Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

07/12/2010

Plainte auprès de l'OCDE contre Bolloré et ses partenaires

à lire sur :

http://sites.radiofrance.fr/franceinter/ev/fiche.php?ev_id=1545

Plainte auprès de l’OCDE contre Bolloré et ses partenaires


 

C’est une information France Inter

Quatre associations viennent de déposer une plainte auprès de l’OCDE (par le biais de ses « points de contacts nationaux » français, belge et luxembourgeois), afin de dénoncer l’impact environnemental et les conditions de travail dans les plantations d’huile de palme de la SOCAPALM (Société camerounaise de palmeraies), au Cameroun.

Cette plainte, intitulée « circonstance spécifique » selon les termes juridiques exacts, vise « les violations graves et répétées des principes directeurs de l’OCDE » dans ces plantations par le groupe Bolloré et ses partenaires : la société belge Financière du champ de Mars et les sociétés luxembourgeoises SOCFINAL et Intercultures.

De son côté, Bolloré estime qu’en tant qu’« actionnaire minoritaire », il n’est « pas gestionnaire de la Socapalm. » Pour Dominique Lafond, directeur général de la branche Afrique : « Bolloré en Afrique est une entreprise citoyenne. »

Cette action est engagée par l’association Sherpa (qui a notamment participé à l’action judiciaire dans le dossier dit des « biens mal acquis »), l’association caritative de l’église catholique allemande Misereor, et deux organisations camerounaises de défense de l’environnement : le Centre pour l’environnement et le développement (CED) et la FOCARFE (Fondation camerounaise d’actions rationalisées et de formation sur l’environnement).

 

Dossier Benoît Collombat / Mise en ligne : Valeria Emanuele


 

Dans cette plainte, les associations « entendent dénoncer les dommages sociaux et environnementaux causés par la SOCAPALM aux populations locales, ainsi que les conditions de vie et de travail des employés des plantations. »

Officiellement, les « points de contacts nationaux » (PCN) de l’OCDE doivent « promouvoir le respect des principes directeurs » de l’OCDE et s'assurer que ces principes soient « connus et compris par le milieu national des affaires et les autres parties intéressées. » Autrement dit : ces points de contacts sont censés vérifier que les conditions de travail dans les entreprises sont conformes à la réglementation en vigueur. L’action des PCN n’est pas contraignante, mais d’éventuelles plaintes d’associations ou d’ONG auprès de l’OCDE poussent les entreprises concernées à s’expliquer. Dans le cas présent, les associations plaignantes « attendent des PCN qu’ils fassent le nécessaire pour les aider à trouver une solution aux nombreux problèmes posés par les conditions d’opération de la SOCAPALM au Cameroun » et « qu’ils facilitent la discussion avec les entreprises visées par la présente plainte. »

Les associations demandent des « mesures réparatrices » pour « réparer les atteintes » sociales et environnementales et des « mesures préventives » afin de « prévenir l’aggravation des problèmes » constatés sur le terrain, et leur « répétition. » Revue de détail.


 


Drupes de palmier à huile

 

Une « logique de profit »

 

Pour les associations plaignantes, la privatisation, en 2000, de la SOCAPALM a eu des conséquences extrêmement négatives, loin des espoirs initiaux.

« La privatisation de la SOCAPALM, opérée sous l’impulsion de la Banque Mondiale et du FMI dans le cadre des mesures d’ajustement structurel, était censée donner un nouveau souffle à l’entreprise agroindustrielle et in fine, apporter aux communautés locales les contreparties promises », peut-on ainsi lire.

« Il n’en est cependant rien, estiment les plaignants : loin d’apaiser les tensions entre l’entreprise agro-industrielle et les populations locales, la privatisation n’a fait qu’aggraver le sort de ces populations. La logique de profit qui anime depuis 2000 la société privatisée semble en effet mal s’accommoder avec les aspirations et besoin des populations locales qui ont désormais coutume d’évoquer la SOCAPALM en ces termes : « A la SOCAPALM, un palmier vaut bien plus que cent hommes. »

Une tension accentuée par le fait que « la SOCAPALM privatisée semble (…) recourir majoritairement à de la main d’œuvre allogène », une manière « bien plus facile d’assujettir une main d’œuvre déracinée que de traiter avec des villageois installés depuis plusieurs générations. »

Selon un recensement mené fin juin 2010, auprès de la population du village de Pongo Aviation, riverain de la plantation de Kienke, « à peine plus de 8% de la population active du village était embauchée à la SOCAPALM. »


 


Voir la structure juridique de la SOCAPALM, selon les associations plaignantes.

 


Privés de chasse et de pêche

 

Pour Sherpa, Misereor, le CED et FOCARFE, l’installation de la SOCAPALM a complètement modifié l’écosystème et le mode de vie des populations locales : défrichement d’une forêt, riche en biodiversité, remplacée peu à peu par des monocultures de palmier à huile, diminution des terres arables et des zones de pêche pour les populations locales.

Les communautés riveraines des plantations sont en majorité des Bantous, dont l’activité principale est l’agriculture. Dans la région de Kienké, se trouvent également quelques communautés « pygmées » Bagyéli, qui vivent essentiellement de la chasse et de la cueillette des produits de la forêt.


Pollution de l’air et de l’eau

 

Concernant les atteintes à l’environnement, la plainte constate que la SOCAPALM ne respecte pas les « textes en vigueur en matière de traitement des effluents et de protection des cours d’eau. »

« Les déversements de déchets se poursuivaient lors de notre dernier passage sur le site en juillet 2010, notent les plaignant, et aucune mesure ne semble avoir été amorcée pour y remédier » : « la SOCAPALM continue de déverser de manière anarchique les huiles usagées (…) mélange de boues et de produits chimiques, ces huiles usagées diffusent une odeur nauséabonde difficilement supportable. »

Des prélèvements ont été notamment effectués « sur des cours d’eaux à proximité de l’huilerie de Nkapa » , avant d’être ensuite analysés par le Centre Pasteur concluant à « la nocivité de ces effluents. » Conclusion : un premier échantillon est jugé par le laboratoire (inscrit « en gros caractères ») : « A TRAITER AVANT REJET DANS LA NATURE » tandis qu’un autre échantillon d’eau est qualifié « de qualité médiocre, juste apte à l’irrigation, au refroidissement et à la navigation. »

De plus, constate la plainte, « le personnel de la SOCAPALM n’hésite pas à procéder au nettoyage de leur matériel dans ces mêmes cours d’eau exposant ainsi les populations locales au risque de consommer des produits toxiques.»

Et cela sans que « les communautés riveraines ne bénéficient « de telles informations », puisqu’« aucun panneau de danger » n’est apposé« à proximité des rivières et cours d’eau. »

Quant à la « pollution de l’air », les enquêtes menées sur place par les associations « démontrent que la SOCAPALM rejette dans l’air de grandes quantités de nuages de poussières », à tel point « que lorsque les villageois mettent à sécher un linge ou un vêtement, il se recouvre en l’espace de quelques instants d’une pellicule de particules en suspension contenues dans l’air ambiant. »


« Exactions » et « omerta » autour d’une société de sécurité

 

La plainte met en cause le rôle joué par une société de sécurité payée par la SOCAPALM : Africa Security Cameroun, qualifiée de « véritable milice privée. » Cette société est « fondée et dirigée par Patrick Turpin, un ancien officier militaire français. »

Selon les associations plaignantes, « les vigiles d’Africa Security entretiennent un climat de terreur permanent en procédant en toute illégalité à des fouilles inopinées sur les lieux où les villageois ont l’habitude de pêcher ou en faisant des descentes dans leurs habitations pour y rechercher des régimes de noix de palme », appartenant à des villageois, soupçonnés de les avoir dérobés à la SOCAPALM.

« Les exactions des agents d’Africa Security ne s’arrêteraient cependant pas là », note la plainte, s’appuyant notamment sur des plaintes déposées contre la SOCAPALM : « actes de sabotage, passages à tabac des villageois pris avec des régimes de noix de palme, destruction des habitations mais également des cas de viols et de meurtres. »

Mais si « plusieurs villageois » témoignent de ces violences, « l’omerta reste cependant la règle, constatent les associations, et les rapports d’incident, lorsqu’ils existent, sont extrêmement difficiles à se procurer. »

 


Un « mépris » pour les règles de sécurité

 

La SOCAPALM est également épinglé pour ses « manquements » concernant l’exécution « des missions de service public en matière de santé, d’éducation et de logement. »

Ainsi, « la plupart des villages riverains de la SOCAPALM ne bénéficient pas de l’accès à l’électricité, pas plus qu’ils ne sont alimentés en eau potable. »

Concernant les conditions de travail des employés, les enquêtes menées sur le terrain par les associations évoquent « un total mépris pour les normes fondamentales du travail », garanties par l’Organisation international du travail (OIT).

« La plupart des employés de la SOCAPALM ne bénéficient pas de matériel de protection individuel et adéquat » exposant les travailleurs « à tous les risques naturels, chimiques ou mécaniques propres au travail dans les plantations industrielles (morsures de serpent, risques d’intoxication liées à la manipulation des produits dangereux…) », peut-on ainsi lire dans cette plainte.

« Les conditions de transport des ouvriers constituent sans nul doute l’illustration la plus criante du mépris affiché par la SOCAPALM pour les règles de sécurité : ainsi, pour se rendre sur les palmeraies au petit matin, les travailleurs sont parqués dans des conteneurs conçus pour transporter de la marchandise ; entassés comme du bétail avec leurs outils de travail, il arrive fréquemment que les ouvriers se blessent. Le soir venu, les travailleurs doivent marcher sur plusieurs kilomètres pour rentrer dans leurs campements situés au cœur des plantations. »


Des travailleurs « otages » de la sous-traitance

 

 

La plainte met aussi en lumière le recours à un système de sous-traitance qui « permet à la SOCAPALM de réaliser d’importantes économies sur les charges sociales sans pour autant hypothéquer les activités de production. »

Des sous-traitants qui « ont tendance à multiplier les contrats saisonniers de sorte que la main d’œuvre ainsi recrutée ne bénéficie d’aucune protection sociale (…) Les travailleurs sont donc prisonniers de fait, otages du système, et contraints de garder contre leur gré des emplois qui leur permettent à peine de satisfaire leurs besoins élémentaires. »

Une situation aggravée par le fait que « la SOCAPALM semble afficher le mépris le plus total pour les instances représentatives du personnel et les revendications portées par leurs délégués. »

Par ailleurs, la plainte relève que « lors de la privatisation de SOCAPALM, il avait été prévu d’accorder 3% des actions de la société aux salariés (…) titulaires d’un contrat de travail au 30 juin 2000 », or « plus de dix ans après la privatisation, aucune mesure concrète ne semble avoir été prise » là-dessus, contrairement aux engagements pris, « si bien qu’encore aujourd’hui les salariés sont privés du bénéfice de leurs dividendes. »

 


Des conditions de vie « déplorables »

 

Pour les plaignants les conditions d’hébergement des travailleurs de la SOCAPALM, hébergés au cœur des palmeraies, sont « déplorables : surpopulation, vétusté des campements, pompes à eau non fonctionnelles, fréquence des coupures d’électricité. »

Sur la plantation de Kribi, par exemple, « les familles sont entassées dans des baraques exigües sans qu’il ne soit tenu compte de leur taille, l’unique pièce qui sert de cuisine à l’ensemble des familles du campement est dans un état lamentable, les installations électriques sont vétustes et les équipements plus que sommaires. Les infrastructures sanitaires sont dans un état lamentable ; quand elle n’est pas tout simplement indisponible, l’eau qui permet aux familles de se laver, de préparer la cuisine et de s’hydrater, est le plus souvent impropre à la consommation. »


 


crédit photo

bandeau © cris13/Fotolia

06/12/2010

Contre le productivisme agricole

lu sur :

http://www.lemonde.fr/idees/article/2010/12/06/contre-la-fausse-revolution-verte_1449590_3232.html

.

Point de vue Contre la fausse révolution verte

LE MONDE | 6 décembre 2010 | Stéphane Hessel et Robert Lion, administrateur et président d'Agrisud | 781 mots

Stoppons le productivisme agricole.

Nourrir bientôt 9 milliards de personnes, c'est le plus grand défi du XXIe siècle. On en parle beaucoup. On agit moins. Une poignée de gouvernements, dans les pays du Sud, comme des centaines d'ONG, tentent de conduire des réalisations concrètes.

La meilleure idée du moment, affichée timidement par la FAO, est sans doute d'appuyer les petites exploitations agricoles de taille familiale : elles peuvent, avec efficacité, réduire localement l'insécurité alimentaire.

Et voici qu'on veut lancer, à grande échelle, la nouvelle révolution verte. Nous crions : casse-cou ! Rappelons-nous la première révolution verte, partie d'Inde dans les années 1960, avec l'idée de nourrir les milliards de bouches nouvelles qui s'annonçaient : la population mondiale allait en effet être multipliée par trois en cinquante ans. On avait pour cela trouvé la solution ! Après la deuxième guerre mondiale, une immense industrie américaine de fabrication d'explosifs s'était reconvertie dans la production d'engrais et de pesticides, à partir d'une ressource illimitée, pensait-on alors : le pétrole. Avec ces intrants magiques, on allait décupler les rendements et sauver les hommes.

Il y eut de bons résultats. Malgré la croissance de la demande, les famines comme les prix alimentaires furent à peu près stabilisés. Ainsi s'écrivit une page importante et positive de l'histoire du monde.

Mais cette pétroagriculture allait déboucher sur des catastrophes. Au premier chef, des désastres humains : Bhopal, qui vit périr des milliers de personnes, fabriquait force fertilisants ; le DDT et autres pesticides de l'époque se révélèrent nocifs pour la santé humaine et animale ; par dizaines de millions, des paysans tombèrent dans la dépendance, esclaves des marchands de pesticides, d'engrais et de semences, modifiées ou non ; on sait les vagues de suicides qui frappent les campagnes indiennes.

Dans le même temps, la monoculture effaçait les exploitations diversifiées et imposait des produits uniformes. La biodiversité, sur terre comme dans les eaux, a subi des dommages irréversibles

Parallèlement, les modèles alimentaires s'alignaient, au moins dans les villes du Sud et d'Asie, sur le schéma occidental : de plus en plus de viande, un appel massif au blé, d'immenses besoins en eau. L'alimentation animale se dévoyait, provoquant des désastres sanitaires, dégradant les écosystèmes de la Thaïlande à la Bretagne, accélérant la déforestation du Brésil à l'Indonésie, pour alimenter les usines à bétail. Un peu partout, les sols fertiles filent alors vers la mer. Et au fond des campagnes, 600 millions de ruraux demeurent gravement malnutris.

Epuisement du pétrole

La FAO reconnaît l'échec : "Nous sommes maintenant conscients d'avoir payé cher le gain de productivité dû à la révolution verte." Sur le plan des capacités agricoles et après quarante années d'"une agriculture qui ne peut produire sans détruire", selon le mot de Pierre Rabhi, la planète est en moins bon état qu'en 1950. Elle est plus que jamais dépendante d'une ressource, le pétrole, appelée à se raréfier.

Alors, une nouvelle révolution, surfant sur la croissance verte, nouveau mot d'ordre pour l'économie mondiale, ça sonne bien, mais de quoi parle-t-on ? Ungreenwashing de façade avec, dans les faits, la même domination des grandes industries amplifierait la catastrophe : écoulement forcé des semences transgéniques et des intrants chimiques - tant que le pétrole est là ! -, diffusion de modèles alimentaires insoutenables, déshumanisation de l'agriculture, épuisement des sols.

Le poids des bailleurs de fonds publics s'affaiblit, faute d'argent. Des fondations prennent la relève, animées par des esprits généreux, tels Kofi Annan ou Bill Gates. Malheureusement, ces fondations affichent leurs complicités avec les multinationales de l'agrochimie... Messieurs les grands mécènes, ouvrez les yeux, cassez ces alliances !

Vous le savez bien : d'autres voies peuvent nourrir le monde. Elles ne sont pas révolutionnaires : elles marquent le retour à des modèles de bon sens, dont, sans appel au pétrole ni aux OGM, on sait aujourd'hui augmenter les rendements. Agroforesterie, agroécologie ou agriculture biologique, schémas culturaux diversifiés, refus de la standardisation planétaire des produits, association - comme jadis - de la culture et de l'élevage, soutien de l'agriculture bocagère et des exploitations à taille humaine, appel aux savoirs et aux traditions, maintien de l'emploi agricole dans les zones rurales, respect des terroirs et de la diversité.

De telles pistes permettent, sans appel à la chimie, une relocalisation et une intensification des productions. Cet exploitant du Bas-Congo formé par Agrisud est fier de montrer qu'avec les engrais organiques, le paillage et les biopesticides, ses cultures sont deux fois plus productives que celles traitées, comme il l'avait toujours fait, à coups d'intrants industriels. Ceci n'est ni folklore ni artisanat : il y a dans ces bonnes pratiques d'immenses progrès possibles de productivité. Elles se développent sans tambour ni trompette.

Halte au feu ! Ce feu mortifère que stimulent les multinationales avides de débouchés. Comme le dit Olivier De Schutter, rapporteur spécial de l'ONU sur le droit à l'alimentation, "l'agroécologie peut mieux garantir la sécurité alimentaire du monde sur le long terme". Il faut aller vite en ce sens, sans attendre que l'épuisement du pétrole ne nous force, de toute manière, à revenir à la raison.

Stéphane Hessel et Robert Lion, administrateur et président d'AgrisudArticle paru dans l'édition du 07.12.10

PANIQUE !

à lire sur :

http://www.mediapart.fr/club/blog/vingtras/051210/dsk-blues-cantona-folk-propos-dun-film-censure

(blog; accès libre)

lien : DSK blues & Cantona folk: à propos d'un film censuré...

extrait :

"Il s'agit d'un film en deux parties de 75', réalisé par Pierre Kast en 1967, pour la collection documentaire historique "Présence du passé" (de Jean Chérasse, Jean Mauduit et Bernard Revon). Ce film était intitulé "Black friday" (le vendredi noir) et traitait du krach de wall street le 24 octobre 1929,et des leçons que l'on pouvait en tirer pour éviter une crise financière mondiale. Ce travail de "l'un des réalisateurs les plus intelligents du cinéma français" (selon Chris Marker) n'a jamais été diffusé par la télévision française. Pourquoi ? Etait-il tellement sulfureux ? "...

et à voir, trois reportages de RDI (Canada) sur le krach de 1929 (durée totale 45 minutes) dont voici les liens :

1-Dailymotion - 1929 Le Grand Krach 1/3 - une vidéo News & Politics

.

