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14/04/2013

Les conditions de travail à "La Poste"

lu sur:

http://www.lemonde.fr/economie/article/2013/04/02/a-la-poste-en-depit-du-grand-dialogue-les-suicides-continuent_3150906_3234.html

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A La Poste, en dépit du "Grand Dialogue", les suicides ...

LE MONDE | 02.04.2013 à 15h10 • Mis à jour le 02.04.2013 à 15h20

Par Francine Aizicovici

La série noire continue à La Poste. Une nouvelle tentative de suicide a eu lieu au sein du groupe public et le comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) des services de maintenance, qui s'est tenu jeudi 28 mars, a ouvert une enquête.

Les faits concernent un technicien du centre de Lisses (Essonne). Samedi 16 mars, celui-ci a avalé, à son domicile, des médicaments. "Cela l'a plongé 48 heures dans le coma", indique Régis Blanchot, administrateur du syndicat Sud à La Poste. Les jours de ce salarié, toujours hospitalisé, ne sont plus en danger.

"A son réveil, précise le syndicaliste, notre collègue a mis en cause la responsabilité de l'entreprise". Il a évoqué "l'attitude de son responsable et la baisse de sa notation annuelle", intervenue, par ailleurs, quelques jours après qu'il a subi une agression durant son travail. Cette accumulation d'événements l'aurait conduit à accomplir son geste suicidaire.

Ces deux derniers mois, La Poste a eu connaissance, au total, de deux suicides ; et deux salariés ont aussi tenté de mettre fin à leurs jours. "Une catastrophe humaine se développe", assure Bernard Dupin, administrateur CGT, premier syndicat de l'entreprise.

Un peu plus de six mois après le "Grand Dialogue", initié par la direction, et la remise du rapport rédigé par Jean Kaspar – ancien secrétaire général de la CFDT –, qui dressait un constat noir sur le climat social à La Poste et préconisait des pistes d'action, tout serait-il donc à reprendre ?

Jean-Paul Bailly, le président du groupe public, avait en effet confié, en mai 2012, à M. Kaspar, la tâche de mener ce "Grand Dialogue" avec les agents après le suicide, sur leur lieu de travail en Bretagne, en février et mars 2012 de deux cadres, précédés d'un autre suicide, en septembre 2011, au centre financier de Paris.

Après la remise du rapport Kaspar, La Poste avait annoncé l'ouverture de négociations avec les syndicats afin de mettre en œuvre "l'ensemble de [ses] préconisations". A commencer par le recrutement de 15 000 personnes sur la période 2012-2014, au lieu des 10 000 initialement prévues.

"RÉORGANISATIONS PERMANENTES"

Le 22 janvier, un accord sur la qualité de la vie au travail, reprenant les recommandations du rapport, a été signé par les syndicats FO, CFDT, CGC-UNSA, et CFTC. Ce texte prévoit dix-sept mesures immédiates comme le remplacement des salariés absents, l'expérimentation du travail avec deux jours de repos consécutifs (les facteurs travaillent actuellement six jours sur sept), la mise en place d'un millier de responsables en ressources humaines de proximité...

Un dispositif d'alerte pour les syndicats si des règles ou des accords ne sont pas respectés a aussi été créé. Autre point : "la gestion du changement ", souligne Sylvie François, directrice des ressources humaines (DRH). Désormais, une étude d'impact sur les postiers doit être réalisée en amont de chaque réorganisation.

L'accord prévoit aussi, sur l'année, une série de chantiers de négociations. Le premier porte sur "l'organisation et les conditions de travail", précise Mme François. "Nous avons une absolue nécessité de progresser", assure la DRH.

Mais pour M. Dupin, le "Grand Dialogue" et les chantiers de négociation ne sont que "de la communication, de l'enfumage. Rien n'a changé depuis le rapport." Après une pause des réorganisations, celles-ci ont "repris de plus belle", disent plusieurs syndicalistes, "comme s'il fallait rattraper le temps perdu."

