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06/01/2016

De l'absurdité de la politique ...

à lire :

Les chiffres contenus dans le rapport sur « les comptes des transports en 2014 » sont préoccupants et montrent que la route continue de gagner des parts de marchés au détriment du rail tandis que la baisse du prix du pétrole risque d’accentuer cette tendance.

 
     

01/07/2015

L'accord sur les services : WikiLeaks publie l'avant projet

à lire sur MEDIAPART :

L'accord sur les services (TISA) est le complément du traité transatlantique. Sans WikiLeaks, il serait encore secret. Son objet : démanteler toutes les barrières, mettre à terre tous les services publics. WikiLeaks publie un avant-projet discuté en avril 2015.

20/06/2015

Le projet de ligne grande vitesse Montpellier – Perpignan : à combattre !

 communiqué : 

AGGLO THAU -

Projet de ligne grande vitesse Montpellier – Perpignan Une lourde erreur

« L’Observatoire du Pays de Thau » confirme qu’il reste très préoccupé par le projet LGV pour lequel la SNCF, le Conseil Régional et d’autres font le forcing

à lire sur : 

extraits :

« L’Observatoire du Pays de Thau » confirme qu’il reste très préoccupé par le projet LGV pour lequel la SNCF, le Conseil Régional et d’autres font le forcing.

Au demeurant, le Conseil Régional Languedoc Roussillon, à travers son représentant à la réunion récente de Poussan, a montré, à l’instar du dossier « Hinterland », qu’il avait l’art de soutenir des projets sans se soucier de l’environnement.

Les informations données par la SNCF sur le trajet sont consternantes : abimer encore un peu plus le Massif de la Gardiole, ériger un viaduc de 30 mètres de haut sur le site historique d’Issanka, passer à proximité de l’étang de Thau, zone vulnérable, s’il en est, aux herbicides épandus le long des voies, …

Oui, nous défendons fermement, sur notre coin de Languedoc, la qualité de l’eau, la faune, la flore. Pourquoi élaborer des Plans de gestion couteux quand on voit ce qu’il en advient ?

...

Et qu’on ne nous dise pas qu’il s’agit de l’intérêt général !

La cour des comptes, dans un rapport d’octobre 2014, a clairement posé ce qu’était aujourd’hui le TGV : très cher et peu cohérent. De plus, l’utilisation de cette nouvelle voie pour les marchandises parait aléatoire.

Le maillage de chemin de fer en France est sacrifié, les trains Intercités sont trop souvent supprimés. Le « tout autocar » préconisé maintenant est-il une solution sur nos routes encombrées et dangereuses ? Certainement pas.

Mais le projet TGV est effarant avec la construction de la gare de la « Mogère » à l’extérieur de Montpellier. Ainsi, par exemple, à terme, les usagers du bassin de Thau devront prendre le TER à Sète puis le tramway, de Saint Roch à la Mogère, ligne qui n’est pas encore prévue dans les cartons ! Est-il convenable de gagner un quart d’heure à Très Grande Vitesse et de perdre une heure dans la recherche du parking ? les correspondances ?

...

Et nos élus locaux ?

Ils se sont empressés (pas tous !) de donner leur accord.

Avaient-ils tout mesuré ? Sans doute pas. Certains paraissent gênés maintenant.

Ils peuvent encore se ressaisir, d’autant que la plupart ont donné leur accord sans consulter la population.

...

02/06/2015

Europe de "la concurrence libre et non faussée" : démantèlement de la SNCF

à lire sur le site de MEDIAPART :

En route vers le démantèlement de la SNCF
PAR MARTINE ORANGE

Le rapport parlementaire sur les trains interrégionaux n’est pas là pour résoudre la situation honteuse d’une partie des transports ferroviaires. Les transports régionaux sont appelés à « servir de terrain d’expérimentation à l’ouverture à la concurrence », selon lui. À terme, c’est la fin de toute politique d’aménagement du territoire et le démantèlement d’un des derniers services publics français. Pour le seul bénéfice de la route.

02/03/2015

Les sénateurs UMP votent la réintroduction des coupures d’eau

Lu sur 

France Libertés

www.france-libertes.org/
 

L’amendement présenté par M. Christian CAMBON dans le cadre de la loi sur la transition énergétique pour modifier la loi Brottes et autoriser de nouveau les coupures d’eau en France a été adopté au Sénat le 19 février par 196 voix pour et 138 contre.

LIRE LA SUITE

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L’amendement présenté par M. Christian CAMBON dans le cadre de la loi sur la transition énergétique pour modifier la loi Brottes et autoriser de nouveau les coupures d’eau en France a été adopté au Sénat le 19 février par 196 voix pour et 138 contre.
Les coupures d’eau pour impayé sont illégales toute l’année depuis le décret d’application de la loi Brottes en février 2014. Depuis près d'un an, la Fondation France Libertés et la Coordination Eau Ile de France appuient les personnes démunies victimes de coupures d'eau illégales. Dans ce combat, nous avons gagné à 4 reprises devant les tribunaux. Les ordonnances de jugement confirment notre interprétation de la loi Brottes et sa lecture doit être définitivement éclairée en mars 2015 par la Cour de Cassation dans le cadre d'une Question Prioritaire de Constitutionnalité déposée par la Saur.
 
En parallèle, le Sénateur Cambon a déposé un amendement pour modifier la loi Brottes et notamment l'article L115-3 du code social et des familles afin de ré-autoriser les coupures d'eau en France. Or le sénateur Cambon est un émissaire influent des multinationales de l'eau au Sénat. Il est Vice-Président du Sedif, dont le délégataire est Veolia, et Gouverneur du Conseil Mondial de l'Eau, dont l'ancien président est Loïc Fauchon, PDG de Veolia Marseille. Le Sénateur est aussi Maire de Saint Maurice dans le Val-de-Marne et son second adjoint, Monsieur Igor Semo est lobbyiste en chef de la Lyonnaise des Eaux, filiale de Suez Environnement
L’amendement était soutenu par les députés UMP et critiqué par le groupe PS et l’ensemble des partis de gauche. Cependant, la Ministre Ségolène Royal s’est déclaré favorable à ce changement législatif qui va pourtant permettre de continuer les abus dont sont victimes les plus démunis. Le gouvernement défend des pratiques immorales et inhumaines, une position au profit des distributeurs d’eau.
Le sénateur Cambon a argumenté l’amendement avec de multiples approximations et erreurs (voir notre analyse détaillée du débat), oubliant l’essentiel du service public : l’accès à l’eau pour tous.
France Libertés continue son combat avec le soutien de nombreux députés au sein de l’Assemblée nationale pour le rejet de cet amendement, quel que soit l’avis du gouvernement, avec l'espoir qu'une loi votée au profit de tous soit respectée et non réécrite au profit de quelques-uns.

20/02/2015

La recherche médicale

Voici un livre à lire absolument, décrivant de l'intérieur les rouages de la recherche scientifique en France, en particulier dans le domaine médical, toujours d'actualité !

(et je sais de quoi je parle !)

Livre: Ma vérité sur la « mémoire de l'eau » - Jacques Benveniste ...

www.albin-michel.fr/Ma-verite-sur-la-memoire-de-l-eau--EAN= 9782226158772

Jacques Benveniste restera l'homme d'une polémique. Dans laquelle il aura tout gagné. Et tout perdu. 

un extrait :

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10/02/2015

EDF et l'évasion fiscale : comment un groupe public peut-il tricher ?

communiqué :

Fiscalité : le gouvernement somme EDF de clarifier sa situation (Le Figaro)
http://www.lefigaro.fr/societes/2015/02/08/20005-20150208ARTFIG00086-optimisation-fiscale-le-gouvernement- 

Vidéo Révélations sur les méthodes d’optimisation fiscale d’EDF (Info France 2)
http://www.francetvinfo.fr/economie/entreprises/info-france-2-revelations-sur-les-methodes-doptimisation-fiscale-dedf_768541.html 

EDF effectuerait de l'optimisation fiscale (BFM Business)
http://bfmbusiness.bfmtv.com/entreprise/edf-effectuerait-de-l-optimisation-fiscale-851665.html 


Paradis fiscaux : Sapin veut des groupes publics "exemplaires" après les révélations de France 2 sur EDF (Francetv info) 
http://www.francetvinfo.fr/economie/impots/paradis-fiscaux/paradis-fiscaux-sapin-veut-des-groupes-publics-exemplaires-apres-les-revelations-de-france-2-sur-edf_769507.html 

Évasion fiscale - Le hold-up du siècle (Arte) 
http://future.arte.tv/fr/sujet/evasion-fiscale 

Les paradis fiscaux coûtent à la France 60 à 80 milliards d'euros par an (Le Monde)
http://www.lemonde.fr/economie/article/2013/10/09/les-paradis-fiscaux-coutent-a-la-france-60-a-80-milliards-d-euros-par-an_3492428_3234.html 

15/12/2014

L'asservissement de la science aux impératifs de firmes industrielles mondialisées

lu dans la revue de presse de l'INSERM :

« Science et industrie, des liens toxiques pour la santé ? »

Francis Judas, syndicaliste, intervenant amiante pour plusieurs structures de la CGT, Annie Thébaud-Mony, sociologue, directrice de recherches honoraires à l’Inserm, et Benoît Vallet, directeur général de la santé (DGS), répondent dans L’Humanité à la question : « Science et industrie, des liens toxiques pour la santé ? ».    

Annie Thébaud-Mony dénonce notamment « l’asservissement de la science aux impératifs de firmes industrielles mondialisées », explique le quotidien.

Selon la chercheuse, « une véritable recherche publique sur fonds publics en santé publique » doit être « restaurée ». Benoît Vallet souligne, quant à lui, que « le plan national santé environnement 3 (PNSE 3), qui vient d’être rendu public (…), consacre un chapitre à la prévention des cancers en relation avec des expositions environnementales ».

L’Humanité, 12/12

14/11/2014

France : "Maintient de l'ordre" en Démocratie ...

Mais de quel ordre s'agit-il ? Et quelle Démocratie ?

à lire :

Cazeneuve interdit définitivement les grenades offensives

Mediapart -

extraits :

Après les révélations de Mediapart et du Monde sur la mort de Rémi Fraisse, le ministre de l’intérieur annonce l’interdiction des grenades offensives par les gendarmes dans les opérations de maintien de l’ordre. Un rapport montre l'usage massif et ciblé de ces grenades lors des émeutes contre la vie chère à Mayotte, puis sur des conflits environnementaux à NDDL et Sivens.

...Ce rapport, mis en ligne jeudi soir, souligne « la spécificité française, seule nation d'Europe à utiliser des munitions explosives en opération de maintien de l'ordre avec l'objectif de maintenir à distance les manifestants les plus violents ». ...

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et aussi :

La dérive du maintien de l'ordre

France Inter -

03/09/2014

Chômage : ce qu'il faut savoir sur Pôle Emploi

1 ) Pôle emploi est géré par le privé ; voir sur MEDIAPART :

www.mediapart.fr/journal/economie/280610/pole-emploi-le...

30 JUIN 2010 |  PAR MATHIEU MAGNAUDEIX

Il y a un an (2009), Pôle Emploi confiait la gestion de 320.000 chômeurs au secteur privé. Certains sous-traitants, confortés par le fisc, n'ont pas payé la TVA. Des concurrents crient à la«distorsion de concurrence». Le patron de Pôle Emploi se défend mais reconnaît «un certain foutoir».

2)  Chômage : ce qu'il faut savoir sur le contrôle de la recherche d'emploi

Le Point - Publié le 03/09/2014 à 17:31

Pôle emploi préparerait le déploiement au niveau national d'un nouveau dispositif de contrôle de la recherche d'emploi. Qu'en est-il vraiment ?

 

19/03/2014

Histoire et transformations numériques dans l'enseignement supérieur et la recherche

 

communiqué :

Séminaire de recherche Fichet-Heynlin
Séance n°4 : 
26 mars 2013 (16h30-18h30)

Histoire et transformations numériques
dans l'enseignement supérieur et la recherche


Inscription gratuite mais obligatoire : en salle / à distance



Questions et débat avec :

Deux questions préliminaires aux deux invités pour ouvrir le débat :

Quelles sont à votre avis, en histoire, les transformations les plus importantes, liées au numérique, modifiant le processus (données, traitements, éditions, pédagogies, valorisations) allant de la recherche à ses diffusions pédagogiques et publiques ?

Quelles sont, à votre avis, les spécificité des disciplines historiques (vis à vis d'autres disciplines que vous connaîtriez dans le domaine des arts, lettres et            sciences humaines), dans le rapport aux transformations numériques des pratiques de recherche et d'enseignement ?

