Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

03/06/2016

Montpellier : l'imposture de la gare TGV en zone inondable

information locale : (les surlignages sont de moi)

à lire :

A Montpellier, une idée géniale : construire une gare en ... - Reporterre

reporterre.net/A-Montpellier-une-idee-geniale-construire-une-gare-en-zone-inondable

http://reporterre.net/Les-LGV-ne-dynamisent-pas-les

Montpellier : l'imposture de la gare TGV de la Mogère révélée ...

www.lamarseillaise.fr/gard/developpement-durable/49120-montpellier-l-imposture-de...

Il y a 17 heures - Située à proximité d'Odysseum à Montpellier, la gare TGV dite de la ... la diffusion est interdite - LMRS - (c) Copyright Journal La Marseillaise ... de l'Observatoire de la saturation ferroviaire révèle que ni la gare ... Publié dans Développement durable ... Loi travail : les rendez-vous du 26 mai dans le Gard.

Montpellier : l'imposture de la gare TGV de la Mogère révélée

Située à proximité d'Odysseum à Montpellier, la gare TGV dite de la Mogère doit être construite en partie en zone inondable. 

Un compte rendu de l'Observatoire de la saturation ferroviaire révèle que ni la gare Saint-Roch ni la ligne actuelle ne sont saturées en vue du contournement Nîmes-Montpellier en 2020.Lors du dernier comité de pilotage du 24 mai, la SNCF aurait émis des doutes sur l'utilité de la future gare dans l'attente de la LGV. Que vont faire les collectivités ?

Les masques tombent. Après des années de langue de bois mêlée de non dits, le château de cartes conçu par Georges Frêche et Réseau ferré de France autour du projet de la gare TGV de la Mogère est en train de s'effondrer, au moment où s'achève le gros-oeuvre du bâtiment à 142,7 millions d'euros.

Des signes précurseurs étaient perceptibles. Jeudi dernier, le président de la Métropole de Montpellier, Philippe Saurel, avait évoqué la possibilité que cette « gare fantôme » devienne « le plus grand scandale financier de France ». On comprend mieux pourquoi.

Le compte rendu de la dernière réunion (11 mai) de l'Observatoire de la saturation ferroviaire Nîmes-Perpignan révèle que l'argument principal invoqué pour justifier la construction d'une gare TGV à Montpellier - la hausse du trafic mêlée à la saturation de la ligne actuelle et de la gare Saint-Roch - est parfaitement infondé.

Trafic ferroviaire plutôt stable

Seul le taux d'occupation (58%) du quai A de la gare Saint-Roch s'approche du seuil jugé limite (60%). Aucun des cinq autres quais : B 37%, C 36%, D 20%, E 29% et F 33%.

Si le trafic des voyageurs a bien augmenté entre 2003 et 2013 (+38% sur les TER grâce aux offres régionales Kartatoo ou le TER à un euro), le nombre de trains, dont le taux de remplissage oscille péniblement entre 77 et 80,5% aux heures de pointe, est resté sensiblement identique. Depuis dix ans, on en dénombre chaque jour (hors week-end) toutes catégories confondues entre 80 et 90 sur le tronçon Narbonne-Perpignan, de 130 à 145 sur Montpellier-Narbonne et 160-170 entre Nîmes et Montpellier. Malgré un regain d'activité depuis 2014, le trafic fret a même perdu près d'une quinzaine de trains journaliers entre Nîmes et Montpellier ainsi qu'entre Nîmes et Narbonne.

En se basant sur le taux d'utilisation maximum reconnu par les experts (75%), l'Observatoire concède que la plupart des tronçons (Perpignan-Narbonne 52% ; Narbonne-Béziers 32%...) sont loin d'être saturés. Il précise que seuls deux (Nîmes-Montpellier utilisé à 76,5% et Montpellier-Béziers à 76%) atteignent des « valeurs jugées limites ». Et ce alors même que ces chiffres ne prennent pas en compte l'absorption des trains de fret* par la voie du contournement ferroviaire Nîmes-Montpellier qui doit être mise en service en 2018. 

« Gare fantôme » jusqu'à la LGV ?

Pour l'écologiste Christian Dupraz, c'est une évidence. « Les projets des gares TGV de la Mogère et de Manduel ont été conçus sur un mensonge technique scandaleux pour des visées immobilières qui n'ont rien à voir avec le transport ». En disant cela, le conseiller régional EELV vise le projet des quartiers d'affaires Ode et surtout Oz. Imaginés par Georges Frêche, ils ont été lancés par Jean-Pierre Moure à l'Agglo et « verrouillés par Claude Cougnenc (DGS) à la Région », regrette Dupraz.

Par ailleurs, selon nos informations, la SNCF aurait confirmé lors du dernier comité de pilotage (24 mai) qu'aucun train ne pourra arriver à la Mogère tant que le contournement Nîmes-Montpellier ne sera pas opérationnel. Elle aurait même émis de sérieux doutes sur l'utilité de la gare TGV tant que la ligne nouvelle Montpellier-Perpignan ne serait pas mise en service (horizon 2030 si le projet est financé).

Autant d'annonces qui auraient suscité la colère de Carole Delga. La présidente (PS) de Région a d'ailleurs programmé une réunion du groupe majoritaire demain sur ce sujet. Des annonces pourraient être faites ce vendredi à quinze jours de la réunion des états généraux du rail à Montpellier (16 juin).

Reste une question. N'est-il pas trop tard pour stopper les travaux à la Mogère qui doit être livrée en décembre 2017 ? « Si l'on sait que cette gare ne servira à rien pourquoi continuer ? Le scandale financier est inéluctable. Plus on attend et plus le coût sera lourd », assure Michel Julier du collectif opposé à la gare.

Si la charpente n'attend plus que le toit, il reste bon nombre de travaux à réaliser. Sans parler des aménagements hydrauliques censés contrebalancer le fait qu'une partie du parking et du bâtiment voyageurs doivent être construits en zone inondable.

Rémy Cougnenc

* Et quelques TGV ne s'arrêtant ni à Montpellier ni à Nîmes.

 

 

http://reporterre.net/A-Montpellier-une-idee-geniale-construire-une-gare-en-zone-inondable

A Montpellier, une idée géniale : construire une gare en zone inondable

2 juin 2016 Lorène Lavocat (Reporterre) 

Destinée au contournement de Montpellier, la gare de La Mogère est censée ouvrir fin 2017. En... zone inondable ! Et qui ne servira presque à rien. Les travaux se poursuivent, mais la nouvelle majorité régionale hésite à financer ce gaspillage, réfléchissant à sa politique pour les transports.