Aujourd'hui, poursuit M. Dupin, "c'est la même politique de suppressions de postes, de management par le stress, de réorganisations permanentes sans consulter les postiers, qui continuent de perdre leurs repères."

"LE GOUVERNEMENT EST ABSENT"

"Comme beaucoup de mes collègues, je viens travailler à reculons, confie une élue CGT au CHSCT du centre financier de Paris. Je n'ai plus aucune marge de manœuvre dans mes tâches. Je suis confrontée à des changements permanents de procédures, de logiciels. On renvoie au personnel une image négative de lui-même. Beaucoup de mes collègues n'attendent qu'une chose : des mesures de départ anticipées."

Selon M. Dupin, les suicides résultent "d'une stratégie à la hache menée depuis des années au nom de la rentabilité." Stratégie qui, avance-t-il, doit être changée. "Mais le gouvernement est absent. Il doit sortir de son mutisme et demander que tout soit mis sur la table pour comprendre pourquoi il y a eu tous ces suicides."

Alain Barrault, secrétaire national de la fédération CFDT de La Poste, observe lui aussi, la reprise accélérée des réorganisations. La CFDT n'est cependant "pas favorable à leur arrêt total", mais demande "de la transparence, respecter les dispositions de l'accord."

Pourtant, M. Brault semble confiant. "Nous n'avons jamais eu autant de rapport de force en notre faveur, parce que la direction, confrontée à des actes de désespérance, a peur que le climat s'envenime. Il faut en profiter pour faire avancer les choses" dans les négociations à venir, indique-t-il.

Lire aussi : Ilma Choffel se bat pour une prise en charge du burn-out

Ilma Choffel de Witte est l'épouse de Nicolas Choffel, ce cadre supérieur de La Poste, qui, à 51 ans, s'est donné la mort par pendaison, chez lui, le 25 février. Il était en arrêt maladie pour burn-out – épuisement professionnel – depuis trois semaines.

Ilma Choffel se bat pour une prise en charge du burn-out.pdf

17/03/2011

Baisse des postes dans les hôpitaux 10 000 postes de moins en raison de la RGPP

à lu sur :

http://www.lemonde.fr/teaser/?url_zop=http%3a%2f%2fabonnes.lemonde.fr%2fsociete%2farticle%2f2011%2f03%2f16%2fbaisse-d-une-ampleur-inedite-des-postes-dans-les-hopitaux_1493865_3224.html

Baisse d'une ampleur inédite des postes dans les hôpitaux

LE MONDE | 16 mars 2011 | Laetitia Clavreul | 161 mots

Selon des chiffres ministériels, révélés mardi 15 mars par "Le Quotidien du médecin", la baisse des effectifs dans les hôpitaux, hors médecins, s'est élevée à près de 10 000 postes en 2009, ce qui ramène le total à 753 000.

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L’hôpital public rattrapé par la RGPP (*) - 10 000 postes à la trappe en 2009

(*) RGPP: 

Révision générale des politiques publiques -www.rgpp.modernisation ...

http://www.lequotidiendumedecin.fr/actualite/hopital/10-000-postes-la-trappe-en-2009

 Les dernières statistiques du gouvernement montrent que les hôpitaux publics ont, médecins mis à part, perdu 1,29 % de leurs personnels en 2009, soit précisément 9 800 postes. Pour la FHF, les effectifs fondront ... de l’hôpital public (MCO, Psy et SSR) ont fondu de 9 800 postes cette année-là. Une date rupture (voir ... 15/03/2011 

29/10/2008

VÉOLIA, monstre tentaculaire (6)

lu sur lesechos.fr :

http://www.lesechos.fr/info/metiers/4790505.htm

(voir aussi : http://www.lesechos.fr/veolia.htm )

Veolia : tempête pour un verre d'eau
[ 29/10/08 ]

LE GÉANT DES SERVICES DANS LES TURBULENCES DE LA CRISE

Un bon verre d'eau est-il la meilleure des potions anticrise ? Pour Henri Proglio, le PDG de Veolia, cela ne fait pas l'ombre d'un doute. Il l'énonce avec une telle évidence au milieu de la tempête économique qu'il donne l'impression d'avoir personnellement connu, comme son entreprise, un empire, trois guerres et autant de républiques. Pensez donc, l'eau, les déchets, l'énergie, les transports, tous les enjeux du XXIe siècle réunis au sein d'un même groupe gigantesque, qui emploie près de 320.000 personnes dans le monde et domine son secteur de la tête et des épaules !

