Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

17/10/2010

L'utilisation des pesticides en France

lu sur :

http://www.univers-nature.com/inf/inf_actualite1.cgi?id=4425

Pesticides : les mauvais comptes du gouvernement

15/10/2010

Lors du Grenelle de l'environnement, l'objectif d'une baisse de 50 % des tonnages de pesticides utilisés en France, d'ici 2018, a été arrêté. Mais pour y parvenir réellement, encore faut-il prendre en compte tous les sortes de pesticides utilisées par l'agriculture et leur concentration en substances actives.

C'est ainsi que le gouvernement vient de se faire prendre en flagrant délit d'oubli de comptabiliser les pesticides qui enrobent certaines semences. Ce qui n'est assurément pas un petit détail, puisque comme le note fort justement FNE (la fédération France Nature Environnement), 97% des semences de blé commercialisées sont traitées. On peut également citer l'enrobage des grains de maïs avec des insecticides comme le Cruiser, une préparation notamment accusée de nuire aux abeilles, les traitements des tubercules de pomme de terre. Selon le ministère de l'agriculture, cette absence de comptabilisation des enrobages ne serait pas dû à un oubli, mais à une insuffisance de données fiables. Néanmoins, à la demande de la fédération FNE, le ministère de l'agriculture se serait engagé à 'réévaluer les chiffres de l’utilisation des pesticides' pour ses prochaines communications, en intégrant l’ensemble des pesticides, y compris les traitements de semences et les traitements en zones non agricoles (parcs, jardins, voirie, etc.).

Enfin, concernant le volume, plus que cette donnée, ce qui compte en matière de pesticide c'est la concentration en substances actives. Un volume donné avec une faible concentration est bien moins nocif qu'une quantité équivalente avec une concentration en principes actifs supérieure. C'est ainsi que le plan Ecophyto, de réduction des pesticides, comporte un indicateur d'usage, le NODU, qui permet de ne pas appréhender l'intensité du recours aux pesticides sur les seuls volumes.

Pascal Farcy

05/10/2010

Dangerosité des réacteurs nucléaires en France

lu sur :
http://www.sortirdunucleaire.org/
.
Réseau "Sortir du nucléaire"
Fédération de 876 associations agréée pour la protection de l'environnement
http://www.sortirdunucleaire.org/

EXCLUSIF : Des notes confidentielles d'EDF attestent de la dangerosité du réacteur EPR et de tous les réacteurs nucléaires en France.

Le Réseau "Sortir du nucléaire" a reçu le lundi 27 septembre 2010 des documents internes à EDF qui démontrent que la conception et la fabrication d'éléments du couvercle de la cuve de l'EPR de Flamanville sont de nature à provoquer un accident de type Tchernobyl.

Plus grave encore, selon une note rédigée par le Chef du Département combustibles nucléaires d'EDF en 2001 (1), un accident de type Tchernobyl est possible sur tous les réacteurs nucléaires français. L'EPR est également concerné.
Plusieurs documents EDF démontrent que le nombre de soudures et le type d'acier utilisé dans certaines parties du couvercle de la cuve du réacteur EPR à Flamanville peuvent provoquer une fuite de cette cuve. EDF juge que cette fuite peut, à son tour, dégénérer en un accident de type Tchernobyl. L'acier défaillant et les soudures font partie du système d'arrêt d'urgence du réacteur nucléaire EPR et concernent 89 points d'entrée dans la cuve du réacteur.

Les documents EDF reçus par le Réseau "Sortir du nucléaire" démontrent que les ingénieurs d'EDF ont conçu des parties du couvercle de la cuve de l'EPR qui mettent en péril la sûreté du réacteur EPR et violent, en toute connaissance de cause, la réglementation française (2) relative aux équipements nucléaires sous pression.

Pour le Réseau "Sortir du nucléaire", la conclusion s’impose : en toute conscience des problèmes, EDF persiste dans une politique qui sacrifie la sûreté aux impératifs économiques ! Au regard des conséquences catastrophiques d’un éventuel accident, cette légèreté est impardonnable.

Failles de conception, toxicité accrue des déchets, atteinte de limites technologiques, vulnérabilité à des attentats (voire au cyber-terrorisme)… Avant la remise par EDF du rapport de sûreté sur Flamanville, le Réseau "Sortir du nucléaire" souhaite rappeler la liste de tous les problèmes du réacteur. En France, en Finlande et ailleurs, il est urgent de mettre définitivement fin au programme EPR, et d’engager la transition vers un futur sans nucléaire.

 

Interrogée par l'AFP, EDF n'a pas démenti ces informations alarmantes.

Le Réseau "Sortir du nucléaire" prépare donc une lettre à l'Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN).


(1) Management des activités Physique des Coeurs et Combustibles, SEPTEN, André Berthet (20.12.2001).

(2) violations de l'arrêté du 12 décembre 2005 relatif aux équipements sous pression nucléaires.

03/10/2010

... et pour vivre mieux ...

lu sur :

http://www.univers-nature.com/inf/inf_actualite1.cgi?id=4404

.

30/9/2010

L’horticulture urbaine pour relever les défis de l’explosion urbaine

Selon la FAO (1), d’ici 2025, plus de la moitié de la population du monde en développement, estimée à 3,5 milliards d’habitants, vivra dans les villes. Parallèlement, le pourcentage de population urbaine vivant dans la pauvreté pourrait culminer jusqu’à 45 % à l’horizon 2020, représentant 1,4 milliard d’êtres humains. Se concentreront alors dans les villes et les mégapoles pas moins de 85 % des pauvres d’Amérique latine et près de la moitié de ceux d’Afrique et d’Asie.

Pour conjurer ces « villes tentaculaires », concentrant des franges vulnérables de la population (jeunes, sans emploi…), les décideurs et les urbanistes des pays peu développés s’orientent vers le concept de « ville verte ». En effet, le schéma urbain actuel voit les terres arables disparaître de la ville au profit des logements, de l’industrie et autres infrastructures. Les cultures maraîchères s’éloignant de plus en plus de la ville, les coûts excédentaires de transport et de conditionnement se répercutent alors sur les fruits et légumes qui en deviennent d’autant moins accessibles aux consommateurs urbains. Afin d’enrayer ce déséquilibre croissant, la réintroduction de l’horticulture urbaine et périurbaine, base de la ville verte, pourrait garantir aux populations citadines un accès à une alimentation sûre et de meilleure qualité nutritive. De fait, l’horticulture urbaine offre une alternative à la pauvreté en raison de ses faibles frais de démarrage, ses cycles de production courts et ses rendements élevés par rapport au temps de travail, à la superficie et aux besoins d’arrosage exigés.

Si des efforts seront nécessaires pour orchestrer la réappropriation par l’organisation urbaine des pratiques horticoles, les bases sont déjà posées dans certaines régions. Ainsi, d’après la FAO, 130 millions de citadins en Afrique et 230 millions en Amérique latine pratiquent l'agriculture, et plus particulièrement l'horticulture, soit pour nourrir leurs familles, soit pour s’assurer des revenus sur la vente de leurs produits. Conscients de ce potentiel, au cours des dix dernières années, les gouvernements de vingt pays ont fait appel à la FAO afin que celle-ci leur fournisse des intrants et une formation à destination des jardiniers urbains à faible revenu. Des outils, des semences et une formation ont également été mis à disposition de plus de 30 pays en vue de la création de milliers de potagers scolaires, destinés à contrer la malnutrition infantile.
Tant dans les mégapoles en plein essor d'Afrique de l'Ouest et centrale que dans les bidonvilles de Managua, de Caracas et de Bogotá, on promeut la culture maraîchère commerciale irriguée en périphérie des villes, de même que la création de micro-potagers en culture hors sol (sable, laine de roche…).

Certains freins restent à lever, dont la question de la propriété terrienne. En République démocratique du Congo, la régularisation des titres de propriété de jardins cultivés occupant 1 600 hectares permet désormais à 20 000 cultivateurs de travailler à plein temps dans cinq villes. Au cours de ce projet, 40 structures d'irrigation ont été installées ou réhabilitées, améliorant ainsi la disponibilité en eau tout au long de l'année.
La République démocratique du Congo compte aujourd’hui 450 associations de cultivateurs, formées aux bonnes pratiques agricoles, et notamment à l'utilisation d'engrais biologiques et de bio-pesticides. Sa capitale, Kinshasa, produit de 75 000 à 85 000 tonnes de légumes par an grâce à ces jardins maraîchers, cette production couvrant 65 % des besoins de la ville.

Cécile Cassier

1- Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture.

20/09/2010

XXième siècle : les méfaits du PLASTIQUE

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2010/09/19/plastique-l-ennemi-intime_1412130_3244.html

.

Plastique, l'ennemi intime

19.09.10 | 16h46  •  Mis à jour le 20.09.10 | 07h25

"Je voudrais te dire juste un mot : plastique ! – Comment dois-je comprendre ça ? – Le plastique, c'est l'avenir. Penses-y ! – Je le ferai. – Chut ! Assez parlé."

Ce bref dialogue est extrait du Lauréat (1967), avec Dustin Hoffman, qui annonce la révolution des mœurs… et l'arrivée du plastique dans nos vies. Car, en ces années 1960, le plastique est pop, à la mode, conquérant, il représente autant l'avenir que la modernité.Les bas Nylon étincelants, les dentelles en Perlon, les brillantes robes de polyester embellissent les femmes.

Dans les cuisines, une vaisselle en plastique multicolore remplace la fragile et coûteuse porcelaine, le Formica rivalise avec le bois. Dans les salons, les réunions Tupperware font fureur.

Avec la popularisation du plastique, événement industriel autant que métaphysique, l'homme transcende la matière grâce à la chimie, invente un man made material plus résistant que le bois, plus léger que l'acier, plus souple que le caoutchouc, et qu'il peut, tel un démiurge, modeler à sa guise. Dans ses Mythologies (1957), Roland Barthes s'enthousiasme pour la nouvelle "substance alchimique" qui permet de créer mille objets sans être coûteuse. "Pour la première fois, écrit-il, l'artifice vise au commun, non au rare (…). Le monde entier peut être plastifié."

Roland Barthes a raison, hélas ! Le monde va être plastifié jusqu'au fond des océans. Au printemps 1997, le navigateur Charles Moore traverse par hasard le lent tourbillon subtropical du Pacifique Nord. Soudain, voilà son bateau entouré d'une quantité de bouteilles en plastique, brosses à dents, sacs, casquettes, jouets d'enfants, dérivant dans le sens des aiguilles d'une montre.

Il vient de découvrir "the Great Pacific Garbage Patch" ("la grande zone de détritus du Pacifique"), aujourd'hui tant décriée. En août 1998, il retourne sur place avec un chalut pour prélever des échantillons. Il estime à l'époque que ce "vortex de détritus" est constitué d'environ 3 millions de tonnes de déchets en plastique.

"SIXIÈME CONTINENT"

A l'automne 2006, le bateau de Greepeace Esperanza fait un nouvel état des lieux. En route, l'équipage découvre que les plages de Hawaï, à la périphérie du tourbillon, sont jonchées de plastique : bouées, casiers à poissons, balles de golf, briquets, bouteilles, casques d'ouvriers, jerricanes, boîtes diverses, caisses de bière, pots de fleurs, enseignes, fusibles, blocs de polystyrène, couvercles, rasoirs jetables, boîtiers de CD, etc.

Si les océans et les mers ont toujours été une poubelle de choix pour les hommes – selon l'ONG Oceana, on y jette 675 tonnes d'ordures chaque heure –, leurs eaux et les algues finissaient par dégrader et annihiler les détritus. Mais pas le plastique. Aujourd'hui, la grande zone de détritus du Pacifique est estimée à la taille de l'Etat du Texas, voire de l'Europe centrale – d'où son surnom : le "sixième continent".

Le plus inquiétant est invisible. Chaque objet, peu à peu, se fractionne jusqu'à former des granulés, microscopiques, indestructibles. Les poissons les ingèrent, ce qui les empoisonne ou perfore leur système digestif. Des expertises menées, au début de l'année, par les équipes du projet international Kaisei ont conclu qu'il est à présent impossible de venir à bout du "vortex". Le coût en serait astronomique, il faudrait une alliance entre plusieurs Etats. Mais aucun n'est prêt à engager de tels frais. Et puis, où transporter une telle quantité d'ordures ? Pour en faire quoi ?

Après être entrés en pleine modernité pop avec le plastique, nous devons faire face aux désillusions de la post-modernité : ses dégâts irréversibles, ses problèmes insurmontables nous obligeant à faire des choix tragiques. Il faut savoir que les Américains consomment 2,5 millions de bouteilles en plastique par heure et 25 milliards de tasses à café en polystyrène par an. Chaque année, ils produisent 6,8 millions de tonnes de plastique. Sur cette masse considérable, seules 450 000 tonnes sont recyclées ou incinérées.

BISPHÉNOL A, PHTALATES ET SPERMATOGÉNÈSE

Sur Terre, nous produisons 260 millions de tonnes de plastique par an, ce qui correspond à 30 kg par habitant – pour une matière si légère, cela équivaut à 85 paires de chaussures de jogging, 2 000 brosses à dents ou 6 000 sacs d'emballage. Ce qui fait dire à l'Autrichien Werner Boote, auteur du documentaire et de l'enquête Plastic Planet, dans un entretien qu'il nous a accordé : "Devant de tels chiffres, on en vient à se demander si nous ne produisons pas le plastique dans des quantités que nous sommes incapables de gérer."

Il ajoute, très inquiet après dix années passées à enquêter sur les effets du plastique dans nos vies : "Suite à la publication de nombreuses études sanitaires, j'ai été choqué de découvrir que des substances dangereuses entraient dans la composition des plastiques."

Prenez le bisphénol A, ou BPA, une molécule facilitant la plastification, utilisée dans les tétines et les biberons. Un groupe de 38 experts américains, dont l'étude a été confirmée par soixante autres travaux, a montré que le BPA migre dans le lait, puis dans la thyroïde et les organes sexuels des bébés.

Après plusieurs enquêtes menées par des organismes sanitaires, le gouvernement canadien a interdit l'utilisation de bisphénol dans les produits à destination des enfants, notamment les biberons, en octobre 2008. Le Parlement français a fait de même le 23 juin, suite à une "Lettre ouverte aux pédiatres et gynécologues" signée par des représentants d'associations médicales.

Sont encore incriminés les phtalates, des additifs qui rendent le plastique souple et flexible, très présents dans tous les objets en PVC : eux aussi se déplacent dans le corps, affectent les organes de reproduction, surtout chez les petits. Leur présence dans la fabrication des jouets a été prohibée par un décret du 9 novembre 2006.

Certains d'entre eux, comme le DHEP, ne doivent plus être utilisés dans aucun cosmétique, car ils peuvent endommager le fœtus et réduire la fertilité.

Des études répétées montrent que BPA et phtalates, libérés progressivement lorsque le plastique est chauffé ou fréquemment lavé avec des détergents, agissent comme des perturbateurs du système hormonal et endocrinien, pénètrent les testicules et réduisent la spermatogenèse.

Depuis plusieurs années, nombre de recherches médicales internationales, comme celles de la Société internationale d'endocrinologie, tendent à établir que l'accumulation des additifs du plastique, des composés volatiles des peintures et des parabens, les conservateurs contenus dans les cosmétiques, participent à la baisse massive de la fertilité chez les Occidentaux. Jusqu'à moins 40 % du nombre de spermatozoïdes chez certains hommes en vingt ans. Des études sanitaires associent BPA et phtalates au développement de l'obésité et du diabète.

Pour savoir jusqu'où le plastique pénétrait son organisme, Werner Boote, désormais surnommé le "Michael Moore autrichien", a fait procéder à une analyse de son sang. "Pour réaliser Plastic Planet, explique-t-il, j'ai voyagé dans vingt-huit pays, et de nombreux scientifiques m'ont assuré que le plastique pénétrait le corps humain. J'ai voulu vérifier. J'ai découvert un taux très élevé de bisphénol A dans mon plasma. Selon le biologiste, une telle quantité aurait réduit de 40 % mon nombre de spermatozoïdes si j'avais été un animal de laboratoire. Depuis ces analyses, j'évite tout contact avec le plastique. Mon taux de BPA a baissé."

Autrement dit, si nous voulons survivre au post-modernisme, nous devons entrer dans l'âge du principe de précaution.

PLASTIFICATION DU MONDE

Que répondent les industriels du plastique à de telles critiques ? Ils vous renvoient à leur communication, très bien faite et n'évitant pas les questions dérangeantes. D'abord, expliquent-ils, eux utilisent les hydrocarbures pour faire des produits utiles, pratiques, bon marché qui facilitent la vie quotidienne des gens – cela dit, en bout de chaîne, il faut bien les brûler ou s'en débarrasser.

Ensuite, ils ne sont responsables ni de l'incurie de certains citoyens et des industriels – qui jettent n'importe où leurs ordures ou ne les trient pas –, ni d'un recyclage insuffisant ou défectueux par les services publics, ni du suremballage par les marques. Ils n'ont pas tort.

