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22/09/2016

Accident nucléaire : Consultation publique sur le projet de décret relatif aux zones qui seraient contaminées en cas d'accident

Consultation publique sur le projet de décret relatif à la protection contre les dangers des rayonnements ionisants  :  ATTENTION : date limite 30/09/2016

Une consultation dont les médias n'ont pas parlé et qui ne dure (n'a duré) qu'un mois : du 31/8 au 30/9/2016 !


La CRIIRAD appelle à se mobiliser contre l’adoption de niveaux de référence très élevés pour la gestion des accidents nucléaires et de leurs conséquences.

Transposition de la directive Euratom 2013/59 : Niveaux d ... - Criirad

www.criirad.org/euratom/euratom2013-59-niveaux-exposition.html


Les autorités françaises s’apprêtent à fixer les critères de gestion des zones contaminées après un accident nucléaire (ou après un attentat affectant une installation nucléaire). Quel niveau d’exposition aux rayonnements, et donc de risque, sera pris en référence pour décider de la nécessité ou non d’engager telle ou telle action pour protéger la population ? Très concrètement : jusqu’à quel niveau de risque serez-vous condamné à vivre en zone contaminée ? À partir de quel niveau de risque pourrez-vous espérer être indemnisé et relogé dans un environnement sain ?

Les autorités françaises ont retenu les niveaux de dose efficace les plus élevés possible : 100 mSv pour la phase accidentelle et 20 mSv/an pour la phase poste accidentelle (alors que pour le public, la limite maximale de dose est normalement de 1 mSv/an et que cette valeur correspond déjà à un niveau de risque élevé). Plus les limites sont élevées, moindre sont les dépenses liées à la protection et à l’indemnisation des dommages. Ce choix est malheureusement cohérent avec le plafonnement des indemnités pour les victimes d’un accident nucléaire majeur. Le nucléaire est dispensé de l’application du principe pollueur-payeur : ce sont ses victimes qui supporteront les conséquences sanitaires et économiques de la catastrophe.
Cette décision n’arrive pas par hasard. Elle est le fruit de 20 ans d’efforts du lobby nucléaire, et plus précisément du lobby nucléaire français via son cheval de Troie, le CEPN[1]. L’idée clef est de convaincre les populations que l’on peut tout-à-fait vivre en zone contaminée. Il suffit d’un peu de formation et d’équipement pour contrôler son environnement, ses aliments. Ces experts ont juste « oublié » le problème central de la dégradation de l’état de santé des habitants, et tout particulièrement des enfants.
Si vous êtes choqué par l’image de ces enfants japonais qui portent autour du cou un dosimètre en guise de pendentif, si ce n’est pas l’avenir que vous souhaitez pour vos enfants, agissez !
Le Ministère de l’Environnement, de l’Energie et de la Mer a lancé une consultation sur le projet de décret relatif à la Directive 2013/59.. Cette consultation est une opportunité pour dénoncer les propositions que nous jugeons inacceptables et manifester d’ores et déjà nos exigences. Nous avons tardivement pris connaissance de cette consultation qui se terminera le 30 septembre.
 
Participez à la consultation publique
et dites NON à l’obligation de vivre en zone contaminée !

Comment participer à la consultation publique ?

Pour participer à la consultation, rendez-vous sur le site http://www.consultations-publiques.developpement-durable.gouv.fr/projet-de-decret-relatif-a-la-protection-sanitaire-a1504.html ou cliquez sur ce lien pour accéder à la page de présentation et donner votre avis.

Il vous faudra inscrire : un titre, un message, votre nom (ou pseudonyme) et votre adresse mail.

Vous pouvez rédiger vos propres messages ou utiliser des extraits de notre présentation ci-après :

Proposition de titre : « Accident nucléaire : des niveaux de référence inacceptables »

Proposition de message :

« Le projet de décret retient des niveaux de référence excessivement élevés pour la gestion des situations accidentelles et post-accidentelles. Je demande qu’ils soient fixés à la borne inférieure et non pas supérieure de l’intervalle défini par la directive 2013/59/Euratom sur la base des recommandations de la CIPR :

<![if !supportLists]>-          <![endif]>20 mSv et non pas 100 mSv pour la phase d’urgence
<![if !supportLists]>-          <![endif]>1 mSv/an et non pas 20 mSv/an pour la phase post-accidentelle.
Je demande également qu’une limite et non pas une simple référence soit établie pour la gestion des territoires contaminés et que des garanties spécifiques soient définies pour les enfants et les femmes enceintes.

Je refuse d’être contraint de vivre et de laisser vivre mes enfants  dans un environnement aussi dangereux pour notre santé. Si les pouvoirs publics ne peuvent pas garantir un niveau de risque plus faible, il est impératif de mettre à l’arrêt les installations nucléaires susceptibles de conduire à cette situation. »

 

Attention, vos commentaires doivent être déposés d’ici le 30 septembre !

Merci de nous adresser un message une fois que vous aurez déposé votre commentaire sur le site du ministère à l’adresse contact@criirad.org !

La Directive traite de nombreux sujets que nous analyserons plus avant. D’autres actions seront mises en place dans les semaines qui viennent. Nous comptons d’ores et déjà sur votre aide pour les relayer !

En savoir plus sur les valeurs proposées par le décret    


Commission de Recherche et d’Information Indépendantes sur la Radioactivité


CRIIRAD

29 Cours Manuel de Falla 26000 VALENCE- 04 75 41 82 50


asso@criirad.org – www.criirad.org

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Pour participer à la consultation, rendez-vous sur le site

http://www.consultations-publiques.developpement-durable....

ou cliquez sur ce lien pour accéder à la page de présentation et donner votre avis

08/09/2016

Le Roundup est nocif, en doutiez-vous ?

Comité de Recherche et d'Information Indépendantes sur le génie ...


Université de Caen, 7 Septembre 2016.

Le journal MARIANNE et son journaliste JEAN-CLAUDE JAILLETTE ont perdu en cour d'appel de Paris ce 7 SEPTEMBRE 2016, et ont été condamnés en diffamation pour avoir dénigré, comme d'autres lobbyistes, agences et académies, le Professeur GILLES-ERIC SERALINI au sujet de ses recherches de 2012 montrant des tumeurs de rats dues au Roundup et à un maïs OGM, étude republiée et confirmée depuis.

Pour plus de détails, merci de contacter le cabinet de Maître Bernard DARTEVELLE au 01 43 12 55 80

un petit rappel :

d'où vient le ROUNDUP ? De la firme qui a produit l'AGENT ORANGE pour l'armée américaine durant la guerre du Viet Nam.

Voyez :

Monsanto, un demi-siècle de scandales sanitaires - Le Monde

www.lemonde.fr/.../monsanto-un-demi-siecle-de-scandales-sanitaires_1643081_3244....

16 févr. 2012 - PCB, agent orange, dioxine, OGM, aspartame, hormones de croissance, herbicides (Lasso et Roundup)… nombre de produits qui ont fait la ...

Monsanto, un demi-siècle de scandales sanitaires.pdf

 

18/08/2016

Nature, plantes sauvages, survie

Une émission à écouter, du 18/8/16 :

 

Des fleurs et des fusils - ON NE PARLE PAS LA BOUCHE PLEINE

www.franceculture.fr/emissions/ne-parle-pas-la-bouche-pleine/des-fleurs-et-des-fusils

Alain Kruger · Écouter ... Les plantes sauvages ont permis aux hommes de ne pas mourir en temps de guerre depuis Charlemagne. ... Gourmand et cuisinier, George Oxley est l'auteur de : La Fleur Au Fusil, Gallimard, col. .... Ecouter le direct •.

29/07/2016

Perturbateurs endocriniens : comment faire des profits à coup sûr ?

Ceux qui les fabriquent sont les mêmes que ceux qui produisent les médicaments qui essayent de soulager les malades.

lu sur :

La Commission européenne doit-elle revoir sa copie ? A la mi-juin, avec deux ans et demi de retard sur le calendrier réglementaire, l’exécutif européen proposait des critères définissant les perturbateurs endocriniens – ces polluants de l’environnement (pesticides, plastifiants, solvants, etc.) capables d’interférer avec le système hormonal et nocifs à faibles niveaux d’exposition. Dans un commentaire critique publié mercredi 27 juillet, l’Endocrine Society estime que les propositions de Bruxelles en la matière ne sont pas à même de protéger la santé publique.

Les termes utilisés par la société savante d’origine américaine, qui représente 18 000 chercheurs et cliniciens internationaux spécialistes du système hormonal, sont sans ambiguïté. Les critères proposés par Bruxelles ne respectent pas l’état de la science et exigent « un niveau de certitude scientifiquement presque inatteignable » pour classer une substance dans la catégorie des perturbateurs endocriniens. Ceux-ci sont présents à des degrés divers dans la chaîne alimentaire, de même que dans une grande variété de produits domestiques d’usage courant (contenants alimentaires, cosmétiques, retardateurs de flamme…).

« En dépit de l’état de la science, les critères proposés par la Commission européenne conduiraient à attendre jusqu’à être certain qu’un produit chimique est responsable d’effets délétères pour la santé humaine avant d’agir, détaille la société savante dans sa lettre. Du fait qu’il faut attendre plusieurs années ou générations avant que les dégâts d’un perturbateur endocrinien ne deviennent apparents, cette approche permettrait à des substances de synthèse de produire des dégâts substantiels sur les populations avant qu’elles soient régulées. »

« Un coût humain incalculable »

L’Endocrine Society souligne que plus de 1 300 études publiées dans la littérature scientifique font état de « liens entre l’exposition aux perturbateurs endocriniens et des maladies ou des troubles sérieux comme l’infertilité, le diabète, l’obésité, des cancers hormono-dépendants et des désordres neurologiques ». Les scientifiques rappellent que des études récentes suggèrent que les dégâts sanitaires dus à l’exposition de la population européenne à ces substances non encore régulées sont « de l’ordre de 163 milliards d’euros par an, en frais de santé et en perte de productivité économique ». « Le coût humain, lui, est incalculable », ajoute la société savante.

Avant d’être adoptés, les critères mis sur la table par Bruxelles devront être discutés par les Etats membres et passeront devant le Parlement européen. « La Commission prend note du commentaire de l’Endocrine Society et l’évaluera, de même que les commentaires reçus par les autres parties prenantes et les pays tiers, dans le contexte de l’Organisation mondiale du commerce », dit-on à Bruxelles.

Plusieurs Etats membres ont manifesté leur désaccord. En déplacement à l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail, Ségolène Royal a déclaré, jeudi 28 juillet, que la proposition de réglementation de Bruxelles était « extrêmement décevante ». La ministre française de l’environnement a ajouté avoir écrit, « avec [s]es homologues danois et suédois », à Jean-Claude Juncker, le président de l’exécutif européen, « pour défendre une position ambitieuse permettant notamment d’interdire l’utilisation de perturbateurs endocriniens dans les pesticides ».

Poursuivie en carence par plusieurs Etats membres, le Conseil et le Parlement européens, la Commission a été condamnée par la Cour de justice de l’Union européenne, en décembre 2015, pour avoir tardé à publier les fameux critères réglementaires.


image: http://s1.lemde.fr/image/2014/04/18/24x24/1100512061_4_69da_13978337662458-photo_c9ba65d8f20a753dc99c4985b470bd9d.jpg

Stéphane Foucart
Journaliste au Monde

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/planete/article/2016/07/29/polluants-chimiques-le-projet-de-reglementation-de-bruxelles-critique-par-les-scientifiques_4976260_3244.html#aHRxICMwsmHKiek0.99

30/06/2016

France : abandon des trains de nuit ; tant pis pour les économies d'énergie (le saviez-vous?)

Mais les transports ferroviaires de nuit continuent en Grande-Bretagne.lu sur un journal britannique :

France waves goodbye to sleeper trains | Travel | The Guardian

www.theguardian.com › Travel › Rail travel

Traduire cette page

SNCF blames the demise of night trains on high costs as it announces plans to end services from Paris


Isabel Choat

Tuesday 10 May 2016 06.30 BST


France is set to say au revoir to the couchette, as the country’s department of transport prepares to withdraw overnight train routes from Paris.

The French government, which owns the national rail operator SNCF, has said sleeper trains are too expensive to run; it has withdrawn financial support and invited bids to run the services. But unless a proposal is received by 1 July all but three of the dozen or so overnight services will be axed. The only remaining Intercités de Nuit will be from Paris to Briançon, Rodez and Latour-de-Carol, routes deemed socially necessary, according to rail website The Man in Seat Sixty-one.

The news is a further nail in the coffin for sleeper trains across Europe, and a major blow for any travellers trying to reduce their carbon emissions. Overnight services between France and Germany hit the buffers in December 2014 when Deutsche Bahn, the German rail provider, closed its night service between Paris and Berlin, Hamburg and Munich.

A year earlier, night time connections between Paris and Madrid and Barcelona, run jointly by SNCF and the Spanish rail provider Renfe, were withdrawn when the high-speed TGV service between the French capital and Barcelona was introduced.

“The economics are stacked against night trains – once you add [competition from] budget airlines and hefty track access fees,” said Mark Smith founder of The Man in Seat Sixty-one.

However, Smith also said that new high-speed services, cited as one reason for closures, were not always a useful substitute for night trains: “Paris-Madrid still takes eight hours, so it makes sense to do it overnight – but you can’t.”

Daniel Elkan, who runs Snowcarbon.co.uk which promotes rail travel from the UK to Alpine ski resorts, believes more skiers would use night trains to the slopes if they knew about them. “Poor marketing of the overnight services by the train companies means that many skiers are unaware or have difficultly finding out about them; and much to the frustration of skiers, these journeys consistently go on sale later than they are supposed to.”

Tickets are currently still on sale for night train bookings beyond July although Smith said their survival is unlikely. Nevertheless, he has backed a petition launched by Snowcarbon calling on the French government to save the night trains, even if it means reducing the services to once a week.

Across Europe it looks increasingly like the era of the night train is coming to an end. Smith’s The Man in Seat Sixty-one website now reflects the lack of overnight services, with popular France and Spain pages focusing on day trains.

“It’s a bit like going back to the end of the 19th century – before George Nagelmackers founded the Compagnie Internationale des Wagon-Lits,” said Smith.

In contrast, the UK is investing in sleeper services with 75 new coaches being introduced on the Caledonian Sleeper routes between London and Scotland in 2018, and a major upgrade on the Night Riviera service between London and Penzance.

• This article was amended on 10 May to include a link to the Snowcarbon petition.

14/05/2016

Les sénateurs et l'interdiction des insecticides "tueurs d'abeilles"

17/04/2016

Montpellier mondialement connu !

... au moins dans le monde anglo-saxon : The Guardian est publié en Australie, en Grande-Bretagne et aux USA.
 
lu sur le Midi Libre :
 
26 000 chiens et 3 tonnes de crottes : Montpellier épinglé par The Guardian
Le journal anglais a publié un très long article sur la saleté de Montpellier envahie par 3 tonnes de crottes de chien, dans l'indifférence générale.
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On peut se demander si le contrat passé par la ville avec "Nicollin" pour l'enlèvement des ordures et le nettoyage de l'espace public n'est pas un contrat de complaisance. Une recherche sur internet avec pour mots clefs "Montpellier" , "Saurel", "Nicollin", donne :

Philippe Saurel s'attaque aux ordures et aux poubelles de ...

france3-regions.francetvinfo.fr/.../montpellier/philippe-saurel-s-attaque-a...
4 sept. 2014 - 2 missions confiées par les collectivités à la société Nicollin. Désormais à ... Montpellier : Philippe Saurel veut une ville plus propre. Reportage ...
 
... et on apprends que les francs-maçons (dont Saurel et Nicollin) sont omniprésents à Montpellier.
 
Sachant que la franc-maçonnerie n'est plus ce qu'elle était lors de la Révolution de 1789, on peut se poser des questions.