 Pour leur poser vos questions et suivre le séminaire à distance (AdobeConnect):

Inscription préalable obligatoire http://www.reseau-terra.eu/article1309.html

Écritoire collectif pour poser vos questions http://lite2.framapad.org/p/semFH4

Connexion : https://universiteparis.adobeconnect.com/semnumesr/

Lieu : Paris 1 / Centre PMF, 90, rue de Tolbiac 75013 Paris, Métro Olympiades, 8ème étage salle A 802

Séminaire de recherche FICHET-HEYNLIN (2013-2014)

Quels sont les effets des changements numériques sur les métiers et l'organisation 
universitaire ?
 Que sait-on des usages du numérique par les étudiants et enseignants selon les 

établissements et les pays ?

Resp.: Sophie Poirot-Delpech, Jérôme Valluy, Julien Vincent

Un séminaire public organisé par le réseau scientifique Numer-Univ avec le soutien du Service Usages numériques de l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne


En 1470, vingt ans après les premières impressions de Gutenberg, la Sorbonne, sous l'impulsion de Guillaume Fichet et Johann Heynlin, ouvre un atelier d'imprimerie pour mettre à disposition des étudiants et professeurs des ouvrages remplaçant les manuscrits rares et défectueux des copistes. En 2006 est créé à l'Université Panthéon-Sorbonne (Paris 1), comme dans d'autres établissements, un service des Technologies de l'Information et de la Communication pour l'Enseignement (TICE) qui met à disposition des étudiants et professeurs les outils numériques, pédagogiques et éditoriaux, caractéristiques des évolutions universitaires à l'ère de l'Internet. L'objet du séminaire FICHET-HEYNLIN est d'étudier les multiples aspects que cette révolution numérique produit dans l'activité et le fonctionnement des universités en favorisant la diversité des regards disciplinaires (sur le domaine des arts, lettres, droit, sciences humaines et sociales), le pluralisme intellectuel des points de vue (eco-managérial, technophile, pédagogique, professionnel, social, technophobe...) et les regards critiques favorables à une construction prudente et raisonnée des avancées dans ce domaine, à distance des enthousiasmes technophiles dominants de l'époque mais aussi des réactions technophobes. Une attention particulière sera prêtée aux travaux déjà nombreux sur les usages du numérique dans les établissements universitaires ainsi que sur les enjeux internationaux des relations inter-universitaires.

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Séance n°1 (8 octobre 2013) :
Séance inaugurale : Problématique, organisation et programmation du séminaire

    Vidéo en téléchargement : http://www.reseau-terra.eu/article1294.html

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Séance n°2 (13 novembre 2013) :
Transformations du métier "recherche & enseignement" à l'ère numérique

    Vidéo en téléchargement : http://www.reseau-terra.eu/article1298.html

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Séance n°3 (18 décembre 2013) :
Littérature et transformations numériques dans l'enseignement supérieur et la recherche

    Vidéo en téléchargement : http://www.reseau-terra.eu/article1303.html


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Séance n°4 (26 mars 2014) :
Histoire 
et transformations numériques dans l'enseignement supérieur et la recherche

    Inscriptions : http://www.reseau-terra.eu/article1309.html

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Contacts :

Numeruniv : http://www.reseau-terra.eu/article1266.html

<mime-attachment.gif> Sophie Poirot-Delpeche Sophie.Poirot-Delpech@univ-paris1.fr 
<mime-attachment.gif> Jérôme Valluy jerôme.valluy@univ-paris1.fr 
<mime-attachment.gif> Julien Vincent Julien.Vincent@univ-paris1.fr

03/02/2014

Le saviez-vous ? La SNCF investit dans le covoiturage

lu sur :

Les Echos N°21517 du 09 Septembre 2013 
  Page n° 20 
La SNCF passe à la vitesse supérieure dans le covoiturage

&bull;La compagnie a racheté le site 123envoiture.com, dans lequel elle avait déjà investi en 2009.&bull;Elle table sur de nombreuses synergies possibles.

Le marché du covoiturage entre particuliers se développe et la SNCF a décidé d'en devenir un acteur à part entière. En 2009, l'établissement public avait déjà pris, par le biais de son fonds d'investissement Ecomobilités Partenaires, une participation de 20 % dans Green Cove, société éditrice de 123envoiture.com, un site spécialisé dans ce service en plein boom. Selon nos informations, la SNCF est passée à la vitesse supérieure cet été en prenant le contrôle à 100 % de Green Cove, à travers Ecolutis, une société positionnée elle aussi sur le covoiturage, mais à destination des entreprises souhaitant mettre en place une offre pour leurs salariés. Agnès Ogier, directrice marketing de SNCF Voyages, est désormais présidente de Green Cove et d'Ecolutis. Interrogée, la SNCF s'est refusée à commenter ces informations.
En investissant dans le covoiturage, la compagnie ferroviaire démontre une nouvelle fois qu'elle n'a pas peur d'investir dans des moyens de locomotion qui font concurrence à son fonds de commerce traditionnel, le train. Quitte à faire grincer des dents chez ses concurrents du secteur privé. L'an dernier, la SNCF a ainsi lancé iDBUS pour ne pas laisser Eurolines (groupe Transdev), l'acteur historique du marché, profiter seul de l'ouverture partielle du transport par autocar sur les liaisons domestiques. Elle propose aujourd'hui 5 allers-retours quotidiens en bus entre Paris et Lyon, et 11 entre Paris et Lille.

L'investissement dans le covoiturage relève sans doute de la même logique : la SNCF préfère être présente sur un marché en plein essor (« Les Echos » du 18 juillet), même si celui-ci risque de détourner des clients du train, plutôt que de se laisser enfermer, et ringardiser, sur son métier de base. Restera à gérer ensuite les risques potentiels de cannibalisation.

« Acteur global de mobilité »

L'entreprise devra également redynamiser sa nouvelle acquisition, qui semble un peu en sommeil : 123envoiture.com revendique « 400.000 membres inscrits et près de 200.000 trajets », mais seules trois évaluations des conducteurs par les passagers sont visibles sur la page de garde pour le mois d'août. En comparaison, Blablacar, qui s'est imposé comme le leader du secteur en France, annonce 3 millions de membres en France, 4.000 inscriptions par jour. Le succès du site s'est bâti sur les trajets longue distance, ce qui le pose en rival du TGV (lire ci-contre).
123envoiture.com pourra toutefois compter sur la puissance de feu de son nouvel actionnaire pour doper sa visibilité et atteindre la taille critique en nombre d'inscrits, donnée majeure pour le bon fonctionnement des sites de covoiturage. Les synergies potentielles semblent également nombreuses avec les autres filiales du groupe SNCF, en particulier Keolis, qui exploite de nombreux réseaux de transport urbain en France. Effia, dédié au stationnement et à la gestion des parkings, semble lui aussi un partenaire tout indiqué. De quoi pour la SNCF s'affirmer encore un peu plus comme « acteur global de mobilité ».
 

Nicolas Rauline Lionel Steinman

16/01/2014

VEOLIA et les coupures d'eau autoritaires

lu sur :

PAR SOPHIE CHAPELLE 15 JANVIER 2014

Licencié par Veolia pour avoir refusé de couper l’eau aux usagers, un salarié a décidé d’engager une procédure devant le conseil des Prud’hommes. L’audience est fixée au 16 janvier à 14h au Palais de justice d’Avignon. En avril 2013, Marc, employé depuis 20 ans chez Veolia Eau à Avignon, reçoit une lettre de licenciement. Motif ? « Refus de mettre en œuvre les fermetures de branchements faisant suite aux non-paiements des factures ». Ce technicien au service clientèle aurait contrarié, entre 2006 et 2013, la coupure de près d’un millier de branchements d’arrivée d’eau.

« Il se refusait à couper l’eau, il préférait négocier avec les familles et trouver d’autres solutions comme des échelonnements de paiement », indique Thierry Lapoirie, secrétaire général de l’Union locale CGT Pays d’Avignon contacté par Basta !« Il n’a jamais été mentionné ni dans son contrat de travail ni dans sa fiche de poste qu’il devait couper l’eau », ajoute le syndicaliste. Ce que dément Bruno Chaloin, responsable Veolia pour le secteur Gard-Lozère-Alpes-Provence : « Sur sa fiche de poste, il y a cette mission [de coupure de branchements] et nous sommes une société avec des règles. On ne choisit pas les tâches qu’on a envie d’effectuer ».

Des coupures non réglementaires ?

« Ces coupures concernent des personnes mauvais payeurs », et non des foyers en difficultés, a par ailleurs précisé le responsable de Veolia. La décision de couper l’eau aux usagers relevait « d’une procédure conforme à la réglementation ». Un avis que ne partage pas le Collectif des usagers de l’eau du Grand Avignon. « Veolia coupe l’eau aux usagers sans discernement », confie Marcelle Landau, présidente du Collectif, à Basta !Nous avons recueilli plusieurs témoignages d’usagers montrant que Veolia ne respecte pas la législation sur les coupures et intervient sans respect des délais, mettant les abonnés devant le fait accompli ».

Selon le décret du 13 août 2008, une lettre de rappel doit être envoyée au consommateur qui doit être avisé de la coupure au moins vingt jours à l’avance. « Le fait de pouvoir couper l’eau donne un pouvoir exorbitant à Veolia. Ils mettent les gens à genoux, c’est intolérable ! L’eau n’est pas une marchandise », déplore Marcelle Landau. Dans les faits, une coupure puis une réouverture sont chacune facturées 40 euros. Selon Veolia-Eau, environ 500 personnes ferait l’objet chaque année de coupure d’eau dans une ville comme Avignon qui compte 45 000 foyers abonnés.

Le technicien rebelle d’ErDF non licencié

L’audience aux Prud’hommes le 16 janvier est publique. Un appel à mobilisation a été lancé par l’union locale CGT, soutenu par le Front de gauche d’Avignon et le Collectif des usagers de l’eau. « Nous demandons en priorité la réintégration sans conditions du salarié », précise la CGT. Une pétition intitulée « viré pour le droit à l’eau » est également en ligne, et une autre pétition du Collectif des usagers de l’eau est téléchargeable ici [1]. Cette affaire fait écho à celle de Jef Duval, agent d’ErDF syndiqué à la CGT, menacé de licenciement en 2012 pour avoir refusé de couper l’électricité chez des ménages pauvres (lire notre article). Au terme d’une forte mobilisation, le licenciement de l’agent d’ErDF n’a finalement pas été prononcé.

[Mise à jour le 16 janvier 2014] L’audience a été reportée à une date encore non définie.

P.-S.

Voir le dossier sur Veolia Environnement

21/04/2013

AVC : pour une meilleure organisation de la prise en charge

lu sur :

http://www.lemonde.fr/sciences/article/2013/04/20/vers-la-fin-de-la-malediction-du-week-end-pour-les-avc_3163015_1650684.html

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Vers la fin de la malédiction du week-end pour les AVC ?

LE MONDE SCIENCE ET TECHNO | 20.04.2013 à 17h12

Par Sandrine Cabut

C'est une conséquence du week-end dont les patients se passeraient bien. Ces dernières années, plusieurs études ont établi que les accidents vasculaires cérébraux (AVC) survenant en fin de semaine ou un jour férié sont plus meurtriers que ceux se déclarant un jour ouvrable. 

Cet "effet week-end", constaté aussi pour les infarctus du myocarde, relèverait de plusieurs causes : moindre accessibilité à des services spécialisés ces jours-là, prise en charge de moins bonne qualité du fait d'effectifs hospitaliers réduits, et peut-être formes plus sévères. Mais le constat n'est pas irrémédiable, comme le montre une étude française, publiée le 3 avril en ligne dans la revue European Journal of Neurology. Les effets délétères du week-end et des jours fériés sur la mortalité précoce des AVC disparaissent complètement lorsqu'est mise en place une organisation vouée à la prise en charge de ces pathologies, concluent Yannick Béjot (neurologue au CHU de Dijon) et ses collègues.

A la base de leur travail, les données du Registre dijonnais des accidents vasculaires cérébraux, qui collecte de façon exhaustive depuis 1985 tous les AVC survenant dans cette ville de 150 000 habitants.

Au total, 5 864 cas ont été recensés entre 1985 et 2010, dont 25 % sont survenus pendant un week-end ou un jour férié. Les caractéristiques et la gravité de ces accidents vasculaires se sont révélées comparables, qu'ils se déclarent un jour de semaine ou non ouvrable.

Les chercheurs ont ensuite comparé le devenir des patients selon qu'ils ont été pris en charge avant ou après 2004. C'est en effet à partir de cette date qu'à Dijon la prise en charge des AVC s'est structurée autour d'une filière de soins, avec création d'une unité hospitalière spécialisée, dite neurovasculaire.