Nous participons tous, producteurs et consommateurs, à la plastification du monde. Quant aux dangers médicaux associés à la migration du BPA et des phtalates dans le corps, les industriels mettent en avant des études qui les minimisent, menées par des scientifiques… ayant travaillé pour eux.

Or, depuis des années, ces études ont été contredites par de très nombreuses recherches indépendantes, ou menées par des sociétés médicales reconnues en Europe comme aux Etats-Unis. De son côté, le neurobiologiste Frederick vom Saal, de l'université du Missouri-Columbia, avance que l'industrie du plastique se comporte comme hier les cigarettiers : "Distorsion, mensonge, tentatives de discrédit."

Il affirme qu'ils ont tenté de l'acheter pour qu'il renonce à publier ses premiers travaux sur le bisphénol A. Il reste, comme le font remarquer les industriels, que nous n'allons pas supprimer l'usage des produits chimiques dans les emballages comme dans quantité d'objets utiles en plastique ou en matériel composite.

L'évaluation des risques doit être faite, des normes doivent être établies. C'est dans cette perspective que l'Union européenne (UE) a adopté, en 2005, à l'initiative des ministres de l'environnement, le système Reach (Règlement sur l'enregistrement, l'évaluation et l'autorisation des substances chimiques), obligeant les industriels à prouver l'innocuité de tout produit mis sur le marché.

"No data, no market", décrète Reach ("pas de renseignement sur les risques, pas de mise en vente"). Depuis, l'industrie chimique dénonce les bureaucrates de Bruxelles, brandit le spectre du chômage, si bien que Greenpeace a publié, en 2006, une étude intitulée "Lobby toxique. Ou comment l'industrie chimique essaie de tuer Reach".

La Suédoise Margot Wallström, commissaire européenne à l'environnement de l'Union jusqu'en 2004, déclare dans le film Plastic Planet : "Les industriels ont longtemps espéré faire échec à toute la réglementation." Une musique connue, non ?

VERS DES BIOPLASTIQUES ?

Il existe plusieurs solutions alternatives à l'universel plastique. Beaucoup d'écologistes et d'associations appellent au retour du verre pour l'emballage des aliments et des produits pour bébés, au remplacement des innombrables sacs en plastique par des sacs en papier recyclable et recyclé.

Mais, surtout, le plastique biodégradable, fabriqué à partir de ressources renouvelables (maïs, pomme de terre, patate douce, blé, canne à sucre, etc.) ou de pétrole, semble constituer la solution de rechange à l'indestructible matériel.

Ne nous réjouissons pas trop vite, même si la filière du nouveau plastique et son marché connaissent une expansion lente – estimée à 1 million de tonnes en 2011 – quoique prometteuse. Coca Cola, par exemple, a annoncé son intention de produire 30% de ses bouteilles en plastique à partir de matières végétales. Mais le bioplastique rencontre déjà de sérieuses difficultés : où trouver les terres pour produire la monoculture permettant sa fabrication en masse ?

Opposera-t-on les quantités d'eau, importantes, nécessaires à sa fabrication à celles utilisées pour la production vivrière ou le bétail ? L'énergie grise perdue dans les transports des céréales ne va-t-elle pas être colossale et polluante ?

Quant au bioplastique à base de pétrole, s'il ne veut pas devenir un gadget de l'industrie chimique, il doit être dégradable à 90 % pour mériter le label bio. Toutes ces questions demeurent ouvertes, et y répondre prendra du temps. Mais, à l'époque du grand vortex d'ordures et de l'effondrement de la spermatogenèse, existe-t-il d'autre solution que produire des biens recyclables, sains et biodégradables ? Et espérer vivre demain dans un monde… durable ?

 


PETIT LEXIQUE DU PLASTIQUE

Plastique Le mot vient du grec plastikos, qui signifie "relatif au modelage".
Bioplastique. Le bioplastique dégradable à 90 % représente 0,5 % de la production mondiale de plastique. Certains industriels ont commencé à produire des plastiques à base de maïs ou de fécule. Un plastique biodégradable à base de pétrole, l'Ecovio, a été mis au point par l'allemand BASF.
Thermoplastiques La majorité des plastiques utilisés sont des thermoplastiques (PET, PVC, PC). Ces matières synthétiques mollissent en chauffant, redeviennent dures en refroidissant. L'industrie peut les mouler, les souffler, les souder. Etant broyables, les thermoplastiques peuvent être recyclés ou incinérés. En Europe, moins de la moitié d'entre eux, soit 30 millions de tonnes, sont revalorisés ou mis à la décharge.
PVC ou polychlorure de vinyle Thermoplastique très utilisé sous sa forme rigide (tuyauterie, carte de crédits, etc.), souple (revêtement de sol) ou plastifiée (films en bobines). Il a été décrié car, lorsqu'il est incinéré, il dégage de l'acide chlorhydrique. Toutes les usines l'incinérant doivent posséder un filtre anti-acide. Aujourd'hui, certains PVC plastifiés contiennent des phtalates, des produits chimiques controversés.
Bisphénol A (BPA) Produit chimique industriel à base d'acétone (A) entrant dans la plastification. De nombreuses études médicales montrent qu'il migre du plastique vers le sang et peut se révéler nocif pour le système hormonal.
Phtalates Ces produits plastifiants se détachent du plastique (certains PVC ou PET) par lavage ou à la chaleur. Nous les inhalons, on en retrouve dans le sang et le lait maternel. Certains d'entre eux, comme le DEHP, ont été jugés nocifs, des études l'associent à la baisse actuelle de la fertilité masculine. Leur emploi a été interdit pour la fabrication des jouets pour enfants.

" Il faut arrêter la production des plastiques dangereux " Cinq questions à Werner Boote, l'auteur de " plastic planet ".
Propos recueillis par Frédéric Joignot
Après dix ans d'enquête, quelles sont, selon vous, les pires conséquences du tout-plastique ? Aujourd'hui, le plastique nous encercle comme une sorte de bouclier invisible. Il est partout, jusque dans notre sang. Il est devenu une menace directe pour l'environnement, les animaux comme les être humains. Hélas !, nous nous en apercevons trop tard. Désormais, chacun a entendu parler des désastres causés par l'omniprésence des déchets en plastique tout autour du monde, et surtout des énormes quantités qui flottent et qui coulent dans les océans. Mais peu de gens savent que des substances dangereuses pour la santé humaine entrent dans la composition du plastique, et que des études les associent à certains cancers, à des réactions allergiques et à l'infertilité masculine. Vous dites que nous sommes entrés dans l'" âge du plastique "...
Aux âges de la pierre, du bronze et du fer a succédé celui du plastique. La quantité de plastique produite depuis les débuts les années 1960 suffirait à recouvrir la terre entière de six couches épaisses ! Les industriels du plastique génèrent 800 millions d'euros de bénéfice par an. Aujourd'hui, le plastique nous cerne, il est dans les parquets stratifiés, les innombrables boîtes, les semelles des chaussures, les vêtements, les meubles, l'électronique, les jouets, les voitures, partout. L'époque où le plastique n'existait pas nous semble inimaginable.
Parlez-nous de votre analyse de sang… J'ai été choqué de découvrir un taux très élevé d'une substance aujourd'hui considérée comme dangereuse par nombre d'études, le bisphénol-A. Les membres de mon équipe ont fait les mêmes tests, qui eux aussi ont montré un taux important de bisphénol. Ces résultats confirment ce que des scientifiques dénoncent depuis des années, à chaque fois contredits par les industriels du plastique et leurs prétendus experts : chacun d'entre nous possède plusieurs substances issues du plastique dans le sang. Cela dit, je veux envoyer un message positif. Un an et demi après cette analyse, depuis que j'évite tout usage d'objet en plastique, mon taux de bisphénol a baissé. Vous êtes-vous rendu sur le " vortex de plastique " au large de la Californie ? Sur place, vous ne distinguez pas grand-chose, le plastique ne flotte pas toujours en surface. La catastrophe majeure vient de ce que le plastique se désintègre en minuscules billes que les poissons prennent pour du plancton et qui les tuent. En 1997, quand le capitaine Charles Moore a découvert le grand " vortex de détritus ", il a observé sur place six fois plus de plastique que de plancton. Dix ans plus tard, lorsque je l'ai accompagné au large d'Hawaï, il en a détecté soixante fois plus ! Aujourd'hui, des océanographes ont découvert d'énormes plaques de plastique dans l'Atlantique Sud, l'océan Indien et la mer du Nord.
Est-il possible d'échapper au plastique ? Nous n'y échapperons pas. Nous sommes les enfants de l'âge du plastique. Nous en avons besoin. C'est aux consommateurs et aux hommes politiques d'arrêter la production des plastiques dangereux, de pousser les industriels à fabriquer des bioplastiques – aujourd'hui 0,5 % des plastiques existants –, et d'utiliser des produits de substitution comme le verre.
à lire, à voir Plastic Planet. La face cachée des matières synthétiques, de Werner Boote et Gerhard Pretting, Actes Sud, 260 p., 21 €.
Plastic Planet, documentaire de Werner Boote (1 h 35). Sortie en salles en avril 2011, à l'occasion de la Semaine du développement durable.

17/09/2010

MARÉE NOIRE - Cinq mois après le drame, le puits sur le point d'être colmaté

lu sur :

http://www.lepoint.fr/monde/maree-noire-cinq-mois-apres-le-drame-le-puits-sur-le-point-d-etre-colmate-17-09-2010-1237920_24.php

.

MARÉE NOIRE - Cinq mois après le drame, le puits sur le point d'être colmaté

 

Le groupe pétrolier britannique BP a annoncé, vendredi, que le puits de pétrole à l'origine de la pire marée noire de l'histoire des États-Unis, situé dans le golfe du Mexique, devrait être "totalement colmaté", samedi, près de cinq mois après la catastrophe. "Nous nous attendons à ce que le puits MC252 (à l'origine de la pollution, ndlr) soit totalement colmaté samedi", a indiqué la compagnie pétrolière dans un communiqué.

Jeudi 16 septembre, les autorités américaines avaient annoncé que les ingénieurs travaillant sur le site avaient réussi à relier le puits de secours au puits endommagé. Ce succès doit permettre d'injecter des matériaux et du ciment pour colmater le puits par en dessous au niveau du gisement (4.000 mètres sous le fond de la mer), dans le cadre d'une opération baptisée "bottom kill" (neutralisation par le fond). Le forage du puits de secours - et celui d'un deuxième par précaution - avait commencé presque immédiatement après l'explosion de la plate-forme Deepwater Horizon, suivie de son naufrage le 22 avril, BP tentant en parallèle par tous les moyens de stopper la fuite.

BP veut prouver une responsabilité partagée

Après le déversement de quelque 4,9 millions de barils de pétrole dans le golfe, l'écoulement avait finalement cessé le 15 juillet grâce à la pose d'un couvercle au niveau de la sortie du puits au fond de la mer, suivie de la cimentation du conduit. Mais les autorités ont toutefois jugé que l'opération "bottom kill" était toujours nécessaire. Le forage du puits de secours avait néanmoins dû être interrompu, il y a plus d'un mois, en raison de la menace posée par une tempête tropicale, et n'avait repris qu'en début de semaine.

Le colmatage définitif du puits va clore un chapitre de cette vaste pollution qui a vu les côtes de plusieurs États souillées et touché de nombreux Américains, pêcheurs et commerçants en tête. Mais le volet judiciaire et financier de l'affaire est loin d'être terminé. L'enquête sur les causes de l'accident se poursuit et BP a récemment montré qu'il comptait se défendre bec et ongles, clamant à l'issue d'une enquête interne que les torts étaient partagés et montrant du doigt les autres compagnies travaillant sur la plate-forme, comme Transocean ou Halliburton.

Les États-Unis pourraient poursuivre BP

Le groupe britannique a annoncé, début septembre, avoir déjà dépensé 8 milliards de dollars depuis le début de la catastrophe. Il a rappelé avoir accepté de créer un fonds de 20 milliards de dollars qui sera consacré à l'indemnisation des victimes de la marée noire. Selon des documents judiciaires rendus publics cette semaine, l'administration américaine n'exclut pas de poursuivre BP en vertu de la loi américaine sur la propreté de l'eau, lui permettant de réclamer au moins 1.100 dollars par baril, soit plus de 5 milliards de dollars.

L'affaire a aussi des conséquences pour l'ensemble du secteur, le golfe du Mexique étant le pilier de l'extraction pétrolière américaine et produisant, selon une étude, un quart du pétrole et du gaz consommés dans le pays. L'administration Obama a notamment dévoilé mercredi une nouvelle réglementation forçant les compagnies pétrolières dans la zone à boucher les puits inactifs de manière définitive et à démonter les plates-formes à l'abandon. Quelque 3.500 puits inactifs sont actuellement uniquement obturés par des valves de sécurité bien moins fiables que des couvercles définitifs. Depuis le début du forage dans le golfe du Mexique en 1947, 40.000 puits ont été creusés.

16/09/2010

Chimie, perturbateurs endocriniens,environnement,santé

lu sur :
http://dircom.inserm.fr/
.
Perturbateurs endocriniens : le principe de précaution doit prévaloir

Le RES (Réseau environnement santé) a organisé un colloque à l'Assemblée nationale sur la question des perturbateurs endocriniens, pesticides organochlorés, phtalates ou bisphénol A.
Qu'ils soient naturels ou synthétiques, ces perturbateurs, en contact avec les aliments, sont suspectés de favoriser les cancers du sein, de la prostate, des testicules (selon Patrick Fenichel de l'Inserm), de créer un "effet obésogène" (selon Robert Barouki, Paris-V-Inserm-Necker), de "se substituer aux oestrogènes naturels dès le stade fétal, et perturber l'équilibre hormonal nécessaire au développement et au maintien d'une fonction de barrière intestinale efficace" (selon Eric Houdau de l'Inra).
Pour le député Gérard Bapt, "s'il faut attendre que le risque soit avéré, comme pour l'amiante et le chlordécone, il sera trop tard".
.
Agence France Presse_Fil Gen , 15/09/2010

08/09/2010

Chimie et cancer du sein chez l'homme

lu sur :

http://www.lepoint.fr/chroniqueurs-du-point/anne-jeanblanc/les-perturbateurs-endocriniens-impliques-dans-le-cancer-du-sein-masculin-07-09-2010-1233209_57.php?xtor=EPR-6-[Newsletter-Quotidienne]-20100908

.

Les perturbateurs endocriniens impliqués dans le cancer du sein masculin

Publié le 07/09/2010 à 15:22 - Modifié le 07/09/2010 à 15:23

Par Anne Jeanblanc

 

Le lien éventuel entre une exposition professionnelle à des agents chimiques perturbateurs endocriniens - des substances d'origine naturelle ou artificielle pouvant interférer avec le fonctionnement des glandes endocrines - et le risque de cancer du sein chez l'homme a récemment été examiné dans le cadre d'une étude multicentrique conduite dans huit pays européens et consacrée aux cancers rares (cancer du sein masculin, mais aussi de la vésicule biliaire, de l'intestin grêle, des os, mélanome de l'oeil, etc.). Selon le Journal International de Médecine, l'étude a inclus 104 hommes chez lesquels un diagnostic de cancer du sein avait été posé entre le 1er janvier 1995 et le 30 juin 1997, alors qu'ils étaient âgés de 35 à 70 ans. Ils ont été comparés à 1.900 témoins tirés au sort, appariés pour l'année de naissance, le sexe et la région d'étude.

Grâce à des entretiens, les chercheurs ont collecté de nombreuses informations, concernant notamment leurs données socio-démographiques, leurs antécédents médicaux, leurs habitudes de vie, leur consommation de tabac et d'alcool, ainsi que les emplois qu'ils ont exercés pendant plus de 6 mois consécutifs. Ils ont détaillé les tâches effectuées, les équipements de protection portés, les agents chimiques utilisés, la production de l'installation. Pour chacun de ces emplois, un expert a évalué en particulier l'exposition aux composés alkylphénols, aux phtalates, aux polychlorobiphényles (PCB) et dioxines ainsi qu'aux pesticides.

Finalement, ils concluent que le risque de cancer du sein est augmenté dans certaines activités professionnelles. C'est le cas chez les mécaniciens automobile, en particulier ceux ayant exercé cette activité pendant plus de 10 ans. Il serait dû aux solvants, aux dérivés de la pétrochimie, aux produits de combustion automobile. Chez les peintres, le risque plus élevé serait aussi lié aux solvants, ainsi qu'aux additifs des peintures. Chez les personnes travaillant dans la préparation du bois, la fabrication du papier et dans le secteur forestier, ce sont les composés organiques volatils qui sont en cause. En revanche, aucun lien n'a été trouvé entre le cancer du sein masculin et un emploi dans la métallurgie, la soudure, ou les métiers de l'électricité. Ni avec une exposition professionnelle aux PCB et dioxines.

01/09/2010

La catastrophe des OGM aux États-Unis, une leçon pour l'Union européenne

lu sur :

http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid...

.