29/03/2016

Industries chimiques : leur lobbying nous coûte cher (suite)

Les coûts cachés des pesticides

Une étude de longue haleine évalue pour la première fois les coûts systémiques liés à l’utilisation des produits phytosanitaires

Une étude de longue haleine évalue pour la première fois les coûts systémiques liés à l’utilisation des produits phytosanitaires
Hasard du calendrier, le lancement de la semaine mondiale des alternatives aux pesticides, organisée du 20 au 30 mars, coïncide cette année avec la publication d’une vaste étude sur les «coûts cachés» de l’utilisation de ces substances. Ce travail de longue haleine, entrepris par deux chercheurs de l’Institut national français de la recherche agronomique (INRA) et publié dans la dernière édition de Sustainable Agriculture Reviews, est le premier à colliger l’ensemble des connaissances disponibles sur ce que les économistes appellent les «externalités négatives» liées à l’utilisation des produits phytosanitaires. Ce fardeau économique, estiment les chercheurs, peut dans certains cas excéder largement les bénéfices offerts par les herbicides, fongicides et autres insecticides.


Lire aussi:


Selon leurs estimations, le rapport coûts-bénéfices des pesticides de synthèse était ainsi largement défavorable aux Etats-Unis au début des années 1990. Alors qu’ils apportaient environ 27 milliards de dollars (24 milliards d’euros) par an à l’économie américaine, ils pesaient pour au moins 40 milliards de dollars… «L’utilisation des pesticides procure des bénéfices économiques bien connus en termes de productivité de l’agriculture par exemple, explique Denis Bourguet, chercheur au Centre de biologie pour la gestion des populations à Montpellier et coauteur de ces travaux. Mais ils entraînent aussi des coûts économiques très variés qui font l’objet de peu de travaux, voire aucun. Et lorsqu’ils sont évalués, ces coûts sont généralement lourdement sous-estimés.»
L’utilisation des pesticides entraîne aussi des coûts économiques très variés qui font l’objet de peu de travaux, voire aucun.
Le peu de données disponibles n’a pas permis aux chercheurs de conduire une estimation pour la période actuelle. «On ne peut rien dire de ce rapport coûts-bénéfices, car un certain nombre de produits utilisés à l’époque ont été interdits, mais de nouveaux sont aussi apparus, dont les effets ne sont pas encore pleinement connus, explique Denis Bourguet. Nous ne pouvons tenter qu’une analyse rétrospective, lorsqu’il y a suffisamment de données.» Exercice d’autant plus délicat que certaines externalités sont décalées dans le temps: des maladies d’aujourd’hui peuvent être le fait d’expositions passées.
«Ces travaux montrent que le discours sur la soi-disant rationalité économique d’une agriculture dépendant de l’utilisation massive des pesticides est largement basé sur des études incomplètes qui ne prennent pas en compte la réalité des coûts sanitaires et environnementaux», juge François Veillerette, porte-parole de l’association Générations futures.


Quatre catégories de coûts cachés

L’étude liste quatre catégories de coûts cachés: environnementaux, sanitaires, réglementaires et, aussi, frais d’évitement. Les premiers chiffrent les dégâts sur les services écosystémiques offerts par la nature (pollinisation, etc.); les coûts sanitaires incluent les frais de santé, la perte de productivité des travailleurs, etc.; les coûts réglementaires englobent les fonds publics pour réglementer et contrôler ces substances, ou assainir les eaux et les milieux contaminés… Quant aux frais d’évitement, ils sont principalement induits par les excédents de dépense des ménages qui optent pour l’alimentation biologique, afin de minimiser le contact avec les pesticides.
Lire aussi: Pesticides: faut-il craindre nos fruits et légumes? et 97% de nos aliments contiennent-ils vraiment des pesticides?
Parmi les grands postes de dépense, les auteurs mentionnent les pertes de rendements dues aux résistances aux pesticides développées par les mauvaises herbes ou les ravageurs (soit 2,3 milliards de dollars aux Etats-Unis en 1992), la surveillance des points de captage d’eau (3 milliards de dollars aux Etats-Unis en 1992), la mortalité des oiseaux (6 milliards de dollars aux Etats-Unis en 1992), etc. «Ce qui apparaît comme le poste de dépense le plus important reste le traitement des maladies chroniques liées à l’exposition à ces substances, précise Thomas Guillemaud, chercheur à l’Institut Sophia Agrobiotech (INRA, CNRS, Université de Nice-Sophia-Antipolis) et coauteur de l’étude. Mais il existe très peu d’études permettant de chiffrer précisément ces coûts sanitaires. On dispose de beaucoup de travaux sur l’exposition au tabac et à l’alcool et leurs effets, par exemple, mais presque rien sur les pesticides.»


Expertise collective nécessaire

Des études d’ampleur commencent toutefois à être menées, comme celle publiée en 2015 dans le Journal of Clinical Endocrinology and Metabolism. Elle estimait les dégâts sanitaires de l’exposition de la population européenne aux seuls pesticides organophosphorés et organochlorés à quelque… 120 milliards d’euros par an. «Lorsqu’on envisage des changements de pratiques agricoles, on n’évalue généralement que les impacts sur les systèmes agricoles, explique Thomas Guillemaud. Notre principale conclusion est qu’il est urgent de produire et de rassembler les connaissances nécessaires pour évaluer correctement les effets économiques de ces changements de manière beaucoup plus large.»
Il est urgent de produire et de rassembler les connaissances nécessaires pour évaluer correctement les effets économiques de ces changements de manière beaucoup plus large.
L’économiste de l’agriculture Marion Desquilbet, chercheuse INRA à la Toulouse School of Economics (TSE), qui n’a pas participé à l’étude, salue «un travail énorme, qui ouvre une boîte de Pandore». «Les auteurs ont conduit leur analyse de manière assez conservatrice sur plusieurs aspects, estime-t-elle cependant. Ils n’ont ainsi pas pris en compte les effets des pesticides sur les malformations congénitales, de la surproduction agricole sur l’obésité, etc. Il aurait aussi été possible d’inclure les 'externalités sociales' liées à l’utilisation des pesticides: ces derniers jouent sur la taille des exploitations, l’emploi, le tissu social…» Des questions si diverses qu’il serait illusoire de chercher à y répondre sans recours à une expertise collective pluridisciplinaire.

21/03/2016

Industries chimiques : leur lobbying nous coûte cher (en terme de santé)

... mais qu'importe, puisque ces industries produisent aussi les médicaments destinés à nous soigner.

(une population en bonne santé serait la pire des choses pour leurs bénéfices et leur classement au CAC 40)

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à lire sur :

Hasard du calendrier, le lancement de la semaine mondiale des alternatives aux pesticides, ...

Plus d'actualités pour "Et si les pesticides coûtaient plus qu’ils ne rapportent ? Le Monde.fr | 19.03.2016 à 08h03 • Mis à jour le 21.03.2016 à 13h29 | Par Stéphane Foucart En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/planete/article/2016/03/19/et-si-les-pesticides-coutaient-plus-"

 

« Ce qui apparaît comme le poste de dépense le plus important reste le traitement des maladies chroniques liées à l’exposition à ces substances, précise Thomas Guillemaud, chercheur à l’Institut Sophia Agrobiotech (INRA, CNRS, université de Nice-Sophia-Antipolis) et coauteur de l’étude. Mais il existe très peu d’études permettant de chiffrer précisément ces coûts sanitaires. On dispose de beaucoup de travaux sur l’exposition au tabac et à l’alcool et leurs effets, par exemple, mais presque rien sur les pesticides. »

Des études d’ampleur commencent toutefois à être menées, comme celle publiée en 2015 dans la revue Journal of Clinical Endocrinology and Metabolism. Elle estimait les dégâts sanitaires de l’exposition de la population européenne aux seuls pesticides organophosphorés et organochlorés à quelque… 120 milliards d’euros par an.

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Et si les pesticides coûtaient plus qu’ils ne rapportent .pdf

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/planete/article/2016/03/19/et-si-les-pesticides-coutaient-plus-qu-ils-ne-rapportent_4886135_3244.html#0ugLrdeAXk1fgL3X.99

03/02/2016

On n'arrête pas le progrès ! (chimie et environnement: vers une prise de conscience ?)

Image pour le résultat associé aux actualités
Les équipes de "Cash Investigation" et de francetv info ont dressé la carte de France des ...

Plus d'actualités pour "http://www.francetvinfo.fr/monde/environnement/pesticides/enquete-cash-investigation-quels-pesticides-dangereux-sont-utilises-pres-de-chez-vous_1294797.html"

28/05/2015

Boues rouges en Méditerranée : vers un arrêt des rejets ?

(lu dans le Canard de cette semaine)

J'adore !

Bravo Ségolène !

boues rouges.png

06/03/2015

Perturbateurs endocriniens : tout le monde est atteint et le coût annuel est évalué à 157 milliards d'euros

... 157 milliards d'euros au profit de l'industrie chimique !

lu sur :

Le coût sanitaire des perturbateurs endocriniens estimés à 157 ...

www.lequotidiendumedecin.fr/.../le-cout-sanitaire-des-perturbateurs- endocriniens-e

Dans une étude publiée dans « Journal of Clinical Endocrinology and Metabolism »(*)des spécialistes estiment que les conséquences sanitaires de l’exposition des populations européennes aux perturbateurs endocriniens (PE) représente un coût de 157 milliards d’euros par an, soit 1,2 % du PIB.

Cinq panels d’experts ont été constitués afin d’évaluer le lien entre une exposition aux PE et la survenue d’une pathologie et en estimer le coût. Un consensus a été trouvé pour le retard intellectuel, l’autisme, le trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH), l’obésité chez l’enfant et chez l’adulte, la cryptorchidie et l’infertilité masculine.

Retard mental et déficience intellectuelle

Selon l’étude, l’effet le plus probable (70-100 %) est celui de l’impact de l’exposition prénatal aux organophosphorés sur le développement cérébral. Chaque année, 13 millions de retards mentaux peuvent leur être attribués, 59 300 cas additionnels de déficience intellectuelle pour un coût estimé à 146 milliards. La probabilité est moindre pour l’autisme (316 cas), le trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité (19 400 à 31 000 cas). Les chercheurs du groupe fertilité masculine estiment que l’exposition aux phtalates est responsable à 40-69 % de 618 000 AMP chaque année en Europe. Le groupe obésité/diabète estime que l’exposition aux phtalates est responsable (probabilité de 40-69 %) de 53 900 cas d’obésité et 20 500 nouveaux cas de diabète chez les femmes. « Nous travaillons sur des probabilités et savons qu’il y a des incertitudes, mais cette étude est un début », a indiqué Martine Bellanger, professeur à l’École des hautes études en santé publique en France.

Les auteurs précisent que leur objectif est de proposer « une estimation du bénéfice sanitaire et économique d’une régulation des perturbateurs endocriniens en Europe », alors que la Commission européenne a entrepris un passage en revue de sa législation en la matière. L’adoption de ce nouveau cadre réglementaire, qui pourrait conduire à l’interdiction d’une large gamme de pesticides, isolants alimentaires ou composants de cosmétiques, a été renvoyée à 2016.

Selon le porte-parole de Générations futures François Veillerette, « cette étude apporte une preuve supplémentaire de la nécessité d’une action préventive forte pour se prémunir des risques des perturbateurs endocriniens en Europe ».

Dr Lydia Archimède

voir aussi sur un autre blog :

Le futur de notre société n'est pas rose ...

sur le même sujet :

Perturbateurs endocriniens : un coût sanitaire évalué à 157 milliards ...

www.lagazettedescommunes.com/.../perturbateurs-endocriniens-un-cout- sanitaire-evalue-a-157-milliards-deuros-par-an-dans-lue/

Près de 100 % de la population a des traces détectables ... - Le Monde

www.lemonde.fr/.../pres-de-100-de-la-population-a-des-traces-detectables-de -perturbateurs-endocriniens_4588899_3244.html

(*)

perturbateurs endocriniens.pdf

24/02/2015

Chimie, dégradation de l'environnement : les conséquences sont là

Quelques liens pour s'informer :

 

Montée préoccupante de la puberté précoce - Le Monde

www.lemonde.fr/.../montee-preoccupante-de-la-puberte-precoce_4581829_ 1650684.html

il y a 1 jour ... Montée préoccupante de la puberté précoce ... véritable épidémie de pubertéprécoce », affirme le professeur Charles Sultan, chef du service ...

 

Midi-Pyrénées, région la plus touchée par la baisse de la qualité du sperme ...

www.ladepeche.fr/.../1830028-midi-pyrenees-region-plus-touchee-baisse- qualite-sperme.html
 
1 mars 2014 ... «Dans la région, la situation est alarmante». Charles Sultan est l'un des plusgrands pédiatres endocrinologues au monde. ... je vois une explosion des cas de puberté précoce (chez les filles) et ... on assiste à une montée en flèche du nombre d'enfants souffrant d'affections provoquées par les pesticides.

 

Sciences : Collectif Une Place pour Tous !

collectifuneplacepourtous.midiblogs.com/sciences/

2 déc. 2014 ... Les indices s'accumulent quant à l'implication des polluants dans la montée enpuissance des troubles autistiques et comportementaux ..... Cette disparition alarmante de la faune ornithologique européenne est ..... puberté précoce.pdf ... Le Pr Charles Sultan, spécialiste des troubles hormonaux au Centre ...

 

Pr Charles Sultan : Perturbateurs endocriniens et puberté précoce ...

criigen.org/.../Pr-Charles-Sultan-Perturbateurs-endocriniens-et-puberteprecoce-chez-la-fille
 
Intervention du Pr Charles Sultan, endocrinologue au CHU de Montpellier et ... sur les perturbateurs endocriniens et la puberté précoce, lors de la table-ronde.

18/01/2015

La pollution dans l'Aude : "Salsigne, un siècle d’extraction d’or, dix millénaires de pollution ?"

à lire sur BASTAMAG :

MINE D’OR
 

A Salsigne, un siècle d’extraction d’or, dix millénaires de pollution ?

 

par Simon Gouin - 7 janvier 2015

Salsigne, dans l’Aude, fut la principale mine d’or de France et la première mine d’arsenic du monde. Un siècle d’exploitation intense qui a bouleversé les paysages et affecté la santé des ouvriers et des habitants. Aujourd’hui, malgré la mise en sécurité réalisée par l’État, la pollution est toujours présente. Il y en aurait même pour plusieurs milliers d’années. Une histoire minière qui n’est peut être pas révolue : les dernières richesses du sous-sol attirent la convoitise de nouveaux industriels. Reportage en grand format.

extraits :

... " on ne referme pas un siècle d’exploitation minière en claquant des doigts. Ici, la pollution est omniprésente : sous terre, dans l’air et dans l’eau. En cause : les produits chimiques utilisés pour transformer le minerai, et l’arsenic, présent sous la forme de poussières, très fines, dans le sous-sol. Des poussières à travers lesquelles les eaux ruissellent avant de se jeter dans l’Orbiel, une rivière affluente de l’Aude, un fleuve qui coule jusqu’à la Méditerranée."...

..." Pendant plus d’un siècle, les entreprises privées se sont succédé pour exploiter les richesses du sous-sol de Salsigne. Mais c’est l’État français, qui assure et finance le chantier de la mise en sécurité du site, d’abord avec l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie), puis avec le BRGM (Bureau de recherches géologiques et minières), dont la filiale Coframines était le principal actionnaire de la mine en 1980. Coût total déjà engagé dans ces travaux de réparation : 125 millions d’euros. Une somme à laquelle ne contribuent pas les entreprises privées qui ont pourtant exploité le site. « Les fonctionnaires de la DRIRE (Direction régionale de l’industrie, de la recherche et de l’environnement, dont les missions ont été reprises en 2010 par la DREAL et la DIRECCTE) ont surtout protégé les industriels », dénonce Guy Augé, de l’Association des riverains de Salsigne.

Dans un document « strictement confidentiel » signé en 2001 entre le préfet de l’Aude et la société MOS, on apprend que l’État français assumera en grande partie la dépollution du site exploité par l’entreprise australienne. Pourtant, l’entreprise avait l’obligation de provisionner les coûts de dépollution du site. Mieux, l’État l’assistera financièrement pour les cotisations et les retraites de ses employés." ...
 

..." Les touristes qui se promènent ignorent souvent que le chemin qu’ils empruntent les mène à un ancien site où des déchets toxiques sont entreposés. Et rares sont les panneaux qui les préviennent des dangers qu’ils encourent. "...