Les résultats sont démonstratifs. Dans la première période (entre 1985 et 2003), la mortalité trente jours après l'AVC était en moyenne à 14 % si celui-ci était survenu un jour ouvrable, à 18 % s'il s'était déclaré un jour férié ou de week-end. Entre 2004 et 2010, ce taux de mortalité est évalué à 8,3 %, quel que soit le jour de survenue de l'AVC.

Filière spécialisée

"Notre étude permet deux types de conclusions, explique Yannick Béjot. D'une part, elle confirme que le pronostic vital des accidents vasculaires cérébraux s'améliore ces dernières années, une évolution due notamment au meilleur état de santé des patients. D'autre part, elle montre que l'injustice de la surmortalité du week-end peut être combattue par une meilleure organisation de la prise en charge."

A Dijon, la création de la filière spécialisée a augmenté sensiblement le nombre de patients traités par fibrinolytiques. Ces médicaments, qui permettent de dissoudre le caillot, sont un facteur essentiel du pronostic des AVC. Ils doivent être administrés dans les quatre heures trente suivant l'accident.

"C'est tout à fait le type de données qui viennent à l'appui de la volonté du plan gouvernemental d'organiser la prise en charge des AVC sur le territoire, commente le professeur Mathieu Zuber, chef du service de neurologie du groupe hospitalier Saint-Joseph (Paris) et ancien président de la Société française neurovasculaire. Ce plan prévoit la création de 140 unités neurovasculaires d'ici à 2014, nous en sommes actuellement à environ 120."

Une autre étude, également publiée en ligne dans European Journal of Neurology, a, elle, évalué le coût de prise en charge des AVC en France. Selon Karine Chevreul (hôpital Henri-Mondor, Créteil), il s'élevait au total à 5,3 milliards d'euros en 2007, avec un coût moyen de l'ordre de 17 000 euros par patient la première année.

14/04/2013

Les conditions de travail à "La Poste"

lu sur:

http://www.lemonde.fr/economie/article/2013/04/02/a-la-poste-en-depit-du-grand-dialogue-les-suicides-continuent_3150906_3234.html

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A La Poste, en dépit du "Grand Dialogue", les suicides ...

LE MONDE | 02.04.2013 à 15h10 • Mis à jour le 02.04.2013 à 15h20

Par Francine Aizicovici

La série noire continue à La Poste. Une nouvelle tentative de suicide a eu lieu au sein du groupe public et le comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) des services de maintenance, qui s'est tenu jeudi 28 mars, a ouvert une enquête.

Les faits concernent un technicien du centre de Lisses (Essonne). Samedi 16 mars, celui-ci a avalé, à son domicile, des médicaments. "Cela l'a plongé 48 heures dans le coma", indique Régis Blanchot, administrateur du syndicat Sud à La Poste. Les jours de ce salarié, toujours hospitalisé, ne sont plus en danger.

"A son réveil, précise le syndicaliste, notre collègue a mis en cause la responsabilité de l'entreprise". Il a évoqué "l'attitude de son responsable et la baisse de sa notation annuelle", intervenue, par ailleurs, quelques jours après qu'il a subi une agression durant son travail. Cette accumulation d'événements l'aurait conduit à accomplir son geste suicidaire.

Ces deux derniers mois, La Poste a eu connaissance, au total, de deux suicides ; et deux salariés ont aussi tenté de mettre fin à leurs jours. "Une catastrophe humaine se développe", assure Bernard Dupin, administrateur CGT, premier syndicat de l'entreprise.

Un peu plus de six mois après le "Grand Dialogue", initié par la direction, et la remise du rapport rédigé par Jean Kaspar – ancien secrétaire général de la CFDT –, qui dressait un constat noir sur le climat social à La Poste et préconisait des pistes d'action, tout serait-il donc à reprendre ?

Jean-Paul Bailly, le président du groupe public, avait en effet confié, en mai 2012, à M. Kaspar, la tâche de mener ce "Grand Dialogue" avec les agents après le suicide, sur leur lieu de travail en Bretagne, en février et mars 2012 de deux cadres, précédés d'un autre suicide, en septembre 2011, au centre financier de Paris.

Après la remise du rapport Kaspar, La Poste avait annoncé l'ouverture de négociations avec les syndicats afin de mettre en œuvre "l'ensemble de [ses] préconisations". A commencer par le recrutement de 15 000 personnes sur la période 2012-2014, au lieu des 10 000 initialement prévues.

"RÉORGANISATIONS PERMANENTES"

Le 22 janvier, un accord sur la qualité de la vie au travail, reprenant les recommandations du rapport, a été signé par les syndicats FO, CFDT, CGC-UNSA, et CFTC. Ce texte prévoit dix-sept mesures immédiates comme le remplacement des salariés absents, l'expérimentation du travail avec deux jours de repos consécutifs (les facteurs travaillent actuellement six jours sur sept), la mise en place d'un millier de responsables en ressources humaines de proximité...

Un dispositif d'alerte pour les syndicats si des règles ou des accords ne sont pas respectés a aussi été créé. Autre point : "la gestion du changement ", souligne Sylvie François, directrice des ressources humaines (DRH). Désormais, une étude d'impact sur les postiers doit être réalisée en amont de chaque réorganisation.

L'accord prévoit aussi, sur l'année, une série de chantiers de négociations. Le premier porte sur "l'organisation et les conditions de travail", précise Mme François. "Nous avons une absolue nécessité de progresser", assure la DRH.

Mais pour M. Dupin, le "Grand Dialogue" et les chantiers de négociation ne sont que "de la communication, de l'enfumage. Rien n'a changé depuis le rapport." Après une pause des réorganisations, celles-ci ont "repris de plus belle", disent plusieurs syndicalistes, "comme s'il fallait rattraper le temps perdu."

Aujourd'hui, poursuit M. Dupin, "c'est la même politique de suppressions de postes, de management par le stress, de réorganisations permanentes sans consulter les postiers, qui continuent de perdre leurs repères."

"LE GOUVERNEMENT EST ABSENT"

"Comme beaucoup de mes collègues, je viens travailler à reculons, confie une élue CGT au CHSCT du centre financier de Paris. Je n'ai plus aucune marge de manœuvre dans mes tâches. Je suis confrontée à des changements permanents de procédures, de logiciels. On renvoie au personnel une image négative de lui-même. Beaucoup de mes collègues n'attendent qu'une chose : des mesures de départ anticipées."

Selon M. Dupin, les suicides résultent "d'une stratégie à la hache menée depuis des années au nom de la rentabilité." Stratégie qui, avance-t-il, doit être changée. "Mais le gouvernement est absent. Il doit sortir de son mutisme et demander que tout soit mis sur la table pour comprendre pourquoi il y a eu tous ces suicides."

Alain Barrault, secrétaire national de la fédération CFDT de La Poste, observe lui aussi, la reprise accélérée des réorganisations. La CFDT n'est cependant "pas favorable à leur arrêt total", mais demande "de la transparence, respecter les dispositions de l'accord."

Pourtant, M. Brault semble confiant. "Nous n'avons jamais eu autant de rapport de force en notre faveur, parce que la direction, confrontée à des actes de désespérance, a peur que le climat s'envenime. Il faut en profiter pour faire avancer les choses" dans les négociations à venir, indique-t-il.

Lire aussi : Ilma Choffel se bat pour une prise en charge du burn-out

Ilma Choffel de Witte est l'épouse de Nicolas Choffel, ce cadre supérieur de La Poste, qui, à 51 ans, s'est donné la mort par pendaison, chez lui, le 25 février. Il était en arrêt maladie pour burn-out – épuisement professionnel – depuis trois semaines.

Ilma Choffel se bat pour une prise en charge du burn-out.pdf

21/03/2013

Soyez intelligent: réfléchissez avant d'accepter un "compteur intelligent"

communiqué :

Compteurs dits "intelligents" - analyse de Robin des Toits - suite 2 : action
 
Pour répondre à un grand nombre d'entre vous, le 14 Janvier 2013, l'association nationale Robin des Toits transmettait des informations sous la rubrique : " Compteurs dits "intelligents" - analyse de Robin des Toits ", accompagnées de 9 pièces jointes.
 
La situation n'a pas évolué à ce jour. Aucune loi n'impose encore l'implantation de ce type de compteur, mais le lobby industriel oeuvre fiévreusement auprès du gouvernement sous prétexte "d'économie verte et durable".
 
Ainsi que vous le savez déjà, il est stipulé sur la liste d'exclusion de votre contrat d'assurance de la responsabilité civile, que vous n'êtes pas assuré(e)(s) contre  "les dommages de toute nature causés par les champs et ondes électromagnétiques".
 
Aussi nous semble-t-il important de vous conseiller une action logique à mettre en place par chacun de ceux qui se trouvent dès maintenant confrontés à la pose de ce type de compteur, à savoir :
 
1°- par lettre recommandée avec A.R., demander à son opérateur la documentation technique détaillant toutes les caractéristiques du fonctionnement technique dudit compteur.
Attention ! par la "réclame" marketing du produit - mais la notice des caractéristiques techniques - nettement moins séduisante à lire.
Le principe étant d'obtenir en clair que leur compteur fonctionne en utilisant les ondes radio.
 
2°- par lettre recommandée avec A.R., envoyer cette notice des caractéristiques techniques dudit compteur à votre Compagnie d'Assurance habitation et de la responsabilité civile, leur demandant de vous confirmer par écrit si - malgré la liste d'exclusion dans votre contrat - la Compagnie assure le risque de ce type d'appareil installé dans votre habitation et sous quelle(s) condition(s).
 
Dans l'attente de la réponse de votre Compagnie d'Assurance :
- n'acceptez aucune installation,
- ne signez aucun document venant de votre opérateur.
 
La suite de l'action découlera de la formulation de réponse de votre Compagnie d'Assurance.
 
2 pièces jointes :
- avenant modifiant les conditions de votre contrat d'assurance de la responsabilité civile
- article LE FIGARO économie du 19/02/2003 "Les assureurs se désengagent"

VOIR LES FICHIERS JOINTS :
 
--------------
Marc CENDRIER
Chargé de l'Information Scientifique
ROBIN DES TOITS
Correspondance : 33 rue d'Amsterdam 75008 Paris
Tél. : 33 1 47 00 96 33
Permanences téléphoniques :
- le matin entre 8h00 et 9h00 (sauf samedi et dimanche matin)
- le soir entre 21h00 et 22h00
E-mail : contact@robindestoits.org
 

26/01/2013

Vers une privatisation du patrimoine public des bibliothèques

lu sur :

http://www.liberation.fr/medias/2013/01/24/bientot-expropries-du-patrimoine-commun_876517

Bientôt expropriés du patrimoine commun ? - Libération

24 janvier 2013 à 19:26
Par Philippe Aigrain cofondateur de La Quadrature du Net, Mélanie Dulong de Rosnay chercheuse à l’ISCC-CNRS et membre du CA de l’association internationale COMMUNIA et Daniel Bourrion conservateur des bibliothèques, Lionel Maurel bibliothécaire, qui a rédigé une proposition de loi sur le domaine public
Libération

Les œuvres du domaine public ne sont pas un rebut, laissé pour compte dans les réserves des bibliothèques : il s’agit d’un patrimoine qui appartient à la communauté humaine universelle. Les bibliothèques, et en particulier les bibliothèques nationales, n’en sont pas les propriétaires, elles en sont les gardiennes. La numérisation porte la promesse de rendre ce patrimoine commun utilisable par tous, sans aucune contrainte portant sur son accès et son usage.

 
 

Or voici que la vogue des partenariats public-privé, dont l’inspection des finances vient de dénoncer l’inefficacité économique et le mauvais usage de l’argent public pour les hôpitaux ou palais de justice, s’empare de la numérisation du domaine public. Au lieu d’utiliser la part numérisation du grand emprunt pour enrichir le domaine public numérisé librement accessible et utilisable, l’ancien gouvernement avait alors fait le choix d’un usage systématique des partenariats public privé. Dès septembre 2011, l’un des signataires de cette tribune avait fait valoir à Bruno Racine, président de la Bibliothèque nationale de France que des partenariats incluant des clauses d’exploitation exclusive constitueraient une privatisation du domaine public. Robert Darnton, qui dirige la bibliothèque de Harvard et la Digital Public Library of America a exprimé également un rejet constant de l’idée de créer des droits de distribution exclusive sur les œuvres numérisées du domaine public. Tout le monde s’attendait à ce qu’une telle absurdité soit écartée par le nouveau gouvernement. De nombreux projets de mise à disposition libre des œuvres du domaine public soit par les bibliothèques, soit par des projets sociétaux comme l’Internet Archive, démontrent leur supériorité du point de vue culturel et économique. La charte Europeana du domaine public, élaborée par la bibliothèque numérique européenne dont Bruno Racine préside la fondation, exclut tout accord qui ne permettrait pas la mise à disposition libre et gratuite sur internet des œuvres.