La catastrophe des OGM aux États-Unis, une leçon pour l'Union européenne


Le 30 aout 2010

Dernièrement, à Bruxelles, les potentats non-élus de la Commission européenne ont cherché à passer outre à ce qui a été maintes fois démontré : l'opposition écrasante de la population de l'Union européenne à la propagation des organismes génétiquement modifiés (OGM) dans leur agriculture. Pour entériner sans discussion l'adoption des OGM, le président de la Commission de l'Union européenne dispose à présent d'un expert-comptable maltais en tant que commissaire à la santé et à l'environnement. Originaire de Grèce, l'ancien commissaire à l'environnement était un farouche adversaire des OGM. En outre, le gouvernement chinois a fait savoir qu'il pouvait approuver une variété de riz OGM. Avant que les choses n'aillent trop loin, ils seraient bien d'examiner de plus près le laboratoire de test mondial des OGM, les États-Unis. Là-bas, les cultures d'OGM sont loin d'être bénéfiques. C'est plutôt exactement le contraire.

Ce qui est soigneusement resté en dehors de la propagande de Monsanto et des autres compagnies de l'agroalimentaire lors de leur promotion des cultures génétiquement manipulées comme alternatives aux cultures classiques, c'est le fait que, jusqu'ici, dans le monde entier, toutes les cultures d'OGM ont été manipulées et brevetées dans l’unique but de deux choses : être résistantes ou « tolérantes » à des produits chimiques brevetés hautement toxiques – au glyphosate herbicide que Monsanto et les autres obligent les agriculteurs d'acheter en condition d'acquisition de leurs OGM brevetés – et être résistantes à des insectes spécifiques. Contrairement aux mythes de relations publiques dispensés dans leur propre intérêt par les géants de l'agroalimentaire, il n'existe pas une seule semence d'OGM qui ne fournisse un rendement supérieur aux récoltes conventionnelles, ni qui n'ait besoin de moins d'herbicides chimiques toxiques. Pour cette simple raison, il n'y a aucun profit à en tirer.

Le fléau des super-mauvaises herbes géantes

Comme l'a fait remarquer le Dr Mae-Wan Ho, adversaire des OGM et biologiste éminente de l'Institut des sciences de Londres, les compagnies comme Monsanto incorporent dans leurs semences une tolérance aux herbicides grâce à la formule d'insensibilité au glyphosate du gène codant l'enzyme ciblée par l'herbicide. Cette enzyme est dérivée d'une bactérie du sol, l'agrobacterium tumefaciens. La résistance aux insectes est due à un ou plusieurs gènes de toxines provenant de la bactérie du sol Bt (bacillus thuringiensis). Vers 1997, les États-Unis ont inauguré les plantations commerciales à grande échelle de plantes génétiquement modifiées, surtout le soja, le maïs et le coton. À l'heure actuelle, aux États-Unis, les cultures génétiquement modifiées ont envahi entre 85 et 91 pour cent des surfaces de cultures de ces trois principales plantes, soja, maïs et coton, soit près de 171 millions d'acres (692.000 kilomètres carrés).

Selon le Dr Ho, la bombe à retardement écologique associée aux OGM est sur le point d'éclater. Après plusieurs années d'application constante des herbicides au glyphosate brevetés, comme le très célèbre Roundup de Monsanto, la nature a réagi aux tentatives de l'homme de la violer en développant de nouvelles « super-mauvaises herbes » résistantes aux herbicides. Le contrôle de ces super-mauvaises herbes nécessite nettement plus, pas moins, d'herbicide.

ABC Television, un grand réseau national des États-Unis, a produit un nouveau documentaire intitulé « Les super-mauvaises ne peuvent être détruites. » (1)

Interviewés, les agriculteurs et les scientifiques de l'Arkansas décrivent des champs envahis de plants d'Amaranthus palmeri géants, capables de résister à toutes les pulvérisations de glyphosate que peuvent faire les agriculteurs. Un agriculteur interviewé a dépensé près de 400.000 euros en à peine trois mois dans une vaine tentative de destruction des nouvelles super-mauvaises herbes.

Les nouvelles super-mauvaises herbes sont tellement robustes que les moissonneuses-batteuses sont dans l'impossibilité de moissonner les champs, et les outils à main se brisent en essayant de les couper. En Arkansas, au moins 400.000 hectares de soja et de coton ont été investis par ce nouveau fléau biologique mutant. Les données détaillées sur les autres régions agricoles sont indisponibles, mais on estime qu'elles sont similaires. Le ministère de l'Agriculture des États-Unis, pro-OGM et pro-agroalimentaire, a été signalé mentir sur l'état réel des récoltes, en partie pour masquer la triste réalité et prévenir une révolte explosive contre les OGM sur le plus grand marché mondial des organismes génétiquement modifiés.

L'Amaranthus palmeri, une variété de super-mauvaises herbes, peut atteindre jusqu'à 2,4 mètres de hauteur, résister à la forte chaleur et à la sécheresse prolongée, et produit des milliers de graines avec un système racinaire qui épuise les nutriments des cultures. Quand rien n'est fait, elle envahit un champ entier en un an. Certains agriculteurs ont été contraints d'abandonner leurs terres. Jusqu’à présent, en plus de l'Arkansas, l’invasion d’Amaranthus palmeri dans les régions de cultures d'OGM a aussi été identifiée en Géorgie, Caroline du Sud, Caroline du Nord, au Tennessee, Kentucky, Nouveau-Mexique, dans le Mississippi, et plus récemment dans l'Alabama et au Missouri.

Les spécialistes des mauvaises herbes de l'université de Géorgie estiment que seulement deux plants d’Amaranthus palmeri tous les 6 mètres dans les rangées de coton, sont capables de réduire le rendement d'au moins 23 pour cent. Un seul plant de mauvaise herbe peut produire 450.000 graines. (2)

La dissimulation du danger toxique du Roundup

Le glyphosate est l'herbicide le plus largement utilisé aux États-Unis et dans le monde entier. Breveté et vendu par Monsanto depuis les années 70 sous le nom commercial de Roundup, c’est un élément obligatoire de l’achat de semences d’OGM de Monsanto. Allez juste à votre magasin de jardinage local, demandez-le et lisez attentivement l'étiquette.

Comme je l'ai exposé en détail dans mon livre, Seeds of Destruction,The Hidden Agenda of Genetic Manipulation (Semences de destruction : L’arme de la faim), les cultures d’OGM et les semences brevetées ont été développées dans les années 70, grâce à l’important soutien financier d’un organisme pro-eugéniste, la Fondation Rockefeller, essentiellement par des compagnies de produits chimiques : Monsanto Chemicals, DuPont et Dow Chemicals. Toutes trois ont été impliquées dans le scandale du hautement toxique agent orange, utilisé au Viêt-nam, et de la dioxine dans les années 70, et ont menti pour cacher la réalité des atteintes à leurs propres employés, ainsi qu’aux civils et militaires des populations exposées.

Leurs semences d’OGM brevetées ont été envisagées comme un moyen intelligent pour forcer le renouvellement des achats de leurs produits chimiques agricoles du style Roundup. Les agriculteurs doivent signer avec Monsanto un contrat légal qui stipule que seul son pesticide Roundup peut être utilisé. Les agriculteurs sont ainsi piégés, obligés d’acheter à la fois de nouvelles semences de Monsanto à chaque récolte et du glyphosate toxique.

À l’université de Caen, en France, dans une équipe dirigée par le biologiste moléculaire Gilles-Eric Séralini, une étude a montré que le Roundup contient un ingrédient inerte spécifique, l’huile de suif polyéthoxylés, ou POEA. L’équipe de Séralini a démontré que le POEA du Roundup est même plus mortel pour les embryons humains, les cellules du cordon ombilical et placentaires, que le glyphosate lui-même. Monsanto, qualifiant de « breveté » le contenu détaillé de son Roundup, à part le glyphosate, refuse de le communiquer.(3)

L'étude de Séralini a constaté que les ingrédients inertes du Roundup amplifient l'effet toxique sur les cellules humaines – même à des concentrations beaucoup plus diluées que celles utilisées dans les fermes et sur les pelouses ! L'équipe française a étudié de multiples concentrations du Roundup, depuis la dose typique agricole ou sur pelouse, jusqu'à des concentrations 100.000 fois plus diluées que les produits vendus sur les rayons. Les chercheurs ont constaté des dommages cellulaires à toutes les concentrations.

Dans une brochure de l'Institut de biotechnologie qui promeut les cultures OGM comme des « combattants de mauvaises herbes, » le glyphosate et le Roundup sont annoncés « moins toxiques pour nous que le sel de table. » Treize ans de cultures d’OGM aux États-Unis ont augmenté globalement le recours aux pesticides de 318 millions de livres, et non pas diminué comme l’ont promis les Quatre Cavaliers de l'Apocalypse OGM. La charge de morbidité supplémentaire due à uniquement cela est considérable sur la nation.

 

Quoi qu’il en soit, après l'introduction commerciale des semences d’OGM Monsanto aux États-Unis, l'utilisation de glyphosate a augmenté de plus de 1500% entre 1994 et 2005. Aux États-Unis, quelque 100 millions de livres de glyphosate sont utilisées sur les pelouses et les exploitations agricoles chaque année, et au cours des 13 dernières années, il a été appliqué sur plus d'un milliard d'acres (environ 4 millions de kilomètres carrés). Interrogé, le directeur du développement technique de Monsanto Rick Cole, aurait dit, les problèmes sont «gérables ». Il a conseillé aux agriculteurs d'autres cultures ainsi que l'utilisation de marques d’herbicides différents produits par Monsanto.

Monsanto encourage les agriculteurs à mélanger le glyphosate avec ses plus anciens herbicides tels que le 2,4-D, interdit en Suède, au Danemark et en Norvège pour ses liens avec le cancer, la reproduction et des dommages neurologiques. Le 2,4-D est un composant de l'agent orange, produit par Monsanto pour être utilisé au Viêt-nam dans les années 60.

Les agriculteurs étasuniens se tournent vers le biologique

Partout aux États-Unis on signale que les agriculteurs reviennent aux cultures traditionnelles (non génétiquement modifiées). Selon un nouveau rapport du ministère de l'Agriculture, la vente au détail des aliments biologiques a bondi de 3,6 milliards de dollars en 1997 à 21,1 milliards de dollars en 2008.(4) Le marché est si florissant que les fermes biologiques se démènent parfois pour produire une offre suffisante, capable de suivre la montée rapide de la demande du consommateur qui amène des pénuries périodiques de produits biologiques.

Au Royaume-Uni, le nouveau gouvernement de coalition libéral-conservateur soutient fortement la levée de l'interdit de facto des OGM dans leur pays. Le conseiller scientifique en chef du Royaume-Uni, le professeur John Beddington, a récemment écrit un article où il affirme de manière trompeuse : « La prochaine décennie verra le développement de combinaisons de caractères désirables et l'introduction de nouvelles caractéristiques comme la tolérance à la sécheresse. Au milieu du siècle, des options bien plus radicales, impliquant des traits hautement polygéniques, seront faisables. » Il a en outre promis « des animaux clonés, créés avec une immunité innée aux maladies, » et plus encore. Merci bien ! Je pense que nous pouvons décliner tout ça.

Une récente étude, de l’université d’État de l'Iowa et du ministère de l'Agriculture, visant à évaluer la performance des exploitations agricoles pendant les trois années de transition nécessaires pour passer de la production classique à la certifiée biologique, a montré les avantages notables de l'agriculture biologique sur les OGM et même sur les plantes classiques non génétiquement modifié. Dans une expérience de quatre ans – trois ans de transition et la première année biologique – l'étude a montré que, bien que les rendements diminuaient d'abord, ils s’égalisaient dans la troisième année et, à partir de la quatrième année, les rendements biologiques devançaient les classiques pour à la fois le soja et le maïs.

En outre, l'Évaluation internationale des connaissances agricoles de Science et technologie pour le développement (IAASTD) – le résultat de trois ans de délibération de 400 participants scientifiques et représentants non-gouvernementaux venant de 110 pays à travers le monde – a été publié récemment. On en a conclu que l'agriculture biologique à petite échelle est la voie à suivre pour faire face à la faim, aux inégalités sociales et aux catastrophes écologiques.(5) Comme le soutient le Dr Ho, un changement radical dans la pratique agricole est urgent, avant que le cataclysme agricole s'étende davantage en Allemagne et de l’Union européenne vers le reste du monde.(6)

Notes

[1] Super weed can’t be killed, abc news, 6 octobre 2009. See also,Jeff Hampton, N.C. farmers battle herbicide-resistant weeds, The Virginian-Pilot, 19 July 2009,http://hamptonroads.com/2009/07/nc-farmers-battle-herbici...

[2] Clea Caulcutt, ‘Superweed’ explosion threatens Monsanto heartlands, Clea Caulcutt, 19 avril 2009, http://www.france24.com/en/20090418-superweed-explosion-t...

[3] N. Benachour and G-E. Seralini, Glyphosate Formulations Induce Apoptosis and Necrosis in Human Umbilical, Embryonic, and Placental Cells, Chem. Res. Toxicol., Article DOI: 10.1021/tx800218n Publication Date (Web): 23 décembre 2008.

[4] Carolyn Dimitri and Lydia Oberholtzer, Marketing U.S. organic foods: recent trends from farms to consumers, USDA Economic Research Service, Septembre 2009,http://www.ers.usda.gov/Publications/EIB58/

[5] International Assessment of Agricultural Knowledge, Science and Technology for Development, IAASTD, 2008, http://www.agassessment.org/index.cfm?Page=Press_Material...

[6] Ho MW.UK Food Standards Agency study proves organic food is better. Science in Society 44, 32-33, 2009.


Texte original en anglais, Genetically Manipulated Crops: The GMO Catastrophe in the USA. A Lesson for the World, publié le 18 août 2010.

Traduction : Pétrus Lombard

F. William Engdahl est est associé du Centre de recherche sur la mondialisation et l'auteur de plusieurs ouvrages en anglais dont deux sont traduits en français :

OGM : Semences de destruction : L’arme de la faim (le livre original en anglais, Seeds of destruction

27/08/2010

Déchets plastiques dans l'océan atlantique

lu sur :

http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/planete/20100820.OBS8754/l-atlantique-nord-est-devenu-la-poubelle-de-la-planete.html

.

20.08.2010 à 08h41

L'Atlantique nord est devenu la poubelle de la planète

Une étude américaine met en évidence la forte concentration de déchets plastiques dans l'océan atlantique.

De grandes quantités de débris en matière plastique flottent dans l'ouest de l'Atlantique nord, selon les résultats des travaux conduits sur deux décennies par les chercheurs américains.

Malgré une prise de conscience grandissante du problème de la pollution des océans par des déchets plastiques, il existe peu de données scientifiques pour mesurer l'ampleur de ce problème, soulignent ces océanographes dont l'étude paraît dans la revue américaine Science (*) datée de vendredi 20 août.

Un travail de titan

Cette recherche sur les agrégats de débris plastiques comme des bouteilles et autres emballages dans l'Atlantique a été faite sur la base de données collectées pendant 22 ans par des étudiants.

Les auteurs de cette recherche ont récupéré plus de 64.000 morceaux de plastique en 6.100 lieux différents, qu'ils ont répertoriés annuellement.

L'équipe est formée de chercheurs du "Sea Education Association" (SEA), une organisation privée de recherche, du "Woods Hole Oceanographic Institution (WHOI), plus grand institut mondial privé d'études océanographiques à but non lucratif et de l'Université de Hawaï (UH).

 

Concentration des déchets

La plus forte concentration de plastique a été observée dans une zone de l'Atlantique située à la hauteur d'Atlanta en Géorgie (sud-est des Etats-Unis) et s'étendant entre 22 et 38 degrés de latitude nord.

La concentration de déchets y est comparable à celle, bien connue, observée dans une zone du Pacifique et baptisée "The Great Pacific Garbage Patch" (la grande zone de détritus du Pacifique), notent ces chercheurs.

Découverte surprenante, la concentration de débris en plastique n'a pas augmenté durant les 22 années de l'étude, malgré le fait que les quantités de ces déchets soient nettement plus grandes, constatent ces chercheurs, ajoutant que le sort "des débris de plastique manquants" reste un mystère.

Pour Dean Paul Joyce du SEA, "cette recherche fournit une solide description scientifique de l'étendue actuelle de la pollution de l'océan par ces débris, pouvant être utilisée pour mieux gérer ce problème et y faire face".

(Nouvelobs.com)

---------------

(*) voir :

http://www.sciencemag.org/cgi/content/abstract/sci;science.1192321v1?maxtoshow=&hits=10&RESULTFORMAT=&fulltext=plastic+ocean&searchid=1&FIRSTINDEX=0&resourcetype=HWCIT

Published Online August 19, 2010 Science DOI: 10.1126/science.1192321

Plastic Accumulation in the North Atlantic Subtropical Gyre

Kara Lavender Law,1,* Skye Morét-Ferguson,1,2 Nikolai A. Maximenko,3 Giora Proskurowski,1,2Emily E. Peacock,2 Jan Hafner,3 Christopher M. Reddy2

Plastic marine pollution is a significant environmental concern, yet a quantitative description of the scope of this problem in the open ocean is lacking. Here, we present a time series of plastic content at the surface of the western North Atlantic Ocean and Caribbean Sea from 1986 to 2008. More than 60% of6136 surface plankton net tows collected buoyant plastic pieces typically millimeters in size. The highest concentration of plastic debris was observed in subtropical latitudes and associated with the observed large-scale convergence in surface currents predicted by Ekman dynamics. Despite a rapid increase inplastic production and disposal during this time period, no trend in plastic concentration was observed in the region of highest accumulation.