Montpellier (Héraut), reportage

La voiture de Jacky Bessières quitte la voie rapide pour emprunter une petite route défoncée par le passage des camions. Les montagnes de terre succèdent aux tranchées béantes. « Ici, c’est le chantier du doublement de l’autoroute A9, et là, celui du contournement ferroviaire Nîmes-Montpellier », commente notre guide. Sur des centaines d’hectares au sud de Montpellier, grues et gravats ont remplacé les champs. Seul un petit tapis verdoyant subsiste, traversé par un mince filet d’eau, « qui peut se transformer en torrent lors des épisodes cévenols », assure M. Bessières. En face, une imposante structure de béton est sortie de terre. Des maçons s’activent, et le moteur des tractopelles couvre le ronronnement de l’autoroute voisine. « C’est ici qu’ils construisent la future gare de La Mogère. Quand j’étais petit, il n’y avait que des fermes. »

Cette gare a déjà un nom, Montpellier-Sud-de-France, une date d’ouverture, décembre 2017, et une réalité physique : une immense dalle posée sur de hauts piliers. Pourtant, son financement est aujourd’hui remis en cause. La nouvelle région Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées (LRMP) a suspendu le versement de l’enveloppe de 32 millions d’euros allouée au projet, le temps de faire le point. Un moratoire réclamé — et obtenu — en décembre dernier par la liste citoyenne et écologiste de Gérard Onesta, opposée à ce projet « inutile et dangereux ». Une gare à 135 millions d’euros, pour quelques TGV par jour, sans correspondance, alors que celle du centre-ville de Montpellier vient d’être refaite,« est-ce indispensable ? » s’interroge Jean-Luc Gibelin, conseiller régional communiste en charge des transports.

La Mogère pourrait grossir le nombre des stations fantômes

« Le rail aujourd’hui fait clivage, explique-t-il. Nous voulons que le rail fasse région. » Dans cette optique, il a lancé avec la présidente de région, Carole Delga, les états généraux du rail et de l’intermodalité. Une trentaine de réunions publiques, un questionnaire en ligne, des débats… Bref, une vaste consultation, d’avril à fin juin, pour discuter ferroviaire… et aborder les sujets qui fâchent, comme la gare de La Mogère. Pour Michel Julier, accro à la petite reine et porte-parole du collectif Stop Mogère, ces états généraux sont l’occasion rêvée de prouver l’inutilité de cette gare : « Plus personne ne se donne la peine de prétendre qu’elle serve à quelque chose. » À l’issue de cette concertation, le conseil régional pourrait décider de se retirer définitivement du projet et ainsi compromettre sa poursuite.

Argent ou pas, sur place, le ballet des tracteurs continue. Joint au téléphone parReporterre, le maire de Montpellier, Philippe Saurel, reste sceptique quant à une interruption possible du chantier : « Je ne vois pas comment arrêter une gare qui va être finie dans un an. » D’abord opposé à La Mogère, l’édile s’est finalement rallié au projet« malgré tout » et malgré lui. En cause, « la quasi intégralité des fonds a déjà été versée, il est trop tard pour reculer ». Mais les opposants récusent cette fatalité. Le porte-parole du collectif Stop Mogère, Michel Julier, n’en démord pas : « Cette gare ne servira à rien, c’est du gaspillage de fonds publics. » À ses côtés, Jacky Bessières, qui défend les consommateurs au sein de la CFDT locale, approuve.

Depuis une petite butte surplombant le chantier, il désigne au Nord, à quelques kilomètres, le centre-ville de Montpellier. « La SNCF a achevé en 2014 la rénovation totale de la gare Saint-Roch, avec une immense nef, six voies accessibles, un parking géant… elle fonctionne très bien, d’autant mieux qu’elle est desservie par quatre lignes de tramway. » Alors pourquoi en construire une nouvelle ? Depuis plus de dix ans, les pouvoirs publics réfléchissent à un contournement ferroviaire Nîmes-Montpellier (CNM), pour les trains de fret et les TGV, afin de désengorger la ligne actuelle, peu fiable. En 2012, lors du bouclage financier du projet, deux gares, à Nîmes et à Montpellier, sont adjointes. Avec un argument principal : la ligne à grande vitesse vers l’Espagne, qui devrait augmenter le trafic. Mais depuis, cette ligne à grande vitesse (LGV) est sans cesse repoussée — sans échéance certaine à ce jour — et l’actuelle gare ne devrait pas être saturée avant 2030. Résultat, avec une fréquentation potentielle de trois trains par jour (si la gare de Nîmes, contestée elle aussi, ne se fait pas), La Mogère pourrait grossir le nombre des stations fantômes. « Si cela arrive, on va m’entendre hurler jusqu’à l’autre bout de la Méditerranée », prévient Philippe Saurel.

Qu’à cela ne tienne, d’après le site de SNCF-Réseau, qui porte le projet, la gare devrait« favoriser le développement économique de Montpellier en permettant le passage plus fréquent des trains à grande vitesse ». Trois heures pour relier Paris, contre 3 h 15 actuellement depuis Saint-Roch : quel changement ! Sauf que, d’après les calculs du collectif Stop Mogère, en prenant en compte le temps de parcours depuis le centre-ville, en voiture ou en transport en commun, « on allonge en fait la durée du trajet globale de 30 à 60 minutes ! ».

En zone inondable...

« Un pôle d’affaires a été pensé autour de la gare, poursuit SNCF-Réseau. Ce pôle d’échange multimodal sera au cœur du projet “Oz nature urbaine”, un centre d’affaires, campus créatif, ville résidentielle, intense ou commerçante… intimement mêlés à la nature. » Pour Michel Julier, l’affaire est entendue : « La gare n’est qu’un prétexte à poursuivre des projets immobiliers. » C’est surtout la concrétisation d’un vieux rêve. Dès la fin des années 1980, l’ancien maire, George Frêche, déclarait vouloir installer « Montpellier au bord de la Méditerranée »… en grignotant via l’urbanisation la dizaine de kilomètres qui sépare la ville de la mer.

Ce rêve pourrait virer au cauchemar, car la future gare est aujourd’hui située en zone inondable. La partie centrale se trouve même en zone rouge du plan de prévention du risque d’inondation (PPRI). En cause, un petit ruisseau qui traverse le site, à peine visible depuis la route. « Avant, on venait y noyer les chatons », se rappelle Jacky Bessières. D’où son nom occitan, le Negue-Cats. Mais à l’automne, le ru sort volontiers de son lit. Lors des derniers épisodes méditerranéens d’octobre 2014, le Negue-Cats a débordé, inondant les alentours. « Nous sommes restés coincés au bureau », raconte Michel Julier, qui travaillait à proximité.

« Construire une gare TGV et un quartier dans une zone inondable serait une erreur lourde de conséquences, estime le collectif citoyen Eau secours 34Imperméabiliser 30 hectares sur 60 dans une zone d’expansion de crues en serait une autre. » La preuve n’est plus à faire : l’artificialisation des sols limite l’écoulement, augmente le ruissellement et donc le risque d’inondations. Pour faire face aux crues, les maîtres d’ouvrage prévoient grand : surélévation de la gare, bassins de rétention, compensation des sols imperméabilisés. D’ailleurs, d’après Philippe Saurel, « l’enquête publique n’ayant pas contredit l’emplacement, j’imagine que la gare n’est pas inondable ».