Cela n’a pas empêché la BNF, le ministère de la culture et le Commissariat à l’investissement de signer le 15 janvier deux accords qui concèdent des droits d’exploitation commerciale exclusifs pour 10 ans à des acteurs privés. La signature de ces accords porte sur 200 000 livres anciens (jusqu’à 1700) et 70000 disques 78 et 33 tours. Ces collections font partie du cœur patrimonial de la Bibliothèque en matière d’imprimés et d’enregistrements sonores. Si le contenu détaillé des accords n’est pas public, deux choses sont certaines : sauf pour 5 % des livres anciens, le public sera privé de l’accès par internet aux documents numérisés de la bibliothèque jusqu’au terme de l’exclusivité, et les «clients» de l’exploitation commerciale seront des bibliothèques financées par l’argent public.

L’association de la BNF aux profits de cette expropriation de chacun ne nous rassure pas plus. Expropriation, c’est bien de cela qu’il s’agit : au nom d’économies illusoires et d’une idéologie selon laquelle seule l’appropriation permettrait le développement de l’économie culturelle, on dépossède (pour dix ans) chacun d’un patrimoine qui appartient à tous. Même la mission Lescure, peu suspecte d’opposition à l’exploitation privée, en conteste le principe dans son rapport d’étape.

Les associations de bibliothécaires et documentalistes en demandent avec nous l’annulation. L’enjeu symbolique est immense, mais l’enjeu pratique ne l’est pas moins. Dans un autre domaine d’importance stratégique, l’information géographique, alors que l’IGN vend ses informations pourtant financées par le public et tente de concurrencer Google avec son propre système, le projet libre OpenStreetMap fait la preuve de la supériorité de la collaboration sur la base des communs. Si le numérique compte pour un tiers de la croissance, c’est qu’on n’a pas laissé faire les doctrinaires de l’appropriation lorsqu’il s’est agi de définir les conditions d’usage du Web. Le privé en a profité autant que le public et le commun. Les deux accords de partenariat portant sur des œuvres de domaine public doivent être dénoncés. Sinon, nous les contesterons juridiquement, politiquement et par la construction d’alternatives concrètes préservant l’accès et l’usage libres par tous

12/12/2012

Le niveau en lecture des élèves français

lu sur :

http://www.lemonde.fr/ecole-primaire-et-secondaire/article/2012/12/12/alerte-sur-le-niveau-en-lecture-des-eleves-francais_1805108_1473688.html

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Alerte sur le niveau en lecture des élèves français

LE MONDE | 12.12.2012 à 14h29 Par Maryline Baumard

A l'âge de 10 ans, un écolier français lit moins bien que la moyenne des élèves européens du même âge... Les résultats du classement opéré tous les cinq ans par le Programme international de recherche en lecture scolaire  (http://timss.bc.edu/) (Pirls) et rendus publics mardi 11 décembre placent la France en 29e position sur 45 pays et montrent des résultats en constante dégradation depuis 2001. Pirls est réalisé par l'IEA, l'association internationale pour l'évaluation du rendement scolaire. Cet établissement, qui dépend du Boston College, aux Pays-Bas, évalue les apprentissages depuis sa création en 1958 selon des procédures très scientifiques. Ses programmes phares sont Pirls et Timss, une évaluation du niveau en mathématiques à laquelle la France participera en 2015 pour la première fois.

Avec ses 520 points pour Pirls, la France se situe juste au-dessus de la moyenne internationale (500 points) mais en deçà des 534 points de la moyenne européenne. Ces résultats mettent en lumière tout ce qui ne fonctionne plus dans le système éducatif français.

  • Une mauvaise dynamique

Sur le groupe des 23 pays qui participent régulièrement à Pirls depuis 2001, seuls quatre, dont la France, chutent sur la décennie. Ce qui, relativement, nous place de plus en plus bas et montre que d'autres pays savent tirer mieux que nous les leçons de ces classements internationaux pour progresser. Les Etats-Unis ont, par exemple, gagné 14 points, Hongkong et Singapour une quarantaine de points.

  • Un coeur de réacteur malade

Les établissements publics hors éducation prioritaire perdent 10 points en dix ans, ce qui les place à 523 points. Les ZEP, elles, gagnent 3 points sur la même période. Malgré cela, elles restent sous la moyenne internationale, avec un score de 480 qui les rapproche de la performance de Malte ou de la Géorgie !

Pour l'enseignement privé sous contrat, en revanche, tout va bien. Il caracole 8 points au-dessus du public, à 531 points et gagne 4 points depuis 2006.

  • La disparition progressive des très bons élèves

Tant que la France était capable de (re)produire une élite pour remplir ses grandes écoles, les classes dominantes ont trouvé leur intérêt dans un système globalement peu performant mais qui les sert et joue le statu quo. En montrant que le groupe des forts se réduit beaucoup, Pirls pourrait bien semer la zizanie.

Dans le quart supérieur des élèves européens, la France ne place plus que 17 % d'élèves. En plus, ils affichent un score moyen au-dessous de 616, quand dans ce groupe la moyenne est à 622. En Europe, 9 % des enfants arrivent à un score de 625 points, qui marque une compréhension approfondie des textes. En France, ils étaient 7 % en 2001 et ne sont plus que 5 %.

  • L'augmentation de la grande difficulté

A l'autre extrémité, 32 % des Français se rangent dans le quart des élèves européens les plus faibles. Le groupe des élèves en difficulté s'élargit donc.

  • Les problèmes d'écriture

Pirls est composé de QCM (questions à choix multiples) et d'exercices d'écriture. Les élèves français réussissent à 67 % les QCM et à 40 % les exercices d'expression. "Plus la réponse attendue doit être élaborée, plus le score des élèves français diminue", précise le ministère de l'éducation nationale dans une note publiée mardi. Aux questions auxquelles il faut répondre par un mot, les jeunes Français obtiennent 53 % de réussite, par une phrase 31 % et par un texte... 20 %.

  • Un fort taux de non-réponses

Globalement, les élèves français rendent leur copie avec 6,4 % des réponses manquantes - c'est le plus fort taux des pays européens - et ils abandonnent les exercices en cours de route. "En moyenne, ils sont 6,7 % à ne pas aller jusqu'au bout de la quinzaine de questions posées à partir d'un texte ", souligne la DEPP. Pour le directeur de l'enseignement scolaire, Jean-Paul Delahaye, "nous avons là la preuve manifeste qu'il faut réfléchir à une notation plus constructive, moins de sanctions et plus largement changer le rapport à l'école."

  • La non-compréhension

Les 300 000 élèves (dont 4 438 Français), qui ont passé Pirls, ont planché sur deux types de textes : les textes narratifs et des textes informatifs. "Alors que les performances sur les textes narratifs sont restées relativement stables, celles qui concernent la lecture de textes informatifs ont diminué depuis 2001 de 13 points", rappelle l'analyse faite par la direction de l'évaluation du ministère. "C'est un phénomène très inquiétant, estime M. Delahaye. On était habitué à ce que les élèves peinant sur les textes littéraires se rattrapent sur les textes informatifs. Mais ce n'est plus le cas."

  • La racine du mal

"Le problème vient en partie de la maternelle que nous allons repenser", précise M. Delahaye pour qui "elle doit être une école particulière qui ne doit pas anticiper les apprentissages du CP mais les préparer". Le ministre de l'éducation, Vincent Peillon, a profité de ces résultats pour justifier l'accent qui sera mis sur le primaire dans le cadre de la "refondation" de l'école.

L'écart entre les filles et les garçons s'est réduit

En 2011, en France, filles et garçons obtiennent des scores voisins en lecture. Quatre points seulement séparent désormais les jeunes Français des deux sexes, avec une moyenne de 522 points pour les filles et de 518 pour les garçons. Même le plus farouche militant d'une approche non sexuée des savoirs ne se réjouira pas de la réduction de cet écart dû à une chute des jeunes Françaises : elles ont perdu 9 points entre 2001 et 2011. En se positionnant à 522 points, elles sont quasiment "tombées" à la moyenne internationale des filles (520), quand les garçons, ne voyant leur score s'effriter "que" de deux petits points, sont restés au-dessus de la moyenne internationale de leur sexe (504). Colombie, Israël, Espagne et Italie sont les seuls autres pays sans différentiel important entre les sexes. En Finlande et en Grande-Bretagne, l'écart est de plus de 20 points.

Une enseignante à Paris témoigne : "Tous les enfants peuvent apprendre à lire"

Les problèmes de lecture des élèves de CM1, Ostiane Mathon, enseignante à Paris, les vit au quotidien. Chaque année, cette férue de pédagogie qui forme aussi des maîtres transforme en lecteurs des écoliers qui avaient traversé CP, CE1 et CE2 sans accrocher avec cet apprentissage. "Tous les enfants peuvent apprendre à lire. Mais il faut qu'ils soient prêts. En entrant dans ce monde de l'écrit, l'enfant fait un premier pas dans la séparation avec l'adulte. Et s'il n'est pas prêt à couper le cordon, il n'apprendra pas à lire", dit-elle. "Les blocages n'ont jamais les mêmes causes. Il faut donc proposer de multiples entrées pour que l'enfant trouve celle qui va lui convenir. Il n'y a pas que des blocages psychologiques. Nous sommes souvent piégés par l'idée que ce qui fonctionne avec un élève va marcher avec les autres." Outre un usage des outils numériques, Mme Mathon a un vrai secret, c'est d'en faire bien plus en lecture que ce que requièrent les programmes.

 

"Quitte à négliger un peu d'autres pans de l'enseignement."

15/10/2012

Les internes en médecine, "bouche-trous" de l'hôpital en crise

lu sur :

http://www.lemonde.fr/sante/article/2012/10/10/les-internes-en-medecine-bouche-trous-de-l-hopital-en-crise_1770230_1651302.html

Les internes en médecine, "bouche-trous" de l'hôpital en crise

Le Monde.fr 10.10.2012 à 09h34 • Mis à jour le 10.10.2012 à 11h11

Par Charlotte Chabas

A partir de 18 heures, les portes battantes qui marquent l'entrée de l'internat ne cessent de s'ouvrir et de se refermer dans un bruit sourd. Chaque claquement marque la fin d'une journée de travail, ou le début d'une autre. Entre la cuisine et la salle à manger, ceux qui vivent là se croisent dans un ballet incessant, rythmé par quelques anecdotes sur la journée achevée. "Le petit avec la crise d'asthme, j'ai pas du tout géré", débriefe, face au frigidaire en inox, une jeune femme brune qui achève sa première année d'internat, devant le visage compatissant d'une de ses aînées. "Et en plus, j'ai découvert cet après-midi que j'étais de garde ce soir", renchérit-elle, lugubre.

Sur la grande table de cantine en formica bleu qui trône au milieu de la salle à manger, les plateaux-repas sont vite engloutis. On se plaint du chauffage, qui ne sera pas réparé avant le 2 novembre. Pourtant, le thermomètre tombe déjà à 14 °C la nuit dans les chambres de cet internat de l'est de la France, qui accueille chaque semestre une vingtaine d'étudiants en médecine, venus faire leurs armes dans l'hôpital voisin pour un stage de six mois. Certains, restés en blouse blanche, stéthoscope autour du cou, s'accordent une courte pause avant de repartir assurer leur garde de nuit, et aligner ainsi au moins 24 heures de travail consécutives. Astreinte oblige, le plus âgé de la tablée, qui affiche déjà bac +10 au compteur, surveille du coin de l'œil ses deux téléphones qui pourraient à chaque instant le rappeler illico à son service.

A 21 h 30, la dernière interne fait son entrée dans le bâtiment, après une journée de travail de plus de douze heures. Pas de bol, "c'est toujours elle qui rentre le plus tard. Dans son service, ils font des horaires de fous", explique un de ses collègues.

Les internes – qui ont presque tous demandé à être cités anonymement pour ne pas compromettre leur carrière – ne sont officiellement encore qu'en formation. Mais la réalité hospitalière est toute autre. Tous assument déjà, souvent dans la plus grande illégalité, le travail et les responsabilités d'un médecin diplômé, poussés à bout par un système hospitalier en sous-effectif chronique, saturé par la demande.

85 % TRAVAILLENT PLUS QU'ILS NE LE DEVRAIENT

En septembre, le principal syndicat d'internes, l'Isnih (Inter-syndicat national des internes des hôpitaux), a publié les résultats d'une vaste enquête (PDF) menée dans les hôpitaux français. Dans ses conclusions, le rapport montrait ainsi que 85 % des internes – ils sont 21 000 au total – travaillaient bien au-delà des 48 heures hebdomadaires réglementaires, avec une moyenne de 60 heures par semaine. De même, le "repos de sécurité", imposé depuis 2002 après chaque garde de nuit pour empêcher un interne de travailler plus de 24 heures consécutives, n'est pas respecté dans 21 % des cas.

