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02/12/2010

Une association alerte sur les substances chimiques contenues dans les repas des enfants

lu sur :

http://www.lemonde.fr/economie/article/2010/12/01/pres-de-80-substances-chimiques-dans-les-repas-quotidiens-d-un-enfant_1447578_3234.html

Une association alerte sur les substances chimiques contenues dans les repas des enfants

LEMONDE.FR | 1 décembre 2010 | avec AFP | 654 mots

Plus de quatre-vingts substances chimiques, dont certaines susceptibles d'être cancérigènes, sont ingérées en une seule journée par un enfant de 10 ans à travers ses repas composés suivant les recommandations du ministère de la santé, selon une étude du mouvement Générations futures – qui milite notamment pour une agriculture sans pesticides et sans OGM – et du réseau Health and Environnement Alliance, en partenariat avec WWF-France et le Réseau environnement santé. (Lire l'article du Monde, en édition abonnés, "Des résidus chimiques dans l'assiette des enfants").

Les associations, qui lancent une campagne de sensibilisation intitulée "Cancer et environnement", ont acheté dans des supermarchés de l'Oise et de Paris entre juillet et septembre les denrées alimentaires généralement consommées en quatre repas et un encas en une journée par un enfant d'une dizaine d'années. Ces repas-types, incluant les recommandations officielles – telles que cinq fruits et légumes frais, trois produits laitiers et 1,5 litre d'eau par jour – ainsi que des friandises, ont été examinés par plusieurs laboratoires indépendants en France et en Belgique pour y détecter la présence de substances chimiques, pesticides, métaux lourds et autres polluants.

Le bilan de l'assiette, selon cette étude publiée mercredi, est accablant : cent vingt-huit résidus, quatre-vingt-une substances chimiques, dont quarante-deux sont classées cancérigènes possibles ou probables et cinq substances classées cancérigènes certaines ainsi que trente-sept substances susceptibles d'agir comme perturbateurs endocriniens (PE). "Même si, dans la quasi-totalité des cas, les limites légales pour chaque substance chimique prise individuellement ne sont pas dépassées, on voit bien dans notre enquête que la réalité de l'exposition des consommateurs aux contaminants possiblement cancérigènes et/ou PE est préoccupante", note l'association.

LE SAUMON, LE PLUS RICHE EN PESTICIDES

Pour le petit-déjeuner, le beurre et le thé au lait contiennent à eux seuls plus d'une dizaine de résidus cancérigènes possibles et trois avérés comme des cancérigènes certains ainsi que près d'une vingtaine de résidus susceptibles de perturber le système hormonal.

La pomme, importée du Brésil, prévue comme encas, présente des traces de six substances chimiques, dont un fongicide pourtant interdit en France. Même chose pour les haricots verts du Kenya, inclus dans le déjeuner, sur lesquels l'étude a détecté des traces d'un insecticide puissant également interdit dans l'Union européenne.

Le steak haché, le thon en boîte, et même la baguette de pain et le chewing-gum, étaient truffés de pesticides et autres substances chimiques. Dans l'eau du robinet les analyses ont révélé la présence de nitrates et chloroforme. Mais c'est le steak de saumon prévu pour le dîner qui s'est révélé le plus "riche" avec trente-quatre résidus chimiques détectés. Même l'examen de l'assiette en plastique utilisée pour réchauffer le repas au micro-onde n'en était pas exempte.

"COCKTAILS CONTAMINANTS"

Le risque final pour le consommateur de ce "cocktails de contaminants" "est probablement sous-estimé", selon l'étude. Le problème serait-il résolu par un lavage voire un épluchage systématique des fruits et légumes avant consommation ?"Certaines études montrent que ces précautions ne sont pas suffisantes voire qu'elles sont inutiles", a souligné Générations futures. De même, "l'impact de ces résidus dans les aliments conjugué aux autres substances chimiques auxquelles nous sommes exposés tous les jours, par l'air, les cosmétiques, les biocides, n'est pas évalué non plus".

Le but de l'étude "est de faire prendre conscience aux citoyens et aux responsables publics de la part importante que représentent les facteurs de risque environnementaux parmi les causes de cancers et ainsi de les inciter à agir et prendre les mesures qui s'imposent". Le groupement d'associations milite donc pour "l'application du principe de précaution dans l'objectif de diminuer au maximum l'exposition environnementale, et notamment alimentaire, de la population à des substances soupçonnées d'être cancérigènes ou PE" en interdisant notamment"l'usage de pesticides au champ" et l'utilisation de certains additifs.

Pour en savoir plus :

- Lire le détail de l'étude sur le site www.menustoxiques.fr. L'étude est égalementdisponible en PDF

- Le site de Générations futures (ex-Mouvement pour le droit et le respect des générations futures) : www.mdrgf.org

- Le site de la campagne Cancer et environnement : www.environnement-et-cancer.com

20/09/2010

XXième siècle : les méfaits du PLASTIQUE

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2010/09/19/plastique-l-ennemi-intime_1412130_3244.html

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Plastique, l'ennemi intime

19.09.10 | 16h46  •  Mis à jour le 20.09.10 | 07h25

"Je voudrais te dire juste un mot : plastique ! – Comment dois-je comprendre ça ? – Le plastique, c'est l'avenir. Penses-y ! – Je le ferai. – Chut ! Assez parlé."

Ce bref dialogue est extrait du Lauréat (1967), avec Dustin Hoffman, qui annonce la révolution des mœurs… et l'arrivée du plastique dans nos vies. Car, en ces années 1960, le plastique est pop, à la mode, conquérant, il représente autant l'avenir que la modernité.Les bas Nylon étincelants, les dentelles en Perlon, les brillantes robes de polyester embellissent les femmes.

Dans les cuisines, une vaisselle en plastique multicolore remplace la fragile et coûteuse porcelaine, le Formica rivalise avec le bois. Dans les salons, les réunions Tupperware font fureur.

Avec la popularisation du plastique, événement industriel autant que métaphysique, l'homme transcende la matière grâce à la chimie, invente un man made material plus résistant que le bois, plus léger que l'acier, plus souple que le caoutchouc, et qu'il peut, tel un démiurge, modeler à sa guise. Dans ses Mythologies (1957), Roland Barthes s'enthousiasme pour la nouvelle "substance alchimique" qui permet de créer mille objets sans être coûteuse. "Pour la première fois, écrit-il, l'artifice vise au commun, non au rare (…). Le monde entier peut être plastifié."

Roland Barthes a raison, hélas ! Le monde va être plastifié jusqu'au fond des océans. Au printemps 1997, le navigateur Charles Moore traverse par hasard le lent tourbillon subtropical du Pacifique Nord. Soudain, voilà son bateau entouré d'une quantité de bouteilles en plastique, brosses à dents, sacs, casquettes, jouets d'enfants, dérivant dans le sens des aiguilles d'une montre.

Il vient de découvrir "the Great Pacific Garbage Patch" ("la grande zone de détritus du Pacifique"), aujourd'hui tant décriée. En août 1998, il retourne sur place avec un chalut pour prélever des échantillons. Il estime à l'époque que ce "vortex de détritus" est constitué d'environ 3 millions de tonnes de déchets en plastique.

"SIXIÈME CONTINENT"

A l'automne 2006, le bateau de Greepeace Esperanza fait un nouvel état des lieux. En route, l'équipage découvre que les plages de Hawaï, à la périphérie du tourbillon, sont jonchées de plastique : bouées, casiers à poissons, balles de golf, briquets, bouteilles, casques d'ouvriers, jerricanes, boîtes diverses, caisses de bière, pots de fleurs, enseignes, fusibles, blocs de polystyrène, couvercles, rasoirs jetables, boîtiers de CD, etc.

Si les océans et les mers ont toujours été une poubelle de choix pour les hommes – selon l'ONG Oceana, on y jette 675 tonnes d'ordures chaque heure –, leurs eaux et les algues finissaient par dégrader et annihiler les détritus. Mais pas le plastique. Aujourd'hui, la grande zone de détritus du Pacifique est estimée à la taille de l'Etat du Texas, voire de l'Europe centrale – d'où son surnom : le "sixième continent".

Le plus inquiétant est invisible. Chaque objet, peu à peu, se fractionne jusqu'à former des granulés, microscopiques, indestructibles. Les poissons les ingèrent, ce qui les empoisonne ou perfore leur système digestif. Des expertises menées, au début de l'année, par les équipes du projet international Kaisei ont conclu qu'il est à présent impossible de venir à bout du "vortex". Le coût en serait astronomique, il faudrait une alliance entre plusieurs Etats. Mais aucun n'est prêt à engager de tels frais. Et puis, où transporter une telle quantité d'ordures ? Pour en faire quoi ?

Après être entrés en pleine modernité pop avec le plastique, nous devons faire face aux désillusions de la post-modernité : ses dégâts irréversibles, ses problèmes insurmontables nous obligeant à faire des choix tragiques. Il faut savoir que les Américains consomment 2,5 millions de bouteilles en plastique par heure et 25 milliards de tasses à café en polystyrène par an. Chaque année, ils produisent 6,8 millions de tonnes de plastique. Sur cette masse considérable, seules 450 000 tonnes sont recyclées ou incinérées.

BISPHÉNOL A, PHTALATES ET SPERMATOGÉNÈSE

Sur Terre, nous produisons 260 millions de tonnes de plastique par an, ce qui correspond à 30 kg par habitant – pour une matière si légère, cela équivaut à 85 paires de chaussures de jogging, 2 000 brosses à dents ou 6 000 sacs d'emballage. Ce qui fait dire à l'Autrichien Werner Boote, auteur du documentaire et de l'enquête Plastic Planet, dans un entretien qu'il nous a accordé : "Devant de tels chiffres, on en vient à se demander si nous ne produisons pas le plastique dans des quantités que nous sommes incapables de gérer."

Il ajoute, très inquiet après dix années passées à enquêter sur les effets du plastique dans nos vies : "Suite à la publication de nombreuses études sanitaires, j'ai été choqué de découvrir que des substances dangereuses entraient dans la composition des plastiques."

Prenez le bisphénol A, ou BPA, une molécule facilitant la plastification, utilisée dans les tétines et les biberons. Un groupe de 38 experts américains, dont l'étude a été confirmée par soixante autres travaux, a montré que le BPA migre dans le lait, puis dans la thyroïde et les organes sexuels des bébés.

Après plusieurs enquêtes menées par des organismes sanitaires, le gouvernement canadien a interdit l'utilisation de bisphénol dans les produits à destination des enfants, notamment les biberons, en octobre 2008. Le Parlement français a fait de même le 23 juin, suite à une "Lettre ouverte aux pédiatres et gynécologues" signée par des représentants d'associations médicales.

Sont encore incriminés les phtalates, des additifs qui rendent le plastique souple et flexible, très présents dans tous les objets en PVC : eux aussi se déplacent dans le corps, affectent les organes de reproduction, surtout chez les petits. Leur présence dans la fabrication des jouets a été prohibée par un décret du 9 novembre 2006.

Certains d'entre eux, comme le DHEP, ne doivent plus être utilisés dans aucun cosmétique, car ils peuvent endommager le fœtus et réduire la fertilité.

Des études répétées montrent que BPA et phtalates, libérés progressivement lorsque le plastique est chauffé ou fréquemment lavé avec des détergents, agissent comme des perturbateurs du système hormonal et endocrinien, pénètrent les testicules et réduisent la spermatogenèse.

Depuis plusieurs années, nombre de recherches médicales internationales, comme celles de la Société internationale d'endocrinologie, tendent à établir que l'accumulation des additifs du plastique, des composés volatiles des peintures et des parabens, les conservateurs contenus dans les cosmétiques, participent à la baisse massive de la fertilité chez les Occidentaux. Jusqu'à moins 40 % du nombre de spermatozoïdes chez certains hommes en vingt ans. Des études sanitaires associent BPA et phtalates au développement de l'obésité et du diabète.

Pour savoir jusqu'où le plastique pénétrait son organisme, Werner Boote, désormais surnommé le "Michael Moore autrichien", a fait procéder à une analyse de son sang. "Pour réaliser Plastic Planet, explique-t-il, j'ai voyagé dans vingt-huit pays, et de nombreux scientifiques m'ont assuré que le plastique pénétrait le corps humain. J'ai voulu vérifier. J'ai découvert un taux très élevé de bisphénol A dans mon plasma. Selon le biologiste, une telle quantité aurait réduit de 40 % mon nombre de spermatozoïdes si j'avais été un animal de laboratoire. Depuis ces analyses, j'évite tout contact avec le plastique. Mon taux de BPA a baissé."

Autrement dit, si nous voulons survivre au post-modernisme, nous devons entrer dans l'âge du principe de précaution.

PLASTIFICATION DU MONDE

Que répondent les industriels du plastique à de telles critiques ? Ils vous renvoient à leur communication, très bien faite et n'évitant pas les questions dérangeantes. D'abord, expliquent-ils, eux utilisent les hydrocarbures pour faire des produits utiles, pratiques, bon marché qui facilitent la vie quotidienne des gens – cela dit, en bout de chaîne, il faut bien les brûler ou s'en débarrasser.

Ensuite, ils ne sont responsables ni de l'incurie de certains citoyens et des industriels – qui jettent n'importe où leurs ordures ou ne les trient pas –, ni d'un recyclage insuffisant ou défectueux par les services publics, ni du suremballage par les marques. Ils n'ont pas tort.

Nous participons tous, producteurs et consommateurs, à la plastification du monde. Quant aux dangers médicaux associés à la migration du BPA et des phtalates dans le corps, les industriels mettent en avant des études qui les minimisent, menées par des scientifiques… ayant travaillé pour eux.

Or, depuis des années, ces études ont été contredites par de très nombreuses recherches indépendantes, ou menées par des sociétés médicales reconnues en Europe comme aux Etats-Unis. De son côté, le neurobiologiste Frederick vom Saal, de l'université du Missouri-Columbia, avance que l'industrie du plastique se comporte comme hier les cigarettiers : "Distorsion, mensonge, tentatives de discrédit."

Il affirme qu'ils ont tenté de l'acheter pour qu'il renonce à publier ses premiers travaux sur le bisphénol A. Il reste, comme le font remarquer les industriels, que nous n'allons pas supprimer l'usage des produits chimiques dans les emballages comme dans quantité d'objets utiles en plastique ou en matériel composite.

L'évaluation des risques doit être faite, des normes doivent être établies. C'est dans cette perspective que l'Union européenne (UE) a adopté, en 2005, à l'initiative des ministres de l'environnement, le système Reach (Règlement sur l'enregistrement, l'évaluation et l'autorisation des substances chimiques), obligeant les industriels à prouver l'innocuité de tout produit mis sur le marché.

"No data, no market", décrète Reach ("pas de renseignement sur les risques, pas de mise en vente"). Depuis, l'industrie chimique dénonce les bureaucrates de Bruxelles, brandit le spectre du chômage, si bien que Greenpeace a publié, en 2006, une étude intitulée "Lobby toxique. Ou comment l'industrie chimique essaie de tuer Reach".