1 Sea Education Association, P.O. Box 6, Woods Hole, MA 02543, USA.

2 Department of Marine Chemistry and Geochemistry, Woods Hole Oceanographic Institution, 266 Woods Hole Road, Woods Hole, MA 02543, USA.
3 International Pacific Research Center, School of Ocean and Earth Science and Technology, University of Hawai’i, Honolulu, HI 96822, USA.

* To whom correspondence should be addressed. E-mail: klavender@sea.edu

------------

voir aussi sur ce blog la note du 5/3/2010 :

SOLEIL VERT maintenant


Received for publication 14 May 2010. Accepted for publication 30 July 2010

26/08/2010

Vedanta perd la première manche

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2010/08/25/l-inde-renonce-a-un-projet-de-mine-de-bauxite-menacant-la-montagne-sacree-de-la-tribu-des-dongria-kondh_1402490_3244.html

.

L'Inde renonce à un projet de mine de bauxite menaçant la montagne sacrée de la tribu des Dongria Kondh

 

Les défenseurs de l'environnement et des populations tribales viennent de remporter leur première grande bataille contre les conglomérats miniers : mardi 24 août, Jairam Ramesh, le ministre indien de l'environnement et des forêts, a refusé au géant britannique Vedanta, contrôlé par le milliardaire indien Anil Agarwal, l'ouverture d'une mine de bauxite dans l'Etat de l'Orissa.

Le ministre a justifié sa décision par de "très sérieuses violations" des droits des populations locales et de la loi de protection des forêts. Début août, le Comité indien sur les forêts (FAC) s'est prononcé contre le projet. Selon cet organisme gouvernemental, la création d'une mine à ciel ouvert aurait eu de graves conséquences sur l'environnement, "altérant drastiquement" l'écosystème et l'approvisionnement en eau de la région, et menaçant la survie des populations locales, obligées de se déplacer. Les 8 000 membres de la tribu des Dongria Kondh vénèrent la montagne Niyamgiri, où la mine devait être exploitée, car ils considèrent qu'elle abrite leur dieu Niyam Raja.

N. C. Saxena, le directeur du FAC, a regretté qu'une première autorisation ait été délivrée en 2005, en violation des lois indiennes de protection des forêts, et dénoncé la "forte collusion" entre le gouvernement de l'Etat de l'Orissa et Vedanta. Aussitôt après l'annonce ministérielle, le groupe industriel, qui a déjà investi 4,3 milliards d'euros dans la région, a annoncé être à la recherche d'un autre site d'extraction de bauxite pour alimenter son usine d'aluminium, construite en 2008 à proximité de la montagne Niyamgiri. Dans cette région riche en minerais, de nombreux projets attendent le feu vert du gouvernement, comme la construction d'une usine sidérurgique par le groupe sud-coréen Posco, moyennant 9,5 milliards d'euros d'investissement. En tout, plus de cent projets miniers ont été annulés ou retardés par le ministre de l'environnement et des forêts.

"RÉGLEMENTATION CLAIRE"

L'Inde est prise en tenaille entre sa croissance économique, qui exige une augmentation de la production de minerais, et la lutte contre le changement climatique, qui implique la préservation de ses forêts. Le ministère de l'environnement a déjà identifié plusieurs zones forestières à protéger, sanctuarisant ainsi le quart des réserves minérales du pays.

Le gouvernement cherche également à ménager les droits des populations locales pour empêcher la progression de la guérilla naxalite, qui a déjà fait 800 morts depuis le début de l'année et se nourrit du mécontentement des paysans et des tribus expropriés par de grands projets industriels.

"Pour continuer à exploiter nos ressources naturelles, nous avons besoin d'une réglementation claire", écrivait, mercredi, le quotidien Indian Express. Or la loi de régulation des exploitations minières, vieille d'un demi-siècle, est obsolète.

Le gouvernement en prépare une nouvelle, qui prévoirait d'accorder aux populations locales une participation de 26 % dans les projets miniers envisagés sur leurs terres. Un niveau jugé trop élevé par les industriels.

---------

sur le même sujet :

lu sur :

http://www.univers-nature.com/inf/inf_actualite1.cgi?id=4350

24/8/2010

Vedanta contrainte de s’incliner devant une tribu indigène

Contre toute attente, le ministre indien de l’environnement, Jairam Ramesh, a pris position en faveur de la tribu indienne des Dongria Kondh, dans le conflit qui l’opposait à l’influente compagnie minière Vedanta Resources. Cette dernière entendait, en effet, investir les collines de Niyamgiri, dans l’Etat d’Orissa (Inde), territoire sacré des Dongria Kondh, afin d’y implanter un colossal projet d’exploitation de bauxite (1). Dénonçant un « choquant » et « flagrant mépris pour les droits des groupes tribaux » d’après les propos rapportés par l’organisation Survival International, Mr Ramesh a décidé de geler le projet minier, procédant à la mise en place d’une commission d’enquête. Celle-ci devrait notamment faire la lumière sur la légalité de la raffinerie déjà construite au pied des collines par Vedanta, laquelle porterait à caution selon le ministre.

Depuis plusieurs années, l’annonce de ce projet s’attire les foudres de nombreux réfractaires tels que les gouvernements norvégien et britannique, diverses organisations internationales ainsi que l’imposant groupe des assurances Aviva. Saluant la victoire d’une tribu de 8 000 personnes, majoritairement analphabètes, contre une compagnie pesant 8 milliards de dollars, Jo Woodman, chargée de campagne à Survival International, a déclaré : « La campagne Dongria était devenue un test décisif pour savoir si une petite tribu marginalisée pouvait résister à une énorme compagnie multinationale avec une armée de lobbyistes, des cabinets de relations publiques et l’appui du gouvernement ». Pour elle, cette victoire mérite repose principalement sur « le courage et la ténacité des Dongria, alliés au soutien de nombreuses personnes en Inde », ainsi que sur les actions de longue haleine conduites par les organisations internationales de défense des droits de l’homme.

Cécile Cassier

1- Minerai à partir duquel est fabriqué l’aluminium.

------------

voir aussi sur ce blog :

3/8/2010 : Le scénario du film AVATAR...

12/2/2010 : Le scénario du film...

25/08/2010

CHLORDÉCONE : l'État pointé du doigt

lu sur :

http://www.lepoint.fr/societe/chlordecone-l-etat-pointe-du-doigt-dans-deux-rapports-sur-un-insecticide-cancerigene-24-08-2010-1228256_23.php

.

CHLORDÉCONE - L'État pointé du doigt dans deux rapports sur un insecticide cancérigène

Deux rapports, que l'AFP s'est procurés mardi, pointent les "anomalies" dans la gestion par le ministère de l'Agriculture de l'époque, du dossier du chlordécone, un pesticide cancérigène interdit bien plus tard aux Antilles qu'aux États-Unis et en France métropolitaine. Dans un rapport (*) finalisé en juin et rendu public mardi par le quotidien Le Monde, l'Institut national de la recherche agronomique (Inra) "met en évidence de véritables anomalies dans le cadre d'une approche de prévention" et dans la gestion du dossier du chlordécone par le ministère de l'Agriculture. Il met également en relief "l'influence des intérêts économiques" pour expliquer la lenteur de la prise de décision d'interdire le chlordécone, un pesticide, qui se fixe dans les sols pour de nombreuses années.

Dans un autre rapport rédigé par l'Afsset (Agence nationale de sécurité sanitaire), rédigé en décembre 2009 et jamais divulgué, celle-ci souligne le poids économique de la culture de la banane dans la gestion du dossier chlordécone. "Face à la défense de l'industrie bananière française, on peut faire l'hypothèse que l'impact de l'utilisation de produits phytosanitaires sur l'environnement et la santé ait été secondaire dans les préoccupations des autorités politiques", écrit cette agence.

Contacté mardi en fin d'après-midi par l'AFP, le ministère de l'Agriculture n'avait pas réagi. Ces deux rapports devaient être publiés dans la soirée sur le site www.chlordecone-infos.fr (**) qui dépend de l'Afsset.

Interdit aux États-Unis en 1976, le chlordécone le sera en 1990 en France métropolitaine et seulement en 1993 aux Antilles, où il était largement utilisé dans les bananeraies.

 

(*) voir :

http://www.inra.fr/l_institut/etudes/chlordecone_aux_antilles/chlordecone_aux_antilles_francaises_un_eclairage_socio_historique

(**) voir :

http://www.observatoire-pesticides.gouv.fr/index.php?pageid=579

06/08/2010

Contaminations radioactives et incendies en Russie

lu sur :

http://www.lepoint.fr/societe/incendies-en-russie-la-france-guette-une-eventuelle-pollution-radioactive-05-08-2010-1222598_23.php?xtor=EPR-6-[Newsletter-Quotidienne]-20100806

.

Publié le 05/08/2010 à 20:24 - Modifié le 06/08/2010 à 10:44 Le Point.fr

INCENDIES EN RUSSIE -

La France guette une éventuelle pollution radioactive

Le Point.fr (source AFP)

Les incendies de forêt en Russie suscitent aussi l'inquiétude dans l'Hexagone. L'association écologiste Robin des Bois a mis en garde, jeudi, contre le risque de retombées radioactives en Europe qu'ils pourraient générer. Un danger jugé suffisamment sérieux pour que l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) se soit engagé à surveiller la situation de près.

"Ces incendies de forêt posent deux questions : si ces incendies touchent des territoires contaminés lors de l'accident de Tchernobyl, les particules radioactives remises en suspension lors de la combustion du bois peuvent-elles atteindre la France ? Ces incendies menacent-ils la sûreté de certaines installations nucléaires russes ?", s'interroge l'IRSN. De con côté, Robin des Bois fait part de son "inquiétude particulière" pour "le site secret Arzamas 16, à 60 km de la ville de Sarov, qui abrite depuis 1946 un centre russe d'expérimentations et d'activités nucléaires". "De Staline à Poutine, Arzamas 16 (...) a servi de site de stockage de plutonium, d'uranium enrichi, d'assemblage et de désassemblage de bombes nucléaires et sans aucun doute aussi de dépotoir de déchets", explique l'association.

Les autorités russes ont fait évacuer mercredi des matériaux explosifs radioactifs du centre nucléaire russe de Sarov, à 500 km à l'est de Moscou, en raison des incendies qui le menacent. Jeudi, le gouvernement russe a fait part de sa crainte que les incendies se propagent à une zone irradiée par l'explosion en 1986 de la centrale nucléaire de Tchernobyl, ce qui pourrait renvoyer des particules radioactives dans l'atmosphère.

L'IRSN se veut rassurant

Robin des Bois s'inquiète d'ailleurs de cette possibilité : "Les incendies à l'ouest de la Russie peuvent aussi concerner des forêts touchées par les retombées de Tchernobyl. Les dépôts atmosphériques radioactifs sont remobilisés par les incendies." Et de rappeler qu'"en 2003, les émissions radioactives issues de l'incendie des forêts de résineux de l'est du Kazakhstan à proximité du centre d'essais nucléaires de Semipalatinsk ont été détectées au Canada". En été 2003, les cendres et les suies des incendies dans la région de Saint-Pétersbourg ont provoqué une concentration importante de particules et une pollution atmosphérique en Finlande, en Écosse et dans le nord de l'Angleterre, ajoute Robin des Bois.

Sur ce dernier point, l'IRSN va opérer une surveillance "au suivi des particules". Il affirme qu'il "pourra disposer dans quelques semaines des résultats de mesure" en cours, et assure qu'il les présentera "dès qu'ils seront disponibles". Mais, d'ores et déjà, il se veut rassurant quant à leur diffusion vers l'Hexagone : "D'éventuelles traces de pollution radioactive (...) ne pourront être décelées que si la France est exposée au panache de fumées. Or, depuis ces derniers jours, le territoire est plutôt sous des vents orientés nord-ouest", explique l'IRSN. "En tout état de cause, affirme-t-il, les niveaux d'activité susceptibles d'être observés en France à la suite de tels phénomènes ne sont pas de nature à provoquer une inquiétude d'ordre sanitaire."

03/08/2010

Le scénario du film AVATAR pour de vrai (2)

Lu sur :

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/8e348acc-9e75-11df-848d-6a68c400dea8|0
.
Inde mardi3 août 2010
Une tribu résiste contre une mine sacrilège
Pierre Prakash envoyé spécial à Lanjigarh

Les Dongria Kondh, dans l’ouest de l’Etat de l’Orissa, luttent pour empêcher un géant minier de forer leur colline sacrée et d’y extraire de la bauxite. Le film «Avatar» devenu réalité, disent les ONG.

Ils sont une petite centaine, assis à l’ombre d’un manguier, en pleine forêt, à trois heures de marche de la première route. Torse nu ou vêtus de chemises usées, cheveux longs pour la plupart, certains portent leur hache sur l’épaule. Un peu à l’écart, quelques femmes cueillent de grosses feuilles, qui serviront d’assiette à l’assemblée pour le déjeuner qu’elles préparent sur un feu de bois.

Avertissement

Malgré la chaleur qui règne sur ces collines perdues de l’ouest de l’Etat de l’Orissa, les Dongria Kondh ont marché de tous les villages alentour pour venir assister au «meeting». Un énième rendez-vous de jungle organisé par une poignée de militants qui tente d’organiser cette communauté quasi coupée du monde face au danger qui les menace: une mine de bauxite, que la multinationale Vedanta Resources veut creuser au sommet de leur colline. Le pire sacrilège qu’ils puissent imaginer, puisque c’est le territoire de Nyam Raja, le dieu tout-puissant de cette tribu de 8000 âmes.

«Si on creuse notre montagne, les sources se tariront, la forêt disparaîtra et les Dongria Kondh mourront, martèle le vieux Dodhi, un des leaders de la tribu. Nous ne laisserons jamais faire: quiconque tente de monter là-haut sera tué sur place.» Un avertissement qu’il vaut mieux ne pas prendre à la légère: à deux reprises, ces derniers mois, des membres de la tribu ont brûlé des jeeps de Vedanta venues en reconnaissance. Comme l’a fait remarquer l’ONG Survival International au réalisateur hollywoodien James Cameron, son film Avatar n’est pas qu’une fiction. L’histoire des Dongria Kondh est en effet très proche de celle des Na’vi.

Déterminée à exploiter les énormes réserves de bauxite que contiennent ces collines de Niyamgiri, Vedanta a commencé par construire, entre 2002 et 2006, une gigantesque raffinerie d’alumine au pied des collines, sans avoir obtenu la licence pour creuser la mine. Une politique du fait accompli: à l’heure où l’Inde drague les investisseurs étrangers, comment les autorités pourraient-elles s’opposer à ce projet alors que le groupe a déjà investi 1 milliard de dollars dans cette usine qui, sans la mine, ne sert à rien?

Malheureusement pour Vedanta, les choses n’ont pas été aussi simples. Si les autorités locales ont joué le jeu – en expropriant manu militari les villageois qui ne voulaient pas céder leurs terres pour l’usine –, les organisations de défense des droits de l’homme, les mouvements écologistes et les défenseurs des populations tribales sont, eux, montés au créneau. Résultat: depuis un an et demi que les opérations ont commencé, l’usine est contrainte d’acheminer la bauxite des quatre coins du pays. Dans cette région autrefois déserte, des centaines de camions sillonnent ainsi les minuscules routes pour amener la matière première qui aurait dû être extraite à quelques kilomètres. Selon un responsable qui requiert l’anonymat, le groupe perd ainsi «des centaines de milliers d’euros par jour».

«Etendre la richesse»

Tous plus accablants les uns que les autres, les rapports de différentes ONG et de la Cour suprême indienne ont poussé plusieurs investisseurs – dont le gouvernement norvégien, l’Eglise d’Angleterre et le fonds de pension néerlandais PGGM – à vendre leurs parts dans Vedanta. «C’est la loi du marché, mais je vous assure que nous n’avons aucun problème pour trouver des financements pour nos projets partout dans le monde», sourit Mukesh Kumar, directeur du site indien et porte-parole de la compagnie.

L’assemblée générale du groupe, à Londres mardi dernier, a cependant été perturbée par des manifestants – pour certains déguisés en Na’vi –, et des actionnaires ont critiqué le manque de transparence des dirigeants.

La direction s’est, elle, contentée de répondre qu’elle ne faisait qu’«étendre la richesse» dans l’une des régions les plus pauvres de l’Inde. Et le géant minier est loin de capituler, comme en témoigne l’agressive campagne de publicité menée ces derniers mois en Inde pour souligner les efforts entrepris pour le «développement» de cette région oubliée. Le groupe affirme avoir dépensé près de 17 millions d’euros depuis 2004 dans des projets d’infrastructures, de soins et d’éducation pour les populations vivant autour de l’usine. Vrai et faux, car si l’argent a bien été dépensé, les habitants affirment que leur sort ne s’est pas pour autant amélioré.