Selon le syndicat, "aucune région ne respecte aujourd'hui la législation", et ces entorses au règlement ne sont pas sans conséquences. D'après l'étude, 15 % des étudiants affirment avoir commis des erreurs de prescription, de diagnostic ou d'acte opératoire en lendemain de garde, alors que 39 % déclarent en avoir "probablement réalisé". Des chiffres dans l'ensemble largement "sous-évalués", selon de nombreux internes, qui reconnaissent avoir eux-mêmes minimisé leurs réponses au questionnaire.

"L'OUVRIER DE L'HÔPITAL"

Les internes sont une "main d'œuvre corvéable et bon marché pour faire tourner les hôpitaux", conclut sans ménagement le syndicat dans son rapport. Un constat amer partagé par ceux qui ont répondu en grand nombre à un appel à témoignages publié sur Le Monde.fr, qui les interrogeait sur leurs conditions de travail.

Le "dernier maillon de la chaîne alimentaire de l'hôpital", le "bouche-trou", la "variable d'ajustement" ou encore "l'ouvrier de l'hôpital", c'est par ces titres peu enviables que se définissent de nombreux internes interrogés. "Dans les services, chaque corps de métier a une tâche bien définie, sauf l'interne qui n'a pas de charge précise. Du coup, tout ce que les médecins ne veulent pas faire ou n'ont pas le temps de faire, c'est sur nous que ça retombe, sous prétexte qu'on doit apprendre de tout", explique Manon, qui termine sa première année d'internat à Lyon. A l'interne revient alors la partie la plus chronophage de la relation avec le patient, mais aussi les basses besognes comme "gérer la paperasse", voire parfois "brancarder les patients" et "vider les poubelles".

CERTAINS ONT "PIQUÉ DU NEZ EN BLOC OPÉRATOIRE"

"Le travail ne diminue jamais, ça n'existe pas des lits fermés parce qu'il n'y a pas assez de médecins", explique Jean, 28 ans, interne à Paris. Et les conditions d'exercice s'en ressentent. Travailler vingt jours d'affilée sans un jour de repos, faire des semaines de plus de 80 heures de travail, ou encore travailler 36 heures consécutives, quand le repos de garde n'est pas respecté, n'est pas chose rare pour un interne. "Qu'on soit capable ou non de tenir le coup, la question ne se pose même pas, on doit continuer", explique Anne, 27 ans, qui s'estime "chanceuse" de ne pas avoir besoin de beaucoup de sommeil.

Tous reconnaissent pourtant qu'après 23 heures éveillé, on ne peut pas faire de la "bonne médecine". "La nuit, on fait du symptomatique, pas du curatif, pour aller plus vite", explique Claire, 25 ans, interne à Lyon, qui avoue penser souvent la nuit "plus que dix heures, et je pourrai pleurer". "On est dans le réflexe, donc on passe souvent à deux doigts des grosses erreurs, et on en fait des tonnes de petites", reconnaît Jérémy, 25 ans. Dans les témoignages, certains parlent notamment d'"échange de prescription entre deux patients", d'"erreur dans un dosage", d'autres racontent même avoir déjà "piqué du nez en bloc opératoire, avec la chaleur et la nécessité de rester immobile."

Pour Marie, 27 ans, "c'est le relationnel qui en pâtit le plus". A cette heure avancée de la nuit, la fatigue rend "plus agressif, à fleur de peau". "Parfois, j'aimerais avoir un cadran affiché sur ma blouse où s'inscrirait le nombre d'heures depuis que je suis réveillé", avoue Jean, interne en 4e année. "Les gens devraient savoir le prix humain de leur système de santé", renchérit Thibaut, spécialisé en médecine interne à Paris.

PASSAGE OBLIGÉ DE LA FORMATION ?

Du côté des chefs de service, on se défend d'exploiter outre mesure les internes. Tous ont leur propre interprétation de la législation, et les conditions changent du tout au tout en fonction des différents services. Une inégalité de traitement qui perturbe d'autant plus les internes, confrontés au règne de l'arbitraire. La justification est toujours la même : "c'est soit ça, soit on ferme boutique", confie un chef de service à l'hôpital parisien de La Pitié-Salpêtrière. S'ils ont conscience d'être dans l'illégalité, la plupart assument, sous couvert d'anonymat, tout de même. "De notre temps, c'était bien pire, on travaillait sans arrêt, je me souviens d'un week-end de Noël pendant mon internat où j'avais commencé le vendredi matin pour n'en sortir que le lundi", raconte un chef de service d'un CHU du grand Ouest.

L'épuisement des internes, passage obligé de la formation ? "L'argument 'de notre temps, c'était pire', on l'entend à longueur de temps", explique une interne en neurologie, qui met cela sur le compte "du mythe du sacrifice du médecin". Mais en réalité, beaucoup d'internes ont le sentiment que les conditions d'exercice à l'hôpital sont plus dures aujourd'hui. "Avant, on n'était pas appelés en permanence pour rendre un avis sur la moindre douleur", explique un interne en chirurgie digestive à Paris. "Maintenant, tout le monde cherche à se couvrir pour éviter l'erreur médicale, et surtout tout le monde cherche à refiler les patients à d'autres services, pour désengorger le sien."

LES PATIENTS, TOUJOURS PLUS NOMBREUX

Le trop grand nombre de patients est une souffrance quotidienne, surtout pour ceux qui tiennent à rappeler qu'ils "sont là parce qu'ils aiment leur boulot et veulent passer du temps avec leurs patients". Le défilé des urgences est surement le plus révélateur, pour les internes qui s'y essaient. "A 4 heures du matin, alors qu'on n'a même pas eu le temps de se reposer quelques minutes, on voit des gens arriver pour tout et n'importe quoi : des angines, des maux qui traînent depuis des mois, des bobos de rien du tout." Garder son calme, dans ces cas là, est un défi permanent.

Chaque interne dit redouter le moment où, lâché sans filet dans son service, il ira "trop loin". Cette "zone rouge" décrite par Guillaume, interne à Belfort, "celle où tu peux faire une gaffe, où il n'y a pas de retour en arrière possible". D'autant que pour ceux à qui on impose de rester en lendemain de garde, la responsabilité en cas d'erreur est entièrement à la charge de l'interne. "Mais on prend le risque, parce que si on se fait saquer, c'est fini, on n'a plus aucune chance d'approcher du bloc opératoire, et pour nous ça veut dire plus de formation, et autant d'études pour rien", explique un interne en 2e année de neurochirurgie, qui travaille en moyenne cent heures par semaine.

"SI J'AVAIS SU, JE SERAIS PAS VENUE"

Face à toutes ces difficultés, la question de savoir si tout ça "vaut le coup" trotte forcément dans les méninges de ces étudiants bien particuliers, excédés par les conditions matérielles précaires de l'hôpital public, où on peut même "attraper des puces dans le lit de garde" de son service. Certains parlent de "tout plaquer", de prendre une année de disponibilité, mais cela signifie repousser d'autant la fin des études.

A lire : Futur médecin, 'bac +10, 80 heures par semaine, 2 000 euros'

Beaucoup connaissent quelqu'un autour d'eux qui est au bord de craquer. "Je me suis rendu compte que j'étais en burn-out alors que je conduisais pour rentrer chez mes parents, après vingt-et-un jours de boulot consécutif. J'étais sur la quatre-voies, et je me suis demandé si c'était un rêve ou la réalité. J'ai réalisé à quel point j'étais épuisée", explique Nathalie, 27 ans. Dans ce cas là, "on se rend compte à quel point on est seuls, on n'a aucun interlocuteur". "On perd le sens de ce qui est normal ou de ce qui ne l'est pas", explique une interne en neurologie, qui affirme que le plus difficile est de "prendre du recul" sur ce rythme infernal.

Autour de la table de formica du petit internat de l'est de la France, certains parlent de "ras-le-bol". "Le soutien, on ne l'a jamais, on n'a pas le droit de craquer", reprend une jeune interne qui achève son stage aux urgences. Autour d'elle, les gens acquiescent. Une autre ose, sur le ton de la plaisanterie, "si j'avais su, je serais pas venue". Des hochements de tête saluent le bon mot.

Charlotte Chabas

28/09/2012

Informations médicales du jour

lu sur : http://dircom.inserm.fr/synthesedepresse/

Aujourd’hui en France Magazine publie « l’appel » de « 130 grands médecins » pour sauver l’hôpital, dénonçant « un système qui fait passer la rentabilité avant la santé des patients ».

Parmi les « maux » dont souffre le service public, et que détaille le journal, figurent le sous-effectif, la mise en concurrence, la course à la rentabilité et une médecine à deux vitesses.

(Aujourd’hui en France Magazine, 28/09)

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Ça m’intéresse souligne que, selon l’association Lyme sans frontières, « cette infection bactérienne, transmise par les tiques, serait sous-diagnostiquée ».

La présidente de l’association, Judith Albertat, estime que « des centaines de milliers de Français seraient affectés par la maladie de Lyme sans être ni diagnostiqués, ni soignés », ajoute la revue.

Judith Albertat a lancé, depuis mars dernier, une pétition sur Internet en vue de dénoncer le déni des pouvoirs publics, demander une information plus large et une révision des protocoles de dépistage.

(Ca m’intéresse, 01/10)

29/05/2012

Remplacement des enseignants : le rapport qui accuse

lu sur :

http://www.lepoint.fr/societe/remplacement-des-enseignants-le-rapport-qui-accuse-28-05-2012-1465849_23.php?xtor=EPR-6-[Newsletter-Quotidienne]-20120529

Remplacement des enseignants : le rapport qui accuse

En juin 2011, l'Inspection générale dressait ce bilan alarmant des heures de cours perdues faute de remplaçants. Du grain à moudre pour Peillon.

Parmi les 17 rapports d'inspection enterrés depuis 2009 que vient de publier le nouveau ministre de l'Éducation Vincent Peillon, le plus explosif concerne peut-être le remplacement des enseignants. Car les élèves sans professeur restent pour l'opinion la face la plus sensible du mauvais fonctionnement de l'Éducation nationale.

Rien d'étonnant dans le fait que la précédente administration a maintenu ce rapport au secret : sous l'avalanche de sigles et le jargon inimitable des inspecteurs de l'Inspection générale de l'administration de l'Éducation nationale et de la recherche (IGAENR) se cache un constat au lance-flamme. Il démontre à quel point, malgré les discours, les actions successives de Xavier Darcos et de son successeur Luc Chatel n'ont en rien amélioré la gestion du remplacement. Voire l'ont aggravée. On se souvient pourtant que Darcos avait promis la fin des aberrations grâce à la création d'une "agence du remplacement" : de cette agence, il n'est pas question une seule fois dans les quelque 91 pages de ce rapport.

Aberrations

Quelques chiffres : dans le premier degré, la Direction centrale de l'enseignement scolaire (DGESCO) comptabilisait en 2009-2010 "5 570 000 journées d'absence sur l'année 2009-2010", en hausse de 1,34 %. Dans le second degré, les absences s'élèvent à 12 millions d'heures, dont 2,6 non remplacées. Mais l'essentiel est ailleurs. C'est la première des aberrations révélées par l'Inspection : le système de mesure du phénomène est biaisé et semble avoir été conçu pour le minimiser. Ainsi, il ne comptabilise pas les absences pour cause de formation continue ou celles résultant des autorisations exceptionnelles d'absence (liées à un décès, un déménagement ou un rendez-vous médical...). Pas plus que celles, non négligeables, dues à l'organisation des examens.

Le collège sacrifié

Si les chiffres mentent, c'est parce que la réalité décrite par le rapport est préoccupante. Dans le premier degré, l'administration a pris la fâcheuse habitude de nommer des remplaçants des enseignants fragilisés. De fait, ils sont plus souvent absents que ceux qu'ils sont censés suppléer. Un phénomène là encore sous-évalué par le ministère : "La DGESCO estime qu'a minima cela concerne 500 personnes. Une projection réalisée à partir des réponses des responsables des inspections académiques visitées conduit (les inspecteurs, NDLR) à un chiffre supérieur, de l'ordre de 1 500 à 2 000 personnes." Autre réalité : les remplaçants sont amenés à être utilisés pour pallier des absences devenues réglementaires, autrement dit structurelles : ainsi les décharges horaires des directeurs d'école ont-elles été accordées sans accroître les moyens de remplacement. Autant de ressources qui ne sont plus mobilisables pour remédier aux absences traditionnellement importantes dans le premier degré, en raison de la forte féminisation du corps des professeurs des écoles et à son exposition aux épidémies hivernales.