A Salsigne, un siècle d'extraction d'or, dix millénaires de pollution .pdf

02/12/2014

Le futur de notre société néolibérale n'est pas rose ...

lu sur Le temps (Suisse)

les surlignages sont de moi

Pollution: le cerveau en danger

Le Temps 

Stéphane Foucart Le Monde

Les indices s’accumulent quant à l’implication des polluants dans la montée en puissance des troubles autistiques et comportementaux

De toutes les maladies non transmissibles, l’autisme est l’une de celles dont la fréquence augmente le plus rapidement. Si vite qu’il est même difficile d’y croire. En mars, les Centers for Disease Control and Prevention (CDC) américains, l’équivalent de notre Institut de veille sanitaire (InVS), rendaient publiques les dernières estimations de la prévalence des troubles du spectre autistique chez les garçons et les filles de 8 ans aux Etats-Unis. Selon ces chiffres, un enfant sur 68 est désormais touché par cet ensemble de maladies du développement, regroupant l’autisme profond, les syndromes de Rett et d’Asperger, etc.

Le plus impressionnant n’est pas tant le chiffre lui-même, que la rapidité de son évolution: il est supérieur de 30% à celui publié seulement deux ans auparavant (un enfant sur 88) par le même réseau de surveillance mis en place par les CDC, et a plus que doublé en moins d’une décennie. Au cours des vingt dernières années, les données américaines suggèrent une augmentation quasi exponentielle de ces troubles, aujourd’hui diagnostiqués «vingt à trente fois plus» que dans les années 1970, selon le rapport des CDC. 40% de ces enfants dépistés aux Etats-Unis présentent un quotient intellectuel (QI) inférieur à 70.

D’autres troubles neurocomportementaux sont également en forte croissance ces dernières années. Outre-Atlantique, l’hyperactivité et les troubles de l’attention touchaient, selon les chiffres des CDC, 7,8% des enfants entre 4 et 17 ans en 2003. Ce taux est passé à 9,5% en 2007, puis à 11% en 2011. Par comparaison, en France, leur fréquence est estimée entre 3,5 et 6% pour les 6-12 ans.

Aux Etats-Unis, un enfant sur six est concerné par un trouble du développement (troubles neurocomportementaux, retard mental, handicaps moteurs, etc.).

Dans un ouvrage scientifique tout juste publié (Losing Our Minds. How Environmental Pollution Impairs Human Intelligence and Mental, Oxford University Press, 2014) Barbara Demeneix, directrice du département Régulations, développement et diversité moléculaire du Muséum national d’histoire naturelle (MNHN), soutient que cette augmentation rapide de la fréquence des troubles neurocomportementaux est, en grande partie, le résultat de l’exposition de la population générale à certaines pollutions chimiques diffuses – en particulier les femmes enceintes et les jeunes enfants.

Selon la biologiste, cette situation n’est, en outre, que la part émergée d’un problème plus vaste, celui de l’érosion des capacités cognitives des nouvelles générations sous l’effet d’expositions toujours plus nombreuses à des métaux lourds et à des substances chimiques de synthèse. Le sujet est, ces dernières années, au centre de nombreuses publications scientifiques. Philippe Grandjean, professeur de médecine environnementale (Université Harvard, Université du Danemark-Sud), l’une des figures de la discipline et auteur d’un livre sur le sujet (Only One Chance. How Environmental Pollution Impairs Brain Development – and How to Protect the Brains of the Next Generation, Oxford University Press, 2013), va jusqu’à évoquer une «fuite chimique des cerveaux».

La thyroïde en cause

«L’augmentation de la fréquence de l’autisme que l’on mesure ces dernières années est telle qu’elle ne peut pas être attribuée à la génétique seule et ne peut être expliquée sans faire intervenir des facteurs environnementaux, dit Barbara Demeneix. De meilleurs diagnostics et une meilleure information des médecins et des familles permettent certainement d’expliquer une part de cette augmentation, mais en aucun cas la majorité.» Et ce d’autant plus que les critères diagnostiques utilisés par les CDC sont demeurés identiques entre 2000 et 2013. «En France et en Europe, il n’existe pas de suivi historique de la prévalence de ces troubles aussi précis qu’aux Etats-Unis, mais il est vraisemblable qu’on assiste aussi à une augmentation de leur incidence», ajoute Barbara Demeneix.

Autre argument fort suggérant que l’augmentation de fréquence de l’autisme ne relève pas d’un biais de mesure: le sexe-ratio est constant. Les garçons sont toujours cinq fois plus touchés que les filles. Or, si l’accroissement constaté était artéfactuel, une modification du sexe-ratio aurait de grandes chances d’être observée.

Comment expliquer une telle épidémie? Pour la biologiste française, l’une des causes majeures est la prolifération de molécules de synthèse capables d’interférer avec le fonctionnement de la glande thyroïde. «Depuis de nombreuses années, mon travail consiste à comprendre comment un têtard devient une grenouille. Les molécules clés de ce processus sont les hormones thyroïdiennes, qui jouent un rôle crucial dans les transformations lourdes du développement, explique Barbara Demeneix. En cherchant à comprendre comment ces hormones agissent dans la métamorphose du têtard, je me suis posé le même type de questions sur leur importance dans le développement du cerveau humain.»

Les hormones thyroïdiennes sont connues pour moduler l’expression des gènes pilotant la formation de structures cérébrales complexes comme l’hippocampe ou le cortex cérébelleux. «Nous savons avec certitude que l’hormone thyroïde joue un rôle pivot dans le développement du cerveau, précise le biologiste Thomas Zoeller, professeur à l’Université du Massachusetts à Amherst et spécialiste du système thyroïdien. D’ailleurs, la fonction thyroïdienne est contrôlée sur chaque bébé né dans les pays développés et la plupart des pays en développement, ce qui montre le niveau de certitude que nous avons dans ce fait. Pourtant, malgré le fait que de nombreuses substances chimiques ayant un impact documenté sur la thyroïde soient en circulation, les autorités sanitaires ne font pas toujours le lien avec l’augmentation des troubles neurocomportementaux

Dans Losing Our Minds, Barbara Demeneix montre que la plupart des substances connues pour leur effet sur le développement du cerveau interfèrent bel et bien avec le système thyroïdien. Ces molécules ne sont pas toutes suspectées d’augmenter les risques d’autisme, mais toutes sont susceptibles d’altérer le comportement ou les capacités cognitives des enfants exposés in utero, ou aux premiers âges de la vie. C’est le cas des PCB (composés chlorés jadis utilisés comme isolants électriques, lubrifiants, etc.), de certaines dioxines (issues des processus de combustion), de l’omniprésent bisphénol A, des PBDE (composés bromés utilisés comme ignifuges dans l’électronique et les mousses des canapés), des perfluorés (utilisés comme surfactants), des pesticides organophosphorés, de certains solvants, etc.

«Le travail de Barbara Demeneix est très important, estime la biologiste Ana Soto, professeure à l’Université Tufts à Boston (Etats-Unis) et titulaire de la chaire Blaise Pascal 2013-2014 de l’Ecole normale supérieure. Elle a conduit un travail bibliographique considérable et c’est la première fois que l’ensemble des connaissances sont rassemblées pour mettre en évidence que tous ces perturbateurs endocriniens, mais aussi des métaux lourds comme le mercure, sont capables de perturber le fonctionnement du système thyroïdien par une multitude de processus.»

Substances très nombreuses

Les composés bromés peuvent inhiber l’absorption d’iode par la thyroïde qui, du coup, produit moins d’hormones. Les molécules chlorées peuvent en perturber la distribution dans les tissus. Le mercure, lui, peut inhiber l’action des enzymes qui potentialisent ces mêmes hormones… Lorsqu’une femme enceinte est exposée à ces substances, son fœtus l’est également et, explique Barbara Demeneix, «le risque est important que la genèse de son cerveau ne se fasse pas de manière optimale». Pour limiter au mieux les effets de ces substances, la biologiste insiste sur la nécessité d’un apport d’iode conséquent – absent du sel de mer – aux femmes enceintes, garant de leur bon fonctionnement thyroïdien.

Le problème est que les substances susceptibles de perturber ces processus sont très nombreuses. «Les chimistes manipulent des phénols auxquels ils ajoutent des halogènes comme le brome, le chlore ou le fluor, explique Barbara Demeneix. Or les hormones thyroïdiennes sont composées d’iode, qui est aussi un halogène. Le résultat est que nous avons mis en circulation des myriades de substances de synthèse qui ressemblent fort aux hormones thyroïdiennes

Les scientifiques engagés dans la recherche sur la perturbation endocrinienne estiment en général que les tests mis en œuvre pour détecter et réglementer les substances mimant les hormones humaines sont insuffisants. D’autant plus que les effets produits sur les capacités cognitives sont globalement discrets. «Si le thalidomide [médicament retiré dans les années 1960] avait causé une perte de 10 points de quotient intellectuel au lieu des malformations visibles des membres [des enfants exposés in utero via leur mère], il serait probablement encore sur le marché», se plaisait à dire David Rall, ancien directeur de l’Institut national des sciences de la santé environnementale américain (NIEHS).

L’érosion du quotient intellectuel de même que les troubles neurocomportementaux comme l’hyperactivité et les troubles de l’attention ou l’autisme «sont le talon d’Achille du système de régulation, souligne le biologiste Thomas Zoeller. Ce sont des troubles complexes, hétérogènes et aucun biomarqueur caractéristique ne peut être identifié. Du coup, il y a beaucoup de débats sur la «réalité» de l’augmentation de leur incidence. Ce genre de discussions ne décide pas les agences de régulation à être proactives, en dépit du fait que l’incidence des troubles du spectre autistique augmente si rapidement que nous devrions tous en être inquiets.»

L’Organisation pour la coopération et le développement économique (OCDE), l’organisme intergouvernemental chargé d’établir les protocoles de test des substances chimiques mises sur le marché, a cependant appelé, fin octobre, au développement de nouveaux tests susceptibles de mieux cribler les molécules interférant avec la thyroïde. Et ce, avec «une très haute priorité».

L’affaire ne concerne pas uniquement l’intelligence des prochaines générations mais leur santé au sens large. «Les épidémiologistes remarquent depuis longtemps que les gens qui ont un quotient intellectuel élevé vivent plus longtemps, et ce même lorsqu’on corrige des effets liés à la classe sociale, dit Barbara Demeneix. Or, selon la théorie de l’origine développementale des maladies, notre santé dépend en partie de la manière dont nos tissus se sont développés au cours de notre vie intra-utérine. Les facultés cognitives pourraient ainsi être une sorte de marqueur des expositions in utero et pendant la petite enfance à des agents chimiques: avoir été peu exposé signifierait un quotient intellectuel élevé et, du même coup, une plus faible susceptibilité aux maladies non transmissibles.»

 

 

25/06/2014

Lectures du jour

à lire sur BASTAMAG :

MENACE SUR LES SERVICES PUBLICS

Tisa, ces négociations commerciales secrètes qui visent à accélérer privatisations et dérégulations

AGNÈS ROUSSEAUX

C’est un accord commercial dont personne ne parle, négocié dans l’opacité la plus totale. 50 pays, parmi les plus fervents défenseurs de la libéralisation, discutent en ce moment de l’ouverture du « marché des services » à la concurrence internationale. Éducation, santé, transports, télécommunications, services financiers... Tout est sur la table des négociations. Sans que les citoyens ou parlementaires aient leur mot à dire. Les négociateurs – soumis à la forte pression des lobbys – sont cette semaine à Genève pour le 7ème round de ces pourparlers internationaux, qui pourraient gravement menacer les services publics et les tentatives de régulation du secteur financier. Enquête. 

[Lire la suite

 
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POLLUTION

Un oléoduc de Total provoque une mini marée noire en Seine-Maritime

25/06/2014 MORGANE THIMEL

 
La rupture d’un oléoduc a provoqué un geyser de pétrole dans un parc régional de Seine-Maritime, fin mai. L’entreprise Total, responsable de cet équipement, s’emploie à faire disparaître les traces de (...)

27/05/2014

Les banques françaises financent les gaz de schiste

lu sur BASTAMAG (lien ci-contre) :

INVESTISSEMENT RESPONSABLE ?

Quand les banques françaises financent allègrement les gaz de schiste

OLIVIER PETITJEAN

Toutes, ou presque, se déclarent très sensibles aux préoccupations environnementales. Ce qui n’empêche pas les banques françaises, Société Générale et BNP Paribas en tête, de soutenir financièrement les gaz de schiste, une industrie aux impacts néfastes pour les ressources en eau, les populations locales et le climat. C’est ce que révèle une étude réalisée par les Amis de la terre Europe, qui détaille les investissements et prêts dont bénéficient les compagnies pétrolières les plus actives dans ce secteur. Pourtant, d’autres grandes banques mondiales n’ont pas hésité à exclure les gaz de schiste de leurs investissements.

[Lire la suitede Quand les banques françaises financent allègrement les gaz de schiste]

29/04/2014

Pesticides et perturbateurs endocriniens : nos enfants paient et paieront la note

lu sur la revue de presse de l'INSERM :

L’association Générations futures dévoile les résultats d’une analyse, menée par un laboratoire indépendant, de mèches de cheveux de 30 écoliers âgés de 3 à 10 ans, pour mesurer « le niveau d’imprégnation aux pesticides de ces enfants vivant ou allant à l’école dans des zones agricoles »Le Parisien précise que 35 des 53 pesticides suspectés d’être des perturbateurs endocriniens ont été décelés au moins une fois et 13 ont été détectés dans tous les échantillons. Le quotidien souligne que l’usage de certains d’entre eux est interdit en France depuis des années.

Le Parisien, 29/04

extraits :

..." Sur les 53 pesticides suspectés d'être des perturbateurs endocriniens recherchés, 35 ont été retrouvés au moins une fois et treize détectés dans tous les échantillons. Notamment des insecticides interdits d'usage en France depuis des années ! Au cours des trois mois précédant le prélèvement, 80 % des enfants auraient été exposés à des pulvérisations d'insecticides agricoles." ...

..." Si Générations futures a choisi d'analyser des cheveux, c'est que nos mèches en disent beaucoup sur notre santé. « Cette étude montre que nos enfants sont exposés au quotidien à une véritable soupe chimique », souligne le porte-parole de l'association, François Veillerette."...

 

Des traces de pesticides dans les cheveux des enfants - La Parisienne.pdf

 

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à propos d'enfants, lire aussi sur Bastamag :

BIOÉTHIQUE

Jacques Testart : « Demain, il n’y aura plus de limite au tri génétique »

19/03/2014 AGNÈS NOËL

sur le même sujet :

puberté précoce.pdf

voir aussi :

Pesticides et perturbateurs...

27/04/2014

Publicité dans la ville : basta !

lu sur :

www.bastamag.net

Ecrans publicitaires numériques : une pollution visuelle, énergétique et mentale

PAR COLLECTIF 24 AVRIL 2014

Les écrans publicitaires numériques ont envahi notre quotidien. Ils constituent une pollution visuelle, énergétique et mentale, estiment leurs détracteurs. Mais aussi des outils « espions » : le projet d’activer les caméras de surveillance publicitaire dans le métro parisien pour analyser les passants est toujours d’actualité. Le débat sera ré-ouvert en juin dans le cadre de la loi sur la biodiversité. Quinze associations appellent à une mobilisation nationale contre les écrans publicitaires numériques le 26 avril prochain. Un « Festiv’halte » est d’ores et déjà programmé à Paris.

En France, le Grenelle 2 a officialisé et assoupli la réglementation encadrant les écrans publicitaires. Leur taille peut aller jusqu’à 50 m². Le gouvernement Valls ré-ouvrira d’ici peu le dossier catastrophique du « Grenelle du paysage », dans le cadre d’une loi sur la biodiversité.

Pour nous, la lutte contre les écrans publicitaires numériques est primordiale. Ces écrans constituent une triple pollution :

 Pollution visuelle : L’œil humain est attiré par ces écrans animés et la lumière qu’ils émettent. Ils devraient donc être considérés comme une source de danger pour la sécurité routière détournant l’attention des automobilistes.

