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17/05/2013

Le pouvoir d'achat des ménages (suite) : le fisc aide Tapie

à lire sur MEDIAPART :

Tapie: le fisc a passé l'éponge sur 15 millions d'impôts
PAR LAURENT MAUDUIT

Selon nos informations, l’administration des impôts a renoncé en 2009 à saisir la Cour d’appel de Paris pour réclamer à Bernard Tapie le paiement de près de 15 millions d’euros d’arriérés d’impôt, dont 12 millions au titre de ses impôts sur le revenu des années 1992 et 1993. La justice risque de s'intéresser à cette nouvelle affaire, pour déterminer notamment qui a pu donner des instructions.

Lire la suite

extrait :

..."le fisc a passé l’éponge sur deux années d’impôt sur le revenu d’un contribuable qui figurait parmi les plus riches de France. L’affaire n’est certes pas inédite : en 2011, Mediapart avait ainsi déjà révélé que le ministre du budget de l’époque avait accordé une remise d’impôt de 6,2 millions d’euros au principal condamné du procès Elf, André Tarallo, connu sous le sobriquet de « Monsieur Afrique » (lire Une remise d’impôt de 6 millions d’euros pour le principal condamné du procès Elf)."...

13/02/2013

Corruption, argent, assassinats, Russie, Europe

lu sur :

http://www.lemonde.fr/international/article/2013/02/12/affaire-magnitski-l-option-de-sanctions-contre-des-responsables-russes-pour-les-europeens_1830863_3210.html

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Affaire Magnitski : l'option de sanctions contre des responsables russes pour les Européens

LE MONDE | 12.02.2013 à 13h26 • Mis à jour le 12.02.2013 à 13h26

Par Piotr Smolar

Après les Etats-Unis, l'Europe. Changement de front pour les promoteurs de sanctions contre les responsables russes impliqués dans la mort de l'avocat Sergueï Magnitski. Ils ont déjà remporté une partie majeure à Washington. Le 14 décembre 2012, le président, Barack Obama, a promulgué une loi prévoyant des sanctions contre des dizaines de hauts fonctionnaires russes coupables d'atteintes aux droits de l'homme. Ce texte porte le nom de l'ancien avocat du fonds d'investissement Hermitage Capital Management, maltraité et décédé en prison en 2009, après avoir découvert une vaste escroquerie fiscale de 230 millions de dollars (172 millions d'euros).

Depuis, le patron d'Hermitage, Bill Browder, parcourt les capitales européennes pour encercler les coupables. Son objectif : l'adoption d'une liste semblable dans un des pays de la zone Schengen, afin que les sanctions deviennent applicables dans l'ensemble de cet espace. De passage à Paris lundi 11 février, il cherche des soutiens parmi les parlementaires français. "Il s'agit d'une question non partisane, dit-il. Nous ne demandons pas de changement de politique à l'égard de la Russie, mais des mesures visant les responsables en cause. La question posée aux dirigeants français est simple : voulez-vous que des criminels et des tortionnaires se déplacent librement en France ?" Bill Browder fait référence aux biens immobiliers qu'auraient acquis, selon lui, certains membres de ce groupe. "Il y a trois pays où les Russes aiment posséder des propriétés, explique-t-il : la Grande-Bretagne, la France et l'Italie."

 

Cette question devrait prendre de l'ampleur, à l'approche de la visite de François Hollande à Moscou, le 28 février. Le chantier reporté de la cathédrale orthodoxe à Paris, l'imbroglio autour des navires Mistral achetés par la Russie et enfin l'affaire Depardieu ont provoqué des mouvements d'humeur entre les deux capitales.

EFFET DOMINO

Pourtant, au Quai d'Orsay, on ne semble guère préoccupé par le dossier Magnitski. On souligne qu'il n'a jamais été évoqué au niveau européen. Le 23 octobre 2012, le Parlement à Strasbourg a adopté une résolution non contraignante en faveur des sanctions, mais elles n'ont pas figuré à l'ordre du jour à Bruxelles. Côté français, on relativise aussi l'impact de l'affaire Magnitski dans les relations entre les Etats-Unis et la Russie. "Ce dossier est un irritant sur une liste qui en comprend plusieurs, précise un diplomate. Mais les deux pays ont l'habitude de travailler sur des sujets précis en contournant les obstacles."

En réaction au Magnitski Act, la Douma (la Chambre basse du Parlement russe) a adopté une législation très contestée, interdisant notamment aux parents américains d'adopter des orphelins russes. Mais cette mesure de rétorsion a eu des effets secondaires. Elle a provoqué un trouble dans une partie des élites, donné de nouveaux arguments à l'opposition dans la rue et trahi la fébrilité des responsables russes, inquiets pour leurs avoirs. Le procès post mortem du juriste pour fraude fiscale, prévu le 18 février, donne un indice de la dimension prise par l'affaire et de la crainte d'un effet domino dans les pays occidentaux.

Car parallèlement aux sanctions, un autre front est ouvert, celui des investigations judiciaires. Plusieurs pays - la Suisse, la Lettonie, la Lituanie, Chypre, la Moldavie - se sont lancés à la recherche des 230 millions de dollars blanchis. En Suisse, le ministère public de la Confédération vient de bloquer plusieurs comptes auprès du Credit suisse et d'autres banques, dans le cadre d'une enquête ouverte depuis mars 2011. Un témoin clé, Alexander Perepilichny, est décédé en novembre 2012. Cet homme d'affaire russe de 44 ans a renseigné la justice suisse sur l'implication de hauts fonctionnaires russes dans le réseau.

En Moldavie, le centre national anticorruption a ouvert une instruction pour vérifier la circulation des fonds par le biais de son territoire. Selon des documents obtenus par le fonds Hermitage, le groupe criminel russe aurait transféré 53 millions de dollars en 2008 sur deux comptes appartenant à la banque Banca de Economii, contrôlée par l'Etat, avant qu'ils soient redistribués immédiatement vers d'autres comptes à l'étranger. Le premier ministre, Vladimir Filat, qui défend l'ambition européenne de la Moldavie, a déclaré qu'il supervisera directement cette enquête.

02/04/2012

Rêver un peu ...

lu sur :

http://www.lepoint.fr/monde/italie-le-tresor-des-kadhafi-31-03-2012-1447059_24.php?xtor=EPR-6-[Newsletter-Quotidienne]-20120401

Le trésor des Kadhafi

Rome a saisi plus d'un milliard d'euros de biens appartenant à la famille du colonel Kadhafi. Une infime partie du trésor du clan de l'ancien dictateur.

De notre correspondant à Rome,

Les autorités italiennes ont saisi, mercredi, 1,1 milliard d'euros de biens appartenant à la famille du colonel Kadhafi. Le leader de la révolution libyenne était propriétaire dans la Ville éternelle d'un immense appartement via Veneto, d'un bois de 150 hectares dans l'île de Pantelleria, et son fils Saadi de plusieurs grosses motos. 

Mais, outre ces caprices de dictateur, des participations dans les entreprises italiennes les plus stratégiques figurent également dans la liste des avoirs du clan Kadhafi. Ainsi, la Lia et le Lafico, deux fonds d'investissement aux mains du dictateur, détenaient 1,25 % d'Unicredit, la plus grande banque de dépôt italienne. Une participation libyenne qui crée des remous dans la péninsule. En 2010, Alessandro Profumo, patron d'Unicredit, avait déjà été limogé quand les Libyens étaient devenus les plus gros actionnaires de la banque en détenant 2,7 % du capital.

On retrouve également les Kadhafi dans le groupe pétrolier Eni (0,58 %), dans le holding d'armement Finmeccanica (2 %), dans Fiat (0,33 %) et... dans la Juventus de Turin (1,5 %). La saisie des autorités italiennes s'appuie sur une décision de la Cour de La Haye, qui avait lancé des mandats d'arrêt internationaux contre le dictateur et sa famille pour crimes contre l'humanité et avait demandé le gel de toutes leurs propriétés.

Chasse au trésor

Les avoirs saisis dans la péninsule ne sont toutefois que la pointe de l'iceberg. On évalue généralement les biens de la famille Kadhafi éparpillés dans le monde à 100 milliards de dollars, dont 37 milliards aux États-Unis et 30 milliards en Europe. Le reste est placé au Moyen-Orient et en Afrique. Toutefois, en évoquant les confidences d'officiers supérieurs libyens, le Los Angeles Times a doublé la mise et estimé à 200 milliards de dollars le trésor caché du clan Kadhafi.

Il ne suffit pourtant pas de localiser les propriétés de l'ancien dictateur ou de ses familiers pour les confisquer. Ainsi, tout le monde savait à Londres qu'une villa victorienne de Hampstead - huit chambres, une piscine et un cinéma - avait été achetée pour 10 millions de livres sterling par Saadi Kadhafi

Mais il a fallu des mois à la Haute Cour britannique pour démontrer que derrière l'acquéreur officiel, la Capitana Seas Limited dont le siège social est situé dans les îles Vierges, se cachait le fils du colonel. Il en sera de même pour tous les autres biens du clan attribués à des prête-noms ou à des sociétés-écrans situées dans les paradis fiscaux. La chasse au trésor sera donc longue. Mais c'est pour la bonne cause : les avoirs confisqués seront dévolus aux victimes de l'ancien régime libyen.

30/03/2012

Obiang, UNESCO, et biens mal acquis

communiqué d'ANTICOR :

Le 13 Octobre 2011, M. Teodoro Nguema Obiang, fils du Président équato-guinéen,  a été nommé par la Guinée Équatoriale « délégué permanent adjoint auprès de l'UNESCO ». Le même M. Obiang, dit « Teodorin », est visé dans l'Affaire des Biens Mal Acquis par la plainte déposée par SHERPA et Transparence International France, dont l'instruction est en cours.

Cette nomination, intervenue deux semaines seulement après la saisie spectaculaire en Septembre de ses voitures de luxe en France, pourrait lui conférer l'immunité diplomatique et contrarier le déroulement de l'enquête. Les circonstances soulèvent d'importantes interrogations quant aux motivations de la décision du gouvernement équato-guinéen. Rappelons que Pierre Falcone avait tenté d'utiliser ce même procédé dans l'affaire de l'Angolagate, dans le but de se soustraire à la justice.

