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29/07/2016

Perturbateurs endocriniens : comment faire des profits à coup sûr ?

Ceux qui les fabriquent sont les mêmes que ceux qui produisent les médicaments qui essayent de soulager les malades.

lu sur :

La Commission européenne doit-elle revoir sa copie ? A la mi-juin, avec deux ans et demi de retard sur le calendrier réglementaire, l’exécutif européen proposait des critères définissant les perturbateurs endocriniens – ces polluants de l’environnement (pesticides, plastifiants, solvants, etc.) capables d’interférer avec le système hormonal et nocifs à faibles niveaux d’exposition. Dans un commentaire critique publié mercredi 27 juillet, l’Endocrine Society estime que les propositions de Bruxelles en la matière ne sont pas à même de protéger la santé publique.

Les termes utilisés par la société savante d’origine américaine, qui représente 18 000 chercheurs et cliniciens internationaux spécialistes du système hormonal, sont sans ambiguïté. Les critères proposés par Bruxelles ne respectent pas l’état de la science et exigent « un niveau de certitude scientifiquement presque inatteignable » pour classer une substance dans la catégorie des perturbateurs endocriniens. Ceux-ci sont présents à des degrés divers dans la chaîne alimentaire, de même que dans une grande variété de produits domestiques d’usage courant (contenants alimentaires, cosmétiques, retardateurs de flamme…).

« En dépit de l’état de la science, les critères proposés par la Commission européenne conduiraient à attendre jusqu’à être certain qu’un produit chimique est responsable d’effets délétères pour la santé humaine avant d’agir, détaille la société savante dans sa lettre. Du fait qu’il faut attendre plusieurs années ou générations avant que les dégâts d’un perturbateur endocrinien ne deviennent apparents, cette approche permettrait à des substances de synthèse de produire des dégâts substantiels sur les populations avant qu’elles soient régulées. »

« Un coût humain incalculable »

L’Endocrine Society souligne que plus de 1 300 études publiées dans la littérature scientifique font état de « liens entre l’exposition aux perturbateurs endocriniens et des maladies ou des troubles sérieux comme l’infertilité, le diabète, l’obésité, des cancers hormono-dépendants et des désordres neurologiques ». Les scientifiques rappellent que des études récentes suggèrent que les dégâts sanitaires dus à l’exposition de la population européenne à ces substances non encore régulées sont « de l’ordre de 163 milliards d’euros par an, en frais de santé et en perte de productivité économique ». « Le coût humain, lui, est incalculable », ajoute la société savante.

Avant d’être adoptés, les critères mis sur la table par Bruxelles devront être discutés par les Etats membres et passeront devant le Parlement européen. « La Commission prend note du commentaire de l’Endocrine Society et l’évaluera, de même que les commentaires reçus par les autres parties prenantes et les pays tiers, dans le contexte de l’Organisation mondiale du commerce », dit-on à Bruxelles.

Plusieurs Etats membres ont manifesté leur désaccord. En déplacement à l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail, Ségolène Royal a déclaré, jeudi 28 juillet, que la proposition de réglementation de Bruxelles était « extrêmement décevante ». La ministre française de l’environnement a ajouté avoir écrit, « avec [s]es homologues danois et suédois », à Jean-Claude Juncker, le président de l’exécutif européen, « pour défendre une position ambitieuse permettant notamment d’interdire l’utilisation de perturbateurs endocriniens dans les pesticides ».

Poursuivie en carence par plusieurs Etats membres, le Conseil et le Parlement européens, la Commission a été condamnée par la Cour de justice de l’Union européenne, en décembre 2015, pour avoir tardé à publier les fameux critères réglementaires.


image: http://s1.lemde.fr/image/2014/04/18/24x24/1100512061_4_69da_13978337662458-photo_c9ba65d8f20a753dc99c4985b470bd9d.jpg

Stéphane Foucart
Journaliste au Monde

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/planete/article/2016/07/29/polluants-chimiques-le-projet-de-reglementation-de-bruxelles-critique-par-les-scientifiques_4976260_3244.html#aHRxICMwsmHKiek0.99

10/06/2016

Palestine : l'Europe peut-elle être à ce point passive ?