La Suédoise Margot Wallström, commissaire européenne à l'environnement de l'Union jusqu'en 2004, déclare dans le film Plastic Planet : "Les industriels ont longtemps espéré faire échec à toute la réglementation." Une musique connue, non ?

VERS DES BIOPLASTIQUES ?

Il existe plusieurs solutions alternatives à l'universel plastique. Beaucoup d'écologistes et d'associations appellent au retour du verre pour l'emballage des aliments et des produits pour bébés, au remplacement des innombrables sacs en plastique par des sacs en papier recyclable et recyclé.

Mais, surtout, le plastique biodégradable, fabriqué à partir de ressources renouvelables (maïs, pomme de terre, patate douce, blé, canne à sucre, etc.) ou de pétrole, semble constituer la solution de rechange à l'indestructible matériel.

Ne nous réjouissons pas trop vite, même si la filière du nouveau plastique et son marché connaissent une expansion lente – estimée à 1 million de tonnes en 2011 – quoique prometteuse. Coca Cola, par exemple, a annoncé son intention de produire 30% de ses bouteilles en plastique à partir de matières végétales. Mais le bioplastique rencontre déjà de sérieuses difficultés : où trouver les terres pour produire la monoculture permettant sa fabrication en masse ?

Opposera-t-on les quantités d'eau, importantes, nécessaires à sa fabrication à celles utilisées pour la production vivrière ou le bétail ? L'énergie grise perdue dans les transports des céréales ne va-t-elle pas être colossale et polluante ?

Quant au bioplastique à base de pétrole, s'il ne veut pas devenir un gadget de l'industrie chimique, il doit être dégradable à 90 % pour mériter le label bio. Toutes ces questions demeurent ouvertes, et y répondre prendra du temps. Mais, à l'époque du grand vortex d'ordures et de l'effondrement de la spermatogenèse, existe-t-il d'autre solution que produire des biens recyclables, sains et biodégradables ? Et espérer vivre demain dans un monde… durable ?

 


PETIT LEXIQUE DU PLASTIQUE

Plastique Le mot vient du grec plastikos, qui signifie "relatif au modelage".
Bioplastique. Le bioplastique dégradable à 90 % représente 0,5 % de la production mondiale de plastique. Certains industriels ont commencé à produire des plastiques à base de maïs ou de fécule. Un plastique biodégradable à base de pétrole, l'Ecovio, a été mis au point par l'allemand BASF.
Thermoplastiques La majorité des plastiques utilisés sont des thermoplastiques (PET, PVC, PC). Ces matières synthétiques mollissent en chauffant, redeviennent dures en refroidissant. L'industrie peut les mouler, les souffler, les souder. Etant broyables, les thermoplastiques peuvent être recyclés ou incinérés. En Europe, moins de la moitié d'entre eux, soit 30 millions de tonnes, sont revalorisés ou mis à la décharge.
PVC ou polychlorure de vinyle Thermoplastique très utilisé sous sa forme rigide (tuyauterie, carte de crédits, etc.), souple (revêtement de sol) ou plastifiée (films en bobines). Il a été décrié car, lorsqu'il est incinéré, il dégage de l'acide chlorhydrique. Toutes les usines l'incinérant doivent posséder un filtre anti-acide. Aujourd'hui, certains PVC plastifiés contiennent des phtalates, des produits chimiques controversés.
Bisphénol A (BPA) Produit chimique industriel à base d'acétone (A) entrant dans la plastification. De nombreuses études médicales montrent qu'il migre du plastique vers le sang et peut se révéler nocif pour le système hormonal.
Phtalates Ces produits plastifiants se détachent du plastique (certains PVC ou PET) par lavage ou à la chaleur. Nous les inhalons, on en retrouve dans le sang et le lait maternel. Certains d'entre eux, comme le DEHP, ont été jugés nocifs, des études l'associent à la baisse actuelle de la fertilité masculine. Leur emploi a été interdit pour la fabrication des jouets pour enfants.

" Il faut arrêter la production des plastiques dangereux " Cinq questions à Werner Boote, l'auteur de " plastic planet ".
Propos recueillis par Frédéric Joignot
Après dix ans d'enquête, quelles sont, selon vous, les pires conséquences du tout-plastique ? Aujourd'hui, le plastique nous encercle comme une sorte de bouclier invisible. Il est partout, jusque dans notre sang. Il est devenu une menace directe pour l'environnement, les animaux comme les être humains. Hélas !, nous nous en apercevons trop tard. Désormais, chacun a entendu parler des désastres causés par l'omniprésence des déchets en plastique tout autour du monde, et surtout des énormes quantités qui flottent et qui coulent dans les océans. Mais peu de gens savent que des substances dangereuses pour la santé humaine entrent dans la composition du plastique, et que des études les associent à certains cancers, à des réactions allergiques et à l'infertilité masculine. Vous dites que nous sommes entrés dans l'" âge du plastique "...
Aux âges de la pierre, du bronze et du fer a succédé celui du plastique. La quantité de plastique produite depuis les débuts les années 1960 suffirait à recouvrir la terre entière de six couches épaisses ! Les industriels du plastique génèrent 800 millions d'euros de bénéfice par an. Aujourd'hui, le plastique nous cerne, il est dans les parquets stratifiés, les innombrables boîtes, les semelles des chaussures, les vêtements, les meubles, l'électronique, les jouets, les voitures, partout. L'époque où le plastique n'existait pas nous semble inimaginable.
Parlez-nous de votre analyse de sang… J'ai été choqué de découvrir un taux très élevé d'une substance aujourd'hui considérée comme dangereuse par nombre d'études, le bisphénol-A. Les membres de mon équipe ont fait les mêmes tests, qui eux aussi ont montré un taux important de bisphénol. Ces résultats confirment ce que des scientifiques dénoncent depuis des années, à chaque fois contredits par les industriels du plastique et leurs prétendus experts : chacun d'entre nous possède plusieurs substances issues du plastique dans le sang. Cela dit, je veux envoyer un message positif. Un an et demi après cette analyse, depuis que j'évite tout usage d'objet en plastique, mon taux de bisphénol a baissé. Vous êtes-vous rendu sur le " vortex de plastique " au large de la Californie ? Sur place, vous ne distinguez pas grand-chose, le plastique ne flotte pas toujours en surface. La catastrophe majeure vient de ce que le plastique se désintègre en minuscules billes que les poissons prennent pour du plancton et qui les tuent. En 1997, quand le capitaine Charles Moore a découvert le grand " vortex de détritus ", il a observé sur place six fois plus de plastique que de plancton. Dix ans plus tard, lorsque je l'ai accompagné au large d'Hawaï, il en a détecté soixante fois plus ! Aujourd'hui, des océanographes ont découvert d'énormes plaques de plastique dans l'Atlantique Sud, l'océan Indien et la mer du Nord.
Est-il possible d'échapper au plastique ? Nous n'y échapperons pas. Nous sommes les enfants de l'âge du plastique. Nous en avons besoin. C'est aux consommateurs et aux hommes politiques d'arrêter la production des plastiques dangereux, de pousser les industriels à fabriquer des bioplastiques – aujourd'hui 0,5 % des plastiques existants –, et d'utiliser des produits de substitution comme le verre.
à lire, à voir Plastic Planet. La face cachée des matières synthétiques, de Werner Boote et Gerhard Pretting, Actes Sud, 260 p., 21 €.
Plastic Planet, documentaire de Werner Boote (1 h 35). Sortie en salles en avril 2011, à l'occasion de la Semaine du développement durable.

16/09/2010

Chimie, perturbateurs endocriniens,environnement,santé

lu sur :
http://dircom.inserm.fr/
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Perturbateurs endocriniens : le principe de précaution doit prévaloir

Le RES (Réseau environnement santé) a organisé un colloque à l'Assemblée nationale sur la question des perturbateurs endocriniens, pesticides organochlorés, phtalates ou bisphénol A.
Qu'ils soient naturels ou synthétiques, ces perturbateurs, en contact avec les aliments, sont suspectés de favoriser les cancers du sein, de la prostate, des testicules (selon Patrick Fenichel de l'Inserm), de créer un "effet obésogène" (selon Robert Barouki, Paris-V-Inserm-Necker), de "se substituer aux oestrogènes naturels dès le stade fétal, et perturber l'équilibre hormonal nécessaire au développement et au maintien d'une fonction de barrière intestinale efficace" (selon Eric Houdau de l'Inra).
Pour le député Gérard Bapt, "s'il faut attendre que le risque soit avéré, comme pour l'amiante et le chlordécone, il sera trop tard".
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Agence France Presse_Fil Gen , 15/09/2010

01/09/2010

La catastrophe des OGM aux États-Unis, une leçon pour l'Union européenne

lu sur :

http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid...

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La catastrophe des OGM aux États-Unis, une leçon pour l'Union européenne


Le 30 aout 2010

Dernièrement, à Bruxelles, les potentats non-élus de la Commission européenne ont cherché à passer outre à ce qui a été maintes fois démontré : l'opposition écrasante de la population de l'Union européenne à la propagation des organismes génétiquement modifiés (OGM) dans leur agriculture. Pour entériner sans discussion l'adoption des OGM, le président de la Commission de l'Union européenne dispose à présent d'un expert-comptable maltais en tant que commissaire à la santé et à l'environnement. Originaire de Grèce, l'ancien commissaire à l'environnement était un farouche adversaire des OGM. En outre, le gouvernement chinois a fait savoir qu'il pouvait approuver une variété de riz OGM. Avant que les choses n'aillent trop loin, ils seraient bien d'examiner de plus près le laboratoire de test mondial des OGM, les États-Unis. Là-bas, les cultures d'OGM sont loin d'être bénéfiques. C'est plutôt exactement le contraire.

Ce qui est soigneusement resté en dehors de la propagande de Monsanto et des autres compagnies de l'agroalimentaire lors de leur promotion des cultures génétiquement manipulées comme alternatives aux cultures classiques, c'est le fait que, jusqu'ici, dans le monde entier, toutes les cultures d'OGM ont été manipulées et brevetées dans l’unique but de deux choses : être résistantes ou « tolérantes » à des produits chimiques brevetés hautement toxiques – au glyphosate herbicide que Monsanto et les autres obligent les agriculteurs d'acheter en condition d'acquisition de leurs OGM brevetés – et être résistantes à des insectes spécifiques. Contrairement aux mythes de relations publiques dispensés dans leur propre intérêt par les géants de l'agroalimentaire, il n'existe pas une seule semence d'OGM qui ne fournisse un rendement supérieur aux récoltes conventionnelles, ni qui n'ait besoin de moins d'herbicides chimiques toxiques. Pour cette simple raison, il n'y a aucun profit à en tirer.

Le fléau des super-mauvaises herbes géantes

Comme l'a fait remarquer le Dr Mae-Wan Ho, adversaire des OGM et biologiste éminente de l'Institut des sciences de Londres, les compagnies comme Monsanto incorporent dans leurs semences une tolérance aux herbicides grâce à la formule d'insensibilité au glyphosate du gène codant l'enzyme ciblée par l'herbicide. Cette enzyme est dérivée d'une bactérie du sol, l'agrobacterium tumefaciens. La résistance aux insectes est due à un ou plusieurs gènes de toxines provenant de la bactérie du sol Bt (bacillus thuringiensis). Vers 1997, les États-Unis ont inauguré les plantations commerciales à grande échelle de plantes génétiquement modifiées, surtout le soja, le maïs et le coton. À l'heure actuelle, aux États-Unis, les cultures génétiquement modifiées ont envahi entre 85 et 91 pour cent des surfaces de cultures de ces trois principales plantes, soja, maïs et coton, soit près de 171 millions d'acres (692.000 kilomètres carrés).

Selon le Dr Ho, la bombe à retardement écologique associée aux OGM est sur le point d'éclater. Après plusieurs années d'application constante des herbicides au glyphosate brevetés, comme le très célèbre Roundup de Monsanto, la nature a réagi aux tentatives de l'homme de la violer en développant de nouvelles « super-mauvaises herbes » résistantes aux herbicides. Le contrôle de ces super-mauvaises herbes nécessite nettement plus, pas moins, d'herbicide.

ABC Television, un grand réseau national des États-Unis, a produit un nouveau documentaire intitulé « Les super-mauvaises ne peuvent être détruites. » (1)

Interviewés, les agriculteurs et les scientifiques de l'Arkansas décrivent des champs envahis de plants d'Amaranthus palmeri géants, capables de résister à toutes les pulvérisations de glyphosate que peuvent faire les agriculteurs. Un agriculteur interviewé a dépensé près de 400.000 euros en à peine trois mois dans une vaine tentative de destruction des nouvelles super-mauvaises herbes.

Les nouvelles super-mauvaises herbes sont tellement robustes que les moissonneuses-batteuses sont dans l'impossibilité de moissonner les champs, et les outils à main se brisent en essayant de les couper. En Arkansas, au moins 400.000 hectares de soja et de coton ont été investis par ce nouveau fléau biologique mutant. Les données détaillées sur les autres régions agricoles sont indisponibles, mais on estime qu'elles sont similaires. Le ministère de l'Agriculture des États-Unis, pro-OGM et pro-agroalimentaire, a été signalé mentir sur l'état réel des récoltes, en partie pour masquer la triste réalité et prévenir une révolte explosive contre les OGM sur le plus grand marché mondial des organismes génétiquement modifiés.

L'Amaranthus palmeri, une variété de super-mauvaises herbes, peut atteindre jusqu'à 2,4 mètres de hauteur, résister à la forte chaleur et à la sécheresse prolongée, et produit des milliers de graines avec un système racinaire qui épuise les nutriments des cultures. Quand rien n'est fait, elle envahit un champ entier en un an. Certains agriculteurs ont été contraints d'abandonner leurs terres. Jusqu’à présent, en plus de l'Arkansas, l’invasion d’Amaranthus palmeri dans les régions de cultures d'OGM a aussi été identifiée en Géorgie, Caroline du Sud, Caroline du Nord, au Tennessee, Kentucky, Nouveau-Mexique, dans le Mississippi, et plus récemment dans l'Alabama et au Missouri.

Les spécialistes des mauvaises herbes de l'université de Géorgie estiment que seulement deux plants d’Amaranthus palmeri tous les 6 mètres dans les rangées de coton, sont capables de réduire le rendement d'au moins 23 pour cent. Un seul plant de mauvaise herbe peut produire 450.000 graines. (2)

La dissimulation du danger toxique du Roundup

Le glyphosate est l'herbicide le plus largement utilisé aux États-Unis et dans le monde entier. Breveté et vendu par Monsanto depuis les années 70 sous le nom commercial de Roundup, c’est un élément obligatoire de l’achat de semences d’OGM de Monsanto. Allez juste à votre magasin de jardinage local, demandez-le et lisez attentivement l'étiquette.

