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11/03/2017

Invention de l'écriture

à (ré)écouter :
 
samedi 11 mars 2017- 19H30
29 min
 

Carbone 14, le magazine de l'archéologie

Quel avenir pour l'épigraphie mésopotamienne ?

17/01/2017

Vaccins : enfin ! ?

L'Etat bientôt contraint d'assurer la disponibilité des seuls vaccins obligatoires ?

 

Oui, mais quand ?

 

L’Etat bientôt contraint d’assurer la disponibilité des seuls vaccins obligatoires ?.pdf

05/01/2017

Rappel sur la dangerosité des LED

Ce n'est pas nouveau, mais autant le rappeler, surtout quand il y a des guirlandes de LED partout !

Je peux prédire sans grand risque de me tromper une augmentation des problèmes de vision pour les générations futures, hélas !
 
Dans le domaine économique, les problèmes seront beaucoup plus coûteux pour la société (dépenses de santé pour les soins de la vue, pour les accidents résultant d'une mauvaise vue et l'inaptitude à certaines professions exigeant une bonne vue, etc ...) que les économies d'énergie de ce type de source lumineuse.
 
La seule solution logique est d'interdire les LED émettant des UV pour l'éclairage ambiant.
 
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lu sur :

Synthèse de presse

Du lundi au vendredi, le service de presse de l'Inserm met à votre ...

Les LED dangereuses pour les yeux ?

Sciencesetavenir.fr souligne que des scientifiques du Centre de recherches des cordeliers de Paris (Inserm) ont constaté la toxicité de certaines longueurs d’onde des ampoules LED sur la rétine de rats. Ce mécanisme, qui n’a pas été observé chez l’homme pour l’instant, pourrait favoriser la dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA). Le site souligne que « derrière la phototoxicité des ampoules LED se cache une coupable déjà incriminée dans la synchronisation de notre horloge biologique : la lumière bleue ». Alicia Torriglia, principal auteur de ces travaux publiés dans la revue Neuroscience, souligne : « Grâce à nos observations, nous avons montré que la lumière émise par les LED engendre deux phénomènes toxiques parallèles : l’apoptose, mais également une seconde forme de mort cellulaire, la nécrose. Or en se nécrosant, une cellule endommage ses voisines. Ceci explique pourquoi la toxicité de la lumière bleue est plus élevée que celle des autres longueurs d’onde ».

Sciencesetavenir.fr, 04/01

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voir aussi sur ce blog une note de 2013 !

Rappel sur la dangerosité des LED : lebloglibredemonquartier

lebloglibredemonquartier.midiblogs.com/archive/.../rappel-sur-la-dangerosite-des-led.ht...
4 janv. 2013 - Ces LED sont très présentes dans notre environnement, surtout en cette période de l'année où les guirlandes sont omniprésentes. Ce rappel ...

26/10/2016

CETA et Démocratie, projets inutiles et Démocratie, laboratoires pharmaceutiques et manipulation de l'information

à lire sur BASTAMAG :

Face au tout commerce

CETA : le « Non » wallon est une bonne nouvelle pour la démocratie

Combats écologistes

Sivens, Europacity, Roybon… Les opposants aux grands projets jugés inutiles ont-ils fait plier les bétonneurs ?

29/07/2016

Perturbateurs endocriniens : comment faire des profits à coup sûr ?

Ceux qui les fabriquent sont les mêmes que ceux qui produisent les médicaments qui essayent de soulager les malades.

lu sur :

La Commission européenne doit-elle revoir sa copie ? A la mi-juin, avec deux ans et demi de retard sur le calendrier réglementaire, l’exécutif européen proposait des critères définissant les perturbateurs endocriniens – ces polluants de l’environnement (pesticides, plastifiants, solvants, etc.) capables d’interférer avec le système hormonal et nocifs à faibles niveaux d’exposition. Dans un commentaire critique publié mercredi 27 juillet, l’Endocrine Society estime que les propositions de Bruxelles en la matière ne sont pas à même de protéger la santé publique.

Les termes utilisés par la société savante d’origine américaine, qui représente 18 000 chercheurs et cliniciens internationaux spécialistes du système hormonal, sont sans ambiguïté. Les critères proposés par Bruxelles ne respectent pas l’état de la science et exigent « un niveau de certitude scientifiquement presque inatteignable » pour classer une substance dans la catégorie des perturbateurs endocriniens. Ceux-ci sont présents à des degrés divers dans la chaîne alimentaire, de même que dans une grande variété de produits domestiques d’usage courant (contenants alimentaires, cosmétiques, retardateurs de flamme…).

« En dépit de l’état de la science, les critères proposés par la Commission européenne conduiraient à attendre jusqu’à être certain qu’un produit chimique est responsable d’effets délétères pour la santé humaine avant d’agir, détaille la société savante dans sa lettre. Du fait qu’il faut attendre plusieurs années ou générations avant que les dégâts d’un perturbateur endocrinien ne deviennent apparents, cette approche permettrait à des substances de synthèse de produire des dégâts substantiels sur les populations avant qu’elles soient régulées. »

« Un coût humain incalculable »

L’Endocrine Society souligne que plus de 1 300 études publiées dans la littérature scientifique font état de « liens entre l’exposition aux perturbateurs endocriniens et des maladies ou des troubles sérieux comme l’infertilité, le diabète, l’obésité, des cancers hormono-dépendants et des désordres neurologiques ». Les scientifiques rappellent que des études récentes suggèrent que les dégâts sanitaires dus à l’exposition de la population européenne à ces substances non encore régulées sont « de l’ordre de 163 milliards d’euros par an, en frais de santé et en perte de productivité économique ». « Le coût humain, lui, est incalculable », ajoute la société savante.

Avant d’être adoptés, les critères mis sur la table par Bruxelles devront être discutés par les Etats membres et passeront devant le Parlement européen. « La Commission prend note du commentaire de l’Endocrine Society et l’évaluera, de même que les commentaires reçus par les autres parties prenantes et les pays tiers, dans le contexte de l’Organisation mondiale du commerce », dit-on à Bruxelles.

Plusieurs Etats membres ont manifesté leur désaccord. En déplacement à l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail, Ségolène Royal a déclaré, jeudi 28 juillet, que la proposition de réglementation de Bruxelles était « extrêmement décevante ». La ministre française de l’environnement a ajouté avoir écrit, « avec [s]es homologues danois et suédois », à Jean-Claude Juncker, le président de l’exécutif européen, « pour défendre une position ambitieuse permettant notamment d’interdire l’utilisation de perturbateurs endocriniens dans les pesticides ».

Poursuivie en carence par plusieurs Etats membres, le Conseil et le Parlement européens, la Commission a été condamnée par la Cour de justice de l’Union européenne, en décembre 2015, pour avoir tardé à publier les fameux critères réglementaires.


image: http://s1.lemde.fr/image/2014/04/18/24x24/1100512061_4_69da_13978337662458-photo_c9ba65d8f20a753dc99c4985b470bd9d.jpg

Stéphane Foucart
Journaliste au Monde

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/planete/article/2016/07/29/polluants-chimiques-le-projet-de-reglementation-de-bruxelles-critique-par-les-scientifiques_4976260_3244.html#aHRxICMwsmHKiek0.99

26/05/2016

Nos ancêtres néanderthaliens : plus évolués et plus anciens qu'on ne le pensait

à lire sur :

Néandertal s'aventurait au fond des grottes, 140 000 ans avant Homo Sapiens ...

www.lemonde.fr/.../140-000-ans-avant-homo-sapiens-neandertal-s-etait-approprie-le-m...
 Néandertal s'aventurait au fond des grottes, 140 000 ans avant  Homo Sapiens ...
 
 
et sur :

Traduire cette page

 

29/03/2016

Industries chimiques et pesticides

L’AFP indique que la filière viticole girondine est pointée du doigt par les associations et riverains en raison de la toxicité des pesticides qu’elle emploie. L’agence de presse rappelle qu’une étude de l’Inserm en 2013 a conclu « qu’il semble exister une association positive entre exposition professionnelle à des pesticides et certaines pathologies chez l’adulte » et que « les expositions aux pesticides intervenant au cours de la période prénatale ainsi que la petite enfance semblent être particulièrement à risque pour le développement de l’enfant ».


AFP, 25/03

28/03/2016

Les Femmes au Bar des Sciences - à l’(S)PACE du Campus Triolet , Montpellier

« Femmes et sciences : une nouvelle donne ? » sera le thème du prochain Bar des sciences jeudi 31 mars à 18h30 à l’(S)PACE du Campus Triolet.

Aujourd’hui en France, alors que les filles sont presque à parité avec les garçons en Terminale S, seulement 25% des diplômes d’ingénieurs sont délivrés à des filles. Les études statistiques récentes montrent également que les femmes sont minoritaires dans l’enseignement supérieur et la recherche. Leur présence tend à se concentrer dans certaines disciplines  et, plus on monte dans la hiérarchie des statuts, moins les femmes sont nombreuses.


Cette édition spéciale du Bar des sciences réunira :
Alain Foucaran – Directeur du Laboratoire IES (Institut d’Electronique du Sud)
Marthe Kalifa – Chargée de mission OSIPE UM (Observatoire du Suivi et de l’Insertion Professionnelle des Etudiants)
Pascale Perrin – Maître de conférences à l’UM (département Biologie-Ecologie) – Membre de l’association Femmes et sciences
Audrey Taillefer – Doctorante en géologie (Laboratoire Géosciences)
Elle vise à débattre de ce « gaspillage » des ressources intellectuelles féminines et à explorer les pistes pour y remédier.

le plan du Campus Triolet - Université de Montpellier

www.umontpellier.fr/wp-content/uploads/.../Campus-Triolet-UM.pdf

N. Avenue du. Pr. Émile Jeanbrau. Av. de l'Abbé Parguel. ENTRÉE. PRINCIPALE. Route de Mende. Rue du Truel. P lac e. Eu gène Batail lo n. 1. 2. 3. 4. 5. 6. 8.

08/02/2016

Chimie et environnement (suite)

lu sur :

Pourquoi le ministère de l'Agriculture continue-t-il d ... - Basta

www.bastamag.net › Décrypter

Il y a 3 jours - Qu'en est-il des alternatives à ces molécules chimiques de ... Quant à l'agriculture bio, sans pesticides, elle n'est pas .... Si vous souhaitez connaître le détail des cinq pesticides dangereux les .... NET, le portail des copains.

extrait :

L’enquête de Cash Investigation diffusée le 2 février rappelle un scandale sanitaire toujours à l’œuvre : les pesticides cancérigènes, mutagènes ou reprotoxiques qui sont déversés par milliers de tonnes chaque année, dans tous les départements. Qu’en est-il des alternatives à ces molécules chimiques de synthèse ? La loi d’avenir agricole de juillet 2014 devait favoriser la commercialisation des préparations naturelles comme le vinaigre blanc, le sucre ou l’argile. Or, le décret permettant leur mise sur le marché traîne au milieu des piles de dossiers du ministère... À ce jour, pulvériser sur ses cultures une tisane de plantes reste passible de poursuites. Quant à l’agriculture bio, sans pesticides, elle n’est pas suffisamment soutenue.

La France reste le premier consommateur de pesticides en Europe et le troisième au niveau mondial. Selon les informations recueillies par les équipes de Cash Investigation et de francetv info, près de 100 000 tonnes de pesticides très toxiques sont épandus en France dans les champs, les vignes ou les vergers. Sur la base de données confidentielles provenant du ministère de l’Écologie, Cash Investigation a identifié 71 substances jugées « dangereuses » ou « potentiellement dangereuses » par différents organismes [1]. C’est en Gironde, dans la Marne et en Loire-Atlantique qu’est épandue la plus grande quantité de pesticides (en noir sur la carte) [2] :

04/04/2015

Incroyable mais vrai : l'expérimentation humaine n'est pas taboue aux USA

en raison des modifications récentes des blogs du Midi Libre, les notes de ce blog seront mises également sur un nouveau blog :

http://lebloglibredemonquartier-bis.hautetfort.com/

 

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lu ce jour sur The Gardian : 

Guatemalans deliberately infected with STDs sue Johns Hopkins ...

