pas une recherche originale –, l'université d'Exeter a publié, le 21 septembre, un communiqué de presse, largement repris sur le Net et titré : "Il n'est pas prouvé que les pesticides soient coupables du déclin des abeilles". Ignorant la mise au point des chercheurs français, le texte affirme – en claire contradiction avec l'issue de la joute – que leurs travaux sont "biaisés".

Et rappelle, à toutes fins utiles, qu'ils ont "probablement été utilisés par le gouvernement français dans sa récente décision de bannir (...) le Cruiser"...

Stéphane Foucart

20/09/2012

Dangerosité des OGM

voir aussi sur ce blog :

Les OGM approuvés par l’UE ne sont pas soumis à...

 

à lire sur : www.infogm.org/spip.php?article5221

 

FRANCE – Nombreuses réactions après la publication d'une étude ...


FRANCENombreuses réactions après la publication d'une étude explosive sur un maïs OGM par Eric MEUNIER , septembre 2012

Pendant deux années, des rats ont été nourris avec du maïs génétiquement modifié NK603, traités ou non avec l’herbicide Roundup. Les résultats publiés dans la revue Food and Chemical Toxicology [1] font état de pathologies telles que tumeurs et dysfonctionnements rénaux importants.
Paradoxalement, cette étude est publiée alors que la Commission européenne propose de ne plus requérir obligatoirement les analyses de toxicologie dans les dossiers de demande d’autorisation commerciale de plantes transgéniques.
Plusieurs autorités publiques ont immédiatement annoncé la saisine d’agences d’expertise pour analyser ces résultats, analyses rarement requises, notons-le, pour les études en faveur des PGM.

La critique vis-à-vis des plantes transgéniques se déploie dans plusieurs directions : questions éthiques et épistémologiques, question du choix de société, impact des brevets et modèle agricole porté par les PGM, impacts sanitaires ou environnementaux, fonctionnement de l’expertise... Un de ces volets, celui des impacts sanitaires, vient de connaître un rebondissement avec la publication d’un article de l’équipe du Pr. Gilles-Eric Séralini, membre du Criigen et professeur de biologie moléculaire à l’Université de Caen.
L’étude a consisté à nourrir, pendant deux ans, 200 rats Sprague-Dawley, une lignée couramment utilisée pour les analyses de toxicologie et que les entreprises utilisent pour conduire leurs propres analyses [2]. Ces deux cents rats ont été répartis en dix groupes de dix rats mâles et dix groupes de dix rats femelles, conformément au protocole OCDE n°408 (Séralini respectant à la lettre ce protocole avec trois doses données dans l’expérience contrairement aux entreprises qui n’en donnent que deux, simplifiant ainsi l’expérience en réduisant les observations possibles). Chaque groupe a reçu soit du maïs non GM et de l’eau, soit du maïs NK603 (cf. encadré) à différentes doses et de l’eau, soit du maïs non GM et de l’eau avec du Roundup à différentes doses (toutes sous la limite maximale de résidus autorisée). Une première originalité de cette étude est que les rats ont reçu ce régime alimentaire durant deux années et pas seulement pendant trois mois comme c’est le cas pour toutes les études présentées par les entreprises dans le cadre des dossiers d’autorisation dans l’Union européenne. Les chercheurs ont effectué des prises de sang et d’urine et des dissections pour analyser les organes (au moins dix par animaux) et les tumeurs apparues le cas échéant. Les résultats publiés montrent l’apparition de pathologies, qu’il s’agisse de tumeurs (principalement chez les femelles) ou d’atteintes rénales (principalement chez les mâles). Ces pathologies apparaissent dans les régimes alimentaires contenant le maïs NK603 traité avec le Roundup mais aussi dans ceux contenant le maïs NK603 non traité au Roundup.

 Les pouvoirs publics exigent des compléments d’enquête

Le gouvernement français [3] et la Commission européenne [4] ont immédiatement annoncé avoir saisi respectivement l’Anses (puis le HCB) et l’Agence européenne de sécurité des aliments (AESA). Le ministre de l’Agriculture, Stéphane le Foll, a lui rappelé que « pour plus de la moitié des OGM étudiés« , l’Anses estime que  »les données fournies par l’industriel ne sont pas suffisantes pour conclure sur la sécurité sanitaire liée à la consommation de l’OGM » [5]. Nul doute que ces agences donneront un avis rapide sur ce dossier.
A noter que ces autorités publiques ne réagissent pas toujours avec le même zèle lorsqu’il s’agit d’études en faveur des plantes génétiquement modifiées (PGM). Dans la même veine, Gérard Pascal, toxicologue et ancien expert français de la CGB sur les OGM, considère que « si les résultats se confirment, c’est le scoop du siècle. Et dans ce cas il faudrait interdire les OGM dans le monde entier. [...] Nous pensons qu’il faut nommer une commission d’enquête sur le laboratoire dans lequel les expériences ont été faites. Il faut récupérer toutes les données, les cahiers de manip, l’historique des incidents qui ont pu se produire pendant ces deux ans et analyser tout cela en profondeur » [6]. Un souci de vérification tout à fait légitime, mais jamais exprimé pour les études démontrant l’absence de problèmes et notamment celles proposées par les pétitionnaires pour demander l’autorisation de commercialisation de leur PGM ! Ainsi, la même revue Food and chemical toxicology publiait en septembre deux études, pour un maïs et un soja GM, d’analyses de toxicologie sur rats durant trois mois et concluant à l’absence de problème. Ces études n’ont pas fait l’objet de saisine ou de demande d’enquête dans les laboratoires. Ces réactions témoignent donc bien que le principe de base est que les PGM ne posent pas de problème et que la charge de la preuve doit être portée par ceux qui essayent de démontrer qu’ils posent problème. Un a priori tout à fait irrecevable.

 Vers une interdiction immédiate des OGM ?

Parmi les réactions, notons également celles de l’eurodéputé José Bové et des associations comme France Nature Environnement (FNE) et Greenpeace. Pour l’eurodéputé, un moratoire doit être décrété par le commissaire John Dalli sur les plantes transgéniques autorisées à la culture, à l’importation et à l’alimentation humaine et animale. José Bové considère « qu’il est urgent de revoir rapidement tous les processus d’évaluation des OGM. Les données fournies par Monsanto et les autres multinationales sont tout simplement biaisées et ne reposent pas sur des travaux scientifiques sérieux et fiables. Les agences nationales et européennes de sécurité alimentaire doivent réaliser de nouvelles études financées par des fonds publics pour garantir aux consommateurs européens une alimentation saine » [7]. Greenpeace porte les mêmes demandes, ajoutant que l’AESA, qui « s’est distinguée depuis de nombreuses années par la proximité flagrante de ses membres avec les industriels vendant des OGM et son manque d’indépendance », doit être « profondément réformée afin de protéger les citoyens européens et cesser de servir les intérêts commerciaux exclusifs des entreprises de biotechnologie » [8]. Enfin, l’association FNE rappelle que « les protocoles d’évaluation des OGM au niveau international ont été mis en place par l’industrie agroalimentaire pour son propre usage, que ce sont ces industries elles-mêmes qui font les études d’accréditation de leurs OGM et que cette situation est inacceptable ». Elle demande la confirmation de ces résultats par d’autres expérimentations et sur d’autres plantes (notamment avec le soja tolérant au Roundup), la suspension des autorisations de mise en culture des maïs MON810 et pomme de terre Amflora et « une révision en profondeur des protocoles d’évaluation des OGM et des produits issus des nouvelles technologies de modification du vivant avec révision du Codex Alimentarius ». Elle demande également que les produits issus d’animaux nourris aux OGM soient étiquetés.