à lire :

Israël a démoli pour 74 millions de dollars de projets européens

arretsurinfo.ch/israel-a-demoli-pour-74-millions-de-dollars-de-projets-europeens/

08/06/2016

Traité de "libre échange" : Bruxelles triche !

à lire sur :

Opération sauvetage | Le Devoir

www.ledevoir.com › Économie › Actualités économiques

Il y a 3 heures - Bruxelles use de stratégie pour préserver l'accord avec Ottawa.

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Il faut sauver l’accord entre l’Union européenne (UE) et le Canada ! Cet objectif est devenu une des priorités de la Commission Juncker. C’est pour cela qu’elle souhaiterait, début juillet, inviter les États membres à ratifier cet accord de libre-échange baptisé AECG (pour Accord économique et commercial global) conclu avec Ottawa en septembre 2014, mais aussi proposer qu’il soit considéré comme un accord « européen ». Elle fait donc plancher son service juridique sur le sujet, espérant qu’il validera au plus vite cette position. La subtilité ? Pour être ratifié, un accord « européen » peut se contenter du feu vert du Conseil (les gouvernements des Vingt-huit) et du Parlement de Strasbourg.

( lire le suite dans le fichier : Opération sauvetage | Le Devoir.pdf  )

02/06/2015

Europe de "la concurrence libre et non faussée" : démantèlement de la SNCF

à lire sur le site de MEDIAPART :

En route vers le démantèlement de la SNCF
PAR MARTINE ORANGE

Le rapport parlementaire sur les trains interrégionaux n’est pas là pour résoudre la situation honteuse d’une partie des transports ferroviaires. Les transports régionaux sont appelés à « servir de terrain d’expérimentation à l’ouverture à la concurrence », selon lui. À terme, c’est la fin de toute politique d’aménagement du territoire et le démantèlement d’un des derniers services publics français. Pour le seul bénéfice de la route.

12/02/2015

Le problème de l'Europe n'est pas la Grèce

c'est l'actuel projet européen lui même qui est le problème.

(remarque : si je mets parfois des articles en anglais, c'est que je n'en trouve pas l'équivalent en français)

lu sur The Guardian :

 

Pablo IglesiasIf the Greek olive branch is rejectedEurope may fall ...

 

www.theguardian.com/.../pablo-iglesias-greek-europe-greece-alexis-tsipras

  

The new despots who are trying to persuade us that Europe’s problem is Greece are putting the European project itself at risk.  

During his swearing-in speech as Greece’s prime minister, Alexis Tsipras was clear: “Our aim is to achieve a solution that is mutually beneficial for both Greece and our partners. Greece wants to pay its debt.”

The European Central Bank’s (ECB) response to the Greek government’s desire to be conciliatory and responsible, was also very clear: negative. Either the Greek government abandons the programme on which it was elected, and continues to do the very thing that has been disastrous for Greece, or the ECB will stop supporting Greek debt.

The ECB’s calculation is not only arrogant, it is incoherent. The same central bank that recognised its mistakes a few weeks ago and began to buy government debt is now denying financing to the very states that have been arguing for years that the role of a central bank should be to back up governments in protecting their citizens rather than to rescue the financial bodies that caused the crisis.

Now, instead of acknowledging that Greece deserves at least the same treatment as any other EU member state, the ECB has decided to shoot the messenger. Excesses of arrogance and political short-sightedness cost dear. The new despots who are trying to persuade us that Europe’s problem is Greece are putting the European project itself at risk.

Europe’s problem is not that the Greeks voted for a different option from the one that led them to disaster; that is simply democratic normality. Europe’s threefold problem is inequality, unemployment and debt – and this is neither new nor exclusively Greek.

Nobody can deny that austerity has not solved this problem, but rather has exacerbated the crisis. Let’s spell it out: the diktats of those who still appear to be running things in Europe have failed, and the victims of this inefficiency and irresponsibility are Europe’s citizens.