2-Dailymotion - 1929 Le Grand Krach 2/3 - une vidéo News & Politics

.

3-Dailymotion - 1929 Le Grand Krach 3/3 - une vidéo News & Politics

04/12/2010

Irresponsable ?

à propos de Cantona et les banques :

lu sur :

http://www.liberation.fr/economie/01012306124-cabrioles

Économie 04/12/2010 à 00h00

Cabrioles

Par Laurent JOFFRIN

L’appel d’Eric Cantona est irresponsable ? Soit. Mais qui est responsable de cette irresponsabilité ? On sait que le retrait simultané de l’argent déposé en banque par les particuliers placerait le système financier dans une situation impossible. Les banques ne gardent pas en caisse les sommes qu’on leur confie. C’est même leur raison d’être : elles transforment les dépôts en prêts qui financent les investissements. Exiger que ces sommes soient remboursées en billets, ce qui est le droit de tout déposant, c’est déclencher une panique générale. Et les banques peuvent entraîner dans leur chute le reste de l’économie. C’est ce qui s’est passé en 1929. C’est ce qui a manqué d’arriver au plus fort de la récente crise financière. Voilà pour le raisonnable. Mais pour le reste, quel symbole jubilatoire ! Pour une fois, ceux qui ont joué avec une totale désinvolture de l’argent des autres et refusé avec cynisme que les cabrioles de l’argent fou soient un tant soit peu maîtrisées, connaîtraient un début de sanction. Y a-t-il un seul spéculateur - un seul - qui ait exprimé un semblant d’excuse ou de repentir pour les souffrances sociales qu’il a causées, pour le chômage qu’il a provoqué, pour les dépenses qu’il a fallu consentir pour sauver le système ? Pour une fois, le citoyen, à son tour, montrerait ce qu’il en coûte d’ignorer le bon sens financier. Ce ne serait, au fond, que la réponse du berger en colère à la bergère cousue d’or.

--------------------------------------

mon commentaire :

SANS RETIRER VOTRE ARGENT DE LA BANQUE, VOUS POUVEZ TRÈS FACILEMENT METTRE LE SYSTÈME NÉOLIBÉRAL ACTUEL EN DIFFICULTÉ.

Comment ?

Simplement en revenant à ce qui se faisait autrefois : payer tout en liquide, en monnaie sonnante et trébuchante.

Car si vous retirez de votre banque tous les mois en liquide ce dont vous avez besoin pour vos dépenses courantes, tous l'argent que vous aurez chez vous ne pourra pas être utilisé par la banque pour spéculer.

Sachez que pour la banque, le coefficient multiplicateur est de 50 actuellement : si vous retirez 1000€ en liquide, la banque a 50 000€ de moins pour spéculer (voir la note La monnaie, qu'est-ce ? (3) sur ce blog)

Vous pensez que votre banque ne spécule pas ?

Lisez donc les articles suivants :

03/12/2010

Cantona : communiqué d'ATTAC

L'appel d'Eric Cantona : le temps est venu d'agir pour des banques citoyennes

Suite à l'interview d'Eric Cantona à Presse-Océan, suggérant aux clients de retirer leur argent des banques pour faire s'écrouler leur système de domination, un "buzz" s'est constitué sur Internet. Un site "Bankrun" a été créé pour appeler à un retrait massif et simultané d'argent le 7 décembre prochain. Selon les initiateurs de ce site, il s'agit de dénoncer les ravages d'un "système financier mondialisé dérégulé et incontrôlable", et d'exiger "la création d’une banque citoyenne, au service des citoyens".

Cette initiative rencontre un écho certain auprès de citoyens atterrés de voir les plans d'austérité déferler sur l'Europe au motif qu'il faudrait "rassurer les marchés financiers" et sauver les banques. Nombreux sont ceux qui souhaitent agir ici et maintenant, pour montrer aux gouvernants qu'ils refusent ces politiques irresponsables.

Au stade actuel l'action citoyenne n'a que très peu de chance de déclencher un mouvement de retrait généralisé, susceptible de menacer les banques. Leur stabilité est d'ailleurs bien plus mise en danger par la folle vague de spéculation actuellement en cours contre l'euro... En outre les liens apparents sur le web de certains promoteurs de l'initiative "Bankrun" avec des secteurs de l'extrême-droite doivent inciter à la prudence. 

Il n'en demeure pas moins que la mobilisation des citoyens doit se développer pour exiger la mise au pas des banques prédatrices. Les mouvements citoyens doivent en même temps favoriser l'émergence de banques alternatives, solidaires et écologiquement responsables, comme le proposent par exemple les Amis de la Terre, l'une des associations fondatrices d'Attac  (voir http://www.amisdelaterre.org/IMG/pdf/Guide_banques_VSite....): c'est alors que l'appel aux citoyens à transférer leurs comptes bancaires aura un sens.

L'écho important de la proposition d'Eric Cantona montre qu'une attente forte existe dans la société. Attac lutte depuis douze ans contre la domination de l'industrie financière. Nous nous engageons à renforcer dans la durée l'action citoyenne contre le pouvoir de la finance, pour l'émergence de banques alternatives et solidaires, et pour la socialisation du système bancaire. L’association continuera à s'y employer dans les mois à venir avec ses partenaires.

Attac France,
Paris, le 3 décembre 2010

-------------------------------

mon commentaire :

SANS RETIRER VOTRE ARGENT DE LA BANQUE, VOUS POUVEZ TRÈS FACILEMENT METTRE LE SYSTÈME NÉOLIBÉRAL ACTUEL EN DIFFICULTÉ.

Comment ?

Simplement en revenant à ce qui se faisait autrefois : payer tout en liquide, en monnaie sonnante et trébuchante.

Car si vous retirez de votre banque tous les mois en liquide ce dont vous avez besoin pour vos dépenses courantes, tous l'argent que vous aurez chez vous ne pourra pas être utilisé par la banque pour spéculer.

Sachez que pour la banque, le coefficient multiplicateur est de 50 actuellement : si vous retirez 1000€ en liquide, la banque a 50 000€ de moins pour spéculer (voir la note La monnaie, qu'est-ce ? (3) sur ce blog)

Vous pensez que votre banque ne spécule pas ?

Lisez donc les articles suivants :

Traité de Lisbonne, concurrence libre et non faussée, néolibéralisme

lu sur :

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/3cf2ad00-fe5c-11df-83d9-55e75714d428|0

reportage vendredi3 décembre 2010

Made in Italy à la chinoise

Une forte communauté d’immigrants venus du Wenzhou s’est implantée à Prato, bastion toscan de l’industrie textile. Ils fabriquent des vêtements de piètre qualité, qui bénéficient du précieux label d’origine italienne. Au grand dam des industriels locaux

Philippe Ridet envoyé spécial à Prato

Il fallait que cela arrive ici. Comme pour ajouter l’ironie à la plus grande conquête économique de la Chine en Europe. En Italie, pays de la mode et de Marco Polo. Au cœur de la Toscane «rouge», longtemps dominée sans partage par le Parti communiste, puis par le centre gauche. Dans cette ville de Prato, joyau médiéval de 180 000 habitants, concentré d’«italianité»: architecture ancienne, politique sociale avancée. Dans ce quartier dont les rues bordées de pins parasols portent les noms des régions de la Péninsule, rue du Piémont, de Vénétie, du Frioul.

C’est là qu’ils ont débarqué. Une centaine en 1989, aujourd’hui 40 000, peut-être davantage, et pour moitié clandestins, tous Chinois, tous originaires de Wenzhou (au sud de Shanghai), tous employés dans l’industrie de l’habillement.

«C’est une histoire absolument géniale. Ce ne sont pas seulement des immigrants chinois qui se sont installés à Prato faisant naître une des plus importantes communautés d’Europe, mais c’est la Chine et son modèle économique qui ont pris leurs quartiers en Toscane», s’étonne encore Silvia Pieraccini, journaliste résidant à Prato et auteure de L’Assedio cinese («L’assaut chinois», Ed. Il Sole 24 Ore Libri, 2010, non traduit), indispensable lampe de poche pour tous ceux qui désirent éclairer leur chemin dans cette jungle de façonniers, de grossistes, de détaillants qui ont inventé le business du prêt-à-porter low cost.

«A Prato, la Chine s’est rapprochée de 15 000 kilomètres du marché européen, explique encore la journaliste. Alors qu’auparavant un grossiste ou un détaillant de Bologne ou de Munich attendait sa commande en provenance de Shanghai pendant deux mois, ils sont désormais livrés en deux jours. Ici, on peut encore passer des commandes à 20 heures et récupérer la marchandise le surlendemain. Les Chinois peuvent même se charger du transport pour un prix de 50% inférieur.» Juste quelques chiffres. Chaque jour, un million de pièces d’habillement sont produites par les 4500 entreprises chinoises de Prato. Le tissu provient également de Chine. Prix au mètre: 75 centimes (le tissu italien se négocie à près de 6 francs pour la même longueur). Sortie d’un atelier de confection, une veste revient à environ 5 francs (sans compter l’étoffe): 40 centimes pour la taille, 60 pour les boutons, un peu plus d’un franc pour le repassage et 3 francs pour la couture. Compter 20 francs pour un manteau.

Le samedi soir et le dimanche, c’est la cohue dans les rues des zones industrielles de Iolo et de Macrolotto. Fourgonnettes, breaks et 4 × 4 immatriculés en Slovénie, en Pologne, en Allemagne ou en France embarquent la marchandise. Elle sera revendue 10 à 20 fois ce prix sur un marché de Palerme, dans une boutique de Ljubljana, de Bucarest ou dans une foire aux vêtements de Bourg-en-Bresse.

Les vêtements sont de piètre qualité – laine acrylique, acétate et polyester –, mais ils portent une étiquette qui fait rêver dans le monde entier: made in Italy. Chiffre d’affaires estimé de cette industrie: plus de 2 milliards et demi de francs par an, dont la moitié au noir. Chaque jour, 1,3 million repart dans les banques de Wenzhou. En 2009, année où l’Italie a connu une croissance négative (–1%), les Chinois de Prato ont décroché la lune: +13%.

Bien sûr, pour parvenir à de telles performances, il faut travailler «à la chinoise»: quinze ou seize heures de labeur quotidien, sept jours sur sept, sommeil et repas sur place, dans un atelier surchauffé ou dans des hangars balayés de courants d’air. Les droits des travailleurs? Oubliés. Seul le marché commande. «Ici vivent 30 000 esclaves», déplore le maire, Roberto Cenni, lui-même entrepreneur dans l’industrie du vêtement.

Elu en juin 2009, il a mis fin à soixante-trois ans de domination de la gauche sur la ville après avoir mené une dure campagne contre les Chinois, «leurs bruits et leurs odeurs». «Personne n’est attaché à sa machine à coudre, dément Roberto Wang, président de l’association Deuxième génération chinoise. Si un syndicaliste entrait dans un atelier en disant «je veux vous libérer de vos chaînes», on lui répondrait: «Mais de quoi tu parles? Le Chinois travaille pour sa famille, pour économiser et se mettre un jour à son compte en exploitant d’autres compatriotes.»

«Pourquoi dénoncer aujour­d’hui un esclavage alors que tout le monde se tait quand, à Naples, des Italiens triment dans les mêmes conditions pour des couturiers de Milan? s’interroge Fabiano Maggi, directeur du mensuel gratuit et bilingue It’s China. Les Chinois n’ont fait que s’adapter à un modèle économique qui existait déjà. On les dénigre parce qu’ils sont à leur compte et ont créé une industrie qui, avant eux, n’existait pas.» «En France, un Chinois est devenu Prix Nobel de littérature [le Franco-Chinois Gao Xingjian, en 2000]; en Italie, il passerait pour un délinquant et un fraudeur du fisc», se plaint Roberto Wang.

Mais au fait, pourquoi Prato? Les premiers arrivants ont d’abord travaillé pour les entreprises italiennes de vêtements présentes dans la province. Mais Prato, c’était avant tout la cité du textile. Environ 10 000 ateliers y étaient installés à l’époque où sont arrivés les premiers immigrants chinois. Le début des années 2000 marque le déclin de l’industrie textile locale, sous l’effet de la concurrence extrême-orientale.

Les entreprises ferment, libérant des milliers de mètres carrés d’entrepôts où les Chinois, qui commencent à se mettre à leur compte, s’installent. Là encore, les chiffres sont éloquents. En 1991, la province comptait 8141 manufactures de textile contre 2000 entreprises de vêtements. En 2009, les premières ne sont plus que 3300, les secondes ont plus que doublé. Du coup, les habitants de Prato se croient victimes d’une double peine infligée par l’Empire du Milieu: d’abord la quasi-disparition de l’activité qui avait fait leur fortune, puis l’assaut chinois. Deux événements contemporains mais indépendants l’un de l’autre.

Aujourd’hui, la ville fait face à un très gros problème. Comment rapprocher les «Toscans de souche» et les nouveaux venus de Wenzhou, qui prospèrent en vase clos? Alors que le parti anti-immigrés de la Ligue du Nord a plus que doublé ses voix entre 2009 et 2010, passant de 4 à 10% des suffrages dans la ville, le maire privilégie le bâton. Edicté en septembre 2010, un arrêté municipal oblige les commerces de bouche chinois à arborer une enseigne bilingue et à respecter un couvre-feu à minuit sous peine d’une amende de plus de 650 francs par infraction constatée. M. Cenni a promis de contrôler un atelier par jour. Cent cinquante-deux ont été visités par des forces de police conjointes (brigades financières, douanes et carabiniers) qui ont constaté… 152 effractions. A ce rythme, il faudra dix ans pour inspecter tous les ateliers, les halls d’expédition et les hangars de livraison.

Et après, que faire? Le consulat de Florence et l’ambassade de Rome traînent des pieds pour certifier l’identité d’un de leurs ressortissants mis en cause, empêchant la mise en œuvre de tout arrêté d’expulsion, et dénoncent, dans une comparaison osée, les «méthodes nazies» des autorités italiennes. La menace de mise sous séquestre des entreprises est souvent vaine. A peine soupçonnée – au choix ou tout ensemble – de fraude douanière, d’évasion fiscale, d’entorse au droit du travail, une entreprise vend son stock, disparaît et renaît sous un autre nom, avec, à sa tête, le frère, le cousin, l’oncle du précédent propriétaire. A Prato, deux entreprises meurent ainsi chaque jour, échappant aux contrôles.

Il y a bien le chemin du dialogue, mais il est ardu. «C’est la base de tout. Les Italiens doivent d’abord comprendre la mentalité chinoise», explique le sinologue Giorgio Trentin. «Je veux bien dialoguer, mais avec qui?» se plaint M. Cenni, qui attend que les autorités chinoises en Italie lui fournissent une liste d’interlocuteurs. Son ambition: convaincre les Chinois de monter leur production en gamme, d’acheter du tissu made in Prato, afin de créer «une coopération vertueuse toscano-chinoise».

Reste la deuxième génération. Tous les espoirs reposent sur elle. Mieux intégrée, scolarisée, parlant l’italien, elle peut être le trait d’union entre les deux communautés. Mais dans un pays où prévaut le droit du sang, aucun ressortissant chinois de la première comme de la deuxième génération n’a encore acquis la plus petite forme de visibilité institutionnelle en Toscane.

Symbole de cette incommunicabilité: quand trois Chinoises sont mortes, au mois de septembre, noyées dans leur voiture coincée dans un passage souterrain inondé par la pluie, les associations et le centre gauche ont demandé au maire que soit déclaré un jour de deuil municipal, comme un signal de sympathie envoyé à la communauté chinoise. M. Cenni a refusé.

Xu Quilin sera peut-être le symbole d’une future réconciliation des deux mondes. Arrivé à Prato au début du flux migratoire, il se sent Italien et dit n’avoir aucune intention de finir ses jours à Wenzhou. A la tête de la marque Giupel, vêtements de moyenne gamme, il a pris à rebours le chemin suivi par nombre de ses compatriotes. Il a italianisé son nom en «Guilini», paie – dit-il – ses impôts en Italie, s’est inscrit à la Confindustria (l’organisation patronale italienne) et exporte en Chine.

Le président de la province de Prato en a fait son «conseiller spécial» pour les affaires chinoises. Tout journaliste qui passe par Prato le visite, comme un monument. «Beaucoup de Chinois sont prêts à suivre mon exemple, récite-t-il. Ils se rendent compte qu’on peut aussi devenir riche dans la légalité.» Devenir riche… C’est le rêve des Chinois de Prato. Beaucoup y sont parvenus. Ils sillonnent les rues du Piémont, de Vénétie ou du Frioul à bord de puissantes Audi, Mercedes ou BMW invariablement noires.

 

28/11/2010

Hôpitaux : ACCIDENTS EN LIEN AVEC DES CONDITIONS DE TRAVAIL DÉGRADÉES

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2010/11/26/neuf-cents-accidents-medicaux-par-jour-dans-les-hopitaux-francais_1445165_3244.html

.

Neuf cents accidents médicaux par jour dans les hôpitaux français

Selon la 2e enquête nationale sur les événements indésirables graves liés aux soins (Eneis), 400 accidents pourraient être évités.

 

Neuf cents accidents médicaux, en moyenne, surviennent chaque jour dans les hôpitaux et cliniques français, révèle la deuxième enquête nationale (*) sur les événements indésirables graves liés aux soins (Eneis), publiée par le ministère du travail et de la santé. Sur ce total, quatre cents seraient "évitables" estime le rapport. Ce résultat élevé est proche de celui de 2004.

Chaque année, ce sont donc entre 275 000 et 395 000 "événements indésirables graves" (EIG) qui surviendraient dans les établissements hospitaliers français, estime l'étude. "Globalement, ça n'est pas brillant", convient Philippe Michel, directeur du Comité de coordination de l'évaluation clinique et de la qualité en Aquitaine (CCECQA), coauteur de l'étude réalisée avec la Drees (évaluation et statistique). "Mais cela ne doit pas masquer les progrès qui ont été faits, par exemple en anesthésie-réanimation ou contre les infections nosocomiales, c'est-à-dire contractées à l'hôpital", tempère-t-il.