A l’inverse, l’Association Française des Biotechnologies Végétales (AFBV) annonce qu’il existait déjà « de nombreuses études toxicologiques qui ont évalué les effets à long terme des OGM sur la santé des animaux »  [9] et que ces études n’ont jamais révélé d’effets toxiques. Contactée par Inf’OGM pour obtenir la liste de ces études, l’AFBV nous a répondu qu’il s’agissait surtout d’une étude publiée par Ricroch que le statisticien Marc Lavielle, du comité scientifique du Haut Conseil des Biotechnologies (HCB), avait considérée, dans un article publié dans Le Monde, comme « biaisée et orientée » [10]. Une autre étude est également avancée par l’AFBV, mais il s’agit d’une étude d’alimentarité sur porcs durant trois ans avec du maïs Bt résistant aux insectes, et non d’une analyse de toxicologie avec un maïs résistant à un herbicide [11]. Une confusion également relayée par Thomas Helscher, porte-parole de Monsanto, qui déclare « de nombreuses études des cultures biotechnologiques, revues par des comités de relecture, dont une centaine d’étude d’alimentarité ont toujours confirmé leur sécurité » [12]. Analyse d’alimentarité et de toxicologie sont suffisamment différentes pour que les deux types d’études soient pour l’instant requises par la Commission européenne dans les dossiers de demande d’autorisation.
Confondre toxicologie et alimentarité n’est déjà pas commun, mais l’argument mis en avant par Mark Tester, chercheur à l’Australian Centre for Plant Functional Genomics de l’Université d’Adelaïde, s’apparente à de la mauvaise foi. Il affirme que « si les effets sont si importants que prétendus, et si le travail est aussi pertinent pour les humains, pourquoi alors les étasuniens ne tomberaient pas comme des mouches ? »... Mais aucune étude épidémiologique n’existe aux Etats-Unis. Dès lors, comment lier nourriture à base d’OGM et santé ? [13]...

Des critiques scientifiques concernant le protocole ou l’analyse statistique des résultats commencent également à émerger, critiques dont Inf’OGM fera prochainement une synthèse. Inf’OGM vous tiendra également informés de l’opinion des experts français et européens sur cette étude.

Il faut enfin rappeler qu’actuellement la Commission européenne discute avec les Etats membres un règlement fixant de nouvelles règles d’évaluation des risques liés aux PGM. Avec ce projet de règlement, la Commission européenne propose que les analyses notamment de toxicologie ne soient plus obligatoires pour obtenir une autorisation de commercialisation. Les entreprises devront « simplement » démontrer que la plante transgénique a la même composition que sa version non transgénique [14]. Une proposition qui affaiblirait une procédure existante que le gouvernement français juge déjà insuffisante, comme il le mentionne dans son communiqué de presse : « Cette étude semble confirmer l’insuffisance des études toxicologiques exigées par la règlementation communautaire en matière d’autorisation de mise sur le marché de produits transgéniques ».

Inf’OGM publiera dans les semaines à venir une brochure sur les méthodes d’évaluation des OGM telles que suivies actuellement par les experts membres des comités nationaux et européens, dévoilant ainsi un nouveau scandale.

Le maïs NK603

Ce maïs est autorisé dans l’Union européenne pour l’importation et l’alimentation animale depuis le 19 juillet 2004 et pour l’alimentation humaine depuis le 3 mars 2005. Il n’est pas autorisé pour la culture.
L’alimentation animale reste d’ailleurs à ce jour le principal débouché des PGM en Europe. Mais l’absence d’étiquetage des produits issus d’animaux nourris aux PGM empêche les citoyens de savoir ce qu’ils consomment. Le NK603 est modifié génétiquement pour résister aux herbicides comme le Roundup à base de glyphosate. Il est commercialisé par Monsanto. Concernant la culture, ce maïs est autorisé aux Etats-Unis, en Argentine, au Brésil, au Canada, au Japon, en Afrique du Sud et en Uruguay.

 

[1] « Long term toxicity of a Roundup herbicide and a Roundup-tolerant genetically modified maize », Seralini et al., Food and Chemical Toxicology, 2012. L’étude a été soutenue financièrement par la Fondation Charles Léopold Mayer, l’association Ceres créée par le Président d’Auchan, Gérard Mulliez, et le ministère de la Recherche.

[2] comme Monsanto pour le maïs MON810 et NK603

[3] Communiqué de presse du Ministère des Affaires sociales et de la Santé, du Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie, du Ministère de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Forêt du 19 septembre 2012.

[4Challenges, 19 septembre 2012, http://www.challenges.fr/energie-et...

[5] Communiqué de presse du 19 septembre 2012

[6]  http://sciencesetavenir.nouvelobs.c... 

[7] Communiqué de presse de José Bové du 19 septembre 2012

[8] Communiqué de presse de Greenpeace du 19 septembre 2012

[9]  http://tempsreel.nouvelobs.com/ogm-... 

[10]  Absence d’impacts des OGM sur la santé : une étude « biaisée [et] orientée » 

[11]  Evaluation des OGM : la Commission au service des entreprises ? 

[12http://tribune.com.pk/story/439323/...

[13OGM : 13 ans que les Etats-uniens en mangent... et même pas malades !

[14]  http://www.sciencedaily.com/release... 

-------------------------------------------------

communiqué:

À la suite de la décision de la Cours européenne de justice autorisant les OGM (*), il est temps de réagir contre cette Europe de la "concurrence libre et non faussée" !

Proposition pour une journée d'action tous les mois contre l'Europe néolibérale :

- tous les premiers mardis du mois, retirez de votre banque l'argent nécessaire à vos dépenses mensuelles et PAYEZ TOUT EN LIQUIDE.

Faites passer la proposition à vos amis, votre entourage, vos réseaux, etc ...

(*) voir :

Les OGM approuvés par l’UE ne sont pas soumis à...

17/09/2012

Les OGM approuvés par l’UE ne sont pas soumis à l’approbation nationale

Il va falloir sortir de cette Union Européenne ou la réformer !

lu sur :

http://www.merid.org/fr-FR/Content/News_Services/Food_Security_and_AgBiotech_News/Articles/2012/Sep/07/EU.aspx 

Les OGM approuvés par l’UE ne sont pas soumis à l’approbation nationale, décide la Cour 
Résumé posté par Meridian le 9/10/2012
Source: Bloomberg (6 septembre 2012)
Auteur(s): Rudy Ruitenberg
La Cour de Justice européenne a rendu cette semaine un arrêt indiquant que la mise en culture de plantes génétiquement modifiées telles que les variétés de maïs MON 810 de la compagnie Monsanto ne peut pas être soumise aux procédures nationales d’autorisation par des pays spécifiques de l’Union européenne (UE), lorsque le bloc dans son ensemble en a approuvé l’utilisation et la commercialisation. Selon l’arrêt de la cour, l’absence de règles nationales pour assurer la coexistence entre les cultures modifiées, organiques et conventionnelles ne donne pas droit à un Etat membre d’interdire la culture de plantes biotechnologiques de manière générale. L’arrêt a été rendu dans le différend opposant Pioneer Hi Bred Italia Srl et le ministère italien de l’Agriculture. L’Italie avait refusé d’examiner une demande de Pioneer pour cultiver des hybrides de maïs génétiquement modifié déjà inscrits au catalogue commun des variétés des espèces de plantes agricoles de l’UE. Ce pays est le deuxième plus grand producteur de maïs de l’UE, derrière la France. 

voir :

Growing genetically-modified crops such as varieties of Monsanto Co. (MON)’s MON 810 corn can’t be subject to national authorization procedures by European Union countries when the bloc has approved their use and marketing, the European Court of Justice wrote in a ruling today.

The lack of national rules to ensure so-called co-existence between modified, organic and conventional crops doesn’t entitle an EU member state to prohibit cultivation of biotech crops in a general manner, the court wrote.

The court ruled in a dispute between Pioneer Hi Bred Italia Srl and Italy’s agriculture ministry. The ministry had said it couldn’t consider a Pioneer application to grow genetically modified corn hybrids derived from MON 810 already included in the EU common catalogue of agricultural plant species, according to the ruling.

