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08/09/2016

Le Roundup est nocif, en doutiez-vous ?

Comité de Recherche et d'Information Indépendantes sur le génie ...


Université de Caen, 7 Septembre 2016.

Le journal MARIANNE et son journaliste JEAN-CLAUDE JAILLETTE ont perdu en cour d'appel de Paris ce 7 SEPTEMBRE 2016, et ont été condamnés en diffamation pour avoir dénigré, comme d'autres lobbyistes, agences et académies, le Professeur GILLES-ERIC SERALINI au sujet de ses recherches de 2012 montrant des tumeurs de rats dues au Roundup et à un maïs OGM, étude republiée et confirmée depuis.

Pour plus de détails, merci de contacter le cabinet de Maître Bernard DARTEVELLE au 01 43 12 55 80

un petit rappel :

d'où vient le ROUNDUP ? De la firme qui a produit l'AGENT ORANGE pour l'armée américaine durant la guerre du Viet Nam.

Voyez :

Monsanto, un demi-siècle de scandales sanitaires - Le Monde

www.lemonde.fr/.../monsanto-un-demi-siecle-de-scandales-sanitaires_1643081_3244....

16 févr. 2012 - PCB, agent orange, dioxine, OGM, aspartame, hormones de croissance, herbicides (Lasso et Roundup)… nombre de produits qui ont fait la ...

Monsanto, un demi-siècle de scandales sanitaires.pdf

 

02/12/2014

Le futur de notre société néolibérale n'est pas rose ...

lu sur Le temps (Suisse)

les surlignages sont de moi

Pollution: le cerveau en danger

Le Temps 

Stéphane Foucart Le Monde

Les indices s’accumulent quant à l’implication des polluants dans la montée en puissance des troubles autistiques et comportementaux

De toutes les maladies non transmissibles, l’autisme est l’une de celles dont la fréquence augmente le plus rapidement. Si vite qu’il est même difficile d’y croire. En mars, les Centers for Disease Control and Prevention (CDC) américains, l’équivalent de notre Institut de veille sanitaire (InVS), rendaient publiques les dernières estimations de la prévalence des troubles du spectre autistique chez les garçons et les filles de 8 ans aux Etats-Unis. Selon ces chiffres, un enfant sur 68 est désormais touché par cet ensemble de maladies du développement, regroupant l’autisme profond, les syndromes de Rett et d’Asperger, etc.

Le plus impressionnant n’est pas tant le chiffre lui-même, que la rapidité de son évolution: il est supérieur de 30% à celui publié seulement deux ans auparavant (un enfant sur 88) par le même réseau de surveillance mis en place par les CDC, et a plus que doublé en moins d’une décennie. Au cours des vingt dernières années, les données américaines suggèrent une augmentation quasi exponentielle de ces troubles, aujourd’hui diagnostiqués «vingt à trente fois plus» que dans les années 1970, selon le rapport des CDC. 40% de ces enfants dépistés aux Etats-Unis présentent un quotient intellectuel (QI) inférieur à 70.

D’autres troubles neurocomportementaux sont également en forte croissance ces dernières années. Outre-Atlantique, l’hyperactivité et les troubles de l’attention touchaient, selon les chiffres des CDC, 7,8% des enfants entre 4 et 17 ans en 2003. Ce taux est passé à 9,5% en 2007, puis à 11% en 2011. Par comparaison, en France, leur fréquence est estimée entre 3,5 et 6% pour les 6-12 ans.

Aux Etats-Unis, un enfant sur six est concerné par un trouble du développement (troubles neurocomportementaux, retard mental, handicaps moteurs, etc.).

Dans un ouvrage scientifique tout juste publié (Losing Our Minds. How Environmental Pollution Impairs Human Intelligence and Mental, Oxford University Press, 2014) Barbara Demeneix, directrice du département Régulations, développement et diversité moléculaire du Muséum national d’histoire naturelle (MNHN), soutient que cette augmentation rapide de la fréquence des troubles neurocomportementaux est, en grande partie, le résultat de l’exposition de la population générale à certaines pollutions chimiques diffuses – en particulier les femmes enceintes et les jeunes enfants.

Selon la biologiste, cette situation n’est, en outre, que la part émergée d’un problème plus vaste, celui de l’érosion des capacités cognitives des nouvelles générations sous l’effet d’expositions toujours plus nombreuses à des métaux lourds et à des substances chimiques de synthèse. Le sujet est, ces dernières années, au centre de nombreuses publications scientifiques. Philippe Grandjean, professeur de médecine environnementale (Université Harvard, Université du Danemark-Sud), l’une des figures de la discipline et auteur d’un livre sur le sujet (Only One Chance. How Environmental Pollution Impairs Brain Development – and How to Protect the Brains of the Next Generation, Oxford University Press, 2013), va jusqu’à évoquer une «fuite chimique des cerveaux».

La thyroïde en cause

«L’augmentation de la fréquence de l’autisme que l’on mesure ces dernières années est telle qu’elle ne peut pas être attribuée à la génétique seule et ne peut être expliquée sans faire intervenir des facteurs environnementaux, dit Barbara Demeneix. De meilleurs diagnostics et une meilleure information des médecins et des familles permettent certainement d’expliquer une part de cette augmentation, mais en aucun cas la majorité.» Et ce d’autant plus que les critères diagnostiques utilisés par les CDC sont demeurés identiques entre 2000 et 2013. «En France et en Europe, il n’existe pas de suivi historique de la prévalence de ces troubles aussi précis qu’aux Etats-Unis, mais il est vraisemblable qu’on assiste aussi à une augmentation de leur incidence», ajoute Barbara Demeneix.

Autre argument fort suggérant que l’augmentation de fréquence de l’autisme ne relève pas d’un biais de mesure: le sexe-ratio est constant. Les garçons sont toujours cinq fois plus touchés que les filles. Or, si l’accroissement constaté était artéfactuel, une modification du sexe-ratio aurait de grandes chances d’être observée.

Comment expliquer une telle épidémie? Pour la biologiste française, l’une des causes majeures est la prolifération de molécules de synthèse capables d’interférer avec le fonctionnement de la glande thyroïde. «Depuis de nombreuses années, mon travail consiste à comprendre comment un têtard devient une grenouille. Les molécules clés de ce processus sont les hormones thyroïdiennes, qui jouent un rôle crucial dans les transformations lourdes du développement, explique Barbara Demeneix. En cherchant à comprendre comment ces hormones agissent dans la métamorphose du têtard, je me suis posé le même type de questions sur leur importance dans le développement du cerveau humain.»

Les hormones thyroïdiennes sont connues pour moduler l’expression des gènes pilotant la formation de structures cérébrales complexes comme l’hippocampe ou le cortex cérébelleux. «Nous savons avec certitude que l’hormone thyroïde joue un rôle pivot dans le développement du cerveau, précise le biologiste Thomas Zoeller, professeur à l’Université du Massachusetts à Amherst et spécialiste du système thyroïdien. D’ailleurs, la fonction thyroïdienne est contrôlée sur chaque bébé né dans les pays développés et la plupart des pays en développement, ce qui montre le niveau de certitude que nous avons dans ce fait. Pourtant, malgré le fait que de nombreuses substances chimiques ayant un impact documenté sur la thyroïde soient en circulation, les autorités sanitaires ne font pas toujours le lien avec l’augmentation des troubles neurocomportementaux

Dans Losing Our Minds, Barbara Demeneix montre que la plupart des substances connues pour leur effet sur le développement du cerveau interfèrent bel et bien avec le système thyroïdien. Ces molécules ne sont pas toutes suspectées d’augmenter les risques d’autisme, mais toutes sont susceptibles d’altérer le comportement ou les capacités cognitives des enfants exposés in utero, ou aux premiers âges de la vie. C’est le cas des PCB (composés chlorés jadis utilisés comme isolants électriques, lubrifiants, etc.), de certaines dioxines (issues des processus de combustion), de l’omniprésent bisphénol A, des PBDE (composés bromés utilisés comme ignifuges dans l’électronique et les mousses des canapés), des perfluorés (utilisés comme surfactants), des pesticides organophosphorés, de certains solvants, etc.

«Le travail de Barbara Demeneix est très important, estime la biologiste Ana Soto, professeure à l’Université Tufts à Boston (Etats-Unis) et titulaire de la chaire Blaise Pascal 2013-2014 de l’Ecole normale supérieure. Elle a conduit un travail bibliographique considérable et c’est la première fois que l’ensemble des connaissances sont rassemblées pour mettre en évidence que tous ces perturbateurs endocriniens, mais aussi des métaux lourds comme le mercure, sont capables de perturber le fonctionnement du système thyroïdien par une multitude de processus.»

Substances très nombreuses

Les composés bromés peuvent inhiber l’absorption d’iode par la thyroïde qui, du coup, produit moins d’hormones. Les molécules chlorées peuvent en perturber la distribution dans les tissus. Le mercure, lui, peut inhiber l’action des enzymes qui potentialisent ces mêmes hormones… Lorsqu’une femme enceinte est exposée à ces substances, son fœtus l’est également et, explique Barbara Demeneix, «le risque est important que la genèse de son cerveau ne se fasse pas de manière optimale». Pour limiter au mieux les effets de ces substances, la biologiste insiste sur la nécessité d’un apport d’iode conséquent – absent du sel de mer – aux femmes enceintes, garant de leur bon fonctionnement thyroïdien.

Le problème est que les substances susceptibles de perturber ces processus sont très nombreuses. «Les chimistes manipulent des phénols auxquels ils ajoutent des halogènes comme le brome, le chlore ou le fluor, explique Barbara Demeneix. Or les hormones thyroïdiennes sont composées d’iode, qui est aussi un halogène. Le résultat est que nous avons mis en circulation des myriades de substances de synthèse qui ressemblent fort aux hormones thyroïdiennes

Les scientifiques engagés dans la recherche sur la perturbation endocrinienne estiment en général que les tests mis en œuvre pour détecter et réglementer les substances mimant les hormones humaines sont insuffisants. D’autant plus que les effets produits sur les capacités cognitives sont globalement discrets. «Si le thalidomide [médicament retiré dans les années 1960] avait causé une perte de 10 points de quotient intellectuel au lieu des malformations visibles des membres [des enfants exposés in utero via leur mère], il serait probablement encore sur le marché», se plaisait à dire David Rall, ancien directeur de l’Institut national des sciences de la santé environnementale américain (NIEHS).

L’érosion du quotient intellectuel de même que les troubles neurocomportementaux comme l’hyperactivité et les troubles de l’attention ou l’autisme «sont le talon d’Achille du système de régulation, souligne le biologiste Thomas Zoeller. Ce sont des troubles complexes, hétérogènes et aucun biomarqueur caractéristique ne peut être identifié. Du coup, il y a beaucoup de débats sur la «réalité» de l’augmentation de leur incidence. Ce genre de discussions ne décide pas les agences de régulation à être proactives, en dépit du fait que l’incidence des troubles du spectre autistique augmente si rapidement que nous devrions tous en être inquiets.»

L’Organisation pour la coopération et le développement économique (OCDE), l’organisme intergouvernemental chargé d’établir les protocoles de test des substances chimiques mises sur le marché, a cependant appelé, fin octobre, au développement de nouveaux tests susceptibles de mieux cribler les molécules interférant avec la thyroïde. Et ce, avec «une très haute priorité».

