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14/03/2017

Enquête publique dans notre quartier (suite)

parfumerie.pngSi vous allez consulter le dossier de l'enquête publique en cours, vous verrez que la parfumerie Monternier, 51 rue de la Méditerranée, est considérée comme un bâtiment "à conserver".

Voici une photo aérienne de cette parfumerie, du temps où elle existait encore :

parfumerie.png

Si vous allez à cette adresse aujourd'hui, vous verrez ... un grand trou de chantier !

Bravo pour la préservation du patrimoine !!!

parfumerie-méditerranée.png

13/03/2017

Enquête publique dans notre quartier

Avis d'enquêtes publiques - Ville de Montpellier

www.montpellier.fr/382-enquetes-publiques-concertations.htm

Aller à Avis d'ouverture d'enquête publique portant sur le projet de création ... - Télécharger l'avis d'enquête ...

 

Avis d'ouverture d'enquête publique portant sur le projet de création de trois aires de mise en valeur de l'architecture et du patrimoine (AVAP)

Transformation des zones de protection du patrimoine architectural, urbain et paysager (ZPPAUP) de la Ville de Montpellier

Par arrêté n°A2017-41 en date du 08 février 2017, Monsieur le Président de Montpellier Méditerranée Métropole a ordonné l'ouverture d'une enquête publique, du lundi 13 mars 2017 au mercredi 12 avril 2017 inclus (soit 31 jours consécutifs), portant sur le projet de création de trois aires de mise en valeur de l'architecture et du patrimoine (AVAP) - transformation des zones de protection du patrimoine architectural, urbain et paysager (ZPPAUP) de la Ville de Montpellier.

09/03/2017

"Ondes électromagnétiques, antennes relais, quels effets sur notre santé et l'environnement ?"

Conférence-débat le vendredi 17 mars à 20 h 30 - Salle polyvalente Marcelin Albert de Montbazin (Hérault)


"Ondes électromagnétiques, antennes relais, quels effets sur notre santé et l'environnement ?"

 
Invités
Michèle RIVASI, députée européenne Europe Ecologie Les Verts et présidente du Centre de recherche et d'information indépendantes sur les rayonnements électromagnétiques (Criirem)
Alain COLLOMB, Docteur et Président de l'Association Santé Environnement Provence
 
Organisation : Collectif Montbazinois pour une antenne-relais loin des maisons
 
Entrée gratuite

31/10/2016

Gare de la Mogère : retour à la raison ?

Ci dessous le communiqué du collectif contre la gare TGV de Montpellier- la Mogère du 29 octobre

(les surlignages sont de moi)
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Gare de la Mogère : la Région a raison d’arrêter les frais


Le comité de pilotage du CNM (Contournement ferroviaire de Nîmes et Montpellier) a permis à SNCF Mobilités de donner ses prévisions de trafic : 2 TGV par jour et par sens à la gare de la Mogère.

Nous le dénoncions depuis des années, comme les centaines de citoyens qui ont dit non à ce projet de gare lors de l’enquête publique de septembre 2014 : cette gare est absurde.


La Région Occitanie en tire la conclusion : il faut arrêter les frais. Nous nous en réjouissons.


L’annonce que le fret ferroviaire sera incité à utiliser le CNM par un péage non majoré est également une excellente nouvelle, conforme à la finalité première de cette ligne nouvelle.


Désormais, les autres partenaires doivent suivre l’exemple.

SNCF Réseau doit renoncer au parking géant prévu sur la zone inondable, et la Métropole de Montpellier doit annuler ses coûteux projets de raccordement : le nouveau pont au-dessus des voies et de l’A9bis (alors qu’il y a déjà un pont tout neuf à 300 m de là), et bien sûr l’extension du tramway L1 jusqu’à cette gare fantôme.

Les montants économisés doivent servir à des projets ferroviaires beaucoup plus utiles, dont les besoins devraient ressortir des conclusions des États Généraux du Rail et de l'Intermodalité, ainsi que des projets de tramway ou de tram-train utiles à la population.


Pour finaliser le CNM, il ne reste plus qu’à construire l’aiguillage de St-Brès (Hérault), qui dispose déjà d’une DUP, pour raccorder le CNM au coeur de Montpellier.