Ces arguments ne convainquent pas les opposants : « La construction de bassins de rétention ne peut garantir une protection efficace contre de très fortes inondations, et cela dans un contexte où le changement climatique a déjà entraîné une augmentation de 30 % de l’intensité des épisodes méditerranéens en 50 ans », tranche Eau secours 34. Une nouvelle enquête publique devrait être lancée concernant les futurs bassins de rétention, nommés « Parc de la Mogère ».

« Grande vitesse ou trains du quotidien, que privilégie-t-on ? »

Autre point épineux du projet, son montage financier. Contournement ferroviaire et gare font partie d’une même convention de financement, signée en 2012, mais sont portés par deux partenariats public-privé (PPP) distincts : le premier avec Bouygues, le second avec un consortium comprenant Icade, Fondeville et la Caisse des dépôts et consignations. Or, pour les opposants, le PPP n’a pas lieu d’être pour la gare : « La loi prévoit trois cas où ce genre de contrat dérogatoire est possible, explique Michel Julier. L’urgence, la complexité des travaux ou le coût avantageux : nous ne sommes dans aucun de ces cas de figure. »Quatre recours ont ainsi été déposés contre ce partenariat. Michel Julier attaque, quant à lui, la déclaration de projet elle-même : « Il n’y a pas eu de concertation ni d’étude d’impact globale prenant en compte la gare, le quartier d’affaires et toutes les infrastructures concomitantes envisagées. »

Le collectif Stop Mogère demande donc l’abandon du projet de gare, après la finition de la dalle-pont, quasiment achevée. Elle pourrait servir de plate-forme de triage pour le fret. Quid alors des 135 millions d’euros que coûtent La Mogère « Une bonne partie est déjà versée, et le consortium privé réclamerait à coup sûr des indemnités, craint Philippe Saurel.Nous sommes pieds et poings liés dans cette affaire ! » Mais personne n’est en mesure d’évaluer véritablement le coût d’un abandon. La région réalise en ce moment une estimation.

Car la majorité régionale n’a pas l’air pressée de revenir dans la course. Une question de priorité, explique Jean-Luc Gibelin : « Avec un budget limité comme le nôtre, on ne peut pas tout faire. Grande vitesse ou trains du quotidien, que privilégie-t-on ? » Deux modèles de transport, mais aussi deux modèles de société, qui sont en ce moment débattus aux états généraux du rail.

 

http://reporterre.net/Les-LGV-ne-dynamisent-pas-les

Les LGV ne dynamisent pas les territoires

19 avril 2012 Marie Delaplace 

Selon la chercheuse Marie Delaplace, spécialiste des LGV, il n’y a aucune corrélation entre le dynamisme d’un territoire et l’arrivée d’une LGV

Universitaire, économiste et urbaniste, Marie Delaplace, professeur à l’université Paris-est- Marne-la-Vallée, membre de l’Institut français d’urbanisme et du Lab’Urba, est spécialiste de l’impact des LGV sur le développement local et régional.

Sud Ouest -. Une LGV a-t-elle un effet sur l’économie d’un territoire ?

Marie Delaplace - Non ! Il faut vraiment dépasser ce cliché. Entre chercheurs, nous sommes tous d’accord pour dire qu’elle n’a pas d’effets structurants en soi. Il n’y a rien d’automatique. Quand il y a un impact, c’est à chaque fois dans un contexte très particulier. Sauf exception, il n’y a aucune corrélation entre LGV et dynamisme d’un territoire.

Qu’est-ce qui vous permet de l’affirmer ?

Nous avons par exemple étudié la croissance de l’emploi de 1 400 unités urbaines de plus de 9 000 habitants sur plusieurs années. Qu’elles soient desservies ou non par une LGV, ne change rien. Celles qui ont une LGV ne se détachent pas, n’évoluent pas différemment. Si elles étaient dynamiques elles le restent, et inversement. Certaines sortent du lot. Par exemple, Sablé-sur-Sarthe (72), s’est étonnamment développée. Il faut dire que c’est la ville de François Fillon, ça aide peut-être à attirer les entreprises…

Mais alors, à quoi sert une LGV ?

À aller d’un point à un autre plus rapidement. Ça améliore la qualité de vie des voyageurs. On note un petit effet sur les cadres, mais généralement, les gens ne font pas plus de trajets. Ils font plus vite des trajets qu’ils auraient faits de toute façon.

Comment expliquer, avec des conséquences positives aussi faibles, qu’autant de villes se soient battues pour avoir leur LGV ?

C’est l’effet de l’image positive forte du TGV. L’avoir sur son territoire, c’est être dans son temps, être « in », être dans la cour des grands. Sans doute parce que la première ville de province à avoir le TGV a été Lyon, qui est quand même la deuxième aire urbaine de France.

Dans une ville comme Reims par exemple, des entreprises se sont pourtant installées ?

Sauf que la plupart étaient déjà là et ont profité des locaux neufs construits autour de la gare pour se relocaliser. Dans le nouveau quartier d’affaire de Clairmarais, derrière la gare, sur 50 entreprises installées, 70 % étaient déjà sur le territoire. Dans nos études, lorsqu’on leur demande pourquoi elles se sont implantées ici, elles invoquent cette offre immobilière nouvelle. Très rarement la LGV. Et quand la LGV est citée, c’est en 2e ou 3e position dans la liste. Les zones d’activités périphériques fonctionnent souvent beaucoup moins bien, quand elles ne restent pas quasiment vides pendant des années comme à Valence, ou à Mâcon.

Y a-t-il une incidence sur le prix des logements ?

On ne constate pas de sursaut des transactions individuelles, pas plus de gens qui s’installent, pas de boum du nombre de résidences secondaires. La seule chose qui augmente, ce sont les prix de l’immobilier autour des gares. C’est un effet de rattrapage, car ces zones sont en général peu avenantes, pas rénovées. Or, l’arrivée de la LGV incite à repenser ces quartiers pour leur redonner de l’attrait.

Et sur le tourisme ?

La LGV peut favoriser un tourisme de destination [NDLR : quand on reste dans la même ville sans avoir besoin de se déplacer] et d’affaires. Bref, du tourisme de court séjour parce que par définition, on peut arriver et repartir plus vite. Pour le tourisme d’affaires, il faut que les infrastructures, l’équipement hôtelier, les centres de congrès suivent. Quand on veut rester plus longtemps, visiter les villes voisines, se balader à la campagne, et d’autant plus si on est en famille, on prend sa voiture.

Le maillage du réseau de transport autour de la LGV semble donc essentiel, pour que l’ensemble du territoire puisse profiter de cet outil…

Ce qui est important, c’est l’amélioration de la desserte par rapport à ce qu’il y avait avant. Ce n’est pas toujours le cas pour les villes qui étaient desservies par le TGV, roulant sur ligne classique, avant l’arrivée de la LGV. L’arrivée de la LGV peut signifier une dégradation de la desserte locale car, là où on avait des liaisons directes, on se retrouve à devoir changer de train une fois arrivé à la nouvelle gare LGV.