It is for this precise reason that trust in the old political elites has collapsed; it is why Syriza won in Greece and why Podemos – the party I lead – can win in Spain. But not all the alternatives to these failed policies are as committed as Syriza and Podemos are to Europe and to European democracy and values.

The Greeks have been pushed to the point of disaster, yet the Greek government has reached out and shown great willingness to cooperate. It has requested a bridge agreement that would give both sides until June to deal with what is little short of a national emergency for the majority of the Greek population.

It has proposed linking repayment of the debt to growth (the only real way of paying creditors and of guaranteeing their rights), and has indicated its desire to implement those structural reforms needed to strengthen an impoverished state left too long in the hands of corrupt elites.

Greece has accepted a primary surplus (1.5% of GDP instead of the 3% that the troika had demanded) to give a minimum margin for dealing with the social consequences of the crisis and to devote, if necessary, a portion of the profits made by central banks after buying Greek bonds.

This means, pure and simple, making sure the European money destined to help Greece is in fact aid for citizens and for the economy, and not a way of rewarding the banks and slowing down recovery. However, faced with the statesmanlike moderation of a government that would have every reason to be more drastic, the ECB and the German chancellor, Angela Merkel, respond with a dogmatic arrogance that sits ill with European values. The question is: who will pay for their arrogance? The most short-sighted cynics perhaps think that this is the Greek government’s problem and it does not affect the rest of the European family.

Yet we need only look at what has happened to the Greek socialist movement Pasok; the formerly mighty German SPD, which is now utterly subordinate to Merkel; the ideological collapse of the French Socialist party, heading for historic humiliation at the hands of Marine Le Pen; and at the socialists in Spain, who are so desperate they would prefer the right to win the coming election rather than Podemos.

Austerity has shattered the political space historically occupied by social democracy, so it would be in the interests of these parties to rectify this and support the Greek government.

It seems that Italy’s Matteo Renzi, despite his lukewarm support, is alone in fully grasping what is at stake in Greece. Or do people perhaps think that if Europe’s leadership refuses to budge in its attitude, then the “normality” of austerity can be restored? It is unwise to put a democratic government between a rock and a hard place. The wind of change that is blowing in Europe could become a storm that speeds up geopolitical changes, with unpredictable consequences.

The viability of the European project is at stake. Pro-Europeans, especially those in the socialist family, should accept the hand offered by Tsipras and help curb the demands of the pro-austerity lobby. It’s not just their own political survival that is at stake but that of Europe itself.

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sur le même sujet :

Grèce : constat d'échec à l'Eurogroupe
 
La première rencontre formelle entre le nouveau ministre des finances grec et ses homologues européens s’est soldée par un échec, mercredi soir.

06/01/2015

Europe Méditerranéenne : contre l'Europe de la concurrence libre et non faussée anglo-saxonne

lu sur :

SyrizaPodemos... la bourrasque venue du Sud de l'Europe

Libération

MARC SEMO ET LUC PEILLON 4 JANVIER 2015 À 20:56 (MIS À JOUR : 5 JANVIER 2015 À 07:40)
RÉCIT Epouvantails de Bruxelles ou Berlin, les partis de gauche radicale grecs et espagnols, qui ont cessé d’évoquer l’abandon de l’euro ou le non-remboursement de la dette, sont aux portes du pouvoir.
 
Un spectre hante l’Europe… A entendre les mises en garde de nombre de capitales de l’Union européenne face à l’émergence des mouvements de la gauche radicale en Grèce et en Espagne, la célèbre première phrase du Manifeste communiste semble retrouver son actualité. Syriza caracole en tête des sondages pour les législatives anticipées du 25 janvier (lire ci-contre). Podemos serait aussi, dans les intentions de vote, la première force politique espagnole pour le scrutin de novembre (lire page 4). D’où une inquiétude croissante à Bruxelles et surtout à Berlin où, selon Der Spiegel, la chancellerie «juge quasiment inévitable une sortie de la Grèce de la zone euro» si le nouveau gouvernement «abandonne la ligne de rigueur budgétaire». D’autres de souligner une possible contagion. «Le risque, cette fois, n’est pas économique mais politique», note un éditorial de La Repubblica, le quotidien de centre gauche italien qui soutient la politique réformiste de Matteo Renzi.