(Les guatémaltèques délibérément contaminés par des agents pathogènes de maladies sexuellement transmissibles poursuivent l'université Johns Hopkins en justice)

www.theguardian.com/.../johns-hopkins-lawsuit-deliberate-std-infectionsguatemala

Thursday 2 April 2015 

Lawsuit with 800 plaintiffs seeks damages for individuals, spouses and children of people deliberately infected with STDs through US government programme

Nearly 800 plaintiffs have launched a billion-dollar lawsuit against Johns Hopkins University over its alleged role in the deliberate infection of hundreds of vulnerable Guatemalans with sexually transmitted diseases, including syphilis and gonorrhoea, during a medical experiment programme in the 1940s and 1950s. 

The lawsuit, which also names the philanthropic Rockefeller Foundation, alleges that both institutions helped “design, support, encourage and finance” the experiments by employing scientists and physicians involved in the tests, which were designed to ascertain if penicillin could prevent the diseases.

Researchers at Johns Hopkins School of Medicine held “substantial influence” over the commissioning of the research program by dominating panels that approved federal funding for the research, the suit claims.

The lawsuit asserts that a researcher paid by the Rockefeller Foundation was assigned to the experiments, which he travelled to inspect on at least six occasions. 

The suit also claims that predecessor companies of the pharmaceutical giant Bristol-Myers Squibb supplied penicillin for use in the experiments, which they knew to be both secretive and non-consensual.

The experiments, which occurred between 1945 and 1956, were kept secret until they were discovered in 2010 by a college professor, Susan Reverby. The programme published no findings and did not inform Guatemalans who were infected of the consequences of their participation, nor did it provide them with follow up medical care or inform them of ways to prevent the infections spreading, the lawsuit states.

Orphans, prisoners and mental health patients were deliberately infected in the experiments.

The plaintiffs case quotes the correspondence from one of the programme’s lead researchers who tells another doctor that if it were discovered by “some goody organization” that the programme was testing people who were mentally ill it would “raise a lot of smoke”. The manager continues: “I see no reason to say where the work was done and the type of volunteer.”

Baltimore-based attorney for the plaintiffs Paul Bekman told the Guardian that of the 774 claimants, about 60 were direct survivors of the programme. Many have died as a result of deliberate infection and others had passed on disease to family members and partners.

“The people who are responsible [for carrying out the research] now are long dead,” said Bekman “But the records are there, and we have detailed documentation that supports the allegations in our complaint.”

Marta Orellana was a nine-year-old orphan when she was included in the experiments. In an interview with the Guardian in 2011 she recalled being forcibly examined by light-complexioned foreigners and a Guatemalan doctor in the orphanage infirmary.

“They never told me what they were doing, never gave me a chance to say no,” Orellana said “I’ve lived almost my whole life without knowing the truth. May God forgive them.”

Included within the legal claim are graphic descriptions of some of the methods used by the researchers to infect their subjects:

During the experiments the following occurred:

    1. Prostitutes were infected with venereal disease and then provided for sex to subjects for intentional transmission of the disease;
    2. Subjects were inoculated by injection of syphilis spirochaetes into the spinal fluid that bathes the brain and spinal cord, under the skin, and on mucous membranes;
    3. An emulsion containing syphilis or gonorrhoea was spread under the foreskin of the penis in male subjects;
    4. The penis of male subjects was scraped and scarified and then coated with the emulsion containing syphilis or gonorrhea;
    5. A woman from the psychiatric hospital was injected with syphilis, developed skin lesions and wasting, and then had gonorrhoeal pus from a male subject injected into both of her eyes and;
    6. Children were subjected to blood studies to check for the presence of venereal disease.

The then secretary of state Hillary Clinton apologised for the programme in 2010 after a presidential bioethics commission investigation found the experiments “involved unconscionable basic violations of ethics”. 

A federal lawsuit for damages under the Federal Tort Claims Act failed in 2012 after a judge determined the US government cannot be held liable for actions outside the United States. Bekman told the Guardian he believed the new lawsuit stood a greater chance of success as it was lodged in the state court of Maryland and against private entities.

Both Johns Hopkins University and the Rockefeller Foundation have vigorously denied any involvement in the experiments.

A spokeswoman for Johns Hopkins School of Medicine said the institute expressed “profound sympathy” for the victims of the experiments and their families, but added: “Johns Hopkins did not initiate, pay for, direct of conduct the study in Guatemala. No nonprofit university or hospital has ever been held liable for a study conducted by the US government.”

The university stated it would “vigorously defend” the lawsuit.

The Rockefeller Foundation issued a detailed response to the claim online, which it described as seeking to “improperly to assign ‘guilt by association’ in the absence of compensation from the United States federal government”.

The statement continued: “In the absence of a connection to the Rockefeller Foundation, the lawsuit attempts to connect the Foundation to the experiments through misleading characterizations of relationships between the Foundation and individuals who were in some way associated with the experiments.”

A spokeswoman for Bristol-Myers Squibb declined to comment. 

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sur le même sujet, en 2010 :

Expérimentations: Washington s'excuse auprès du Guatemala

www.lefigaro.fr/.../01003-20101002ARTFIG00344-experimentations- washington-s-excuse-aupres-du-guatemala.php
 
2 oct. 2010

Dans le cadre d'une étude sur les effets de la pénicilline, des centaines de Guatémaltèques se sont vus inoculer des maladies sexuellement transmissibles entre 1946 et 1948, par des scientifiques américains.

Une expérience scientifique vieille de 64 ans pourrait compliquer les relations entre le Guatemala et les Etats-Unis. Washington a présenté vendredi des excuses aux centaines de Guatémaltèques, à qui des scientifiques américains ont transmis des maladies sexuellement transmissibles à la fin des années 40. Ces révélations ont ébranlé les autorités guatémaltèques, qui affirment ne rien connaitre de l'affaire. Le président du Guatemala Alvaro Colom a dénoncé un «crime contre l'Humanité» et annonce que son gouvernement «se réserve le droit de porter plainte ».
A l'origine de ce scandale, une étude financée par les autorités américaines entre 1946 et 1948 sur les effets de la pénicilline, découverte en 1928. Les scientifiques se demandent alors si l'antibiotique peut non seulement guérir la syphilis mais aussi prévenir la maladie. Comme la législation américaine n'autorise pas à mener de telles expériences sur l'homme, le directeur de cette étude, le médecin John Cutler, la met en place au Guatemala. Les chercheurs vont sélectionner comme cobayes des personnes vulnérables, tels que des malades mentaux. Environ 696 personnes participent à leur insu à cette étude. L'un des patients au moins est mort, sans qu'il soit établi si l'expérience est elle-même à l'origine de son décès. L'étude, qui n'a jamais été publiée, n'a apporté aucun résultat significatif.
 

«Exposition naturelle»

Dans un premier temps, les chercheurs inoculent la syphilis ou la blennorragie à des prostituées et les laissent ensuite avoir des rapports sexuels avec des soldats ou des détenus. Mais lorsque cette «exposition naturelle» ne produit pas assez de contaminations, les scientifiques changent de tactique. Ils contaminent directement des soldats, des prisonniers et des malades mentaux. Selon les rapports de l'étude, la bactérie de la syphilis à été apposée sur des zones du visage, du bras ou du pénis des patients qui avaient été abrasées.
Les scientifiques, dont les recherches étaient financées par des Instituts américains de la santé, n'auraient pas expliqué en détail leur projet aux responsables guatémaltèques et auraient fait des dons de matériels.Les cobayes ont été traités avec de la pénicilline mais l'étude ne précise pas si cela a suffi à les guérir, affirme Susan Reverby. C'est cette historienne américaine, qui a découvert l'expérimentation et a alerté les autorités américaines.
 

«Un sombre chapitre de l'histoire de la médecine»

Susan Reverby a retrouvé les comptes-rendus du docteur John Cutler, en enquêtant sur une autre des études, toute aussi contraire à la déontologie, à laquelle il a participé : l'expérimentation de Tuskegee. Entre 1932 et 1972, des scientifiques américains ont suivi 600 afro-américains atteints de la syphilis. Aucun de ces sujets n'était au courant qu'ils étaient porteurs de la maladie. A aucun moment les médecins n'ont proposé de les soigner. L'expérience guatémaltèque n'est pas isolée, rappelle le directeur des instituts américains de santé, pour qui son homologue de l'époque a sans doute été mis au courant. Selon le Dr. Francis Collins, qui déplore «un sombre chapitre de l'histoire de la médecine», une quarantaine d'expériences d'inoculation délibérée ont été organisées aux Etats-Unis, dans les années 40.
L'étude menée au Guatemala, était «clairement contraire à l'éthique» et «répréhensible», ont dénoncé la secrétaire d'Etat Hillary Clinton et la ministre de la Santé Kathleen Sebelius. «Bien que ces événements aient eu lieu il y a plus de 64 ans, nous sommes révoltées qu'une recherche aussi répréhensible ait pu être menée en invoquant la santé publique», écrivent encore les deux ministres, qui ont lancé une vaste enquête pour déouvrir ce qui s'est passé au Guatemala et examiné les régulations actuelles. Barack Obama a téléphoné à son homologue guatémaltèque et lui transmis «ses plus profonds regrets». Le président américain a aussi «réaffirmé l'engagement inébranlable des Etats-Unis pour que toutes les études médicales menées sur l'homme aujourd'hui remplissent des critères éthiques et juridiques exigeants». Il n'est pas certain que les victimes guatémaltèques puissent demander des dommages et intérêts.
 
sur le même sujet :
 

Expérimentation sur la syphilis au Guatemala — Wikipédia

fr.wikipedia.org/.../Expérimentation_sur_la_syphilis_au_Guatemala
 

06/03/2015

Perturbateurs endocriniens : tout le monde est atteint et le coût annuel est évalué à 157 milliards d'euros

... 157 milliards d'euros au profit de l'industrie chimique !

lu sur :

Le coût sanitaire des perturbateurs endocriniens estimés à 157 ...

www.lequotidiendumedecin.fr/.../le-cout-sanitaire-des-perturbateurs- endocriniens-e

Dans une étude publiée dans « Journal of Clinical Endocrinology and Metabolism »(*)des spécialistes estiment que les conséquences sanitaires de l’exposition des populations européennes aux perturbateurs endocriniens (PE) représente un coût de 157 milliards d’euros par an, soit 1,2 % du PIB.

Cinq panels d’experts ont été constitués afin d’évaluer le lien entre une exposition aux PE et la survenue d’une pathologie et en estimer le coût. Un consensus a été trouvé pour le retard intellectuel, l’autisme, le trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH), l’obésité chez l’enfant et chez l’adulte, la cryptorchidie et l’infertilité masculine.

Retard mental et déficience intellectuelle

Selon l’étude, l’effet le plus probable (70-100 %) est celui de l’impact de l’exposition prénatal aux organophosphorés sur le développement cérébral. Chaque année, 13 millions de retards mentaux peuvent leur être attribués, 59 300 cas additionnels de déficience intellectuelle pour un coût estimé à 146 milliards. La probabilité est moindre pour l’autisme (316 cas), le trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité (19 400 à 31 000 cas). Les chercheurs du groupe fertilité masculine estiment que l’exposition aux phtalates est responsable à 40-69 % de 618 000 AMP chaque année en Europe. Le groupe obésité/diabète estime que l’exposition aux phtalates est responsable (probabilité de 40-69 %) de 53 900 cas d’obésité et 20 500 nouveaux cas de diabète chez les femmes. « Nous travaillons sur des probabilités et savons qu’il y a des incertitudes, mais cette étude est un début », a indiqué Martine Bellanger, professeur à l’École des hautes études en santé publique en France.

Les auteurs précisent que leur objectif est de proposer « une estimation du bénéfice sanitaire et économique d’une régulation des perturbateurs endocriniens en Europe », alors que la Commission européenne a entrepris un passage en revue de sa législation en la matière. L’adoption de ce nouveau cadre réglementaire, qui pourrait conduire à l’interdiction d’une large gamme de pesticides, isolants alimentaires ou composants de cosmétiques, a été renvoyée à 2016.