Ce petit état pétrolier d'Afrique Centrale a le revenu moyen par habitant le plus élevé d'Afrique, équivalent à celui de l'Espagne. Pourtant, la majorité de la population n'a accès ni à l'eau potable, ni à l'électricité, encore moins à l'éducation et aux soins. Parallèlement, la classe dirigeante, Teodorin Obiang en particulier, mène un train de vie d'un luxe outrancier.

Il est inacceptable qu'une organisation internationale telle que l'UNESCO puisse être instrumentalisée aux fins d'entraver le travail de la justice. Le Ministère des Affaires Étrangères et Européennes a le pouvoir de s'opposer à la nomination de Teodorin Obiang.

Agissez pour que le précédent Falcone ne se répète pas et pour permettre aux juges d'instruction de poursuivre sereinement leur enquête, en signant la pétition qui sera adressée à notre Ministère des Affaires étrangères !

Cliquez sur ce lien !

http://www.petitions24.net/immunite__impunite 


(Le texte que nous relayons ci-dessus est l'introduction de cette pétition de SHERPA)

03/03/2012

Comment s'étonner d'une crise sociale ?

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/02/29/plus-on-est-riche-moins-on-a-de-morale-c-est-prouve_1649297_3244.html

Plus on est riche, moins on a de morale, c'est prouvé

Des chercheurs américains et canadiens documentent l'existence d'une relation inverse entre élévation dans la hiérarchie sociale et éthique du comportement individuel.

11/01/2012

La police des polices, au cœur d'un scandale judiciaire

lu sur :

http://www.lemonde.fr/societe/article/2012/01/11/la-police-des-polices-au-c-ur-d-un-scandale-judiciaire_1628115_3224.html#ens_id=1628126

La police des polices, au cœur d'un scandale judiciaire

Quatre juges enquêtent sur l'Inspection générale des services, suspectée d'avoir falsifié des PV pour accuser à tort des fonctionnaires de la Préfecture.

Au total, quatre fonctionnaires ont été injustement mis en examen, M. Blanc ayant "seulement" été placé en garde à vue. Tous les cinq ont été suspendus à la suite de cette affaire montée de toutes pièces – un "chantier", dans le jargon policier. Ils ont été innocentés en janvier 2011 par la cour d'appel de Paris. Et, désormais, la justice enquête sur… l'enquête de l'IGS. Quatre juges d'instruction parisiens mènent six enquêtes distinctes sur la "police des polices", par ailleurs épinglée dans l'affaire des fadettes du Monde. L'institution policière, déjà mise en cause dans les affaires Neyret et Carlton, est durablement déstabilisée.

Le préfet de police de Paris, Michel Gaudin, pilier du système sarkozyste, est visé par l’une des procédures. Il a été interrogé le 15 décembre 2011 en qualité de témoin assisté, un statut hybride entre celui de témoin simple et de mis en examen. Tout comme un autre préfet, ancien patron des renseignements généraux, Pascal Mailhos. Ils ont tous deux été les signataires des arrêtés de suspension visant les fonctionnaires injustement accusés. Il leur est notamment reproché de s’être appuyés sur des éléments judiciaires dont ils n’auraient pas dû avoir connaissance. Ils ont soutenu que des éléments concrets visant les agents des affaires réservées avaient été obtenus par l’IGS.

Ces derniers n’ont pas fait mystère, lors de leurs interrogatoires, des multiples services qui leur étaient demandés en tant que fonctionnaires délivrant des titres de séjour, et même des relations qu’ils entretenaient avec des demandeurs, allant parfois jusqu’à s’offrir mutuellement des présents. Sans jamais, comme l’a assuré la cour d’appel, avoir franchi la ligne jaune.

En toute discrétion, les magistrats, menant eux-mêmes les investigations, ont mis au jour de nombreuses irrégularités : plusieurs procès-verbaux ont été truqués, des retranscriptions d’écoutes téléphoniques caviardées, des déclarations déformées, sans parler des pressions sur des témoins… Jusqu’au patron de l’IGS, Claude Bard, qui ira tirer des chèques sur son compte personnel pour défrayer un "expert" venu de nulle part. Ils ont auditionné des témoins évoquant la "censure" à l’IGS, et la mainmise de la hiérarchie sur toutes les procédures. Au final, une incroyable série d’anomalies, d’autant plus choquantes qu’elles émanent du service censé contrôler la légalité des actes des policiers.

Les procédures ont été lancées par les multiples plaintes déposées par Me David Lepidi, l’avocat des fonctionnaires mis en cause à tort. Elles visent notamment des faits de "faux en écritures publiques" – un crime passible de la cour d’assises –, "violation du secret de l’instruction""dénonciation calomnieuse" et autres "violences volontaires". Par ailleurs, Me Lepidi a saisi par courrier le Conseil supérieur de la magistrature (CSM) du cas de la juge Michèle Ganascia, qui a procédé aux mises en examen injustifiées des quatre fonctionnaires sur la base de l’enquête tronquée de l’IGS.

Outre l’institution policière, l’affaire pourrait aussi se révéler embarrassante pour Nicolas Sarkozy, à l’époque ministre de l’intérieur puis président de la République. Dans une note du 1er mars 2010 destinée à la justice, Yannick Blanc expliquait qu’il ne faisait aucun doute que "seul le biais politique" permettait de comprendre pourquoi l’IGS s’était "ingéniée, contre toute vraisemblance, à [l’impliquer] et à impliquer Daniel Vaillant, via son officier de sécurité, dans une affaire de corruption et de trafic d’influence parfaitement imaginaire".

Lui aussi visé par la manipulation, le maire (PS) du 18e arrondissement de Paris et député Daniel Vaillant a résumé son sentiment dans un courrier adressé le 31 mars 2011 à l’ex-procureur général près la Cour de cassation, Jean-Louis Nadal : "En prononçant directement des non-lieux au bénéfice de tous les fonctionnaires mis en cause, la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris a ramené cette affaire à sa dimension réelle, celle d’un montage policier destiné à complaire au pouvoir politique dans le contexte de l’élection présidentielle de 2007."

Gérard Davet et Fabrice Lhomme

09/01/2012

Les Français sont égaux en droits ...

un article instructif à lire sur :

http://www.lepoint.fr/economie/les-secrets-inavouables-de-la-caste-06-01-2012-1415989_28.php

Les secrets inavouables de la caste

Le Point - Publié le 06/01/2012 à 11:37  

 

Dans "L'oligarchie des incapables", deux collaborateurs du Point dévoilent les dérives de ceux qui nous dirigent.

Par François de Closets            

Les Français sont égaux en droits devant le mérite qu'arbitre l'école, devant le pouvoir que régit la démocratie, devant la richesse que répartit la concurrence. Beaux principes qui se pervertissent lorsque les gagnants sont toujours les mêmes. La République se fait alors oligarchie. Or, d'une enquête à la suivante, c'est toujours le même constat. Notre classe dirigeante tend à devenir un monde de passe-droits et de privilèges, de combines et de corruption, un monde de l'entre-soi et de la barbichette coupé du reste de la population.

...

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Publicité gratuite :

1. L'oligarchie ça suffit, vive la démocratie d'Hervé Kempf (Seuil, 2011).

2. La République du copinage de Vincent Nouzille (Fayard, 2011).

3. Le règne des oligarchies d'Alain Cotta (Plon, 2011).

L'oligarchie des incapables de Sophie Coignard et Romain Gubert (Albin Michel, 363 p., 20 euros, en librairie le 6 janvier).

La trahison des élites

Ces deux-là ont trempé leur plume dans l'acide. Dans " L'oligarchie des incapables ", Sophie Coignard et Romain Gubert, qu'au Point nous connaissons bien, ne font pas de cadeaux. Leur vision de notre élite est celle d'une caste qui tourne sur elle-même. Au lieu de donner le cap à une société désorientée, abattue par la crise économique, la caste s'accroche à ses privilèges, fuit ses responsabilités et cède aux sirènes de l'argent roi. Vue d'en haut, la société française est un défilé de hauts fonctionnaires qui se désintéressent du service de l'Etat, d'intellectuels qui vont à la soupe, de patrons indécents, de sénateurs qui font des affaires, de courtisans qui arrachent des prébendes à l'Elysée... Un monde où chacun connaît tout le monde et ignore le monde. Où des voyous s'invitent dans les salons de la République. Où la devise est devenue " l'Etat, c'est pour nous ". Devant cette invraisemblable explosion des égoïsmes, pas étonnant que nos élites aient conduit là où il est ce pays perclus de déficits. Coignard et Gubert multiplient les anecdotes comme autant de preuves de la déliquescence des moeurs de ceux qui sont censés nous diriger. Pour les auteurs, nous sommes en 1788 et les incapables de l'Ancien Régime sont les oligarques d'aujourd'hui. Tout juste si le livre laisse entrevoir un espoir. Tout petit." Au bord du gouffre,écrivent-ils,nos oligarques doivent, dans l'urgence, trouver le courage de changer en profondeur leur système de décision, et renoncer à l'impunité. Est-ce trop leur demander ? " Sûrement beaucoup. 

11/06/2011

Les frères Sarkozy

Voir aussi sur ce blog la note du 17/10/2010:

La réforme des retraites, pourquoi, pour qui ? (reprise ci-dessous)(*)

lu sur :

http://www.lepost.fr/article/2011/03/22/2442296_les-trois-freres.html

Les trois frères 

22/03/2011 à 09h32 - mis à jour le 22/03/2011 à 13h15

 

Alors que le déficit prévisionnel de la Sécurité Sociale a été annoncé cette semaine et qu’une diminution des remboursements est au programme, penchons-nous sur le secteur de la santé et sur ses acteurs. 


Le Pôle Emploi, fusion de l’ANPE et de l’ASSEDIC sur une idée de Nicolas Sarkozy, compte 50.000 employés. La Sécurité Sociale, comprenant l’Assurance Maladie, l’Assurance Vieillesse et les URSSAF compte 120.000 employés.
 