Les EIG évitables (de 160 000 à 290 000 par an) sont ceux "qui n'auraient pas eu lieu si les soins avaient été conformes à la prise en charge considérée comme satisfaisante au moment de leur survenue". "Vingt pour cent des EIG évitables survenus à l'hôpital ou en clinique sont associés à des médicaments (...). Ils sont en cause dans quasiment la moitié des cas d'EIG ayant entraîné une hospitalisation", ajoute Philippe Michel.

DES ACCIDENTS EN LIEN AVEC DES CONDITIONS DE TRAVAIL DÉGRADÉES

Il évoque le problème des traitements anticoagulants, où l'on n'enregistre guère de progrès, avec des traitements compliqués qui peuvent être difficiles à gérer par des patients âgés. Autre tendance, "une augmentation des hospitalisations pour infection du site opératoire, qui peut être liée à l'identification au domicile d'une infection contractée dans un établissement de santé. Mais cela peut être aussi la conséquence d'une mauvaise prise en charge des plaies opératoires en ambulatoire [hors de l'hôpital]", dit-il. Comme en 2004, l'étude pointe des "défaillances humaines des professionnels", moins souvent en lien avec des défauts de connaissances qu'avec des conditions de travail dégradées, "une supervision insuffisante des collaborateurs" ou encore une "mauvaise organisation" ou un "déficit de communication entre professionnels", note le Dr Michel.

Cependant, tous les événements indésirables liés aux soins ne sont pas considérés comme évitables. Ils peuvent aussi résulter de risques auxquels est exposé le patient dans le cadre de soins optimaux, souligne l'étude. Ils touchent plus fréquemment des patients fragiles, âgés, souvent déjà dans un mauvais état de santé.

Le plus souvent, l'événement indésirable entraîne un prolongement d'hospitalisation, mais le pronostic vital ou une incapacité à la sortie de l'hôpital peuvent être en jeu, voire, plus rarement, la mort.

 

(*) voir :

http://www.sante-sports.gouv.fr/no-17-les-evenements-indesirables-graves-associes-aux-soins-observes-dans-les-etablissements-de-sante.html

24/11/2010

Sauver les banques ou les Irlandais ?

lu sur :

http://www.france.attac.org/spip.php?article11925...

L’Irlande faisait figure, pour les marchés financiers, de bon élève de la zone euro, illustrant le triomphe d’une politique ultralibérale, basée sur des impôts réduits, des excédents budgétaires, ainsi que sur un secteur financier débridé. Pourtant le « tigre celtique » a fini par payer le prix de ses « vertus ». Après l’éclatement de la bulle de spéculation immobilière, les banques irlandaises se sont rapidement retrouvées au bord de la faillite.

Le gouvernement est alors passé à la caisse, et les excédents budgétaires se sont transformé en gouffre : 32% de déficit en 2010. Plus dure sera la chute, non pour les banques mais pour le peuple irlandais. En effet le plan de « sauvetage » lancé par l’Union européenne et le FMI vise avant tout à sauver les banques… étrangères, surtout allemandes, britanniques, françaises, italiennes, qui avaient prêté massivement aux banques irlandaises pour profiter du « miracle irlandais ».

En contrepartie des sommes débloquées pour refinancer le secteur bancaire, le peuple irlandais doit pour la seconde fois remettre le couvert de l’« austérité », de manière encore plus drastique : au programme, plus de 100.000 suppressions d’emplois publics, des coupes dans les allocations chômage et familiales, ainsi qu’une réduction du salaire minimum.

Des mesures d’autant plus drastiques que le gouvernement refuse d’envisager toute augmentation de la fiscalité sur les sociétés (12,5% contre 33% en France) ; Google, Microsoft et Intel, largement implantés en Irlande, l’avaient d’ailleurs menacé de représailles en cas contraire.

Injuste, cette politique d’austérité est de surcroit absurde, puisqu’elle aggrave la hausse du chômage et assèche la demande intérieure. Ainsi l’agence de notation financière Moody’s a-t-elle indiqué qu’elle allait probablement abaisser « de plusieurs crans » la note souveraine de l’Irlande, en raison des incertitudes économiques nourries par les nouvelles mesures d’austérité... prises pour « rassurer les marchés » !

Les actionnaires des banques irlandaises et européennes doivent payer le prix de leurs erreurs, pas les salariés et contribuables. Pour éponger leurs pertes, la BNP, la Société Générale, Deutsche Bank, HSBC... doivent immédiatement geler tout versement de dividendes.

Aujourd’hui, combattre cette politique globale d’austérité, et avancer de véritables alternatives en rupture avec le modèle néolibéral sont des enjeux essentiels. En Grèce, en France, en Espagne, au Portugal, en Grande-Bretagne, maintenant en Irlande, un processus de mobilisations populaires de grande ampleur est engagé dans la durée. Attac France, avec les Attac d’Europe et le mouvement social européen, y contribuera dans toute la mesure du possible.

A ce titre, Attac France sera présente samedi 27 novembre à 15h devant le siège de l’Union européenne à Paris, en solidarité avec les manifestations qui se dérouleront en Irlande au même moment.

Attac France,

Paris, le 24 novembre 2010

12/11/2010

Le G20 de Séoul

communiqué d'ATTAC France :
G20 de Séoul : vive le marché libre !

Analyse de la déclaration finale du G20 de Séoul.

La guerre des monnaies fait rage et menace de dégénérer en crise financière et géopolitique. La Chine protège ses gigantesques excédents commerciaux en conservant une monnaie sous-évaluée. Les États-Unis créent 600 milliards de dollars pour faire baisser leur devise. L’Allemagne étouffe la zone euro par sa politique d’exportation agressive basée sur le dumping social. Que propose le G20 pour dissiper les nuages noirs quis’amoncellent à l’horizon ?


Des mots creux sur "la croissance retrouvée" et "l’économie d’après-crise". Un "processus d’évaluation mutuelle" pour définir des "indicateurs" qui permettraient "d’identifier les déséquilibres" commerciaux et financiers - sans aucun mécanisme prévu pour corriger ces déséquilibres. Le G20 n’engage pas la moindre action contre l’hégémonie de la finance : aucun élément sur la taxe sur les transactions financières qui aurait un effet direct sur la spéculation, aucun effort pour entraver l’évasion fiscale, aucune proposition pour séparer les activités bancaires de dépôt de celles uniquement dévolues à la spéculation, ce qui serait la meilleure solution aux banques "too big too fail".

Mais on retiendra surtout la consternante détermination du G20 d’aller vers "un système monétaire international où les taux de change sont davantage déterminés par le marché".

Alors qu’aucune mesure n’a été prise pour limiter la spéculation sur le marché des changes, qui représente 3 000 milliards de dollars par jour ; alors que cette spéculation provoque d’incessants mouvements de yo-yo entre les devises, sans aucun rapport avec les fondamentaux des économies nationales ; alors que la Grèce, le Portugal, aujourd’hui l’Irlande, sont la proie d’une spéculation déchaînée qui menace à terme l’existence même de l’euro, cette réaffirmation du fondamentalisme de marché confirme l’incapacité du G20 à tirer les leçons de l’effondrement financier de 2008, et rend probable une nouvelle crise à court ou moyen terme.

La réforme du système monétaire international est plus que jamais indispensable. Mais elle ne peut consister à livrer sans cesse davantage les monnaies aux caprices de la finance. Au contraire, il faut dans l’immédiat taxer et réglementer drastiquement la spéculation sur les devises, mais aussi sur les matières premières, les dettes souveraines... À terme il faut viser le remplacement du dollar par une monnaie commune mondiale, instrument de résorption coordonnée des déséquilibres commerciaux : les pays excédentaires devront réévaluer leur devise par rapport à la monnaie mondiale, et les pays déficitaires dévaluer la leur.

La conclusion de Séoul, que Nicolas Sarkozy a endossée sans piper mot, réduit d’ores et déjà à néant ses rodomontades sur la réforme du système monétaire international. Il s’agissait pourtant, d’après lui, de l’ambition majeure de sa présidence du G20, qui s’ouvre aujourd’hui.

Les mouvements sociaux de France, aux côtés des mouvements sociaux du monde entier, prennent le relais de la résistance au G20. Ils n’auront de cesse de porter la réponse populaire à l’illégitimité et l’inefficacité de ce G20, totalement incapable de contester la dictature de la finance.

Attac France,
Paris, le 12 novembre 2010
http://www.france.attac.org/spip.php?article11875

11/11/2010

Campagne de dénigrement contre un chercheur dont les travaux mettent en cause des OGM

Reçu du réseau OGM37 :

----------

Bonjour à toutes et tous,

Comme vous le savez certainement, mon collègue Gilles-Eric Séralini, Professeur à l'Université de Caen spécialisé dans l'étude des effets des pesticides et des OGM sur la santé, et Président du conseil scientifique du CRIIGEN (Comité de Recherche et d'Information Indépendantes sur le Génie Génétique), fait l'objet d'une vive campagne de dénigrement et de pressions morales, en particulier depuis la publication (avec Joël Spiroux de Vendomois et Dominique Cellier), de contre-expertises remettant en cause l'innocuité sanitaire de 3 maïs OGM de Monsanto, et la réalisation pour la Cour Suprême de l’Inde, d’expertises sur une aubergine génétiquement modifiée ayant conduit le gouvernement indien à mettre en place un moratoire sur la culture de cet OGM.
Face à la violence de ces attaques, qui viennent non seulement de Monsanto et de différents organismes d'évaluation des OGM bien sûr, mais également d’une certaine frange de la communauté scientifique (voir tract joint), et qui vont jusqu'à remettre en question les conditions mêmes de ses travaux de recherche, Gilles-Eric Séralini a dû avoir recours aux tribunaux.

Vous trouverez ci-joint une affiche et un tract appelant à une journée de soutien à l'occasion du procès qui aura lieu le 23 novembre au Tribunal de Grande Instance de Paris, Île de la Cité.
Merci de les diffuser le plus largement possible autour de vous et dans vos réseaux.

Vous pouvez par ailleurs toujours signer la pétition de soutien à Gilles-Eric Séralini sur le site de Fondation Science Citoyennes ( http://sciencescitoyennes.org/spip.php?article1801) où vous pourrez également trouver des informations complémentaires le concernant et concernant la journée du 23 novembre.

En espérant vous retrouver nombreux le mardi 23 novembre à Paris, je vous adresse mes cordiales salutations.

Christian Vélot

P.S 1 : Il ne s’agit pas le 23 novembre d’une manif anti-OGM. Il s’agit d’un rassemblement et d’une réunion publique, bien sûr pour soutenir Gilles-Eric Séralini, mais au delà de son cas personnel, pour défendre la protection des lanceurs d’alerte, le droit à la controverse scientifique et à l’expertise contradictoire, transparente et indépendante.

17/10/2010

L'utilisation des pesticides en France

lu sur :

http://www.univers-nature.com/inf/inf_actualite1.cgi?id=4425

Pesticides : les mauvais comptes du gouvernement

15/10/2010

Lors du Grenelle de l'environnement, l'objectif d'une baisse de 50 % des tonnages de pesticides utilisés en France, d'ici 2018, a été arrêté. Mais pour y parvenir réellement, encore faut-il prendre en compte tous les sortes de pesticides utilisées par l'agriculture et leur concentration en substances actives.

C'est ainsi que le gouvernement vient de se faire prendre en flagrant délit d'oubli de comptabiliser les pesticides qui enrobent certaines semences. Ce qui n'est assurément pas un petit détail, puisque comme le note fort justement FNE (la fédération France Nature Environnement), 97% des semences de blé commercialisées sont traitées. On peut également citer l'enrobage des grains de maïs avec des insecticides comme le Cruiser, une préparation notamment accusée de nuire aux abeilles, les traitements des tubercules de pomme de terre. Selon le ministère de l'agriculture, cette absence de comptabilisation des enrobages ne serait pas dû à un oubli, mais à une insuffisance de données fiables. Néanmoins, à la demande de la fédération FNE, le ministère de l'agriculture se serait engagé à 'réévaluer les chiffres de l’utilisation des pesticides' pour ses prochaines communications, en intégrant l’ensemble des pesticides, y compris les traitements de semences et les traitements en zones non agricoles (parcs, jardins, voirie, etc.).

Enfin, concernant le volume, plus que cette donnée, ce qui compte en matière de pesticide c'est la concentration en substances actives. Un volume donné avec une faible concentration est bien moins nocif qu'une quantité équivalente avec une concentration en principes actifs supérieure. C'est ainsi que le plan Ecophyto, de réduction des pesticides, comporte un indicateur d'usage, le NODU, qui permet de ne pas appréhender l'intensité du recours aux pesticides sur les seuls volumes.

Pascal Farcy

10/10/2010

Guadeloupe : appel de l'Union Générale des Travailleurs de Guadeloupe

lu sur :

http://ugtg.org/article_1274.html

.

Appel de L’UGTG au Mouvement Ouvrier et démocratique français, au Mouvement Ouvrier et démocratique mondial, au Comité international contre la répression (CICR)

La justice française a décidé, une fois de plus, d’en découdre avec le Mouvement Ouvrier Guadeloupéen et singulièrement avec les militants de notre Centrale UGTG (Union Générale des Travailleurs de Guadeloupe).

Après avoir condamné notre camarade Raymond GAUTHIEROT, ancien Secrétaire Général de l’UGTG, à trois mois de prison ferme assortis d’amendes au mois de janvier dernier, voilà que l’Etat français et ses valets locaux, à la demande du patronat de Guadeloupe avec la complicité les Collectivités, et à la demande du Grand Patronat, s’acharnent contre les dirigeants et militants de notre Syndicat.

Ainsi depuis quelques semaines, voire plusieurs mois, nous assistons à une cascade de convocations et de procès remettant en cause les libertés fondamentales et singulièrement le droit de revendiquer et de se battre pour ses revendications justes et légitimes. Tout est mis en œuvre non seulement pour diaboliser l’action syndicale, mais également et surtout pour tenter de nous faire taire car nous ne cessons de lutter notamment pour le respect des accords du 26 février et du 4 mars 2009 obtenus grâce au LKP.

Un exemple :

Le Mardi 14 Septembre, une déléguée syndicale de l’UGTG est convoquée devant la Cour d’Appel de Basse-Terre.

Dès le début de l‘audience, le Président de la Cour d’Appel lance en direction de la salle « vous avez fait le nombre mais vous ne me faites pas peur ». Il est vrai qu’habituellement les procès des membres de l’UGTG ne sont pas ouverts au public car les grilles du Tribunal sont systématiquement gardées par la police et les gendarmes qui interdisent l’accès au palais de justice.

Quelques minutes plus tard, le Président de la Cour interroge notre camarade et cette dernière répond en Créole, comme elle l’a fait en première instance au Tribunal de Pointe-à-Pitre, où elle a bénéficié de l’assistance d’un interprète.

C’est alors que le Président de la Cour d’Appel s’exprimant sur un ton particulièrement arrogant, voire méprisant à l’égard de cette jeune camarade, lui interdit de parler créole dans son tribunal en indiquant que les décisions de justice sont prises en français ; que dans son tribunal on parle français et que de toutes les manières, elle serait jugée et condamnée.

Cette interdiction de s’exprimer en créole est d’autant plus incohérente que notre camarade était poursuivie pour une prétendue diffamation qu’elle aurait prononcée en créole. Ce manque évident d’impartialité a provoqué une réaction indignée de l’assistance.

S’en suit alors quelques grognements dans la salle et il n’en faut pas plus au président du tribunal pour exiger l’évacuation de la salle qui se fera par la gendarmerie en arme, dans des conditions choquantes.

A noter que la prévenue a elle aussi été reconduite hors de l’enceinte du palais de justice.

Quelques instants plus tard, nous apprenons que l’avocat de notre camarade a eu un malaise nécessitant l’intervention des pompiers et du SAMU.

Et pourtant, curieusement la décision a été mise en délibéré au 8 novembre 2010 sans que notre camarade ait pu se défendre ni son avocat plaider.

Vendredi 22 Octobre 2010 deux autres dirigeants de l’UGTG, dont le Secrétaire Général Adjoint, seront devant les tribunaux pour avoir refuser de se soumettre à un prélèvement ADN. Les syndicalistes ne sont pas des criminels. Ce sont au total 4 dirigeants de l’UGTG qui sont poursuivis pour avoir refusé de livrer leur ADN.

Au total, ce sont près de vingt militants et dirigeants de notre centrale qui font l’objet de convocations par les services de gendarmerie, de police ou devant les tribunaux et cela à quelques jours de la grande mobilisation du 26 Octobre en Guadeloupe, Martinique et Guyane kont tout pwofitasyon. Et tout cela dans le silence de la classe politique alors que certains conflits durent depuis plus de sept mois.

Dans le même temps, un des avocats de l’UGTG, Maître Sarah ARISTIDE, fait l’objet de menaces, d’intimidations et d’agressions sans que le parquet s’en soucie malgré de nombreuses plaintes et interpellations.

Chers camarades, chers amis, vous l’avez compris, il s’agit pour l’Etat colonial français à la solde du grand patronat, de prendre sa revanche sur la fabuleuse lutte que nous menons en Guadeloupe et de chercher ainsi à éliminer le LKP en s’attaquant directement aux organisations qui le composent.

Au nom de la solidarité ouvrière internationale, au nom de la démocratie, au nom du droit des travailleurs de Guadeloupe de se battre pour leurs légitimes revendications et leurs syndicats, de les défendre, nous faisons appel à votre soutien.

Elie DOMOTA

09/10/2010

1,6 milliard de déductions fiscales pour la Société Générale

lu sur :

http://www.liberation.fr/economie/01012295349-affaire-kerviel-la-societe-generale-aurait-deja-recupere-1-6-milliard-d-euros

.

La Société générale aurait déjà récupéré 1,6 milliard d'euros

.

La Société générale aurait récupéré 1,6 milliard d'euros sur les 4,9 milliards perdus par la banque en 2008 dans l'affaire Kerviel grâce à un dispositif fiscal, selon la radio Europe 1 samedi.