Comme je l'ai exposé en détail dans mon livre, Seeds of Destruction,The Hidden Agenda of Genetic Manipulation (Semences de destruction : L’arme de la faim), les cultures d’OGM et les semences brevetées ont été développées dans les années 70, grâce à l’important soutien financier d’un organisme pro-eugéniste, la Fondation Rockefeller, essentiellement par des compagnies de produits chimiques : Monsanto Chemicals, DuPont et Dow Chemicals. Toutes trois ont été impliquées dans le scandale du hautement toxique agent orange, utilisé au Viêt-nam, et de la dioxine dans les années 70, et ont menti pour cacher la réalité des atteintes à leurs propres employés, ainsi qu’aux civils et militaires des populations exposées.

Leurs semences d’OGM brevetées ont été envisagées comme un moyen intelligent pour forcer le renouvellement des achats de leurs produits chimiques agricoles du style Roundup. Les agriculteurs doivent signer avec Monsanto un contrat légal qui stipule que seul son pesticide Roundup peut être utilisé. Les agriculteurs sont ainsi piégés, obligés d’acheter à la fois de nouvelles semences de Monsanto à chaque récolte et du glyphosate toxique.

À l’université de Caen, en France, dans une équipe dirigée par le biologiste moléculaire Gilles-Eric Séralini, une étude a montré que le Roundup contient un ingrédient inerte spécifique, l’huile de suif polyéthoxylés, ou POEA. L’équipe de Séralini a démontré que le POEA du Roundup est même plus mortel pour les embryons humains, les cellules du cordon ombilical et placentaires, que le glyphosate lui-même. Monsanto, qualifiant de « breveté » le contenu détaillé de son Roundup, à part le glyphosate, refuse de le communiquer.(3)

L'étude de Séralini a constaté que les ingrédients inertes du Roundup amplifient l'effet toxique sur les cellules humaines – même à des concentrations beaucoup plus diluées que celles utilisées dans les fermes et sur les pelouses ! L'équipe française a étudié de multiples concentrations du Roundup, depuis la dose typique agricole ou sur pelouse, jusqu'à des concentrations 100.000 fois plus diluées que les produits vendus sur les rayons. Les chercheurs ont constaté des dommages cellulaires à toutes les concentrations.

Dans une brochure de l'Institut de biotechnologie qui promeut les cultures OGM comme des « combattants de mauvaises herbes, » le glyphosate et le Roundup sont annoncés « moins toxiques pour nous que le sel de table. » Treize ans de cultures d’OGM aux États-Unis ont augmenté globalement le recours aux pesticides de 318 millions de livres, et non pas diminué comme l’ont promis les Quatre Cavaliers de l'Apocalypse OGM. La charge de morbidité supplémentaire due à uniquement cela est considérable sur la nation.

 

Quoi qu’il en soit, après l'introduction commerciale des semences d’OGM Monsanto aux États-Unis, l'utilisation de glyphosate a augmenté de plus de 1500% entre 1994 et 2005. Aux États-Unis, quelque 100 millions de livres de glyphosate sont utilisées sur les pelouses et les exploitations agricoles chaque année, et au cours des 13 dernières années, il a été appliqué sur plus d'un milliard d'acres (environ 4 millions de kilomètres carrés). Interrogé, le directeur du développement technique de Monsanto Rick Cole, aurait dit, les problèmes sont «gérables ». Il a conseillé aux agriculteurs d'autres cultures ainsi que l'utilisation de marques d’herbicides différents produits par Monsanto.

Monsanto encourage les agriculteurs à mélanger le glyphosate avec ses plus anciens herbicides tels que le 2,4-D, interdit en Suède, au Danemark et en Norvège pour ses liens avec le cancer, la reproduction et des dommages neurologiques. Le 2,4-D est un composant de l'agent orange, produit par Monsanto pour être utilisé au Viêt-nam dans les années 60.

Les agriculteurs étasuniens se tournent vers le biologique

Partout aux États-Unis on signale que les agriculteurs reviennent aux cultures traditionnelles (non génétiquement modifiées). Selon un nouveau rapport du ministère de l'Agriculture, la vente au détail des aliments biologiques a bondi de 3,6 milliards de dollars en 1997 à 21,1 milliards de dollars en 2008.(4) Le marché est si florissant que les fermes biologiques se démènent parfois pour produire une offre suffisante, capable de suivre la montée rapide de la demande du consommateur qui amène des pénuries périodiques de produits biologiques.

Au Royaume-Uni, le nouveau gouvernement de coalition libéral-conservateur soutient fortement la levée de l'interdit de facto des OGM dans leur pays. Le conseiller scientifique en chef du Royaume-Uni, le professeur John Beddington, a récemment écrit un article où il affirme de manière trompeuse : « La prochaine décennie verra le développement de combinaisons de caractères désirables et l'introduction de nouvelles caractéristiques comme la tolérance à la sécheresse. Au milieu du siècle, des options bien plus radicales, impliquant des traits hautement polygéniques, seront faisables. » Il a en outre promis « des animaux clonés, créés avec une immunité innée aux maladies, » et plus encore. Merci bien ! Je pense que nous pouvons décliner tout ça.

Une récente étude, de l’université d’État de l'Iowa et du ministère de l'Agriculture, visant à évaluer la performance des exploitations agricoles pendant les trois années de transition nécessaires pour passer de la production classique à la certifiée biologique, a montré les avantages notables de l'agriculture biologique sur les OGM et même sur les plantes classiques non génétiquement modifié. Dans une expérience de quatre ans – trois ans de transition et la première année biologique – l'étude a montré que, bien que les rendements diminuaient d'abord, ils s’égalisaient dans la troisième année et, à partir de la quatrième année, les rendements biologiques devançaient les classiques pour à la fois le soja et le maïs.

En outre, l'Évaluation internationale des connaissances agricoles de Science et technologie pour le développement (IAASTD) – le résultat de trois ans de délibération de 400 participants scientifiques et représentants non-gouvernementaux venant de 110 pays à travers le monde – a été publié récemment. On en a conclu que l'agriculture biologique à petite échelle est la voie à suivre pour faire face à la faim, aux inégalités sociales et aux catastrophes écologiques.(5) Comme le soutient le Dr Ho, un changement radical dans la pratique agricole est urgent, avant que le cataclysme agricole s'étende davantage en Allemagne et de l’Union européenne vers le reste du monde.(6)

Notes

[1] Super weed can’t be killed, abc news, 6 octobre 2009. See also,Jeff Hampton, N.C. farmers battle herbicide-resistant weeds, The Virginian-Pilot, 19 July 2009,http://hamptonroads.com/2009/07/nc-farmers-battle-herbici...

[2] Clea Caulcutt, ‘Superweed’ explosion threatens Monsanto heartlands, Clea Caulcutt, 19 avril 2009, http://www.france24.com/en/20090418-superweed-explosion-t...

[3] N. Benachour and G-E. Seralini, Glyphosate Formulations Induce Apoptosis and Necrosis in Human Umbilical, Embryonic, and Placental Cells, Chem. Res. Toxicol., Article DOI: 10.1021/tx800218n Publication Date (Web): 23 décembre 2008.

[4] Carolyn Dimitri and Lydia Oberholtzer, Marketing U.S. organic foods: recent trends from farms to consumers, USDA Economic Research Service, Septembre 2009,http://www.ers.usda.gov/Publications/EIB58/

[5] International Assessment of Agricultural Knowledge, Science and Technology for Development, IAASTD, 2008, http://www.agassessment.org/index.cfm?Page=Press_Material...

[6] Ho MW.UK Food Standards Agency study proves organic food is better. Science in Society 44, 32-33, 2009.


Texte original en anglais, Genetically Manipulated Crops: The GMO Catastrophe in the USA. A Lesson for the World, publié le 18 août 2010.

Traduction : Pétrus Lombard

F. William Engdahl est est associé du Centre de recherche sur la mondialisation et l'auteur de plusieurs ouvrages en anglais dont deux sont traduits en français :

OGM : Semences de destruction : L’arme de la faim (le livre original en anglais, Seeds of destruction

25/08/2010

CHLORDÉCONE : l'État pointé du doigt

lu sur :

http://www.lepoint.fr/societe/chlordecone-l-etat-pointe-du-doigt-dans-deux-rapports-sur-un-insecticide-cancerigene-24-08-2010-1228256_23.php

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CHLORDÉCONE - L'État pointé du doigt dans deux rapports sur un insecticide cancérigène

Deux rapports, que l'AFP s'est procurés mardi, pointent les "anomalies" dans la gestion par le ministère de l'Agriculture de l'époque, du dossier du chlordécone, un pesticide cancérigène interdit bien plus tard aux Antilles qu'aux États-Unis et en France métropolitaine. Dans un rapport (*) finalisé en juin et rendu public mardi par le quotidien Le Monde, l'Institut national de la recherche agronomique (Inra) "met en évidence de véritables anomalies dans le cadre d'une approche de prévention" et dans la gestion du dossier du chlordécone par le ministère de l'Agriculture. Il met également en relief "l'influence des intérêts économiques" pour expliquer la lenteur de la prise de décision d'interdire le chlordécone, un pesticide, qui se fixe dans les sols pour de nombreuses années.

Dans un autre rapport rédigé par l'Afsset (Agence nationale de sécurité sanitaire), rédigé en décembre 2009 et jamais divulgué, celle-ci souligne le poids économique de la culture de la banane dans la gestion du dossier chlordécone. "Face à la défense de l'industrie bananière française, on peut faire l'hypothèse que l'impact de l'utilisation de produits phytosanitaires sur l'environnement et la santé ait été secondaire dans les préoccupations des autorités politiques", écrit cette agence.

Contacté mardi en fin d'après-midi par l'AFP, le ministère de l'Agriculture n'avait pas réagi. Ces deux rapports devaient être publiés dans la soirée sur le site www.chlordecone-infos.fr (**) qui dépend de l'Afsset.

Interdit aux États-Unis en 1976, le chlordécone le sera en 1990 en France métropolitaine et seulement en 1993 aux Antilles, où il était largement utilisé dans les bananeraies.

 

(*) voir :

http://www.inra.fr/l_institut/etudes/chlordecone_aux_antilles/chlordecone_aux_antilles_francaises_un_eclairage_socio_historique

(**) voir :

http://www.observatoire-pesticides.gouv.fr/index.php?pageid=579

13/07/2010

Pesticides et cancers

lu sur :

http://www.univers-nature.com/inf/inf_actualite1.cgi?id=4298

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06/07/2010

Pesticides et cancers : les liens se resserrent

Fruit du travail de chercheurs appartenant à l’organisation anglaise « The Chem Trust » (1), un rapport, publié le 2 juillet dernier, a analysé les conclusions de diverses études scientifiques portant sur les effets sur la santé d’une exposition aux pesticides. Selon le dit rapport, l’exposition à des pesticides avant la conception, pendant la grossesse ou au cours de l’enfance augmenterait le risque de cancer chez l’enfant. Autre frange de la population jugée à risque, les agriculteurs présenteraient un risque plus élevé que le reste de la population de développer certains cancers tels que les lymphomes non hodgkiniens, les leucémies, les cancers de la prostate ainsi que d’autres cancers hormonaux dépendants.
D’une manière globale, l’incidence de certains cancers a considérablement augmenté au cours des dernières décennies, les facteurs environnementaux ayant influé notablement sur cette augmentation, et plus particulièrement les pesticides. Ne faisant pas exception, en France, l’incidence du cancer aurait doublé en l’espace de 25 ans.

A la lumière de cette nouvelle publication, le MDRGF (2) réclame l’abandon au sein de l’Union européenne de l’ensemble des « pesticides cancérigènes certains, probables ou possibles ainsi que ceux suspectés de perturber les hormones ». Pour le collectif, faire régresser durablement les « chiffres de l’épidémie actuelle de cancer » implique de combattre l’exposition de la population aux pesticides dans tous les lieux ouverts au public et dans les habitations, de même que la contamination par les aliments et / ou l’air, notamment en zone agricole.

Cécile Cassier

1- Chemicals, Health and Environment Monitoring Trust
2- Mouvement pour le droit et le respect des générations futures

28/06/2010

Comment former des lobbyistes ?

L'école décrite ci-dessous a son utilité et peut apporter une aide aux étudiants, mais comment ne pas penser que les étudiants choisis auront une dette morale vis-à-vis de la Fondation Bettencourt- Schueller ?

lu sur :

http://www.afmpfs.org/fr/cursus/inserm.php

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École de l’Inserm Liliane Bettencourt

L’École de l’Inserm Liliane Bettencourt est une formation précoce à la recherche proposée aux étudiants de deuxième année de Médecine et de Pharmacie intéressés par les sciences. Il s’agit de donner la possibilité aux étudiants qui le souhaitent de faire de la recherche en parallèle de leurs études, afin de pouvoir associer plus tard une activité de recherche à leur pratique clinique. Cette formation s'inspire des cursus MD-PhD qui existent aux Etats-Unis et apparaissent dans de nombreux autres pays.

Comment entrer à l’École de l’Inserm ?

La sélection des étudiants se déroule en plusieurs étapes et est ouverte aux étudiants partout en France.

 

lire la suite sur :

Cursus > INSERM

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voir aussi sur MEDIAPART :

La part de brouillard de la famille Schueller-Bettencourt

 

Le grand déballage politico-familial en cours chez les Bettencourt met fin à cent ans de dissimulation et d'asphyxie mortifères. De l'extrême droite cagoularde à Nicolas Sarkozy, récit d'itinéraires sinueux.

 

22/06/2010

La pollution industrielle des sols

Un exemple aux USA :

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2010/06/21/a-los-angeles-le-cauchemar-des-habitants-d-une-cite-contaminee-par-shell_1376208_3244.html

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A Los Angeles, le cauchemar des habitants d'une cité contaminée par Shell
LE MONDE | 21.06.10 | 15h24
Los Angeles Correspondance


vec ses 285 pavillons alignés, ses palmiers et ses pelouses vertes, la cité du Carousel à Carson, une localité au sud de Los Angeles, a tout du rêve américain. C'est ce que pensaient Royalene Fernandez et son mari, en y emménageant en 1968 avec leurs jeunes enfants, ignorant que le terrain avait appartenu à Shell. Elle souffre de leucémie depuis dix-huit ans, une maladie qui peut être reliée à la toxicité du benzène. Or des tests effectués récemment par l'agence de contrôle de l'eau (Regional Water Quality Control) ont révélé des niveaux anormalement élevés de méthane et de benzène dans le sol du quartier, avec des concentrations susceptibles d'augmenter les risques de cancer et d'entraîner des problèmes neurologiques.