 Pollution énergétique : À l’heure où les prix de l’énergie augmentent et où les citoyens doivent se serrer la ceinture en conséquence, les publicitaires poursuivent eux un gaspillage énergétique sans précédent, peuvent assécher les dernières gouttes de matières premières, rejeter toujours plus de gaz à effet de serre dans l’atmosphère et peser dans la création de nouveaux déchets radioactifs.

 Pollution mentale : Notre cerveau est désormais gavé avec un entonnoir publicitaire. Ces dispositifs auxquels il devient quasi-impossible d’échapper nous imposent des messages aux images et aux normes agressives et néfastes. Quand s’arrêtera cet asservissement idéologique et mental des masses ?

Les afficheurs, avec la complicité bienveillante des politiques, cherchent à nous placer devant le fait accompli. Dans le métro parisien, si la tentative d’équiper les écrans de capteurs Bluetooth a été officiellement abandonnée, le projet d’activer les caméras pour analyser les passants est en revanche toujours d’actualité. Médiatransport, la régie de la SNCF et de la RATP attend que les citoyennes et citoyens soient habitués aux écrans pour activer les caméras de surveillance publicitaire déjà présentes dans les écrans. Ces expérimentations parisiennes ne sont que le début d’un déploiement national.

Ces écrans s’ajoutent partout aux dispositifs existants, constituant une véritable invasion publicitaire. Saturant nos champs de vision, défigurant nos espaces de vie. Il est important de réagir maintenant, avant qu’ils ne soient installés en masse, et que le mal ne soit fait.

Nous appelons les citoyennes et les citoyens à se mobiliser le 26 avril 2014 pour manifester contre cette invasion.

Associations signataires de l’appel : Agir pour l’Environnement, Amis de la Terre, Attac France, Bizi, Collectif des Déboulonneurs, Collectif des Reposeurs, Collectif havrais d’Objecteur de Croissance, CLCV Paris (Consommation, logement et cadre de vie), Église de la Très Sainte Consommation, Mouvement des Objecteurs de Croissance, PRIARTéM, Réseau Action Climat, Réseau École et Nature, Réseau Sortir du Nucléaire, Résistance à l’agression publicitaire

En réponse à l’appel à mobilisation nationale contre les écrans publicitaires le 26 avril cosigné par les 15 associations ci-dessus, Résistance à l’agression publicitaire (R.A.P.), les Reposeurs et le collectif des Déboulonneurs organisent une journée de mobilisations à Paris. Pour en savoir plus sur le programme du Festiv’halte aux écrans publicitaires, cliquez ici.

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le 26, c'était hier: dommage ...

question :

Qui veut créer une association anti-PUB à Montpellier ?

05/02/2014

Tourisme : les pires endroits au monde en fonction de critères sociaux !

Un site anglophone à visiter si vous avez l'intention de faire du tourisme :

Les pires endroits au monde en fonction de critères sociaux et autres !

Il faut cliquer sur "durée de vie moyenne" ... "pollution" ... etc pour voir les statistiques.

http://bit.ly/WorstPlaces

exemple : la carte pour la pollution : 

Image 1.png

14/12/2013

Pollution de l'air : la raison est connue, mais occultée

les surlignages sont de moi

lu sur :

www.lemonde.fr/.../paris-pollue-politiques-irresponsables...

Paris pollué, politiques irresponsables

LE MONDE | 14.12.2013 à 11h25

La pollution, c'est un peu comme le dérèglement climatique. Tous les signaux d'alerte sont au rouge, les scientifiques multiplient les études pour dire qu'il faut agir vite, les politiques font des déclarations volontaristes, mais rien ne se passe.

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La France connaît aujourd'hui un nouveau pic de pollution, le plus grave depuis 2007. Enfants, personnes âgées et asthmatiques ont été priés de rester chez eux, et les automobilistes de ralentir. A Paris, la préfecture a interdit les feux de cheminée. Autant de pansements sur une jambe de bois.

Le 17 octobre, l'Organisation mondiale de la santé classait la pollution atmosphérique comme un cancérogène « avéré » pour l'homme. Chaque année, l'air vicié coûte de 0,7 à 1,7 milliard d'euros par an au système de soins français.

En dépit de cette urgence sanitaire, nous multiplions depuis dix ans des plans antipollution insuffisants. Certes, des progrès ont été réalisés sur des polluants comme le mercure ou le dioxyde de soufre. Mais Paris ne respecte toujours pas les normes européennes en matière de qualité de l'air et se trouve sous la menace de lourdes sanctions financières.

LE PROBLÈME DU TOUT-AUTOMOBILE

En réalité, les gouvernements de droite comme de gauche n'ont jamais eu le courage de s'attaquer à l'une des causes majeures du mal : le tout-automobile, avec une particularité bien française, le diesel, principal émetteur de particules fines. Plus de 60 % des voitures particulières et des véhicules utilitaires roulent au gazole. Au Japon, le diesel est interdit. Au Danemark et en Suisse, il est inexistant, car fortement taxé. Aux Etats-Unis, il est plus cher que l'essence.

Cette inertie française s'explique par la volonté politique de préserver nos champions nationaux de l'automobile. Leurs ventes de voitures au gazole ont été dopées par une fiscalité avantageuse et un discours officiel qui faisait croire aux conducteurs que le diesel préservait davantage l'environnement que l'essence.

L'actualité récente a montré à deux reprises combien l'interdiction du diesel – ou la sortie progressive – n'était toujours pas à l'agenda politique. En septembre, lors de la deuxième conférence environnementale, François Hollande et Jean-Marc Ayrault, le premier ministre, ont réalisé un petit exploit sémantique lors de leur prestation : aucun des deux n'a prononcé le mot « diesel », à la grande stupéfaction des défenseurs de l'environnement présents. Deux mois plus tard, les « bonnets rouges » bretons avaient raison de l'écotaxe poids lourds, dont l'un des objectifs était de favoriser le développement du transport par chemin de fer, le gouvernement cédant à la jacquerie.

A Paris, les candidates PS et UMP à la mairie promettent de bannir le diesel de la capitale. Comment y croire ? Le mentor d'Anne Hidalgo, Bertrand Delanoë, avait déjà annoncé, le 12 novembre 2012, l'interdiction des véhicules les plus anciens. Des paroles restées sans effet. Quant à l'ancienne ministre de l'environnement, Nathalie Kosciusko-Morizet, elle avait échoué en son temps à mettre en place des zones de restriction de circulation autour des grandes villes.

Faudra-t-il que les Parisiens soient obligés de mettre des masques, comme les habitants de Pékin, qui souffrent chaque jour de l'« airpocalypse », pour que les élus adoptent enfin un comportement responsable ?

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sur le même sujet :

www.lemonde.fr/planete/article/2013/12/14/pollution-de-l...

Le Monde.fr | 14.12.2013 à 10h59 • Mis à jour le 14.12.2013 à 11h08

Par Sophie Landrin

La France a enregistré vendredi 13 décembre un cinquième jour consécutif d'alerte aux particules, le plus grave épisode de pollution depuis décembre 2007. L'Ile-de-FranceRhône-Alpes, les Hautes-Pyrénées et l'Oise restaient concernés par un pic de pollution aux particules fines.

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Malgré les alertes sanitaires, en dépit des menaces de sanctions financières de la cour de justice de l'Union européenne, la France ne respecte pas les normes européennes de qualité de l'air. Douze millions de Français vivent dans des zones où les limites annuelles d'émission de particules PM10, extrêmement nocives pour la santé, sont dépassées. 60 % de la population est exposée à un air dégradé, principalement dans les grandes agglomérations, mais pas seulement. La vallée de l'Arve par exemple, au pied des Alpes, entre Chamonix et Cluses (Haute-Savoie), est régulièrement en alerte, victime du trafic international des camions.

La région Ile-de-France est chroniquement concernée par les dépassements en matière de particules fines mais aussi de dioxyde d'azote. En 2012, trois millions de Franciliens ont été exposés à des niveaux de pollution trop élevés. Les mesures prises ces derniers jours par les préfectures ne sont pas à la mesure de l'enjeu. A Paris, elles se sont limitées à un abaissement de la vitesse autorisée, à l'interdiction des feux de cheminée en foyer ouvert et à l'incitation pour les poids lourds de plus de 3,5 tonnes en transit à contourner l'agglomération parisienne.

PAS DE PÉAGES URBAINS

Ces dernières années, la France a échoué, malgré les recommandations du Grenelle de l'environnement, à instaurer des zones de protection de l'atmosphère, comme il en existe en Allemagne, au Royaume-Uni et en Italie. Deux cents villes en Europe se sont dotées de ces dispositifs d'accès restreint, où sont notamment bannis en permanence les véhicules les plus polluants.

Les Allemands, pionniers, en disposent d'une soixantaine. Berlin arrive désormais en tête des grandes villes européennes pour sa qualité de l'air, suivie de Copenhague, qui s'est fixé pour objectif d'atteindre la moitié des déplacements de ses habitants en vélo, et de Stockholm. Cette dernière, comme Londres, Oslo et Milan, a également instauré des péages urbains, une solution que la France rejette pour l'heure, au nom de la justice sociale.

« La première cause d'exposition de la population dans les grandes agglomérations est le trafic automobile; c'est donc là qu'il faut agir, en restreignant l'usage de la voiture, en développant les transports en commun propres, les plans de déplacement des entreprises », dit Jérôme Clave, le directeur d'Airparif, association chargée de la surveillance de la qualité de l'air de la région parisienne.

Décidée par le gouvernement de François Fillon en 2010, la création de « zones d'action prioritaires pour l'air » dans huit agglomérations avait été avortée en septembre 2012 par Delphine Batho. La ministre de l'écologie avait alors annoncé un « plan d'urgence », sans ambition, qui reposait principalement sur des plans locaux de protection de l'atmosphère contraignants.

FISCALITÉ AVANTAGEUSE DU DIESEL

La France se refuse par ailleurs à aligner la fiscalité avantageuse du diesel sur celle de l'essence, alors que celui-ci est un gros émetteur de particules fines et classé cancérogène par l'Organisation mondiale de la santé. Elle dispose du parc automobile le plus «diésélisé» au monde, et vieillissant.

Les trois quarts des véhicules particuliers diesel ne sont pas équipés de filtres à particules. Or, une étude d'Airparif a montré que le remplacement de tous les véhicules particuliers diesel par des véhicules essence (norme Euro) permettrait d'abaisser de 25 % à 35 % les émissions de particules fines et de 35 % les rejets d'oxyde d'azote en région parisienne. Mais ce transfert n'aurait pas que des avantages: il augmenterait de 6 % les rejets de dioxyde de carbone, principal gaz à effet de serre responsable du réchauffement climatique.

Le 18 décembre, la Commission européenne doit présenter une révision de sa législation sur la qualité de l'air. Spécialistes et associations écologistes espèrent des normes plus restrictives. Ils s'appuient sur une étude financée par l'Union européenne, publiée par la revue scientifique TheLancet le 9décembre, qui révèle qu'une exposition prolongée aux particules fines a un effet néfaste pour la santé à des concentrations bien inférieures aux normes actuelles.

15/10/2013

Pollution de l’air et bébés de faible poids à la naissance

lu sur :

http://presse-inserm.fr/dans-lactualite/synthese-de-presse/

Hausse du risque d’avoir des bébés de faible poids avec la pollution de l’air

Une étude européenne, publiée dans The Lancet Respiratory Medicine, révèle que « la pollution de l’air augmente le risque pour les femmes enceintes de donner naissance à des bébés de petit poids au tour de crâne diminué », rapporte l’AFP.

Selon les auteurs de l’étude, qui ont réuni 14 études de 12 pays européens impliquant plus de 74 000 femmes ayant accouché d’un enfant entre 1994 et 2011, « l’exposition de la femme enceinte aux polluants atmosphériques et au trafic routier augmente de manière significative le risque de retard de croissance fœtale, y compris à des niveaux bien inférieurs aux niveaux réglementaires des directives de l’Union européenne sur la qualité de l’air », ajoute l’agence de presse.

Rémy Slama, directeur de recherche à l’Inserm, coauteur de l’étude, souligne que « ces résultats suggèrent qu’une proportion importante des cas (de bébés de) petit poids de naissance à terme pourrait être évitée en Europe si la pollution de l’air urbain, et en particulier les particules fines, diminuait ».

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sur le même sujet de la pollution

les surlignages sont de moi

lu sur ;

http://www.lemonde.fr/economie/article/2013/10/15/les-vingt-huit-n-arrivent-pas-a-s-entendre-pour-reduire-les-emissions-polluantes-des-automobiles_3495848_3234.html

Les Vingt-Huit n'arrivent pas à s'entendre pour réduire les émissions polluantes des automobiles

LE MONDE | 15.10.2013 à 12h22 |Par Philippe Ricard

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Connie Hedegaard, la commissaire européenne chargée du climat, va devoir prendre son mal en patience : les ministres de l'environnement des Vingt-Huit ne sont pas parvenus, lundi 14 octobre, au Luxembourg, à se mettre d'accord pour réduire les émissions de gaz à effet de serres des voitures particulières.

L'Allemagne a rallié le Royaume-Uni et les pays d'Europe centrale, dont la Pologne, pour bloquer un projet de compromis pourtant agréé avant l'été avec le Parlement européen. Résultat : les discussions risquent de s'enliser, contre l'avis des pays du sud de l'Union, Italie en tête, et des Etats scandinaves. Ces derniers ont suggéré en vain, lundi, d'organiser un vote pour départager les deux camps qui s'affrontent depuis des mois. Une approche que la présidence tournante des Vingt-Huit, assurée par la Lituanie ce semestre, n'a pas voulu suivre face au forcing conjoint de Berlin et de Londres.

La controverse porte sur la meilleure façon de réduire les émissions de CO2 à 95 grammes par kilomètre parcouru pour les flottes de chaque constructeur. Mme Hedegaard et ses alliés souhaitent, avec le Parlement européen, atteindre cet objectif d'ici à 2020, contre 130 g/km en 2015, comme esquissé en 2008 lors de l'adoption d'un vaste paquet de lutte contre le réchauffement climatique.

L'Allemagne de la chancelière Angela Merkel suggère plutôt de reporter de quatre ans cette échéance. Elle entend gagner du temps pour permettre à ses constructeurs de grosses cylindrées, BMW, Mercedes et Audi, de faire les investissements nécessaires. Une position partagée par les pays où les grandes marques allemandes disposent d'usines...

LA POSITION AMBIGUË DE PARIS

Quant à la France, elle s'est faite discrète lundi, en refusant de se joindre aux rangs de ceux qui, comme l'Italie, appelaient à un vote pour aller de l'avant. Philippe Martin, le ministre de l'écologie, a quitté le Luxembourg sans faire le moindre commentaire. La position française est jugée d'autant plus ambiguë que Peugeot, en grande difficulté, et Renault, allié de Mercedes, soutiennent les arguments mis en avant par les constructeurs allemands.

Pour surmonter le blocage, les Vingt-Huit ont convenu de négocier des changements "limités" au compromis déjà scellé avec les eurodéputés. Pour Mme Hedegaard, le report de quatre ans que souhaite Berlin n'a cependant rien de "limité".

Peter Altmaier, le ministre allemand (Union chrétienne-démocrate) de l'environnement, a assuré lundi qu'il espérait toujours un vote du texte en première lecture d'ici aux prochaines élections européennes, en mai 2014. Faute de quoi, l'adoption du règlement tant débattu serait reportée d'un an au minimum. Mais pour lui, mieux vaut un "bon compromis" qu'une mesure préjudiciable à la compétitivité des constructeurs allemands.

La présidence tournante des Vingt-Huit et la Commission sont désormais chargées de trouver un nouveau terrain d'entente avec les eurodéputés. "Les marges de manoeuvre sont limitées", a prévenu Mme Hedegaard, sans trop savoir comment sortir de l'impasse.

 AFP, 15/10

13/09/2013

Environnement menacé par une méga-ferme de mille vaches ...

... et personne n'en parle !

à lire sur MEDIAPART :

Agrobusiness : le créneau des mille vaches
PAR JADE LINDGAARD

Une méga-ferme de mille vaches, couplée à une centrale électrique alimentée par les déjections du bétail. Cauchemar agro-industriel ? Non, projet en création en Picardie, malgré les engagements du gouvernement. Des opposants manifestaient ce jeudi matin contre cette « usine à vaches ».