«La Société Générale n'a pas perdu 4,9 milliards d'euros dans l'affaire Kerviel. Grâce à un dispositif fiscal, elle a déjà récupéré plus d'un milliard et demi de déductions fiscales», explique la radio.

«Une société peut en effet déduire de ses impôts 33% d'une perte exceptionnelle dont elle n'est pas responsable et c'est ce qu'elle a déjà fait. En général, cela se produit sur de petites sommes mais là dans l'affaire Kerviel cela représente 1,6 milliard d'euros déjà récupérés par la banque pour le seul exercice fiscal en 2008», explique encore Europe 1.

Contactée par l'AFP, la Société générale n'avait pas réagi en début d'après-midi à cette information.

Jérôme Kerviel, l'ancien trader de la Société générale, 33 ans, jugé seul responsable d'une perte record subie début 2008 par la banque, a été condamné mardi par le tribunal correctionnel de Paris à cinq ans de prison dont trois ferme et à 4,9 milliards d'euros de dommages et intérêts.

La Société générale avait exclu ensuite de réclamer l'intégralité des 4,9 milliards à son ancien trader. On comprend mieux pourquoi

(Source AFP)

03/10/2010

... et pour vivre mieux ...

lu sur :

http://www.univers-nature.com/inf/inf_actualite1.cgi?id=4404

.

30/9/2010

L’horticulture urbaine pour relever les défis de l’explosion urbaine

Selon la FAO (1), d’ici 2025, plus de la moitié de la population du monde en développement, estimée à 3,5 milliards d’habitants, vivra dans les villes. Parallèlement, le pourcentage de population urbaine vivant dans la pauvreté pourrait culminer jusqu’à 45 % à l’horizon 2020, représentant 1,4 milliard d’êtres humains. Se concentreront alors dans les villes et les mégapoles pas moins de 85 % des pauvres d’Amérique latine et près de la moitié de ceux d’Afrique et d’Asie.

Pour conjurer ces « villes tentaculaires », concentrant des franges vulnérables de la population (jeunes, sans emploi…), les décideurs et les urbanistes des pays peu développés s’orientent vers le concept de « ville verte ». En effet, le schéma urbain actuel voit les terres arables disparaître de la ville au profit des logements, de l’industrie et autres infrastructures. Les cultures maraîchères s’éloignant de plus en plus de la ville, les coûts excédentaires de transport et de conditionnement se répercutent alors sur les fruits et légumes qui en deviennent d’autant moins accessibles aux consommateurs urbains. Afin d’enrayer ce déséquilibre croissant, la réintroduction de l’horticulture urbaine et périurbaine, base de la ville verte, pourrait garantir aux populations citadines un accès à une alimentation sûre et de meilleure qualité nutritive. De fait, l’horticulture urbaine offre une alternative à la pauvreté en raison de ses faibles frais de démarrage, ses cycles de production courts et ses rendements élevés par rapport au temps de travail, à la superficie et aux besoins d’arrosage exigés.

Si des efforts seront nécessaires pour orchestrer la réappropriation par l’organisation urbaine des pratiques horticoles, les bases sont déjà posées dans certaines régions. Ainsi, d’après la FAO, 130 millions de citadins en Afrique et 230 millions en Amérique latine pratiquent l'agriculture, et plus particulièrement l'horticulture, soit pour nourrir leurs familles, soit pour s’assurer des revenus sur la vente de leurs produits. Conscients de ce potentiel, au cours des dix dernières années, les gouvernements de vingt pays ont fait appel à la FAO afin que celle-ci leur fournisse des intrants et une formation à destination des jardiniers urbains à faible revenu. Des outils, des semences et une formation ont également été mis à disposition de plus de 30 pays en vue de la création de milliers de potagers scolaires, destinés à contrer la malnutrition infantile.
Tant dans les mégapoles en plein essor d'Afrique de l'Ouest et centrale que dans les bidonvilles de Managua, de Caracas et de Bogotá, on promeut la culture maraîchère commerciale irriguée en périphérie des villes, de même que la création de micro-potagers en culture hors sol (sable, laine de roche…).

Certains freins restent à lever, dont la question de la propriété terrienne. En République démocratique du Congo, la régularisation des titres de propriété de jardins cultivés occupant 1 600 hectares permet désormais à 20 000 cultivateurs de travailler à plein temps dans cinq villes. Au cours de ce projet, 40 structures d'irrigation ont été installées ou réhabilitées, améliorant ainsi la disponibilité en eau tout au long de l'année.
La République démocratique du Congo compte aujourd’hui 450 associations de cultivateurs, formées aux bonnes pratiques agricoles, et notamment à l'utilisation d'engrais biologiques et de bio-pesticides. Sa capitale, Kinshasa, produit de 75 000 à 85 000 tonnes de légumes par an grâce à ces jardins maraîchers, cette production couvrant 65 % des besoins de la ville.

Cécile Cassier

1- Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture.

La solution : consommer moins pour vivre mieux

lu sur :

http://www.univers-nature.com/inf/inf_actualite1.cgi?id=4244

.

27/5/2010

L’étiquette énergétique pour les appareils électroménagers fait fausse route

 

Obligatoire sur les ampoules, les réfrigérateurs, les congélateurs, les lave-linge, les lave-vaisselle et les sèche-linge, l’étiquette énergétique (1) permet au consommateur de connaître et de comparer les performances énergétiques à l’usage des multiples appareils électroménagers. Outre les économies substantielles promises au futur propriétaire, le dispositif se pare d’une dimension écologique en prônant la lutte contre le gaspillage d’énergie. Ainsi, sur le site Internet de la direction régionale de l’ADEME (2) de Poitou-Charentes, le bien fondé de l’étiquette énergétique est mis en avant, permettant de choisir « l’équipement le plus performant et donc de maîtriser la facture d’électricité », ou encore d’acquérir un « matériel économique (classe A) qui permet de diviser de 2 à 4 la consommation de certains équipements ».

Toutefois, bien que vertueuse en théorie, cette garantie à l’achat est loin de faire ses preuves dans la pratique. En témoigne l’enquête réalisée par l’association de défense des consommateurs UFC – Que Choisir, dont les résultats nationaux ont récemment été communiqués. A des fins d’investigation, l’UFC (3) s’est rendue dans 1 464 magasins répartis sur l’ensemble du territoire afin d’y relever les prix en rayon et la classe énergétique de tous les modèles appartenant à un type précis de réfrigérateur-congélateur et de sèche-linge. Ces deux catégories d’appareils représenteraient, en effet, à eux seuls 50% de la consommation d’électricité spécifique (4). En tout, 7 395 modèles ont été passés au crible, révélant plusieurs constats peu réconfortants pour le consommateur.
D’une part, d’après l’UFC, l’étiquetage énergétique est désormais « obsolète ». En effet, bien que les appareils des classes les plus mauvaises aient disparu des rayons, ces classes figurent toujours sur l’étiquette. Aussi, le consommateur est-il loin d’acheter un équipement si vertueux en choisissant la classe A, l’échelonnage initial n’ayant plus de réelle validité.

En outre, les appareils réputés comme les plus performants se font rares dans les rayons des distributeurs. D’après Que Choisir, seuls 5 % des réfrigérateurs seraient de classe A++, la plus économe. De plus, quand bien même l’économie d’énergie est au rendez-vous, elle s’avère hors de prix. L’enquête a ainsi noté que les prix augmentent avec le degré d’efficacité énergétique, d’où un surcoût non négligeable entre deux classes. Pour les réfrigérateurs, on relève en moyenne un excédent de 85 € supplémentaires pour accéder à la classe A+, et de 282 € pour l’accès à la classe A++. En matière de sèche-linge, le surplus s’élève à 220 € pour accéder à la classe B et à 532 € supplémentaires pour la classe A, la moins énergivore.
Comble de l’ironie, l’argument selon lequel le surcoût à l’achat serait compensé par l’allègement de la facture électrique lors de l’utilisation s’avère tout aussi fallacieux. Dans les faits, d’après les calculs effectués par l’UFC, dans le cas du le réfrigérateur-congélateur, le surcoût de 85 € pour accéder à la classe A+ n’est amorti qu’au bout de 10 ans alors que le surcoût pour accéder à la classe A++ n’est, quant à lui, jamais compensé.

Considérant que les défis écologiques ne peuvent se relever au détriment des consommateurs, Que Choisir oppose le « payer moins pour consommer mieux » au « payer plus pour consommer moins ». Pour y parvenir, l’association propose deux solutions. La première consiste à réactualiser l’étiquetage énergétique pour assurer l’adéquation de son échelle à la réalité des produits commercialisés. Elle souligne également la nécessité de généraliser la mise en place de ce dispositif à l’ensemble des appareils électriques domestiques (TV, ordinateur, fer à repasser…). Second levier d’action, elle prône l’extension du système de bonus-malus, déjà appliqué au secteur automobile, aux appareils électroménagers.

Cécile Cassier
1- L’étiquette énergétique indique le niveau d’efficacité énergétique des équipements. Par niveau d’efficacité énergétique, on entend leur niveau de consommation comparé à celui d’appareils similaires disponibles sur le marché. Elle s’échelonne de la catégorie A, la plus économe, à la catégorie G, la plus énergivore. Il existe également des appareils classés A+ (lave-linge, réfrigérateurs, congélateurs) et A++ (réfrigérateurs et congélateurs) dont les performances sont vantées comme les plus optimales.
2- Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie.
3- Union Fédérale des Consommateurs.
4- L’électricité spécifique désigne l’électricité consommée pour l’éclairage, l’électroménager et l’audiovisuel (hors chauffage, eau chaude et cuisson).

10:37 Publié dans énergie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : économie, société

01/10/2010

La reprise sans création d’emplois attise la colère

lu sur :

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/9a623d8a-ccd8-11df-9875-c54f2a3ca495|0

.

La reprise sans création d’emplois attise la colère

Le mécontentement s’installe, surtout dans les pays riches. Le Bureau international du travail exige des mesures ciblées et urgentes

Des manifestations de troubles sociaux liés à la crise économique et financière ont eu lieu ces derniers mois dans au moins 25 pays, surtout en Europe et aux Etats-Unis. Le sentiment que les sacrifices ne sont pas équitablement partagés se propage. Avec le retour des bonus dans le secteur financier, le fossé se creuse entre les riches et les pauvres. Aux Etats-Unis, la durée moyenne de recherche d’une place de travail est passée de 25 semaines en août 2009 à 33,6 semaines en une année. En Europe du Sud, en Espagne notamment, le taux de chômage parmi les jeunes monte à 40%. Avec 40% des chômeurs qui doivent attendre au moins une année avant une embauche, le chômage de longue durée est devenu un problème structurel dans la plupart des pays. Découragées, quatre millions de personnes se sont retirées volontairement du marché du travail cette dernière année.

Autant dire que c’est un tableau noir foncé que dépeint le Bureau international du travail (BIT) dans une étude, D’une crise à l’autre, publiée jeudi. Il estime que le marché de l’emploi ne retrouvera pas son niveau d’avant la crise avant 2015. Un brin moins pessimiste l’année dernière, il avait affirmé que le retour à la normale allait s’opérer en 2013 déjà. Raymond Torres, l’auteur de l’étude, ne cache pas son inquiétude: «Le terrain est fertile pour nourrir le mécontentement.»

Fragilité

L’expert du BIT ne fait pas que constater les dégâts. Selon lui, le monde a pris les mesures nécessaires pour lutter contre la récession, notamment avec des plans de relance. «Mais, avec leur retrait et surtout avec l’adoption des mesures d’austérité dans la plupart des pays industrialisés, l’emploi passe à la trappe, fait-il remarquer. Quant aux entreprises, elles sont prudentes face à l’incertitude conjoncturelle et s’abstiennent de créer des emplois permanents.» Selon lui, le secteur privé a un besoin de main-d’œuvre, mais il se satisfait des emplois temporaires ou à temps partiel. Le nombre d’emplois manquants en 2011 s’élève à 22,7 millions, dont 14,3 millions dans les pays industrialisés.

Que faire? «La reprise restera fragile dans ces pays, répond Raymond Torres. Il faut donc un changement de cap et inscrire la création d’emplois comme un objectif stratégique, au même titre que la maîtrise de l’inflation.» Le BIT recommande qu’au nom de la cohésion sociale les Etats consacrent des fonds en fonction du potentiel de création d’emplois. «Dépenser dans ce but aujourd’hui, c’est économiser dans les dépenses sociales demain», dit Raymond Torres. Il estime que les Etats doivent aussi cibler les jeunes chômeurs et autres groupes fragiles – femmes ou mères célibataires.

Le BIT pense aussi que le retour de la confiance passe par une réforme financière. «La maladie qui a infecté la planète a été diagnostiquée, mais aucun traitement profond ne lui a été préconisé», note l’étude. Elle fait remarquer que les banques ont été renflouées par les caisses publiques et que c’est leur tour d’ouvrir le robinet du crédit, essentiel pour la création d’emplois.


24/09/2010

Economie & Finance : Comment le marché a été manipulé

lu sur :

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/e99e1864-c752-11df-859f-26804e4afe5/Comment_le_march%C3%A9_a_%C3%A9t%C3%A9_manipul%C3%A9

.

Economie & Finance
Comment le marché a été manipulé

Avant la crise des «subprime», les banques ont fait croire à l’existence d’une demande

Un travail de fourmi. Dans sa dernière enquête, l’ONG new-yorkaise Pro Publica, spécialisée dans le journalisme d’investigation, a analysé les transactions passées par les grandes banques de Wall Street sur le marché de la dette hypothécaire titrisée dans les deux années précédant l’éclatement de la crise. Les résultats, présentés sous la forme d’une série d’articles et d’infographies interactives, montre que les grandes banques d’investissement ont manipulé ce marché pour faire croire à l’existence d’une offre et d’une demande alors que les investisseurs, en premier lieu des fonds de pension, se détournaient de leurs produits.

Les données récoltées par Pro Publica montrent qu’en 2007, Merrill Lynch, Citigroup, Goldman Sachs et UBS, parmi les plus actives, achetaient elles-mêmes la majorité des parts dans les fonds adossés à des crédits immobiliers, alors qu’elles étaient supposées vendre à leurs clients. En 2006 et 2007, près de la moitié des transactions passées par les fonds de Merrill Lynch consistait à acheter des parts d’autres fonds de la même banque. UBS, avec son fonds TABS 2007, gagne la palme de la consanguinité financière avec le plus de parts issues d’autres fonds de la même banque.

Ces manipulations avaient pour but de donner «l’apparence d’une demande sur un marché dont les investisseurs commençaient à se méfier», explique Pro Publica, et permettaient aussi aux gérants de «maintenir les volumes d’affaires dont dépendaient leurs bonus».

--------------------

sur le même sujet :

«subprime»

vendredi24 septembre 2010

François Pilet

La dette «subprime» réapparaît dans le système financier international. Selon leFinancial Times, la banque sud-africaine Investec, fortement implantée en Grande Bretagne, s’apprêterait à offrir 250 millions de livres de dette hypothécaire «non standard» à des investisseurs dans les semaines à venir. Si elle trouve preneur, l’offre serait la première opération de revente de dette hypothécaire en Europe depuis le déclenchement de la crise financière il y a trois ans. Investec pourrait être devancée par une autre banque britannique, la Royal Bank of Scotland (RBS), à 80% aux mains de l’Etat depuis son renflouement en novembre 2008. Depuis mi-septembre, RBS cherche à placer sur les marchés pour 4,7 milliards de livres de créances immobilières.

La transformation en produits financiers – appelée titrisation – de crédits hypothécaires accordés à des acheteurs insolvables aux Etats-Unis avait provoqué la quasi-faillite des plus grandes banques américaines et européennes, en 2008, alors que les débiteurs faisaient défaut en masse sur leurs dettes.

Crédits «non standards»

Le portefeuille proposé par Investec se compose de crédits «standards» – soit d’hypothèques avancées à des acheteurs pouvant justifier de revenus suffisants – ainsi que de créances «non standards». Sous ce terme se cachent des hypothèques dites «autocertifiées», conçues à l’origine pour les travailleurs indépendants, dont la déclaration de revenus ne peut être garantie par un certificat de salaire. Des placements similaires par des grandes banques européennes seraient en préparation en Espagne et au Portugal, selon l’agence Bloomberg. Outre-Atlantique, le marché de la dette titrisée a également repris de l’ampleur. Si les niveaux restent encore faibles sur les créances immobilières, les banques ont pris le relais avec un autre type de dette: celui des leasings automobiles. Selon une étude de J. P. Morgan, 39 milliards de dollars de crédits avancés à des Américains pour l’achat de voitures ont été titrisés et revendus sur les marchés sur les neufs premiers mois de 2010. Sur cette somme, 5,9 milliards ont été accordés à des clients avec des profils de risque les plus élevés. Un expert du secteur récemment embauché par UBS aux Etats-Unis explique au Temps sous couvert d’anonymat que les crédits automobiles «subprime» seraient particulièrement recherchés par les investisseurs en temps de crise. Offrant des rendements élevés, ils seraient considérés comme plutôt sûrs. En effet, la vigueur du marché de l’occasion permettrait aux organismes de crédit de limiter leurs pertes en cas de défaut en revendant à bon compte les voitures saisies, «ce qui est plus difficile avec une maison», note le banquier.

A eux seuls, les constructeurs automobiles Nissan, BMW et General Motors ont revendu pour 3,6 milliards de créances sur les marchés cette année, avec l’aide de banques d’investissements telles que Merrill Lynch, RBS, Credit Suisse et UBS.

-------------

lien:

Vendredi24 septembre 2010

UBS rembourse 18 milliards

François Pilet

Le gendarme boursier américain, la SEC, a annoncé mardi qu’UBS avait respecté ses obligations envers l’autorité dans l’affaire des Auction rate securities (ARS), des produits financiers décrits comme sûrs et qui avaient perdu toute valeur au plus fort de la crise, en février 2008. Selon l’accord passé avec la SEC, UBS s’était engagée à rembourser pour 18 milliards de dollars à ses clients lésés par ces produits. C’est désormais chose faite, puisque «presque 100% des investisseurs» sont aujourd’hui indemnisés, note la SEC qui renonce à imposer une pénalité à UBS.