«Aux ordres de Vedanta»

Pire, selon eux, l’usine déverse des déchets toxiques qui empoisonnent les cours d’eau. Vedanta se dédouane en citant un rapport gouvernemental qui a réfuté toute contamination. Mais, comme le souligne un journaliste local, «toute l’administration locale est aux ordres de Vedanta, et une bonne partie des médias a été achetée». L’affaire est entre les mains du Ministère de l’environnement. En février, un rapport de ses services est arrivé aux mêmes conclusions que les ONG, mais cela n’engage à rien dans ce dossier où la règle semble être de ne pas faire peur aux investisseurs: malgré les trois rapports accablants du groupe d’experts qu’elle avait nommé sur ce dossier, la Cour suprême a, elle, donné son feu vert à la mine. 

lien : Carte où vivent les Dongria Kondh en Orissa

----------

voir aussi la note du 12/2/2010

Le scénario du film...

 

02/08/2010

OGM , PGM , pourquoi, comment

Pour ceux qui veulent un bon résumé sur ce que sont les OGM et PGM, leur utilité et leurs dangers,

LIRE DANS "Manière de voir" d'août-septembre 2010 :

"Professeurs Tournesol des OGM et PGM." par

Arnaud Apoteker et Jacques Testart


31/07/2010

Pour faire du ciment, il faut du calcaire

Un jour ou l'autre, il faudra bien construire avec des matériaux renouvelables.

----------------------------------------------------

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2010/07/31/lafarge-a-l-epreuve-du-developpement-durable-en-inde_1394379_3244.html

.

Lafarge à l'épreuve du développement durable en Inde

.

Quatre ans après son ouverture en 2006 dans le Meghalaya, un petit Etat du nord-est de l'Inde, la gigantesque mine de calcaire de Lafarge est en sommeil. Pour combien de temps encore ? La Cour suprême indienne devrait se prononcer sur sa réouverture dans les jours qui viennent.

En février, elle avait ordonné l'arrêt provisoire de l'exploitation, jusqu'à ce que le groupe français présente de nouvelles garanties pour protéger la biodiversité du site, des forêts et empêcher la dispersion de sédiments vers le fleuve. La mise en sommeil coûte 3 millions de dollars (2,3 millions d'euros) chaque mois à Lafarge, sans parler des critiques des organisations non gouvernementales et d'une partie de la population tribale pour ses lacunes en matière de développement local.

En 2006, Lafarge parlait volontiers de prouesse diplomatique et technique concernant ce site industriel pharaonique situé à cheval entre l'Inde et le Bangladesh, qui avait nécessité un investissement de 275 millions de dollars. Un tapis roulant de 17 km de long, qui se faufile entre les collines boisées, peut transporter jusqu'à 6 000 tonnes de calcaire par jour vers la cimenterie construite de l'autre côté de la frontière, là où les ressources en gaz, indispensables à la production de ciment, sont abondantes.

En 1997, le projet avait remporté le soutien financier de la Banque asiatique de développement (BAD) et de l'International Finance Corporation (IFC), filiale de la Banque mondiale, au nom du développement de cette région enclavée.

Mais un rapport confidentiel rédigé en 2008 par une mission de la BAD, et auquel Le Monde a eu accès, pointe des irrégularités. A commencer par le manque de transparence dans l'acquisition ou les droits d'exploitation des terres appartenant aux populations tribales. "La mission estime que l'utilisation d'un intermédiaire n'est pas très transparente et qu'il est probable qu'elle ne soit pas conforme à la politique de la BAD en matière de gouvernance", relève Kai Schmidt Solau, membre de la mission, dans son rapport final.

L'intermédiaire incriminé est un député, SG Lyngdoh, qui siège au Parlement régional du Meghalaya. Au milieu des années 1990, cet élu négocie avec les populations tribales l'acquisition ou l'exploitation de leurs terres, avant de céder progressivement, à partir de 1997, les actifs de sa propre société à Lafarge Umiam Mining, qui compte aussi comme actionnaire le cimentier espagnol Cementos Molins. Surtout, SG Lyngdoh obtient l'autorisation des autorités pour revendre les terres acquises à des étrangers.

Or, d'après la Constitution indienne, les terres situées en zone tribale ne peuvent être cédées à des "non-tribaux", sauf si la transaction profite au développement des communautés locales. "Et personne n'en a encore jamais profité", regrette l'un des membres du Shella Action Committee, qui s'oppose à la présence de Lafarge dans la région. "A notre connaissance, la politique d'acquisition des terres a respecté la politique de la BAD en la matière", répond-on chez le cimentier français.

Dans le village de Nongtrai, où les habitants ont cédé l'exploitation de leurs terres au cimentier, des cadres de Lafarge montrent le travail accompli : un terrain de football, l'extension de l'école, l'achat de six machines à tisser pour les femmes du village ou la visite d'une clinique mobile au moins une fois par semaine. "C'est peu. Et surtout, l'entreprise ne s'est pas dotée d'un budget annuel consacré au développement des communautés locales. Les projets sont financés au compte-gouttes", explique Kai Schmidt Solau.

En février, la Cour suprême avait décidé de confier à d'autres que Lafarge la mise en oeuvre de la politique de développement durable : elle a ordonné la création d'un fonds de 4 millions de dollars par an, contre un investissement actuel estimé à 200 000 dollars, alimenté par des royalties prélevées sur les tonnes de calcaire extraites. Géré par des ONG et le préfet de la région, ce fonds doit servir à développer les villages dans un rayon de 50 km autour de la mine.

Dans le village de Shella, tout près de la mine, les habitants réclament davantage d'emplois. "Seuls 50 sur les 300 disponibles nous ont été accordés, explique le secrétaire du conseil du village, Tobias Tiewdop. Et les salaires commencent à 50 euros par mois. C'est trop peu pour nourrir une famille. " "Les emplois dédiés à la sécurité représentent le tiers des effectifs et nous ne pouvons les confier à des habitants des environs", justifie Mike Cowell, directeur général de Lafarge Surma Cement.

Lafarge a aujourd'hui le projet d'investir 1 million de dollars, avec l'aide de l'IFC, dans un programme destiné aux habitants des environs. "Mais nous pouvons difficilement nous engager dans une politique de développement durable tant que nous ne sommes pas assurés de pouvoir exploiter la mine", explique M. Cowell.

Sauf que les villageois de Nongtrai dépendent déjà des revenus de la mine. Même s'ils touchent 0,25 dollar par tonne de calcaire extraite, soit trois fois moins que les propriétaires de petites mines des environs, tous redoutent le départ de Lafarge. "Nous devrons retirer nos enfants de l'école de la ville la plus proche et trouver d'autres moyens de subsistance", craint Daioris Stembon, vice-présidente du conseil des femmes du village. Le concept du "Lafarge way", qui prône la "construction d'un monde meilleur" grâce au développement durable, a du mal à se frayer un chemin dans les collines du Meghalaya.

La fin du moratoire français sur la culture des OGM ?

lu sur :

http://www.infogm.org/spip.php?article4525

La fin du moratoire français sur la culture des OGM ?

.
par Anne Furet, Christophe Noisette et Guy Kastler, Réseau Semences Paysannes, 30 juillet 2010

 

Le 20 juillet, à la demande de plusieurs entreprises semencières [1], le ministre de l’Agriculture, Bruno Lemaire, a inscrit au catalogue français 36 variétés de maïs génétiquement modifié Mon810 et deux variétés de maïs GM T25 [2].

Ces deux maïs ont été autorisés à la culture en 1998 en Union européenne et font aujourd’hui l’objet d’une demande de renouvellement qui prolonge leur autorisation. Depuis 2008, la France a interdit la culture du Mon810 de Monsanto. L’autorisation de commercialiser ces 36 variétés ne remet donc pas en cause cette interdiction de culture, mais elle fait automatiquement accéder ces dernières au catalogue européen. Les entreprises françaises peuvent ainsi en commercialiser les semences dans les pays où le Mon810 n’est pas interdit [3].

Plus préoccupante encore est l’inscription des deux variétés de maïs T25 appartenant à deux sociétés françaises Orsem Hybrides et Maïsadour. Tolérant aux herbicides à base de glufosinate d’ammonium, l’évènement transgénique T25 de l’entreprise allemande Bayer [4] n’est pas cultivé sur le territoire européen. Interrogée par Inf’OGM, la Commission européenne précise qu’aucune variété de maïs T25 n’a été inscrite au catalogue européen. En effet, une autorisation de mise sur le marché de semences GM est subordonnée à l’inscription de variétés sur le catalogue. L’arrêté du ministre de l’Agriculture du 20 juillet pourrait donc conduire à ce que le T25 puisse être désormais cultivé sur l’ensemble du territoire européen. La France n’a pas déposé de clause de sauvegarde sur cet événement transgénique, contrairement à l’Autriche [5]... Cela marquerait donc la fin de l’interdiction des cultures commerciales des OGM en France.

Interrogé sur ce point le 29 juillet, le ministère de l’Agriculture n’a pas encore répondu à nos questions. De son côté, le semencier français Maïsadour ne nous a pas indiqué si ces variétés pourraient être commercialisées lors des prochains semis et dans quelles régions.

Il convient de rappeler que l’usage du glufosinate d’ammonium n’est pas homologué sur le maïs en France, retirant de fait tout intérêt agronomique spécifique à la culture du maïs T25 pour les agriculteurs français. Il est en revanche autorisé pour désherbage avant mise en culture, ce qui permet de douter de la capacité de l’administration à contrôler le moment exact de son éventuel usage. Par ailleurs, une éventuelle multiplication de semences de T25 destinées à l’exportation pourrait être envisagée même sans utilisation de glufosinate d’ammonium. Comme les homologations des pesticides varient d’un pays à l’autre, l’utilisation de cet herbicide total sur le maïs pourrait être autorisée dans d’autres pays de l’UE. Mais nous n’avons pas réussi à savoir dans quels pays un tel usage serait éventuellement permis.

Il demeure difficile de connaître les raisons précises de l’inscription des ces variétés au catalogue. Mais cela pourrait être à rapprocher de la volonté des semenciers de valoriser au plus vite leurs obtentions OGM dans les pays où elles peuvent être cultivées. Par ailleurs, le Mon810 et le T25 attendent le renouvellement de leur autorisation de culture au niveau européen, doit-on y voir un lien ? S’agirait-il d’un pas pour faire faire homologuer le glufosinate d’ammonium sur le maïs et autoriser à la culture d’autres OGM résistants à l’herbicide total ? On pense notamment au Bt11 et au TC1507 actuellement dans les tuyaux des institutions européennes, et tout deux tolérant au glufosinate. De nombreux éléments doivent donc être éclaircis, mais aucune culture commerciale ne devra avoir lieu, en France, sans l’information du citoyen, comme l’exige l’article 10 de la loi de 2008 sur les OGM [6].

1] Monsanto associé à Delkab et Asgrow, Pionner, KWS, mais aussi de sociétés françaises comme Limagrain ou Maïsadour associé à R 2n

[2] http://www.legifrance.gouv.fr/affic...

[3] L’Allemagne, l’Autriche, la France, la Grèce, la Hongrie, et le Luxembourg interdisent la culture du Mon810

[4] http://ec.europa.eu/food/dyna/gm_re...

[5] OGM - La Commission européenne désavouée par les Etats-membres, les moratoires sont donc maintenus

[6] Article L.663-1 du Code rural

22/06/2010

La pollution industrielle des sols

Un exemple aux USA :

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2010/06/21/a-los-angeles-le-cauchemar-des-habitants-d-une-cite-contaminee-par-shell_1376208_3244.html

.

A Los Angeles, le cauchemar des habitants d'une cité contaminée par Shell
LE MONDE | 21.06.10 | 15h24
Los Angeles Correspondance


vec ses 285 pavillons alignés, ses palmiers et ses pelouses vertes, la cité du Carousel à Carson, une localité au sud de Los Angeles, a tout du rêve américain. C'est ce que pensaient Royalene Fernandez et son mari, en y emménageant en 1968 avec leurs jeunes enfants, ignorant que le terrain avait appartenu à Shell. Elle souffre de leucémie depuis dix-huit ans, une maladie qui peut être reliée à la toxicité du benzène. Or des tests effectués récemment par l'agence de contrôle de l'eau (Regional Water Quality Control) ont révélé des niveaux anormalement élevés de méthane et de benzène dans le sol du quartier, avec des concentrations susceptibles d'augmenter les risques de cancer et d'entraîner des problèmes neurologiques.

Depuis 1924, la compagnie pétrolière stockait le pétrole brut dans d'immenses cuves en béton, en partie enterrées. "Les cuves ont été sommairement détruites avant la vente du terrain par Shell en 1966, sans être entièrement vidées ni nettoyées, et le site a été recouvert d'à peine un mètre de terre, alors qu'à l'époque la toxicité du benzène était largement connue", explique Tom Girardi, l'avocat de plus de 200 résidents, alerté par Erin Brockovich (héroïne d'un autre combat contre une contamination chimique, interprétée au cinéma par Julia Roberts). "Ce que Shell a fait à Carson est bien pire que ce que fait BP dans le golfe !" Le boom pétrolier, dont la Californie du Sud a été un des épicentres, revient ainsi hanter ses résidents.

Terre humide et noire

Shell a conseillé aux habitants de ne plus manger les fruits de leurs arbres ni les légumes du potager, de minimiser le contact avec le sol (y compris pour les animaux domestiques), et ne plus laisser les enfants jouer dans le jardin. La situation est catastrophique pour ces propriétaires qui ne peuvent pas vendre leur maison dont la valeur immobilière a chuté.

Les enquêteurs ont exhumé de la terre humide et noire qui sentait l'essence, dans le jardin de Lourdes Piazza, 47 ans, dont les deux filles souffrent d'allergies chroniques : "C'est une torture de penser que vous vivez au-dessus de ça", dit-elle en pleurant. "Shell doit assumer sa responsabilité, et nous aider à sortir de là !" La contamination a été découverte par hasard en 2008, lors de l'inspection d'une ancienne usine chimique, qui a révélé des concentrations de benzène, provenant du site adjacent, celui de Shell.

Les représentants de la compagnie pétrolière soutiennent que la décontamination incombait à l'acquéreur (le promoteur immobilier), et que la pollution pourrait avoir d'autres causes : des huiles de vidange jetées par des conducteurs, des tondeuses à gazon, ou des pesticides. Mais pour les résidents de Carson, Shell doit décontaminer le site, les dédommager et les reloger. La bataille juridique s'annonce âpre.

 

Claudine Mulard
Article paru dans l'édition du 22.06.10

L'Etat va vérifier la salubrité des sols de 2 000 écoles

.
lu sur :
http://www.lemonde.fr/planete/article/2010/06/21/l-etat-va-verifier-la-salubrite-des-sols-de-2-000-ecoles_1376205_3244.html
.
L'Etat va vérifier la salubrité des sols de 2 000 écoles
LE MONDE | 21.06.10 | 15h24  •  Mis à jour le 21.06.10 | 18h05


e gouvernement a pris moult précautions avant de rendre publique, lundi 21 juin, une liste de quelque 1 200 établissements scolaires construits sur d'anciens sites industriels potentiellement pollués. D'ici à 2012, ils feront l'objet d'un diagnostic, pour vérifier qu'aucune substance toxique ne met en danger la santé des enfants. Une seconde vague d'expertises sera lancée en 2012. Au total, la qualité des sols et de l'air de près de 2 000 crèches, écoles, collèges et lycées sera mesurée d'ici à 2015.

La publication de la liste sur le site du ministère de l'écologie a été plusieurs fois repoussée, afin de laisser aux préfets le temps d'informer la population dans les départements concernés : "Nous voulons lutter contre les fantasmes qui pourraient entourer cette campagne, explique Laurent Michel, directeur de la prévention des risques au ministère de l'écologie. Etre construit sur un ancien site industriel ne signifie pas forcément qu'il y a pollution. Il s'agit d'une démarche de prévention."

Les expertises, dont le coût est estimé à 50 millions d'euros, concrétisent un des engagements du Grenelle de l'environnement : vérifier que des "populations sensibles" ne sont pas exposées à des polluants hérités du passé. Les enfants sont jugés particulièrement fragiles car en contact direct avec le sol quand ils jouent. L'affaire de l'école maternelle Franklin-Roosevelt de Vincennes (Val-de-Marne), construite sur un ancien laboratoire de Kodak, où plusieurs cas de cancers infantiles se sont déclarés au début des années 2000, a servi de révélateur, même si le lien entre les maladies et la localisation de l'école n'a jamais été établi.