Dans le second degré a eu lieu un phénomène comparable. Alors que Xavier Darcos promettait d'améliorer l'efficacité du remplacement, mandatant un cabinet privé pour mener une étude (non publiée, soulignent malicieusement les inspecteurs), il faisait dans le même temps une réforme du lycée qui allait inciter les recteurs à doter généreusement les lycées au détriment des moyens de remplacement. "Le système est arrivé aujourd'hui à un point de rupture, écrivent les inspecteurs. La continuité du service public d'éducation n'est plus toujours et partout assurée."

Première victime : le collège, parent pauvre du système éducatif, qui a le plus faible taux de remplacement du secondaire (en ce qui concerne les absences courtes, de moins de 15 jours, ce taux atteint 18,5 % au lycée général et technologique et seulement 15,7 % au collège). Là encore, une aberration : à cette "étape décisive de la scolarité (...), l'autonomie de jeunes élèves est inévitablement moindre que celle des lycéens : leur besoin d'enseignants est d'autant plus fort", souligne le rapport.

Pôle emploi

En ligne de mire de l'IGAENR, sans jamais les nommer, la révision générale des politiques publiques et l'incitation faite aux recteurs de réduire les viviers de remplaçants. Entre juin 2009 et juin 2010, les remplaçants du second degré ont vu leurs effectifs fondre de 18 %. Pour y faire face, les rectorats ont été invités à recourir à des vacataires recrutés à Pôle emploi, ce qui a maintenu un bon taux de remplacement des absences longues "sans préjuger de la qualité pédagogique de l'opération", ne peuvent s'empêcher d'ajouter les auteurs du rapport.

Mais le système est désormais à l'os et le pire est à venir : "Les viviers apparaissent comme épuisés." Il tient à l'image dégradée du métier, "de plus en plus difficile à exercer (...), plus difficilement accessible car soumis à des régulations budgétaires (...), peu rémunérateur au regard des études désormais nécessaires pour (...) un métier somme toute peu valorisant". Pour enfoncer le clou, les inspecteurs, que l'on devine amers, y vont de leur anecdote : "Dans une grande ville de l'Ouest, la responsable de Pôle emploi incite les demandeurs d'emploi à ne pas faire figurer sur leur curriculum vitae leurs éventuelles activités comme contractuel ou vacataire d'enseignement, car cela ne valorise pas leur parcours !"

Courage

Nul doute que les rédacteurs de ce rapport se réjouissent de voir leur brûlot aujourd'hui exhumé. Mais il faut espérer que Vincent Peillon n'ait pas seulement le courage de publier ce constat sévère de l'héritage de ses prédécesseurs, mais aussi celui de réfléchir aux préconisations qui ponctuent cet état des lieux.

Les inspecteurs recommandent ainsi que soit mis en oeuvre et renforcé le décret mis en place par Gilles de Robien en 2005. Il appelait les équipes enseignantes de chaque établissement à organiser elles-mêmes les conditions d'un remplacement au pied levé. Ce décret est resté très largement lettre morte faute d'être défendu par les successeurs de Robien. Les inspecteurs vont plus loin en appelant à une annualisation du temps de service des enseignants et évoquent la mise en place d'une astreinte des enseignants, compatible avec les obligations de service de tout fonctionnaire. Ils se tiendraient pour quelques heures hebdomadaires disponibles pour remplacer un collègue, à charge de revanche... Une proposition novatrice et iconoclaste. M. Peillon, chiche !

22/03/2012

France : trois jeunes filles tuées (12 ans, 13 ans et 19 ans)

Trois jeunes filles tuées le 18 mars dernier, alors que leur mort aurait pu être évitée.

Et personne n'en parle ? !

Ou presque. Voir : Trois jeunes filles tuees apres avoir ete fauchees sur l'A7 ...

http://www.lavoixdunord.fr/France_Monde/actualite/Secteur_France_Monde/2012/03/18/article_trois-jeunes-filles-tuees-apres-avoir-et.shtml

et l'article du Canard enchaîné de cette semaine ci-dessous :

Image 1.png

20/03/2012

Pour la suppression du secteur privé à l'hôpital public

lu sur :

http://www.liberation.fr/societe/01012396964-l-appel-des-medecins-aux-candidats-a-la-presidentielle

L'appel des médecins hospitaliers aux candidats à la présidentielle

SOCIÉTÉ Aujourd'hui à 6h11

«Nous demandons la fin du secteur privé», écrivent près de 200 grands médecins hospitaliers. Ils signent un manifeste prônant la fin des activités libérales dans les hôpitaux. 

«Nous, médecins des hôpitaux, déplorons les dérives de l'exercice privé à l'hôpital public. Ces dérives sont régulièrement dénoncées mais de fait tolérées et par la communauté médicale incapable d'imposer le respect des règles éthiques et par l'administration et le pouvoir politique incapables de faire respecter la loi. Certes seuls 1864 sur les 45.000 médecins hospitaliers ont une activité privée avec dépassements d'honoraires. Et les abus voire les fraudes rapportés ne concernent qu'une petite minorité d'entre eux. Cependant, la tolérance actuelle de ces dérives est interprétée par la population comme une complicité C'est pourquoi nous demandons au gouvernement d'examiner  avec les professionnels les conditions pour que soit mis fin à l'exercice privé au sein  de l'hôpital public, comme cela était originellement prévu par la loi Debré de 1958 ayant institué le plein temps hospitalier.

Cette suppression de l'activité privée devrait être accompagnée, selon nous, de mesures  visant  à répondre aux raisons qui ont expliqué son maintien :

1) Limitation des dépassements d'honoraires en ville.  Revalorisation des tarifs remboursés par la Sécurité sociale. Création d'une assurance publique de responsabilité civile  professionnelle. Ces mesures visent à assurer un équilibre des revenus entre la ville et l'hôpital tout en prenant en compte la qualification, la pénibilité, les responsabilités et les charges financières distinctes.

2) Inclusion dans le calcul des retraites des médecins hospitaliers, des diverses indemnités.

Il conviendra donc de définir une période transitoire où les nouvelles règles s'appliqueront aux nouvelles générations médicales et coexisteront avec les règles antérieures mises en extinction.

En attendant, la loi actuelle doit être appliquée. L'activité privée ne doit pas dépasser 20% de l'activité des médecins et ne doit pas se faire au détriment des missions de l'hôpital public.  Cela doit également être le cas pour  toute autre activité privée professionnelle rémunérée (notamment par l'industrie pharmaceutique ou pour des expertises.) Dans un soucis de transparence nécessaire au contrôle du respect de la loi, nous proposons que l'ensemble de ces honoraires soit versé à la caisse de l'hôpital ou de l'université qui, après avoir prélevé une redevance, reversera la part due aux praticiens.»

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sur le même sujet :

http://www.lemonde.fr/sante/article/2012/03/20/des-medecins-pour-la-suppression-du-secteur-prive-a-l-hopital-public_1672798_1651302.html

Des médecins pour la suppression du secteur privé à l'hôpital public

http://www.lemonde.fr/societe/article/2011/05/17/developpement-excessif-des-honoraires-libres-chez-les-medecins-specialistes_1523151_3224.html

Certains médecins des hôpitaux publics ont une activité privée à l'intérieur de l'hôpital public et imposent des dépassements d'honoraires.

extraits :

... Lire : "Développement excessif'" des honoraires libres chez les médecins spécialistes ...

..." En février, 60Millions de Consommateurspubliait une enquête sur les dépassements d'honoraires à l'hôpital public,"des prix allant jusqu'à douze fois le tarif de l'Assurance maladie ont été relevés dans certains hôpitaux", révélait l'institut national de laconsommation. La pose d'une prothèse de hanche, dont le prix coté par l'Assurance maladie s'élève à 460 euros peut être facturée 5 000 euros dans un hôpital parisien selon cetteenquête

Fin janvier, la Caisse nationale d'assurance-maladie avait annoncéqu'elle avait lancé l'instruction de deux cent cinquante dossiers de médecins"susceptibles d'être déférés devant le Conseil de l'ordre"pour des pratiques tarifaires abusives."

lire aussi :

19/03/2012

La RGPP : bilan

à lire sur MEDIAPART :

La Une
Joigny, «ville-martyre» de la RGPP, se cherche un avenir
PAR MATHIEU MAGNAUDEIX

C'est une des villes de France les plus touchées par la restructuration des services publics, la fameuse RGPP. En quelques années, Joigny, 10 000 habitants dans l'Yonne, a vu partir l'armée et ses deux tribunaux après la chirurgie et la maternité. Près de 500 emplois auraient disparu. La crise aussi a fait des ravages. Joigny tente de rebondir. Avec les moyens du bord.

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Réforme de l'Etat: préparé en catimini, l'acte II doit attaquer «l'os»
PAR LUCIE DELAPORTE

Alors que la Révision générale des politiques publiques (la RGPP et son fameux non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux) n'a pas empêché l'explosion du déficit public, certains à Bercy planchent sur une étape nettement plus radicale de la modernisation de l'Etat. En toute discrétion, conformément à la méthode suivie depuis cinq ans.

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Le conflit d'intérêts se loge au cœur de la réforme de l'Etat
PAR LUCIE DELAPORTE

À Bercy, les responsables du pilotage de la RGPP (réforme de l'Etat) sont en grande majorité issus de cabinets de conseils privés. Or ces cabinets sont aussi les premiers prestataires de l'État pour mener à bien la réforme. Un conflit d'intérêts patent qui n'a que peu mobilisé la Commission de déontologie. La RGPP ou le mélange des genres : c'est le deuxième volet de notre enquête.

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Réforme de l'Etat: «On n’est pas chez Toyota»
PAR LUCIE DELAPORTE

La Révision générale des politiques publiques, qui a entraîné la suppression de 150.000 postes de fonctionnaires en cinq ans, s’est appuyé sur une nouvelle méthode de management issue de l’industrie automobile japonaise. Enquête sur la fonction publique à l’heure du “lean (amaigrissement) management”: c'est le troisième volet de notre plongée dans la réforme de l'Etat.

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Réforme de l'Etat: un bilan financier totalement surévalué
PAR LUCIE DELAPORTE

La Révision générale des politiques publiques a provoqué des chocs violents dans la fonction publique. A-t-elle permis des économies et allégé le budget de l'Etat ? Oui, affirme le gouvernement, qui parle de 15 milliards d'euros d'économies ! Non, répondent des hauts fonctionnaires, qui évoquent le chiffre de zéro... Le détail des économies en trompe-l'œil : c'est le quatrième volet de notre plongée dans la réforme de l'Etat.

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10/03/2012

EDF : licenciement pour refus de coupure de compteur pour impayé

communiqué :

Jef Duval, technicien clientèle ERDF-GRDF, n'a pas procédé à plusieurs interventions de coupure d'énergie par compassion. Il risque de perdre son emploi. 

"Il s'appelle Jef Duval, il a 23 ans (...) et il est aujourd'hui sur le point de se faire licencier". Motif ? Ce technicien  clientèle depuis 2008 au service commun d'ERDF-GRDF à l'agence d'Arcueil  n'aurait pas procédé à la coupure de clients en défaut de paiements lorsqu'il estimait que leur situation était trop précaire (cf. communiqué de la cgt : http://www.cgt.fr/Jef-ne-servira-pas-d-exemple.html)

"1245 coupures non paiements ont été programmées entre le 1er juin et le 31 août sur la seule agence d'Arcueil", note le communiqué. Pendant cette période, Jef Duval a réalisé 482 interventions. La direction lui reprocherait de ne pas avoir posé 5 SMI (service minimum, la dernière étape avant la coupure en cas de non paiement),  de n'avoir pas procédé "à 3 coupures d'électricité, 3 mises hors service gaz et 5 coupures non paiement gaz". 

"Vous avez volontairement dissimulé le fait que vous n'aviez pas réalisé ces tournées et que les gestes techniques demandés n'avaient pas été effectués." peut-on lire dans le détail des faits reprochés à l'agent, que le syndicat rejette. 

"Comme bon nombre d'agents, Jef Duval porte beaucoup d'attention sur ces situations de précarité auxquelles il doit faire face tout au long de sa journée de travail", justifie le communiqué.

Le jeune homme confiait son émotion, au souvenir d'une intervention à Malakoff (92) à France Info jeudi matin. "Quand cette personne m'a ouvert, il y avait des cafards sur sa porte, deux enfants dans ses bras, trois autres assis par terre, je ne pouvais pas couper, je ne pouvais pas..." Le SMI donne un répit de 15 jours aux clients précaires, mais avec une puissance maximale de 1000V, ce qui équivaut à 3 ampoules allumées et un chauffage d'appoint. 