Et, pourtant, tout semble toujours à recommencer. Comme le faisait déjà le fondateur, le comte Henri Siméon il y a un siècle et demi face au baron Haussmann, il faut sans relâche convaincre les sceptiques du bien-fondé de son approche. La semaine dernière, il s'agissait d'amadouer des analystes financiers en colère. Mécontents de l'annonce d'un bénéfice 2008 moins bon que prévu, ils ont contribué à l'effondrement du cours de Bourse qui a perdu 20 % en une seule journée, symbolisant à lui seul la déroute des marchés financiers face à la crise.

Veolia, du haut de ses cent cinquante ans d'existence, assis sur un métier de concessions qui lui assure parfois des monopoles de plusieurs dizaines d'années, actif dans des métiers qui touchent aux besoins vitaux, comme l'eau, les déchets ou le chauffage, n'est donc pas insensible à la conjoncture. Il a suffi d'un été pluvieux, de quelques cyclones et d'un tremblement de terre en Chine pour faire déraper les comptes. Et ce n'est pas fini, la récession affecte ses clients industriels et bientôt les recettes des collectivités locales.

Mais cela ne fera pas changer d'un iota la stratégie de la société : devenir l'interlocuteur incontournable de ceux qui veulent sous-traiter tous leurs services « environnementaux » et privilégient un interlocuteur unique. Tout juste va-t-elle mettre un frein à sa boulimie d'acquisitions, afin d'éviter de dégrader sa trésorerie et de prendre trop de risques. Pour le reste, elle estime que son périmètre d'activité et sa couverture géographique la rendent « résiliente à la crise et résistante face à la concurrence ». Son modèle est en béton. Déjà en 1853, Henri Siméon s'enthousiasmait devant ses actionnaires pour le potentiel de ce métier né en Angleterre, rappelant que les actions de la plus belle affaire, celle de New River à Londres, « rendent aujourd'hui 1.000 % ». Il ajoutait : « Nous voyons que ces entreprises sont généralement bonnes, là surtout où elles ne se font pas concurrence ; or vous savez qu'en France ces sortes de concessions constituent un privilège qui ne comporte pas de concurrence. » Le potentiel, le modèle économique, la protection face à la concurrence, tout est là hier comme aujourd'hui.

Le potentiel d'abord. A l'époque de Napoléon III, il s'agissait d'apporter de l'eau salubre dans les foyers urbains. Aujourd'hui, il faut résoudre le casse-tête d'une planète dont la population a été multipliée par 4 en un siècle et qui migre massivement vers les villes : 10 % d'urbains en 1900, 50 % aujourd'hui, 70 % dans vingt ans. Une planète qui croule sous les déchets (voir Naples) s'assèche, la Californie et l'Australie manquent d'eau, et s'asphyxie avec les transports. A tous ces défis, Veolia apporte sa réponse : la concession de service public à une entreprise privée, bien plus efficace, et surtout qui ne coûte rien à la municipalité. La société privée signe avec la collectivité un contrat de vingt ans ou plus, construit les installations, les exploite avec un monopole sur sa zone, puis les transmet à la collectivité à l'échéance du contrat. C'est déjà par la finance qu'Henri Siméon avait converti Lyon et Nantes dès la création de la CGE, c'est par la finance que les villes d'aujourd'hui succombent aux charmes des concessionnaires français, comme Veolia mais aussi Suez Environnement (ex-Lyonnaise des Eaux, autre centenaire...) ou la SAUR.