Pour établir la liste des établissements ciblés, le Bureau de recherche géologique et minière (BRGM) a croisé deux fichiers : celui des établissements scolaires de France et la base de données Basias, qui recense près de 300 000 sites ayant accueilli dans le passé des activités industrielles potentiellement polluantes. "La création de Basias, lancée en 1996, a demandé un travail colossal", relate François Blanchard au BRGM. Il a fallu retrouver la trace des fonderies, forges, usines chimiques et pharmaceutiques, garages automobiles, casses, imprimeries, pressings, stations-service sur tout le territoire, en remontant jusqu'en 1850. Avec l'accroissement de la population et l'extension des villes, les terrains libérés ont été urbanisés, sans savoir s'ils avaient été dépollués.

"Pour autant, Basias ne donne pas d'information sur la qualité des sols", poursuit M. Blanchard. Les diagnostics traqueront la trace de polluants persistants dans l'environnement : plomb, cuivre, chrome et hydrocarbures.

"Nous ne nous attendons pas à trouver un nombre gigantesque de pollutions", estime M. Michel, qui se fonde sur les diagnostics menés dans sept écoles pilotes en 2009. L'une d'elles seulement posait problème : des hydrocarbures et des pneus étaient stockés dans les caves de l'établissement.

Mais, à ce stade, il semble impossible de connaître le nombre d'établissements où une pollution sera décelée. Si les anciens exploitants du site ne peuvent être retrouvés, les collectivités locales, maîtres d'ouvrage des établissements, devront financer le nettoyage. Plusieurs techniques existent, plus ou moins coûteuses : création de vides sanitaires et installation de ventilation dans les locaux fermés, remplacement de la couche superficielle de terre polluée par de la terre propre, ou dépollution plus en profondeur...

Et les zones résidentielles ?

Les associations de protection de l'environnement et de la santé accueillent favorablement cette campagne. "C'est une bonne chose, estime Véronique Lapides, présidente du Collectif Vigilance Franklin à Vincennes. Il faudra être attentif au devenir des sites où des pollutions sont décelées."

"On peut se demander pourquoi les zones résidentielles ne font pas elles aussi l'objet de diagnostics", relève Pieter de Pous, chargé de la politique des sols au Bureau européen de l'environnement. L'analyse des niveaux de pollutions de tous les anciens sites industriels figurait dans un projet de directive proposée par la Commission européenne en 2006. Plusieurs Etats membres, dont la France, s'y sont opposés. Elle semble aujourd'hui dans l'impasse.

"L'exhaustivité coûterait des sommes considérables, répond Jérôme Goellner du ministère de l'écologie. Nous préférons dépolluer les sites en fonction de leur usage plus ou moins sensible." Une approche jugée "peu exigeante" par Marie-Laure Lambert, membre de France Nature Environnement : "En 1993, quand la question des sols pollués a émergé, la volonté de tout nettoyer était présente. Mais la politique de dépollution en fonction de l'usage s'est imposée quand une masse de sites orphelins (dont l'exploitant était défaillant) a été mise au jour, et qu'il est apparu que l'Etat n'aurait pas les moyens de financer la dépollution totale."


La liste peut être consultée en ligne sur www.developpement-durable.gouv.fr

Gaëlle Dupont
Article paru dans l'édition du 22.06.10
--------------------------------------------------

(mon commentaire : ce n'est pas facile de trouver cette liste ! On trouve seulement :

"Lancement des premiers diagnostics de sol d’établissements recevant des enfants et des adolescents implantés sur ou à proximité d'anciens sites industriels

.

.

.

22 juin 2010 - PRÉVENTION DES RISQUES

Cette opération s'inscrit dans une démarche d'anticipation environnementale et non de prévention d’un risque avéré. En effet aucun signal sanitaire ou environnemental ne motive la réalisation de ces diagnostics."

et le lien mène à la page d'accueil !)

Rectification le 24/06/2010 :

Aujourd'hui, le site donne un lien vers la liste des établissements, téléchargeable sous forme de fichier pdf. Il faut cliquer sur "... une liste d'établissements..."

-------------------------------------------
-------------------------------------------
Voir aussi :

Inventaires BASIAS et BASOL

3 août 2006 - PRÉVENTION DES RISQUES

Sommaire :


Les inventaires BASIAS et BASOL


La sensibilisation de l’ensemble des acteurs est l’un des outils d’une politique de prévention des risques liés à la pollution des sols. C’est dans le but de développer une vigilance à tous les niveaux que, sous l’égide du ministère en charge de l’Environnement, le BRGM a développé, depuis 1994, des inventaires des sites ayant été occupés par des activités de type industriel.

Cette base de données appelée BASIAS (Base des Anciens Sites Industriels et Activités de Service) est accessible librement sur Internet (http://basias.brgm.fr). L’inventaire historique BASIAS est avant tout destiné au grand public, aux notaires, aux aménageurs et doit servir à apprécier les enjeux relatifs à l’état d’un terrain en raison des activités qui s’y sont déroulées.

Par ailleurs, à travers la base BASOL (http://basol.environnement.gouv.fr), le ministère met à disposition la liste des sites pollués recensés par les pouvoirs publics, faisant l’objet d’une action. Cette base est le prolongement des importantes actions de recensement entamées au début des années 1990 ; dans ce cadre, de nombreux diagnostics ont été réalisés au cours de la décennie passée pour connaître les problèmes posés par ces sites et mettre en place les mesures afin qu’ils ne soient pas générateurs de risque compte tenu de l’usage qui en est fait.

14/06/2010

Le Japon et la chasse à la baleine : les votes de la commission baleinière internationale sont achetés

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2010/06/13/le-japon-accuse-de-corrompre-des-etats-pour-leur-soutien-a-la-chasse-a-la-baleine_1372064_3244.html

.

Le Japon accusé de corrompre des Etats pour leur soutien à la chasse à la baleine
LEMONDE.FR | 13.06.10 | 14h05


n savait le Japon énergique dans la défense de son droit à chasser la baleine ; selon le Sunday Times du 13 juin, cette énergie dépasserait travail d'argumentation et utiliserait une persuasion plus directe, faite d'argent liquide et de prostituées.

Après avoir enquêté en infiltration, les journalistes de l'édition dominicale du quotidien britannique sont assuré que les représentants d'au moins six pays étaient prêts à mettre aux enchères leur voix dans les votes de la Commission baleinière internationale (IWC). Des révélation qui pourraient embarrasser le Japon alors que débute au Maroc le 21 juin une session de l'IWC qui pourrait remettre en cause le moratoire sur la chasse à la baleine qui a cours depuis vingt-quatre ans.

Face aux dénégations du Japon concernant d'éventuels achats de voix, le Sunday Times produit   de vidéos sur lesquelles on voit des représentants de pays favorables à la chasse expliquer s'être laissés convaincre par le montant des aides d'Etat en provenance de Tokyo, la distributions d'argent liquide au cours des séances de l'IWC – auxquelles ils avouent également avoir été conviés, logement et voyages payés, par le Japon – et même par la mise à disposition de prostituées lors de visites de délégations officielles au Japon.

1 000 DOLLARS PAR JOUR EN LIQUIDE

Certains montant sont avancés : ainsi, le représentant de la Guinée avance-t-il le montant d'au moins 1 000 dollars en liquide par jour offerts par le Japon au ministre de la pêche pour ses dépenses personnelles pendant toute la durée des rencontres de l'IWC. Quant au représentant de la Tanzanie, il parle de "gentilles filles" mises à disposition du ministre de responsables du secteur de la pêche de son pays lors de séjours tous frais payés au Japon.

Pour obtenir ces information, les journalistes du Sunday Times se sont fait passer pour des proches d'un milliardaire disposé à payer en échange d'une modification du vote de plusieurs pays pro-chasse. Le journal assure que Saint-Christophe-et-Niévès, les îles Marshall, la Communauté de la Grenade, les Kiribati, la Guinée et la Côte d'Ivoire ont accepté d'engager des négociations pour adopter une position anti-chasse.

(autrement dit : ces pays sont prêts à vendre leurs votes au plus offrant )

VOIR : un verbatim

http://www.timesonline.co.uk/tol/news/uk/article7149086.ece

June 13, 2010

Flights, girls and cash buy Japan whaling votes

Humpback Whale - two adults breaching

 

THE official from the Republic of Guinea barely batted an eyelid when the English lobbyist made a highly irregular offer over coffee in a Barcelona hotel. She wanted to buy Guinea’s vote at the forthcoming International Whaling Commission (IWC) meeting with an aid package...

(lire la suite sur un verbatim )

11/06/2010

Communiqué du Réseau Sortir du nucléaire

Mobilisons-nous contre

la banalisation des pollutions nucléaires !


La loi Grenelle 2 votée début mai contient un amendement discret et aux conséquences extrêmement graves ... qui facilite la procédure pour augmenter les rejets radioactifs et chimiques des installations nucléaires !

C'est la porte ouverte à la banalisation des pollutions radioactives.

Pour demander la suppression de cette disposition, si vous ne l'avez pas déjà fait, signez la cyber-action pour faire pression sur le gouvernement et sur Nicolas Sarkozy !

Déjà plus de 10 000 signatures !

A vous de signer ici : http://groupes.sortirdunucleaire.org/spip.php?page=cyberaction

Merci beaucoup de diffuser largement ce message à votre entourage.

----------------

Copie du message envoyé à Messieurs Sarkozy, Fillon et Borloo :

Monsieur le Président,
(copie à Messieurs Fillon et Borloo)

Dans le texte de la loi Grenelle II votée début mai, figure un amendement gouvernemental soumettant les installations nucléaires de base à une simple procédure d'information pour toute augmentation significative de leurs prélèvements d'eau et rejets radioactifs et chimiques.
Auparavant, tout changement notable intervenant sur une installation nucléaire faisait l'objet d'une enquête publique. Désormais, une augmentation significative des rejets radioactifs n'est donc plus considérée comme un changement notable, et sera dispensée de la procédure d'enquête publique !

En vertu de cette nouvelle disposition, l'usine de La Hague, première source de pollution de l'Atlantique Nord, sera soumise à moins de contraintes administratives qu'une porcherie industrielle pour augmenter ses rejets !

Le principe des rejets autorisés revenait déjà à octroyer à l'exploitant un permis de polluer sur mesure. Cet amendement gouvernemental constitue un pas de plus dans la banalisation des pollutions nucléaires. En supprimant une procédure qui nécessitait d'informer et impliquer les citoyens, il marque un dangereux recul de la démocratie.

Monsieur le Président, nous refusons cette dérive. Nous nous opposons à ce que les intérêts industriels passent une nouvelle fois avant la démocratie, le respect de l'environnement et la santé des citoyens.

Nous vous demandons de retirer l'article 94 quater de la loi "portant engagement national en faveur de l'environnement" lors de son passage en Commission parlementaire mixte paritaire, le 15 juin prochain.

Nous vous demandons également d’ouvrir un vrai débat sur les pollutions nucléaires et sur les rejets des installations nucléaires.

Salutations citoyennes,

25/05/2010

Le chlordécone aux Antilles

lu sur :
http://www.lemonde.fr/planete/article/2010/05/24/la-difficile-mutation-des-planteurs-de-banane-antillais_1362179_3244.html
.
voir aussi :
.
La difficile mutation des planteurs de banane antillais
LE MONDE | 24.05.10 | 15h42  •  Mis à jour le 24.05.10 | 15h42
Fort-de-France Correspondant


'avenir des planteurs de banane antillais risque pour longtemps encore d'être marqué par les ravages du chlordécone, ce pesticide utilisé pour éliminer le charançon. A l'initiative de l'Institut national de la recherche agronomique (INRA) une vingtaine d'experts internationaux se sont réunis, du 17 au 22 mai en Martinique, puis en Guadeloupe, pour "tenter de concevoir des solutions réalistes de dépollution des sols". Or, il n'existe aujourd'hui d'autre alternative que de convertir à d'autres usages les sols contaminés par ce produit appliqué aux cultures à partir des années 1970 et jusqu'en 1993.

 

Cette reconversion se fait lentement et le lancement, il y a un peu plus d'un an, d'un plan "banane durable" doté de 8 millions d'euros, pour redorer l'image du secteur et encourager les producteurs à modifier leurs pratiques, n'a pas encore une portée très visible. L'enjeu est vital pour les deux îles : la culture de la banane assure plus de 8 000 emplois, soit 75 % du secteur agricole.

La lutte biologique contre les insectes ravageurs et les champignons est désormais mise en avant. "La banane antillaise utilise 7 kg de produits traitants par an et par hectare contre 60 kg pour nos concurrents sud-américain et africain. Notre objectif est de diviser ce chiffre par deux d'ici à 2013", affirme Pierre Monteux, directeur général de Banamart, l'un des deux groupements de producteurs de banane en Martinique. Pour cela, les producteurs s'appuient sur l'Institut technique de la banane (Itban) qui valide l'utilisation de substances naturelles pour lutter contre les parasites. L'extrait d'arbre de thé est, par exemple, employé contre la cercosporiose, un champignon attaquant les feuilles de bananier, et l'écorce d'orange contre certaines cochenilles.

La pollution au chlordécone, qui s'est étendue aux autres cultures que la banane avec la diffusion du pesticide dans les sols et les cours d'eau, contraint aujourd'hui nombre d'agriculteurs à composer avec ce fléau. Bien qu'il n'y ait pas de cartographie détaillée des sols pollués, les spécialistes estiment que près de 25 % des terres sont touchées.

Installé en plein coeur de la campagne de Trinité, à environ 30 km à l'est de Fort-de-France, Serge Burnet est, depuis 2007, à la tête d'une exploitation de 74 hectares dédiée à l'horticulture. Auparavant, une bananeraie recouvrait sa propriété. L'horticulture est une des voies vers lesquelles le ministère de l'agriculture pousse les exploitants à se reconvertir.

"Depuis 2003, 4 500 analyses de sols ont été réalisées sur 4 000 hectares, alors que les surfaces agricoles plantées en légumes jugés sensibles à la contamination ne représentent qu'environ 800 hectares", explique Jean Iotti du service de la protection des végétaux, à Fort-de-France. C'est grâce à ces diagnostics et aux recommandations fixées selon des seuils de contamination que les agriculteurs basculent vers d'autres cultures.

A la Martinique, on assiste ainsi à la relance de la canne à sucre, dont seule la base de la tige est perméable au chlordécone. La production permet aujourd'hui d'alimenter neuf distilleries et une sucrerie. Pour certains agriculteurs, l'effort de reconversion a été possible grâce aux fonds européens ou au Plan de développement rural (PDR) de la Martinique.

A plus long terme, il est aussi prévu de reboiser certaines parcelles contaminées et, en même temps, d'empiéter sur la forêt pour permettre aux agriculteurs d'avoir de nouvelles terres saines.

Derrière toutes ces initiatives se cache un autre enjeu : protéger les terres agricoles de la convoitise de certains entrepreneurs. "L'objectif aujourd'hui est de faire face à la spéculation immobilière et aux projets non agricoles", indique Gilles Moutoussamy, de la chambre d'agriculture de Martinique.

Plusieurs projets de ferme photovoltaïque sont notamment à l'étude, ce qui représente, pour M. Moutoussamy, "une menace supplémentaire, lorsque l'on sait que les promoteurs peuvent proposer aux agriculteurs de 15 000 à 20 000 euros par an et par hectare pour installer leurs fermes".

 

Hervé Brival

Dangereux pesticide

Le chlordécone est l'insecticide qui a été utilisé aux Antilles pour lutter contre le charançon du bananier. Persistant dans l'environnement, il possède des propriétés qui ne permettent pas l'application directe de méthode de dépollution classique. De plus, les conditions tropicales sont très différentes de celles des Etats-Unis, où ont été menés les rares travaux sur l'impact de la molécule.

Impact alimentaire Pour réduire l'exposition de la population, le gouvernement a fixé des seuils maximaux de contamination en fonction de la perméabilité des cultures au chlordécone. Ce seuil doit être inférieur à 20 microgrammes par kg de terre sèche pour les agrumes, les fruits tropicaux, tous les légumes et inférieur à 10 microgrammes pour le riz et certains fruits (pommes, poires, fruits à noyau).

Risque de cancers Des recherches sont menées pour évaluer l'impact potentiel sur les risques de cancer de la prostate, les issues de grossesse et les malformations congénitales.

Article paru dans l'édition du 25.05.10

14/05/2010

Presque la moitié des fruits et légumes en vente contiennent des pesticides

lu sur :
http://dircom.inserm.fr/
.
Les Français consomment de moins en moins de fruits et légumes

Selon Le Monde, L'Afssa déclarait récemment qu'en France, la consommation de fruits et légumes avait augmenté de 10 % entre 1988 et 2006. Or, l'Agence intégrait dans ce calcul des préparations industrielles comme les compotes, les soupes ou les fruits en conserve, denrées riches en sucre et additionnées de conservateurs précise le quotidien. Ne considérant que la consommation des fruits et légumes frais, Interfel (l'association interprofessionnelle des fruits et légumes) constate "un effet générationnel négatif : nos parents en consommaient plus que nous et nous en consommons plus que nos enfants. L'écart ne se rattrape pas avec l'âge". L'étude 'Abena', réalisée auprès de personnes bénéficiant de l'aide alimentaire, confirme qu'un "faible statut socio-économique (faible niveau de revenu ou de diplôme) est associé à une moindre consommation d'aliments les plus favorables à la santé tels que les fruits, les légumes ou le poisson", selon les termes employés par Nicole Darmon (Inserm) en s'adressant au Monde.