Ces deux organismes ont été concernés par une réforme récente concernant les "complémentaires santé". Depuis le 1er janvier 2009, 170.000 employés ont été contraints de résilier leurs contrats avec leurs mutuelles pour adhérer à une "mutuelle employeur obligatoire;".
Ceux qui ont des enfants ont également été obligés d’ inscrire ces derniers sur le nouveau contrat (sauf exception). C'est une conséquence de la loi Fillon de 2003.
 
C'est le même organisme qui a remporté les deux marchés : le groupe Malakoff-Médéric obtenant 170.000 adhérents supplémentaires. Ajoutez à cela les 800.000 salariés CHR (café-hôtellerie-restauration) qui entreront dans le dispositif en janvier 2011.
 
Cette compagnie d’ assurance et de prévoyance Malakoff-Médéric sur le marché français : 
n°1 des groupes paritaires de protection sociale, 
n°2 de la retraite complémentaire,
 n°3 en santé collective (classement Argus de l’Assurance).
 Le groupe est né de la fusion de Malakoff et Médéric le 30 juin 2008, 6 mois avant la mise en place du dispositif "mutuelle obligatoire employeur" pour la Sécurité Sociale et le Pôle Emploi.  

Le président de Médéric cède sa place au président de Malakoff : Guillaume Sarkozy.

Au Medef de 2000 à 2006, il a aussi été le vice-président de la CNAM de 2004 à 2005.

Guillaume Sarkozy est le frère de Nicolas.

Intéressons-nous maintenant au troisième larron : François Sarkozy.
Pédiatre de formation, a abandonné la pratique pour l’industrie pharmaceutique depuis 2001. 
Il siège au conseil de surveillance de Bio Alliance Pharma et est devenu le président d’AEC Partners dont une des missions est le conseil aux fonds d’investissement.
 

 

François Sarkozy a lancé une chaîne de télévision spécialisée internet financée par le laboratoire Sanofi. Ajoutons ses relations avec le groupe Paris Biotech Santé, l’un des protagonistes de l’affaire de l’Arche de Zoë. il fait partie aujourd'hui des puissants lobbyistes de l’industrie pharmaceutique.
  D’ailleurs le grand plan Alzheimer lancé par le gouvernement est un joli cadeau de quelques centaines de millions d’ euros, une aubaine pour le secteur dont il défend les intérêts.
 A venir, le plan "Dépendance des Seniors" annoncé avant les prochaines élections présidentielles...
 
Trois frères

 - l’ un en charge de l’exécutif : notre Président,
 - l’ un à la tête d'un des plus gros groupes d’assurance santé,
 - le dernier sert les intérêts des laboratoires pharmaceutiques.
 
  On peut légitimement nourrir des inquiétudes sur l’avenir de notre système de santé. 
Les réformes engagées depuis 2004 ne font que confirmer sa détérioration et l’ on peut prédire son démantèlement d’ ici quelques années. Tout dépendra sans doute de 2012...


  Après cela, étonnons-nous de l'acharnement de Nicolas à réformer le financement des retraites (qui va fatalement s'orienter vers un système par capitalisation) et de sa "bienveillance" vis-à-vis de sa ministre Roselyne lorsqu'elle fait prospérer les grands laboratoires pharmaceutiques en leur achetant à-tout-va des millions de vaccins ... inutiles mais financièrement juteux !....

 

A faire circuler SANS modération, pour la bonne information des citoyens.


Groupe Malakoff Médéric
 http://fr.wikipedia.org/wiki/Groupe_Malakoff_M%C3%A9d%C3%A9ric
 
Guillaume Sarkozy
 http://fr.wikipedia.org/wiki/Guillaume_Sarkozy
 
BioAlliance Pharma
 http://fr.wikipedia.org/wiki/BioAlliance_Pharma
 
Polémique à propos du lien avec Paris Biotech Santé
 http://fr.wikipedia.org/wiki/L%27Arche_de_Zo%C3%A9#Pol.C3.A9mique_.C3.A0_propos

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un commentaire du porte-parole du groupe Malakoff Médéric :

Bonjour, 

Nous avons pris connaissance de votre post du 11 juin, dans lequel vous reprenez des informations qui circulent sur le net concernant le groupe Malakoff Médéric, à propos des contrats santé-prévoyance de Pôle Emploi, de l’UCANSS et des Hôtels Cafés restaurants. Ces informations sont erronées. En effet, le groupe Malakoff Médéric a répondu à l’ensemble des appels d’offres cités dans le strict respect des règles déontologiques, aux côtés d’une concurrence sévère. Par ailleurs, le groupe assurait déjà, historiquement, la protection de nombreux salariés des organismes visés par l’article en cause (ASSEDIC, UCANSS, HCR…)

Afin d’être tout à fait clair et en tant que porte-parole du groupe Malakoff Médéric, je me permets de vous apporter les précisions suivantes :    

Concernant les contrats Pôle emploi et UCANSS  

Les salariés de Pôle Emploi couverts en prévoyance et en santé par le groupe Malakoff Médéric représentent  49 000 personnes. S’agissant des salariés couverts par le contrat santé UCANSS (Union des caisses nationales de Sécurité sociale), je vous précise qu’il s’agit d’un partenariat avec la Mutualité française et le groupe AG2R, relevant tous deux du secteur de l’économie sociale à but non lucratif. De ce fait, les salariés de l’UCANSS couverts en santé par le groupe Malakoff Médéric représentent 36 500 personnes. Nous sommes loin du chiffre de 170 000 qui circule sur le Net.

Concernant les contrats santé Hôtels Cafés restaurants (HCR) :

Du fait du partenariat historique avec cette branche d’activité, le groupe Malakoff Médéric a concouru lors de l’appel d’offres de mai 2009 sur la mise en place d’un régime frais de santé au bénéfice des salariés.

L’ensemble des organisations syndicales et patronales de la branche HCR a retenu comme gestionnaire du régime les groupes paritaires que sont le groupe Mornay, le groupe Audiens et notre groupe. Compte tenu de ce partenariat de couverture, le groupe Malakoff Médéric est susceptible de couvrir, à terme, environ 240 000 salariés. Là encore, vous constaterez que nous sommes bien loin des affabulations du Net.

Enfin, je tiens à vous préciser que le groupe Malakoff Médéric est un groupe de protection sociale, à gouvernance paritaire et mutualiste, à but non lucratif (pas d’actions, pas de dividendes, pas de stock options). Paritaire, signifie qu’il est gouverné par des administrateurs issus tant des 5 grandes confédérations syndicales de salariés (CGT, CGT-FO, CFE-CGC, CFDT et CFTC) que des organisations patronales.                                               

Les excédents du groupe sont intégralement consacrés à ses ressortissants et au développement de ses services en cohérence avec ses valeurs, notamment au travers de son action sociale. Tous ses dirigeants sont salariés et Monsieur Guillaume Sarkozy a été nommé par les Conseils d’administration. Il n’a jamais été Président ni de Malakoff, ni de Médéric, Il est actuellement Délégué général du groupe Malakoff Médéric après avoir été Délégué général du groupe Médéric.

Pour en savoir plus sur notre groupe, nous vous invitons à aller sur notre site www.malakoffmederic.com

Bien cordialement

Le porte-parole du groupe Malakoff Médéric

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mon commentaire :

Bien noter que Guillaume Sarkozy est un dirigeant salarié qui n'a été Président ni de Malakoff, ni de Médéric, mais Délégué général du groupe Malakoff Médéric après avoir été Délégué général du groupe Médéric (nuance).

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(*) La réforme des retraites, pourquoi, pour qui ? 

lu sur :

http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/social/20101014.OBS1278/guillaume-sarkozy-futur-beneficiaire-de-la-reforme-des-retraites.html

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Guillaume Sarkozy, futur bénéficiaire de la réforme des retraites ?

Le site d'information Médiapart affirme jeudi 14 octobre que la réforme des retraites pourrait favoriser les intérêts du groupe Malakoff Médéric, dont le délégué général n'est autre que Guillaume Sarkozy, le frère du chef de l'Etat.

Selon Médiapart, la réforme "va conduire à l'asphyxie financière des grands régimes par répartition" et sera donc "propice à l'éclosion de ces grands fonds de pension qui n'étaient pas encore parvenus à s'acclimater en France, à quelques rares exceptions près". Parmi les opérateurs privés d'ores et déjà sur les rangs, figure le groupe Malakoff Médéric.

Des alliés puissants

"Il ne s'agit pas que d'une coïncidence. Mais bien plutôt d'une stratégie concertée en famille", écrit Médiapart, "l'un assèche les régimes par répartition tandis que l'autre pose les fondements du système par capitalisation". Le site ajoute : "Guillaume Sarkozy a engagé son entreprise dans une politique visant à en faire un acteur majeur de la retraite complémentaire privée. Et il a trouvé des alliés autrement plus puissants que lui, en l'occurrence la Caisse des dépôts et consignations (CDC), le bras armé financier de l'Etat, et sa filiale la Caisse nationale de prévoyance (CNP). Ensemble, tous ces partenaires vont créer, le 1er janvier prochain, une société commune qui rêve de rafler une bonne part du marché qui se profile."

"Cette société n'aurait jamais vu le jour sans l'appui de l'Elysée", écrit Médiapart. En effet, la Caisse des dépôts et consignations est une institution publique présidée par un parlementaire. Pour sa part, laCaisse nationale de prévoyance (CNP) est une filiale de la Caisse des dépôts et consignations, de la Banque postale et du groupe Caisses d'Epargne, lui-même présidé par François Pérol, ancien secrétaire général adjoint de l'Elysée.

En outre, la Caisse des dépôts gère le Fonds de réserve des retraites. "Pourquoi la CDC se lance-t-elle dans pareille aventure pour faire le jeu du système adverse, celui par capitalisation?", demande Médiapart. "Et pourquoi, de surcroît, le faire avec une entreprise dont le patron est le frère du chef de l'Etat?"