«Oppression». Face aux populismes d’extrême droite anti-immigrés et anti-euro du nord du continent, qui prospèrent sur le refus de la solidarité, une révolte colorée d’un rouge vif mâtiné de vert se lève au sud. Elle refuse des politiques d’austérité imposées qui, en Grèce, ont mis un jeune sur deux au chômage, réduit de 26% en cinq ans le PIB du pays, mais pas la dette. «La démocratie ne s’impose pas par le chantage», rappelle volontiers Aléxis Tsípras, le leader de Syriza. Et Pablo Iglesias, son homologue de Podemos, de pourfendre «l’oppression exercée par l’Europe et le FMI». 

Le réformisme de Tony Blair - suivi par le Parti socialiste espagnol, les démocrates italiens, le SPD de Gerhard Schröder et maintenant François Hollande - a en partie adapté les fondamentaux de la gauche à la nouvelle donne d’un monde globalisé. Mais ce projet fondé sur le sociétal ou l’émancipation individuelle plutôt que collective passe mal dans les pays mis en coupe réglée par la troïka (Commission, FMI et BCE). D’où le succès de ces mouvements au verbe radical.

«Il y a un grand écart entre leur rhétorique et leur programme», note néanmoins Marc Lazar (lire page 6), de Sciences-Po Paris, qui souligne qu’au-delà de formes politiques novatrices, leurs programmes reprennent pour l’essentiel les recettes keynésiennes de la social-démocratie des années 60-70. Podemos, désormais, se réfère plus au réformiste suédois Olof Palme qu’au révolutionnaire Hugo Chávez. Quant à Syriza, s’il arrive en tête au prochain scrutin, il n’aura pas les moyens de gouverner seul.

A l’approche du pouvoir, les deux formations ont d’ailleurs revu leurs ambitions à la baisse. Plus question, par exemple, de sortir de l’euro pour Syriza. «A une époque, il y avait un courant qui était en faveur du retour à la drachme. Cette question est désormais tranchée : nous resterons dans la zone euro», confiait ainsi il y a quelques jours à Libération le député George Stathakis, probable ministre des Finances d’un gouvernement Syriza. Pas question non plus de suspendre unilatéralement les remboursements. L’objectif désormais : renégocier la charge d’une dette devenue insoutenable (177% du PIB), et dont les remboursements empêchent l’économie grecque de redécoller. Après les discussions avec les créanciers privés en 2012, qui avaient conduit à une décote de plus de 70% des titres, la gauche radicale aimerait, cette fois-ci, faire plier les détenteurs publics (Etats membres, BCE…).

Un pari difficile s’il conduit à devoir faire accepter une perte sèche aux contribuables des pays prêteurs. Et notamment en Allemagne, où ni la chancelière ni l’opinion publique ne sont prêtes à «payer» pour les Grecs. Mais, de fait, il s’agit d’une revendication proche de ce que réclament d’ores et déjà les actuelles autorités du pays.

Pause. En Espagne aussi, Podemos en rabat sur la question de la dette, même si l’endettement espagnol (proche de celui de la France avec près de 100% du PIB) représente un problème moins aigu qu’en Grèce. La position de la formation ibérique d’extrême gauche n’est plus le non-remboursement, mais la mutualisation des dettes nationales (et donc espagnole) au niveau européen, via des mécanismes du type eurobond. Un système permettant de garantir des taux d’emprunt peu élevés pour des pays qui ne parviennent plus à se financer seuls sur les marchés, ou à des coûts très élevés. Position, là encore, partagée par de nombreux économistes en Europe.