Sur ce point, l’implication des collectivités, et plus particulièrement de la Région est cruciale. L’idéal, bien sûr, c’est qu’il y ait tout, dessertes entre les métropoles et irrigation du territoire. Reste à voir ce qui est privilégié au final, car il reste compliqué pour les Régions de trouver les moyens de financer tout à la fois.

10/05/2016

États généraux du rail et gare de la Mogère : où en est le moratoire ?

communiqué :

États généraux du rail et gare de la Mogère : où en est le moratoire ?


Depuis le 21 avril et pour 80 jours la Région organise les états généraux du rail avec une grande consultation via un formulaire distribué dans les boites aux lettres, via une consultation par internet sur le site de la Région et via une série de réunions publiques.

Les réunions publiques dans les l'Hérault :
- 3 mai Béziers
- 24 mai Lodève
- 16 juin Montpellier

Cette démarche très intéressante ne permet pourtant pas de régler de façon démocratique la question des gares TGV hors villes centres, grands projets imposés par la SNCF partout en France avec des conséquences négatives en terme d'aménagement du territoire.

Le Nord (Hauts de France) avait ouvert la marche avec la fameuse gare des betteraves : TGV Picardie perdue au milieu des champs entre Amiens et Saint Quentin. Puis la gare de Valence TGV, Avignon TGV, etc.

Quel est le bilan des gares de ce type ?

Au regard du coût d'investissement, de la satisfaction (ou non) des usagers, de l'utilisation de la voiture pour la desserte (avec des parkings payants autour), de l'intermodalité transports en commun…

Quel comparatif avec les gares TGV de centre-ville : Lille-Europe, Strasbourg, Marseille ?

A ma connaissance ce genre d'études n'a jamais été mené et dans notre Région, nous allons voir sortir de terre une série de gares TGV excentrées :

- Nîmes Manduel
- Montpellier Sud de France La Mogère
- Béziers/Narbonne

La plus avancée est la gare de Montpellier La Mogère : la dalle a été posée et maintenant la charpente est en train d'être montée.

Une pétition en ligne a été lancée ce 21 avril 2016 et un collectif contre la gare de la Mogère existe depuis plusieurs années (voir articles précédents du site sur le sujet) :

Nouvelle gare TGV Montpellier : recours contre un projet absurde, inutile et couteux
Montpellier. Rassemblement mardi 13 octobre contre la nouvelle gare TGV
Montpellier. Le collectif contre la Gare de la Mogère répond à M. Delafoss

          
C'est sur cette base que l'accord de majorité signé le 21 décembre 2015 entre Carole Delga et Gérard Onesta suite aux élections régionales stipulait dans son article 3 :

« Dans l'attente des conclusions prochaines de ces États Généraux [du rail], nous proposons un moratoire sur les financements régionaux sur les projets faisant débat, tout en permettant le lancement des travaux pour les investissements ferroviaires pour lesquelles des études consensuelles ont été menées. »

Voir l'article sur le sujet sur le site : Etats généraux du rail et de l'intermodalité Grande région LR / MP

Gérard Onesta interviewé sur radio Languadoc (rediffusion entendue le 05/05/16) est sur cette position là et a rappelé le site de la pétition :

http://gareTGV-montpellier.agirpourlenvironnement.org

La Région est financeur de la gare pour 1/3 donc si elle avait arrêté son financement, le chantier aura probablement été stoppé.

Mais depuis décembre 2015, le chantier ne s'est pas arrêté du tout et il en arrivé maintenant à un niveau qui pose la question d'un retour en arrière : lorsque la charpente sera achevée pourra-t-on laisser le site en l'état ou devra-t-on finir le bâtiment puis ensuite l'entretenir et ouvrir la gare ?

Quel est donc cet engagement de moratoire sur les financements régionaux sur les projets faisant débat ? Cela concernait-il la gare de la Mogère ?

Au regard des photos ci-dessous prises le 14 avril 2016 par Michel Julien, membre du collectif contre la gare de la Mogère, que penser ?

Carole Delga est-elle en train de renier un engagement de son accord majoritaire au détriment des habitant-e-s de Montpellier et alentours ?

Aude Tramon

États généraux du rail et gare de la Mogère : où est le moratoire ...

www.resistons.net/index.php?.../États-généraux-du-rail-et-gare-de-la-Mo...
Il y a 4 jours - Depuis le 21 avril et pour 80 jours la Région organise les états généraux du rail avec une grande consultation via un formulaire distribué dans ...

Montpellier : la gare TGV de la Mogère au centre des “états généraux ...

france3-regions.francetvinfo.fr/.../montpellier-la-gare-tgv-de-la-mogere-...

24 mars 2016 - La future gare TGV de Montpellier de la Mogère est-elle inondable ? ... Généraux du Rail et des Intermodalités, mais c'est un moratoire des ...

28/11/2012

Séparation des activités bancaires de dépôt et de spéculation (suite de la promesse de Hollande)

lu sur :

http://www.lemonde.fr/economie/article/2012/11/28/reforme-bancaire-paris-moins-ambitieux-que-londres-ou-washington_1796981_3234.html

Le Monde.fr a le plaisir de vous offrir la lecture de cet article habituellement réservé aux abonnés du Monde.fr. Profitez de tous les articles réservés du Monde.fr en vousabonnant à partir de 1€ / mois | Découvrez l'édition abonnés

Réforme bancaire : Paris moins ambitieux que Londres ou Washington

LE MONDE | 28.11.2012 à 12h24 • Mis à jour le 28.11.2012 à 16h46Par Anne Michel

Un "mini Volvic". Pour Hubert de Vauplane, avocat en droit bancaire au cabinetKramer Levin Naftalis & Frankel, professeur à l'université Panthéon-Assas (Paris-II), le projet de loi de réforme bancaire qui a été soumis, mardi 27 novembre, au Comité consultatif de la législation et de la réglementation financières, est bien loin des réformes américaine (Volcker) et britannique (Vickers). Il n'entraînera pas la grande réforme de structure attendue, ce "big bang" bancaire censé protéger les dépôts des clients des risques liés aux opérations sur les marchés financiers.

Là où les Etats-Unis choisissent d'interdire aux banques de dépôt de gérer pour leur compte propre tous types de produits financiers, là où le Royaume-Uni promet de cantonner les activités de banque de détail, la France prend une troisième voie. Plus étroite ; moins ambitieuse. Elle cantonne dans une filiale les opérations financières réalisées par les établissements bancaires pour leur propre compte, mais des opérations "réduites à peau de chagrin", estime M. de Vauplane. 

Seules les opérations jugées purement spéculatives et inutiles à l'économie, ne possédant aucun lien avec les clients, sont en effet cantonnées. Toute l'activité dite de "tenue de marché" est épargnée. Si elle découle des demandes des clients (par exemple, la vente de produits financiers couvrant des entreprises contre le risque de change), elle conduit également les banques à prendre des positions "directionnelles" (massives, potentiellement dangereuses) pour garantir la liquidité des marchés, soit la revente des produits...