"Jef ne servira pas d'exemple", affirme le communiqué de la CGT. "Les faits reprochés [à l'agent] correspondent simplement aux aléas du métier de techniciens clientèle qui ont encore une conscience civique et une morale". 

Pétition

07/03/2012

Les contaminants de l’environnement et leurs effets

communiqué :

Pétition  Pour le rétablissement de l’appel d’offre de l’Agence Nationale de la  Recherche (ANR) concernant les contaminants de l’environnement et leurs effets  (CESA) 


Au cours de la seconde moitié du XXème siècle,  les connaissances scientifiques sur la détérioration de l’environnement et les  conséquences des facteurs environnementaux sur la santé humaine se sont  fortement développées. Ces questions sont aujourd’hui une préoccupation  majeure des citoyens. 
Différentes initiatives nationales telles que le  Grenelle de l’Environnement, la Stratégie Nationale de Recherche et  d’Innovation, les Plans Nationaux Santé Environnement (PNSE) 1 et 2, le  Programme national de recherche sur les perturbateurs endocriniens (PNRPE),  pour ne citer que les principales, ont mis l’accent sur le retard de  l’organisation des recherches françaises sur la Santé environnementale et les  impacts des contaminants sur la biodiversité, et sur la nécessité de réaliser  des efforts sans précédent en faveur de la recherche, de la formation et de la  valorisation dans ce domaine. Des objectifs précis ont été fixés, tels que le  redéploiement de dizaines de postes ciblés d’enseignants-chercheurs et, en  2009, 124 M€ sur 5 ans ont été prévus dans le cadre du PNSE2 pour financer la  recherche et l’expertise. 
Prenant le contrepied de ces engagements, l’ANR  vient d’annoncer l’annulation du programme « Contaminants et Environnements :  Métrologie, Santé, Adaptabilité, Comportements et Usages » (CESA) prévu pour  un financement de projets en 2012. Le report de ce programme, qui avait permis  de distribuer 8 millions d’Euros pour des projets en santé environnementale et  écotoxicologie en 2011, revient à priver ce champ de recherche d’au moins la  moitié des financements ciblés totaux dont il disposait. 
L’argument avancé  par l’ANR, selon lequel le périmètre de cet appel d’offres CESA devait être  redéfini a de quoi surprendre après seulement un an de fonctionnement, alors  que ce programme a été construit après une réflexion approfondie conduite par  l’ANR elle même. 
Après la non-attribution des postes  d’enseignants-chercheurs promis par le Grenelle de l’Environnement, la  révision à la baisse de sa dotation sur le volet santé, la réduction d’un  quart du montant financier affecté au PNRPE en 2011 par rapport à 2008,  l’escamotage de la majeure partie des 124 M€ du PNSE2, la décision de  suspension du programme CESA de l’ANR est de nature à briser l’élan dont  témoignent les avancées considérables des recherches réalisées en France en  Santé environnementale et écotoxicologie. 
L’étude de l’impact des  contaminants environnementaux sur les écosystèmes, les organismes et la santé  humaine s’appuie sur la création de synergies entre de nombreuses disciplines.  Cette recherche requiert donc des moyens humains et financiers et une  politique qui s’inscrivent dans la continuité et la durée : une perspective de  moyen et long terme est indispensable au suivi des populations animales et  humaines, à la formation des chercheurs et des experts, ainsi qu’à la mise au  point et au développement des outils et des tests innovants attendus par la  recherche et par l’industrie. 
Avec la mise en place du règlement REACh du  Parlement européen et du Conseil de l’Union européenne, il s’agit non  seulement de protéger les humains, mais aussi de maintenir notre pays et  l’Europe dans son ensemble dans la compétition économique, notamment par  l’innovation dans le développement de nouveaux outils de détection et  d’analyse des facteurs environnementaux et de diagnostic. 
Chaque Euro  investi dans la recherche en Santé environnementale est susceptible d’être  remboursé plusieurs fois par une limitation des coûts de remédiation des  atteintes environnementales, une meilleure préservation des écosystèmes, une  diminution du fardeau de maladie dû aux facteurs environnementaux et le  développement de l’innovation. Qu’on réfléchisse un instant à ce qu’on aurait  gagné en identifiant plus tôt et plus complètement les effets des PCB ou les  atteintes sur le neuro-développement de l’enfant dues au plomb… Croire qu’on  économise en diminuant le soutien à la recherche, à la formation et à  l’innovation dans ce domaine serait faire un bien mauvais calcul. 
Nous  considérons donc que la décision d’annulation des financements 2012 de l’appel  d’offre du programme CESA de l’ANR doit être reconsidérée sans tarder.  
Les signataires

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Le saviez-vous ? Un système de corruption des services vétérinaires en Alsace

lu sur :

http://sciencescitoyennes.org/robert-gosseye-veterinaire-...

Robert Gosseye : vétérinaire, fonctionnaire, lanceur d’alerte, placardisé depuis 18 ans pour s’être confronté à un système de corruption des services vétérinaires en Alsace

 

 

Par Sciences Citoyennes
Jeudi 23 février 2012

Vendredi 24 février 2012, la Cour d ‘Appel du Tribunal Administratif de Nancy examinera l’appel de Robert Gosseye contre un jugement rendu par le Tribunal Administratif de Strasbourg le 16 février 2011 relatif au non respect de l’article 41 de la loi du 11 janvier 1984 sur la mise à disposition d’un fonctionnaire d’Etat (1).

Pourtant, les pièces présentées par Robert Gosseye au tribunal montraient que la mutation sanction dont il a été victime s’est accompagnée, contrairement à ce que mentionne cette loi, d’une dégradation, au sens propre du terme, ainsi que d’une réduction significative de ses attributions et de ses responsabilités en le cantonnant à des activités étrangères à sa qualification d’origine.

Robert Gosseye a pris tous les risques pour préserver la santé publique en révélant un système de corruption au niveau des services vétérinaires en Alsace. Il l’a payé par une succession d’humiliations personnelles et professionnelles infligées par son administration de tutelle alors que les corrompus, eux, n’ont jamais été inquiétés.

 

Rappel des faits (2)

En mars 1986, Robert Gosseye arrive à la Direction des Services Vétérinaires (DSV) du Haut-Rhin pour occuper la fonction de directeur adjoint en santé animale, chargé de l’inspection de la santé animale.

En tant qu’inspecteur vétérinaire chargé de l’inspection de la santé animale, la mission de Robert Gosseye est de s’assurer non seulement de la bonne santé des animaux vivant sur le territoire français mais aussi de ceux qui transitent par la frontière avec l’Allemagne et la Suisse, provenant entre autres des pays de l’est et de la Grande Bretagne. Lorsqu’un animal est reconnu sain, un « certificat sanitaire » est remis à la personne qui l’accompagne et lui permet de circuler, à la guise de l’exportateur ou de son nouveau propriétaire. Dans le cas contraire, il est refoulé afin d’éviter toute contamination du cheptel français.

Au printemps 1987, Robert Gosseye apprend qu’un troupeau de chevaux est entré illégalement en France avec des certificats sanitaires allemands, alors qu’ils proviendraient de Pologne, un pays hors de la Communauté européenne où les règles sanitaires ne sont pas les mêmes. Importés pour aller à l’abattoir, ils seraient revendus comme chevaux de selle. Or, il y a un risque de transmission d’anémie équine.

Il découvre qu’effectivement, ces chevaux n’ont pas passé plus d’un an en Allemagne, délai de séjour minimum nécessaire à l’obtention d’un certificat sanitaire portant mention du pays. A l’automne suivant, il intercepte un laissez-passer sanitaire d’importation de six chevaux en provenance de « Warschau » en République Fédérale d’Allemagne, grossier

maquillage pour camoufler une importation de Varsovie (Warschau en allemand). Une autre fois, ce sont des génisses hongroises destinées à l’Espagne qui transitent par l’Alsace pour obtenir le précieux sésame.

Robert Gosseye a mis ainsi à jour une pratique de corruption dans les services vétérinaires en Alsace. L’inspection vétérinaire en douane étant une mission de service public, elle devrait être gratuite pour l’importateur, or celui-ci doit payer des frais vétérinaires. Des vétérinaires, payés par l’Etat en qualité de vacataires pour effectuer des contrôles aux frontières, facturent en plus aux transporteurs leurs interventions, ces sommes pouvant atteindre 200 000 francs (environ 30 000 euros) par mois. Robert Gosseye en informe sa hiérarchie à Paris le 5 novembre 1991, y compris le directeur général de l’Alimentation. On lui rétorque que c’est de la calomnie et de la diffamation.

Il continue de mettre en évidence ces pratiques. Ainsi, quatre vétérinaires libéraux chargés des contrôles des animaux vivants ou des carcasses aux postes frontières réclamaient aux importateurs une rémunération qui s’ajoutait à leurs vacations payées par l’Administration, soit plus de 5 millions de francs (environ 760 000 euros) pour la seule période 1989-1992.

Robert Gosseye ayant continué d’alerter sa hiérarchie devant ces faits de corruption, la réponse de celle-ci a été de le sanctionner. Le 1er mars 1994, Robert Gosseye est suspendu de ses fonctions par arrêté du ministère de l’agriculture et de la pêche. Le 17 juin 1994, il passe en conseil de discipline pour « avoir gravement manqué à ses obligations professionnelles ».

Il est alors muté à Besançon et confiné à des tâches n’ayant rien à voir avec sa qualification, puis placardisé à la répression des fraudes, d’abord à Belfort puis à Strasbourg où il est encore, et où il contrôle les activités des artisans du bâtiment. Les corrompus n’ont jamais été sanctionnés. De nombreux articles de presse ont rendu compte de son action, sans être jamais démentis, et sans que la situation kafkaïenne de Robert Gosseye ne change (3).

Pour une loi de protection de l’alerte et de l’expertise

C’est le sens du procès de Nancy : obtenir une requalification et la reconnaissance de la légitimité de l’action menée par Robert Gosseye pour protéger la santé publique. Plus largement, le cas de Robert Gosseye montre la nécessité de protéger les lanceurs d’alerte. Il est anormal que ceux qui prennent le risque de mettre en évidence des dysfonctionnements préjudiciables à la santé publique et l’environnement se voient sanctionnés.

La proposition de loi défendue par la Fondation Sciences Citoyennes répond à cet objectif en créant un statut du lanceur d’alerte et une Haute Autorité de l’Alerte et de l’Expertise (4).

Robert Gosseye : vétérinaire, fonctionnaire, lanceur d’alerte, placardisé depuis 18 ans


Contacts

Fondation Sciences Citoyennes

Jacques Testart : 01 43 14 73 65

Christophe Morvan : 06 32 67 06 71

Réseau Environnement Santé

André Cicolella : 06 35 57 16 82

Soléane Duplan : 06 70 07 84 87

 

(1) Loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l’Etat.

(2) D’après le livre Alertes Santé de André Cicolella et Dorothée Benoît-Browaeys (enquête de Camille Saïsset)

(3) Notamment : Jeunes agriculteurs, Des génisses internationales dans notre département !, La Terre de Chez nous, 1990 ; Malheur à celui par qui le scandale arrive, L’Alsace, le 8 juin 1994 ; Leucose en transit, un trafic de bovins malades découvert à Huningue, L’Alsace le 30 janvier 1992 ; Boeufs en fraude, comment des vétérinaires ont laissé passer de la viande sans contrôle, Valérie Trierweiler, Paris Match, 15 avril 1996 ; Vaches folles et « bêtes nuisibles », Joël Mamet, Est Républicain du 5 novembre 1996.

(4) Projet de loi : http://sciencescitoyennes.org/wp-content/uploads/2010/11/Loi-LA.pdf

Fiche descriptive : http://sciencescitoyennes.org/risques-et-lanceurs-dalerte/

18/01/2012

Chômage et Pôle Emploi

lu sur :

http://www.lepoint.fr/societe/pole-emploi-au-bord-de-l-implosion-17-01-2012-1419945_23.php

Pôle emploi au bord de l'implosion

Le Point.fr 17/01/2012

Une enquête réalisée par "Le Parisien-Aujourd'hui en France" montre que chaque conseiller suit en moyenne plusieurs centaines de chômeurs.

Pôle emploi se trouve aujourd'hui "au bord de l'implosion", avec dans certains départements 200 chômeurs suivis par chaque conseiller, et même un record de 655 chômeurs pour un agent dans l'Essonne, révèle mardi Le Parisien-Aujourd'hui en France.