Selon le porte-parole de Générations futures François Veillerette, « cette étude apporte une preuve supplémentaire de la nécessité d’une action préventive forte pour se prémunir des risques des perturbateurs endocriniens en Europe ».

Dr Lydia Archimède

voir aussi sur un autre blog :

Le futur de notre société n'est pas rose ...

sur le même sujet :

Perturbateurs endocriniens : un coût sanitaire évalué à 157 milliards ...

www.lagazettedescommunes.com/.../perturbateurs-endocriniens-un-cout- sanitaire-evalue-a-157-milliards-deuros-par-an-dans-lue/

Près de 100 % de la population a des traces détectables ... - Le Monde

www.lemonde.fr/.../pres-de-100-de-la-population-a-des-traces-detectables-de -perturbateurs-endocriniens_4588899_3244.html

(*)

perturbateurs endocriniens.pdf

24/02/2015

Chimie, dégradation de l'environnement : les conséquences sont là

Quelques liens pour s'informer :

 

Montée préoccupante de la puberté précoce - Le Monde

www.lemonde.fr/.../montee-preoccupante-de-la-puberte-precoce_4581829_ 1650684.html

il y a 1 jour ... Montée préoccupante de la puberté précoce ... véritable épidémie de pubertéprécoce », affirme le professeur Charles Sultan, chef du service ...

 

Midi-Pyrénées, région la plus touchée par la baisse de la qualité du sperme ...

www.ladepeche.fr/.../1830028-midi-pyrenees-region-plus-touchee-baisse- qualite-sperme.html
 
1 mars 2014 ... «Dans la région, la situation est alarmante». Charles Sultan est l'un des plusgrands pédiatres endocrinologues au monde. ... je vois une explosion des cas de puberté précoce (chez les filles) et ... on assiste à une montée en flèche du nombre d'enfants souffrant d'affections provoquées par les pesticides.

 

Sciences : Collectif Une Place pour Tous !

collectifuneplacepourtous.midiblogs.com/sciences/

2 déc. 2014 ... Les indices s'accumulent quant à l'implication des polluants dans la montée enpuissance des troubles autistiques et comportementaux ..... Cette disparition alarmante de la faune ornithologique européenne est ..... puberté précoce.pdf ... Le Pr Charles Sultan, spécialiste des troubles hormonaux au Centre ...

 

Pr Charles Sultan : Perturbateurs endocriniens et puberté précoce ...

criigen.org/.../Pr-Charles-Sultan-Perturbateurs-endocriniens-et-puberteprecoce-chez-la-fille
 
Intervention du Pr Charles Sultan, endocrinologue au CHU de Montpellier et ... sur les perturbateurs endocriniens et la puberté précoce, lors de la table-ronde.

23/02/2015

Privilégier la lecture et l'écriture sur un support papier : c'est meilleur pour le cerveau

Il vaut mieux lire des textes imprimés, çà permet une meilleure concentration, et écrire à la main sur du papier, çà permet de mieux mémoriser et comprendre.

Why reading and writing on paper can be better for your brain ...

www.theguardian.com/.../reading-writing-on-paper-better-for-brain- concentration
 

Some tests show that reading from a hard copy allows better concentration, while taking longhand notes versus typing onto laptops increases conceptual understanding and retention.

My son is 18 months old, and I’ve been reading books with him since he was born. I say “reading”, but I really mean “looking at” – not to mention grasping, dropping, throwing, cuddling, chewing, and everything else a tiny human being likes to do. Over the last six months, though, he has begun not simply to look but also to recognise a few letters and numbers. He calls a capital Y a “yak” after a picture on the door of his room; a capital H is “hedgehog”; a capital K, “kangaroo”; and so on

Reading, unlike speaking, is a young activity in evolutionary terms. Humans have been speaking in some form for hundreds of thousands of years; we are born with the ability to acquire speech etched into our neurones. The earliest writing, however, emerged only 6,000 years ago, and every act of reading remains a version of what my son is learning: identifying the special species of physical objects known as letters and words, using much the same neural circuits as we use to identify trees, cars, animals and telephone boxes.

It’s not only words and letters that we process as objects. Texts themselves, so far as our brains are concerned, are physical landscapes. So it shouldn’t be surprising that we respond differently to words printed on a page compared to words appearing on a screen; or that the key to understanding these differences lies in the geography of words in the world.

For her new book, Words Onscreen: The Fate of Reading in a Digital World, linguistics professor Naomi Baron conducted a survey of reading preferences among over 300 university students across the US, Japan, Slovakia and Germany. When given a choice between media ranging from printouts to smartphones, laptops, e-readers and desktops, 92% of respondents replied that it was hard copy that best allowed them to concentrate.

This isn’t a result likely to surprise many editors, or anyone else who works closely with text. While writing this article, I gathered my thoughts through a version of the same principle: having collated my notes onscreen, I printed said notes, scribbled all over the resulting printout, argued with myself in the margins, placed exclamation marks next to key points, spread out the scrawled result – and from this landscape hewed a (hopefully) coherent argument.

What exactly was going on here? Age and habit played their part. But there is also a growing scientific recognition that many of a screen’s unrivalled assets – search, boundless and bottomless capacity, links and leaps and seamless navigation – are either unhelpful or downright destructive when it comes to certain kinds of reading and writing.

Across three experiments in 2013, researchers Pam Mueller and Daniel Oppenheimer compared the effectiveness of students taking longhand notes versus typing onto laptops. Their conclusion: the relative slowness of writing by hand demands heavier “mental lifting”, forcing students to summarise rather than to quote verbatim – in turn tending to increase conceptual understanding, application and retention.

In other words, friction is good – at least so far as the remembering brain is concerned. Moreover, the textured variety of physical writing can itself be significant. In a 2012 study at Indiana University, psychologist Karin James tested five-year-old children who did not yet know how to read or write by asking them to reproduce a letter or shape in one of three ways: typed onto a computer, drawn onto a blank sheet, or traced over a dotted outline. When the children were drawing freehand, an MRI scan during the test showed activation across areas of the brain associated in adults with reading and writing. The other two methods showed no such activation.

Similar effects have been found in other tests, suggesting not only a close link between reading and writing, but that the experience of reading itself differs between letters learned through handwriting and letters learned through typing. Add to this the help that the physical geography of a printed page or the heft of a book can provide to memory, and you’ve got a conclusion neatly matching our embodied natures: the varied, demanding, motor-skill-activating physicality of objects tends to light up our brains brighter than the placeless, weightless scrolling of words on screens.

In many ways, this is an unfair result, effectively comparing print at its best to digital at its worst. Spreading my scrawled-upon printouts across a desk, I’m not just accessing data; I’m reviewing the idiosyncratic geography of something I created, carried and adorned. But I researched my piece online, I’m going to type it up onscreen, and my readers will enjoy an onscreen environment expressly designed to gift resonance: a geography, a context. Screens are at their worst when they ape and mourn paper. At their best, they’re something free to engage and activate our wondering minds in ways undreamt of a century ago.

Above all, it seems to me, we must abandon the notion that there is only one way of reading, or that technology and paper are engaged in some implacable war. We’re lucky enough to have both growing self-knowledge and an opportunity to make our options as fit for purpose as possible – as slippery and searchable or slow with friction as the occasion demands. 

I can’t imagine teaching my son to read in a house without any physical books, pens or paper. But I can’t imagine denying him the limitless words and worlds a screen can bring to him either. I hope I can help him learn to make the most of both – and to type/copy/paste/sketch/scribble precisely as much as he needs to make each idea his own. 

19:31 Publié dans Sciences | Lien permanent | Commentaires (0)

20/02/2015

La recherche médicale

Voici un livre à lire absolument, décrivant de l'intérieur les rouages de la recherche scientifique en France, en particulier dans le domaine médical, toujours d'actualité !

(et je sais de quoi je parle !)

Livre: Ma vérité sur la « mémoire de l'eau » - Jacques Benveniste ...

www.albin-michel.fr/Ma-verite-sur-la-memoire-de-l-eau--EAN= 9782226158772

Jacques Benveniste restera l'homme d'une polémique. Dans laquelle il aura tout gagné. Et tout perdu. 

un extrait :

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01/02/2015

Réchauffement climatique et activité volcanique

 

 Nota Bene :

 

les personnes qui lisent les notes mises sur ce blog ont sans doute remarqué la présence d'un bandeau publicitaire dans le haut de l'écran. Cette publicité, mise par le MIDI LIBRE, n'existait pas auparavant ; elle est apparue il y a quelques jours. 

 

Il faut savoir que cette publicité est extrêmement gênante pour l'enregistrement des notes et ralentit considérablement leur mise en page. 

 

De plus, je suis par principe opposé à toute publicité.

 

J'envisage donc de trouver un autre hébergeur pour ce blog.

 

L'adresse vous en sera donnée en temps voulu.

 

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lu sur :

Climate change is lifting Iceland – and it could mean more volcanic ...

www.theguardian.com/.../climate-change-lifting-iceland-volcanic-eruptions

 

Climate change is lifting Iceland – and it could mean more volcanic eruptions

Land moving upward faster than researchers expected at 1.4in every year, allowing ‘hot potato’ rocks to rise

Iceland is rising because of climate change, with land freed by the melting of the ice caps rebounding from the Earth at a rate of up to 1.4in per year.

The downside? Researchers believe the extra uplift could be behind an increase in volcanic activity, with three Icelandic eruptions in the last five years shutting down flights and spewing ash in the air.

In new research published in Geophysical Research Letters, scientists from the University of Arizona and the University of Iceland found the earth’s crust rising at a much faster rate amid the greater warming of the last 30 years.

At some sites in south and south-central Iceland, where five of the largest ice caps are located, ice loss resulting from that warming produced an uplift of 1.4in per year, the researchers said.

Researchers have known for some time that land freed from the weight of ice sheets tends to rise. But they did not anticipate just how swiftly the bounce in Iceland was occurring.

“It’s similar to putting weights on a trampoline. If you take the weights off, the trampoline will bounce right back up to its original flat shape,” said Richard Bennett, a geologist at the University of Arizona and one of the authors of the new research.

The bigger bounce was due to increased warming over the last 30 years, mathematical models showed.

“What we found is that the uplift is increasing. It’s faster and faster everywhere because of the accelerated loss of ice mass,” said Bennett.

The researchers relied on 62 GPS devices, deployed on rocks throughout Iceland, to track the changes in position. Some of the GPS receivers had been in position since 1995.

The danger is that increased melting and uplift could lead to a further uptick in volcanic activity. Iceland has experienced three eruptions in the last five years. When Eyjafjallajökull blew in 2010, flights across Europe were disrupted for a week.

The entire chain reaction of melting ice caps, rising earth surface and volcanic activity is still not entirely understood, Bennett said. But as the surface of the earth rises, so do rocks at depth, released from the pressure of the ice.

“They transport the heat like a hot potato as they move from high pressure to lower pressure and enter into conditions that promote melting,” Bennett said. And that creates conditions that are ripe for eruptions.

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quelques explications :

Le diamètre moyen de la Terre est de 12742 km et l'épaisseur moyenne de la croûte terrestre continentale est de 35 km. ( l'épaisseur du fond des océans est beaucoup plus fine : 7km environ )

Pour donner une idée , si la terre était représentée par une sphère d'environ 12cm de diamètre (une grosse orange), l'épaisseur de la croûte terrestre sur laquelle nous vivons ne serait que de 1/3 de mm (même pas l'épaisseur d'un ongle, pour fixer les idées).

Si les calottes glaciaires fondent, les plaques tectoniques sur lesquelles elle reposent sont allégées du poids de la couche de glace qui disparaît et elles se soulèvent (plus exactement : elles basculent), et le magma en fusion passe entre les fentes, et ... il y a des éruptions volcanique. C'est ce qui se passe en Islande.

Qui dit éruption volcanique dit cendres dans l'atmosphère, d'où possibilité d'un refroidissement climatique par occultation du rayonnement solaire. 