Pour le reste, Syriza continue cependant de prôner une pause dans l’austérité et une hausse du Smic, mais concentre également son discours sur la réforme de l’Etat, la lutte contre la bureaucratie, en encore la création d’un cadastre, autant de points qui pourraient séduire la nouvelle Commission européenne. Quant à Podemos, exit la retraite à 60 ans (la revendication est passée à 65 ans) ou le revenu garanti pour tous. Ses responsables revendiquent désormais une réforme fiscale, et les 35 heures…

13/06/2013

L'Europe ! L'Europe ! L'Europe !

Lu sur le Canard Enchaîné de cette semaine :

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à propos d'Europe à 27, voir aussi : 

Politique européenne ? Rien à espérer d'une Europe "à 27" ...

 et aussi :

Faillite et financement par le contribuable

L'Europe finance les délocalisations avec l'argent des contribuables 

Euroscepticisme _ avis de tempête sur l'UE.pdf

Sortir de "l'Europe à 27" ?

Sortir de l'Euro : point de...

Les OGM approuvés par l’UE...

Pourquoi faut-il que les États payent 600 fois plus...

Les retraites en Europe

et encore, acheter "Manière de voir" n°129 (juin/juillet 2013), 8,50€ chez votre marchand de journeaux habituel :

Europe, droit d'inventaire - Le Monde diplomatique

« Manière de voir » n° 129 — Juin - juillet 2013

La construction européenne, telle que nous la connaissons, n’a-t-elle aucun sens ? Dire cela serait exagéré après soixante ans de travail partagé. En revanche, elle relève plus à certains égards du registre de la croyance que de la raison. N’est-ce pas la « foi » qui, en définitive, justifie un autoritarisme de plus en plus ouvert, tournant le dos aux valeurs démocratiques que l’Union est supposée défendre ?

13/02/2013

Corruption, argent, assassinats, Russie, Europe

lu sur :

http://www.lemonde.fr/international/article/2013/02/12/affaire-magnitski-l-option-de-sanctions-contre-des-responsables-russes-pour-les-europeens_1830863_3210.html

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Affaire Magnitski : l'option de sanctions contre des responsables russes pour les Européens

LE MONDE | 12.02.2013 à 13h26 • Mis à jour le 12.02.2013 à 13h26

Par Piotr Smolar

Après les Etats-Unis, l'Europe. Changement de front pour les promoteurs de sanctions contre les responsables russes impliqués dans la mort de l'avocat Sergueï Magnitski. Ils ont déjà remporté une partie majeure à Washington. Le 14 décembre 2012, le président, Barack Obama, a promulgué une loi prévoyant des sanctions contre des dizaines de hauts fonctionnaires russes coupables d'atteintes aux droits de l'homme. Ce texte porte le nom de l'ancien avocat du fonds d'investissement Hermitage Capital Management, maltraité et décédé en prison en 2009, après avoir découvert une vaste escroquerie fiscale de 230 millions de dollars (172 millions d'euros).

Depuis, le patron d'Hermitage, Bill Browder, parcourt les capitales européennes pour encercler les coupables. Son objectif : l'adoption d'une liste semblable dans un des pays de la zone Schengen, afin que les sanctions deviennent applicables dans l'ensemble de cet espace. De passage à Paris lundi 11 février, il cherche des soutiens parmi les parlementaires français. "Il s'agit d'une question non partisane, dit-il. Nous ne demandons pas de changement de politique à l'égard de la Russie, mais des mesures visant les responsables en cause. La question posée aux dirigeants français est simple : voulez-vous que des criminels et des tortionnaires se déplacent librement en France ?" Bill Browder fait référence aux biens immobiliers qu'auraient acquis, selon lui, certains membres de ce groupe. "Il y a trois pays où les Russes aiment posséder des propriétés, explique-t-il : la Grande-Bretagne, la France et l'Italie."

 

Cette question devrait prendre de l'ampleur, à l'approche de la visite de François Hollande à Moscou, le 28 février. Le chantier reporté de la cathédrale orthodoxe à Paris, l'imbroglio autour des navires Mistral achetés par la Russie et enfin l'affaire Depardieu ont provoqué des mouvements d'humeur entre les deux capitales.