Ainsi aurait-on une connexion de secours pour éviter la paralysie de tout le trafic en cas de grave incident sur la voie classique Lunel-Nîmes, et la SNCF pourrait proposer quelques TGV ultra-directs entre le centre de Paris et le centre Montpellier, « en moins de 3 heures ».

Pendant ce temps, les recours contentieux, dont notre collectif a ouvert la voie, suivent leur cours : contre la déclaration de projet de la gare par SNCF Réseau, et contre le partenariat public-privé (PPP) avec la SAS Gare de la Mogère.

Des questions ont également été posées par la Commission Européenne aux autorités françaises, sur la manière dont elles ont autorisé la modification du projet de CNM, avec l’ajout de deux gares TGV initialement non prévues et du quartier ZAC Oz 1.


Il faut maintenant réfléchir à la nouvelle destination de ce bâtiment désormais inutile. Un appel à projets pourrait être lancé. Nous suggérons son utilisation comme salle de sport, afin de tirer profit des dimensions intérieures, de la hauteur sous plafond, et l’absence de pilier intérieur pour supporter la toiture.

06/09/2016

Tout TGV : passage en force ? Vivement les élections !

communiqué :

 


Qui a décidé d’accélérer les travaux au mépris de la loi ? Le Collectif pour conserver la « Gare TGV au Cœur de Nîmes » a constaté que la société Oc’Via a entrepris la construction d’ouvrages d’arts...

Qui a décidé d’accélérer les travaux au mépris de la loi ? Le Collectif pour conserver la « Gare TGV au Cœur de Nîmes » a constaté que la société Oc’Via a entrepris la construction d’ouvrages d’arts...

...devant servir au franchissement de la ligne ferroviaire Tarascon – Nîmes, par les futures voies de la gare dite de « Nîmes – Manduel – Redessan ».
LGV-Piles-Manduel


Sont ajoutés à la LGV, 2 ponts latéraux pour supporter la future gare de Manduel

Ces travaux ne pourraient pas être réalisés sans l’aval de la SNCF Réseau, partenaire d’Oc’Via pour la construction de la ligne nouvelle du Contournement de Nîmes et de Montpellier (CNM).

Qu’en pense Monsieur le Préfet ?

Sans avoir procédé à l’enquête publique annoncée pour début 2017, donc sans déclaration d’utilité publique (DUP), qui a décidé d’accélérer les travaux au mépris de la loi ? Alors même que l’utilité de cette gare, très prématurée, fortement contestée, reste à démontrer.

Il s’agit bien d’un passage en force, rendu visible au creux de l’été. Peu glorieux pour ceux qui ont pris cette initiative : ils donnent un bien mauvais exemple à l’ensemble des citoyens...D’autres exemples d’ouvrages publics contestés font encore l’actualité dans notre pays et laissent des cicatrices profondes dans l’opinion publique, avec une perte de confiance envers les décideurs.


Sont ajoutés à la LGV, 2 ponts latéraux pour supporter la future gare de Manduel

Le site Gare TGV au coeur de Nîmes : ici

La pétition pour la conservation de la gare TGV au cœur de Nîmes : ici

LIRE AUSSI : PROJET DES GARES TGV : L'ÉTÉ DES COUPS EN DOUCE

28/05/2016

La ville de Montpellier et les "promoteurs immobiliers" (suite) : Las Rebes

aujourd'hui, samedi 28 mai :

MONTPELLIER : Quel avenir pour la ZAD Las Rébes ?

à la ZAD rue Casseyrols

12 :30 : banquet républicain, -   14 :00 : le projet Alba : la dernière folie montpellièraine ? Parodie d’un aménagement déconcertant (pièce de théatre).    15 :00 : Réalités sociales et urbaines : le quartier vu par ceux qui l’habitent.     16 :00 : Pour un aménagement participatif de la colline Las Rebes.

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10/05/2016

États généraux du rail et gare de la Mogère : où en est le moratoire ?

communiqué :

États généraux du rail et gare de la Mogère : où en est le moratoire ?


Depuis le 21 avril et pour 80 jours la Région organise les états généraux du rail avec une grande consultation via un formulaire distribué dans les boites aux lettres, via une consultation par internet sur le site de la Région et via une série de réunions publiques.