Avec des conséquences qui peuvent être importantes. Voir à ce sujet :

Lakagígar — Wikipédia

fr.wikipedia.org/wiki/Lakagígar
Les Lakagígar, toponyme islandais signifiant littéralement en français « les ... Les aérosols créés provoquèrent alors un refroidissement dans tout .... et à la famine, un des facteurs importants qui provoquèrent la Révolution française en 1789. 

15/12/2014

L'asservissement de la science aux impératifs de firmes industrielles mondialisées

lu dans la revue de presse de l'INSERM :

« Science et industrie, des liens toxiques pour la santé ? »

Francis Judas, syndicaliste, intervenant amiante pour plusieurs structures de la CGT, Annie Thébaud-Mony, sociologue, directrice de recherches honoraires à l’Inserm, et Benoît Vallet, directeur général de la santé (DGS), répondent dans L’Humanité à la question : « Science et industrie, des liens toxiques pour la santé ? ».    

Annie Thébaud-Mony dénonce notamment « l’asservissement de la science aux impératifs de firmes industrielles mondialisées », explique le quotidien.

Selon la chercheuse, « une véritable recherche publique sur fonds publics en santé publique » doit être « restaurée ». Benoît Vallet souligne, quant à lui, que « le plan national santé environnement 3 (PNSE 3), qui vient d’être rendu public (…), consacre un chapitre à la prévention des cancers en relation avec des expositions environnementales ».

L’Humanité, 12/12

02/12/2014

Le futur de notre société néolibérale n'est pas rose ...

lu sur Le temps (Suisse)

les surlignages sont de moi

Pollution: le cerveau en danger

Le Temps 

Stéphane Foucart Le Monde

Les indices s’accumulent quant à l’implication des polluants dans la montée en puissance des troubles autistiques et comportementaux

De toutes les maladies non transmissibles, l’autisme est l’une de celles dont la fréquence augmente le plus rapidement. Si vite qu’il est même difficile d’y croire. En mars, les Centers for Disease Control and Prevention (CDC) américains, l’équivalent de notre Institut de veille sanitaire (InVS), rendaient publiques les dernières estimations de la prévalence des troubles du spectre autistique chez les garçons et les filles de 8 ans aux Etats-Unis. Selon ces chiffres, un enfant sur 68 est désormais touché par cet ensemble de maladies du développement, regroupant l’autisme profond, les syndromes de Rett et d’Asperger, etc.

Le plus impressionnant n’est pas tant le chiffre lui-même, que la rapidité de son évolution: il est supérieur de 30% à celui publié seulement deux ans auparavant (un enfant sur 88) par le même réseau de surveillance mis en place par les CDC, et a plus que doublé en moins d’une décennie. Au cours des vingt dernières années, les données américaines suggèrent une augmentation quasi exponentielle de ces troubles, aujourd’hui diagnostiqués «vingt à trente fois plus» que dans les années 1970, selon le rapport des CDC. 40% de ces enfants dépistés aux Etats-Unis présentent un quotient intellectuel (QI) inférieur à 70.

D’autres troubles neurocomportementaux sont également en forte croissance ces dernières années. Outre-Atlantique, l’hyperactivité et les troubles de l’attention touchaient, selon les chiffres des CDC, 7,8% des enfants entre 4 et 17 ans en 2003. Ce taux est passé à 9,5% en 2007, puis à 11% en 2011. Par comparaison, en France, leur fréquence est estimée entre 3,5 et 6% pour les 6-12 ans.

Aux Etats-Unis, un enfant sur six est concerné par un trouble du développement (troubles neurocomportementaux, retard mental, handicaps moteurs, etc.).

Dans un ouvrage scientifique tout juste publié (Losing Our Minds. How Environmental Pollution Impairs Human Intelligence and Mental, Oxford University Press, 2014) Barbara Demeneix, directrice du département Régulations, développement et diversité moléculaire du Muséum national d’histoire naturelle (MNHN), soutient que cette augmentation rapide de la fréquence des troubles neurocomportementaux est, en grande partie, le résultat de l’exposition de la population générale à certaines pollutions chimiques diffuses – en particulier les femmes enceintes et les jeunes enfants.

Selon la biologiste, cette situation n’est, en outre, que la part émergée d’un problème plus vaste, celui de l’érosion des capacités cognitives des nouvelles générations sous l’effet d’expositions toujours plus nombreuses à des métaux lourds et à des substances chimiques de synthèse. Le sujet est, ces dernières années, au centre de nombreuses publications scientifiques. Philippe Grandjean, professeur de médecine environnementale (Université Harvard, Université du Danemark-Sud), l’une des figures de la discipline et auteur d’un livre sur le sujet (Only One Chance. How Environmental Pollution Impairs Brain Development – and How to Protect the Brains of the Next Generation, Oxford University Press, 2013), va jusqu’à évoquer une «fuite chimique des cerveaux».

La thyroïde en cause

«L’augmentation de la fréquence de l’autisme que l’on mesure ces dernières années est telle qu’elle ne peut pas être attribuée à la génétique seule et ne peut être expliquée sans faire intervenir des facteurs environnementaux, dit Barbara Demeneix. De meilleurs diagnostics et une meilleure information des médecins et des familles permettent certainement d’expliquer une part de cette augmentation, mais en aucun cas la majorité.» Et ce d’autant plus que les critères diagnostiques utilisés par les CDC sont demeurés identiques entre 2000 et 2013. «En France et en Europe, il n’existe pas de suivi historique de la prévalence de ces troubles aussi précis qu’aux Etats-Unis, mais il est vraisemblable qu’on assiste aussi à une augmentation de leur incidence», ajoute Barbara Demeneix.

Autre argument fort suggérant que l’augmentation de fréquence de l’autisme ne relève pas d’un biais de mesure: le sexe-ratio est constant. Les garçons sont toujours cinq fois plus touchés que les filles. Or, si l’accroissement constaté était artéfactuel, une modification du sexe-ratio aurait de grandes chances d’être observée.

Comment expliquer une telle épidémie? Pour la biologiste française, l’une des causes majeures est la prolifération de molécules de synthèse capables d’interférer avec le fonctionnement de la glande thyroïde. «Depuis de nombreuses années, mon travail consiste à comprendre comment un têtard devient une grenouille. Les molécules clés de ce processus sont les hormones thyroïdiennes, qui jouent un rôle crucial dans les transformations lourdes du développement, explique Barbara Demeneix. En cherchant à comprendre comment ces hormones agissent dans la métamorphose du têtard, je me suis posé le même type de questions sur leur importance dans le développement du cerveau humain.»

Les hormones thyroïdiennes sont connues pour moduler l’expression des gènes pilotant la formation de structures cérébrales complexes comme l’hippocampe ou le cortex cérébelleux. «Nous savons avec certitude que l’hormone thyroïde joue un rôle pivot dans le développement du cerveau, précise le biologiste Thomas Zoeller, professeur à l’Université du Massachusetts à Amherst et spécialiste du système thyroïdien. D’ailleurs, la fonction thyroïdienne est contrôlée sur chaque bébé né dans les pays développés et la plupart des pays en développement, ce qui montre le niveau de certitude que nous avons dans ce fait. Pourtant, malgré le fait que de nombreuses substances chimiques ayant un impact documenté sur la thyroïde soient en circulation, les autorités sanitaires ne font pas toujours le lien avec l’augmentation des troubles neurocomportementaux

Dans Losing Our Minds, Barbara Demeneix montre que la plupart des substances connues pour leur effet sur le développement du cerveau interfèrent bel et bien avec le système thyroïdien. Ces molécules ne sont pas toutes suspectées d’augmenter les risques d’autisme, mais toutes sont susceptibles d’altérer le comportement ou les capacités cognitives des enfants exposés in utero, ou aux premiers âges de la vie. C’est le cas des PCB (composés chlorés jadis utilisés comme isolants électriques, lubrifiants, etc.), de certaines dioxines (issues des processus de combustion), de l’omniprésent bisphénol A, des PBDE (composés bromés utilisés comme ignifuges dans l’électronique et les mousses des canapés), des perfluorés (utilisés comme surfactants), des pesticides organophosphorés, de certains solvants, etc.

«Le travail de Barbara Demeneix est très important, estime la biologiste Ana Soto, professeure à l’Université Tufts à Boston (Etats-Unis) et titulaire de la chaire Blaise Pascal 2013-2014 de l’Ecole normale supérieure. Elle a conduit un travail bibliographique considérable et c’est la première fois que l’ensemble des connaissances sont rassemblées pour mettre en évidence que tous ces perturbateurs endocriniens, mais aussi des métaux lourds comme le mercure, sont capables de perturber le fonctionnement du système thyroïdien par une multitude de processus.»

Substances très nombreuses

Les composés bromés peuvent inhiber l’absorption d’iode par la thyroïde qui, du coup, produit moins d’hormones. Les molécules chlorées peuvent en perturber la distribution dans les tissus. Le mercure, lui, peut inhiber l’action des enzymes qui potentialisent ces mêmes hormones… Lorsqu’une femme enceinte est exposée à ces substances, son fœtus l’est également et, explique Barbara Demeneix, «le risque est important que la genèse de son cerveau ne se fasse pas de manière optimale». Pour limiter au mieux les effets de ces substances, la biologiste insiste sur la nécessité d’un apport d’iode conséquent – absent du sel de mer – aux femmes enceintes, garant de leur bon fonctionnement thyroïdien.

Le problème est que les substances susceptibles de perturber ces processus sont très nombreuses. «Les chimistes manipulent des phénols auxquels ils ajoutent des halogènes comme le brome, le chlore ou le fluor, explique Barbara Demeneix. Or les hormones thyroïdiennes sont composées d’iode, qui est aussi un halogène. Le résultat est que nous avons mis en circulation des myriades de substances de synthèse qui ressemblent fort aux hormones thyroïdiennes

Les scientifiques engagés dans la recherche sur la perturbation endocrinienne estiment en général que les tests mis en œuvre pour détecter et réglementer les substances mimant les hormones humaines sont insuffisants. D’autant plus que les effets produits sur les capacités cognitives sont globalement discrets. «Si le thalidomide [médicament retiré dans les années 1960] avait causé une perte de 10 points de quotient intellectuel au lieu des malformations visibles des membres [des enfants exposés in utero via leur mère], il serait probablement encore sur le marché», se plaisait à dire David Rall, ancien directeur de l’Institut national des sciences de la santé environnementale américain (NIEHS).

L’érosion du quotient intellectuel de même que les troubles neurocomportementaux comme l’hyperactivité et les troubles de l’attention ou l’autisme «sont le talon d’Achille du système de régulation, souligne le biologiste Thomas Zoeller. Ce sont des troubles complexes, hétérogènes et aucun biomarqueur caractéristique ne peut être identifié. Du coup, il y a beaucoup de débats sur la «réalité» de l’augmentation de leur incidence. Ce genre de discussions ne décide pas les agences de régulation à être proactives, en dépit du fait que l’incidence des troubles du spectre autistique augmente si rapidement que nous devrions tous en être inquiets.»

L’Organisation pour la coopération et le développement économique (OCDE), l’organisme intergouvernemental chargé d’établir les protocoles de test des substances chimiques mises sur le marché, a cependant appelé, fin octobre, au développement de nouveaux tests susceptibles de mieux cribler les molécules interférant avec la thyroïde. Et ce, avec «une très haute priorité».

L’affaire ne concerne pas uniquement l’intelligence des prochaines générations mais leur santé au sens large. «Les épidémiologistes remarquent depuis longtemps que les gens qui ont un quotient intellectuel élevé vivent plus longtemps, et ce même lorsqu’on corrige des effets liés à la classe sociale, dit Barbara Demeneix. Or, selon la théorie de l’origine développementale des maladies, notre santé dépend en partie de la manière dont nos tissus se sont développés au cours de notre vie intra-utérine. Les facultés cognitives pourraient ainsi être une sorte de marqueur des expositions in utero et pendant la petite enfance à des agents chimiques: avoir été peu exposé signifierait un quotient intellectuel élevé et, du même coup, une plus faible susceptibilité aux maladies non transmissibles.»