Lire la suite

27/08/2013

Des pesticides autorisés contre l'avis des experts

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/04/23/des-dizaines-de-pesticides-sont-autorises-en-france-contre-les-avis-d-experts_3164733_3244.html

Des dizaines de pesticides sont autorisés en France contre l'avis des experts

LE MONDE | 23.04.2013 à 13h02 • Mis à jour le 23.04.2013 à 13h02 |Par Stéphane Foucart

La révélation pourrait alourdir encore l'atmosphère de défiance qui s'installe en France entre la société civile et les pouvoirs publics : des dizaines de produits phytosanitaires agricoles ou domestiques (insecticides, herbicides, fongicides, etc.) sont autorisées depuis plusieurs années, sans tenir compte des alertes de l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses).

Des courriers, adressés par la direction générale de l'agence au ministère de l'agriculture, obtenus par l'association Générations futures et rendus publics mardi 23 avril, témoignent de profonds dysfonctionnements dans le système d'attribution ou de reconduction des autorisations de mise sur le marché des pesticides. Ces dernières sont délivrées par la direction générale de l'alimentation (DGAL), placée sous la tutelle du ministère de l'agriculture. Ces anomalies justifient, selon l'association, des recours en justice et, notamment, un dépôt de plainte pour "mise en danger de la vie d'autrui".

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De quoi s'agit-il ? Dans un courrier daté du 27 août 2012, Marc Mortureux, le directeur général de l'Anses, rappelle à Patrick Dehaumont, directeur général de l'alimentation, avoir déjà "attiré l'attention" de ses services, en octobre 2009, sur"les problèmes posés" par le fait que les avis de l'Anses relatifs aux pesticides ou aux produits fertilisants "n'étaient pas tous suivis d'une décision par le ministère chargé de l'agriculture dans les délais prévus par la réglementation". Le courrier divulgué par Générations futures pointe également "le maintien sur le marché de produits pour lesquels avait été émis un avis défavorable ou un avis favorable avec restrictions", précisant que "des différences sont régulièrement repérées entre les avis de l'agence et les décisions" de la DGAL.

NON CONFORMES AUX EXIGENCES DE LA LÉGISLATION EN VIGUEUR

Pour preuve, le directeur général de l'Anses joint à son courrier trois listes "qui n'ont pas la prétention d'être exhaustives", mais qui rassemblent tout de même quelque 200 produits pour lesquels "des différences et anomalies ont été repérées dans ce cadre".

A la date de l'examen, par les services de l'Anses, de la base de données des produits phytosanitaires autorisés – soit le 16 août 2012 –, plusieurs dizaines de pesticides étaient autorisées en France, en contravention avec les avis de l'agence nationale. "De très nombreux pesticides restent autorisés alors qu'ils devraient, selon l'Anses, être interdits, car non conformes aux exigences de la législation en vigueur", s'insurge Générations futures.

D'un strict point de vue réglementaire, la DGAL n'est pas tenue de se conformeraux avis de l'Anses. Le grand nombre d'écarts relevés est cependant suffisamment anormal pour avoir suscité la réaction de l'agence sanitaire.

La plupart des risques ignorés par la DGAL concernent l'environnement, mais une demi-douzaine de produits épinglés présentent, selon les évaluations même de l'Anses, des risques sanitaires pour l'utilisateur, qu'il soit jardinier amateur ou employé agricole.

La situation a évolué depuis août 2012, fait-on valoir à la DGAL, et certains produits ont été mis en conformité avec les avis de l'Anses. Combien ? La DGAL ne peut, dans l'immédiat, le préciser. Elle ajoute que certaines anomalies peuvent être expliquées par des défauts de mise à jour de la base de données du ministère, ou encore par des agendas français et européens décalés. "Avant detenir compte d'un avis de l'Anses, il faut parfois attendre certaines réévaluations en cours au niveau européen", plaide-t-on à la DGAL. C'est en effet à l'échelon communautaire que les molécules actives sont évaluées, les mélanges commerciaux étant ensuite évalués ou réévalués, puis autorisés ou interdits par chaque Etat membre.

Ces explications ne permettent cependant pas d'expliquer l'ensemble des dysfonctionnements mis au jour. Générations futures a annoncé son intention deformer un recours pour "carence fautive de l'Etat" et de saisir une juridiction administrative pour obtenir le retrait des autorisations délivrées aux pesticides concernés.

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voir aussi :

générations-futures » Pesticides : une gestion inacceptable de ...

Pesticides : une gestion inacceptable de dizaines d’Autorisations de Mise sur le Marché (AMM) des pesticides … preuves à l’appui !

http://www.generations-futures.fr/pesticides/pesticides-une-gestion-inacceptable-des-amm/

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et aussi :

Un cancer provoqué par des pesticides et herbicides indemnisé par l'État

http://aujourlejour.midiblogs.com/archive/2013/08/27/temp-83c0fa65c1b26e62fa7224c24cbe44e8-780098.html

25/04/2013

Larzac : stockage de déchets nucléaires prévu

lu sur :

http://abonnes.lemonde.fr/planete/article/2013/04/24/le-s...

En Aveyron, le stockage géologique au banc d'essai dans un tunnel

Dans le sud de l'Aveyron, un ancien tunnel ferroviaire s'enfonce sous le plateau du Larzac. Il mène tout droit au site expérimental deTournemire, implanté à 250 m de profondeur dans une formation géologique d'argilites, des marnes vieilles de 180 millions d'années. Depuis près de vingt ans, l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) y étudie cette roche, qui présente des propriétés intéressantes pour le stockage de déchets nucléaires.

L'établissement public est chargé par l'Autorité de sûreté nucléaire d'évaluer la sûreté du projet Cigéo, le futur centre industriel de stockage géologique de l'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra). "Notre rôle est de douter des affirmations de l'Andra, d'étudier en profondeur les points fragiles de sa démonstration de sûreté, et de pointer les compléments à apporter", indique son directeur général, Jacques Repussard.

L'IRSN conduit en toute indépendance ses propres recherches, qui lui confèrent expertise et légitimité pour rendre des avis officiels. Ceux-ci seront versés au dossier du débat public à venir.

Le concept de sûreté d'un stockage géologique repose sur les capacités naturelles du milieu à confiner des radionucléides. Tous les phénomènes susceptibles d'affecter son intégrité sont passés au crible à Tournemire : failles, circulations d'eau, perturbations causées par les infrastructures... Des travaux d'une grande utilité, sachant que l'argilite de Tournemire présente de nombreuses similitudes avec la formation argileuse qui devrait abriter le Cigéo entre la Meuse et la Haute-Marne.

TEST DE VULNÉRABILITÉ DES SIX GALERIES ET 200 FORAGES RÉALISÉS

Construit en 1885, l'ancien tunnel permet de bénéficier d'un recul de plus de cent ans sur les fissurations générées par le creusement des galeries. Soit la durée de la période de réversibilité prévue pour le futur stockage. Les méthodes d'imagerie sismique testées dans les six galeries et les quelque 200 forages ont conduit à exiger de l'Andra des études complémentaires, afin que soit mieux évaluée la vulnérabilité du Cigéo aux failles naturelles de l'argile.

De même, l'étude des interactions entre la roche et les matériaux de construction, ainsi que de la corrosion des métaux en milieu souterrain, aboutira à des préconisations strictes sur la qualité des bétons et sur le conditionnement des déchets à haute activité.

Les ingénieurs de l'IRSN s'intéressent aussi aux scellements qui seront mis en place pour isoler définitivement les alvéoles de stockage des colis radioactifs, après la phase d'exploitation. Dans une galerie, ils testent leur résistance, envisagent des scénarios de crise. Ils simulent des ruptures de béton, des défaillances des bouchons d'argile gonflante.

D'autres problématiques de sûreté, liées au fait que la construction du Cigéo se poursuivra alors qu'y seront déjà installés les premiers colis radioactifs, mobilisent des experts en radioprotection, génie civil, incendie, aléas sismiques et miniers. Selon François Besnus, directeur des déchets et de la géosphère à l'IRSN, "l'Andra a encore beaucoup de réponses à apporter sur ces points, particulièrement sur les scellements ou sur le fonctionnement du stockage en situation dégradée". Des études sont toujours en cours et des expérimentations sur place restent à mener. Ce qui, estime l'IRSN, pourrait remettre en cause l'entrée en service du Cigéo en 2025, comme initialement prévu.

Restent aussi des questions en suspens. Aucun radioélément n'étant introduit à Tournemire, la diffusion de la radioactivité dans l'argile est examinée en surface, dans les laboratoires du Commissariat à l'énergie atomique ou du Centre national de la recherche scientifique. On ne disposera donc pas de données in situ. Qu'en sera-t-il de l'intégrité géologique du stockage après quelques milliers ou millions d'années ? La radioactivité du plutonium 239 diminue de moitié au bout de 24 300 ans, celle de l'uranium 238 au bout de 4,5 milliards d'années, soit l'âge de la Terre ! Pour l'IRSN, compte tenu de la dangerosité des déchets stockés, leur confinement doit être efficace pendant au moins 300 000 ans pour réduire le risque à un niveau acceptable.

David Humbert

11/04/2013

Automobiles : les constructeurs trichent sur les émissions de CO2

Décidément, nous vivons dans une société où tous ceux qui en ont la possibilité trichent !

les surlignages sont de moi

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/02/13/les-constructeurs-europeens-minorent-les-emissions-de-co2-de-leurs-voitures_1831875_3244.html

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Les constructeurs européens minorent les émissions de CO2 de leurs voitures

LE MONDE | 13.02.2013 à 14h36

Par Grégoire Allix

La baisse continue de la quantité de CO2 rejetée par les voitures neuves en Europe est en grande partie factice. Selon une étude diligentée par la Commission européenne, les constructeurs automobiles de l'Union profitent de "lacunes" dans les tests réglementaires pour exagérer les performances écologiques de leurs véhicules. Ceux-ci seraient bien moins économiques et beaucoup plus polluants que ne l'assurent les marques.

Le document - réalisé par trois entreprises de conseil néerlandaise, britannique et américaine - met en évidence que la "flexibilité" des procédures de tests permet "d'atteindre des valeurs de réduction des émissions de CO2 sans appliquer d'améliorations techniques au véhicule testé". En clair, les tests seraient réalisés dans des conditions artificiellement favorables à une baisse des rejets de dioxyde de carbone.

Au total, ces petits arrangements avec les mesures officielles pourraient représenter le tiers de la baisse d'émission de CO2 constatée entre 2002 et 2010 sur les différents modèles de voiture testés.

Les émissions des voitures neuves étaient en moyenne de 167,2 grammes par kilomètre (g/km) dans l'Union européenne en 2002 et de 140,4 g/km en 2010, soit une baisse moyenne totale de 26,8 g/km. Sur ce chiffre, l'étude attribue 9,1 g/km aux méthodes employées lors des tests, plutôt qu'à des avancées technologiques. "Cela signifie que les véhicules ne délivrent pas à leurs utilisateurs les performances attendues en termes d'économie de carburant, ce qui mène à la désinformation des consommateurs", indiquent les auteurs du rapport.

Pour "verdir" artificiellement leurs performances, les constructeurs utilisent, lors des tests, des pneus plus adhérents que ceux qui équiperont réellement les véhicules, ou ils les font rouler sur une surface extrêmement lisse. Tous les paramètres susceptibles de limiter les émissions de CO2 sont optimisés : poids de la voiture, alignement des roues, température, pression, vent, humidité... Des conditions idéales qu'aucun conducteur ne retrouvera sur la route.

"UN PEU DE TOLÉRANCE"

"Honnêtement, les gens devraient s'indigner. Ça revient à prendre l'argent de leur poche. L'industrie se surpasse dans cette affaire", a déclaré à l'agence Reuters une source anonyme à l'Union européenne. L'étude promet de susciter des remous à Bruxelles, où les normes imposées aux véhicules - sous peine de lourdes sanctions financières - sont censées à la fois réduire la consommation de carburant et lutter contre les émissions de gaz à effet de serre.

Ces normes devraient se durcir pour atteindre un maximum autorisé de 130 g/km de CO2 en 2015, puis 95 g/km en 2020. Les failles dans les tests remettent-elles en cause cet objectif ? D'après la Commission européenne, de nouvelles procédures devraient être mises en oeuvre à partir de 2016 et "limiter" les effets des mesures de flexibilité, mais Bruxelles estime qu'"un peu de tolérance est nécessaire pour des raisons pratiques".

L'Association européenne des constructeurs automobiles (AECA) dément pour sa part toute manipulation des données. "Le test est nécessairement réalisé dans des conditions de laboratoire", car "la performance réelle des véhicules dépend de nombreux facteurs externes comme le trafic, le terrain, les habitudes de conduite, le chargement...", argumente un porte-parole. Mais "le processus de test est conçu pour représenter une utilisation typique de la voiture". L'AECA assure pourtant que "l'industrie automobile contribue activement au développement d'un nouveau cycle de tests, conçu pour mieux représenter la conduite dans le monde réel".

Effectuer des mesures en conditions réelles sur des voitures déjà mises en service : c'est ce que préconise l'un des experts impliqués dans l'étude, le consultant de TNO, Richard Smokers. Une procédure déjà appliquée aux Etats-Unis.

Ces révélations interviennent alors que la France a durci, depuis début janvier, le dispositif de bonus-malus écologique pour les véhicules. Un système de pénalisation des véhicules polluants dont les bases apparaissent aujourd'hui largement biaisées.

01/03/2013

Le scandale de l'amiante

les surlignages sont de moi

lu sur :

http://www.lemonde.fr/societe/article/2013/02/27/amiante-le-parquet-general-demande-l-annulation-de-la-mise-en-examen-de-martine-aubry_1839615_3224.html

Amiante : le parquet général demande l'annulation de la mise en examen de Martine Aubry

LE MONDE | 27.02.2013 à 12h05 • Mis à jour le 28.02.2013 à 07h16

Par Emeline Cazi

L'avenir politique de Martine Aubry mis entre parenthèses depuis sa mise en examen pour "homicides et blessures involontaires" dans l'un des volets de l'affaire de l'amiante pourrait s'éclaircir. Le parquet général de la cour d'appel de Paris demande l'annulation de la mise en examen du 6 novembre 2012 de l'ex-première secrétaire du Parti socialiste ainsi que des poursuites engagées contre une petite dizaine de personnes – des hauts fonctionnaires, des industriels – mises en cause pour les mêmes griefs. L'affaire sera examinée jeudi 28 février par la chambre de l'instruction de la cour d'appel.

Les réquisitions de Louis Wallon témoignent des divergences d'appréciation entre le parquet et la juge d'instruction, Marie-Odile Bertella-Geffroy, dans ces dossiers amiante englués depuis des années au pôle de santé publique de Paris. Elles éloignent encore un peu plus l'espoir des victimes de ce scandale sanitaire majeur du XXe siècle (3000 morts par an) de voir un jour s'ouvrir un procès pénal en France.

LA FIBRE INCOMBUSTIBLE ÉTOUFFE ENCORE LES FAMILLES À PETIT FEU

Mme Aubry a été mise en examen dans le dossier de l'usine automobile Ferodo-Valeo de Condé-sur-Noireau (Calvados): pendant des décennies, on y a bourré des matelas et entouré les plaquettes de frein de la fibre réputée incombustible. Le minerai miracle est interdit en France depuis 1997, mais le long de la vallée de la Vère, il étouffe encore les familles à petit feu. La juge Bertella-Geffroy a mis en examen une quinzaine de personnes pour "homicides et blessures involontaires": les directeurs successifs de l'entreprise, le médecin du travail, les membres du comité permanent amiante (CPA) – le lobby des industriels –, et plus récemment des hauts fonctionnaires dont Martine Aubry et Olivier Dutheillet de Lamothe qui se sont succédé à la direction des relations du travail au ministère de l'emploi entre 1984 et 1995. La magistrate reproche à ces derniers d'avoir tardé à transcrire en droit français les directives européennes de 1983 et 1991 qui renforcent la protection des salariés et abaissent les limites d'exposition des ouvriers à la poussière cancérigène. Ce que les mis en cause contestent.