EFFET DOMINO

Pourtant, au Quai d'Orsay, on ne semble guère préoccupé par le dossier Magnitski. On souligne qu'il n'a jamais été évoqué au niveau européen. Le 23 octobre 2012, le Parlement à Strasbourg a adopté une résolution non contraignante en faveur des sanctions, mais elles n'ont pas figuré à l'ordre du jour à Bruxelles. Côté français, on relativise aussi l'impact de l'affaire Magnitski dans les relations entre les Etats-Unis et la Russie. "Ce dossier est un irritant sur une liste qui en comprend plusieurs, précise un diplomate. Mais les deux pays ont l'habitude de travailler sur des sujets précis en contournant les obstacles."

En réaction au Magnitski Act, la Douma (la Chambre basse du Parlement russe) a adopté une législation très contestée, interdisant notamment aux parents américains d'adopter des orphelins russes. Mais cette mesure de rétorsion a eu des effets secondaires. Elle a provoqué un trouble dans une partie des élites, donné de nouveaux arguments à l'opposition dans la rue et trahi la fébrilité des responsables russes, inquiets pour leurs avoirs. Le procès post mortem du juriste pour fraude fiscale, prévu le 18 février, donne un indice de la dimension prise par l'affaire et de la crainte d'un effet domino dans les pays occidentaux.

Car parallèlement aux sanctions, un autre front est ouvert, celui des investigations judiciaires. Plusieurs pays - la Suisse, la Lettonie, la Lituanie, Chypre, la Moldavie - se sont lancés à la recherche des 230 millions de dollars blanchis. En Suisse, le ministère public de la Confédération vient de bloquer plusieurs comptes auprès du Credit suisse et d'autres banques, dans le cadre d'une enquête ouverte depuis mars 2011. Un témoin clé, Alexander Perepilichny, est décédé en novembre 2012. Cet homme d'affaire russe de 44 ans a renseigné la justice suisse sur l'implication de hauts fonctionnaires russes dans le réseau.

En Moldavie, le centre national anticorruption a ouvert une instruction pour vérifier la circulation des fonds par le biais de son territoire. Selon des documents obtenus par le fonds Hermitage, le groupe criminel russe aurait transféré 53 millions de dollars en 2008 sur deux comptes appartenant à la banque Banca de Economii, contrôlée par l'Etat, avant qu'ils soient redistribués immédiatement vers d'autres comptes à l'étranger. Le premier ministre, Vladimir Filat, qui défend l'ambition européenne de la Moldavie, a déclaré qu'il supervisera directement cette enquête.

08/02/2012

La Russie, la Syrie et l'Europe

lu sur :

http://www.lepoint.fr/chroniqueurs-du-point/michel-colomes/pourquoi-poutine-ne-veut-pas-lacher-assad-07-02-2012-1428406_55.php?xtor=EPR-6-[Newsletter-Quotidienne]-20120208

Pourquoi Poutine ne veut pas lâcher Assad

Quatre raisons pour lesquelles la Russie prend le risque d'une tension digne de la guerre froide pour soutenir le régime syrien.

"Ce sont des déclarations hystériques !" Avant même d'arriver ce mardi 7 février à Damas, Sergueï Lavrov, le ministre des Affaires étrangères russe, a donné le ton de sa visite à Bachar el-Assad en s'en prenant violemment aux critiques des Occidentaux après le veto opposé par Moscou à la dernière résolution du Conseil de sécurité sur les violences en Syrie. Pour protéger son seul allié au Proche-Orient, Moscou n'hésite pas à ressortir une panoplie verbale que l'on croyait disparue depuis la guerre froide. Autant dire que, sauf miracle, il y a peu à attendre de la visite du ministre des Affaires étrangères russe. Sauf, bien sûr, l'annonce d'un renforcement des liens et de la présence militaire russe dans un pays au bord de la guerre civile. Il n'est même pas sûr que Lavrov évoque auprès du despote de Damas les conséquences humanitaires dramatiques d'une répression de plus en plus aveugle qui a encore tué des dizaines de civils ces dernières nuits.