 

 

07/10/2014

Nobel 2014 : le cerveau et l'orientation spatiale

lu  dans la synthèse de presse de l'INSERM :

Le Prix Nobel de médecine 2014 a été remis à  John O’Keefe,  May-Britt and Edvard I. Moser  lundi 06 octobre 2014 pour leurs travaux sur un système de positionnement mis en place par des cellules dans le cerveau permettant la représentation de l’espace.

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© David Bishop / UCL, kavli institute / NTNU

Lire le communiqué de presse de presse du comité Nobel (anglais)

John O’Keefe a découvert l’existence d’un endroit dans notre cerveau où sont stockées des cartes de notre environnement, l’hippocampe, équivalentes à la carte du GPS. Avoir une carte n’est pas suffisant pour se repérer. Il est nécessaire de savoir où on se trouve pour retrouver notre chemin. May-Britt et Edvard Moser ont complété ce travail en découvrant des cellules cérébrales qui permettent de nous localiser dans l’espace, le cortex entorhinal. C’est l’équivalent du point rouge qui bouge sur le GPS.

« Le bon fonctionnement du cerveau repose donc sur l’interaction de ces deux régions par le biais des connexions cérébrales  » explique Michel Thiebaut de Schotten, chercheur à l’Inserm qui a réalisé un atlas des connexions cérébrales .

(Catani et Thiebaut de Schotten, Atlas of Human Brain Connection, Oxford University Press 2012)

Michel Thiebaut de Schotten, chercheur à l’Inserm, indique que ce travail explique notamment pourquoi les patients, dans les stages précoces de la maladie d’Alzheimer où l’hippocampe et le cortex entorhinal sont endommagés, sont incapables de s’orienter dans l’espace.

Il précise par ailleurs que tout le monde n’a pas forcément un bon sens de l’orientation. « Cette aptitude peut se travailler comme le montre une étude chez les chauffeurs de taxi Londonien qui ont besoin de s’orienter dans l’espace toute la journée. La taille de leur hippocampe est proportionnelle au nombre d’années de travail en tant que chauffeur de taxi (Maguire 2000). »

Francis  Eustache, directeur de l’Unité Inserm « Neuropsychologie et neuroanatomie fonctionnelle de la mémoire humaine » se réjouit du choix du jury Nobel:

« Il s’agit de chercheurs de deux générations différentes qui mènent une activité scientifique exemplaire. Cette mémoire spatiale est essentielle tant chez l’animal que chez l’homme et c’était une découverte de taille que de la relier à des enregistrements cellulaires, »indique Francis Eustache.

« Ces recherches fondamentales pointent l’importance de la formation hippocampique (hippocampe, cortex entorhinal) dans la mémoire spatiale. Le lien peut être fait ici avec la maladie d’Alzheimer, débutant souvent par des troubles de l’orientation spatiale en lien avec des lésions atrophiques de cette région du cerveau. Ces connaissances fondamentales récompensées par le Nobel permettent d’orienter la recherche clinique et thérapeutique. » Conclut-il.

Voir le schéma explicatif (anglais)

En savoir plus sur les coulisses de l’annonce du prix Nobel : « Pourquoi l’annonce d’un prix Nobel est elle si incroyable? avec le Huffington Post

POUR CITER CETTE PAGE :
Salle de presse de l’Inserm – Prix Nobel de médecine 2014


Lien :
http://presse-inserm.fr/prix-nobel-de-medecine-2014/16004/ 

04/10/2014

De l'origine de l'oxygène dans l'atmosphère, de l'importance du commerce dans la propagation des espèces animales

dans Science du

3 OCTOBER 2014
VOLUME 346, ISSUE 6205
 
 
This week in other journals
 
RESEARCH HIGHLIGHT

Earth History

Nicholas S. Wigginton

The Great Oxidation Event marks the permanent appearance of appreciable concentrations of oxygen in Earth's atmosphere 2.4 billion years ago, a consequence of biological activity. Determining the history of oxygen levels leading up to this time, however, is hindered by spotty and incomplete records. Mukhopadhyay et al. describe an ancient soil deposit in eastern India that formed 3 billion years ago, or ∼600 million years before the Great Oxidation Event. Geochemical clues in the soil and overlying sediments point to a fleeting presence of free oxygen at the time the soil formed. It is likely that several small, short-lived oxygenation events occurred before Earth's atmosphere reached high oxygen levels permanently.

Geology 10.1130/G36091.1 (2014).

Biogeography
LW

It's an ecological truism that the more isolated an island, the fewer species it will have; isolation (along with island size) is thought to influence colonization, extinction, and speciation. But Helmus et al., mapping the distribution of anole lizard species across the Caribbean, suggest that economic, not geographic, isolation is determining species diversity. Anole lizards hitch rides on cargo ships, making it easier to reach farflung islands, so the more trade an island participates in, the more species diversity it tends to have. Conversely, economic isolation might protect native lizards from imported competitors: Cuba would rapidly gain 1.65 lizard species if the United States lifted its trade embargo, the authors say.

Nature 10.1038/nature13739 (2014).

03/10/2014

De l'importance du cervelet

À lire sur  :

LeTemps.ch - Média Suisse de Référence

www.letemps.ch/
 
Sciences & Environnement 

Le cervelet, cet «oublié» de l’évolution des primates

La taille du cervelet a augmenté six fois plus vite que toute autre partie du cerveau chez les grands singes, indique une étude parue dans Current Biology. L’intelligence technique serait ainsi au moins aussi importante que l’intelligence sociale dans l’évolution cognitive de l’homme

01/10/2014

Vaccin contre le papillomavirus : un intérêt plus que discutable

Personnellement, je ne ferai jamais vacciner mes enfants. Pour les raisons suivantes :

 

Le Gardasil (Merck & Co., 2006) est un vaccin contre les génotypes 6, 11, 16 et 18 du papillomavirus humain (HPV) (voir : Gardasil — Wikipédia  fr.wikipedia.org/wiki/Gardasil‎ )

 Le Cervarix (GlaxoSmithKline 2007) est un vaccin contre les génotypes 16 et 18 du papillomavirus humain (HPV) responsables de 70 % des cas de Cancer du col de l'utérus1. ( voir : Cervarix — Wikipédia fr.wikipedia.org/wiki/Cervarix ‎)

 

 Ces vaccins ne concernent que deux des papillomavirus impliqués dans les cancers sexuellement transmissibles. Or il y a en a plusieurs dizaines !

Le risque de la vaccination, outre les effets indésirables dûs à l'aluminium utilisé comme adjuvant (*) est de voir les personnes vaccinées rassurées quant à l'absence de danger ... alors qu'elles ne sont protégées que pour deux des principaux virus : l'HPV16 et l'HPV18, ces virus étant impliqués dans seulement 70% des cas de cancer (HPV6 et HPV11 ne sont pas impliqués dans des cancers).

Donc, contrairement à ce qu'on pourrait penser, les campagnes pour la vaccination risquent de provoquer une  augmentation des cas de cancers, et non l'inverse ! 

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à propos du vaccin, voir aussi le lien suivant: 

Cancer du col de l'utérus : une terrible menace

et sur ce blog, voir la note du 15/4/2014

Vaccin contre le papillomavirus, utile pour l'industrie, dangereux pour la société 

Papillomavirus : controverse sur un vaccin

LE MONDE SCIENCE ET TECHNO | 14.04.2014 à 15h37 • Mis à jour le 15.04.2014 à 14h12 |

Par Sandrine Cabut et Pascale Santi

Le Gardasil et le Cervarix, les deux vaccins destinés à protéger contre le cancer du col de l'utérus, sont de plus en plus contestés. Alors que le troisième plan Cancer, annoncé en février, prévoit de doubler d'ici à cinq ans la proportion de jeunes filles vaccinées – 30 % d’entre elles l’étaient fin 2012 –, les critiques fusent. Lancée par l'association Med’Océan, du docteur Philippe de Chazournes, généraliste à la Réunion, une pétition pour la mise en place d'une mission parlementaire a recueilli à ce jour plus de 1 000 signatures, dont celles de 630 médecins et 270 sages-femmes. Le député Gérard Bapt (PS, Haute-Garonne) a demandé à l'Agence nationale de sécurité sanitaire des médicaments (ANSM) des études indépendantes et plus de transparence. La députée européenne Michèle Rivasi a même réclamé un moratoire sur le Gardasil, le plus vendu. Depuis fin 2013, une dizaine de plaintes au pénal ont été déposées par des jeunes filles atteintes de troubles qu’elles attribuent aux injections. D'autres devraient suivre dans les semaines à venir. De leur côté, sept sociétés savantes, qui s'insurgent contre le « discrédit » jeté sur ces vaccins, ont signé un appel à contre-pétition paru dans le Quotidien du médecin jeudi 10 avril. Parmi elles, le Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF) et la Société française de pédiatrie (SFP).

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A quoi servent ces vaccins ?

Deux types de vaccins contre les papillomavirus humains (HPV) sont disponibles en France. Le Gardasil est commercialisé depuis novembre 2006 par le laboratoire franco-américain Sanofi Pasteur MSD (Merck), avec 85 % de part de marché, et le Cervarix, du laboratoire britannique GlaxoSmithKline (GSK), depuis 2007. Les HPV sont des infections fréquentes transmises par contact sexuel qui disparaissent spontanément dans la majorité des cas. Treize types de HPV sont hautement cancérigènes, dont les sous-types HPV 16 et 18 – inclus dans les vaccins –, responsables de deux tiers des cancers du col de l'utérus induits par ces virus. Les HPV sont aussi associés à d'autres cancers (pénis, anus, larynx…). Avec 3 000 nouveaux cas estimés en 2012, et 1 100 décès, le cancer de l'utérus se situe au 11e rang des cancers chez les femmes en France. Il est en revanche beaucoup plus fréquent dans les pays en voie de développement, faute de dépistage par frottis. La vaccination HPV n'est pas obligatoire, mais recommandée chez les filles de 11 à 14 ans, l'âge ayant été abaissé à 11 ans en avril 2013 par le Haut Conseil de la santé publique (HCSP). Un rattrapage est préconisé pour les jeunes filles de 15 à 19 ans non encore vaccinées. Point essentiel, cette vaccination doit être réalisée avant toute relation sexuelle. Jusqu'ici en trois doses, le schéma vaccinal est en voie de simplification à deux doses, sur la base d'études scientifiques.

Ces vaccins ont-ils démontré leur efficacité ?

Jusqu'ici, il n'y a pas de preuve directe que cette vaccination permette d’éviter les cancers du col de l'utérus. Le docteur Soizic Courcier, directrice médicale et des affaires réglementaires chez GSK France explique que « dans les études cliniques, ce n’est pas le cancer du col qui a été choisi comme critère d’évaluation car la lésion cancéreuse nécessitant en général 10 à 15 ans pour se développer/proliférer après une infection persistante à HPV, cela rend quasiment impossible la réalisation d’une telle étude. » La démonstration, si elle peut être faite, prendra de toute façon des années. Pour certains, les données existantes sont cependant déjà suffisantes. « Mise en œuvre dans des conditions optimales, cette vaccination prévient l'infection à papillomavirus et ses conséquences avec une efficacité proche de 100 % et constitue ainsi une mesure de prévention primaire du cancer du col de l'utérus et des lésions précancéreuses », écrit le professeur Olivier Graesslin, secrétaire général du CNGOF, sur le site de cette société savante. « Le vaccin réduit de façon drastique les dysplasies, les lésions précancéreuses du col de l'utérus. En combinant des stratégies de dépistage et de vaccination, ces cancers sont à 98 % évitables », estime ce gynécologue-obstétricien au CHU de Reims, qui ne déclare pas de lien d'intérêt avec les laboratoires concernés.