Les réunions publiques dans les l'Hérault :
- 3 mai Béziers
- 24 mai Lodève
- 16 juin Montpellier

Cette démarche très intéressante ne permet pourtant pas de régler de façon démocratique la question des gares TGV hors villes centres, grands projets imposés par la SNCF partout en France avec des conséquences négatives en terme d'aménagement du territoire.

Le Nord (Hauts de France) avait ouvert la marche avec la fameuse gare des betteraves : TGV Picardie perdue au milieu des champs entre Amiens et Saint Quentin. Puis la gare de Valence TGV, Avignon TGV, etc.

Quel est le bilan des gares de ce type ?

Au regard du coût d'investissement, de la satisfaction (ou non) des usagers, de l'utilisation de la voiture pour la desserte (avec des parkings payants autour), de l'intermodalité transports en commun…

Quel comparatif avec les gares TGV de centre-ville : Lille-Europe, Strasbourg, Marseille ?

A ma connaissance ce genre d'études n'a jamais été mené et dans notre Région, nous allons voir sortir de terre une série de gares TGV excentrées :

- Nîmes Manduel
- Montpellier Sud de France La Mogère
- Béziers/Narbonne

La plus avancée est la gare de Montpellier La Mogère : la dalle a été posée et maintenant la charpente est en train d'être montée.

Une pétition en ligne a été lancée ce 21 avril 2016 et un collectif contre la gare de la Mogère existe depuis plusieurs années (voir articles précédents du site sur le sujet) :

Nouvelle gare TGV Montpellier : recours contre un projet absurde, inutile et couteux
Montpellier. Rassemblement mardi 13 octobre contre la nouvelle gare TGV
Montpellier. Le collectif contre la Gare de la Mogère répond à M. Delafoss

          
C'est sur cette base que l'accord de majorité signé le 21 décembre 2015 entre Carole Delga et Gérard Onesta suite aux élections régionales stipulait dans son article 3 :

« Dans l'attente des conclusions prochaines de ces États Généraux [du rail], nous proposons un moratoire sur les financements régionaux sur les projets faisant débat, tout en permettant le lancement des travaux pour les investissements ferroviaires pour lesquelles des études consensuelles ont été menées. »

Voir l'article sur le sujet sur le site : Etats généraux du rail et de l'intermodalité Grande région LR / MP

Gérard Onesta interviewé sur radio Languadoc (rediffusion entendue le 05/05/16) est sur cette position là et a rappelé le site de la pétition :

http://gareTGV-montpellier.agirpourlenvironnement.org

La Région est financeur de la gare pour 1/3 donc si elle avait arrêté son financement, le chantier aura probablement été stoppé.

Mais depuis décembre 2015, le chantier ne s'est pas arrêté du tout et il en arrivé maintenant à un niveau qui pose la question d'un retour en arrière : lorsque la charpente sera achevée pourra-t-on laisser le site en l'état ou devra-t-on finir le bâtiment puis ensuite l'entretenir et ouvrir la gare ?

Quel est donc cet engagement de moratoire sur les financements régionaux sur les projets faisant débat ? Cela concernait-il la gare de la Mogère ?

Au regard des photos ci-dessous prises le 14 avril 2016 par Michel Julien, membre du collectif contre la gare de la Mogère, que penser ?

Carole Delga est-elle en train de renier un engagement de son accord majoritaire au détriment des habitant-e-s de Montpellier et alentours ?

Aude Tramon

États généraux du rail et gare de la Mogère : où est le moratoire ...

www.resistons.net/index.php?.../États-généraux-du-rail-et-gare-de-la-Mo...
Il y a 4 jours - Depuis le 21 avril et pour 80 jours la Région organise les états généraux du rail avec une grande consultation via un formulaire distribué dans ...

Montpellier : la gare TGV de la Mogère au centre des “états généraux ...

france3-regions.francetvinfo.fr/.../montpellier-la-gare-tgv-de-la-mogere-...

24 mars 2016 - La future gare TGV de Montpellier de la Mogère est-elle inondable ? ... Généraux du Rail et des Intermodalités, mais c'est un moratoire des ...