20/09/2010

XXième siècle : les méfaits du PLASTIQUE

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2010/09/19/plastique-l-ennemi-intime_1412130_3244.html

.

Plastique, l'ennemi intime

19.09.10 | 16h46  •  Mis à jour le 20.09.10 | 07h25

"Je voudrais te dire juste un mot : plastique ! – Comment dois-je comprendre ça ? – Le plastique, c'est l'avenir. Penses-y ! – Je le ferai. – Chut ! Assez parlé."

Ce bref dialogue est extrait du Lauréat (1967), avec Dustin Hoffman, qui annonce la révolution des mœurs… et l'arrivée du plastique dans nos vies. Car, en ces années 1960, le plastique est pop, à la mode, conquérant, il représente autant l'avenir que la modernité.Les bas Nylon étincelants, les dentelles en Perlon, les brillantes robes de polyester embellissent les femmes.

Dans les cuisines, une vaisselle en plastique multicolore remplace la fragile et coûteuse porcelaine, le Formica rivalise avec le bois. Dans les salons, les réunions Tupperware font fureur.

Avec la popularisation du plastique, événement industriel autant que métaphysique, l'homme transcende la matière grâce à la chimie, invente un man made material plus résistant que le bois, plus léger que l'acier, plus souple que le caoutchouc, et qu'il peut, tel un démiurge, modeler à sa guise. Dans ses Mythologies (1957), Roland Barthes s'enthousiasme pour la nouvelle "substance alchimique" qui permet de créer mille objets sans être coûteuse. "Pour la première fois, écrit-il, l'artifice vise au commun, non au rare (…). Le monde entier peut être plastifié."

Roland Barthes a raison, hélas ! Le monde va être plastifié jusqu'au fond des océans. Au printemps 1997, le navigateur Charles Moore traverse par hasard le lent tourbillon subtropical du Pacifique Nord. Soudain, voilà son bateau entouré d'une quantité de bouteilles en plastique, brosses à dents, sacs, casquettes, jouets d'enfants, dérivant dans le sens des aiguilles d'une montre.

Il vient de découvrir "the Great Pacific Garbage Patch" ("la grande zone de détritus du Pacifique"), aujourd'hui tant décriée. En août 1998, il retourne sur place avec un chalut pour prélever des échantillons. Il estime à l'époque que ce "vortex de détritus" est constitué d'environ 3 millions de tonnes de déchets en plastique.

"SIXIÈME CONTINENT"

A l'automne 2006, le bateau de Greepeace Esperanza fait un nouvel état des lieux. En route, l'équipage découvre que les plages de Hawaï, à la périphérie du tourbillon, sont jonchées de plastique : bouées, casiers à poissons, balles de golf, briquets, bouteilles, casques d'ouvriers, jerricanes, boîtes diverses, caisses de bière, pots de fleurs, enseignes, fusibles, blocs de polystyrène, couvercles, rasoirs jetables, boîtiers de CD, etc.

Si les océans et les mers ont toujours été une poubelle de choix pour les hommes – selon l'ONG Oceana, on y jette 675 tonnes d'ordures chaque heure –, leurs eaux et les algues finissaient par dégrader et annihiler les détritus. Mais pas le plastique. Aujourd'hui, la grande zone de détritus du Pacifique est estimée à la taille de l'Etat du Texas, voire de l'Europe centrale – d'où son surnom : le "sixième continent".

Le plus inquiétant est invisible. Chaque objet, peu à peu, se fractionne jusqu'à former des granulés, microscopiques, indestructibles. Les poissons les ingèrent, ce qui les empoisonne ou perfore leur système digestif. Des expertises menées, au début de l'année, par les équipes du projet international Kaisei ont conclu qu'il est à présent impossible de venir à bout du "vortex". Le coût en serait astronomique, il faudrait une alliance entre plusieurs Etats. Mais aucun n'est prêt à engager de tels frais. Et puis, où transporter une telle quantité d'ordures ? Pour en faire quoi ?

Après être entrés en pleine modernité pop avec le plastique, nous devons faire face aux désillusions de la post-modernité : ses dégâts irréversibles, ses problèmes insurmontables nous obligeant à faire des choix tragiques. Il faut savoir que les Américains consomment 2,5 millions de bouteilles en plastique par heure et 25 milliards de tasses à café en polystyrène par an. Chaque année, ils produisent 6,8 millions de tonnes de plastique. Sur cette masse considérable, seules 450 000 tonnes sont recyclées ou incinérées.

BISPHÉNOL A, PHTALATES ET SPERMATOGÉNÈSE

Sur Terre, nous produisons 260 millions de tonnes de plastique par an, ce qui correspond à 30 kg par habitant – pour une matière si légère, cela équivaut à 85 paires de chaussures de jogging, 2 000 brosses à dents ou 6 000 sacs d'emballage. Ce qui fait dire à l'Autrichien Werner Boote, auteur du documentaire et de l'enquête Plastic Planet, dans un entretien qu'il nous a accordé : "Devant de tels chiffres, on en vient à se demander si nous ne produisons pas le plastique dans des quantités que nous sommes incapables de gérer."

Il ajoute, très inquiet après dix années passées à enquêter sur les effets du plastique dans nos vies : "Suite à la publication de nombreuses études sanitaires, j'ai été choqué de découvrir que des substances dangereuses entraient dans la composition des plastiques."

Prenez le bisphénol A, ou BPA, une molécule facilitant la plastification, utilisée dans les tétines et les biberons. Un groupe de 38 experts américains, dont l'étude a été confirmée par soixante autres travaux, a montré que le BPA migre dans le lait, puis dans la thyroïde et les organes sexuels des bébés.

Après plusieurs enquêtes menées par des organismes sanitaires, le gouvernement canadien a interdit l'utilisation de bisphénol dans les produits à destination des enfants, notamment les biberons, en octobre 2008. Le Parlement français a fait de même le 23 juin, suite à une "Lettre ouverte aux pédiatres et gynécologues" signée par des représentants d'associations médicales.

Sont encore incriminés les phtalates, des additifs qui rendent le plastique souple et flexible, très présents dans tous les objets en PVC : eux aussi se déplacent dans le corps, affectent les organes de reproduction, surtout chez les petits. Leur présence dans la fabrication des jouets a été prohibée par un décret du 9 novembre 2006.

Certains d'entre eux, comme le DHEP, ne doivent plus être utilisés dans aucun cosmétique, car ils peuvent endommager le fœtus et réduire la fertilité.

Des études répétées montrent que BPA et phtalates, libérés progressivement lorsque le plastique est chauffé ou fréquemment lavé avec des détergents, agissent comme des perturbateurs du système hormonal et endocrinien, pénètrent les testicules et réduisent la spermatogenèse.

Depuis plusieurs années, nombre de recherches médicales internationales, comme celles de la Société internationale d'endocrinologie, tendent à établir que l'accumulation des additifs du plastique, des composés volatiles des peintures et des parabens, les conservateurs contenus dans les cosmétiques, participent à la baisse massive de la fertilité chez les Occidentaux. Jusqu'à moins 40 % du nombre de spermatozoïdes chez certains hommes en vingt ans. Des études sanitaires associent BPA et phtalates au développement de l'obésité et du diabète.

Pour savoir jusqu'où le plastique pénétrait son organisme, Werner Boote, désormais surnommé le "Michael Moore autrichien", a fait procéder à une analyse de son sang. "Pour réaliser Plastic Planet, explique-t-il, j'ai voyagé dans vingt-huit pays, et de nombreux scientifiques m'ont assuré que le plastique pénétrait le corps humain. J'ai voulu vérifier. J'ai découvert un taux très élevé de bisphénol A dans mon plasma. Selon le biologiste, une telle quantité aurait réduit de 40 % mon nombre de spermatozoïdes si j'avais été un animal de laboratoire. Depuis ces analyses, j'évite tout contact avec le plastique. Mon taux de BPA a baissé."

Autrement dit, si nous voulons survivre au post-modernisme, nous devons entrer dans l'âge du principe de précaution.

PLASTIFICATION DU MONDE

Que répondent les industriels du plastique à de telles critiques ? Ils vous renvoient à leur communication, très bien faite et n'évitant pas les questions dérangeantes. D'abord, expliquent-ils, eux utilisent les hydrocarbures pour faire des produits utiles, pratiques, bon marché qui facilitent la vie quotidienne des gens – cela dit, en bout de chaîne, il faut bien les brûler ou s'en débarrasser.

Ensuite, ils ne sont responsables ni de l'incurie de certains citoyens et des industriels – qui jettent n'importe où leurs ordures ou ne les trient pas –, ni d'un recyclage insuffisant ou défectueux par les services publics, ni du suremballage par les marques. Ils n'ont pas tort.

Nous participons tous, producteurs et consommateurs, à la plastification du monde. Quant aux dangers médicaux associés à la migration du BPA et des phtalates dans le corps, les industriels mettent en avant des études qui les minimisent, menées par des scientifiques… ayant travaillé pour eux.

Or, depuis des années, ces études ont été contredites par de très nombreuses recherches indépendantes, ou menées par des sociétés médicales reconnues en Europe comme aux Etats-Unis. De son côté, le neurobiologiste Frederick vom Saal, de l'université du Missouri-Columbia, avance que l'industrie du plastique se comporte comme hier les cigarettiers : "Distorsion, mensonge, tentatives de discrédit."

Il affirme qu'ils ont tenté de l'acheter pour qu'il renonce à publier ses premiers travaux sur le bisphénol A. Il reste, comme le font remarquer les industriels, que nous n'allons pas supprimer l'usage des produits chimiques dans les emballages comme dans quantité d'objets utiles en plastique ou en matériel composite.

L'évaluation des risques doit être faite, des normes doivent être établies. C'est dans cette perspective que l'Union européenne (UE) a adopté, en 2005, à l'initiative des ministres de l'environnement, le système Reach (Règlement sur l'enregistrement, l'évaluation et l'autorisation des substances chimiques), obligeant les industriels à prouver l'innocuité de tout produit mis sur le marché.

"No data, no market", décrète Reach ("pas de renseignement sur les risques, pas de mise en vente"). Depuis, l'industrie chimique dénonce les bureaucrates de Bruxelles, brandit le spectre du chômage, si bien que Greenpeace a publié, en 2006, une étude intitulée "Lobby toxique. Ou comment l'industrie chimique essaie de tuer Reach".

La Suédoise Margot Wallström, commissaire européenne à l'environnement de l'Union jusqu'en 2004, déclare dans le film Plastic Planet : "Les industriels ont longtemps espéré faire échec à toute la réglementation." Une musique connue, non ?

VERS DES BIOPLASTIQUES ?

Il existe plusieurs solutions alternatives à l'universel plastique. Beaucoup d'écologistes et d'associations appellent au retour du verre pour l'emballage des aliments et des produits pour bébés, au remplacement des innombrables sacs en plastique par des sacs en papier recyclable et recyclé.

Mais, surtout, le plastique biodégradable, fabriqué à partir de ressources renouvelables (maïs, pomme de terre, patate douce, blé, canne à sucre, etc.) ou de pétrole, semble constituer la solution de rechange à l'indestructible matériel.

Ne nous réjouissons pas trop vite, même si la filière du nouveau plastique et son marché connaissent une expansion lente – estimée à 1 million de tonnes en 2011 – quoique prometteuse. Coca Cola, par exemple, a annoncé son intention de produire 30% de ses bouteilles en plastique à partir de matières végétales. Mais le bioplastique rencontre déjà de sérieuses difficultés : où trouver les terres pour produire la monoculture permettant sa fabrication en masse ?

Opposera-t-on les quantités d'eau, importantes, nécessaires à sa fabrication à celles utilisées pour la production vivrière ou le bétail ? L'énergie grise perdue dans les transports des céréales ne va-t-elle pas être colossale et polluante ?

Quant au bioplastique à base de pétrole, s'il ne veut pas devenir un gadget de l'industrie chimique, il doit être dégradable à 90 % pour mériter le label bio. Toutes ces questions demeurent ouvertes, et y répondre prendra du temps. Mais, à l'époque du grand vortex d'ordures et de l'effondrement de la spermatogenèse, existe-t-il d'autre solution que produire des biens recyclables, sains et biodégradables ? Et espérer vivre demain dans un monde… durable ?

 


PETIT LEXIQUE DU PLASTIQUE

Plastique Le mot vient du grec plastikos, qui signifie "relatif au modelage".
Bioplastique. Le bioplastique dégradable à 90 % représente 0,5 % de la production mondiale de plastique. Certains industriels ont commencé à produire des plastiques à base de maïs ou de fécule. Un plastique biodégradable à base de pétrole, l'Ecovio, a été mis au point par l'allemand BASF.
Thermoplastiques La majorité des plastiques utilisés sont des thermoplastiques (PET, PVC, PC). Ces matières synthétiques mollissent en chauffant, redeviennent dures en refroidissant. L'industrie peut les mouler, les souffler, les souder. Etant broyables, les thermoplastiques peuvent être recyclés ou incinérés. En Europe, moins de la moitié d'entre eux, soit 30 millions de tonnes, sont revalorisés ou mis à la décharge.
PVC ou polychlorure de vinyle Thermoplastique très utilisé sous sa forme rigide (tuyauterie, carte de crédits, etc.), souple (revêtement de sol) ou plastifiée (films en bobines). Il a été décrié car, lorsqu'il est incinéré, il dégage de l'acide chlorhydrique. Toutes les usines l'incinérant doivent posséder un filtre anti-acide. Aujourd'hui, certains PVC plastifiés contiennent des phtalates, des produits chimiques controversés.
Bisphénol A (BPA) Produit chimique industriel à base d'acétone (A) entrant dans la plastification. De nombreuses études médicales montrent qu'il migre du plastique vers le sang et peut se révéler nocif pour le système hormonal.
Phtalates Ces produits plastifiants se détachent du plastique (certains PVC ou PET) par lavage ou à la chaleur. Nous les inhalons, on en retrouve dans le sang et le lait maternel. Certains d'entre eux, comme le DEHP, ont été jugés nocifs, des études l'associent à la baisse actuelle de la fertilité masculine. Leur emploi a été interdit pour la fabrication des jouets pour enfants.

" Il faut arrêter la production des plastiques dangereux " Cinq questions à Werner Boote, l'auteur de " plastic planet ".
Propos recueillis par Frédéric Joignot
Après dix ans d'enquête, quelles sont, selon vous, les pires conséquences du tout-plastique ? Aujourd'hui, le plastique nous encercle comme une sorte de bouclier invisible. Il est partout, jusque dans notre sang. Il est devenu une menace directe pour l'environnement, les animaux comme les être humains. Hélas !, nous nous en apercevons trop tard. Désormais, chacun a entendu parler des désastres causés par l'omniprésence des déchets en plastique tout autour du monde, et surtout des énormes quantités qui flottent et qui coulent dans les océans. Mais peu de gens savent que des substances dangereuses pour la santé humaine entrent dans la composition du plastique, et que des études les associent à certains cancers, à des réactions allergiques et à l'infertilité masculine. Vous dites que nous sommes entrés dans l'" âge du plastique "...
Aux âges de la pierre, du bronze et du fer a succédé celui du plastique. La quantité de plastique produite depuis les débuts les années 1960 suffirait à recouvrir la terre entière de six couches épaisses ! Les industriels du plastique génèrent 800 millions d'euros de bénéfice par an. Aujourd'hui, le plastique nous cerne, il est dans les parquets stratifiés, les innombrables boîtes, les semelles des chaussures, les vêtements, les meubles, l'électronique, les jouets, les voitures, partout. L'époque où le plastique n'existait pas nous semble inimaginable.
Parlez-nous de votre analyse de sang… J'ai été choqué de découvrir un taux très élevé d'une substance aujourd'hui considérée comme dangereuse par nombre d'études, le bisphénol-A. Les membres de mon équipe ont fait les mêmes tests, qui eux aussi ont montré un taux important de bisphénol. Ces résultats confirment ce que des scientifiques dénoncent depuis des années, à chaque fois contredits par les industriels du plastique et leurs prétendus experts : chacun d'entre nous possède plusieurs substances issues du plastique dans le sang. Cela dit, je veux envoyer un message positif. Un an et demi après cette analyse, depuis que j'évite tout usage d'objet en plastique, mon taux de bisphénol a baissé. Vous êtes-vous rendu sur le " vortex de plastique " au large de la Californie ? Sur place, vous ne distinguez pas grand-chose, le plastique ne flotte pas toujours en surface. La catastrophe majeure vient de ce que le plastique se désintègre en minuscules billes que les poissons prennent pour du plancton et qui les tuent. En 1997, quand le capitaine Charles Moore a découvert le grand " vortex de détritus ", il a observé sur place six fois plus de plastique que de plancton. Dix ans plus tard, lorsque je l'ai accompagné au large d'Hawaï, il en a détecté soixante fois plus ! Aujourd'hui, des océanographes ont découvert d'énormes plaques de plastique dans l'Atlantique Sud, l'océan Indien et la mer du Nord.
Est-il possible d'échapper au plastique ? Nous n'y échapperons pas. Nous sommes les enfants de l'âge du plastique. Nous en avons besoin. C'est aux consommateurs et aux hommes politiques d'arrêter la production des plastiques dangereux, de pousser les industriels à fabriquer des bioplastiques – aujourd'hui 0,5 % des plastiques existants –, et d'utiliser des produits de substitution comme le verre.
à lire, à voir Plastic Planet. La face cachée des matières synthétiques, de Werner Boote et Gerhard Pretting, Actes Sud, 260 p., 21 €.
Plastic Planet, documentaire de Werner Boote (1 h 35). Sortie en salles en avril 2011, à l'occasion de la Semaine du développement durable.

17/09/2010

MARÉE NOIRE - Cinq mois après le drame, le puits sur le point d'être colmaté

lu sur :

http://www.lepoint.fr/monde/maree-noire-cinq-mois-apres-le-drame-le-puits-sur-le-point-d-etre-colmate-17-09-2010-1237920_24.php

.