Presque la moitié des fruits et légumes en vente contiennent des pesticides

La DGCCRF a mené une étude dont il ressort qu'un peu moins de la moitié des fruits et légumes vendus dans le commerce contiennent des pesticides, rapporte Le Monde.
7,2 % des légumes incriminés afficheraient même des taux excédant la LMR (limite maximale résiduelle), et 8,5 % des fruits seraient jugés non conformes.
Le quotidien explique qu'il est donc recommandé de laver soigneusement les fruits à l'eau savonneuse, d'éliminer des légumes à feuilles l'enveloppe extérieure et de privilégier les produits de saison, bio ou issus de l'agriculture raisonnée.
Quant à l'incidence des pesticides sur la santé, Marie-Josèphe Amiot-Carlin (INRA-Inserm) note toutefois que les fruits et légumes en contiennent moins, "mais nous manquons d'informations sur les effets cumulés de plusieurs molécules. C'est sur ce domaine que nous axons nos recherches."
Monde [Le] , 12/05/2010

09:43 Publié dans santé | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : environnement, santé

‘Du poison dans l'eau du robinet’

lu sur :
http://dircom.inserm.fr/
.
‘Du poison dans l'eau du robinet’

Le Télé Obs résume un documentaire intitulé 'Du poison dans l'eau du robinet' en précisant qu'il pointe les agents nocifs que véhicule la ressource, comme l'aluminium, les nitrates, les pesticides, les "résidus massifs" de médicaments et le radon.
Le magazine rapporte les propos du réalisateur qui s'indigne en expliquant que, dans un même temps, "l'Assemblée nationale publie un rapport mettant en garde contre une diminution trop brutale de l'emploi des pesticides en France".
La Réalisatrice Sophie Le Gall met en lumière la méconnaissance et la passivité, supposées complices, des collectivités locales, et la duplicité des sociétés distributrices d'eau. Sa caméra filme un ingénieur de la Criirad (laboratoire indépendant) qui vient d'analyser de l'eau prélevée sur l'aire de captage de Saint-Sylvestre (Limousin) : "255 000 becquerels par mètre cube ! Je n'ai jamais vu ça en dix-sept ans de carrière."
Nouvel Observateur - Télé Obs , 13/05/2010

07/05/2010

La marée noire en Floride (2)

pétrole vendredi7 mai 2010

Après deux semaines, Transocean parle

Numéro un mondial des plateformes offshore, Transocean estime à 200 millions de dollars ses coûts liés à l’explosion de la plateforme

Plus de deux semaines après l’explosion qui a coulé la plateforme Deepwater Horizon au large de la Louisiane, Transocean, l’entreprise américaine qui la gère, rompt le silence.

Le management du numéro un mondial des plateformes offshore s’est exprimé jeudi, lors d’une conférence téléphonique de présentation des résultats financiers au premier trimestre. Pour Steven Newman, patron du groupe coté depuis peu à la bourse suisse, les dépenses supplémentaires consécutives à la catastrophe pétrolière devraient atteindre 200 millions de dollars (222 millions de francs). «Ce chiffre n’est pas définitif. Il comprend des frais d’assurance, judiciaires, ainsi qu’une augmentation des primes. Nous sommes actuellement en discussion avec les assureurs pour le renouvellement des contrats», souligne le directeur de l’entreprise basée dans le canton de Zoug.

Manque de fiabilité

Concernant l’évaluation de ce montant, Steven Newman a été catégorique. Transocean est lié par un contrat à BP. «En cas de pollution, cette dernière en assume la responsabilité. En conséquence, nos frais sont limités, même si la situation continue d’évoluer», martèle le patron. Parallèlement, le chiffre d’affaires sera réduit de 130 millions de dollars suite à la catastrophe. Interrogé sur de possibles défaillances techniques, Steven Newman a estimé qu’il était trop tôt pour apporter des réponses. «Il ne sert à rien de spéculer sur les causes de l’explosion. Une enquête est en cours. Nous sommes évidemment les plus intéressés à savoir ce qui a causé la mort de neuf de nos employés», a-t-il précisé. Toutefois, l’agence Reuters rappelait jeudi que les autorités anglaises en charge de la sécurité avaient critiqué en 2005 et en 2006 la fiabilité des équipements de prévention d’explosion utilisés par Transocean.

Au-delà de la catastrophe, le groupe américain a présenté des résultats au premier trimestre en recul. Le chiffre d’affaires s’inscrit à 2,6 milliards de dollars, soit une baisse de 4,8% par rapport à la même période un an plus tôt. Quant au bénéfice du groupe fondé en 1926 en Louisiane, il a diminué de près de 30% à 926 millions, notamment en raison d’un amortissement.

Pour le futur, Transocean a réduit son carnet de commandes de 5,9% à 28,6 milliards. La fin du contrat avec BP jusqu’en 2013 concernant Deepwater Horizon constitue une perte de revenus de 590 millions.

Signe que le marché n’est pas encore rassuré: Transocean a perdu jeudi 4,5% à 79,30 francs à la bourse suisse.

 

24/04/2010

L'eau, source de pouvoir et de conflit

lu sur :
http://www.lemonde.fr/planete/article/2010/04/23/le-partage-de-l-eau-au-proche-orient-est-plus-que-jamais-un-enjeu-de-pouvoir_1341650_3244.html
.
Le partage de l'eau au Proche-Orient est plus que jamais un enjeu de pouvoir
LE MONDE | 23.04.10 | 16h00  •  Mis à jour le 23.04.10 | 16h00
Jérusalem Correspondant

arce qu'elle n'a jamais été aussi vitale en cette période de réchauffement climatique, l'eau ne cesse d'être un enjeu de pouvoir. Deux rendez-vous internationaux viennent de l'attester.

L'échec de la conférence ministérielle, qui s'est tenue le 13 avril, à Barcelone, a porté un coup peut-être fatal à la stratégie sur l'eau, que devait adopter l'Union pour la Méditerranée (UPM). Le lendemain, à Charm el-Cheikh, les neuf pays de l'Initiative du bassin du Nil se sont séparés sur un constat de désaccord.

Dans le premier cas, avec une persistance qui date du lancement du "processus de Barcelone" en 1995, c'est le conflit israélo-palestinien qui a été le prétexte de cette occasion manquée. Le texte de la stratégie sur l'eau faisant référence à la loi internationale, il s'agissait d'une première étape vers la garantie d'un accès équitable à cette ressource dans une région où sa raréfaction est critique. L'adoption d'un tel document aurait donc davantage souligné la politique discriminatoire de l'eau imposée par Israël aux Palestiniens.

A Charm el-Cheikh, l'Egypte et le Soudan ont refusé de remettre en question leurs droits historiques sur les eaux du Nil, que leur contestent les sept autres pays riverains du bassin, en particulier l'Ethiopie, qui contrôle les sources du Nil bleu, c'est-à-dire l'alimentation de 85 % du débit du fleuve. L'Egypte, qui n'aura pas suffisamment d'eau pour les besoins de sa population en 2017, n'a pas l'intention de réduire son quota de 55 milliards de mètres cubes par an.

Le Caire fait donc alliance avec Khartoum pour s'opposer aux projets de barrages envisagés par Addis-Abeba. Au Proche-Orient, qui représente 6,2 % de la population mondiale mais seulement 1,5 % des ressources en eau de la planète, l'enjeu de l'eau occupe une place déterminante dans la géopolitique et les rapports de pouvoir. Ainsi les deux puissances militaires de la région, Israël et la Turquie, imposent-elles une suprématie hydrique à leurs voisins.

La Syrie et l'Irak sont de facto sous la coupe d'Ankara, puisque situés en aval du Tigre et de l'Euphrate, qui ont leur source en Turquie. Leur chance est que le gigantesque projet turc GAP (Projet d'Anatolie du Sud-Est), lancé en 1980 et qui vise à construire 22 barrages et 19 usines hydroélectriques sur l'Euphrate et le Tigre, a pris du retard. Il n'est achevé qu'à 44 %, mais, une fois terminé, il détournera 70 % du débit naturel du premier fleuve et 50 % de celui du second.

"EMBOÎTEMENT"

En 1987, la Turquie a accepté de garantir un débit minimal de 500 m3 par seconde de l'Euphrate. L'Irak et la Syrie ont eu modérément confiance et, en 1989, ils ont conclu un accord prévoyant que 58 % du volume des eaux traversant leurs frontières irait à l'Irak, et 42 % à la Syrie. Cette dernière est très vulnérable : 80 % de ses ressources en eau proviennent de l'extérieur, et elle vient de subir deux années d'une grave sécheresse.

Mais le pire n'est pas toujours sûr : Marwa Daoudy, expert des questions de l'eau au Proche-Orient auprès du Graduate Institute de Genève, explique que Damas a su se livrer à un jeu complexe d'"emboîtement entre les enjeux hydrauliques et stratégiques", dont le résultat a contribué à rebattre les cartes de la géopolitique régionale.

La nouvelle détente entre Ankara et Damas s'est nourrie d'une volonté conjointe : la Syrie a souhaité rompre son isolement diplomatique, et la Turquie, de plus en plus désillusionnée quant à ses chances d'intégrer l'Union européenne, entendait faire fructifier ses racines musulmanes et ottomanes, avec l'ambition de redevenir, outre le grenier à eau et à blé de la région, un médiateur des conflits régionaux.

Dans la phase actuelle, Damas et Ankara ont accepté de taire leur dispute sur l'eau pour privilégier leur relation stratégique. Dans ce "grand jeu" proche-oriental, la Turquie aspire à redevenir l'artisan d'un rapprochement syro-israélien. Mais Israël n'a plus confiance dans les bons offices d'une Turquie qui s'est rapprochée de l'Iran. La dégradation de la relation entre les deux pays pose un nouveau défi à Israël, qui comptait pallier sa pénurie d'eau en se fournissant auprès d'Ankara.

Si, en occupant 70 % des hauteurs du Golan, Israël peut positionner son artillerie à 35 km de Damas, ce n'est pas le plus important : l'Etat juif n'a a priori aucune envie d'abandonner le plateau où le Jourdain prend sa source, pas plus que de rendre à la Syrie l'accès à la rive nord du lac de Tibériade, et le contrôle de la partie aval du fleuve Yarmouk. Pour les mêmes raisons, Israël n'est pas pressé de réviser le partage des eaux, pourtant léonin, avec la Jordanie.

Quatrième pays le moins bien pourvu en eau de la planète, le royaume hachémite a signé un accord de paix avec Israël en 1994, ce qui ne l'empêche pas d'être pris entre deux contraintes : il ne contrôle pas le bassin du Yarmouk, qui lui assure pourtant 40 % de ses réserves, et Israël s'octroie 59 % des eaux du Jourdain, en laissant 23,5 % à la Jordanie.

De plus, ce traité de paix, comme le relève Julie Trottier, chercheuse à l'université de Newcastle et à Oxford, "ignore totalement l'existence d'un futur Etat palestinien". La question de l'eau est une des raisons qui ne laisse pas augurer un règlement prochain du conflit israélo-palestinien.


Laurent Zecchini
Article paru dans l'édition du 24.04.10

08/04/2010

Lignes de très haute tension : l'Afsset appelle à la prudence

.
lu sur :
http://www.lemonde.fr/planete/article/2010/04/08/lignes-de-tres-haute-tension-l-afsset-appelle-a-la-prudence_1330563_3244.html
.
Lignes de très haute tension : l'Afsset appelle à la prudence
LE MONDE | 08.04.10 | 15h52  •  Mis à jour le 08.04.10 | 15h52


ans un avis rendu mardi 6 avril, l'Agence française de sécurité sanitaire de l'environnement et du travail (Afsset) rappelle que "des études scientifiques montrent une association statistique entre l'exposition aux champs électromagnétiques produits par les lignes de très haute tension et des leucémies infantiles". Cependant "aucun mécanisme d'action n'a pu être décrit et aucun lien de cause à effet n'a non plus été clairement identifié", précise l'Afsset. Les champs électromagnétiques d'extrêmement basses fréquences émis par les lignes de très haute tension et les appareils électriques ont été classés "cancérogènes possibles pour l'homme" en 2002. L'Agence appelle au renforcement de "la recherche sur les causes possibles des leucémies infantiles". Tout en estimant qu'il n'y a pas lieu de modifier les valeurs limites d'exposition actuelles, l'Afsset "recommande de ne pas installer ou aménager de nouveaux établissements accueillant des enfants (écoles, crèches...) à proximité immédiate des lignes à très haute tension et de ne pas implanter de nouvelles lignes au-dessus de tels établissements".
Paul Benkimoun
Article paru dans l'édition du 09.04.10

01/04/2010

Histoire contemporaine : Minamata, Japon

 

lu sur :
http://www.lemonde.fr/planete/article/2010/04/01/au-japon-les-victimes-du-mercure-obtiennent-reparation_1327365_3244.html
.
Au Japon, les victimes du mercure obtiennent réparation
LE MONDE | 01.04.10 | 15h28  •  Mis à jour le 01.04.10 | 15h40
Tokyo Correspondant

e long combat des victimes de la maladie de Minamata, symbole des dérives du développement économique du Japon de l'après-guerre, touche à sa fin. 2 123 victimes de ce mal provoqué par la pollution au mercure de la baie de Minamata, ville de la préfecture de Kumamoto, dans l'ouest de l'archipel, ont passé, lundi 29 mars, un accord avec le gouvernement et le géant de la chimie Chisso, responsable de la contamination. La transaction prévoit le versement à chaque victime d'une indemnité de 2,1 millions de yens (16 700 euros) assortie d'une allocation mensuelle d'environ 17 000 yens (135 euros).

Cet accord complète une loi, adoptée en juillet 2009, qui prévoit l'octroi de montants équivalents à tous les malades non officiellement reconnus, qui seraient près de 40 000. Compte tenu de la souffrance endurée par les victimes, cela représente un règlement a minima. "Les plaignants l'ont accepté parce qu'ils vieillissent", souligne, dans son éditorial du jeudi 1er avril, le quotidien Asahi.

De fait, il a fallu cinquante-quatre années pour obtenir ces compensations. La maladie a été officiellement identifiée le 1er mai 1956. Ce jour-là, des médecins ayant examiné des petites filles souffrant de convulsions et de difficultés motrices informent le bureau de santé publique de l'apparition d'une "épidémie de maladie inconnue du système nerveux central".

En 1959, l'origine du mal est enfin identifié : il s'agit du mercure déversé en quantité dans les eaux de la baie de Minamata par l'usine Chisso, qui produit de l'acétaldéhyde depuis 1932. Ce mercure se retrouve dans les poissons et crustacés, aliments de base de la population locale.

Il faut encore dix ans pour que s'ouvre le procès, qui durera de 1969 à 1973. Entre-temps, Chisso fait tout pour décourager les victimes, allant jusqu'à recourir aux services de la pègre pour les menacer ou financer des études l'exonérant de ses responsabilités. Le groupe serait également à l'origine d'une agression du photographe Eugene Smith dont le reportage, publié en 1972 par le magazine américain Life, a attiré l'attention du monde sur la tragédie.

En 1973, Chisso est reconnu coupable de négligence, un jugement qui ouvre la voie à l'indemnisation des victimes. Mais entre la mauvaise volonté du chimiste et celle du gouvernement japonais, qui fixe des critères extrêmement stricts pour pouvoir toucher des indemnités, les procès se multiplient et le temps passe.

A ces difficultés, s'ajoute pour les malades un certain ostracisme social : comme les victimes des bombardements atomiques d'Hiroshima et Nagasaki, ils se voient rejetés par leur communauté. Certains choisissent de retourner à l'anonymat et partent refaire leur vie ailleurs.

L'accord du 29 mars, comme le jugement de la Cour suprême rendu en 2004, qui reconnaît la responsabilité de l'Etat dans la tragédie, leur ont rendu un peu de leur dignité. Aujourd'hui encore, le nombre exact de victimes de cette tragédie reste inconnu, de même que les conséquences à plus long terme de la maladie.

Il reste que la lutte engagée, notamment par Hamamoto Tsuginori, dirigeant de l'Association des victimes de la maladie de Minamata, a fait prendre conscience aux Japonais des dangers d'une industrialisation incontrôlée. Elle a incité plusieurs militants de cette cause à s'engager dans d'autres luttes, contre l'énergie nucléaire ou pour la reconnaissance des conséquences de l'utilisation de l'amiante.

La catastrophe environnementale de Minamata est emblématique : c'est la première d'une lignée témoignant de l'irresponsabilité de certains industriels, comme celle survenue à Bhopal, en Inde, où l'explosion d'une usine de pesticides avait fait plusieurs milliers de morts, en 1984. Le plus souvent, l'origine de ces drames se trouve dans une quête effrénée du profit. Le dirigeant de l'usine Chisso de Minamata, Eiichi Nishida, l'avait reconnu lors du procès. C'était il y a quarante ans.