L’affaire ne concerne pas uniquement l’intelligence des prochaines générations mais leur santé au sens large. «Les épidémiologistes remarquent depuis longtemps que les gens qui ont un quotient intellectuel élevé vivent plus longtemps, et ce même lorsqu’on corrige des effets liés à la classe sociale, dit Barbara Demeneix. Or, selon la théorie de l’origine développementale des maladies, notre santé dépend en partie de la manière dont nos tissus se sont développés au cours de notre vie intra-utérine. Les facultés cognitives pourraient ainsi être une sorte de marqueur des expositions in utero et pendant la petite enfance à des agents chimiques: avoir été peu exposé signifierait un quotient intellectuel élevé et, du même coup, une plus faible susceptibilité aux maladies non transmissibles.»

 

 

11/06/2010

Communiqué du Réseau Sortir du nucléaire

Mobilisons-nous contre

la banalisation des pollutions nucléaires !


La loi Grenelle 2 votée début mai contient un amendement discret et aux conséquences extrêmement graves ... qui facilite la procédure pour augmenter les rejets radioactifs et chimiques des installations nucléaires !

C'est la porte ouverte à la banalisation des pollutions radioactives.

Pour demander la suppression de cette disposition, si vous ne l'avez pas déjà fait, signez la cyber-action pour faire pression sur le gouvernement et sur Nicolas Sarkozy !

Déjà plus de 10 000 signatures !

A vous de signer ici : http://groupes.sortirdunucleaire.org/spip.php?page=cyberaction

Merci beaucoup de diffuser largement ce message à votre entourage.

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Copie du message envoyé à Messieurs Sarkozy, Fillon et Borloo :

Monsieur le Président,
(copie à Messieurs Fillon et Borloo)

Dans le texte de la loi Grenelle II votée début mai, figure un amendement gouvernemental soumettant les installations nucléaires de base à une simple procédure d'information pour toute augmentation significative de leurs prélèvements d'eau et rejets radioactifs et chimiques.
Auparavant, tout changement notable intervenant sur une installation nucléaire faisait l'objet d'une enquête publique. Désormais, une augmentation significative des rejets radioactifs n'est donc plus considérée comme un changement notable, et sera dispensée de la procédure d'enquête publique !

En vertu de cette nouvelle disposition, l'usine de La Hague, première source de pollution de l'Atlantique Nord, sera soumise à moins de contraintes administratives qu'une porcherie industrielle pour augmenter ses rejets !

Le principe des rejets autorisés revenait déjà à octroyer à l'exploitant un permis de polluer sur mesure. Cet amendement gouvernemental constitue un pas de plus dans la banalisation des pollutions nucléaires. En supprimant une procédure qui nécessitait d'informer et impliquer les citoyens, il marque un dangereux recul de la démocratie.

Monsieur le Président, nous refusons cette dérive. Nous nous opposons à ce que les intérêts industriels passent une nouvelle fois avant la démocratie, le respect de l'environnement et la santé des citoyens.

Nous vous demandons de retirer l'article 94 quater de la loi "portant engagement national en faveur de l'environnement" lors de son passage en Commission parlementaire mixte paritaire, le 15 juin prochain.

Nous vous demandons également d’ouvrir un vrai débat sur les pollutions nucléaires et sur les rejets des installations nucléaires.

Salutations citoyennes,

25/05/2010

Le chlordécone aux Antilles

lu sur :
http://www.lemonde.fr/planete/article/2010/05/24/la-difficile-mutation-des-planteurs-de-banane-antillais_1362179_3244.html
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voir aussi :
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La difficile mutation des planteurs de banane antillais
LE MONDE | 24.05.10 | 15h42  •  Mis à jour le 24.05.10 | 15h42
Fort-de-France Correspondant


'avenir des planteurs de banane antillais risque pour longtemps encore d'être marqué par les ravages du chlordécone, ce pesticide utilisé pour éliminer le charançon. A l'initiative de l'Institut national de la recherche agronomique (INRA) une vingtaine d'experts internationaux se sont réunis, du 17 au 22 mai en Martinique, puis en Guadeloupe, pour "tenter de concevoir des solutions réalistes de dépollution des sols". Or, il n'existe aujourd'hui d'autre alternative que de convertir à d'autres usages les sols contaminés par ce produit appliqué aux cultures à partir des années 1970 et jusqu'en 1993.

 

Cette reconversion se fait lentement et le lancement, il y a un peu plus d'un an, d'un plan "banane durable" doté de 8 millions d'euros, pour redorer l'image du secteur et encourager les producteurs à modifier leurs pratiques, n'a pas encore une portée très visible. L'enjeu est vital pour les deux îles : la culture de la banane assure plus de 8 000 emplois, soit 75 % du secteur agricole.

La lutte biologique contre les insectes ravageurs et les champignons est désormais mise en avant. "La banane antillaise utilise 7 kg de produits traitants par an et par hectare contre 60 kg pour nos concurrents sud-américain et africain. Notre objectif est de diviser ce chiffre par deux d'ici à 2013", affirme Pierre Monteux, directeur général de Banamart, l'un des deux groupements de producteurs de banane en Martinique. Pour cela, les producteurs s'appuient sur l'Institut technique de la banane (Itban) qui valide l'utilisation de substances naturelles pour lutter contre les parasites. L'extrait d'arbre de thé est, par exemple, employé contre la cercosporiose, un champignon attaquant les feuilles de bananier, et l'écorce d'orange contre certaines cochenilles.

La pollution au chlordécone, qui s'est étendue aux autres cultures que la banane avec la diffusion du pesticide dans les sols et les cours d'eau, contraint aujourd'hui nombre d'agriculteurs à composer avec ce fléau. Bien qu'il n'y ait pas de cartographie détaillée des sols pollués, les spécialistes estiment que près de 25 % des terres sont touchées.

Installé en plein coeur de la campagne de Trinité, à environ 30 km à l'est de Fort-de-France, Serge Burnet est, depuis 2007, à la tête d'une exploitation de 74 hectares dédiée à l'horticulture. Auparavant, une bananeraie recouvrait sa propriété. L'horticulture est une des voies vers lesquelles le ministère de l'agriculture pousse les exploitants à se reconvertir.

"Depuis 2003, 4 500 analyses de sols ont été réalisées sur 4 000 hectares, alors que les surfaces agricoles plantées en légumes jugés sensibles à la contamination ne représentent qu'environ 800 hectares", explique Jean Iotti du service de la protection des végétaux, à Fort-de-France. C'est grâce à ces diagnostics et aux recommandations fixées selon des seuils de contamination que les agriculteurs basculent vers d'autres cultures.

A la Martinique, on assiste ainsi à la relance de la canne à sucre, dont seule la base de la tige est perméable au chlordécone. La production permet aujourd'hui d'alimenter neuf distilleries et une sucrerie. Pour certains agriculteurs, l'effort de reconversion a été possible grâce aux fonds européens ou au Plan de développement rural (PDR) de la Martinique.

A plus long terme, il est aussi prévu de reboiser certaines parcelles contaminées et, en même temps, d'empiéter sur la forêt pour permettre aux agriculteurs d'avoir de nouvelles terres saines.

Derrière toutes ces initiatives se cache un autre enjeu : protéger les terres agricoles de la convoitise de certains entrepreneurs. "L'objectif aujourd'hui est de faire face à la spéculation immobilière et aux projets non agricoles", indique Gilles Moutoussamy, de la chambre d'agriculture de Martinique.

Plusieurs projets de ferme photovoltaïque sont notamment à l'étude, ce qui représente, pour M. Moutoussamy, "une menace supplémentaire, lorsque l'on sait que les promoteurs peuvent proposer aux agriculteurs de 15 000 à 20 000 euros par an et par hectare pour installer leurs fermes".

 

Hervé Brival

Dangereux pesticide

Le chlordécone est l'insecticide qui a été utilisé aux Antilles pour lutter contre le charançon du bananier. Persistant dans l'environnement, il possède des propriétés qui ne permettent pas l'application directe de méthode de dépollution classique. De plus, les conditions tropicales sont très différentes de celles des Etats-Unis, où ont été menés les rares travaux sur l'impact de la molécule.

Impact alimentaire Pour réduire l'exposition de la population, le gouvernement a fixé des seuils maximaux de contamination en fonction de la perméabilité des cultures au chlordécone. Ce seuil doit être inférieur à 20 microgrammes par kg de terre sèche pour les agrumes, les fruits tropicaux, tous les légumes et inférieur à 10 microgrammes pour le riz et certains fruits (pommes, poires, fruits à noyau).

Risque de cancers Des recherches sont menées pour évaluer l'impact potentiel sur les risques de cancer de la prostate, les issues de grossesse et les malformations congénitales.

Article paru dans l'édition du 25.05.10

28/03/2010

Géo-ingénierie et algues toxiques

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2010/03/16/des-algues-toxiques-dopees-par-la-fertilisation-des-oceans_1319998_3244.html

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Des algues toxiques dopées par la fertilisation des océans

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Pour lutter contre le réchauffement climatique, certains projets dits de géo-ingénierie envisagent d'ensemencer les océans avec du fer afin d'encourager la capture de CO2 par les phytoplanctons, via la photosynthèse. La douzaine d'essais effectuée à ce jour s'est essentiellement concentrée sur la faisabilité d'une telle stratégie - mettant en évidence son faible rendement.

La fertilisation artificielle des mers, que certains espèrent faire financer un jour via le marché des "droits à polluer", pourrait aussi présenter des effets secondaires jusqu'ici négligés. Une étude, publiée dimanche 14 mars dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS) montre que ces ensemencements pourraient induire des proliférations d'algues toxiques.

L'équipe canado-américaine qui a réalisé cette étude a mesuré la production d'acide domoïque, un neurotoxique, par une diatomée prélevée dans les eaux de l'est du Pacifique subarctique. Les chercheurs ont constaté que Pseudo-nitzschia turgidula produisait bien la toxine dans un environnement enrichi en fer, et que celui-ci favorisait sa multiplication face aux autres algues.

"Il s'agit de la première étude qui s'intéresse aux possibles effets secondaires induits par la fertilisation des océans, commente Stéphane Blain, de l'Observatoire océanologique de Banyuls-sur-Mer (CNRS-université Paris-VI). Jusqu'alors, ces impacts avaient été évoqués comme des hypothèses, mais sans conduire à des dispositifs expérimentaux." Charles Trick (University of Western Ontario) et ses collègues ont mis en culture des communautés d'algues pour étudier les effets de l'apport de fer.

En haute mer

Ce dispositif a permis de constater que la diatomée Pseudo-nitzschia turgidula pouvait secréter de l'acide domoïque même lorsqu'elle provenait de la haute mer. On estimait jusqu'alors généralement que ce phénomène ne touchait que les colonies inféodées aux régions côtières.

En outre, l'adjonction de fer et de cuivre "dopait" la production de neurotoxine plus que ne le faisait le fer seul. Or, si les particules de fer utilisées jusqu'ici dans les expériences d'ensemencement étaient exemptes de traces de cuivre, les chercheurs estiment que le passage à une échelle industrielle se traduira par l'emploi de minerais moins coûteux et moins purs.

Reste à conduire une évaluation de l'effet sur la chaîne alimentaire de la multiplication des diatomées toxiques. "Cette étude n'apporte pas de démonstration claire de la toxicité sur les différents niveaux trophiques", note Stéphane Blain. Lui-même a dirigé des observations dans des zones australes bénéficiant d'apports naturels de fer. Cette fertilisation était beaucoup plus efficace que les ensemencements artificiels, mais cette campagne océanographique n'avait pas mis en évidence la présence de diatomées toxiques. "Il est vrai que nous n'avons pas étudié en profondeur cet aspect, admet Stéphane Blain. Nous pourrions le faire lors de la prochaine mission."