L'enjeu n'est pas mince. Le marché pourrait représenter "40 à 100 milliards d'euros" : en fonction de l'aspect final de la réforme, les Français connaîtront une baisse plus ou moins considérable du taux de remplacement, c'est-à-dire du montant de la pension rapporté au salaire, et donc se précipiteront sur les systèmes de retraite complémentaire. Médiapart publie notamment un "business plan" confidentiel, qui fixe pour objectif une part de marche de "17%" d'ici dix ans.

(Nouvelobs.com)

 

 

15/05/2011

Çà, c'est la meilleure !

... la meilleure nouvelle que j'ai lue depuis longtemps !

lu sur :

http://washington.blogs.liberation.fr/great_america/2011/05/dsk-rattrap%C3%A9-%C3%A0-la-culotte.html

15/5/2011

DSK rattrapé à la culotte

Dominique Strauss-Kahn était nu dans sa salle de bain, dans une chambre de l'hôtel Sofitel de la 44ème rue à New York, quand une femme de ménage est entrée samedi, vers une heure de l'après-midi, rapporte le New York Post, un tabloïd de New York qui a été le premier à lancer la nouvelle. Le directeur du FMI a « sauté » sur sa proie, âgée de 32 ans, l’a jetée sur le lit de la chambre et l'a forcée à lui pratiquer une fellation, poursuit le Post, se basant sur des sources policières new-yorkaises. La jeune femme a ensuite réussi à s’enfuir et elle a aussitôt alerté d’autres employés de l’hôtel, tandis que Strauss-Kahn se rhabillait au plus vite et quittait l’hôtel. Dans la précipitation, DSK a laissé dans sa chambre son téléphone portable et d’autres effets personnels, a constaté la police, arrivée sur les lieux alors que le Français était déjà parti. Il a été appréhendé peu après, à bord d’un avion Air France qui devait s’envoler pour Paris à 16h40. La police new-yorkaise a confirmé l’avoir placé en garde à vue. Vers 22 heures (locales) samedi soir, la police américaine faisait savoir que DSK n’est « pas coopératif », « il ne fait aucune déclaration », rapportait CNN.

 
Quels que soient les détails de l’affaire, et les conclusions qu'en tireront les Français, une conséquence semble d’ores et déjà évidente : au FMI, le mandat de DSK s’est très certainement achevé ce samedi. En 2008, il avait été assez miraculeux que notre séducteur ait réussi à survivre à son aventure avec une économiste hongroise du Fonds, Piroska Nagy. Un certain nombre de collaborateurs du FMI lui en gardent encore rancune jusqu’à ce jour, soulignant que DSK est certes un économiste « très brillant » et un bon patron du FMI, mais qu’il avait exercé alors sur cette subordonnée des pressions « d’ordinaire tout à fait inacceptables aux Etats-Unis ». « Pourquoi en parlez-vous si peu ? », « Vous ne voulez pas enquêter sur cette affaire ? » nous demandaient certains collaborateurs du Fonds récemment encore, ce à quoi nous répondions qu’en France, on essaie autant que possible de garder la vie privée de nos dirigeants… privée. En octobre 2008, après que DSK a présenté des excuses, le FMI avait conclu qu'il n'y avait eu ni harcèlement, ni favoritisme, ni abus de pouvoir à l'égard de son amante hongroise.

Parmi les journalistes, français du moins, Strauss-Kahn a -depuis longtemps déjà-, la réputation de "sauter sur tout ce qui bouge" mais... il n'est pas le seul homme politique français dans ce cas et jusqu'à présent, on évitait donc de trop mettre en lumière ce volet de sa personnalité. 

23/04/2011

Le cerveau des dictateurs

lu sur :

http://www.independent.co.uk/news/world/europe/brain-illness-could-have-affected-stalins-actions-secret-diaries-reveal-2271995.html?service=Print

Brain illness could have affected Stalin's actions, secret diaries reveal

Accounts by his inner circle give new insight into dictator's life

By Shaun Walker in Moscow
Friday, 22 April 2011

 

It's one of the great questions of history, and indeed philosophy: what does it take to create a Hitler or a Stalin? What circumstances does it require to produce such evil? Newly released diaries from one of Joseph Stalin's personal doctors suggest that, in Stalin's case, illness could have helped to contribute to the paranoia and ruthlessness of his rule over the Soviet Union.

 

Alexander Myasnikov was one of the doctors called to Stalin's deathbed when the dictator fell ill in 1953, and, in diaries that have been kept secret up to now, he claims that Stalin suffered from a brain illness that could have impaired his decision-making.

"The major atherosclerosis in the brain, which we found at the autopsy, should raise the question of how much this illness – which had clearly been developing over a number of years – affected Stalin's health, his character and his actions," Dr Myasnikov wrote in his diaries, excerpts of which were published for the first time in the Russian newspaper Moskovsky Komsomolets yesterday. "Stalin may have lost his sense of good and bad, healthy and dangerous, permissible and impermissible, friend and enemy. Character traits can become exaggerated, so that a suspicious person becomes paranoid," the doctor wrote.

In what could be another fascinating insight into the inner world of Stalin, purported excerpts from the secret diaries of Lavrentiy Beria, one of the most unpleasant and bloodthirsty members of Stalin's inner circle, also surfaced this week. The Beria diaries, excerpts of which appeared in Komsomolskaya Pravda, are to be released by a controversial publishing house that has previously published books whitewashing Stalin-era crimes, and there is no independent verification yet that they are genuine. If they are, they would prove invaluable to historians as an insight into the warped mind of Beria as well as into the inner workings of the Soviet hierarchy.

The diaries refer to Stalin by his revolutionary nickname "Koba" and are filled with coarse language and swearing. The entries start in 1938, when Stalin called on Beria to leave his native Georgia and travel to Moscow to work as the deputy to Nikolai Yezhov, head of the feared NKVD secret police and known as "the bloodthirsty dwarf". The NKVD had just conducted the "Great Purge", when hundreds of thousands of Soviet citizens had been shot.

Yezhov himself was shot in 1940 and Beria took over his position as head of the NKVD, becoming one of Stalin's most trusted lieutenants. He was also known as a sexual deviant, frequently trawling the streets of Moscow and picking out women who would be taken back to his mansion and raped.

The alleged diaries occasionally show a softer side to Beria, expressing regret about the life he had ended up leading. "I like nature, and fishing, but when is there time for that now?" he wrote during the height of the Second World War, in 1943.

Beria's diaries, if genuine, also shed new light on events during the Second World War. When in August 1942 Winston Churchill travelled to Moscow to meet Stalin, the allies were suspicious of each other, and Beria claims he advised Stalin that the best way to win concessions from the British Prime Minister would be to get him drunk.

After the visit, Beria wrote: "These are not funny times, but we have all had a laugh. Koba told me that my advice about Churchill came in handy. Churchill agreed, got completely drunk and lost the plot. Koba told us about it and laughed... Afterwards, he said: 'It's good when you know the weaknesses of your enemy in advance.'"

On the evening of 10 May 1945, the day after Soviet troops celebrated victory, Beria notes that Stalin started crying. "Again we spent the evening with Koba... He was even softer, and he even had to brush away a tear."

Stalin died in 1953, and Beria was arrested shortly afterwards and shot, before the Soviet Union began a gradual retreat from the bloody excesses of the Stalin period. "I would suggest that the cruelty and suspicion of Stalin, his fear of enemies... was created to a large extent by atherosclerosis of the cerebral arteries," Dr Myasnikov wrote in his diaries. "The country was being run, in effect, by a sick man."

Striking notes: Extracts from the diaries

Alexander Myasnikov

* "I would suggest that the cruelty and suspicion of Stalin, his fear of enemies... was created to a large extent by atherosclerosis of the cerebral arteries. The country was being run, in effect, by a sick man."

* "Death was expected at any moment. Finally it came, at 9.50pm on 5 March... Party leaders quietly filed into the room, as well as Stalin's daughter, Svetlana, son Vasily and security detail. Everyone stood without moving in ceremonial silence, for a long time. I don't even know how long – maybe half an hour or more."

Lavrenty Beria

* "I remember the picnics Koba [Stalin] and I had in the mid-1930s. He with his big moustache, and me all young and thin, in a shirt with an open collar, chopping wood for the fire. And fresh trout. It was good back then."

* "Today I saw tears in Koba's eyes for the first time. I told him about Stalingrad, about how people are fighting. When I reach that point, I just swear a lot and feel better. But he tries to keep it together, and what about his heart? He couldn't hold it in."

* "[Churchill] got completely drunk and lost the plot. Koba told us about it and laughed... Afterwards, he said: 'It's good when you know the weaknesses of your enemy in advance.'"

16/04/2011

Lybie : Utilisation d'armes à sous-munitions contre des civils par les forces de Kadhafi

à lire sur le New York Times :

Breaking News Alert
The New York Times
Fri, April 15, 2011 -- 12:53 PM ET
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Qaddafi Forces Fire Cluster Bombs Into Civilian Areas

Military forces loyal to Col. Muammar el-Qaddafi, who have
surrounded the Libyan city of Misurata and vowed to crush its
anti-Qaddafi rebellion, have been firing into residential
neighborhoods with heavy weapons, including cluster bombs
that have been banned by much of the world and
ground-to-ground rockets, according to the accounts of
witnesses and survivors and physical evidence on the ground.

Such weapons, which strike large areas with a dense
succession of high-explosive munitions, by their nature
cannot be fired precisely, and when fired into populated
areas place civilians at grave risk.

Read More: (lien)
http://www.nytimes.com/2011/04/16/world/africa/16libya.html?hp&emc=na

09/02/2011

Quelque chose de pourri ...

lu sur :

http://www.lemonde.fr/politique/article/2011/02/09/ces-palaces-etrangers-que-frequentent-gracieusement-nos-elites_1477693_823448.html

Les palaces étrangers que fréquentent gracieusement les dirigeants français
 pour Le Monde.fr | 09.02.11 | 19h03  •  Mis à jour le 09.02.11 | 19h29

L'hiver, certains palaces marocains, tunisiens ou égyptien sont si prisées des politiques français que l'on pourrait tenir là-bas un conseil des ministres.