Une enquête réalisée par le quotidien montre que, contrairement aux chiffres officiels qui évoquent une moyenne de 115 chômeurs par conseiller, "la moyenne flirte avec les 200 chômeurs par conseiller" dans les départements de la Seine-Saint-Denis ou le Val-de-Marne. À Garges-les-Gonesses, dans le Val-d'Oise, un conseiller est même censé suivre 516 personnes par mois et un autre à Yerres, dans l'Essonne, le chiffre record de 655 chômeurs.

Face à cette situation catastrophique, due à la crise économique, à la montée brutale du chômage et au manque de moyens de Pôle emploi, des conseillers interrogés par le quotidien se sont dits "obligés de jongler" et de se concentrer sur les cas les plus urgents. L'un voit ses 300 demandeurs d'emploi "une fois par trimestre", l'autre leur accorde dix minutes d'entretien par téléphone au lieu de les rencontrer personnellement ("c'est devenu une pratique officielle"). Enfin, indique Le Parisien, certains conseillers choisissent de convoquer les chômeurs par petits groupes.

21/11/2011

Accord de libre-échange Union européenne - Canada

communiqué :

Dans l'opacité la plus complète, le gouvernement du Canada et l'Union européenne sont en train de conclure un accord de commerce international qui va ruiner les services publics, autoriser massivement les OGM et interdira toute régulation sociale et environnementale sérieuse.

Le but : le profit de court terme pour les entreprises transnationales des deux côtés de l'Atlantique. Le moyen : donner à ces entreprises la possibilité de faire interdire par le juge toute réglementation qui pourrait diminuer leurs profits potentiels.

Une collectivité locale voudrait-elle soutenir une activité pour lutter contre le chômage? Les grandes firmes transnationales pourront faire interdire cette décision au motif que l'accord UE-Canada les autorise à poursuivre toute décision publique allant contre leurs intérêts. Un Etat voudrait-il interdire les OGM? Les firmes transnationales pourraient poursuivre cet Etat pour la même raison et obtenir l'annulation de cette décision. Une réglementation sociale, une réglementation environnementale viendraient-elles limiter des profits potentiels d'une entreprises transationales? Au nom de l'Accord Canada-Union européenne, les entreprises obtiendront du juge qu'elles soient annulées.

Toutes les décisions publiques sont concernées. La loi sera alors faite par les entreprises transnationales. La démocratie ne servira plus à rien.

Voici 12 ans, l'Accord multilatéral sur l'investissement (AMI) portait la même monstruosité juridique. Les peuples en avaient été informés et les gouvernements avaient du reculer.

Plus de 80 organisations européennes et canadiennes ont signé la déclaration conjointe demandant la suspension des négociations (en pj : UE-Can_DeclCommune_FINAL-Octobre11.pdf)

Pour aller plus loin


Communiqué de presse ATTAC - Aitec-Ipam - Amis de la terre - Fondation France Libertés - L'Observatoire du Service Public
Mercredi 19 octobre 2011
 
Accord de libre-échange Union européenne - Canada:
Les entreprises ne feront pas la loi!

 

Mercredi 19 octobre – Alors que lundi 17 octobre 2011 s'ouvrait la neuvième – et dernière semblerait-il - table de négociations de l'Accord économique et commercial global entre le Canada et l'Union européenne (AÉCG), personne – hormis les négociateurs et hommes d'affaire – n'a pour le moment été informée du contenu de cet accord. Des négociations qui se déroulent dans le plus grand secret empêchant ainsi toute contestation... Rien de bien étonnant au regard du contenu que cache cet accord.

 

D'après les fuites, l'AÉCG prévoit d'intégrer une disposition de « protection des investissements » inspiré du très controversé chapitre 11 de l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) et de l'Accord multilatéral sur l'investissement (AMI) négocié en catimini en 1998 dans le cadre de l'OCDE et rejeté suite à de très fortes pressions de la société civile.
Cette clause qui prévoit un mécanisme d'arbitrage « État-investisseurs » permettrait à une entreprise de poursuivre directement l'État ou une instance infra étatique si une réglementation la privait de bénéfices escomptés. Une telle disposition représente une grave menace sur le pouvoir de régulation des autorités élues et nos droits démocratiques en donnant le pouvoir aux entreprises multinationales de contester, auprès de tribunaux d'arbitrage internationaux privés, des dispositions réglementaires prises pour protéger l'intérêt général! Elle risque également de décourager les gouvernements à prendre certaines mesures face aux menaces d'un possible recours devant ces tribunaux d'arbitrage.
« En son temps, le mouvement social s'était largement mobilisé pour obtenir le rejet de l'AMI qui contenait les mêmes dispositions. Aujourd'hui il est temps que nous fassions de nouveau entendre notre voix pour réaffirmer notre opposition à un projet d'une telle régression démocratique. » déclare Frédéric VIALE de l'association ATTAC.

 

Cet accord est également très offensif en matière de libéralisation des services publics, allant au-delà de l'AGCS (Accord Général sur le Commerce des Services). Jusqu'ici, les parties engageaient des listes dites "positives", c'est-à-dire des listes de secteurs retenus pour être libéralisés. Avec l'AÉCG, c'est la démarche inverse dite approche par « liste négative » qui est adoptée : les partenaires sont invités à soumettre les secteurs qu'ils ne veulent pas voir libéraliser. Autrement dit tout ce qui n'aura pas été listé sera réputé libéralisable! Et d'après les dernières informations rendues accessibles par une fuite, les services en matière de santé, d'éducation, d'électricité, de télécommunication, d'eau potable, de cultures n'ont pas été exclus.
« Une véritable aubaine pour nos entreprises multinationales qui voient là l'opportunité de mettre la main sur les services publics du Canada, et surtout du Québec, qui compte beaucoup de services publics non encore privatisés. En contrepartie, l'UE consent à une libéralisation non maitrisée de ses services, ainsi qu'à un affaiblissement des normes sanitaires et environnementales beaucoup plus strictes en Europe qu'au Canada. » déplore Fanny SIMON de l'association AITEC.

 

En effet, le Canada utilise les négociations de l'AÉCG pour faire pression sur les réglementations environnementales et sanitaires de l'UE, jugées trop complexes et considérées comme des mesures protectionnistes. Ainsi les négociateurs canadiens sont particulièrement offensifs sur la question des carburants extrait de sables bitumineux. Ils font pression d'une part pour que l'UE cesse de réglementer, voir d'interdire cette extraction sur son sol; et d'autre part, sur la directive européenne « Qualité des carburants » visant à lutter contre les changements climatiques1. La même logique est à l'œuvre sur la directive REACH, réglementant les marchés des produits chimiques, ainsi que sur l'interdiction d'importation de bœuf aux hormones en Europe.

 

Face à une telle offensive, les syndicats, organismes et associations des deux côtés de l'Atlantique disent Non à cet accord en publiant une déclaration conjointe « Accord de libre-échange UE-Canada (AÉCG): les entreprises ne feront pas la loi! ». « Cette déclaration dénonce l'approche de l' AÉCG qui ne défend que les intérêts privés de nos entreprises multinationales au dépens des droits socio-économiques, environnementaux, culturels et surtout de nos droits démocratiques, et demande l'interruption immédiate de ces négociations. » déclare Pierre-Yves SERINET représentant du Réseau québécois sur l'intégration continentale (RQIC).

 

Contact presse:
Fanny SIMON – AITEC
01.43.71.22.22 // 06.61.45.17.71 – fannys.aitec@reseau-ipam.org

Déclaration « Accord de libre-échange UE-Canada (AÉCG): les entreprises ne feront pas la loi » ci-jointe et disponible sur:
http://aitec.reseau-ipam.org/IMG/pdf/UE-Can_DeclCommune_FINAL-Octobre11.pdf

http://www.guardian.co.uk/environment/2011/aug/04/canada-tar-sands-lobbying?intcmp=122

27/10/2011

La fin du statut de la fonction publique

Articles d'Indépendance des Chercheurs :

http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2011/10/26/fin-du-statut-de-la-fonction-publique-ii.html

Fin du statut de la fonction publique (II)

Le 26 octobre, évoquant les négociations en cours, Challenges écrit : « Zone Euro. Le pessimisme règne à l'ouverture du sommet de Bruxelles », alors que d'après Le Parisien, le premier ministre grec Georges Papandréou aurait invoqué « les idéaux que nous chérissons tant en Europe »Le Figaro rapporte : « Pékin investit encore 537 millions d'euros en Grèce » et, avec l'emblème « Les gens d'bord, pas le profit »Solidaire emploie le titre « Grève générale et manifestations en Grèce : "Nous revendiquons la vie que nous méritons ! "»L'Express évoque « les dossiers clés du sauvetage de l'euro », notamment une importante decôte de la dette grecque assortie d'une recapitalisation des banques. En clair, ce sont les « petits citoyens » qui paieront la facture de la crise. S'ajoutera à ces mesures un renforcement de la « gouvernance européenne » évoluant vers une « Europe politique » renforcée et poussant à la privatisation des services publics et de l'ensemble du patrimoine des Etats. Quant au Fonds Européen de stabilité financière, il est question d'une participation chinoise. La Croix souligne « La Chine va participer au sauvetage de la zone euro ». De son côté, Romandie News commente explicitement « Crise/Les émergents prêts à aider la zone euro, incapable de se sauver seule », se référant à une possible contribution du groupe des Brics (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud), vraisemblablement via le Fonds Monétaire International (FMI) dont ont connaît la facture sociale des « aides ». Comment a-t-on pu en arriver à une telle dégringolade des ex-puissances européennes ? Quel est le bilan de plus de vingt-cinq ans de casse du secteur public, de politique antisociale, de délocalisations... le tout présenté de manière consensuelle comme un exemple de « bonne gouvernance » par les mêmes clans politiques qui continuent à diriger ces pays ? Malgré les assurances verbales de circonstance, il paraît évident que la fonction publique fraçaise, et avec elle les services publics, feront directement les frais de cette crise sans fin que « nos » propres « élites gestionnaires » ont générée et déclenchée. Lise Bonnafous a-t-elle été victime d'autre chose que de cette politique ?

[la suite, sur le lien http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2011/10/26/fin-du-statut-de-la-fonction-publique-ii.html ]

 et pour rappel :

http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2011/10/21/suicides-d-enseignants-et-crise-de-societe-i.html

Suicides d'enseignants et crise de société (I)

 Le 21 octobre, La Dépêche 
écrit « Carcassonne. SOS profs en souffrance », évoquant l'émoi des professeurs du lycée Jules-Fil après le suicide de l'enseignante du lycée Jean-Moulin de Béziers, Lise Bonnafous, qui s'est immolée par le feu sur son lieu de travail devant ses élèves. Sept Jours rapporte à ce sujet : « Agen. Hommage et émotion à Jean Baptiste De-Baudre ». Sur la réaction au sein du même lycée, on peut lire aussi : « Hommage des profs à leur collègue suicidée » (La Dépêche). Ou pour Rodez, Foch et Monteil, toujours dans La Dépêche : « Rodez. Une marche blanche en mémoire de Lise Bonnafous »L'Indépendant décrit à son tour la mobilisation du lycée Jean-Durand : « Castelnaudary - L'hommage de J.-Durand à l'enseignante de Béziers »Le Post publie une note signée PCF Béziers avec le titre « Béziers - suicide au lycée : l’hommage du père de l'enseignante », à propos de la lettre adressée par le père de Lise Bonnafous à Midi Libre. Mais les partis politiques de « gauche » et les directions syndicales ont-ils vraiment défendu les « cas particuliers » au cours des trois dernières décennies ? Trop souvent, c'est précisément par le biais d'un grand nombre de prétendus « cas particuliers », que des politiques globales néfastes mais « non dites » ont été menées à terme avec une totale passivité de la part de ceux qui disaient défendre les intérêts de salariés et fonctionnaires. Des questions d'importance stratégique ont ainsi été noyées par l'apparence de « problèmes de personnes » sciemment fabriquée. Et qui se souvient du suicide récent d'une autre enseignante, Caroline Garnier (voir, pour rappel, l'article du Dauphiné) ?  Le 21 octobre également, Le Figaro emploie le titre « Professeurs : "Tout s'accumule pour faire de nous des dépressifs" ». La veille, VousNousIls écrivait « Malaise enseignant : la parole se libère ». Et qui peut ignorer que le malaise ne touche pas seulement les enseignants ? Il n'y a pas si longtemps, France Télécom a encore connu un suicide par le feu sur le lieu de travail (Le MondeLe Parisien...). Après plus de vingt-cinq ans de privatisations, de délocalisations, de marchandisation des services publics, de précarisation de l'emploi et de soi-disant  « bonne gouvernance », quel est l'état de la société française ? Et quel a été le rôle de l'Union Européenne ?

 [la suite, sur le lien 
http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2011/10/21/suicides-d-enseignants-et-crise-de-societe-i.html ]