Italy is the EU’s second-largest corn grower. France, the bloc’s largest producer of the grain, in March temporarily banned growing of Monsanto’s insect-resistant MON 810 corn, citing scientific studies it said showed growing the corn variety poses risks to the environment. 

13/09/2012

La mainmise des multinationales sur les semences : dénonciation

lu sur : 

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/49f8031e-fd02-11e1-9118-ad5113a1292d/Jardins_sacr%C3%83%C2%A9s

Société
Jardins sacrés
A l’occasion du lancement de la Semaine du goût, rencontre avec un militant de la souveraineté alimentaire. Joël Vuagniaux dénonce la mainmise des multinationales sur les semences et vient de créer un jardin luxuriant pour l’Ecole hôtelière de Lausanne

Portrait Jeudi13 septembre 2012
 

Jardins sacrés

Par Véronique Zbinden
A l’occasion du lancement de la Semaine du goût, rencontre avec un militant de la souveraineté alimentaire. Joël Vuagniaux dénonce la mainmise des multinationales sur les semences et vient de créer un jardin luxuriant pour l’Ecole hôtelière de Lausanne

Une palissade, un panneau de bienvenue et un jardin foisonnant posé entre d’ingrates terres de remblai et des talus coulant en cascade jusqu’à la route.

Les visiteurs sont plutôt rares à franchir le cordon d’herbes folles qui chatouille la terrasse de l’Ecole hôtelière de Lausanne (EHL). Ils ont tort, car ils découvriraient en ce potager des tribus gaies, colorées, luxuriantes, exhalant un parfum extraordinaire. Des capucines et du géranium odorant, du basilic réglisse, citron, grec, rubin ou sacré, des tagètes lucida jaillissant en buissons géants, des radis montés en graine. Plus des graines dormantes, enfouies sous des buttes paillées avec soin, tout autour du puits central dessiné par un compost.

Un jardin bio à cent autres pareil, à ceci près que ce projet pionnier a été conçu par Joël Vuagniaux selon les idéaux de la permaculture. Très sommairement dit, il est ici question de plantes pérennes, qui se perpétuent elles-mêmes, mais aussi, plus généralement, d’une véritable philosophie impliquant de prendre soin de l’homme comme de la planète et de la terre, de respecter l’humain et de préserver les ressources. Venue essentiellement d’Australie, où ce jardinier atypique de 49 ans s’est formé, la permaculture s’inscrit dans une perspective de développement durable, qui a séduit les responsables de l’EHL et gagne de plus en plus d’adeptes.

Le jardin de l’école renferme des variétés oubliées – qui connaît le concombre pique-nique, ovoïde et jaune canari, la voluptueuse tomate couille-de-bœuf, ses cousines bigarrée tonnelet et taxi yellow, la courgette tromba d’Albenga, le haricot à goût de châtaigne? Et que dire de ces côtes de bettes exubérantes aux tons feu et flamme, des chénopodes géants ou des cucurbitacées anarchiques? Les premières cueillettes ont été apprêtées par les chefs et les étudiants de l’EHL au restaurant voisin. Mais ce jardin ne se livre qu’aux patients, aux curieux, aux audacieux; ses essences potagères côtoient à dessein des fleurs, des plantes sauvages, médicinales ou nématocides. Joël Vuagniaux évoque l’énergie qui se dégage de l’humus et des végétaux lorsqu’on les regarde, qu’on sait les entendre, qu’on voue une vénération, comme lui, particulière au vivant.

Joël Vuagniaux est l’homme de tous les jardins. Ceux qu’il captait poétiquement en noir-blanc du temps où il était photographe, avant qu’une rétinopathie ne l’oblige à se réorienter. Ceux de son père, paysan dans le Jorat, bio avant l’heure, dont il suit aujourd’hui la voie après avoir pris quelques chemins de traverse. Ceux qu’il conçoit en permaculture, à l’Ecole hôtelière et ailleurs, sur mandat de privés ou de collectivités.

Ceux surtout de Kokopelli. Koko-qui? Si vous n’avez jamais entendu parler de ce formidable et délirant collectif, c’est le moment ou jamais. A l’heure de sa mise hors la loi par un arrêt de la Cour de justice européenne, il est grand temps.

Kokopelli est une association créée en France voici une vingtaine d’années aux fins de préserver la biodiversité et de combattre la privatisation des semences par les multinationales. Basée à Alès dans le Gard, elle entretient et fait prospérer un conservatoire de plus de trois mille variétés anciennes. Et doit son nom à une divinité de la mythologie amérindienne: joueur de flûte dont la bosse contient des graines, Kokopelli est un symbole de fertilité, un rebelle et l’incarnation du souffle de la vie.

Joël Vuagniaux représente en Suisse, avec beaucoup d’ardeur, ce collectif vert militant. Il a créé l’antenne suisse de Kokopelli en 2009. «Cette année-là, lorsque Pro Specie rara s’est vu refuser l’inscription au catalogue officiel de onze variétés sur 18, j’ai pris conscience que le vent tournait et je me suis lancé.» L’association compte aujourd’hui plus de 300 membres actifs en Suisse et regroupe plus d’un millier de sympathisants.

C’est sans doute au Costa Rica que Joël a entendu sa «petite voix». Au lendemain de son arrivée à San José, dépouillé de tout par des voleurs, grelottant de fièvre, il est recueilli et soigné par des Indiens un peu chamans. Il découvre la condition des petits paysans sans terre et les enjeux réels de la souveraineté alimentaire, loin des bancs de ses études de développement.

Il s’indigne à évoquer aujourd’hui la perte de biodiversité, dilapidée, bousillée en deux générations. L’interdiction du commerce des semences au nom d’une «productivité agricole accrue» – critère qui a motivé l’arrêt européen de cet été. La mainmise scandaleuse sur ces mêmes semences par quatre ou cinq multinationales. Joël Vuagniaux ne s’indigne pas moins au sujet du rapport récent du Programme national de recherche, blanchissant les OGM de tout soupçon de toxicité.

Les militants de Kokopelli, traqués désormais par la justice européenne à l’instar de Robins des bois contemporains, trouveront-ils asile en Helvétie? La législation est ici, pour l’heure, à peine plus tolérante. Joël Vuagniaux n’en appelle pas moins à un sursaut. A une vraie prise de conscience. A un changement de paradigme radical, qui commencerait par consommer local, bio et exiger des légumes issus de variétés reproductibles.

11/09/2012

Bataille scientifique autour de la pêche profonde

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/09/10/bataille-scientifique-autour-de-la-peche-profonde_1757919_3244.html

Le Monde -

De nouvelles études confortent la proposition européenne visant à bannir une pratique jugée destructrice.

LE MONDE | 10.09.2012 à 13h51

Une étude publiée dans la dernière édition de la revue Nature évalue l'impact du chalutage profond pratiqué au cours des dernières décennies en Méditerranée du Nord-Ouest. En raclant les fonds marins, les chaluts terrassent les talus continentaux et déplacent des millions de tonnes de sédiments : cette pêche "est devenue un important facteur d'évolution des paysages sous-marins" et ce, "à grande échelle". Dans la foulée de la proposition de la commissaire à la pêche,Maria Damanaki, nul doute que ces résultats seront enrôlés dans la bataille qui voit s'affronter les défenseurs de la pêche profonde à ses opposants.

Le Monde.fr a le plaisir de vous offrir la lecture de cet article habituellement réservé aux abonnés du Monde.fr. Profitez de tous les articles réservés du Monde.fr en vousabonnant à partir de 1€ / mois | Découvrez l'édition abonnés

 

Car, depuis le mois de juillet, cette bataille se tient aussi sur le terrain de la science. En France, les acteurs de la filière, de même que l'Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer (Ifremer), affirment que la proposition de Bruxelles est infondée. Face à eux : les ONG (à l'exception de France Nature Environnement), les biologistes de la conservation, mais aussi de nombreux experts de la gestion des ressources halieutiques, assurent que la science impose l'arrêt de cette pratique.