Depuis 1924, la compagnie pétrolière stockait le pétrole brut dans d'immenses cuves en béton, en partie enterrées. "Les cuves ont été sommairement détruites avant la vente du terrain par Shell en 1966, sans être entièrement vidées ni nettoyées, et le site a été recouvert d'à peine un mètre de terre, alors qu'à l'époque la toxicité du benzène était largement connue", explique Tom Girardi, l'avocat de plus de 200 résidents, alerté par Erin Brockovich (héroïne d'un autre combat contre une contamination chimique, interprétée au cinéma par Julia Roberts). "Ce que Shell a fait à Carson est bien pire que ce que fait BP dans le golfe !" Le boom pétrolier, dont la Californie du Sud a été un des épicentres, revient ainsi hanter ses résidents.

Terre humide et noire

Shell a conseillé aux habitants de ne plus manger les fruits de leurs arbres ni les légumes du potager, de minimiser le contact avec le sol (y compris pour les animaux domestiques), et ne plus laisser les enfants jouer dans le jardin. La situation est catastrophique pour ces propriétaires qui ne peuvent pas vendre leur maison dont la valeur immobilière a chuté.

Les enquêteurs ont exhumé de la terre humide et noire qui sentait l'essence, dans le jardin de Lourdes Piazza, 47 ans, dont les deux filles souffrent d'allergies chroniques : "C'est une torture de penser que vous vivez au-dessus de ça", dit-elle en pleurant. "Shell doit assumer sa responsabilité, et nous aider à sortir de là !" La contamination a été découverte par hasard en 2008, lors de l'inspection d'une ancienne usine chimique, qui a révélé des concentrations de benzène, provenant du site adjacent, celui de Shell.

Les représentants de la compagnie pétrolière soutiennent que la décontamination incombait à l'acquéreur (le promoteur immobilier), et que la pollution pourrait avoir d'autres causes : des huiles de vidange jetées par des conducteurs, des tondeuses à gazon, ou des pesticides. Mais pour les résidents de Carson, Shell doit décontaminer le site, les dédommager et les reloger. La bataille juridique s'annonce âpre.

 

Claudine Mulard
Article paru dans l'édition du 22.06.10

25/05/2010

Le chlordécone aux Antilles

lu sur :
http://www.lemonde.fr/planete/article/2010/05/24/la-difficile-mutation-des-planteurs-de-banane-antillais_1362179_3244.html
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voir aussi :
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La difficile mutation des planteurs de banane antillais
LE MONDE | 24.05.10 | 15h42  •  Mis à jour le 24.05.10 | 15h42
Fort-de-France Correspondant


'avenir des planteurs de banane antillais risque pour longtemps encore d'être marqué par les ravages du chlordécone, ce pesticide utilisé pour éliminer le charançon. A l'initiative de l'Institut national de la recherche agronomique (INRA) une vingtaine d'experts internationaux se sont réunis, du 17 au 22 mai en Martinique, puis en Guadeloupe, pour "tenter de concevoir des solutions réalistes de dépollution des sols". Or, il n'existe aujourd'hui d'autre alternative que de convertir à d'autres usages les sols contaminés par ce produit appliqué aux cultures à partir des années 1970 et jusqu'en 1993.

 

Cette reconversion se fait lentement et le lancement, il y a un peu plus d'un an, d'un plan "banane durable" doté de 8 millions d'euros, pour redorer l'image du secteur et encourager les producteurs à modifier leurs pratiques, n'a pas encore une portée très visible. L'enjeu est vital pour les deux îles : la culture de la banane assure plus de 8 000 emplois, soit 75 % du secteur agricole.

La lutte biologique contre les insectes ravageurs et les champignons est désormais mise en avant. "La banane antillaise utilise 7 kg de produits traitants par an et par hectare contre 60 kg pour nos concurrents sud-américain et africain. Notre objectif est de diviser ce chiffre par deux d'ici à 2013", affirme Pierre Monteux, directeur général de Banamart, l'un des deux groupements de producteurs de banane en Martinique. Pour cela, les producteurs s'appuient sur l'Institut technique de la banane (Itban) qui valide l'utilisation de substances naturelles pour lutter contre les parasites. L'extrait d'arbre de thé est, par exemple, employé contre la cercosporiose, un champignon attaquant les feuilles de bananier, et l'écorce d'orange contre certaines cochenilles.

La pollution au chlordécone, qui s'est étendue aux autres cultures que la banane avec la diffusion du pesticide dans les sols et les cours d'eau, contraint aujourd'hui nombre d'agriculteurs à composer avec ce fléau. Bien qu'il n'y ait pas de cartographie détaillée des sols pollués, les spécialistes estiment que près de 25 % des terres sont touchées.

Installé en plein coeur de la campagne de Trinité, à environ 30 km à l'est de Fort-de-France, Serge Burnet est, depuis 2007, à la tête d'une exploitation de 74 hectares dédiée à l'horticulture. Auparavant, une bananeraie recouvrait sa propriété. L'horticulture est une des voies vers lesquelles le ministère de l'agriculture pousse les exploitants à se reconvertir.

"Depuis 2003, 4 500 analyses de sols ont été réalisées sur 4 000 hectares, alors que les surfaces agricoles plantées en légumes jugés sensibles à la contamination ne représentent qu'environ 800 hectares", explique Jean Iotti du service de la protection des végétaux, à Fort-de-France. C'est grâce à ces diagnostics et aux recommandations fixées selon des seuils de contamination que les agriculteurs basculent vers d'autres cultures.

A la Martinique, on assiste ainsi à la relance de la canne à sucre, dont seule la base de la tige est perméable au chlordécone. La production permet aujourd'hui d'alimenter neuf distilleries et une sucrerie. Pour certains agriculteurs, l'effort de reconversion a été possible grâce aux fonds européens ou au Plan de développement rural (PDR) de la Martinique.

A plus long terme, il est aussi prévu de reboiser certaines parcelles contaminées et, en même temps, d'empiéter sur la forêt pour permettre aux agriculteurs d'avoir de nouvelles terres saines.

Derrière toutes ces initiatives se cache un autre enjeu : protéger les terres agricoles de la convoitise de certains entrepreneurs. "L'objectif aujourd'hui est de faire face à la spéculation immobilière et aux projets non agricoles", indique Gilles Moutoussamy, de la chambre d'agriculture de Martinique.

Plusieurs projets de ferme photovoltaïque sont notamment à l'étude, ce qui représente, pour M. Moutoussamy, "une menace supplémentaire, lorsque l'on sait que les promoteurs peuvent proposer aux agriculteurs de 15 000 à 20 000 euros par an et par hectare pour installer leurs fermes".

 

Hervé Brival

Dangereux pesticide

Le chlordécone est l'insecticide qui a été utilisé aux Antilles pour lutter contre le charançon du bananier. Persistant dans l'environnement, il possède des propriétés qui ne permettent pas l'application directe de méthode de dépollution classique. De plus, les conditions tropicales sont très différentes de celles des Etats-Unis, où ont été menés les rares travaux sur l'impact de la molécule.

Impact alimentaire Pour réduire l'exposition de la population, le gouvernement a fixé des seuils maximaux de contamination en fonction de la perméabilité des cultures au chlordécone. Ce seuil doit être inférieur à 20 microgrammes par kg de terre sèche pour les agrumes, les fruits tropicaux, tous les légumes et inférieur à 10 microgrammes pour le riz et certains fruits (pommes, poires, fruits à noyau).

Risque de cancers Des recherches sont menées pour évaluer l'impact potentiel sur les risques de cancer de la prostate, les issues de grossesse et les malformations congénitales.

Article paru dans l'édition du 25.05.10

01/04/2010

Histoire contemporaine : Minamata, Japon

 

lu sur :
http://www.lemonde.fr/planete/article/2010/04/01/au-japon-les-victimes-du-mercure-obtiennent-reparation_1327365_3244.html
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Au Japon, les victimes du mercure obtiennent réparation
LE MONDE | 01.04.10 | 15h28  •  Mis à jour le 01.04.10 | 15h40
Tokyo Correspondant

e long combat des victimes de la maladie de Minamata, symbole des dérives du développement économique du Japon de l'après-guerre, touche à sa fin. 2 123 victimes de ce mal provoqué par la pollution au mercure de la baie de Minamata, ville de la préfecture de Kumamoto, dans l'ouest de l'archipel, ont passé, lundi 29 mars, un accord avec le gouvernement et le géant de la chimie Chisso, responsable de la contamination. La transaction prévoit le versement à chaque victime d'une indemnité de 2,1 millions de yens (16 700 euros) assortie d'une allocation mensuelle d'environ 17 000 yens (135 euros).

Cet accord complète une loi, adoptée en juillet 2009, qui prévoit l'octroi de montants équivalents à tous les malades non officiellement reconnus, qui seraient près de 40 000. Compte tenu de la souffrance endurée par les victimes, cela représente un règlement a minima. "Les plaignants l'ont accepté parce qu'ils vieillissent", souligne, dans son éditorial du jeudi 1er avril, le quotidien Asahi.

De fait, il a fallu cinquante-quatre années pour obtenir ces compensations. La maladie a été officiellement identifiée le 1er mai 1956. Ce jour-là, des médecins ayant examiné des petites filles souffrant de convulsions et de difficultés motrices informent le bureau de santé publique de l'apparition d'une "épidémie de maladie inconnue du système nerveux central".

En 1959, l'origine du mal est enfin identifié : il s'agit du mercure déversé en quantité dans les eaux de la baie de Minamata par l'usine Chisso, qui produit de l'acétaldéhyde depuis 1932. Ce mercure se retrouve dans les poissons et crustacés, aliments de base de la population locale.

Il faut encore dix ans pour que s'ouvre le procès, qui durera de 1969 à 1973. Entre-temps, Chisso fait tout pour décourager les victimes, allant jusqu'à recourir aux services de la pègre pour les menacer ou financer des études l'exonérant de ses responsabilités. Le groupe serait également à l'origine d'une agression du photographe Eugene Smith dont le reportage, publié en 1972 par le magazine américain Life, a attiré l'attention du monde sur la tragédie.

En 1973, Chisso est reconnu coupable de négligence, un jugement qui ouvre la voie à l'indemnisation des victimes. Mais entre la mauvaise volonté du chimiste et celle du gouvernement japonais, qui fixe des critères extrêmement stricts pour pouvoir toucher des indemnités, les procès se multiplient et le temps passe.

A ces difficultés, s'ajoute pour les malades un certain ostracisme social : comme les victimes des bombardements atomiques d'Hiroshima et Nagasaki, ils se voient rejetés par leur communauté. Certains choisissent de retourner à l'anonymat et partent refaire leur vie ailleurs.

L'accord du 29 mars, comme le jugement de la Cour suprême rendu en 2004, qui reconnaît la responsabilité de l'Etat dans la tragédie, leur ont rendu un peu de leur dignité. Aujourd'hui encore, le nombre exact de victimes de cette tragédie reste inconnu, de même que les conséquences à plus long terme de la maladie.

Il reste que la lutte engagée, notamment par Hamamoto Tsuginori, dirigeant de l'Association des victimes de la maladie de Minamata, a fait prendre conscience aux Japonais des dangers d'une industrialisation incontrôlée. Elle a incité plusieurs militants de cette cause à s'engager dans d'autres luttes, contre l'énergie nucléaire ou pour la reconnaissance des conséquences de l'utilisation de l'amiante.

La catastrophe environnementale de Minamata est emblématique : c'est la première d'une lignée témoignant de l'irresponsabilité de certains industriels, comme celle survenue à Bhopal, en Inde, où l'explosion d'une usine de pesticides avait fait plusieurs milliers de morts, en 1984. Le plus souvent, l'origine de ces drames se trouve dans une quête effrénée du profit. Le dirigeant de l'usine Chisso de Minamata, Eiichi Nishida, l'avait reconnu lors du procès. C'était il y a quarante ans.


Philippe Mesmer
Article paru dans l'édition du 02.04.10

 

05/03/2010

SOLEIL VERT maintenant

Avez-vous vu le film "Soleil vert" ?
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lu sur :
http://www.lemonde.fr/planete/article/2010/03/05/un-continent-de-dechets-plastiques-a-ete-decouvert-dans-l-atlantique-nord_1314831_3244.html#ens_id=1285536
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Un "continent" de déchets plastiques a été découvert dans l'Atlantique nord
LE MONDE | 05.03.10 | 14h14  •  Mis à jour le 05.03.10 | 14h14


es bouchons de bouteille, des cartouches vides, des morceaux de cagettes, des filets, et une myriade de minuscules fragments de plastique : telle est la moisson récoltée dans l'océan Atlantique nord par les scientifiques de la Sea Education Association (SEA). Les océanographes employés par cette organisation non gouvernementale américaine, spécialisée dans la formation des étudiants, ont dévoilé, fin février, lors d'un congrès à Portland (Oregon), l'existence d'un vaste "continent" de déchets plastiques dans l'Atlantique, comparable au "Great Eastern Pacific Garbage Patch" - la "poubelle de l'est du Pacifique" - découvert en 1997.

L'accumulation de déchets, comme dans le Pacifique, occuperait une surface équivalant à la taille du Texas. Elle se situe à plus de 500 milles nautiques (926 km) des côtes, et son centre se trouve à la latitude d'Atlanta. Les déchets aboutissent à cet endroit car il s'agit d'une zone de hautes pressions, où les vents sont faibles et où les courants s'enroulent dans le sens des aiguilles d'une montre : c'est ce qu'on appelle une gyre. "Les courants y aboutissent, et les objets qu'ils charrient ne s'en échappent jamais", explique Giora Proskurowski, océanographe à la SEA, principal auteur des recherches.

Les déchets collectés sont rarement entiers. La majorité d'entre eux, fragmentés par le séjour dans l'eau, mesurent moins de un centimètre et pèsent moins de 15 grammes. "L'image du "continent" est excellente pour sensibiliser le grand public, mais ne rend pas bien compte de la réalité, explique M. Proskurowski. Il s'agit d'une multitude de fragments, difficiles à voir de loin. Mais quand on puise dans l'eau, on remonte une quantité impressionnante de plastique."

La SEA a effectué 6 100 prélèvements depuis 1986, lors de campagnes annuelles en mer où des étudiants sont embarqués. Au total, 64 000 fragments ont été collectés.

La densité moyenne de plastique dans la zone explorée est de 200 000 fragments par kilomètre carré (contre 300 000 dans la gyre du Pacifique). La plupart du temps, il s'agit de plastiques courants (polyéthylène, polypropylène, mousse polystyrène).

Les débris sont présents jusqu'à au moins 10 mètres de profondeur. Ils proviennent des navires et des continents riverains de l'Atlantique, transportés par le vent et les fleuves vers la mer. D'autres types de plastiques, plus denses, pourraient se trouver au fond de l'océan.

Les principales victimes de cette pollution sont les animaux marins. Les mammifères, tortues ou oiseaux peuvent être piégés par les sacs et les filets, ou avaler des fragments qui obstruent leur système digestif. Ces effets néfastes ont été démontrés sur 260 espèces. De plus, les débris fonctionnent comme des éponges, qui accumulent les polluants organiques persistants. Ils sont ingérés par la faune marine, et pourraient, par ce biais, être véhiculés jusqu'à l'homme.