D'ailleurs, l'intransigeance de Moscou est soulignée par cette anecdote rapportée par l'ambassadeur de France aux Nations unies, Gérard Araud. Il a en effet expliqué au Monde que les Occidentaux avaient tellement amendé et adouci la résolution présentée au vote du Conseil de sécurité sur la Syrie que l'ambassadeur russe Vitali Tchourkine leur avait promis de recommander à son gouvernement un vote positif. Le lendemain, en séance, Tchourkine, crinière blanche, regard fixe, a pourtant levé la main pour s'opposer au texte proposé, sans trop oser regarder ses collègues, tant ce service commandé en forme de reniement lui était sans doute pénible.

Tirant les conséquences de cette position hostile qui constitue, comme l'a dit le ministre des Affaires étrangères du Qatar, "un permis de tuer donné à Assad", les États-Unis ont d'ailleurs fermé leur ambassade à Damas, tandis que Paris et Londres rappelaient leurs ambassadeurs en consultation. Pourquoi Poutine, qui jusqu'à l'affaire de Libye, il y a un an, semblait vouloir créer une sorte de partenariat aussi bien avec Obama qu'avec l'Europe de Sarkozy et Merkel, a-t-il pris le risque d'un retour à des relations aussi congelées que la Loire peut l'être cette semaine ?

- D'abord la Russie a eu le sentiment qu'en donnant son aval aux Occidentaux, l'an dernier, pour protéger les civils en Libye, elle s'était fait rouler dans la farine. C'était un blanc-seing pour renverser Kadhafi que cherchaient Sarkozy, Obama et Cameron. Et ils l'ont obtenu sans que Moscou puisse revenir sur le feu vert imprudemment donné.

- Ensuite la Syrie, dès les années 60, a fait partie des affidés de l'Union soviétique. Armement, investissements, soutien diplomatique, relais pour les espions du KGB, refuge pour les terroristes palestiniens protégés par le Kremlin... Hafez el-Assad, le père de Bachar, a été le meilleur allié de l'URSS au Proche-Orient. Son fils l'est redevenu après avoir un temps fait risette à Paris ou Washington.

- Depuis la chute du communisme, Moscou a d'autant plus prolongé ce partenariat qu'il était l'un des seuls qu'il lui restait dans la région. On estime à 20 milliards de dollars les investissements russes en Syrie, avec notamment une usine de traitement du gaz naturel à 200 kilomètres de Homs. Quant au plan militaire, outre la livraison récente d'avions de combat d'une valeur de 4 milliards de dollars, le port de Tartous, dont les travaux de modernisation viennent de s'achever comme prévu début 2012, est redevenu une base navale russe permanente où font escale navires lance-missiles et sous-marins nucléaires lanceurs d'engins. Une position stratégique pour contrôler la flotte américaine en Méditerranée et dans le Golfe.

- Enfin la Russie se moque pas mal des condamnations et des menaces de la Ligue arabe éventuellement assorties d'un risque d'embargo sur le pétrole. Tout simplement parce que Moscou est un des plus gros producteurs mondiaux de gaz et de pétrole. Autant dire que ce sont les Russes qui ont la main sur les vannes des oléoducs alimentant un certain nombre de leurs clients, notamment européens, et pas l'inverse. C'est ce qu'on appelle une position de force.

01/04/2011

Directive 297/2011de l'UE à propos de Fukushima

lu sur :

http://eur-lex.europa.eu/fr/index.htm

  • 26/03/2011
  • Règlement d'exécution (UE) no 297/2011 de la Commission du 25 mars 2011 imposant des conditions particulières à l'importation de denrées alimentaires et d'aliments pour animaux originaires ou en provenance du Japon à la suite de l'accident survenu à la centrale nucléaire de Fukushima .

  • (Texte présentant de l'intérêt pour l'EEE) pdf