Que dit la science ? L'essentiel des études publiées dans les revues scientifiques suggèrent que les cycles reproductifs des espèces profondes sont trop longs pour que celles-ci puissent être exploitées de manière à la fois durable et rentable. Cette opinion, largement partagée, a été résumée dans une analyse publiée en mars dans la revue Marine Policy, conduite par une quinzaine de chercheurs internationaux, dont Daniel Pauly, professeur à l'université de Colombie-Britannique (Canada), reconnu comme l'un des meilleurs spécialistes du sujet.

"STABILISATION DE STOCKS, MAIS À DES NIVEAUX TRÈS BAS"

Ray Hilborn, professeur à l'université de Washington, non moins reconnu, assure de son côté que "la plupart des poissons profonds ont une croissance lente et une durée de vie longue, mais cela ne veut pas dire qu'ils ne peuvent pas être durablement exploités, cela signifie que nous ne pouvons en prélever qu'une très petite fraction chaque année". Cela s'applique-t-il à la situation actuelle dans l'Atlantique du Nord-Est ? Pascal Lorance, chercheur à l'Ifremer, le pense. "Les choses ont beaucoup changé, assure-t-il. Jusqu'en 2003, les taux de capture d'espèces profondes étaient clairement non durables dans cette zone, mais depuis, l'effort de pêche y a été divisé par quatre."

L'Ifremer en prend pour preuve le dernier avis du Centre international pour l'exploration de la mer (CIEM), l'organisme chargé de prodiguer aux Etats des recommandations scientifiques sur les niveaux de prises à ne pas dépasser. Dans les zones travaillées par les armements français, le CIEM recommande ainsi pour 2013 une augmentation des prises pour le grenadier et le sabre noir. Tom Blasdale, président du groupe de travail du CIEM sur les pêcheries profondes, assure que "pour certaines espèces, nous avons de bons indices que les taux d'exploitation actuels sont au niveau, ou bien au-dessous des niveaux durables".

Un diagnostic contesté par certains, à l'image du biologiste Les Watling. Ce professeur à l'université d'Hawaï, à Manoa (Etats-Unis), estime au contraire qu'"en appliquant les critères de l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), certaines espèces profondes de l'Atlantique du Nord-Est, comme le sabre noir ou la lingue bleue, devraient être considérées comme en danger d'extinction""S'il y a eu stabilisation de certains stocks au cours des dernières années, celle-ci s'est faite à des niveaux très bas, par rapport au stock initial", ajoute M. Watling.

En outre, estime Claire Nouvian, responsable de l'association Bloom, très engagée contre la pêche profonde, "le fait qu'il pourrait y avoir eu une stabilisation de deux ou trois espèces sur deux ans n'est pas significatif au regard de la centaine d'espèces non valorisées [rejetées par-dessus bord] concernées par ces pêches""On ne tient pas compte de la destruction de l'ensemble de l'écosystème, ajoute-t-elle. Alors que l'approche écosystémique est théoriquement une obligation du droit européen."

"DANS 50 % DES CAS, LES QUOTAS ONT ÉTÉ DÉPASSÉS"

Sur vingt-sept stocks d'espèces évalués par les experts du CIEM, vingt-cinq ne sont pas assez connus pour permettre une "évaluation analytique complète", poursuit M. Blasdale. Ils ont été soumis à une "règle d'exploitation" (une formule mathématique) pour déduire des indices disponibles une recommandation de captures. Selon M. Blasdale, le CIEM a adopté une "approche de précaution", ne recommandant une augmentation des prises en 2013 que sur quatre stocks – avec statu quo ou une réduction pour les autres.

Cependant, les données utilisées par le CIEM, de même que sa méthodologie, sont contestées. Notamment, dit en substance M. Watling, la "règle d'exploitation" est récente et n'a pas encore été soumise à la communauté scientifique, pas plus qu'elle n'a été confrontée à des simulations.

La science sera-t-elle déterminante dans le débat ? Une étude internationale à paraître dans la revue Ocean & Costal Management permet d'avoir une idée de la réponse. Dans le cas de la pêche profonde, les recommandations du CIEM ne sont souvent pas respectées par les Etats de l'Union européenne, qui autorisent des quotas supérieurs dans 60 % des cas.

De plus, ces mêmes quotas restent souvent lettre morte. "Dans 50 % des cas, les quotas ont été dépassés au cours de la période 2002-2011, concluent les auteurs.Les prises déclarées étaient en moyenne 3,5 fois supérieures pour les espèces profondes et, dans certains cas, elles ont été 10 à 28 fois supérieures à ce qui était convenu."

05/09/2012

RTE, un État dans l'État

(RTE: Réseau de transport d'électricité, filiale d'EDF)

lu sur :
http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/08/21/en-normandie-la-ligne-electrique-de-toutes-les-tensions_1748091_3244.html
(Le Monde.fr a le plaisir de vous offrir la lecture de cet article habituellement réservé aux abonnés du Monde.fr. Profitez de tous les articles réservés du Monde.fr en vous abonnant à partir de 1€ / mois | Découvrez l'édition abonnés)

Les journées sont longues. Car depuis le 31 juillet, Martine Leroy, agricultrice dans le Cotentin, les passe dans le godet d'un tracteur stationné dans l'un de ses champs. Perchée à quatre mètres de hauteur, elle scrute l'horizon, prête à alerter les voisins si des engins de chantier arrivaient pour démarrer les travaux de la ligne à haute tension (deux fois 400 000 volts) construite par le Réseau de transport d'électricité (RTE), filiale d'EDF, entre le Cotentin et le Maine.

Destiné à évacuer le courant du futur réacteur EPR de Flamanville – dont la mise en service est sans cesse repoussée –, c'est un immense chantier qui a été lancé en novembre 2011 : 160 kilomètres de longueur, 440 pylônes de près de 70 mètres de hauteur et 160 élevages concernés par le tracé. Martine Leroy, dont l'un des prés devrait accueillir un pylône, ne descendra pas de son tracteur tant qu'elle n'aura pas obtenu une indemnisation correcte de la part de RTE.

La tension règne dans le bocage normand, arpenté ces jours-ci par des patrouilles de gendarmes, survolé par des hélicoptères de surveillance et dénaturé par des pylônes inachevés au pied desquels veillent des maîtres-chiens.

Cette guérilla est aussi menée sur le terrain judiciaire : le 21 août, le tribunal correctionnel de Coutances devait rendre sa décision à l'encontre de manifestants ; le 23 août, un conducteur de grue qui a blessé une agricultrice devrait comparaître devant le tribunal de grande instance de Coutances qui examinera, le même jour, le recours d'un paysan, Yves Larsonneur, à l'encontre de RTE. En dépit des années de résistance opiniâtre menée par des élus, des communes, des écologistes et de nombreux agriculteurs, rien n'a fait dévier d'un pouce le projet lancé en 2005.

"ON ME SACCAGE UN OUTIL DE TRAVAIL QUI FONCTIONNE BIEN"

L'exploitation de Mme Leroy et de son compagnon sera traversée sur plus d'un kilomètre par la ligne. En raison des conséquences négatives, réelles ou supposées, des ondes électromagnétiques sur l'élevage, la valeur de l'exploitation va beaucoup diminuer"Les fermes traversées par une ligne deviennent invendables, dit l'agricultrice. On me saccage un outil de travail qui fonctionne bien."

A quarante kilomètres de là, à Isigny-le-Buat, deux éleveurs laitiers, Thierry Charuel et Dominique Vauprés, pointent, selon eux, l'effet négatif des lignes. L'étable de M. Charuel est située à 60 mètres d'une ligne à deux fois 400 000 volts, qui relie depuis les années 1980 Flamanville à Rennes. Depuis lors, les vaches ont une production inférieure à celle des voisins et un lait de moindre qualité.