S'ajoutant à un nombre croissant d'études montrant le faible rendement de la fertilisation des océans, l'étude de PNAS suggère que ce moyen de lutte contre le réchauffement "porte potentiellement de nombreux inconvénients", note M. Blain.

Hervé Morin

09/05/2009

OGM et ROUNDUP : combinaison gagnante pour MONSANTO, perdante pour tous les autres

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2009/05/09/une-etude-argentine-met-a-son-tour-en-cause-un-desherbant-de-monsanto_1190922_3244.html#ens_id=1176302

 

Une étude argentine met à son tour en cause un désherbant de Monsanto

LE MONDE | 09.05.09 | 14h03

Buenos Aires Correspondante

 

En Argentine, une étude confirme les craintes des mouvements paysans et des communautés indigènes, qui dénoncent depuis des années les effets nocifs pour la santé du glyphosate utilisé dans la culture intensive du soja génétiquement modifié. Ce pesticide constitue le principal actif du désherbant Roundup, conçu et commercialisé par la compagnie américaine Monsanto. Ses effets ont déjà été dénoncés, notamment par le biochimiste français Gilles-Eric Séralini.

S'appuyant sur une étude menée sur des embryons, des chercheurs du Conseil national de recherches scientifiques et techniques et de la faculté de médecine de l'université de Buenos Aires affirment que le glyphosate est hautement toxique. Des concentrations infimes, même à des doses très inférieures à celles utilisées dans les fumigations, provoqueraient, selon eux, des troubles intestinaux et cardiaques, ainsi que des malformations et des altérations neuronales.

Les dénonciations de ces phénomènes se sont multipliées dans les provinces productrices de soja. Un exemple : sur les 5 000 habitants du village d'Ituzaingo-Anexo, dans la province de Cordoba, plus de 200 cas de cancers ont été recensés, mais également de nombreux cas de malformations de foetus, de problèmes hormonaux et respiratoires.

Avec le boom du prix du soja, la fièvre de "l'or vert" s'est emparée des agriculteurs. Le soja RR (Roundup Ready) occupe désormais 17 millions d'hectares, soit 50 % de la surface cultivée totale de l'Argentine et y représente 99 % de la culture du soja.

L'épandage de pesticides se fait par avion, au-dessus des champs de soja, souvent proches d'habitations. Le Roundup a la propriété de rester longtemps dans l'atmosphère et de pouvoir être transporté sur de longues distances par le vent et l'eau. Il tue les plantes, à l'exception du soja transgénique.

En France et aux Etats-Unis, Monsanto a été condamné pour publicité mensongère, pour avoir affirmé que le Roundup était inoffensif pour l'homme. Le gouvernement argentin, lui, a autorisé la culture du soja transgénique sans études préalables. Le pays est le troisième exportateur mondial de soja, après les Etats-Unis et le Brésil, mais le premier exportateur de ses produits dérivés, farines et huile.

 

Christine Legrand

Article paru dans l'édition du 10.05.09

21/01/2009

L'eau et les substances chimiques résultant des activités humaines

lu dans lemonde.fr :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2009/01/20/de-nouveaux-suspects-dans-la-feminisation-des-poissons_1144106_3244.html

De nouveaux suspects dans la "féminisation" des poissons
LE MONDE | 20.01.09 | 16h13 • Mis à jour le 20.01.09 | 16h27

La transformation sexuelle des poissons des rivières - des individus mâles deviennent femelles - ne résulte pas que de la présence d'hormones féminines (les oestrogènes) dans les effluents des stations d'épuration des eaux. Mais aussi de celle de substances antagonistes des hormones masculines (les androgènes). C'est la conclusion d'une étude de chercheurs britanniques mise en ligne le 7 janvier sur le site de la revue Environmental Health Pespectives.

La diminution du nombre de spermatozoïdes et de la fertilité observée chez l'homme comme les anomalies sexuelles constatées chez les poissons sont les conséquences plus que probables d'une exposition aux perturbateurs endocriniens. Ces substances peuvent être des hormones, des composées mimant leur action ou bien des molécules s'opposant à l'action hormonale.

Principale auteure de l'étude britannique, Susan Jobling (université Brunel, Uxbridge) indique que depuis 1998, la féminisation des poissons sauvages des rivières était principalement expliquée par l'exposition à des oestrogènes, d'origines humaine et animale, et plus accessoirement par diverses substances chimiques présentes dans les eaux épurées.

L'équipe de Susan Jobling avait montré en 2006 la "très forte corrélation entre le contenu en oestrogène des rivières britanniques et la féminisation des poissons sauvages". Cependant, des travaux chez le rongeur, un modèle plus proche de l'humain, indiquaient que ces anomalies résultaient plutôt d'action conjuguée des oestrogènes et des antiandrogènes.

"Nous avons montré que, d'un point de vue statistique, il est hautement vraisemblable que les antiandrogènes jouent un rôle dans la féminisation des poissons sauvages, explique Susan Joubling. Le poisson est ainsi pris entre deux feux... entre les oestrogènes et les antiandrogènes." Directeur du Groupe d'étude de la reproduction chez l'homme et les mammifères (Gerhm, Inserm U625, Rennes), le professeur Bernard Jégou salue "une étude très sérieuse, faite avec de bons outils par un groupe de chercheurs qui sont une référence internationale".

SAVONS ET DÉTERGENTS

Les chercheurs britanniques ont une idée des suspects possibles. "Beaucoup de produits chimiques d'usage courant sont des anti-androgènes. Il y a des médicaments prescrits contre le cancer de la prostate, des fongicides, des antibactériens, des parabens", énumère Susan Joubling. Elle rappelle que "ces deux derniers groupes chimiques sont omniprésents dans notre vie quotidienne : dans la nourriture, dans certains savons, des détergents, des dentifrices, des désinfectants et des cosmétiques. Il est vraisemblable que les antiandrogènes soient présents dans les rivières sous forme d'un cocktail de ces molécules, avec peut-être d'autres que nous ne connaissons pas encore. La priorité est d'identifier les coupables."

Paul Benkimoun
Article paru dans l'édition du 21.01.09

16/11/2008

Pesticides et cancers : les soupçons se confirment

lu sur univers-nature.com :

15-11-2008

Pesticides et cancers : les soupçons se confirment

Nourrissant une polémique toujours plus virulente, les pesticides sont reconnus pour être hautement néfastes tant à l’environnement qu’à la santé humaine. Ce dont il est encore peu fait mention, c’est le rôle que ces substances chimiques pourraient jouer dans la prévalence des différentes formes de cancers.
Bien qu’à l’heure d’aujourd’hui la question fasse toujours débat, de plus en plus de points de vue convergent vers une possible responsabilité des pesticides dans la recrudescence du cancer. Selon l’Alliance Santé Environnement (HEAL), basée à Bruxelles, chaque année en Europe, au minimum un cancer diagnostiqué sur 100 serait imputable à l’exposition à divers pesticides. Une estimation qui pourrait s’avérer bien plus élevée dans les cas de cancer du sein, de la prostate ou des testicules, des leucémies et des lymphomes.
Selon une étude nord-américaine, récemment reprise dans un rapport commandité par le Parlement européen, 30 000 cancers sur les 3 millions de cas recensés chaque année en Europe seraient dus à l’exposition aux substances nocives contenues dans les insecticides, fongicides et autres herbicides. Plus inquiétant encore, on observe une progression à la hausse des cancers touchant les enfants.
Pour faire la lumière sur la validité de ce lien de cause à effet, les organisations de santé et d’environnement que sont l’Alliance Santé Environnement et le MDRGF (Mouvement pour les Droits et le Respect des Générations Futures) ont donné le coup d’envoi à une campagne européenne (1), fruit de leur association. L’objectif de cette campagne « Pesticides et Cancer » est double. D’une part, il s’agit d’apporter des données scientifiques rigoureuses sur lesquelles les autorités dirigeantes pourront s’appuyer. Mais l’enjeu central est de fournir des informations concrètes et sûres aux personnes exposées, principales concernées par cette problématique sanitaire.
En constituant un dossier solide, les deux organismes visent notamment l’interdiction des pesticides reconnus ou suspectés d’être néfastes, la réduction de l’utilisation des pesticides afin d’atténuer et, dans la mesure du possible, d’éliminer l’exposition, ou encore d’adoptier une réglementation stricte sur le recours aux pesticides dans des zones fortement fréquentées par des enfants. Pour y parvenir, seront nécessaires des stratégies de santé publique et des plans cancers nationaux, plaçant la réduction de l’exposition aux pesticides au rang de mesure préventive.
Loin d’être un hasard, la campagne débutera en France, reconnue comme étant la plus grande consommatrice de pesticides à l’échelle européenne.

Cécile Cassier

1- Toutes les informations sur cette campagne sont disponibles sur le site qui lui est consacré : http://www.pesticidescancer.eu

31/10/2008

Un lien entre cancers et environnement

lu sur le site de l'INSERM :

Un lien entre cancers et environnement

Science et Avenir commente à son tour l'expertise collective de l'Inserm sur le lien entre cancers et environnement. Le tabac, l'amiante, les pesticides, le radon, et les particules ultrafines sont "sur le banc des accusés" en ce qui concerne neuf cancers : poumon, mésothéliome, testicule, sang, cerveau, sein, ovaire, prostate et thyroïde. Selon cette expertise, "les modifications de l'environnement pourraient être partiellement responsables de l'augmentation constatée de l'incidence de certains cancers."
Reprise dossier de presse du 02 octobre 2008 "Cancers et environnement.Une Expertise collective de l'Inserm"
Sciences et Avenir , 01/11/2008

Pour télécharger "Cancers et environnement.Une Expertise collective de l'Inserm", aller sur :

http://www.inserm.fr/fr/presse/communiques/ec_cancer_environnement_21008.html

30/10/2008

Pesticides, produits chimiques : les bébés contaminés ?

lu sur hebdo.nouvelobs.com :

http://hebdo.nouvelobs.com/hebdo/parution/p2295/articles/a386941-.html

Nº2295
SEMAINE DU JEUDI 30 Octobre 2008

À la Une < Le Nouvel Observateur < Pesticides : les bébés contaminés ?
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Trois questions à Charles Sultan *
Pesticides : les bébés contaminés ?
Le professeur pointe les dangers des produits phytosanitaires sur l'organisme dès le plus jeune âge

Le Nouvel Observateur. - Haro sur les pesticides, herbicides et fongicides ! Le 5 novembre, c'est un film documentaire de Jean-Paul Jaud, «Nos enfants nous accuseront», qui sort en salles. Et le 25 novembre, Arte diffusera «Mâles en péril» sur la baisse de la fertilité masculine dans le monde. La progression de 1% par an des cancers chez les plus petits, vous confirmez ?
Charles Sultan. - Les études épidémiologiques le soulignent. C'est malheureusement dès la vie intra-utérine que le bébé d'aujourd'hui est exposé aux quelque cent mille substances chimiques présentes dans notre environnement. Des chercheurs américains ont répertorié les traces de 250 produits dans le sang du cordon ombilical ! Je n'hésite pas à le dire : le nouveau-né arrive au monde déjà contaminé, y compris par les pesticides que l'on trouve dans l'air intérieur. Or ces molécules restent stockées dans les tissus graisseux de l'organisme. Elles vont se cumuler avec d'autres substances tout au long de la vie.
N. O. - Et c'est cette interaction qui vous semble peu ou pas prise en compte par les réglementations...
Ch. Sultan. - Nous sommes en effet dans le plus épais brouillard. Le programme européen Reach contraint les industriels à faire la preuve de l'innocuité des nouvelles molécules mises sur le marché à un moment donné.
Mais pas sur le long terme, alors qu'elles peuvent êtres stockées dans l'organisme pendant trente ans ! Reach ne prend pas non plus en compte les effets de l'association d'une substance chimique avec une autre. Pas plus que les effets collatéraux : ce n'est que très récemment qu'on a découvert qu'un pesticide utilisé dans les peintures pour protéger les coques de bateau contre la prolifération des mollusques, le TBT, était un générateur d'obésité.
N. O. - En 2002, votre étude européenne sur 995 enfants au CHU de Montpellier avait révélé un taux de malformations génitales en proportion très supérieure à ce qu'on imaginait. Particulièrement chez ceux qui avaient grandi dans des exploitations agricoles surexposées aux pesticides. A l'époque, certains avaient mis en doute la pertinence statistique du panel. Où en sont les recherches ?
Ch. Sultan. - Oui, cette étude avait fait débat. Sauf qu'aujourd'hui la plupart des travaux scientifiques et des enquêtes épidémiologiques, tant au Danemark qu'en Finlande, aux Etats-Unis ou en Espagne, confirment ces conclusions. Dans les populations d'agriculteurs, la prévalence des tumeurs du cerveau est trois fois supérieure à la normale. Et le risque de développer la maladie de Parkinson est deux fois plus important. On ne peut pas affirmer une relation directe de cause à effet. Mais il existe un faisceau de données concordantes. Et l'on peut aussi craindre un effet transgénérationnel. La revue «Science» a publié l'an dernier une étude sur des rats exposés à des pesticides. Les effets étaient sensibles jusqu'à la quatrième génération...