Par conformisme autant que par facilité, ils s'y retrouvent selon une géographie qui tient souvent à la présence de résidences royales – au Maroc – ou, en Tunisie et en Egypte, d'hôtels tenus par l'élite économique du pays, presque toujours liée au pouvoir politique. On y pratique l'entre-soi, les invitations tout frais payés ou au moins à prix d'ami.

Ce Noël, lorsque l'ancien ministre de la défense, Hervé Morin, a débarqué à l'hôtel Es Saadi, de Marrakech, il y a ainsi croisé Brice Hortefeux. Le ministre de l'intérieur était venu passer quelques jours de vacances, invité par "un ami", dont il refuse de livrer l'identité, mais non loin de… Nicolas Sarkozy lui-même convié, avec son épouse, dans l'une des résidences du roi Mohamed VI.

ILS N'Y ONT JAMAIS PAYÉ LA MOINDRE FACTURE

Déjà, l'année dernière, le président de la République avait séjourné en famille à la résidence royale de Jnane Lekbir à trois kilomètres de Marrakech.

Plus au sud, on pouvait aussi croiser Jacques et Bernadette Chirac, à Taroudant. Logés dans le palace La gazelle d'or, ils n'y ont jamais payé la moindre facture, le roi Hassan II, puis son fils Mohamed VI, ayant toujours fait prendre en charge leur séjour par l'Etat marocain, même depuis que Jacques Chirac a quitté l'Elysée.

François Mitterrand passait pour sa part, presque tous les ans, les fêtes de Noël, invité par Hosni Moubarak dans une de ses résidences ou dans le mythique hôtel Old Cataract d'Assouan. En 2008, Nicolas Sarkozy avait voulu y réveillonner à son tour. Mais il avait du se rabattre sur le Old Winter Palace de Louxor, là aussi à l'invitation d'Hosni Moubarak.

Raphaëlle Bacqué et Gérard Davet

08/02/2011

En Egypte, rien n'est joué

Les blogs du Diplo - Nouvelles d'Orient

En Egypte, rien n'est joué

par Alain Gresh

La chaîne satellitaire Al-Arabiyya, concurrente d'Al-Jazira et proche de l'Arabie saoudite, publie une étonnante nouvelle : l'ancien ministre de l'intérieur, l'homme responsable depuis des années de la répression, des arrestations et de la torture en Egypte, Habib Al-Adly, est soupçonné d'être derrière l'attentat contre l'Eglise à Alexandrie le 31 décembre dernier (« Probe starts on Adly's reported role in Alex church attack. Ex-minister suspected behind Alex church bombing », 7 février).

« Selon des sources diplomatiques britanniques, l'ancien ministre de l'intérieur a établi depuis six ans une organisation dirigée par 22 officiers qui employait d'anciens islamistes radicaux, des trafiquants de drogue et des sociétés de sécurité pour mener des actes de sabotage à travers le pays au cas où le régime serait en difficulté. »

Il faut ajouter, concernant les coptes, que le pouvoir voulait attiser les divisions entre musulmans et chrétiens pour pouvoir se présenter comme le garant de la stabilité. D'ailleurs, depuis le début des événements, et alors que la police a disparu des rues, aucun attentat contre un lieu de culte chrétien n'a eu lieu. Dans de nombreux cas, des prêtres et des imams ont prêché ensemble et des jeunes ont assuré la sécurité.

Pendant ce temps, s'est tenue dimanche une rencontre entre le vice-président Omar Suleiman, l'homme des services secrets, avec l'opposition (y compris, et cela est historique, avec les Frères musulmans). Elle vise avant tout, pour le pouvoir, à diviser l'opposition et à éluder la demande centrale des manifestants, le départ immédiat du président Moubarak.

Certes, Moubarak a choisi un vice-président et annoncé qu'il ne se représenterait pas en septembre à l'élection présidentielle ; un nouveau gouvernement a été nommé et certains des éléments les plus compromis et les plus corrompus (comme l'ancien ministre de l'intérieur) ont été arrêtés ; les dirigeants du Parti national démocratique, le parti presque unique, ont démissionné et ont été remplacés. Et on sent des craquements dans le système, qui se reflètent jusque dans la presse officielle, commeAl-Ahram (ainsi, la Une du journal, jusque-là réservée aux activités du président, titre le 8 février sur le fait que les organisations qui ont commencé à manifester le 25 janvier tentent de créer un rassemblement politique).

Mais, pour l'essentiel, s'il est ébranlé, le régime policier reste en place. La disparition des forces policières ne doit pas faire illusion. Le témoignage d'un journaliste du New York Times sur son arrestation et sur ce qu'il a vu dans des prisons secrètes (des centaines de prisonniers politiques, des gens battus et torturés, etc.) le prouve (...)

France : la monarchie Républicaine

lu sur :

http://www.lemonde.fr/politique/article/2011/02/08/la-discrete-escapade-new-yorkaise-de-nicolas-sarkozy_1476701_823448.html#xtor=EPR-32280229-[NL_Titresdujour]-20110208-[zonea]

La discrète escapade new-yorkaise de Nicolas Sarkozy

LEMONDE.FR | 08.02.11 | 12h25  •  Mis à jour le 08.02.11 | 15h02

Nouvel épisode dans la saga des avions gouvernementaux : France Inter révèle, mardi 8 février, que le chef de l'Etat est parti, en toute discrétion, à New York le week-end du 5 février. Selon la radio, qui a obtenu confirmation de l'Elysée, Nicolas Sarkozy s'est envolé directement de Bruxelles après le sommet européen de vendredi, pour quarante-huit heures de voyage privé dans la ville américaine où vit une partie de l'année son fils cadet, Louis.

DEUX AVIONS À BRUXELLES

 Un voyage qu'il a préféré garder discret, au moment où Michèle Alliot-Marie se débat dans la polémique née de son séjour en Tunisie durant les émeutes, fin 2010, et de son voyage dans le jet privé d'un riche homme d'affaires tunisien.

Sollicité par LeMonde.fr, l'Elysée justifie cette discrétion par le fait que ce séjour était à caractère strictement personnel. Le voyage a été effectué, dans un appareil de l'ETEC (Escadron de transport, d'entraînement et de calibration, qui gère les avions gouvernementaux). Plus précisément, selon France Inter, à bord d'un Falcon 7X, appareil de seize places, acheté en même temps que l'Airbus A330 baptisé par la presse "Air Sarko One" pour remplacer deux appareils gouvernementaux plus anciens.

Cet avion, surnommé "Carla One" par les aviateurs de l'ETEC – car, s'il est réservé au gouvernement, il serait occasionnellement utilisé par l'épouse du chef de l'Etat –, a fait le voyage Paris-Bruxelles, de même que l'avion présidentiel. L'usage de deux appareils pour faire un trajet aussi court avait étonné la presse belge.

Les services de la présidence expliquent que l'usage de l'A330 se justifie par la taille de la délégation qui accompagnait M. Sarkozy. Quant au second appareil, c'est un "spare" ("rechange"), un second avion présent en cas de défaillance du premier, qui accompagne le président à chaque déplacement.

>> Lire : "Deux avions pour le voyage Paris-Bruxelles de Sarkozy"

Les services de la présidence ont précisé à France Inter que Nicolas Sarkozy, puisqu'il utilisait l'appareil "à titre privé", en a réglé le voyage. Ou plus précisément, qu'il avait réglé le coût d'un billet "au tarif commercial".

"PAS DE POLÉMIQUE"

Le tarif "commercial" correspond-il à l'équivalent de celui d'un vol régulier, ou à celui appliqué pour un vol privé à bord d'un petit appareil ? La différence est de taille. Si un vol régulier coûte de 1 000 à 4 000 euros en classe affaires, un Falcon 7X coûte plus de 7 000 euros par heure de vol, et louer un  appareil de ce type revient à plusieurs centaines de milliers d'euros pour un particulier.

Pour le député socialiste René Dosière, spécialiste du budget de l'Elysée, il n'y a pourtant là rien d'irrégulier. "Il  n'y a pas de polémique sur l'usage d'un avion de l'ETEC par le chef de l'Etat pour se déplacer à titre privé, explique l'élu au Monde.fr.Il est chef de l'Etat tout le temps, même en vacances ou en week-end, et a des besoins permanents de sécurité, de personnel, et la capacité de rentrer en France rapidement."

Pour ses premières vacances, en août 2007, Nicolas Sarkozy était rentré des Etats-Unis à bord d'un vol régulier. Un geste destiné avant tout à soigner son image : son vol était suivi par un Falcon gouvernemental, qui est resté à sa disposition tout le temps de son séjour.

"Dans son rapport de 2009, la Cour des comptes a jugé que cette situation était absurde, relate René Dosière. Elle a donc préconisé que, puisqu'il ne peut pas faire autrement que de prendre un appareil de l'ETEC, Nicolas Sarkozy rembourse le prix d'un billet normal sur une ligne régulièreIl ne règle pas non plus le coût du déplacement de son personnel ou de ses gardes du corps." Interrogé sur le montant acquitté par le chef de l'Etat, l'Elysée répond qu'il est de l'ordre d'une place équivalente en classe affaires, soit de 2000 à 4000 euros.

 DISCRÉTION

Cette consigne nouvelle n'a pas cependant pas empêché la présidence, en d'autres occasions, de continuer à recourir à l'illusion du "vol régulier". Ce fut le caslors d'un court séjour à New York en juillet 2009. Au-delà du caractère familial de ce déplacement, on peut se demander si M. Sarkozy n'a pas souhaité éviter qu'on y voie un lien avec la polémique touchant Mme Alliot-Marie

René Dosière s'interroge également sur l'hébergement du chef de l'Etat à New-York : "souvent, il garde dans ses voyages une petite partie officielle, qui lui permet de justifier l'hébergement". Sollicité par LeMonde.fr, l'Elysée répond que Nicolas Sarkozy était en voyage totalement privé et a réglé lui-même ses frais de séjour.