RTE a réalisé divers travaux électriques dans la ferme pour tenter de régler le problème. Et indemnise aussi la perte de production. Mais les difficultés persistent. Comme plusieurs agriculteurs dans le même cas, MM. Cheruel et Vauprés, excédés, ont décidé de déposer une plainte contre RTE. "Toutes les mesures prises ne changent rien", dit M. Charuel en montrant les résultats des analyses de son lait en laboratoire.

Depuis l'origine, la nouvelle ligne de RTE a suscité protestations et recours juridiques. Ils ont toujours échoué. Vingt communes ont pris des arrêtés interdisant les travaux. Annulés. Pierre Méhaignerie, député (UMP) et maire de Vitré, a déposé en mai un recours contre RTE. Recalé. Dernier espoir : le recours d'un collectif d'élus contre la déclaration d'utilité publique. Mais le Conseil d'Etat, saisi en 2010, a reporté sa décision à 2013, après la fin de la construction de la ligne.

DÉBOULONNAGES DE PYLÔNES

En 2009, l'enquête d'utilité publique avait rendu un avis favorable, sous réserve d'une étude épidémiologique et d'un enfouissement au moins partiel. Ces recommandations n'ont pas été suivies – c'est le motif du recours devant le Conseil d'Etat.

Du côté de RTE, on souligne l'effort de concertation : 4 000 réunions ont été menées. 160 kilomètres de lignes à moyenne tension (20 kilovolts) vont être enfouis. Des conventions sont signées avec la profession agricole. Les maisons près de la ligne sont rachetées. Au total, près de 100 millions d'euros sont dépensés en "mesures d'accompagnement", alors que la réalisation de la ligne coûte 250 millions d'euros.

Quant à l'enquête épidémiologique, explique Jean-Michel Ehlinger, directeur d'aménagement du projet, "c'est à l'Etat d'en décider". "On s'est engagé à un suivi médical de la population qui le souhaite."

Pour autant la résistance continue. Plusieurs déboulonnages de pylônes – sans conséquence, selon RTE – ont eu lieu depuis plusieurs mois. Un bois promis au défrichage pour le passage de la ligne est occupé depuis mars au Chefresne (Manche).

TIRS TENDUS DE GRENADES CONTRE LES MANIFESTANTS

Plates-formes dans les arbres, tentes et banderoles, réunions fréquentes, font de ce camp l'épicentre de la résistance. Le bois appartient au maire, Jean-Claude Bossard, qui a pris un arrêté municipal en 2008 – toujours en vigueur – contre le projet. Cela n'a pas empêché RTE de lancer les travaux en juin sous escorte policière. Le maire, placé en garde à vue pendant douze heures, a démissionné ainsi que son conseil municipal.

Le 25 juin, un rassemblement à Montabot (Manche) a été violemment réprimé par les forces de l'ordre : 25 blessés dont 3 graves. Selon le témoignage d'un médecin lors d'une audience en justice début août, les gendarmes auraient repoussé les manifestants par des tirs tendus de grenades. Selon le mémoire communiqué à la justice par le préfet de la Manche, Adolphe Colrat, il s'agissait de "militants de la mouvance anarchiste et écologiste radicale". Le mouvement antinucléaire est venu renforcer une opposition ancrée depuis des années et fatiguée par le "rouleau compresseur" de RTE.

"On se bat pour défendre notre mode de vie, dit Camille (prénom d'emprunt), un étudiant de Rennes. On défend notre peau, notre avenir." Mais, pour Jean-Michel Ehlinger, "l'intérêt général doit prévaloir sur l'intérêt particulier". Un argument qui ne convainc pas Dominique Vauprés et beaucoup d'autres agriculteurs : "On n'a pas à être sacrifiés à l'utilité publique. Pour RTE, le problème sera résolu si on disparaît."

Image 2.png

Image 1.png


Image 3.png

21/08/2012

Mutations génétiques à Fukushima

communiqué :

Chères amies, chers amis,

Il y a une semaine, une équipe de chercheurs japonais a publié une étude portant sur des papillons de la région de Fukushima. La conclusion est implacable : on voit déjà apparaître chez ces papillons des anormalités qui témoignent de mutations génétiques liées à la catastrophe nucléaire.

Nous avons sollicité Michel Fernex, professeur émérite de médecine et co-fondateur de l’association Enfants de Tchernobyl Bélarus, pour un entretien au sujet de ces mutations et les conclusions à en tirer, à lire sur notre site. Pour Michel Fernex, cette étude confirme toutes les recherches précédentes sur les impacts des radiations sur les animaux dans les zones contaminées. "Il est temps de cesser de mentir. Il faut reconnaître le danger que représentent les problèmes génétiques qui vont s’amplifier".

Alors que la chaîne Arte rediffuse ce soir le reportage "Tchernobyl, une histoire naturelle", qui véhicule l’image faussée d’une nature qui reprendrait ses droits après la catastrophe nucléaire, il est d’autant plus important de faire connaître les impacts réels d’un tel accident sur les êtres vivants. Nous publions par la même occasion sur notre site un long texte rédigé par Michel Fernex lors de la première diffusion de ce documentaire en 2010.

Nous vous invitons à lire ces deux textes et à les diffuser autant que possible autour de vous.

http://groupes.sortirdunucleaire.org/Fukushima-mutations-...

Salutations antinucléaires,

L’équipe du Réseau "Sortir du nucléaire"

18/08/2012

Veolia mis à l'index

lu sur : http://www.australiansforpalestine.net/67009

Australians for Palestine

En raison de la mauvaise image de Veolia concernant la privatisation de l'eau dans le monde, une expo photo sponsorisée par cette société a été annulée à Liverpool (Angleterre). Une expo annuelle du même ordre à Londres fait régulièrement l'objet de vives critiques.

----------------

Liverpool cancels Veolia sponsored Environmental exhibition 31Jul12 July 31, 2012

To avoid attracting the opprobrium associated with Veolia, the Museums Service felt that they did not have the resources to deal with the reputational issues and damaging consequences of hosting the exhibition. A Museums Service official has explained that there had been much internal discussion within the council regarding the wisdom of using this exhibition, in particular the ethical issues associated with the sponsorship.

As a result of their concerns, Liverpool has cancelled the Veolia-sponsored event and negotiated an alternative exhibition with the Natural History Museum. This substitute exhibition, entitled “Wild Planet”, is also a photographic exhibition and its subject is the same as the Veolia-sponsored exhibition i.e. the wonders of the natural world. As such it will appeal to the same audience as the Veolia-sponsored Wildlife Photographer of the Year exhibition without attracting the opprobrium associated with that company.

The annual Veolia Environnement sponsored Wildlife Photographer of the Year exhibition at the Natural History Museum in London has been the target of protests against Veolia’s sponsorship since 2010, both in London and on tour. Efforts are underway to persuade the organisers to cancel the exhibition at another venue.

Yours,
Eness Elias
Who Profits from the Occupation
Coalition of Women for Peace
www.whoprofits.org

 

26/06/2012

La France et la Politique agricole commune (PAC)

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/06/21/paris-juge-frileux-dans-le-verdissement-de-la-pac_1722552_3244.html

La France jugée frileuse dans le "verdissement" de la politique agricole commune 

LE MONDE | 25.06.2012 à 14h07 • Mis à jour le 25.06.2012 à 14h0

Par Martine Valo

Pas assez écologique, carrément "rétrograde" : la position de la France sur la réforme de la Politique agricole commune (PAC) lors du Conseil européen le 18 juin à Luxembourg s'est attirée une volée de bois vert de la part des associations de défense de l'environnement.