Le négoce de produits dérivés de matières premières agricoles – accusé de fairevarier les prix – et le trading haute fréquence – le négoce de titres financiers à grande vitesse – seront pour leur part interdits. Mais, une fois encore, seulement s'ils sont réalisés pour compte propre. "Ce qui est cantonné ou interdit est très limité. Pour frapper fort et tirer les leçons du passé, le gouvernement aurait puinterdire le compte propre, organiser une vraie séparation des activités bancaires",poursuit M. de Vauplane.

BERCY "NOUS A ENTENDUS"

Les banques se félicitent d'ailleurs de la réforme : Bercy "nous a entendus. La texte préserve le financement de l'économie", confiait, mardi, le président d'une grande banque française.

"La distinction entre les activités utiles à l'économie et la spéculationpeut semblerfrappée au coin du bon sens. Elle permet également de ne rien faire", analyse pour sa part Thierry Philipponnat, le secrétaire général de Finance Watch, une association internationale défendant une finance au service de l'intérêt général.

Selon M. Philipponnat, la séparation des activités de dépôt et de marché s'imposait, "car elle trace la frontière entre des activités de nature différente. Les dépôts doivent rester le lieu de la création de masse monétaire. Le fait que la création monétaire alimente les marchés, notamment les produits dérivés, crée l'effet pervers".

Du point de vue des experts, par rapport à cette réforme de structure light, la partie du projet de loi consacrée à la régulation est peut-être la plus importante.

Le texte accroît, en effet, considérablement les pouvoirs de l'Autorité de contrôle prudentiel (ACP). Il lui confère la responsabilité d'aller vérifier l'envers des opérations financières et leur utilité économique, et donc d'en interdire certaines. Il lui octroie aussi la capacité de prendre le contrôle d'une banque défaillante.

Les économistes, après la crise de 2007-2008 et les années d'excès, avaient estimé que le pouvoir revenait aux banques centrales. "C'est vrai, estime M. de Vauplane, c'est le grand retour du gouverneur de la Banque de France." Mais, sur ce terrain aussi, les experts attendent des actes. "Tout dépendra de l'usage que fera l'autorité de tutelle de ces nouveaux pouvoirs", dit un haut fonctionnaire.

Secteur bancaire et assurance

Édition abonnés Contenu exclusif

07/09/2012

Vers une troisième guerre mondiale ? (suite)

Une vidéo intéressante :

Programmation de la crise économique et financière  ... - YouTube

 

http://www.youtube.com/watch?v=VkooRczy5bg&feature=share

17/06/2012

Espagne: manifestation aux cris de "voleurs" devant Bankia

lu sur Romandie News (lien ci-contre):

http://www.romandie.com/news/n/Espagne_manifestation_aux_cris_de_voleurs_devant_Bankia74170620120725.asp

07:25    Espagne: manifestation aux cris de "voleurs" devant Bankia

Tapant pour certains sur des tambours et des casseroles, et aux cris de "voleurs", des milliers de personnes ont manifesté samedi devant le siège de Bankia à Madrid. Ils ont fustigé le sauvetage public de la banque qui a précipité une crise financière et un plan d'aide européen d'envergure.

Les manifestants avaient auparavant défilé pendant deux heures, à l'appel de plusieurs groupes du mouvement des "indignés", né en mai 2011 de l'exaspération à l'égard de la crise, pour dénoncer la corruption et l'incapacité des politiques à en sortir.

Sur le chemin, ils ont collé des affiches sur chaque succursale de Bankia où on pouvait lire: "cette banque trompe, escroque, et jette les gens à la rue", faisant allusion aux expulsions en série de propriétaires ne pouvant plus payer leur crédit et aux "produits toxiques" vendus par la banque.

Sauvetage public dénoncé

"Coupables! Coupables! Voleurs! Voleurs!", hurlaient les manifestants devant le siège de la banque, quadrillé par une haie de policiers antiémeute portant des gilets pare-balles et qui ont troqué leur casquette pour un casque à l'arrivée du cortège.

"Votre dette, nous ne la paierons pas", "nous voulons une solution, les banquiers en prison", criaient-ils encore à grand renfort de cornes de brume, de sifflets, en tapant sur des casseroles et des tambours.

Tous dénoncent le sauvetage public de 23,5 milliards d'euros de Bankia et le plan d'aide européen atteignant jusqu'à 100 milliards d'euros destiné au secteur bancaire espagnol.

Plainte contre Bankia

"Sauvetage bancaire = vol des citoyens", pouvait-on lire sur une banderole. "Car ils veulent convertir la dette privée des banques en une dette publique. C'est une escroquerie", s'emporte Oscar, un chômeur de 46 ans.

Les "indignés" ont porté plainte jeudi contre Bankia, exigeant, comme d'autres organisations de la société civile, des comptes sur le scandale bancaire qui a plongé le pays dans une crise financière historique.


(ats / 17.06.2012 07h25) 

26/03/2012

Une propriété de 160 km2

lu sur :

http://www.lepoint.fr/monde/le-liechtenstein-derniere-dictature-d-europe-occidentale-25-03-2012-1444959_24.php

Le Liechtenstein, 160 km2 et 36 000 habitants, va peut-être entrer cette année dans le XXIe siècle. Une poignée de citoyens a déposé un projet d'"initiative populaire" intitulé "Oui, pour que ta voix compte". Ces courageux Liechtensteinois demandent que le prince Hans-Adam II von und zu Liechtenstein perde son droit de veto, à la fois sur le gouvernement, sur les députés, et même sur les résultats des "votations", c'est-à-dire des référendums.

Le système politique de la principauté est partiellement calqué sur celui son voisin suisse. Les citoyens ont normalement le droit de demander que l'on modifie la Constitution. Dans une première étape, le Landtag, le Parlement local, fort de 25 députés, a validé cette "initiative populaire" révolutionnaire. Ensuite, si ce projet recueille 1 500 signatures, une "votation" aura lieu au mois de septembre. Le Liechtenstein pourrait alors devenir une vraie monarchie parlementaire.

L'avortement illégal

Ce minuscule territoire est devenu indépendant en 1806 grâce à Napoléon, lorsque l'empereur envahit et dissout le Saint-Empire, libérant le Liechtenstein de la tutelle des Habsbourg. Depuis, la principauté s'est d'abord rapprochée de l'Autriche, puis de la Suisse, adoptant sa monnaie. Après la Seconde Guerre mondiale, le Liechtenstein se mue en paradis fiscal, plus opaque encore que la Suisse. La famille princière est à la tête de LGT Group, la principale banque du pays, sa fortune est estimée entre 5 et 6 milliards d'euros.