Par ailleurs, M. Dosière a interrogé l'exécutif sur les raisons de l'utilisation par le chef de l'Etat de l'Airbus présidentiel pour se rendre à Bruxelles, à moins d'une heure trente en TGV. L'heure de vol de l'appareil du chef de l'Etat revient à 20 000 euros"Nicolas Sarkozy ne prend plus le train depuis qu'il est chef de l'Etat, pour des raisons de sécurité et de nuisances pour les autres passagers, qui auraient à souffrir du dispositif de sécurité lourd qui accompagne ses déplacements", répond-t-on à l'Elysée.

Samuel Laurent

Le précédent Estrosi

 

Voilà deux ans, en février 2008, Christian Estrosi avait été épinglé par Le Canard Enchaîné pour avoir fait régler par ses services une note de 138 000 euros pour un vol de complaisance. Pour ne pas rater une soirée organisée par le chef de l'Etat avec ses fidèles, celui qui était alors secrétaire d'Etat à l'Outre-mer avait, faute de vol régulier disponible à l'horaire souhaité, fait affrêter par son ministère un Falcon 900 pour rentrer sur Paris. L'affaire avait provoqué un tollé.

En mars 2010, Alain Joyandet, alors secrétaire d'Etat  à la coopération, affrête également un jet privé pour se rendre en Haïti. Le coût de l'opération, 116 000 euros, déclenche un tollé tel que François Fillon édicte des règles très strictes à l'attention des ministres : plus d'avions privés, des voyages en train lorsqu'ils sont en métropole et sur des vols réguliers pour l'étranger.

Budget et frais de l'Elysée

07/02/2011

L'argent, toujours l'argent !

lu sur :

http://www.lemonde.fr/afrique/article/2011/02/07/le-clan-moubarak-serait-a-la-tete-d-une-gigantesque-fortune_1476184_3212.html#xtor=EPR-32280229-[NL_Titresdujour]-20110207-[zonea]&ens_id=1470465

Egypte : le clan Moubarak serait à la tête d'une gigantesque fortune


LEMONDE.FR | 07.02.11 | 14h03  •  Mis à jour le 07.02.11 | 14h57

Le président égyptien, sa femme et leurs deux fils seraient à la tête d'une fortune estimée entre 40 et 70 milliards de dollars (soit entre 29,5 et 51,6 milliards d'euros), affirme The Guardian daté du 4 février (*). Selon le journal algérien El Khabar, une bonne partie de la fortune des Moubarak serait déposée dans des banques banques suisses et britanniques ou investie dans de l'immobilier à Londres, à New York, à Los Angeles, en France, en Suisse, en Allemagne, à Dubaï, et dans des complexes hôteliers sur les côtes de la mer Rouge.

Un système de corruption pour chaque investissement étranger en Egypte aurait permis au clan Moubarak de s'enrichir. Selon le quotidien britannique, le pouvoir égyptien exigerait, pour toute implantation dans le pays, une joint-venture avec un partenaire local à hauteur de 20 %.

Les fils du raïs, Gamal et Alaa, auraient profité de ces largesses et seraient milliardaires. La chaîne américaine ABC News affirme que Gamal Moubarak aurait spéculé sur la dette souveraine de son pays depuis une trentaine d'années. Acheteur d'immenses terrains militaires, il les aurait revendus à des investisseurs. La famille Moubarak posséderait également des participations dans des entreprises égyptiennes liées à l'Etat ou l'armée.

UN MODE D'ENRICHISSEMENT PROPRE AUX DICTATEURS

Un professeur en sciences politiques de l'université de Princeton affirme que l'estimation de la fortune des Moubarak équivaut à celle d'autres leaders des pays du Golfe.

Ce mode d'accumulation de richesses est "un modèle appliqué par d'autres dictateurs du Moyen-Orient afin que leurs richesses ne soient pas saisies au cours d'un changement de pouvoir. Ces dirigeants prévoient ce cas".

Quarante pour cent des 80 millions d'Egyptiens vivent avec moins de trois dollars par jour.

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(*) Mubarak family fortune could reach $70bn, say experts | World news ...

http://www.guardian.co.uk/world/2011/feb/04/hosni-mubarak-family-fortune

Mubarak family fortune could reach $70bn, say experts
Egyptian president has cash in British and Swiss banks plus UK and US property

09/12/2010

La Chine et le prix Nobel de la paix

 

lu sur :

http://www.liberation.fr/monde/01012306827-une-chaise-vide-pour-la-remise-du-prix-nobel-de-la-paix

 

Une chaise vide pour la remise du prix Nobel de la paix

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 08/12/2010 à 08h40 

En l'absence du lauréat toujours en prison, c'est une chaise vide qui remplacera symboliquement le dissident chinois Liu Xiaobo vendredi à la cérémonie de remise du Nobel de la paix, un événement qui divise la communauté internationale mise sous pression par Pékin.

Dans son histoire plus que centenaire, le Nobel de la paix n'avait jusqu'à présent pas pu être remis, faute de lauréat ou d'un représentant, que sous l'Allemagne nazie, lorsque le pacifiste Carl von Ossietzky, enfermé dans un camp de concentration, n'avait pu se rendre à Oslo en 1936.

"Une chaise vide, cela fait forte impression. Cela souligne la pertinence du choix du comité Nobel cette année en projetant la lumière sur la situation des droits de l'Homme en Chine", a expliqué à l'AFP le directeur de l'Institut Nobel, Geir Lundestad.

Ancienne figure de proue du mouvement démocratique de Tiananmen en 1989, Liu Xiaobo, ex-professeur de littérature de 54 ans, a été condamné le jour de Noël 2009 à 11 ans de prison pour "subversion du pouvoir de l'Etat".

Il lui est reproché d'avoir corédigé la "Charte 08", un texte qui réclame une Chine démocratique.

"Je suis conscient depuis longtemps que lorsqu'un intellectuel indépendant s'élève contre un Etat autoritaire, le premier pas vers la liberté impose souvent de mettre les pieds en prison", a-t-il dit, peu après sa condamnation. "Je fais ce pas maintenant et la véritable liberté est d'autant plus proche".

Le choix du comité Nobel norvégien a été extrêmement mal accueilli par Pékin, qui considère le lauréat comme un "criminel" et qui a placé son épouse, Liu Xia, en résidence surveillée.

"Nous ne changerons pas à cause de l'ingérence de quelques clowns", a déclaré mardi la porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Mme Jiang Yu.

En coulisses, le géant asiatique, deuxième puissance économique mondiale, a demandé aux ambassadeurs en poste à Oslo de ne pas assister à la cérémonie.

Sur fond de pressions chinoises, 19 pays, dont la Russie, Cuba, le Venezuela, l'Irak et la Chine elle-même, ont décliné l'invitation, selon l'Institut Nobel. Certains, comme la Russie, ont toutefois invoqué des problèmes d'emploi du temps.

Mais 44 autres Etats ont répondu présent, y compris les pays membres de l'UE, le Japon, l'Inde, la Corée du Sud et le Brésil. Les Etats-Unis seront même représentés par la présidente sortante de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi.

"La Chine a fait de gros progrès économiques mais les gouvernements ne devraient pas se laisser hypnotiser par la croissance économique chinoise", a réagi Sam Zarifi, un haut responsable d'Amnesty International.

En Chine, les médias ont d'abord passé sous silence l'attribution du Nobel, puis Pékin a tout fait pour empêcher ses opposants de se rendre à Oslo.

Plusieurs dissidents chinois en exil devraient cependant assister à la cérémonie.

Outre une chaise vide, une photo et la lecture par l'actrice norvégienne Liv Ullmann d'un de ses textes représenteront symboliquement Liu Xiaobo dans l'hôtel de ville d'Oslo.

Jeudi, Amnesty International a prévu une manifestation devant l'ambassade chinoise et une tentative de remettre une pétition de soutien à Liu Xiaobo signée par plusieurs dizaines de milliers de personnes.

Pays hôte du Nobel de la paix, la Norvège a subi les foudres chinoises bien qu'elle ait fait valoir que le comité Nobel prenait ses décisions indépendamment même si ses cinq membres sont désignés par le Parlement.

En rétorsion au Nobel, Pékin a annulé plusieurs rencontres bilatérales et gelé un projet d'accord de libre-échange.

A Stockholm, les cinq autres prix Nobel 2010 seront remis vendredi pour les disciplines scientifiques (médecine, physique, chimie, économie) et pour la littérature à Mario Vargas Llosa (Pérou).

(Source AFP)

 

14/09/2010

Ploutocratie française (2)

lu sur :
http://www.marianne2.fr/Corbeil-arrete-ton-char,-Dassault_a197215.html
Laureline Dupont - Marianne | Lundi 13 Septembre 2010 à 05:01
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Coriace, Serge Dassault, qui vient de fêter ses 85 ans en juillet dernier, a annoncé fièrement à l'AFP sa décision de se représenter à l'élection municipale partielle de Corbeil-Essonne. Le sénateur-industriel-patron de presse n'accepte pas que le Conseil d'Etat lui ait ôté des mains son joujou communal. Du coup, il met tout en oeuvre pour s'assurer une réélection digne de ce nom.

1) Se trouver un fidèle pantin

En mars 2008, Dassault est reconduit à la tête de la mairie de Corbeil pour la troisième fois depuis 1995. Excédé par la mainmise de l'avionneur sur la ville, son adversaire communiste Bruno Piriou accuse Dassault de clientélisme et dépose un recours devant le Conseil d'Etat. Reconnu coupable d'avoir versé de l'argent à des habitants en échange de leur vote, il est déclaré inéligible pour une durée d'un an et l'élection est invalidée.
Mais Dassault a plus d'un tour dans son sac. Après moult coups de billard -il obtient notamment le retrait de la candidature de Xavier Dugoin, maire UMP de Mennecy- le «vieux Serge», comme on l'appelle à Corbeil, décide de présenter son propre candidat, Jean-Pierre Bechter, administrateur de la Socpresse et marionnette à visage humain, adoubé par l'UMP. Pour ne rien laisser au hasard, Dassault constitue lui-même la liste sobrement nommée «Les amis de Serge Dassault» censée le représenter. En octobre 2009, Bechter obtient 5190 voix au second tour contre 5163 pour le candidat communiste Michel Nouaille.