MARÉE NOIRE - Cinq mois après le drame, le puits sur le point d'être colmaté

 

Le groupe pétrolier britannique BP a annoncé, vendredi, que le puits de pétrole à l'origine de la pire marée noire de l'histoire des États-Unis, situé dans le golfe du Mexique, devrait être "totalement colmaté", samedi, près de cinq mois après la catastrophe. "Nous nous attendons à ce que le puits MC252 (à l'origine de la pollution, ndlr) soit totalement colmaté samedi", a indiqué la compagnie pétrolière dans un communiqué.

Jeudi 16 septembre, les autorités américaines avaient annoncé que les ingénieurs travaillant sur le site avaient réussi à relier le puits de secours au puits endommagé. Ce succès doit permettre d'injecter des matériaux et du ciment pour colmater le puits par en dessous au niveau du gisement (4.000 mètres sous le fond de la mer), dans le cadre d'une opération baptisée "bottom kill" (neutralisation par le fond). Le forage du puits de secours - et celui d'un deuxième par précaution - avait commencé presque immédiatement après l'explosion de la plate-forme Deepwater Horizon, suivie de son naufrage le 22 avril, BP tentant en parallèle par tous les moyens de stopper la fuite.

BP veut prouver une responsabilité partagée

Après le déversement de quelque 4,9 millions de barils de pétrole dans le golfe, l'écoulement avait finalement cessé le 15 juillet grâce à la pose d'un couvercle au niveau de la sortie du puits au fond de la mer, suivie de la cimentation du conduit. Mais les autorités ont toutefois jugé que l'opération "bottom kill" était toujours nécessaire. Le forage du puits de secours avait néanmoins dû être interrompu, il y a plus d'un mois, en raison de la menace posée par une tempête tropicale, et n'avait repris qu'en début de semaine.

Le colmatage définitif du puits va clore un chapitre de cette vaste pollution qui a vu les côtes de plusieurs États souillées et touché de nombreux Américains, pêcheurs et commerçants en tête. Mais le volet judiciaire et financier de l'affaire est loin d'être terminé. L'enquête sur les causes de l'accident se poursuit et BP a récemment montré qu'il comptait se défendre bec et ongles, clamant à l'issue d'une enquête interne que les torts étaient partagés et montrant du doigt les autres compagnies travaillant sur la plate-forme, comme Transocean ou Halliburton.

Les États-Unis pourraient poursuivre BP

Le groupe britannique a annoncé, début septembre, avoir déjà dépensé 8 milliards de dollars depuis le début de la catastrophe. Il a rappelé avoir accepté de créer un fonds de 20 milliards de dollars qui sera consacré à l'indemnisation des victimes de la marée noire. Selon des documents judiciaires rendus publics cette semaine, l'administration américaine n'exclut pas de poursuivre BP en vertu de la loi américaine sur la propreté de l'eau, lui permettant de réclamer au moins 1.100 dollars par baril, soit plus de 5 milliards de dollars.

L'affaire a aussi des conséquences pour l'ensemble du secteur, le golfe du Mexique étant le pilier de l'extraction pétrolière américaine et produisant, selon une étude, un quart du pétrole et du gaz consommés dans le pays. L'administration Obama a notamment dévoilé mercredi une nouvelle réglementation forçant les compagnies pétrolières dans la zone à boucher les puits inactifs de manière définitive et à démonter les plates-formes à l'abandon. Quelque 3.500 puits inactifs sont actuellement uniquement obturés par des valves de sécurité bien moins fiables que des couvercles définitifs. Depuis le début du forage dans le golfe du Mexique en 1947, 40.000 puits ont été creusés.

16/09/2010

Chimie, perturbateurs endocriniens,environnement,santé

lu sur :
http://dircom.inserm.fr/
.
Perturbateurs endocriniens : le principe de précaution doit prévaloir

Le RES (Réseau environnement santé) a organisé un colloque à l'Assemblée nationale sur la question des perturbateurs endocriniens, pesticides organochlorés, phtalates ou bisphénol A.
Qu'ils soient naturels ou synthétiques, ces perturbateurs, en contact avec les aliments, sont suspectés de favoriser les cancers du sein, de la prostate, des testicules (selon Patrick Fenichel de l'Inserm), de créer un "effet obésogène" (selon Robert Barouki, Paris-V-Inserm-Necker), de "se substituer aux oestrogènes naturels dès le stade fétal, et perturber l'équilibre hormonal nécessaire au développement et au maintien d'une fonction de barrière intestinale efficace" (selon Eric Houdau de l'Inra).
Pour le député Gérard Bapt, "s'il faut attendre que le risque soit avéré, comme pour l'amiante et le chlordécone, il sera trop tard".
.
Agence France Presse_Fil Gen , 15/09/2010

13/09/2010

La monnaie, qu'est-ce ? (3)

Les fonds propres des banques devront représenter au moins 7 % des actifs, contre 2 % auparavant !!!

Je pensais naïvement que ces fonds propres devaient représenter 10% des actifs, c'est à dire que pour pouvoir prêter 100 Euros la banque devait avoir 10 Euros en caisse, d'après ce que vu sur internet.

voir les liens suivants :

La monnaie, qu'est-ce ? (2) note du 16/11/2008

La monnaie, qu'est-ce ? note du 14/11/2008

L'Argent Dette de Paul Grignon (FR intégral) 52 min - 21 oct. 2008 dailymotion.com

 

En fait il leur suffit d'avoir 2 Euros, et peut-être 7 Euros dans quelque temps.

J'ai bien envie de créer une banque. Qui me suit ?

-----------------

 

lu sur :

http://www.lemonde.fr/economie/article/2010/09/13/les-banquiers-centraux-relevent-les-exigences-sur-les-fonds-propres-des-banques_1410230_3234.html

.

Les banquiers centraux relèvent les exigences sur les fonds propres des banques

13.09.10 | 07h53  •  Mis à jour le 13.09.10 | 08h42

Les banquiers centraux et régulateurs européens du comité de Bâle ont trouvé dimanche un accord sur les nouvelles règles régissant le secteur bancaire : il prévoit un relèvement du niveau des fonds propres des établissements financiers, afin de renforcer leur solidité face à de futures crises.

Selon les dirigeants des autorités de supervision réunis dimanche au siège de la Banque des règlements internationaux (BRI), ces fonds propres devront notamment représenter au moins 7 % des actifs, contre 2 % auparavant, une règle qui s'appliquera dès 2013. Le paquet de réformes Bâle III , qui va également introduire de nouvelles normes sur les liquidités, doit encore être avalisé lors de la réunion des dirigeants du G20 en novembre à Séoul, a précisé la BRI.

"Les accords conclus aujourd'hui permettent un renforcement essentiel des standards internationaux en matière de fonds propres", a souligné Jean-Claude Trichet, président de la Banque centrale européenne et du groupe des gouverneurs et des dirigeants des autorités de supervision.

ENTRÉE EN VIGUEUR PROGRESSIVE

Ce texte contribuera "à la stabilité financière à long terme" et "à la croissance", a-t-il ajouté. Les banques devront relever le ratio minimum de fonds propres "durs", la part la plus solide des fonds propres, composé d'actions et de bénéfices mis en réserve, de 2 % actuellement à 4,5 % des actifs. S'ajoute à cela un amortisseur financier supplémentaire de 2,5 %, qui relève le total des fonds propres durs à 7 %. Les observateurs misaient sur une fourchette de 7 % à 9 %.

Les détails sur un ratio d'endettement seront communiqués début 2015. Ces mesures doivent entrer progressivement en vigueur à partir du 1er janvier 2013 : la part minimum de 4,5 % devra être mise en place entre 2013 et 2015, tandis que la part dite "de conservation", de 2,5 %, devra être introduite entre 2016 et 2019. Très peu d'établissements satisfont aujourd'hui à ces nouvelles exigences.

Cette réforme, destinée à éviter un effondrement du système bancaire comme lors de la faillite de la banque américaine Lehman Brothers en 2008, a provoqué une levée de boucliers dans le secteur bancaire. Les grands établissements financiers ont mené ces derniers mois un lobbying intense auprès des régulateurs pour adoucir les mesures annoncées, dont une première version leur avait été présentée pour consultation dès décembre 2009.

"DES EFFORTS CONSIDÉRABLES DE LA PART DES BANQUES"

Les banquiers mettent en avant les conséquences de ces nouvelles règles sur une reprise encore fragile : en les obligeant à mettre de côté une partie de leur bénéfice et à lever des sommes importantes pour relever leurs fonds propres, les exigences de Bâle III risquent de provoquer un assèchement du crédit. Selon les dirigeants des banques, cette réforme risque aussi d'augmenter la concentration du secteur financier, l'accès au capital étant plus difficile pour les plus petits établissements.

Les banquiers centraux ont admis que les grandes banques auront besoin "d'un montant important de capitaux supplémentaires pour répondre à ces nouvelles normes". D'où une entrée en vigueur progressive, mais sans compromis sur le niveau final d'exigence. Les régulateurs ont prévenu qu'il mettront en place "des processus rigoureux de compte rendu pour surveiller les ratios". Ils ont cependant gardé une porte ouverte à d'éventuels ajustements, en annonçant qu'ils "répondront aux conséquences inattendues". Pour le patron de la Banque centrale allemande, Axel Weber, "la phase de transition graduelle va permettre à toutes les banques de remplir les exigences de niveau minimum requis en termes de capital et de liquidités".

Le comité de Bâle a en outre prévu quelques aménagements : les banques pourront par exemple utiliser comme fonds propres le capital versé par les Etats pendant la crise jusqu'en 2018. Les autorités américaines ont estimé que ces normes permettront "de réduire la fréquence et la sévérité de futures crises". La Fédération bancaire française (FBF) a quant à elle averti que "les exigences du Comité de Bâle demanderont des efforts considérables de la part des banques".

10/09/2010

Tchernobyl : trafic de matériaux contaminés

lu sur :

http://www.lemonde.fr/culture/article/2010/09/10/la-beaute-veneneuse-de-tchernobyl_1409463_3246.html

.

La beauté vénéneuse de Tchernobyl

Une enquête photographique de Guillaume Herbaut sur le trafic de métaux radioactifs est exposée à Perpignan.

10.09.10 | 15h34  •  Mis à jour le 10.09.10 | 17h47

 

Chez Guillaume Herbaut, la splendeur des images est toujours trompeuse. La beauté a quelque chose de vénéneux. L'enquête "L'or noir de Tchernobyl", présentée au festival de photojournalisme de Perpignan, n'échappe pas à la règle. Le photographe se sert d'images à l'ambiance picturale, aux couleurs léchées, pour traiter d'une réalité effrayante : le trafic à grande échelle des métaux radioactifs dans la zone de Tchernobyl.

Trafic de grande ampleur : sur les 8 millions de tonnes de métal que comptait la zone, il n'en resterait plus que deux. Toutes les semaines, 200 tonnes de métal quittent les lieux, chargées sur des camions, alors qu'officiellement aucun objet n'est autorisé à sortir. "Pour 100 dollars, les gardiens ferment les yeux", explique Guillaume Herbaut. Au bout de la chaîne, le métal irradié est fondu dans des métallurgies, en Ukraine, avant d'être vendu en Turquie ou en Europe - on en a retrouvé des morceaux en Italie.

Officiellement, l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) n'est pas au courant. L'exposition se clôt symboliquement sur le geste de dénégation d'un officiel ukrainien.

Cela fait dix ans qu'Herbaut fréquente le site de la catastrophe nucléaire, en Ukraine. A chaque fois, il parcourt la "zone interdite", trente kilomètres autour de la centrale, restée très contaminée vingt-quatre ans après l'accident. En tentant, à chaque fois, de contourner le circuit habituel imposé par les autorités.

C'est au printemps 2010, alors qu'il part avec le journaliste Bruno Masi, qu'il parvient à percer certains mystères du site. "Je ne comprenais pas pourquoi le cimetière d'engins militaires de Rassokha, que j'avais photographié il y a dix ans, était interdit d'accès. Ni pourquoi les immeubles de la ville de Pripiat, évacuée après la catastrophe, restaient dans un état lamentable, les tuyauteries explosées, les radiateurs arrachés."

Il lui a fallu plusieurs mois de travail, et nombre de parties de cache-cache avec la police locale, pour mener à bien l'enquête. Grâce à Igor, un sans-papiers qui attend son procès pour trafic de métal, le photographe a réussi à remonter, et à photographier, toute la filière. Sur ses images, on suit Igor le "stalker" - nom dérivé d'un livre de science-fiction d'Andreï Tarkovski, devenu culte en Russie -, homme à tout faire qui parcourt la zone interdite à la recherche de métal, qu'il découpe et collecte sans aucune protection. Puis on voit les métaux récupérés par des entreprises de sous-traitance être "décontaminés" de façon superficielle dans des ateliers qui ressemblent à l'antre du diable. "Dans un boucan incroyable, entourés de poussière radioactive, des hommes sans masque nettoient le métal en projetant du sable sous pression, raconte Guillaume Herbaut. Le compteur indiquait 400 rems, alors que la norme est de 9 à 20 rems ! Nous avons pris des photos le plus vite possible, et nous sommes sortis." Le plus incroyable est que cette activité clandestine et dangereuse se déroule dans les blocs 5 et 6 de la centrale, à quelques centaines de mètres de la cafétéria où déjeunent chaque jour tous les journalistes venus visiter le site.

La zone interdite de Tchernobyl ressemble à une gigantesque casse qui se vide peu à peu. Dans des images tristes et silencieuses, Guillaume Herbaut montre le cimetière d'engins militaires de Rassokha où les hélicoptères entreposés là après la catastrophe ne sont plus que ruines. Dans les tours abandonnées de Pripiat, les chambres abandonnées au mobilier éparpillé et défoncé semblent avoir connu la guerre. "Il n'y a pas que le métal qui est revendu, mais aussi les briques et les vitres, alors que tout est contaminé", indique Guillaume Herbaut.

Cette remarquable enquête sur le trafic de métal est dans la lignée d'autres travaux d'Herbaut : mettre à jour des faits de société méconnus. Son traitement visuel est en revanche plus classique que d'autres, où il mettait en tension le texte et l'image. Ce reportage est en fait extrait d'un ensemble plus large sur la vie à Tchernobyl. Guillaume Herbaut a collecté des images troublantes de gens perdus et de paysages immaculés sur lesquels plane une menace intangible. Le tout donnera un livre. Ensuite, le photographe a décidé de tourner la page Tchernobyl.


"L'Or noir de Tchernobyl", de Guillaume Herbaut. Festival Visa pour l'image, couvent des Minimes, Perpignan (Pyrénées-Orientales). De 10 heures à 20 heures, entrée gratuite. Jusqu'au 12 septembre. Sur le Web : Visapourlimage.com.

01/09/2010

La catastrophe des OGM aux États-Unis, une leçon pour l'Union européenne

lu sur :

http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid...

.

La catastrophe des OGM aux États-Unis, une leçon pour l'Union européenne


Le 30 aout 2010

Dernièrement, à Bruxelles, les potentats non-élus de la Commission européenne ont cherché à passer outre à ce qui a été maintes fois démontré : l'opposition écrasante de la population de l'Union européenne à la propagation des organismes génétiquement modifiés (OGM) dans leur agriculture. Pour entériner sans discussion l'adoption des OGM, le président de la Commission de l'Union européenne dispose à présent d'un expert-comptable maltais en tant que commissaire à la santé et à l'environnement. Originaire de Grèce, l'ancien commissaire à l'environnement était un farouche adversaire des OGM. En outre, le gouvernement chinois a fait savoir qu'il pouvait approuver une variété de riz OGM. Avant que les choses n'aillent trop loin, ils seraient bien d'examiner de plus près le laboratoire de test mondial des OGM, les États-Unis. Là-bas, les cultures d'OGM sont loin d'être bénéfiques. C'est plutôt exactement le contraire.

Ce qui est soigneusement resté en dehors de la propagande de Monsanto et des autres compagnies de l'agroalimentaire lors de leur promotion des cultures génétiquement manipulées comme alternatives aux cultures classiques, c'est le fait que, jusqu'ici, dans le monde entier, toutes les cultures d'OGM ont été manipulées et brevetées dans l’unique but de deux choses : être résistantes ou « tolérantes » à des produits chimiques brevetés hautement toxiques – au glyphosate herbicide que Monsanto et les autres obligent les agriculteurs d'acheter en condition d'acquisition de leurs OGM brevetés – et être résistantes à des insectes spécifiques. Contrairement aux mythes de relations publiques dispensés dans leur propre intérêt par les géants de l'agroalimentaire, il n'existe pas une seule semence d'OGM qui ne fournisse un rendement supérieur aux récoltes conventionnelles, ni qui n'ait besoin de moins d'herbicides chimiques toxiques. Pour cette simple raison, il n'y a aucun profit à en tirer.

Le fléau des super-mauvaises herbes géantes

Comme l'a fait remarquer le Dr Mae-Wan Ho, adversaire des OGM et biologiste éminente de l'Institut des sciences de Londres, les compagnies comme Monsanto incorporent dans leurs semences une tolérance aux herbicides grâce à la formule d'insensibilité au glyphosate du gène codant l'enzyme ciblée par l'herbicide. Cette enzyme est dérivée d'une bactérie du sol, l'agrobacterium tumefaciens. La résistance aux insectes est due à un ou plusieurs gènes de toxines provenant de la bactérie du sol Bt (bacillus thuringiensis). Vers 1997, les États-Unis ont inauguré les plantations commerciales à grande échelle de plantes génétiquement modifiées, surtout le soja, le maïs et le coton. À l'heure actuelle, aux États-Unis, les cultures génétiquement modifiées ont envahi entre 85 et 91 pour cent des surfaces de cultures de ces trois principales plantes, soja, maïs et coton, soit près de 171 millions d'acres (692.000 kilomètres carrés).

Selon le Dr Ho, la bombe à retardement écologique associée aux OGM est sur le point d'éclater. Après plusieurs années d'application constante des herbicides au glyphosate brevetés, comme le très célèbre Roundup de Monsanto, la nature a réagi aux tentatives de l'homme de la violer en développant de nouvelles « super-mauvaises herbes » résistantes aux herbicides. Le contrôle de ces super-mauvaises herbes nécessite nettement plus, pas moins, d'herbicide.