Pour justifier ses demandes d'annulation des poursuites, l'avocat général rappelle que la loi Fauchon du 10 juillet 2000 exige pour les délits commis de manière indirecte – homicides et blessures involontaires – la présence d'une faute "caractérisée" qui ait eu pour conséquence l'exposition des victimes "à un risque d'une particulière gravité qui ne pouvait être ignoré". Selon M.Wallon, la transposition d'une directive européenne en droit français relève "du pouvoir réglementaire". Or, estime-t-il, un fonctionnaire ne peut être accusé de retard dans cette transposition, car "même de rang élevé, [il] ne dispose dans ce domaine d'aucun pouvoir propre".

La juge d'instruction reproche également à Martine Aubry d'avoir été influencée par le lobby de l'amiante notamment parce que l'un de ses chefs de bureau, Jean-Luc Pasquier, participait aux réunions du CPA où se retrouvaient les industriels, des scientifiques et des fonctionnaires des ministères. L'avocat général ne partage pas son analyse: comme le CPA ne "dispos[ait] d'aucun pouvoir réglementaire" et que l'enquête n'établit, selon lui, "aucun fait concret (...) quant à son influence" sur les "titulaires de ce pouvoir réglementaire", Martine Aubry ne peut pas être accusée d'avoir pris des décisions orientées. Ces deux principaux griefs balayés, il n'existe plus selon Louis Wallon "d'indices graves ou concordants" qui justifieraient les poursuites. Il demande donc l'annulation de la mise en examen de la maire de Lille, des lobbyistes et des hauts fonctionnaires.

"LES SERVICES DE L'ETAT ANESTHÉSIÉS"

Cette position irrite les avocats des victimes. Me Jean-Paul Teissonnière devait rappeler à l'audience que "l'action de lobbying des industriels a anesthésié les services de l'Etat". Les associations déplorent "l'opposition constante du parquet dans toutes les affaires de l'amiante". "Sous prétexte que ces gens n'avaient pas le pouvoir réglementaire, l'annulation de leur mise en examen est systématiquement demandée, constate François Desriaux, vice-président de l'Association nationale de défense des victimes de l'amiante (Andeva). Même au civil, quand on attaque pour faute inexcusable de l'employeur, les procureurs contestent."

Si la chambre de l'instruction suit les réquisitions de l'avocat général, le dossier que la juge Bertella-Geffroy espérait conclure d'ici un an –si elle n'est pas mutée– sera sérieusement fragilisé. Renvoyer une affaire avec pour seuls responsables l'employeur et le médecin du travail, c'est prendre le risque de voir ces derniers se retrancher derrière les textes en vigueur à l'époque pour justifier l'exposition des ouvriers à la fibre tueuse et que leprocès se termine par une relaxe. On assisterait alors à un nouveau fiasco judiciaire dans une affaire de santé publique qui rappellerait tristement celui de l'hormone de croissance.

Le Conseil d'Etat reconnaissait pourtant, le 3 mars 2004, la responsabilité de l'Etat qui n'a pas suffisamment protégé les salariés alors que "le caractère hautement cancérigène" de l'amiante "avait été confirmé à plusieurs reprises (...) et que le nombre de maladies professionnelles et de décès (...) ne cessait d'augmenter depuis le milieu des années 1950".

Emeline Cazi


La juge Marie-Odile Bertella-Geffroy conteste devoir quitter son poste

La garde des sceaux a saisi, le 22 février, pour avis le Conseil supérieur de la magistrature (CSM) du cas de Marie-Odile Bertella-Geffroy, la vice-présidente chargée de l'instruction au pôle de santé publique de Paris. La juge conteste devoir changer d'affectation après avoir passé dix ans au même poste, comme le prévoit le statut de la magistrature de 1958.

Elle a été installée dans ses fonctions le 3 mars 2003. Agée de 63 ans, elle objecte que, juge d'instruction à Paris depuis trente-deux ans, elle n'a pas changé de fonction en 2003 et que le texte ne s'applique pas.
Le secrétariat général du gouvernement, sollicité par le cabinet de la ministre, avait été d'un avis contraire le 24 décembre 2012.

Christiane Taubira, "respectueuse du principe d'inamovibilité des magistrats du siège", tient à s'assurer auprès du CSM que "toute modification dans la carrière des magistrats est conforme à leur régime statutaire".

09/02/2013

il FAUT changer

les surlignages sont de moi

lu sur :

http://www.lemonde.fr/culture/article/2013/02/07/notre-civilisation-pourrait-elle-s-effondrer-personne-ne-veut-y-croire_1828673_3246.html

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Notre civilisation pourrait-elle s'effondrer ? Personne ne veut y croire

LE MONDE CULTURE ET IDEES | 07.02.2013 à 14h24 • Mis à jour le 07.02.2013 à 17h51

Par Stéphane Foucart

Pour son élection à la Royal Society de Londres, Paul Ehrlich tenait à mettre sur la table une question abrupte sur la marche du monde. Cette question, elle ne cesse de le travailler depuis quatre décennies : "Un effondrement de la civilisation globale peut-il être évité ?" C'est donc le titre que le célèbre biologiste américain a choisi pour la longue tribune qu'il a rédigée à l'invitation de la plus vénérable des académies des sciences et qui vient d'être publiée dans Proceedings of the Royal Society B - l'une des revues qu'elle édite. Hélas ! Cette interrogation, qui ne soulevait guère, jusqu'à récemment, que des haussements d'épaules, est désormais de plus en plus sérieusement considérée par la communauté scientifique.

 

Les premières phrases de Paul Ehrlich, toujours membre, à plus de 80 ans, du département de biologie de l'université Stanford (Californie), ont servi d'entrée en matière à un colloque sur la biodiversité et la croissance économique, le 31 janvier, à l'Ecole des mines de Paris. Elles donnent le ton. "A peu près toutes les civilisations passées ont subi un effondrement, c'est-à-dire une perte de complexité politique et socio-économique, généralement accompagnée d'un déclin drastique de la démographie, écrivent le biologiste américain et sa compagne, Anne Ehrlich, également professeur à Stanford. Certaines, comme en Egypte ou en Chine, se sont remises de situations d'effondrement mais d'autres non, comme la civilisation de l'île de Pâques, ou les Mayas classiques. (...) Dans bien des cas - sinon la plupart - la surexploitation de l'environnement a été en cause."

RÉCHAUFFEMENT CLIMATIQUE ET ACIDIFICATION DES OCÉANS

La nouveauté du problème est sa dimension globale. Jadis, l'écroulement des sociétés n'a jamais été qu'un phénomène local ou régional. A quelques centaines de kilomètres des lieux où se tramait le délitement de sociétés structurées, rien de tangible ne se produisait. Les hommes continuaient à vivre paisiblement. "Mais, aujourd'hui, pour la première fois, une civilisation humaine globale - la société technologique, de plus en plus interconnectée, dans laquelle nous sommes tous embarqués à un degré ou à un autre - est menacée d'effondrement par un ensemble de problèmes environnementaux", poursuit l'auteur.

Ces problèmes sont connus. Ils sont au centre d'une somme considérable de travaux de recherche ; ils ont tous en commun d'affecter les écosystèmes et, en conséquence, de menacer les services qu'ils offrent gracieusement aux économies. C'est-à-dire aux hommes. La liste qu'égrènent Anne et Paul Ehrlich est longue. Erosion rapide de la biodiversité ; exploitation irraisonnée des océans ; destruction accélérée des insectes pollinisateurs, qui assurent la reproduction de 80 % du règne végétal ; épuisement des sols et des eaux souterraines ; formation de vastes zones mortes dans les océans, à l'embouchure des grands fleuves qui charrient les effluents agricoles. Avec, surplombant et déterminant partiellement le tout, deux phénomènes globaux liés à nos émissions de gaz à effet de serre : le réchauffement climatique et l'acidification des océans. L'humanité a donc devant elle un certain nombre de difficultés...

Pour tous ceux qui s'intéressent à l'écologie scientifique et à la biologie de la conservation, Paul Ehrlich est connu comme le loup blanc. En 1968 - cinq ans avant Les Limites à la croissance, rapport du Club de Rome, qui fait date -, il publiait The Population Bomb, un ouvrage grand public dont il vendit quelque deux millions d'exemplaires.

"Paul Ehrlich a toujours eu comme idée que la démographie est au centre de tout, que nous sommes trop sur la planète et qu'il fallait trouver des moyens pour être moins nombreux", résume le biologiste Gilles Boeuf, président du Muséum national d'histoire naturelle. "A sa publication, ce livre a reçu beaucoup d'attention, se souvient James Brown, professeur à l'université du Nouveau-Mexique, aux Etats-Unis, et membre de l'Académie des sciences américaine. On commençait à prendre conscience qu'une croissance exponentielle ne pourrait pas continuer indéfiniment sur une Terre finie. Je crois que beaucoup étaient cependant sceptiques sur l'horizon de temps auquel Paul Ehrlich prévoyait un effondrement."

"VERS DE PLUS VASTES FAMINES"

De fait, le biologiste augurait de vastes famines dans les années 1990 - elles n'ont pas eu lieu. "Ce qui est souvent décrit comme des prévisions "fausses" n'était que des scénarios, clairement présentés comme des histoires qui devaient aider à penser le futur et dont certaines ne se réaliseraient pas, répond Paul Ehrlich. Mais la principale erreur du livre est de sous-estimer la vitesse à laquelle la "révolution verte" [modernisation des techniques agricoles] s'est propagée dans les pays pauvres. Cela a sauvé beaucoup de vies, mais nous a aussi mis sur les rails où nous sommes désormais, vers de plus vastes famines."

L'effondrement, c'est d'abord la faim. Ce qui tourmente Paul Ehrlich depuis quarante ans est avant tout une question d'agriculture, de nourriture et d'estomacs à remplir. Cette crainte, rétorquent les détracteurs du néomalthusianisme, ne serait qu'une vieille lune puisant dans un millénarisme irrationnel, remontant à bien avant Thomas Malthus (1766-1834) lui-même. On trouve, de fait, trace de cette préoccupation aux toutes premières heures de l'Histoire. Le plus ancien texte de l'humanité, L'Epopée de Gilgamesh, le célèbre conte mésopotamien dont la composition remonte à la fin du IIIe millénaire avant notre ère, ne met-il pas en scène un aréopage de divinités décidées à punir l'humanité pour sa propension à la multitude ?

"La Terre peut nourrir neuf milliards d'individus sans problème", rétorquent ainsi les adversaires de Paul Ehrlich. Mais ceux qui ont le privilège d'écrire que les famines ne sont pas un "problème" ne sont jamais ceux qui ont eu faim. "Je trouve l'optimisme de beaucoup d'analystes assez perturbant, sachant qu'aujourd'hui presque un milliard d'humains souffrent de la faim et que des millions d'entre eux en meurent chaque année, ajoute le biologiste américain. Si c'est si facile, pourquoi tout le monde n'est-il pas correctement nourri ? Il y a sans doute plus de personnes souffrant de faim et de malnutrition aujourd'hui qu'en 1968", lors de la parution de The Population Bomb. Il n'y avait, alors, que trois milliards et demi d'humains sur Terre - nous sommes aujourd'hui plus du double.

DÉCLIN DE LA PÊCHE MONDIALE

"Ce que souligne Paul Ehrlich, c'est que, même si, dans la situation actuelle, on calcule que la Terre pourrait nourrir neuf milliards d'humains, nous ne sommes absolument pas sûrs que cela soit encore possible dans quelques décennies, redoute le biologiste Gilles Boeuf. Simplement parce que le système de production va commencer à subir les effets des perturbations que nous avons introduites dans le système, à commencer par le changement climatique." Dans de nombreuses régions du monde et pour certaines grandes cultures, "les rendements agricoles n'augmentent plus depuis sept à huit ans", précise le président du Muséum. En France, par exemple, les effets du changement climatique sur le blé se font sentir depuis 1996 : en dépit des progrès agronomiques, les rendements stagnent, après un demi-siècle de croissance continue. C'est le cas dans la majeure partie de l'Europe.

L'agriculture ne sera pas le seul système affecté. Les pêcheries souffrent également : depuis le milieu des années 1990, les prises mondiales déclinent, en dépit d'un effort de pêche toujours accru. Toujours plus de bateaux sont armés, traquent la ressource de plus en plus loin et de plus en plus profond, mais le produit de la pêche mondiale décline inexorablement. La tendance pourrait être encore aggravée par le réchauffement des eaux superficielles de l'océan et, surtout, par leur acidification. La manière dont les écosystèmes marins peuvent s'adapter à ce phénomène est largement inconnue, puisque ce dernier se produit à un rythme inédit depuis au moins 300 millions d'années, selon une récente étude publiée dans la revue Science.

Au chapitre des courbes qui plafonnent, celle de la production pétrolière n'est pas la moindre. Entre 2004 et 2011, malgré une demande explosive, elle a stagné, selon la BP Statistical Review of World Energy, entre 80 et 83 millions de barils par jour... Et ce, en comptant les ressources non conventionnelles (huile de schiste, sables bitumineux, etc.). "La "bombe" et les "limites", commente James Brown en référence à l'ouvrage de Paul Ehrlich et au rapport du Club de Rome, deviennent probablement une réalité en ce moment même."

LE REVIREMENT DE LA COMMUNAUTÉ SCIENTIFIQUE 

Dans le dernier tiers du XXe siècle, la question de la finitude du monde est demeurée marginale dans la communauté scientifique. Elle n'a pas suscité une école de pensée structurée, comme la physique des semi-conducteurs, la génomique ou la climatologie. L'opinion et les craintes de Paul Ehrlich sont-elles désormais partagées par tous ? "Non, il est toujours critiqué et considéré comme trop pessimiste, estime James Brown. La majorité de la communauté scientifique ne reconnaît pas ce qu'Ehrlich ou encore mon groupe de recherche et moi considérons comme une urgence critique."

Chez les chercheurs qui travaillent spécifiquement sur le fonctionnement des écosystèmes, la réalité est peut-être différente. "Ce n'est pas un tableau très joyeux qu'il dépeint, confie Franck Courchamp, chercheur au laboratoire Ecologie, systématique et évolution (CNRS/université Paris-Sud), mais malheureusement je pense qu'il écrit tout haut ce que la plupart des écologues pensent tout bas." La prestigieuse revue Nature a par exemple publié, au printemps 2012, deux vastes synthèses de la littérature scientifique, menées collectivement par une quarantaine de spécialistes du fonctionnement des écosystèmes. Leurs conclusions sont glaçantes : non seulement l'ensemble de la biosphère terrestre connaîtra une "bascule abrupte et irréversible" dans les prochaines décennies, du fait des transformations apportées par l'homme à l'environnement, mais les services rendus aux économies par ce dernier vont perdre en efficacité du fait de l'érosion de la biodiversité.

DES ÉTUDES LARGEMENT IGNORÉES

Probablement trop déprimantes, ces deux synthèses de la littérature, résumant le savoir accumulé par des centaines d'études, ont été relativement ignorées par les médias. Elles sont passées inaperçues. A peu près autant que l'avis commun rendu en juin 2012 par les 106 académies des sciences, intitulé "Population et consommation" et qui, en termes prudents, n'en valide pas moins les inquiétudes anciennes de Paul Ehrlich. "Les accroissements simultanés de la population et de la consommation non durable font que le monde se trouve face à deux de ses plus grands défis, assurent les académies des sciences. La population mondiale est de 7 milliards d'habitants, et la plupart des projections indiquent qu'elle sera de 7 à 11 milliards en 2050, sachant que l'accroissement de la population se fera surtout dans les régions à faible revenu. Globalement, les niveaux de consommation sont à un niveau jamais atteint, largement en raison de la forte consommation par individu dans les pays développés."

Au sein de l'establishment scientifique, les idées du biologiste américain commencent donc à faire leur chemin. Il suffit, pour s'en rendre compte, de relever le nombre de fois que The Population Bomb est cité dans la littérature scientifique. Entre 1968 et 1995, il n'y est fait référence que deux fois. Autant dire que l'ouvrage, malgré son succès auprès du public, est poliment ignoré. Mais dans la décennie suivante, entre 1995 et 2005, il est cité de dix à vingt fois par an, puis de vingt à quarante fois par an depuis 2005.