A leurs yeux, le nouveau ministre de l'agriculture Stéphane Le Foll a raté son entrée. Sa position traduit une "incompréhensible régression sur les enjeux environnementaux et climatiques", a estimé, dans un communiqué, un collectif qui regroupe, notamment, le Fonds mondial pour la nature (WWF), la Ligue de protection des oiseaux (LPO), la Fédération nationale d'agriculture biologique, laFondation Nicolas Hulot et le Réseau action climat.

L'ancien député socialiste européen Stéphane Le Foll, bon connaisseur de ces dossiers, auteur d'un rapport sur l'agriculture et le changement climatique, proche de François Hollande, était pourtant porteur de beaucoup d'attentes.

Le futur président de la République ne s'était-il pas engagé pendant la campagne électorale à "faire en sorte que des critères agro-environnementaux dépendent la distribution des aides aux agriculteurs" ? Et n'avait-il pas rappelé que le modèle intensif, qui met à mal sols et eau, n'est pas le seul en France ?

"POURQUOI STÉPHANE LE FOLL  SE MONTRE-T-IL FRILEUX?"

Son ministre s'est pourtant opposé à la proposition de la Commission européenne d'allouer au minimum 25 % des fonds européens à des mesures agro-environnementales à l'agriculture biologique et aux zones soumises à des contraintes naturelles, situées, par exemple, en montagne, alors que l'Autriche, laPologne, la République tchèque, le Royaume-Uni et la Suède y étaient favorables.

"Pourquoi Stéphane Le Foll se montre-t-il frileux ? s'étonne Isabelle Laudon, responsable des politiques européennes chez WWF-France. C'est d'autant plus incompréhensible que la France alloue actuellement - sans y être tenue réglementairement -, plus de 50 % des fonds agricoles à des mesures de ce type ! C'est un très mauvais signal politique", insiste-t-elle.

"Depuis le précédent conseil du 16 mai, on voit bien que les ministres veulent détricoter ce qu'avait proposé la Commission sur la rotation des sols, l'obligation de prairies permanentes, les 7 % de territoire à réserver pour la biodiversité : autant de conditions dont nous voulions voir dépendre les subventions aux agriculteurs. On ne s'attendait pas à ce que la France tiédisse en plus les exigences du volet développement rural de la PAC. On est très déçus".

" Nous nous attendions à un vrai rééquilibrage en faveur d'une agriculture durable. A plus d'équité, renchérit Aurélie Lebreton, pour la Fondation Nicolas Hulot.L'enveloppe globale de la PAC, décidée pour six ans, s'élève à 50 milliards d'euros (40 % du budget de l'Union), dont environ 10 milliards pour la France,rappelle-t-elle. L'agriculture a besoin de légitimité pour justifier des financements pareils aux yeux des citoyens." Si elle ne fait pas un gros effort de "verdissement", la PAC perdra le soutien des ONG.

DÉCOURAGEANTE "MARCHE ARRIÈRE" AU PARLEMENT EUROPÉEN

Au ministère, on se veut rassurant et on vante les "convictions agronomiques" de Stéphane Le Foll : il serait possible à la fois de gagner des emplois et d'améliorer les revenus dans ce secteur malmené, sans sacrifier l'environnement.

Bref, de "faire progresser chaque exploitation sans le seuil couperet des 25 %", trop difficile à tenir dans l'immédiat dans certaines régions outre-mer par exemple, ou dans certaines filières de production, mais possible à dépasser dans d'autres. Il semble surtout que cette règle des 25 % risquerait de faire baisser les subventions accordées à la France.

L'ambiance n'est pas non plus à l'optimisme vert au Parlement européen, où la commission agriculture examinait le 19 juin en parallèle, les quatre rapports consacrés la future PAC. "Les propositions présentées aujourd'hui ne remettent pas en cause l'agriculture industrielle et sont en contradiction avec les enjeux du sommet de Rio", a réagi le député Europe Ecologie-Les Verts José Bové. Elles vont "à l'encontre des demandes exprimées en juin 2010 par les citoyens et les organisations de la société civile dans le cadre de la consultation organisée par la Commission européenne."

Le collectif d'associations rappelle que Bruxelles appelait alors à une"écologisation" de la PAC, avant que ne s'enclenche une décourageante "marche arrière".

Martine Valo

21/06/2012

Nucléaire : un horticulteur fait plier EDF

lu sur :

http://www.lepoint.fr/societe/nucleaire-un-horticulteur-fait-plier-edf-20-06-2012-1475803_23.php?xtor=EPR-6-[Newsletter-Quotidienne]-20120621

Nucléaire : un horticulteur fait plier EDF

La construction déjà bien entamée d'un monumental centre de stockage des déchets nucléaires près de Lyon a été stoppée par la justice.

La justice vient de donner un sacré coup de frein à la construction, sur le site de la centrale du Bugey, à une trentaine de kilomètres de l'agglomération lyonnaise, d'une unité de traitement et de stockage des matériaux radioactifs provenant de la déconstruction de neufs réacteurs français en fin de vie.

Le permis de construire de cet édifice, nommé Iceda par EDF, vient en effet d'être annulé par la cour d'appel administrative, confirmant ainsi une première décision rendue par le tribunal administratif de Lyon. Les travaux, pharaoniques, de cet équipement, déjà bien entamés, sont donc arrêtés jusqu'à nouvel ordre.

À 10 mètres du Rhône

L'affaire a été dénoncée par un horticulteur du nom de Roozen qui fait pousser ses roses et autres fleurs sous des serres mitoyennes du terrain choisi par EDF pour construire Iceda. Redoutant cette mauvaise publicité, l'horticulteur n'a pas hésité à attaquer EDF devant les tribunaux.

Il a fait valoir une série d'arguments liés à la sécurité de l'ouvrage qui est censé accueillir quelque 500 tonnes de matériaux de déconstruction des neuf réacteurs français, ainsi que 1 500 tonnes issues des centrales en activité. Notamment la proximité (à 10 mètres seulement !) du Rhône, susceptible d'être contaminé, en cas de crue ou de rupture du barrage de Vouglans en amont. Mais aussi la multiplication des risques liés à l'addition d'un tel équipement sur le site d'une centrale nucléaire. Ses avocats font valoir encore les risques liés aux transports par train de ces matériaux à travers toute la France. "C'est une hérésie de concentrer tous ces matériaux sur un seul site", plaide maître Vincent Lacroix.

Petite commune

Mais c'est finalement un argument de légalité qui a eu raison du permis de construire d'Iceda. "Le PLU indique ici que sont interdites les occupations et utilisations du sol non liées et nécessaires à l'activité de la centrale nucléaire", explique maître Lacroix. Or, ici, c'est bien les déchets de neuf réacteurs français qui étaient attendus.

Pour tenter de remettre le dossier en selle, la petite commune de Saint-Vulbas (Ain) tente actuellement de réviser son PLU. En 2006, lors du lancement du projet par EDF, c'est sur le seul territoire de cette commune de moins d'un millier d'habitants qu'avait été effectuée l'enquête publique. "C'est un équipement qui concerne la filière nucléaire française dans sa totalité, on aurait dû organiser une enquête au niveau national ainsi qu'un débat à l'Assemblée nationale", estime encore Vincent Lacroix. 

10/05/2012

Une affaire à suivre : moratoire sur l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/05/09/moratoire-sur-l-aeroport-de-notre-dame-des-landes_1698319_3244.html

Lire : Moratoire sur l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes

Après des décennies de lutte, les opposants au projet d'aéroport du grand-ouest (AGO), dit aéroport de Notre-Dame-des-Landes, viennent de marquer un point. En grève de la faim depuis près d'un mois, les paysans qui s'opposent aux expropriations et aux expulsions ont signé un accord, mardi 8 mai, avec une délégation du PS de Loire-Atlantique et décidé dans la foulée de se réalimenter.