Mais d’autres sont plus sceptiques. « Les vaccins anti-HPV n'ont pas prouvé leur efficacité, ils sont chers et ne dispensent pas de faire des frottis. De plus, il y a un doute sur leur innocuité. Si l'on doit faire des économies, autant dépenser l'argent de façon intéressante », estime Jean-Paul Hamon, président de la Fédération des médecins de France, signataire de la pétition. Pour ce généraliste, « la seule stratégie qui ait fait reculer le cancer du col de l'utérus, c'est le dépistage par frottis. C'est sur ce dépistage, auquel échappe presque une femme sur deux en France, qu'il faudrait faire porter les efforts »« II y a beaucoup d’inconnues et d’incertitudes sur l’efficacité de ces vaccins », confirme Alice Touzaa, gynécologue libérale à Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône), elle aussi signataire de la pétition, en rappelant que beaucoup de lésions précancéreuses du col utérin, même de haut grade, n’évoluent pas vers un cancer invasif. « Il existe des inconnues dans la modélisation du bénéfice, juge aussi le professeur Bernard Bégaud (département de pharmacologie médicale, Bordeaux). Par exemple, quelle est la probabilité que des souches de HPV non pathogènes et non incluses dans le vaccin deviennent cancérigènes ? Quelle est exactement la part attribuable des papillomavirus dans les cancers du col, et que sera-t-elle dans vingt ou trente ans ? » Des interrogations que ce spécialiste met en balance avec la relative rareté des cancers du col, leur évolution lente, et les possibilités de dépistage et de traitement précoces.

La question de la durée de la protection n’est pas non plus résolue. « Mon argumentaire n'est pas fondé sur les effets secondaires, mais sur son efficacité et son coût très élevé au regard de l'alternative du frottis, bien moins cher et de surcroît le seul moyen pour éviter le cancer de l'utérus », explique le docteur Philippe de Chazournes. « Dire que ce vaccin est inefficace est de la désinformation », souligne toutefois le professeur Floret. Selon lui, il est « clairement démontré que ça prévient des lésions précancéreuses ». Autre critique récurrente, le prix : 370 euros pour trois injections, remboursées à 65 %, contre 15 à 20 euros pour un frottis annuel. Ce coût élevé avait été signalé par le rapport de la Cour des comptes sur la politique vaccinale en France en 2012.

Quels sont les risques ?

Depuis leur mise sur le marché, le Gardasil et le Cervarix font l'objet d'un plan de gestion des risques (PGR) à l'échelle européenne et d'un suivi renforcé de pharmacovigilance au niveau national. Le dernier bilan, rendu public par l'ANSM jeudi 10 avril, n'est pas inquiétant selon l'agence. Les données concernent uniquement le Gardasil, dont les ventes sont 20 fois supérieures à celles du Cervarix. Depuis sa commercialisation en 2006 et jusqu'au 20 septembre 2013, 5,5 millions de doses de Gardasil ont été vendues en France. Pendant cette période, 2 092 notifications d'effets indésirables ont été recensées par le centre de pharmacovigilance de Bordeaux, qui assure ce suivi ; dont 503 considérés comme graves, soit 24 %, et 4 décès. Le rapport fait en particulier état de 127 maladies auto-immunes, dont 17 cas de sclérose en plaques (SEP). Le pourcentage d’effets indésirables graves est plus élevé qu’aux Etats-Unis (24 % versus 7,9 %), de même pour la proportion d’atteintes neurologiques.

Des chiffres a priori impressionnants, mais à interpréter avec précaution. « Ces événements ne sont pas forcément imputables au vaccin mais peuvent être observés chez des jeunes filles non vaccinées. Ces nouvelles données de surveillance ne remettent pas en cause le rapport bénéfice-risque de ce vaccin, commente le docteur Mahmoud Zureik, directeur de la stratégie de l'ANSM. A ce stade, les études publiées, robustes sur le plan méthodologique, ne mettent pas en évidence une fréquence plus élevée de maladies auto-immunes chez les filles vaccinées avec le Gardasil que chez celles qui ne l'ont pas été. Quant aux décès, dont le dernier remonte à plus de trois ans, la responsabilité du vaccin n'est pas établie. »

Le docteur Zureik précise toutefois que l'ANSM lance une nouvelle étude, à partir des bases de données de l'Assurance-maladie de ces trois dernières années, pour comparer l'occurrence des maladies auto-immunes et de SEP chez les jeunes filles vaccinées ou non. Les résultats devraient être disponibles d’ici la fin de l’année. « La première étude menée en France sur ce sujet ne montrait pas de sur-risque mais elle était préliminaire. Il faut la consolider, avec une méthodologie dans les règles de l’art », poursuit l’épidémiologiste.

Une démarche qu’approuve le professeur Jean-Marc Léger (neurologue, hôpital de la Pitié-Salpêtrière, Paris). « La question posée est celle d’un lien direct, de cause à effet, entre une vaccination et l’apparition de maladies auto-immunes, dont la SEP. Comme dans le cas du vaccin contre l’hépatite B, seules des études scientifiques indépendantes peuvent y répondre, explique-t-il. Les lanceurs d’alerte sont utiles, mais il faut rester prudent face à des cas individuels médiatisés et revenir à la science. »

Les plaintes ont-elles une chance d'aboutir ?

Les effets secondaires attribués aux vaccins suscitent en France des actions en justice. La première plainte au pénal a été déposée en novembre 2013 par maître Jean-Christophe Coubris, l'avocat de la famille de Marie-Océane Bourguignon, 18 ans, qui a développé une inflammation du système nerveux après une injection de Gardasil (Le Monde du 24 novembre 2013). Les experts de la commission de conciliation et d'indemnisation des accidents médicaux de Bordeaux avaient conclu à « une sclérose en plaques » et fait le « lien entre les deux injections de Gardasil et la survenue » de la maladie de l'adolescente. Jean-Christophe Coubris a reçu à ce jour une centaine de témoignages de victimes présumées. Parmi les pathologies les plus fréquemment évoquées figurent la SEP, le lupus, des inflammations du système nerveux central, etc. Vingt-cinq nouveaux dossiers devraient être déposés auprès du parquet du pôle de santé du tribunal de grande instance de Paris fin avril, contre Sanofi Pasteur MSD et l'agence du médicament (ANSM) pour « blessures involontaires, violation d'une obligation manifeste de sécurité et méconnaissance des principes de précaution et de prévention », précise Jean-Christophe Coubris.

Parallèlement, neuf autres victimes potentielles du Gardasil ont elles aussi déposé plainte contre X en décembre 2013 pour « atteinte involontaire à l’intégrité physique et tromperie aggravée » au tribunal de Bobigny (Seine-Saint-Denis). Ces jeunes femmes avaient en commun d'avoir contracté des maladies très invalidantes dans les semaines et les mois qui ont suivi la vaccination, souligne maître Camille Kouchner, leur conseil.

« Nous avons privilégié la plainte contre X car il y a beaucoup d’intervenants et il faut chercher la responsabilité de chacun. Je ne suis pas du tout dans une politique antivaccins, mon combat c'est le Gardasil », précise la fille de l'ancien ministre de la santé. Elle a reçu à ce jour une cinquantaine de demandes de dépôt de plainte et doit en déposer cinq à dix dans les semaines à venir au tribunal de Bobigny.

Faut-il vacciner ses enfants ?

Alors que la vaccination des jeunes filles fait débat, le fabricant du Gardasil défend depuis le début l'idée d'inclure les garçons, pour prévenir certains cancers masculins et pour diminuer la circulation des HPV. Pour l'instant, seuls les Etats-Unis recommandent de le faire« Il y a forte pression du laboratoire, mais un obstacle au niveau de l'Agence européenne du médicament [EMEA] car l'efficacité protectrice du vaccin n'est pas reconnue pour les cancers anaux, encore moins pour les cancers oropharyngés », explique Daniel Floret, sceptique sur une vaccination des garçons. Sanofi Pasteur MSD a déposé de nouvelles études à l'EMEA, qui devrait rendre une décision prochainement.

lire : Entre enjeux sanitaires et intérêts financiers

Lire aussi : L’aluminium sur la sellette

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(*) savez-vous à quoi sert un adjuvant, comme l'aluminium, dans un vaccin ?  

Il sert simplement à augmenter la fabrication des anticorps par l'organisme sans augmenter la quantité d'antigènes dans le vaccin.

Rappelons une notion simple : en cas d'infection, nous fabriquons des anticorps contre les agents infectieux auxquels nous sommes exposés.  Plus nous sommes infectés, plus notre organisme réagit.

Dans un vaccin, ce qui coûte cher à fabriquer, ce sont les antigènes, c'est à dire les molécules présentes à la surface des agents infectieux provoquant la réaction immunitaire (la fabrication d'anticorps).

Ces antigènes peuvent être simplement des agents infectieux inactivés d'une façon ou d'une autre (la chaleur par exemple), ou des molécules présentes à la surface de ces "microbes" ou "virus". Leur fabrication, qui peut être compliquée, coûte cher.

Or il existe des produits chimiques pas chers, comme l'aluminium, qui permettent d'augmenter la réaction immunitaire : chez la personne vaccinée, la même quantité d'anticorps sera fabriquée avec moins d'antigènes si un adjuvant est utilisé. En d'autres termes, on peut produire des vaccins à moindre coût en utilisant un adjuvant. 

Résultat : les vaccins produits aujourd'hui contiennent plus d'adjuvants et moins d'antigènes que ceux produits autrefois -disons : depuis les années 60/70- simplement pour augmenter les bénéfices des industries produisant les vaccins sans (trop) changer la qualité du vaccin !

Tout est une question de rapport "bénéfice-risque" pour l'industrie, pas des personnes vaccinées, vous comprenez ?

Il ne faut pas être naïf !

Voir wikipedia :

l'adjuvant vaccinal ou « adjuvant d'immunité » renforce la réponse immunologique (induction et production d'anticorps ou cellules immunocompétentes) comme mis en œuvre pour un processus thérapeutique dans le cas des vaccins 

18/09/2014

Santé : flore intestinale et édulcorants synthétiques

lu sur Le Temps (Suisse) :

SCIENCES & ENVIRONNEMENT 
Les édulcorants perturbent la flore intestinale 
Les souris qui consomment des succédanés du sucre ont une flore intestinale altérée et un taux élevé de sucre dans le sang, d’après une nouvelle étude qui questionne l’effet de ces molécules sur la santé

extrait :

..."Remplacer le sucre de son alimentation par des substituts à base d’édulcorants est-il une fausse bonne idée? Alors que les succédanés de sucre sont censés prévenir la prise de poids en limitant la quantité de calories absorbées, des résultats suggèrent qu’ils pourraient contribuer au développement de troubles du métabolisme. Une nouvelle étude, publiée ce jeudi dans la revue Nature(*) montre ainsi que la consommation d’édulcorants par des souris perturbe les microbes de leur intestin et entraîne une élévation de leur taux de sucre dans le sang, ce qui est potentiellement néfaste pour la santé. Les mécanismes en jeu et leur effet chez l’être humain demeurent cependant mystérieux.

Les édulcorants de synthèse – dont font notamment partie l’aspartame, le sucralose et la saccharine – sont aujourd’hui couramment répandus dans les aliments allégés, en particulier les sodas et les desserts. Ils permettent de profiter d’aliments au goût sucré sans pour autant absorber trop de calories, et supposément de prévenir des pathologies telles que l’obésité et le diabète de type 2, qui apparaît fréquemment chez les personnes en surpoids."...

Les édulcorants perturbent la flore intestinale - LeTemps.ch.pdf

(*) Artificial sweeteners induce glucose intolerance by altering the gut microbiota _ Nature _ Nature Publishing Group.pdf

14/09/2014

Mémoire de l'eau : qu'en est-il vraiment ?

Une vidéo intéressante à écouter attentivement :

https://www.youtube.com/watch?v=37zau7BcGZA

 

09/09/2014

Cerveau et rang social chez les primates

Extrait de presse INSERM :

Le Figaro s’intéresse aux travaux d’une équipe, pilotée par MaryAnn Noonan et Matthew Rushworth de l’université d’Oxford, mettant en évidence des variations de l’organisation cérébrale chez les macaques rhésus en fonction de leur rang social. 

Après avoir analysé par Imagerie par Résonance Magnétique (IRM) la structure et le fonctionnement du cerveau de 25 singes, les chercheurs ont notamment découvert que, chez les singes dits « dominants »« trois zones sont plus riches en matière grise et ces régions interagissent davantage ».