Offrant un PIB par habitant parmi les plus élevés du monde grâce à la finance, le Liechtenstein reste, pour d'autres aspects, une contrée moyenâgeuse, où les femmes n'ont obtenu le droit de vote qu'en... 1984 ! Le catholicisme est religion d'État. En 1997, le pape Jean-Paul II a érigé Vaduz, la lilliputienne capitale (5 000 habitants), en archevêché, y plaçant Wolfgang Hass, un traditionaliste. En septembre 2011, les électeurs devaient voter pour légaliser l'avortement. Le souverain annonçait qu'il mettrait son veto si le oui l'emportait, empêchant ainsi son entrée en vigueur.

Des menaces contre les opposants

Finalement, à 52,3 % les Liechtensteinois ont refusé l'"initiative populaire" intitulée "Aider plutôt que punir". Une cinquantaine de femmes continueront chaque année à se rendre en Suisse pour pratiquer une interruption de grossesse. Succédant à son père Franz Josef II en 1989, Hans-Adam II détient toujours le pouvoir, mais les affaires courantes sont expédiées par son fils, le prince héritier Aloïs. En 2010, le parquet de Hambourg a ouvert une enquête préliminaire contre Max von und zu Liechtenstein, son jeune frère. À la tête de LGT Group, il est soupçonné d'avoir perçu des commissions de nombreux déposants pour assurer la confidentialité de leurs données bancaires.

Le quotidien suisse La Liberté, dans un article intitulé "Les sujets se révoltent contre le prince", assure que des membres du comité d'initiative pour rogner les pouvoirs du prince reçoivent des lettres de menaces. De son côté, Lepoint.fr peut attester que même la nomination d'un sous-bibliothécaire dépend toujours du bon vouloir de l'imposant château qui domine la capitale. Quant aux moindres critiques, elles ne s'expriment qu'à voix basse, et de préférence de l'autre côté de la frontière, en Suisse, du côté de Buchs ou de Sevelen. "Dans un pays aussi petit, si je parle à un journaliste, tout le monde le saura", nous expliquait un financier. 

17/03/2012

Banques et produits dérivés

Tout le monde en parle.

lu sur :

http://www.lepoint.fr/economie/un-cadre-de-goldman-sachs-craque-et-le-dit-15-03-2012-1441743_28.php

DOCUMENT. Greg Smith a publié une tribune dans le "New York Times" expliquant pourquoi il claquait la porte. 

Par Alexis Buisson                  

Il s'appelle Greg Smith. Il a travaillé à Goldman Sachs pendant douze ans, à New York, puis à Londres. Au sein de la banque, il a été directeur exécutif, responsable des produits dérivés sur actions pour l'Europe, le Moyen-Orient et l'Afrique. Il est même apparu dans des vidéos de recrutement et a assuré la formation de jeunes diplômés fraîchement arrivés au sein de l'entreprise.

Le 14 mars dernier, il a claqué la porte de Goldman et l'a fait savoir au monde entier. Comment ? En publiant une tribune dans le quotidien The New York Times qui dénonce un "environnement qui n'a jamais été aussi toxique et destructeur". "Je suis triste de dire que, quand je regarde autour de moi aujourd'hui, je ne vois virtuellement aucune trace de la culture qui m'a fait aimer le travail dans cette compagnie pendant toutes ces années. Je n'ai plus la fierté, ni la foi."

Les clients ? "Des marionnettes"

Et le banquier frondeur de dérouler sa liste de griefs : il décrit notamment une culture de travail qui place le profit avant les besoins des clients. "J'assiste à des réunions sur la vente de dérivés durant lesquelles pas une seule minute n'est consacrée à se demander comment aider les clients. Il s'agit seulement de savoir comment nous pouvons leur tirer le plus d'argent possible." Des clients appelés "marionnettes" par la direction, poursuit-il. "Je ne suis pas au courant de comportements illégaux, mais le personnel vendra-t-il au client des produits lucratifs et complexes, même si ceux-ci sont contraires à ses intérêts ? Absolument. Tous les jours, en fait."

Il ajoute : "Ces jours-ci, la question la plus répandue au sein des analystes juniors sur les dérivés est : Combien d'argent avons-nous fait sur le client ? À chaque fois que je l'entends, cela me dérange, car c'est le reflet clair de ce qu'ils observent chez leurs leaders en termes de comportement."

Confirmation de stéréotypes

La lettre ouverte de Greg Smith a eu l'effet d'une bombe dans la presse et les milieux financiers. Mercredi, l'action du groupe a perdu 3,4 points à New York, la troisième plus forte baisse au sein de l'indice Standard & Poor's 500 ce jour-là. "On en parle beaucoup au travail", confie un employé de Goldman. Directement mis en cause dans ce que Smith appelle "le déclin de la fibre morale de la firme", son PD-G, Lloyd C. Blankfein, s'est fendu d'un communiqué dans lequel il estime : "Dans une compagnie de notre taille, il n'est pas rare que certaines personnes soient mécontentes. (...) Chacun a le droit à son opinion. Mais il est regrettable que l'opinion d'un individu soit amplifiée par un journal."

La sortie fracassante de Greg Smith ne fait que confirmer des stéréotypes déjà largement répandus à propos de Wall Street. Elle va dans le sens des conclusions de Liquidated, une étude ethnographique de 2009 sur le personnel de Wall Street : "Aujourd'hui encore, beaucoup de traders et de banquiers d'affaires arrivent à Wall Street en provenance de grandes écoles américaines, Harvard et Princeton en particulier, avec le sentiment que leur intelligence a été consacrée. Ce sentiment est instillé à chaque étape de leur formation, au moment de leur recrutement, lors des entretiens d'évaluation ou d'échanges informels", estime son auteur, l'anthropologue Karen Ho. Cela se ressent dans leurs relations avec le monde de l'entreprise. Aux clients, ils diront par exemple : "Nous sommes mieux placés que vous pour vous dire avec qui vous allez fusionner, qui vous allez acheter. Vous devez nous faire confiance. Notre intelligence a été couronnée."

Cliquez ici pour lire la traduction intégrale de la lettre de Greg Smith

22/12/2011

Les banques et le contrôle des États

lu sur :

http://www.romandie.com/news/n/_Espagne_Luis_de_Guindos_ancien_de_Lehman_Brothers_ministre_de_l_Economie211220111912.asp

Espagne: Luis de Guindos, ancien de Lehman Brothers, ministre de l'Economie


MADRID - Luis de Guindos, ancien président de la banque Lehman Brothers pour l'Espagne et le Portugal, a été nommé mercredi ministre espagnol de l'Economie, a annoncé le nouveau chef du gouvernement, le conservateur Mariano Rajoy.

Luis de Guindos, 51 ans, ancien secrétaire d'Etat à l'Economie (2002-2004), occupera, au sein du nouveau gouvernement de droite, un poste-clé, chargé de mener son programme économique exigeant, mêlant austérité et réformes, afin de redresser un pays menacé de récession et frappé par un chômage record.

Objectif principal: rassurer les marchés financiers, toujours sceptiques face à la santé financière de l'Espagne, en pleine crise de la dette.