Il n'est pas possible de nettoyer l'océan. "Autant essayer de passer le Sahara au tamis", ironise Charles Moore, le navigateur et chercheur qui a découvert l'accumulation de déchets dans la gyre du Pacifique. Et le plastique est très résistant. Aucun micro-organisme n'est capable de le dégrader complètement. Même transformé en poudre, tout le plastique produit depuis que l'homme le fabrique est présent dans l'environnement.

Selon les chercheurs, la seule solution pour réduire sa présence dans l'océan est donc de ne pas le jeter dans l'environnement, et d'opter pour des matériaux alternatifs biodégradables.

Les scientifiques de la SEA tenteront cet été de déterminer la limite orientale de la "poubelle" de l'Atlantique. "Plus nous accumulons de données sur cette pollution, plus la prise de conscience sera importante", affirme M. Proskurowski. En plus de celles de l'Atlantique et du Pacifique, trois autres gyres sont susceptibles de contenir des quantités comparables de déchets : dans l'Atlantique et le Pacifique sud, et dans l'océan Indien.

 

Gaëlle Dupont
Article paru dans l'édition du 06.03.10

Sur son site www.chrisjordan.com, Chris Jordan présente des photographies d'albatros en décomposition découverts dans le Pacifique en septembre 2009.
CHRIS JORDAN
Sur son site www.chrisjordan.com, Chris Jordan présente des photographies d'albatros en décomposition découverts dans le Pacifique en septembre 2009.

11/01/2010

OGM : Bayer condamné à une amende de 2 millions de dollars pour contamination

lu sur :

http://www.lesmotsontunsens.com/contamination-ogm-lourde-condamnation-pour-bayer-6448

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Contamination OGM : lourde condamnation pour Bayer

11 décembre 2009 15:42, Les mots ont un sens, par Napakatbra

 

Bayer a été condamnée à verser deux millions de dollars à deux agriculteurs dont la récolte a été contaminée de façon irréversible. Au cours du procès, la firme a admis avoir été incapable d'endiguer la diffusion de ses OGM, malgré la mise en place des "meilleures pratiques".

 

Greenpeace s'est réjoui de cette décision annoncée le 4 décembre 2009 par la Cour fédérale de St Louis. Bayer CropScience devra donc verser plus de 2 millions de dollars de dommages et intérêts à deux agriculteurs du Missouri qui ont vu leur récolte de riz contaminée par une variété OGM que l'entreprise cultivait à titre expérimental en 2006. Ce verdict confirme la responsabilité pénale de l'exploitant.

Ce jugement est le premier d'une longue série : plus de 1 000 agriculteurs ont porté plainte pour des raisons similaires, en Arkansas, au Texas, en Louisiane et dans l'Etat du Mississippi. Et pour cause, les cultures OGM de Bayer auraient contaminé pas moins de 30% des surfaces rizicoles des Etats-Unis, selon l'avocat d'un des plaignants. Dans les quatre jours qui ont suivi l'annonce de la contamination par le ministère de l'agriculture US, les marchés du riz ont baissé de 14%, ce qui a abouti à une perte sèche de 150 millions de dollars pour les producteurs.

La défense de Bayer est sans appel. Malgré toutes les précautions prises par la firme, "la seule chose que l'on essayait d'éviter est arrivée" a expliqué l'avocat du groupe. Il aura donc fallu un procès pour que les complaintes des associations de défense de l'environnement soient entendues... Mieux vaut tard que jamais.

(Article publié sur le site "Les mots ont un sens")

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lu sur :

http://www.stltoday.com/stltoday/business/stories.nsf/0/5075056DB7F3020186257683000BD26F?OpenDocument

.

 

$2 million verdict against Bayer CropScience

BY JOE WHITTINGTON AND ANDREW M. HARRIS

BLOOMBERG NEWS

05/12/2009

 

Bayer CropScience LP must pay about $2 million for losses sustained by two Missouri farmers when an experimental variety of rice the company was testing cross-bred with their crops, a federal jury ruled.

Friday's verdict in St. Louis came in the first trial in what is intended to be a series of test cases against the unit of Leverkusen, Germany-based Bayer AG. The jury of four men and five women began deliberating Wednesday, about a month after it began hearing claims brought by Kenneth Bell and Johnny Hunter.

Farmers from Missouri, Arkansas, Texas, Louisiana and Mississippi have filed more than 1,000 similar cases against Bayer since the U.S. Department of Agriculture announced in August 2006 that trace amounts of the genetically modified LibertyLink rice were found in U.S. long-grain rice stocks.

Bayer and Louisiana State University had been testing the rice, bred to be resistant to Bayer's Liberty-brand herbicide, at a school-run facility in Crowley, La. The variety eventually "contaminated" more than 30 percent of U.S. ricelands, Don Downing, a lawyer for the plaintiffs, said at the start of the trial.

The jury awarded only compensatory damages and rejected the farmers' request for a punitive judgment. Grant Davis, one of the farmers' lawyers, had told jurors an $80 million punitive award was "not too much to send a message."

Within four days of the 2006 USDA announcement, rice futures plunged, costing U.S. growers about $150 million, according to a consolidated complaint filed by the farmers.

The jury awarded Bell $1.96 million and Hunter $53,336. Bayer's negligence cost Bell more than $2.2 million, Downing said during the trial. Hunter quit rice farming and lost $50,000 because of the contamination, Downing said.

While the USDA later approved Bayer CropScience's biotech rice to be grown and sold for human consumption, it hasn't been commercially marketed. The USDA never determined how the LibertyLink rice entered the nation's long-grain rice supply, Bayer CropScience's statement said.

The next test, or bellwether trial, involving farmers from Arkansas and Mississippi, is scheduled to start on Jan. 11 in St. Louis.

15/10/2009

Le processus européen "Reach" en danger

lu sur :
http://www.lemonde.fr/economie/article/2009/10/13/la-difficulte-des-chimistes-et-de-leurs-clients-a-dialoguer-met-en-danger-le-processus-europeen-reach_1253341_3234.html
.
Compte rendu
La difficulté des chimistes et de leurs clients à dialoguer met en danger le processus européen "Reach"
LE MONDE | 13.10.09 | 16h45  •  Mis à jour le 13.10.09 | 16h45

es chimistes peinent à l'échange. Et l'Union des industries chimiques (UIC) s'en inquiète. Mardi 13 octobre, Jean Pelin, directeur général de l'UIC, a expliqué que l'incapacité des fabricants et utilisateurs de molécules chimiques à entrer dans un processus collaboratif mettait d'ores et déjà en panne le processus européen "Reach".

 

"Reach" est un règlement de la Commission européenne, destiné à recenser l'ensemble des molécules chimiques produites ou importées par les pays membres de l'Union dans le but d'identifier les risques que ces substances génèrent pour la santé ou l'environnement. Sa finalité est d'inciter les firmes à innover aux fins de substitution des matières les plus nocives.

Les entreprises ont jusqu'au 1er décembre 2010 pour constituer des dossiers sur les risques "toxicologiques et écotoxicologiques" des substances qu'elles exploitent sur des volumes supérieurs à 1 000 tonnes par an. Dès lors qu'elles fabriquent ou importent une même substance de ce type, elles doivent se réunir au sein de forums d'échange d'informations (SIEF) pour constituer la partie commune du dossier d'enregistrement, qui sera portée par un déclarant principal (lead registrant) et déposé à l'Agence européenne des produits chimiques (ECHA). Ces forums, qui relèvent de la seule responsabilité des industriels, ont été conçus pour mutualiser le coût des essais et des frais d'enregistrement. Mais demander à des sociétés rivales de collaborer les unes avec les autres ne fonctionne pas.

Intérêts divergents

Il est clair aujourd'hui que les 9 200 dossiers d'enregistrement attendus par l'ECHA à la date butoir du 1er décembre 2010 ne seront pas au rendez-vous. Ainsi, au 7 octobre 2009, l'agence européenne n'avait réceptionné que 1793 dossiers. Soit moins du quart.

La raison de cette panne tient, selon l'UIC, au fait que les entreprises ont à faire face à de "très nombreuses difficultés dans le démarrage et le fonctionnement des SIEF" : identification des substances, (similitude), constitution du SIEF, désignation du leader (déclarant principal), définition des règles de fonctionnement entre des acteurs pouvant avoir des intérêts divergents ou concurrents, langue anglaise obligatoire...

L'UIC ne demande pas officiellement un report des délais, mais souhaite que "l'ECHA et la commission européenne apportent une réponse appropriée".


Yves Mamou
Article paru dans l'édition du 14.10.09

03/08/2009

Dédommagement des victimes des pesticides

lus ur :

http://www.univers-nature.com/inf/inf_actualite1.cgi?id=3851

20-07-2009

Œuvrer pour la reconnaissance et le dédommagement des victimes des pesticides

 

Depuis une quinzaine d’années, le MDRGF (1) combat l’utilisation massive de pesticides, tout particulièrement pour l’usage outrancier pratiqué dans l’agriculture conventionnelle, en relayant des études attestant des effets nocifs de ces composés chimiques. Concentrant ses efforts sur des campagnes d’information visant à sensibiliser le grand public aux risques qu’il encourt, l’association joue également un rôle de conseiller auprès des personnes exposées et/ou victimes de l’exposition aux pesticides. En ce sens, des particuliers, impuissants face aux pulvérisations répétées aux abords de leur domicile, font régulièrement appel à elle pour obtenir conseil ou appui dans leurs démarches.

 

Allant de l’inquiétude légitime à l’appel à l’aide, certains de ces témoignages révèlent la gravité de la situation. Ainsi, en 2004, Bertrand Pouchin, nouvellement propriétaire d’une maison dans la région de la Beauce, s’inquiète de la promiscuité des pulvérisations effectuées dans les champs avoisinants. Bien qu’il y ait eu infraction, les pulvérisations ayant été maintenues alors que le vent soufflait à 19 km/h (force 3), le Conseil régional, majoritairement composé de huit céréaliers sur onze élus, reste sourd à ses revendications. Malheureusement, l’affaire ne s’en tient pas là. En octobre 2008, on diagnostique à l’un des fils de Bertrand Pouchin une hyperthyroïdie, responsable d’une perte de poids anormale. Les pesticides sont alors pointés du doigt, les substances employées étant reconnues comme étant des perturbateurs endocriniens, à savoir qu’ils dérèglent le système hormonal. Mais, illustrant le tabou qui pèse sur cette question, la démarche initiée pour dénoncer ces agissements dans la presse locale aurait vu M. Pouchin recevoir des menaces de mort.

 

Les particuliers ne sont évidemment pas les seuls exposés, et les 'bourreaux' deviennent bien souvent leurs propres victimes. En effet, les agriculteurs sont, sans conteste, au premier rang des personnes à pâtir des effets nocifs des pesticides. En témoigne l’histoire d’un agriculteur établi en Alsace, ayant développé la maladie de Parkinson à l’âge de 35 ans. Il raconte ainsi avoir pulvérisé des pesticides sans aucune protection, « en short et en chemise », les établissements d’enseignement agricole lui ayant assuré l’innocuité de ces produits. Suite à l’éclatement d’un tuyau, il se retrouve recouvert de désherbant à l’intérieur même de la cabine de son tracteur. Hospitalisé pour une forte fièvre consécutive à cet incident, il commencera à développer les premiers symptômes de la maladie huit ans plus tard. Mais, là encore, il ne dispose d’aucun recours pour faire entendre raison à la Mutualité sociale agricole, laquelle refuse d’établir le lien entre l’accident et la survenue de la maladie, bien qu’une récente étude ait démontré que l’exposition aux pesticides doublait le risque de développer la maladie de Parkinson (*).

 

Cette absence de reconnaissance est l’un des principaux chevaux de bataille du MDRGF et de l’Alliance pour la santé et l’environnement (2), estimant qu’il est désormais essentiel de briser la loi du silence entourant ces victimes professionnelles. A l’instar de ce qui a fait levier dans le volet consacré à l’amiante, les associations souhaitent miser sur l’information, non plus seulement en alertant le grand public, mais en donnant la parole à ce dernier. Partant du précepte que l’union fait la force, un site Internet (3) a d’ores et déjà été mis en place. Accessible à tous, il permet aux particuliers comme aux professionnels, de faire part de leur expérience et d’apporter une pierre de plus à l’édifice.

Cécile Cassier

(*) voir : http://www.univers-nature.com/inf/inf_actualite1.cgi?id=3805

1- Mouvement pour le Droit et le Respect des Générations Futures.

2- Organisation internationale, l’Alliance pour la santé et l’environnement ou HEAL (Health and Environment Alliance) vise à améliorer la santé via une politique publique promouvant un environnement plus propre et plus sain.

3- Le site Internet est accessible à l’adresse suivante : http://www.victimes-pesticides.org

05/07/2009

L'herbicide Roundup agit sur le fonctionnement des hormones sexuelles

lu sur : http://www.univers-nature.com/inf/inf_actualite1.cgi?id=3827

02-07-2009

L'herbicide Roundup agit sur le fonctionnement des hormones sexuelles

 

Pour une formulation vendue en magasin, dosée à un niveau 800 fois inférieur aux seuils autorisés dans certains OGM alimentaires aux Etats-Unis, le Roundup aurait un impact réel sur les hormones sexuelles. Chez l'homme, l'action des androgènes, les hormones virilisantes, serait empêchée, tandis que pour les femmes il s'agirait de l'action et la formation des œstrogènes, les hormones féminisantes, qui seraient également perturbées. En conséquence, pour les chercheurs, il est possible de parler de "dommages sur l'ADN des cellules humaines".

A l'origine de ce constat, on trouve de nouveau l'équipe du Pr. Gilles-Eric Séralini (1) du CRII-GEN (2), à Caen, associée pour l'occasion à celle du Pr. Chagnon de Dijon. Selon eux, ces effets expliquent des résultats d'expériences préoccupants sur l'animal et en épidémiologie humaine. A ce titre, ils demandent une révision de "… la classification des Roundup et autres herbicides à base de glyphosate (la substance active, N.D.L.R.)" pour les définir "comme étant toxiques pour la reproduction et perturbateurs endocriniens".

Pour les chercheurs, cet aspect de l'impact du Roundup a pour le moment été sous-estimé, les producteurs de pesticides présentant majoritairement "des études avec le glyphosate seul, alors que le mélange commercialisé est bien plus actif".L'étude a été publiée fin juin dans la revue scientifique internationale Toxicology par Gasnier et al.

 

Pascal Farcy

1- Le Pr. Gilles-Eric Séralini est notamment à l'origine d'une étude qui met en avant de sérieux risques pour la santé lors de la consommation de maïs transgénique MON 863 (*), autorisé pour l'alimentation animale et humaine. Il a également mis en avant la toxicité du Roundup sur les cellules embryonnaires humaines (**).