* Professeur d'endocrinologie pédiatrique au CHU de Montpelier.

Guillaume Malaurie
Le Nouvel Observateur

13/10/2008

Nanomatériaux : le principe de précaution recommandé

lu sur lemonde.fr :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2008/10/11/nanomateriaux-le-principe-de-precaution-recommande_1105735_3244.html

Nanomatériaux : le principe de précaution recommandé
LE MONDE | 11.10.08 | 14h57 • Mis à jour le 11.10.08 | 14h57

L'Agence française de sécurité sanitaire de l'environnement et du travail (Afsset) a présenté, vendredi 10 octobre, l'état de ses travaux sur l'évaluation des risques éventuels liés aux nanomatériaux. Les experts estiment qu'il n'est "pas possible d'exclure à cette date l'existence d'effets néfastes pour l'homme et l'environnement". L'Afsset recommande donc "l'application du principe de précaution" à l'égard de ces matériaux de plus en plus présents dans l'environnement.

Environ 2 000 nanoparticules manufacturées, dont une des dimensions est inférieure à 100 nanomètres (un nanomètre équivaut à un milliardième de mètre), sont déjà commercialisées.

Elles sont présentes dans plus de 600 produits de consommation : nanotubes de carbone dans les raquettes de tennis, silice dans les pneumatiques, nanoparticules d'argent dans des jouets, oxyde de titane dans les crèmes solaires. L'Allemagne, le Royaume-Uni ou le Canada ont déjà mené des enquêtes sur les filières produisant ou utilisant ces particules et mis au point des guides de bonnes pratiques.

Depuis 2005, l'Afsset a été saisie à trois reprises par le gouvernement pour évaluer les risques des nanomatériaux manufacturés. Dans son premier avis, en juillet 2006, elle recommandait notamment "la surveillance des nanomatériaux par une structure indépendante, la prise en compte de la spécificité de ces substances dans le cadre de la réglementation Reach", ainsi que l'élaboration d'un "registre international public de nanomatériaux commercialisés".

Le deuxième rapport, publié en juillet 2008, constatait que "des dangers pour la santé de l'homme et pour l'environnement ne peuvent être écartés". En milieu professionnel, l'Afsset estimait à 7 000 le nombre de personnes potentiellement exposées aux nanomatériaux dans les laboratoires français et à plus de 3 200 le nombre de travailleurs de la production industrielle susceptibles d'être en contact avec ces particules.

SCÉNARIOS TYPES

Dans le cadre d'une troisième expertise, correspondant à une saisine de juillet 2008, l'Afsset va se pencher sur les produits de grande consommation et créer des scénarios types : les nanomatériaux présents dans les cosmétiques ont a priori une faible pénétration à travers la peau, mais peuvent-ils être ingérés ? Que deviendront les nanomatériaux évacués avec les eaux usées ? Comment vieilliront-ils ? Le rapport et ses recommandations sont attendus au deuxième trimestre 2009.

"Nous sommes en train de passer de demandes d'expertise ponctuelles à une mission permanente de l'Agence. Le champ à explorer est immense, mais nous arrivons maintenant à formuler des recommandations opérationnelles", commente David Vernez, adjoint au chef du département santé-environnement-travail de l'Afsset.

Paul Benkimoun
Article paru dans l'édition du 12.10.08

14/09/2008

La pollution atmosphérique

lu sur lemonde.fr :

http://www.lemonde.fr/sciences-et-environnement/article/2008/09/11/la-pollution-atmospherique-peut-modifier-la-meteorologie-sur-un-rythme-hebdomadaire_1094062_3244.html

La pollution atmosphérique peut modifier la météorologie sur un rythme hebdomadaire
LE MONDE | 11.09.08 | 14h59 • Mis à jour le 11.09.08 | 14h59

En Espagne, les week-ends d'hiver ont tendance à être plus ensoleillés et secs que les jours de la semaine. Cette "pulsation météorologique hebdomadaire", observée entre 1961 et 2004, serait liée aux variations des rejets dans l'atmosphère des particules très fines issues des activités humaines.

On sait de longue date que ces aérosols - qui ont fait l'objet d'une conférence internationale à Chambéry, du 7 au 12 septembre - peuvent, localement, favoriser les précipitations, en servant de noyau à la formation des gouttes. On leur attribue aussi un rôle dans la nébulosité et l'effet de serre. Mais l'équipe conduite par Arturo Sanchez-Lorenzo (université de Barcelone) suggère qu'elles peuvent aussi avoir un effet sur la circulation atmosphérique de l'Europe de l'Ouest, car le cycle hebdomadaire qu'elle a mis en évidence touche des zones non polluées, telle la station de ski de Navacerrada, située à 1 890 mètres d'altitude.

Les chercheurs espagnols, qui ont publié leurs observations dans les Geophysical Research Letters du 14 août, ont analysé les données météorologiques fournies pendant 44 ans par treize stations implantées dans différentes zones. Le cycle hebdomadaire le plus marqué est fourni par les anomalies de la température maximale, qui présentent un minimum de mardi à jeudi et une forte augmentation vendredi et le week-end.

Pour vérifier la véracité de ces résultats, l'équipe scientifique a croisé ces données météorologiques avec des modèles de circulation atmosphérique recouvrant l'Europe de l'Ouest et une partie de l'océan Atlantique, en prenant en compte la pression au niveau de la mer. Sur ce domaine géographique plus large, ils mettent en évidence de petites anomalies de pression supérieures à un hectopascal sur une zone centrée sur la bordure nord-ouest de la péninsule Ibérique, ce qui est en accord avec les données météorologiques locales.

Les chercheurs émettent donc l'hypothèse que certaines régions de l'Europe occidentale présentent une rythmicité dans la pression hivernale hebdomadaire, partiellement liée à des changements dans la circulation atmosphérique. Leurs résultats montrent en outre que ces effets peuvent s'inverser en fonction des saisons et des régions concernées.

D'autres parties du globe connaissent des pulsations météorologiques hebdomadaires. Le phénomène a été mis en évidence en 2007 en Allemagne. Début 2008, l'équipe de Thomas Bell (NASA) a publié des données satellitaires montrant qu'en été le sud-est des Etats-Unis essuie plus d'orages en milieu de semaine que le week-end - il y pleut en moyenne 1,8 fois plus le mardi que le samedi. Ces cycles sont corrélés avec les niveaux de pollution.

En 2003, des données recueillies par le satellite ERS-2 de l'Agence spatiale européenne avaient conduit à "des résultats très intéressants" sur les cycles d'émissions de polluants, rappelle Vincent Peuch, chercheur au Centre national de recherche météorologique à Toulouse (Haute-Garonne). Lancé en 1995, le satellite avait recueilli des données sur le dioxyde d'azote pendant sept ans. Leur analyse a montré la présence de cycles hebdomadaires sur différentes zones du globe.

Aux Etats-Unis, en Europe et au Japon, comme à Johannesburg et à Mexico, le minimum d'oxyde d'azote a été constaté le dimanche, avec des baisses pouvant atteindre de 25 % à 50 % par rapport aux journées travaillées. En Chine, aucun cycle hebdomadaire n'a été trouvé, sans doute car ce pays-continent fait fonctionner ses centrales électriques et ses usines toute la semaine. En revanche, les cités du Proche-Orient, de religion musulmane, connaissent une baisse de pollution le vendredi, et Israël le samedi, jour du shabbat.

Les aérosols constituent un objet d'étude très important, car il y a encore beaucoup d'interrogations à leur sujet, ajoute M. Peuch : "Leur interaction avec le cycle hydrologique constitue l'une des grandes questions des modèles climatiques." Un fait qui a été souligné dans le dernier rapport du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC).

Christiane Galus
Article paru dans l'édition du 12.09.08

24/08/2008

Une petite fuite ...

oui, mais : d'uranium...
Et puis, de quand date-t'elle ? Elle a été trouvée par hasard ! (est-ce bien sérieux, le nucléaire en France ?)


lu sur lemonde.fr :

http://www.lemonde.fr/sciences-et-environnement/article/2008/08/22/une-fuite-d-uranium-detectee-dans-la-drome_1086967_3244.html

Une fuite d'uranium détectée dans la Drôme
AFP | 22.08.08 | 21h02

Une petite fuite d'uranium a été détectée, jeudi 21 août, sur une canalisation des réseaux d'effluents de la société Comurhex, à Pierrelatte (Drôme). La fuite a été détectée sur une canalisation enterrée, qui n'était normalement plus utilisée. Mais lors de travaux de modernisation de ce réseau, les ouvriers se sont aperçus qu'un clapet anti-retour défectueux avait laissé passer de manière occasionnelle des échantillons sortant d'un laboratoire d'analyse qui devaient aller vers une station de retraitement.

En se basant sur la concentration moyenne en uranium des échantillons et sur l'importance de la fuite, l'entreprise filiale d'Areva estime qu'environ 250 grammes d'uranium par an ont pu pénétrer dans le sol environnant la canalisation défectueuse. "Compte tenu du débit faible et très irrégulier de celle-ci, la quantité de matière concernée ne peut-être que mineure", assure-t-elle. "L'Autorité de sûreté nucléaire a été informée. Une expertise est en cours pour déterminer l'impact éventuel sur l'environnement", précise le communiqué.

19/08/2008

l'eau

lu sur lemonde.fr :

http://www.lemonde.fr/sciences-et-environnement/article/2008/08/19/le-recours-aux-eaux-usees-est-juge-inevitable-dans-l-agriculture-urbaine-des-pays-en-developpement_1085415_3244.html

Le recours aux eaux usées est jugé inévitable dans l'agriculture urbaine des pays en développement
LE MONDE | 19.08.08 | 13h52 • Mis à jour le 19.08.08 | 13h52

Eaux des cuisines, des toilettes, eaux industrielles... toutes sont utilisées fréquemment dans les zones urbaines par les agriculteurs qui nourrissent les grandes villes des pays en développement. Selon un rapport publié, lundi 18 août, par l'Institut international de gestion des ressources en eau (IWMI), dans le cadre du Sommet mondial de l'eau, à Stockholm, au total au moins 20 millions d'hectares seraient cultivés dans le monde avec des eaux usées, principalement pour produire des légumes et du riz.