Bras droit de Mariano Rajoy pendant toute sa campagne, Soraya Saenz de Santamaria, 40 ans, devient, sans surprise, numéro deux et porte-parole du gouvernement.

Jorge Fernandez Diaz, 61 ans, qui a été plusieurs fois secrétaire d'Etat dans le gouvernement de José Maria Aznar (1996-2004), a été nommé ministre de l'Intérieur.

José Manuel Garcia Margallo, député européen de 67 ans, sera chargé des Affaires étrangères.

Le maire de Madrid, Alberto Ruiz-Gallardon, 53 ans, devient, quant à lui, ministre de la Justice, tandis que Cristobal Montoro, 61 ans, sera ministre du Trésor, poste qu'il avait occupé de 2000 à 2004.

L'ensemble du gouvernement, composé de 13 ministres, prêtera serment jeudi matin devant le roi Juan Carlos.


(©AFP / 21 décembre 2011 19h58)   

10/12/2010

Reconsidérer le rapport à l'argent

lu sur :

http://www.marianne2.fr/Tuer-les-banques-Non-reconsiderer-le-rapport-a-l-argent_a200561.html
.
.
vendredi 10 décembre 2010 - Flore Vasseur

Depuis la révélation du scandale des subprimes, on a beaucoup glosé sur l’irresponsabilité des banques, leur capacité de nuisance sur l’économie réelle, l’impuissance du politique… On a beaucoup glosé mais de remise en cause, aucune. Rien n’a changé. Ou plus exactement, si, cela a changé… mais en pire. Depuis les plans de relance, les banques vont bien merci. C’est la société qui fait en faillite.

C’est dans ce contexte d’injustice croissante qu’il faut comprendre la sortie d’Eric Cantona sur les banques. Et son idée de « bank run » : Eric Cantona propose de faire la révolution en allant, comme d’un seul homme, retirer son argent des banques. L’appel a été relayé sur Facebook-te-voilà. Condamnation de l’opération à Droite, malaise à Gauche, même chez les plus à gauche de la Gauche. Il faudrait 3 millions de personnes pour faire « sauter la banque ». 30 000 âmes auraient annoncé, sur les réseaux sociaux, leurs intentions de passer à l’acte. Et les médias sont en alerte. On saura dans quelques heures si elles concrétisent et surtout, si cela déstabilise quoi ou qui que ce soit. En attendant, c’est le fantasme de révolte du peuple sur les technocrates. Seul le guichetier, témoin privilégié de cette haine du banquier, risque d’en faire les frais. Car à part des images d’Eric Cantona sortant de son agence bancaire les sacs de sports remplis – ou pas d’ailleurs - de billets, qu’attendre, en effet, de l’opération ? Un électrochoc politique ? Une réaction des marchés ? Autant croire - il est vrai que c’est de saison - au Père Noël.
Irresponsable, inutile, démago… les mesquineries n’ont pas manqué. Sauf qu’Eric Cantona a raison de rappeler aux citoyens, à chacun de nous donc, qu’il est acteur d’un système et que son pouvoir de subversion est décuplé par la technologie. Là aussi, c’est de saison. Car les moyens de lutter contre le pouvoir des banques existent. Il y a d’abord des décisions radicales à prendre au niveau politique, comme celles proposées par Paul Jorion pour limiter la spéculation. Oui, les gouvernements vont devoir choisir entre les banques et les citoyens. Mais engoncés jusqu’au cou dans les questions de compétitivité nationale – ou de guerre économique pour le dire franchement - ils semblent pour l’instant peu enclins – voire pas du tout équipés - pour assumer un choix en notre faveur.
Alors en attendant, restent les décisions radicales au niveau personnel. Et c’est là, encore une fois, qu’Eric Cantona a raison sur le fond. On peut commencer par changer de banques et privilégier les structures mutualistes (lanef.com ). Pour les offres et produits de crédits, on peut court-circuiter les banques et miser sur les prêts de personne à personne. Quelques sites internet commencent à proposer ces services (voir lendingclub.com, ou les philanthropiques kiva.org ou babyloan.org ). De la même manière, pour certains achats on peut choisir de régler en monnaies sociales ou locales (voir les réseaux sel ou sol), voire se convertir au troc en privilégiant ainsi les activités de proximité et donc les liens.

Car enfin, la grande angoisse des politiques, la vraie bombe révolutionnaire, ce n’est pas que le peuple assaillent les banques. Mais qu’il fasse la grève de la consommation. Elle est là, précisément la « bancocratie ». Là, la dépendance induite aux banques et à leurs produits miracles attrape débiles. Et à leur corollaire : la spéculation. Nous avons vécu à crédit. C’est fini. Il est là, le chantier politique, énorme : l’invention d’un projet de société sans crédit. Le cœur de la révolution, si on le cherche n’est donc pas dans la mise à mort des banques, mais dans le ré-aménagement de notre rapport à l’argent et donc au temps. Il ne s’agit pas tant de leur utilité sociale à elles, les banques. Mais de notre utilité sociale à nous, citoyens. Sommes nous autre « chose » que des consommateurs ? Mais biensur tout cela est bien plus engageant que de faire une descente chez son banquier. Et encore plus que de l’annoncer sur Facebook. Alors irresponsable? Vraiment ?
----------------
sur le même sujet :

15/10/2010

Néolibéralisme et subprimes : le comportement des banques aux USA

lu sur :

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/211e2c2c-d7d2-11df-8c37-4f6b8b04d2e4|0

.

Le nouveau scandale qui ternit l’image des banques américaines


Plus d’un million de familles américaines risquent de se retrouver à la rue cette année. Les établissements bancaires sont aujourd’hui accusés d’avoir bâclé les procédures de séquestre, qui pourraient être contestées

 

Une machine infernale: ces trois derniers mois, 288 345 maisons ont été saisies aux Etats-Unis, le nombre le plus haut depuis l’éclatement de la bulle immobilière, en 2006. A ce rythme, on s’attend à ce que 1,2 million de familles américaines supplémentaires se retrouvent à la rue pendant l’année 2010. Pourtant, cette machine pourrait être arrêtée. Depuis quelques semaines, ce qui prend l’allure d’un nouveau scandale lié aux «subprime» acquiert des dimensions de plus en plus vastes, après que cette pratique a déjà été à l’origine de la récente crise financière.

L’origine du scandale? De simples signatures qui ne collaient pas, au bas des documents des banques qui annonçaient aux propriétaires l’engagement de poursuites pour saisir leur maison. Signée par de fausses personnes, voire par des moyens automatisés, avec la confirmation de notaires qui, de toute évidence, n’avaient pas lu les dossiers, ou n’existaient pas. Ces pratiques étaient particulièrement répandues au sein des grands établissements de prêts hypothécaire, Bank of America, Ally Bank et JP Morgan. Elles mettent en évidence le manque de considération dont faisaient preuve les banques à l’égard de leurs clients, qui allaient être expulsés de leur maison sans qu’il soit prêté la moindre attention à leur dossier ou que soient étudiés les moyens d’éviter cette décision. Dans la presse américaine, Michael Heid, un responsable de Wells Fargo, semblait mettre en avant des raisons pratiques pour expliquer ces méthodes: engager 10 000 employés supplémentaires pour traiter correctement ces dossiers de saisies, justifiait-il, «représente un investissement substantiel en temps et en argent, ajouté à l’achat d’ordinateurs, aux cours de formation, et à tous les changements de système que cela aurait impliqués». En un mot, c’est à la chaîne que les maisons ont été saisies. Et ce malgré les efforts entrepris par l’administration de Barack Obama afin «d’humaniser» le processus.