ABC Television, un grand réseau national des États-Unis, a produit un nouveau documentaire intitulé « Les super-mauvaises ne peuvent être détruites. » (1)

Interviewés, les agriculteurs et les scientifiques de l'Arkansas décrivent des champs envahis de plants d'Amaranthus palmeri géants, capables de résister à toutes les pulvérisations de glyphosate que peuvent faire les agriculteurs. Un agriculteur interviewé a dépensé près de 400.000 euros en à peine trois mois dans une vaine tentative de destruction des nouvelles super-mauvaises herbes.

Les nouvelles super-mauvaises herbes sont tellement robustes que les moissonneuses-batteuses sont dans l'impossibilité de moissonner les champs, et les outils à main se brisent en essayant de les couper. En Arkansas, au moins 400.000 hectares de soja et de coton ont été investis par ce nouveau fléau biologique mutant. Les données détaillées sur les autres régions agricoles sont indisponibles, mais on estime qu'elles sont similaires. Le ministère de l'Agriculture des États-Unis, pro-OGM et pro-agroalimentaire, a été signalé mentir sur l'état réel des récoltes, en partie pour masquer la triste réalité et prévenir une révolte explosive contre les OGM sur le plus grand marché mondial des organismes génétiquement modifiés.

L'Amaranthus palmeri, une variété de super-mauvaises herbes, peut atteindre jusqu'à 2,4 mètres de hauteur, résister à la forte chaleur et à la sécheresse prolongée, et produit des milliers de graines avec un système racinaire qui épuise les nutriments des cultures. Quand rien n'est fait, elle envahit un champ entier en un an. Certains agriculteurs ont été contraints d'abandonner leurs terres. Jusqu’à présent, en plus de l'Arkansas, l’invasion d’Amaranthus palmeri dans les régions de cultures d'OGM a aussi été identifiée en Géorgie, Caroline du Sud, Caroline du Nord, au Tennessee, Kentucky, Nouveau-Mexique, dans le Mississippi, et plus récemment dans l'Alabama et au Missouri.

Les spécialistes des mauvaises herbes de l'université de Géorgie estiment que seulement deux plants d’Amaranthus palmeri tous les 6 mètres dans les rangées de coton, sont capables de réduire le rendement d'au moins 23 pour cent. Un seul plant de mauvaise herbe peut produire 450.000 graines. (2)

La dissimulation du danger toxique du Roundup

Le glyphosate est l'herbicide le plus largement utilisé aux États-Unis et dans le monde entier. Breveté et vendu par Monsanto depuis les années 70 sous le nom commercial de Roundup, c’est un élément obligatoire de l’achat de semences d’OGM de Monsanto. Allez juste à votre magasin de jardinage local, demandez-le et lisez attentivement l'étiquette.

Comme je l'ai exposé en détail dans mon livre, Seeds of Destruction,The Hidden Agenda of Genetic Manipulation (Semences de destruction : L’arme de la faim), les cultures d’OGM et les semences brevetées ont été développées dans les années 70, grâce à l’important soutien financier d’un organisme pro-eugéniste, la Fondation Rockefeller, essentiellement par des compagnies de produits chimiques : Monsanto Chemicals, DuPont et Dow Chemicals. Toutes trois ont été impliquées dans le scandale du hautement toxique agent orange, utilisé au Viêt-nam, et de la dioxine dans les années 70, et ont menti pour cacher la réalité des atteintes à leurs propres employés, ainsi qu’aux civils et militaires des populations exposées.

Leurs semences d’OGM brevetées ont été envisagées comme un moyen intelligent pour forcer le renouvellement des achats de leurs produits chimiques agricoles du style Roundup. Les agriculteurs doivent signer avec Monsanto un contrat légal qui stipule que seul son pesticide Roundup peut être utilisé. Les agriculteurs sont ainsi piégés, obligés d’acheter à la fois de nouvelles semences de Monsanto à chaque récolte et du glyphosate toxique.

À l’université de Caen, en France, dans une équipe dirigée par le biologiste moléculaire Gilles-Eric Séralini, une étude a montré que le Roundup contient un ingrédient inerte spécifique, l’huile de suif polyéthoxylés, ou POEA. L’équipe de Séralini a démontré que le POEA du Roundup est même plus mortel pour les embryons humains, les cellules du cordon ombilical et placentaires, que le glyphosate lui-même. Monsanto, qualifiant de « breveté » le contenu détaillé de son Roundup, à part le glyphosate, refuse de le communiquer.(3)

L'étude de Séralini a constaté que les ingrédients inertes du Roundup amplifient l'effet toxique sur les cellules humaines – même à des concentrations beaucoup plus diluées que celles utilisées dans les fermes et sur les pelouses ! L'équipe française a étudié de multiples concentrations du Roundup, depuis la dose typique agricole ou sur pelouse, jusqu'à des concentrations 100.000 fois plus diluées que les produits vendus sur les rayons. Les chercheurs ont constaté des dommages cellulaires à toutes les concentrations.

Dans une brochure de l'Institut de biotechnologie qui promeut les cultures OGM comme des « combattants de mauvaises herbes, » le glyphosate et le Roundup sont annoncés « moins toxiques pour nous que le sel de table. » Treize ans de cultures d’OGM aux États-Unis ont augmenté globalement le recours aux pesticides de 318 millions de livres, et non pas diminué comme l’ont promis les Quatre Cavaliers de l'Apocalypse OGM. La charge de morbidité supplémentaire due à uniquement cela est considérable sur la nation.

 

Quoi qu’il en soit, après l'introduction commerciale des semences d’OGM Monsanto aux États-Unis, l'utilisation de glyphosate a augmenté de plus de 1500% entre 1994 et 2005. Aux États-Unis, quelque 100 millions de livres de glyphosate sont utilisées sur les pelouses et les exploitations agricoles chaque année, et au cours des 13 dernières années, il a été appliqué sur plus d'un milliard d'acres (environ 4 millions de kilomètres carrés). Interrogé, le directeur du développement technique de Monsanto Rick Cole, aurait dit, les problèmes sont «gérables ». Il a conseillé aux agriculteurs d'autres cultures ainsi que l'utilisation de marques d’herbicides différents produits par Monsanto.

Monsanto encourage les agriculteurs à mélanger le glyphosate avec ses plus anciens herbicides tels que le 2,4-D, interdit en Suède, au Danemark et en Norvège pour ses liens avec le cancer, la reproduction et des dommages neurologiques. Le 2,4-D est un composant de l'agent orange, produit par Monsanto pour être utilisé au Viêt-nam dans les années 60.

Les agriculteurs étasuniens se tournent vers le biologique

Partout aux États-Unis on signale que les agriculteurs reviennent aux cultures traditionnelles (non génétiquement modifiées). Selon un nouveau rapport du ministère de l'Agriculture, la vente au détail des aliments biologiques a bondi de 3,6 milliards de dollars en 1997 à 21,1 milliards de dollars en 2008.(4) Le marché est si florissant que les fermes biologiques se démènent parfois pour produire une offre suffisante, capable de suivre la montée rapide de la demande du consommateur qui amène des pénuries périodiques de produits biologiques.

Au Royaume-Uni, le nouveau gouvernement de coalition libéral-conservateur soutient fortement la levée de l'interdit de facto des OGM dans leur pays. Le conseiller scientifique en chef du Royaume-Uni, le professeur John Beddington, a récemment écrit un article où il affirme de manière trompeuse : « La prochaine décennie verra le développement de combinaisons de caractères désirables et l'introduction de nouvelles caractéristiques comme la tolérance à la sécheresse. Au milieu du siècle, des options bien plus radicales, impliquant des traits hautement polygéniques, seront faisables. » Il a en outre promis « des animaux clonés, créés avec une immunité innée aux maladies, » et plus encore. Merci bien ! Je pense que nous pouvons décliner tout ça.

Une récente étude, de l’université d’État de l'Iowa et du ministère de l'Agriculture, visant à évaluer la performance des exploitations agricoles pendant les trois années de transition nécessaires pour passer de la production classique à la certifiée biologique, a montré les avantages notables de l'agriculture biologique sur les OGM et même sur les plantes classiques non génétiquement modifié. Dans une expérience de quatre ans – trois ans de transition et la première année biologique – l'étude a montré que, bien que les rendements diminuaient d'abord, ils s’égalisaient dans la troisième année et, à partir de la quatrième année, les rendements biologiques devançaient les classiques pour à la fois le soja et le maïs.

En outre, l'Évaluation internationale des connaissances agricoles de Science et technologie pour le développement (IAASTD) – le résultat de trois ans de délibération de 400 participants scientifiques et représentants non-gouvernementaux venant de 110 pays à travers le monde – a été publié récemment. On en a conclu que l'agriculture biologique à petite échelle est la voie à suivre pour faire face à la faim, aux inégalités sociales et aux catastrophes écologiques.(5) Comme le soutient le Dr Ho, un changement radical dans la pratique agricole est urgent, avant que le cataclysme agricole s'étende davantage en Allemagne et de l’Union européenne vers le reste du monde.(6)

Notes

[1] Super weed can’t be killed, abc news, 6 octobre 2009. See also,Jeff Hampton, N.C. farmers battle herbicide-resistant weeds, The Virginian-Pilot, 19 July 2009,http://hamptonroads.com/2009/07/nc-farmers-battle-herbici...

[2] Clea Caulcutt, ‘Superweed’ explosion threatens Monsanto heartlands, Clea Caulcutt, 19 avril 2009, http://www.france24.com/en/20090418-superweed-explosion-t...

[3] N. Benachour and G-E. Seralini, Glyphosate Formulations Induce Apoptosis and Necrosis in Human Umbilical, Embryonic, and Placental Cells, Chem. Res. Toxicol., Article DOI: 10.1021/tx800218n Publication Date (Web): 23 décembre 2008.

[4] Carolyn Dimitri and Lydia Oberholtzer, Marketing U.S. organic foods: recent trends from farms to consumers, USDA Economic Research Service, Septembre 2009,http://www.ers.usda.gov/Publications/EIB58/

[5] International Assessment of Agricultural Knowledge, Science and Technology for Development, IAASTD, 2008, http://www.agassessment.org/index.cfm?Page=Press_Material...

[6] Ho MW.UK Food Standards Agency study proves organic food is better. Science in Society 44, 32-33, 2009.


Texte original en anglais, Genetically Manipulated Crops: The GMO Catastrophe in the USA. A Lesson for the World, publié le 18 août 2010.

Traduction : Pétrus Lombard

F. William Engdahl est est associé du Centre de recherche sur la mondialisation et l'auteur de plusieurs ouvrages en anglais dont deux sont traduits en français :

OGM : Semences de destruction : L’arme de la faim (le livre original en anglais, Seeds of destruction

27/08/2010

Déchets plastiques dans l'océan atlantique

lu sur :

http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/planete/20100820.OBS8754/l-atlantique-nord-est-devenu-la-poubelle-de-la-planete.html

.

20.08.2010 à 08h41

L'Atlantique nord est devenu la poubelle de la planète

Une étude américaine met en évidence la forte concentration de déchets plastiques dans l'océan atlantique.

De grandes quantités de débris en matière plastique flottent dans l'ouest de l'Atlantique nord, selon les résultats des travaux conduits sur deux décennies par les chercheurs américains.

Malgré une prise de conscience grandissante du problème de la pollution des océans par des déchets plastiques, il existe peu de données scientifiques pour mesurer l'ampleur de ce problème, soulignent ces océanographes dont l'étude paraît dans la revue américaine Science (*) datée de vendredi 20 août.

Un travail de titan

Cette recherche sur les agrégats de débris plastiques comme des bouteilles et autres emballages dans l'Atlantique a été faite sur la base de données collectées pendant 22 ans par des étudiants.

Les auteurs de cette recherche ont récupéré plus de 64.000 morceaux de plastique en 6.100 lieux différents, qu'ils ont répertoriés annuellement.

L'équipe est formée de chercheurs du "Sea Education Association" (SEA), une organisation privée de recherche, du "Woods Hole Oceanographic Institution (WHOI), plus grand institut mondial privé d'études océanographiques à but non lucratif et de l'Université de Hawaï (UH).

 

Concentration des déchets

La plus forte concentration de plastique a été observée dans une zone de l'Atlantique située à la hauteur d'Atlanta en Géorgie (sud-est des Etats-Unis) et s'étendant entre 22 et 38 degrés de latitude nord.

La concentration de déchets y est comparable à celle, bien connue, observée dans une zone du Pacifique et baptisée "The Great Pacific Garbage Patch" (la grande zone de détritus du Pacifique), notent ces chercheurs.

Découverte surprenante, la concentration de débris en plastique n'a pas augmenté durant les 22 années de l'étude, malgré le fait que les quantités de ces déchets soient nettement plus grandes, constatent ces chercheurs, ajoutant que le sort "des débris de plastique manquants" reste un mystère.

Pour Dean Paul Joyce du SEA, "cette recherche fournit une solide description scientifique de l'étendue actuelle de la pollution de l'océan par ces débris, pouvant être utilisée pour mieux gérer ce problème et y faire face".

(Nouvelobs.com)

---------------

(*) voir :

http://www.sciencemag.org/cgi/content/abstract/sci;science.1192321v1?maxtoshow=&hits=10&RESULTFORMAT=&fulltext=plastic+ocean&searchid=1&FIRSTINDEX=0&resourcetype=HWCIT

Published Online August 19, 2010 Science DOI: 10.1126/science.1192321

Plastic Accumulation in the North Atlantic Subtropical Gyre

Kara Lavender Law,1,* Skye Morét-Ferguson,1,2 Nikolai A. Maximenko,3 Giora Proskurowski,1,2Emily E. Peacock,2 Jan Hafner,3 Christopher M. Reddy2

Plastic marine pollution is a significant environmental concern, yet a quantitative description of the scope of this problem in the open ocean is lacking. Here, we present a time series of plastic content at the surface of the western North Atlantic Ocean and Caribbean Sea from 1986 to 2008. More than 60% of6136 surface plankton net tows collected buoyant plastic pieces typically millimeters in size. The highest concentration of plastic debris was observed in subtropical latitudes and associated with the observed large-scale convergence in surface currents predicted by Ekman dynamics. Despite a rapid increase inplastic production and disposal during this time period, no trend in plastic concentration was observed in the region of highest accumulation.

1 Sea Education Association, P.O. Box 6, Woods Hole, MA 02543, USA.

2 Department of Marine Chemistry and Geochemistry, Woods Hole Oceanographic Institution, 266 Woods Hole Road, Woods Hole, MA 02543, USA.
3 International Pacific Research Center, School of Ocean and Earth Science and Technology, University of Hawai’i, Honolulu, HI 96822, USA.

* To whom correspondence should be addressed. E-mail: klavender@sea.edu

------------

voir aussi sur ce blog la note du 5/3/2010 :

SOLEIL VERT maintenant


Received for publication 14 May 2010. Accepted for publication 30 July 2010

Fraude fiscale : les clients américains d'UBS

lu sur :

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/d64f37dc-b151-11df-96bc-53f7a7317076/Les_4450_dossiers_dans_laffaire_UBS_ont_%C3%A9t%C3%A9_trait%C3%A9s

.

 

Economie & Finance
Les 4450 dossiers dans l’affaire UBS ont été traités

Seuls 2000 cas ont été transmis au fisc américain. Le solde le sera d’ici à l’automne

L’Administration fédérale des contributions (AFC) a traité dans le délai imparti d’un an les 4450 dossiers des clients américains d’UBS réclamés par le fisc américain. L’affaire UBS n’est toutefois pas encore close, car la livraison des données restantes est agendée à l’automne. La date butoir avait été fixée à jeudi. Mais seule la moitié des cas a déjà été transmise aux Etats-Unis, a indiqué jeudi le Secrétariat d’Etat aux questions financières internationales (SFI), qui annonce que la livraison des données «sera en grande partie terminée cet automne».

Le fisc américain (Internal Revenue Service) a pour sa part déclaré hier avoir obtenu 2000 dossiers de la part de la Suisse. «Sur la base des informations reçues à ce jour et des garanties fournies par la Suisse, nous pensons être en mesure de retirer la procédure civile engagée» contre UBS, a indiqué un porte-parole.

Cette transmission de données des clients américains d’UBS est au cœur de l’accord signé le 19 août 2009 entre la Suisse et les Etats-Unis pour apaiser le fisc américain. La demande d’entraide administrative de Washington était parvenue le 31 août à Berne, qui disposait de 360 jours pour la traiter. Par cet accord, le Conseil fédéral avait obtenu, en concession de la transmission des données de clients américains, le gel de poursuites civiles.

Dans un communiqué, UBS s’est dite confiante sur une issue favorable en octobre de ce dossier et sur le fait que la procédure (appelée John Doe Summons) sera bientôt annulée.

26/08/2010

Vedanta perd la première manche

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2010/08/25/l-inde-renonce-a-un-projet-de-mine-de-bauxite-menacant-la-montagne-sacree-de-la-tribu-des-dongria-kondh_1402490_3244.html

.

L'Inde renonce à un projet de mine de bauxite menaçant la montagne sacrée de la tribu des Dongria Kondh

 

Les défenseurs de l'environnement et des populations tribales viennent de remporter leur première grande bataille contre les conglomérats miniers : mardi 24 août, Jairam Ramesh, le ministre indien de l'environnement et des forêts, a refusé au géant britannique Vedanta, contrôlé par le milliardaire indien Anil Agarwal, l'ouverture d'une mine de bauxite dans l'Etat de l'Orissa.

Le ministre a justifié sa décision par de "très sérieuses violations" des droits des populations locales et de la loi de protection des forêts. Début août, le Comité indien sur les forêts (FAC) s'est prononcé contre le projet. Selon cet organisme gouvernemental, la création d'une mine à ciel ouvert aurait eu de graves conséquences sur l'environnement, "altérant drastiquement" l'écosystème et l'approvisionnement en eau de la région, et menaçant la survie des populations locales, obligées de se déplacer. Les 8 000 membres de la tribu des Dongria Kondh vénèrent la montagne Niyamgiri, où la mine devait être exploitée, car ils considèrent qu'elle abrite leur dieu Niyam Raja.