02/05/2016

La ville de Montpellier et les "promoteurs immobiliers" (suite)

http://reporterre.net/A-Montpellier-Nuit-debout-cree-une-ZAD-ecologique-en-quartier-populaire

A Montpellier, Nuit debout crée une ZAD écologique en quartier populaire
2 mai 2016 / par Marie Astier (Reporterre)




Les jeunes de Nuit debout sont venus occuper un parc menacé par des constructions, en soutien aux habitants en lutte. Ce poumon vert est indispensable pour l’harmonie de ce quartier de Montpellier. Les enfants apprécient : ils jouent dans le parc !
 Montpellier, reportage
Les barrières de chantier ont été écartées pour ouvrir un passage. Un panneau coloré peint par des petites mains sur un grand morceau de carton annonce aux passants : « parc ouvert ». Au-delà, un étroit chemin s’enfonce entre les arbres pour déboucher sur une esplanade enherbée, dominée par une petite colline. De là haut, la vue embrasse les immeubles cernant l’unique espace vert du quartier.« Il faut venir au petit matin, on entend le concert des oiseaux », confie Aida Gradenigo, habitante de l’un des appartements HLM de la résidence Las Rébès à Montpellier, installée au pied de ce parc.
Depuis dix jours, l’élégante dame aux cheveux blancs n’est plus seule à les écouter le matin. Les lieux ont été investis par quelques dizaines de « jeunes » -étudiants, stagiaires, travailleurs -, venus avec leurs tentes et leurs outils au cœur de ce quartier populaire pour y installer une ZAD -comprenez« zone d’activité démocratique ». Ces nouveaux occupants ont répondu à un appel à l’aide des habitants du quartier. Ils sont une trentaine chaque soir à dormir sur place.
« Pour nous c’est un ballon d’oxygène », assure Hachème Amirpour, retraité de 73 ans. La vue depuis chez lui donne sur le parc. Un bâtiment pourrait être construit à dix mètres seulement de ses fenêtres. Cela fait un peu plus d’un an que les habitués de « la colline », comme on l’appelle ici, ont découvert un jour de début février un permis de construire affiché à l’entrée. Ils comprennent que 63 logements sociaux répartis en trois immeubles vont bientôt s’ériger sur cet hectare de verdure. Très vite, des habitants se réunissent et se mobilisent.

Hacheme, Aida, et Jean-Michel
« Depuis que la résidence Las Rébès a été racheté par l’office public HLM de la mairie, en 1999, les logements comme le square sont moins bien entretenus. Il y a déjà 68 % de logements sociaux dans notre résidence. Le quartier est saturé, la mixité sociale est en train de disparaître, ça suffit », estime Hachème. Mais après un an de réunions de voisinage, d’actions dans le parc et autour, de protestations auprès de la mairie ou dans les consultations de quartier, et de recours juridiques, toujours pas de réponse. Un matin, une première pelleteuse est arrivée, quelques habitants l’ont empêché de commencer. Une dizaine d’entre eux se sont retrouvés assignés en justice pour« entrave à la liberté du travail », en même temps que les deux associations qui défendent cet espace boisé. « On a eu 100 euros par personne d’astreinte, plus 100 autres euros à chaque fois que l’on empêchera les travaux, et les frais de justice sont à notre charge, détaille Hachème, qui fait partie des assignés. Cela fait beaucoup, parmi nous certains ne vivent qu’avec 460 euros pas mois. » Pour éviter de nouvelles sanctions financières, son association, Poumon Vert-Las Rébès, s’est dissoute. Les Enfants de la colline, eux, ont lancé une souscription pour payer les frais de justice :1.000 euros d’huissier plus 4.000 euros d’avocat.

Un parc au milieu des immeubles, menacé par la construction de trois nouveaux immeubles
Certains commençaient à désespérer, quand le mouvement Nuit Debout de Montpellier leur a donné un nouveau souffle. L’un des opposants a eu l’idée d’aller y raconter l’histoire du square menacé lors de l’assemblée générale. Un appel a été lancé à participer à un grand pique-nique le dimanche 17 avril. Le soir, certains plantaient leurs tentes, l’occupation était lancée.
Un centre aéré à ciel ouvert

Moins de deux semaines plus tard, on pourrait croire qu’ils sont là depuis plusieurs mois. Les bâches tendues entre les branches d’un grand peuplier abritent la cuisine. Une yourte fait office de salon-dortoir-lieu de réunion. Les eaux de la douche ruissellent vers le petit jardin en permaculture où les premières pousses pointent déjà. Le bois des arbres coupés laissé sur place a permis de construire des tipis au sol et des cabanes dans les arbres. Un peu à l’écart, un espace bureau pour les nombreux étudiants qui occupent le site a été aménagé. « On envisage aussi d’y faire du soutien scolaire », espère Jules, l’un de ceux qui a planté sa tente sous les arbres. En bordure de l’esplanade, une aire d’herbes hautes est protégée par des barrières, pour ne pas déranger les hérissons. Ils sont réputés nombreux sur la zone. Plusieurs espèces de chauve-souris ont également été repérées.