Demande d’un moratoire

Mais cette manière de faire est aussi illégale. Dans les 50 Etats américains, les procureurs généraux ont décidé de lancer des enquêtes qui pourraient se traduire en autant de révisions de dizaines de milliers de cas de saisies douteuses. Les banques – qui toutes ont promis de stopper ce genre d’agissements – risquent en outre des plaintes pénales qui pourraient leur coûter cher.

Au sein du Parti démocrate, certains ont réclamé un moratoire pur et simple sur toutes les procédures de saisie en cours. Une per­spective que refuse toutefois ­d’envisager pour l’instant l’administration Obama, tant elle craint que cette action n’envenime encore le marché de l’immobilier.

Pourtant, ce n’est pas encore là la fin du scandale. Car, si les banques ont mis si peu de soin à vérifier certains de ces millions de dossiers, c’est éventuellement pour une autre raison: elles ne les ont peut-être jamais possédés. Alors que ces prêts hypothécaires ont été intégrés et disséminés dans des produits financiers complexes, ce nouvel épisode met en lumière une pratique qui, apparaît-il aujourd’hui, était monnaie courante à Wall Street pendant près d’une décennie: ces prêts hypothécaires ont été vendus par millions aux grandes banques sans que les documents physiques qui prouvaient ces acquisitions aient suivi.

Vaste compensation

Selon certains analystes, ces révélations pourraient être une aubaine pour les fonds de pension ou autres grands investisseurs qui ont perdu des milliards lors de la crise financière et pourraient se retourner contre les banques pour exiger de vastes compensations, voire pour démontrer le caractère illégal de leurs produits financiers, fondés sur les prêts immobiliers dont ils n’étaient pas propriétaires.

Peignant le diable sur la muraille, certains responsables de banque voient s’approcher des plaintes collectives qui pourraient les plonger dans des années de procédures légales et leur coûter extrêmement cher. Et tout cela à trois semaines des prochaines élections…

08/05/2010

L'argent virtuel, comment çà marche ?

lu sur :

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/1e3d9d6c-5a19-11df-b902-841ef4d1deef|0

.

panique sur les marchés
samedi8 mai 2010
.

Comment Wall Street a perdu 1000 milliards de dollars en un éclair

Les autorités américaines enquêtent sur le bref krach de jeudi. Aucun facteur précis n’est identifié. Mais le trading électronique et les bourses parallèles auraient amplifié le plongeon

Quarante-huit heures après l’effondrement record connu par Wall Street, la police financière américaine enquête. Comment, jeudi soir, le Dow Jones a-t-il pu plonger de 9,2% en quelques minutes – avant de remonter –, faisant brièvement partir en fumée 1000 milliards de dollars? Comment des géants comme Accenture, Philipp Morris ou Procter & Gamble ont-ils vu leurs actions s’écrouler en un clin d’œil de 40%, 50% ou plus? Même le président Obama est monté au créneau hier, demandant que la lumière soit faite sur ces mouvements erratiques.

Erreur humaine? Pas sûr…

Le flou reste total sur le facteur précis ayant déclenché la panique. Jeudi, les regards se sont focalisés sur une possible erreur de frappe d’un «trader» de Citigroup. Les précédents sont légion. Le 20 octobre 1987, un employé de George Soros avait ainsi transmis un ordre dix fois plus gros que prévu, faisant plonger le Dow de 10%. Cette thèse semble cependant peu à peu écartée. «Dans notre firme – et a fortiori chez Citi, qui dispose de services informatiques entiers –, des filtres très simples visent à empêcher ce type d’erreur; au pire le système laissera échapper une vente erronée de deux «lots» au lieu d’un seul… pas d’un milliard», avance Camille Hayek, responsable de Dynamic Capital, un hedge fund spécialisé dans le trading systématique. Pourtant, «dans l’affaire Kerviel, la Société Générale n’avait pas appliqué les procédures permettant d’éviter les paris excessifs pris par son courtier», rappelle Jürg Schwab, chef de la salle des marchés de Swissquote.

Des semaines sous tension

Les responsables de ce mini-krach sont d’autant plus difficiles à cerner que l’effondrement n’est pas venu de nulle part. «Les marchés avaient une sale tête dès le début de journée», se rappelle Camille Hayek. La «moitié» des 1000 points perdue par le Dow au plus noir de la journée a probablement été le fruit de ventes «normales», rappelait hier l’un des responsables de la bourse de New York. Car, en dépit de la hausse de Wall Street depuis février, les investisseurs restent nerveux: des millions d’ordres de protections «stop-pertes» – dont le déclenchement a amplifié la baisse de jeudi – avaient ainsi été semés ces derniers mois.

Un étrange arrêt des robots

Si l’origine du plongeon reste à éclaircir, la lumière commence à être faite sur la façon dont certains participants – les banques ou les hedge funds, dont les ordinateurs chassent les actions qui semblent baisser sans bonne raison – n’ont rien fait pour l’enrayer.

Normalement, cette activité a pour effet collatéral de calmer les baisses irrationnelles des cours. Or, selon Camille Hayek, «certains gros intervenants de ce type n’ont plus joué ce rôle jeudi». Arrêtant leurs systèmes durant la panique. Pourquoi? Une étude de Morgan Stanley, publiée mercredi, fournissait une piste: depuis «des jours», ces «fournisseurs de liquidité à court terme» perdaient de l’argent.

La bourse court-circuitée

Le plongeon aurait également été exacerbé par le fonctionnement du NYSE. Ce dernier dispose certes de «coupe-circuit»: si la baisse va trop loin, les ordres sont suspendus. Tout ne s’arrête pas pour autant. Jeudi, en dépit du coup de sifflet de l’arbitre, une partie de l’avalanche d’ordres de vente a été renvoyée sur d’autres plates-formes d’échange électroniques. Les transactions y ont été débouclées. A prix massacré.

Hier le Nasdaq – l’autre grand marché boursier américain – a promis que tous les échanges conclus jeudi chez lui à moins de 60% de la valeur initiale seraient annulés. Cette décision n’empêche cependant pas de relancer le débat sur les effets pervers qu’a eus la dispersion des transactions boursières américaines sur une multitude de platesformes électroniques, ces dix dernières années. Pour rappel, sur les 30 milliards de titres ayant changé de mains durant ce jeudi noir, seuls 2,6 milliards ont été négociés sur la bourse de New York.

 

VOIR AUSSI LES LIENS :