C'est le cas en Chine, en Inde ou au Vietnam, mais aussi pratiquement autour de chaque ville d'Afrique subsaharienne et en Amérique latine. Au total, 200 millions d'agriculteurs auraient recours aux eaux usées, non ou partiellement traitées.

Les auteurs concluent que cette pratique, dans un contexte de rareté de l'eau et de crise alimentaire, est inévitable. S'ils énumèrent ses aspects néfastes sur la santé humaine et l'environnement, ils évoquent aussi ses avantages, car, sans elle, l'offre alimentaire des zones urbaines serait largement moindre. Ainsi à Accra, au Ghana, 200 000 personnes achètent chaque jour des légumes produits sur 100 hectares de terres irriguées avec des eaux usées. Cette pratique offre aussi un moyen de subsistance aux plus pauvres, souvent des femmes, et aux paysans ayant récemment quitté la campagne.

PRODUITS CHIMIQUES

Le rapport de l'IWMI, portant sur 53 grandes villes, montre que le recours aux eaux usées ne se limite pas aux pays les plus pauvres, mais qu'il existe aussi au Moyen-Orient ou au Mexique. "Même si des lois obligent à traiter les eaux usées, il n'y a souvent pas de moyens de contrôle, explique Liqa Raschid-Sally, l'un des auteurs. Et si les eaux usées sont recueillies, souvent les stations d'épuration ne fonctionnent pas bien."

Trois facteurs déterminent le recours aux eaux usées : l'augmentation de la consommation d'eau dans les villes qui pollue les sources d'irrigation traditionnelle ; la hausse de la demande alimentaire qui favorise la production de proximité dans des lieux où les sources d'eau sont polluées ; et enfin la non-disponibilité d'approvisionnements en eau moins chers et plus sûrs.

Jugeant qu'il est impossible de traiter l'ensemble des eaux usées, les auteurs optent pour une approche pragmatique et de moyen terme, et listent les progrès qui peuvent être accomplis pour conserver ces pratiques, tout en en diminuant les risques : laver les légumes mangés crus, stocker de l'eau dans des étangs pour laisser se déposer les matières solides ou encore, comme à Ouagadougou, pour l'utiliser ensuite selon son apparence, son odeur, voire son goût.

Le rapport met l'accent sur le problème des eaux industrielles qui, dans 70 % des villes étudiées, ne sont pas séparées dans les systèmes d'évacuation. "Si l'on connaît les risques de l'utilisation des eaux domestiques, et que l'on peut soigner les maladies qu'elles provoquent, ce n'est pas le cas pour les produits chimiques", explique Mme Raschid-Sally.

Laetitia Clavreul
Article paru dans l'édition du 20.08.08

16/08/2008

L'activité humaine menace d'asphyxie les eaux côtières

lu sur lemonde.fr :

http://www.lemonde.fr/sciences-et-environnement/article/2008/08/16/l-activite-humaine-menace-d-asphyxie-les-eaux-cotieres_1084452_3244.html

L'activité humaine menace d'asphyxie les eaux côtières
LE MONDE | 16.08.08 | 13h40 • Mis à jour le 16.08.08 | 13h40

Nombre de régions côtières se transforment en zones mortes, en raison de l'utilisation croissante des engrais (phosphates et nitrates) dans l'agriculture et le rejet d'eaux usées chargées de matières organiques. Lessivées par les pluies, ces substances s'accumulent dans les estuaires, les lagunes et les mers fermées.

Une étude réalisée par Robert Diaz (Institut de science marine de Virginie, Etats-Unis) et Rutger Rosenberg (Université de Gothenbourg, Suède), publiée dans la revue Science du 15 août, indique que la surface de ces zones mortes double chaque décennie depuis les années 1960. Ces dernières représentent aujourd'hui 405 sites totalisant 245 000 km2, soit la surface de la Nouvelle-Zélande. Pour les auteurs, ces régions constituent désormais "un des éléments-clés du stress qui frappe les écosystèmes marins".

EUTROPHISATION

Le processus d'eutrophisation à l'oeuvre dans les zones côtières a d'abord été étudié dans les lacs. Lorsque l'azote et le phosphore pénètrent en grandes quantités dans les eaux, ils entraînent la croissance excessive d'algues microscopiques, le phytoplancton. Quand ces dernières meurent et tombent au fond de l'eau, elles causent la prolifération de bactéries aérobies, qui consomment une grande quantité d'oxygène. Lorsque ce phénomène se produit dans des eaux qui ont tendance à se stratifier, l'oxygène des profondeurs baisse jusqu'à un taux de 2 ml/litre d'eau de mer, voire moins. On parle alors d'hypoxie.

Quand l'hypoxie perdure et s'aggrave, elle "entraîne la mort des organismes qui vivent sur les fonds marins, crustacés, coquillages, corail, qui constituent le benthos", explique Louis-Alexandre Romana, responsable de l'environnement côtier à l'Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer. La chaîne trophique qui relie le phytoplancton, le zooplancton, les petits poissons et les grands prédateurs marins est alors rompue.

Car "la disparition du benthos se traduit par la perte de tonnes de carbone qui ne sont plus disponibles pour les autres espèces", ajoute le scientifique. Robert Diaz et Rutger Rosenberg ont évalué la perte de carbone dans des zones qui connaissent de longues périodes de désoxygénation. Dans la baie de Chesapeake, un des plus grands estuaires des Etats-Unis, elle est évaluée à 10 000 tonnes par an et, en mer Baltique, à 264 000 tonnes.

Les processus d'eutrophisation ne sont heureusement pas toujours permanents. Ils n'en sont pas moins redoutables. En 1976, un de ces événements dans la baie de New York avait frappé une surface de 1 000 km2, et profondément perturbé le milieu marin. Malheureusement, "l'eutrophisation a pour effet d'augmenter le volume de matière organique qui atteint le fond marin et les sédiments, rappellent les auteurs de l'article de Science. De ce fait, "l'hypoxie a tendance à augmenter dans l'espace et dans le temps, si rien n'est fait pour changer la situation". Cela se traduit par des zones mortes quasi permanentes, tels l'estuaire du Saint-Laurent (Canada), le bassin de Gdansk (Pologne), la mer Caspienne, la mer Baltique ou l'estuaire de Tan Shui à Taïwan.

D'autres zones sont atteintes de manière sévère : la mer Noire, le nord de la mer Adriatique, le Kattegat (une baie située entre le Danemark et la Suède), les fjords scandinaves, le golfe du Mexique et la mer de Chine orientale. Le petit nombre de zones situées sur les côtes asiatiques très peuplées s'explique par le fait qu'ils ne sont pas étudiés pour le moment et que les données manquent.

Pour retourner la tendance et agir sur ces zones mortes, il faudrait diminuer les rejets des eaux usées et maintenir les engrais dans le sol. Ce qui constitue encore un sujet de recherches. Des efforts réalisés dans ce sens se sont déjà traduits par une diminution du problème. En attendant, MM. Diaz et Rosenberg suggèrent de réduire l'emploi des fertilisants de façon à retrouver les quantités utilisées au milieu du XXe siècle.

Si rien n'est fait, le phénomène risque de s'amplifier dans les années à venir avec l'augmentation de l'activité humaine, la production accrue d'agrocarburants et le réchauffement climatique. Celui-ci, selon M. Romana, agira au travers de trois processus : le débit des fleuves, l'augmentation de la température marine, qui accentue l'activité microbienne, et les phénomènes climatiques, tels les cyclones tropicaux, qui brassent brutalement les eaux.

Christiane Galus
Article paru dans l'édition du 17.08.08

09/08/2008

Ne pas respecter les limites de rejets radioactifs, une "habitude" pour la Socatri

lu sur lemonde.fr :

http://www.lemonde.fr/sciences-et-environnement/article/2008/08/07/ne-pas-respecter-les-limites-de-rejets-radioactifs-une-habitude-pour-la-socatri_1081276_3244.html

Ne pas respecter les limites de rejets radioactifs, une "habitude" pour la Socatri
LEMONDE.FR avec AFP | 07.08.08 | 18h31 • Mis à jour le 07.08.08 | 18h39

L'usine Socatri, sur le site nucléaire du Tricastin (Vaucluse), fait de nouveau parler d'elle. Le non-respect des limites de rejets radioactifs dans l'atmosphère "devient une habitude à la Socatri", a dénoncé, jeudi 7 août, la Commission de recherche et d'information indépendantes sur la radioactivité (Criirad) au lendemain de l'annonce d'un dépassement des rejets mensuels de carbone 14 dans cette filiale d'Areva. "Les limites annuelles de rejets ont été très largement dépassées (pour ne pas dire pulvérisées) en 2006 et 2007" à la Socatri, a ajouté la Commission.

Les rejets de carbone 14 dans l'atmosphère ont été "trente fois supérieurs à la limite réglementaire en 2006 et 42 fois en 2007", note l'association. Or la Criirad rappelle que "des nouvelles limites de rejets d'uranium, de transuraniens (plutonium, américium...), de carbone 14 et de tritium (...)", plus élevées que les précédentes, "sont entrées en vigueur mi-février 2008" et que par conséquent, le dépassement de 5 % annoncé mercredi en rejets de carbone 14 est d'une valeur "très proche des rejets de 2007". La Criirad souligne par ailleurs le retard de "près d'un mois" entre la découverte par l'exploitant et sa divulgation à l'Agence de sûreté nucléaire (ASN), et regrette qu'Areva n'ait pas communiqué sur ce sujet à la "réunion de la CIGEET [Commission d'information auprès des grands équipements énergétiques du Tricastin] du 18 juillet, pourtant centrée sur ses activités et sur la violation de la limite de rejets liquides".

"LA RESPONSABILITÉ DE LA SOCATRI N'EST PAS POSÉE"

Mercredi, l'ASN a annoncé que la Socatri a constaté le 4 juillet, lors du traitement de déchets, "un dépassement, pour le mois de juin, de sa limite de rejet mensuelle de carbone 14 gazeux", qui ont continué après l'arrêt de l'activité de l'atelier en cause, et a classé l'incident au niveau 1 de l'échelle internationale des événements nucléaires (INES), qui en compte 8.

Spécialisée dans l'assainissement et la récupération de déchets nucléaires, la Socatri s'occupe entre autres du traitement d'effluents nucléaires et industriels et du traitement et conditionnement de déchets nucléaires. Areva a expliqué que l'usine avait reçu un lot d'un hôpital ou d'un laboratoire, "dont le contenu réel était vraisemblablement différent de celui déclaré". Ceci était "indétectable" et "les opérateurs n'ont donc pas pu prendre les mesures appropriées", d'où le dégagement excessif de carbone 14 (utilisé notamment comme traceur pour les examens médicaux). Après la constatation du problème début juillet, les opérations de traitement du lot ont été arrêtées, mais le dégagement de carbone 14, "faiblement radioactif", s'est poursuivi. Aujourd'hui, "tout a été assaini et le dégagement est en train de s'arrêter", a précisé Areva, qui assure avoir informé l'ASN "en temps réel". "La responsabilité de la Socatri n'est pas posée", déclare-t-on à Areva.