N. C. Saxena, le directeur du FAC, a regretté qu'une première autorisation ait été délivrée en 2005, en violation des lois indiennes de protection des forêts, et dénoncé la "forte collusion" entre le gouvernement de l'Etat de l'Orissa et Vedanta. Aussitôt après l'annonce ministérielle, le groupe industriel, qui a déjà investi 4,3 milliards d'euros dans la région, a annoncé être à la recherche d'un autre site d'extraction de bauxite pour alimenter son usine d'aluminium, construite en 2008 à proximité de la montagne Niyamgiri. Dans cette région riche en minerais, de nombreux projets attendent le feu vert du gouvernement, comme la construction d'une usine sidérurgique par le groupe sud-coréen Posco, moyennant 9,5 milliards d'euros d'investissement. En tout, plus de cent projets miniers ont été annulés ou retardés par le ministre de l'environnement et des forêts.

"RÉGLEMENTATION CLAIRE"

L'Inde est prise en tenaille entre sa croissance économique, qui exige une augmentation de la production de minerais, et la lutte contre le changement climatique, qui implique la préservation de ses forêts. Le ministère de l'environnement a déjà identifié plusieurs zones forestières à protéger, sanctuarisant ainsi le quart des réserves minérales du pays.

Le gouvernement cherche également à ménager les droits des populations locales pour empêcher la progression de la guérilla naxalite, qui a déjà fait 800 morts depuis le début de l'année et se nourrit du mécontentement des paysans et des tribus expropriés par de grands projets industriels.

"Pour continuer à exploiter nos ressources naturelles, nous avons besoin d'une réglementation claire", écrivait, mercredi, le quotidien Indian Express. Or la loi de régulation des exploitations minières, vieille d'un demi-siècle, est obsolète.

Le gouvernement en prépare une nouvelle, qui prévoirait d'accorder aux populations locales une participation de 26 % dans les projets miniers envisagés sur leurs terres. Un niveau jugé trop élevé par les industriels.

---------

sur le même sujet :

lu sur :

http://www.univers-nature.com/inf/inf_actualite1.cgi?id=4350

24/8/2010

Vedanta contrainte de s’incliner devant une tribu indigène

Contre toute attente, le ministre indien de l’environnement, Jairam Ramesh, a pris position en faveur de la tribu indienne des Dongria Kondh, dans le conflit qui l’opposait à l’influente compagnie minière Vedanta Resources. Cette dernière entendait, en effet, investir les collines de Niyamgiri, dans l’Etat d’Orissa (Inde), territoire sacré des Dongria Kondh, afin d’y implanter un colossal projet d’exploitation de bauxite (1). Dénonçant un « choquant » et « flagrant mépris pour les droits des groupes tribaux » d’après les propos rapportés par l’organisation Survival International, Mr Ramesh a décidé de geler le projet minier, procédant à la mise en place d’une commission d’enquête. Celle-ci devrait notamment faire la lumière sur la légalité de la raffinerie déjà construite au pied des collines par Vedanta, laquelle porterait à caution selon le ministre.

Depuis plusieurs années, l’annonce de ce projet s’attire les foudres de nombreux réfractaires tels que les gouvernements norvégien et britannique, diverses organisations internationales ainsi que l’imposant groupe des assurances Aviva. Saluant la victoire d’une tribu de 8 000 personnes, majoritairement analphabètes, contre une compagnie pesant 8 milliards de dollars, Jo Woodman, chargée de campagne à Survival International, a déclaré : « La campagne Dongria était devenue un test décisif pour savoir si une petite tribu marginalisée pouvait résister à une énorme compagnie multinationale avec une armée de lobbyistes, des cabinets de relations publiques et l’appui du gouvernement ». Pour elle, cette victoire mérite repose principalement sur « le courage et la ténacité des Dongria, alliés au soutien de nombreuses personnes en Inde », ainsi que sur les actions de longue haleine conduites par les organisations internationales de défense des droits de l’homme.

Cécile Cassier

1- Minerai à partir duquel est fabriqué l’aluminium.

------------

voir aussi sur ce blog :

3/8/2010 : Le scénario du film AVATAR...

12/2/2010 : Le scénario du film...

Grandes manœuvres pour le contrôle des ressources minières de la planète

.
Quoi de plus profitable qu'acquérir le contrôle de ressources non renouvelables ?

lu sur :
http://www.letemps.ch/Page/Uuid/c64ee2f2-b088-11df-8524-6298955cb482/D%C3%A9monstration_de_force_de_BHP_Billiton
.
minerais jeudi26 août 2010

En pleine conquête du géant canadien des engrais Potash, le conglomérat minier dévoile des profits annuels de 12,7 milliards de dollars

L’empire minier BHP Billiton s’est livré mercredi à une véritable démonstration de force. En publiant un doublement de ses bénéfices au cours de l’année qui s’est achevée fin juin – ceux-ci atteignent 12,7 milliards de dollars – il rappelle les moyens dont il dispose pour faire main basse sur le géant canadien des engrais Potash.

En dévoilant son projet de rachat, il y a une semaine, le conglomérat anglo-australien s’était montré prêt à dépenser 40 milliards de dollars. Ses résultats soulignent que le groupe, peu endetté, dispose de 12 milliards en caisse.

Ce trésor de guerre lui permettrait de convaincre ses banquiers de débloquer les prêts complémentaires nécessaires pour mettre sur la table jusqu’à 55 milliards de dollars pour Potash, avancent les analystes de Morgan Stanley. Spécialiste de la banque Bordier, Pascale Boyer Barresi ne voit pas BHP «payer plus de 160 dollars par action [ndlr: 47 milliards au total]» car «au-delà l’opération reviendrait à une destruction de valeur».

Marius Kloppers, le directeur général du géant minier, a assuré hier à ses actionnaires qu’il «resterait discipliné» dans son offre, comme il «l’avait toujours été dans [ses] entreprises». Une référence à la fusion avortée avec Rio Tinto, autre géant minier, en 2008.

Pékin prêt à la surenchère?

Qui osera faire monter les enchères? Rio Tinto ne le suivrait pas, du moins à en croire deux analystes d’UBS ayant rencontré ses dirigeants. Vale, le maître brésilien des minerais, a également indiqué ne pas être sur la piste de Potash.

L’autre suspect reste bien sûr la Chine et son producteur d’engrais Sinochem. Premier importateur de nutriments agricoles, Pékin verrait d’un mauvais œil que BHP – qui contrôle déjà son approvisionnement en fer – mette la main sur 20% des sels de potassium, dont sont tirés les engrais régulant la croissance des plantes. Cependant, «dans le contexte actuel, il est probable qu’Ottawa préférerait voir Potash cédée à un BHP», prévient Pascale Boyer Barresi.

Délit d’initiés détecté

La bataille boursière a déjà fait des victimes. Deux Espagnols – dont un responsable de la banque Santander – ont été accusés mardi de délit d’initiés par le gendarme américain des marchés. Ceux-ci auraient dégagé un profit de 1,1 million de dollars en achetant des options sur des actions Potash, juste avant que l’offensive de BHP ne fasse s’envoler leur cours.

08:55 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : économie

25/08/2010

CHLORDÉCONE : l'État pointé du doigt

lu sur :

http://www.lepoint.fr/societe/chlordecone-l-etat-pointe-du-doigt-dans-deux-rapports-sur-un-insecticide-cancerigene-24-08-2010-1228256_23.php

.

CHLORDÉCONE - L'État pointé du doigt dans deux rapports sur un insecticide cancérigène

Deux rapports, que l'AFP s'est procurés mardi, pointent les "anomalies" dans la gestion par le ministère de l'Agriculture de l'époque, du dossier du chlordécone, un pesticide cancérigène interdit bien plus tard aux Antilles qu'aux États-Unis et en France métropolitaine. Dans un rapport (*) finalisé en juin et rendu public mardi par le quotidien Le Monde, l'Institut national de la recherche agronomique (Inra) "met en évidence de véritables anomalies dans le cadre d'une approche de prévention" et dans la gestion du dossier du chlordécone par le ministère de l'Agriculture. Il met également en relief "l'influence des intérêts économiques" pour expliquer la lenteur de la prise de décision d'interdire le chlordécone, un pesticide, qui se fixe dans les sols pour de nombreuses années.

Dans un autre rapport rédigé par l'Afsset (Agence nationale de sécurité sanitaire), rédigé en décembre 2009 et jamais divulgué, celle-ci souligne le poids économique de la culture de la banane dans la gestion du dossier chlordécone. "Face à la défense de l'industrie bananière française, on peut faire l'hypothèse que l'impact de l'utilisation de produits phytosanitaires sur l'environnement et la santé ait été secondaire dans les préoccupations des autorités politiques", écrit cette agence.

Contacté mardi en fin d'après-midi par l'AFP, le ministère de l'Agriculture n'avait pas réagi. Ces deux rapports devaient être publiés dans la soirée sur le site www.chlordecone-infos.fr (**) qui dépend de l'Afsset.

Interdit aux États-Unis en 1976, le chlordécone le sera en 1990 en France métropolitaine et seulement en 1993 aux Antilles, où il était largement utilisé dans les bananeraies.

 

(*) voir :

http://www.inra.fr/l_institut/etudes/chlordecone_aux_antilles/chlordecone_aux_antilles_francaises_un_eclairage_socio_historique

(**) voir :

http://www.observatoire-pesticides.gouv.fr/index.php?pageid=579

18/08/2010

Vers des "subprimes" à la française

lu sur :

http://www.mediapart.fr/journal/economie/170810/subprime-les-banques-la-barre-dun-proces-fiction

.

à propos de l'article de MEDIAPART : Subprime: les banques à la barre d'un procès-fiction

---------

 

Je profite de cette information importante sur l'arrivée de ce film par Médiapart pour alerter sur une mesure qui est passée comme une lettre à la poste en première lecture du projet de loi sur la régulation bancaire et financière et adoptée  en présence d'une quinzaine de députés courant juin 2010.

Cette mesure concerne la création de " Sociétés de Financement à l'Habitat " ou SFH qui devraient permettre la titrisation des prêts immobiliers consentis par les banques d'une façon tout à fait similaire à celle des subprimes qui ont déclenché la crise financière.

Alors que les banques par l'article L313.42 du code monétaire et financier étaient obligées de garder toutes ces créances dans leurs bilans et de les provisionner, c'est à dire de prévoir le risque de défaut sur ces dettes, la nouvelle loi entend y déroger en permettant d'externaliser  les titres et donc de se débarrasser du risque sur ces SFH qui emettront en contrepartie des obligations à l'habitat qui pourront s'échanger contre toute valeur mobilière sur le marché.

Ceci signifie que les banques pourront prêter sans supporter le moindre risque puisque ces créances n'apparaîtront plus dans leurs bilans et donc deviendront beaucoup moins attentives à la solvabilité des débiteurs et tôt ou tard elles prêteront à de gens qui ne peuvent pas rembourser pour faire des profits importants immédiatement.

Autrement dit, il s'agit de créer une crise de subprime en France à plus ou moins long terme

Ces produits dérivés appelés "structured covered bonds" pourront être apportés en garantie à la BCE mais également les sicav et fonds de placements pourront les accueillir  en grande quantité et les épargnants n'y verront que du feu. Ce qui signifie, selon un spécialiste de la BRI, s'il y a problème, les épargnants ne pourront pas se tourner vers les banques émettrices pour récupérer leur capital , ils devront se contenter de récupérer ce qui est récupérable sur les prêts des ménages.

J'ai lu qu'un animateur du lobby bancaire s'était énorgueilli que cette mesure était le résultat de 4 années de travail.

Ce qu'il faut savoir également , c'est que François Pérol catapulté à la tête de la BPCE ( fusion CE + Banques Populaires) par NS dans des conditions délicates en piétinant les règles de déontologie s'est montré très favorable à la création de ces SFH. Comme par hasard, cet ancien directeur adjoint du cabinet de Sarkosy qui d'ailleurs vient de recevoir la légion d'honneur en juillet en m^me temps que Raymont Aubrac - grand résistant- est devenu le président de la FFB ( fédération française des banques) le lobby patronal bancaire. Le vice-président sera  Mr Oudéa, PDG de la Société Générale qui fut conseiller de NS lorsqu'il était ministre au budget. Donc ce sont 2 anciens proches de NS qui vont être chargés de négocier la loi sur la régulation bancaire et financière, étonnant et, donc, on s'aperçoit une fois de plus que les dés sont pipés d'avance.

Dans ce cadre on devrait voir l'apparition de la mise en place du crédit hypothécaire rechargeable, forme de crédit révolving applicable aux crédits immobiliers. Ce produit  préconisé en 2004 par NS a fait l'objet d'une ordonnance , en toute discrétion le 23 mars 2007.

En effet NS estime  que la croissance est soutenu par la consommation, et notamment la relance de l'habitat, et donc  pour augmenter l'endettement des ménages français, qui est un des plus faibles d'Europe, le crédit hypothécaire rechargeable est un des moyens de cette relance. Ce produit permettrait de mobiliser la valeur du patrimoine immobilier dormant non seulement pour financer des travaux mais aussi les dépenses de consommation. Le risque est le surendettement. En cas de défaillance, les créanciers seront en droit d'exiger la vente de la maison. C'est ce système fou qui a conduit à la bulle immobilière.

En conclusion, on s'aperçoit que le système financier français est puissant pour imposer une réforme sur laquelle les EU reviennent. Avec la titrisation, le gouvernement avec l'aval des parlementaires va permettre aux banques de s'en mettre plein les poches pendant quelques années jusqu'au moment ou les créances deviendront pourries et où le système s'effondrera. Dans ce cas ce sera le contribuable qui renflouera les  banques et les fonds d'investissement.

En conclusion, j'ai  lu qu'un parlementaire de la commission des finances, Mr De Courson aurait avoué qu'il n'avait pas bien regardé le passage sur les SFH et disant également "on n'a pas le temps d'examiner  correctement les textes, le gouvernement nous ensevelit sous les projets de loi".

-----------

j'ai oublié d'intituler mon commentaire précédent " Bientôt la mise en place des subprimes français par l'intermédiaire de la loi sur la régulation bancaire et financière"

j'aimerai avoir l'avis de Ludovic Lamant, qui a assisté aux débats en juin 2010, sur la création de ces sociétés de financement à l'habitat qui devront  permettre de titriser les créances immobilières

17/08/2010

La Chine a dépassé tous les pays développés, sauf les Etats-Unis

lu sur :

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/91eed87e-a975-11df-aaf2-b0c43e0032b6|0

.

croissance mardi17 août 2010

La Chine a dépassé tous les pays développés, sauf les Etats-Unis

.


Au deuxième trimestre 2010, l’économie chinoise a dépassé celle du Japon, jusqu’ici numéro deux mondial. Le produit intérieur brut américain reste encore trois fois plus élevé

Tout s’est joué à 49 milliards de dollars, à peine 10% du produit intérieur brut (PIB) de la Suisse.

Lundi, le Japon a annoncé que son PIB au deuxième trimestre de cette année s’élevait à 1288 milliards. La Chine a fait mieux avec 1337 milliards et est devenue la deuxième économie du monde. Sur les six premiers mois, le Japon demeure en tête. Cependant, le basculement s’est produit et 2010 s’achèvera sur une économie chinoise plus grosse que celle de l’archipel nippon, selon la plupart des prévisions.

«Même si c’était prévisible, c’est un choc! s’exclame Jean-Pierre Leh­mann, professeur à l’IMD à Lausanne et spécialiste de la Chine. Pendant 120 ans, le Japon a été La puissance économique de l’Asie. Depuis 40 ans, il était la deuxième du monde. C’est fini.»

Avant de dépasser les Etats-Unis, la Chine devra encore multiplier par trois la taille de sa richesse annuelle. En une décennie, elle a toutefois dépassé la Grande-Bretagne, la France et, en 2007, l’Allemagne. L’autre grande économie émergente, le Brésil, se situe au 8e rang mondial, derrière l’Italie. La Chine se hissera sur la première marche en 2027, estime Goldman Sachs.

Du côté des entreprises, quatre des plus grandes sociétés cotées dans le monde sont chinoises: PetroChina, Industrial & Commercial Bank of China, China Mobile et China Construction Bank.

Risques à court terme

L’économie chinoise, dont le taux de croissance annuel dépasse 9% depuis près de 10 ans, risque-t-elle la surchauffe? La semaine dernière, un ralentissement a été annoncé. La banque centrale resserre le crédit pour contenir la hausse en flèche du prix de l’immobilier.

Un ralentissement est aussi attendu par Yu Yongding, chercheur à l’Académie chinoise des sciences sociales, qui écrivait début août dans le Financial Times que «la Chine s’est concentrée de manière obsessionnelle sur la croissance du PIB depuis trop longtemps. Cela ne peut pas être une excuse pour repousser un ajustement structurel plus que nécessaire. Et ce réajustement, quand il se fera, entraînera inévitablement un ralentissement.»

«Il existe des risques à court terme, reconnaît Jean-Pierre Lehmann. Cependant, je qualifie la croissance de robuste, et suis relativement optimiste pour les 20 à 30 années à venir. L’économie chinoise d’aujourd’hui peut être comparée à celle du Japon au début des années 1970. C’est une puissance industrielle, mais qui socialement demeure rurale.» La Suisse mise sur ce développement; c’est pour cela qu’en fin de semaine dernière elle a lancé les négociations pour conclure un accord de libre-échange.

Moins de 4000 dollars par an et par habitant

Le risque de «remous sociaux» reste néanmoins une réalité, tempère le professeur de l’IMD. Sa confiance dans la croissance chinoise est conditionnée à l’«absence de conflit intérieur». Ce printemps, la Chine a connu une vague de suicides, notamment chez Foxconn, un sous-traitant du groupe américain Apple. Les employés ne supportaient plus leurs conditions de travail. Depuis, des hausses de salaires ont été accordées, jusqu’à 70% chez Foxconn. Entre la Corée du Nord et Taïwan, la région demeure aussi «fragile», relève encore Jean-Pierre Lehmann.

Si le PIB de la Chine dépasse celui du Japon, rapporté au nombre d’habitants, il demeure encore très inférieur. Avec moins de 4000 dollars par an l’an passé, les 1,3 milliard de Chinois n’ont pas encore rattrapé les 46 000 dollars des Américains, ou les 67 000 des Suisses. Même en tenant compte de la parité des pouvoirs d’achat, autrement dit des niveaux de vie, le FMI montre que la Chine se situe près du 100e rang mondial.

--------