Salon, dortoir et salle de réunion : la yourte est bien utile
Camille affiche une liste des règles sur la zad. « La règle n°1, c’est l’autogestion ! », explique-t-elle. On compte sur chacun pour participer à la vie collective. Mais l’enjeu, c’est aussi de préserver le lieu -notamment en évitant des déchets - et surtout de ne pas déranger les habitants. L’alcool fort est interdit, musique, bière et vin sont proscrits après 22 heures en semaine, 23 heures le week-end. « Et tous les matins, on essaye de se lever vers sept heures pour que tout le monde soit prêt quand les gens arrivent », ajoute Camille.

La première régle est l’autogestion
Vers quatorze heures, le jardin s’anime de cris d’enfants. Le square est devenu le lieu de rendez-vous des gamins du coin. Sous la yourte, un cours de percussions s’organise. Vers le tipi des enfants, se tient un atelier peinture. Un match de foot s’installe sur l’esplanade tandis qu’une partie de balle au prisonnier commence en contrebas. Les « zadistes » font office de moniteurs de centre aéré. Pas besoin d’expliquer aux petits pourquoi une journaliste vient les voir. « Je ne veux pas qu’ils construisent parce que j’aime bien venir ici, on s’amuse », lance Bayane. « On est là pour jouer, avoir des nouvelles copines, pour profiter de la nature. C’est trop bien cet endroit, on rencontre des gens qu’on ne connaît pas ! » approuve Cherine.

Les enfants jouent entre les tentes
Certains viennent seuls, d’autres avec leurs mères. Elles, pour la plupart, se tiennent un peu à l’écart, installées sur des chaises de jardin en plastique. La majorité sont voilées. Un groupe d’ados en baskets et jogging tient conseil un peu plus près du campement. Anne, jeune maman voilée, vient avec ses deux enfants et n’hésite pas à se mêler à la bande d’occupants et d’habitants mobilisés qui fait vivre le campement : « Avant, j’avais l’habitude de traverser le parc tous les jours pour emmener les enfants à l’école. Mais on y restait peu. Depuis que c’est occupé, c’est du bonheur, on est dans la nature, les gamins ils se régalent, ils font autre chose que de regarder la télé, ils dorment mieux le soir. Et nous on rencontre des gens, des voisins. On a pris conscience de l’importance de garder ce bout de vert et on n’a plus envie de le laisser au béton. »

Tristan : « On nous rabâche qu’il faut casser les ghettos »
Tristan, la trentaine, rentre du boulot et vient promener son chien qui chahute avec les gamins. « Je viens tous les jours, raconte-t-il. J’habite ici depuis quatre ans et c’est au parc que j’ai rencontré mes voisins. Je ne comprends pas ce projet. Toute l’année, on nous rabâche qu’il faut casser les ghettos, faire de la mixité sociale, et un matin on nous dit qu’on va planter encore plus de logements sociaux dans un quartier où il y en a déjà plus de 500 ! »
« Dans un quartier avec espace vert, la criminalité baisse de 60 % »