Le Figaro, 09/09

Le macaque rhésus ne plaisante pas avec la hiérarchie : au moindre faux pas, la sanction tombe, et l'indulgence n'est pas de mise. Les subalternes doivent donc être attentifs à leur place dans le monde et aux signaux de leurs congénères. Même le mâle dominant n'est pas maître en son royaume : les femelles l'installent sur le trône et peuvent l'en chasser  ; les muscles ne suffisent donc pas, il faut aussi savoir s'attirer leurs bonnes grâces…
Comment le cerveau encode-t-il les signaux des congénères, qui permettent au macaque de choisir avec soin alliés et ennemis ? Pour le comprendre, une équipe menée par MaryAnn Noonan et Matthew Rushworth, de l'université d'Oxford, a exploré par IRM la structure et le fonctionnement du cerveau de 25 singes occupant diverses places hiérarchiques au sein de groupes de tailles différentes. Selon qu'il sera puissant ou misérable, le cerveau du singe ne sera pas le même. Chez les dominants, trois zones «mobilisées pour juger de sa propre valeur et de la valeur des divers éléments de l'environnement » sont plus riches en matière grise, et ces régions interagissent davantage, explique Jérôme Sallet, membre du département de psychologie expérimentale d'Oxford qui a participé à l'étude publiée dans Plos Biology. Dans le cerveau des subalternes en revanche, une autre zone, le striatum, est favorisée.

Tout à la fois inné et acquis

Tout ceci vaut quelle que soit la taille du groupe auquel appartient le singe. En revanche, des régions corticales probablement impliquées dans les processus cognitifs qui sous-tendent la création d'alliances sont influencées tant par le rang hiérarchique de l'individu, que par la taille du groupe auquel il appartient.
Impossible en revanche, précise Jérôme Sallet, de savoir si la répartition de la matière grise «détermine ou est déterminée par le statut social. La réponse est probablement entre les deux.» «Chez beaucoup d'espèces de primates, les descendants d'une femelle dominante le seront également, mais on ne peut séparer ce qui est génétique de ce qui est acquis. C'est à travers le jeu des coalitions (la mère aide ses descendants dans les conflits) que le jeune acquiert son rang », explique Bernard Thierry, spécialiste du comportement social des primates à l'Institut pluridisciplinaire Hubert-Curien (Strasbourg).

Des réseaux neuronaux plastiques

Tout en regrettant que l'étude menée à Oxford utilise «un indice de dominance qui ne permet pas d'affirmer s'il s'agit des individus dominants, ou des plus agressifs », Bernard Thierry ajoute que «le concept de dominance est un concept relatif: on peut être à la fois dominant vis-à-vis d'un individu et dominé vis-à-vis d'un autre, et le statut social d'un individu fluctue au cours de sa vie.»
Fort heureusement pour le singe, «les réseaux neuronaux qui traitent les informations sociales sont plastiques, précise Jérôme Sallet. Dans une étude précédente, nous avions montré que les circuits qui traitent des informations sociales changeaient lorsque l'on modifiait la taille du groupe.»

«Les Lego sont les mêmes»

«Les principes que nous avons découverts sont sans doute communs à tous les primates », note le chercheur d'Oxford. «Les Lego sont les mêmes et hommes et singes partagent les mêmes mécanismes de base, même si l'homme en fait quelque chose de plus compliqué », ajoute Martine Meunier, du centre Inserm-CNRS de recherches en neurosciences (Lyon). Plus encore que le singe, l'humain n'est jamais totalement dominant ou dominé : évoluant en divers groupes sociaux (famille, collègues, amis…), il doit savoir naviguer entre ces statuts au fil de la journée.
Ces travaux, précise Jérôme Sallet, relèvent de la recherche fondamentale  ; savoir comment ces circuits se développent et fonctionnent pourrait néanmoins aider «à mieux comprendre ce qui se passe lors de pathologies qui affectent le comportement social, comme l'autisme, la dépression ou la schizophrénie ».
Mais attention aux illusions que pourraient susciter ces toutes jeunes neurosciences sociales, prévient Martine Meunier : «Un IRM ne permettra pas à un patron de détecter si son employé a ou non un cerveau de chef !»
 
  • La rédaction vous conseille :

07/07/2014

«Le lien entre le paludisme et les odeurs corporelles est très intéressant sur le plan scientifique»

lu dans la revue de presse de l'INSERM :

Les personnes atteintes de paludisme attirent plus les moustiques

Le Figaro révèle une étude américano-suisse qui suggère que « les personnes atteintes de paludisme seraient probablement plus attirantes » pour les moustiques. Ce phénomène serait lié à « l’odeur différente des malades », explique le quotidien. Et d’ajouter que « leur hypothèse s’appuie sur des travaux menés sur la souris et publiés lundi dans les ‘Comptes-rendus de l’Académie des sciences américaine’ ». 

Les chercheurs de l’École polytechnique fédérale de Zurich et de l’université de Pennsylvanie ont découvert que la majorité des moustiques allaient « plus spontanément vers le flux d’air provenant du rongeur malade », indique le journal. Thomas Chertemps, chercheur au département d’écologie sensorielle de l’université Pierre-et-Marie-Curie, précise : « Cette attirance n’est pas linéaire dans le temps, elle dépend du moment de l’infection ».  

Le Figaro, 04/07

Le paludisme confère une odeur alléchante | Actualité | LeFigaro.fr - Santé.pdf

11:01 Publié dans Sciences | Lien permanent | Commentaires (0)

27/06/2014

Le secret des vraies blondes

(et des vrais blonds)

à lire sur Nature :

The secret of a natural blond   pp660 - 661
Hopi Hoekstra
doi:10.1038/ng.3019

Elucidating the molecular mechanisms responsible for changes in gene expression is important for understanding the evolution of morphological traits. A new study identifies the molecular basis of the association between KITLG and blond hair color, presenting an intriguing example of how a single DNA base-pair change in an upstream regulatory element can cause relatively large and specific downstream changes in phenotype.

A molecular basis for classic blond hair color in Europeans

Nature Genetics 46, 748–752 (2014) doi:10.1038/ng.2991

Received 30 November 2013 Accepted 01 May 2014 Published online 01 June 2014

Hair color differences are among the most obvious examples of phenotypic variation in humans. Although genome-wide association studies (GWAS) have implicated multiple loci in human pigment variation, the causative base-pair changes are still largely unknown1. Here we dissect a regulatory region of the KITLG gene (encoding KIT ligand) that is significantly associated with common blond hair color in northern Europeans2. Functional tests demonstrate that the region contains a regulatory enhancer that drives expression in developing hair follicles. This enhancer contains a common SNP (rs12821256) that alters a binding site for the lymphoid enhancer-binding factor 1 (LEF1) transcription factor, reducing LEF1 responsiveness and enhancer activity in cultured human keratinocytes. Mice carrying ancestral or derived variants of the human KITLG enhancer exhibit significant differences in hair pigmentation, confirming that altered regulation of an essential growth factor contributes to the classic blond hair phenotype found in northern Europeans.

24/06/2014

Phéromones : de l'odeur des mammifères mâles sur le comportement

lu sur Le Temps (Suisse) :

Viviane Thivent

«Cette publication me fait penser à un canular écrit par une bande de copains.» Marianne Amalric, du laboratoire de neurosciences cognitives de l’Université Aix-Marseille n’en croit pas ses yeux. «Pourtant, explique Sophie Pezet de l’ESPCI Paris Tech, il s’agit d’un travail tout à fait solide», de surcroît publié dans un journal très sérieux, Nature Methods . Mais qui, c’est vrai, jette un froid.

Car après des siècles de recherches effectuées avec des rongeurs, l’équipe de Jeffrey Mogil de l’Université McGill, à Montréal, montre que le sexe des expérimentateurs influence le résultat des expériences menées sur les rats ou les souris: par leur seule présence, les hommes stressent autant les rongeurs que trois minutes de nage forcée ou quinze passées enfermés dans un tube. Les femmes, quant à elles, ne perturbent en rien la quiétude des animaux de laboratoire.

Spécialiste de la douleur et du pavé dans la mare, «Jeffrey Mogil est connu pour appuyer là où ça fait mal, continue Sophie Pezet. Ces dernières années, il n’a eu de cesse de questionner la représentativité des modèles physiologiques utilisés dans les laboratoires.» Il est ainsi à l’origine de nouveaux tests comportementaux comme celui, très discuté, dit de la grimace qui met en lien l’expression faciale des rongeurs et l’intensité de la douleur ressentie. «Or, pour réaliser ces tests, nous avons besoin de filmer les souris, raconte Jeffrey Mogil. Et à plusieurs reprises, des étudiants m’ont rapporté que le comportement des animaux changeait en leur présence.»

En décidant de quantifier le phénomène, le chercheur s’attendait donc à trouver un effet lié à l’expérimentateur… «mais pas au genre de l’expérimentateur! poursuit-il. A chaque fois que des hommes s’approchaient des souris, ces dernières se mettaient à stresser. Elles se figeaient et grimaçaient moins.»

Idem en présence de mâles de cobayes, de chats, de chiens non castrés… ou d’un t-shirt porté la nuit précédente par les expérimentateurs. Une question d’odeurs. Les souris réagissent en fait aux hormones – les androgènes – sécrétées par tous les mâles de mammifères, y compris par l’homme.

Ce curieux rappel de notre condition animale a-t-il pour autant des conséquences sur les si objectives mesures expérimentales? Oui. Car en poussant plus avant les tests, les chercheurs ont montré que la présence d’un expérimentateur masculin se traduisait par une hausse des hormones du stress, une diminution de la sensation de douleur et une élévation de la température interne. Autant de paramètres couramment mesurés.

Est-ce à dire que toutes les études passées sont à jeter à la poubelle? «L’ampleur du problème est difficile à évaluer, confie Jeffrey Mogil. Mais ce qui est sûr, c’est que ce genre de biais pourrait expliquer les difficultés qu’éprouvent les physiologistes à répliquer les résultats d’autres équipes.» «Les animaux de laboratoire sont très sensibles à leur environnement, confirme Sophie Pezet, qui n’est pas surprise par le résultat canadien. Leurs constantes physiologiques varient en fonction du moment de la journée mais aussi de la quantité de caresses qu’ils reçoivent avant l’expérience.»

Ou encore de l’intensité lumineuse de la pièce. De façon plus anecdotique, «l’odeur de certains aliments, comme les clémentines ou les oranges, peut aussi être aversive pour les rongeurs», précise la chercheuse.

C’est pourquoi chaque équipe de recherche possède sa propre routine, transmise en interne de chercheurs en étudiants… mais pas d’un laboratoire à l’autre. Ce qui pose le problème de la reproductibilité des mesures. A ce jour, il n’existe aucun protocole standardisé pour minimiser ces biais, «même si une prise de conscience commence à émerger», insiste Sophie Pezet.

Ainsi en 2008, dans la revue Pain , consacrée aux recherches menées sur la douleur, Andrew Rice de l’Imperial College de Londres et des collaborateurs – dont Jeffrey Mogil – ont-ils proposé un formulaire contenant plus de 40 champs de façon à préciser les conditions expérimentales.

En attendant que ce dernier soit enfin utilisé, faut-il bouter hors des laboratoires de physiologie tous les expérimentateurs mâles? «C’est une solution, s’amuse Jeffrey. Mais on peut aussi attendre que le stress de l’animal retombe avant de procéder aux mesures [soit une demi-heure par mesure] ou, de façon plus pragmatique, noter le genre de l’expérimentateur afin de prendre en considération ce biais.» Ce qui, en la matière, semble être un minimum.

(voir aussi : L’odeur du chercheurbiais expérimental

www.lemonde.fr/sciences/article/2014/05/12/l-odeur-du...)