Le 26 mars, le tribunal administratif de Versailles annule l'élection au motif que « le nom de Serge Dassault » utilisé sur le bulletin de vote et « la propagande électorale ont été de nature à altérer la sincérité du scrutin ». Le fidèle Jean-Pierre Bechter, maire par intérim et serviteur perpétuel, proteste aussitôt en déposant un recours. L'idée est lumineuse : en faisant appel de la décision du tribunal, il repousse l'échéance électorale de quelques mois.
Et ce qui devait arriver arriva : Dassault, à nouveau éligible depuis juin dernier, sort du bois le 4 septembre pour annoncer sa candidature à la mairie de Corbeil en cas d'annulation des élections. Il ne lui reste plus qu'à attendre patiemment que son remplaçant essuie un avis défavorable du Conseil d'Etat et l'affaire sera dans le sac.

2) Jouer les bienfaiteurs

Autant mettre à profit cette attente pour récolter des voix. Pendant que Bechter garde au chaud les clés de la mairie, Papy Serge, lui, prépare le terrain pour sa future intronisation. Et tant pis si sa réélection doit encore lui coûter un joli chèque. Cette fois, plus question d'acheter des voix de manière directe. La tactique de l'entreprise qu'on sauve du dépôt de bilan est à la fois plus discrète et plus clinquante. 40 millions d'euros, c'est la somme qu'aurait investie le groupe Dassault dans l'entreprise de semi-conducteurs Altis, qui représente un quart de la richesse de Corbeil et près de 10 % de la taxe professionnelle touchée par le département de l'Essonne. L'entreprise cherchait un repreneur depuis deux ans ; grâce à la générosité du sénateur UMP le dossier devrait être bouclé courant septembre.

Pour l'instant, le nom de Dassault est soufflé ici et là mais c'est surtout Yazid Sabeg, commissaire à la Diversité et à l'égalité des chances, qui rafle la mise en s'affichant dans les médias comme le repreneur de l'entreprise. Parions que dès le scrutin annulé, des articles fleuriront dans le Figaro pour louer les mérites et l'altruisme désintéressé de Papy Dassault, futur ancien maire de Corbeil...

05/08/2010

Sarkozy aussi a arrangé le dossier fiscal d'une succession

à lire sur MEDIAPART et sur les liens en gras ( * ):

 

Par Laurent Mauduit

Eric Woerth est pris dans une nouvelle polémique, pour son intervention dans le dossier fiscal de la succession du sculpteur César. Mais en vérité, l'exemple vient de loin. L'intervention la plus choquante de ces dernières années est celle de Nicolas Sarkozy, à l'époque ministre des finances, pour alléger les droits de succession à la charge de son «frère» Arnaud Lagardère. Parti pris.

...

extrait :

..." L'affaire Bettencourt-Woerth invite à passer au crible bien des événements de ces dernières années qui ont terni la vie démocratique française. Au-delà des dérives qu'autorisent les institutions de la Ve République, il y a aussi la pratique qu'en ont les politiques. Et le fait est que la pratique sarkozyenne apparaît des plus inquiétantes. D'un dossier à l'autre, elle donne le sentiment que la fiscalité peut servir de monnaie d'échanges. C'est vrai des dossiers fiscaux pris un à un, comme le révèlent l'affaire de la succession Lagardère ou l'affaire Bettencourt. Mais c'est vrai plus généralement de toute la politique fiscale: à la réunion du «premier cercle» des donateurs de l'UMP, Nicolas Sarkozy n'a-t-il pas remercié fréquemment ses bienfaiteurs (*) en leur disant qu'il leur saurait gré de leurs largesses et que le bouclier fiscal ne serait jamais abrogé (*) ? Au coup d'Etat permanent qui se cumule au conflit d'intérêts permanent. Ce pourrait être la devise d'une inquiétante République oligarchique: un prêté pour un rendu ! "

16/09/2008

À lire : à quand la révolution ? (2)

lu sur lemonde.fr :

http://www.lemonde.fr/opinions/article/2008/09/16/il-est-urgent-de-rompre-avec-l-emprise-de-la-finance-par-jacques-cossart-jean-marie-harribey-et-dominique-plihon_1095760_3232.html

Point de vue :
Il est urgent de rompre avec l'emprise de la finance, par Jacques Cossart, Jean-Marie Harribey et Dominique Plihon
LE MONDE | 16.09.08 | 13h34 • Mis à jour le 16.09.08 | 15h35

Depuis que la crise immobilière des subprimes a éclaté aux Etats-Unis il y a plus d'un an, pour atteindre les principales banques et autres fonds de placement, beaucoup se sont demandé comment la contenir. Aujourd'hui, les nouvelles faillites de Lehman Brothers et de Merril Lynch montrent, s'il était besoin, que cette question est doublement dépassée.


Deux digues, en effet, ont été rompues. D'abord, en raison de la globalisation du capital, ce ne sont pas seulement les institutions financières américaines qui ont été touchées, mais une bonne partie de celles du monde entier, tellement la circulation des titres hypothécaires avait été grande. Ensuite, déjouant les pronostics de nombreux experts qui se voulaient rassurants, la crise bancaire et financière a franchi la barrière de l'économie réelle puisque l'économie américaine et celle de l'Europe sont au bord de la récession (- 0,3 % pour le PIB français au deuxième trimestre, - 0,5 % en Allemagne et - 0,2 % dans la zone euro) et que, au niveau mondial, le ralentissement de la croissance est désormais certain.

La raréfaction du crédit consécutive à la fragilisation de nombreuses banques a conduit les banques centrales, notamment la Réserve fédérale et la Banque centrale européenne (BCE), à injecter des centaines de milliards de dollars et d'euros et, pour la première à réduire son taux directeur, mais cela n'a suffi ni à sauver la mise de certaines institutions financières ni surtout à éviter que l'économie productive soit gangrenée.

Deux questions méritent d'être posées. Pourquoi la crise s'est-elle globalisée, au point qu'aux dires des voix les plus officielles, nous sommes en présence de la crise la plus importante depuis la fin de la seconde guerre mondiale, c'est-à-dire depuis 1929 ? Comment empêcher le retour des crises, et non pas comment contenir une crise qui a déjà répandu ses méfaits ?

La généralisation de la crise financière, ses répercussions sur la pratique spéculative des fonds qui ont réorienté leurs placements vers de nouvelles valeurs refuges comme les matières premières et les céréales, faisant exploser les prix de ces dernières, et la fragilisation du système productif sont imputables au capitalisme néolibéral qui a imposé sa logique implacable et ses normes à toutes les sphères de la société.

La libre circulation des capitaux, les procédures de titrisation, le développement des marchés à terme portant sur les produits dérivés, les politiques de dérégulation menées par les Etats sur leur territoire national ou bien dans un cadre communautaire comme en Europe et les facilités de crédit accordées au système financier pour participer aux restructurations gigantesques de l'appareil productif mondial, notamment par la technique du leveraged buy out (LBO, effet de levier), ont multiplié les secousses financières. Crises mexicaine (1995), asiatique (1997), russe (1998), argentine (2001), crise de la nouvelle économie (2000), crise des subprimes (2007) se sont succédé, une bulle chassant l'autre.

Comment pouvait-il en être autrement puisque la promesse d'enrichissement perpétuel des détenteurs de patrimoine financier était fondée en dernière analyse sur la détérioration de la condition salariale : chômage, précarité, déconnexion des salaires par rapport à la productivité du travail, augmentation de la durée du travail, laminage de l'assurance-maladie et des retraites vouées à être confiées à la Bourse.

La pérennisation d'un rapport salarial injuste n'est sans doute pas étrangère à la frénésie financière et à l'incapacité du capitalisme néolibéral de se construire une trajectoire stable : 100 000 personnes seulement, selon Merill Lynch, disposent d'avoirs financiers équivalents au quart du PIB mondial, soit près de 15 000 milliards de dollars (10 601 milliards d'euros).

L'instabilité chronique est renforcée par la stérilisation des instruments traditionnels de régulation. Les banques centrales alimentent les bulles financières en période de surchauffe et, plus tard, volent au secours des institutions ayant pris trop de risques : Northern Rock au Royaume-Uni, Bear Stearns, Fannie Mae et Freddie Mac aux Etats-Unis. En Europe, la BCE augmente son taux directeur, contribuant ainsi à la surévaluation de l'euro par rapport au dollar et aux variations erratiques du prix du pétrole, au risque de l'inflation qu'elle prétend combattre et malgré la récession imminente. L'"échec des négociations" de l'Organisation mondiale du commerce est l'aboutissement de l'incapacité de cette instance, dont le seul critère est la concurrence exacerbée, à réguler sur une base coopérative les rapports entre les Etats. L'aggravation des tensions géopolitiques (Moyen-Orient, Balkans et Caucase) et des politiques sécuritaires doivent être vues comme les conséquences du fait que le monde est livré à une logique mortifère.

Un nouveau Bretton Woods est donc indispensable. Mais pas n'importe lequel. N'oublions pas que la principale proposition formulée en 1944 fut rejetée : la monnaie mondiale et l'Union de compensation envisagées par Keynes ne virent jamais le jour pour laisser le champ libre au dollar et à l'hégémonie américaine. La taxation des transactions financières et des revenus financiers est devenue une nécessité impérieuse, non seulement pour rétablir un contrôle des mouvements de capitaux, mais aussi pour financer les biens publics mondiaux.

En outre, une nouvelle architecture monétaire et financière internationale n'aurait aucune chance d'améliorer la situation si, dans le même temps, les "réformes structurelles" des marchés du travail étaient poursuivies, Au contraire, elles auraient pour conséquence de renforcer la financiarisation des économies française et européenne puisqu'elles signifieraient une reprise de la détérioration de la part salariale dans la valeur ajoutée, aujourd'hui ramenée à un niveau très bas, comme le reconnaissent bien tardivement l'UE et le Fonds monétaire international (FMI).