2- Comité de Recherche et d'Information Indépendantes sur le Génie Génétique.

(*) voir : http://www.univers-nature.com/inf/inf_actualite1.cgi?id=2565

(**) voir : http://www.univers-nature.com/inf/inf_actualite1.cgi?id=2644

28/06/2009

Eau du robinet, nitrates et autres produits

Lu sur :

http://www.univers-nature.com/inf/inf_actualite1.cgi?id=3812

23-06-2009

L'eau du robinet déconseillée aux victimes du cancer

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Au regard des normes, globalement le niveau de qualité de l’eau du robinet en France est satisfaisant. Néanmoins, du fait de l’activité agricole, selon les régions et les périodes de l’année, le niveau de contaminants (nitrates et pesticides pour l’essentiel) peut se trouver ponctuellement très au-dessus des seuils réglementaires et induire le consommateur en erreur quant à l’eau qu’il boit. Si pour la majorité des personnes, ce constat est anodin d’un point de vue sanitaire, pour celles atteintes par un cancer, ou qui l’ont été, la qualité de l’eau se doit d’être irréprochable au nom du principe de précaution, de nombreuses études attestant des liens entre cancer et polluants de l’eau.

 

Aujourd’hui, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) considère que les apports en pesticides liés à la consommation d’eau représentent 10 % de la quantité totale ingérée. En conséquence, il paraît logique d’inviter les personnes sensibles à faire attention à la contamination de l’eau qu’elles consomment. C’est ainsi qu’en cas de doute, le WWF et 19 personnalités scientifiques, dont les Pr David Servan-Schreiber et Luc Montagnier, lancent aujourd'hui un appel pour recommander aux individus précités de s’équiper d’un filtre de qualité ou de boire de l’eau en bouteille (malgré son lourd impact environnemental, N.D.L.R.). Un conseil qui semble d’autant plus pertinent que la présence de plusieurs pesticides et résidus de médicaments n’est pas systématiquement évaluée dans l’eau distribuée au robinet. Or, la concentration en substances médicamenteuses dans les eaux des rivières et les nappes phréatiques ne cessent d’augmenter ; les stations d’épuration étant impuissantes à les éliminer toutes, à l’instar des traitements de potabilisation de l’eau…

 

Face à ce constat, un petit point sur les eaux embouteillées et les filtres à eau n’est pas forcément inutile.

Les eaux minérales et de source ne sont pas systématiquement exemptes de nitrates et de pesticides. Si la teneur de ces derniers est très faible en comparaison des niveaux qui peuvent être atteints dans l’eau du robinet, pour les nitrates la situation est nettement moins bonne. L’idéal, pour les personnes qui se doivent de prendre des précautions, est de ne pas dépasser les 10 mg/litre recommandé pour les nourrissons. D’autre part, la forte teneur en minéraux de certaines eaux minérales les rend impropres à une consommation régulière, à l’inverse des eaux de sources.

Concernant les filtres à eaux, ceux-ci ont fait une percée significative et méritée dans les foyers. Au-delà d’une neutralisation du goût de l’eau du robinet qu’ils sont amenés à traiter, ces systèmes agissent sur différents contaminants. Les plus simples, les carafes, grâce à leur filtre à charbon actif en poudre, éliminent le chlore, les dérivés chlorés et certains pesticides non solubles dans l’eau comme le lindane et l’atrazine, sans oublier certains résidus médicamenteux. D’autres carafes éliminent également les nitrates si elles possèdent une résine échangeuse d’ions. Quant aux filtres avec un mécanisme d’osmose inverse, qui s’installent sous l’évier ou sur le plan de travail, ils filtrent en moyenne 97 % des nitrates, 98 % des pesticides, 99 % du plomb ainsi que, pour les modèles les plus performants, la plupart des résidus de médicaments. Néanmoins, si les filtres s’avèrent être les plus performants, il est impératif de respecter les périodes de remplacement des cartouches filtrantes, pour éviter tout risque de relargage des contaminants contenus dans la cartouche.

Pascal Farcy

25/06/2009

Identification d'un lien entre pesticides et lymphome

lu sur :
http://blogs.inserm.fr/synthesedepresse/
Identification d'un lien entre pesticides et lymphome
L'unité Inserm "Instabilité génomique et hémopathies humaines" du Centre d'immunologie de Marseille-Luminy, associée à une équipe d'épidémiologistes du Groupe régional d'études sur le cancer de Caen, ont découvert un "premier marqueur" biologique" du lymphome chez les agriculteurs exposés aux pesticides. Ce marqueur pourrait permettre de mieux dépister ce cancer, de suivre les populations considérées comme à risque et de mettre en œuvre, le cas échéant, des traitements plus précoces". Les chercheurs marseillais Sandrine Roulland et Bertrand Nadel estiment quant à eux que leurs résultats "apportent une vision nouvelle des étapes de progression vers le lymphome tout en mettant l'accent sur le rôle majeur de l'exposition agricole aux pesticides dans les étapes de la progression".
Humanité [L'] , 24/06/2009 - Agence France Presse_Fil Eco , 23/06/2009

17/06/2009

Reprise de l'expertise sur le bisphénol A

lu sur : http://blogs.inserm.fr/synthesedepresse/

 

Reprise de l'expertise sur le bisphénol A

En réponse à une question sur le bisphénol A (BPA), posée par le député Gérard Bapt (PS), président du groupe Santé environnementale, la secrétaire d'Etat à l'Ecologie Chantal Jouanno a déclaré : "Nous devons être extrêmement vigilants sur les effets de cette substance sur les nourrissons". Elle a précisé avoir demandé à l'Afssa de reprendre ses expertises dans ce domaine. Elle souhaite que l'agence sanitaire rende "un nouvel avis intégrant bien les dernières études". L'AFP rappelle que l'Afssa avait conclu en octobre dernier à l'innocuité des biberons contenant du BPA. Aujourd'hui en France indique que le Canada a interdit ce produit.

Aujourd'hui en France , 17/06/2009 - Agence France Presse_Fil Eco , 16/06/2009

 

13:49 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : chimie, santé

Les pesticides doublent le risque de Parkinson chez les agriculteurs

lu sur : http://blogs.inserm.fr/synthesedepresse/

 

Les pesticides doublent le risque de Parkinson chez les agriculteurs

Une équipe de chercheurs de l'Inserm et de l'université Pierre-et-Marie-Curie (UPMC), dirigée par Alexis Elbaz (Inserm), a montré que l'exposition aux pesticides doublait quasiment le risque de survenue de la maladie de Parkinson chez les agriculteurs. Ce risque "augmente avec le nombre d'années d'exposition et, chez les hommes, est principalement lié à l'usage de d'insecticides notamment de type organochloré". L'AFP rappelle que des études avaient permis d'établir un lien entre Parkinson et exposition aux pesticides, mais aucune de ces études ne précisait quels produits étaient incriminés et à quelle dose.

Reprise information presse du 16 juin 2009 "Exposition aux pesticides et maladie de Parkinson : le lien confirmé chez les agriculteurs français"

Agence France presse, fil général

13:47 Publié dans santé | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : pesticides, chimie, santé

05/06/2009

Les risques du Bisphénol A (BPA)

lu sur : http://blogs.inserm.fr/synthesedepresse/

Des scientifiques critiquent des études menées sur le bisphénol A

À l'Assemblée nationale, lors d'une audition publique sur les risques du Bisphénol A (BPA), Marie-Christine Favrot, directrice de l'évaluation des risques nutritionnels à l'Afssa, a conclu son exposé sur l'absence de risque de cette substance. Mais le professeur Patrick Fénichel, endocrinologue au CHU de Nice et directeur d'une unité de l'Inserm, a indiqué que le BPA avait une structure proche de celle du Distilbène, produit donné aux femmes enceintes dans les années 60-70 et à l'origine de malformations. Selon lui, les faibles doses de BPA présentes dans les biberons pourraient avoir des effets toxiques, en raison notamment de la multiplication des perturbateurs endocriniens. De plus, d'après André Cicolella, chimiste et porte-parole du "Réseau environnement santé", les études concluant à des effets du BPA à très faibles doses sont majoritaires. Gérard Bapt, député PS qui présidait cette audition, a estimé que Roselyne Bachelot aurait dû retenir le principe de précaution à propos du BPA.

Agence France Presse_Fil Général , 04/06/2009

02/02/2009

Recours contre l'insecticide Régent

Surmortalité d'abeilles et insecticide Régent: recours contre le non-lieu
02.02.09 | 17h27

L 'Union nationale de l'apiculture française (UNAF) a annoncé lundi qu'elle présenterait un recours contre le non-lieu prononcé par le tribunal de Saint-Gaudens (Haute-Garonne) dans l'affaire du pesticide Régent TS, accusé par des apiculteurs d'être à l'origine d'une surmortalité d'abeilles.

"Nous ne pouvons accepter une telle décision incompréhensible. Nous allons présenter un recours", a déclaré à l'AFP le président de l'UNAF, Henri Clément.

"Nous sommes scandalisés. Ce dossier a été traité de manière surréaliste. Nous avons l'impression que la juge d'instruction n'avait qu'une connaissance superficielle du dossier, c'est inacceptable", a ajouté le président de l'UNAF, qui a dénoncé dans un communiqué un "déni de justice".

BASF Agro et Bayer CropScience, ainsi que leurs PDG, avaient été mis en examen en février 2004 pour "mise en vente de produits agricoles toxiques nuisibles à la santé de l'homme ou de l'animal", à la suite d'une instruction pénale ouverte par le parquet sur un lien éventuel entre le Régent TS et une surmortalité d'abeilles en 2002 et 2003.

Le Régent avait été interdit en France par le ministère de l'Agriculture au lendemain des mises en examen.

Le procureur de la République de Saint-Gaudens avait requis en 2008 un non-lieu, estimant qu'"il n'était pas envisageable d'affirmer un lien incontestable entre l'utilisation du fipronil (principe actif du Régent) dans l'enrobage des semences et les surmortalités des abeilles constatées à l'occasion des campagnes 2002 et 2003".

Réagissant à l'ordonnance de non-lieu, prononcée vendredi, BASF a pour sa part estimé lundi dans un communiqué que "cette décision est une reconnaissance de la solidité des nombreuses expertises scientifiques et éléments produits dans le dossier d'instruction démontrant la non-responsabilité du Régent TS dans les mortalités d'abeilles".

21/01/2009

L'eau et les substances chimiques résultant des activités humaines

lu dans lemonde.fr :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2009/01/20/de-nouveaux-suspects-dans-la-feminisation-des-poissons_1144106_3244.html

De nouveaux suspects dans la "féminisation" des poissons
LE MONDE | 20.01.09 | 16h13 • Mis à jour le 20.01.09 | 16h27

La transformation sexuelle des poissons des rivières - des individus mâles deviennent femelles - ne résulte pas que de la présence d'hormones féminines (les oestrogènes) dans les effluents des stations d'épuration des eaux. Mais aussi de celle de substances antagonistes des hormones masculines (les androgènes). C'est la conclusion d'une étude de chercheurs britanniques mise en ligne le 7 janvier sur le site de la revue Environmental Health Pespectives.

La diminution du nombre de spermatozoïdes et de la fertilité observée chez l'homme comme les anomalies sexuelles constatées chez les poissons sont les conséquences plus que probables d'une exposition aux perturbateurs endocriniens. Ces substances peuvent être des hormones, des composées mimant leur action ou bien des molécules s'opposant à l'action hormonale.

Principale auteure de l'étude britannique, Susan Jobling (université Brunel, Uxbridge) indique que depuis 1998, la féminisation des poissons sauvages des rivières était principalement expliquée par l'exposition à des oestrogènes, d'origines humaine et animale, et plus accessoirement par diverses substances chimiques présentes dans les eaux épurées.

L'équipe de Susan Jobling avait montré en 2006 la "très forte corrélation entre le contenu en oestrogène des rivières britanniques et la féminisation des poissons sauvages". Cependant, des travaux chez le rongeur, un modèle plus proche de l'humain, indiquaient que ces anomalies résultaient plutôt d'action conjuguée des oestrogènes et des antiandrogènes.

"Nous avons montré que, d'un point de vue statistique, il est hautement vraisemblable que les antiandrogènes jouent un rôle dans la féminisation des poissons sauvages, explique Susan Joubling. Le poisson est ainsi pris entre deux feux... entre les oestrogènes et les antiandrogènes." Directeur du Groupe d'étude de la reproduction chez l'homme et les mammifères (Gerhm, Inserm U625, Rennes), le professeur Bernard Jégou salue "une étude très sérieuse, faite avec de bons outils par un groupe de chercheurs qui sont une référence internationale".

SAVONS ET DÉTERGENTS

Les chercheurs britanniques ont une idée des suspects possibles. "Beaucoup de produits chimiques d'usage courant sont des anti-androgènes. Il y a des médicaments prescrits contre le cancer de la prostate, des fongicides, des antibactériens, des parabens", énumère Susan Joubling. Elle rappelle que "ces deux derniers groupes chimiques sont omniprésents dans notre vie quotidienne : dans la nourriture, dans certains savons, des détergents, des dentifrices, des désinfectants et des cosmétiques. Il est vraisemblable que les antiandrogènes soient présents dans les rivières sous forme d'un cocktail de ces molécules, avec peut-être d'autres que nous ne connaissons pas encore. La priorité est d'identifier les coupables."

Paul Benkimoun
Article paru dans l'édition du 21.01.09

19/01/2009

Évolution des bactéries en fonction de leur milieu

lu sur lesechos.fr :

http://www.lesechos.fr/info/metiers/4819900-cherche-nouveaux-antibiotiques-desesperement.htm

Cherche nouveaux antibiotiques désespérément
[ 19/01/09 ]

Les résistances aux antibiotiques se multiplient et cette dérive inquiète les spécialistes des maladies infectieuses dans les hôpitaux.
Pour les bactéries habituées des services de réanimation et des salles d'opération, les ennemis disparaissent les uns après les autres.

La recherche sur la tolérance des médicaments est en train de prendre le dessus sur leur efficacité. C'est une situation schizophrénique. » Le docteur Rémy Gauzit, chef du service de réanimation de l'Hôtel-Dieu à Paris, est inquiet. D'un côté, il constate tous les jours dans son service la présence de souches bactériennes résistantes aux antibiotiques disponibles. De l'autre, il déplore le manque d'intérêt des industriels pour une classe de médicaments qui a marqué un tournant dans l'histoire de la santé : le combat de l'humanité contre les maladies infectieuses. « Les antibiotiques ont le tort de guérir en quelques jours des maladies dont on a oublié qu'elles étaient mortelles », indique le chercheur parisien. Un chiffre résume la situation : sur les 500 nouvelles molécules en développement dans l'industrie pharmaceutique mondiale (1), seulement 5 s'appliquent à la lutte antibactérienne et atteindront peut-être le stade de la mise sur le marché. « Au début des années 1980, le portefeuille des laboratoires contenait une quinzaine de molécules », regrette le médecin parisien.