09:31 Publié dans Sciences | Lien permanent | Commentaires (0)

29/04/2014

Pesticides et perturbateurs endocriniens : nos enfants paient et paieront la note

lu sur la revue de presse de l'INSERM :

L’association Générations futures dévoile les résultats d’une analyse, menée par un laboratoire indépendant, de mèches de cheveux de 30 écoliers âgés de 3 à 10 ans, pour mesurer « le niveau d’imprégnation aux pesticides de ces enfants vivant ou allant à l’école dans des zones agricoles »Le Parisien précise que 35 des 53 pesticides suspectés d’être des perturbateurs endocriniens ont été décelés au moins une fois et 13 ont été détectés dans tous les échantillons. Le quotidien souligne que l’usage de certains d’entre eux est interdit en France depuis des années.

Le Parisien, 29/04

extraits :

..." Sur les 53 pesticides suspectés d'être des perturbateurs endocriniens recherchés, 35 ont été retrouvés au moins une fois et treize détectés dans tous les échantillons. Notamment des insecticides interdits d'usage en France depuis des années ! Au cours des trois mois précédant le prélèvement, 80 % des enfants auraient été exposés à des pulvérisations d'insecticides agricoles." ...

..." Si Générations futures a choisi d'analyser des cheveux, c'est que nos mèches en disent beaucoup sur notre santé. « Cette étude montre que nos enfants sont exposés au quotidien à une véritable soupe chimique », souligne le porte-parole de l'association, François Veillerette."...

 

Des traces de pesticides dans les cheveux des enfants - La Parisienne.pdf

 

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à propos d'enfants, lire aussi sur Bastamag :

BIOÉTHIQUE

Jacques Testart : « Demain, il n’y aura plus de limite au tri génétique »

19/03/2014 AGNÈS NOËL

sur le même sujet :

puberté précoce.pdf

voir aussi :

Pesticides et perturbateurs...

19/04/2014

Grossesse, médicaments, autisme

lu sur le Point :

Autisme : les antidépresseurs durant la grossesse de nouveau pointés du doigt

Lorsque les femmes enceintes prennent des antidépresseurs, les risques de troubles autistiques pour leur enfant seraient multipliés par trois, selon une nouvelle étude.

Le Point.fr - Publié le 18/04/2014 à 07:25

Par 

En France, un enfant sur cent naîtrait avec un trouble du spectre autistique. Aux États-Unis, ce serait désormais un enfant sur 68 qui serait concerné, d'après une récente étude soulignant une augmentation des cas de 30 % en deux ans. Alors que la prévalence de cette maladie augmente à un rythme inquiétant dans tous les pays occidentaux, les recherches se multiplient pour mieux la cerner et en comprendre les causes. Ainsi, le déclenchement ou la simulation des contractions pour accélérer l'accouchement ont été évoqués. De même, des liens avec les antécédents des parents comme l'âge du père, le diabète ou l'obésité de la mère ont été établis.

Dernièrement, plusieurs études mettent plus spécifiquement en évidence la période sensible de la grossesse, notamment lors des premiers mois, stade de développement précoce du cerveau. Il y a quelques semaines, le New England Journal of Medicine publiait effectivement une étude montrant que l'autisme serait lié à un développement prénatal anormal du cortex cérébral. D'autres explorations ont pu montrer que les carences durant la grossesse - Vitamine D, B9, notamment - ou l'exposition aux polluants semblent être des facteurs aggravants. Ainsi, une pollution atmosphérique aux particules de diesel peut doubler les risques de troubles autistiques chez l'enfant. De même avec des polluants comme le plomb ou le mercure dans des proportions toutefois moindres. 

Troisième trimestre

S'il est difficile de se prémunir contre certains polluants subis comme l'air ambiant que l'on respire, d'autres toxiques pourraient sans doute être évités ou du moins réduits. Une nouvelle étude américaine menée par l'université de California-Davis souligne une nouvelle fois les risques de certains antidépresseurs prescrits pour traiter la dépression durant la grossesse : les inhibiteurs de recapture de la sérotonine (Prozac, Deroxat, Paxil, Zoloft, Seroplex...). Près de 1 000 mères d'enfants âgés de 2 à 5 ans ont été interrogées sur l'utilisation de cette classe de médicaments quand elles étaient enceintes. L'équipe a constaté trois fois plus de cas d'autisme chez les garçons lorsque la mère avait suivi un traitement d'antidépresseurs. Le risque serait majoré lorsque l'exposition a lieu durant le premier trimestre de la grossesse. Les retards de développement semblent, quant à eux, plus directement corrélés à une exposition durant le troisième trimestre in utero. 

Ce n'est pas la première fois que la prise d'antidépresseurs durant la grossesse est pointée du doigt. Déjà en 2011, la revue Prescrire avait alerté sur les risques encourus pour les bébés des mamans sous traitement : doublement des cas d'autisme, troubles psychomoteurs ou encore syndrome de sevrage (agitation, troubles du sommeil). Une autre étude, danoise cette fois-ci, n'avait, quant à elle, pas trouvé de liens formels entre la prise des antidépresseurs durant la grossesse et les cas d'autisme mais avait, en revanche, repéré une augmentation de 46 % des troubles autistiques lorsque la mère avait pris des antidépresseurs avant la grossesse. Enfin en 2012, des chercheurs ont établi que même la faible présence d'antidépresseurs dans l'eau du robinet déclenchait chez les poissons l'expression de gènes directement associés à l'autisme.

Avant d'en arriver à un consensus scientifique, il faudra sans doute encore de nombreuses autres recherches. Cependant, par prudence, les femmes souffrant de dépression légère auraient intérêt à rechercher des traitements alternatifs plus doux comme la sophrologie, la relaxation ou la méditation durant la grossesse. Pour les cas de dépression sévère, il reste difficile de mesurer l'équilibre entre le bénéfice et le risque d'une prise d'antidépresseurs et c'est à chaque fois une question d'appréciation de la future maman et du médecin qui la suit.

04/03/2014

Le danger vient de l'Est (Au secours !)

lu sur Le Temps (Suisse) :

 

Après 30 000 ans dans le sol gelé de Sibérie, «Pithovirus» s’est avéré capable d’infecter son hôte de prédilection, l’amibe. Doit-on craindre que des microbes dangereux pour les humains reviennent à la vie?

BIOLOGIE Mardi 04 mars 2014

Pascaline Minet

La famille des virus géants s’agrandit encore: après Mimivirus et Pandoravirus découverts ces dernières années, Pithovirus sibericum a été décrit lundi par des scientifiques français et russes dans la revue PNAS . Presque aussi gros qu’une bactérie, ce virus était emprisonné dans un morceau de sol gelé (ou permafrost) issu de Sibérie et vieux de 30 000 ans. Malgré ce grand âge, Pithovirus s’est avéré capable d’infecter son hôte, une amibe, lors d’une expérience en laboratoire. De quoi susciter l’inquiétude de ses découvreurs, qui estiment que d’autres pathogènes potentiellement dangereux pour l’être humain pourraient émerger du permafrost.

Le premier virus dit «géant» a été découvert il y a dix ans par des chercheurs marseillais dans un système de climatisation en Angleterre. Nommé Mimivirus pour «Mimicking microbe virus», c’est-à-dire «virus imitant un microbe», il parasitait des organismes unicellulaires appelés amibes communes. Ces dernières années, d’autres virus géants, dont les Pandoravirus, ont été identifiés dans des milieux variés, allant de la vase au fond d’une mare australienne à des sédiments profonds situés au large du Chili.

Le principal point commun entre ces virus est leur grande taille: avec un diamètre supérieur à un demi-micromètre, ils sont visibles au microscope optique traditionnel, et ressemblent davantage à des bactéries qu’à des virus classiques. Par rapport à ces derniers, ils possèdent également un important bagage génétique. A titre d’exemple, un Pandoravirus peut renfermer jusqu’à 2500 gènes, quand un virus courant comme celui d’une grippe n’en contient que quelques dizaines.

Tous les virus ont besoin d’un hôte pour se reproduire: cellule animale ou végétale, bactérie… Dans le cas des virus géants identifiés jusqu’ici, il s’agit de l’amibe. Hors de leur cellule hôte, les virus se présentent sous la forme de particules inertes et peuvent demeurer à l’état dormant pendant de longues périodes, comme les graines des plantes. Une fois qu’ils ont infecté leur hôte, ils en détournent la machinerie cellulaire afin de se multiplier, ce qu’ils sont incapables de faire par eux-mêmes. 

Les chercheurs qui ont mis la main sur Pithovirus ne sont pas tombés dessus par hasard: leur laboratoire est à la pointe de la recherche de virus géants inconnus. Ils explorent pour cela différents types d’environnement qui leur semblent prometteurs. «Depuis que des scientifiques russes sont parvenus, l’année dernière, à faire germer une graine de plante conservée dans du permafrost vieux de 32 000 ans, nous supposions que des particules de virus pourraient aussi être préservées dans ce type d’environnement», relate Chantal Abergel, de l’Université française Aix-Marseille, l’une des auteurs de l’étude parue dans PNAS .

En collaboration avec une équipe russe, la biologiste et ses collaborateurs se sont donc procuré une portion de sol gelé depuis environ 30 000 ans, issu de l’extrême nord-est sibérien. Puis ils ont mis des échantillons de ce permafrost en contact avec l’hôte favori des virus géants, l’amibe. L’appât a fonctionné: certains des pauvres unicellulaires ont effectivement été infectés et ont péri. Des analyses ont alors montré que le coupable était un virus géant d’un type inconnu.

Baptisé par les chercheurs Pithovirus en raison de sa forme d’amphore («pithos» est un nom grec donné à un certain type d’amphores), le nouveau venu a un diamètre de 0,5 micron et une longueur de 1,5 micron, ce qui en fait un des plus grands virus jamais observés. Les biologistes ont d’abord cru qu’ils avaient affaire à une variété de Pandoravirus , car ceux-ci ont aussi une forme d’amphore. Mais l’analyse fine de son génome a montré que Pithovirus appartenait à une tout autre famille. En dépit de sa grande taille, il ne contient que quelques centaines de gènes, ce qui est peu pour un virus géant. Ce qui ne l’empêche pas d’être plus autonome par rapport aux outils cellulaires de l’amibe que les Pandoravirus , par exemple. «La découverte de Pithovirus suggère que la diversité des virus géants est bien supérieure à ce qu’on imaginait jusqu’à aujourd’hui», s’enthousiasme Chantal Abergel. 

«Ce qui est impressionnant, c’est que le virus a été assez bien préservé pour conserver sa capacité à se répliquer pendant des milliers d’années», s’étonne pour sa part Didier Trono, responsable du Laboratoire de virologie et génétique à l’EPFL. Doit-on craindre que d’autres microbes tapis dans les profondeurs du permafrost reviennent à la vie? C’est l’avis de Jean-Michel Claverie, co-découvreur de Pithovirus et également chercheur à l’Université Aix-Marseille: «Le réchauffement climatique et l’ouverture de nouvelles routes maritimes rendent envisageable le développement des activités minières dans les régions arctiques, ce qui va mettre un nombre croissant de personnes en contact avec un milieu nouveau, susceptible d’abriter des pathogènes.» Le scientifique pense en particulier au virus de la variole, éradiqué dans les années 1970, mais qui pourrait théoriquement subsister à l’état dormant dans le permafrost. «On sait, en tout cas, que la variole était active dans les régions sibériennes il y a 2000 ans», précise-t-il.-

«Le risque de mobiliser des virus lorsqu’on perturbe leur environnement existe effectivement, estime Didier Trono. C’est ce qui s’est produit avec le virus Ebola, qui a émergé lorsqu’on a défriché des pans de forêt tropicale jusqu’alors inviolée. Toutefois, il faut garder en tête que seul un petit nombre de virus sont dangereux pour l’être humain.»

Afin d’évaluer le danger, l’équipe marseillaise qui a découvert Pithovirus mène actuellement des analyses dites «métagénomiques» dans ses échantillons de permafrost, afin d’y rechercher les séquences génétiques de microbes connus. «Mais si nous y trouvons la trace de pathogènes potentiellement dangereux pour l’être humain, nous n’essaierons pas de les ressusciter comme nous l’avons fait avec Pithovirus», affirme Chantal Abergel.