Pourtant, si elle apparaît comme une préoccupation de plus en plus partagée chez les scientifiques, l'impossibilité d'une croissance exponentielle éternellement entretenue dans un monde fini reste largement ignorée dans les cercles dirigeants, parmi les économistes et dans l'opinion. Le gouffre est en effet énorme entre les centaines d'études alarmantes et le "climat" général des réactions. "Il y a dans la communauté scientifique une retenue sur ces sujets qui m'a toujours étonné, ajoute M. Courchamp. Même dans les instances nationales, les scientifiques spécialistes ont toujours peur d'être accusés de catastrophisme, d'opinions militantes ou exagérées."

UNE CONNAISSANCE CONFINÉE À UN PETIT NOMBRE 

Les médias, eux aussi, sont souvent réticents à traiter pleinement ces sujets, souvent jugés trop anxiogènes. La connaissance accumulée sur l'état de tension entre le système technique humain et la biosphère demeure ainsi confinée à un petit nombre de spécialistes. "Certains essayent [de communiquer], mais les scientifiques ne sont pas formés pour parler au public et les normes de la science et la discipline de la pratique scientifique militent contre le fait d'aller vers le public, explique Paul Ehrlich. Mais plusieurs d'entre nous, tous des ''vieux briscards'', s'engagent : James Hansen, le plus titré des climatologues fédéraux [directeur du Goddard Institute for Space Studies de la NASA], a même été incarcéré pour avoir manifesté contre la construction d'une centrale à charbon."

L'ignorance, par le plus grand nombre, de la situation telle que la perçoivent les spécialistes compte au nombre des grandes préoccupations du biologiste américain. "Pour éviter un effondrement, le plus grand défi est peut-être de convaincre l'opinion, en particulier les hommes politiques et les économistes", écrit-il. Une grande part des communautés scientifiques et techniques investies dans la recherche et le développement sont aussi toujours rétives à l'idée d'une finitude du monde. "Je le vois dans mes conférences : il y a encore un déni incroyable à propos de notre situation, relève Gilles Boeuf. Parfois, ce sont même des scientifiques qui me disent : "On ne croit pas à ce que vous dites" !"

LA FRANCE, CHAMPIONNE DU DÉNI

Sur le terrain du déni, la France occupe une place à part. D'abord, ingénieurs et scientifiques passent souvent par des formations communes. Ensuite, la langue française a mis dans le même mot - "écologie" - une science et un mouvement politique. Du coup, les faits scientifiques qui relèvent de la première sont sans cesse relativisés et discutés comme le seraient les postures idéologiques du second. "Nous avons un vrai problème avec ça, confie Gilles BoeufNous ne sommes pas écologistes, nous sommes écologues !" Il ne faut pas sous-estimer la force de la confusion des mots. La France est par exemple le dernier pays dont l'Académie des sciences, en dépit des textes internationaux qu'elle a signés, estime incertaine l'origine anthropique du changement climatique...

Or, lorsqu'un problème environnemental semble très incertain, il n'y a nulle raison de chercher à le résoudre. Surtout si sa résolution demande des efforts colossaux. Le sera-t-il jamais ? Au terme de leur longue tribune dans Proceedings of the Royal Society B, Paul et Anne Ehrlich répondent, de manière étonnante, oui : "L'effondrement de la civilisation globale" peut être évité, "car la société moderne a montré de la capacité à traiter les menaces de long terme, si elles sont évidentes et continuellement portées à notre attention". Mais cette note d'espoir est vite remise à sa place. "Nous estimons que la probabilité d'éviter l'effondrement n'est que d'environ 10 %, précise Paul Ehrlich. Et nous pensons que, pour le bénéfice des générations futures, cela vaut le coup de se battre pour monter cette probabilité à 11 %."

La principale incertitude ne repose sans doute pas sur les grands changements d'état de la biosphère et la raréfaction des ressources. Elle tient plutôt au fait de savoir ce qu'est un "effondrement", c'est-à-dire de quelle manière les sociétés réagiront à ces changements. Appauvrissement brutal des populations ? Perte de contrôle des Etats sur leur territoire ? Incapacité à assurer les besoins de base de la population ? Généralisation de la violence ? Ou réduction graduelle et pacifique de la consommation matérielle, accompagnée d'une plus forte cohésion sociale ? Ces questions restent ouvertes et ne sont pas du ressort des sciences de la nature. Mais le spectacle qu'offre un pays comme la Grèce n'incite guère à l'optimisme. 

 

Lire aussi : Changement climatique : près de soixante études par jour (ci dessous)

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"L'HOMME PEUT-IL S'ADAPTER À LUI-MÊME ?"

collectif, dirigé par Gilles Boeuf, Bernard Swynghedauw et Jean-François Toussaint, (Quae éditions, 2012).

"L'ÉCOLOGIE POUR LES NULS"

de Franck Courchamp (Editions générales First, 2009).

SUR LE WEB

"CAN A COLLAPSE

OF GLOBAL CIVILIZATION BE AVOIDED ?"

Article en anglais de Anne et Paul Ehrlich disponible sur le site de la revue Proceedings of the Royal Society B www. royalsocietypublishing.org

MILLENNIUM ALLIANCE FOR HUMANITY AND THE BIOSPHERE

Une initiative imaginée par Anne et Paul Ehrlich http://mahb.stanford.edu

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Changement climatique : près de soixante études par jour 

http://www.lemonde.fr/culture/article/2013/02/07/changement-climatique-pres-de-soixante-etudes-par-jour_1828674_3246.html

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LE MONDE CULTURE ET IDEES | 07.02.2013 à 14h24 • Mis à jour le 07.02.2013 à 17h42

Par Stéphane Foucart

Vouloir rendre compte de la recherche sur le changement climatique est à la fois impossible et déprimant. Déprimant parce que la majorité des études publiées dressent un tableau assez sombre de l'avenir prévisible. Impossible parce que l'activité scientifique sur le sujet a pris, ces dernières années, une dimension gigantesque. Ce dont, de toute évidence, l'opinion n'a pas la moindre idée. "Le grand public ne sait pas bien ce que les scientifiques font, ni le rôle que joue la science dans la société", constate l'écologue James Brown, professeur à l'université du Nouveau-Mexique et membre de l'Académie des sciences américaine.

En cherchant dans une base de données de la littérature scientifique - par exemple Scopus, tenue par l'éditeur Elsevier - les articles de recherche contenant les termes "changement climatique" (climate change) ou "réchauffement global" (global warming) dans leur titre, leur résumé ou leurs mots-clés, il est possible de se faire un avis assez précis sur ce décalage. Au milieu des années 1970, l'ensemble des revues scientifiques publiait environ une dizaine d'articles par an sur le sujet. Dix ans plus tard, on en compte une cinquantaine. Encore dix ans de plus - au milieu des années 1990 - et nous en sommes à environ un millier publiés chaque année...

DES SCIENTIFIQUES ANXIEUX

Aujourd'hui, celui qui s'intéresse au réchauffement sous tous ses aspects scientifiques est confronté à une sorte de tsunami de travaux académiques dans lesquels la dimension climatique intervient sous une forme ou une autre. En 2012, les revues savantes ont donné l'onction d'une publication à 15 125 études de ce genre.

Ce qui représente une moyenne de près de soixante travaux de recherche publiés par jour ouvré... Dans cette masse d'études, il est aussi possible de chercher si, par exemple, la notion de perturbation climatique est, ou non, associée de manière croissante au terme "effondrement" (collapse) - que ce soit celui d'une société, d'une calotte de glace, d'un écosystème, d'une pêcherie... Les travaux associant des changements climatiques à ces bouleversements brutaux et périlleux que sont les "effondrements" sont aussi de plus en plus nombreux.

On en comptait moins de dix par an jusqu'à la fin des années 1990 ; une vingtaine entre 2000 et 2003 ; une quarantaine entre 2004 et 2006... En 2012, près d'une centaine ont été publiés. Si l'on fait de cette association (changement climatique et effondrements) une manière d'indice d'anxiété de la communauté scientifique sur les répercussions du changement climatique, alors cet indice a décuplé au cours des vingt dernières années.

06/02/2013

Le moteur diesel, cette plaie, et les nouveaux nés

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/02/06/pollution-une-etude-montre-un-effet-des-particules-sur-le-poids-des-nouveau-nes_1827695_3244.html

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LE MONDE | 06.02.2013 à 13h27 • Mis à jour le 06.02.2013 à 13h28 Par Stéphane Foucart

Un élément de preuve décisif indique que les femmes enceintes les plus exposées aux particules fines de la pollution atmosphérique présentent un risque plus élevé d'accoucher d'un bébé dont le poids sera inférieur à 2,5 kg après une grossesse menée à terme. Cette insuffisance, qui touche environ 2 % des enfants, est associée à une probabilité plus forte de troubles ultérieurs.

La revue Environmental Health Perspectives (EHP) publie, mercredi 6 février, la plus vaste étude internationale menée à ce jour sur le sujet. Ces travaux, coordonnés par Tracey Woodruf (université de Californie à San Francisco) et Jennifer Parker (National Center for Health Statistics), ont consisté en l'analyse de trois millions de naissances, recensées dans quatorze centres urbains répartis en Amérique du Nord et du Sud, en Europe, en Australie et en Asie.

 

"Le résultat est conforme à de précédentes études qui suggéraient un tel lien", explique Rémy Slama, responsable de l'équipe d'épidémiologie environnementale de l'Institut Albert-Bonniot (INSERM et université Joseph-Fourier de Grenoble) et coauteur de ces travaux. "Une méta-analyse comme celle-ci permet d'éviter les biais, en particulier les biais de publication" – une étude qui met en évidence un lien ayant plus de chances d'être publiée que celles qui n'en trouvent pas...

Les auteurs montrent que l'exposition moyenne à 10 microgrammes par mètre cube (µg/m3) de particules de diamètre inférieur à 10 microns (ou PM10), sur toute la grossesse, accroît le risque d'insuffisance pondérale du bébé de 3 %. L'exposition à 10 µg/m3 des particules les plus fines, dites PM2,5, conduit pour sa part à un risque accru de 10 %.

VÉHICULES DIESEL

Schématiquement, l'exposition d'une femme enceinte à une concentration moyenne de 30 µg/m3 de PM2,5 tout au long de sa grossesse conduirait ainsi à un risque de faible poids à la naissance accru de 10 % par rapport à une femme qui n'aurait été exposée qu'à 20 µg/m3...

Cependant, de telles déductions simples demeurent hasardeuses : les effets varient de manière très complexe, selon les régions, en fonction des proportions relatives de PM10 et de PM2,5. Plus ces dernières sont abondantes, plus le risque est élevé. Ce sont précisément ces particules qui ont atteint, le 12 janvier, à Pékin, un pic de concentration de 993 µg/m3.

Les particules fines proviennent essentiellement de la circulation automobile – en particulier des véhicules diesel – et de la combustion du charbon et de la biomasse. "Le risque individuel demeure faible, mais, en termes de santé publique, l'effet est très important, car de très grandes populations sont exposées à ces pollutions, explique M. Slama. On suspecte en outre que le faible poids à la naissance ne soit que le signe visible d'autres modifications, pouvant être associées à des risques accrus, plus tard dans la vie, de troubles du métabolisme ou de pathologies cardiaques..."

Selon l'Organisation mondiale de la santé, les microparticules favorisent le cancer, l'arthérosclérose, les troubles respiratoires, le diabète, et affectent le développement neurologique des enfants et les fonctions cognitives.

Lire aussi :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/02/06/une-etude-etablit-un-lien-entre-pollution-et-poids-des-bebes-a-la-naissance_1827679_3244.html

Une étude établit un lien entre pollution et poids des bébés à la naissance

Les femmes enceintes les plus exposées aux polluants des gaz d'échappement des automobiles et des centrales à charbon ont un risque plus élevé d'avoir un enfant dont le poids à la naissance sera trop faible, selon une vaste étude internationale, publiée mercredi 6 février dans la revue médicale américaine Environmental Health Perspectives (*)

Il s'agit de la recherche la plus étendue effectuée portant sur le lien entre la pollution de l'air et le développement du fœtus, précisent les auteurs, dont la Dr Tracey Woodruff, professeure de gynécologie et de science de la reproduction à l'université de Californie, à San Francisco. Cette recherche est basée sur trois millions de naissances dans neuf pays et dans quatorze sites en Amérique du Nord, en Afrique du Sud, en Europe, en Asie et en Australie. La plupart des données ont été collectées entre le milieu des années 1990 et la fin de la décennie 2000.

Les scientifiques ont constaté que dans les différents sites dans le monde où cette recherche a été effectuée, plus le taux de pollution était élevé, plus grand était le taux de naissances d'enfants avec un poids insuffisant. Un faible poids à la naissance – moins de 2,5 kilos – est lié à des risques accrus de maladies et de mortalité postnatales ainsi qu'à des problèmes de santé chroniques plus tard dans la vie, relève le Dr Payam Dadvand, du Centre de recherche en épidémiologie environnementale (CREAL), à Barcelone, en Espagne, un des principaux coauteurs.

"Ce sont en fait des niveaux de pollution de l'air auxquels nous sommes quasiment tous exposés dans le monde", relève la Dr Woodruff. "Ces particules microscopiques, qui sont en taille inférieures au dixième de l'épaisseur d'un cheveu humain, se trouvent dans l'air que nous respirons tous", ajoute-t-elle. La Dr Woodruff note que les pays qui ont des réglementations plus strictes pour limiter la pollution des automobiles et des centrales au charbon ont des niveaux plus faibles de ces polluants. "Aux Etats-Unis, nous avons montré pendant plusieurs décennies que les bienfaits pour la santé et le bien-être publics de la réduction de la pollution de l'air sont beaucoup plus grands que les coûts", insiste-t-elle.

Les particules polluantes en suspension dans l'air sont mesurées en microgrammes par mètre cube d'air. Aux Etats-Unis, les réglementations fédérales limitent la concentration moyenne annuelle à 12 microgrammes/m3 de particules mesurant moins de 2,5 microns. Dans l'Union européenne, cette limite est de 25 microgrammes/m3, et les agences de protection de l'envionnement examinent la possibilité d'abaisser ce niveau. A Pékin, la concentration de ces particules polluantes a été récemment mesurée à plus de 700 microgrammes/m3. "De tels niveaux sont de toute évidence totalement intenables pour la santé publique mondiale", souligne Mark Nieuwenhuijsen, du CREAL, autre coauteur de cette recherche.

Une autre recherche épidémiologique se penche actuellement sur les effets potentiels d'une exposition des femmes enceintes à certains degrés de cette pollution de l'air sur la santé de leur enfant plus tard dans leur vie.