Augmenter les prix :

Les industriels de la pharmacie délaissent ce marché pour trois raisons principales. D'abord, la difficulté de la tâche. Aucun nouveau concept ne paraît actuellement suffisamment mûr pour justifier des investissements dans ce domaine. Au mieux, un nouvel antibiotique ne peut être que marginalement supérieur aux molécules existantes. Résultat, ce bénéfice limité risque d'être jugé insuffisant par les autorités de santé, qui mesurent le rapport coût-efficacité des nouvelles molécules (2). Ensuite, la complexité croissante des essais cliniques, plombés par des procédures de plus en plus lourdes. « C'est un effet de balancier regrettable du principe de précaution », indique le député de la Moselle François Grosdidier, ardent défenseur de ce concept désormais constitutionalisé. Dernier écueil lui aussi de taille : le faible rendement financier de ces molécules, vendues très peu cher et à la merci de génériqueurs sauvages.

Pour sortir de ce cercle vicieux, le médecin Rémy Gauzit tient un discours incroyablement détonnant dans la communauté médicale. « Il faudrait peut être augmenter le prix des antibiotiques ou étendre la durée de la protection intellectuelle des brevets. En fait, je crois qu'il ne faudrait pas génériquer les antibiotiques. » Afin de sensibiliser le monde politique, les spécialistes français préparent un Livre blanc sur les relations entre les maladies infectieuses et les médicaments. Première étape, réunir tous les acteurs de la filière - professionnels de santé, industriels, autorités de santé. Objectif ultime de ces grandes manoeuvres : porter sur la place publique « l'affaire des antibiotiques ». Cette action militante suffira-t-elle à débloquer le dossier ? Pas sûr. En juillet 2005, la Société américaine des maladies infectieuses avait publié un cri d'alarme similaire (3). Ce document demandait à Washington d'adopter des mesures financières fédérales « pour inciter l'industrie pharmaceutique à s'intéresser de nouveau aux antimicrobiens ». Il est resté sans effet.

En attendant, les nouvelles souches de « Staphylococcus aureus », « Pseudomonas aeruginosa » et autres « Enterococcus faecalis » prolifèrent en toute tranquillité. Pour ces tueurs silencieux, habitués des services de réanimation et des salles d'opération, les ennemis disparaissent les uns après les autres. La vancomycine a perdu depuis plusieurs années son statut d'« antibiotique de dernier recours ». Outre-Atlantique, le problème prend l'allure d'une catastrophe sanitaire. Selon les données officielles, en 2002, ce fléau a entraîné la mort de près de 99.000 personnes, victimes de pneumonies et d'infections sanguines ou urinaires.

Sombre bilan :

En France, la situation est moins grave mais tout aussi préoccupante. Près de 7 % des malades entrant dans un hôpital sont victimes de maladies nosocomiales provoquant 4.200 décès par an. Plus de 60 % des souches de staphylocoques dorés sont désormais résistantes à une molécule de référence (méticiline). Les données publiées par l'organisme européen de surveillance (EARSS) montre que l'Europe du Nord est moins vulnérable que les pays du Sud et ce n'est pas un hasard. En 2004, une enquête confirmait que les Français « étaient de très loin ceux qui sont le moins informés par leurs médecins ». Dans l'Hexagone, les professionnels de santé semblent entretenir une relation affective avec les antibiotiques. « Très souvent les médecins prescrivent les antibiotiques comme un traitement de leurs propres angoisses et pour calmer leur peur de se tromper », ajoute Rémy Gauzit.

A l'usage, cette distribution « largo manu » des antibiotiques dans l'Hexagone s'est donc retournée contre les patients. « On a pris l'habitude de les prescrire dans des non-indications », regrette Rémy Gauzit. Ce sombre bilan est à rapprocher des discours triomphalistes de la fin des années 1970. Il y a trente ans, de nombreux experts imaginaient que les antibiotiques allaient définitivement chasser les micro-organismes pathogènes de la surface de la terre. Dans un article paru dans « Pour la science », l'hématologue Jean-Paul Lévy rappelait que « vers 1980 on étudiait la possibilité de fermer les services hospitaliers consacrés aux maladies infectieuses ».

ALAIN PEREZ

La bande des quatre à éviter :

Escherichia coli. Responsable de plus de 20 % des infections nosocomiales et surtout des voies urinaires.
Staphylococcus aureus ou staphylocoque doré. Colonise les muqueuses et la peau. Très présent dans les sites opératoires.
Pseudomonas aerugionosa. Sur tous les supports humides, les toilettes et les douches. Responsable de plus de 20 % des infections respiratoires contractées à l'hôpital.
Enterococcus faecalis. Vit dans l'intestin. Occasionne 6 % des maladies nosocomiales.

(1) Phases 2 et 3 uniquement.(2) Le prix de médicaments est établi en fonction de l'amélioration du service médical rendu (ASMR) évalué par les autorités de santé.(3) « Bad Bugs, No Drugs », publié par l'Infectious Diseases Society of America.PrécisionLa direction de la communication du CNRS nous demande de préciser que 16 % des chercheurs, ainsi que 10 % des ingénieurs et des techniciens du CNRS relèvent des sciences humaines et sociales.

19:03 Publié dans santé | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : santé, société, chimie

15/01/2009

L’herbicide Roundup est toxique pour les cellules embryonnaires humaines (rappel de la note de 2007))

lu sur univers-nature.com (http://www.univers-nature.com/inf/inf_actualite1.cgi?id=2644)
16-05-2007

L’herbicide Roundup est toxique pour les cellules embryonnaires humaines

A la liste des effets toxiques de l'herbicide le plus utilisé sur la planète, le Roundup de la firme Monsanto, il convient d'ajouter la toxicité sur les cellules embryonnaires humaines. En effet, dans la continuité de travaux menés en 2005, l’équipe du professeur Gilles-Eric Séralini (1), de l’Université de Caen, vient de confirmer et de préciser les effets d'une exposition au Roundup de cellules provenant de placenta, en ayant recours à des cellules d’embryon (1). La toxicité de l'herbicide, en particulier au niveau de la perturbation des hormones sexuelles, a ainsi été mise en avant à des doses considérées comme non toxiques (2).
Selon le CRIIGEN (3), ces travaux pourront peut-être permettre de mieux comprendre les problèmes de fausses couches, de naissances prématurées, ou de malformations sexuelles chez les bébés, entre autres pour les couples d’agriculteurs, lesquels sont particulièrement exposés à l'herbicide Roundup.

Au-delà de ces précisions, alors que jusqu'à présent on considérait que c'était le glyphosate, le principe actif du Roundup, qui était très toxique, l'étude met en évidence que c’est l'herbicide en lui même qui s'avère être beaucoup plus toxique que le produit qui est connu et homologué pour être son principe actif. Pour le CRIIGEN, cette nouvelle donnée souligne les lacunes de la réglementation européenne en matière d'homologation des pesticides.

Pascal Farcy

1- Les cellules embryonnaires utilisées sont issues d’une lignée cultivée au laboratoire qui ne nécessite pas de destruction d’embryon.
2- Notons que ces doses très faibles (le produit vendu en magasin, dilué jusqu’à 10 000 fois) correspondent aux doses discutées pour être autorisées dans certains OGM tolérants au Roundup aux Etats-Unis...
3- Comité de recherche et d'information indépendantes sur le génie génétique
4- L'étude est disponible, en anglais, sur le site de la revue Archives of Environmental Contamination and Toxicology:

https://commerce.metapress.com/content/d13171q7k863l446/resource-secured/?target=fulltext.html&sid=njihe155se5kug2g2z1l3tvw&sh=www.springerlink.com

Time- and Dose-Dependent Effects of Roundup on Human Embryonic and Placental Cells
Revue Archives of Environmental Contamination and Toxicology
Éditeur Springer New York
ISSN 0090-4341 (Print) 1432-0703 (Online)
Numéro Volume 53, Number 1 / juillet 2007
DOI 10.1007/s00244-006-0154-8
Pages 126-133
Subject Collection Earth and Environmental Science
SpringerLink Date mardi 8 mai 2007

23:15 Publié dans santé | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : chimie, santé, agriculture

le ROUNDUP est dangereux pour les humains

lu sur univers-nature.com :
http://www.univers-nature.com/inf/inf_actualite1.cgi?id=3545
12-01-2009

Nouvelles preuves de toxicité pour le Roundup

La toxicité sur les cellules humaines de différentes formulations de l’herbicide Roundup de la firme Monsanto vient d’être mise en évidence par une étude du Professeur Gilles Eric Séralini de l’Université de Caen.

Publiés le mois dernier dans la revue scientifique américaine Chemical Research in Toxicology, de récents travaux de Gilles Eric Séralini et Nora Benachour accusent, une fois encore, le produit star de la firme Monsanto. Leurs recherches, dans la poursuite de travaux précédents (voir la note ci-dessus, rappel de 2007), montrent que les herbicides Roundup ont des effets délétères sur les cellules, provoquant des dommages sur les membranes et sur l’ADN et l’asphyxie cellulaire. L’étude ici n’a pas seulement porté sur le principe actif du Roundup, le glyphosate, mais a montré qu’un de ces produits de transformation (l’AMPA) et la combinaison avec différents adjuvants comme le POEA pouvaient s’avérer plus toxiques encore. D’après ces travaux, en faisant des essais sur différentes formulations de Roundup, c’est la composition, soit le mélange du principe avec des adjuvants, qui conduit à un « effet cocktail » dévastateur sur les cellules. Les dégradations cellulaires sont observées dès les premières heures, en l’occurrence sur des cellules embryonnaires humaines et des cellules provenant du cordon ombilical, et se produisent même à de très faibles doses (dilués jusqu’à 100 000 fois ou plus). Non seulement, à ces concentrations réduites, des résidus de ces produits subsistent dans les récoltes, mais il est à savoir également que des éléments chimiques comme le glyphosate ou son métabolite, l’AMPA, sont très solubles dans l’eau et se trouvent ainsi facilement transférés dans les sols et les eaux superficielles des rivières.

Dans son communiqué de janvier, le CRIIGEN (1) demande aux autorités une révision des normes en vigueur. Jusqu’à présent les règles fixent, d’après le CRIIGEN, des seuils arbitraires pour l’AMPA, et s’appliquent au glyphosate sans tenir compte de la formulation, qui, comme le montre cette étude, peut notoirement en augmenter la toxicité. De son côté Monsanto France critique le protocole de l’étude dans une déclaration faite au journal Le Monde, estimant que 'L’étude de M. Séralini détourne intentionnellement l’usage normal de Roundup afin de dénigrer le produit, alors que sa sécurité sanitaire est démontrée depuis trente-cinq ans à travers le monde'.
Reste à espérer que les chercheurs ont de bons avocats…

Elisabeth Leciak

1- Comité de Recherche et d'Information Indépendantes sur le génie GENétique

diminution de l’utilisation des pesticides ?

lu sur univers-nature.com :
14-01-2009

L’Union Européenne va diminuer l’utilisation des pesticides

Hier, le Parlement européen et le Conseil sont parvenus à un accord quant à la forme à donner à la future législation européenne sur les pesticides. Fruit de ces négociations, le premier volet de cet accord consiste en un règlement destiné à légiférer en matière de production et d’autorisation des produits phytosanitaires. Dans un premier temps, celui-ci prévoit de dresser une « liste positive » d’ingrédients chimiques (entrant dans la composition des pesticides) pouvant être autorisés à l’échelle européenne. A l’inverse, les substances hautement toxiques, notamment génotoxiques, cancérigènes et toxiques pour la reproduction, seront interdites, « à moins que leurs effets soient négligeables en pratique ». Seront également proscrites les substances immunotoxiques, perturbatrices du système endocrinien ou ayant des effets neurotoxiques pendant la croissance, mais, là encore, que si le risque encouru s’avère « significatif ». Dans l’hypothèse où des « alternatives plus sûres » existent, les substances dangereuses devront être remplacées dans un délai maximal de 3 ans. En revanche, « Si une substance est nécessaire pour combattre une menace sérieuse à la santé des plantes, elle pourra être approuvée pour une période de 5 ans même si elle ne remplit pas les critères de sécurité ».

Concernant la mise en œuvre de cette nouvelle réglementation, les Etats membres pourront autoriser l’usage des pesticides soit à l’échelle nationale, soit par « reconnaissance mutuelle ». Divisant l’UE en trois zones (Nord, Centre et Sud), le second procédé permettra aux fabricants de produits phytosanitaires de voir leurs produits circuler dans l’une de ces trois délimitations et, ainsi « rendre plus de pesticides plus rapidement disponibles pour les utilisateurs ».
Toutefois, les Etats membres gardent la possibilité d’interdire un produit sur leur territoire, notamment pour des circonstances environnementales ou agricoles spécifiques.

Le second texte issu de cette session plénière est une directive sur « l’utilisation durable des pesticides » dont la mise en œuvre au sein des Etats membres est prévue début 2011. Bien que celle-ci impose aux Etats membres l’adoption de Plans nationaux avec des objectifs quantitatifs et un calendrier strict, elle renonce cependant à l’objectif de réduction de 50 % précédemment évoqué. Exception faite de dérogations précises, la pulvérisation aérienne sera interdite. La protection de l’environnement aquatique devra aussi faire l’objet de soins particuliers. Dans cette optique, des zones tampons autour des eaux de surface et des eaux souterraines utilisées pour l’approvisionnement en eau potable seront définies. Tout stockage ou rejet de pesticides y sera proscrit. Des zones protégées seront également aménagées le long des routes et autoroutes. Enfin, l’utilisation des pesticides sera bannie, ou du moins maintenue à « un niveau minimum », dans les lieux publics tels que les parcs, les terrains de sport, les enceintes scolaires ainsi qu’à proximité des infrastructures de santé publique.

Pour l’heure, les deux textes doivent encore être « formellement » adoptés par le Conseil des ministres de l’agriculture avant qu’entre en vigueur la nouvelle législation.

De par sa nature conciliante, ce compromis suscite d’ores et déjà des réactions mitigées au niveau associatif, qu’il s’agisse des 'anti' ou des 'pro' pesticides. Le MDRGF (1) regrette ainsi certaines « faiblesses » du dispositif, tandis que le mouvement « Campaign For Fighting Diseases » considère que le fait d’interdire certaines substances communément utilisées, aura un effet négatif sur le combat mené notamment contre la malaria dans les pays pauvres. A titre d’exemple, l’organisation cite l’Ouganda qui a été obligé, en 2005, de renoncer à l’insecticide DDT pour combattre le moustique vecteur de la malaria, sous la pression de mesures de rétorsions économiques européennes.

Cécile Cassier

1- Mouvement pour le Droit et le Respect des Générations Futures, une association en pointe contre les pesticides.