En fin d’après-midi, deux animatrices improvisées ramènent trois petites filles qui habitent quelques centaines de mètres plus loin, dans la cité des Cévennes. Là, les immeubles sont deux fois plus haut qu’à Las Rébès. Au pied de la dizaine d’étages, se succèdent boulangerie, boucherie hallal, épicerie et tabac aux devantures délavées. La mosquée s’est installée dans un ancien supermarché. En face, entre deux barres, une dalle de béton est colonisée par une nuée d’enfants en rollers, surveillés depuis les balcons colorés de linge. On nous fait comprendre qu’il faut ranger l’appareil photo. « Il y a aussi des espaces verts chez nous », lâche une des fillettes en désignant quelques mètres carrés accueillant deux pins qui surmontent quelques buissons. « Mais c’est vrai qu’ici on tourne en rond, alors qu’au parc on fait de nouvelles activités », ajoute-t-elle.
« Le quartier s’est paupérisé ces cinq dernières années, la résidence des Cévennes est en voie de ghettoïsation et de paupérisation », affirme Jean-Michel Vidal. Ce fonctionnaire vit à Las Rébès depuis dix-sept ans. « On vient d’être classé Zone urbaine sensible. Derrière la préservation du parc il y a aussi un enjeu social. Pourquoi des gens plus démunis n’auraient-ils pas droit à un espace vert ? Ce sont justement ceux qui n’ont ni jardin, ni résidence secondaire ! Il y a une étude qui dit que dans un quartier avec des espaces verts, la criminalité baisse de 60 %. Les jeunes ont besoin d’un endroit où se détendre, où jouer au ballon, courir, au lieu d’être en bas de l’immeuble. Toute personne sensée sait ça ! »
En face, le porteur du projet de construction est ACM Habitat, l’office public de l’habitat de la métropole de Montpellier. Son président n’est autre que le maire de la ville, le divers gauche Philippe Saurel, qui rappelle que l’office a reçu 16.000 demandes de logements sociaux en 2015… Il explique également ne pouvoir arrêter un projet déjà bien avancé. Son adjointe à l’urbanisme, Stéphanie Jannin, a reçu les habitants et leur a indiqué qu’il resterait environ 7.000 mètres carrés de parc autour des futurs immeubles, à aménager en concertation.
« Mais ces espaces seront dédiés à de la voirie », craint Hachème. « Et pourquoi ne va-t-on pas mettre des logements sociaux dans les quartiers du sud-est, où ils construisent des appartements de luxe de deux cent mètres carrés ? », interroge Jean-Michel.
Certains soupçonnent même un conflit d’intérêt à la mairie. Car Stéphanie Jannin travaillait, avant d’être élue, pour le cabinet d’architectes Lebunetel. Or c’est justement ce cabinet qui a été choisi pour le projet de Las Rébès (voir page 4 de ce document).

Afin de débloquer l’affaire, les membres du conseil citoyen du quartier des Cévennes (qui contient Las Rébès et la cité des Cévennes) appelle la mairie à la concertation. Pour les occupants, cette journée de lundi risque d’être décisive : les vacances scolaires finies, les enfants seront moins présents et la police pourrait ne plus hésiter à intervenir. « Avec l’état d’urgence j’ai peur que ça se finisse en matraque et gazage », avoue Tristan. « Mais on est préparés, répond Jules. On a des listes de personnes à appeler en cas d’intervention, on peut ramener du monde. Et on a la vigie », lâche-t-il en désignant une cabane en haut du grand peuplier. Les policiers mettraient alors du temps à en déloger les occupants, suffisamment pour faire venir du renfort. Cet arbre, le seul que le projet de construction a prévu de garder, serait alors le meilleur allié des défenseurs du square.
Pour suivre le mouvement Nuit debout :
 Nuit Debout sur Internet : les liens, les adresses
 Le dossier de Reporterre sur Nuit debout
Lire aussi : Les éco-quartiers ne sont pas vraiment écologiques

22/04/2016

La ville de Montpellier et les "promoteurs immobiliers"

à lire :

 
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41 salariés de la SERM au Club Med
de Val d’Isère avec des promoteurs

Christophe Perez, directeur de la SERM-SAAM le 27 janvier 2015 et Xavier Bringer, président de la fédération des promoteurs immobiliers du Languedoc-Roussillon le 11 mars 2016 (photos : J.-O. T.)Alors que le groupe SERM-SAAM, aménageur de Montpellier, attribue des terrains permettant aux promoteurs de bâtir des immeubles, une telle proximité peut interroger même si chaque entité participante affirme avoir payé sa part du week-end. Xavier Bringer, président de la fédération des promoteurs du Languedoc-Roussillon et Christophe Perez, patron de la SERM-SAAM, s’expliquent. Éric Bérard, patron de l’aménageur pendant plus de 15 ans, expose les pratiques sous sa gouvernance. (Mis à jour le 21/04 avec la réaction de Thierry Laget et la réponse d’Éric Bérard qui lui répond. Ils sont les précédents patrons de la SERM.) (1 500 mots)
(Cliquer sur la photo ou le titre pour lire la suite)

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09:50 Publié dans urbanisme | Lien permanent | Commentaires (0)