Montré du doigt début juillet avec la fuite de 74 kg d'effluents uranifères dans la nuit du 7 au 8 juillet, contaminant temporairement les rivières alentour, le site du Tricastin avait également été le théâtre, le 23 juillet, de la contamination à faible dose de cent employés de la centrale EDF par des radio-éléments. Par ailleurs, une rupture de canalisation dans une usine exploitée par une filiale d'Areva à Romans-sur-Isère (Drôme) a causé un "épanchement d'uranium d'une quantité comprise entre 120 et 750 grammes" le 18 juillet, et quinze employés ont été contaminés "très légèrement" sur un chantier de maintenance à la centrale nucléaire EDF de Saint-Alban/Saint-Maurice (Isère) le 21 juillet. Ces incidents, classés au maximum au niveau 1 de l'échelle INES n'ont eu que peu d'impact sur l'environnement. Selon l'ASN, une centaine d'incidents de cette importance sont répertoriés chaque année.

20/07/2008

les OGM : culture illégale de maïs transgénique, un cas connu, combien d'inconnus ?

lu sur univers-nature.com :

La culture du maïs transgénique MON810 est interdite en France depuis le début de l’année 2008. Néanmoins, la semaine dernière une forte suspicion de plantation de ce maïs OGM a été rendue publique par des associations, dans le Tarn et Garonne sur la commune de Lafrançaise. Cette découverte intervenant à quelques jours du début de la floraison du maïs et, donc, des risques de contamination des cultures traditionnelles par le pollen des plantes OGM, les associations (Confédération paysanne, Fédération Nationale de l’Agriculture Biologique, Greenpeace, Amis de la Terre, Nature et Progrès) ont déposé une plainte en référé auprès du tribunal de grande instance de Montauban, le 10 juillet, pour faire respecter la loi et détruire les OGM.

Sans attendre les résultats des prélèvements effectués les 11 et 15 juillets, de sa propre initiative l’agriculteur visé, qui risque jusqu’à 150 000 € d’amende et 2 ans de prison, a procédé à la destruction d’une partie de ses cultures. Rendu public aujourd’hui, le résultat des prélèvements confirme la présence du maïs MON810 de Monsanto sur 6 des 7 parcelles analysées par le Service Régional de la Protection des Végétaux (SRPV), de la Direction Régionale de l’Agriculture et de la Forêt (DRAF). En conséquence, l’exploitant a procédé à la destruction des parcelles restantes, y compris celle indemne d’OGM, conformément à la demande de la préfecture du Tarn et Garonne.

Même si les cultures présentes sur ces parcelles ont été broyées selon le protocole technique prévu dans ce cas de figure, un périmètre de sécurité de 300 m a été mis en place. Dans cet espace, les éventuelles repousses d’OGM vont être surveillées pour être déracinées. Des analyses visant à détecter une éventuelle contamination, sur la flore et des ruches, seront également menées.

Si l’aspect environnemental semble être clos, le côté juridique reste à venir. Officiellement, l’agriculteur qui a semé ce maïs, qu’il avait en stock depuis une année, tombe sous le coup de la loi. Toutefois, sa situation économique professionnelle qui semble l’avoir poussé à ne pas jeter ses semences pour les semer malgré l’interdiction, son poste de brancardier à l’hôpital de Montauban pour réussir à boucler des fins de mois difficiles, et son anticipation des mesures de broyage de ses cultures OGM pourrait lui valoir une certaine clémence de la justice.

Pascal Farcy

18/07/2008

Des questions sur la pollution à l'uranium constatée sur le site du Tricastin

Le Monde rapporte que l'Autorité de sûreté nucléaire de défense (ASND) a assuré que "la contamination des eaux souterraines" aux abords du site du Tricastin "ne pouvait provenir de la butte de terre où sont entreposés les rebuts radioactifs militaires". Mais selon Corinne Castanier, présidente de la Commission de recherche et d'information indépendantes sur la radioactivité (Criirad), citée par La Croix, ces déchets "ont déjà pollué la nappe phréatique en 1977". Libération considère que cette affaire "révèle des lacunes dans la chaîne du retraitement des déchets radioactifs". La présidente d'Areva, Anne Lauvergeon, se rendra aujourd'hui sur le site nucléaire du Tricastin.
Croix [La] , 18/07/2008 - Monde [Le] , 18/07/2008 - LIBERATION , 18/07/2008

(extrait de la synthèse de presse de l'INSERM :
http://blogs.inserm.fr/synthesedepresse/ )

23/06/2008

L'eau en bouteille, une aberration écologique de plus en plus décriée

lu sur lemonde.fr :
http://www.lemonde.fr/sciences-et-environnement/article/2008/06/22/l-eau-en-bouteille-une-aberration-ecologique-de-plus-en-plus-decriee_1061451_3244.html

L'eau en bouteille, une aberration écologique de plus en plus décriée
LE TEMPS.CH | 22.06.08 | 11h05 • Mis à jour le 22.06.08 | 11h08

David Wilk est un héros. Ce libraire n'en pouvait plus de voir, trois fois par semaine, le terrain de football où jouaient ses enfants se transformer en un cimetière de bouteilles en plastique. Un jour, il est venu avec un gros réservoir empli d'eau du robinet. Et, depuis, les jeunes joueurs y remplissent à chaque match les bouteilles réutilisables qu'ils amènent avec eux. Wilk a rejoint une famille de plus en plus large : celle des Américains qui ont déclaré la guerre à l'eau en bouteille.

L'homme fait un rapide calcul : son geste a permis de "sauver" peut-être 1 800 bouteilles par année. C'est un gain net : dans sa petite ville du Connecticut, le PET (polyéthylène téréphtalate) ne se recycle pas. "Je pars du principe qu'un petit changement de comportement peut avoir de grandes conséquences, explique-t-il au téléphone. Boire ou ne pas boire une bouteille d'eau, c'est une décision vraiment simple. D'autant que l'alternative l'est aussi : ouvrir le robinet!"

Aux Etats-Unis, l'eau en bouteille coule (encore) à flots. Cette boisson a dépassé depuis longtemps la bière et le lait en termes de ventes. Elle est placée maintenant derrière les sodas, qu'elle devrait doubler au tournant de 2011. La progression a été faramineuse : en 1980, chaque Américain buvait 19 litres d'eau en bouteille par année. A présent, il en est à 114. Pour la seule année dernière, la production a été de 34 milliards de litres, engendrant presque 12 milliards de dollars de revenus.

Malgré ces chiffres, l'avenir de l'eau en bouteille semble troublé. Les critiques fusent désormais contre cette boisson qui, il y a quelques années encore, était considérée comme source de bien-être et synonyme de vie saine et active. Sous l'impulsion de San Francisco, plusieurs villes américaines ont banni l'achat d'eau en bouteille pour leurs employés. Des associations d'étudiants cherchent un peu partout à faire de même au sein des universités. Des Eglises, ainsi que la Coalition nationale des nonnes américaines, ont appelé leurs membres à éviter l'eau en bouteille "autant que possible" au motif que l'eau doit être un bien accessible à tous. A travers le pays, des dizaines d'organisations prônent son boycott. Et certains restaurants ont commencé de refuser de servir à leurs clients une autre eau que celle du robinet.

PRODUCTEURS SUR LA DÉFENSIVE

"Ici, le calcul a été simple, note une porte-parole de la mairie de San Francisco : 500 000 dollars économisés par année." Une dépense qui était particulièrement mal venue alors que l'eau municipale de la ville est l'une des plus réputées du pays. Selon le bureau du maire, "plus d'un milliard de bouteilles en plastique finissent dans les décharges de Californie chaque année, mettant 1000 ans à se décomposer et dégageant des additifs toxiques dans les nappes phréatiques. Tous ces déchets et cette pollution sont générés par un produit dont la qualité, selon des critères objectifs, est souvent inférieure à celle de l'eau municipale."
A l'échelle des Etats-Unis, quelque 25,5 milliards de bouteilles d'eau sont vendues chaque année, et à peine 16% d'entre elles sont recyclées. Selon les chiffres d'organismes indépendants, il faut en moyenne trois litres d'eau pour produire un litre d'eau minérale. Et surtout, chaque année, 17 millions de barils de pétrole sont employés à sa fabrication, sans même tenir compte de son transport. Au final, tout cela se traduit par une équation simple : l'énergie nécessaire à produire, transporter, réfrigérer et se débarrasser d'une bouteille en plastique revient à la remplir au quart de pétrole.

Les producteurs d'eau en bouteille, dont les trois plus importants sont Nestlé, Coca-Cola et Pepsi, sont sur la défensive. Paré jusqu'ici de toutes les vertus, leur produit pourrait bientôt rejoindre, à l'instar des sacs en plastique, les emblèmes honnis par une population de plus en plus consciente des enjeux écologiques. L'organisation qui défend leurs intérêts, l'International Bottled Water Association, vient de lancer une "campagne nationale d'éducation sur l'eau minérale" afin d'"éduquer" clients, hommes politiques et autres journalistes.

Devant ses pairs à New York, le PDG des eaux minérales de Nestlé en Amérique du Nord, Kim Jeffery, s'en prenait récemment à ces accusateurs. L'eau minérale, disait-il, est saine ("nos produits sont testés 6000 fois par jour"), elle répond aux besoins d'une population dont 32% des membres sont considérés comme obèses et, surtout, l'industrie de l'eau fait des progrès constants en matière de respect de l'environnement : "Nous avons réduit le poids de nos emballages de 40% ces dix dernières années", souligne-t-il.

Il n'empêche : le débat s'est déplacé désormais sur le terrain moral. Venus tard sur ce marché, Coca et Pepsi, notamment, puisent allégrement dans les réserves d'eau municipale, et en remplissent leurs bouteilles après avoir simplement filtré l'eau et lui avoir ajouté quelques substances (dont du sel). Cette manière de faire a fini par indigner ceux qui jugent la situation tout bonnement absurde dans un pays où 97% de l'eau du robinet est considérée comme de bonne qualité. Alors que 36 Etats américains vont souffrir d'un manque d'eau d'ici à 2013, et que les installations publiques menacent parfois de tomber en ruine par manque de fonds, les consommateurs n'auront peut-être bientôt d'autre choix que de se tourner vers les petites bouteilles. A un prix qui est entre 240 et 10000 fois supérieur à celui de l'eau du robinet.

Luis Lema (Le Temps.ch)

19/06/2008

le ROUND-UP de MONSANTO et la division cellulaire : une étude






07/05: interview de Robert Bellé, professeur à l'Université de Roscoff - Ma-Tvideo France3
07/05: interview de Robert Bellé, professeur à l'Université de Roscoff - Ma-Tvideo France3



Description :
voir l'interview de robert Bellé, Prof. à l'Univ. Pierre et Marie Curie Unité Mer et santé Roscoff


Vidéo ajoutée le : 07-05-2008 16:25:09
Catégories : Régions Télévision Actualités
Mots-clés : eau campagne université rivières pesticide grenelle roscoff round-up désherbant eau-et-rivières bellé

Langue : Français
Lieu de tournage : France / 29000


Adresse de la vidéo : http://ma-tvideo.france3.fr/video/iLyROoafYzc3.html
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02/05/2008

les pesticides ?

lu sur univers-nature.com :
23-04-2008

Quid de la baisse de 50% des pesticides dans la future loi Grenelle

Si certains des points débattus lors du Grenelle de l'environnement ont fait l'objet d'une action spécifique, comme pour les OGM ou le bonus écologique par exemple, la majorité des sujets doit être incluse dans une loi Grenelle, actuellement en cours de finalisation. Parmi ces points, il en est un emblématique : les pesticides.

Après les USA et le Japon, la France est le 3e marché mondial pour les producteurs de pesticides. En conséquence, il n'est pas surprenant que les études relèvent la très forte contamination des eaux françaises, tant souterraines que de surfaces... et que les pouvoirs publics commencent enfin à s'en inquiéter, ne serait-ce que pour se mettre en conformité avec la législation européenne. Le sujet est d'autant plus sensible que, au-delà de la situation actuelle, on s'achemine très vraisemblablement vers la suppression des quotas agricoles de production et la disparition des jachères pour cause de crise alimentaire mondiale...