Depuis qu'ils se sont lancés dans cette nouvelle action, les opposants au projet ont eu l'intelligence politique de limiter leurs revendications. Sans aborder la question de fond, c'est-à-dire l'arrêt des travaux, ils demandaient que les expulsions s'arrêtent, le temps, comme ils le disent, de "laisser parler le droit", c'est-à-dire d'avoir épuisé tous les recours judiciaires en cours. But atteint.

LES CARACTÉRISTIQUES D'UN NOUVEAU LARZAC

Des recours, il y en a plusieurs, déposés contre la concession accordée pour les travaux au groupe Vinci, d'autres contre les expropriations, sans oublier une QPC (question prioritaire de constitutionnalité), qui devrait être examinée, le 15 juin, par le Conseil constitutionnel.

Dès le 30 avril, François Hollande, interrogé par le quotidien Ouest-France, leur tendait une perche en estimant qu'il fallait attendre que la justice se prononce pourlancer les travaux. Les recours déposés devant la Cour européenne des droits de l'homme, ne font pas partie de l'accord signé entre les deux camps, mais il sera difficile aux défenseurs du projet, mairie de Nantes, conseil général de Loire-Atlantique et conseil régional des Pays de la Loire, d'ignorer les décisions européennes.

Pourquoi ce déblocage, et pourquoi maintenant ? Désireux, selon des rumeurs persistantes, de nommer Jean-Marc Ayrault, député socialiste de Loire-Atlantique et maire de Nantes, à un poste ministériel important, le nouveau président de la République ne pouvait laisser pourrir un dossier qui avait toutes les caractéristiques d'un nouveau Larzac.

Lire : Un "nouveau Larzac" sous les pieds de Jean-Marc Ayrault

L'affaire Notre-Dame-des-Landes, laissée en l'état, aurait été politiquement complexe à gérer pour M. Hollande. "Difficile de dire qu'on va incarner une présidence "normale", en se montrant autiste sur un dossier aussi conflictuel", analyse le député européen José Bové, qui a beaucoup œuvré pour une sortie de crise.

UN ENJEU NATIONAL

Géraud Guibert, un des conseillers de François Hollande sur les questions environnementales, qui a toujours défendu l'idée d'un moratoire, a tiré aussi la sonnette d'alarme côté socialiste : "François Hollande a fait comprendre à Jean-Marc Ayrault qu'un compromis était nécessaire." Ce qu'il faut bien appeler un moratoire est le résultat d'un travail acharné de certains écologistes.

José Bové et Daniel Cohn-Bendit ont longuement discuté au Parlement européen avec le socialiste Stéphane le Foll, très proche de M. Hollande. M. Cohn-Bendit et son frère Gabriel ont mobilisé l'ensemble de leurs réseaux. "Dany" a appelé Michel Sapin"Gaby" a contacté son ami Vincent Peillon. Ils ont contacté Louis Joinet, fondateur du syndicat de la magistrature après 1968, et qui fut un des grands organisateurs de la bataille juridique des paysans du larzac contre l'Etat dans les années 1970. M. Joinet, a, raconte M. Bové, "donné quelques coups de fil".

Les écologistes de Loire-Atlantique n'ont jamais non plus baissé les bras. "Notre stratégie, qui consiste à avoir un pied dans les luttes, et un autre à l'épreuve dupouvoir, montre son efficacité", dit Jean-Philippe Magnen, vice-président (EELV) du conseil régional Pays de la Loire.

Les opposants au projet ont réussi à faire de leur dossier un enjeu national, sur lequel tous les candidats à l'élection présidentielle se sont prononcés. Ils ont obtenu le soutien de François Bayrou, celui, évidemment, d'Eva Joly, celui, à titrepersonnel, de Jean-Luc Mélenchon, sans oublier Marine le Pen. Plus de mille élus locaux les soutiennent désormais.

Anne-Sophie Mercier

07/03/2012

Les contaminants de l’environnement et leurs effets

communiqué :

Pétition  Pour le rétablissement de l’appel d’offre de l’Agence Nationale de la  Recherche (ANR) concernant les contaminants de l’environnement et leurs effets  (CESA) 


Au cours de la seconde moitié du XXème siècle,  les connaissances scientifiques sur la détérioration de l’environnement et les  conséquences des facteurs environnementaux sur la santé humaine se sont  fortement développées. Ces questions sont aujourd’hui une préoccupation  majeure des citoyens. 
Différentes initiatives nationales telles que le  Grenelle de l’Environnement, la Stratégie Nationale de Recherche et  d’Innovation, les Plans Nationaux Santé Environnement (PNSE) 1 et 2, le  Programme national de recherche sur les perturbateurs endocriniens (PNRPE),  pour ne citer que les principales, ont mis l’accent sur le retard de  l’organisation des recherches françaises sur la Santé environnementale et les  impacts des contaminants sur la biodiversité, et sur la nécessité de réaliser  des efforts sans précédent en faveur de la recherche, de la formation et de la  valorisation dans ce domaine. Des objectifs précis ont été fixés, tels que le  redéploiement de dizaines de postes ciblés d’enseignants-chercheurs et, en  2009, 124 M€ sur 5 ans ont été prévus dans le cadre du PNSE2 pour financer la  recherche et l’expertise. 
Prenant le contrepied de ces engagements, l’ANR  vient d’annoncer l’annulation du programme « Contaminants et Environnements :  Métrologie, Santé, Adaptabilité, Comportements et Usages » (CESA) prévu pour  un financement de projets en 2012. Le report de ce programme, qui avait permis  de distribuer 8 millions d’Euros pour des projets en santé environnementale et  écotoxicologie en 2011, revient à priver ce champ de recherche d’au moins la  moitié des financements ciblés totaux dont il disposait. 
L’argument avancé  par l’ANR, selon lequel le périmètre de cet appel d’offres CESA devait être  redéfini a de quoi surprendre après seulement un an de fonctionnement, alors  que ce programme a été construit après une réflexion approfondie conduite par  l’ANR elle même. 
Après la non-attribution des postes  d’enseignants-chercheurs promis par le Grenelle de l’Environnement, la  révision à la baisse de sa dotation sur le volet santé, la réduction d’un  quart du montant financier affecté au PNRPE en 2011 par rapport à 2008,  l’escamotage de la majeure partie des 124 M€ du PNSE2, la décision de  suspension du programme CESA de l’ANR est de nature à briser l’élan dont  témoignent les avancées considérables des recherches réalisées en France en  Santé environnementale et écotoxicologie. 
L’étude de l’impact des  contaminants environnementaux sur les écosystèmes, les organismes et la santé  humaine s’appuie sur la création de synergies entre de nombreuses disciplines.  Cette recherche requiert donc des moyens humains et financiers et une  politique qui s’inscrivent dans la continuité et la durée : une perspective de  moyen et long terme est indispensable au suivi des populations animales et  humaines, à la formation des chercheurs et des experts, ainsi qu’à la mise au  point et au développement des outils et des tests innovants attendus par la  recherche et par l’industrie. 
Avec la mise en place du règlement REACh du  Parlement européen et du Conseil de l’Union européenne, il s’agit non  seulement de protéger les humains, mais aussi de maintenir notre pays et  l’Europe dans son ensemble dans la compétition économique, notamment par  l’innovation dans le développement de nouveaux outils de détection et  d’analyse des facteurs environnementaux et de diagnostic. 
Chaque Euro  investi dans la recherche en Santé environnementale est susceptible d’être  remboursé plusieurs fois par une limitation des coûts de remédiation des  atteintes environnementales, une meilleure préservation des écosystèmes, une  diminution du fardeau de maladie dû aux facteurs environnementaux et le  développement de l’innovation. Qu’on réfléchisse un instant à ce qu’on aurait  gagné en identifiant plus tôt et plus complètement les effets des PCB ou les  atteintes sur le neuro-développement de l’enfant dues au plomb… Croire qu’on  économise en diminuant le soutien à la recherche, à la formation et à  l’innovation dans ce domaine serait faire un bien mauvais calcul. 
Nous  considérons donc que la décision d’annulation des financements 2012 de l’appel  d’offre du programme CESA de l’ANR doit être reconsidérée sans tarder.  
Les signataires

-- 

21/02/2012

Baisse de la fertilité

... et facteurs environnementaux ? 

lu sur :

http://www.lepoint.fr/chroniqueurs-du-point/anne-jeanblanc/la-perpetuation-de-l-espece-humaine-en-danger-21-02-2012-1433569_57.php?xtor=EPR-6-[Newsletter-Quotidienne]-20120221

La perpétuation de l'espèce humaine en danger ?