Le modèle économique s'est perfectionné avec la sophistication croissante des équipements : usines de traitement de l'eau, de dessalement, de recyclage des déchets... La taille des communautés urbaines relève la barre des défis et impose des spécialistes pointus, des gestionnaires plus que des collecteurs-distributeurs.

Cette masse d'expérience cumulée, cette taille considérable, cette présence sur les quatre priorités des collectivités constituent autant de barrières à l'entrée.Elle permet aux présidents de Veolia, comme de Suez Environnement, de dialoguer directement avec le gouverneur de la Californie, le président chinois ou les maires de Chongqing ou Mexico (les deux plus grandes villes du monde). La compétence technologique croissante, par exemple pour le dessalement de l'eau de mer, et la gestion des hommes sont aussi des terrains d'expertise difficiles à atteindre, que ce soit par les municipalités ou par de nouveaux entrants. Henri Proglio assure que le principal facteur limitant de la croissance, hors crise, est la capacité à former et recruter les hommes. Avec 120.000 personnes en France, Veolia est déjà le premier employeur privé du pays. Cette conjonction d'un potentiel considérable, on estime que moins de 5 % des services d'eau dans le monde sont concédés au privé, et de fortes barrières à l'entrée assurent à ce métier des perspectives infinies et une croissance annuelle moyenne entre 6 et 10 % avec des marges opérationnelles du même ordre.

Et, pourtant, ce métier de concessionnaire de service public qui semble si solide et raisonnablement rémunérateur reste une curiosité française, du moins dans sa version expansionniste. Seuls Veolia et Suez Environnement se défient sur la planète pour décrocher des contrats d'eau ou de déchets. Et Veolia est le seul au monde à offrir une palette aussi large de services, avec l'énergie et les transports. Pourquoi cette exception ? La faute à Napoléon III d'abord. Impressionné par ce qu'il avait vu à Londres, il a autorisé et encouragé ce métier. Il a permis aux deux français de financer leur expansion internationale un siècle plus tard grâce à leur « fromage » hexagonal.

Mais aussi parce que ce métier si particulier n'est pas exempt de risques. Il est gourmand en capitaux et en main-d'oeuvre, sensible aux effets de change et, dans une certaine mesure, à la conjoncture (pour l'activité industrielle), mais il est surtout culturellement et politiquement complexe à négocier et à gérer. C'est rarement de gaieté de coeur que les collectivités publiques acceptent de déléguer des tâches aussi fondamentales que l'eau. D'où le faible taux de privatisation du secteur. Chaque pays offre une situation très différente, complexe à décrypter, où les intérêts politiques sont étroitement imbriqués. Une élection à gagner, un bouc émissaire à trouver et c'est un beau contrat qui vacille car l'augmentation de tarif promise est interdite ou parfois le concessionnaire est carrément mis dehors, comme ce fut le cas pour Suez en Argentine. D'ailleurs, si Bertrand Delanoë, le maire de Paris, a récemment décidé que ses services allaient reprendre en direct la distribution de l'eau concédée à Veolia et Suez, il n'a pas été le premier à se méfier. Avant lui, Haussmann et Napoléon III, bien que favorables au système, ont finalement refusé de confier la gestion des eaux de Paris à la Générale des Eaux, qui a dû se rabattre sur Lyon. L'apprentissage de la politique de l'eau.

Chiffres clefs
· Chiffre d'affaires 2007 : 32,6 milliards d'euros.
· Employés : 319.000.
· Activités : eau (35 %), déchets (23 %), énergie (27 %), transports (15 %).

Points forts
· Leader mondial sur ses secteurs.
· Expertise technologique.
· Expertise management.
· Présence internationale.
· Revenus récurrents.

Points faibles
· Sensibilité au change
et à la conjoncture.
· Imbrication du politique.
· Réticence des collectivités.
· Gestion de filiales décentralisées dans le monde entier.
· Risque de la croissance
par acquisitions.

pescande@lesechos.fr