C'est dans ce contexte que lors du Grenelle de l'environnement, le ministre de l'écologie, Jean-Louis Borloo, a déclaré que la France allait réduire de 50 % son utilisation de pesticides dans les 10 ans à venir. Or, 6 mois après les 'beaux discours' du Grenelle, au regard de ce qui vient de se passer pour les OGM, où le projet de loi initial qui visait à encadrer fortement les possibilités de culture commerciale a été remanié par les députés et sénateurs en faveur des pro-OGM, gageons que le lobby des pesticides est à l'œuvre dans les hautes sphères de l'Etat. Il est donc légitime de s'interroger du devenir de l'objectif affiché pour la réduction des pesticides, que cela soit dans le texte qui sera présenté à l'Assemblée Nationale et au Sénat, où dans la version qui sera entérinée.

Après la loi OGM plombée par les parlementaires, l'efficacité énergétique des bâtiments compromise par le manque de finances, l'absence de rééquilibrage de la route par rapport au chemin de fer, la quête d'une croissance peu compatible avec un développement soutenable, les pesticides seront-ils les fossoyeurs du Grenelle ?

16/04/2008

OGM : il fallait s'y attendre !



..."La solution retenue vise non pas à supprimer purement et simplement l'amendement Chassaigne – qui restreignait l'utilisation des OGM en les interdisant notamment dans les zones AOC – mais à le vider totalement de son contenu."...
..."ANNULER TEL QUEL L'AMENDEMENT RISQUAIT DE PROVOQUER UNE POLÉMIQUE" ...

12/04/2008

instructif

lu sur univers-nature.com :
09-04-2008

Les députés adoptent un projet de loi OGM dans une Assemblée Nationale à vif

Cet après-midi, il s’en est fallu de peu pour que le très controversé projet de loi sur les OGM ne soit pas adopté par l’Assemblée Nationale. Néanmoins, par une très courte majorité (245 pour/228 contre/41 abstention) les députés ont voté un texte qui fait la part belle aux pro-OGM et qui a suscité des débats très animés, y compris au sein du groupe UMP majoritaire.

Pour mémoire, la future loi OGM a principalement pour vocation de transcrire une directive européenne de 2001, visant à permettre la coexistence des cultures transgéniques, traditionnelles et biologiques. Alors que le projet de loi présenté par le gouvernement, dans la continuité du Grenelle de l’environnement et de la suspension du maïs MON 810 de Monsanto, s’inscrivait initialement dans une logique privilégiant la recherche, les sénateurs l’ont, à l’aide d’amendements, réorienté en faveur du plus grande permissivité des cultures OGM.
Au cours des différentes journées qui ont précédé le vote d’aujourd’hui, les députés n’ont pas rééquilibré le projet de loi provoquant des réactions très vives, y compris dans les rangs de la majorité ; que cela soit dans les rangs des députés, avec François Grosdidier, des sénateurs avec Jean-François Le Grand, ou même gouvernementaux avec la secrétaire d’Etat en charge de l’écologie Nathalie Kosciusko-Morizet.

Ainsi, Jean-François Le Grand, "accessoirement" Président du groupe de travail sur les OGM du récent Grenelle de l’Environnement, a annoncé qu’il ne participerait pas à la deuxième lecture, se déclarant indigné et révolté par le comportement des sénateurs de son propre parti lors de l’examen du projet. De son côté, à l’Assemblée Nationale, François Grosdidier a voté avec 9 autres députés UMP contre (comme 218 divers gauche et centre) considérant que la version amendée déséquilibrait le projet initialement proposé par le gouvernement. Une thèse visiblement soutenue par Nathalie Kosciusko-Morizet, très isolée dans l’Hémicycle, et qui dans le quotidien Le Monde, paru ce jour (daté du 10 mars), ne mâche pas ses mots en direction de Jean-François Copé, Président du groupe UMP de l’Assemblée, et de Jean-Louis Borloo, son ministre de tutelle.
En effet, alors que J-F Copé avait reproché mardi à N. Kosciusko-Morizet d’être "à la source des problèmes" qui ont vu l’adoption de plusieurs amendements proposés par l’opposition, le journal rapporte que celle-ci aurait déclaré "Il y a un concours de lâcheté et d’inélégance entre Jean-François Copé, qui essaie de détourner l’attention pour masquer ses propres difficultés au sein du groupe, et Jean-Louis Borloo, qui se contente d’assurer le minimum… Si le travail de préparation préalable avait été fait dans le groupe, cela ne se serait pas produit. Ce n’est pas normal qu’il y ait eu aussi peu de députés en séance… Manifestement, Copé n’arrive pas à tenir le groupe… Quant à Jean-Louis (N.D.L.R.), j’attends avec impatience qu’il vienne exprimer la "parole unique" du gouvernement dans l’Hémicycle. Quand il veut, il vient."
Evidemment de tels propos n’ont été que très moyennement appréciés dans les rangs de l’UMP, dont N. Kosciusko-Morizet est pourtant la Secrétaire générale adjointe depuis le 28 mars. C’est ainsi que le Premier ministre François Fillon, aurait exigé, lors d’une réunion du groupe UMP de l’Assemblée, que la secrétaire d’Etat présente ses excuses, ce qu’elle a fait sur France Inter, soulignant également que l’article du Monde était "excessif dans sa formulation". Au-delà de ce rappel à l’ordre que l’on peut qualifier d’étonnant, sachant que le secrétaire d’Etat à l’écologie œuvrait pour défendre un texte présenté par le gouvernement… il semble que sa présence ne soit plus souhaitable lors du voyage que fera le chef du gouvernement au Japon, tandis que celui-ci lui aurait aussi demandé de ne pas être présente sur les bancs de l’Assemblée nationale, cet après-midi lors du vote…

C’est donc dans une ambiance très tendue que le projet de loi a été voté et que les rares dispositions adoptées dans le sens d’un certain encadrement/limitation des OGM sont très floues, interprétables ou quasi inapplicables. C’est par exemple le cas de l’article concernant les parcs nationaux et régionaux, qui leur donne la possibilité d’exclure la culture des OGM sur tout ou partie de leur territoire, sous réserve que cette possibilité soit prévue dans leur charte et qu’ils aient l’accord unanime de tous les exploitants agricoles de leur territoire. Autre exemple, alors que le seuil d’une contamination par les OGM s’établit à 0,1 %, les députés ont retenu 0,9 %, tout en ne reconnaissant pas les dommages environnementaux et aux productions agricoles conventionnelles ou biologiques. Au final, seul l’article qui vise à protéger les labels de qualité et/ou d’origine contrôlée (AOC, etc.) apporte une avancée réelle, qui reste cependant soumise au bon vouloir de la deuxième lecture des sénateurs…

Du côté associatif, si Greenpeace tire un bilan très négatif de l’ensemble, Arnaud Apoteker considérant que "Comme au Sénat, la frange la plus rétrograde de la majorité UMP s’est allégrement assise sur le Grenelle, sur le principe de précaution, sur la directive européenne qu’elle était censée traduire en droit français et sur le souhait des citoyens", les autres réactions sont très étonnamment plus nuancées. Dans un communiqué de presse commun, France Nature Environnement (FNE), la Fondation Nicolas Hulot et la LPO "espèrent que le vote en 2e lecture au Sénat ne sera pas l’occasion de revenir sur les améliorations apportées au texte par les députés, mais bien au contraire d’améliorer encore la protection de l’environnement et de l’agriculture de qualité et de renforcer le régime de responsabilité."
Pascal Farcy

04/04/2008

Les risques de cancer liés aux rejets des incinérateurs



..."ces travaux ont été discrètement publiés, le 27 mars, sur le site de l'InVS.
La présentation des résultats préliminaires de cette même étude, en novembre 2006, avait fait l'objet de davantage de publicité. Si les conclusions globales n'ont pas notoirement changé, certains chiffres ont été revus à la hausse, d'autres sont apparus."...
..."Les auteurs de l'étude reconnaissent que celle-ci sous-estime probablement les risques réels, puisque les cancers survenus après 1999 ne sont pas pris en compte. "Or la littérature scientifique nous enseigne que des cancers peuvent apparaître trente ans après l'exposition à certaines substances", note Pascal Fabre."...

01/04/2008

OGM : un projet de loi décrié



projet de loi initial sur le site:
http://www.assemblee-nationale.fr/13/projets/pl0719.asp
projet de loi remanié par le Sénat sur le site :
http://www.senat.fr/leg/pjl07-149.html

..."Le député UMP de la Moselle, François Grosdidier, a adressé une lettre ouverte à ses collègues, les appelant à "revenir au texte initial déposé par le gouvernement", en y "apportant des garanties supplémentaires". Mais il est l'un des rares de son groupe à rejeter ce texte. "...
LE COURAGE DE CE DÉPUTÉ DOIT ÊTRE SOULIGNÉ !

..."Marc Laffineur, porte-parole du groupe UMP sur le projet de loi OGM, a affirmé qu'il n'y avait "pas de complot derrière la recherche sur les OGM" mais "juste de grands espoirs pour l'avenir", notamment "en matière de cancérologie et de vaccinothérapie". Et d'estimer que "l'adoption de ce texte par l'Assemblée nationale va dans le sens de l'histoire".

LA MALHONNÊTETÉ INTELLECTUELLE DU PORTE PAROLE DU GROUPE UMP EST HALLUCINANTE !
L'amalgame des OGM cultivés en plein champ ( promus par les firmes agro-chimiques et destinés à faciliter l'usage de produits toxiques herbicides ) avec les recherches visant à utiliser des plantes pour produire des molécules potentiellement utiles en santé humaine est abusif !
Ces dernières ne seront pas cultivées en plein champ mais sous serre, dans des endroits confinés, et ne risqueront pas de contaminer l'environnement. Elles ne seront pas destinées à l'alimentation humaine ou animale. ÇÀ CHANGE TOUT !

30/03/2008

OGM et principe de précaution : une lettre ouverte

pour information :
LE TEXTE CI-DESSOUS EST À DIFFUSER ET À ENVOYER AUX DÉPUTÉS
AVANT LE VOTE DE LA LOI LE MERCREDI 2 AVRIL.
Les adresses e-mail des députés peuvent être trouvées sur le site de l’Assemblée Nationale :
http://www.assemblee-nationale.fr/13/tribun/comm3.asp
SI VOUS AVEZ UN BLOG, mettez le texte sur votre blog (faites un copié/collé)
SI VOUS AVEZ UNE ASSOCIATION, envoyez le texte à partir de l’adresse de votre association et informez l’association “Une place pour Tous !” de votre envoi.
(e-mail : uneplacepourtous@cegetel.net)
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Collectif d'Associations pour le principe de précaution : "Planète Unique"
Association "Une place pour Tous" ; Association selon la loi 1901 n°w343003036

Lettre ouverte aux élus de la Nation

L’histoire de la science est faite d’une succession de victoires... et de défaites. Seulement, on ne retient que les victoires si bien que la science est perçue nécessairement comme un vecteur de progrès.

C’est ainsi que les OGM sont considérés comme un progrès dont l’agriculture mondiale ne pourra se passer. Qu’il faudra, bon gré malgré, les accepter, en dépit des risques environnementaux et sanitaires que présente leur culture en plein champ. Qu’on n’a pas d’autre choix que d’adhérer à cette technologie, promue à marche forcée par des lobbies agro-chimiques qui s’affranchissent des contrôles que le principe de précaution exige. Aussi entendons-nous, ici et là, qu’il ne peut y avoir d’autres voies. Face à ces lobbies, il faudrait, semble-t’il, soutenir nos firmes agro-alimentaires afin qu’elles puissent faire contrepoids et ouvrir une concurrence profitable à tous.