Le "Bulletin épidémiologique hebdomadaire" relève ce matin que les hommes subissent une forte baisse de leur fertilité. 

D'emblée, Alfred Spira, de l'Institut de recherche en santé publique (Paris), rappelle dans le BEH qu'au cours du dernier quart de siècle la dégradation de l'environnement et les risques qu'elle fait peser tant sur la santé humaine, animale et sur la biodiversité ont atteint un niveau inégalé dans l'histoire humaine. Et que les craintes concernant la capacité des individus à se reproduire sont plus vives que jamais. D'où la multiplication de travaux pour tenter de savoir si notre espèce va réussir longtemps à se perpétuer.

Premier constat : près d'un quart des couples ne parvient pas à avoir un enfant après un an de tentatives et plus de 10 % n'y arrivent toujours pas au bout de deux ans. Pour arriver à cette estimation, l'équipe de Rémy Slama (Inserm Grenoble) s'est appuyée sur l'Enquête nationale périnatale (ENP) de 2003, comprenant 14 187 femmes venant d'accoucher, et sur l'Observatoire épidémiologique de la fertilité en France (Obseff) réalisé en 2007-2008 auprès de 867 couples n'utilisant pas de contraception. Il en ressort que la fréquence de "l'infécondité involontaire après 12 mois sans contraception" était estimée à 18 % par l'ENP et à 24 % par l'Obseff. Au bout de 24 mois, ces proportions étaient respectivement de 8 et 11 %.

Le BEH s'intéresse également à la qualité du sperme et à son évolution. On peut y lire les résultats de trois études menées dans des Cecos (Centre d'étude et de conservation des oeufs et du sperme humains) français. La première a été réalisée au centre Paris-Bicêtre sur le don de 1 351 hommes entre 1973 et 1992. Une baisse significative de la concentration de spermatozoïdes, de l'ordre de 2,1 % par an, a été constatée. Le nombre total de spermatozoïdes dans l'éjaculat, meilleur reflet du rendement de la spermatogenèse, a diminué d'un tiers au cours de la période d'étude. Il existait aussi une baisse significative du pourcentage de spermatozoïdes mobiles et de spermatozoïdes morphologiquement normaux, notamment chez les hommes jeunes.

De fortes disparités régionales

La seconde étude, qui a eu lieu au Cecos de Toulouse, donne un résultat bien différent. Elle ne montre pas de diminution temporelle de la concentration de spermatozoïdes chez les 302 hommes féconds résidant dans le Sud-Ouest durant la période étudiée (1977-1992). Toutefois, la concentration moyenne de spermatozoïdes sur l'ensemble des périodes d'étude était notablement plus basse qu'à Paris, ce qui suggère, selon les chercheurs, "l'existence de différences régionales de la production spermatique". Enfin, le dernier travail a analysé les caractéristiques du sperme de 1 114 hommes du Cecos de Tours entre 1976 et 2009. Cette analyse sur une période de 34 ans a mis en évidence une nette diminution du nombre de spermatozoïdes. Le pourcentage de spermatozoïdes mobiles est passé de 64 à 44 %, celui de spermatozoïdes vivants de 88 à 80 %.

Plus globalement, une trentaine d'études rétrospectives dans des populations variées d'hommes ont été effectuées dans le monde depuis le milieu des années 1990. Seize montrent une diminution de la concentration des spermatozoïdes avec le temps, alors que douze ne montrent pas d'évolution significative et cinq concluent à une augmentation. Les différences dans le type de populations recrutées, la taille des échantillons, les périodes d'études, la prise en compte ou non dans l'analyse d'autres variables susceptibles de modifier le sperme de l'homme rendent difficile une interprétation synthétique, estiment les auteurs. Néanmoins, ces variations notables d'une région du monde à l'autre, dans des sous-populations grossièrement comparables, "ont fait émerger le postulat que, indépendamment de facteurs génétiques ou ethniques, ces variations pouvaient aussi être liées à des facteurs environnementaux". Reste à les identifier avec précision et à mesurer leurs influences respectives.

14/02/2012

Manipuler les médias pour contrôler le peuple

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/02/13/les-medias-australiens-nouvelle-proie-des-climatosceptiques_1642611_3244.html

Les médias australiens, nouvelle proie des climatosceptiques

Le débat sur le réchauffement a pris une nouvelle dimension en Australie après la diffusion d'une vidéo qui fait désormais le tour du Net.

13.02 | 16h35

Le débat sur le réchauffement a pris une nouvelle dimension en Australie après la diffusion d'une vidéo qui fait désormais le tour du Net, montrant le célèbre climatosceptique britannique Lord Christopher Monckton appeler les riches Australiens opposés au gouvernement et à sa taxe carbone, à investir dans les médias pour mieux faire valoir leurs thèses...

Sur la vidéo, Lord Monckton s'exprime à l'occasion d'une réunion organisée en juillet 2011 en Australie par la fondation Mannkal, un think tank conservateur. On y voit le Britannique encourager les grandes fortunes à investir dans les médias pour faire passer leurs idées, en créant, s'il le faut, une nouvelle chaîne de télé en Australie. "Quoi que vous fassiez au niveau local, cela n'aura pas beaucoup d'impact par rapport à l'acquisition de toute une compagnie de médias", explique-t-il.

En juillet 2011, les groupes miniers australiens menaient une campagne féroce contre le projet de taxe carbone mené par le gouvernement travailliste. La législation, qu'ils estimaient menacer leurs intérêts, fut finalement adoptée en novembre.

Si la vidéo fut postée sur Internet pour la première fois il y a plusieurs mois, il a fallu attendre que l'organisation activiste GetUp la rediffuse sur son site il y a quelques jours pour qu'elle fasse les gros titres de la presse. Un événement récent semble en effet confirmer les craintes des écologistes quant au suivi du mot d'ordre du climatosceptique anglais.

Lors de sa visite en Australie, Lord Monckton s'était ainsi entretenu avec Gina Rinehart, la plus grosse fortune d'Australie. Mme Rinehart, qui s'est enrichie dans les mines, s'est farouchement opposée à la taxe carbone. Or elle vient de devenir le principal actionnaire de Fairfax média, élevant sa participation à quelque 13 % des parts du groupe qui possède, entre autres, les quotidiens The Age et The Sydney Morning Herald.

Alors que les journaux de News Limited - propriété de Rupert Murdoch, souvent opposé au gouvernement - s'étaient illustrés par de virulents articles antitaxe, les titres de Fairfax, plus favorables aux travaillistes, avaient présenté une vision plus mesurée du projet. Le rachat des actions du groupe aurait-il donc été motivé par le désir de Gina Rinehart de mettre en pratique les conseils de Lord Monckton ?

"Il ne s'agit pas de faire des profits, mais bien d'avoir une influence politique, estime Robert Manne, professeur de politique et intellectuel réputé.News Ltd représente 70 % de la presse écrite. Si Gina Rinehart commence à influencer la ligne éditoriale de Fairfax, on aura encore plus de déséquilibre dans la couverture politique."

En réaction, GetUp a acheté des encarts publicitaires dans les titres de Fairfax, montrant une fausse "une" de journal qui aurait été corrigée au feutre par un climatosceptique.