(*)

http://ehp.niehs.nih.gov/2013/02/1205575/

Maternal Exposure to Particulate Air Pollution and Term Birth Weight: A Multi-Country Evaluation of Effect and Heterogeneity

February 6, 2013 Advance Publications Comments Off

Payam Dadvand,1,2,3 Jennifer Parker,4 Michelle L. Bell,5 Matteo Bonzini,6 Michael Brauer,7 Lyndsey Darrow,8 Ulrike Gehring,9 Svetlana V. Glinianaia,10 Nelson Gouveia,11 Eun-hee Ha,12 Jong Han Leem,13 Edith H. van den Hooven,14,15 Bin Jalaludin,16,17,18 Bill M. Jesdale,19 Johanna Lepeule,20,21,22 Rachel Morello-Frosch,19,23 Geoffrey G. Morgan,24,25 Angela Cecilia Pesatori,26 Frank H. Pierik,15 Tanja Pless-Mulloli,10 David Q. Rich,27 Sheela Sathyanarayana,28 Juhee Seo,12 Rémy Slama,21,22 Matthew Strickland,8 Lillian Tamburic,29 Daniel Wartenberg,30 Mark J Nieuwenhuijsen,1,2,3 Tracey J. Woodruff31 

1Centre for Research in Environmental Epidemiology (CREAL), Barcelona, Spain; 2Municipal Institute of Medical Research (IMIM-Hospital del Mar), Barcelona, Spain; 3CIBER Epidemiologia y Salud Pública (CIBERESP), Spain; 4National Center for Health Statistics, Centers for Disease Control and Prevention, Hyattsville, Maryland, USA; 5Yale University, School of Forestry and Environmental Studies, New Haven, Connecticut, USA; 6Department of Clinical and Experimental Medicine, University of Insubria, Varese, Italy; 7University of British Columbia, School of Population and Public Health, Vancouver, British Columbia, Canada; 8Department of Environmental Health, Emory University, Atlanta, Georgia, USA; 9Institute for Risk Assessment Sciences, Utrecht University, Utrecht, the Netherlands; 10Institute of Health & Society, Newcastle University, Newcastle upon Tyne, England, United Kingdom; 11Department of Preventive Medicine, School of Medicine of the University of São Paulo, São Paulo, Brasil; 12Department of Preventive Medicine, Ewha Womans University, Seoul, Republic of Korea; 13Department of Occupational and Environmental Medicine, Inha University, Incheon, Republic of Korea; 14Generation R Study Group, Erasmus Medical Center, Rotterdam, the Netherlands; 15Urban Environment and Safety, TNO, Utrecht, The Netherlands; 16Centre for Research, Evidence Management and Surveillance, Sydney, Australia; 17South Western Sydney Local Health Districts, Sydney, Australia; 18School of Public Health and Community Medicine, University of New South Wales, Sydney, Australia; 19Department of Environmental Science, Policy and Management, University of California–Berkeley, Berkeley, California, USA; 20Department of Environmental Health, Harvard School of Public Health, Boston, Massachusetts, USA; 21Team of Environmental Epidemiology applied to Reproduction and Respiratory Health, INSERM, U823, Institut Albert Bonniot, Grenoble, France; 22Grenoble University, U823, Institut Albert Bonniot, Grenoble, France; 23School of Public Health, University of California–Berkeley, Berkeley, California, USA; 24North Coast Area Health Service, Lismore, New South Wales, Australia; 25University Centre for Rural Health–North Coast, University of Sydney, Sydney, New South Wales, Australia; 26Department of Occupational and Environmental Health, Università di Milano, Milan, Italy; 27Department of Public Health Sciences, University of Rochester School of Medicine and Dentistry, Rochester, New York, USA; 28Seattle Children’s Research Institute, University of Washington, Seattle, Washington, USA; 29University of British Columbia, Centre for Health Services and Policy Research, Vancouver, British Columbia, Canada; 30UMDNJ-Robert Wood Johnson Medical School, Piscataway, New Jersey, USA; 31Center for Reproductive Health and the Environment, University of California–San Francisco, San Francisco, California, USA

Advance Publication

Abstract

Background: A growing body of evidence has associated maternal exposure to air pollution with adverse effects on fetal growth; however, the existing literature is inconsistent.

Objectives: To quantify the association between maternal exposure to particulate air pollution and term birth weight and low birth weight (LBW) across fourteen centers from nine countries and to explore the influence of site characteristics and exposure assessment methods on between-center heterogeneity in this association.

Methods: Using a common analytical protocol, International Collaboration on Air Pollution and Pregnancy Outcomes (ICAPPO) centers generated effect estimates for term LBW and continuous birth weight associated with PM10 and PM2.5. We used meta-analysis to combine the estimates of effect across centers (~3 million births) and used meta-regression to evaluate the influence of center characteristics and exposure assessment methods on between-center heterogeneity in reported effect estimates.

Results: In random effects meta-analyses, term LBW was positively associated with 10-μg/m3 increase in PM10 (OR = 1.03; 95% CI: 1.01, 1.05) and PM2.5 (OR= 1.10; 95% CI: 1.03, 1.18) exposure during the entire pregnancy, adjusted for maternal socioeconomic status. 10-μg/m3 increase in PM10 exposure was also negatively associated with term birth weight as a continuous outcome in the fully adjusted random effects meta-analyses (-8.9g; 95% CI: -13.2, -4.6g). Meta-regressions revealed that centers with higher median PM2.5 levels and PM2.5/PM10 ratios, and centers that used a temporal exposure assessment (compared to spatiotemporal), tended to report stronger associations.

Conclusion: Maternal exposure to particulate pollution was associated with low birth weight at term across study populations. We detected three site characteristics and aspects of exposure assessment methodology that appeared to contribute to the variation in associations reported by centers.

Citation: Dadvand P, Parker P, Bell ML, Bonzini M, Brauer M, Darrow L, Gehring U, Glinianaia SV, Gouveia N, Ha EH, Leem JH, van den Hooven EH, Jalaludin B, Jesdale BM, Lepeule J, Morello-Frosch R, Morgan GG, Pesatori AC, Pierik FH, Pless-Mulloli T, Rich DQ, Sathyanarayana S, Seo J, Slama R, Strickland M, Tamburic L, Wartenberg D, Nieuwenhuijsen MJ, Woodruff TJ. Environ Health Perspect (): .doi:10.1289/ehp.1205575

Received: June 5, 2012; Accepted: December 28, 2012; Published: February 6, 2013 

Advance Publication

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POUR RÉPONDRE AU PREMIER COMMENTAIRE:

J'ai cherché la part de la pollution résultant du chauffage au bois en France par rapport aux particules des moteurs diesel. 

Et j'ai trouvé :

http://www.citepa.org/fr/inventaires-etudes-et-formations/inventaires-des-emissions/cee-nu

pour les particules fines de moteurs :

 (PM10 et PM2.5) Emissions en 2010: 1020 kt - Unité utilisée : kt (kilotonne)

Le résidentiel/tertiaire est à l'origine d'importantes émissions dues à l'utilisation de la biomasse comme combustible pour ce qui est :

    • des particules (de 10 à 37% des émissions nationales suivant la granulométrie),
    • des COVNM (pour 23% des émissions nationales),
    • des HAP (pour 68% des émissions nationales),
    • et du CO (pour 38% des émissions nationales).

Classement des sous-secteurs* les plus émetteurs

- Résidentiel 10% des émissions totales (3ème dans le classement, derrière l'agriculture et la construction immobilière) 

En ce qui concerne les Hydrocarbures Aromatiques Polycycliques - HAP (68% des émissions nationales par l'utilisation de la biomasse comme combustible), cela représente : 

Emissions en 2010: 20,6 kg (voir : http://www.citepa.org/fr/pollution-et-climat/polluants/polluant-organiques-persistants/hydrocarbures-aromatiques-polycycliques )

À comparer aux 1020 kt (soit 1 020 000 000 kg) des particules des moteurs et autres.

Tout est relatif !

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sur le même sujet :

lu sur :

http://www.univers-nature.com/inf/inf_actualite1.cgi?id=5355

30/1/2013

Le feu de bois, au coin de la cheminée, bientôt fini ?

Au nom de la lutte contre les particules dans l'atmosphère, les simples feux de cheminée devraient devenir persona non grata dans deux ans, y compris les installations existantes. En effet, pour le nouveau Plan de Protection de l'Atmosphère (PPA), les feux de cheminée à foyer ouvert sont accusés d'être d'importants contributeurs de particules fines (moins de 10 microns), dont on connaît l'impact sur la santé (1). Etabli par la Direction régionale et interdépartementale de l'environnement et de l'énergie d'Île-de-France (Driee), ce plan vise pour le moment cette seule région et demeure soumis à l'approbation des préfets. Néanmoins, face à un accueil mitigé au niveau politique, tous les Franciliens ne seraient pas concernés, les communes rurales de la grande couronne ayant obtenu d'en être exemptées. Au final, si près de neuf Franciliens sur dix se verront interdire le plaisir d'une bonne flambée, il n'y aurait que 125 000 foyers équipés d'une cheminée ouverte et donc directement concernés au 1er janvier 2015. A cette date, pour ces derniers, l'installation d'un insert ou foyer deviendra la seule issue pour être en conformité avec la loi et pouvoir utiliser leur cheminée. Une solution d'autant plus onéreuse que la majorité de ceux qui se chauffent avec une cheminée traditionnelle sont dans une situation économique précaire ...

Face à ce texte, plusieurs voix se sont élevées soulignant notamment qu'il n'existait d'autres sources de pollution bien plus graves. En effet, même si selon les données d'Airparif, 20% des émissions de particules sont du fait de la combustion du bois (contre 25% pour les transports), les motorisations diesel restent les plus préjudiciables. 
Pourtant, le PPA n'est pas en la matière aussi radical. Il en va de même d'autres activités comme les incinérateurs de déchets ou l'agriculture dont la pollution, via les traitements, n'est pas que terrestre (ce n'est pas pour rien que l'on retrouve des pesticides dans les eaux pluviales parisiennes par exemple...). 
Bref, généralement plus incitatif que contraignant, le PPA a trouvé en l'interdiction de ces installations un moyen de faire preuve d'autorité sans gêner trop de monde, si ce n'est les personnes pour lesquelles ces cheminées constituent un moyen de chauffage à part entière faute de pouvoir s'offrir mieux. 

Pascal 

1- Selon l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), les particules fines (toutes sources confondues) seraient responsables de 42 000 décès chaque année en France.

23/01/2013

l'Europe admet les failles de sa sécurité sanitaire ... enfin !

les surlignages sont de moi

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/01/23/l-europe-admet-les-failles-de-sa-securite-sanitaire_1821117_3244.html

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Bisphénol A, pesticides... l'Europe admet les failles de sa sécurité sanitaire

LE MONDE | 23.01.2013 à 12h09 • Mis à jour le 23.01.2013 à 13h04 Par Paul Benkimoun et Stéphane Foucart

C'est un rapport saisissant que publie, mercredi 23 janvier, l'Agence européenne de l'environnement (AEE). Intitulé Signaux précoces et leçons tardives : science, précaution, innovation, il pointe tout au long de ses quelque 700 pages, les failles béantes du système de régulation sanitaire et environnementale en vigueur, en Europe comme ailleurs.

De l'essence plombée au bisphénol A, en passant par les insecticides systémiques (Gaucho, Cruiser, etc.) ou encore le DDT, l'agence européenne liste quinze dossiers dans lesquels des risques importants pour la santé des populations ou l'environnement ont été ignorés, cachés ou relativisés, et s'avèrent finalement coûteux pour la collectivité.

"Il y a quelque chose de profondément mauvais dans la manière dont nous vivons aujourd'hui", écrit Jacqueline McGlade, directrice exécutive de l'AEE, dans une préface dont le ton offensif est en rupture radicale avec la prose habituelle des instances de l'Union. Il y a tout autour de nous des maladies destructrices causées par les inégalités d'accès à une eau propre, à la santé ou à un environnement sain. Elles sont renforcées par les actions politiques de court terme et une adulation de la richesse qui crée de la division sociale."

PLUS ON PARLE DU PRINCIPE DE PRÉCAUTION, MOINS ON L'APPLIQUE

Le premier volet du rapport, publié en 2001, dressait déjà une liste importante de sujets majeurs négligés, de la crise de la vache folle à l'amiante, en passant par le distilbène – un médicament responsable de malformations à la naissance. "Force est de constater, avec ce second volume, qu'aucune conséquence n'a été tirée du premier, déplore la députée européenne Corinne Lepage, qui devait présenter le texte devant le Parlement européen, mercredi, avec Mme McGlade. Et que plus on parle du principe de précaution, moins on l'applique."

Les similitudes entre les différents cas présentés sont "frappantes", constate Mme Lepage. "Sur l'ensemble des sujets et dans tous les pays, on voit que ce qui se produit est très semblable, avec des lanceurs d'alerte qui ne sont pas écoutés, des industriels qui influent sur les décideurs, etc.", poursuit l'avocate, spécialiste en droit de l'environnement.

Le premier volume montrait, par exemple, que les premiers signaux d'alerte sur l'amiante à faible dose avaient émergé dès 1896. Pourtant, l'usage de la fibre tueuse fut interdit en France en 1997, soit un siècle plus tard.

LES AUTEURS DU RAPPORT POINTENT QUATRE SUJETS ÉMERGENTS

Le second volet décrit aussi comment le savoir disponible sur la dangerosité d'un produit est souvent ignoré ou nié, pendant de nombreuses décennies avant que les premiers effets sur la santé ou l'environnement se fassent sentir. "Les effets neurotoxiques du plomb étaient déjà connus à l'époque romaine, lit-on dans le rapport. Dès 1925 (...) de nombreux experts ont mis en garde, aux Etats-Unis, des impacts sanitaires probables qu'aurait l'ajout de plomb au carburant." A partir de 1977, le plomb a été progressivement banni des carburants.

D'autres retards à l'allumage sont encore plus frappants si l'on s'intéresse, par exemple, à l'éthinylestradiol. Cette hormone de synthèse utilisée dans les contraceptifs oraux est suspectée de passer dans l'environnement par le biais  des eaux usées depuis 1976. Au milieu des années 1980, son action sur la faune aquatique – les changements de sexe des poissons – est avérée. Ce n'est qu'en 2012, près de trente ans plus tard, que Bruxelles décrète l'éthinylestradiol "substance prioritaire" et propose de mettre en place d'ici à 2016 un seuil de qualité des eaux applicable à cette substance, à atteindre d'ici à 2027.

Les auteurs du rapport pointent quatre sujets émergents : les nanotechnologies, les OGM, les ondes électromagnétiques des téléphones mobiles et le nucléaire.

"LE COÛT DE L'INACTION N'EST PAS CORRECTEMENT ÉVALUÉ"

Concernant les nanomatériaux, les effets indésirables des nanoparticules de dioxyde de titane ont été mis en évidence en 1992, mais il faudra attendre 2009 pour que l'Europe en tire les conséquences dans un règlement sur les cosmétiques. La Commission européenne prendra deux ans de plus pour en proposer une définition officielle.

Parfois, les réactions ne sont pas si lentes. En témoigne le classement en 2011 des radiofréquences de la téléphonie mobile comme "cancérogènes possibles pour l'homme", par le Centre international de recherche sur le cancer. Et ce, note le rapport, malgré "l'inertie de l'industrie de la téléphonie mobile" à prendre en compte différentes études, en particulier celles menées depuis 1999 par Lennart Hardell (université d'Obrero, Suède). Les travaux de ce dernier, de même que l'étude internationale Interphone, a fait l'objet de fortes controverses.

Pourtant, souligne le rapport, ces résultats "montrent un risque accru de gliome et de neurinome du nerf acoustique associé à un usage prolongé du téléphone mobile" et que "les adolescents semblent présenter un risque plus élevé que les adultes". "Ce rapport met en évidence que le coût de l'inaction n'est pas correctement évalué : on ne sait jamais réellement combien coûte à la collectivité le fait de ne rien faire ou de le faire trop tard, insiste Mme Lepage. De même, le système juridique est fait de telle manière (on le voit en France avec l'affaire de l'amiante) que les responsables ne risquent jamais rien. Ils peuvent donc engranger des profits à court terme sans se soucier des problèmes que cela peut causer sur le long terme."

Des pressions et un retard de près de dix-huit mois

Le second volet du rapport Signaux précoces et leçons tardives, finalement publié mercredi 23 janvier, est régulièrement annoncé depuis près de dix-huit mois. "Cela fait presque deux ans que le rapport est achevé", souligne la députée européenne Corinne Lepage. Selon nos informations, l'Agence européenne de l'environnement a subi d'importantes pressions sur le contenu du texte, qui met en lumière les mesures dilatoires d'entreprises à tenir compte des alertes sanitaires. Fait inhabituel dans un rapport de l'Union, le chapitre consacré aux dangers des insecticides systémiques (Gaucho, Cruiser, etc.) inclut une longue protestation de Bayer, ainsi qu'une riposte des auteurs.

Dix leçons du passé

1. Le plomb dans l'essence.

2. Le perchloroéthylène dans les canalisations du réseau d'eau.

3. Le méthyl-mercure déversé dans la baie de Minamata (Japon) dans les années 1950.

4. L'exposition des travailleurs du nucléaire militaire américain au béryllium.

5. La manipulation de la science par l'industrie du tabac.

6. L'exposition professionnelle au chlorure de vinyle.

7. Les effets du DBCP sur la fertilité humaine.

8. Le scandale du bisphénol A.

9. La saga du DDT.

10. L'éthinylestradiol (contraceptif oral) dans les eaux usées.