En toute sincérité, nous avons du mal à y croire ! Pour une raison simple : les promoteurs de ces nouvelles technologies destinées à l’agriculture sont mûs par des stratégies purement mercantiles. Ils visent à promouvoir leurs produits et visent un monopole sur la distribution des semences et le contrôle de leur utilisation. Cette situation, absolument nouvelle dans l’Histoire de l’Humanité, a des répercussions potentielles d’une ampleur telle qu’elle mérite une réflexion approfondie et une remise à plat des règles existantes sur les brevets pouvant être pris sur les organismes vivants.


Osons donc sortir de ce ghetto intellectuel nous imposant une vision unique du progrès. Et ayons confiance en ce fantastique pouvoir d’innovation dont l’homme est capable dès lors qu’il a un défi à relever.


Rappelons tout d’abord que les OGM sont le résultat d’une technologie développée dans des laboratoires publics pour la recherche fondamentale en génétique moléculaire. Ces techniques, utilisées dans le confinement des laboratoires, étaient licites pour l’acquisition de connaissances nouvelles. Le sont-elles pour créer, par exemple, des plantes OGM dont la seule finalité est de résister à des herbicides chimiques ? Peut-on accepter que de telles plantes, qui n’ont pas été créées pour avoir des qualités nutritionnelles améliorées mais simplement pour faciliter l’utilisation de produits toxiques, puissent être cultivées en plein champ sans une évaluation approfondie de leur impact sur l’environnement ? Ceci alors que l’on sait que, par la diffusion de leur pollen, elles vont le modifier de façon irréversible à plus ou moins long terme ?

Il y a d’autres voies à explorer pour aider l’agriculture à répondre aux besoins fondamentaux de l’humanité, qui ne sont pas que des besoins en quantité de nourriture. Par exemple, il faut encourager la mise au point de plantes nécessitant moins d’irrigation, ou n’ayant pas besoin d’être semées chaque année, ou capables d’utiliser l’azote de l’air comme engrais, ou ayant une plus grande valeur nutritive. De tels développements peuvent se faire soit par génie génétique, soit par des croisements génétiques conventionnels. Et dans le cas des OGM, il faut évaluer sérieusement leur impact potentiel sur l’environnement et la santé avant d’autoriser leur culture en plein champ.

Notre actualité est riche de mises en garde sur cette vision de la science “nécessairement porteuse de progrès”. Rappelons-nous un passé très proche, à savoir la crise de la vache folle et l’émergence et des maladies à prions qui en ont résulté. En Grande Bretagne on a commencé à dénombrer des centaines de victimes et ce n’est
certainement que le début de l’épidémie ! En France vient d’éclater l’affaire des hormones de croissance provoquant la maladie de Kreutzfeld-Jacob en raison de ses conditions de fabrication, et des centaines de jeunes traités par cette hormone vont y laisser la vie.

Pour ces raisons, il nous paraît important que le principe de précaution, qui a désormais une valeur constitutionnelle, soit impérativement observé et, pour chaque parlementaire, intégré dans le processus législatif.

En effet, l'Article 5 de la Charte de l’Environnement de 2004 précise que :

« Lorsque la réalisation d’un dommage, bien qu’incertaine en l’état des connaissances scientifiques, pourrait affecter de manière grave et irréversible l’environnement, les autorités publiques veillent, par application du principe de précaution et dans leurs domaines d’attributions, à la mise en œuvre de procédures d’évaluation des risques et à l’adoption de mesures provisoires et proportionnées afin de parer à la réalisation du dommage. »

De par ce texte, le risque de dommage impose la mise en œuvre impérative du principe de précaution, car la responsabilité des élus et des dirigeants ministériels sera engagée en cas de catastrophe sanitaire liée à l’utilisation des OGM.

Rappelons que de multiples instruments juridiques internationaux prennent en compte les droits humains fondamentaux, dans leur dimension indivisible et universelle, de la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 à la Convention européenne des droits de l’homme et des libertés fondamentales. Ainsi, la France a été signataire, en avril 1997, de la Convention pour la protection des Droits de l'Homme et de la dignité de l'être humain à l'égard des applications de la biologie et de la médecine, dite Convention d'Oviedo du Conseil de l'Europe.

Cette convention précise dans son Article 1 : Objet et finalité

« Les Parties à la présente Convention protègent l'être humain dans sa dignité et son identité et garantissent à toute personne, sans discrimination, le respect de son intégrité et de ses autres droits et libertés fondamentales à l'égard des applications de la biologie et de la médecine.»

« Chaque partie prend dans son droit interne les mesures nécessaires pour donner effet aux dispositions de la présente Convention. »

« Article 2 : Primauté de l'être humain

« L'intérêt et le bien de l'être humain doivent prévaloir sur le seul intérêt de la société ou de la science. »

« Chapitre X – Article 28 - Débat public.

« Les parties à la présente Convention veillent à ce que les questions fondamentales posées par les développement de la biologie et de la médecine fassent l'objet d'un débat public approprié à la lumière, en particulier, des implications médicales, sociales, économiques, éthiques et juridiques pertinentes, et que leurs possibles applications fassent l'objet de consultations appropriées. »

La France doit, en vertu de sa Constitution du 4 octobre 1958, honorer ses engagements internationaux et appliquer strictement l'esprit et la lettre de cette Convention d'Oviedo.

Or, tel qu’il a été amendé par le Sénat, le projet de loi, en avalisant la contamination des cultures conventionnelles par les cultures transgéniques en-dessous d’un seuil de 0.9%, ne répond pas à ce souhait. Il promeut, de fait, le droit de produire et de consommer avec OGM au détriment du droit de produire et de consommer sans OGM, l’agriculture biologique s’en trouvant ainsi la première victime. Rappelons ici que le rapport de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture souligne que l’agriculture biologique a un potentiel suffisant pour satisfaire la demande alimentaire mondiale. Au vu de ce déséquilibre ainsi que des risques environnementaux et sanitaires que font encourir les cultures transgéniques en plein champ, nous vous demandons instamment de légiférer dans le respect d’un principe de précaution strict.

En conclusion, il est important de prendre conscience d’une vérité dont la logique ne peut être mise en défaut : évoluer vers un monde meilleur et une société harmonieuse suppose une mise en adéquation de ce qui est souhaitable et de ce qui est possible. Donc il faudra nécessairement adapter la démographie et les besoins aux ressources disponibles. Car notre planète Terre est un espace limité et ses ressources le sont aussi.

Fait à Tours et Montpellier, le 28 mars 2008

Collectif Citoyen pour le Principe de Précaution

19/03/2008

pollution des rivières



"L'estuaire de la Loire souillé par une centaine de tonnes de fioul échappées, dimanche 16 mars, d'une raffinerie Total ; un avertissement de la Commission européenne à la France, fin janvier, pour la non-conformité de ses stations d'épuration ; une association provençale de médecins qui lance, avec le soutien de la branche française du Fonds mondial pour la nature (WWF), une enquête sur l'imprégnation aux polychlorobiphényles (PCB) de riverains du Rhône... Si l'on se fie à l'actualité des dernières semaines, l'eau des rivières françaises n'aurait plus de douce que le nom."...

11/02/2008

les dangers des nanoparticules pour la santé



"A notre insu, les nanoparticules ont envahi notre vie quotidienne. On en trouve déjà de plus de 1 300 types différents (poudres, fils, tubes...) dans plusieurs centaines de produits vendus dans le commerce, le plus souvent sans étiquetage particulier. Elles sont, par exemple, présentes dans les crèmes solaires et les cosmétiques, les produits de nettoyage, les textiles, les carburants, les peintures, les pneus de voiture, les encres d'imprimante, ou même certains aliments. Et le marché de cesse de croître."...
..."des nanoparticules de carbone ou d'oxyde de titane, utilisées largement dans l'industrie, peuvent provoquer, à des concentrations élevées, une inflammation au niveau pulmonaire, ce qui pourrait largement participer à l'initiation et au développement de pathologies", décrit Francelyne Marano, directrice du laboratoire de cytophysiologie et toxicologie cellulaire (université Paris-VII).
Les travaux concernant l'impact des nanoparticules sur les écosystèmes sont encore plus fragmentaires. Des altérations du développement embryonnaire ont été mises en évidence chez le poisson zèbre (danio rerio), ainsi que des troubles des capacités respiratoires chez la truite arc-en-ciel. En outre, il apparaît que certaines nanoparticules peuvent fixer et transporter des quantités importantes de substances contaminantes (arsenic, cadmium, etc.) et provoquer leur accumulation dans l'organisme de poissons comme la carpe, donc dans la chaîne alimentaire. "

07/02/2008

la pollution des fleuves aux PCB


23/01/2008

Après le gaucho et le régent, le cruiser menace les abeilles

Le ministre de l’agriculture vient d’autoriser l’utilisation d’une nouvelle semence de maïs traitée par l’insecticide systémique dangereux appelé Cruiser dont la matière active est le Thiamethoxam.

Même si cette autorisation ne s’étend pas aux maïs à consommation humaine et aux lignées mâles destinées à la production de semences, la précipitation de cette décision sous la pression des maïsiculteurs intensifs, des semenciers et des producteurs de produits phytosanitaires sera dommageable pour l’avenir.
En effet, la toxicité de cet insecticide est très forte :
- 5 nanogrammes* (ng) suffisent pour tuer une abeille.
- En outre, sa toxicité est équivalente à celle du fipronil et de l’imidaclopride dont on connaît les effets délétères sur le rucher français (cf. affaires Gaucho et Regent).
- De plus, des doses de Thiamethoxam aussi basse que 0,5 ng par abeille ont des effets sub-létaux importants. Ainsi, le Thiamethoxam peut entraîner la perturbation du vol de retour à la ruche des abeilles, dont l’une des conséquences peut être l’affaiblissement des colonies.
- Le Thiamethoxam est également persistant dans les sols ce qui permet une éventuelle contamination des cultures suivantes.
Les précautions d'usage préconisées par l'AFSSA (dans son avis du 20 décembre 2007) retenues par le Ministère ne reposent que sur des résultats intermédiaires et ne permettent pas de juger des effets sur le long terme de ce produit sur les abeilles, l'Homme et l'environnement. De plus, ces précautions ne nous paraissent pas de nature à limiter les risques à court terme étant donné, notamment, les difficultés à contrôler leur application.
En outre, un risque d’extension future de l’homologation pour d’autres usages (sur colza ou encore en production fruitière) n’est pas à écarter. Enfin, les poussières qui se dégagent au moment du semis de semences enrobées ont été responsables de la disparition d’un grand nombre d’abeilles au printemps 2007 en Italie.
Dans ces conditions, et alors que les travaux du Comité Scientifique et Technique (CST) chargé d’évaluer les causes de dépérissement des colonies d’abeilles sont volontairement arrêtés depuis deux ans, nous nous élevons contre cette autorisation et demandons le retrait de cette AMM* qui permettrait à un insecticide qu’on sait être extrêmement dangereux pour les abeilles d’être répandu dans l’environnement au mépris du principe de précaution.

*Autorisation de Mise sur Marché

Signataires
Confédération paysanne
Cyberacteurs
MDRGF
UNAF

COMMENT AGIR ?

Sur le site de cyberacteurs (lien ci-contre)
Cette cyber @ction est signable en ligne
http://www.cyberacteurs.org/actions/lettre.php?id=193