03/12/2008

Un risque plus élevé de cancers de la lymphe chez les agriculteurs

lu sur lemonde.fr :

http://www.lemonde.fr/archives/article/2008/11/27/un-risque-plus-eleve-de-cancers-de-la-lymphe-chez-les-agriculteurs_1123860_0.html

Un risque plus élevé de cancers de la lymphe chez les agriculteurs
LE MONDE | 27.11.08 | 15h17

Les agriculteurs exposés à certains pesticides présentent selon toute vraisemblance un risque plus élevé de développer un cancer du système lymphatique (lymphome), indiquent plusieurs études. Une altération d'un chromosome, première étape vers la cancérisation de cellules lymphocytaires, serait particulièrement fréquente dans cette population.

C'est ce que montrent les travaux présentés, le 7 novembre à Marseille, par Bertrand Nadel et Sandrine Roulland (centre d'immunologie de Marseille-Luminy), lors d'un colloque sur les hémopathies malignes (cancers des cellules sanguines) organisé par le cancéropôle Provence-Alpes-Côte d'Azur. Le lymphome dit "folliculaire" (LF) est "un des cancers les plus fréquents et l'une des principales causes de mortalité par cancer", explique Bertrand Nadel. On dénombre 17 000 nouveaux cas par an de cancers lymphoïdes en France. Le premier événement du processus cancéreux est une cassure chromosomique. La portion séparée du chromosome 18 va se fixer sur le chromosome 14. C'est ce que l'on appelle une translocation. "Chez la plupart des gens, cette translocation est présente dans une cellule sur un million, indique M. Nadel. Nous avons montré dans une étude récente que dans certains groupes d'individus et notamment des agriculteurs exposés à des facteurs environnementaux, dont des pesticides connus pour pouvoir provoquer ce genre de cassure, la translocation entre les chromosomes 18 et 14 est mille fois plus fréquente. Les cellules lymphocytaires affectées sont très similaires à des cellules précoces du LF."

LEUCÉMIE ET INSECTICIDES

Une autre étude menée dans plusieurs régions de France conforte ces résultats. Dans un article publié en ligne le 18 novembre dans la revue Occupational and Environmental Medicine, l'équipe dirigée par Jacqueline Clavel (Inserm U 754) indique que les expositions professionnelles aux pesticides pourraient être impliquées dans plusieurs hémopathies malignes, dont la maladie de Hodgkin et le myélome multiple. Leurs analyses mettent en évidence une association entre le lymphome de Hodgkin et les expositions aux fongicides triazolés et aux herbicides dérivés de l'urée, de même qu'entre une forme de leucémie, dite "à tricholeuycocytes", et les insecticides organochlorés et à différents herbicides. A l'inverse, il n'a pas été établi de relation significative dans le cas des lymphomes non hodgkiniens.

Paul Benkimoun
Article paru dans l'édition du 28.11.08

18:05 Publié dans santé | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : santé, chimie, pesticides

24/11/2008

La reproduction humaine est menacée par la chimie

De belles paroles ... et les ACTES ?

lu sur lemonde.fr :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2008/11/24/la-reproduction-humaine-est-menacee-par-la-chimie_1122150_3244.html

La reproduction humaine est menacée par la chimie
LE MONDE | 24.11.08 | 11h03 • Mis à jour le 24.11.08 | 11h05

Le nombre et la qualité des spermatozoïdes ont diminué d'environ 50 % par rapport à 1950. L'incidence du cancer des testicules a doublé au cours des trente dernières années. Le nombre de malformations génitales masculines est en hausse : la fréquence de la cryptorchidie (interruption de la migration d'un testicule vers les bourses) a été multipliée par 1,5 en vingt ans. Au premier rang des accusés figurent des substances chimiques : les perturbateurs endocriniens.

Les ministères de l'écologie et la santé, l'Institut de recherche en santé publique (Iresp) et l'Agence française de sécurité sanitaire de l'environnement et du travail (Afsset) organisent le colloque "Environnement chimique, reproduction et développement de l'enfant", mardi 25 novembre à Paris. Président de l'Iresp, Alfred Spira est responsable scientifique de ce colloque, dans lequel interviennent Bernard Jégou, président du conseil scientifique de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), et Pierre Jouannet (université Paris-V). Tous trois travaillent depuis quinze ans sur les troubles de la fertilité liés aux polluants.

Les politiques se préoccupent des effets néfastes de l'environnement sur la fertilité. Comment expliquez-vous cette mobilisation ?

Pierre Jouannet. Les politiques bougent parce qu'il existe une demande sociale importante. Les données scientifiques s'accumulent depuis quinze ans. L'épidémiologie comme les travaux chez l'animal et quelques études dans l'espèce humaine montrent que la période du développement embryonnaire précoce peut être fortement affectée par la nutrition de la mère. Cela a des conséquences sur le développement du fœtus, son poids à la naissance et sa santé ultérieure.

Bernard Jégou. L'affaire du Distilbène, cette hormone de synthèse commercialisée entre 1950 et 1977 pour prévenir des fausses couches, qui s'est révélée nocive pour les enfants exposés in utero, a montré qu'il faut maintenir la vigilance à travers les générations. Ce ne sont pas seulement les individus qui sont touchés mais aussi la qualité de leur descendance, déjà menacée par l'explosion des allergies, du diabète.

Alfred Spira. Les risques pour la santé liés aux modifications de l'environnement constituent d'abord un réel problème pour une petite partie de la population générale, exposée professionnellement à des doses élevées. Mais au XXIe siècle, le principal tueur restera le tabac et ses 10millions de morts par an dans le monde. A côté, les risques liés aux perturbateurs endocriniens apparaissent très faibles, mais sont perçus de manière amplifiée car ils touchent à des aspects "sensibles" : la fertilité, les organes génitaux masculins.

De quelles données dispose-t-on sur les risques liés aux produits utilisés pendant la grossesse ?

P. J. L'interprétation des données expérimentales et épidémiologiques est compliquée en raison de l'exposition à des produits multiples à faible dose dont les effets peuvent se renforcer mutuellement. L'exposition de rates à des hormones antiandrogènes à différentes périodes de leur grossesse a entraîné des malformations génitales ou des anomalies de la prostate chez les fœtus mâles. Nous savons depuis l'affaire de la thalidomide – un médicament qui s'est révélé néfaste pour le fœtus –, que la grossesse est une période sensible.

A. S. Une chercheuse américaine a établi une corrélation entre la quantité de viande de bœuf mangée par la mère pendant la grossesse et la qualité des spermatozoïdes du fils, mais corrélation ne veut pas nécessairement dire causalité.

B. J. La viande produite aux Etats-Unis, d'Argentine, de Nouvelle-Zélande notamment, contient des hormones… A. S. Quant au lait bio, il ne contient peut-être pas de pesticides, mais il renferme des œstrogènes, ceux-ci étant dénaturés par les pesticides dans le lait pasteurisé.

Quels sont les effets des phtalates et bisphénol A sur la reproduction et le développement du fœtus ?

B. J. Ces plastifiants s'opposent à l'action des hormones masculines, les androgènes. Les phtalates sont employés comme lubrifiants dans le PVC et se retrouvent dans de nombreux objets de consommation courante : cosmétiques et emballages pour la nourriture. Ce sont des antiandrogènes. Le bisphénol A est un œstrogène de synthèse qui n'a pas été utilisé comme tel car le même chimiste a mis au point un œstrogène plus puissant, le Distilbène…

Le bisphénol A est utilisé pour fabriquer des biberons, des bouteilles en plastique et d'autres produits courants. Ana Soto a montré chez la souris des images analogues à une cancérisation après exposition de la glande mammaire à du bisphénol A. Ces résultats sont discutés. Ces perturbateurs endocriniens se retrouvent dans l'organisme, y compris dans le lait de la mère qui nourrit son enfant au sein. Est-ce normal ?

Faut-il systématiquement faire jouer le principe de précaution ?

P. J. L'action hormonale de ces substances est évitable. La question est donc posée d'éviter les expositions.

A. S. Les preuves scientifiques sont difficiles à réunir, car la population est exposée à un cocktail de produits et à des doses faibles, mais pendant de longues périodes ou à des moments critiques. Les pesticides utilisés en appartement ont peu fait l'objet d'études. Néanmoins, il n'y a pas besoin d'attendre la preuve de la causalité pour prendre des mesures de protection. Les usines de traitement des eaux ne captent malheureusement pas les produits de dégradation de médicaments ayant des effets œstrogéniques ou antiandrogènes, à commencer par les pilules anticonceptionnelles. Il faut développer des moyens technologiques pour le faire.

Propos recueillis par Paul Benkimoun

19/11/2008

Moins de spermatozoïdes : des substances soupçonnées

lu sur lefigaro.fr :

http://www.lefigaro.fr/sante/2008/11/19/01004-20081119ARTFIG00089-moins-de-spermatozoides-des-substances-soupconnees-.php

Marielle Court
19/11/2008 | Mise à jour : 00:37 |

Moins de spermatozoïdes : des substances soupçonnées

En cinquante ans, le nombre de spermatozoïdes a baissé de 40% en Europe. Des molécules sont mises en cause.

Les études conduites dans les pays occidentaux sont sans appel : en cinquante ans, la production de spermatozoïdes chez l'homme a diminué de plus de 40 % et les cancers du testicule ont augmenté partout en Europe. Par ailleurs, des travaux menés par des scientifiques ont permis d'étiqueter de nombreuses substances chimiques très utilisées dans la vie quotidienne, comme des perturbateurs endocriniens, c'est-à-dire des produits qui miment l'effet des hormones sexuelles féminines. En 2007, l'Europe a établi une liste de 320 substances qui rentrent dans ce cadre.
Existe-t-il un lien entre la baisse de spermatozoïdes et ces perturbateurs endocriniens? S'il a été moult fois prouvé chez l'animal, il n'existe que peu de données fiables pour l'homme. C'est cette connexion que les scientifiques tentent aujourd'hui d'établir sachant qu'à défaut de preuves formelles, les soupçons s'accumulent. Leurs données seront d'ailleurs confrontées le 25 novembre lors d'un colloque européen organisé par Nathalie Kosciusko-Morizet et Roselyne Bachelot, respectivement secrétaire d'État à l'Écologie et ministre de la Santé. L'intitulé est sans ambiguïté : «Environnement chimique, reproduction et développement de l'enfant». La veille, Arte donnera la parole à plusieurs scientifiques (Américains, Danois, Allemands…) dans un film au titre évocateur : «Mâles en péril» .

«Inutile d'attendre des preuves»

Paraben (dans les cosmétiques), composés organiques volatiles (dans les colles, peintures…), retardateurs de flammes (vêtements, meubles…), phtalates (dans les plastiques…), bisphénol A… Telles sont quelques-unes des substances montrées du doigt par les scientifiques. «Prenez les deux derniers. Le bisphénol agit comme un œstrogène à faible dose, les phtalates comme des antitestostérone. Les mécanismes d'action sont donc très différents mais les conséquences sur un fœtus sont les mêmes : c'est la féminisation», explique Bernard Jegou, président du conseil scientifique de l'Inserm. Certains phtalates ont été interdits dans les jouets, «mais il y en a partout», poursuit le scientifique. Pour le bisphénol que l'on trouve notamment dans la composition des biberons, la bataille fait rage : interdit au Canada, son utilisation est toujours autorisée aux États-Unis et en Europe.
Sur les questions du lien entre santé et environnement, il y a ceux qui disent : «On ne sait pas tout, donc évitons d'en parler pour ne pas faire peur.» «Je crois qu'il faut en parler car l'on sait déjà des choses et cela permet de réagir avec des gestes simples», estime à l'opposé Nathalie Kosciusko-Morizet notamment pour les femmes enceintes et les jeunes enfants. «Inutile d'attendre des preuves. On a vu ça par le passé avec le tabac ou l'amiante. On a aujourd'hui avec les phtalates et autres suffisamment d'argument pour appeler au moins à la vigilance», renchérit Annie Sasco, épidémiologiste du cancer de l'Institut de santé publique d'épidémiologie et de développement de Bordeaux .

Une chose est sûre, l'étau se resserre pour les industriels. La nouvelle réglementation européenne Reach les contraint en effet non seulement à analyser un certain nombre de molécules qui sont sur le marché mais désormais c'est à eux d'en prouver l'innocuité.


16/11/2008

Pesticides et cancers : les soupçons se confirment

lu sur univers-nature.com :

15-11-2008

Pesticides et cancers : les soupçons se confirment

Nourrissant une polémique toujours plus virulente, les pesticides sont reconnus pour être hautement néfastes tant à l’environnement qu’à la santé humaine. Ce dont il est encore peu fait mention, c’est le rôle que ces substances chimiques pourraient jouer dans la prévalence des différentes formes de cancers.
Bien qu’à l’heure d’aujourd’hui la question fasse toujours débat, de plus en plus de points de vue convergent vers une possible responsabilité des pesticides dans la recrudescence du cancer. Selon l’Alliance Santé Environnement (HEAL), basée à Bruxelles, chaque année en Europe, au minimum un cancer diagnostiqué sur 100 serait imputable à l’exposition à divers pesticides. Une estimation qui pourrait s’avérer bien plus élevée dans les cas de cancer du sein, de la prostate ou des testicules, des leucémies et des lymphomes.
Selon une étude nord-américaine, récemment reprise dans un rapport commandité par le Parlement européen, 30 000 cancers sur les 3 millions de cas recensés chaque année en Europe seraient dus à l’exposition aux substances nocives contenues dans les insecticides, fongicides et autres herbicides. Plus inquiétant encore, on observe une progression à la hausse des cancers touchant les enfants.
Pour faire la lumière sur la validité de ce lien de cause à effet, les organisations de santé et d’environnement que sont l’Alliance Santé Environnement et le MDRGF (Mouvement pour les Droits et le Respect des Générations Futures) ont donné le coup d’envoi à une campagne européenne (1), fruit de leur association. L’objectif de cette campagne « Pesticides et Cancer » est double. D’une part, il s’agit d’apporter des données scientifiques rigoureuses sur lesquelles les autorités dirigeantes pourront s’appuyer. Mais l’enjeu central est de fournir des informations concrètes et sûres aux personnes exposées, principales concernées par cette problématique sanitaire.
En constituant un dossier solide, les deux organismes visent notamment l’interdiction des pesticides reconnus ou suspectés d’être néfastes, la réduction de l’utilisation des pesticides afin d’atténuer et, dans la mesure du possible, d’éliminer l’exposition, ou encore d’adoptier une réglementation stricte sur le recours aux pesticides dans des zones fortement fréquentées par des enfants. Pour y parvenir, seront nécessaires des stratégies de santé publique et des plans cancers nationaux, plaçant la réduction de l’exposition aux pesticides au rang de mesure préventive.
Loin d’être un hasard, la campagne débutera en France, reconnue comme étant la plus grande consommatrice de pesticides à l’échelle européenne.

Cécile Cassier

1- Toutes les informations sur cette campagne sont disponibles sur le site qui lui est consacré : http://www.pesticidescancer.eu