Philippe Mesmer
Article paru dans l'édition du 02.04.10

 

31/03/2010

Un mauvais coup pour l'environnement

lu sur :

http://www.nytimes.com/2010/03/31/science/earth/31energy.html?emc=na

.

Il faudra bien se passer du pétrole un jour ou l'autre ...

 

-------------------------

March 30, 2010

Obama to Open Offshore Areas to Oil Drilling for First Time

WASHINGTON — The Obama administration is proposing to open vast expanses of water along the Atlantic coastline, the eastern Gulf of Mexico and the north coast of Alaska to oil and natural gas drilling, much of it for the first time, officials said Tuesday.

The proposal — a compromise that will please oil companies and domestic drilling advocates but anger some residents of affected states and many environmental organizations — would end a longstanding moratorium on oil exploration along the East Coast from the northern tip of Delaware to the central coast of Florida, covering 167 million acres of ocean.

Under the plan, the coastline from New Jersey northward would remain closed to all oil and gas activity. So would the Pacific Coast, from Mexico to the Canadian border.

The environmentally sensitive Bristol Bay in southwestern Alaska would be protected and no drilling would be allowed under the plan, officials said. But large tracts in the Chukchi Sea and Beaufort Sea in the Arctic Ocean north of Alaska — nearly 130 million acres — would be eligible for exploration and drilling after extensive studies.

The proposal is to be announced by President Obama and Interior Secretary Ken Salazar at Andrews Air Force Base in Maryland on Wednesday, but administration officials agreed to preview the details on the condition that they not be identified.

The proposal is intended to reduce dependence on oil imports, generate revenue from the sale of offshore leases and help win political support for comprehensive energy and climate legislation.

But while Mr. Obama has staked out middle ground on other environmental matters — supporting nuclear power, for example — the sheer breadth of the offshore drilling decision will take some of his supporters aback. And it is no sure thing that it will win support for a climate bill from undecided senators close to the oil industry, like Lisa Murkowski, Republican of Alaska, or Mary L. Landrieu, Democrat of Louisiana.

The Senate is expected to take up a climate bill in the next few weeks — the last chance to enact such legislation before midterm election concerns take over. Mr. Obama and his allies in the Senate have already made significant concessions on coal and nuclear power to try to win votes from Republicans and moderate Democrats. The new plan now grants one of the biggest items on the oil industry’s wish list — access to vast areas of the Outer Continental Shelf for drilling.

But even as Mr. Obama curries favors with pro-drilling interests, he risks a backlash from some coastal governors, senators and environmental advocates, who say that the relatively small amounts of oil to be gained in the offshore areas are not worth the environmental risks.

The Obama administration’s plan adopts some drilling proposals floated by President George W. Bush near the end of his tenure, including opening much of the Atlantic and Arctic Coasts. Those proposals were challenged in court on environmental grounds and set aside by President Obama shortly after he took office.

Unlike the Bush plan, however, Mr. Obama’s proposal would put Bristol Bay, home to major Alaskan commercial fisheries and populations of endangered whales, off limits to oil rigs.

Actual drilling in much of the newly opened areas, if it takes place, would not begin for years.

Mr. Obama said several times during his presidential campaign that he supported expanded offshore drilling. He noted in his State of the Union address in January that weaning the country from imported oil would require “tough decisions about opening new offshore areas for oil and gas development.”

Perhaps in anticipation of controversy, the new policy has been closely held within the administration. White House and Interior Department officials began briefing members of Congress and local officials in affected states late Tuesday.

It is not known how much potential fuel lies in the areas opened to exploration, although according to Interior Department estimates there could be as much as a three-year supply of recoverable oil and more than two years’ worth of natural gas, at current rates of consumption. But those estimates are based on seismic data that is, in some cases, more than 30 years old.

The first lease sale off the coast of Virginia could occur as early as next year in a triangular tract 50 miles off the coast that had already been approved for development but was held up by a court challenge and additional Interior Department review, officials said.

But as a result of the Obama decision, the Interior Department will spend several years conducting geologic and environmental studies along the rest of the southern and central Atlantic Seaboard. If a tract is deemed suitable for development, it is listed for sale in a competitive bidding system. The next lease sales — if any are authorized by the Interior Department — would not be held before 2012.

The eastern Gulf of Mexico tract that would be offered for lease is adjacent to an area that already contains thousands of wells and hundreds of drilling platforms. The eastern Gulf area is believed to contain as much as 3.5 billion barrels of oil and 17 trillion cubic feet of gas, the richest single tract that would be open to drilling under the Obama plan.

Drilling there has been strongly opposed by officials from both political parties in Alabama and Florida who fear damage to coastlines, fisheries, popular beaches and wildlife. Interior Department officials said no wells would be allowed within 125 miles of the Florida and Alabama coasts, making them invisible from shore.

The Interior Department and the Pentagon are discussing possible restrictions on oil and gas operations in some areas off Virginia and Florida, home to some of the nation’s biggest Navy and Air Force facilities. States are also likely to claim rights to the revenues from oil and gas deposits within 3 to 12 miles of shore and to some portion of lease proceeds, officials said.

Mr. Salazar developed the offshore drilling plan after conducting four public meetings over the past year in Alaska, California, Louisiana and New Jersey. The Interior Department received more than 500,000 public comments on the issue.

Mr. Salazar has said that he hoped to rebalance the nation’s oil and gas policy to find a middle ground between the “drill here drill now” advocacy of many oil industry advocates and the preservationist impulse to block oil exploration beneath virtually all public lands and waters.

He has called the offshore drilling plan a new chapter in the nation’s search for a comprehensive energy policy that can open new areas to oil and gas development “in the right way and in the right places,” according to an aide.

In many of the newly opened areas, drilling would begin only after the completion of geologic studies, environmental impact statements, court challenges and public lease sales. Much of the oil and gas may not be recoverable at current prices and may be prohibitively expensive even if oil prices spike as they did in the summer of 2008.

At the Wednesday event, Mr. Obama is also expected to announce two other initiatives to reduce oil imports, an agreement between the Pentagon and the Agriculture Department to use more biofuels in military vehicles and the purchase of thousands of hybrid vehicles for the federal motor pool.

 

http://www.nytimes.com/imagepages/2010/03/31/science/earth/

31energy-graf01.html?ref=earth

 

18:47 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : environnement

05/03/2010

SOLEIL VERT maintenant

Avez-vous vu le film "Soleil vert" ?
.
lu sur :
http://www.lemonde.fr/planete/article/2010/03/05/un-continent-de-dechets-plastiques-a-ete-decouvert-dans-l-atlantique-nord_1314831_3244.html#ens_id=1285536
.
Un "continent" de déchets plastiques a été découvert dans l'Atlantique nord
LE MONDE | 05.03.10 | 14h14  •  Mis à jour le 05.03.10 | 14h14


es bouchons de bouteille, des cartouches vides, des morceaux de cagettes, des filets, et une myriade de minuscules fragments de plastique : telle est la moisson récoltée dans l'océan Atlantique nord par les scientifiques de la Sea Education Association (SEA). Les océanographes employés par cette organisation non gouvernementale américaine, spécialisée dans la formation des étudiants, ont dévoilé, fin février, lors d'un congrès à Portland (Oregon), l'existence d'un vaste "continent" de déchets plastiques dans l'Atlantique, comparable au "Great Eastern Pacific Garbage Patch" - la "poubelle de l'est du Pacifique" - découvert en 1997.

L'accumulation de déchets, comme dans le Pacifique, occuperait une surface équivalant à la taille du Texas. Elle se situe à plus de 500 milles nautiques (926 km) des côtes, et son centre se trouve à la latitude d'Atlanta. Les déchets aboutissent à cet endroit car il s'agit d'une zone de hautes pressions, où les vents sont faibles et où les courants s'enroulent dans le sens des aiguilles d'une montre : c'est ce qu'on appelle une gyre. "Les courants y aboutissent, et les objets qu'ils charrient ne s'en échappent jamais", explique Giora Proskurowski, océanographe à la SEA, principal auteur des recherches.

Les déchets collectés sont rarement entiers. La majorité d'entre eux, fragmentés par le séjour dans l'eau, mesurent moins de un centimètre et pèsent moins de 15 grammes. "L'image du "continent" est excellente pour sensibiliser le grand public, mais ne rend pas bien compte de la réalité, explique M. Proskurowski. Il s'agit d'une multitude de fragments, difficiles à voir de loin. Mais quand on puise dans l'eau, on remonte une quantité impressionnante de plastique."

La SEA a effectué 6 100 prélèvements depuis 1986, lors de campagnes annuelles en mer où des étudiants sont embarqués. Au total, 64 000 fragments ont été collectés.

La densité moyenne de plastique dans la zone explorée est de 200 000 fragments par kilomètre carré (contre 300 000 dans la gyre du Pacifique). La plupart du temps, il s'agit de plastiques courants (polyéthylène, polypropylène, mousse polystyrène).

Les débris sont présents jusqu'à au moins 10 mètres de profondeur. Ils proviennent des navires et des continents riverains de l'Atlantique, transportés par le vent et les fleuves vers la mer. D'autres types de plastiques, plus denses, pourraient se trouver au fond de l'océan.

Les principales victimes de cette pollution sont les animaux marins. Les mammifères, tortues ou oiseaux peuvent être piégés par les sacs et les filets, ou avaler des fragments qui obstruent leur système digestif. Ces effets néfastes ont été démontrés sur 260 espèces. De plus, les débris fonctionnent comme des éponges, qui accumulent les polluants organiques persistants. Ils sont ingérés par la faune marine, et pourraient, par ce biais, être véhiculés jusqu'à l'homme.

Il n'est pas possible de nettoyer l'océan. "Autant essayer de passer le Sahara au tamis", ironise Charles Moore, le navigateur et chercheur qui a découvert l'accumulation de déchets dans la gyre du Pacifique. Et le plastique est très résistant. Aucun micro-organisme n'est capable de le dégrader complètement. Même transformé en poudre, tout le plastique produit depuis que l'homme le fabrique est présent dans l'environnement.

Selon les chercheurs, la seule solution pour réduire sa présence dans l'océan est donc de ne pas le jeter dans l'environnement, et d'opter pour des matériaux alternatifs biodégradables.

Les scientifiques de la SEA tenteront cet été de déterminer la limite orientale de la "poubelle" de l'Atlantique. "Plus nous accumulons de données sur cette pollution, plus la prise de conscience sera importante", affirme M. Proskurowski. En plus de celles de l'Atlantique et du Pacifique, trois autres gyres sont susceptibles de contenir des quantités comparables de déchets : dans l'Atlantique et le Pacifique sud, et dans l'océan Indien.

 

Gaëlle Dupont
Article paru dans l'édition du 06.03.10

Sur son site www.chrisjordan.com, Chris Jordan présente des photographies d'albatros en décomposition découverts dans le Pacifique en septembre 2009.
CHRIS JORDAN
Sur son site www.chrisjordan.com, Chris Jordan présente des photographies d'albatros en décomposition découverts dans le Pacifique en septembre 2009.

03/03/2010

OGM: la décision de la commission européenne

lu sur :
http://tempsreel.nouvelobs.com/depeches/international/europe/20100302.FAP1737/europe/
.
Europe

OGM: la décision de Bruxelles soulève de vives critiques en France

AP | 02.03.2010 | 20:44

La décision de la Commission européenne d'autoriser la culture d'une pomme de terre génétiquement modifiée a été vivement critiquée mardi en France par des organisations de défense de l'environnement, qui demandent au gouvernement de faire jouer la clause de sauvegarde. Le ministère de l'Ecologie a suspendu pour l'heure sa décision à l'avis du Haut conseil des biotechnologies (HCB).

"Le gouvernement français décide de saisir le Haut Conseil des biotechnologies (HCB), notamment sur la présence, dans cette pomme de terre, d'un gène marqueur de résistance à un antibiotique", ont confirmé les ministres de l'Ecologie, Jean-Louis Borloo et de l'Agriculture, Bruno Le Maire, dans un communiqué commun. "La France attendra donc l'avis du HCB pour arrêter sa position".

"D'une façon plus générale, la France souhaite qu'il n'y ait plus d'autorisation d'OGM sans le renforcement de l'expertise scientifique communautaire, en application des conclusions adoptées à l'unanimité par les Etats membres, lors du Conseil européen des ministres de l'Environnement du 4 décembre 2008", ajoutent les ministres. Ils rappellent que la décision de la commission suit "la procédure normale prévue par la réglementation, à la suite de l'absence d'accord politique entre les Etats membres sur ce dossier, lors de la session du 16 juillet 2007 du Conseil agriculture".

"La France a décidé de saisir le Haut conseil des biotechnologies" le 22 février dernier, avait précisé plus tôt le ministère de l'Ecologie, contacté par l'AP. L'avis du HCB est attendu d'ici à quelques mois.

En janvier 2008, le gouvernement français avait décidé d'activer la clause de sauvegarde sur le maïs transgénique MON810, seul OGM cultivé en France à des fins commerciales.

Après un avis favorable de l'Agence européenne de sécurité des aliments (EFSA), Bruxelles a donné son feu vert mardi à la culture, à des fins industrielles, de la pomme de terre Amflora, la première autorisation de culture OGM accordée depuis 1998. La Commission européenne a également approuvé la mise sur le marché de trois produits contenant du maïs génétiquement modifié, pour l'alimentation humaine et animale mais pas pour la culture.

"On est tous transformés en cobayes", a déploré Corinne Lepage, présidente de la formation Cap-21 et vice-présidente du MoDem après la décision de Bruxelles. "C'est un très mauvais signal pour l'opinion publique européenne, qui est défavorable à la culture d'OGM", a déclaré à l'Associated Press la députée européenne.

Le président de la Commission européenne José Manuel Barroso "a fait un passage en force pour imposer les cultures OGM contre le public", a affirmé à l'Associated Press Lylian Le Goff, responsable du dossier OGM pour l'association France Nature Environnement (FNE). Bruxelles agit "contre l'avis par deux fois émis à la majorité du conseil des ministres de l'Agriculture européens l'année dernière", qui dénonçait l'insuffisance des tests sanitaires et environnementaux, a-t-il dénoncé.

"La France a le droit et le devoir de mettre en place une nouvelle clause de sauvegarde sur la culture de cette pomme de terre sur son territoire", a réagi Greenpeace. "La balle est dans le camp du ministre" de l'Ecologie Jean-Louis Borloo, "qui doit activer la clause de sauvegarde au plus vite". "Il a tous les éléments pour le faire", a affirmé Sarah Pecas, chargée de campagne OGM pour Greenpeace France, dans un communiqué.

"Nous espérons que le gouvernement prendra une décision qui aille dans le sens "du respect du principe de précaution et du respect de la sensibilité du public", a renchéri Lylian le Goff.

José Bové, militant de la première heure de la lutte anti-OGM, aujourd'hui député européen Europe Ecologie, a dénoncé les effets du "lobbying" exercé sur la commission européenne et sur José Manuel Barroso. "L'Europe n'est pas très courageuse et M. Barroso (...), une fois de plus, confirme qu'il a fait le choix des multinationales des OGM contre la majorité des citoyens européens et des gouvernements", a-t-il dénoncé sur RTL, demandant aux ministres Jean-Louis Borloo et Bruno Le Maire de "faire jouer la clause de sauvegarde" et de "remonter au créneau" face à la commission.

"Il faut qu'il y ait véritablement un organisme d'évaluation indépendant" des OGM, comme le Haut conseil des biotechnologies, "qui vient de se mettre en place depuis un an en France", a-t-il également plaidé, car "ce sont uniquement les éléments apportés par la firme, en l'occurence BASF, qui permettent aujourd'hui les autorisations".

La fiabilité des études scientifiques ayant motivé la décision de la Commission européenne était au coeur des critiques. "A plusieurs reprises, on a fait la preuve que l'évaluation des risques environnementaux, et surtout sanitaires, des dossiers sur les cultures OGM n'étaient pas recevables sur le plan scientifique", a estimé M. Le Goff. Le comité scientifique du HCB a ainsi dénoncé le fait que la "puissance statistique de ces tests était insuffisante pour écarter la toxicité des OGM", rappelle-t-il, estimant qu'"on est légitimement en droit d'être très suspicieux sur ces autorisations".

"Les études ne sont pas faites par les pouvoirs publics mais par les firmes elles-mêmes" et gardées secrètes, ce qui est contraire à la loi communautaire, a dénoncé aussi Mme Lepage, qui parle d'un manque de "traçabilité". La député européenne met directement en cause l'EFSA, qui "reconnaît des effets statistiquement significatifs sur la santé mais n'en tire pas de conclusions".

Concernant la culture de la pomme de terre Amflora, enrichie en amidon, notamment pour les besoins de l'industrie papetière, Sarah Pecas rappelle que "depuis six ans, l'innocuité de cette pomme de terre fait l'objet de controverses scientifiques". "Par cette décision, Dalli, le commissaire pourtant chargé de la protection des consommateurs, nie tous les débats scientifiques sur les potentiels dangers que représente cette pomme de terre et le fait que l'opinion publique européenne ne veut pas d'OGM", accuse Greenpeace. AP