Décidément, le capitalisme est indécrottable. Plus il se rapproche de sa "pureté" théorique analysée par Marx (le surplus de valeur pour l'actionnaire et rien que pour lui), plus il accroît le risque de délitement des sociétés et éloigne la perspective de régulation de la planète. Jamais nous n'avons été aussi proches du franchissement de limites, au-delà desquelles le saut dans l'inconnu pourrait être catastrophique. Contenir la crise financière, non, c'est trop tard. Faire reculer l'emprise de la finance qui en est la source, il est plus que temps.

Jacques Cossart, Jean-Marie Harribey et Dominique Plihon sont économistes, membres du conseil scientifique d'Attac.

Article paru dans l'édition du 17.09.08

À lire : à quand la révolution ? (1)

lu sur lemonde.fr :

http://www.lemonde.fr/opinions/article/2008/09/16/a-quand-l-etincelle-de-la-revolution-par-georges-pebereau_1095759_3232.html

Point de vue
A quand l'étincelle de la révolution ?, par Georges Pébereau
LE MONDE | 16.09.08 | 13h34 • Mis à jour le 16.09.08 | 13h34

J'ai naguère été le président du plus grand groupe industriel français, la Compagnie générale d'électricité (CGE), dont les filiales les plus prestigieuses étaient Alsthom, devenue Alstom, Framatome, devenue Areva, la SGE, devenue Vinci, les Câbles de Lyon, devenus Nextrans, CGEE Alsthom devenue Cegetel, la SAFT, leader mondial dans le domaine des accumulateurs alcalins, et Alcatel, numéro un mondial dans le secteur des télécommunications. Toutes ces sociétés étaient hautement profitables.

L'ancienne CGE a pris aujourd'hui la dénomination d'Alcatel ; ses activités et ses actifs ont été vendus pour faire face à ses pertes et assurer la prospérité matérielle et morale de ses dirigeants. C'est avec quelque nostalgie que j'ai assisté au naufrage d'Alcatel et que j'assiste à la déchéance politique et économique de notre pays. Le seul élément nouveau, avec l'arrivée au pouvoir de Nicolas Sarkozy, est qu'on parle de réforme à longueur de discours, mais qu'on se refuse à viser les deux seuls objectifs de réforme qui permettraient d'arrêter le déclin, à savoir l'équilibre des comptes et la maîtrise de la dette.

Or la situation de la France présente quelques singularités inquiétantes. Tout d'abord, la rémunération des présidents des grands groupes cotés et les parachutes dorés dont ils bénéficient. Nicolas Sarkozy, au cours de la campagne électorale, avait promis de les supprimer : à tout le moins aurait-il pu les cantonner. Les quelques scandales qui sont apparus au grand jour, qu'il s'agisse de Philippe Jaffré à Elf, d'Antoine Zacharias à Vinci, de Daniel Bernard à Carrefour ou de Jean-Noël Forgeard à EADS, ont ému l'opinion publique et ont provoqué un sentiment de révolte chez les cadres, y compris les cadres supérieurs et la maîtrise, qui ont découvert avec ahurissement les sommes exorbitantes que se faisaient allouer leurs dirigeants.

Depuis, rien n'a changé, sauf dans le sens de l'outrance : les parachutes dorés continuent à proliférer en nombre et en montant chez les entreprises du CAC 40. Les rémunérations des mandataires sociaux croissent pendant que les salaires des cadres stagnent et leur pouvoir d'achat régresse. L'affaire des parachutes dorés a donc une portée psychologique considérable, et je ne comprends pas que le président de la République n'ait pas saisi l'occasion de faire un geste hautement symbolique vis-à-vis de l'ensemble des salariés, en cantonnant des avantages extravagants que rien ne justifie et en fiscalisant les stock- options des dirigeants d'entreprises cotées.

L'écart ne cesse de se creuser entre les salariés et la petite classe de privilégiés, protégés par le pouvoir, dont le nombre et la fortune croissent rapidement. Nous sommes, à n'en pas douter, dans une période prérévolutionnaire, au sens de 1789. Les cadres et, d'une façon plus générale, les classes moyennes, seront demain, comme les bourgeois naguère, les catalyseurs de la révolution.

La France est obligée de faire des réformes et donc de créer des mécontentements dans un contexte économique mondial incertain et avec une situation financière nationale catastrophique. Il y aura de plus en plus de revendications et de moins en moins de moyens capitalistes pour les satisfaire et de moyens policiers pour les endiguer. Une étincelle suffira pour déclencher des mouvements irréparables.

Autre singularité : la façon dont la France aborde le problème de la mondialisation, considérée comme la cause de tous nos maux. On admet qu'elle est inéluctable, mais on essaye de s'y opposer par tous les moyens. Comme on a hélas coutume de le faire dans ce pays, on s'attaque davantage aux conséquences qu'aux causes, à savoir les délocalisations, qui se traduisent bien entendu localement par des réductions d'emplois. Ainsi, voit-on le président de la République se déplacer en Lorraine pour promettre une subvention publique à un groupe indien et l'Etat prendre une participation auprès d'un groupe sud-coréen dans les chantiers de l'Atlantique, afin de constituer avec Alstom une minorité de blocage - à quoi cela sert-il ? - et on est consterné lorsqu'on apprend que le groupe français a l'intention de vendre sa propre participation.

Dans ce domaine comme dans d'autres, l'attitude de l'Allemagne est instructive : la mondialisation y est considérée comme un moyen d'accroître la compétitivité des entreprises et, par voie de conséquence, d'améliorer la balance commerciale du pays. Il est clair que, lorsqu'une entreprise a la possibilité de faire fabriquer tel composant ou tel sous-ensemble à moindre prix dans un pays à faible coût de main-d'oeuvre, elle doit la saisir : cela lui permet de rester mondialement compétitive pour la vente de systèmes ou d'équipements.

Mais, me direz-vous, quid des PME qui seront ainsi privées des sous-traitances des grandes entreprises ? C'est typiquement un contre-sens, que j'illustrerai par deux exemples. D'une part, la CGE avait naguère deux filiales qui étaient numéro un en France pour la fourniture d'accumulateurs aux constructeurs automobiles. En s'internationalisant, ceux-ci ont été conduits à créer des usines à l'étranger. Leurs sous-traitants les ont accompagnés, ce qui leur a permis de s'internationaliser à moindre coût et à moindre risque et d'améliorer du même coup la compétitivité et le volume d'activités de leurs usines françaises. D'autre part, les PME allemandes se portent fort bien de l'ouverture des frontières, sont beaucoup plus compétitives et beaucoup plus exportatrices que les PME françaises, et l'écart ne cesse de se creuser avec la mondialisation. Il est clair que la France est à contre-sens dans l'histoire. Il faudra savoir changer de mentalité ou accepter le déclin, qui sera rapide.

Troisième singularité que je n'arrive pas à m'expliquer : notre approche économique de l'Europe, et plus spécialement des conséquences de la création de l'euro. Il est clair que, lorsque deux pays ont une monnaie commune et des politiques économiques divergentes, leurs relations s'établissent mutatis mutandis comme celles de deux sociétés capitalistes concurrentes. Le pays le mieux géré dégage des résultats qui lui permettent de financer ses travaux de recherche et développement, d'améliorer sa productivité et ainsi d'accroître sa compétitivité ; son faible endettement lui permet de réduire ses coûts et de renforcer son indépendance et sa capacité exportatrice, tout en ayant une politique salariale décente.

A-t-on imaginé à quoi conduit en termes économiques et sociaux la coexistence, avec une monnaie unique, d'une Allemagne florissante aux comptes équilibrés, avec une dette maîtrisée, un commerce extérieur excédentaire, et une France aux abois, plombée par des déficits chroniques et tétanisée par des promesses non suivies d'effet et par le sentiment d'injustice du pouvoir.

Il suffit de constater la situation catastrophique et non maîtrisée de notre commerce extérieur pour mesurer les conséquences de cette situation de "faillite", comme la définit le premier ministre. L'euro condamne la France à équilibrer ses comptes et à réduire sa dette non pas en 2012, mais dans les plus brefs délais, car on assiste à un déplacement continu de croissance, de pouvoir d'achat et d'exportations à l'intérieur de l'Europe en direction de l'Allemagne. Cet objectif peut être atteint à condition d'oser s'attaquer à un certain nombre de privilèges dans un esprit de justice. Cela nécessite courage politique et intelligence économique.

Autre étrangeté : on ne peut dans le même temps expliquer aux Français que notre redressement économique implique une réduction drastique du nombre de fonctionnaires avec le non-remplacement d'un départ à la retraire sur deux, et, dans le même temps, ignorer le système d'aides aux entreprises - subventions et déductions fiscales - qui constituent un gisement d'économies beaucoup plus important et qui a un besoin urgent d'être réorganisé et modernisé. La réduction du nombre de fonctionnaires ne doit pas être un objectif en soi, mais le résultat d'une réorganisation en profondeur de l'administration. De même, la réduction du volume des aides doit s'accompagner d'un redéploiement s'inscrivant dans la nouvelle donne européenne et mondiale.

Dans les deux cas, il y aura des oppositions. Mais il est clair que la réforme simultanée de ces deux systèmes serait juste et aurait un impact significatif sur le déficit et sur la dette. S'attaquer aux seuls fonctionnaires constitue une injustice.

Dans le même esprit, le gouvernement a renoncé à mettre de l'ordre dans les niches fiscales, dont les bénéficiaires lui sont proches, et envisage de s'attaquer aux niches sociales. Or les niches fiscales constituent un privilège scandaleux au profit des plus favorisés et une remise en ordre, organisée et juste, conduirait à des économies très importantes et serait un acte majeur de justice sociale. S'attaquer aux niches sociales, c'est s'attaquer aux plus démunis en adaptant une terminologie qui donne l'impression qu'il y a là aussi des privilèges exorbitants, ce qui reste à démontrer.

En tout cas, la mise en application n'aura pas tardé : le gouvernement vient d'annoncer la taxation de l'intéressement et de la participation, donc des cadres, sans toucher bien entendu aux parachutes dorés et aux stock-options qui les accompagnent. Trop d'injustices tuent l'injustice et donc toute possibilité de contestation démocratique.

Georges Pébereau est président d'honneur d'Alcatel.

Article paru dans l'édition du 17.09.08